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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 08:43

Valls et Taubira confirment Kourou, Pointe-à-Pitre et Fort-de-France en ZSP

Parmi les 49 nouvelles zones prioritaires de sécurité (ZSP) annoncées jeudi par le ministre de l’Intérieur Manuel Valls et la ministre de la Justice Christiane Taubira, figurent la ville de Kourou, l’agglomération pointoise avec les Abymes, et l’agglomération foyalaise avec les quartiers Centre, Terres-Sainville, Sainte-Thérèse, Dillon et Volga. « La zone de sécurité prioritaire déployée aura pour objectif de lutter contre les phénomènes de délinquance et d’incivilités qui y sont enracinés », indique le communiqué conjoint des deux ministères. La richesse induite par l’économie du centre spatial contraste très fortement avec la typologie de la population, au sein de laquelle des situations de très grande pauvreté peuvent être constatées dans les îlots d’habitations de la ville. « Le nez dans les étoiles, les pieds dans le marigot », disait naguère la députée Taubira… A Kourou, « les homicides et tentatives d’homicides ont doublé en 2012, passant de 8 à 16. » Les atteintes aux biens suivent cette tendance. Les faits de délinquance urbaine sont en très forte augmentation alors qu’ils étaient inexistants jusqu’à présent. Enfin, la part des mineurs dans la délinquance est plus forte à Kourou que dans le reste de la Guyane. Jean-Etienne Antoinette, le maire de Kourou s’est félicité d’avoir arraché cette décision, un mois après que sa ville ne devienne déjà bénéficiaire des brigades de prévention de la délinquance juvénile.

A Fort-de-France, « la concentration d’habitants et d’activités économiques et commerciales, combinée aux caractéristiques de l’île, génèrent une délinquance générale élevée, particulièrement marquée dans le centre-ville et ces quartiers ». Le taux d’atteintes volontaires à l’intégrité physique des personnes y est très nettement supérieur à la moyenne nationale. Les vols avec violences, les vols à main armée, les vols à la roulotte sont également importants. Fort de France subit également une forte pression en matière de trafic de stupéfiants.

En Guadeloupe où le député maire des Abymes Eric Jalton aurait aimé que Le Gosier et Baie-Mahault soient englobés dans la zone, 88% de la délinquance de la zone police se déroule dans la circonscription de Pointe-à-Pitre. « Le nombre de vols à main armée a doublé depuis le début de l’année, détaille l’Intérieur, les formes de violences sont de forte intensité, spontanées, avec des passages à l’acte immédiats et souvent pour des motifs futiles. Les atteintes aux forces de police semblent se banaliser. »

Les moyens affectés ne sont pas encore connus, mais on sait que 500 postes annuels supplémentaires de policiers et de gendarmes doivent être prioritairement affectés à l’ensemble des ZSP qui sont à l’heure actuelle au nombre de 64 au niveau national. A ceux-là s’ajouteront les unités de force mobile non engagées dans des actions de maintien de l'ordre pour y assurer des missions de sécurisation. Enfin, une partie des crédits du fonds interministériel de prévention de la délinquance sera réservée pour les ZSP. Les moyens de la justice doivent compléter ces dispositifs. « Nous avons jusqu’au 31 décembre, explique le sénateur maire de Kourou Jean-Etienne Antoinette, pour définir les contours du dispositif qui ne s’appliquera sans doute que sur quelques parties de la ville, et définir le nombre de gendarmes supplémentaires dont on aura besoin. »

FXG (agence de presse GHM)

