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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 07:28

Un monument aux esclaves inauguré à côté de la basilique des rois de France

Romana-Lurel-monument-2.jpgCantinol, Astorga, Alibo, Lurel, Babin, Pavilla… Il y a 213 noms… « Les noms dans leurs médaillons de bronze s’échappent de cette cage comme le pollen, issu d’une graine ou d’une fleur, se dissémine dans l’espace, dans le monde. La tige est un mouvement ascensionnel avec toute la spiritualité et toute la nature. Et puis, il y a une volonté de traduire tous ces événements très durs, très brutaux de l’histoire de manière poétique, douce, profonde, calme, sereine… Il y a de la dureté, mais avec des courbes et de la douceur. Le matériau est martelé, travaillé et il y a l’épreuve du temps qui fait la transformation, la compréhension des choses pour ceux qui observent l’histoire aujourd’hui. » Nicolas Cesbron, l’artiste qui a réalisé le monument à la demande du Comité de la marche du 23 mai 1998 et son président Serge Romana, présente ainsi son œuvre au ministre des Outre-mer. « Un beau concept », commente ce dernier, en ce soir du 23 mai, à Saint-Denis (93).

2_4730.jpgPour cette inauguration, annoncée le 10 mai dernier depuis le jardin du Luxembourg par le président de la République lui-m, outre le ministre Lurel, Jean-Paul Huchon, le president de la Région Ile de France, l’ambassadeur du Congo, la déléguée Sophie Elizéon, le maire de Saint-Denis et beaucoup d’élus de la region parisienne sont venus malgré un temps de chien. Sur la place Victor-Hugo, à deux pas de la basilique des rois de France, devant laquelle sont exposés les noms des ancêtres esclaves affranchis, trône désormais un monument à la memoire des esclaves. Il rejoint celui, inauguré un peu plus tôt dans l’après-midi, à Sarcelles, non loin de l’œuvre d’Henri Guédon, La gardienne de vie.

Cela fait maintenant quinze ans, qu’à l’initiative du CM98, le 23 mai est une journée consacrée à la mémoire des aïeux. Une circulaire de François Fillon a légitimé cette date en 2008.

FXG, à Paris

Photos RDG

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 06:16

 ITW Victorin Lurel

"Il faut parler de juste marge"

Vous avez annoncé au Sénat les grandes orientations de la réforme du décret sur les carburants. Quels en sont les enjeux ?

Cette réforme, vous le savez, fait partie de mes priorités depuis ma nomination au ministère des Outre-mer. Elle s’inscrit dans l’action que je conduis contre la vie chère depuis un an. J’ai proposé un axe politique pour cette réforme : traiter les problèmes qui n’avaient pas été réglés par les textes de 2010 et qui empêchent aujourd’hui aux habitants des outre-mer d’avoir confiance dans la régulation des prix. Cette méfiance, je la comprends et, sur bien des points, elle est justifiée. Cet axe a été validé au plus haut niveau, c’était l’enjeu principal. Nous allons donc traiter ces questions qui empoisonnaient le débat sur la formation des prix des prix du carburant : une régulation fiable des prix d’importation du brut et des carburants raffinés, un contrôle plus strict de la rentabilité des différentes activités en monopole (raffinage et stockage), la clarification du partage de la marge de détail entre les gérants des stations-services et les propriétaires. 

Quelle différence dans les prix va entrainer le fait de donner un rôle central au prix du marché par rapport à ce qui est fait actuellement ?

La problématique est simple. Aujourd’hui, le prix est calculé à partir d’un prix d’arrivée des produits importés dans les territoires mais personne ne sait combien ils ont été achetés. Je dénonçais cela lorsque j’étais dans l’opposition et j’ai de la suite dans les idées. Nous voulons construire la régulation sur des vrais prix de marchés, transparents, connus de tous, et non pas sur des prix augmentés par des frais additionnels non vérifiables. Nous allons discuter de cela avec les compagnies pétrolières. Les préfets seront chargés de conduire les discussions au niveau local avant transmission des textes à l’Autorité de la concurrence.

Pourquoi insistez-vous sur les marges nettes des gérants de station service ?

