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23 mai 2019 4 23 /05 /mai /2019 04:32
Lurel reprend son rôle d'opposant au Sénat

Lurel dénonce l'avarice du gouvernement

"Près de 10% des sommes octroyées aux Outre-mer n’ont pas été dépensées !" Le sénateur PS Victorin Lurel a épluché le rapport annuel de performance annexé au projet de loi de réglement du budget pour l'année 2018 et en conclut que "le gouvernement fait des économies sur le dos des ultramarins". Non content de dénoncer "un budget déjà lourdement appauvri depuis 2017", il théorise "un coup de massue en deux temps : d’abord on baisse le budget puis on ne dépense pas ces sommes minimisées".

Entre les sommes inscrites en crédits de paiement pour 2018 – sommes que

l’Etat prévoyait de payer — et les sommes effectivement payées en 2018, on observe un différentiel négatif de 33 millions dans l'enveloppe Emploi Outre-mer et un autre de 145 millions dans l'enveloppe Conditions de vie Outre-mer, soit 177 millions en tout.

Dans les premières pages du rapport de performance*, le gouvernement explique que "cette difficulté, inédite, est un indicateur de l’incapacité de certaines collectivités à assurer leur part de cofinancement".  Autrement dit, c'est la faute aux DROM qui ne font pas assez appel aux crédits ouverts. "Les collectivités, réagit l'ancien ministre des Outre-mer et ancien président de Région, sont en première ligne pour la mise à disposition des terrains, pour la garantie des prêts et la recapitalisation des opérateurs du logement social." Il va plus loin en soupçonnant le gouvernement de "donner délibérément des instructions pour bloquer les dossiers." Il s'appuie pour dénoncer "cette avarice organisée par le gouvernement", sur le résultat de la politique du logement Outre-mer (fortement marquée par la suppression de l’allocation logement accession) : 64,8 millions d’euros non dépensés, donc 727 logements financés en moins (-8,6%). "Il manque près de 2 300 logements construits sur les 10 000 prévus", compte le sénateur qui interroge : "Quid des restes à payer par l’État ? Quel est le montant des crédits cumulés à reporter ? Comment se répartissent pour chaque territoire les sommes engagées et les restes à payer ?" Victorin Lurel dit n'avoir pas trouvé les réponses dans le compte administratif 2018.

FXG, à Paris

https://www.performance-publique.budget.gouv.fr/sites/performance_publique/files/farandole/ressources/2018/rap/pdf/RAP2018_BG_Outre-mer.pdf

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22 mai 2019 3 22 /05 /mai /2019 09:37
Nesly aux BET Awards

Nesly nommée aux BET Awards

La chanteuse d’origine martiniquaise, guyanaise et égyptienne, Nesly est nominée aux BET Awards dans la catégorie « Best New International Act » et représentera la France aux côtés de jeunes talents internationaux tels que  Headie One (Grande Bretagne), Jok’Air (France), Octavian (Grande Bretagne), Soh Madjozi (Afrique du Sud) et  Teni (Nigeria). "Cette nomination de Nesly, figure féminine de la scène antillaise actuelle est une grande première pour la communauté afro-caribéenne dans son ensemble", souligne l'entourage de la chanteuse qui n'a que 26 ans.

L'an dernier, les rappeurs français Dadju, Niska et Booba se faisaient remarquer dans la catégorie « Best New International Act » . Cette année, les stars américaines Cardi B, Lizzo, Kash Doll, Nicki Minaj, Megan Thee Stallion et Remy Ma sont nominées dans la catégorie « Best Female Hip Hop Artist ».

La cérémonie de remise des prix se déroulera à Los Angeles du 20 au 23 Juin et sera retransmise mercredi 26 Juin à 20H45 sur "BET France , la chaîne de la culture noire américaine en France".

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18 mai 2019 6 18 /05 /mai /2019 11:04
Didier Laguerre au comité des finances locales

Interview. Didier Laguerre, maire de Fort-de-France.

