Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

  • : le blog fxgpariscaraibe
  • : Caraibes, Antilles, Réunion, Outre-mer, Paris... Le blog des infos du 6e DOM, des gens originaires d'outre-mer à Paris politique economie culture justice société
  • Contact

Recherche

16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 06:08

La campagne côté outre-mer à Sciences Po

Joann--Boucaud-et-Leslie-Josephine.jpgLeslie Joséphine-Tally, Johan Boucaut, des étudiants de Sciences Po à Paris, originaires d’outre-mer, ont créé une association, Science O et c’est cette association qui a organisé le colloque tenu mardi soir à l’école de sciences politiques de la rue Saint-Guillaume : Quelles perspectives pour les Outre-mer en 2012 ? Pour y répondre, quatre personnalités issues de 4 partis différents, Dominique Perben, ancien ministre et secrétaire national à l’UMP pour l’Outre-mer, Victorin Lurel, chef du pôle outre-mer de François Hollande, Jean-Jacob Bicep, délégué national pour l’Outre-mer et les Régions à EELV et, enfin, Max Orville, président du Modem Martinique. Tour à tour, les quatre représentants politiques ont donné les grandes lignes de leur projet politique pour les outre-mer. Dominique Perben a plaidé pour renforcer la confiance entre la Nation, et ses territoires d’outre-mer grâce à une formule institutionnelle à la carte, une politique économique basée sur la solidarité nationale (transfert de moyens) et la défiscalisation. Victorin Lurel, contre une société d’inégalité, a plaidé lui aussi pour une restauration de la confiance avec l’Hexagone, la lutte contre les monopoles et les abus de position dominante. Bicep-Orville-Lurel-Perben.jpgMax Orville s’en est aussi pris aux inégalités car « elles créent mal-être et souffrance ». Jean-Jacob Bicep a dénoncé les « stigmates de la République coloniale et a défendu un changement de paradigme avec l’avènement d’un fédéralisme des Régions au sein de l’Europe. D’un point de vue économique, cela permet de faire jouer la péréquation. Il rejette le modèle agro-exportateur comme c’est le cas des marchés de la canne et de la banane, « grand consommateurs de subventions et de problèmes sanitaires graves »… Si UMP et PS semblaient d’accord sur la nécessité de conserver la défiscalisation, EELV entend l’utiliser comme un outil de pilotage économique qu’il faut réorienter sur les questions énergétiques. Max Orville a rappelé la finalité de cette défiscalisation : compenser les écarts de rentabilité car, alors que tout le monde d’une manière ou d’une autre, vante le développement qui endogène, qui auto-centré, qui solidaire… «  le développement endogène est l’ennemi des prix même s’il est l’ami de l’emploi » », a rappelé le président du Modem Martinique. Sur les financements de l’économie, le même Orville s’est interrogé sur la question de savoir pourquoi les DOM ne dépendaient pas de la banque de France mais de l’Agence française de développement dont la mission est la coopération avec les tiers-monde ?... Perben a plaidé pour le retour du financeur OSEO et la mise en place d’un fonds dédié. Bicep réclame une banque publique d’invvestissement outre-mer. Lurel a rappelé que les 6 milliards d’épargne locale récoltés en Guadeloupe comme Martinique sont investis dans les bans du Trésor et qu’il est aussi partisan d’une banque publique d’investissement, mais il a rappelé que le vrai problème est la concurrence des importations. Alors que l’on devait parler chômage et remède, le temps imparti s’achevait. Max Orville a juste eu le temps de conclure en parlant d’éducation et en promettant : « François Bayrou, lors de sa prochaine visite en outre-mer en parlera… »

FXG (agence de presse GHM)

