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13 juin 2019 4 13 /06 /juin /2019 08:56

Les 38 millions d'aide à la filière canne ont disparu du prochain budget

Où sont passés les 38 millions pour surmonter la fin des quotas sucriers ? C'est la question au gouvernement que devrait poser ce mardi la députée réunionnaise Huguette Bello au nom de ses collègues de l'Assemblée. Il y a deux ans, le gouvernement ayant acté la fin des quotas sucriers, a prévu de compenser les productions de sucre de la Réunion et de la Guadeloupe avec une enveloppe de 38 millions par an (28 pour les deux sucreries de Réunion et leur 100 000 tonnes de sucre, 10 pour la Guadeloupe). En contrepartie, les sucreries s'engagent à toujours acheté la totalité de la production des planteurs tout en garantissant le maintien du prix de la tonne tel qu'il était avant la fin des quotas. Or, voilà que les députés ont découvert que cette aide compensatoire ne figurait pas dans le document préparatoire du projet de loi de finances 2020. "Il y a eu un accord du président Macron, explique le député LR David Lorion, il a été respecté pour les campagnes 2018 et 2019 et on apprend que ça ne figure plus sur les documents budgétaires..." Le président du syndicat du sucre de la Réunion, Philippe Labro, et son homologue de l'Assocane Guadeloupe, Sylvain Icart, ont écrit au président de la République le 27 mai dernier pour le mettre en garde : "Une telle décision serait non seulement contraire aux principes défendus dans la notification de l'aide à Bruxelles, mais aussi aux engagements pris par l'Etat." Ils lui rappellent ses propos tenus en mars 2017 à la Réunion : "Cette filière sera, avec moi, soutenue et encouragée." Ils le préviennent ensuite des conséquences de cette décision : la renégociation de la convention canne et des accords interprofessionnels avec les représentants des planteurs d'une part, le risque pour les 7000 planteurs et les 30 000 emplois directs et indirects de la filière canne-sucre. "Sans ces 38 millions d'euros, c'est la faillite de la filière", insiste le député Lorion. Sans cette somme, on vendra du sucre à perte, donc ça ne ne durera pas plus qu'une campagne..."

Pour le moment, il ne s'agit que de documents budgétaires de cadrage, mais les députés redoutent de voir disparaître ce qui jusqu'alors était une aide structurelle, à moins qu'elle ne soit désormais financée par le budget du ministère des Outre-mer...

Annick Girardin a convenu, mardi à l'Assemblée que le "sujet était en débat entre les différents ministères". La ministre des Outre-mer a indiqué que la filière canne disposait d'une enveloppe POSEI de 69 millions d'euros (Europe) et une de 90 millions versée par l'Etat lors de chaque campagne. A ces aides, s'ajoute l'aide compensatoire de 114 millions depuis mai 2017 et la fin des quotas sucriers. Mais là où les parlementaires et les professionnels voyaient un aide structurelle, la ministre a expliqué que cette aide avait été prévue pour une durée de trois ans. C'est dans ces conditions que les ministères de l'Agriculture, du Budget et le sien s'interrogent sur le maintien ou pas de cette aide. Elle a promis une réponse rapide.

FXG, à Paris

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13 juin 2019 4 13 /06 /juin /2019 08:41
Le directeur de la banque des territoires, Olivier Sichel (au premier plan) doit venir au mois de juillet à la Réunion

Le directeur de la banque des territoires, Olivier Sichel (au premier plan) doit venir au mois de juillet à la Réunion

La Banque des territoires à la Réunion et à la Martinique

Pour accompagner les collectivités territoriales et contribuer à réduire les inégalités territoriales, la Caisse des Dépôts (CDC) a regroupé l'an dernier sous la marque Banque des Territoires, l’ensemble des expertises de ses directions en charge de projets dans les territoires. Jeudi, la salle du 104 à Paris accueillait le deuxième "Printemps des territoires" pour promouvoir ses actions en région car la Banque des territoires propose des solutions de conseil et de financement en prêts et en investissement pour répondre aux besoins des collectivités locales, des organismes de logement social, des entreprises publiques locales et des professions juridiques. La Banque des territoires est active outre-mer en Nouvelle-Calédonie, à la Martinique et à la Réunion.

Philippe Grid-Ledonné représentait hier la direction régionale de la Banque des territoires à la Réunion. "Chez nous, la Banque des territoires a contribué par l’apport d’un prêt de 6,1 M€ pour la construction de la résidence Astrolabe (79 LLTS), pour un coût global de 10,5 M€." Située à Saint-Benoit, la résidence est réalisée pour le compte de la SIDR, principal bailleur de l’île, dont l’actionnaire de référence est CDC-Habitat. Cette opération est la première du partenariat SIDR/Les Villages d'Or. La livraison de la résidence est prévue pour octobre 2020.

Auparavant, le directeur de la banque des territoires, Olivier Sichel doit venir au mois de juillet à la Réunion pour officiellement installer la Banque des territoires à la Réunion  dans la mesure où la Caisse des dépôts est déjà implantée à la Réunion depuis les années 1980...