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 08:29

Le CTIG lance une nouvelle campagne de pub à Paris

Rozier-Brudet-polifonte.jpgPour lancer la prochaine campagne de promotion de la destination Guadeloupe pour la saison d’automne-hiver 2012-2013, Région et Comité du tourisme des îles de Guadeloupe ont mis les petits plats dans les grands ! Petit-déjeuner de presse au musée des arts déco, hier matin, avec tout le gratin de la presse touristique, déjeuner avec des partenaires et institutionnels et workshop et soirée prestige au club Haussmann avec concert de Kassav (en formation complète !) et le parrainage de Laura Flessel. Hilaire Brudey, nouveau président du CTIG, Marie-Hélène Polifonte, présidente de la commission tourisme au conseil régional, et Willy Rozier, directeur général du CTIG, ont d’abord présenté un heureux bilan et d’encore plus heureuses perspectives. 419 000 touristes en 2012 quand la Martinique accuse une baisse de 1.4 % avec 354 156 touristes de séjour entre janvier et août… Des revenus touristique à 419 millions d’euros contre 262 en 2008 ! Pour 2013, le niveau des réservations déjà enregistrées est en hausse de 6.3 % avec 61360 réservations fermes. La croisière qui attend 310 000 passagers… Bref, c’est l’euphorie ! Mais c’est aussi le fruit de cinq ans de boulot avec l’agence de communication DDB pour faire de la Guadeloupe une marque.  Une campagne de publicité va démarrer sur les principales chaînes de télé (TF1, FTV, M6…) avec un spot de trente secondes mettant en avant la diversité archipélagique de la Guadeloupe et, surtout, « la chaleur d’un peuple ». Campagne aussitôt relayée durant tout le mois de décembre par le sponsoring matin, midi et soir sur la météo sur Canal +. Et en janvier, reprise de la campagne pub sur les chaînes du câble, satellite et TNT (BFM, ITélé, RMC…). Autre nouveauté : le CTIG veut se doter d’un baromètre de notoriété et d’image auprès de la population française. IPSOS s’en occupe dès le mois de décembre ! L’ensemble de la campagne médias coûte 1,7 millions € et l’ensemble du budget promotion du CTIG s’élève à 6 millions.

L’enjeu est de faire dépasser le niveau actuel du tourisme dans le PIB qui est de 5 % pour qu’il devienne à terme la plus importante filière économique de la Guadeloupe.

FXG (agence de presse GHM)

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 07:12

Qui sont les anti-défisc à l’Assemblée nationale

L’offensive du député socialiste Christian Eckert pour limiter à une année la défiscalisation outre-mer a été rejetée par l’Assemblée nationale dans la nuit du 14 au 15 novembre. Ce qui est intéressant, c’est comment, après l’intervention du président de la République justifiant le maintien de la défiscalisation au budget 2013, lors de sa conférence de presse mardi à l’Elysée (sur une question de notre consoeur de France Ô, Laurence Théatin), les députés se sont positionnés sur l’amendement controversé. Cet amendement précise que « le maintien d’un plafonnement global égal à 18 000 € + 4 % du revenu imposable du contribuable, qui s’applique aux réductions d’impôt au titre des investissements en outre-mer et aux avantages en impôt soumis au plafonnement de 10 000 €, n’est pas une disposition pérenne mais a vocation à s’appliquer pour un an ». C’est cela l’objet de la bronca des défenseurs de la défiscalisation outre-mer à commencer par le ministre des Outre-mer Victorin Lurel. Le ministère avait donc battu le rappel des députés ultra-marins. Ils étaient une quinzaine présents (sur 27) et le vote contre l’amendement Eckert a été révélateur : Chez les socialistes, 83 députés ont voté contre, une seule, la députée de la Vienne Catherine Coutelle, a voté pour et 4 se sont abstenus dont le rapporteur Christian Eckert lui-même ! 9 UMP ont voté pour l’amendement, 3 contre (au nombre desquels le député de Saint-Martin, Daniel Gibbes), les six députés centristes présents, dont les deux Calédoniens et un Polynésien, ont voté contre, deux députés écologistes ont voté pour l’amendement tout comme le non-inscrit Jean Lasalle (Modem). Les quatre élus présents du groupe radical comme les trois du groupe GDR ont voté contre. Dans l’entourage du ministre, après le vote, on ciblait volontiers les 9 députés UMP qui ont soutenu l’amendement pour bien montrer qui sont les vrais défenseurs de l’Outre-mer.

FXG (agence de presse GHM)

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 08:12

Fabrice Di Falco, du baroque au jazz

Di-Falco-quartetphoto--Alfred-Jocksan--13-.jpgC’est lors d’une rencontre avec le pianiste Jean Rondeau, le batteur Aurélien Pasquet, le contrebassiste Erwan Ricordeau et la danseuse italienne, Cosetta Graffione, que le contreténor martiniquais, Fabrice Di Falco, a mis sur pied un quartet inédit de jazz baroque, le Di Falco Quartet.

