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18 mai 2019 6 18 /05 /mai /2019 10:51
David Lorion (LR)et Lénaïck Adam (LREM) rapporteurs pour la délégation outre-mer de l'Assemblée nationale

David Lorion (LR)et Lénaïck Adam (LREM) rapporteurs pour la délégation outre-mer de l'Assemblée nationale

Congés bonifiés : les députés prônent le dialogue social

C'est en juin que le Conseil d'etat doit livrer le décret de réforme des congés bonifiés pour une mise en oeuvre de la réforme en juillet. Face à l'émoi suscité chez les fonctionnaires originaires des DOM (CGT, FO, UNSA, CFDT,Alliance PN foulards marrons, Codium, GPX) les députés ont confié à deux d'entre eux, David Lorion (Réunion LR) et Lénaïck Adam (Guyane LREM), une mission sur le sujet qui, rappelons-le, a démarré par la fuite d'une "petite note discrète", dixit le président de la délégation outre-mer de l'Assemblée nationale, Olivier Serva propre à laisser penser, comme l'a dit le député Lorion, que "tout ce qui se fait sans nous se fait contre nous". Dans son rapport, David Lorion a rappelé l'origine historique de ce congé administratif accordé au fonctionnaire métropolitain en poste outre-mer pour ne pas rompre le lien familial et qui aboutit en 1978 à l'instauration de ce congés aux originaires d'Outre-mer fonctionnaires dans l'Hexagone : un mois de congé supplémentaire tous les trois ans avec prise en charge du billet pour le fonctionnaire, son épouse (si elle gagne moins de 1400 euros) et ses enfants mineurs et prime de vie chère le temps des congés au pays. "Il n'y a pas de blocage sur la réforme, insiste David Lorion, mais il y a un ressentiment insupportable car l'info a été dénichée à la poubelle et remonte en surface." L'absence de dialogue a créé un sentiment de relégation et les ministres (Annick Girardin et Olivier Dussopt) ont eu du mal à convaincre que la réforme n'avait pas d'objet budgétaire. La députée LR de la Réunion, Nathalie Bassire, ne veut pas le croire ! Non seulement, le gouvernement n'avance pas de chiffres, mais des fake news sortent : on parle d'un coût de 600 millions d'euros. "Faux, réplique David Lorion, ça coûte 5882 euros par agent dans la fonction publique d'Etat avec 1235 euros de vie chère et 2175 euros de billets d'avion. L'Etat arrive à 600 millions d'euros en ajoutant le coût de l'absence de l'agent. Dans la réalité, il en coûte 75 millions d'euros pour l'ensemble des congés bonifiés. Il n'empêche que la concentration d'ultramarins dans certaines administrations comme la pénitentiaire (65 % d'ultramarins en Ile de France et notamment à la prison de Villepinte, l'APHP, 50 %,  ou la justice dont 19 % des billets d'avion acquis par ce ministère sont destinés aux congés bonifiés) pose la question de l'organisation des services au moment des congés... Lénaïck Adam a évoqué les difficultés faites de plus en plus souvent par les administrations pour exiger de leurs agents qu'il justifient de leurs centres d'intérêts matériels et moraux au pays qui vire souvent au cauchemar kafkaïen... En conclusion, les deux rapporteurs affirment que la réforme est nécessaire mais prématurée. "Je déplore l'absence d'audit de DRH des administrations", conclut M. Adam. Jean-Hugues Ratenon (Réunion LFI) est intervenu pour critiquer, au-delà de la réforme, la République en marche en invitant à voter contre elle aux européennes. Léanïck Adam lui a répliqué vertement : "Les congés bonifiés ne sont pas une question de bulletin de vote, mais comment fait-on pour ces congés qui marchent mal, avec beaucoup d'hétérogénéité, d'incertitude et d'inexactitude ?"

Les parlementaires préconisent d'abord de favoriser la concertation avec les fonctionnaires et les syndicats, la création d'un marché interministériel pour l'achat en gros des billets d'avion et un achat en amont puisque les dates de congés bonifiés sont  connues six mis à l'avance. Ils recommandent encore l'examen avec bienveillance des centres d'intérêts matériels et moraux qui doivent être "harmonisés, stabilisés et objectivés". Cet examen devrait avoir lieu tous les trois ans plutôt que tous les trois ans comme c'est le cas actuellement.. Enfin, ils demandent à ce que le principe des congés bonifiés soient étendus aux collectivités du Pacifique.

Reste plus qu'à attendre juin pour voir comment le Conseil d'Etat va valider l'affaire...

FXG, à Paris

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18 mai 2019 6 18 /05 /mai /2019 10:46
Josette Manin, Hélène Vainqueur-Christophe, Boris Vallaud et Serge Létchimy

Josette Manin, Hélène Vainqueur-Christophe, Boris Vallaud et Serge Létchimy

Les députés PS demandent une commission d'enquête parlementaire sur le chlordécone

La proposition de résolution présentée mardi à l'Assemblée nationale par quatre élus du groupe socialiste, Josette Manin, Hélène Vainqueur-Christophe, Serge Létchimy et Boris Vallaud, tendant à la création d'une commission d'enquête parlementaire, a été formellement déposée et actée par la conférence des présidents. Son objet, l’impact économique, sanitaire et environnemental de l’utilisation du Chlordécone et du Paraquat comme insecticides agricoles dans les territoires de Guadeloupe et de Martinique. Serge Létchimy a d'abord rappelé "l'allure extrême" du drame sanitaire du chlordécone : 12 000 hectares de terres polluées en Martinique sur un total de 25 000 hectares agricoles... Un risque de récidive du cancer de la prostate multiplié par 3... 95 % de la population de la Martinique et de la Guadeloupe contaminés, soit 750 000 personnes et non pas seulement les 24 000 ouvriers agricoles de ces deux îles...