4 millions à l'aéroport Aimé-Césaire

A la Martinique, la Banque a investi 4 M€ sur un montant global de 54 M€ pour participer à la modernisation de l'aéroport international Aimé-Césaire. L’opération de 16 000 m2 située sur la plaque aéroportuaire du Lamentin mêle un hôtel de 120 chambres, des commerces et des bureaux. Ce projet revendique une exemplarité dans son approche environnementale : aucun rayonnement solaire direct (double peau et double toit), ventilation naturelle du mail central, production d’électricité à base de panneaux photovoltaïque en surimposition et d’eau chaude solaire pour l’hôtel. Bien qu’implantés dans une zone géographique exposées aux risques sismiques et aux risques cycloniques, les bâtiments seront « HQE ready ». La livraison de l’opération est prévue pour août 2021.

Avec cette seconde édition du Printemps des Territoires, événement désormais annuel, la Banque des territoires souhaite accélérer et élargir la mobilisation en faveur du développement des territoires à tous ceux qui peuvent y contribuer efficacement. "C’est le sens de ce rendez-vous, a déclaré Olivier Sichel, croiser à grande échelle tous ceux qui agissent concrètement sur le terrain et qui ne se côtoient pas toujours, pour penser les solutions concrètes qui permettent d'offrir à tous les habitants des territoires un cadre de vie durable."

FXG, à Paris

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12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 05:22
L'AFD sur les trois océans

L'AFD a investi 1,7 milliards dans les trois océans l'an dernier

Rémi Rioux, directeur général de l'Agence française de développement (AFD) a présenté jeudi au ministère des Outre-mer son bilan 2018. Avec 1,7 milliards d'euros investis dans les trois océans, dont 1,4 milliards pour les seuls Outre-mer, l'AFD a réduit légèrement la voilure puisqu'entre 2013 et 2017, elle dépassait chaque année les 1,5 milliards d'euros investis en outre-mer. "L’année 2018, explique le directeur général, a été celle de la réorganisation de l’activité de l’AFD autour de trois bassins stratégiques pour favoriser une plus forte insertion économique des Outre-mer dans leur environnement régional, protéger leur exceptionnelle biodiversité et lutter contre les vulnérabilités, notamment celles liées au dérèglement climatique." Trois nouveaux pôles d’intervention ont été constitués et rassemblent désormais les territoires ultramarins et les États étrangers des océans Atlantique, Indien et Pacifique.

A La Réunion, une croissance économique a entraîné un regain d’investissements que l’AFD a accompagnée dans des projets à fort impact économique liés à l'attractivité touristique, l'accessibilité aérienne, la connectivité numérique ou encore la sécurisation de l’alimentation électrique. A Mayotte qui a connu une dynamique de reprise au deuxième semestre 2018, les engagements de l’AFD ont significativement augmenté au cours des trois dernières années, passant de 38 millions d'euros en 2015 à 60 millions d'euros en 2018.

La zone Atlantique a bénéficié de 194 millions (66 pour la Martinique, 110 pour la Guadeloupe et Saint-Martin et 18 pour la Guyane), la zone Pacifique de 340 millions et la zone de l'océan Indien de 263 millions. En tout ce sont 255 projets dont 212 en Outre-mer qui ont été financés l'an dernier.

51 % d'aide au public

Dans les Antilles, l’AFD demeure un acteur primordial pour l’investissement local et s’est particulièrement illustrée dans le déploiement de son offre d’appui-conseil auprès des collectivités. Ainsi 51 % des fonds de l'AFD, soit 696 millions d'euros ont profité au secteur public répartis en prêts bonifiés (322 millions d'euros) ou non (366 millions d'euros) ou subventions (8 millions). L’Agence a augmenté significativement ses missions d’appui conseil et technique et a accru son offre avec la réalisation de 172 analyses financières, 103 restitutions d’analyses auprès des collectivités et établissements publics, 37 projets de financement appuyés par des experts AFD et 19 accords de partenariats conclus en 2018.

L’activité en faveur du secteur privé reste stable. Avec un total de 660 millions d'euros, le financement du secteur privé représente 49 % de l’activité globale – contre 45 % l’an passé. Ce résultat reflète une augmentation du refinancement du secteur bancaire à hauteur de 50 millions d'euros sur l’activité propre de l’AFD. Ces fonds ont été versés sous forme de prêts (133 millions), de garanties (34 millions) ou de prestations pour le compte de BPIFrance (493 millions).

Le financement des projets d’énergies renouvelables connait une forte progression. Sur la période 2012-2018, 23 projets ont été financés pour un total de 231 millions d'euros. 42 % de ces engagements ont permis de financer des infrastructures de production d’énergie solaire, 25 % de l’éolien, 23 % de la biomasse, 7 % à la production de biocarburant, et 1 % de l’hydroélectricité.

Par ailleurs, une nouvelle ligne de crédit de 13 millions d'euros a été octroyée à l’ADIE en 2018, permettant à plus de 2000 micro-entrepreneurs d’être accompagnés en 2019 et 2020.

