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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 07:35

L’Elysée attentif a la situation sanitaire de Marie-Galante

Hier, le chef de cabinet de François Hollande, Pierre Besnard, a adressé une lettre à Jean Girard, conseiller général de Marie-Galante. Ce dernier avait saisi la présidence de la République et Matignon dans la foulée d’une manifestation organisée par la coordination nationale de défense des hôpitaux de proximité, le 6 octobre dernier. Dans sa lettre, le chef de cabinet de l’Elysée assure l’élu « de toute l’attention portée aux préoccupations que vous exprimez, notamment au regard du caractère insulaire de Marie-Galante et des aléas météorologiques et sismiques auxquels elle est soumise ». C’est ainsi qu’il l’avertit avoir relaye sa démarche auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, « en lui demandant de procéder a un examen approfondi de ce dossier ». Toutefois, il ne va pas au-delà de cette courte missive puisqu’il l’informe en conclusion que c’est la ministre de la Santé qui informera « directement » le conseiller général Girard, « de la suite qui pourra être réservé à (son) intervention ».

FXG (agence de presse GHM)

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 06:51

8630 emplois d’avenir dans les 4 DOM

Au Journal officiel du 1er novembre sont parus les décrets relatifs aux emplois d’avenir. C’est le feu vert pour lancer la campagne de recrutement de 150 000 jeunes d’ici 2014. En Outre-mer, la répartition est à peu près connue. Ainsi la Réunion en aura 5000, la Guadeloupe et la Martinique, 1500 chacune, et la Guyane, selon des sources proches du ministère de l’Outre-mer, environ 630. Les chiffres pour Mayotte n’ont pas encore été fournis.

Peuvent être recrutés en emploi d'avenir les jeunes sans emploi et sans diplôme de seize à vingt-cinq ans, les personnes handicapées de moins de trente ans sans emploi et les étudiants qui ont atteint au plus le niveau bac +3 à condition qu’ils totalisent une durée de douze mois minimum de recherche d'emploi au cours des dix-huit derniers mois. L'employeur doit proposer au titulaire d'un emploi d'avenir une perspective de qualification et d'insertion professionnelle durable. L'emploi d'avenir est conclu sous la forme d'un contrat d'accompagnement dans l'emploi (CAE) ou d’un contrat initiative emploi (CIE) d'au moins douze mois et d'au plus trente-six.

La durée maximale de l’aide peut être prolongée afin de permettre au bénéficiaire d'achever la formation professionnelle qu'il a engagée, dans la limite d'une durée totale de soixante mois.

Le montant de l'aide de l'Etat a été fixé par l'arrêté du 31 octobre. Il est ainsi fixé à 75% du taux horaire brut du pour les CAE (collectivités, institutions), et à 35% pour les CIE (secteur marchand). Pour les entreprises d'insertion, qui sont éligibles au CIE, le taux de prise en charge est fixé à 47% du taux horaire brut.

FXG (agence de presse GHM)

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 06:42

Rues barbares, survivre en ville de Piero San Giorgio et Vol West, éditions Le retour aux sources

Survivre_ville_gd.jpgLa planète est au bord de l’abîme. La mondialisation débridée et la globalisation qu’elle engendre nous précipitent dans une période d’accélération et de convergence de problèmes considérables. Crises économiques, politiques et sociales, dérèglements climatiques, surpopulation, pénurie de pétrole et de matières premières, dettes colossales des Etats, périls alimentaires et sanitaires, l’effondrement de toute vie « normale » menace à tout instant. Le chaos, temporaire ou de longue durée prendra le plus grand nombre d’entre nous au dépourvu, et la majorité de la population mondiale qui vit dans les villes, se retrouvera plongée dans un environnement de violence, sans pitié, piégée dans de véritables rues barbares livrées aux révoltes, aux guerres et à la famine.

La survie, en cas de crises majeures, est une préoccupation quotidienne pour Piero San Giorgio, auteur du bestseller « Survivre à l’effondrement économique », et Vol West, auteur du blog « Le Survivaliste ». Ils nous proposent dans ce livre de partager leur réflexion, leurs expériences et leur savoir-faire sur ce sujet.

Eau, nourriture, hygiène, défense, lien social… Comment se préparer aux conditions extrêmes d’un anéantissement de la « normalité ». Vous saurez tout sur la mise en place d’une véritable base autonome durable urbaine pour augmenter vos chances de survie ! Si vous ne lisez pas ce livre, nous ne donnons pas cher de votre peau de citadin ! Etes-vous prêts ? Attachez vos ceintures, enfilez votre gilet pare-balles, c’est parti !


http://www.scriptoblog.com/

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 06:56

Une quatrième édition de Rames Guyane en 2014

Ligne-de-depart.jpgRames Guyane annonce une 4e edition en 2014 et cherche un sponsor remplacant depuis le depart de Bouvet SA.

Rame Guyane est une course transatlantique en solitaire à l'aviron organisée entre le Sénégal et la Guyane et disputée à bord de canots monotypes de 8 mètres de longueur.

