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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 06:36

Noirs de France sur France 5NOIRSDEFRANCE-illustration.jpg
L’historien Pascal Blanchard et le réalisateur Juan Gélas se sont intéressés, dans la série documentaire (3x52’) Noirs de France, aux Africains, Malgaches, Réunionnais, Martiniquais, Guadeloupéens, Guyanais, Comoriens, Haïtiens, Kanaks, mais aussi Parisiens, Marseillais, Lillois qui sont Français et Noirs. Il y a des noirs en France ; comment sont-ils arrivés, pourquoi sont-ils restés, comment se sont-ils adaptés, comment ont-ils été perçus ? Pour les auteurs, ils sont « les héritiers de siècle de lutte pour obtenir la liberté, l’égalité et la fraternité. » La série mêle des documents d’archive et des témoignages pour restituer ce que les Français ont encore parfois du mal à appeler un « passé commun ».
A partir de dimanche 5 février, dans la Case du siècle, présentée par Fabrice Almeida, à 22 heures.


NOIRSDEFRANCE-legitimus.jpgITW Pascal Légitimus
Le comédien d’origine antillaise fait partie de la trentaine de personnes qui témoignent dans le film de Juan Gélas et Pascal Blanchard, Noirs de France.
« Il y a un manque d’amour »
Pourquoi avoir voulu témoigner dans ce film ?
J’ai accepté de témoigner parce que ma famille a pas mal œuvré pour aider d’un point de vue associatif les Antillais qui débarquaient en France. Mon grand-père, Etienne Légitimus, le mari de Darling, ma grand-mère comédienne, a créé, lorsqu’il est arrivé, une association qui permettait aux Antillais de s’exprimer culturellement, artistiquement, socialement. Il leur trouvait des crèches, du travail, des places dans les lycées ou les collèges. Il avait créé un gros mouvement associatif qui s’appelait La Solidarité antillaise. Mon père a ensuite continué l’œuvre en tant qu’acteur entre les années 1960 et 1990. Il a fait partie de cette première troupe d’acteurs noirs qui s’appelait les Griots. Ils défendaient les œuvres des auteurs africains ou afro-américains. Issu de cette famille, je me devais de témoigner de ce passif. Et puis, j’ai été comédien à mon tour, alors forcément j’ai fait partie de ce paysage culturel et audiovisuel… Donc, j’avais des choses à raconter, des témoignages à restituer.
Avec l’histoire de votre famille, vous participez aux trois épisodes du film qui séquencent « le temps des pionniers (1889-1940) », « le temps des migrations (1940-1974) » et « le temps des passions (1975 à nos jours) »…
Pratiquement. D’un point de vue artistique aussi bien que politique parce que mon arrière grand-père, Hégésippe Légitimus a été un des premiers députés noirs. Il y a une lignée Légitimus qui a continué à être médiatisé.
Y a-t-il quelque chose de commun à ces quatre générations de Légitimus par rapport au fait d’être Noirs de France ?
Le point commun est qu’on passe notre temps à rétablir la normalité, à savoir qu’on essaie de faire exister légitimement, c’est le cas de le dire, les personnes de couleurs alors qu’on ne devrait pas le faire. Donc s’il y a eu un agissement comme ça depuis un certain temps, c’est qu’il y avait une carence, une sous-évaluation et il m’a fallu tout le temps essayer de réharmoniser, de mettre en avant les talents des DOM-TOM, ceux qu’on appelle les Ultramarins. On a toujours été infériorisés pour des raisons culturelles, d’éducation mais aussi de connerie, faut le dire ! La famille Légitimus a toujours été une espèce de Robin des bois qui essayait d’aider les gens mal perçus.
Et entre les divers témoignages de cette série, ceux de Manu Dibango, d’Harlem Désir, de Christiane Taubira, de Lilian Thuram ou le vôtre, y a-t-il là aussi des traits communs ?
Oui bien sûr, parce que c’est le même combat, la même bataille…
Y a-t-il une persistance dans la perception du Noir dans la société française ?
L’homme est toujours un loup pour l’homme. Il n’y a qu’à voir comment ça se passe dans le monde entier… Il n’y a pas que chez nous ! Ce n’est pas un racisme qui est du à la peur tout simplement et il n’y a pas que les Noirs de France qui en sont victimes ; il y a aussi les handicapés, les aveugles, toutes les personnes qu’on considère inférieures, différentes. De notre côté, c’est la couleur de la peau parce que c’est visible… Mais comment peut-on penser que l’extérieur est plus fort que l’intérieur ?…
Le propos de ce film ne rejoint-il pas justement le thème du spectacle que vous jouez en ce moment*, Alone man show ?
Bien sûr c’est ce que m’a dit Lilian Thuram quand il l’a vu, par rapport à son parcours, mais aussi par rapport à l’exposition du musée du quai Branly, l’Exhibition du sauvage. Ce que je raconte dans mon spectacle, ce n’est que le regard des autres car c’est l’autre qui m’a fait sentir ma différence. Je suis né à Paris, mon père est né à Paris donc je me sens beaucoup plus Français que certains mais forcément j’ai reçu des brimades qui me faisaient sentir que j’étais quelqu’un qui n’était pas forcément Français. J’ai du me bagarrer beaucoup plus que les autres, travailler beaucoup plus pour être quelqu’un de normal.
C’est pourquoi vous avez jugé nécessaire de faire votre « coming black » dans ce spectacle…
Je restitue un parcours de mon histoire, je fais un constat. Je ne suis pas dans l’animosité mais je veux que les personnes puissent savoir comment ça s’est passé. Je me considère, à mon niveau, comme un prof d’histoire.
 Que voudriez-vous que les téléspectateurs retiennent de ce film sur l’histoire des Noirs de France ?
Qu’ils prennent conscience que la France n’a pas toujours été chaleureuse, ouverte par rapport aux trois mots qui sont sur les frontons des mairies, liberté, égalité, fraternité. Il faut aussi reconnaître ses erreurs et puis faire en sorte dans l’avenir de ne pas recommencer. Au final, tout ça a existé parce qu’il y a un manque d’amour. S’il y avait eu plus d’amour, on n’aurait peut-être pas eu cette discussion là !
Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)