La ministre des Outre-mer a fait savoir qu'elle comptait sur l'AFD pour être "l'un des piliers de la trajectoire 5.0" qu'elle défend désormais : "70 % de la programmation 2019 de l'AFD participe à cet te trajectoire avec un objectif de 100 % en 2020."

FXG, à Paris

Prochaine conférence CEROM en décembre

L’AFD animera le 11 décembre prochain, aux côtés de l'INSEE, de l’IRD et des Instituts d’émission (IEDOM, IEOM), la sixième édition des conférences CEROM. La conférence portera sur la recherche et l’innovation au service du développement durable ultramarin. Elle rassemblera les acteurs du monde de la recherche, du secteur privé et de la société civile afin de proposer des politiques publiques et des dispositifs incitatifs en faveur de l’innovation.

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11 juin 2019 2 11 /06 /juin /2019 09:29
Exécution budgétaire

Exécution des crédits outre-mer : la réponse du ministère à Lurel

Annick Girardin a présenté à l’Assemblée nationale les résultats de l’exécution 2018 des crédits de la mission outre-mer, ceux-là même qui ont déjà fait réagir l'ancien ministre PS Victorin Lurel qui dénonçait récemment "l'avarice du gouvernement" en regrettant que "près de 10% des sommes octroyées aux Outre-mer n’ont pas été dépensées !"

Lors des débats avec les parlementaires, la ministre des Outre-mer a souligné "un effort supplémentaire de l’État qui a engagé 197 millions d’euros de mieux par rapport à 2017 et a payé sur factures 87 millions d’euros en plus".

Ainsi les dépenses fiscales ont cru de 2 % entre 2017 et 2018 et les dépenses budgétaires de 5 %. Annick Girardin assure qu'avec 2,113 milliards d’euros exécutés en 2018, "les crédits de la mission outre-mer sont en augmentation constante" et affirme : "Jamais le budget du MOM n’a été aussi élevé, jamais un gouvernement n’a mis autant de crédits à disposition des territoires."

Pour autant, elle répond à Victorin Lurel sur ces 10 % de crédits non consommés, à savoir 177 millions d'euros. La somme a été validée par la Cour des comptes. "Sur ces 177 millions d’euros, indique le MOM, 107 sont reportés sur le budget du ministère des Outre-mer pour l’année 2019 et 70 millions d’euros ont été reversés au budget général de l’État." Annick Girardin promet toutefois que "ces crédits seront versés dès lors que les justificatifs de paiement seront transmis par les porteurs de projet (collectivités et opérateurs)." Car s'appuyant sur un rapport de la Cour des comptes, la ministre observe sur les territoires « un déficit généralisé de factures à acquitter » malgré « une mobilisation collective de la chaine de dépenses ».

Un rééquilibrage des recettes des collectivités prévu au budget 2020

Cette difficulté des collectivités — Olivier Serva, le président de la délégation Outre-mer de l'Assemblée nationale réclame une aide de l'Etat pour l'ingénierie des projets — s'ajoute à celle d'apporter les cofinancements prévus pour réaliser les projets. Cela oblige l'Etat qui assure revoir en profondeur son organisation : "La réforme des services de l’Etat en Guyane a justement pour but de répondre aux besoins spécifiques du territoire. Les recrutements ont été lancés afin de constituer des plateformes d’appui aux collectivités à Mayotte et en Guyane, les fiches de poste sont visibles sur les sites : https://place-emploi-public.gouv.fr/ "

Face à l'explosion des délais de paiement des collectivités, l’Etat a lancé une mission avec l’appui de la Cour des comptes. Par ailleurs, comme l’a annoncé le président de la République, le projet de loi de finances (PLF) pour 2020 comprendra un dispositif de rééquilibrage des recettes des collectivités par l’alignement des dotations de péréquation sur 5 ans.

FXG, à Paris

Une part du produit de la vente des SIDOM au crédit du MOM

Les six sociétés immobilières d'Outre-mer et leur 70 000 logements avaient été évaluées à 190 millions d'euros avant la cession par l'Etat de ses parts à CDC-Habitat. L'exécution 2018 des crédits de la mission outre-mer ont fait apparaître une nouvelle ligne de crédit d'un montant de 19,3 millions d'euros correspondant à la part du ministère des Outre-mer dans ce deal.

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9 juin 2019 7 09 /06 /juin /2019 12:41
Chantal Loïal, chorégraphe de la compagnie Difé Kako

Chantal Loïal, chorégraphe de la compagnie Difé Kako

Festival Le mois kréyol
Chantal Loïal, et toute l'équipe de la Compagnie Difé Kako et du Festival Le Mois Kréyol lancent un course contre la montre pendant un mois et demi pour parvenir à boucler la troisième édition du Festival Le Mois Kréyol , du 9 octobre au 9 novembre prochains, dans de nombreux lieux, à Paris, en île de France, à Strasbourg, Paimpol, en Martinique et même au Canada.
Au programme : musique, théâtre, danse, conte, arts plastiques, ateliers de cuisine et de pratiques amateurs...
Une cagnotte a été ouverte sur Kiss Kiss Bank Bank

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7 juin 2019 5 07 /06 /juin /2019 16:09
Xavier Harry au Carnegie Hall

Xavier Harry au Carnegie hall et au cinéma

Xavier Harry, le chanteur et pianiste de jazz, fils du clarinettiste et saxophoniste de l’orchestre de Georges Théolade, est sélectionné pour les finales du concours de piano internationale organisé par Piano House Inc. à New York. Ces finales auront lieu les 15 et 16 septembre prochain au fameux Carnegie hall. Il concourt dans la "Senior Category" et présentera ses compositions "Essence of", à savoir six compositions dont chacune marque une étape de son parcours : "Essence of Soul", "Essence of Pain", "Essence of Tears", Essence of Spirit", "Essence of Illusions" et, pour finir, "Essence of Hope".