Partager cet article

Repost0
15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 06:08

Une manif de soutien à Serge Létchimy samedi à Paris

Les associations Collectif Dom, Collectif anti-négrophobie (CAN) et Tjenbé red appellent à un rassemblement de soutien à Serge Létchimy samedi 18 février à 14 heures sur le parvis des droits de l’Homme au Trocadéro. Les trois associations se félicitent de la réussite de deux pétitions en ligne qui ont recueilli 17.972 signatures, de la « pression médiatique » et la « mobilisation associative et populaire d’une rare intensité », grâce à quoi « le bureau de l’Assemblée nationale a renoncé, de justesse, à sanctionner Serge Letchimy pour sa question sur l’inégalité des civilisations ». Malgré ce succès, elles appellent à poursuivre la mobilisation car elles jugent « inacceptable qu’un député de la République fasse l’objet de poursuites disciplinaires pour avoir questionné le gouvernement sur les déclarations litigieuses de l’un de ses membres ». Une manifestation est appelée, samedi 18 février, sur le parvis des libertés et des droits de l’Homme à Paris, métro Trocadéro, à 14 heures.


Les pétitions sont sur les liens suivants

http://www.soutenirsergeletchimy.fr/ ;

http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2012N20529

Partager cet article

Repost0
14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 15:14

Aucune sanction contre Létchimy

« Je salue la décision qui  a été prise », ainsi a conclu Serge Letchimy la séquence qui s’était ouverte avec sa question à Claude Guéant, mercredi 7 février, lors de la séance de questions au gouvernement de l’Assemblée nationale. Le président et député de la Martinique avait déclaré, provoquant la sortie des ministres de l’hémicycle : « M. Guéant vous privilégiez l'ombre, vous nous ramenez jour après jour à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration. » Le bureau de l’Assemblée nationale s’est réuni hier pour décider de la sanction qu’il conviendrait de prendre à l’encontre de M. Létchimy. François Fillon avait estimé son propos « insupportable » avant de relativiser dans une interview accordée au Monde qu’il n’aurait « sans doute pas » parlé d'inégalité des civilisations. Première surprise, hier matin, lors de la réunion du bureau, la droite et le centre qui détiennent 12 sièges sur 22 n’était pas majoritaire. « Le bureau n’est pas une instance majoritaire, s’est défendu le président du groupe UMP, Christian Jacob. La réunion a duré plus d’une heure trente pour aboutir, seconde surprise, à ce qu’aucune sanction ne soit prise. « Serge Létchimy s’est expliqué avec dignité devant le bureau, a indiqué le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault. Il y avait une volonté de calmer les esprits. » Le sénateur martiniquais Maurice Antiste avait adressé une lettre à Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale pour le mettre en garde contre toute sanction qui serait vécue « comme une rupture avec les valeurs républicaines », particulièrement en outre-mer. Le spectre du scandale causé par l’adoption d’un article relatif à la « colonisation positive » dans la loi du 23 février 2005, a plané cette dernière semaine même si Claude Guéant n’a pas vécu de week-end mouvementé lors de son déplacement aux Antilles. C’est  à cause de «cette « loi de la honte » qu’Aimé Césaire avait refusé de recevoir le ministre de l’Intérieur et candidat Nicolas Sarkozy en décembre 2005… Il avait fallu que Jacques Chirac ne promulgue pas cette loi pour qu’Aimé Césaire reçoive, finalement en mars 2006, le futur président de la République. A l’issue de la réunion du bureau, christian Jacob a déclaré : « Je souhaitais une sanction forte, le président souhaitait un consensus… » Serge Létchimy a conclu  : « J’ai parlé en toute conscience, l’Assemblée nationale est faite pour ça. »

FXG (agence de presse GHM)