Il y a déjà eu deux propositions de résolution pour une mission d'information en 2003 (par Philippe Edmond-Mariette et Victorin Lurel) et en 2007. Là, Joël Beaugendre, alors député, avait obtenu une mission d'information. Dans son rapport, il concluait en regrettant l'absence de pouvoir de sa mission et par la nécessité d'instaurer une commission d'enquête parlementaire... Il y a encore eu deux propositions de loi (par Hélène Vainqueur et Victorin Lurel) au début de l'année, toujours pour réparer les dégâts sanitaires, sociaux, environnements et économiques liés à l'usage du chlordécone grâce à dés dérogations alors que l'on savait le produit toxique depuis 1976... Toutes ces démarches ont été rejetées par le groupe majoritaire.

Répondre à la psychose et laisser parler les scientifiques

"Quelle déception, rappelle Josette Manin, quand le groupe LREM a rejeté notre proposition de loi alors que le président de la République qui a publiquement reconnu au Morne Rouge en octobre dernier que le chlordécone était un "scandale d'Etat" et qu'il convenait d'y apporter "des réparations"." Reste que le président a écarté le grand public de ses desseins : il n'a annoncé, lors du grand débat national avec les maires d'Outre-mer, que la prise en charge au titre de maladie professionnelle.

La commission d'enquête doit permettre aussi, selon Serge Létchimy, que "les personnes qui ont instauré ce type d'usage soient confrontés à la réalité". Dans la ligne de lirre ceux qui ont obtenu les autorisations et les dérogations... "Il faut répondre à la psychose collective et laisser la parole aux scientifiques, assène la députée Vainqueur. Les Guadeloupéens et les Martiniquais veulent la vérité, pas forcément une indemnisation, mais une réparation."

Cette commission doit permettre encore d'évaluer la réponse qui a été donnée avec les trois plans chlordécone "sous-financés", selon le député Létchimy, et donner les pistes pour une dépollution durable des eaux et des sols. Comme cela est fait dans l'Hexagone quand il y a une marée noire ou une invasion d'algues vertes...

FXG, à Paris

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13 mai 2019 1 13 /05 /mai /2019 05:50
10 mai 2019 au Luxembourg

Un momunent, une fondation, un musée

Au jardin du Luxembourg, le 10 mai dernier, Macron a réitéré ses annonces pour la mémoire de l'esclavage.

Le président a promis l'installation prochaine de la fondation pour la mémoire de l'esclavage à l'Hôtel de la Marine, l'ouverture d'un monument aux victimes de l'esclavages aux Tuileries en 2021 et des moyens au MACTe.

Pour sa première participation en tant que chef de l'Etat à la cérémonie nationale de commémoration de l'esclavage, de la traite et de leurs abolitions, au Jardin du Luxembourg, hier, Emmanuel Macron a confirmé ce qu'il avait déjà dit le 27 avril 2018 au Panthéon, à savoir la création d'un monument, d'un musée, d'une fondation et des programmes scolaires renouvelés. Ainsi, "un lieu solennel de rassemblement", "un mémorial des victimes de l'esclavage" sera créé au jardin des Tuileries en 2021. C'est le fameux "Mur des noms" proposé par le CM 98 et la fondation Esclavage et Réconciliation présidée par Serge Romana. Le président de la République a encore affirmé que la fondation pour la mémoire de l'esclavage serait installée "dans les tous prochains mois", à l'hôtel de la Marine.

Enfin, les mécènes et fondateurs comme le budget de la Fondation pour les trois ans à venir sont désormais connus : CDC Habitat, Quartus Solidaire, Groupe Bernard Hayot, Fondation trace TV, Corine et Pierre Sainte-Luce, Groupe Action Logement, SNCF et IEDOM ainsi que des collectivités (Basse-Terre, Bordeaux, Brest, Fort-de-France,  Houille, La Rochelle, Lorient, Montceau-les-Mines, Nantes, Paris, Pointe-à-Pitre, Saint-Denis de la Réunion, Saint-Pierre de la Martinique, le Havre, les départements de la Réunion et de la Guadeloupe, les régions Guadeloupe et Ile de France et les collectivités territoriales de Guyane et de Mayotte). Ensemble, ils ont rassemblé 1,6 millions d'euros de capital et 2 millions de budget annuel (dont 50 % abondé par l'Etat).

Taubira, présidente du comité de soutien

Si son président sera l'actuel président de la mission de préfiguration de ladite fondation, l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, elle aura un comité de soutien présidé par Christiane Taubira qui saura mettre à son service, selon le président de la République, "sa verve, sa force, son aura". Aux côtés de l'ancienne garde des Sceaux, des personnalités comme Patrick Chamoiseau, Maryse Condé Myriam Cottias, Doudou Diène, Daniel Maximin, Simone et Jacques Schwarz-Bart ou François Vergès...