Xavier Harry, par ailleurs compositeur de musiques films, a composé celle du court métrage "Pragmatique" du réalisateur Tony Bertrand. Un film qui a reçu plusieurs prix dont la mention honorable au London Worldwide Comedy Short Film Festival Spring 2019 et les "Best Comedy", "Best Screenplay", "Best Lead Actor" au South Film and Arts Academy Festival 2019 au Chili.

FXG, à Paris

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5 juin 2019 3 05 /06 /juin /2019 05:34
Une commission d'enquête parlementaire sur le chlordécone

Feu vert à une commission d'enquête parlementaire sur le chlordécone

La commission des affaires sociales a constaté mercredi 29 mai  à l'Assemblée nationale que les conditions de recevabilité de la proposition de résolution du parti socialiste, tendant à la création d’une commission d’enquête sur les impacts du chlordécone et du paraquat. Serge Létchimy, rapporteur de cette proposition a rappelé quelques points d'histoire sur l'importation de cette molécule qui a servi à lutter contre le charançon du bananier jusqu'en 1993, malgré son interdiction aux Etats-Unis dès 1976 et quelques chiffres comme 92 % de Martiniquais et 95 % de Guadeloupéens contaminés ou encore un taux d'incidence du cancer de la prostate, établi en 2012 à 500 cas par territoire et par an pour 100 000 habitants contre 98 dans l'Hexagone... Tous les groupes représentés à l'Assemblée nationale ont soutenu la proposition de constitution de cette commission d'enquête parlementaire, à l'exception du groupe LREM. Car si la commission d'enquête veut s'intéresser à l'impact économique, sanitaire et environnemental de l’utilisation du chlordécone et du paraquat, elle veut en connaître aussi sur les responsabilités publiques et privées pour ce qui concerne la prolongation de leur autorisation, de même qu'elle voudrait évaluer la nécessité et les modalités d’une indemnisation des préjudices des victimes et de ces territoires.

Maintenant que la commission des affaires sociales a admis la recevabilité de cette proposition de résolution, elle sera portée à la conférence des présidents qui devra alors donner corps à cette commission d'enquête.

FXG, à Paris

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3 juin 2019 1 03 /06 /juin /2019 05:50
Roland Brival

Après après Cœur d’Ébène et Bô de Roland Brival, Caraïbéditions republie dans une nouvelle collection, Roman & Roman-poche, Biguine Blues. Paru chez Phébus il y a vingt ans, ce roman avait fait l'objet d'un appel à sa republication dans l'émission littéraire La Grande Librairie il y a deux ans...

"L'identité antillais n'est plus encerclée dans l'insularité"

Pourquoi republier ces romans aujourd'hui ?

J'ai écrit ces livres pour mon peuple, comme un cadeau, mais je pense avoir été un peu trop visionnaire à l'époque... J'ai écrits ces romans dans les années 1980, au moment où les Antillais s'apprêtaient à sauter le pas... C'est comme dans la musique, j'explorais déjà toutes ces choses qui se retrouveront dix ou quinze ans plus tard remises au goût du jour alors que nous avions déjà compris qu'il y avait là des racines. Revenir sur ces romans et les remettre là, c'est savoir qu'ils vont arriver à l'heure cette fois et que les gens seront prêts à faire cette lecture.

Qu'est-ce qui vous permet d'en être sûr ?