"85 % des collectivités d'outre-mer ont des difficultés budgétaires"

Le Comité des finances locales (CFL) a réuni mardi matin à Paris un groupe de travail les finances des collectivités d'Outre-mer. Des parlementaires, des représentants de collectivités locales et d'EPCI de l'ensemble du territoire dont le maire de Fort-de-France, élu en 2018 au CFL.

Que faites-vous au sein de ce groupe de travail ?

Nous avons tenu la première réunion de ce groupe de travail. On a fait un état des lieux, une analyse prospective de l'état des ressources des communes d'Outre-mer. J'ai pu faire valoir la particularité de ces ressources, notamment l'octroi de mer qui est souvent pensé comme étant une ressource supplémentaire mais qui, en réalité, masque mal des problématiques de sous-financement de nos collectivités. Donc on va travailler sur ces questions, remettre à plat les choses, faire des simulations et voir quelles propositions le CFL peut faire pour régler le problèmes des ressources financières de nos communes.

De quels dispositifs auriez-vous besoin à la mairie de Fort-de-France ?

Ce qu'il nous faudrait, c'est un système de ressources qui prenne en compte la réalité de nos charges. C'est fondamental... Les recettes sont calculées par rapport au potentiel fiscal et à la population. Or, les charges ne sont pas les mêmes que pour les communes en France hexagonale, donc nous avons un décalage de ressources qui fait que 85 % des collectivités d'outre-mer ont des difficultés budgétaires.

Comment pensez-vous y parvenir ?

Il y a à retravailler sur les systèmes de péréquation et donc de répartition des fonds entre les communes. Le CFL a passé commande pour des simulations afin d'identifier les marges de manoeuvre.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Sur la procédure de révocation eng

Le président de la République estime que les péréquations ne sont pas défavorables à l'Outre-mer...

Je me souviens très bien... Sur certaines, on considère que nous sommes avantagés, sur d'autres, nous sommes désavantagés et, au final, on a une réalité de difficultés budgétaires chroniques qui se traduisent dans un rapport de la Cour des comptes de 2017. Il faut maintenant trouver les solutions qui régleront le problème structurel.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Sur le maire de Pointe-à-Pitre menacé de révocation

Cette réunion du CFL se passe au moment où l'on apprend que Jacques Bangou, le maire de Pointe-à-Pitre dont la commune accuse un déficit de 54 millions d'euros, fait l'objet d'une procédure de révocation. Pour autant, il n'en a pas été question hier lors de la réunion à Paris. Pour le maire de Fort-de-France, la procédure de révocation engagée contre son homologue de Pointe-à-Pitre est "surprenante" et rarissime : "C'est la première en Outre-mer." Selon lui, il faut plus que de l'insincérité budgétaire pour faire l'objet d'une telle décision. Il pense qu'il faudrait qu'il y ait au moins des malversations pour en arriver là, "mais; observe-t-il, il y a des procédures pénales pour cela..."

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18 mai 2019 6 18 /05 /mai /2019 11:02
Ary Chalus signe avec la CMA-CGM

Ary Chalus à Marseille

Le président Chalus était à la tête d'une délégation guadeloupéenne lundi à Marseille. Il était l'hôte de Rodolphe Saadé à la tour CMA-CGM qui domine le port de la Joliette. le pdg de la CMA-CGM et Ary Chalus ont signé une convention pour la création du deuxième incubateur de strat-up de CMA-CGM en Guadeloupe. Zebox, ce sera le nom de cet incubateur, sera logé au WTC et devrait être inauguré en septembre prochain.

Parrallèlement à cette convention, la délégation dont camille Gallap, le directeur général de Guadeloupe formation, a visité l'académie CMA-CGM qui forme aux métier du shiping les employé de l'armateur. Des modules piurraient ainsi être lis à la disposition de Guadeloupe formation.

Le président Chlus se félicite de cette collaboration avec le groupe CMA-CGM au moment où la Région développe le projet Karukéra bay et le futur lycée de la mer.