Di-Falco-quartetphoto--Alfred-Jocksan--8-.jpgLe Farinelli créole, Fabrice Di Falco, l’homme au timbre de voix magique et très particulier, a fait vibrer Paris, lundi dernier à l'espace Bernanos, par sa musique métissée et envoutante. Artiste lyrique internationalement connu avec sa voix chaude de sopraniste ou de baryton en interprétant des arias pour castrats, il a été une révélation pour la grande Barbara Hendricks.

Le trio en place joue un air de castrat de la plus belle de manière, et une voix profonde retentit du fond de la salle, obligeant un mouvement inverse du  regard et, comme un seul homme, les têtes se retournent pour apercevoir le chanteur dans sa magnifique robe bleu nuit et son masque vénitien descendant les marches avant de prendre place sur son siège drapé de madras portant l’inscription de son pays natale, la Martinique. « C’est ma carte de visite », lance l’enfant de Fort-de-France.

Di-Falco-quartetphoto--Alfred-Jocksan--6-.jpgSur scène, sa voix fait merveille en mélangeant les  compositions de Mozart, Haendel, Vivaldi avec du jazz, tout en ajoutant une dimension émotionnelle et fantastique à cette musique. Dans un bouillon culturel, il réconcilie la musique antillaise de sa mère et celle d’Italie de son père, des airs de zouk et de biguine. L’occasion est bien choisie pour rendre un vibrant hommage au Mozart noir, le chevalier de Saint George sans omettre de revisiter une chanson d’Edith Lefel, pour les dix ans de sa mort, et de terminer sur un « Adieu foulard, adieu madras », très original. Une fin de concert très couleur Caraïbes. « J’aime tellement la musique de chez nous, le zouk. Maintenant j’ai envie de mélanger ma voix avec le zouk. Je trouve que la musique d’opéra  et la musique zouk sont la musique du peuple. Il faut rendre l’opéra au grand public ! » C’est son vœux le plus profond. Sa réputation grandissante lui vaut  de clôturer, avec Barbara Hendricks, le 17 novembre, le «Forum d’Avignon » dans la salle du Conclave qui rappelle la grande époque des castrats. Puis en 2013, il jouera le rôle principal à l’opéra de Lyon dans « Le Claude » de Robert Badinter et Thierry Escaich. En attendant une tournée aux Antilles avec le Di Falco quartet, son rêve.

Alfred Jocksan (agence de presse GHM)Di-Falco-quartetphoto--Alfred-Jocksan--9-.jpg


Di-Falco-quartetphoto--Alfred-Jocksan--1-.jpgFabrice Di Falco : « Je suis très content de voir que ce public qui aime le jazz, qui aime l’opéra, finit le concert avec les couleurs Caraïbes. Alors je peux être l’ambassadeur de mes îles pour que les touristes viennent visiter les Caraïbes en se disant qu’on ne fait pas que du zouk, mais qu’on aime tous les styles de musiques. Il n’y a pas que les Noirs américains qui savent remarquer la valeur de l’opéra et la valeur du jazz, nous aussi aux Caraïbes nous savons faire ça. »

 

 

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 07:39

Tjenbé Red : « Le mariage homo, une chance pour l’outre-mer »