 "Cette fondation, a ajouté Emmanuel Macron, renforcera la cohésion nationale en transmettant l'histoire mondiale de la France". Enfin Emmanuel Macron a réaffirmé encore le renforcement du Mémorial ACTe en Guadeloupe. Après avoir rendu hommage à son créateur, Victorin Lurel qu'il a fait applaudir, le président de la République a confirmé l'engagement financier de l'Etat aux côtés des collectivités locales pour ce musée de l'esclavage au statut désormais d'établissement public de coopération culturelle.

Le président de la République a conclu son allocution en évoquant l'esclavage, "terrible réalité contemporaine" et ses 20 000 victimes actuelles. "Nous avons un devoir d'action", a-t-il déclaré en évoquant Daesh et Boko Haram avant de rendre hommage à l'invitée de marque de ce 10 mai, Nadia Murad, prix Nobel de la paix, militante des droits de l'Homme, irakienne d’origine kurde et issue de la communauté yézidie.

FXG, à Paris

Une cérémonie initiée par Chirac en 2006

La cérémonie du 10 mai au Luxembourg n'est pas une cérémonie populaire, mais une cérémonie sur invitation. C'est le Comité national pour ma mémoire et l'histoire de l'esclavage (CNMHE) qui les adresse et c'est l'Elysée qui les valide. Initiée par Jacques Chirac en 2006, en application de la loi Taubira reconnaissant l'esclavage comme un crime contre l'humanité, la journée du 10 mai n'a jamais zappé par un président de la République sauf l'an dernier où, Emmanuel Macron, retenu en Allemagne, avait délégué son Premier ministre. Le président s'était exprimé quelques jours avant le 27 avril, date anniversaire de la signature du décret d'abolition. Cette fois, autour du chef de l'Etat, au moins cinq ministres du gouvernement Philippe, trois anciens ministres des Outre-mer (Perben, Lurel et Pau-Langevin), mais pas l'actuelle locataire de la rue Oudinot "retenue en circo".

Côté parlementaires, pas de Guyanais, un Réunionnais (David Lorion), quatre Guadeloupéens (dont Victoire Jasmin, Hélène Vainqueur-Christophe et Olivier Serva), un Martiniquais (Serge Létchimy) et deux Mahorais (Tany Soilihi, Ramlaty Ali)... Dans le public, des personnalités comme Christiane Taubira, Jacques Martial, Claudy Siar, Bernard Hayot (en photo avec Nathalie Fanfant, conseillère LR de Paris)...

Les flammes de l'égalité

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale a remis le prix de la flamme l'égalité aux élèves de 4e du collège Eugène Yssap de Sainte-Anne (Guadeloupe) et Sibeth Ndiaye, porte-parole du Gouvernement, a remis le même à deux collégiens, l'un de la Rochelle, l'autre du Raizet (Guadeloupe).

Ironie du sort, le président a récompensé des lycéens d'Amiens, son fief.

Le 23 mai prochain, lors de la journée nationale d'hommage aux esclaves, ce sera le prix de thèse du CNMHE qui sera remis.

 

Abolition du mépris vis-à-vis des Outre-mer

Sitôt la cérémonie achevée, une poignée de militants se sont retrouvés devant le Panthéon pour une contre-journée nationale, autour de Daniel Dalin (Collectifdom), du comédien Greg Germain ou du producteur Frédéric Tyrode Saint-Louis. Sur leur pancarte : "Abolition du mépris vis-à-vis des Outre-mer". Tout de go les protestataires enchaînent les raisons de leur colère : Congés bonifiés, sargasse, chlordécone, vie chère, France Ô, agence des cultures d'Outre-mer, Cité des Outre-mer...

Ils ont dit :

Jean-Marc Ayraud, président de la fondation pour la mémoire de l'esclavage : "C'est une histoire à la fois ancienne et proche qui nous renvoie à ce que nous sommes, la France, notre diversité et qui nous renvoie aussi à des questions contemporaines comme l'esclavage aujourd'hui dans le monde. Il y a encore des combats à mener ; il y a une histoire à raconter, à faire connaître, à partager et je crois que c'est un élément très fort de la cohésion nationale pour tous les Français de bien maîtriser cette histoire et de faire vivre les valeurs républicaines. Pour ça nous avons besoin, au-delà de la loi Taubira, de cette nouvelle institution, la fondation pour la mémoire de l'esclavage."

Christiane Taubira, présidente du comité de soutien de la Fondation : "Il y a de très belles personnalités dans le comité de soutien, c'est plus important que moi parce que moi, vous savez, j'ai des roulettes sous les pieds, donc j'aime courir le monde... J'ai accepté cette responsabilité essentiellement pour accompagner les belles personnalités qui ont consenti à y participer."

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11 mai 2019 6 11 /05 /mai /2019 06:11
Pavillon des îles de la Guadeloupe à la Biennale de Venise

Trois artistes guadeloupéens à la Biennale de Venise

Joël Nankin, François Piquet et Jean-Marc Hunt sont les trois hôtes du pavillon des îles de Guadeloupe au Palazzo Mora à Venise pendant la célèbre biennale qui s'ouvre ce 11 mai. Ils sont exposés aux côtés de Soraya Abu Naba’a (République Dominicaine), Esteve Casanoves (Espagne) et Mazeredo (Brésil) au sein de l’exposition “Personal Structures - Identities”, tous sélectionnés par la commissaire d'exposition Marci Gaymu.

