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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 08:31

La collectivité unique à l’examen du conseil d’Etat

L’examen de la requête de Joseph Virassamy devant le conseil d'Etat, hier matin, n’a pas été bien long. Cet ancien professeur de droit à l’UAG espérait par cette action obtenir que les magistrats administratifs renvoient la loi du 27 juillet 2011 créant la collectivité unique de Martinique devant le Conseil constitutionnel en formulant, le cas échéant, un avis permettant au gouvernement actuel de l'abroger.

Cette loi, demandait-il, repose-t-elle sur une interprétation correcte des voeux de la population martiniquaise consultée le 24 janvier 2010 ? La question posée comportait-elle une demande suffisamment explicite de consentement de la part de la population pour faire succéder le Département et la Région par une autre collectivité, et obtenir ce consentement sans aucune ambiguïté ?… Le rapporteur public, Béatrice Bourgeois-Machureau, qui éclaire les magistrats auxquels appartient la décision, a d’abord rappelé que Joseph Virassamy avait contesté les résultats de cette consultation et que sa protestation avait été rejetée le 19 juillet 2010, que le 16 avril 2010, il avait déjà essuyé un refus de transmettre sa question prioritaire de constitutionnalité au Conseil constitutionnel… Le rapporteur public a encore rappelé le contenu de la loi : « La Martinique constitue une collectivité unique régie par l’article 73 avec les compétences des départements et des régions. La collectivité unique succède au département et à la région dans tous leurs droits et obligations. » Béatrice Bourgeois-Machureau a ensuite tranché : « Le conseil d’Etat ne peut se prononcer car la question n’a jamais fait l’objet de requête devant une juridiction administrative. La requête est donc irrecevable. Il n’y a pas lieu de se prononcer pour renvoyer la loi devant levant le Conseil constitutionnel. » Décision définitive d’ici un mois. Sans trop de suspens.

FXG, à Paris

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 09:38

La commission du développement durable de l'Assemblée va auditionner Valls et Montebourg

Guillaume-chevrolier-Catherine-quere-Francois-Michel-lamber.jpgLa commission du développement durable de l’Assemblée nationale, réunie mercredi à Paris, a pris connaissances des recommandations de la mission parlementaire qui s’est rendue en Guyane en décembre dernier. Catherine Quéré (socialiste), Guillaume Chevrolier (UMP), François-Michel Lambert (Europe-Ecologie Les Verts), Chantal Berthelot (SRC) et Gabriel Serville (GDR) se sont intéressés à l’orpaillage, clandestin ou non (dossier Rexmar), au pétrole offshore, à la biodiversité, à la transition énergétique et au développement local. « Les réponses ne sont pas à la hauteur des enjeux », a souligné le député Lambert. « Il y a un problème d’autorité de l’Etat dans ce territoire de la République », a indiqué M. Chevrolier. Citant Jean-Marc Ayrault disant au sujet du Mali « pas de développement sans sécurité », Chantal Berthelot a retourné la formule pour la Guyane. « Peut-être que des intérêts privés français sont plus puissants au Mali... », a ironisé Le député Lambert.

M. Serville a justement posé la question du positionnement de la France en Amérique du sud. « J’ai proposé au président Hollande, sous forme de boutade, la création d’un secrétariat d’Etat au bassin amazonien français. » Il a aussi proposé la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour déterminer les raisons du mauvais fonctionnement d’Harpie avec ses « soucis de coordination entre gendarmes et militaires ».

Berthelot-et-Serville-a-la-commission-devpt-durable-AN.jpgLa première recommandation de la mission est d’insister sur « les enjeux de souveraineté que connaît le territoire de la Guyane qui relèvent du ministre de l’Intérieur et non du ministère des Outre-mer ». Ils demandent donc une audition de Manuel Valls. Le président de la commission, Jean-Paul Chanteguet (socialiste) a donné son accord. La deuxième recommandation propose à l’occasion de la réforme du code minier de « donner des outils juridiques aux forces de sécurité », de « prévoir des mécanismes de surveillance renforcée sur les forages en mer » et de « mieux associer populations et élus locaux ». La troisième recommandation vise à « interroger Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif à propos du permis Limonade, tant sur la légalité que sur son opportunité ». Son audition est d’ores et déjà programmée pour le 19 février. La quatrième recommandation veut préparer « une transition énergétique spécifique : il n’y a pas à verdir, mais à construire vert dans un territoire aux riches ressources forestières et hydriques ».

