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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 07:28

La non interview des candidats à la présidence de l’UMP

Ni Fillon, ni Copé ne semblent avoir de choses à dire sur nos outre-mer. Les deux candidats à la présidence de l’UMP n’ont pas répondu à nos questions. La démarche venait pourtant du camp Fillon qui, le premier, nous a sollicité. Approchés par nos soins, les collaborateurs de Jean-François Copé se sont dits partants pour une interview. Les réponses des deux hommes aux mêmes questions devaient être publiées en face à face. Voici donc les questions auxquelles ils n’ont pas souhaité répondre : « La question de l’Outre-mer n’a été abordée par aucun des deux candidats. Or l’UMP y est marginalisée : pas de locaux en Guyane, pas de moyens (et même un remboursement en attente) en Martinique, une hémorragie des élus a la Réunion et la division en Guadeloupe. Quels moyens entendez-vous donner à ces fédérations ? Quels dispositifs de formation prévoyez-vous pour les cadres locaux ? Au point de vue institutionnel, le président Sarkozy avait promu un développement des territoires à la carte. Ce n’est pas le cas de l’organisation que propose l’actuelle UMP à ses fédérations ultramarines qui souffrent d’une forme de « centralisme démocratique ». Allez-vous donner plus d’autonomie à ces fédérations ? Enfin, la question du vivre ensemble est une valeur particulière aux outre-mer avec ses mosaïques humaines. Quelle approche de la diversité comptez-vous proposer à vos électeurs ultramarins ? »

Le vote des militants UMP aux Antilles et en Guyane s’est déroulé la semaine du 5 au 9 novembre ; les réponses des candidats étaient attendues dans l’intervalle. En vain.

FXG (agence de presse GHM)

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 07:40

PLFSS au Sénat : Surcoûts hospitaliers et emplois à domicile

Le projet de loi de finance de la Sécurité sociale a été examiné lundi au Sénat. Lors de la discussion générale, le sénateur de Guyane Jean-Etienne Antoinette (groupe socialiste) a indiqué qu’il voterait ce budget, « en restant vigilant » Ce budget met fin à la convergence tarifaire, c'est-à-dire au fait d’appliquer la même grille tarifaire aux secteurs public et privé. Il sera désormais tenu compte des spécificités de chaque secteur. « Très bien, s’est exclamé l’élu de la Guyane, mais n'oubliez pas la précarité des établissements d'outre-mer, dont les budgets sont grevés par les surcoûts. » Il a pris pour exemple le prix du mètre cube d'oxygène liquide au centre hospitalier de Cayenne, « 9 800 euros contre 300 euros en métropole ! »

M. Antoinette a aussi alerté le gouvernement sur le régime de cotisation des particuliers employeurs. La suppression de l'assiette forfaitaire (0,76 SMIC dans les Antilles-Guyane et 0,4 SMIC à la Réunion) présentée comme l'abrogation d'une niche fiscale est justifiée au regard de son coût, estime-t-il, mais il regrette que « l'étude d'impact du projet de loi de financement de la Sécurité sociale reste muette sur les conséquences de cette abrogation générale aux départements d'outre-mer qui bénéficiaient de ce régime forfaitaire avantageux ». Il redoute en conséquence l’exclusion des employés à domicile de la protection sociale, et l’augmentation du travail non déclaré.

Marisol Touraine ne lui a pas répondu sur ce point, se contentant de dire que « le gouvernement prend en compte les spécificités de l'outre-mer pour le financement de l'hôpital, y compris les surcoûts liés à l'isolement et à certaines activités spécifiques ».

FXG (agence de presse GHM)

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 07:40

Election à l’UMP

Le magazine Marianne publie une tribune du Guadeloupéen Patrick Karam (http://www.marianne.net/Presidence-de-l-UMP-le-seisme-politique-a-venir_a224281.html) dans laquelle il s’engage derrière François Fillon mais surtout contre Jean-François Copé. L’ancien délégué interministériel à l’égalité des chances, resté proche de Nicolas Sarkozy (l’ancien président devrait lui remettre personnellement sa médaille de la légion d’honneur), n’a pas du tout aimé « les saillies de Jean-François Copé » au sujet du Ramadan et des pains aux chocolats. Ces saillies « marquent un tournant dans l'histoire de la droite républicaine, écrit Karam, car elles font partie d'une stratégie pensée et assumée pour faire le buzz médiatique et se positionner sur la scène nationale comme celui qui dit la vérité aux Français contre les élites parisiennes. Ce faisant Jean-François Copé choisit de tracer son sillage sur les pas de Jean-Marie Le Pen, le talent en moins. » La salve est tirée, violente.