David-Auerbach-Chifrin-remet-livre-blanc-Erwan-Binet.jpgDéputé de l’Isère, Erwan binet est rapporteur pour la commission des lois du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Hier, alors que l’hémicycle bruissait des vociférations des parlementaires qui devaient statuer sur la demande de l’UMP de constituer une commission spéciale pour ce projet de loi, Erwan Binet a reçu, à leur demande, Gwladys Pallas et David Auerbach-Chifrin de Tjenbé red, association de lutte contre les homophobies dont sont victimes les personnes originaires d’outre-mer. Cet entretien a eu lieu en marge des 80 auditions prévues jusqu’au 20 décembre par le rapporteur. David Auerbach-Chifrin a d’abord évoqué l’opinion dans les outre-mer, estimant que l’on est passé de 90 % de personnes défavorables à 60 à 70 %. Il a encore évoqué la réticence des parlementaires ultramarins à voter ce texte pour ne pas aller à contresens de leurs électeurs. « Seule Chantal Berthelot a fait son coming out », a précisé M. Auerbach-Chifrin avant de dénoncer anonymement le refus d’un parlementaire d’outre-mer de procéder à de tels mariages alors qu’il serait lui-même homosexuel... Après avoir expliqué au député le concept de « discriminations croisées » pour les lesbiennes, gays, bi et transsexuels issus des minorités, il a vanté le mariage de personnes de même sexe comme une « chance pour l’outre-mer ». Pallas-et-auerbach-Chifrin.jpgUne chance parce qu’il croit urgent de repenser notre approche de ce que représentent une femme et un homme dans nos sociétés ultramarines où « l’homme est sur-virilisé et la femme battue ou quittée ». Enfin chance encore parce que cette loi remettrait en cause « le tabou qui existe sur le discours, la représentation » et qui fait préférer ne pas dire et ne pas savoir. Ce tabou lorsqu’il est brisé conduit souvent à des drames personnels et à « l’aller simple pour Paris ».

Gwladys Pallas est intervenue pour défendre le droit à l’adoption des couples homosexuels. « La bonne question à poser, a-t-elle dit, n’est pas de savoir pourquoi on doit ou non l’accepter. Moi, je me demande si les gens veulent leur bien-être et leur conscience tranquille ou le bien-être de l’enfant ? » Selon elle, on est dans une « hypocrisie humaine, car hétéros ou homos, les couples s’aiment à huis clos, hors du regard des enfants. « Ca leur fait mal de dire que deux personnes peuvent s’aimer, donner de l’amour à un enfant et faire parfois mieux qu’un couple hétéro. »

Le député Binet leur a proposé d’intégrer leur synthèse dans son rapport.

FXG (Agence de presse GHM)

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 07:28

La non interview des candidats à la présidence de l’UMP

Ni Fillon, ni Copé ne semblent avoir de choses à dire sur nos outre-mer. Les deux candidats à la présidence de l’UMP n’ont pas répondu à nos questions. La démarche venait pourtant du camp Fillon qui, le premier, nous a sollicité. Approchés par nos soins, les collaborateurs de Jean-François Copé se sont dits partants pour une interview. Les réponses des deux hommes aux mêmes questions devaient être publiées en face à face. Voici donc les questions auxquelles ils n’ont pas souhaité répondre : « La question de l’Outre-mer n’a été abordée par aucun des deux candidats. Or l’UMP y est marginalisée : pas de locaux en Guyane, pas de moyens (et même un remboursement en attente) en Martinique, une hémorragie des élus a la Réunion et la division en Guadeloupe. Quels moyens entendez-vous donner à ces fédérations ? Quels dispositifs de formation prévoyez-vous pour les cadres locaux ? Au point de vue institutionnel, le président Sarkozy avait promu un développement des territoires à la carte. Ce n’est pas le cas de l’organisation que propose l’actuelle UMP à ses fédérations ultramarines qui souffrent d’une forme de « centralisme démocratique ». Allez-vous donner plus d’autonomie à ces fédérations ? Enfin, la question du vivre ensemble est une valeur particulière aux outre-mer avec ses mosaïques humaines. Quelle approche de la diversité comptez-vous proposer à vos électeurs ultramarins ? »

Le vote des militants UMP aux Antilles et en Guyane s’est déroulé la semaine du 5 au 9 novembre ; les réponses des candidats étaient attendues dans l’intervalle. En vain.