C'est la première fois que la Guadeloupe s'investit à la biennale de Venise. L'agence Christel'Ann Art  va exposer trois de ses artistes émergents. "Notre série d'expositions, Eclats d'île, raconte Olivier Tharsis, le commissaire du pavillon de la Guadeloupe, a servi de vitrine." C'est en voyant les trois expositions organisées à Paris depuis un an par la Région Guadeloupe et Krystel'Ann Art que l'European cultural center est venu les trouver pour leur demander d'organiser "un des événements collatéraux "à la biennale. Krystel Ann'Art a investi 80 000 euros dans l'opération. La Région, le département et la DAC ont suivi. En tout, 129 000 euros ! Les oeuvres seront exposés d'une part au Palazzo Mora et d'autre part dans les "Giardino della Marinaressa".

François Piquet expose trois oeuvres : une sculpture accompagnée de deux vidéos ("L'équation décoloniale" et "Pré-requis à la discussion décoloniale"), et une sculpture nommée "Atlas".

Jean-Marc Hunt expose quinze oeuvres, ce sont ses "Récits cosmogoniques", des peintures, mais également des ti ban traditionnels et une sculpture. Son thème : "le cycle de l'aberration : l'étranger". Joël Nankin expose huit de ses oeuvres. Il nomme l'ensemble "Existence".

"C'est un pied de nez à l'histoire coloniale qui ne nous considérait pas comme un peuple, des hommes, commente Jean-Marc Hunt, la veille du départ, Aujourd'hui, on vient avec une science, une philosophie, un regard porté sur le monde... So excited !" Excité aussi François Piquet, très heureux de participer à "cette grande fête de l'art contemporain et au marché de l'art" : "C'est une opportunité exceptionnelle de montrer le point de vue de la Guadeloupe et des sociétés créolisées en avance sur les sociétés européennes."

Tout est allé très vite et ils n'ont eu que trois jours pour faire des propositions au commissaire de l'European cultural center. Il fallait que ce soit des oeuvres inédites. A Venise, tous les gros investisseurs du marché de l'art sont là. C'est là que des artistes émergents peuvent commencer à assoir une côte... "C'est une rampe de lancement', observe Jean-Marc Hunt. "J'attends des contacts, enchaîne François Piquet, des réseaux, pouvoir montrer mon travail et faire des ventes !"

Pour le vernissage, les 9 et 10 mai, la vice-présidente du Département,Odile Broussillon, le vice-président de Région, Georges Brédent et Valérie Labayle de la DAC auront rejoint Joël Nankin déjà sur place. Plus tard, au cours des sept mois à venir, Kareen Guiock, marraine du pavillon des îles de la Guadeloupe et les chanteurs Dali et Missié Sadik pourraient aussi venir animer le pavillon.

L'exposition à Venise restera ouverte jusqu'au 24 novembre. Et pour ceux qui sont empêchés, Jean-Marc Hunt expose en ce moment à la galerie 123 Calvaire au 123 rue des filles du Calvaire, à Paris.

FXG, à Paris

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11 mai 2019 6 11 /05 /mai /2019 05:10
Kassav à la Défense

Kassav fête ses 40 ans samedi à Paris La Défense U Arena

Dix ans après le Stade de France, Kassav vient offrir le concert de ses 40 ans dans la plus grande salle d'Europe, la Défense Arena, à Nanterre, avec un grand méchant zouk en première partie, "fiers de nos racines".

"1979-2019... Même nous, on n'y croyait pas. On trouvait que c'était un projet mégalo, mais on ne pensait pas arriver jusque là." Jacob Desvarieux reste zen à quelques heures du grand concert des 40 ans. "Il y a des artistes qui ont l'âge de nos enfants et qui sont inspirés par ce qu'on fait... Qu'est-ce qu'on peut demander de plus..." Les cinq de Kassav et leurs musiciens sont en répétitions depuis le début du mois d'avril pour ce show qui viendra ensuite aux Antilles en juin.

Trois noms parmi ceux qui joueront en première partie, pour le Grand Méchant Zouk, on été officiellement dévoilés : Princess Lover, Mickaël Guirand et Yoan. Jocelyne Béroard a ensuite cité Machel Montano, qui fait de la soca de Trinidad, Toofan (les Togolais qui ont fait une reprise de Oulé avec Jacob)... "Nous avons préparé un nouveau spectacle pour les quarante ans, confie Jean-Claude Naimro, le chanteur et pianiste, donc il a fallu tout revoir, tout recommencer à zéro avec la feuille blanche en incluant les morceaux dans d'autres arrangements..."

Jean-Claude Naimro lâchera quand même une information : "Il y a des titres qu'on enlève, qu'on remet... Beaucoup m'ont demandé aux Antilles si j'allais chanter "Bel pawol pou fanm" qu'on appelle communément "Deux pétales", parce que c'est plus rapide... Ce titre que j'avais composé avec Gilles Floro, sera dans le répertoire alors qu'on ne le jouait plus depuis longtemps."