Il faut reconnaître à François Fillon un certain talent de rassembleur puisque l’ancien Premier ministre parvient à réunir sous son panache deux personnes qui se détestent et qui ont toutes les deux prétentions à marcher sur de proches platebandes, Marie-Luce Penchard, ancienne ministre de l’Outre-mer et conseillère régionale de la Guadeloupe, et Patrick Karam, ancien délégué interministériel et conseiller régional d’Ile de France. Fillon a convaincu l’ancienne ministre facilement. Elle ne s’est jamais sentie à l’aise avec Jean-François Copé.

FXG (agence de presse GHM)

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 08:59

Des collégiens de Saint-Francois s’offrent la scène du CNDcollege-Macaille-et-Dife-kako.jpg

Ils étaient quinze élèves de sixième du collège Alexandre-Macaille de Saint-François au début, il y a quatre ans. A l’arrivée, ils étaient dix-neuf élèves de troisième, jeudi et vendredi dernier, sur la scène du centre national de la danse à Pantin. Au programme de ce spectacle, une chorégraphie de Chantal Loial, Zandoli pa tini pat, créée pour sa compagnie Dife Kako. A l’origine de cette aventure, un partenariat noué entre le collège saint-franciscain et Dife Kako, entre le professeur de sport, Christine Top, et la chorégraphe parisienne originaire de Pointe-à-Pitre. « Ce projet dure depuis quatre ans, explique Chantal Loial, et là, c’était un aboutissement. L’idée était qu’ils apprennent comment s’approcher le plus possible d’une dynamique professionnelle. »

Prof-Top.jpgChristine Top a eu le bonheur de les conduire à donner un spectacle avec des artistes professionnels : « Ils ont déjà eu une première expérience, il y a deux ans, plus timide. Cette fois, ils ont pris corps dans la création, du début à la fin. »

Ils ont travaillé avec leur professeur durant l’année ; elle connaît les spectacles, la troupe et son travail basé sur le chant, l’humour et la transversalité des disciplines et des cultures avec les danses hip hop, les danses afro antillaises… La troupe s’est rendu aussi plusieurs fois en Guadeloupe au contact des élèves. Une étape qui a beaucoup mis en confiance Lou-Anna. Diana et Salomé pensent que cette expérience a contribué à changer leur comportement et faire évoluer leur talent. Yanna, son caractère ! Maëlle estime que ces années passées au contact de Dife Kako l’ont aidée à grandir, à s’épanouir : « J’avais une petite timidité au début. » « Ma timidité s’est envolee ! », rebondit Mathilda. Mickael a appris l’autonomie, Bruno Junior la maturité. Et si c’est impressionnant au début de danser avec des pros, ces derniers ont su les rassurer. « On prend beaucoup de plaisir à danser avec eux », témoigne Elodie. Loial-et-eleves.jpgLéa a aimé ces passerelles jetées entre la danse et la Guadeloupe. « En utilisant le gwoka, les chants et les danses traditionnels, Dife Kako fait passer des messages sur le chlordecone, sur la société guadeloupéenne et ça m’a plu », s’enthousiasme Orane. « Je n’ai pas l’habitude de danser le gwoka, mais c’est quelque chose que j’aime beaucoup parce que ça vient de mon pays », reprend Mandy.

En juin, ils donneront leur propre spectacle à la salle Robert-Loyson au Moule. L’expérience est vouée à perdurer au collège Macaille et peut-être à s’étendre ailleurs, en Martinique et en Guyane.

FXG (agence de presse GHM)


Ils ont dit

Charles : « C’est une belle aventure parce que danser avec des professionnels, c’est autre chose que de danser seul ou avec des amis. Ça m’a motivé pour l’école. »

Marie-Christine : «  Cette expérience m’a beaucoup aidé au collège parce qu’on fait des ponts avec d’autres matières. Quand tu as appris quelque chose en danse alors tu le sais déjà ! »

Eve : « La danse, on peut la qualifier de repère car dès qu’on a des problèmes, qu’on est désorienté, on a la danse pour se retrouver et se défouler. Ça permet aussi d’exprimer nos émotions. »

Naomi : « Ca m’a beaucoup apporté en termes de connaissances culturelles. Je ne pensais pas que grâce à la danse, j’apprendrais autant de choses. Sans Mme Top et la danse, je ne pense pas que mes années de collège se seraient passées aussi bien. »

Lisa : « En m’engageant, je ne pensais vraiment pas qu’on irait jusque là. Mme Top s’est beaucoup investie ; elle est devenue comme une deuxième maman. »repetition-dife-kako-collegiens.jpg

