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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 08:18

La situation des détenus de Rémire dénoncée au Sénat

dominique-monget-sarrail.jpgUn colloque, organisé par l’observatoire international des prisons et la commission nationale consultative des droits de l’Homme, intitulé « défendre en justice la cause des détenus », s'est tenu vendredi et samedi au Sénat. Parmi les intervenants, Me Dominique Monget-Sarrail des barreaux de Créteil et Cayenne est venue témoigner de la situation en Guyane. Son intervention a été perçue par l’auditoire comme un récit sorti tout droit d’un pays irréel où « l’exercice de la justice est original »… Pourtant la situation y pourrait paraître égale voire meilleure que celle que l’on connaît dans l’Hexagone. 600 détenus à la prison de Rémire et un taux d’occupation de 122 %. « Les gardiens et l’administration pénitentiaire sont très conciliants et compréhensifs, déclare l’avocate en préalable, mais 80 % des détenus sont étrangers et nous avons beaucoup de difficultés à trouver des interprètes en taki-taki ou en sranan-tongo. » 95 % des justiciables sont assistés par des avocats de permanence. « Sur 70 avocats inscrits au barreau de Cayenne, six sont de permanence chaque jour, souligne Me Monget-Sarrail. « Quasiment aucune mesure d’aménagement de peine ne peut être engagée faute de temps et d’avocats disponibles… » Elle en tire la conclusion que c’est en Guyane que les détenus effectuent le plus longuement leur peine. « Inutile de songer aux promesses d’emploi vu le taux de chômage, regrette l’avocate. Même les services pénitentiaires d'insertion et de probation ne parviennent pas à assurer les démarches administratives pour les détenus sans papier… » Autre problème pour les prisonniers, l’absence de visite. « Les familles ne se déplacent pas car elles sont souvent trop éloignées et les transports sont chers. » Et en prison, il n’y a rien : peu de parloir, une bibliothèque vide ou presque et pas d’occupation, pas de travail… « Un détenu dont je m’occupe m’a dit qu’il s’ennuyait, qu’il en devenait fou. » Même les fenêtres du centre pénitentiaire ont été obstruées de lattes métalliques horizontales pour qu’on ne puisse jeter des épluchures dans la cour… « Pas d’air, peu de lumière mais ils n’ont rien à lire ! » Dans les cellules, aux deux lits superposés, on a ajouté un matelas au sol… « L’administration a même envisagé d’installer des hamacs pour mettre une quatrième personne ! »

En 2007, à la suite d’une action intentée au nom de quinze détenus par Me Monget-Sarrail, un expert est venu de Fort-de-France. En 2011, la cour administrative d’appel de Bordeaux a alloué à chacun des quinze détenus une indemnité de 300 € par mois… Me Monget-Sarrail est une des seules avocates en Guyane à s’occuper des conditions de détention. Elle a indiqué qu’une cinquantaine de prisonniers de Rémire avaient contacté l’observatoire international des prisons pour intenter une procédure. Pour l’heure Me Monget-Sarrail assure qu’elle veille toujours à ce qu’on n’installe pas de hamacs dans les cellules.

FXG, à Paris

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 09:39

Marie-Christiane Dogimont-Kabile manifeste place Vendôme

Marie-Christiane-Dogimont-place-Vendome.jpgDepuis 2001, la Martiniquaise Marie-Christiane Dogimont née Kabile se bat contre « les autopsies médico-légales irrespectueuses de la dignité humaine ». Elle était encore jeudi devant le ministère de la Justice avec son mari, un mégaphone et 400 tracts pour sensibiliser le public. En 2001, sa soeur Eliane Kabile est morte a l’hôpital de Garges-lès-Gonesse et sa famille a soupçonné des prélèvements d’organe. Après un long combat judiciaire et deux exhumations, la justice a conclu à un non-lieu et a condamné Marie-Christiane Dogimont à 15 000 € d’amende pour procédure abusive. Pour autant, elle n’a pas baissé les bras. Elle a même fondé une association et a fédéré d’autres familles se trouvant dans son cas. Ils sont désormais une quarantaine. Ils réclament le respect de l’intégrité des cadavres et la révision de la réglementation régissant les pompes funèbres. Beaucoup viennent de Lens où une trentaine de parties civiles ont attaqué deux médecins légistes, d’autres d’Angoulême… Autre membre de l’association, un professeur de médecine légale de Poitiers qui a décidé d’examiner l’ensemble des dossiers dont celui d’Eliane Kabile.