FXG

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18 mai 2019 6 18 /05 /mai /2019 10:58
Economie des entreprises

La FEDOM veille déjà au prochain budget de l'Outre-mer

L'Assemblée générale de la Fédération des entreprises d'Outre-mer qui s'est tenue mercredi au siège parisien de la BRED a été l'occasion pour son président de se livrer au bilan critique de l'action économique du ministère des Outre-mer. Au moment où il s'agit de faire valoir les intérêts des entrepreneurs d'Outre-mer alors que se prépare déjà le projet de loi de finance 2020, Jean-Pierre Philibert s'est longuement penché sur "l'épineux dossier de la révision des aides", "le coût du travail" et, "in fine une solution en deçà de nos attentes".

Certes la ministre des Outre-mer (réprésentée par son dircab et son conseiller économique) a anticipé la critique et a promis de réexaminer le nouveau dispositif d'exonérations de charge pour corriger d'éventuels effets de bord. Jean-Pierre Philibert a ainsi indiqué que le ministère pourrait présenter son évaluation en juillet prochain. La FEDOM elle-même s'est équipée d'un simulateur (https://simulateur.fedom.org) pour affiner les comparaisons entre les régimes d'exonération existant jusqu'en 2018 (avec le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) et le nouveau régime d'exonération applicable depuis le début de l'année.. Elle compte ainsi identifier clairement la perte ou le gain induit par le nouveau régime. Pour autant, au delà des corrections, la FEDOM fait savoir que lors des prochains débats budgétaires, elle plaidera pour des "mesures choc" comme l'exonération d'une partie des charges sociales pour donner plus de pouvoir d'achat aux salariés ou l'exonération totale pendant trois ou cinq ans dès lors qu'il s'agit d'une première embauche... Car les entrepreneurs ne se satisfont pas d'un régime d'exonération qui cible les Smicards et les bas salaires. "La compétitivité, l'innovation, la montée en gamme sont aussi des objectifs à atteindre. Le niveau de point de sortie des exonérations de charges doitêtre examiné à l'aune de ces critères. La FEDOM regrette que "les réformes engagées par l'Etat soit guidées par le seul souci de l'efficacité budgétaire".

Fort de l'annonce du président de la République de ne pas toucher aux niches fiscales outre-mer, le président Philibert rappelle tout de même que la collecte d'impôt sur le revenu pour alimenter l'investissement productif outre-mer a chuté de 30 % l'an dernier.

Les entreprises éligibles aux abattements supplémentaires dans les zones franches d'activités de nouvelle génération ont été élargies au nautisme/plaisance et à l'industrie (cosmétologie, pharmacopée et fabrication de matériaux de construction). La FEDOM aurait préféré l'intégration de tous les secteurs de l'industrie. Par ailleurs, la FEDOM estime que l'un des enjeux du PLF 2020 pourrait être d'augmenter le crédit d'impôt mécénat pour les entreprises situées en Outre-mer. Pour le budget 2020, La FEDOM est donc déjà au travail.

FXG, à Paris

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18 mai 2019 6 18 /05 /mai /2019 10:54
Des membvres du syndicat Sud PTT et Sud Orange des Outre-mer entouraient le député insoumis lorsqu'il a présenté sa PPL

Des membvres du syndicat Sud PTT et Sud Orange des Outre-mer entouraient le député insoumis lorsqu'il a présenté sa PPL

Le député Ratenon (LFI) dépose une proposition de loi pour l'équité postale

Jean-Hugues Ratenon, député réunionnais de La France Insoumise était accompagné, jeudi à l'Assemblée nationale, de syndicalistes de Sud PTT et Sud Orange venus de tous les DOM pour présenter sa proposition de loi pour les "rétablissement de l'égalité d'accès au service public postal en Outre-mer". Parce que le prix de l'acheminement d'un colis de 2 kilos est de 8,50 euros dans l'Hexagone, 19,50 dans les DOM et 30,10 dans les collectivités du Pacifique, le député estime que c'est une question de justice sociale. "C'est le début d'un combat pour l'égalité de traitement, nous continuerons avec le prix des abonnement téléphoniques outre-mer..." Là aussi, les écarts donnent 49,90 contre 29,90... La proposition de loi consiste en un article unique qui change les mots "métropolitain" par "français" et qui supprime la différence de tarifs.

