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9 juin 2019 7 09 /06 /juin /2019 12:41
Chantal Loïal, chorégraphe de la compagnie Difé Kako

Chantal Loïal, chorégraphe de la compagnie Difé Kako

Festival Le mois kréyol
Chantal Loïal, et toute l'équipe de la Compagnie Difé Kako et du Festival Le Mois Kréyol lancent un course contre la montre pendant un mois et demi pour parvenir à boucler la troisième édition du Festival Le Mois Kréyol , du 9 octobre au 9 novembre prochains, dans de nombreux lieux, à Paris, en île de France, à Strasbourg, Paimpol, en Martinique et même au Canada.
Au programme : musique, théâtre, danse, conte, arts plastiques, ateliers de cuisine et de pratiques amateurs...
Une cagnotte a été ouverte sur Kiss Kiss Bank Bank

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7 juin 2019 5 07 /06 /juin /2019 16:09
Xavier Harry au Carnegie Hall

Xavier Harry au Carnegie hall et au cinéma

Xavier Harry, le chanteur et pianiste de jazz, fils du clarinettiste et saxophoniste de l’orchestre de Georges Théolade, est sélectionné pour les finales du concours de piano internationale organisé par Piano House Inc. à New York. Ces finales auront lieu les 15 et 16 septembre prochain au fameux Carnegie hall. Il concourt dans la "Senior Category" et présentera ses compositions "Essence of", à savoir six compositions dont chacune marque une étape de son parcours : "Essence of Soul", "Essence of Pain", "Essence of Tears", Essence of Spirit", "Essence of Illusions" et, pour finir, "Essence of Hope".

Xavier Harry, par ailleurs compositeur de musiques films, a composé celle du court métrage "Pragmatique" du réalisateur Tony Bertrand. Un film qui a reçu plusieurs prix dont la mention honorable au London Worldwide Comedy Short Film Festival Spring 2019 et les "Best Comedy", "Best Screenplay", "Best Lead Actor" au South Film and Arts Academy Festival 2019 au Chili.

FXG, à Paris

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5 juin 2019 3 05 /06 /juin /2019 05:34
Une commission d'enquête parlementaire sur le chlordécone

Feu vert à une commission d'enquête parlementaire sur le chlordécone

La commission des affaires sociales a constaté mercredi 29 mai  à l'Assemblée nationale que les conditions de recevabilité de la proposition de résolution du parti socialiste, tendant à la création d’une commission d’enquête sur les impacts du chlordécone et du paraquat. Serge Létchimy, rapporteur de cette proposition a rappelé quelques points d'histoire sur l'importation de cette molécule qui a servi à lutter contre le charançon du bananier jusqu'en 1993, malgré son interdiction aux Etats-Unis dès 1976 et quelques chiffres comme 92 % de Martiniquais et 95 % de Guadeloupéens contaminés ou encore un taux d'incidence du cancer de la prostate, établi en 2012 à 500 cas par territoire et par an pour 100 000 habitants contre 98 dans l'Hexagone... Tous les groupes représentés à l'Assemblée nationale ont soutenu la proposition de constitution de cette commission d'enquête parlementaire, à l'exception du groupe LREM. Car si la commission d'enquête veut s'intéresser à l'impact économique, sanitaire et environnemental de l’utilisation du chlordécone et du paraquat, elle veut en connaître aussi sur les responsabilités publiques et privées pour ce qui concerne la prolongation de leur autorisation, de même qu'elle voudrait évaluer la nécessité et les modalités d’une indemnisation des préjudices des victimes et de ces territoires.

Maintenant que la commission des affaires sociales a admis la recevabilité de cette proposition de résolution, elle sera portée à la conférence des présidents qui devra alors donner corps à cette commission d'enquête.

FXG, à Paris

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3 juin 2019 1 03 /06 /juin /2019 05:50
Roland Brival

Après après Cœur d’Ébène et Bô de Roland Brival, Caraïbéditions republie dans une nouvelle collection, Roman & Roman-poche, Biguine Blues. Paru chez Phébus il y a vingt ans, ce roman avait fait l'objet d'un appel à sa republication dans l'émission littéraire La Grande Librairie il y a deux ans...

"L'identité antillais n'est plus encerclée dans l'insularité"

Pourquoi republier ces romans aujourd'hui ?

