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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 09:00

ITW Claude Guéant

Gueant-hauteur.jpgAprès le clash survenu mercredi quand Serge Létchimy, député et président du conseil régional de la Martinique, a interpellé violemment le ministre de l'Intérieur, et à trois jours du déplacement dudit ministre aux antilles, du 11 au 14 février, Claude Guéant s'explique.

« Nous vivons en France un état de civilisation meilleur que celui dans lequel se pratiquait l’esclavage »

Après l’intervention de Serge Létchimy à l’Assemblée nationale mercredi, comment appréhendez-vous ce déplacement aux Antilles ?

Je suis ministre de l’Intérieur et de l’Outre-mer et je suis heureux de me rendre aux Antilles où j’ai vécu. Il y a des sujets importants à traiter: la sécurité, le développement économique, des dossiers d’avenir pour les Antilles. Il y a des perspectives qui s’ouvrent. Je pense en particulier à celle très importante de savoir si le développement doit être privilégié de façon endogène ou non. C’est un sujet majeur pour lequel il est normal que le gouvernement s’explique et entretienne un dialogue avec les forces économiques et tout simplement les habitants de la Martinique et de la Guadeloupe.

Vous n’attachez pas d’importance au fait que les présidents des collectivités territoriales, MM. Lurel et Gillot, en Guadeloupe, et M. Létchimy, en Martinique, ne souhaitent pas vous recevoir et vous disent même n’être « pas le bienvenu » ?

Je le regrette parce que ça me semble en rupture avec la tradition républicaine. La République, c’est dialoguer, se parler même si l’on est d’opinion politique différente. Mais enfin, il y a bien d’autres personnes dans ces départements que celles que vous venez de citer. Moi, je m’adresse à la population de ces deux départements pour laquelle j’ai un attachement particulier.

Le Parlement est un lieu de dialogue ; la sortie de Serge Létchimy exigeait-elle cette sortie du gouvernement en réponse ?

Cette déclaration a dépassé les limites du débat politique. Mais je ne voudrais pas singulariser le dialogue avec M. Létchimy. Il est en l’espèce le porte-parole du Parti socialiste et il est inadmissible que l’on accuse de favoriser l’idéologie nazie quelqu’un qui promeut les valeurs universelles des droits de l’Homme, et rappelle qu’il y a des valeurs qui sont supérieures à d’autres car elles représentent précisément un progrès de l’humanité. Il y a des systèmes dans lesquels on favorise la démocratie, on promeut le droit des femmes, on protège les libertés individuelles et publiques. Et il y a des systèmes dans lesquels on s’accommode de la tyrannie, dans lesquels la femme est réduite à un état d’asservissement et où l’on bafoue les libertés. Je ne vois pas pourquoi de tels propos seraient offensants pour quiconque.

Pourtant des Antillais se sont sentis offensés…

Je voudrais très directement évoquer un sujet dont je sais bien qu’il est douloureux à la conscience de nos compatriotes antillais. Nul ne peut contester que nous vivons aujourd’hui en France un état de civilisation meilleur que celui dans lequel se pratiquait hier l’esclavage, qui est une abomination. C’est notre honneur de promouvoir des valeurs qui permettent de progresser dans le sens de l’humanisme. Ces valeurs-là sont très respectueuses de nos compatriotes d’outre-mer, dont ils ont été parmi les pionniers.

Est-ce que la réaction de M. Létchimy ne porte pas en elle ce qui fait son identité, c’est-à-dire sa créolité, sa négritude ?

J’ai cru comprendre dans l’intervention de M. Létchimy un souci auquel je voudrais répondre. Ce souci est que l’appel à la notion de civilisation ne soit pas l’appel à un concept qui brise à l’intérieur de la civilisation les identités. Tout ce que nous faisons est là au contraire pour montrer que dans la République, nous reconnaissons les identités.  Ainsi sur le plan institutionnel, le gouvernement a proposé à la Martinique, comme à la Guyane, de choisir dans le cadre de la Constitution sa gouvernance locale et la Martinique a fait un choix. Les identités sont donc respectées.

Le président de la République a dit, le 10 mai dernier, à l’occasion de la commémoration de l’abolition de l’esclavage : « Il a fallu longtemps pour que l'Occident comprenne, admette qu'il avait autant à apprendre des autres que les autres avaient à apprendre de lui, qu'il y avait dans les autres civilisations autant de trésor de sagesse humaine que dans la sienne. » Qu’en pensez-vous ?