FXG (agence de presse GHM)

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 07:40

PLFSS au Sénat : Surcoûts hospitaliers et emplois à domicile

Le projet de loi de finance de la Sécurité sociale a été examiné lundi au Sénat. Lors de la discussion générale, le sénateur de Guyane Jean-Etienne Antoinette (groupe socialiste) a indiqué qu’il voterait ce budget, « en restant vigilant » Ce budget met fin à la convergence tarifaire, c'est-à-dire au fait d’appliquer la même grille tarifaire aux secteurs public et privé. Il sera désormais tenu compte des spécificités de chaque secteur. « Très bien, s’est exclamé l’élu de la Guyane, mais n'oubliez pas la précarité des établissements d'outre-mer, dont les budgets sont grevés par les surcoûts. » Il a pris pour exemple le prix du mètre cube d'oxygène liquide au centre hospitalier de Cayenne, « 9 800 euros contre 300 euros en métropole ! »

M. Antoinette a aussi alerté le gouvernement sur le régime de cotisation des particuliers employeurs. La suppression de l'assiette forfaitaire (0,76 SMIC dans les Antilles-Guyane et 0,4 SMIC à la Réunion) présentée comme l'abrogation d'une niche fiscale est justifiée au regard de son coût, estime-t-il, mais il regrette que « l'étude d'impact du projet de loi de financement de la Sécurité sociale reste muette sur les conséquences de cette abrogation générale aux départements d'outre-mer qui bénéficiaient de ce régime forfaitaire avantageux ». Il redoute en conséquence l’exclusion des employés à domicile de la protection sociale, et l’augmentation du travail non déclaré.

Marisol Touraine ne lui a pas répondu sur ce point, se contentant de dire que « le gouvernement prend en compte les spécificités de l'outre-mer pour le financement de l'hôpital, y compris les surcoûts liés à l'isolement et à certaines activités spécifiques ».

FXG (agence de presse GHM)

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 07:40

Election à l’UMP

Le magazine Marianne publie une tribune du Guadeloupéen Patrick Karam (http://www.marianne.net/Presidence-de-l-UMP-le-seisme-politique-a-venir_a224281.html) dans laquelle il s’engage derrière François Fillon mais surtout contre Jean-François Copé. L’ancien délégué interministériel à l’égalité des chances, resté proche de Nicolas Sarkozy (l’ancien président devrait lui remettre personnellement sa médaille de la légion d’honneur), n’a pas du tout aimé « les saillies de Jean-François Copé » au sujet du Ramadan et des pains aux chocolats. Ces saillies « marquent un tournant dans l'histoire de la droite républicaine, écrit Karam, car elles font partie d'une stratégie pensée et assumée pour faire le buzz médiatique et se positionner sur la scène nationale comme celui qui dit la vérité aux Français contre les élites parisiennes. Ce faisant Jean-François Copé choisit de tracer son sillage sur les pas de Jean-Marie Le Pen, le talent en moins. » La salve est tirée, violente.

Il faut reconnaître à François Fillon un certain talent de rassembleur puisque l’ancien Premier ministre parvient à réunir sous son panache deux personnes qui se détestent et qui ont toutes les deux prétentions à marcher sur de proches platebandes, Marie-Luce Penchard, ancienne ministre de l’Outre-mer et conseillère régionale de la Guadeloupe, et Patrick Karam, ancien délégué interministériel et conseiller régional d’Ile de France. Fillon a convaincu l’ancienne ministre facilement. Elle ne s’est jamais sentie à l’aise avec Jean-François Copé.

FXG (agence de presse GHM)

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 08:59

Des collégiens de Saint-Francois s’offrent la scène du CNDcollege-Macaille-et-Dife-kako.jpg

Ils étaient quinze élèves de sixième du collège Alexandre-Macaille de Saint-François au début, il y a quatre ans. A l’arrivée, ils étaient dix-neuf élèves de troisième, jeudi et vendredi dernier, sur la scène du centre national de la danse à Pantin. Au programme de ce spectacle, une chorégraphie de Chantal Loial, Zandoli pa tini pat, créée pour sa compagnie Dife Kako. A l’origine de cette aventure, un partenariat noué entre le collège saint-franciscain et Dife Kako, entre le professeur de sport, Christine Top, et la chorégraphe parisienne originaire de Pointe-à-Pitre. « Ce projet dure depuis quatre ans, explique Chantal Loial, et là, c’était un aboutissement. L’idée était qu’ils apprennent comment s’approcher le plus possible d’une dynamique professionnelle. »

Prof-Top.jpgChristine Top a eu le bonheur de les conduire à donner un spectacle avec des artistes professionnels : « Ils ont déjà eu une première expérience, il y a deux ans, plus timide. Cette fois, ils ont pris corps dans la création, du début à la fin. »