Partager cet article

Repost0
14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 07:07

Saint-George, un nouveau CD de romances et de sonates

CD-Saint-George-couv.jpgL’association Le concert de M. de Saint-George sort chez Euromusic un nouveau CD, Plaisir d’aimer, souffrance d’aimer. Romances et sonates. L’association fondée par Alain Guédé oeuvre depuis une dizaine d’année à faire connaître la musique du musicien  guadeloupéen du siècle des Lumières. Dans cet album, plusieurs éditions et manuscrits conservés à la BnF ont servi à l’élaboration du programme. Trois pointures sont venus apporter leur concours : la soprano Luanda Siqueira, la violoniste Florence Malgoire et le claveciniste et pianiste, Olivier Beaumont. Le disque a été enregistré au musée Antoine-Lécuyer de Saint-Quentin dans l’Aisne où se trouve, au milieu de pastels de Maurice-Quentin de la Tour, un clavecin de 1750, typique de la grande école de facture française des Lumières. A cet instrument unique (deux claviers), a été adjoint un piano-forte de 1795. 19 titres autour de l’amour. Romances, sonates, aria, andante et andantino et une couverture de pochette signée Cabu sur le thème du mariage de la princesse Clotilde, la grassouillette soeur de Louis XVI…

FXG (agence de presse GHM)

Distribution Harmonia Mundi

Partager cet article

Repost0
14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 06:49

Le cas Létchimy examiné aujourd’hui par le bureau de l’Assemblée nationale

Letchimy-2.jpgC’est ce matin à 10 h 30, heure de Paris, que se tient la réunion du bureau de l'Assemblée nationale (originellement prévue le 22 février), dont le seul point à l’ordre du jour est ainsi rédigé : « Incidents survenus le 7 février 2012 ». Il s’agira donc de statuer sur le cas du député de la Martinique, Serge Letchimy. Le Bureau exerce une compétence générale sur l'organisation et le fonctionnement interne de l'Assemblée. Composé de 22 membres (le Président de l'Assemblée nationale, les six vice-présidents, les trois questeurs et les douze secrétaires), c'est la plus haute autorité collégiale de l'Assemblée nationale.  Aucune sanction ne nous paraît devoir être prononcée. Dans une lettre ouverte, des députés d’outre-mer, Victorin Lurel, Jeanny Marc, Christiane Taubira, Louis-Joseph Manscour, Alfred Marie-Jeanne, Annick Girardin, Patrick Lebreton et Chantal Berthelot, considèrent que « que rien dans les propos de notre collègue ne vient étayer l'interprétation qui en a été faite par le Gouvernement et le groupe majoritaire ». Ils réfutent le fait que, lors de sa question posée à Claude Guéant sur les civilisations, Serge Létchimy ait traité le ministre de l'Intérieur de « nazi », ou de « promoteur des camps de concentration ». Ils se solidarisent donc de leur collègue (y compris son ennemi politique Alfred Marie-Jeanne). « S'il venait à être sanctionné pour cela, ce serait un terrible camouflet et une insondable humiliation que l'Assemblée nationale infligerait aux peuples d'outre-mer à travers son éminent représentant. Le coup serait sévère pour ce pacte républicain que, tous, nous défendons. » Le président de l’Assemblée nationale tiendra un point presse après la réunion du bureau, à 11 heures.

FXG (agence de presse GHM)

Partager cet article

Repost0
14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 06:08

Toussaint Louverture, un téléfilm attendu et contesté

Jimmy Jean-Louis dans Toussaint Louverture« Réécriture de l’Histoire, manipulation mémorielle, propagande idéologique, excitation communautariste… » Philippe Pichot, historien, chef de projet développement du château de Joux dans le Jura (lieu d’incarcération de Toussaint Louverture), et membre du CPMHE*, n’a pas aimé les libertés que le réalisateur Philippe Niang a prises avec la réalité historique dans son téléfilm, Toussaint Louverture (diffusion les 14 et 15 février prochain, à partir de 20h35 sur France 2). « Mettre en scène un tel personnage qui, dans l’histoire universelle, surgit comme le déclencheur de la première abolition de l’esclavage, l’initiateur de la première indépendance d’une colonie indigène (Haïti) et la première figure du pouvoir noir, méritait un minimum de sérieux. » La productrice du film, France Zobda, assure du contraire : « Nous nous sommes adressés à trois historiens, un Haïtien, un Américain et un Français, afin de comparer, recouper et corroborer le fruit des différents travaux de recherche car, nous voulions que notre film soit le plus proche de la réalité. » Alain Foix, coscénariste et auteur de la biographie Toussaint Louverture chez Folio-biographies, se souvient de la bagarre menée avec la chaîne et les autres scénaristes pour que la réalité soit respectée. « Oui, admet-il, Philippe Pichot a raison sur tout. Mais il vaut mieux un mauvais téléfilm sur Toussaint Louverture que pas de téléfilm du tout. »