Il s'est passé une chose lors d'une séance de signatures dans une librairie de Fort-de-France. Un homme très digne, habillé en kaki avec un chapeau bakoua, chaussé de plastiques a attendu la fin de toute la file, puis il est venu vers moi et il m'a expliqué qu'il était marin pêcheur au François et qu'il aimait beaucoup ma musique et comme il avait entendu dire que j'avais écrit un roman, il était venu pour en acheter un et il souhaitait une dédicace. A ce moment là, en face de cet homme, j'ai eu l'impression d'être un imposteur parce que je savais qu'il ne pourrait pas lire le livre... Il a vu le doute dans mes yeux et il me dit que ce n'est pas pour lui, mais pour sa petite fille qui prépare son BEP... J'ai passé des jours à me demander à quoi pouvait bien servir un écrivain dans ce contexte dans lequel je me retrouvai, qui n'était pas un système normal. Le système néocolonial n'est pas un système normal. Tant que j'étais à Paris, je pouvais remplir des pages sans me poser de question, mais quand on rentre dans un pays où aucune littérature n'existe et où il faut tout faire, qu'on se retrouve face à ce peuple fragilisé, blessé, qui est le vôtre et dans lequel vous vous identifiez aussi, j'ai eu envie de me sentir utile plutôt que de rester dans la sphère de mon imagination survoltée et libre... Pour être utile, il faut déjà commencer par se connaître. Nous ne connaissions rien de nos origines, de l'histoire des Caraïbes... Je me suis alors proposé d'écrire une série de romans historiques qui partirait de la rencontre des Caraïbes avec Christophe Colomb — "Le sang du roucou" ­— jusqu'à nos jours en passant par l'esclavage et l'abolition —"La montagne d'ébène" —, le chevalier de Saint-George, et qui raconterait l'histoire de ce peuple... La littérature pose des bases, elle permet d'offrir un filtre plus lumineux et plus simple que des traités d'histoire. Voilà comment par nécessité ou accident, je le suis retrouvé à inventer un genre qui n'existait pas encore dans la littérature antillaise, c'est-à-dire le roman historique. Un peuple sans fiction est un comme un homme sans rêve, il devient fou parce qu'il ne retrouve pas sa propre image projetée dans le monde extérieur.

Ainsi est né Martinique des cendres" ?

Oui, j'ai écrit ce premier roman, "Martinique des cendres" et je suis allé voir Glissant qui le lit et l'apprécie. Il me conseille de continuer et ça m'encourage à proposer le texte à un éditeur parisien, Olivier Orban qui le publie. J'étais encore habité par nos grands auteurs, Césaire et Glissant, les seuls modèles dont on disposait, et c'était un roman ultra-littéraire, qui avait quelque part ce défaut que je reprochais aux textes de Césaire et Glissant, d'être difficile d'accès aux gens populaires. Il fallait trouver une façon plus directe de toucher ce lectorat naissant des Antilles.

Comment était alors le lectorat antillais ?

La colonisation a dévasté nos consciences et on s'est retrouvés dans une espèce de laminoir qui fait que la population qui a surgi de la fin de cette période s'est retrouvée en état de vide, de choc, de traumatisme sans que personne en dehors de Fanon, ne s'en rende compte. Et ces gens, dans l'état où ils étaient, n'étaient pas en situation d'urgence d'avoir besoin de livres. Alors qu'en Haïti, juste à côté, les marchandes de légumes vendent aussi des livres. Ils sont suspendus à des ficelles, publiés par de petits éditeurs locaux qui trouvent le moyen de publier un livre de poèmes ! Eux avaient une urgence parce que eux étaient engagés dans la construction dynamique d'une identité qui leur était venue de leur révolte, leur combat, leur victoire. Alors que chez nous, malgré les combats et les victoires, à la fin, on ne s'est pas retrouvés propriétaires de nos îles, mais locataires en sursis avec un bail précaire. Il a fallu le temps que murisse un esprit comme Césaire du fond de cette rocaille pour pouvoir tirer un trait de javelot étincelant ! Et c'est la force de ce silence qui fait la beauté et la force de Césaire. Personne n'a osé ouvrir la bouche avant lui et que tout à coup s'engouffre dans cette bouche les milliers de voix dont il se réclame le porteur...

Il y a bien eu René Maran avant...

Maran est le terrain fondateur de notre littérature. Son roman, Batouala a été une magnifique victoire, portée en France par tout ce mouvement surréaliste, ces gens qui étaient là pour aider, qui comprenaient et qui avaient des passerelles ! René Maran était un magnifique guerrier. Simplement il n'a pas eu l'occasion de poursuivre avec la même intensité cette quête, mais c'était un pavé jeté dans la marre pour dire qu'une première victoire avait déjà été acquise et qu'il fallait continuer.

Et la créolité ?

L'idée de la créolité, ils l'ont trouvé dans "Martinique des cendres". Il y a toute une série de choses inscrites dans le contexte littéraire de ce roman qui préfigure l'émergence d'une littérature métissée. Sauf que moi, je n'avais pas l'intention d'en faire une démarche exclusive et de pousser si loin le bouchon au point qu'à mes yeux, c'est devenu aujourd'hui de la caricature. Mais lorsqu'ils ont fondé ce mouvement de la créolité, Confiant et Chamoiseau m'ont écrit pour m'inviter à participer. Lettre à laquelle j'ai répondu que j'estimais que le littérature n'avait pas besoin de ce genre de démarche et que je pensais qu'il fallait laisser libre les gens et les portes ouvertes pour qu'on ait accès à une diversité d'oeuvres qui nous nous enrichissent plutôt que d'aller dans une système faussement militant. Du jour au lendemain, je suis devenu l'ennemi, le pestiféré, celui dont il ne fallait pas parler ! Au point qu'ils ont écrit une histoire des auteurs de la Caraïbe dont je suis totalement absent. Aujourd'hui, tout ça s'est apaisé... En fait, je suis un des fondateurs de la littérature antillaise. Après Glissant, qui a pris un stylo ?

Vous êtes durs avec vos contemporains...