La quatrième édition de cette course unique en son genre partira comme en 2006 et 2009 de Saint Louis du Sénégal (et non plus de Dakar, en 2012) le dimanche 2 mars 2014 et les leaders devraient atteindre Cayenne une quarantaine de jours plus tard, soit vers la mi-avril, au terme d'un périple de 2 600 milles (environ 4 700 km) à travers l'Atlantique.

Parmi la grosse quinzaine de rameurs pressentis en cette fin 2012, on compte six skippers résidants en Guyane dont quatre en cours d'inscription, 6 récidivistes dont certains ont déjà traversé deux voire trois fois l'Atlantique à la rame plus quelques novices dont le nombre devrait singulièrement grossir à la fin du prochain Salon Nautique de Paris.

Après le retrait de la SA des Menuiseries Bouvet, efficace soutien de l'évènement pendant ses deux dernières édition, l'Agence 54° West recherche activement le partenaire « titre » qui donnera son nom à la course aux côtés des institutions publiques de la Guyane parmi lesquelles la mission Guyane du CNES, la ville de Cayenne, le Conseil Régional, la Préfecture, le Conseil Général, la Chambre de Commerce et d'Industrie, le Comité du Tourisme, etc.

Rendez-vous au Nautic de Paris du samedi 8 au dimanche 15 décembre prochain, Hall n° 1, stand J 92, et peuvent découvrir la course et ses prolongements sur www.ramesguyane.com"

Agence de presse GHM    

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 16:00

Sarajevo mon Théâtre

2860450440C'est à la frontière de la très résidentielle plaine Monceau et des très populaires Batignolles que Tristan Bernard, éphémère directeur, laissa son nom à une ancienne institution de jeunes filles transformée par ses soins en  théatre.
Cette saison, on y joue Le Scoop. Le théâtre parle rarement de la presse, et celle ci le lui rend bien, parfois malheureusement.
Le Scoop narre la quête de vérité d'un apprenti journaliste, manipulé par une star du journalisme et de l'audiovisuel, qui veut déboulonner la legende d'un grand correspondant de guerre, heritier de Kessel, Capa et Albert Londres. La mémoire des protagonistes va se raconter sur scène et la vérité de chaque personnage va se révéler. Pour sa cinquième pièce, Marc Fayet dirige sa propre pièce. Alors, la bienveillance du metteur en scène pour l'auteur, empêche une ultime réécriture qui aurait fini d'élaguer le texte de quelques répliques, et les bonnes dispositions de l'auteur laissent trop de complaisance à la mise en scène. C'est ainsi depuis la mort de Sacha Guitry ! La distribution est bonne, Philippe Magnan, l'homme à abattre, Frederique Tirmont, au coeur d'une autre intrigue celle ci amoureuse et passionnelle, mariée au vieux baroudeur, elle ne porte pas le pantalon, mais elle est les bretelles. Guillaume Durieux, insolent, mufle et gauche, comme un vrai journaliste, assisté de la discrète Aurore Soudieux, donnera une dimension freudienne au deus ex machina. En outsider, Frederic Van Den Driessche,vedette de la télé, mais surtout comploteur malveillant. Tous méritent des compliments. Ni drame ni comédie, cette pièce fouille l'intérieur des mémoires des principaux protagonistes pour faire le tri entre ce que l'on sait, ce que l'on dit, et ce qu'on veut faire croire.
Augustin de Paris

arton3425-4d8cd.jpg

Du mardi au vendredi à 21H le samedi 18H et  21H au Théâtre Tristan Bernard

64 Rue du Rocher  75008 Paris 01 45 22 08 40

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 10:58

fxg-plennel-AK-4.jpgGrand Témoin Alain Plénel

« Un représentant des révoltes coloniales »

Quand vous êtes nommé en Martinique, aviez-vous une idée de l’île ?

Je ne la connaissais pas. On m’a fait lire Rue Cases-Nègres, le roman de Joseph Zobel. C’était pour moi la première révélation de ce que l’on pouvait savoir sur un pays passionnant. Et puis, peu à peu, j’ai découvert le pays. Dans ma vie, j’ai trouvé peu d’endroits où il y avait un idéal humain. On parle toujours de la beauté de l’île, ça c’est touristique… Mais c’est une petite société d’une richesse énorme avec un mélange de populations extraordinaire. On parle toujours des anciens esclaves, mais il y a les Congos arrivés après l’abolition de l’esclavage, les Libano-Syriens, les Chinois… C’est un peuple mélangé. Sans parler bien sûr des Blancs créoles.

Alain-Plennel-3-hauteur.jpgY'avait-il du racisme ?