Habilement, Jean-Hugues Ratenon est parvenu à faire signer au moins un membre de chaque groupe politique de l'Assemblée nationale. Les LR de la Réunion Lorion et Bassire ont signé, les UDI du Pacifique, Gomez, Desnoyers et Sanquer ont signé, La Martniquaise Manin du groupe PS a signé. Le Guadeloupéen du Modem Mathiasin a signé, Serville le Guyanais et Brotherson le Polynésien du groupe GDR ont signé. Même le président LREM de la délégation Outre-mer de l'Assemblée nationale, Olivier Serva, a signé. "J'espère, commente Jean-Hugues Ratenon, que le gouvernement ne va pas lui faire un affront en ne soutenant pas cette proposition de loi."

FXG, à Paris

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18 mai 2019 6 18 /05 /mai /2019 10:51
David Lorion (LR)et Lénaïck Adam (LREM) rapporteurs pour la délégation outre-mer de l'Assemblée nationale

David Lorion (LR)et Lénaïck Adam (LREM) rapporteurs pour la délégation outre-mer de l'Assemblée nationale

Congés bonifiés : les députés prônent le dialogue social

C'est en juin que le Conseil d'etat doit livrer le décret de réforme des congés bonifiés pour une mise en oeuvre de la réforme en juillet. Face à l'émoi suscité chez les fonctionnaires originaires des DOM (CGT, FO, UNSA, CFDT,Alliance PN foulards marrons, Codium, GPX) les députés ont confié à deux d'entre eux, David Lorion (Réunion LR) et Lénaïck Adam (Guyane LREM), une mission sur le sujet qui, rappelons-le, a démarré par la fuite d'une "petite note discrète", dixit le président de la délégation outre-mer de l'Assemblée nationale, Olivier Serva propre à laisser penser, comme l'a dit le député Lorion, que "tout ce qui se fait sans nous se fait contre nous". Dans son rapport, David Lorion a rappelé l'origine historique de ce congé administratif accordé au fonctionnaire métropolitain en poste outre-mer pour ne pas rompre le lien familial et qui aboutit en 1978 à l'instauration de ce congés aux originaires d'Outre-mer fonctionnaires dans l'Hexagone : un mois de congé supplémentaire tous les trois ans avec prise en charge du billet pour le fonctionnaire, son épouse (si elle gagne moins de 1400 euros) et ses enfants mineurs et prime de vie chère le temps des congés au pays. "Il n'y a pas de blocage sur la réforme, insiste David Lorion, mais il y a un ressentiment insupportable car l'info a été dénichée à la poubelle et remonte en surface." L'absence de dialogue a créé un sentiment de relégation et les ministres (Annick Girardin et Olivier Dussopt) ont eu du mal à convaincre que la réforme n'avait pas d'objet budgétaire. La députée LR de la Réunion, Nathalie Bassire, ne veut pas le croire ! Non seulement, le gouvernement n'avance pas de chiffres, mais des fake news sortent : on parle d'un coût de 600 millions d'euros. "Faux, réplique David Lorion, ça coûte 5882 euros par agent dans la fonction publique d'Etat avec 1235 euros de vie chère et 2175 euros de billets d'avion. L'Etat arrive à 600 millions d'euros en ajoutant le coût de l'absence de l'agent. Dans la réalité, il en coûte 75 millions d'euros pour l'ensemble des congés bonifiés. Il n'empêche que la concentration d'ultramarins dans certaines administrations comme la pénitentiaire (65 % d'ultramarins en Ile de France et notamment à la prison de Villepinte, l'APHP, 50 %,  ou la justice dont 19 % des billets d'avion acquis par ce ministère sont destinés aux congés bonifiés) pose la question de l'organisation des services au moment des congés... Lénaïck Adam a évoqué les difficultés faites de plus en plus souvent par les administrations pour exiger de leurs agents qu'il justifient de leurs centres d'intérêts matériels et moraux au pays qui vire souvent au cauchemar kafkaïen... En conclusion, les deux rapporteurs affirment que la réforme est nécessaire mais prématurée. "Je déplore l'absence d'audit de DRH des administrations", conclut M. Adam. Jean-Hugues Ratenon (Réunion LFI) est intervenu pour critiquer, au-delà de la réforme, la République en marche en invitant à voter contre elle aux européennes. Léanïck Adam lui a répliqué vertement : "Les congés bonifiés ne sont pas une question de bulletin de vote, mais comment fait-on pour ces congés qui marchent mal, avec beaucoup d'hétérogénéité, d'incertitude et d'inexactitude ?"