Imaginaire et histoire fausse

Philippe Niang justifie son parti pris par la nécessité d’édifier des héros historiques : « Toussaint Louverture fait partie de ces icônes, quitte à tordre le cou à la vérité historique, au nom de la vraisemblance idéologique… C'est pourquoi j'ai mis en scène des épisodes qui pour n'être pas tangibles n'en sont pas moins crédibles comme l'assassinat par noyade du père de Toussaint. » En fait, le père de Toussaint Louverture est mort presque centenaire vers 1804… Le film montre encore Toussaint et sa famille enchaînés, marchant en plein hiver dans la neige, frappés par des soldats alors qu’ils vont au Fort de Joux. « La séparation de la famille a eu lieu en juin à Saint-Domingue, s’étouffe presque Philippe Pichot. A un autre moment du film, le médecin qui vient visiter Toussaint dans sa geôle est présenté comme un simple maréchal ferrant. « Seuls l’officier de santé de l’armée ou le médecin local était autorisé à voir Toussaint dans sa cellule ! », poursuit l’historien qui tient une liste de contre-vérités dans le film longue comme le bras ! « J’aurais à déplorer, note Alain Foix, l’absence de personnages comme l’abbé Grégoire, du club des « Amis des noirs », qui auraient complètement raccordé cette fiction à la grande histoire de France plutôt que d’en faire une histoire d’Haïti contre la France et parfois même, des blancs contre les noirs. Je me suis longtemps battu pour qu’on ne fasse pas dire à Toussaint s’adressant à Napoléon ce qu’il n’a jamais dit : « Du premier des noirs au premier des blancs ». C’est une citation malheureuse de Lamartine. Toussaint n’a jamais opposé les noirs aux blancs. C’est hélas ce qui restera. » Faire un film sur un homme décrit comme un précurseur par Aimé Césaire, un modèle des luttes pour les indépendances et contre l’apartheid ou pour les droits civiques était une nécessité parce que l’image de Toussaint Louverture et son histoire sont totalement absentes dans notre mémoire collective. « Mais, regrette Alain Foix, la puissance de la télévision imprime les imaginaires et ce qui reste d’une histoire fausse devient le vrai. En cela, je partage l’inquiétude de Philippe Pichot » même s’il trouve le film utile et plaisant.

FXG (agence de presse GHM)

*Comité pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage

 


« Une non polémique » selon Thierry Sorel, responsable fiction à France Télévisions

« Il s’agit d’un film utile sur un héros positif noir », commente Thierry Sorel, responsable de la fiction à France 2. Le film vient de la volonté des producteurs (France Zobda et Jean-Loup Monthieux) qui ont voulu raconter un grand héros noir qui appartient à l’histoire de France. « Ca faisait longtemps qu’un tel projet était à l’étude, même Dany Glover s’y est cassé les dents. Là, c’est apparu comme une évidence même si ça n’a pas été sans peur… » Peur de ne pas être à la hauteur comme le reprochent les historiens ? « On doit fictionner, la réalité est dans les livres d’histoire. Ce film a un parti pris de fiction comme c’est vrai dans tous les films historiques. L’attaque des historiens sur la crédibilité du film est une non polémique car ce film n’est pas un documentaire. Il sert l’imaginaire collectif français où tout un tas de personnages comme Toussaint Louverture manquent. »


La tribune d'Alain Foix

A Philippe Pichot, je formule cette réponse qui peut paraître paradoxale : Oui, il a raison sur tout. Mais il vaut mieux un mauvais téléfilm sur Toussaint Louverture que pas de téléfilm du tout.