FXG, à Paris


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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 08:20

Tropiques FM, première radio communautaire d'Ile de France

Les sondages Médiamétrie Ile de France pour la période septembre décembre 2012 révèlent que Tropiques FM a réalisé fin 2012 la meilleure audience de son histoire. Avec 1,9 % d’audience cumulée (AC), soit 185 212 personnes de 13 ans et plus ayant écouté cette radio au moins une fois dans la journée (entre 5 et 24h00), elle connaît une progression de plus de 73 000 auditeurs par rapport à la même période en 2011. En termes de part d’audience (PdA), sa progression est moindre, mais réelle puisque sa part de marche passe de 1 % fin 2011 à 1,1 % fin 2012. Dans le classement Médiamétrie des programmes locaux, elle devance Africa numéro 1 (1% d’AC et 0,8 % de PdA), Radio Orient (1% d’AC et 0,6 % de PdA) ou Beur FM (en deça des 1% d’AC). Elle fait quasiment jeu égal avec Oui FM (1,9 % d’AC et 1,3 % de PdA).

« Tropiques FM reste la première radio communautaire de France », se félicitent ses dirigeants Claudy Siar et Stéphane Mouangué.

FXG, à Paris

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 08:17

Cinq artistes caribéens pénètrent le marché de l’art parisien

Patricia-Condo-et-Me-Saint-Cyr-de-Cornette.jpgMaître Cornette de Saint-Cyr, un des plus fameux commissaires priseurs de la place parisienne a tenu le marteau, le 17 janvier dernier, à l’Institut supérieur d’enseignement artistique. En vente, 180 œuvres d’une vingtaine d’artistes antillais. « C’est par la porte basse que j’essaie de rentrer sur le marché national, indiquait l’organisatrice Patricia Condo de la société L'Art d'Etre Soi..e. Nous  avons quelques bons artistes, le travail ne fait que commencer ! »

Ces toiles et sculptures de l’art caribéen contemporain devaient faire l’objet d’une vente plus vaste (313 œuvres) qui aurait dû avoir lieu en 2011 dans le cadre de l’année des Outre-mer, mais n’a pu se faire. La vente de la semaine dernière n’a pas été très concluante au niveau du chiffre, mais elle a permis à quelques artistes de se faire repérer. Cinq artistes ont été retenus par le commissaire priseur pour la suite du programme qu’il entend suivre avec son étude. Le Guadeloupéen Philippe Laurent a vendu une oeuvre monumentale. Une seconde vente, antérieure, avec le même acheteur, a ensuite été annulée car le client ne voulait pas acheter deux œuvres. Toile-scupture-Christophe-Mert.jpgLe sculpteur et peintre martiniquais Christophe Mert a vendu lui aussi une œuvre monumentale à un entrepreneur martiniquais. La Martiniquaise Kanel Brosi a venu une sculpture fresque et un tableau de Gildaas (Guadeloupe), proposé avec prix de réserve, quoique intéressant un acheteur, a été retiré de la vente car le commissaire-priseur a estimé que c’était « un travail parfait », qu’il a qualifié de « véritable œuvre ». Le dernier repéré est le Martiniquais Fred Eucharis

La prochaine vente devrait avoir lieu à la mairie du 4e arrondissement de Paris en mai prochain avant le salon international à Cuba 2014.

Le résultat de cette vente peut être considéré comme très modeste, mais sachant que 20 000 artistes sont sur le marché parisien de l’art, l’entrée de cinq de nos artistes sur ce marché très fermé est tout à fait remarquable.

FXG, à Paris

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 08:04

Un livre raconte Césaire, le communiste

Couv-Cesaire-et-le-PCF.jpgDavid Alliot, libraire et écrivain, sort aux éditions Pierre-Guillaume de Roux, « Aimé Césaire et le PCF »

« Le communisme est à l’ordre du jour », écrit Aimé Césaire en 1950 dans un poème à la gloire de Maurice Thorez, alors tout puissant secrétaire général du PCF. Six ans plus tard, il écrit sa fameuse Lettre à Thorez dans laquelle il explique les raisons de sa rupture avec le communisme… David Alliot, libraire et écrivain, sort « Aimé Césaire et le PCF », un ouvrage consacré à l’engagement communiste du père de la négritude. Il a découvert Césaire en 1994 en lisant le « Cahier d’un retour au pays natal » et c’est une révélation. Il cherche une biographie synthétique, en vain, et décide alors de l’écrire. Il publie chez Infolio en 2008, « Aimé Césaire, le nègre universel ». Il se rend alors compte qu’il n’y a quasiment rien sur Césaire et le PCF : une demi-page de biographie et deux documents seulement aux archives départementales de Bobigny où sont entreposées les archives du PCF. Il s’agit de la Lettre à Thorez et de l’enregistrement sonore de son intervention au 13e congres du Parti en 1954. Devant la mine déçue de l’auteur, Pierre Boichu, le jeune conservateur des archives lui ramène un carton d’archives encore non classées. Une mine qui va rendre possible l’élaboration de l’ouvrage.