Les parlementaires préconisent d'abord de favoriser la concertation avec les fonctionnaires et les syndicats, la création d'un marché interministériel pour l'achat en gros des billets d'avion et un achat en amont puisque les dates de congés bonifiés sont  connues six mis à l'avance. Ils recommandent encore l'examen avec bienveillance des centres d'intérêts matériels et moraux qui doivent être "harmonisés, stabilisés et objectivés". Cet examen devrait avoir lieu tous les trois ans plutôt que tous les trois ans comme c'est le cas actuellement.. Enfin, ils demandent à ce que le principe des congés bonifiés soient étendus aux collectivités du Pacifique.

Reste plus qu'à attendre juin pour voir comment le Conseil d'Etat va valider l'affaire...

FXG, à Paris

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18 mai 2019 6 18 /05 /mai /2019 10:46
Josette Manin, Hélène Vainqueur-Christophe, Boris Vallaud et Serge Létchimy

Josette Manin, Hélène Vainqueur-Christophe, Boris Vallaud et Serge Létchimy

Les députés PS demandent une commission d'enquête parlementaire sur le chlordécone

La proposition de résolution présentée mardi à l'Assemblée nationale par quatre élus du groupe socialiste, Josette Manin, Hélène Vainqueur-Christophe, Serge Létchimy et Boris Vallaud, tendant à la création d'une commission d'enquête parlementaire, a été formellement déposée et actée par la conférence des présidents. Son objet, l’impact économique, sanitaire et environnemental de l’utilisation du Chlordécone et du Paraquat comme insecticides agricoles dans les territoires de Guadeloupe et de Martinique. Serge Létchimy a d'abord rappelé "l'allure extrême" du drame sanitaire du chlordécone : 12 000 hectares de terres polluées en Martinique sur un total de 25 000 hectares agricoles... Un risque de récidive du cancer de la prostate multiplié par 3... 95 % de la population de la Martinique et de la Guadeloupe contaminés, soit 750 000 personnes et non pas seulement les 24 000 ouvriers agricoles de ces deux îles...

Il y a déjà eu deux propositions de résolution pour une mission d'information en 2003 (par Philippe Edmond-Mariette et Victorin Lurel) et en 2007. Là, Joël Beaugendre, alors député, avait obtenu une mission d'information. Dans son rapport, il concluait en regrettant l'absence de pouvoir de sa mission et par la nécessité d'instaurer une commission d'enquête parlementaire... Il y a encore eu deux propositions de loi (par Hélène Vainqueur et Victorin Lurel) au début de l'année, toujours pour réparer les dégâts sanitaires, sociaux, environnements et économiques liés à l'usage du chlordécone grâce à dés dérogations alors que l'on savait le produit toxique depuis 1976... Toutes ces démarches ont été rejetées par le groupe majoritaire.

Répondre à la psychose et laisser parler les scientifiques

"Quelle déception, rappelle Josette Manin, quand le groupe LREM a rejeté notre proposition de loi alors que le président de la République qui a publiquement reconnu au Morne Rouge en octobre dernier que le chlordécone était un "scandale d'Etat" et qu'il convenait d'y apporter "des réparations"." Reste que le président a écarté le grand public de ses desseins : il n'a annoncé, lors du grand débat national avec les maires d'Outre-mer, que la prise en charge au titre de maladie professionnelle.