Cela avait été soulevé dès 2009 par l’avis de l’Autorité de la concurrence. En dépit de leur posture prétendument volontariste, mes prédécesseurs n’ont pas voulu s’y attaquer. En réalité, le niveau de rentabilité est différent selon les stations. Dire, de manière générale, que les stations perdent ou ne perdent pas d’argent à un moment donné est une absurdité. Avec une même marge de détail, certaines en gagnent et d’autres non. Ce n’est pas lié à la taille de la station. Certaines petites structures qui vendent des volumes limitées sont rentables. Mais nous parlons ici de marges brutes, pas du revenu net de la station. Il est nécessaire de distinguer la marge spécifique accordée au gérant de station-service. Il faut bien identifier ce qui lui revient en propre et ce qui revient au propriétaire de la station. En effet, entre le gérant et le pétrolier, qui est tout à la fois son propriétaire et le grossiste qui lui vend son carburant, il y a des reversements sous forme de loyers et de redevances proportionnelles aux volumes de carburant vendus.  Nous devons connaître les marges nettes et non plus simplement, comme aujourd’hui, les marges brutes sur lesquelles sont opérés ces prélèvements. Que l’on me comprenne bien : ces prélèvements sont légitimes, en ce qu’ils permettent de rémunérer les investissements et le fonds de commerce. Mais, c’est là une marge qui doit être régulée comme les autres. La rémunération du capital doit être raisonnable et, surtout, elle ne doit pas être déconnectée de la rentabilité réelle de la station service. On ne peut pas se servir un bénéfice avant de l’avoir gagné. Nous allons regarder tout cela en détail à partir des comptes de tous ces opérateurs, à la fois les comptes 2011 que nous avons déjà, mais aussi les comptes 2012 qui vont être disponibles dans quelques jours. Cette meilleure connaissance des marges nettes permettra d’encadrer la répartition des revenus de la chaîne de distribution. Nous voulons défendre le pouvoir d’achat tout en préservant l’emploi.

Que serait pour vous un prix juste de l’essence dans les DOM ?

Toute la politique que je conduis dans les outre-mer est fondée sur une certaine idée de l’équité. Sur ce dossier comme sur beaucoup d’autres. La notion de juste prix n’a pas vraiment de sens puisque les prix varient sans arrêt en fonction des cours du brut et de la parité euro/dollar. Il faut plutôt parler de juste marge. Il peut y avoir un écart entre les prix à la pompe dans les outre-mer et dans l’hexagone, car cela dépend du niveau des taxes sur les carburants, avec des différences de taxation entre les territoires puisque ce sont des taxes locales. Pour cette raison, le gazole est d’ailleurs moins cher dans certains territoires que dans l’hexagone. L’idéal serait que cet écart soit parfaitement expliqué et qu’il garantisse l’absence de rente de monopole et qu’ensuite, les prix augmentent ou baissent dans les mêmes proportions dans les outre-mer et dans l’hexagone en fonction de la variation des cours. Chacun est à même de comprendre qu’une même activité en concurrence dans l’Hexagone et en monopole dans les outre-mer doit aboutir à des marges comparables. Le nouveau mode de fixation des prix qui devrait entrer en vigueur cet été a été conçu pour répondre à cet objectif et pour répondre aux attentes des consommateurs.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 07:13

Les grandes orientations du décret sur les carburants ont été arbitrées par Matignon

« Il y  a quelques jours, le premier ministre a arbitré les grandes orientations de la réforme. » C’est ce que Victorin Lurel a répondu sur le décret Penchard au sénateur Larcher, lors de la séance de questions d’actualité au gouvernement, au palais du Luxembourg, hier. Ce projet sera bientôt soumis aux collectivités territoriales, à l’Autorité de la Concurrence et au Conseil d’Etat. Première orientation annoncée, la transparence. « Il faut de la loyauté dans la formation des prix et donner un rôle central au prix de marché, c’est à dire aux cotations publiques. » Le ministre promet que « les entreprises régulées seront désormais contrôlées chaque année afin de détecter la constitution de revenus supérieurs aux prévisions et d’apporter les corrections nécessaires ». Enfin, il veut distinguer « une marge spécifique » apportée aux gérants de stations service afin de bien identifier ce qui lui revient en propre et ce qui revient au propriétaire de la station. « Nous voulons connaître les marges nettes et non plus comme aujourd’hui dans les outre-mer, les marges brutes. D’autres mesures importantes sont attendues comme « la régulation séparée des stocks stratégiques » et « un retour à un taux de rémunération unique de la raffinerie des Antilles et de la Réunion ».