Une ultime recommandation a été portée par Catherine Quéré qui a suggérer une rencontre avec Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères au sujet du pillage des ressources aurifère et piscicole de la Guyane par le Brésil « qui ferme un peu trop les yeux ».

FXG, à Paris

 


Un rapport secret

L’ancien garde des Sceaux, Michel Mercier, a envoyé une « mission interministérielle relative à la lutte contre l'orpaillage clandestin en Guyane » les 14, 15 et 16 décembre 2011. Composée de hauts fonctionnaires, magistrats, policiers, gendarmes et militaires, elle a rendu un rapport resté confidentiel. Selon le ministère de l’Outre-mer, ce serait un « document de travail non destiné à être publié ». Or, selon des confidences, ce rapport évoquerait la nécessité, dans le cadre de la réforme du code minier, d’adapter les textes pour les forces de sécurité dans leur action en forêt. Or, on ne peut déroger à la loi républicaine sans porter atteinte à l’égalité des justiciables. Selon le député François-Michel Lambert, « l'orpaillage illégal est traité par une procédure dérogatoire et le problème de procédure concerne plutôt les criminels installés au cœur de l'Amazonie guyanaise. Là, pas de dérogation car il est difficile de différencier juridiquement un crime urbain d'un crime en forêt ». Le porte-parole du ministère de la Justice a été sollicité par France-Guyane, en vain pour l’heure… La ministre de la Justice, Christiane Taubira, interrogée par le groupe écologiste, leur a promis une réponse d’ici quelques jours.

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 08:47

Question prioritaire de constitutionnalité sur la Martinique 

Le 17 janvier, la 2e sous-section du Conseil d’Etat examine la requête de Joseph Virassamy. C’est question prioritaire de constitutionnalité sur le statut de la Martinique à la suite du référendum de janvier 2010. Cet universitaire (professeur de droit à l’UAG) qui s’était fait remarquer en novembre 2009 par son aveu de « la peur de l’article 74 et de la collectivité unique », demande au Conseil d'Etat de dire si la loi du 27 juillet 2011 repose sur une interprétation correcte des voeux de la population martiniquaise ; de dire si la question du 24 janvier 2010 comportait une demande, suffisamment explicite, de "consentement" de la part de la population pour faire "succéder" le Département et la Région par une autre collectivité, et obtenir ce consentement sans aucune ambiguïté ; de formuler, le cas échéant, un avis permettant au gouvernement actuel d'abroger la loi du 27 juillet 2011.

Le texte de cette loi met en œuvre l’évolution institutionnelle souhaitée par les électeurs guyanais et martiniquais qui ont choisi, le 24 janvier 2010, la création d’une collectivité unique qui exercera à la fois les compétences jusqu’alors dévolues au département et à la région. La loi définit l’organisation et le fonctionnement des deux nouvelles "collectivités uniques".

FXG, à Paris

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 08:43

Shell a dépensé 2 millions € en Guyane depuis septembre

Patrick Roméo, président de Shell France, a été auditionné hier au Sénat pour la deuxième fois depuis le mois de mai. Face aux sénateurs de la délégation outre-mer, dont MM. Patient et Antoinette, le patron de Shell est d’abord revenu sur l’échec du 2e forage en décembre dernier à 6200 mètres de fond. « Le forage a été une réussite technique, a-t-il indiqué, mais le réservoir cible était vide. Il y eu des hydrocarbures mais ce réservoir n’était pas étanche. » Le puits a été rebouché et, depuis le 27 décembre, le troisième forage a commencé à 11,6 km du deuxième. La tête de puits a été installée comme le bloc obturateur. Contrairement à ce que nombre de personnes lui disent, Patrick Roméo assure que ce n’est pas parce qu’ils forent qu’ils ont des certitudes. « A une telle profondeur, nous devons forer pour savoir. » Y compris quelle quantité… Le forage revient à 1 million de $ par jour.