J’adhère pleinement à cela. Parler de civilisations n’est pas en appeler à leur choc, c’est complètement ridicule. Distinguer les civilisations n’est pas attentatoire à ces civilisations. Elles se nourrissent respectivement et, dans une civilisation, le président de la République a raison de le dire, il y a des trésors. Ce n’est pas parce qu’elles sont différentes qu’elles ne sont  pas respectables. Il y a, au regard de nos valeurs, des éléments qui sont positifs même s’ils sont éloignés de nos propres modes de raisonnement, de notre propre culture, de nos propres croyances, mais il y a des choses qui, au regard des droits de l’Homme, de la dignité de la personne humaine peuvent être moins positives. C’est ce que j’ai dit.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

 

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 07:31

La Cour des comptes flingue la défisc

Migaud-et-son-rapport.jpgDidier Migaud, premier président de la Cour des comptes, a présenté, hier matin à Paris, son rapport annuel. Si les magistrats financiers font la part belle à l’état des finances publiques, ils se sont intéressés aussi aux mécanismes de défiscalisations en faveur de l’outre-mer, avec, d’une part, les dispositifs Girardin et, d’autre part, les dispositifs locaux – cumulables avec les premiers – propres à la Nouvelle-Calédonie et à la Polynésie française. Globalement, la France a 73 milliards d’euros de dépenses fiscales auxquelles s’ajoutent celles « non recensées ». Il y a bien eu une réduction avec une économie de 11 milliards, mais a indiqué Didier Migaud, « l’effort doit être amplifié et viser les 15 milliards d’euros ». C’est donc dans cette logique que la Cour a adressé « une très sévère critique » aux dispositifs de défiscalisation. En premier lieu, « les résultats ne sont pas à la mesure des moyens engagés ». Ainsi pour les investissements productifs, « environ seulement 60 %  des réductions d’impôts reviennent indirectement aux entreprises d’outre-mer et 40 % bénéficient au seul contribuable investisseur alors qu’il n’a pris aucun risque », avance Didier Migaud. En deuxième lieu, la Cour épingle « la complexité des dispositions dérogatoires et l’absence d’agrément pour la majorité d’entre elles » qui font que « le risque de fraude est élevé » quand en plus, « elle est difficile à déceler ». En troisième lieu, la Cour met en garde sur l’effet qui « peut être contraire à l’effet recherché » avec « des logements qui ne répondent pas aux besoins de la population, les surcapacités hôtelières ou des flottes inutilisées de bateaux de plaisance ».

Un coût de 1.2 milliards €

Migaud.jpgLe coût de cette défiscalisation a doublé entre 2005 et 2010, passant de 680 millions € à 1.230 milliards. La dépense globale a augmenté parce que « le nombre de ménages bénéficiaires de ces avantages fiscaux est passé de 7 700 à 18 600 bénéficiaires pour les investissements productifs, et de 27 000 à 41 700 pour les investissements immobiliers ». La moyenne de la réduction d’impôt est d’environ 40 000 € par contribuable investisseur et le bénéfice brut d’environ 16 000€, « qui sont connus d’un public de plus en plus large ». Ce qui aboutit à ce constat quasi scandalisé : « Aucune niche fiscale ne permet à un contribuable de bénéficier d’une réduction d’impôt supérieure à sa mise de fonds, sauf les montages locatifs de la loi Girardin et de la loi de mai 20098 (LODEOM). » La Cour a pris note des limites apportées dans le dispositif depuis 2009 et avec le coup de rabot de 2011, mais elle estime qu’il est encore trop tôt « pour en apprécier le plein effet ». Dans le contexte dégradé des finances publiques, Didier Migaud a conclu de manière définitive : « La Cour préconise de supprimer la défiscalisation Girardin en faveur des investissements productifs et celle définie par la LODEOM en faveur de la construction de logements sociaux. » Et si le Gouvernement juge nécessaire de soutenir l’investissement productif ou le logement social en outre-mer, « d’autres modes d’intervention, beaucoup moins  coûteux pour le budget de l’Etat, doivent être recherchés ».