Serge Larcher rappelait dans sa question au ministre que le décret signé par Marie-Luce Penchard avait coûté à l’Etat 144 millions d’euros entre 2009 et 2012 ; Victorin Lurel a rappelé que c’est un litre de super à 1,77 euros en Guyane qui avait déclenché la crise sociale de l’hiver 2009. Le décret sera prêt avant la fin de l’été, a conclu le ministre.

FXG, à Paris

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 08:14

Les avocats guadeloupéens dénoncent à Paris une justice qui dysfonctionne

C’était à fleurets mouchetés dans la salle de la 17e chambre correctionnelle de Paris, là où on jugea les 18 Guadeloupéens proches du GONG en avril 1968… Surtout après l’annonce du rejet de la question prioritaire de constitutionnalité au début de cette deuxième audience. Pourtant, on était quasiment entre Antillais dans cette salle, sans opposition véritable, faute de partie civile et de dépaysement de l’affaire. Juste trois magistrats, un greffier, un huissier et un parquetier, face à une quinzaine d’avocats des barreaux de la Martinique et de la Guadeloupe et une poignée ou deux de soutiens et de journalistes locaux ! Les prévenus, Mes Aristide et Tacita ont livré au tribunal un tableau inquiétant du fonctionnement de la justice dans le ressort de Pointe-a-Pitre : « Un procureur qui participe régulièrement à une émission de télévision, animée par quelqu’un qui sera condamné pour avoir publié la liste des personnes poursuivies et condamnées dans sa juridiction ; Des écoutes téléphoniques illicites d’un avocat avec son client dans un dossier d’instruction les concernant ; Une chambre de l’instruction, à Basse-Terre, qui annule souvent, même si parfois partiellement, des actes de ce juge d’instruction ; Un même juge qui se moquerait du barreau de la Guadeloupe : « Quand est-ce qu’ils vont descendre de leur cocotier ? » ; Des plaintes déposées par les deux avocats pour violation du secret professionnel par ce magistrat… »

Au final, Mes Aristide et Tacita, à la sortie d’une de ces audiences d’appel au chef-lieu, qui doit juger de la validité ou non des écoutes dont ils se plaignent, s’expriment aux micros et camera de RFO… « Dès lors qu’on autorise des écoutes illicites, c’est toute la démocratie qui est en péril », déclare Aristide. « Beaucoup d’irrégularités étayent ce dossier », déclare Tacita sur l’affaire Calodat ou Saint-Sauveur… Jacky Massicot le journaliste parle en commentaire de « sordide affaire », de « scandale des écoutes illicites » et d’un juge d’instruction « déjà montré du doigt ». Le parquet pointois a retenu ces phrases et poursuit. Le lendemain, le procureur les traite d’ « affabulateurs » dans les media. C’est la guerre ouverte entre le barreau qui fait bloc avec ses avocats et le parquet et son proc (parti depuis a Aix-en-Provence, ndlr).

Il en était tout autre à Paris, hier… La procureure, Annabelle Philippe, « ni partie poursuivante, ni partie civile », se retranche dans un rôle de « rapporteur public », simple avocate de la loi. Elle ne requiert pas, mais retient les seules phrases du journaliste dans la prévention de diffamation publique envers un magistrat. Elle accorde la bonne foi aux avocats et refuse le « sérieux de l’enquête » et « la prudence nécessaire » au journaliste.