Au point de vue des retombées économiques, Patrick Roméo a avancé le chiffre de 2 millions d’euros dépensés depuis fin septembre au bénéfice de 150 entreprises et organismes (logistique, transport, carburant, maintenance, restauration...). Shell a créé 19 emplois direct et vient de recruter 5 stagiaires qui seront amenés à travailler à Paris et à Cayenne. La compagnie a encore collecté 170 CV dans l’idée de recruter une dizaine de CDI qui seront formés, notamment à l’anglais.

Par ailleurs, depuis le 1er janvier, le port de Degrad des cannes est devenu grand port maritime. « Il a désormais vocation à devenir notre port principal », a indiqué M. Roméo. A condition que certains investissements soient faits comme un quai flottant et que le pétrole devienne sa principale activité.

Si le forage est positif, on peut imaginer une exploitation commerciale du pétrole de Guyane d’ici 2018.

FXG, à Paris

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 08:38

L’Outre-mer dans le nouvel organigramme de l’UMP

Le président de l’UMP, Jean-François Copé, a présenté mardi la nouvelle équipe dirigeante du parti. Les postes ont été répartis entre copéistes et fillonistes. Mais pour l’instant, il ne s’agit que de l’exécutif du parti qui a été nommé avec le bureau et les délégués généraux. Si parmi eux, on ne compte aucun ultramarin, il faudra néanmoins attendre quelques semaines avant que la totalité du nouvel organigramme de l’UMP ne soit connu. La nomination des secrétaires nationaux, des conseillers politiques pourrait ainsi intervenir d’ici le mois de février. Le poste de secrétaire national à l’Outre-mer occupé successivement par Michel Diefenbacher, Marie-Luce Penchard et Eric Raoult n’a pas, à proprement parler, de favori pour l’heure. L’UMP n’a plus beaucoup de parlementaires ultramarins. Ils sont deux sénateurs en Nouvelle-Calédonie, Hilarion Vendegou et Pierre Frogier. Ce dernier vient rarement siéger... En Polynésie, Gaston Flosse (tout juste condamné à 5 ans de détention ferme) n’appartient plus à aucun groupe politique de la haute assemblée. A la Réunion, ils sont deux : Jacqueline Farreyrol et Michel Fontaine. Ce dernier, s’il est président de la fédération UMP de la Réunion, a deux handicaps : c’est un président trop discret et il a été condamné en juin dernier pour favoritisme…Quant à Didier Robert, un des deux seuls présidents de Région à droite, on ne sait plus dire s’il est encore à l’UMP… A Mayotte, un sénateur est UMP, c’est le maire UMP de Mamoudzou, Abdourahamane Soilihi. Il est peu connu. Du côté des Antilles, Bruno Magras (Saint-Barthélemy) et Louis-Constant Fleming (Saint-Martin), s’intéressent davantage à leurs collectivités qu’à l’UMP au niveau national. Qui plus est, ce dernier est fâché avec le seul député UMP d’outre-mer, Daniel Gibbs, élu de Saint-Martin, lui aussi extrêmement discret. La nouvelle équipe dirigeante ira-t-elle chercher son secrétaire national chez les anciens ministres de l’Outre-mer ? Ces derniers seront-ils intéressés ? Baroin vise mieux. Mariton et Estrosi sont déjà dans le nouvel organigramme, Jégo est parti à l’UDI. Restent Dominique Perben et Marie-Luce Penchard qui connaissent le job. Le premier a souvent fait office de spécialiste et laz seconde, bien décidée à se battre contre Victorin Lurel, pourrait trouver là une estrade qui lui donnerait de la visibilité. C’est une filloniste et si la règle des binômes copéistes/fillonistes s’applique aux secrétariats nationaux, il faudra lui trouver un pendant. La Réunionnaise Samia Badat, proche de Copé pendant la présidentielle, semble ne plus briguer de poste officiel tant qu’elle exerce une fonction au sein de la FEDOM. Nathalie Fanfant, Martiniquaise de Paris, jusque là en charge du secrétariat national à la lutte contre les discriminations, pourrait être tentée (elle a brigué un temps la délégation interministérielle à l’égalité des chances des Français d’Outre-mer, affronté George Pau-Langevin aux législatives et elle a de l’ambition). On peut aussi chercher du côté des anciens parlementaires comme Gaël Yano, (Nouvelle-Calédonie), ancien secrétaire national aux politiques outre-mer, ou René-Paul Victoria, premier président de l’UMP à la Réunion. Il a toutefois participé, comme Didier Robert ou Michel Fontaine à y saborder le parti avec la création d’Objectif Réunion en 2008… Mais avant de se perdre en conjecture, une source interne à l’UMP glissait hier encore : « Il n’est pas dit qu’il y ait un secrétaire national à l’Outre-mer… » Si Jean-François Copé a raison de croire possible une vague bleue aux municipales de 2014, pas sûr qu’elle touche déjà les Outre-mer.