FXG (agence de presse GHM)


Défiscalisation en Nouvelle-Calédonie et Polynésie française

President-7e-chbre-Descheemaeker-et-didier-Migaud.jpgLes dispositifs locaux de défiscalisation dans les territoires du Pacifique, cumulés avec les défiscalisations Girardin et LODEOM, permettent aux investisseurs de bénéficier d’aides fiscales pouvant atteindre 73 % du coût de leur projet d’investissement et, souligne la Cour des comptes, peuvent « représenter une dépense fiscale globale pour l’Etat et les collectivités d’un montant supérieur à la valeur du projet lui-même ». la défiscalisation prive la Polynésie de 7.3 % de ses ressources et la Nouvelle-Calédonie de 2.8 %. Pourtant, les résultats ne sont pas à la hauteur « en raison du manque d’efficacité des secteurs soutenus, comme l’hôtellerie (70 % des crédits d’impôts en PF et 50 % en NC) où la croissance de l’offre n’a pas permis une hausse proportionnelle des recette touristiques. La contribution à l’aménagement du territoire n’a pas été mis au rang des priorités puisque, pour exemple, 80 % du montant des aides se sont focalisées en PF sur Bora-Bora et Tahiti. Ni stratégie, ni objectifs précis n’ont été assignés à la défiscalisation dans ces deux territoires. Sans parler d’évaluation en termes d’emplois ou de valeur ajoutée. La Cour préconise donc de mettre en place « une stratégie d’aide cohérente en stabilisant et réduisant le nombre de filières et de zones géographiques aidées », de réduire les coûts budgétaires par le plafonnement des avantages octroyés, de renforcer l’encadrement pour « garantir la transparence des décisions d’agrément » et bien sûr d’évaluer les effets de cette défisc sur l’emploi et la valeur ajoutée.


La Cour de discipline budgétaire et financière condamne la direction du Groupe hospitalier Sud Réunion

 

La Cour de discipline budgétaire et financière a examiné en décembre dernier sur le fondement d’un rapport de l’IGAS les graves déséquilibres des comptes de l’établissement Groupe hospitalier Sud Réunion. Les comptes se sont dégradés vers 2006 et 2007 où apparaissait un déficit prévisionnel de 5.4 M€, avant d’être voté à 14 M€. Malgré un plan de retour à l’équilibre, les comptes 2008 ont toujours un déficit de 8 M€. La Cour explique cette détérioration par l’augmentation des charges de personnel et par le recrutement d’agents « au-delà des crédits budgétaires », qui plus est des agents administratifs alors que « les enveloppes allouées par l’agence régionale de santé étaient destinés au renforcement des effectifs de personnels soignant. » La faute en incomberait au directeur des ressources humaines qui a cessé de produire dès février 2006 les documents et tableaux de bord. Quant au directeur du groupe hospitalier, il avait délégué sa signature au directeur délégué afin « d’assurer la conduite du groupe hospitalier Sud Réunion », lui-même conservant la direction d’un autre établissant de santé dans le nord de l’île. La Cour a donc condamné le directeur délégué et le directeur des ressources humaines du GHRS à 10 000 € d’amende chacun. L’arrêt a été publié dans le JO du 6 janvier dernier.

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 05:31

NKM finance des projets biodiversité dans les outre-mer

La ministre de l’Ecologie a dévoilé le nom des 62 lauréats d’un appel à projet pour la biodiversité. 16 concernent les outre-mer.

Nathalie-Kociusko-Morizet.jpg« Ce qu’on ne fait pas aujourd’hui, on le paiera demain. » Nathalie Kociuzko-Morizet, ministre du développement durable a présenté le résultat d’un appel à projets inscrit dans la stratégie nationale de la biodiversité, un programme lancé il y a huit mois. L’objectif est de stopper l’érosion de la biodiversité et restaurer au moins 15 % de celle qui a été dégradée. 62 projets ont été élus dont 16 pour les outre-mer. Dans les cinq thèmes de l’appel à projet, l’un concernait spécifiquement l’outre-mer, la lutte contre les espèces exotiques envahissantes terrestres et marines ; il y a eu 13 lauréats dont le laboratoire Bioemco Ibios de Créteil (lutte contre la fourmi manioc en Guadeloupe) et l’UICN. « C’est la reconnaissance du fait, a commenté la ministre, que l’outre-mer est le plus grand réservoir de biodiversité en France et c’est un enjeu formidable, à la fois car il y a une menace sur cette biodiversité et en même temps, parce que derrière, il y a de l’emploi, de l’activité, du potentiel. » 6 millions € ont été dédiés à ces projets.. La mairie de Sainte-Rose à la Réunion sera financée pour son programme de restauration écologique sur le massif du Piton de la Fournaise. Le Parc de la Réunion s’attellera à sa stratégie de lutte contre les espèces qui conquièrent les terres du Maïdo. La Province sud de Nouvelle-Calédonie régulera ses populations de cerfs rusa sur la côte Ouest par la capture et la valorisation des produits de capture, et l’association Dayu Biik  s’occupera de contrôle permanent  multi-espèces au mont Panié. Le Parc de Guadeloupe va lancer son chantier expérimental d’éradication et de valorisation du bambou, la Société ornithologique de Polynésie va sauvegarder les monarques de Tahiti et de Fatu Hiva par l’implication de la population. En Martinique, la Société d’histoire naturelle Lherminier va réaliser un inventaire cartographique et écologique de la flore d’eau douce envahissante ; l’Observatoire du milieu marin martiniquais et le comité des pêches maritimes et des élevages marins utiliseront la pêche professionnelle pour lutter contre l’invasion du poisson lion en Guadeloupe, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy. La direction de l’agriculture et le conseil général de Mayotte ont un plan de lutte contre la Merremia Peltata, une plante invasive.