J'ai écrit ces livres pour mon peuple, comme un cadeau, mais je pense avoir été un peu trop visionnaire à l'époque... J'ai écrits ces romans dans les années 1980, au moment où les Antillais s'apprêtaient à sauter le pas... C'est comme dans la musique, j'explorais déjà toutes ces choses qui se retrouveront dix ou quinze ans plus tard remises au goût du jour alors que nous avions déjà compris qu'il y avait là des racines. Revenir sur ces romans et les remettre là, c'est savoir qu'ils vont arriver à l'heure cette fois et que les gens seront prêts à faire cette lecture.

Qu'est-ce qui vous permet d'en être sûr ?

Il s'est passé une chose lors d'une séance de signatures dans une librairie de Fort-de-France. Un homme très digne, habillé en kaki avec un chapeau bakoua, chaussé de plastiques a attendu la fin de toute la file, puis il est venu vers moi et il m'a expliqué qu'il était marin pêcheur au François et qu'il aimait beaucoup ma musique et comme il avait entendu dire que j'avais écrit un roman, il était venu pour en acheter un et il souhaitait une dédicace. A ce moment là, en face de cet homme, j'ai eu l'impression d'être un imposteur parce que je savais qu'il ne pourrait pas lire le livre... Il a vu le doute dans mes yeux et il me dit que ce n'est pas pour lui, mais pour sa petite fille qui prépare son BEP... J'ai passé des jours à me demander à quoi pouvait bien servir un écrivain dans ce contexte dans lequel je me retrouvai, qui n'était pas un système normal. Le système néocolonial n'est pas un système normal. Tant que j'étais à Paris, je pouvais remplir des pages sans me poser de question, mais quand on rentre dans un pays où aucune littérature n'existe et où il faut tout faire, qu'on se retrouve face à ce peuple fragilisé, blessé, qui est le vôtre et dans lequel vous vous identifiez aussi, j'ai eu envie de me sentir utile plutôt que de rester dans la sphère de mon imagination survoltée et libre... Pour être utile, il faut déjà commencer par se connaître. Nous ne connaissions rien de nos origines, de l'histoire des Caraïbes... Je me suis alors proposé d'écrire une série de romans historiques qui partirait de la rencontre des Caraïbes avec Christophe Colomb — "Le sang du roucou" ­— jusqu'à nos jours en passant par l'esclavage et l'abolition —"La montagne d'ébène" —, le chevalier de Saint-George, et qui raconterait l'histoire de ce peuple... La littérature pose des bases, elle permet d'offrir un filtre plus lumineux et plus simple que des traités d'histoire. Voilà comment par nécessité ou accident, je le suis retrouvé à inventer un genre qui n'existait pas encore dans la littérature antillaise, c'est-à-dire le roman historique. Un peuple sans fiction est un comme un homme sans rêve, il devient fou parce qu'il ne retrouve pas sa propre image projetée dans le monde extérieur.

Ainsi est né Martinique des cendres" ?

Oui, j'ai écrit ce premier roman, "Martinique des cendres" et je suis allé voir Glissant qui le lit et l'apprécie. Il me conseille de continuer et ça m'encourage à proposer le texte à un éditeur parisien, Olivier Orban qui le publie. J'étais encore habité par nos grands auteurs, Césaire et Glissant, les seuls modèles dont on disposait, et c'était un roman ultra-littéraire, qui avait quelque part ce défaut que je reprochais aux textes de Césaire et Glissant, d'être difficile d'accès aux gens populaires. Il fallait trouver une façon plus directe de toucher ce lectorat naissant des Antilles.

Comment était alors le lectorat antillais ?

La colonisation a dévasté nos consciences et on s'est retrouvés dans une espèce de laminoir qui fait que la population qui a surgi de la fin de cette période s'est retrouvée en état de vide, de choc, de traumatisme sans que personne en dehors de Fanon, ne s'en rende compte. Et ces gens, dans l'état où ils étaient, n'étaient pas en situation d'urgence d'avoir besoin de livres. Alors qu'en Haïti, juste à côté, les marchandes de légumes vendent aussi des livres. Ils sont suspendus à des ficelles, publiés par de petits éditeurs locaux qui trouvent le moyen de publier un livre de poèmes ! Eux avaient une urgence parce que eux étaient engagés dans la construction dynamique d'une identité qui leur était venue de leur révolte, leur combat, leur victoire. Alors que chez nous, malgré les combats et les victoires, à la fin, on ne s'est pas retrouvés propriétaires de nos îles, mais locataires en sursis avec un bail précaire. Il a fallu le temps que murisse un esprit comme Césaire du fond de cette rocaille pour pouvoir tirer un trait de javelot étincelant ! Et c'est la force de ce silence qui fait la beauté et la force de Césaire. Personne n'a osé ouvrir la bouche avant lui et que tout à coup s'engouffre dans cette bouche les milliers de voix dont il se réclame le porteur...