Il n’y avait pas vraiment de racisme en Martinique. Ceux qui en parlaient le faisaient remonter à l’esclavage. Mais l’esclavage ne repose pas sur le racisme, au contraire c’était un système qui avait besoin de main-d’œuvre quelle qu’elle soit. On parle des Békés, mais ils ne sont pas forcément racistes. La preuve : ils ont eu des enfants avec toutes les femmes ! Seulement, ils ont un privilège à défendre. Peu après mon arrivée, j’ai été invité dans une propriété béké au François. Ce n’était pas encore le Békéland... Ceux qui m’avaient invité étaient des gens très bien et leur raisonnement à mon égard fut le suivant : « Surtout ne vous donnez pas trop de mal. Le climat est difficile. La population n’a pas besoin de tellement d’écoles… » C’était simplement pour me dire de ne pas faire de zèle dans mon domaine.

Que faisiez-vous dans cette Martinique qui vous était encore inconnue ?

Le pays connaissait un accroissement démographique très rapide. Il fallait construire beaucoup de classes. Sans oublier, bien sûr, la gestion des personnels. Et ce n’était pas toujours très simple car il y avait des conflits même dans les communes éloignées. Pour moi, la Martinique, c’était avant tout le travail mais je parlais d’elle partout où j’allais. Par exemple, en 1957, j’ai été invité par le consul des Etats-Unis en Martinique à participer à un programme d’études. Pendant un mois, j’ai voyagé dans tous les Etats pour étudier le système scolaire américain et surtout le système de ségrégation. D’ailleurs, je suis citoyen d’honneur de la Nouvelle-Orléans. Par contre, les Français se foutaient complètement de la Martinique.

Alain-Plennel-6-hauteur-regard-a-gauche.jpgVous avez été le premier à présenter en public La Lézarde, le roman de Glissant. Vous le connaissiez déjà ?

A la fin de l’année 1958, alors que j’étais en convalescence à Paris, j’apprends que le Renaudot est attribué à Edouard Glissant. J’ai donné une conférence publique. J’en avais fait d’autres qui m’étaient demandées périodiquement, par exemple sur l’insurrection du sud en 1870 ou « Bretagne-Martinique : deux victimes du folklore ».

Comment avez-vous mené la construction d’écoles ?

C’était la chose la plus importante qui me conduisait à faire des inaugurations de classe tous les dimanches ! A côté, il y avait d’autres problèmes à régler, notamment la question des mutations que je négociais avec les organisations syndicales qui étaient très dures dans les commissions paritaires. Je me souviens de Lozon, un syndicaliste très compétent. Durant quatre ans, je me suis battu pour avoir des crédits… Je faisais comprendre aux instances parisiennes que le problème des Antilles était urgent. Par ailleurs, je participais à l’élaboration des manuels de géographie… Et voilà que tout cela s’arrête avec les événements de 1959…

Comment avez-vous vécu les premiers instants de ces émeutes ?

Alain-Plennel-8-serre-largeur-main.jpgIl y a d’abord eu le coup d’Etat de 1958 par De Gaulle. J’étais allé voir le préfet en lui disant que si réellement un régime autoritaire s’installait, je donnerais ma démission. Décembre 59 a été comme un coup de tonnerre. Tout était calme en Martinique et brusquement tout a bougé. Je ne l’ai su que le lendemain, quand j’ai circulé en voiture dans les rues. J’ai appris qu’il y avait eu trois morts dont le petit Marajo. Comme le dimanche suivant j’inaugurai une école au Morne-Rouge, j’ai fait un discours. Je n’ai rien dit de grave, comme l’atteste le rapport de la gendarmerie, j’ai fait simplement une comparaison entre les émeutiers de juillet 1830 et ceux de décembre 1959. J’avais utilisé la formule « les trois Glorieuses », c’est à dire la révélation d’une révolte de jeunes. C’est ce qui m’a été reproché. Mais je crois que j’étais visé. Louis Joxe, ministre de l’Education nationale m’a écrit une carte fin janvier 1960 pour m’exprimer sa sympathie, mais mes deux ennemis étaient Michel Debré et le préfet Parsi.

C’est donc le point de départ de votre éloignement de la Martinique ?

Effectivement ! Un représentant du procureur de la République est venu me voir. Après quoi, on m’a demandé d’aller en consultation avec ma hiérarchie en France où on m’a fait poireauter pendant 50 jours.  Pendant ce temps, en Martinique, il y avait beaucoup d’agitation pour me soutenir. Il y a eu une grève suivie à 90 %. La volonté de la Martinique était que je ne parte pas ; celle de l’Etat était de me rendre responsable du soulèvement de la jeunesse.

On vous accusait aussi d’être lié aux communistes ?

C’était faux. J’ai participé une seule fois à une réunion du parti communiste à Angers. Cette accusation montre à quel, les communistes n’étaient pas tolérés.

Alain-Plennel-10-serre-largeur-regard-a-gauche.jpgComment avez-vous vécu l’exil de la Martinique ?

Le jour même où j’ai décidé de désobéir, le ministère de l’Education nationale m’a trouvé un poste à l’Institut pédagogique national à Paris. J’étais en rogne, mais je faisais mon travail. Je suis resté en contact avec l’avocat Marcel Manville et d’autres militants. Et quand quelques personnes ont été condamnées dans l’affaire de l’OJAM, je suis allé les voir en prison. Certains en ont conclu que j’étais pour quelque chose dans l’OJAM…

Vous étiez dans la désobéissance ?