Ils ont travaillé avec leur professeur durant l’année ; elle connaît les spectacles, la troupe et son travail basé sur le chant, l’humour et la transversalité des disciplines et des cultures avec les danses hip hop, les danses afro antillaises… La troupe s’est rendu aussi plusieurs fois en Guadeloupe au contact des élèves. Une étape qui a beaucoup mis en confiance Lou-Anna. Diana et Salomé pensent que cette expérience a contribué à changer leur comportement et faire évoluer leur talent. Yanna, son caractère ! Maëlle estime que ces années passées au contact de Dife Kako l’ont aidée à grandir, à s’épanouir : « J’avais une petite timidité au début. » « Ma timidité s’est envolee ! », rebondit Mathilda. Mickael a appris l’autonomie, Bruno Junior la maturité. Et si c’est impressionnant au début de danser avec des pros, ces derniers ont su les rassurer. « On prend beaucoup de plaisir à danser avec eux », témoigne Elodie. Loial-et-eleves.jpgLéa a aimé ces passerelles jetées entre la danse et la Guadeloupe. « En utilisant le gwoka, les chants et les danses traditionnels, Dife Kako fait passer des messages sur le chlordecone, sur la société guadeloupéenne et ça m’a plu », s’enthousiasme Orane. « Je n’ai pas l’habitude de danser le gwoka, mais c’est quelque chose que j’aime beaucoup parce que ça vient de mon pays », reprend Mandy.

En juin, ils donneront leur propre spectacle à la salle Robert-Loyson au Moule. L’expérience est vouée à perdurer au collège Macaille et peut-être à s’étendre ailleurs, en Martinique et en Guyane.

FXG (agence de presse GHM)


Ils ont dit

Charles : « C’est une belle aventure parce que danser avec des professionnels, c’est autre chose que de danser seul ou avec des amis. Ça m’a motivé pour l’école. »

Marie-Christine : «  Cette expérience m’a beaucoup aidé au collège parce qu’on fait des ponts avec d’autres matières. Quand tu as appris quelque chose en danse alors tu le sais déjà ! »

Eve : « La danse, on peut la qualifier de repère car dès qu’on a des problèmes, qu’on est désorienté, on a la danse pour se retrouver et se défouler. Ça permet aussi d’exprimer nos émotions. »

Naomi : « Ca m’a beaucoup apporté en termes de connaissances culturelles. Je ne pensais pas que grâce à la danse, j’apprendrais autant de choses. Sans Mme Top et la danse, je ne pense pas que mes années de collège se seraient passées aussi bien. »

Lisa : « En m’engageant, je ne pensais vraiment pas qu’on irait jusque là. Mme Top s’est beaucoup investie ; elle est devenue comme une deuxième maman. »repetition-dife-kako-collegiens.jpg

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 08:51

Gerty Dambury, la passion d’une rebelle

Gerty-Dambury-1---Alfred-Jocksan.jpgLe premier roman de la Guadeloupéenne, Gerty Dambury, « Les Rétifs » revient sur une page sanglante de la Guadeloupe, les troubles à l’ordre public et les événements de mai 67 à Pointe-à-Pitre. L’occasion est venue pour l’auteur de demander des explications. Voilà qu’elle se met à chaud pour nous livrer ses sentiments et ses attentes. Née en 1957, elle a choisi la région parisienne pour exercer ses talents de poètes, d’actrice, de dramaturge, de nouvelliste, de metteuse en scène, voire de conteuse.  Femme de théâtre, sa pièce la pus connue est Lettre indiennes. Aujourd’hui, dans son nouveau roman, elle vient nous raconter, sur un rythme de quadrille, sans la ritournelle, mais débutant par une valse, l’histoire d’Emilienne, 9 ans. Ça commence le mercredi 24 mai 1967 dans une classe de Pointe-à-Pitre ou sa maîtresse annonce son départ, et ça se termine le vendredi 26 mai par la tuerie, le chaos dans la ville. Ici cinq voix se mêlent à celle de la petite Emilienne pour nous conduire à cette journée sanglante. Un roman palpitant qui oscille entre colère et sourire devant l’adversité. Lu dans le livre : « La moquerie était dans ce village une façon de dévorer l’autre, de se dévorer soi-même….. Une si grande tristesse. » Orfèvre de la construction théâtrale, Gerty Dambury enrichit son texte par des rebondissements, des histoires dans l’histoire. Elle attend le déclassement des archives « secret défense » pour écrire la ritournelle, en 2017.