Le depute maire

« Césaire a réécrit son histoire a 94 ans », raconte David Alliot. C’est ainsi qu’il a parlé d’une adhésion accidentelle au PCF… » Les archives révèlent qu’Aimé Césaire a d’abord adhéré aux Jeunesses communistes de l’école normale en 1935 (Senghor ira chez les socialistes) avant d’entrer au Parti en juillet 1945. « Il va adhérer entre les municipales et les législatives de 1945 pour pouvoir se faire rembourser ses frais de campagnes législatives. » Le témoignage de Gabriel Henry (décède en 2012 à Toulon), adjoint de Césaire pendant sa première mandature, atteste aussi de la volonté de Georges Gratiant de laisser la tête de liste à un « moderne »… Et voilà Césaire député et maire. Il fait la départementalisation…

René Depestre témoigne de la lutte qui a opposé Aragon à Césaire. Le Martiniquais est resté fidèle à André Breton et aux surréalistes. « La poésie de Césaire portait ombrage à la dictature poétique d’Aragon », relate Dominique Desanti, alors journaliste a l’Humanité. Césaire sacrifie néanmoins aux exigences du réalisme socialiste. En 1948, il écrit « Pour une gréviste assassine », à la mémoire d’André Jacques, un ouvrier tué au Carbet lors d’un conflit social. Biographie-Cesaire-David-Alliot.jpgIl écrit encore « Dans les boues de l’avenir, nous avançons notre chemin » où il s’en prend au préfet Trouillé… Le premier préfet des Antilles. « Il réservait la schlague aux Martiniquais noirs et communistes », résume David Alliot !

Staline et l'Algerie

René Depestre comme Rosan Girard honorent Maurice Thorez de leurs vers pour les cinquante ans du camarade secretaire. Césaire aussi : « Voix de Maurice Thorez, contrepoison aux poisons du mensonge… »

En 1953, Aimé Césaire est de la délégation communiste française qui se rend aux obsèques de Staline. Il y retrouve Thorez. En 1954, Césaire, « mandé » par les communistes des quatre DOM intervient au XIIIe congres du PCF. Mais vite, la rupture publique avec Aragon (« Fous t’en Depestre laisse aller Aragon ») est consommée. Césaire réédite le Cahier chez Présence africaine d’Alioune Diop plutôt que chez un éditeur communiste. Les crimes de Staline, les pleins pouvoirs en Algérie votés à Guy Mollet… Budapest et c’est La Lettre. Deux émissaires ont bien tenté de le retourner ; Césaire rend publique sa démission dans France Observateur. « Il a traité Thorez de Staline français… » s’amuse David Alliot. Aussitôt, le conseil municipal de Fort-de-France explose. La moitié suit Césaire, l’autre reste fidèle à Thorez. Aux élections municipales anticipées du 2 février 1957, Césaire remporte 70 % des voix. C’est la fin du PCF, le début du PPM.

FXG, à Paris


Interview de David Alliot

David-Alliot.jpg« La Martinique n’était pas la priorité des communistes métropolitains »

Est-ce que vous faites des révélations dans cet ouvrage ?

Beaucoup de révélations d’après les archives du PCF et des témoignages. Je révèle ainsi la date d’adhésion de Césaire au Parti, ses poèmes staliniens écrits pendant son compagnonnage au PCF. Les témoignages de ses anciens élèves qui montrent un portrait bien différent de ce qu’a voulu dire le poète.

L’image de Césaire n’est donc pas celle qu’il aurait voulu laisser a la postérité ?

Elle est différente parce que Césaire, à la fin de sa vie, se forge un peu sa légende et là, les archives montrent la réalité, forcement différente.

Une réalité qui vous aurait déçu ?