La présidente, Anne-Marie Sauteraud, est placide et à l’écoute. Elle rappelle à l’ordre Me Germany pour une parole intempestive adressée à l’avocat de Patrick de Carolis… Patrice Tacita qui a appris le théâtre avec Philippe Calodat semble à son aise de l’autre coté de la barre. Lyrique et tragique : «  J’ai eu le sentiment qu’on s’essuyait les pieds sur ma robe d’avocat… » Me Aristide rappelle que la plainte qui les a conduits devant ce tribunal, a été déposée par la juge d’instruction, Céline Charloux, le 22 janvier 2009 alors même qu’elle revendique la défense du LKP et de l’UGTG, des étrangers en situation irrégulière, le combat contre « le chlordecone, les gros colons bananiers et l’épandage aérien »… « Ce dossier a été monté par des magistrats que nous dérangeons », conclut-elle. Les dix avocats de la défense prennent le relais. Me Jabouley : « Le magistrat a commis une faute personnelle, détachable du service… Me Edwige : « Qui peut contester leurs vérités sur les écoutes illicites ? » Me Rhodes : « La relaxe s’impose… » Me Ursulet : « Si la justice était rendue dans l’Hexagone comme elle est rendue quelque fois en Guadeloupe et en Martinique, le pays serait à feu et a sang. » Socrate Tacita plaide pour son fils ses 55 ans de barreau… « J’ai l’impression que l’on rejette tout sur le journaliste, alors qu’aucun élément ne vient démontrer qu’il n’a pas fait son travail », plaide le bâtonnier Ezelin.qui conclut vers 21 heures les plaidoiries. L’affaire a été mise en délibéré au 4 juillet.

FXG, à Paris

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 11:28

Le procès des avocats guadeloupéens à Paris commence par une QPC

Aristide-Tacita-fils-tacita-pere-Danchet-Rhodes-germany-Eze.jpgMe Sarah Aristide et Me Patrice Tacita étaient au palais de justice de Paris, hier, pour comparaître devant la 17e chambre correctionnelle spécialisée en matière de droit de la presse. Les deux avocats guadeloupéens devaient répondre d’une plainte en diffamation publique déposée par la juge d’instruction de Pointe-à-Pitre, Céline Charloux en marge de l’affaire Calodat, du nom de ce comedien implique dans un accident mortel de la circulation. Les 23 et 24 octobre 2008, en sortant de l’audience judiciaire, les deux avocats de Philippe Calodat s’étaient exprimés sur des écoutes illégales qui auraient contribué à plomber leur client, sur les ondes de la télévision et de la radio publique. C’est ainsi que deux autres prévenus étaient cités en la personne du journaliste Jacky Massicot represente par le bâtonnier Ezelin, et de Patrick de Carolis (en tant qu'ancien président de France Televisions), représenté lui aussi. Pour assurer la défense des deux membres du barreau de la Guadeloupe, les avocats Ursulet,, Germany, Danchet-Gordien, Edwige, Philippon, Brigitte Rhodes, Pierre Tacita, Démocrite et Jabouley. Notons que la juge plaignante ne s’est pas portée partie civile. Mais avant de plaider le fond de l’affaire, Me Germany a posé une question prioritaire de constitutionalité que l’on peut ainsi résumer : « Dans le cadre du procès médiatique, la parole de l’avocat ne doit-elle pas etre égale à celle du parquet, lui aussi partie ? » La QPC repose sur deux articles. Le premier vient de la loi de la presse de 1881 qui accorde l’immunité de parole à l’avocat en audience. Le second s’appuie sur l’article 11 du code de procédure pénale qui réserve au procureur, dans le cadre du secret de l’instruction, la possibilité de médiatiser certains aspects de l’instruction à la presse… Si la présidente l'ordonne, le conseil constitutionnel devra répondre à la question. Elle peut décider de renvoyer le proces ou de l'instruire mais en réservant alors son délibéré apres que le Conseil se sera prononcé.

Ursulet-Democrite-Danchet-et-Leborgne.jpgHier, la presidente Anne-Marie Sauteraud a annoncé son délibéré à la seconde audience pour cette affaire, ce mercredi après-midi qui devrait etre consacrée à l’examen du fond, selon sa décision. La fin de l’audience, hier soir, n’a abordé que les exceptions de nullité.

A noter que la venue de cette armada d’avocats, venus de Guadeloupe et de Martinique, a été saluée par le bâtonnier du barreau de Paris, Yvon Leborgne qui est venu les saluer devant la XVIIe chambre.

FXG, à Paris

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 08:00

Air Caraïbes annonce un résultat en progression pour 2012

Airbus-F-OONE--c--Airbus.jpgLa compagnie aérienne Air Caraïbes a communiqué ses résultats comptables pour l’année 2012. Chiffre d’affaires de 336 M€ (+13%) pour 1200 000 passagers transportés (+2%) dont 750 000 sur le transatlantique. 27,5% de parts de marché (+0,5%) et 52 % avec Corsair (47000 passagers ont profité de cette offre).