Outre d’être un des scénaristes du film, je suis également auteur  de la biographie Toussaint Louverture chez Folio-biographies,  qui a fait l’objet, par contrat d’une libre adaptation pour cette fiction.

En réalité derrière ce que soulève P. Pichot, il y a un problème de fond : c’est celui du manque de présence dans l’histoire de France que l’on enseigne, de personnages noirs y ayant activement participé.

Tout le monde connaît Louis XI et a une idée de ce personnage. Si on le fait jouer par Brad Pitt, c’est une licence artistique dont personne n’est dupe. Or l’image de Toussaint Louverture et son histoire sont totalement absentes dans notre mémoire collective.  Demander à France Télévision de faire l’histoire est une erreur car ce n’est pas son rôle, même si elle le fait par défaut. C’est bien là le problème. Car la puissance de la télévision imprime les imaginaires et ce qui reste d’une histoire fausse devient le vrai. En cela, je partage l’inquiétude de Philippe Pichot.

Je suis cependant très heureux qu’enfin ce personnage sorte de l’ombre et qu’on en parle, parce que je suis comme un assoiffé dans le désert qui boirait avec satisfaction même une eau saumâtre. Pour que cette eau soit claire et distillée, il faut qu’elle passe par plusieurs couches par nature non visibles et qui donnent le goût et le sens. Tout fait défaut en cela pour Toussaint comme tous les autres dont on ne parle pas.

Dans ce cas précis, faute d’autres appuis mémoriels, il y allait de la responsabilité des scénaristes  de tenter d’être au plus près de la vérité historique. Assumant ma responsabilité, j’ai tenu à garder mon nom au générique et en tant que biographe, je suis prêt à répondre à toutes les questions.

Beaucoup de scènes et de dialogues que j’ai écrits y sont présents. Mais c’est un travail collectif qui ne va pas sans difficultés et sans heurts. Malgré les multiples conflits qui m’ont opposés à Philippe Niang qui était porté moins sur la crédibilité historique que sur l’éclat des images et une idéologie assez floue, les producteurs France Zobda et Jean Lou Monthieu (que je salue ici pour leur ténacité et leur courage) ont soutenu jusqu’au bout du possible ma présence pour assurer le minimum d’authenticité à cette histoire. Heureusement, l’intervention d’un autre scénariste, Sandro Agénor, a pu sauver les meubles par son talent. Il a par ailleurs repris une partie de mes préconisations abandonnées en route.

Au résultat, sans entrer dans la critique artistique car ce n’est pas mon rôle ici, je dirais que nous avons un film qui est plaisant à regarder, mais qui ne rend pas justice aux vrais personnages historiques ni à l’histoire elle-même. J’aurais notamment à déplorer l’absence de personnages comme l’abbé Grégoire du club de « Amis des noirs », qui auraient complètement raccordé cette fiction à la grande histoire de France plutôt que d’en faire une histoire d’Haïti contre la France ou pire encore, de Toussaint Louverture contre Napoléon, et parfois même, des blancs contre les noirs. Je me suis longtemps battu pour qu’on ne fasse pas dire à Toussaint s’adressant à Napoléon ce qu’il n’a jamais dit : « Du premier des noirs au premier des blancs ». C’est une citation malheureuse de Lamartine. Toussaint n’a jamais opposé les noirs aux blancs. C’est hélas ce qui restera.

J’espère simplement que ce film malgré tous ses manquements historiques, et parfois même à cause de ses faiblesses visibles, mais aussi grâce à ses qualités, donnera envie d’aller plus loin et de lire des livres d’histoire et des biographies sur ce thème. C’est pour cela aussi que j’ai collaboré à ce film et en suis heureux.

Alain Foix

Partager cet article

Repost0
11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 07:56

La réflexion sur la baisse des prix de la téléphonie mobile commence

La réunion interministérielle qui s’est tenue hier à Paris, a mobilisé les opérateurs de téléphonie mobile présents en outre mer, les services de l'administration de l’Outre-mer et de l’Industrie et l'autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP). Elle a permis,  a-t-on appris du ministère de l’Outre-mer, de faire un point sur les avancées en matière de tarifs des communications mobiles.