Non ! Ca ne bouleverse rien, ça précise beaucoup de choses parce que Césaire est reste très flou dans de très nombreux domaines. Il disait qu’il avait adhéré comme ça… Non, il a adhéré au Parti pour des raisons très précises, s’est battu pour des raisons très précises et s’il quitte le PCF, c’est encore pour des raisons très précises. Voilà ce que raconte ce livre.

Quelles ont été les relations entre Césaire et le PCF pendant les onze ans que dure son compagnonnage ?

Elles ont été très compliquées comme la politique ! Le Parti était inféodé à Moscou et les Antilles étaient un département du PCF assez lointain. Césaire lui-meme était à cheval entre la Martinique et la Métropole, à la fois poète et écrivain, c’est forcément compliqué. La Martinique n’était pas la priorité des communistes métropolitains.

Qu’est-ce qui le pousse à rompre avec le PCF  ?

Le rapport Kroutchev ! Il sort en février 1956 et Césaire le dit ; il attendait une remise en question pour repartir du bon pied et le PCF ne l’a pas fait. Budapest a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et là, c’est la rupture.

Rien à voir avec le vote des pleins pouvoirs à Guy Mollet pour résoudre la crise algérienne ?

Oui, c’est important puisqu’il s’agit de la question coloniale et les communistes ont voté les pleins pouvoirs à un régime qui oppresse les Algériens, donc forcement c’est une déception. Comme alors beaucoup de communistes, Césaire ne comprend pas.

Si on devait retenir quelque chose du Césaire communiste…

Un humaniste qui pensait d’abord à l’homme, qui s’est retrouvé dans un appareil qui lui pensait plutôt à une idéologie. D’où le clash.

C’était difficile d’être la bouche des sans bouches au PCF de ces années-là ?

Oui, c’était difficile, mais il a essayé.

Propos recueillis par FXG

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 07:00

La banane antillaise aux Rencontres de l’agriculture durable

conference-agriculture-durable.jpgDevenues le rendez-vous international de l'agriculture durable en France, les 5e rencontres se sont tenues le mercredi 23 janvier, à Paris sous le titre « L'agriculture de 2050 commence ici et maintenant ».

Amir Kassam, de l’université de Reading et de la FAO, Vincent Tardieu, journaliste, auteur de « Vive l’agro-révolution française ! », Rattan Lal, de l’université de l’Ohio, César Abelardo Belloso, d’Argentine, et Sébastien Zanoletti, directeur de l’innovation et du développement durable de l’Union des groupements de producteurs de bananes (UGPBAN) ont anime la seconde table ronde consacrée au « développement de systèmes productifs plus à même de préserver et d’améliorer la rétention en eau du sol, de développer une génétique des plantes moins gourmandes en eau ou avec des cycles de végétation plus courts ou plus longs, de régénérer les biotopes (sols et biodiversité) sans sacrifier à la capacité de production ». Sébastien Zanoletti a expliqué comment la filière banane des Antilles s’est adaptée et inscrite dans une démarche d’agriculture durable avec la sélection végétale, le choix des intrants et leur utilisation moindre, la recherche agronomique… Il a rappelé notamment comment on avait fait usage de la chlordécone contre le charançon du bananier et comment ils ont découvert que les hautes herbes étaient tout aussi efficaces ! Il a néanmoins signalé qu’il était illusoire d’espérer zéro pesticides. Les rencontres ont été cloturées par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Fol