Il y a bien eu René Maran avant...

Maran est le terrain fondateur de notre littérature. Son roman, Batouala a été une magnifique victoire, portée en France par tout ce mouvement surréaliste, ces gens qui étaient là pour aider, qui comprenaient et qui avaient des passerelles ! René Maran était un magnifique guerrier. Simplement il n'a pas eu l'occasion de poursuivre avec la même intensité cette quête, mais c'était un pavé jeté dans la marre pour dire qu'une première victoire avait déjà été acquise et qu'il fallait continuer.

Et la créolité ?

L'idée de la créolité, ils l'ont trouvé dans "Martinique des cendres". Il y a toute une série de choses inscrites dans le contexte littéraire de ce roman qui préfigure l'émergence d'une littérature métissée. Sauf que moi, je n'avais pas l'intention d'en faire une démarche exclusive et de pousser si loin le bouchon au point qu'à mes yeux, c'est devenu aujourd'hui de la caricature. Mais lorsqu'ils ont fondé ce mouvement de la créolité, Confiant et Chamoiseau m'ont écrit pour m'inviter à participer. Lettre à laquelle j'ai répondu que j'estimais que le littérature n'avait pas besoin de ce genre de démarche et que je pensais qu'il fallait laisser libre les gens et les portes ouvertes pour qu'on ait accès à une diversité d'oeuvres qui nous nous enrichissent plutôt que d'aller dans une système faussement militant. Du jour au lendemain, je suis devenu l'ennemi, le pestiféré, celui dont il ne fallait pas parler ! Au point qu'ils ont écrit une histoire des auteurs de la Caraïbe dont je suis totalement absent. Aujourd'hui, tout ça s'est apaisé... En fait, je suis un des fondateurs de la littérature antillaise. Après Glissant, qui a pris un stylo ?

Vous êtes durs avec vos contemporains...

L'identité antillais n'est plus encerclée dans l'insularité. Le choix qu'ils ont fait condamne leur art à n'être qu'un épisode anecdotique parce que tout ce que produit la collectivité antillaise sur le plan culturel, l'essentiel de ce qu'elle produit au local n'est pas montrable sur le plan international parce qu'il n'y a pas d'exigence, parce qu'il y a la peur de se confronter à la réalité des autres grands artistes. Tout tourne en rond dans la calebasse de l'île sans jamais avoir la moindre chance d'en sortir. Et pour que fonctionne ce système d'aller retour qui caractérise une société normale, il faudrait qu'ils acceptent au moins de regarder ce que nous, les Antillais de lot bo, nous sommes en train de faire là-bas pour pouvoir défendre leur image, notre image car je suis porteur de l'image des Antilles, l'image d'une société qui ne me regarde pas alors que j'ai porté pendant des années tout un travail culturel au prix de sueur et de larmes. Si le pays avait besoin de moi, je saurais quoi faire pour préparer le terrain antillais à prendre son envol sur le plan international. Je sais que je saurai le faire.

En avez-vous envie ?

Il y a un moment où il va falloir rentrer chez soi, aller se reposer quelque part et participer sereinement aux choses... Ce retour là, il faut qu'il s'accomplisse dans une espèce de logique, de continuité. Je n'ai pas l'intention de revenir aux Antilles pour m'y installer comme un étranger ; je reviens cher moi en étant fier de mes origines, fier aussi de toutes les traces que j'ai pu laisser là.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Un retour littéraire au pays natal