L'identité antillais n'est plus encerclée dans l'insularité. Le choix qu'ils ont fait condamne leur art à n'être qu'un épisode anecdotique parce que tout ce que produit la collectivité antillaise sur le plan culturel, l'essentiel de ce qu'elle produit au local n'est pas montrable sur le plan international parce qu'il n'y a pas d'exigence, parce qu'il y a la peur de se confronter à la réalité des autres grands artistes. Tout tourne en rond dans la calebasse de l'île sans jamais avoir la moindre chance d'en sortir. Et pour que fonctionne ce système d'aller retour qui caractérise une société normale, il faudrait qu'ils acceptent au moins de regarder ce que nous, les Antillais de lot bo, nous sommes en train de faire là-bas pour pouvoir défendre leur image, notre image car je suis porteur de l'image des Antilles, l'image d'une société qui ne me regarde pas alors que j'ai porté pendant des années tout un travail culturel au prix de sueur et de larmes. Si le pays avait besoin de moi, je saurais quoi faire pour préparer le terrain antillais à prendre son envol sur le plan international. Je sais que je saurai le faire.

En avez-vous envie ?

Il y a un moment où il va falloir rentrer chez soi, aller se reposer quelque part et participer sereinement aux choses... Ce retour là, il faut qu'il s'accomplisse dans une espèce de logique, de continuité. Je n'ai pas l'intention de revenir aux Antilles pour m'y installer comme un étranger ; je reviens cher moi en étant fier de mes origines, fier aussi de toutes les traces que j'ai pu laisser là.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Un retour littéraire au pays natal

Né à Fort-de-France d'un père inconnu et d'une mère d'abord photographe et tireuse chez Albert Adréa, avant de devenir artisan de reliure. " Je voyais des feuilles de livres qui séchaient sur des fils, le métier, l'odeur de la colle et le respect que portait ma mère à ces ouvrages, tout ça a été le premier moule dans lequel je me suis retrouvé pour entamer une trajectoire d'écrivain." Sa mère part à Paris, seule d'abord (il le raconte dans son dernier roman, "Les fleurs rouges du flamboyant"). Il la rejoint au début de l'adolescence et y passe son bac. Il revient une première fois en Martinique, avant de partir vivre deux ans aux Etats-Unis. "Je travaillais à l'ONU à New York, puis je suis revenu en Martinique faire ma première année de droit à Vizioz." Il fera le reste de ses études à Paris où il s'ouvre au monde du théâtre. "J'ai organisé le Xena Théâtre, un atelier, un laboratoire d'expérimentation gestuelle et vocale..." Cela l'amène aux métiers d'acteur et de metteur en scène. Ses modèles sont le Living theater ou Grotoski... "On jouait plus dans les galeries et les musées que dans les théâtres à l'italienne !" Les études de droit achevées, il rentre en Martinique où il va rester sept ans. Il monte une première pièce au théâtre municipal de Fort-de-France, "la bête à corne", 25 musiciens, 15 comédiens et quatre heures... "Une recherche esthétique inaboutie pour créer un théâtre à notre image et j'ai compris que ce que je pourrais produire ne pourrait pas être contenu dans cette île." Il crée les Bwa Bwa, compagnie de marionnettes pour travailler avec les enfants et arriver à un théâtre métis. Les marionnettes l'amènent à la peinture et le ramènent à Paris où il se lance dans l'écriture. "Il fallait y être pour combattre, ne pas se contenter de s'enfermer dans sa coquille antillaise, j'ai aussi été le précurseur dans ce domaine ; j'ai écrit bien avant Condé et Pineau et il a bien fallu passer sur les sillons que j'avais tracés comme je suis passé sur les sillons des autres." Très apprécié par les médias et les intellectuels de l'Hexagone, il s'éloigne alors de son île car il souhaite être considéré par les acteurs de la chaine du livre de métropole, comme un auteur francophone et non pas un afro-caribéen et il y a réussi... C'est le revers de la  médaille qui explique aussi pourquoi Roland Brival opère au soir de sa vie ce retour littéraire au pays.

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2 juin 2019 7 02 /06 /juin /2019 08:35
Entretien avec le référent Outre-mer du RN

Entretien. André Rougé ,21e élu sur la liste RN et référent outre-mer du RN, analyse le résultat des élections européennes en Outre-mer.

"Il y aura des candidats RN aux élections municipales et régionales"

Votre liste sort en tête partout à l'exception de la Martinique et de la Polynésie. Comment expliquez-vous la résistance de ces deux territoires à vos idées ?

Cela s'explique, en Polynésie par une très forte implication du président Fritsch dans la campagne et, en Martinique, par le fait que nous n'ayons pas de fédération, et donc aucun représentant du RN pour y faire campagne.  D'ailleurs, c'est une lacune que nous allons combler très rapidement. Malgré ça , nous sommes deuxième à seulement deux points derrière la liste "Loiseau - Macron".

A quoi, selon vous, est dû votre succès dans les autres territoires ?