FXG, à Paris

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 06:10

Lutte contre le chômage : Jean-Marc Ayrault veut y croire

couverts-republique.jpgJean-Marc Ayrault est travaillé par la nécessité d’expliquer aux Français ce que son gouvernement fait ; François Hollande l’a demandé à tous les membres du gouvernement. A commencer par la politique de l’emploi avec son pacte de compétitivité, croissance et emploi. « C’est adopté depuis le 1er janvier, déclarait Jean-Marc Ayrault mercredi midi devant une poignée de journalistes de la presse régionale qu’il recevait à déjeuner, mais beaucoup d’entreprises ignorent qu’elles peuvent le mettre dans leurs comptes depuis le 1er janvier dernier ! » Et il promet, sur le terrain, des préfets offensifs et le soutien des chambres consulaires. Il rappelait aussi que la banque publique d’investissement qui se met progressivement en place dans les territoires dispose d’ores et déjà de 500 millions d’euros pour alimenter les trésoreries des entreprises. De même, il est revenu sur le plan artisanat, présenté cette semaine, qui prévoit une aide financière de l’Etat sur les contrats de génération quand il s’agit d’un artisan seul sans succession. « Le plan débute le 1er février mais il s’applique par anticipation à compter du 1er janvier », précise encore le Premier ministre qui voudrait réussir à « créer un climat de confiance ». « On peut gagner », lance-t-il comme pour mieux se convaincre lui-même. C’est que les électeurs de François Hollande doutent. D’ailleurs ce sont les enseignants qui, en manifestant mardi à Paris, ont donné les premiers signes de défiance dans son propre camp. « C’est pas Mélenchon qui va prendre la suite, prévient Jean-Marc Ayrault, si on échoue, c’est la droite libérale et autoritaire… Le pays hésite entre son bonapartisme et sa social-démocratie… » Il parle des efforts demandés aux Français : « Ils sont conscients des efforts à faire mais ils ont peur qu’ils soient vains ou injustes. » « Les Français ont du mal à payer leurs factures et ne voient pas le bout du tunnel », lui rétorque-t-on. « Ils sont dans une bien meilleure situation que les Britanniques, les Espagnols, les Italiens ou les Portugais… » Le Premier ministre pense que les Français se voient comme une grande Nation et qu’« ils ont peur de ne plus l’être ». Il relativise toute comparaison avec l’Allemagne : « Ils ont des points faibles ; les inégalités se sont accrues. » Mais il conclut, optimiste avant de filer répondre aux questions des députés au palais Bourbon : « Aller au Mali, c’est restaurer cette image de la France. » Et c’est vrai que l’Armée recrute en ce moment.

FXG, à Paris

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 08:47

Olivier Kissita fait le buzz

Ce jeune Guadeloupéo-congolais de Paris diffuse sur Internet une websérie qui rencontre un large succès

Nicolas-Kissita.jpgAvec 3,5 millions de vues pour l’un des épisodes de sa websérie, « Qu’on arrête de… » et 4 ou 500 000 pour les autres, Olivier Kissita est un enfant prodige de la toile ; Né à Paris d’une mère guadeloupéenne et d’un père Congolais, ce jeune homme de 24 ans qui a fait six ans de kung-fu et beaucoup de danse hip hop, se destine au métier de comédien ; Après une licence de droit sciences po à la Sorbonne, il suit un cursus de deux ans chez Acting international pendant lesquels il va faire des stages à Broadway (New-York city) ; Désormais, il est « à fond » dans les réalisations de ses webséries, mais doit travailler dans un centre de bilan de compétence pour gagner sa vie.

Son premier court-métrage, il le tourne juste après son bac, déjà sur un ton comique, en amateur, avec des copains. Il y interprète, sur trois épisodes, le héros des « Aventures de Choco ». En 2011, il sort « Les sept boules de freestyle », huit épisodes mêlant court métrage et clip. On y retrouve des artistes tels le chanteur Sango, Will.i.am de Black eyed peas, Sexion d’assaut, Akhenaton, Soprano, Jimmy Jean-Louis ou encore Ariane Brodier (ex-présentatrice d'Opération séduction aux Caraïbes et animatrice de « Les puceaux passent à l’assaut » sur TF6). Olivier Kissita profite alors de concerts ou soirées pour convaincre ces artistes de lâcher quelques mots devant sa caméra (un appareil photo reflex numérique). Mais sa série phare qui va le faire connaître, « Qu’on arrête de… », il ne la débute qu’en 2012. Olivier est le héros des sept épisodes qui mettent en scène des sujets du quotidien dans le métro parisien. « C’est comique ou tragicomique », commente-t-il. Qu’on arrête de faire chier les mecs, les filles, qu’on arrête de faire la gueule, de s’en prendre aux plus faibles, d’être méchants, de prendre les mecs pour des cons… Tout ça dans le métro ! Et sans moyens. Il a organisé deux castings au début de la série mais en fait, il fait jouer ses amis et ceux qui le contactent. « Il y a une dynamique autour de la série et pas mal de comédiens ou de personnalités aiment l’idée d’être dans ce mouvement. » Ainsi des comédiens professionnels apparaissent. Ils sont Sabine Cissé (Julie Lescaut, Famille d’accueil, Plus belle la vie), Jean-François Derec (35 longs métrages depuis 1975) ou encore l’historien François Durpaire…