Né à Fort-de-France d'un père inconnu et d'une mère d'abord photographe et tireuse chez Albert Adréa, avant de devenir artisan de reliure. " Je voyais des feuilles de livres qui séchaient sur des fils, le métier, l'odeur de la colle et le respect que portait ma mère à ces ouvrages, tout ça a été le premier moule dans lequel je me suis retrouvé pour entamer une trajectoire d'écrivain." Sa mère part à Paris, seule d'abord (il le raconte dans son dernier roman, "Les fleurs rouges du flamboyant"). Il la rejoint au début de l'adolescence et y passe son bac. Il revient une première fois en Martinique, avant de partir vivre deux ans aux Etats-Unis. "Je travaillais à l'ONU à New York, puis je suis revenu en Martinique faire ma première année de droit à Vizioz." Il fera le reste de ses études à Paris où il s'ouvre au monde du théâtre. "J'ai organisé le Xena Théâtre, un atelier, un laboratoire d'expérimentation gestuelle et vocale..." Cela l'amène aux métiers d'acteur et de metteur en scène. Ses modèles sont le Living theater ou Grotoski... "On jouait plus dans les galeries et les musées que dans les théâtres à l'italienne !" Les études de droit achevées, il rentre en Martinique où il va rester sept ans. Il monte une première pièce au théâtre municipal de Fort-de-France, "la bête à corne", 25 musiciens, 15 comédiens et quatre heures... "Une recherche esthétique inaboutie pour créer un théâtre à notre image et j'ai compris que ce que je pourrais produire ne pourrait pas être contenu dans cette île." Il crée les Bwa Bwa, compagnie de marionnettes pour travailler avec les enfants et arriver à un théâtre métis. Les marionnettes l'amènent à la peinture et le ramènent à Paris où il se lance dans l'écriture. "Il fallait y être pour combattre, ne pas se contenter de s'enfermer dans sa coquille antillaise, j'ai aussi été le précurseur dans ce domaine ; j'ai écrit bien avant Condé et Pineau et il a bien fallu passer sur les sillons que j'avais tracés comme je suis passé sur les sillons des autres." Très apprécié par les médias et les intellectuels de l'Hexagone, il s'éloigne alors de son île car il souhaite être considéré par les acteurs de la chaine du livre de métropole, comme un auteur francophone et non pas un afro-caribéen et il y a réussi... C'est le revers de la  médaille qui explique aussi pourquoi Roland Brival opère au soir de sa vie ce retour littéraire au pays.

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2 juin 2019 7 02 /06 /juin /2019 08:35
Entretien avec le référent Outre-mer du RN

Entretien. André Rougé ,21e élu sur la liste RN et référent outre-mer du RN, analyse le résultat des élections européennes en Outre-mer.

"Il y aura des candidats RN aux élections municipales et régionales"

Votre liste sort en tête partout à l'exception de la Martinique et de la Polynésie. Comment expliquez-vous la résistance de ces deux territoires à vos idées ?

Cela s'explique, en Polynésie par une très forte implication du président Fritsch dans la campagne et, en Martinique, par le fait que nous n'ayons pas de fédération, et donc aucun représentant du RN pour y faire campagne.  D'ailleurs, c'est une lacune que nous allons combler très rapidement. Malgré ça , nous sommes deuxième à seulement deux points derrière la liste "Loiseau - Macron".

A quoi, selon vous, est dû votre succès dans les autres territoires ?

Je l'explique de deux façons, sur la forme et sur le fond. Sur la forme, je suis bien placé pour savoir que depuis le retrait de la vie politique de Jacques Chirac, l'Outre-mer est totalement laissé à l'abandon. Plus aucune personnalité politique d'envergure nationale ne s'y intéresse. Comme Jacques Chirac, Marine Le Pen a une passion pour l'Outre-mer et c'est, pour elle aussi, une passion personnelle. Bien avant l'élection présidentielle, elle m'a demandé de regarder de façon très  active et très constructive une stratégie de fond pour l'Outre-mer. Après une consultation informelle d'élus et d'acteurs de la vie économique, j'ai travaillé avec une équipe de spécialistes de grande expérience à la rédaction des programmes présidentiel et européen qui, de l'avis général, sont très complets. De ce fait et sur la forme, nous avons été les seuls à avoir, dès la campagne présidentielle de 2017 un programme susceptible d'être appliqué du jour au lendemain, au travers d'une " Loi - programme " sur vingt ans présentant de nombreux dispositifs de création d'emplois et d'équité sociale. Là où tous les gouvernement successifs des présidents Sarkozy jusqu'à Macron en passant par Hollande sont restés dans des états généraux, des assises, la rédaction d'un livre bleu... dont on attend les résultats concrets... Par ailleurs les nominations de ministres, aussi talentueux et aussi compétents soient-ils, se sont faites au sein du gouvernement, en bas de l'échelle protocolaire. Les locataires de la "Rue Oudinot" n'ont plus aucune capacité d'action ou de décision. Repensez aux marges de manœuvre dont disposaient des ministres comme Louis Le Pensec, Bernard Pons ou Dominique Perben . Ils pesaient dans le gouvernement et traitaient, directement avec le premier ministre quand ce n'était le président lui -même du temps de Jacques Chirac. Le premier à avoir déchu l'Outre-mer est Nicolas Sarkozy. Il a fait de l'Outre-mer un secrétariat d'Etat, puis un ministère délégué du ministère de l'Intérieur... celui de la police... Dans notre programme présidentiel, Marine Le Pen a prévu d'en faire un grand ministère d'Etat ayant , également, compétence sur la mer. Il aurait barre sur les autres ministères et notamment Bercy, éternelle entrave à l'action de l'Outre-mer. Marine Le Pen entend, ainsi, rendre à l'Outre-mer la place qui doit être la sienne.