Premier constat : grâce à une régulation avisée, les tarifs des communications mobiles dans les DOM sont à un niveau comparable aux tarifs pratiqués en métropole. En deuxième lieu, les communications depuis les DOM vers la métropole ne donnent plus lieu à des surfacturations et sont généralement incluses dans les forfaits. Enfin, s'agissant des communications en roaming i.e. pour un abonné mobile ultramarin téléphonant depuis la métropole, les tarifs sont réglementés par le gouvernement depuis le 17 décembre 2009. Ces tarifs ont baissé de plus de 60 % depuis 2007. Toutefois ces communications restent majoritairement hors forfaits et assimilés à des appels internationaux. Le gouvernement va donc poursuivre ses travaux au cours des prochaines semaines sur les tarifs des communications mobiles entre l'outre mer et la métropole, plus particulièrement sur ce dernier point.

Le président de la République était intervenu lors de ses vœux aux Ultramarins prononcés depuis Cayenne le 2 janvier dernier sur les tarifs excessifs de la téléphonie mobiles entre les outre-mer et les l’Hexagone. La ministre de l’Outre-mer avait indiqué, vendredi dernier, qu’une réunion avec les cabinet du ministre de l’Industrie aurait lieu hier. « C’est une réunion technique avec les deux cabinets de l’Industrie et de l’Outre-mer et qui ne donnera pas lieu à une communication officielle », indiquait hier une source de la rue Oudinot. La ministre de l’Outre-mer n’y participait pas puisqu’elle est actuellement en Polynésie française et l’agenda d’Eric Besson ne mentionnait qu’une réunion ministérielle informelle des pays européens ayant fait le choix de l’énergie nucléaire.

FXG (agence de presse GHM)

Partager cet article

Repost0
11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 06:56

ITW Claude Guéant

Le ministre de l’Intérieur arrive samedi en Martinique, puis lundi en Guadeloupe. Au programme de Claude Guéant, sécurité et développement endogène.

Gueant-001.jpg« Nous devons faire des progrès contre les violences physiques aux personnes »

Vous avez eu une expérience antillaise  dans votre carrière préfectorale comme SGAR entre 1975 et 1977. Comment jugez-vous de l’évolution de ces territoires ?

J’ai toujours été très attentif à ce qui s’y passe. Nous en parlons souvent avec Marie-Luce Penchard depuis que je suis en charge  de mes fonctions de ministre de l’intérieur et de l’Outre-mer. Comme secrétaire général de l’Elysée déjà, je me suis beaucoup occupé de la préparation de la LODEOM comme du CIOM qui a pris de très nombreuses décisions stratégiques pour l’outre-mer. Je crois qu’un certain nombre de caractéristiques demeure : l’insularité comme la taille du marché sont une réalité mais je constate qu’il y a eu beaucoup de progrès. Des outils qui permettent des évolutions considérables ont été créés. Je lisais la liste des chefs d’entreprise qui vont participer à une rencontre organisée en Guadeloupe pendant notre séjour. Par rapport à la période que j’ai connue, la liste de ces chefs d’entreprises et la diversité de leurs activités ont considérablement été élargies. Cela veut dire que la stratégie du développement endogène que nous préconisons est fondée. Malgré l’étroitesse des marchés, il y a grâce à l’ingéniosité et l’intelligence des hommes et des femmes de ces départements des projets qui ont vu le jour, qui ont créé des activités et, oserais-je dire, qui ont créé de la fierté parce que construire une entreprise, participer à au développement local, cela crée de la fierté pour leurs responsables mais aussi pour ceux qui y travaillent. Beaucoup d’infrastructures ont été réalisées et elles sont les conditions du développement.

C’est à ce titre que vous allez inaugurer le dock flottant de Jarry en Guadeloupe ?