Des télévisions frileuses

Parallèlement, Olivier sort une autre série, « Nous en vrai ». « Ce ne sont plus des courts métrages, mais c’est un format court, deux minutes, rythmé. Il fait défiler une brochette d’acteur de tous styles et tous âges devant la glace, aux toilettes, en cours, entre filles, au lit… Il met en scène « ce que tout le monde fait dans un endroit intime du quotidien ». Là encore, ça cartonne. « Nous en vrai au lit » a attiré déjà 150 000 internautes, « Nous en vrai aux toilettes », 135 000. Ses spectateurs sont à Nouméa, Montréal, Paris… Malgré le succès rencontré sur Youtube, Olivier Kissita ne gagne pas sa vie avec sa création et doit continuer de produire ses épisodes en amateur. La question qu’il se pose aujourd’hui est comment sortir de cet artisanat. « J’ai eu beaucoup de propositions, raconte-t-il, de chaînes de télé, de boîtes de production ou de personnalités… » Mais rien de concret n’en est sorti. Il a écrit, à la demande d’une chaîne nationale privée, deux scenarii. Sans suite. Une chaîne du câble lui a proposé un contrat totalement gratuit, « avec une diffusion à 2 heures du matin et leur logo partout ! » Il préfère laisser tomber. Il cherche un partenaire capable de déceler sa valeur ajoutée et qui soit « concret » en décidant de produite une série ou d’assure une diffusion… « Canal + semble la chaîne la mieux adaptée à mon travail mais ils n’ont jamais répondu à mes approches. » Il apprécie toutefois Internet qui lui assure de « rester libre et sans pression ». Deux scénarii de long métrage, quatre nouvelles séries de 6 ou 7 épisodes sont déjà écrits mais pour l’heure, il prépare le tournage d’un nouvel épisode de sa série fétiche. Le tournage aura lieu le 31 janvier prochain. Ca s’appelle « Qu’on arrête de tromper… » Cette fois, il ne tournera pas dans le métro, mais dans un appartement du Val de Marne.

FXG, à Paris

Facebook.com/olivierkiss

Youtube.com/olivierkissita

Twitter.com/Olivierkissita

 


Olivier et la Guadeloupe

Olivier Kissita vécu aux Abymes en Guadeloupe à l’âge de 10 ans. C’était en 1998 ; il allait à l’école Cidémé-Salvador, boulevard Chanzy à Lapwent. Il est ensuite reparti vivre en région parisienne mais il est souvent revenu passer ses vacances au pays, entre autres chez son cousin Mubarak Mosès, alors jeune basketteur au Gosier, qui joue aujourd’hui avec le club de Glasgow. Le dernier séjour d’Olivier Kissita en Guadeloupe remonte à juillet dernier.

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 07:42

Le mandat de Françoise Vergès au CPMH est achevé

A moins de cinq mois de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, le Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage est vacant.

Le mandat de l’équipe présidée par Françoise Vergès a pris fin au 31 décembre, après avoir été prorogé de six mois (il aurait du s’achever en mars 2012, juste avant la présidentielle). Ses ministres de tutelle d’alors, Marie-Luce Penchard et Frédéric Mitterrand, ont confié à sa présidente une mission sur l'avenir du Comité. Ses membres estimaient qu’il était « temps d'ouvrir une nouvelle étape… »

CHIRAC_OEUVRE_D_ART__RDG_.jpgFondé par la volonté de Jacques Chirac, ce Comité permanent de personnalités qualifiées, instauré en janvier 2004 en application de la loi Taubira, est chargé de « proposer, sur l’ensemble du territoire national, des lieux et des actions qui garantissent la pérennité de la mémoire de ce crime à travers les générations ». Maryse Condé l’a présidé avant d’en claquer la porte. François Vergès lui a succédée en février 2008. On doit à la première le choix de la date du 10 mai pour célébrer « les mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions », et à la seconde la pose de jalons d’une nouvelle politique publique mémorielle lancée avec les ministères de l’Education nationale, de la Recherche, de la Culture, des régions, des départements et des villes dans l’hexagone et outre-mer. Depuis le 6 mai 2009, le CPMHE attribue chaque année un prix récompensant une thèse autour de ces questions.

Renouvellement imminent

Sarko stele esclavesTous les présidents de la République ont honoré ce 10 mai. Chirac et Sarkozy l'ont coprésidé en 2007. Esi le deuxième a boycoté le jardin du Luxembourg en 2010, il y a présidé la plus réussie en 2011. Quant à François Hollande, il en a fait son premier acte de président en mai 2012.