Du point de vue des électeurs, qu'est-ce qui les a attirés dans ce vote RN ?

Chacun s'accordera à reconnaître le mépris  dont le président Macron a fait preuve vis-à-vis de l'ensemble des Français en général, mais des ultramarins en particulier avec, notamment, l'emploi d'expressions inutilement blessantes. La désinvolture dont il a fait preuve sur des dossiers aussi importants que le chlordécone, les algues Sargasses et, plus grave, le coût de la vie et la santé. Il y a eu un vote de réaction à l'égard de sa personnalité et de son comportement . Il y a, par ailleurs, un certain nombre de sujets prégnants comme l'immigration en Guyane, à Mayotte et maintenant à la Réunion avec l'arrivée de plus en plus régulière de migrants Sri Lankais, l'insécurité qui va avec, et puis une situation sociale absolument intenable. Tout le monde sait maintenant que le coût moyen du panier de la ménagère ultramarine est 66 % plus cher que celui de la ménagère de métropole qui n'y arrive, déjà, plus. ! C'est une injustice sociale inacceptable qu'il convient de combler. Nous proposons une réforme en profondeur de l'octroi de mer car il est incompréhensible et injuste que les ultramarins payent un double impôt ! On nous objecte que l'octroi de mer est destiné au financement des collectivités locales, mais il n'y a aucune raison pour que les collectivités d'Outre-mer ne soient pas soumises au droit commun et ne bénéficient pas de l'intégralité de la dotation globale de fonctionnement. Dans ce même esprit, nous proposons une TVA à taux zéro pour les produits de première nécessité .

C'est donc un vote sanction de la politique du président Macron...

Nos compatriotes d'Outre-mer ont envoyé un signal fort à ce gouvernement, y compris à Mme Girardin à Saint-Pierre-et-Miquelon. J'en profite pour dire que si elle connaissait le sens des mots dignité et honneur, elle en tirerait les conclusions qui s'imposent. Nos compatriotes d'Outre-mer en ont marre du blabla, des circonlocutions, des grands débats, des assises, des états généraux ! Ils veulent des actes ! Ils en ont marre d'être obligés de descendre dans la rue pour être entendus. Les derniers gouvernements successifs n'ont pris leurs décisions que dans l'urgence et sous la contrainte. Ca a été le cas avec les 500 frères en Guyane, la grève générale à Mayotte l'an dernier, les gilets jaunes à la Réunion en décembre... Il a fallu tout ça pour que le gouvernement prenne des décisions... Décisions qui n'en sont, d'ailleurs,pas si l'on considère que l'accouchement des accords de Guyane est plus que poussif, que la situation est toujours aussi tendue à Mayotte où elle est même en train d'empirer... Rien n'a été fait non plus à la Réunion où Mme Girardin est venue deux fois faire des annonces qui n'en étaient pas !

Est-ce pour autant un vote d'adhésion à vos idées ?