Oui, j’ai même tenté de revenir en Martinique en 1963 ; j’en ai été empêché par la police. J’y suis allé en passant par Londres, Antigua… Je n’ai pas pu passer la douane et j’ai été réexpédié à Sainte-Lucie. A la fin de l’année 1964, j’ai été invité à Alger pour un colloque. Sur place, le journal Révolution africaine m’a interrogé sur la Martinique. C’est à moment-là qu’on m'a révoqué. On a voulu m’envoyer comme professeur en province, j’ai refusé.

D’où votre long séjour en Algérie ?

Alain-Plennel-4-hauteur.jpgJ’y suis resté sept ans ; j’ai retrouvé les Antillais en rupture avec la France pendant la guerre d’Algérie : Daniel Boukman, Guy Cabord-Masson, Sony Rupaire, Roland Thésauros... J’enseignais, sous la tutelle de l’Etat algérien, à la faculté de droit et à l’école de journalisme. En 1968, j’ai été intégré dans le système français grâce à Stéphane Hessel qui était attaché culturel à l’ambassade de France à Alger. Ma situation matérielle s’est alors beaucoup améliorée mais l’arabisation de l’enseignement s’est accélérée et il y a eu beaucoup de départs. J’ai quitté à mon tour l’Algérie en 1972. J’ai déposé une candidature à la Sorbonne, le ministère s’y est opposé. Je me suis adressé à l’UNESCO, on m’a accueilli à bras ouverts. Mon premier poste a été l’Inde, puis la Côte-d’Ivoire.

Pour autant, vous étiez encore un proscrit ?

Les moments les plus difficiles ont été la période 1977-1982. Elle va de mon retour de Côte d’Ivoire à ma réintégration comme inspecteur d’académie. Entre les deux, j’ai travaillé comme conseiller à la formation à la Sorbonne. Je sentais une forte hostilité autour de moi. J’étais considéré comme un individu dangereux, un représentant des révoltes coloniales.

Qu’est-ce qui vous rattache à la Martinique ?

Le sentiment d’être chez moi. C’est ma deuxième patrie après la Bretagne. Mon slogan, c’est : « Le territoire avant la Nation. »

Que pensez-vous de l’avenir politique de la Martinique ?

Quand j’ai écrit un article sur la Martinique dans Les Temps modernes, je l’avais comparée à Barbade, toute aussi aisée. Dans ce cas-là, l’indépendance d’un pays n’est pas un frein. Actuellement, la Martinique est devenue un pays de consommation. C’est de cette façon qu’on tient un pays. Il s’est produit aussi un embourgeoisement. A mon avis, la richesse économique de la Martinique n’est pas du tout représentée. Le pays a besoin d’une grande autonomie. D’un autre côté, il y a tous les risques de l’indépendance. Il faut que ce soit une indépendance très pensée, très travaillée. Il ne faut pas que ça finisse comme avec Haïti : une indépendance magnifique mais un pays entier banni…

Propos recueillis par Adams Kwateh et FXG


Le rebelle

Alain-Plenel--en-Mq.jpg« Un singulier éducateur ». La formule vise Alain Plénel, l’administrateur qui eut pour tâche de développer la carte scolaire de la Martinique entre 1955 et 1960. Elle est signée Jean Parsi, préfet de la Martinique. En quoi le vice-recteur Plénel était-il singulier ? Parce qu’il avait émis l’idée de baptiser une école du morne-Rouge du nom de Christian Marajo, lycéen victime des forces de l’ordre lors des événements de Fort-de-France des 20, 21 et 22 décembre 1959. Une attitude qui lui coûtera sa carrière, coupée net par l’ordonnance Debré, qui signera son exil. Rien ne prédisposait pourtant ce haut fonctionnaire, fils de représentant de commerce breton, catholique et radical, à faire figure de subversif.

Le jeune Plénel a été formé chez les frères eudistes, à Rennes. C’est son époque « enfant de cœur et scout de France ». Quand il obtient son bac littéraire au lycée de Rennes en 1940, la France vit la débâcle, l’exode et l’irruption du maréchal… « Le peuple français était un peuple de froussard ! », s’emporte encore aujourd’hui Alain Plénel, que son père, poilu de 14-18, a élevé dans la haine du « Boche ». Il rompt alors avec le scoutisme et la religion : « Tout ce à quoi je croyais n’était que foutaise ! » S’il part se planquer en banlieue parisienne en 1942 pour échapper au Service du travail obligatoire, il pense pourtant être « un bon garçon, que la politique n’intéresse pas ».