Je l'explique de deux façons, sur la forme et sur le fond. Sur la forme, je suis bien placé pour savoir que depuis le retrait de la vie politique de Jacques Chirac, l'Outre-mer est totalement laissé à l'abandon. Plus aucune personnalité politique d'envergure nationale ne s'y intéresse. Comme Jacques Chirac, Marine Le Pen a une passion pour l'Outre-mer et c'est, pour elle aussi, une passion personnelle. Bien avant l'élection présidentielle, elle m'a demandé de regarder de façon très  active et très constructive une stratégie de fond pour l'Outre-mer. Après une consultation informelle d'élus et d'acteurs de la vie économique, j'ai travaillé avec une équipe de spécialistes de grande expérience à la rédaction des programmes présidentiel et européen qui, de l'avis général, sont très complets. De ce fait et sur la forme, nous avons été les seuls à avoir, dès la campagne présidentielle de 2017 un programme susceptible d'être appliqué du jour au lendemain, au travers d'une " Loi - programme " sur vingt ans présentant de nombreux dispositifs de création d'emplois et d'équité sociale. Là où tous les gouvernement successifs des présidents Sarkozy jusqu'à Macron en passant par Hollande sont restés dans des états généraux, des assises, la rédaction d'un livre bleu... dont on attend les résultats concrets... Par ailleurs les nominations de ministres, aussi talentueux et aussi compétents soient-ils, se sont faites au sein du gouvernement, en bas de l'échelle protocolaire. Les locataires de la "Rue Oudinot" n'ont plus aucune capacité d'action ou de décision. Repensez aux marges de manœuvre dont disposaient des ministres comme Louis Le Pensec, Bernard Pons ou Dominique Perben . Ils pesaient dans le gouvernement et traitaient, directement avec le premier ministre quand ce n'était le président lui -même du temps de Jacques Chirac. Le premier à avoir déchu l'Outre-mer est Nicolas Sarkozy. Il a fait de l'Outre-mer un secrétariat d'Etat, puis un ministère délégué du ministère de l'Intérieur... celui de la police... Dans notre programme présidentiel, Marine Le Pen a prévu d'en faire un grand ministère d'Etat ayant , également, compétence sur la mer. Il aurait barre sur les autres ministères et notamment Bercy, éternelle entrave à l'action de l'Outre-mer. Marine Le Pen entend, ainsi, rendre à l'Outre-mer la place qui doit être la sienne.

Du point de vue des électeurs, qu'est-ce qui les a attirés dans ce vote RN ?

Chacun s'accordera à reconnaître le mépris  dont le président Macron a fait preuve vis-à-vis de l'ensemble des Français en général, mais des ultramarins en particulier avec, notamment, l'emploi d'expressions inutilement blessantes. La désinvolture dont il a fait preuve sur des dossiers aussi importants que le chlordécone, les algues Sargasses et, plus grave, le coût de la vie et la santé. Il y a eu un vote de réaction à l'égard de sa personnalité et de son comportement . Il y a, par ailleurs, un certain nombre de sujets prégnants comme l'immigration en Guyane, à Mayotte et maintenant à la Réunion avec l'arrivée de plus en plus régulière de migrants Sri Lankais, l'insécurité qui va avec, et puis une situation sociale absolument intenable. Tout le monde sait maintenant que le coût moyen du panier de la ménagère ultramarine est 66 % plus cher que celui de la ménagère de métropole qui n'y arrive, déjà, plus. ! C'est une injustice sociale inacceptable qu'il convient de combler. Nous proposons une réforme en profondeur de l'octroi de mer car il est incompréhensible et injuste que les ultramarins payent un double impôt ! On nous objecte que l'octroi de mer est destiné au financement des collectivités locales, mais il n'y a aucune raison pour que les collectivités d'Outre-mer ne soient pas soumises au droit commun et ne bénéficient pas de l'intégralité de la dotation globale de fonctionnement. Dans ce même esprit, nous proposons une TVA à taux zéro pour les produits de première nécessité .

C'est donc un vote sanction de la politique du président Macron...

Nos compatriotes d'Outre-mer ont envoyé un signal fort à ce gouvernement, y compris à Mme Girardin à Saint-Pierre-et-Miquelon. J'en profite pour dire que si elle connaissait le sens des mots dignité et honneur, elle en tirerait les conclusions qui s'imposent. Nos compatriotes d'Outre-mer en ont marre du blabla, des circonlocutions, des grands débats, des assises, des états généraux ! Ils veulent des actes ! Ils en ont marre d'être obligés de descendre dans la rue pour être entendus. Les derniers gouvernements successifs n'ont pris leurs décisions que dans l'urgence et sous la contrainte. Ca a été le cas avec les 500 frères en Guyane, la grève générale à Mayotte l'an dernier, les gilets jaunes à la Réunion en décembre... Il a fallu tout ça pour que le gouvernement prenne des décisions... Décisions qui n'en sont, d'ailleurs,pas si l'on considère que l'accouchement des accords de Guyane est plus que poussif, que la situation est toujours aussi tendue à Mayotte où elle est même en train d'empirer... Rien n'a été fait non plus à la Réunion où Mme Girardin est venue deux fois faire des annonces qui n'en étaient pas !