Compte tenu des résultats déjà enregistrés lors du premier tour de l'élection présidentielle où Marine Le Pen, en cumul de voix, est arrivée en tête des Outre-mer, on peut désormais parler d'un vote d'adhésion. C'est d'ailleurs encourageant pour la suite des événements et nous avons bien l'intention de transformer l'essai à l'occasion des élections locales à venir. Il y aura des candidats aux élections municipales, départementales, régionales. Nous allons consolider nos positions, nous ouvrir vis-à-vis des maires sortants qui voudront bien parler avec nous, comme Maxette Pirbakas et moi le ferons avec tous les parlementaires européens ou nationaux qui souhaitent, par un travail commun, œuvrer pour l'intérêt général des Outre - mer. Nous entendons bien fortifier notre implantation dans les départements, régions et collectivités d'outre-mer.

Plusieurs analystes considèrent que les Outre-mer ne sont plus des digues contre le RN, ce qui tendrait à démontrer que Marine Le Pen est parvenue à dédiaboliser l'extrême droite, que le RN n'est pas raciste. Qu'en pensez-vous ?

Les électeurs ultramarins ont répondu à ce mauvais et faux procès qui est fait au RN, dont je veux rappeler qu'il est un rassemblement patriotique et non un parti d'extrême droite. Marine Le Pen n'a rien à voir, de près ou de loin, avec cette notion de racisme  qui lui répugne, et je vous rappelle que la marraine de sa fille est antillaise. Quant à moi qui aie fait mes armes avec les barons du gaullisme qu'étaient Alain Peyrefitte et Michel Debré, jamais je ne serais venu au RN s'il y avait eu le moindre doute ou soupçon sur le sujet. C'est aussi le cas pour Mme Pirbakas qui a été, à juste titre, valorisée et élue ; elle était en 12e position. Il faut en terminer avec ces faux arguments qui n'ont pas lieu d'être.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Avec Marine Le Pen au Tampon, à la Réunion

L'éminence grise de l'Outre-mer pour le RN

Sans être formellement membre du RN, André Rougé est l'nspirateur, l'initiateur et le co-rédacteur des programmes présidentiel et européens du RN. Il a pour expérience d'avoir été d'abord militant du parti des Forces Nouvelles (PFN) pendant ses études de droit. Puis, il rencontre Alain Peyrefitte qui le présente à Michel Debré dont il sera le dernier assistant parlementaire et qui lui fait découvrir la Réunion.

Il devient le coordinateur de la campagne présidentielle de Jacques Chirac pour l'Outre-mer en 1995. Cet ancien cadre chez Bouygues intégrera un temps plusieurs cabinets ministériel dont ceux de Dominique Perben (Outre-mer), Jean-Louis Debré (Intérieur) et Jean-Jacques de Peretti (Outre-mer). L'ancien premier secrétaire fédéral du RPR de la Martinique, Alex Ursulet, ne garde pas un bon souvenir de lui : "Un homme qui avait déjà des penchants d'extrême droite."

En 2002, Alain Juppé nomme André Rougé secrétaire national aux Fédérations d'Outre-mer à l'UMP... Après les attentats de 2015, il crée les Horaces, un collectif de hauts fonctionnaires, anciens membres de cabinets ministériels, chefs d'entreprise qui se met au service de Marine Le Pen.

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1 juin 2019 6 01 /06 /juin /2019 08:33

225 000 euros d'amende pour BioMérieux et Guyane Service Médical

L'Autorité de la concurrence (AdC) a sanctionné mercredi 28 mai les sociétés BioMérieux et Guyane Service Médical.

Les deux entreprises sont coupables d'avoir maintenu un accord exclusif d'importation en outre-mer signé en 1995 après l'adoption de la loi Lurel en mars 2013.

Par un accord d'exclusivité, BioMérieux  a confié à Guyane Service Médical la distribution de ses produits de biologie médicale sur plusieurs territoires, dont celui de la Guyane, faisant de lui le seul distributeur des produits du laboratoire BioMérieux en Guyane depuis de nombreuses années.

Le contrat liant BioMérieux et GSM n'a été modifié que le 26 août 2016, soit plus de trois ans après la promulgation de la loi Lurel, de sorte qu'il a été impossible de faire jouer la concurrence en Guyane sur des produits  incontournables de biologie médicale qui jouent un rôle déterminant dans la prise de décision médicale et la prise en charge des patients.

A la décharge de ces entreprises, l'AdC constate que l'exclusivité de fait constatée après 2016 ne résulte pas d'une pratique concertée, mais de la spécificité des produits concernés. Ce sont les contraintes propres à la distribution de ces produits qui expliquent le recours privilégié au circuit long de distribution (compte tenu des conditions de transport et de stockage strictes des produits), et le fonctionnement particulier du marché en cause (spécialisation des distributeurs par marques et types de produits).