FXG, à Paris

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 07:45

Le Nouvel Obs fait son enquête sur « la banque des békés »

Enquete-bekes-Nouvel-obs.jpgDans son édition datée du 17 au 24 janvier, l’hebdomadaire Le Nouvel Obs publie sur cinq pages une enquête consacrée au procès de la faillite du Crédit Martiniquais qui s’est joué en novembre à Fort-de-France. L’auteur, Marie-France Etchegoin, a l’idée de reprendre les grands moments de cette aventure juridico-bancaire pour raconter, à travers cette institution financière, les grandes pages de l’histoire des békés. Le Crédit Martiniquais, né en 1922, héritier du crédit foncier colonial que les anciens esclavagistes auraient monté avec l’argent du dédommagement de l’abolition…

On pouvait craindre, comme dans le film de Romain Bolzinger, Les derniers maîtres de la Martinique (Tac productions), une tendance à forcer le trait, à ne chercher que ce qu’on veut bien trouver… L’écueil est évité et l’article en dit bien plus long sur la Martinique que ce qu’il ne pourrait exciter de fantasmes autour du béké et de son arrogance supposée de paysan mâtiné d’aristocrate. Pour autant, rien n’est tu de la réalité que représentent ces descendants de colon. Aucun des « grands békés » n’échappe à son investigation jusqu’à Bernard Hayot qui lui refusant une interview, comme d’habitude, lui lâche : « « Je préfère ne pas vous répondre. De toute façon, vous écrirez du mal de moi… »L’affaire du Crédit martiniquais est scandaleuse et elle s’achève en eau de boudin, avec une réquisition de relaxe contre l’un des principaux prévenus, Charles Rimbaud. Elle dresse de ce « moyen béké » un portrait truculent de simple producteur de banane… Les Antillais n’apprendront pas beaucoup en lisant cet article qu’ils ne savent déjà ou que leur apprendra Garsin Malsa, Roger de Jaham ou le Dr Sobeski.