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 08:51

Gerty Dambury, la passion d’une rebelle

Gerty-Dambury-1---Alfred-Jocksan.jpgLe premier roman de la Guadeloupéenne, Gerty Dambury, « Les Rétifs » revient sur une page sanglante de la Guadeloupe, les troubles à l’ordre public et les événements de mai 67 à Pointe-à-Pitre. L’occasion est venue pour l’auteur de demander des explications. Voilà qu’elle se met à chaud pour nous livrer ses sentiments et ses attentes. Née en 1957, elle a choisi la région parisienne pour exercer ses talents de poètes, d’actrice, de dramaturge, de nouvelliste, de metteuse en scène, voire de conteuse.  Femme de théâtre, sa pièce la pus connue est Lettre indiennes. Aujourd’hui, dans son nouveau roman, elle vient nous raconter, sur un rythme de quadrille, sans la ritournelle, mais débutant par une valse, l’histoire d’Emilienne, 9 ans. Ça commence le mercredi 24 mai 1967 dans une classe de Pointe-à-Pitre ou sa maîtresse annonce son départ, et ça se termine le vendredi 26 mai par la tuerie, le chaos dans la ville. Ici cinq voix se mêlent à celle de la petite Emilienne pour nous conduire à cette journée sanglante. Un roman palpitant qui oscille entre colère et sourire devant l’adversité. Lu dans le livre : « La moquerie était dans ce village une façon de dévorer l’autre, de se dévorer soi-même….. Une si grande tristesse. » Orfèvre de la construction théâtrale, Gerty Dambury enrichit son texte par des rebondissements, des histoires dans l’histoire. Elle attend le déclassement des archives « secret défense » pour écrire la ritournelle, en 2017.

AJ (agence de presse GHM)

«  Les Rétifs » est publié aux éditions du Manguier et vendu dans toutes les librairies


ITW Gerty Dambury

« La ritournelle c’est la revanche »

Gerty Dambury dans votre premier roman, les Rétifs, pourquoi avez-vous choisi le quadrille, une musique importée, pour rythmer cette lecture ?

Gerty-Dalmbury-1--Alfred-Jocksan.jpgJ’ai le sentiment d’une société très paysanne et le quadrille est une danse de la paysannerie. Je pense d’une certaine façon que le fait de choisir le quadrille me permettait de dire que toutes nos cultures, tout ce qu’on a en termes de musiques, de langues, de littératures, c’est nous et ça nous construit. J’ai grandi avec mon oncle, Jean Bordin, créateur de biguines qu’on a oubliées et qu’on utilisait beaucoup pendant le carnaval. Il était aussi joueur de quadrille et chaque samedi après midi, je l’accompagnais quand  il allait à ses répétitions. C’est un souvenir très profond. J’ai toujours  aimé cette musique qui est un peu surannée. Il est vrai que c’est une musique d’importation, toutes nos musiques sont d’importation… Nous-mêmes, nous sommes d’importation. Aujourd’hui, le quadrille est notre musique. Le quadrille correspond à un personnage central de mon livre. Et j’ai voulu construire le roman autour de cette musique parce que ça donne des phases. Et toutes les phases renvoient à quelque chose de  profondément paysan.

Le titre de votre roman est très évocateur. Est-ce pour exprimer votre regard sur la société guadeloupéenne actuelle ?

Je n’ai pas choisi ce titre pour dire qu’on avance en reculant, pas du tout. C’est un titre pour définir les personnages. C’est un roman, pas une thèse de sociologie, par conséquent ce n’est pas une définition des Guadeloupéens. C’est un roman avec Emilienne et une série de personnes autour d’elle. Et tous ces gens qui gravitent autour de cet enfant sont rétifs. Ils refusent de se laisser soumettre. La vie qu’ils mènent les oblige à faire des compromis, à sourire quand ils n’ont pas envie, quelquefois d’accepter l’inacceptable, comme le père d’Emilienne. Il se dit que pour réussir dans  la vie, il faut passer par ci, par là, mais à chaque fois ça crée une résistance. Je voulais un terme qui ne laisse pas entendre qu’ils sont susceptibles, désobéissants, non ils sont rétifs. C'est-à-dire qu’ils voulaient bien avancer, mais ils ne veulent pas avancer sous le fouet et la contrainte. A chaque fois qu’on leur impose une contrainte, ils résistent. C’est pour cela qu’ils sont rétifs.

Avez-vous été marquée pour les événements de mai 1967 à Pointe-à-Pitre. Vous aviez à peine 10 ans, quels souvenirs gardez vous ?