Quand je suis arrivé en Guadeloupe en 1975, il n’y avait pas de voie d’accès viabilisée pour la zone d’activité de Jarry. « C’était un chemin de terre ». La première proposition que j’avais faite sur le budget régional était de financer cette voie d’accès.  Je constate que des usines ont fleuri et qu’on fait aujourd’hui un dock flottant, c’est profondément encourageant. Cela signifie que la voie du développement endogène, qui n’exclut absolument pas la solidarité, je le précise, est une bonne voie parce qu’il y a des ressources d’intelligence, de créativité et d’esprit d’entreprise.

Et l’entreprise COMIA, de Marcel Osenat, au Lamentin en Martinique ?

La société Comia est une entreprise qui illustre bien le développement que l’on peut promouvoir. Elle agit sur deux registres : la fourniture du marché local et son choix de travailler sur une spécificité locale qui lui ouvre des perspectives d’exportations. C’est très emblématique d’une orientation que l’on constate dans les deux départements.

Cet intérêt pour les affaires économiques n’est pas coutumier du ministre de l’Intérieur…

En tant que ministre chargé de l’Outre-Mer avec Marie-Luce Penchard, il est normal que j’embrasse les différents éléments de la vie, des espoirs de ces départements. Je ne résume pas ma fonction, même à l’intérieur de l’Hexagone, à la sécurité ou à l’immigration. Encore que ce soient des thèmes qui sont importants pour nos compatriotes.

La délinquance contre les personnes est importante aux Antilles. Un rapport a même stigmatisé la situation de la Guadeloupe. Comment l’expliquez-vous et que pouvez-contre cet état de fait ?

J’aurai des contacts avec les responsables et les personnels en charge de la sécurité, policiers et gendarmes. Je ferai dès mon arrivée une patrouille avec la BAC de nuit à Fort-de-France. J’observe qu’en 2011, nous enregistrons quand même un reflux de la délinquance dans chacun de ces deux départements qui est de l’ordre de 3 %. Ce n’est pas négligeable. Depuis 2004, il y a un recul de la délinquance générale en Martinique de 7.7 % et en Guadeloupe de 10 %. Nous allons donc dans le bon sens. Il n’en demeure pas moins que nous devons encore faire des progrès dans la lutte contre les violences physiques aux personnes. Ceci dit, elles ont reculé l’année dernière.

Il y a des problèmes immobiliers qui se posent…

Le commissariat de Fort-de-France n’est pas en bon état. La décision a été prise d’en créer un nouveau. J’ai mis en place pour l’année 2012, 6 millions € de crédits pour procéder aux études d’un nouvel hôtel de police qui devrait coûter de l’ordre de 25 millions €. Le train est lancé.

En Guadeloupe, le nouveau commissariat existe depuis 18 mois, mais le bureau de police du Gosier vient de fermer ses portes…

Il y a des questions de doctrine qui se posent et qui ont des conséquences pratiques directes. Certains disent qu’il faut beaucoup de postes de police car ils permettent une présence de la police. Moi, je dirai de façon pratique le contraire : un poste de police maintient des effectifs à l’intérieur d’un immeuble et empêche que cet effectif soit présent sur la voie publique. Je veux plus de patrouilles, plus de moyens de surveillance de la voie publique, plus de visibilité et, finalement, un accès plus direct de la population à la police.

Est-ce que paradoxalement, les moyens de l’OCRTIS ne sont pas disproportionnés en rapport de ceux de la sécurité publique ?

Les Antilles sont la base d’une action de lutte contre le trafic international de stupéfiants. Il faut relever les deux défis de la sécurité quotidienne et des grands trafics avec les moyens adaptés. Aussi bien en Martinique qu’en Guadeloupe, les effectifs n’ont pas été diminués malgré la norme de réduction des effectifs de police avec le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite. Au contraire, depuis quelques années, les effectifs ont été augmentés. L’OCRTIS a besoin de moyens pour lutter contre une délinquance spécifique et très difficile à appréhender. Nous avons face à nous des cartels internationaux qui sont puissants et dotés de moyens considérables. Il est d’intérêt général que nous soyons mobilisés et efficaces pour lutter contre ces trafics.