inauguration-ecole-morne-rouge.jpgA la libération, une fois l’agrégation de géographie en poche, il est nommé à Alger, professeur au lycée Bugeaud où il va rester de 1946 à 1947. « C’était abominable, la séparation était totale ! », se souvient-il. Il enchaîne aussitôt après avec un séjour de deux ans aux Etats-Unis. L’étudiant, qui prépare une thèse sur les pêcheurs d’huîtres de la baie de Chesapeake, s’enflamme pour l’Amérique démocrate du new deal et de Roosevelt, mais découvre aussi la réalité de la ségrégation raciale, le maccarthysme... « Fallait choisir son camp dans le contexte de la guerre froide… » Il rentre ensuite à Nantes, et enseigne au lycée Clémenceau. Il se fait rapidement remarquer en participant à une manifestation contre le réarmement de l’Allemagne. Dès lors, Alain Plénel est soupçonné de sympathies communistes. Mais il n’a jamais adhéré à aucun parti. Tout juste admet-il avoir été « touché par les causeries radiophoniques de Pierre Mendès-France », le président du conseil qui met fin à la guerre d’Indochine en 1954. Reçu l’année suivante au concours des inspecteurs d’académie, il veut quitter Nantes et sa belle-famille bourgeoise. On lui propose l’Oubangui-Chari en Afrique équatoriale française. Finalement, ce sera la Martinique. Il n’a que 32 ans et on le met en garde : « C’est difficile la Martinique… » En avril 1955, le nouveau vice-recteur débarque du paquebot Colombie et, dès le lendemain, il est confronté à son premier conflit social... L’aventure martiniquaise commence. Elle s’achèvera en avril 1960, après les émeutes de Fort-de-France, « les trois glorieuses » comme il les qualifia, et l’ordonnance Debré qui l’éloignera définitivement des Antilles et de l’inspection académique.

C’est désormais un proscrit qui retourne vers Alger, puis, grâce à l’UNESCO, l’Inde et la Côte d’Ivoire... Alain Plénel mettra 25 ans avant d’obtenir de l’Etat réparation de sa carrière brisée un 27 décembre 1959 lors de l’inauguration d’une école au Morne Rouge. « Je n’ai pas tellement d’estime pour la France », lâche l’homme devenu nonagénaire et désormais établi à Lausanne. Ti punch en main, plongeant son regard clair dans le bleu des eaux froides du lac Léman, il songe à la baie de Fort-de-France et lâche : « Je rêverai d’une Martinique pratiquement indépendante… »

FXG (agence de presse GHM)


Alain Plénel est né en 1922, il est le père d'Edwy, directeur de Mediapart et de Gwenne, aujourd'hui décédée

-Son coup de cœur : La beauté de la civilisation tibétaine au Bhoutan

-Son coup de gueule : « On n’a pas encore mis fin à la domination béké »

-Son rêve : Une Martinique pratiquement indépendante

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 09:21

Babette au classement des chefs préférés des Français

babette-de-rosiere.jpgSelon un sondage de Télé 2 semaines, Quel est votre chef préféré à la télévision ?, la Guadeloupéenne Babette de Rozières est le 4e chef médiatique préféré des Français, derrière Cyril Lignac de Top chef, Frédéric Anton et Yves Camdeborde de Master Chef, sdoit sur la troisième marche !

Avec 32% des sondes, Cyril Lignac est en tête loin devant ses concurrents, Yves Camdeborde et Frédéric Anton, qui arrivent à égalité en deuxième place (11%). Viennent ensuite Babette de Rozières de C à vous (8%) et Gordon Ramsay de Cauchemar en cuisine (7%).

Les téléspectateurs ont découvert Babette dans Les P'tits Secrets de Babette pour France 3 en 1990, ses chroniques avec Sophie Davant dans l'émission C'est au programme et Télématin sur France 2, C'est mieux le matin sur France 3, et pendant trois ans La Cuisine de Babette sur Gourmet TV, la chaîne de Joël Robuchon.

Depuis 2009, elle prépare une recette chaque jour dans l'émission de France 5 : C à vous, en alternance avec d'autres cuisinières (Julie Andrieu, Luana Belmondo...). Elle anime aussi sur France O, Les petits plats de Babette avec Emmanuel Maubert.

FXG (agence de presse GHM)

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 08:43

L’aveu de Christophe Firmin de n’avoir pas agi seul conduit au renvoi du procès

une-proche-de-patricia-et-les-avocats-derriere.jpgAprès une journée d’audience riche en rebondissements, le président de la cour d’assises de Créteil a fini par accorder aux parties civiles le renvoi du procès de Christophe Firmin.