Est-ce pour autant un vote d'adhésion à vos idées ?

Compte tenu des résultats déjà enregistrés lors du premier tour de l'élection présidentielle où Marine Le Pen, en cumul de voix, est arrivée en tête des Outre-mer, on peut désormais parler d'un vote d'adhésion. C'est d'ailleurs encourageant pour la suite des événements et nous avons bien l'intention de transformer l'essai à l'occasion des élections locales à venir. Il y aura des candidats aux élections municipales, départementales, régionales. Nous allons consolider nos positions, nous ouvrir vis-à-vis des maires sortants qui voudront bien parler avec nous, comme Maxette Pirbakas et moi le ferons avec tous les parlementaires européens ou nationaux qui souhaitent, par un travail commun, œuvrer pour l'intérêt général des Outre - mer. Nous entendons bien fortifier notre implantation dans les départements, régions et collectivités d'outre-mer.

Plusieurs analystes considèrent que les Outre-mer ne sont plus des digues contre le RN, ce qui tendrait à démontrer que Marine Le Pen est parvenue à dédiaboliser l'extrême droite, que le RN n'est pas raciste. Qu'en pensez-vous ?

Les électeurs ultramarins ont répondu à ce mauvais et faux procès qui est fait au RN, dont je veux rappeler qu'il est un rassemblement patriotique et non un parti d'extrême droite. Marine Le Pen n'a rien à voir, de près ou de loin, avec cette notion de racisme  qui lui répugne, et je vous rappelle que la marraine de sa fille est antillaise. Quant à moi qui aie fait mes armes avec les barons du gaullisme qu'étaient Alain Peyrefitte et Michel Debré, jamais je ne serais venu au RN s'il y avait eu le moindre doute ou soupçon sur le sujet. C'est aussi le cas pour Mme Pirbakas qui a été, à juste titre, valorisée et élue ; elle était en 12e position. Il faut en terminer avec ces faux arguments qui n'ont pas lieu d'être.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Avec Marine Le Pen au Tampon, à la Réunion

L'éminence grise de l'Outre-mer pour le RN

Sans être formellement membre du RN, André Rougé est l'nspirateur, l'initiateur et le co-rédacteur des programmes présidentiel et européens du RN. Il a pour expérience d'avoir été d'abord militant du parti des Forces Nouvelles (PFN) pendant ses études de droit. Puis, il rencontre Alain Peyrefitte qui le présente à Michel Debré dont il sera le dernier assistant parlementaire et qui lui fait découvrir la Réunion.

Il devient le coordinateur de la campagne présidentielle de Jacques Chirac pour l'Outre-mer en 1995. Cet ancien cadre chez Bouygues intégrera un temps plusieurs cabinets ministériel dont ceux de Dominique Perben (Outre-mer), Jean-Louis Debré (Intérieur) et Jean-Jacques de Peretti (Outre-mer). L'ancien premier secrétaire fédéral du RPR de la Martinique, Alex Ursulet, ne garde pas un bon souvenir de lui : "Un homme qui avait déjà des penchants d'extrême droite."

En 2002, Alain Juppé nomme André Rougé secrétaire national aux Fédérations d'Outre-mer à l'UMP... Après les attentats de 2015, il crée les Horaces, un collectif de hauts fonctionnaires, anciens membres de cabinets ministériels, chefs d'entreprise qui se met au service de Marine Le Pen.

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1 juin 2019 6 01 /06 /juin /2019 08:33

225 000 euros d'amende pour BioMérieux et Guyane Service Médical

L'Autorité de la concurrence (AdC) a sanctionné mercredi 28 mai les sociétés BioMérieux et Guyane Service Médical.

Les deux entreprises sont coupables d'avoir maintenu un accord exclusif d'importation en outre-mer signé en 1995 après l'adoption de la loi Lurel en mars 2013.

Par un accord d'exclusivité, BioMérieux  a confié à Guyane Service Médical la distribution de ses produits de biologie médicale sur plusieurs territoires, dont celui de la Guyane, faisant de lui le seul distributeur des produits du laboratoire BioMérieux en Guyane depuis de nombreuses années.

Le contrat liant BioMérieux et GSM n'a été modifié que le 26 août 2016, soit plus de trois ans après la promulgation de la loi Lurel, de sorte qu'il a été impossible de faire jouer la concurrence en Guyane sur des produits  incontournables de biologie médicale qui jouent un rôle déterminant dans la prise de décision médicale et la prise en charge des patients.

A la décharge de ces entreprises, l'AdC constate que l'exclusivité de fait constatée après 2016 ne résulte pas d'une pratique concertée, mais de la spécificité des produits concernés. Ce sont les contraintes propres à la distribution de ces produits qui expliquent le recours privilégié au circuit long de distribution (compte tenu des conditions de transport et de stockage strictes des produits), et le fonctionnement particulier du marché en cause (spécialisation des distributeurs par marques et types de produits).

L'AdC a toutefois prononcé une sanction de 150 000 euros à l'encontre de GSM, principale bénéficiaire de la pratique, et de 75 000 euros à l'encontre de BioMérieux.

FXG, à Paris                                      

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