La vraie surprise ne vient pas là où on l’attend. Elle vient des confidences que le ministre des Outre-mer fait à la journaliste quand il lui dit être le premier à tenter une « révolution » depuis « l’abolition de l’esclavage » avec sa loi vie chère : « Peu importe, écrit Marie-France Etchegoin, la grogne des « lobbies ». Ou les promesses d’Eric de Lucy, le bras droit de Bernard Hayot, qui a fait le siège de son bureau en lui expliquant : « Pas besoin d’une loi, on peuts’arranger nous-mêmes, à l’amiable, pour faire baisser les prix de 15%. » Peu importe, jure encore Lurel, les menaces voilées (« attention de ne pas terminer comme Jégo… »), le chantage à l’emploi ou les « textos types » envoyés par certains entrepreneurs des Antilles pour expliquer les dangers du nouveau dispositif. « Sans doute, cela ne fait-il que commencer, confie l’ex-président du conseil régional de la Guadeloupe. Je ne connais pas encore ma douleur. Je m’attaque à des gens qui remportent toutes les victoires depuis des siècles… »

Au-delà des hommes, la Martinique (comme la Guadeloupe) n’est pas simplement prisonnière de la puissance béké, mais d’un système économique, héritier du XVIIIe siècle, comme l’esclavage, celui de l’économie de comptoir où même les Noirs, fussent-ils mulâtres, ont aussi prospéré. Même si les affaires du Crédit Martiniquais ont bien profité aux békés. La preuve, c’est que le fonds de garantie bancaire négocie avec les anciens actionnaires, devant le tribunal de grande instance de Paris, le remboursement des frais engagés il y a quelque 10 ans pour éviter la faillite de la banque des békés.

FXG, à Paris

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 11:40

Cuvillier et Lurel actent 3,5 millions d’euros pour la pêche

Le protocole de fin de grève des marins pêcheurs a donné lieu à une longue rencontre à Paris, hier soir.

Malgré la sortie tonitruante des deux députés du MIM, les représentants des pêcheurs sont satisfaits.

table-cote-ministres.jpgQuatre heures de discussion, un clash et, au final, des pêcheurs à peu près satisfaits. C’est le bilan que l’on a pu faire hier soir à l’issue de la rencontre organisée entre les ministres Lurel (Outre-mer) et Cuvillier (Pêche) et les représentants des professionnels martiniquais de la pêche (Olivier Marie-Reine, Elie Eustache-Rools et Marie Ademar accompagnés du président du comité national des pêches, Gérard Romiti). Il s’agissait de préparer la mise en œuvre de l’accord de fin de conflit signé le 31 décembre à Fort-de-France à l’issue de la grève des marins pêcheurs qui a bloqué quelque temps le port. Vis-à-vis de cette crise, il s’agissait pour le gouvernement d’apporter d’abord des réponses ponctuelles d’accompagnement très attendues des pêcheurs. Si l’enjeu tournait autour d’une aide de 3.5 millions d’euros (2 pour l’Etat, 750 000 euros pour chacune des deux collectivités), l’attente des professionnels étaient aussi d’avoir une perspective avec une politique structurée. « Le protocole est confirmé dans son application », s’est satisfait Serge Létchimy à l’issue de la rencontre. Trois points ont été actés : l’aide sociale d’urgence (3,5 millions d’euros) avec des modalités de versement qui seront affinées sur le plan local ; l’accompagnement de l’Etat pour l’échelonnement des dettes sociales et fiscales (qui nécessitera toutefois un aval européen) ; et enfin le travail du gouvernement pour que l’Europe admette la nécessité de la remotorisation des bateaux ainsi que l’aide à l’installation pour les jeunes. Olivier Marie-Reine, président du comité régional des pêches) s’est dit heureux de « l’engagement fort de l’Etat sur les aides d’urgence et la structuration de la filière pour demain ».

Contre-expertise de la production

Table-cote-Martinique.jpgAutre point positif pour les professionnels, la contre-expertise de la production promise par le ministre des pêches : « Quand on sait comment les prochains fonds européens seront calculés, a indiqué Olivier Marie-Reine, il est fondamental que nous ayons des chiffres de production qui calquent avec la réalité. » La réalité de la production, selon la profession, tourne davantage autour de 8 à 10 000 tonnes que des 1400 tonnes annoncés par l’IFREMER. « On a bien noté, a indiqué David Zobda du Conseil général, l’engagement des deux ministres à la construction d’un programme et d’un plan pêche et, pour prendre en compte la profession dans son avenir, les choses sont sur de bons rails. » D’autres réunions devraient suivre en Martinique ou à Paris où d’autres ministères et l’Europe auront aussi leur mot à dire. « Le travail ne fait que commencer », a déclaré optimiste Marie Adémar, présidente du syndicat indépendant des marins pêcheurs de Martinique (SIMPM).