Hormis les quelques titres glanés sur une feuille de répétition (voir photo), ce sera une surprise. Ce do,t nous sommes sûrs, c'est qu'après l'ouverture des portes à 17 h 30, le Grand Méchant Zouk sera sur scène de 18h30 à 19 h 30 et enfin Kassav, prévu de 20 à 23 heures.

En 40 ans, Kassav a joué dans 72 capitales et réalisé 16 albums sans compter les albums solo, live... Alors, cette nouvelle salle qui ne fait que de 40 000 places, l'ont-ils choisi parce qu'elle est l'oeuvre de l'architecte Michel de Potzemparc ? "Non, répond Jacob Desvarieux, La Défense U Arena se trouve boulevard Aimé-Césaire à Nanterre !" "Fiers de nos racines", c'est le sous-titre que Kassav a donné à cet anniversaire.

FXG, à Paris

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10 mai 2019 5 10 /05 /mai /2019 13:27
Le Conseil d'Etat valide le non recrutement d'un professeur à l'université de la Réunion

La candidature de Jimmy Selambarom au poste de professeur des universités rejetée au conseil d'Etat

Jimmy Selambarom, maître de conférence, enseignant et chercheur en chimie, était en 2016, peu avant son élection à la vice-présidence de l'université de la Réunion, le seul candidat inscrit sur la liste de classement proposée par l'université de la Réunion en vue de l'ouverture d'un poste de professeur des universités. Malgré cet avantage, le chercheur reçoit un avis défavorable à sa nomination par le Conseil national des universités. Un avis défavorable du CNU fait obstacle à la nomination d'un candidat, y compris s'il est seul à figurer sur la liste présentée par l'établissement... Jimmy Selambarom (qui a démissionné le 1er mars dernier de sa vice-présidence pour toute autre raison) a aussitôt demandé l'annulation de cette délibération du CNU pour excès de pouvoir tout comme il a attaqué le rejet de ses recours par la ministre de l'Enseignement supérieur... Trois ans plus tard, c'est le Conseil d'Etat qui a tranché le litige lundi 6 mai : "Il n'appartient pas au juge de l'excès de pouvoir de contrôler l'appréciation portée par le Conseil national des universités sur les mérites d'un candidat. Dès lors, M. Selambarom ne peut soutenir que l'avis défavorable émis sur sa candidature est entaché d'une erreur d'appréciation." Requête et candidature définitivement rejetées.

FXG, à Paris

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10 mai 2019 5 10 /05 /mai /2019 13:23
La Guyane in extremis à la Foire de Paris

La Guyane à Paris

La 115e foire de Paris à la porte de Versailles... La Guyane a bien failli ne pas y être ! Et ça les associations  guyanaises de la région parisienne ne le voulaient pas. Déjà que ce sont elles qui font le job et assurent une présence de la Guyane au salon de l'agriculture quand la chambre fait défaut... Alors, la CTG s'est activée, il y trois mois, pour assurer une participation de la Guyane à la hauteur de la Foire de Paris.

"Cette foire, explique Rolande Chalcot-Lefay, vice-présidente de la CTG en charge de la culture, fait vivre notre communauté. Avant, on avait un box chez les Antillais..." 300 M2 ont donc été investis dans le grand hall des "Terres de tropiques". Une trentaine d'exposants (Délices de Guyane, la Cuisine de Lucette, Toucan, Fé To Diez, FXBE Frenche Guiana, l'association Li bi na bwa de Kourou, l'association amérindienne Palikour...) sont présents, sur 17 stands dont un grand, central et institutionnel, pour accueillir le Comité du tourisme de Guyane, la Collectivité territoriale, le Parc... Lundi 6, avant dernier jour de la Foire, était la journée de la Guyane. Le gratin était invité : la vice-présidente Sirder, Raymond Séraphin, le préfet, le député... Prof A et Dasinga, Saïna Manotte, les Bladaz et enfin Dokonon avec son charismatique animateur chanteur Hendy Chocho se sont succédés sur la grande scène bordée par les restaurants des associations Montabo Soleil et Sinnamary. "Ca fait vingt ans que nous sommes à la Foire de Paris, raconte Krist-Laure Philipps, on assure la présence de la Guyane même quand elle n'est pas là, au salon de l'agriculture..." Cette année, la CTG les a aidés. "Heureusement que ces associations sont là, poursuit l'élue de la CTG, on a cette passerelle à reconstruire ! L'an prochain, la CTG sera plus en force ! En tout cas, on a déjà validé que nous serons là."

FXG, à Paris

L'Association Sinnamary se fait braquer sa recette

Samedi matin, sur le coup de 9 heures, alors que Suzelle Philipps et ses enfants Krist-Laure, Roy et Ken se rendaient à la Foire de Paris pour assurer la bonne marche du restaurant associatif "le Sinnamary", trois personnes encagoulées sont entrées dans leur domicile au Blanc-Mesnil. Elles ont trouvé la soeur de Suzelle (en photo avec Ken ci-contre) venue de Guyane, suivre un traitement médical lourd à Paris. Ils l'ont enfermée dans une chambre puis se sont emparés de sept jours de recette en liquide, plusieurs milliers d'euros. "On a été chanceux, témoigne Krist-Laure, parce qu'on a encaissé beaucoup de cartes bleues... On pense que ce sont des gens qui nous connaissent parce qu'ils sont montés direct à l'étage et ils n'ont pas maltraité ma tante..." Une plainte a été déposée et la tante séquestrée a pu faire un petit tour à la Foire pour apaiser ses émotions et poursuivre sereinement son traitement.