Ça devait être la dernière journée du procès de Christophe Firmin devant la cour d’assises de la Seine et Marne. Depuis deux jours, la cour jugeait ce jeune Martiniquais accusé d’avoir étranglé, il y a deux ans et huit mois, la Martiniquaise Patricia Cétout dans son domicile de Choisy-le-Roi. Las, hier matin, alors que devaient commencer les plaidoiries des parties civiles, Eva Mompag, l’ex petite amie de Christophe (voir notre précédente édition), a demandé qu’on l’entende à nouveau. Sa déclaration a fait l’effet d’une bombe : « Christophe m’a avoué qu’il n’était pas seul le soir de la mort de Patricia. » Et Christophe Firmin a confirmé cette information. Aussitôt, les avocats des parties civiles, Mes Ursulet, Yang Ting, Narfez, Petit, Troupé et Hodebar, ont demandé un renvoi pour que l’on procède à des investigations complémentaires. « S’il n’était pas seul, a plaidé Angebert Hodebar, ça remet en cause le fondement même de cette cour d’assises qui doit statuer sur un crime en réunion, un assassinat et non plus un simple meurtre… M. Firmin nous a mené en bateau pendant deux ans ! » Jocelyn Troupé a renchéri : « M. Firmin semble avoir peur. » Et il rappelle que la cour a découvert avec stupéfaction que dans son affaire de détournement de fonds chez son employeur, Christophe a minoré les sommes volées (3000 € au lieu de 60 000 !) et surtout que là aussi il n’était pas seul… A l’aune de cette révélation, le dossier prend un autre éclairage et l’on reparle du texto envoyé le lendemain du crime par Christophe à sa petite amie Alicia : « Tu m’a usé toute la nuit. » Et Me Troupé s’interroge : «  A-t-il peur d’Alicia ? »

Anne Fournet, l’avocate générale, ne semble pas favorable aux investigations supplémentaires : « La cour d’assises n’est pas un théâtre, mais au nom de la transparence, je ne m’y oppose pas. » « Christophe Firmin, poursuit l’avocat de la défense, Me Schapira, en a trop dit ou trop peu. » Il se tourne vers son client : « Si vous avez des noms, donnez-les ! » Christophe Firmin prend la parole : « Je souhaite être jugé, je n’ai rien d’autre à ajouter. » Suspension d’audience. Il est 13 heures.

Deux nouveaux suspects

14 h 30. A la reprise, le renvoi est refusé, mais les parties civiles demandent de nouvelles auditions à la barre : Alicia Sileber, la petite amie de Christophe, et Jeremy Dumar, amant d’Alicia. Jeremy Dumar a déposé la veille et Alicia Sileber n’a pu être entendue… Me Yang Ting interpelle la cour : « L’accusé nous dit qu’il n’était pas seul, qu’il n’a pu empêcher ce qui s’est passé ? Où est Alicia Sileber qui lui a fourni un faux alibi, pourquoi a-t-elle échangé 17 SMS avec Christophe Firmin alors qu’il était sensé être chez elle ? En jugeant seul Christophe, on ne saura pas pourquoi et de quoi il est jugé. » Me Hodebar signale que Jeremy Dumar a menti en disant qu’il ne fréquentait pas Christophe en région parisienne… La veille, M. Dumar a dit que Christophe lui avait téléphoné a la fin de son service le soir du meurtre, après minuit... Me Ursulet s’en prend au parquet : « Vous devez poursuivre au nom de la société, vous devez demander des investigations complémentaires ! » Et l’on se retrouve dans cette situation étrange où le parquet et la défense sont sur la même ligne, contre les parties civiles. Bien qu’elle ne s’oppose encore pas aux auditions complémentaires, l’avocate générale s’avance : « Cet imaginaire d’assassinat, de meurtre en bande organisée ne tient pas. » Me Schapira demande encore que son client soit jugé. La cour se retire à 15 h 30. Quand elle revient, après plus d’une heure de réflexion, le président Leurent déclare que « les auditions demandées s’apparentent a une demande de renvoi vu la tardiveté et le calendrier prévu ». Il ajoute : « L’audition d’Alicia Sileber que l’on n’a pas localisée est utile a la vérité et l’audition de Jeremy Dumar est nécessaire. » Il renvoie l’affaire à une session ultérieure de la cour d’assises et ordonne le maintien en détention de Christophe Firmin.

Compte rendu d’audience FXG (agence de presse GHM)


Incident de prétoire autour du créole

avocats-presse-sortie-d-audience.jpgAu deuxième jour du procès, l’audition d’un témoin, ami d’enfance de Christophe Firmin, a donné lieu à une courte leçon de créole aux répercussions ahurissantes lors de cette dernière audience. Me Ursulet demandait au témoin la réaction de Christophe Firmin quand il avait essuyé un refus de la part d’une fille invitée à danser : « Il mordait sa lèvre comme s’il avait envie de la battre. » « Pouvez-vous le dire tel qu’il vous l’a dit ? » « Man se bat’ manzel ! » Et Me Ursulet a traduit, mot par mot.

Hier, contre toute attente, Me Schapira est revenu sur cet échange : « Christophe Firmin m’a dit qu’il l’avait été menacé en créole. » Et il ajoute : « Pourquoi pas du vaudou ? Pourquoi pas un poulet accroché ? » Un grondement monte du banc des avocats des parties civiles, mais aussi de la salle remplie à 90 % d’Antillais. A son tour, Me Ursulet réplique : « Nous ne méritons ni insultes à notre culture, ni outrages a notre douleur… » Me Schapira : « M. Firmin m’en a parlé car Me Ursulet a cru pouvoir poser des questions en créole et M. Firmin l’a pris pour du vaudou… » Alex Ursulet sort de ses gonds et hurle : « Est-ce que j’ai posé une question en créole ?! » A l’issue de l’audience, Me Ursulet est aller trouver son confrère qui lui a répondu : « Vous pouvez appeler le bâtonnier. »

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 08:10

Christophe Firmin admet avoir serré le cou de Patricia Cétout

Christophe Firmin qui était décrit comme quelqu’un de gentil au premier jour de son procès, est apparu hier comme jaloux et violent avec les femmes.