FXG, à Paris

 


Le clash

Bertrand-Cambusi-Me-Germany-Karl-Larcher.jpgAu bout de cinq minutes, Alfred Marie-Jeanne a quitté la table de réunion, s’exclamant : « C’est une mascarade ! » Il sera suivi vingt minutes plus tard par Jean-Philippe Nilor. La raison de cette sortie des deux députés du MIM, c’est la présence, devant l’entrée du ministère des Outre-mer, dans le froid et sous la neige tombante, de Karl Larcher, aquaculteur, 3e vice-président du Comité régional des pêches et membre du syndicat des artisans pêcheurs et des éleveurs marins (SAPEM), Georges-Emmanuel Germany, porte-parole du MODEMAS et avocat des syndicats et associations écologistes martiniquaises auteures de la plainte pénale contre X suite à la pollution au chlordécone, et Bertrand Cambusy, marin-pêcheur, secrétaire général de la CSTM, membre du MODEMAS-Ecologie, administrateur du comité régional des pêches. « Ceux qui ont participé à la résolution du problème et qui ont signé le protocole de fin de grève sont laissés sur le trottoir », a regretté Alfred Marie-Jeanne avant de quitter la rue Oudinot. Georges-Emmanuel Germany n’a pas hésité à mettre en cause le député Létchimy : « Il m’avait agressé lors d’une réunion au début du conflit, estimant que je n’avais pas ma place aux côtés de M. Cambusi, alors qu’il était assigné en justice et qu’il était l’un des négociateurs. M. Létchimy a toujours voulu paraître celui qui règle le conflit en apportant des solutions. En même temps, il a toujours eu une attitude un peu ambivalente, marchant dans les pas du préfet… Cette fois, l’attitude de Létchimy et Lurel qui consiste à exclure ceux qui étaient les négociateurs et les rédacteurs de la plateforme de  revendication et du protocole de résolution du conflit, vise à dire qu’il y a eu des problèmes en Martinique et qu’on y a porté des réponses à Paris. Or, ces réponses ne pourront être vraiment satisfaisantes que si on entend les pêcheurs qui sont dehors. Le ministre de la pêche est là, au chaud, en train de faire son show médiatique et puis, dehors, il y a des marins pêcheurs et leur avocat. »

Ces accusations ont été battues en brèche par le ministère des Outre-mer qui assure que les personnes « nominativement invitées » étaient présentes à cette réunion. « Ceux qui sont à l’extérieur, a précisé un membre du cabinet ministériel, ne sont pas signataires ou ne sont pas les représentants désignés par leur organisation. » Le même conseiller a assuré qu’à plusieurs reprises, MM. Larcher, Germany et Cambusi ont été invités à se mettre à l’abri du froid à l’accueil du ministère.

Olivier-Marie-Reine.jpgSerge Létchimy n’a pas voulu entrer dans cette polémique, s’abritant derrière l’organisation du protocole par les deux ministères hôtes même s’il a trouvé « regrettable ce genre de situation ». Quant à Olivier Marie-Reine, président du comité des pêches et par ailleurs président du SAPEM, sa réponse avait une autre tonalité : « Il est impardonnable qu’on ait ces divisions en France. C’est une mauvaise image. Les gens qui sont entrés appartenaient à une délégation et étaient connus d’avance. C’est en amont qu’on règle ces questions. C’est le travail du syndicat, le mien. Mais j’étais là en tant que président du comité régional. » Au final, Olivier Marie-Reine regrette le départ des deux parlementaires du MIM : « Même s’ils soutenaient ceux qui n’ont pu rentrer, on avait besoin d’eux. »

 


Trois questions à Frédéric Cuvillier, ministre des Pêches

Cuvillier-ministre-peche.jpg« Ces dispositifs de crise doivent ne pas être qualifiés d’aides publique »

Quelles sont les principales mesures que vous avez pu annoncer ?