 

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10 mai 2019 5 10 /05 /mai /2019 06:19
Discriminations raciales aux logements

SOS Racisme dénonce les discriminations raciales au logement

Une enquête de SOS Racisme révèle que les Africains subsahariens et les Ultramarins ont 40 % de chance en moins d'avoir un retour positif après une candidature pour un logement locatif privé en France.

"Le taux de discrimination est alarmant." Dominique Sopo, président de SOS racisme, a révélé mardi 7 mai les résultats de l'enquête de son association sur les discriminations raciales au logement. Entre mai 2017 et aujourd'hui, 775 annonces ont été testées au regard de cinq origines différentes (asiatique, "française métropolitaine ancienne", maghrébine, subsaharienne et ultramarine). Sur les 4000 mails envoyés, le profil français ancien a obtenu 16 % de retours positifs. Le profil asiatique 12,5 %, le profil maghrébin 10 % et les profils subsahariens et ultramarins 9,5 % de retours positifs. "Cela signifie, explique le président de SOS Racisme, qu'un jeune d'origine ultramarine ou subsaharienne a 40 % de chance en moins d'avoir un logement qu'un jeune actif d'origine française ancienne." Ce taux est de 37 % pour les Maghrébins et de 20 % pour les Asiatiques. Chez les étudiants, ce taux baisse généralement de 10 %.

Sur les plateformes pap.fr et leboncoin.fr, SOS Racisme a procédé à 250 tests depuis le mois d'octobre dernier en Ile de France. 1250 mails pour 250 annonces. 48 % de retours positifs pour un Français d'origine ancienne, 46 % pour un Asiatique, 31 % pour un Ultramarin, 15 % pour un Maghrébin et 12 % pour un Africain subsaharien. Cette fois l'Ultramarin à 26 % de chance en moins d'avoir un retour positif, le Maghrébin 50 % et l'Africain subsaharien 55 % !

SOS Racisme a encore pratiqué le testing inversé en se faisant passer pour des propriétaires racistes auprès de 90 agents immobiliers oeuvrant pour l'un des neuf grands réseaux immobiliers français (Era France, Guy Hoquet, Nestenn, Laforêt, Arthur'Immo, L'Adresse, ORPI, Foncia, Century 21). 51 % des agents interrogés acceptent les pratiques discriminatoires. 25 % sont même prêts à procéder eux-mêmes à la sélection.  Seul Century 21  n'a accepté aucune discrimination...

Exigence de sanctions

Ce testing révèle, selon ses initiateurs, le manque d'une volonté constante des pouvoirs publics : "Si ce phénomène est enkystée dans cette région très métissée qu'est l'Ile de France, explique M. Sopo, c'est que les pouvoirs publics ont été défaillants face à une société confrontée à des logiques de repli et de réactions." Il propose donc d'imposer des formations aux personnes qui travaillent dans l'immobilier sur le droit à la non-discrimination, mettre de l'information à la disposition des annonceurs sur les sites de particulier à particulier, à la disposition du grand public... SOS Racisme propose encore la candidature anonyme. Prévention certes et encore ! Mais rappelle Dominique Sopo, "le racisme est un délit pénal", donc il veut aussi des sanctions. "Nous proposons que le conseil national de la gestion immobilière soit doté de pouvoirs de sanction disciplinaire, ce qui était prévu dans la loi ALLUR de 2014 et qui a été supprimé par la loi ELAN de 2018 au nom de la simplification... Et simplifier la vie des personnes qui veulent louer des biens, non ?" La loi prévoit des sanctions, mais elles ne sont pas réellement utilisées d'où l'idée de sensibiliser les magistrats à la question de ces discriminations pour qu'ils sachent s'en saisir et les punir... La Cour de cassation a reconnu le testing comme une méthode de preuve valable depuis vingt ans.

FXG, à Paris

Les Ultramarins concernés

"Les Ultramarins sont eux aussi touchés fortement, a déclaré le président de SOS Racisme, ils sont soumis aux discriminations raciales. Quand quelqu'un se présente de Guadeloupe, Martinique ou de la Réunion, dans l'esprit commun, il y a quelque chose, une ambiguïté qui la signale comme une personne étrangère. Elle est prise dans un système de préjugés qui peuvent exister sur les personnes de couleur noire."

Trois questions à Jean-Marc Mormeck

"Il s’agit très clairement d’un délit pénal"

Comment réagissez-vous aux résultats de cette enquête ?

Ces résultats sont dramatiques. On sait naturellement que la discrimination raciste pour l’accès au logement existe malheureusement mais ses proportions sont dramatiques.

Alors, que faire ?

Il y a un énorme travail de formation à faire mais également plus généralement dans l’éducation de chaque citoyen car le racisme ne touche pas que l’accès au logement. Il faut aussi rappeler à toutes ces victimes qu’il s’agit très clairement d’un délit pénal lourdement sanctionné et qu’il ne faut surtout pas hésiter à porter plainte ou plus simplement à signaler ces situations sur le site du Défenseur des droits par une plainte en ligne. Je pense clairement qu’il faut faire des exemples pour que les choses bougent enfin.

Qu'avez-vous à dire spécifiquement pour ce qui concerne les Ultramarins ?