Ça a été le premier moment fort de cette deuxième journée d’audience de la cour d’assises de Créteil qui juge Christophe Firmin du meurtre par strangulation de Patricia Cétout en février 2010. Celle qui devait être un témoin favorable de la défense s’est retournée contre l’accusé… Eva Mompag, ex-petite amie de Christophe (entre mars 2008 et juillet 2009) était venue pleine de tendresse pour celui qui se trouve être le père de sa petite fille. Mais très vite, elle raconte qu’elle a été victime de la jalousie et de la violence de son petit ami : « Il m’a plaqué contre un mur et c’est un voisin de palier qui l’a arrêté. » Et elle ajoute : « Des fois, il s’énervait, il ne me frappait pas, mais tapait son poing sur le mur. Un jour, il m’a plaqué au mur et serré le cou… » Elle tourne la tête vers l’accusé et reprend : « C’est moi qui l’avais cherché… » Eva s’est sentie trahie lorsqu’il l’a laissée accoucher seule, lui disant que son boulot était plus important. C’est alors qu’elle l’a dénoncé auprès de son patron pour les détournements de fonds. Sa réaction a été, là encore, violente : «  Si je t’attrappe Eva, je te tue. » Malgré tout, elle a été attendrie par son sort et s’est réconciliée avec Christophe en prison. Ils ont échangé des textos et elle a demandé un droit de visite qui lui a été refusé. C’est à l’audience qu’elle comprend les raisons de ce refus. Me Ursulet, partie civile, lui fait savoir ce que Christophe a dit d’elle au juge d’instruction : « C’est quelqu’un de volage qui m’a trompé ; elle a prétendu que j’étais le père de son enfant. » La jeune femme est émue, se tourne vers l’accusé et lui lance, sèchement : « Tu veux des tests ADN peut-être ? » Comprenant qu’elle a affaire a un manipulateur, elle répète : « Il m’a plaqué contre le mur, il l’a fait deux fois : il n’a pas serré. »

L'aveu

L’autre moment fort, c’est quand la cour est revenu sur les circonstances de la mort de Patricia Cétout. Le président a rappelé que lors de ses auditions de garde à vue, Christophe avait donné une version ou il admettait qu’ à l’occasion d’une petite dispute avec la jeune femme, il avait pris la ceinture d’un peignoir et serré son cou. Lors de la reconstitution, il a avancé la thèse d’un mouvement accidentel en se retournant vers la télévision. Alors, vêtu cette fois d’une chemise noire, Christophe a longuement parlé : « C’est la première fois que je rencontrais quelqu’un comme elle ; toutes les autres femmes que j’avais rencontrées étaient fausses. Je n’ai pas voulu ça, elle était tout pour moi… » Et puis il lâche : « C’est vrai que j’ai serré… » Ils avaient commence à parler d’Alicia, la petite amie de Christophe. Patricia lui a demandé ce qu’il faisait avec elle. « Moi aussi, je me posais la question. Je n’étais pas énervé au point de tuer ma meilleure amie… » Et il tente d’expliquer Patricia assise sur le canapé, lui en face, ayant saisi la ceinture de coton pour lui en donner des coups, « comme un jeu »… Elle lui avait donné quelques tapes sur la tête. « Elle tenait aussi la ceinture, j’ai serré deux ou trois minutes pour la calmer. Elle s’est levée, a trébuché et je suis tombé en même temps qu’elle avec un morceau de ceinture en main. Je ne sais pas si elle avait déjà perdu conscience, j’ai tourné la tête pour regarder la télé. Je croyais qu’elle faisait semblant et j’ai encore serré, peut-être deux ou trois minutes de trop… » Se rendant compte de la gravité de la chose, il s’est alors adressé aux jurés : « Soyez conciliants… Soyez fermes… Je risque vingt ans de prison, mais ça ne sera jamais assez… J’ai serré, mais je n’ai pas voulu la tuer. Je l’ai fait pour qu’elle se calme. »

Aujourd’hui, la cour entend les plaidoiries des parties civiles, le réquisitoire du ministère public et les plaidoiries de la défense avant de rendre son verdict.

FXG (agence de presse GHM)

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 07:12

Carlton Rara et Fred Deshayes, un esprit caraïbe au New Morning

Eric-Dubosc-Carlton-Rara-Serge-Balson-Ametys-Jakany-et-Cla.jpgCarlton Rara d’Haïti et Fred Deshayes de Guadeloupe, deux musiciens, deux identités, deux musiques, mais  un espace commun, une passion commune : la musique des Antilles.