L’affaire du Jardin d’acclimatation, sur la mémoire des expositions ethnographiques et coloniales, en pleine année des Outre-mer en France, a révélé une demande accrue de « reconnaissance mémorielle et une exigence de vérité historique », selon le rapport de mission rendu à Aurélie Filipetti et Victorin Lurel, en décembre dernier. Celui-ci conclut : « Un récit historique confiné aux limites de l’Hexagone ne parvient pas à rendre compte de la société française. En la réduisant, elle exacerbe les tensions : il faut élargir le champ et renouveler la cartographie de l’histoire. »

Hollande-Verges-Bel.jpgIl suggère au final « un renforcement de cette instance consultative unique en matière de politique Mémorielle » pour en faire le centre d’expertise du gouvernement et l’organe de médiation publique citoyenne de référence. A ces recommandations s’ajoute la création du Centre des mémoires de l’esclavage, centre de ressources, de documentation et de rencontres, « en lien avec la future cité des Outre-mer », à la demande de Victorin Lurel..

Le gouvernement aurait déjà rendu ses arbitrages sur ces propositions mais le renouvellement du Comité est suspendu à la modification du décret qui doit faire l'objet d'un examen par le Conseil d'Etat.
FXG, à Paris


Le bal des prétendants

Lurel-et-vergez_3641-copie-1.jpgDans le contexte de cette succession, Daniel Dalin, le président de Collectifdom a adressé un courrier à l’Elysée. Dressant un  portrait au vitriol de Françoise Vergès, il lui reproche de s’être alliée avec les « imposteurs communautaires du CRAN » avec les quels elle a signé le « manifeste pour des réparations ». « C’est la porte ouverte à une judiciarisation », déplore Daniel Dalin. Et pour mieux forcer le trait, il dénonce les ascendances esclavagistes de la famille Vergès… Non s’en sans prendre au secrétaire général du Comité, Frédéric Lazorthes, taxé d’être « extrême droite ». « Totalement faux et franchement diffamatoire », rétorque l’intéressé pour qui la lettre de Daniel Dalin à l’Elysée n'est que « la partie émergée d'une campagne et d'un travail de sape destinés à appuyer les visées de certains sur la présidence du Comité » ; les méthodes employées sont qualifiées de « détestables et inqualifiables ». Le Comité se tait comme s’il était inquiet de « l'effet détestable d'une polémique de ce niveau ».

vizy-Romana_3614-copie-1.jpgLors de la cérémonie des vœux du ministre des Outre-mer, le 15 janvier, dans le salon Delgrès de la rue Oudinot, Françoise Vergès, après un petit entretien avec le ministre, nous a confirmé qu’elle n’était plus en poste sans faire d’autres commentaires. Quelques membres sortants du Comité (François Durpaire, Greg Germain) n’ont pas commenté le sujet. Daniel Dalin et Françoise Vergès ont mutuellement sans doute évités de se croiser. Claude Ribbe, organisateur de la cérémonie du Général Dumas le 10 mai à Paris, a pris le soin de nous montrer sur son smartphone la publication de la lettre de Daniel Dalin sur le site Zinfo974. « Beaucoup de gens ont eu le texte de cette lettre… », se défend Claude Ribbe que d’aucun soupçonne d’en être le véritable auteur. « Ce qui est important, ajoute-t-il c'est que Françoise Vergès a signé en qualité de présidente du CPMHE un appel aux réparations du CRAN. »

Serge Romana, le président du Comité marche 98, qui a refusé naguère d’en être membre, a discuté un moment avec le conseiller Outre-mer de Hollande, Marc Vizy. Personne ne revendique ouvertement de candidature mais Daniel Dalin assure qu’il soutiendrait Claude Ribbe ou Serge Romana. Plus loin, semblant plus éloigné de ce théâtre d’ombres, le comédien Luc Saint-Eloy confirme qu’il prépare la mise en scène du prochain 10 mai au jardin du Luxembourg. Un travail inspiré de l’œuvre du togolais Godwin Fété, un parcours ouvert et participatif en 26 stations…

FXG


Les membres sortant

Françoise Vergès, présidente

Greg Germain,

Claude-Valentin Marie,

Henriette Dorion-Sébéloué,

Guy Lavaud,

Jean Hébrad,

Myriam Cottias,

Marie-Hélène Joly,

Jean-Claude Judith de Salins,

Frédéric Régent,

Philippe Pichot,

François Durpaire


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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 23:24