En ce qui concerne les ultramarins, il existe en plus une autre discrimination malheureusement trop fréquente : le refus d’une caution locative au motif de la domiciliation bancaire en outre-mer. Là encore, il s’agit très clairement d’une illégalité qu’il convient de signaler systématiquement pour la faire sanctionner.

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9 mai 2019 4 09 /05 /mai /2019 08:13
Condé à Genève

Maryse Condé et Suzanne Dracius au salon du livre de Genève

Maryse Condé était invitée de la scène du pavillon du livre d'Afrique au salon du livre de Genève qui s'est achevé le week-end dernier. Elle y a croisé la Martiniquaise Suzanne Dracius. Chaleureuses retrouvailles pour ces deux écrivaines qui se sont souvent croisées dans les African et French Studies de nombreuses universités américaines lors de conférences et cours autour de leurs œuvres respectives.

Par ailleurs, Suzanne Dracius recevra le Prix Virgile du Cénacle européen francophone Léopold Sédar Senghor le 8 juin prochain.

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5 mai 2019 7 05 /05 /mai /2019 13:12
Nicole Belloubet aux Antilles

La Garde des Sceaux, Nicole Belloubet, était aux Antilles la semaine dernière. Interview.

"Baie-Mahault et Basse-Terre vont connaître d’importants travaux"

Vous avez fâché les syndicats en disant, en résumé, que la sécurité dans les prisons n'était pas assurée de la même façon en outre mer que partout ailleurs. Est-ce toujours votre position ?

Mon intention n’est évidemment pas de fâcher le personnel pénitentiaire ou ses représentants. Les éléments que vous relevez sont sortis de leur contexte. Ils faisaient partie d’une réponse à une question posée par des membres de la commission des lois de l’Assemblée nationale à l’occasion de mon audition faisant suite à l’évasion de Rédoine Faid du centre pénitentiaire Sud-Francilien. J’avais alors rappelé que le nombre d’évasions effectivement constatées depuis la détention est relativement faible (15 en 2017) et qu’une part proportionnellement plus importante si on la ramène au nombre de personnes hébergées (6 sur les 15 précitées) a lieu depuis des établissements ultramarins. Ce sont des éléments factuels qui ne remettent pas en cause la qualité individuelle du personnel pénitentiaire servant en outre-mer mais révèlent des conditions de sécurité qui, pour un ensemble de raisons, sont sans doute moins importantes outre-mer.

J’ai engagé, en matière de sécurité, un effort important, outre-mer comme dans l’hexagone. Le plan pénitentiaire et la loi de programmation et de réforme pour la justice viennent sécuriser les moyens de cet effort. Les résultats se verront dans le temps, en outre-mer comme en métropole.

Dans la norme (accès aux soins, unités hospitalières psychiatriques et psychologiques dédiées comme c'est le cas dans l'Hexagone, unités dédiées à la sécurité (ERIS), les établissements pénitentiaires ne sont pas traités de la même manière qu'en métropole. Pourquoi ?

Certaines différences existent et elles ne sont pas toujours dans le sens communément imaginé. Ainsi, les taux de couverture en personnel par rapport aux organigrammes de référence sont généralement meilleurs outre-mer qu’en métropole.

S’agissant de l’accès aux soins, la problématique tient davantage à la couverture sanitaire mobilisable sur le territoire qu’aux structures en tant que telles. Ainsi, certaines zones de métropole ne disposent pas d’une couverture médicale satisfaisante par manque de ressources médicales mobilisables. C’est très vrai dans le domaine psychiatrique qui constitue un champ sur lequel nous devons progresser, dans les outre-mers comme sur l’ensemble du territoire national. J’y travaille avec ma collègue Agnès Buzyn.

Pour ce qui est de la sécurité, j’ai engagé, comme je vous le disais précédemment, un effort assez inédit en la matière. Le budget de sécurisation des établissements pénitentiaires a augmenté de 10 M€ dès le budget pour 2018 et encore de 16% dans le cadre de la loi de finance initiale pour 2019. Nous déployons des systèmes plus efficaces de brouillage des téléphones portables ; des dotations individuelles d’équipement de sécurité sont en cours ; des dispositions législatives et réglementaires ont été prises pour faciliter les fouilles ou l’intervention des équipes de sécurité.

En Martinique, la création du centre de semi-liberté annoncée par Taubira est-il toujours à l'abandon ?

J’ai lancé, vous le savez, un vaste programme immobilier qui nous permettra, à l’horizon 2027, de disposer de 15 000 places de prison supplémentaires. Au-delà de l’aspect capacitaire, c’est une diversification du parc immobilier qui est recherchée afin de faciliter l’exécution de parcours de peines. Dans ce cadre, nous construisons d’ici 2022 un peu plus de 2000 places de  structures d’accompagnement vers la sortie « SAS »  . Plus qu’un centre de semi-liberté –CSL-, c’est donc la possibilité d’une SAS sur le territoire de la Martinique que je souhaite voir prospérer. A cet égard, nous expertisons la possibilité de reconvertir, à proximité immédiate du centre pénitentiaire de Ducos, le quartier dit « QCDR », pourvu d’une enceinte et d’un fonctionnement propre, hébergeant des courtes peines, des placements extérieurs et des semi-libres. Les bâtiments d’hébergement et les espaces de vie préexistants pourraient être adaptés avec l'ajout de certaines fonctions à envisager de manière phasée. Les premières études sont en cours.