La commission d'enquête doit permettre aussi, selon Serge Létchimy, que "les personnes qui ont instauré ce type d'usage soient confrontés à la réalité". Dans la ligne de lirre ceux qui ont obtenu les autorisations et les dérogations... "Il faut répondre à la psychose collective et laisser la parole aux scientifiques, assène la députée Vainqueur. Les Guadeloupéens et les Martiniquais veulent la vérité, pas forcément une indemnisation, mais une réparation."

Cette commission doit permettre encore d'évaluer la réponse qui a été donnée avec les trois plans chlordécone "sous-financés", selon le député Létchimy, et donner les pistes pour une dépollution durable des eaux et des sols. Comme cela est fait dans l'Hexagone quand il y a une marée noire ou une invasion d'algues vertes...

FXG, à Paris

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13 mai 2019 1 13 /05 /mai /2019 05:50
10 mai 2019 au Luxembourg

Un momunent, une fondation, un musée

Au jardin du Luxembourg, le 10 mai dernier, Macron a réitéré ses annonces pour la mémoire de l'esclavage.

Le président a promis l'installation prochaine de la fondation pour la mémoire de l'esclavage à l'Hôtel de la Marine, l'ouverture d'un monument aux victimes de l'esclavages aux Tuileries en 2021 et des moyens au MACTe.

Pour sa première participation en tant que chef de l'Etat à la cérémonie nationale de commémoration de l'esclavage, de la traite et de leurs abolitions, au Jardin du Luxembourg, hier, Emmanuel Macron a confirmé ce qu'il avait déjà dit le 27 avril 2018 au Panthéon, à savoir la création d'un monument, d'un musée, d'une fondation et des programmes scolaires renouvelés. Ainsi, "un lieu solennel de rassemblement", "un mémorial des victimes de l'esclavage" sera créé au jardin des Tuileries en 2021. C'est le fameux "Mur des noms" proposé par le CM 98 et la fondation Esclavage et Réconciliation présidée par Serge Romana. Le président de la République a encore affirmé que la fondation pour la mémoire de l'esclavage serait installée "dans les tous prochains mois", à l'hôtel de la Marine.

Enfin, les mécènes et fondateurs comme le budget de la Fondation pour les trois ans à venir sont désormais connus : CDC Habitat, Quartus Solidaire, Groupe Bernard Hayot, Fondation trace TV, Corine et Pierre Sainte-Luce, Groupe Action Logement, SNCF et IEDOM ainsi que des collectivités (Basse-Terre, Bordeaux, Brest, Fort-de-France,  Houille, La Rochelle, Lorient, Montceau-les-Mines, Nantes, Paris, Pointe-à-Pitre, Saint-Denis de la Réunion, Saint-Pierre de la Martinique, le Havre, les départements de la Réunion et de la Guadeloupe, les régions Guadeloupe et Ile de France et les collectivités territoriales de Guyane et de Mayotte). Ensemble, ils ont rassemblé 1,6 millions d'euros de capital et 2 millions de budget annuel (dont 50 % abondé par l'Etat).

Taubira, présidente du comité de soutien

Si son président sera l'actuel président de la mission de préfiguration de ladite fondation, l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, elle aura un comité de soutien présidé par Christiane Taubira qui saura mettre à son service, selon le président de la République, "sa verve, sa force, son aura". Aux côtés de l'ancienne garde des Sceaux, des personnalités comme Patrick Chamoiseau, Maryse Condé Myriam Cottias, Doudou Diène, Daniel Maximin, Simone et Jacques Schwarz-Bart ou François Vergès...

 "Cette fondation, a ajouté Emmanuel Macron, renforcera la cohésion nationale en transmettant l'histoire mondiale de la France". Enfin Emmanuel Macron a réaffirmé encore le renforcement du Mémorial ACTe en Guadeloupe. Après avoir rendu hommage à son créateur, Victorin Lurel qu'il a fait applaudir, le président de la République a confirmé l'engagement financier de l'Etat aux côtés des collectivités locales pour ce musée de l'esclavage au statut désormais d'établissement public de coopération culturelle.