Ce jour-là, je suis parti à l’école comme un jour normal. Il ne se passait rien. Ou s’il se passait quelque chose, je ne savais rien parce que j’étais un enfant et peut être que la radio n’a pas joué son rôle. Pendant que nous étions dans la salle de classe avec la maîtresse, nous avons entendu des coups de feu. Les maîtresses d’école nous ont protégés, nous ont éloignés des fenêtres en se baissant près du sol. Elles ne voulaient pas nous laisser sortir. On ne savait ce qu’il se passait dehors. Ma mère a envoye un de mes frères me chercher à l’école et, avec lui, nous avons fait le tour, sans passer par la place de la Victoire. J’habitais rue Commandant-Mortenol. , on traversait la place pour rentrer. Là, on a fait le grand tour  par le morne de Massabielle en coupant par des traces qui existaient à l’époque, pour rejoindre la maison familiale. Ce qui fait que je n’ai rien vu de ces événements de mai 67, rien du tout. Je garde en mémoire que mon père est rentré très tôt à la maison et que toutes les portes étaient fermées. Nous étions barricadés. Mon père avait préparé des munitions, quelque chose de ce genre. Nous étions dans une position de repli. Et le lendemain, samedi, en me rendant au catéchisme, j’ai traversé la place Gourbeyre (maintenant place du palais de justice). Devant l’église, il y avait des camions de soldats ou de képis rouges garés. Nous, on passait le plus loin possible, essayant de les éviter, en silence. Ce jour-là, la ville était extrêmement silencieuse.

Dambury--Gerty-les-Retifs--1.jpgOù est la ritournelle dans  cette danse ?

Nous sommes dans un quadrille et dans un quadrille il y a une ritournelle. C’est un nouveau départ. Le chœur final des frères et sœurs qui est resté un peu extérieur, c'est-à-dire qui raconte, prend en charge la révolte des autres personnages et demande qu’on leur explique et que vienne la ritournelle. Pour moi, la ritournelle c’est la revanche. Il va bien falloir que les gens paient d’une certaine façon pour ce qu’ils ont fait. Psychologiquement au moins, reconnaître ou accepter de dire que ce comportement a été inacceptable car, d’une certaine façon, cette violence-là est une suite de la guerre d’Algérie. Si aujourd’hui, on peut entendre le président de la République, François Hollande, dire que le  17 octobre 1961 et plus tard au métro Charonne en février 1962, que les massacres d’Algériens qui ont eu lieu étaient une faute politique importante, on devrait pouvoir s’attendre à ce que soit reconnue la mort d’un certain nombre des Guadeloupéens car ça a été une faute également. C’est ça la ritournelle et nous l’attendons.

Gerty-Dambury-9-photo-Alfred-Jocksan.jpgVous avez quitté la Guadeloupe très tôt. Aujourd’hui, êtes-vous réconciliée avec votre pays ?

Je suis partie pour l’avenir de mes enfants et je ne voulais pas qu’ils soient seuls. J’ai aussi quitté la Guadeloupe parce que je voulais sortir de l’Education nationale. On m’a donné une disponibilité. Je ne gagnais pas ma vie, j’étais sans un sou et je comptais travailler à la scène nationale. On ne me l’a pas proposé. Tout ce que je pouvais mettre à la disposition du pays, on ne me l’a pas demandé. Je suis venue dans l’Hexagone pour travailler dans le théâtre, gagner ma vie, élever mes enfants, les envoyer à l’université. Je suis arrivée à Paris en 1998 et je suis repartie en 2003 pour travailler un an au pays. Sans résultat professionnel, je suis revenue sur Paris parce que mes enfants avaient besoin de moi.

Y a-t-il d’autres événements à venir après ce premier roman « Les Rétifs » ?

Pour l’instant, je me concentre sur mon roman. Car quand on porte un livre c’est comme  porter un enfant. Il faut s’en occuper. Moi, j’ai choisi une petite maison d’éditions. Je ne voulais pas être publiée dans une collection qui s’appelle « Le Continent noir ». Je ne veux être enfermée dans des cases. Je suis vraiment rebelle, je suis rétive, vraiment. Mais, je continue à avancer, je ne recule pas, j’avance. La prochaine chose à venir est ma nouvelle pièce de théâtre qui s’appelle « Les Atlantiques amères ». Une pièce qui est directement liée aux événements de 2009 avec des gens qui sont ici et d’autres qui sont là-bas, en Guadeloupe. J’ai été frappée de voir, pendant cette période, que les gens d’ici étaient emballés, emportés en organisant des manifestations auxquelles j’ai  moi-même participé. J’ai vu les gens, je les ai entendus. J’ai vu cette fièvre. C’est le mouvement aller et retour, être ici et être là-bas qui me permet de retracer les événements de 2009. C’est une série de petites saynètes d’ordre historique qui parlent d’un côté du mariage entre la France et les Antilles,   de notre relation avec ceux qui nous entourent, qui pose la question de l’indépendance et la question de la santé des femmes, du cancer du sein. Pour moi, écrire est une passion.