L'AdC a toutefois prononcé une sanction de 150 000 euros à l'encontre de GSM, principale bénéficiaire de la pratique, et de 75 000 euros à l'encontre de BioMérieux.

FXG, à Paris                                      

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29 mai 2019 3 29 /05 /mai /2019 04:10
La marine fluviale recrute le 4 juillet prochain

La marine fluviale parisienne s'ouvre aux Ultramarins

"Les compagnies de tourisme fluvial sur la seine recherchent des matelots de navigation fluviale (hommes ou femmes)", annonce le Casodom, vénérable association qui organise les talents d'Outre-mer. "Le secteur de la navigation fluviale sur la Seine, explique son président Jean-Claude Saffache, est en pleine expansion et offre de nombreuses perspectives d'emplois, notamment dans les métiers de matelot. De nombreux Ultramarins, même sans disposer de diplômes scolaires, y ont déjà trouvé un emploi, après une formation qui s'effectue sur le tas, en situation d'exploitation." C'est pourquoi, le Casodom a décidé de s'allier avec un des talents d'outre-mer qu'il a contribué à faire reconnaître, le Guyanais Jocelyn Golitin, dirigeant des entreprises Joce et Bateaux Alizé qui exploitent des bateaux sur la Seine, pour organiser le 4 juillet une journée de sensibilisation sur ces métiers. Jocelyn Golitin a hissé sa société au top des dîners croisières spectacles de Paris quand aujourd’hui ce sont des groupes tels Accor ou Sodexo qui s’intéressent à ce marché." Il a créé ses propres animations (Paris Caraïbes, Paris Cancan, Paris romantic show, Paris en chanson)... Ancien membre des Comité de diversité républicaine (il n’a jamais compris pourquoi il avait été passé à tabac à 22 ans dans un commissariat) et pilier du réseau Outre-mer Network, cet enfant du Bumidom, fils d’un fonctionnaire de police, a débarqué à Paris avec ses quatre frères et sœurs à l’âge de 5 ans. Aujourd'hui, il affiche un chiffre d'affaires de 400 000 euros. "J'estime qu’il faut savoir redonner quand la vie m'a permis d’en arriver là, dit-il pour expliquer son engagement auprès du Casodom.

"Pour accéder à ce métier, poursuit le président Saffache, il suffit d’avoir, outre son brevet de secourisme, « l’Attestation spéciale Passagers » (ASP). La formation à l’ASP, qui n’exige aucun diplôme scolaire préalable, se déroule au sein d’une compagnie de bateaux, en situation d’exploitation. C'est là que les entreprises de Jocelyn Golitin joueront leur rôle. L'ASP est délivrée au terme d’un examen sous forme d’un QCM à l'issue d'une formation de deux jours.

Cette journée se déroulera sur le Bateau « Mistinguett »,  amarré au quai de la Rapée, à Paris, le 4 juillet.

Le programme de cette journée comportera, après un café d’accueil, une information sur le métier d’ASP, une présentation des différentes parties techniques d’un bateau navigant, une navigation d’une heure sur la Seine, et des échanges avec des ASP pilotes ultramarins.

FXG, à Paris

Pour s'inscrire a cette journée, il faut indiquer nom, prénom, date de naissance, adresse, coordonnées mail et téléphone portable à l'adresse suivante :

Email : casodom.75@gmail.com

Site Internet : http://www.casodom.fr

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28 mai 2019 2 28 /05 /mai /2019 06:24
"De l'égalité des races" par Joseph-Anténor Firmin

Republication « De l’égalité des races » de Joseph-Anténor Firmin

Le livre « De l’égalité des races »  de l’essayiste et anthropologue haïtien du XIXe siècle, Joseph-Anténor Firmin, ressort en format poche chez Idem, avec une postface du psychiatre et poète haïtien Joël Des Rosiers.

Il ressort de cet ouvrage que l'idée de faire de "la race blanche" la quintessence de l’humanité est issue des contradictions inextricables et des absurdités insérées dans la science anthropologique raciste, réduisant le discours scientifique de l’inégalité des races humaines à un compartimentage fondé sur le volume de la boîte crânienne, la texture de la chevelure et les caractérisations phénotypiques, justifiant au final la mise en esclavage des autres races. Dans son combat contre le préjugé et l'idéologie de la discrimination et de la hiérarchisation, Anténor Firmin tente de ruiner les superstitions, et de mettre en crise la validité de ces discours. Son livre, qui a une place éminente chez les panafricanistes, est aussi une tentative heureuse de réhabilitation de la grandeur historique des peuples noirs depuis l'Égypte jusqu'à la République d'Haïti en formation.