La sanction prise contre le DDSP, Cyril Alavoine (pour une affaire de Cayenne) a causé des turbulences au commissariat de Fort-de-France. Avez-vous un message particulier à adresser aux fonctionnaires de police ?

La police a une exigence déontologique très forte à l’égard de chacun de ses membres et lorsqu’un policier franchit la ligne jaune, il est sanctionné. La police qui a la charge d’appliquer la loi se doit d’être exemplaire. Ce directeur sera remplacé dans les délais les plus rapides et la police retrouvera un mode de fonctionnement normal. Comme ça a été le cas à Lyon et à Lille, la police a continué son travail et il y a eu immédiatement de la part des personnels la volonté de tourner la page sur ces incidents douloureux.

Qu’avez-vous à dire sur les problèmes liés à l’immigration ?

Nos compatriotes antillais sont attentifs à ces questions. Nous avons accueilli, après le séisme dramatique qui a frappé Haïti, les Haïtiens qui étaient en grande difficulté humanitaire et sociale. Maintenant que les moyens de l’aide internationale sont mis en place, que la gouvernance haïtienne a été remise en marche, il faut que l’on soit clair : on lutte contre l’immigration irrégulière aux Antilles comme partout en France, avec fermeté mais discernement

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

Partager cet article

Repost0
10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 07:48

25 millions d’euros de coupe dans le budget de l’Outre-mer

« L'article 4 du projet de finances rectificatives pour 2012 ampute le budget de la mission outre-mer de 25 M€ », a dénoncé Victorin Lurel. Le projet de loi a été présenté mercredi en Conseil des ministres. Selon le député socialiste de la Guadeloupe, « ce projet de loi de finances rectificatives pour 2012 ne se contente pas d'augmenter la TVA mais annule également près de 2,5 Md€ de crédits d'intervention » et il dénonce « un 3e plan de rigueur ». Cette annulation de crédits est ainsi motivée : « Annulation sur la mise en réserve s'inscrivant dans la trajectoire d'ajustement régulier des prévisions d'exonérations de charges sociales engagée depuis 2 ans. Cette économie est  fondée sur l'actualisation des besoins prévisionnels des organismes de sécurité sociale au regard de l’évolution des salaires et de la masse salariale. »

FXG

 

Partager cet article

Repost0
10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 07:43

Rencontre discrète entre Létchimy et Guéant

Après la bagarre du siècle à l’Assemblée qui a vu, pour la première fois depuis 1898, la sortie groupée du gouvernement de l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Serge Létchimy et Claude Guéant se sont vus. C’était mercredi matin, dans le bureau du président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer. « Le dialogue a été cordial et républicain et Claude Guéant en a profité pour remettre une lettre de réponse à celle que Létchimy lui avait adressée lundi 6 », confie un proche du ministre de l’Intérieur. Létchimy luii disait alors qu'il n'étais pas le bienvenu en Martinique. Dans cette missive, Claude Guéant cite abondamment Aimé Césaire dont il fait siens les mots suivants : « Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. » « J’ai réaffirmé que contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste, toutes les civilisations ne se valent pas, car celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient, se justifie-t-il. J’ai voulu réaffirmer ces principes avec lesquels il ne faut jamais ruser… Et c’est dans cet état d’esprit que je me rendrai en Martinique et en Guadeloupe… » Ce "malentendu" fait penser à un autre malentendu, celui qui avait obligé Nicolas Sarkozy à reporter son vaoyage en Martinique en décembre 2005 à la suite de l'adoption de la loi du 25 février 2005. Comme l'a fait Serge Létchimy mercredi sur les bancs de l'Assemblée, c'était Aimé Césaire qui s'était levé pour dire qu'il ne recevrait pas le ministre de l'Intérieur et candidat à la présidentielle... Finalement Nicolas Sarkozy avait pu bénéficier de l'adoubement Césairien après la non promulgation de la loi, en mars 2006.

FXG (agence de presse GHM)

Partager cet article

Repost0

Articles Récents