Propos recueillis par Alfred Jocksan (Agence de presse GHM)

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 08:48

La grande messe des fidèles

d'outre-mer à l’église saint Sulpice

L’archevêque de Martinique, Michel Méranvile, les évêques de Guadeloupe et de Guyane, Jean-Yves Riocreux et Emmanuel Lafont, et le nouveau  ministre de l’aumônerie Antilles-Guyane de France, Jean-François Lof, ont accueillis des milliers de fidèles dimanche 11 novembre à l’église saint Sulpice, Paris.

Berre---A--Jocksan.jpgLes fidèles sont venus de Paris et sa région, mais aussi des provinces ecclésiastiques de Grenoble, de Marseille, d’Aix-en-Provence, d’Orléans, d’Arles, de Berre, des Hauts de Seine, de Seine Saint-Denis, du Val de Marne, de Seine et Marne, des Yvelines, de l’Essonne…  Les trois responsables des églises de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane, de retour de l’assemblée plénière des évêques de France qui a eu lieu à Lourdes, étaient heureux de partager ce grand moment avec  leurs compatriotes de l’Hexagone. Le nouvel évêque de Guadeloupe, Jean-Yves Riocreux, a présidé la cérémonie à la demande de l’archevêque Michel Méranville, chef des églises des Antilles-Guyane qui a célébré l’eucharistie.   

Le ka a sonné dans la nef et la chorale, dirigée par Chantal Monguin-Duventru, a magnifiquement interprété les chants religieux en créole de Lina Racon. L’ensemble était accompagné par les musiciens de l’aumônerie Antilles-Guyane de France, animée, elle aussi, par un nouveau prêtre accompagnateur, Jean-François Lof, originaire de la Martinique.

Les-fideles---Alfred-Jocksan.jpgDevant le président de la Région Martinique, Serge Letchimy, Mgr Méranville a salué toutes les personnes qui ont participé à l’organisation de cette journée.  Puis un hommage particulier a été rendu au père Jean-Lou Lacroix, curé de saint Sulpice qui a accueilli la communauté antillo-guyanaise.  En regardant  les fidèles du haut de son estrade, Mgr Méranville s’est écrié : « Que c’est beau l’église dans sa diversité ! Votre présence est encourageante et nous invite à faire plus. » Il a évoqué le mariage et son opposition au mariage gay : «  On monte au créneau pour dire ce qu’on va faire du mariage. Mais nous ? Qu’est ce que nous avons fait ? Si nous sommes arrivés à une telle situation, c’est parce que nous avons tellement galvaudé notre mariage, tellement pas pris au sérieux que maintenant nous faisons tout et n’importe quoi… »  Mgr Emmanuel Lafont a apporté le salut de toute la Guyane et un message : « Construire l’église pour le mariage de la famille chrétienne. » En juillet 2013, le diocèse de Guyane sera pour une semaine exceptionnellement diocèse d’accueil pour plus de cinq cent jeunes fidèles venus de Paris, Lyon et des Antilles, avant de rejoindre les Journées mondiales de la jeunesse à Rio au Brésil.Les-grands-dignitairres-des-eglises-des-antilles-Guyane---.jpg

En s’adressant aux fidèles, Mgr Jean-Yves Riocreux, ancien évêque de Pontoise, s’est lâché avec  quelques mots en créole : « Mwen inmé zot, kimbé red pa moli. » Fortement applaudi.

La cérémonie religieuse a duré près de trois heures.

Alfred Jocksan (agence de presse GHM)


Ils ont dit

Michel-Meranville-l-archeveque-des-Antilles-et-de-la-Guyan.jpgL’archevêque des Antilles-Guyane, Mgr Michel Méranville : « On est contre le mariage entre les gens de même sexe. On ne juge pas les personnes et nous sommes contre l’homophobie. Les gens ont le droit d’avoir leur tendance. Mais l’institution du mariage existe depuis toujours, ce n’est pas un problème religieux, c’est humain. Un homme n’est pas une femme, une femme n’est pas un homme. Aujourd’hui, on a tendance à vouloir abolir ces divisions comme ci c’était une discrimination. Humainement, c’est l’avenir de l’humanité qui est en cause. Finalement, si des hommes se marient avec des hommes et des femmes avec des femmes, l’humanité ne pourra pas se perpétuer. Or, le but du mariage, c’est cela aussi. Ce n’est pas seulement une question de plaisir ou d’être bien ensemble, c’est aussi celle de fonder une famille.  Nous sommes dans un monde qui n’est plus naturel. On veut manipuler l’espèce humaine sans discernement, nous disons non. »