Sur le segment Orly Cayenne, 78 000 passagers transportés et 33 % de parts de marché.


Interview de Marc Rochet, président d’Air CaraÏbes

«  6,9 millions d’euros apres impots et redistribution de 1,2 millions aux personnels »

Marc-Rochet.jpgComment expliquez-vous une telle progression ?

La gestion de la compagnie ! Maximiser les atouts, être très prudent sur les coûts, tres pointu sur le commercial et prendre des mesures courageuses. En 2012, on a restructuré le régional, enlevé l’Embraer 190. C’est la somme de tout ca, l’engagement des personnels, la taille de la boîte qui se traduit dans les chiffres.

Quel rôle joue le code share avec Corsair dans vos parts de marché ?

Sur 2012, la part de marché de Corsair ajoutée à celle d’Air Caraïbes croit et celle d’Air France décroît. A nous deux, nous sommes à plus de 52%. Nous croissons plus que Corsair car elle est en réduction d’offre depuis que la compagnie est passée à une flotte Airbus.

De bons résultats sur le Paris Cayenne. Comment voyez-vous ce marché ?

Depuis la mise en concurrence, le trafic de la ligne a crû de 25 %. Aujourd’hui on est à un plateau, un seuil d’attente entre le développement du centre spatial et celui des recherches pétrolières. On progresse de 1 ou 2 points chaque année et on est à 33%. Air France ne rajoute pas de siège et remplace, l’été, son B 777 par un A 340 plus petit. Cette année, sur Cayenne, on va être positif.

XL Airways est entré sur le marché en fin d’année, qu’est ce que ca a changé ?

Ils occupent une position astucieuse en allant chercher les basses contributions avec un produit un peu rustique. Il y a une demande pour ca d’autant que Corsair a voulu monter en gamme. Mais maintenant qu’on arrive en basse saison, XL Airways a réduit ses fréquences à deux vols semaine. Il est, comme tout le monde, sujet a la saisonnalité. La vraie question est celle de l’économie de coût qu’il est capable de mettre en face et, pour l’instant, on ne la voit pas. On a les mêmes avions, le même pétrole, les mêmes coûts d’emploi et il vient de Charles-de-Gaulle qui est plus cher… Bonne chance.

Comment se porte le régional ?

On a arrêté un avion sur 4, on a arrêté les routes longues, Belem, Cayenne et Cuba. Du coup, on se concentre avec un outil unique, l’ATR sur Sainte-Lucie, Fort-de-France, Pointe-à-Pitre, Saint-Martin, Santo Domingo et Port-au-Prince. L’offre prix a été revue et nos premiers résultats sont corrects. On est encore en perte en 2013 parce qu’on traîne encore les coûts de la restructuration. On a transféré des personnels sur long-courrier, ce sont des coûts de qualification, de stage et de non emploi… Mais oui, on a une réduction significative de nos pertes en régional.

La nature a horreur du vide et Air Free Dom annonce son arrivée sur ce marché régional…

Attention, on continue d’investir puisqu’on reçoit un ATR 72-600 au mois d’octobre… Pour revenir à Free Dom, ca fait deux ans qu’ils disent qu’ils vont se lancer. J’ai toujours des doutes sur la réalité de cette opération qui demande de l’argent, des hommes, des moyens et une juste évaluation de ce qu’on veut faire. Dire qu’il y a une place sur le marché régional, j’ai des doutes... Il y a deux A 320 d’Air France et de la surcapacité. Et le moyen-courrier est difficile pour tout le monde. Freedom partirait avec un 737-700, c’est un gros avion.

Vous parlez de stimulation régulière de l’offre, n’y êtes-vous pas allé trop fort avec votre promotion du 1er avril et la bagarre que ca a provoqué à Orly ?

On s’est loupé. On avait investi à Orly Sud dans un comptoir adapté à notre potentiel ; on était en creux, c’était un jour férié et l’on voulait faire une promotion… On a mal évalué la réponse et c’est une erreur de casting, clairement. On s’est rattrapé puisque ne sachant pas traiter physiquement les gens, on a basculé sur Internet et on est passé de 100 à 500 billets. Ca a été rattrapé grâce à nos équipes informatiques.