Où en sont les projets immobiliers de la justice sur nos territoires ?

Les Antilles ne sont pas oubliées, loin s’en faut, en matière d’immobilier de la justice. Des tribunaux viennent d’être réhabilités, d’autres le seront encore.

En matière pénitentiaire, Baie-Mahault et Basse-Terre, pour la Guadeloupe, vont connaître d’importants travaux et des accroissements de capacité conséquent. Nous allons créer 371 places supplémentaires. Le besoin est moins important en Martinique. Ce qui ne signifie pas que des travaux d’amélioration ne doivent pas avoir lieu à Ducos. Cet établissement a connu un accroissement de capacité très important de 490 à 738 places. Cette opération a coûté près de 40 M€. il reste à améliorer les structures sanitaires (SMPR et UCSA). Là encore, le travail est en cours pour identifier la meilleure solution.

La justice est-elle assez pourvue en moyens humains et matériels ? La justice outre-mer souffre-t-elle d'un manque d'attractivité ?

L’effort n’est jamais assez important… ce qui est néanmoins certain c’est que le gouvernement a fait de la justice une de ses priorités. Dans un contexte global de maîtrise de la dépense publique, la loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice vient de sécuriser les moyens dont dispose la mission justice jusqu’à la fin du quinquennat. C’est une augmentation des crédits budgétaires de plus de 24% qui est de la sorte sanctuarisée ainsi que la création de 6000 emplois supplémentaires.

Au-delà de la question des moyens, j’ai engagé un ensemble de réformes qui doivent permettre à la justice de mieux fonctionner au bénéfice des justiciables : adaptation de l’organisation territoriale des juridictions, avec un maintien de tous les lieux de justice et des possibilités, pour le terrain, de mieux répartir les contentieux ; programme immobilier pénitentiaire ; plan de transformation numérique du ministère qui nous permettra, à l’horizon 2022, d’avoir une procédure pénale antérieurement numérisée et dès cette année de suivre en ligne sa procédure civile, développement du numérique en détention pour offrir de meilleurs services aux familles de détenus, aux avocats, aux intervenants en détention, aux personnes incarcérées elles-mêmes et pour faciliter le travail du personnel pénitentiaire, etc…

Pourquoi la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et la justice des mineurs manquent de moyens alors qu'existe une délinquance ordinaire très violente ?

Un certain nombre de difficultés proviennent de la procédure qui est actuellement applicable aux mineurs. Chacun s’accorde à dire que le texte actuel de l’ordonnance du 2 février 1945, relative à l’enfance délinquante, a perdu toute cohérence et toute lisibilité. Cela nuit à l’efficacité des prises en charges des adolescents délinquants, cela nuit également à la lisibilité de la justice des mineurs. J’ai été habilitée à réformer ce texte par ordonnance, je conduis actuellement des consultations pour parvenir au meilleur équilibre possible. J’ai déjà indiqué que je souhaitais réaffirmer les principes à valeur constitutionnelle de la justice des mineurs : la primauté de l’éducatif, la spécialisation des juridictions, l’atténuation de la responsabilité pénale. Je souhaite aussi un texte pragmatique, qui puisse répondre aux différents types de délinquance et s’adapter également à des conditions de vie, et à des familles, qui peuvent être très différentes d’un adolescent à l’autre. Je n’élude pas la question des moyens car je souhaite que cette réforme réussisse. L’augmentation du budget que j’ai évoqué plus haut bénéficiera également à la protection judiciaire de la jeunesse. Les affectations nouvelles de magistrats et de greffiers bénéficieront également aux tribunaux pour enfants.

Les Antilles sont une des 8 JIRS de France, de quels moyens significatifs disposent-elle dans la lutte contre les stupéfiants face aux organisations criminelles ?

Le positionnement géographique des départements et territoires couverts par la JIRS de Fort de France les expose particulièrement à l’influence d’organisations criminelles étrangères. Ainsi, la délinquance liée au trafic de stupéfiants repose en grande partie sur des groupes ou organisations dont les membres sont brésiliens, surinamais, vénézuélien, saint vincentais, dominiquais ou colombiens. La JIRS de Fort de France est ainsi en première ligne en ce qui concerne le trafic de cocaïne puisque son ressort jouxte certains pays producteurs ou points de passage pour l’exportation.

C’est dans ce contexte que la JIRS de Fort de France, composée de 4 magistrats du parquet et de 2 juges d’instructions habilités, a manifesté sa volonté d’investir davantage la lutte contre les trafics de stupéfiants en provenance d’Amérique du Sud, contentieux qui représente déjà 63% de son activité globale. De ce fait, les saisines de la JIRS sont en augmentation croissante. En effet, la JIRS s’est saisie de 20 procédures en 2018 contre 11 procédures en 2017, soit une augmentation de 55%. Cette tendance se confirme en 2019 car la JIRS s’est d’ores et déjà saisie de 7 procédures sur les 4 premiers mois de l’année.

L’antenne de l’OCRTIS basée à Fort de France est saisie par la JIRS de la majorité des procédures, les autres étant confiées aux douanes primo-intervenantes ou, dans une moindre mesure, à la gendarmerie.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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