De la transe pour Carlton, de la réflexion pour Fred, c’etait samedi au New Morning, a Paris

La salle etait comble quand Carlton Rara a entonne ses premières notes, la voix emplie de nostalgie, rendant un vibrant hommage à Toto Bissainthe, la grande comédienne de son pays. Entouré de musiciens de talents, il a donne toute sa dimension a sa mélodie du bonheur empreinte de la musique racine d’Haïti. Les paroles sortent de ses tripes. C’est un blues réinventé  et à sa mesure qu’il délivre passionnément et à sa juste mesure, construit autour des percus (Claude Saturne) et des guitares (Jahary Rakotondramasy et Serge Balsamo aux rythmiques et Eric Dubosq a la basse). La belle voix d’Amétys assure les chœurs.

CARLTON-RARA-et-Guitariste--ph-A--JOCKSAN--4-.jpgAvec son physique de basketteur et ses pas trébuchants, Carlton impose sa présence sur scène. Sa voix souffle la grâce et envoute. Le public decouvre son dernier opus  « Home ».

En deuxième parti de soirée, l’artiste guadeloupéen, Fred Deshayes et ses musiciens, avec à la contrebasse, le Cubain Damiam Nueva, l’excellent guitariste Ralph Lavital, le batteur Aranud Dolmen et les choristes Claudine Penon et Béatrice Poulet.

 Sous l’influence des bonnes énergies emmagasinées en coulisse, Fred Deshayes et ses musiciens  ont fait valser le public très écliptique et les VIP présents, Michel Reinette, Euzan Palcy, Marie Noëlle Eusebe, Christian de Montaguère et Julie Aristide étaient aux anges.

Depuis la sortie  de son premier album éponyme, « Fred Deshayes », chez Aztec musique et ses multiples expériences à travers la Caraïbe, l’artiste a pris de l’assurance et de la maturité. Son talent confirmé s’affirme. « C’est sans doute mon meilleur concert parisien avec une bonne communication avec le public », a-t-il declare.

FRED-DESHAYES-guitare-ALFRED-JOCKSAN--18-.jpgL’artiste aime le jeu de la communication. Sur scène comme ailleurs, il adore s’exprimer et expliquer. Son cote prof. Il est un Guadeloupéen qui tient à sa culture et à ses racines. A chacune de ses prestations il rend un hommage aux anciens et aux disparus, Vélo, Conquet et PSE. « Il faut faire vivre un amour qui n’est pas fini », dit-il.  Il lance un grand remerciement à la martiniquaise, Euzan Palcy qui lui a permis de composer la musique de son documentaire, les Dissidents. Fred Deshayes  est un fin mélodiste qui développe un swing guadeloupéen dynamique comme il l’a encore prouve en interpretant Ka touné an ron ron.

En un soir le public du New Morning a été gratifié de deux super concerts avec deux artistes, d’horizon différent, certes mais du même bassin archipélagique des Antilles.  Tous étaient  dans  l’esprit caraïbes, accessible, émouvant, joyeux et biguinant.

Alfred Jocksan (agence de presse GHM)public-et-Fred-Deshayes-A--Jocksan.jpg

 


3 questions à Carlton Rara

« Pour cultiver sa culture, il faut la faire respirer »

Carlton-Rara-A-Jocksan.jpgComment qualifiez-vous votre musique ?

Ce n’est pas à moi de la qualifier. Je me garde bien le droit de la qualifier. Les autres le font pour moi et c’est très bien. Il faut que la musique vive dans le regard des uns et des autres. On me dit que je suis un bluesman haïtien, il y a quelques choses de blues en moi, je suis Haïtien, ça doit être assez juste quelque part. Le blues et la musique haïtienne sont des racines qui trempent dans le même bassin de culture. Effectivement on trouve tous ces esprits là.  Simplement, il suffit de passer une passerelle pour accéder à l’autre couleur. Mais, c’est la même chose, la même musique.

Comment avez-vous vécu ce concert parisien ?

Le public était attentif, peut être trop. Car à un moment il faut lâcher les attentions pour laisser les émotions entrer. Sinon, j’ai passé une bonne soirée. J’ai appris à admettre cette particularité culturelle qui fait que les gens ont une appréciation qui se fait plutôt dans le dedans que dans l’extériorité. Comme chez nous dans la Caraïbe et en Afrique. Donc, il faut en prendre acte et l’accepter.

Vous avez rendu un hommage appuyé à Toto Bissainthe, une grande dame de la culture de votre pays. Est ce que c’est un exemple pour vous ?

Toto est un exemple d’ouverture. Pour cultiver sa culture, il faut la faire respirer, il faut la réinventer. Nous sommes obligés de créer une respiration avec le reste du monde, le monde extérieur. Surtout quand on vient d’une ile. Toto Bissainthe et tous les grands artistes haïtiens qui ont fait avancer la musique, racine ou le konpa, tel que le Tabou Combo, Boukman expérience, tous ces gens sont allés à l’extérieur se nourrir pour revenir nourrir Haïti après. C’est très important.

Propos recueillis par Alfred Jocksan

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