Le président de la République a conclu son allocution en évoquant l'esclavage, "terrible réalité contemporaine" et ses 20 000 victimes actuelles. "Nous avons un devoir d'action", a-t-il déclaré en évoquant Daesh et Boko Haram avant de rendre hommage à l'invitée de marque de ce 10 mai, Nadia Murad, prix Nobel de la paix, militante des droits de l'Homme, irakienne d’origine kurde et issue de la communauté yézidie.

FXG, à Paris

Une cérémonie initiée par Chirac en 2006

La cérémonie du 10 mai au Luxembourg n'est pas une cérémonie populaire, mais une cérémonie sur invitation. C'est le Comité national pour ma mémoire et l'histoire de l'esclavage (CNMHE) qui les adresse et c'est l'Elysée qui les valide. Initiée par Jacques Chirac en 2006, en application de la loi Taubira reconnaissant l'esclavage comme un crime contre l'humanité, la journée du 10 mai n'a jamais zappé par un président de la République sauf l'an dernier où, Emmanuel Macron, retenu en Allemagne, avait délégué son Premier ministre. Le président s'était exprimé quelques jours avant le 27 avril, date anniversaire de la signature du décret d'abolition. Cette fois, autour du chef de l'Etat, au moins cinq ministres du gouvernement Philippe, trois anciens ministres des Outre-mer (Perben, Lurel et Pau-Langevin), mais pas l'actuelle locataire de la rue Oudinot "retenue en circo".

Côté parlementaires, pas de Guyanais, un Réunionnais (David Lorion), quatre Guadeloupéens (dont Victoire Jasmin, Hélène Vainqueur-Christophe et Olivier Serva), un Martiniquais (Serge Létchimy) et deux Mahorais (Tany Soilihi, Ramlaty Ali)... Dans le public, des personnalités comme Christiane Taubira, Jacques Martial, Claudy Siar, Bernard Hayot (en photo avec Nathalie Fanfant, conseillère LR de Paris)...

Les flammes de l'égalité

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale a remis le prix de la flamme l'égalité aux élèves de 4e du collège Eugène Yssap de Sainte-Anne (Guadeloupe) et Sibeth Ndiaye, porte-parole du Gouvernement, a remis le même à deux collégiens, l'un de la Rochelle, l'autre du Raizet (Guadeloupe).

Ironie du sort, le président a récompensé des lycéens d'Amiens, son fief.

Le 23 mai prochain, lors de la journée nationale d'hommage aux esclaves, ce sera le prix de thèse du CNMHE qui sera remis.

 

Abolition du mépris vis-à-vis des Outre-mer

Sitôt la cérémonie achevée, une poignée de militants se sont retrouvés devant le Panthéon pour une contre-journée nationale, autour de Daniel Dalin (Collectifdom), du comédien Greg Germain ou du producteur Frédéric Tyrode Saint-Louis. Sur leur pancarte : "Abolition du mépris vis-à-vis des Outre-mer". Tout de go les protestataires enchaînent les raisons de leur colère : Congés bonifiés, sargasse, chlordécone, vie chère, France Ô, agence des cultures d'Outre-mer, Cité des Outre-mer...

Ils ont dit :

Jean-Marc Ayraud, président de la fondation pour la mémoire de l'esclavage : "C'est une histoire à la fois ancienne et proche qui nous renvoie à ce que nous sommes, la France, notre diversité et qui nous renvoie aussi à des questions contemporaines comme l'esclavage aujourd'hui dans le monde. Il y a encore des combats à mener ; il y a une histoire à raconter, à faire connaître, à partager et je crois que c'est un élément très fort de la cohésion nationale pour tous les Français de bien maîtriser cette histoire et de faire vivre les valeurs républicaines. Pour ça nous avons besoin, au-delà de la loi Taubira, de cette nouvelle institution, la fondation pour la mémoire de l'esclavage."