L--eveque-Emmanuel-Lafont-de-la-Guyane---Alfred-Jocksan.jpgL’évêque de Guyane, Emmanuel Lafont : «  Nous avons réfléchi à partir du Synode qui vient de se dérouler à Rome sur la nouvelle évangélisation. Nous regardons monde qui, à bien des égards, est en crise, sociale, économique, humanitaire, écologique, environnementale, financière… Comment lui annoncer que l’évangile du Christ Jésus apporte non pas des solutions pratiques mais une lumière... L’église doit être de plus en plus proche du Christ pour être vraiment proche des gens et leur apporter le salut et la guérison. Tous les évêques le savent : les Antillo-Guyanais sont des gens qui aiment la parole de Dieu et qui ont envie que leurs enfants grandissent dans cette foi qu’ils ont reçu eux-mêmes. »

L-eveque-de-Guadeloupe--Jean-Yves-Riocreux---Alfred-Jocksa.jpgL’évêque de Guadeloupe, Jean-Yves Riocreux : «  La réunion des évêques de France est d’abord une collégialité, une communion entre les évêques de France métropolitaine et de l’outre-mer en sachant qu’il y a une tonalité particulière pour les évêques de l’outre-mer, des Antilles-Guyane, de l’océan Indien ou de l’océan Pacifique. Nous nous réunissons et nous apportons cette spécificité des chrétiens de l’outre-mer au sein de la conférence épiscopale qui a abordé un certain nombre de thèmes qui nous concernent : la nouvelle évangélisation, l’enseignement catholique, le diaconat… Un grand lien unit les Chrétiens de là-bas et ceux d’ici. Nous sommes heureux de les avoir dans notre diocèse. Ils apportent leur joie, leur foi et les chants spécifiques de leur îles. »

Le-pere-Jean-Francois-Lof---Alfred-Jocksan.jpgLe père Jean-François Lof : « C’est  important pour moi de commencer mon ministre devant plus de 3000 personnes. Mais, c’est aussi une charge supplémentaire.  Je fais confiance à l’Esprit saint et aux Chrétiens antillais et guyanais qui vont m’aider dans ma nouvelle mission. Je veux les comprendre, les accompagner. Cette aumônerie doit être l’aumônerie de la communauté antillo-guyanaise de tout l’Hexagone. Et que cette aumônerie nationale joue pleinement son rôle au sein de l’Eglise de France. L’aumônerie doit être ouverte à toutes les aumôneries diocésaines. »

Propos recueillis par AJ

 

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 08:47

Les archives audiovisuelles d’outre-mer en débatblanchard-gpl-larcher-pulvar-laventure.jpg

La rencontre organisée par le Sénat et l’Institut national audiovisuel, hier au palais du Luxembourg, a donné lieu à  un riche débat autour de la mémoire audiovisuelle partagée. Cela a aussi été l’occasion de faire le point sur un patrimoine vieux de 50 ans, fait pour « irradier le monde », selon Claude Esclatine, directeur général du réseau Outre-mer 1ere. La question de sa conservation n’est venue que fort tard, puisque la convention signée à cet effet entre l’INA et la Caisse des dépôts et consignation ne l’a été qu’en juillet dernier. Certes, en 1983, puis en 2006, RFO s’est préoccupée  de la conservation de ses plus vieux supports, mais le fonds RFO a été exclu de l’accord passé en 2010, de même qu’il ne figurait pas au plan de numérisation établi par l’INA en 1999. L’omission est désormais réparée puisque 7,5 millions d’euros seront consacrés d’ici 2018 à la conservation de 130 000 heures de programmes produits outre-mer. La numérisation se fera en itinérance et sur place, a assuré Mathieu Gallet, directeur général de l’INA. Aujourd’hui, 40 % des supports film et 20 % des supports vidéo 1 pouce et ¾ de pouce ont été numérisés. C’était donc « une mesure d’urgence », comme l’a souligné le sénateur de Guyane, Jean-Etienne Antoinette. Cela doit permettre « la construction d’un patrimoine et d’une mémoire collective », a déclaré le sénateur de Paris, David Assouline, membre de la commission culturelle du Sénat. En matière d’images, l’Outre-mer se caractérise d’abord, pour citer Françoise Verges, présidente du CPMHE, par « une absence d’image » et quand elles sont là, « il en manque beaucoup ». C’est donc, selon la journaliste de TV 5 Monde, Estelle Youssoufa, « un geste politique que de construire une mémoire ». « L’accès à ces programmes ouvrira une autre manière d’écrire l’histoire de la télé, plus proche de la mémoire que de l’histoire », a expliqué Isabelle Veyrat-Masson du laboratoire communication et politique du CNRS qui pose le problème global : « Comment l’histoire de France va se construire avec l’histoire des France ? Elle n’est possible que grâce aux images qui fondent les mémoires. » esclatin-x-thuahieva-youssoufa-assouline-verges-gallet.jpg« Cette mémoire, a insisté Luc Laventure, directeur éditorial a France O, participe à notre construction identitaire locale. » Reste que la conservation du numérique est aussi une question en soi… Mais au-delà des questions techniques, l’accès de ces archives aux producteurs, aux chercheurs et au grand public pose des questions d’analyse et d’historiographie qui ne doivent pas faire oublier dans quelles circonstances et pourquoi ces images ont été captées. Au final, le plus important est à venir, il s’agit des projets de productions audiovisuelles que permettra cette numérisation. Et là, il faudra que les chaînes de télévision joue le jeu en ouvrant davantage de crédits aux documentaires. Un espoir auquel ne semblait plus croire hier un producteur présent qui suggérait que l’INA se lance aussi dans la création d’une chaîne patrimoniale pour assurer un débouché à cet immense trésor d’images d’outre-mer.