Un FIBRE

L’outre-mer a encore trouvé sa place dans les autres thématiques de l’appel à projets. Le Conservatoire des espaces naturels en Nouvelle-Calédonie et la restauration de la forêt sèche à l’ouest de la Grande Terre. La Société calédonienne d’ornithologie et la restauration de l’habitat des oiseaux marins du grand lagon sud. La DIREN en Polynésie et la préservation des plateaux Temehani de Raiatea. L’ONF en Martinique et la reconstitution expérimentale de forêts marécageuse. Le conservatoire botanique national de Mascarin à la Réunion et ses « habitats uniques au monde ». Dans la catégorie « conservation et utilisation durable d’espèces végétales indigènes pour développer des filières locales », le conservatoire de Mascarin et la société Solicaz (Guyane), sont récompensés. Le premier pour organiser un aménagement urbain avec des plantes indigènes ; la seconde pour créer un plan de production de plantes endémiques fixatives d’azote pour restaurer des sites dégradés. Enfin, dans le domaine de l’ingénierie écologique, la société Cotram, en Martinique, est lauréate pour sa mise en œuvre d’une solution d’assainissement des eaux usées par des végétaux. Ce qui évite d’investir dans une très chère station d’épuration… « Cette économie a été calculée : entre 2 200 et 4 400 € l’hectare », a indiqué la ministre qui y voit la justification de ces 6 millions de dépenses : « Il y a enfin un fonds d’intervention pour la biodiversité et la restauration écologique (FIBRE, doté de 25 millions € dont 10 affectés à la stratégie nationale pour la biodiversité, NDLR) ; il va y avoir une gouvernance de la biodiversité avec un comité qui aura à disposition le fonds et qui pourra donner de la prévisibilité aux acteurs. » Deux nouveaux appels à projet sont prévus. Quant aux lauréats du jour, ils devraient être invités rapidement à signer une convention avec les services déconcentrés de l’Etat dans leurs territoires.

FXG (agence de presse GHM)

Pour connaître le détail des projets lauréats

www.developpement-durable.gouv.fr

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 13:42

 Carlton Rara au Sunset

Carlton-Rara.jpgAu cours d'une recherche artistique permanente, Carlton Rara s'est forgé un style inclassable hérité de la musique traditionnelle haïtienne, du jazz et des blues américain et africain entre autres. En créole ou en anglais, il chante d'une voix unique, à travers des compositions originales pour donner corps à ce que d'aucun auront désigné comme l'« expression haïtienne du blues ». Il jouit d 'un parcours musical international déjà riche lorsqu'il sort en 2009 son premier album Peyi Blue que la critique saluera avec révérence. Son nouvel album Home prodigue blues, jazz, soul et rythmes vaudous dans un bouillon de musiques à nul autre pareil.

Vendredi 17 Février 2012 / 20H00 / Sunset Jazz Club 60, rue des lombards 75001 Paris

 


"Son deuxième album, le lumineux "Home", donne le ton : celui d'un blues haïtien mat et profond, dont le chanteur compositeur et percussionniste au swing rauque continue de creuser la veine inclassable, lyrique et chamanique, qui trempe dans les rythmes vaudous, la tradition insulaire ou métropolitaine, jusqu'au reggae le plus tendre."

 

Télérama

 


"Une voix aussi bleue que la mer et les commotions du coeur, aussi envoutânte qu'un reggae vaudou chaloupe sur des compositions au blues planétaire entre roots acoustique haïtien et groove afro-américain."
LYLO

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 06:42

La météo des moustiques

Le CNES et Pasteur Sanofi préparent une carte épidémiologique de la dengue aux Antilles françaises.