Nous sommes dans la co-décision, c’est-à-dire que le conseil des ministres décide avec le Parlement européen qui est saisi du texte de l’accord que nous avons signé. Les acquis auprès de l’Europe sont majeurs : la reconnaissance de la Martinique comme région ultrapériphérique de l’Europe avec une zone d’exclusion de 10 milles nautiques, la reconnaissance des conseils consultatifs régionaux. A chacune des réunions des conseils des ministres de l’Europe, les outre-mer ont été défendus et nous avons obtenu, dans le cadre du futur FEAMP 2014 (fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche doté de 6,5 milliards d’euros), la reconnaissance que les Outre-mer pourront bénéficier des dispositifs qui sont en train de se mettre en place. J’aurai l’occasion d’évoquer avec la commissaire européenne de la pêche, María Damanáki, cette pollution à la chlordécone qui est durable et qui nécessite des dispositifs durables. Ces dispositifs de crise, tels que nous essayons de les co-construire, doivent ne pas être qualifiés d’aides publiques entrant dans le cadre de l’euro-incompatibilité.

Les pêcheurs ont demandé votre soutien au plan de rachat des canots pour la reconversion…

C’est le FEAMP qui permettra à partir de 2014 de pouvoir discuter avec l’Europe des plans de sortie de pêche, de remotorisation et puis de travailler scientifiquement sur l’évaluation des biomasses qui nous permettra d’établir les capacités de pêche.

Qu’en a-t-il été de la réalité de la production par rapport aux chiffres contestés de l’IFREMER (1.400 tonnes contre 10 000 selon la profession) ?

Ca a été un des objets de la discussion. J’ai rappelé que la France n’est jamais aussi forte pour défendre sa pêche lorsqu’elle a une base scientifique avérée. Le décalage est extrêmement fort. Nous devons obtenir une contre-expertise pour analyser d’où provient cette disproportion. Le socle scientifique est une chance et les pêcheurs l’estiment eux aussi important. A partir d’avis scientifiques partagés, nous pourrons avoir des démarches convergentes.

Propos recueillis par FXG

 

 

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 10:05

Victorin Lurel promet un Conseil représentatif pour 2013

lurel_3586.jpgA l’occasion de ses vœux aux associations, aux journalistes, aux élus et aux créateurs, lundi soir à Paris, le ministre des Outre-mer Victorin Lurel a pris la parole pour dire qu’il n’était pas temps de « tirer un bilan », mais que d’ores et déjà, le gouvernement comme son ministère avaient « un cap, un rythme et affichaient un volontarisme ». Il s’est rendu au moins une fois dans chacun des territoires et il se rendra très prochainement à Saint-Pierre et Miquelon, Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Il s’est félicité des premières mesures prises comme la hausse de son budget, la loi de régulation des économies (bouclier qualité prix attendu le 1er mars, régulation des marchés de gros, du fret maritime et aérien, Internet à haut débit à venir…). Et il attend l’adoption des contrats de génération, la mise en œuvre de la banque publique d’investissement pour financer nos économies ultramarines… Il aura encore à s’occuper de la représentativité des syndicats ultramarins, de la cité des Outre-mer et de l’agence de promotion et de diffusion des cultures d’outre-mer, de « rendre à France Ô son identité outre-mer »… Trois axes marqueront cette année : Emploi et éducation, développement local et transition énergétique. Il s’est enfin livré à deux annonces, en citant Patrick Karam : la création d’un Conseil représentatif des Outre-mer (à l’instar du CRIJF et du CRAN) et une fédération des associations ultramarines. « Ils seront portés sur les fonts baptismaux pour défendre une vision civilisationnelle, culturelle et sociétale des Outre-mer. » Des applaudissements ont fusé… Pour autant 2013 ne sera pas facile avec la réforme du dispositif incitatif des investissements, c’est-à-dire la défisc « Elle est engagée avec le ministère de l’économie et des finances », a tenu à préciser le ministre.