FXG (agence de presse GHM)

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 08:18

Erik au festival Africolor

Erik, la révélation Soul Jazz des caraïbes en concert avec Balkouta-ka (Gwo-ka) à Sevran en Seine-Saint-Denis pour le festival Africolor (du 17 novembre au 24 decembre).

africolor.jpgBalkouta-ka avec Dominique Tauliaut, Max Diakok et Laurent Succab ouvriront la première soirée du festival Africolor.

Mais la vedette de cette edition, c’est Erik, un vrai poète. Sa voix chaude envoute peut être autant que sa présence sur scène.Les sonorités acoustiques qu’il mêle aux musiques plus traditionnelles de la Guadeloupe, Gwo Ka et reggae rompent avec les clichés. Le Ka est le « Tambour des esclaves, le symbole de la résistance de tout un peuple à l’aliénation culturelle ».Son flow mi rap mi zouk, ses harmonies soul jazzy décrient des illusions perdues, des rêves brisés, le déchirement de l’exil. Nourri de larmes et de souffrance, Erik est un artiste engagé. Il a cette capacité à peindre la tragédie du monde afin de mieux l’exorciser. Phénomène dans sa vingtaine, on le retrouve en 2009 notamment au New Morning, à l’Olympia au coté de Tanya Saint-Val ou dans la tournée internationale de Kassav.

Pour Africolor, Erik présentera son deuxième album, en inédit.

Salle des fêtes de Sevran,

9, rue Gabriel Péri

RER B (dir. Mitry-Claye) station Sevran Livry, puis traverser le Parc des sœurs

Tarif : 8euros

Tarif réduit : 6/4euros

Réservations sur FNAC ou au 01 49 36 51 75

Rejoignez l’évènement facebook http://www.facebook.com/events/140614322751931/

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 05:39

Remise du prix Fetkann le 21 novembre

Le 9e prix Fetkann – mémoire des pays du sud, mémoire de l’humanité, aura lieu le 21 novembre prochain, en principe au très germanopratin café de Flore. Ce prix fondé par l’association CIFORDOM de José Pentoscrope distingue quatre œuvres dans quatre catégories : mémoire, recherche, jeunesse et poésie. La liste des présélectionnés est assez exhaustive pour empêcher tout pronostic fiable. Cependant, quelques noms émergent.

Dans la catégorie mémoire : Patrick Chamoiseau, L’empreinte à Crusoé, Gallimard 2012 (Paris), Maryse Condé, La vie sans fards, Jean-Claude Lattès 2012 (Paris), Raphaël Confiant, Du rififi chez les fils de la veuve, Caraïbeditions 2012 (Guadeloupe), Patricia Braflan-Trobo, Couleur de peau stigmates et stéréotypes. La légende des crabes à l'épreuve du management, Nestor 2011 (Guadeloupe), Jean-Robert Cadet, Restavèk, Enfant esclave en Haïti, Jasor 2012 (Guadeloupe), Rodolf Etienne, Dékré labolisyon lesklavaj, 27 avril 1848, Macre Lorillo 2012 (Martinique),Victorin Lurel, Lettre ouverte à mes compatriotes de l’Hexagone, Armand colin 2012 (Paris), Alain Mabanckou, Le Sanglot de l’homme noir, Fayard 2012 (Paris), Gisèle Pineau, Cent vies et des poussières, Mercure de France 2012 (Paris), Christiane Taubira, Mes météores : combats politiques au long cours : mémoires, Flammarion 2012 (Paris), Muriel Tramis, Au coeur du giromon, An tjé jiromon, Dagan 2011 (Paris) et pas mal de collectifs (Revue Glissant-Monde, Africultures N°87, L’Harmattan 2012, Nouvelles Calédoniennes, Vent d’Ailleurs 2012,Xénophobie d’en-haut : le choix d’une droite éhontée, La Découverte 2012, Partir sans passeport, Desnel 2012, O Ayiti, Haïti O, K Editions 2012)… La catégorie ne compte pas moins de 82 titres.