Carte-fievre-vallee-du-rift.jpgUne météo du moustique de la dengue aux Antilles française, c’est ce que proposent de réaliser Pasteur-Sanofi et le Centre national d’études spatiales (CNES). Hier à Paris, les deux établissements scientiques se sont liés à hauteur de 100 000 € par an chacun et « de fertilisation croisée », selon Murielle Lafaye, responsable environnement, climat et santé au CNES, en charge du projet. Depuis le lancement du satellite Pléïade, elle dispose désormais de photographies précises jusqu’à 70 cm2 pour une image de 20 km de côté. Une précision remarquable qui permet de réaliser des cartes d’évaluation du risque  environnemental favorisant l’émergence d’agents pathogènes, en l’occurrence l’aëdes aegypti, le moustique vecteur de la dengue. C’est la télé-épidémiologie. Une telle cartographie qui combine la météo, la pluviométrie, la microbiologie, la botanique, l’entomologie, la géologie, a déjà été dressée au Sénégal avec la fièvre de la vallée du Rift, une maladie animale qui peut toucher l’homme, et encore, mais cette fois en milieu urbain, à Dakar, avec le paludisme et les gîtes d’anophèles. Le résultat est une carte dynamique du risque qui détermine les ZPOM, zones potentiellement occupées par les moustiques. La carte signale où et quand démarre l’épidémie. Pasteur Sanofi et le CNES ont choisi les Antilles françaises pour être zone pilote pour cette première carte de la dengue. Jean-lang.jpgL’épidémie de 2010 y a été atypique. Elle a démarré plus tôt dans la saison et, en Guadeloupe et en Martinique, elle a touché 83 000 personnes. 1000 ont été hospitalisées et 23 sont décédées. Une première carte statique de l’écologie des gîtes larvaires devrait être dressée dès 2013. Mais il faudra attendre un an ou deux avant de disposer d’une cartographie dynamique, selon Murielle Lafaye. Ce terme correspond à celui annoncé pour le lancement du vaccin contre la dengue de Sanofi-Pasteur. Le Dr Jean Lang qui en est le père, a lancé les premiers essais cliniques pédiatriques en Thaïlande en 2009. En 2012, il achèvera les essais cliniques en Amérique latine et en Asie avec 45 000 participants dans 45 pays. A ce moment-là, même si les priorités mondiales sont ailleurs et notamment aux Philippines, il serait « pertinent », estime le Dr Lang, de vacciner toutes les Antilles : « Pourquoi pas, car il nous faudra avoir une meilleure compréhension du bénéfice apporté par la vaccination grâce à la télé-épidémiologie. » Murielle Lafaye estime qu’une « carte du risque ouvre aux politiques publiques de santé des stratégies d’adaptation. D’où ce l’expression choisie, « la météo du moustique ».

FXG (agence de presse GHM)


Dr-Laurent-Thomas.jpgDr Laurent Thomas, ancien médecin au service des urgences de Fort-de-France

« Ca va nous faire progresser dans la connaissance de ce qui peut déclencher l’épidémie. Il y a des moustiques chaque année et des épidémies de dengue tous les deux ou trois ans et on ne sait pas pourquoi. C’est extrêmement multi-factoriel, c’est pour ça que ce genre d’étude est fondamental pour améliorer nos connaissances en épidémiologie de la dengue. »


La dengue dans le monde

Dans le monde, 2 milliards de personnes résidant sur la ceinture tropicale sont confrontés au risque de la dengue, Chaque année, 220 millions sont infectés et 2 millions sont atteints de forme sévère. Le Dr Jean Lang a indiqué que Pasteur Sanofi avait investi « plusieurs centaines de millions d’euros » en recherche et développement et 350 millions pour l’outil de production industrielle de Neuville sur Saône. En 2014, il sera en mesure de sortir 100 millions de doses par an pour quelques 30 millions de bénéficiaires (puisqu'il faut trois doses).

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 06:37

Karam de retour en campagne

« Mon ami Patrick Karam me le dit souvent, s’agissant de vous, en soulignant à quel point vous êtes conscients de tout ce que la France vous a apporté. » Dans ses vœux auxFrançais d’origine asiatique, le président de la République a cité le Guadeloupéen d’origine libanaise, Patrick Karam, son soutien en 2007, à la tête des originaires d’outre-mer, et qu’il avait fait délégué interministériel aux Français d'outre-mer, avant de le nommer, fin octobre dernier, inspecteur général à la jeunesse et sport. Il y a quelque jour, le Figaro s’est fait l’écho des fonctions de M. diversité de Patrick Karam dans l’équipe du candidat Sarkozy pour 2012. Karam s’était déjà essayé à cet exercice lors de la campagne des régionales de 2010 en Ile de France avec l'UMP. En mars 2011, il avait démissionné de son mandat de délégué et, le 20 janvier dernier, Patrick Karam a été reçu par le président qui lui aurait donné carte blanche pour cet aspect de sa campagne.