Air Caraïbes et sa bonne santé n’attirent-elles pas des offres de rachat ?

Jean-Paul Dubreuil répète que c’est un groupe patrimonial, familial, basé sur la diversification… Il n’a pas de raison de changer surtout que la compagnie marche bien et qu’elle crée de la richesse. Elle a un résultat de 6,9 millions d’euros apres impots et redistribution de 1,2 millions aux personnels. Je n’ai connaissance d’aucun projet de cession ou d’ouverture de capital…

Propos recueillis par FXG, à Paris

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 07:40

Le Sénat adopte la loi anti-obésité

« Le sucre a écrit les premières pages de l’histoire de la Guadeloupe. Plus de trois siècles après, il nous réunit pour mettre fin à une autre injustice : celle de l’inégalité entre consommateurs.… » Le sénateur PS Félix Desplan était en verve, hier, lors du débat sur la loi anti-obésité relative à la qualité de l’offre alimentaire dans les Outre-mer. Le texte a recu le soutien des groupes Vert, PC, PS, Radicaux et UDI. Le groupe UMP s’est partagé entre abstention et vote favorable pour certains. Il n’y a pas eu de détail des votes.

La mère de ce projet de loi, la députée de Guadeloupe, Hélène Vainqueur-Christophe, a salué la quasi-unanimité du vote et l’absence de « tergiversations ou d’opposition tant les fléaux de l’obésité et du surpoids sont prégnants sur nos territoires ». Pour exemple, a déclaré le Martiniquais Maurice Antiste à la tribune, « en Martinique, le constat est très inquiétant avec un enfant sur quatre atteint d’obésité » et a rappelé a titre d’illustration qu’ « une canette de soda contient 14 grammes de sucres ajoutés en Martinique contre 10 grammes sur le territoire métropolitain ; idem pour un yaourt qui contient 15,8 grammes de glucides dans l’hexagone contre 20 grammes en Guadeloupe ».

Le texte est le même que celui qui a été adopté par l’Assemblee nationale fin mars. Seule nouveauté, le ministre des Outre-mer a commenté la liste des quelque 300 produits concernés par le texte et a apporté un point de distinguo entre les notions de date limite de consommation et de date limite d’utilisation optimale (DLC et DLUO). S’il s’est montre favorable a ce point, le sénateur du François s’est inquiété du risque d’augmentation des prix des yaourts importés…

La loi qui, après un passage en commission mixte paritaire, pourrait etre promulguée prochainement, aligne les taux de sucre dans les yaourts, sodas et glaces entre ceux qui sont produits ou commercialisés dans l’Hexagone et ceux qui sont produits ou commercialisés dans les outre-mer. La loi harmonise aussi la durée de vente des produits lactés en limitant cette durée à trente jours apres leur fabrication alors que, jusqu'à présent, les producteurs de l’Hexagone disposaient de deux mois.

Par ailleurs, la loi favorise, à qualité égale, l’accès aux marchés de restauration collective des produits frais locaux. « C’est une véritable avancée juridique, à la hauteur des enjeux de développement des Outre mer car la préférence locale ne se fonde pas sur des lobbies mais sur la stricte application du cadre législatif et réglementaire », a déclaré le Guyanais Jean-Etienne Antoinette.

Dès sa promulgation, les producteurs de yaourts et autres produits concernés auront six mois pour proposer des productions conformes à ce texte. « Cette loi signifie la fin d’un régime d’exception intolérable qui faisait que, dans les Outre-mer, pouvaient etre commercialisés des produits qui étaient périmés dans le reste du territoire », s’est félicité le sénateur PS de la Réunion Michel Vergoz.