FXG, à Paris


Ils étaient là entre nombreux autres...karam-et-Gomez_3611.jpg

Philippe Gomez, député UDI de Nouvelle-Calédonie, et Patrick Karam, conseiller régional UMP d'Ile de Francelynscha_3633.jpg

Lynnshasophie-Elizeon_3606.jpg

Sophie ElizéonLurel-et-vergez_3641.jpg

Le ministre et Françoise VergezLurel-MJAllie-Germain-copie-1.jpg

Marijosée Alie, Greg Germain et Victorin Lureltoni-chasseur_3616.jpg

Tony Chasseurvizy-Romana_3614.jpg

Marc vizy et Serge Romana

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 08:39

France Ô, identité et vieilles cassettes

Lurel-MJAllie.jpgAux vœux de Victorin Lurel, lundi 15 janvier, quoique invités, les dirigeants de France Ô, Claude Esclatine et Gilles Camouilly, ne sont pas venus. Ils n’ont pu ainsi entendre le ministre des Outre-mer annoncer que leur chaîne renouerait en 2013 avec « son identité outre-mer ». En revanche, Luc Laventure (France Ô), Robert Moy (France Ô) et Marie-Josée Alie (France TV), accompagnés de Michel Reinette (France 3) étaient là pour entendre cette décision du ministre. Depuis quelques semaines, ces mêmes professionnels se réunissent, selon des indiscrétions internes à la chaîne, de temps en temps à Malakoff, siège de France Ô, pour évoquer ce retour aux fondamentaux. Un retour qui trouve un écho technique avec le Média Aset Management (un serveur numérique) tombé en rade et qui a fait dire au rédacteur en chef de l’agence internationale de télévision (AITV, agence interne à France Ô), Dominique Fossé : « Retour aux bonnes vieilles cassettes ! » Comme au bon vieux temps de RFO !

FXG

PS : La direction de la communication de France Ô nous prie d'indiquer que "aucun membre du comité de direction de FranceÔ/Outre-mer 1ère n'a reçu d'invitation pour la cérémonie des voeux à la presse de victorin Lurel". La direction de la communication du ministre persiste a dire que les dirigeants de France O ont ete invites> Il doit y avoir des problemes de mails.

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 08:24

Une martiniquaise chargée des Ultramarins à la ville de Paris

danielle Apocale mairie ParisAprès le départ de Jean-Claude Cadenet à la tête de la délégation générale à l’Outre-mer de la ville de Paris (il avait remplacé George Pau-Langevin en 2007), Bertrand Delanoë a nommé son successeur le 11 janvier dernier. Il s’agit de Danielle Apocale, une Martiniquaise. Entrée à la Ville de Paris en 2002, Danielle Apocale a été chef de projet Politique de la Ville à la délégation à la Politique de la Ville et à l'Intégration, puis directrice de la Maison des Associations du 11e arrondissement à la direction des Usagers des Citoyens et des Territoires. Elle occupait dernièrement le poste de responsable de la Maison des Entreprises et de l'Emploi du 10e arrondissement à la direction du Développement Economique, de l'Emploi et de l'Enseignement Supérieur.

La Délégation générale à l’Outre-mer dont elle a désormais la charge, est rattachée aux services administratifs du cabinet du maire. Elle a pour mission de garantir un égal accès des Parisiens originaires d’outre-mer aux différents services de la ville de Paris et de soutenir les manifestations culturelles (dont le Carnaval tropical ou encore les TAAC).

La DGOM supervise aussi l’action du centre municipal d'accueil et d'information DOM-TOM (CMAI), service chargé de faciliter les démarches administratives des natifs ou originaires de l'outre-mer et de favoriser leur insertion professionnelle et sociale dans la capitale.

FXG, à Paris

 

 

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