FXG (agence de presse GHM)

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 07:23

Indispensables militants
Dans le temps, ils collaient les affiches. Aujourd’hui, ils squattent les réseaux sociaux. En campagne encore plus qu’à l’accoutumée, les militants politiques restent les petites mains indispensables au fonctionnement des partis politiques. Mais qui sont-ils vraiment ?
Yannick-PS.jpgLors de l’inauguration du QG de campagne de François Hollande, Yannick Margerie (photo ci-contre), 60 ans, était sur le pont depuis 8 heures le matin. « En RTT, pour être disponible ! » Yannick est au PS depuis 30 ans, chargé du service d’ordre : « Nous sommes au service du parti quelque soit le premier secrétaire ! » S’il revendique une activité professionnelle à 100 %, elle est aussi militante puisqu’il est délégué syndical CFDT à la BNP. Selon Martine Barthélemy, politologue au centre de recherche politique de sciences po, il est le militant type des années 1970 : « Un militant héroïque, dévoué à sa cause avec une vision globale du politique, du changement social. Il peut avoir plusieurs engagements, associatif ou syndical, et un cadre idéologique. » Dans les années 1980, cet engagement est devenu moins structuré, plus à la carte. « Le militant s’organise autour d’un univers moins idéologique mais plus moral, autour de valeurs comme la solidarité ou la défense des droits », explique Martine Barthélemy. Aujourd’hui, moins d’affiches et de tracts mais internet. « L’horizontalité du réseau leur donne plus d’autonomie par rapport à la hiérarchie. »
Fanfant-et-Ariane-Cerutti-UMP-sur-le-terrain.jpgNathalie Fanfant (photo avec Ariane Cerutti à droite), la quarantaine, dirigeante d’une PME, s’est engagée à l’UMP il y a 10 ans « pour l’avenir de (ses) enfants, pour des valeurs trouvées à l’UMP. » « Quand on distribue 15 000 cartes de vœux par moins 4°, faut le faire ! » « On a besoin des militants, insiste Martine Barthélemy. Sans eux, pas d’organisation possible. » Vincent Laurent, membre d’EELV, 25 ans, a voulu s’ « engager pleinement dans un parti de transformation », au service de la candidate Eva Joly et s’active sur les réseaux sociaux. « Je suis en veille, même quand je travaille. » L’engagement repose souvent sur une tradition familiale (le père de Nathalie était un militant indépendantiste martiniquais !) et un déclic, souvent une rencontre.  « On se regroupe car on a envie de faire quelque chose ensemble », explique Martine Barthélemy.
« Pourquoi je fais campagne ? On reste un groupe d’amis soudés autour de Julien Bayou (chargé de la mobilisation pour Eva Joly, NDLR), dans la dynamique d’un collectif, avec beaucoup de conviction. » Yannick nuance : « Certains arrivent au moment des grands rendez-vous et on ne les voit plus, surtout quand on a perdu !... » Derrière cet engagement, il y a aussi une part d’ambition plus ou moins assumée. Yannick a voulu se présenter aux législatives avant de se retirer « dans l’intérêt du parti ». Nathalie a été candidate aux municipale, aux régionales, en vain. Cette fois, son parti l’a investie aux législatives. « Je ne m’attendais pas à gagner si vite des responsabilités. Seul mon mari me voyait déjà députée ! » « Satisfaire mes motivations pour le collectif me suffit », assure Vincent. Mais les militants apprécient pas cette proximité avec les ténors de leurs partis. « Fabius me salue tout le temps ! », assure Yannick. Vincent s’en fiche : « Elus, collaborateurs d’élus et bénévoles, on est tous dans le même bateau. » Quant à Nathalie, elle a ses entrées à l’Elysée...
Que son engagement soit basé sur la recherche de sociabilité, l’altruisme, les convictions, la compensation d’une vie morne, ou l’ambition, un militant est à la fois un convaincu et un figurant. Dans les réunions avec la presse, on les reconnaît facilement, ce sont les seuls qui applaudissent !
FXG (agence de presse GHM)

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 08:23

ITW Greg Germain, chargé de la création de l’agence de diffusion des cultures d’outre-mer

Greg-Germain.jpg« La rencontre des mondes n’a jamais conduit à l’effacement »

Une agence de diffusion des cultures des outre-mer peut-elle être une priorité dans le contexte économique actuel ?

C’est vrai que nous sommes en pleine crise, TVA social, logement, le froid et ses victimes, la guerre en Afghanistan… Il n’en demeure pas moins que la    culture est quelque chose d’important et je considère que c’est un produit de haute nécessité.