AJ (agence de presse GHM)

«  Les Rétifs » est publié aux éditions du Manguier et vendu dans toutes les librairies


ITW Gerty Dambury

« La ritournelle c’est la revanche »

Gerty Dambury dans votre premier roman, les Rétifs, pourquoi avez-vous choisi le quadrille, une musique importée, pour rythmer cette lecture ?

Gerty-Dalmbury-1--Alfred-Jocksan.jpgJ’ai le sentiment d’une société très paysanne et le quadrille est une danse de la paysannerie. Je pense d’une certaine façon que le fait de choisir le quadrille me permettait de dire que toutes nos cultures, tout ce qu’on a en termes de musiques, de langues, de littératures, c’est nous et ça nous construit. J’ai grandi avec mon oncle, Jean Bordin, créateur de biguines qu’on a oubliées et qu’on utilisait beaucoup pendant le carnaval. Il était aussi joueur de quadrille et chaque samedi après midi, je l’accompagnais quand  il allait à ses répétitions. C’est un souvenir très profond. J’ai toujours  aimé cette musique qui est un peu surannée. Il est vrai que c’est une musique d’importation, toutes nos musiques sont d’importation… Nous-mêmes, nous sommes d’importation. Aujourd’hui, le quadrille est notre musique. Le quadrille correspond à un personnage central de mon livre. Et j’ai voulu construire le roman autour de cette musique parce que ça donne des phases. Et toutes les phases renvoient à quelque chose de  profondément paysan.

Le titre de votre roman est très évocateur. Est-ce pour exprimer votre regard sur la société guadeloupéenne actuelle ?

Je n’ai pas choisi ce titre pour dire qu’on avance en reculant, pas du tout. C’est un titre pour définir les personnages. C’est un roman, pas une thèse de sociologie, par conséquent ce n’est pas une définition des Guadeloupéens. C’est un roman avec Emilienne et une série de personnes autour d’elle. Et tous ces gens qui gravitent autour de cet enfant sont rétifs. Ils refusent de se laisser soumettre. La vie qu’ils mènent les oblige à faire des compromis, à sourire quand ils n’ont pas envie, quelquefois d’accepter l’inacceptable, comme le père d’Emilienne. Il se dit que pour réussir dans  la vie, il faut passer par ci, par là, mais à chaque fois ça crée une résistance. Je voulais un terme qui ne laisse pas entendre qu’ils sont susceptibles, désobéissants, non ils sont rétifs. C'est-à-dire qu’ils voulaient bien avancer, mais ils ne veulent pas avancer sous le fouet et la contrainte. A chaque fois qu’on leur impose une contrainte, ils résistent. C’est pour cela qu’ils sont rétifs.

Avez-vous été marquée pour les événements de mai 1967 à Pointe-à-Pitre. Vous aviez à peine 10 ans, quels souvenirs gardez vous ?

Ce jour-là, je suis parti à l’école comme un jour normal. Il ne se passait rien. Ou s’il se passait quelque chose, je ne savais rien parce que j’étais un enfant et peut être que la radio n’a pas joué son rôle. Pendant que nous étions dans la salle de classe avec la maîtresse, nous avons entendu des coups de feu. Les maîtresses d’école nous ont protégés, nous ont éloignés des fenêtres en se baissant près du sol. Elles ne voulaient pas nous laisser sortir. On ne savait ce qu’il se passait dehors. Ma mère a envoye un de mes frères me chercher à l’école et, avec lui, nous avons fait le tour, sans passer par la place de la Victoire. J’habitais rue Commandant-Mortenol. , on traversait la place pour rentrer. Là, on a fait le grand tour  par le morne de Massabielle en coupant par des traces qui existaient à l’époque, pour rejoindre la maison familiale. Ce qui fait que je n’ai rien vu de ces événements de mai 67, rien du tout. Je garde en mémoire que mon père est rentré très tôt à la maison et que toutes les portes étaient fermées. Nous étions barricadés. Mon père avait préparé des munitions, quelque chose de ce genre. Nous étions dans une position de repli. Et le lendemain, samedi, en me rendant au catéchisme, j’ai traversé la place Gourbeyre (maintenant place du palais de justice). Devant l’église, il y avait des camions de soldats ou de képis rouges garés. Nous, on passait le plus loin possible, essayant de les éviter, en silence. Ce jour-là, la ville était extrêmement silencieuse.