« De l’égalité des races »  de Joseph-Anténor Firmin, Idem éditions, Paris - Avril 2019, 792 Pages, prix ttc 19,80 €.

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27 mai 2019 1 27 /05 /mai /2019 05:35
La campagne démarrera en septembre sur les murs du métro et des gares de France

La campagne démarrera en septembre sur les murs du métro et des gares de France

Une Guyanaise co-signe la campagne d'affichage du Secours populaire

"Nous avons osé l‘étiquette “pauvre” qui est l‘élément perturbateur qui permettra au public de s‘arrêter devant cette affiche et de s‘y intéresser."

La Guyanaise Hermine Ancel et la Marseillaise Carla Maiorana, deux étudiantes en communication visuelle et graphisme à Aix-en-Provence, verront leur création pour la campagne du Secours populaire affichée dans les wagons du métro parisien ainsi que dans les gares des grandes villes françaises pendant un an, à compter de septembre 2019.

Elles se sont inspirées du jeu pour enfants “devine-tête” qu'elles ont combinée avec la célèbre expression “coller une étiquette".  "Nous avons décider d‘opter pour une affiche impactante, simple, facilement compréhensible et capable de toucher n‘importe qui." Et elles y sont parvenues puisque le jury a reçu plus de 850 créations print et 18 vidéos. Six campagnes ont été récompensées : trois campagnes print dont celle d'Hermine et Clara, deux campagnes vidéo, ainsi qu‘une campagne digitale. Toutes campagnes représenteront le Secours populaire français entre juillet 2019 et juillet 2020.

"C'était inattendu ce prix, témoigne Hermine Ancel. Ce qui m'a plu c'est que le projet créatif était associé à une grande cause." Hermine a quitté Cayenne, ses parents et le lycée Lama-Prévôt en 2015 après son bac pour suivre des études de graphisme. Elle ne sera pas huissier de justice comme papa, ni podologue comme maman, elle sera directrice artistique. "Plus tard, j'aimerai bien monter ma propre agence de création. Pour l'heure, elle achève son bachelor à Aix et hésite encore à y faire son mastère pour un en Erasmus à Shanghaï ou Toronto. D'ici là, elle sera rentrée au pays passer les grandes vacances.

FXG, à Paris

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26 mai 2019 7 26 /05 /mai /2019 07:55
Bourse de formation sanitaire et sociale pour  étudiants d'Outre-mer

Une bourse de la Région Ile de France cumulable avec l'accompagnement de LADOM

Le Conseil régional d'Île de France a adopté mercredi une mesure pour les étudiants d’outre- mer : la fin du non cumul de la bourse régionale pour les étudiants en formations sanitaires et sociales. "C'est, explique le Guadeloupéen Patrick Karam, vice-président de la Région Ile de France, la première application concrète des accords de coopération avec l’outre mer que j’ai préparé et qui ont été signées par la présidente Valérie Pécresse avec la Réunion et Mayotte en attendant d'aller aux Antilles-Guyane." En clair, la bourse régionale pour les étudiants en formation sanitaire et sociale devient cumulable avec l’aide de l’Agence De l’Outre-mer pour la Mobilité (LADOM).

Cette mesure va permettre à quelques centaines d’étudiants ultra-marins entrant dans une formation sanitaire ou sociale en Ile-de-France chaque année de bénéficier d’un complément de bourse essentiel à leur installation en métropole et à la bonne conduite de leurs études qui mènent à des métiers où les besoins en emploi sont particulièrement élevés.

La fin de ce non-cumul tombe bien parce que LADOM a revu à la baisse ses modalités d’accompagnement des étudiants ultramarins qui viennent suivre une formation en métropole. Désormais, l’allocation complémentaire à la mobilité ne peut être mobilisée par l’étudiant que s’il a, au préalable, fait valoir ses droits aux dispositifs de droits communs. Cette évolution plaçait les étudiants ultra-marins dans une situation de grande précarité et menaçait la poursuite de leurs études dans ces formations.

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