Christiane Taubira, présidente du comité de soutien de la Fondation : "Il y a de très belles personnalités dans le comité de soutien, c'est plus important que moi parce que moi, vous savez, j'ai des roulettes sous les pieds, donc j'aime courir le monde... J'ai accepté cette responsabilité essentiellement pour accompagner les belles personnalités qui ont consenti à y participer."

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11 mai 2019 6 11 /05 /mai /2019 06:11
Pavillon des îles de la Guadeloupe à la Biennale de Venise

Trois artistes guadeloupéens à la Biennale de Venise

Joël Nankin, François Piquet et Jean-Marc Hunt sont les trois hôtes du pavillon des îles de Guadeloupe au Palazzo Mora à Venise pendant la célèbre biennale qui s'ouvre ce 11 mai. Ils sont exposés aux côtés de Soraya Abu Naba’a (République Dominicaine), Esteve Casanoves (Espagne) et Mazeredo (Brésil) au sein de l’exposition “Personal Structures - Identities”, tous sélectionnés par la commissaire d'exposition Marci Gaymu.

C'est la première fois que la Guadeloupe s'investit à la biennale de Venise. L'agence Christel'Ann Art  va exposer trois de ses artistes émergents. "Notre série d'expositions, Eclats d'île, raconte Olivier Tharsis, le commissaire du pavillon de la Guadeloupe, a servi de vitrine." C'est en voyant les trois expositions organisées à Paris depuis un an par la Région Guadeloupe et Krystel'Ann Art que l'European cultural center est venu les trouver pour leur demander d'organiser "un des événements collatéraux "à la biennale. Krystel Ann'Art a investi 80 000 euros dans l'opération. La Région, le département et la DAC ont suivi. En tout, 129 000 euros ! Les oeuvres seront exposés d'une part au Palazzo Mora et d'autre part dans les "Giardino della Marinaressa".

François Piquet expose trois oeuvres : une sculpture accompagnée de deux vidéos ("L'équation décoloniale" et "Pré-requis à la discussion décoloniale"), et une sculpture nommée "Atlas".

Jean-Marc Hunt expose quinze oeuvres, ce sont ses "Récits cosmogoniques", des peintures, mais également des ti ban traditionnels et une sculpture. Son thème : "le cycle de l'aberration : l'étranger". Joël Nankin expose huit de ses oeuvres. Il nomme l'ensemble "Existence".

"C'est un pied de nez à l'histoire coloniale qui ne nous considérait pas comme un peuple, des hommes, commente Jean-Marc Hunt, la veille du départ, Aujourd'hui, on vient avec une science, une philosophie, un regard porté sur le monde... So excited !" Excité aussi François Piquet, très heureux de participer à "cette grande fête de l'art contemporain et au marché de l'art" : "C'est une opportunité exceptionnelle de montrer le point de vue de la Guadeloupe et des sociétés créolisées en avance sur les sociétés européennes."

Tout est allé très vite et ils n'ont eu que trois jours pour faire des propositions au commissaire de l'European cultural center. Il fallait que ce soit des oeuvres inédites. A Venise, tous les gros investisseurs du marché de l'art sont là. C'est là que des artistes émergents peuvent commencer à assoir une côte... "C'est une rampe de lancement', observe Jean-Marc Hunt. "J'attends des contacts, enchaîne François Piquet, des réseaux, pouvoir montrer mon travail et faire des ventes !"

Pour le vernissage, les 9 et 10 mai, la vice-présidente du Département,Odile Broussillon, le vice-président de Région, Georges Brédent et Valérie Labayle de la DAC auront rejoint Joël Nankin déjà sur place. Plus tard, au cours des sept mois à venir, Kareen Guiock, marraine du pavillon des îles de la Guadeloupe et les chanteurs Dali et Missié Sadik pourraient aussi venir animer le pavillon.

L'exposition à Venise restera ouverte jusqu'au 24 novembre. Et pour ceux qui sont empêchés, Jean-Marc Hunt expose en ce moment à la galerie 123 Calvaire au 123 rue des filles du Calvaire, à Paris.

FXG, à Paris

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