FXG, à Paris

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 07:52

Pique-nique parisien pour les fonctionnaires de police ultramarins

Cedric-boyer-Idriss-rangassamy-Franck-destrac-Ruddy-damour-.jpg« Ce pour quoi l’on se bat aujourd’hui, c’est rentrer chez nous ! » La voix de Stentor d’Idriss Rangassamy s’élève devant une petite centaine de fonctionnaires de police, Réunionnais pour la plupart. Ils sont rassemblés, ce dimanche, pour un pique-nique et des prises de parole au parc Parisien de La Villette. Cédric Boyer, Rudy Damour, Fabrice Boucher (GPX 974) et le nouveau venu, Franck Destrac (Guadeloupéen et créateur de la page facebook GPX 971) entourent le porte-parole du Collectif GPX Ultramarins. L’autre nouveau venu, le Martiniquais Lionel Claveau (GPX 972) est en conges au pays (La Guyane, Mayotte et Saint-Martin ont d’autres règles de mutation, on y parle de « vivier » et y pratique des sélections sur dossier avec entretien)…

GTX-et-Bareigts.jpgTous ces fonctionnaires sont en poste en Ile de France et veulent retourner dans leur île. « La priorité a l’embauche doit etre donnée aux Réunionnais », déclare en soutien à leur démarche l’Association (proche du PCR) des jeunes pour la formation réunionnaise (AJFR). Marie-Thérèse Gasp, victime, il y a cinquante ans, de l’affaire des enfants « déportés de la Creuse », est venue témoigner de l’impérieuse nécessite du retour au pays... Le sénateur Paul Verges et le député Thierry Robert font lire un message de soutien par leurs attaches parlementaires. Ericka Bareigts déclare : « Je suis pour un rééquilibrage de l’embauche locale, de la préférence régionale, c’est une justice nécessaire... Le changement passe aussi par le retour des Réunionnais qui vont pouvoir réinjecter chez nous l’énergie de la ressource humaine. » Depuis le mois de septembre, les fonctionnaires ultramarins du ministère de l’Intérieur sont mobilisés sur la question des mutations, de ses règles, et des centres d’intérêts matériels et moraux. Si la direction de la police nationale a entrepris une négociation avec les syndicats Alliance et SGP Unité-Police et prépare une circulaire qu’elle devrait sortir avant l’été. Le Collectif GPX Ultramarins veut imposer à sa direction de prendre en compte le rapport sur l’emploi local que doit rendre, fin août, le député en mission Patrick Lebreton. « Il va travailler sur l’emploi dans les Outre-mer, déclare sa collègue Bareigts, c’est une occasion unique pour le sujet des mutations… » Les policiers réclament un critère de mutation assis sur l’ancienneté de la demande et non plus sur l’ancienneté du fonctionnaire. Le projet de circulaire pourrait y répondre favorablement, mais en excluant toute rétroactivité. « Pas question de remettre les compteurs à zéro », prévient Fabrice Boucher.Collectif-GPX.jpg

Ils ont ecrit une lettre au ministre de l’Intérieur pour exprimer ces doléances. A l’exception du sénateur UMP Michel Fontaine, tous les parlementaires de la Réunion, le député martiniquais et president de Région, Serge Letchimy (parti la veille en Martinique avec le député Lebreton) et la députée guadeloupéenne, Hélène Vainqueur-Christophe, qui a promis de les faire recevoir par le ministre des Outre-mer, doivent co-signer la lettre à Manuel Valls. Il y a environ 5000 policiers domiens dans l’Hexagone.

FXG, à Paris

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 06:45

Ericka Bareigts réclame l’habilitation législative pour la Réunion

Ericka-Bareigts.jpgLa députée PS Ericka Bareigts va proposer en réunion de groupe, mercredi à l’Assemblee nationale, un texte pour amender la Constitution. Il s’agit de supprimer l’alinéa 5 de l’article 73 qui exclut la Réunion du pouvoir d’habilitation législative dont disposent les autres Régions d’Outre-mer, depuis la réforme constitutionnelle de 2003. Cet alinéa est communément appelé « amendement Virapoullé », du nom de l’ancien député UMP qui avait obtenu l’exclusion de la Réunion de ce dispositif. L’article 73 réformé donne aux Régions d’Outre-mer le pouvoir de légiférer elles-mêmes « dans un nombre limité de matières pouvant relever du domaine de la loi ou du règlement ». Ainsi la Guadeloupe a-t-elle été la première collectivité en 2011 à obtenir cette habilitation dans le domaine de l’énergie et des transports. La Martinique a procédé tout récemment à ses premières demandes d’habilitation en matière de biodiversité, d’énergie et de transports.