Dans la catégorie recherche : Jacques Adélaïde Merlande, Adolphe Gatine, L'abolition de l'esclavage à la Guadeloupe, Karthala 2012 (Paris), Danielle Donet-Vincent, Il était une fois le bagne colonial, Ibis Rouge 2012 (Guyane), Oruno Lara, Guadeloupe Chroniques immédiates, ma contribution au projet guadeloupéen de société, L’Harmattan 2012 (Paris), Gilles Gérard, Famyi maron ou la famille esclave à Bourbon (Ile de La Réunion), L’Harmattan 2012 (Paris), Roger Jaffray, La compagnie générale transatlantique, armateur au cabotage caraïbe, SCITEP Editions 2012 (Paris), Jean-Pierre Sainton, La décolonisation improbable, Cultures politiques et conjonctures en Guadeloupe et en Martinique (1943-1967), Jasor 2012 (Guadeloupe). En tout 26 titres sélectionnés.

Dans la catégorie jeunesse : Ernest Pépin, La ronde des fleurs, Jasor 2012 (Guadeloupe), Serge Diantantu, Mémoire de l’esclavage, L’embarquement de bois d’ébène, Tome 3, Caraïbeditions 2012 (Guadeloupe), Hector Poullet et Biscuit, Tibouchina, Conte créole bilingue, Orphie 2012 (Ile de la Réunion), Kano Miléna, Abraham Pétrovitch, Le prince noir de Russie, (BD) Dagan 2012 (Paris)… 23 titres en sélection.

Enfin, dans la catégorie poésie, 13 auteurs (parmi lesquels il manque Jymi Apourou, hélas)… à découvrir le 21 novembre.

FXG (Agence de presse GHM)

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 06:13

fotoannou.fr, le site des photographes antillais

Fotoanou-fr-page-accueil.jpglinkFrédéric Delord travaille dans une agence web parisienne qui fait des campagnes marketing pour des entreprises. A 22 ans, le métier de ce Guadeloupéen expatrié, c’est le BtoB. Un bac ES à Baimbridge en poche, il est parti à Lille (59) faire ESPEME, une école de commerce. Un an de stage à Zagreb à l’ambassade de Belgique : il est chef de projet web. Chaque été, il retourne au péyi où il retrouve un ami photographe pour lequel il travaille comme stagiaire. Bruno Michaux-Vignes. Il se familiarise avec le reportage, le shooting mais il se considère toujours amateur. Il connaît le travail de Jacques Cilirie aux Abymes, de Gérard Poirier à Lapwent. « Quand je retournais, je voulais continuer de les suivre… » Alors il a l’idée de créer une interface, un « outil centralisateur des photographes des Antilles et de la Guyane pour ouvrir à un autre patrimoine, d’autres paysages ». Et il tient un discours très engagé : « Il faut faire connaître ce que nous faisons sur nos très petites îles ! » C’est ainsi que, depuis le 31 octobre, le site fotoannou.fr existe. Une exposition virtuelle des dernières photos sorties chaque semaine, sans thème, ni sujet imposé, ouverte à tous, aux pros comme aux amateurs.

Frederic-Delord.jpg« Pour poster une photo, explique Frédéric, pas besoin de s’inscrire, un simple mail suffit. » On trouve différentes rubriques : l’actu, des interviews de photographe, des articles sur le matériel photo (disponible aux Antilles-Guyane), des trucs et astuces de photographes, et bien su des photos. On peut voir des œuvres de Vadhji Thérasse, Lendo Blanchard de Guadeloupe, mais aussi de Philippe Surmely, Marc Roche ou encore Eva Lemonenko. Les clichés sont protégés du piratage et leur taille est volontairement réduite. Mais il est possible d’en acquérir légalement !

Enfin, il y a un onglet pour les petites annonces, gratuites. « L’esprit du site est participatif, indique Frédéric Delord. C’est un service que je rends ! »

www.fotoannou.fr

FXG (Agence de presse GHM)

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