Cette agence était une idée développée avec vous lors des états généraux de l’Outre-mer. Le président vous a chargé de la mettre en place. Quel rôle entendez-vous jouer en son sein ?

Je dois aux ministres de l’Outre-mer et de la Culture mais aussi à l’ancien délégué Patrick Karam d’avoir porté ce projet que j’avais écrit lors des EGOM. Le président m’a confié la direction de la préfiguration de cette agence et je voudrais dire qu’au-delà de sa création, cela ne se fera pas sans moi. Je veux remercier le président de la République qui me fait confiance pour mener à bien cette mission qui m’honore et qui m’oblige aussi. Dès la fin des états généraux et dès lors qu’il a eu ce projet en main, le président a décidé qu’il devait répondre de manière forte à la nécessité républicaine d’offrir à toutes les composantes de notre Nation des perspectives d’égalité des chances s’agissant tout particulièrement du droit à cette diversité culturelle apportée par l’outre-mer et qui est une vraie chance pour la France.

Comment est née cette idée d’agence lors des états généraux de l’Outre-mer ?

Elle est le résultat d’un constat, un constat accablant pour notre République : à de rares exceptions près, la quasi absence des artistes et des imaginaires d’outre-mer dans presque tous les domaines culturels de la Nation, cinéma, audiovisuel, spectacle vivant, musique, littérature…

Quelles sont les raisons de cette situation ?

Cette faible présence, tant dans le secteur privé que subventionné, est due aux difficultés des artistes d’outre-mer à se faire reconnaître et programmer par les diffuseurs et à assurer convenablement leur promotion en raison de l’éloignement. Elle est aussi due à l’absence d’un réseau susceptible d’accueillir régulièrement les productions des créateurs ultramarins dans l’Hexagone. Mais il y a encore la condescendance amusée ou méprisante avec laquelle les opérateurs culturels de l’Hexagone considèrent ce que font les créateurs d’outre-mer.

greg-Germain-2.jpgQuel rôle devra jouer cette agence ?

Cette agence est destinée à insuffler un nouvel élan à la création, à la diffusion, à la formation et donc au développement des cultures ultramarines et de leurs diasporas dans l’Hexagone et au-delà. L’agence permettra aussi que l’originalité et l’identité des imaginaires de l’outre-mer soient véritablement reconnues comme des éléments de la richesse culturelle de la France d’aujourd’hui et non pas comme des éléments d’exclusion implicites ou explicites.

Enfin, elle adressera la question de la relation entre les populations de ce pays, les œuvres qui les représentent, les imaginaires qui les traversent et les femmes et les hommes qui les incarnent.

Vous avez cité Edouard Glissant pour brosser votre future action, si vous êtes, comme vous l'entendez, à la tête de l'agence ?

« La rencontre des mondes n’a jamais conduit à l’effacement. Il y a tant de présences dans une ronde de tambours, tellement de langues dans un chœur de reggae ou une phrase de Faulkner, tellement d’archipels dans une envolée de jazz, et combien d’énormes rires de libération, de jubilation quand tout cela se rencontre. »

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 08:19

Marie-Luce Penchard appuie sur l’accélérateur

Tarifs de téléphonie mobile entre les outre-mer et l’Hexagone, promotion des hauts fonctionnaires dans leurs territoire, diffusion de la culture d’outre-mer dans l’Hexagone et à l’international sont les derniers chantiers lancés par le ministère de l’Outre-mer.

Germain-Penchard-Maximin.jpgA quelque 80 jours de l’élection présidentielle, la ministre de l’Outre-mer a mis le pied sur la pédale d’accélérateur. Hier à Paris, entourée de Greg Germain, Daniel Maximin, Jean- Bédier et Claudy Siar, elle a présenté les dernières mesures initiées par le président de la République lors de son discours de Cayenne de vœux aux Ultramarins. La téléphonie d’abord… « Il y a des problèmes de tarification autour de la téléphonie mobile » entre l’outre-mer et l’Hexagone ; a indiqué Mme Penchard qui a annoncé qu’une réunion sur ce sujet aurait lieu le 10 février prochain au ministère de l’Industrie « pour trouver une solution et un tarif acceptable ». Greg Germain s’est ensuite exprimé sur l’agence de diffusion  des cultures des outre-mer que le président lui a demandé de mettre en place. Son installation sous forme d’abord associative devrait être effective à la fin du mois et pourrait ensuite évoluer sous forme d’établissement public à vocation culturelle. Les missions de cette agence visent à donner un rayonnement suffisant à la création ultramarine en France hexagonale. Son budget, émanant des ministères de la Culture et de l’Outre-mer, n’a pas été communiqué mais, selon la ministre, il est inscrit au budget 2012. Autre nomination annoncée par le président de la République à Cayenne, celle de Daniel Maximin comme délégué général de l’action culturelle internationale des outre-mer. A l’instar de l’agence de diffusion, Daniel Maximin, sous l’égide du ministère des Affaires étrangères, sera en charge du rayonnement des cultures ultramarines à l’internationales, via l’UNESCO, la Francophonie, etc… « A la fin de cette année des Outre-mer, a déclaré Daniel Maximin, il faut continuer sur une chose toute simple, mettre en valeur cette dimension internationale parce qu’on sait qu’on a des choses à dire et à montrer. Et il faut rappeler au monde que la France, c’est aussi le Pacifique, l’Océanie, la Caraïbe… »