Est exclu de ces dispositions tout ce qui relève de « la nationalité, des droits civiques, des garanties des libertés publiques, de l'Etat et la capacité des personnes, de l'organisation de la justice, du droit pénal à la procédure pénale, de la politique étrangère, de la défense, la sécurité et l'ordre publics, de la monnaie, le crédit et les changes, ainsi que le droit électoral ». Bref, tout ce qui est régalien. Ericka Bareigts a indiqué, dimanche, vouloir profiter du rendez-vous constitutionnel de juillet avec la réunion du Congrès à Versailles, pour faire adopter sa proposition. La phrase à supprimer est la suivante : « La disposition prévue aux deux précédents alinéas n'est pas applicable au département et à la région de La Réunion. »

FXG, à Paris

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 07:58

Un polar sur la Guadeloupe au temps des bombes

Un-autre-soleil-couv.jpg« Adan ondot soley », en version originale, « Another sun, a Guadeloupe mystery », dans l’édition américaine et « Un autre soleil », dans l’édition que publie Rivages/Noir, quand l’auteur aurait tant voulu que son polar ait pour titre : « 971 ». Une volonté de l’éditeur qui, pour le coup, a placé une vue des marais guyanais de Kaw avec leur célèbre bateau lodge en couverture !

L’histoire se passe en Guadeloupe en 1980, pendant les nuits bleues du GLA (Groupe de libération armé) ou de l’ARC (Alliance révolutionnaire caraïbe). Dans le roman, il est question du MANG, sensé rappelé un mélange de GONG et de MPGI !

Imaginez un instant que la juge métropolitaine en poste à Pointe-à-Pitre, celle qui instruit la tentative d’assassinat contre Raymond Viviès (Raymond Calais dans le livre), soit l’épouse d’un Guadeloupéen nationaliste… On y reconnaît des personnages connus comme Lucette Michaux-Chevry en avocate encore tres départementaliste (Gisèle Legrand) ou Roland Thésauros en graffiteur indépendantiste mais sans culotte noire sur la tete (Philippe Carreaux). Sont évoqués le scandale de la SODEG (rebaptisée SODECA), les fantômes de mai 1967, l’enlèvement d’un journaliste de FR3 Guadeloupe, la mort de Bruno Soisse, un militaire artificier tué en désamorçant une bombe du GLA, ou  l’ultimatum priant les métropolitains de quitter la Guadeloupe avant le 31 decembre… Toute ressemblance avec des faits réels ne serait donc pas du tout fortuite.

Timothy-Williams.jpgLe roman policier a été écrit  au début des années 1990 et rangé dans un tiroir. En 2009, lors de la crise sociale, Tim Williams voit débarquer en Guadeloupe la meute des journalistes de la grande presse française ignorante de l’histoire locale. « Toutes les réponses à leurs questions étaient dans mon manuscrit », constate l’auteur. Il traduit son texte et le propose à Rivages qui le prend dans sa collection policière.

Le livre sorti en 2011 est passé tout à fait inaperçu alors qu’un éditeur vient d’acheter les droits pour les Etats-Unis. Et c’est au stand de la Guadeloupe de la Foire de Paris que l’auteur, Timothy Williams, a choisi de le promouvoir début mai. C’est un Londonien de 67 ans qui s’apprêtait à vivre en Ecosse quand il a vu le film de Truffaut, tourné à la Réunion, La sirène du Mississipi. « J’ai alors choisi de vivre dans un DOM. Il rencontre une fille du Moule et pose ses pénates en Guadeloupe où il va rester trente ans, professeur au lycée de Baimbridge. Il a donc vécu les evenements qu’il raconte. L’histoire mêle l’année 80 aux evenements des années 1982-1983. « J’ai aussi repris l’affaire Barclay, cet homme qui s’était suicide en sautant de la tour Cecid, et encore la découverte du cadavre d’une métropolitaine a Saint-François juste apres le cyclone Hugo… » A travers l’enquête policière de la juge Lavaud, une Juive pied-noire, logée en HLM à la cite Mortenol, l’écrivain jette son regard britannique sur la société guadeloupéenne et ses strates socio ethniques. Un tres bon polar, pas vraiment politiquement correct.

FXG, à Paris

Un autre soleil, de Timothy Williams, Rivages/Noir

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