Dambury--Gerty-les-Retifs--1.jpgOù est la ritournelle dans  cette danse ?

Nous sommes dans un quadrille et dans un quadrille il y a une ritournelle. C’est un nouveau départ. Le chœur final des frères et sœurs qui est resté un peu extérieur, c'est-à-dire qui raconte, prend en charge la révolte des autres personnages et demande qu’on leur explique et que vienne la ritournelle. Pour moi, la ritournelle c’est la revanche. Il va bien falloir que les gens paient d’une certaine façon pour ce qu’ils ont fait. Psychologiquement au moins, reconnaître ou accepter de dire que ce comportement a été inacceptable car, d’une certaine façon, cette violence-là est une suite de la guerre d’Algérie. Si aujourd’hui, on peut entendre le président de la République, François Hollande, dire que le  17 octobre 1961 et plus tard au métro Charonne en février 1962, que les massacres d’Algériens qui ont eu lieu étaient une faute politique importante, on devrait pouvoir s’attendre à ce que soit reconnue la mort d’un certain nombre des Guadeloupéens car ça a été une faute également. C’est ça la ritournelle et nous l’attendons.

Gerty-Dambury-9-photo-Alfred-Jocksan.jpgVous avez quitté la Guadeloupe très tôt. Aujourd’hui, êtes-vous réconciliée avec votre pays ?

Je suis partie pour l’avenir de mes enfants et je ne voulais pas qu’ils soient seuls. J’ai aussi quitté la Guadeloupe parce que je voulais sortir de l’Education nationale. On m’a donné une disponibilité. Je ne gagnais pas ma vie, j’étais sans un sou et je comptais travailler à la scène nationale. On ne me l’a pas proposé. Tout ce que je pouvais mettre à la disposition du pays, on ne me l’a pas demandé. Je suis venue dans l’Hexagone pour travailler dans le théâtre, gagner ma vie, élever mes enfants, les envoyer à l’université. Je suis arrivée à Paris en 1998 et je suis repartie en 2003 pour travailler un an au pays. Sans résultat professionnel, je suis revenue sur Paris parce que mes enfants avaient besoin de moi.

Y a-t-il d’autres événements à venir après ce premier roman « Les Rétifs » ?

Pour l’instant, je me concentre sur mon roman. Car quand on porte un livre c’est comme  porter un enfant. Il faut s’en occuper. Moi, j’ai choisi une petite maison d’éditions. Je ne voulais pas être publiée dans une collection qui s’appelle « Le Continent noir ». Je ne veux être enfermée dans des cases. Je suis vraiment rebelle, je suis rétive, vraiment. Mais, je continue à avancer, je ne recule pas, j’avance. La prochaine chose à venir est ma nouvelle pièce de théâtre qui s’appelle « Les Atlantiques amères ». Une pièce qui est directement liée aux événements de 2009 avec des gens qui sont ici et d’autres qui sont là-bas, en Guadeloupe. J’ai été frappée de voir, pendant cette période, que les gens d’ici étaient emballés, emportés en organisant des manifestations auxquelles j’ai  moi-même participé. J’ai vu les gens, je les ai entendus. J’ai vu cette fièvre. C’est le mouvement aller et retour, être ici et être là-bas qui me permet de retracer les événements de 2009. C’est une série de petites saynètes d’ordre historique qui parlent d’un côté du mariage entre la France et les Antilles,   de notre relation avec ceux qui nous entourent, qui pose la question de l’indépendance et la question de la santé des femmes, du cancer du sein. Pour moi, écrire est une passion.

Propos recueillis par Alfred Jocksan (Agence de presse GHM)

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