Promotion des hauts-fonctionnaires ultramarins dans leurs territoires

Jean-marc-Bedier.jpgEnfin, la ministre a présenté Jean-Marc Bédier, un préfet originaire de la Réunion, chargé spécifiquement de la promotion des originaires d’outre-mer dans les postes à responsabilité de la fonction publique afin qu’elle soit « plus représentative des bassins de vie locale ». M. Bédier dispose déjà de deux circulaires, l’une facilitant l’accès aux concours et une seconde  assouplissant les règles de promotion sur place sans passer par l’obligation de mobilité. Jean-Marc Bédier a annoncé son intention de commencer par donner plus de transparence et sur les postes à pourvoir et sur les assouplissements possibles et encore de permettre à certains fonctionnaires de devenir directeurs ou chefs de service en acceptant une mutation dans l’Hexagone mais avec des garanties de retour dans leur territoire par la suite. « Il pourrait y avoir une sorte de bourse d’échange, mais tout ça, en tenant compte du principe constitutionnel d’égalité d’accès aux emplois de la haute fonction publique ». Rappelons que désormais, le ministre de l’Outre-mer contresigne toutes les nominations de hauts fonctionnaires dans les territoires.

FXG (agence de presse GHM)


Le PS dénonce l’offensive gouvernementale sur la téléphonie mobile

Victorin Lurel s’étonne d’apprendre la « soudaine préoccupation » du gouvernement sur les tarifs de téléphonie mobile alors que, dit-il, « les députés de gauche ont proposé en vain un amendement visant à répondre très directement à cette problématique » (en mai 2009 lors de la discussion de la Lodeom ou lors de la discussion de la loi Châtel en octobre 2011). Cet amendement proposait que les communications de téléphonie mobile émises depuis ou vers les départements d’Outre-mer ou entre deux départements d’Outre-mer soient incluses dans les offres de base des forfaits des opérateurs de téléphonie mobile et qu’elles ne puissent pas faire l’objet d’une surfacturation pour cause d’itinérance.  « Plusieurs fois représenté, cet amendement a été systématiquement rejeté par le gouvernement qui s’en est à chaque fois remis à des demandes de rapports qui dorment dans les tiroirs de Bercy et de la rue Oudinot et qui ressortent opportunément pour maquiller en trois mois le bilan de cinq ans de passivité sur ce sujet. »

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 09:52

La cour de Cassation donne raison à l’Autorité de la concurrence contre Orange Caraïbes

La chambre commerciale de la Cour de cassation a accueilli favorablement le pourvoi de l’Autorité de la concurrence dans l’affaire qui l’oppose à Orange Caraïbes et France télécom, suite aux saisines de Digicel et Outremer Télécom. L’autorité avait émis en 2009 une amende de 63 millions d’euros à l’encontre d’Orange Caraïbes et de France Télécom pour avoir freiné, entre 2000 et 2005, le développement de la concurrence dans la téléphonie mobile, notamment via des pratiques d’exclusivité et de différenciation tarifaire abusive entre les appels « on net » (vers son réseau) et les appels « off net » (vers un réseau concurrent). La cour d’appel avait ramené ce montant à 60 millions en écartant les dispositions fondées sur le droit européen, arguées par l’Autorité. A la suite du pourvoi de l'autorité, la Cour de cassation, dans son arrêt du 31 janvier dernier, indique que la cour d’appel aurait dû, comme l’avait fait l’Autorité de la concurrence, appliquer le droit européen et non l’écarter. Elle renvoie donc l’affaire devant la cour d’appel de Paris qui devra la rejuger en tenant compte des deux droits, français et européens. Le montant de l’amende pourrait donc retrouver son niveau de 63 millions d’euros.

FXG (agence de presse GHM)

 

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