L’UAG perd un de ses grands professeurs

Claude-Emeri.jpgClaude Emeri, professeur agrégé des universités en droit public et science politique, est décédé le 16 janvier dernier à Plassac en Gironde où il a été inhumé. Des générations d’étudiants antillais ont été à son école entre 1966 et 2003. Né le 17 octobre 1933 pres de Bordeaux, Claude Émeri a grandi à Saigon ; son père y était pilote du port. Rapatrié d’Indochine en 1946, il a fait toutes ses études supérieures à Bordeaux. Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques en 1955, il devient l’assistant du constitutionnaliste Maurice Duverger, alors directeur de Sciences Po à Bordeaux, et obtient l’agrégation des universités en 1966. Sa carrière le conduit d’abord à l’Institut Henri-Vizioz de Fort-de-France, préfiguration partielle de la future Université Antilles-Guyane (UAG) ; il y reste jusqu’en 1970.

Le 27 mai 1967, Claude Emeri était envoyé en Guadeloupe pour la journée. Il devait y retrouver Jean-Claude Courbain, alors leader syndical étudiant, et un collègue enseignant, Pierre-Marie Larnac. Il s'agissait pour eux trouver une date pour l’examen de commis d’administration municipale. « J’avais importé cet examen, temoignait Claude Emeri peu avant sa mort, sous l’égide de l’Association nationale d’Etudes municipales dont l’objet était, pour l’essentiel, d’expulser le clientélisme et le spoil system de la carrière des fonctionnaires municipaux. Cet examen n’avait pu se dérouler à la date prévue, du fait des mouvements sociaux et du barrage traditionnel du pont de la Gabarre.

Souvenirs de mai 1967

Larnac assumait le quotidien d’un local d'enseignement situé rue Victor-Hugues, aux limites des règlements sanitaires et de sécurité incendie, bouffé par les termites et les ravets, consommateurs gourmands, dans une armoire dénommée Bibliothèque des pages d’un vieux Juris-Classeur rarement mis à jour… L’institut Vizioz n’était alors digne de son titre d’établissement public d’enseignement supérieur que par le dévouement et la foi en l’avenir de deux agents formidables, Madame Myrtille, secrétaire administrative exemplaire, et Monsieur Henri Marie, appariteur-concierge-chauffeur d’une vieille 403 Peugeot dont la maison-mère martiniquaise s’etait délestée sur sa succursale parce que trop essoufflée… Et si j’évoque ladite 403 et son sympathique conducteur, c’est parce qu’ils m’ont introduit et sorti ensemble, honorablement des évènements de mai 1967 dont je n’ai compris la gravité que grâce à eux… »

Après une longue période de vingt six ans durant laquelle il enseigne le droit public et la science politique à Bordeaux, puis à Paris. Il rejoint la Sorbonne avant de diriger le centre d’analyse comparative des systèmes politiques. Le professeur Emeri revient à l’UAG en Guadeloupe. Parmi ses étudiants, il repère le jeune Fred Deshayes dont il dirige la thèse et qui entame déjà sa carrière de chanteur… En mars 2000, Claude Emeri publie avec ses confrères du Centre d'analyses géopolitiques et interrnationales de l'UAG, Julien Merion, Fred Reno et Jean-Pierre Sainton, chez Jasor, La question statutaire en Guadeloupe, en Guyane et en Martinique.

Lors d’une des dernières sessions d’examen de droit constitutionnel qu’il lui revient de corriger en 2003, peu nombreux sont ses étudiants de 1er cycle qui repèrent son ironie dans l’intitulé du sujet qu’il leur a concocté. Alors que le militant du syndicat independantiste, l'UGTG, Michel Madassamy, doit faire face à une condamnation à de la prison ferme, Claude Emeri interroge ses étudiants sur l’évolution statutaire d’une île imaginaire passant du statut de département d’outre-mer a celui d’Etat associé à l’ancienne métropole. " Cette île est, précise-t-il, présidée par une certaine Madame Samy…" C’était un homme surprenant, à l'humour quelque fois britannique, et brillant.

De retour a Plassac l'année suivante il devient juge de proximité, commentateur féru du Monde.fr et un grand lecteur du Canard enchainé.

Le 16 janvier dernier, au matin, il s’est levé, a enfilé sa robe de chambre, récupéré son journal, s’est assis à la table de la cuisine pour boire son café en lisant quand, de battre, son cœur s’est arrêté.

FXG, à Paris

Pour les témoignages de sympathie : Colette Emeri - 1 Bellevue -  33390 Plassac

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