Les trois épisodes de la série Noirs de France seront diffusés sur France 5, les 5, 12 et 19 février à 22 heures

*Le spectacle de Pascal Légitimus, Alone man show sera en tournée en France à partir du 2 février. Il sera le 13 avril à Marseille, le 14 avril à Sanary, le 25 mai à Aix en Provence et le 26 mai à Nice


Un livre indispensable

Ils sont noirs, d’Afrique, des Antilles, de Nouvelle-Calédonie, d’Amérique du Sud. Ils ont fait et font la France. Un beau livre intitulé « La France noire » raconte leur histoire. L’auteur, Pascal Blanchard, avec la contribution de philosophes, historiens, politologues, spécialistes de la littérature antillaise, parmi lesquels se trouvent Romuald Fonkoa et Françoise Vergès, retrace en 360 pages trois siècles de présence.
Le livre à forte dimension esthétique et graphique raconte en image, en texte et en citations leur histoire, notre histoire, une partie de l’histoire de France trop rarement mise en lumière.
Elle commence aux alentours de 1685, à l’heure du code noir, passe par les deux décennies qui achevèrent la conquête coloniale (1890-1910) et les guerres de 14-18 et 39-45. Qui se souvient des quatre mille Noirs évadés d’Allemagne, des Frontstalags français ou rapatriés sanitaires, qui se sont engagés dans la Résistance ? Citons Blaise Diagne en 1915 qui disait que « quand une maison brûle, tous les habitants ont le devoir d’éteindre l’incendie (…). La maison c’est la France qui comprend le pays des noirs et le pays des Blancs ». Rappelons-nous de cette phrase du générale de Gaulle à l’attention de Jacques Foccart, en novembre 1968,  dont on aurait préféré qu’elle fut prononcée un autre : «Cela suffit comme cela avec vos Nègres…Il y a des Nègres à l’Elysée tous les jours. Vous me les faites recevoir. Vous me les faites inviter à déjeuner…Mais cela fait très mauvais effet à l’extérieur.»
Un chapitre est également consacré aux années 1957-1974, période de l’immigration afro-antillaise et du Bumidom, à la France Black Blanc Beur à son apogée en 1998 et au pays métissé d’aujourd’hui où la discrimination n’a pas disparu.

Editions La découverte


 

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 05:51

Claude Ribbe dément toute proximité avec le Front national

A la suite de la publication d’un article sur le ralliement de Charles Dagnet au Front national, l’écrivain d’origine creusoise et marie-galantaise, Claude Ribbe, indique : « Je n’ai absolument aucun rapport avec le Front national, dont les idées ne sont pas les miennes, ni avec Marine le Pen que je ne connais pas et dont je ne soutiens pas la candidature. » Quant à sa proximité avec Charles Dagnet, il précise : « Les engagements de Charles Dagnet vis-à-vis à tel ou tel candidat n’engagent évidemment que lui-même et je n’ai pas manqué de lui demander récemment (lors du déjeuner au Zimmer, sans doute, NDLR) une confirmation, ayant été étonné d’apprendre par la presse qu’il ferait partie du comité de soutien de Marine Le Pen. » Claude Ribbe admet simplement avoir écrit en septembre dernier à la présidente du Front national comme à 15 autres candidats, déclarés ou présumés, à l’élection présidentielle au nom de l’association des amis du général Dumas, dont il est le président, pour leur poser la question suivante : « Si vous étiez élu(e), accepteriez-vous, oui ou non, de reconnaître solennellement le droit du général Dumas de faire partie de l’ordre national la Légion d’honneur, privilège auquel il avait droit, et qui lui a été refusé, du seul fait de sa couleur et de ses origines, en 1802. » Il assure enfin que les réponses de tous les candidats, dont celle de Marine Le Pen - pas reçue à ce jour - seront rendues publiques le moment venu.

FXG (agence de presse GHM)

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 12:37

3 questions à Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche
Jean-Luc-Melenchon-2-copie-1.jpg« L’élection présidentielle sera comme un referendum pour ou contre l’austérité »
Comment expliquez-vous que Nicolas Sarkozy s’en prenne au capitalisme financier et aux banques, ce qui appartient plutôt à votre registre ?
Sarkozy est maître d’une technique de communication qui a été inventée par Tony Blair en Grande-Bretagne, qui s’appelle la triangulation. Ca consiste à prendre les mots de ses adversaires pour les vider de leur sens. C’est comme ça que vous voyez M. Sarkozy faire des discours contre le capitalisme, pour moraliser la finance, pour réduire le rôle des banques… Mais il fait tout le contraire. Nous voyons là le caractère très globalitaire de ce type de propagande et de l’ordre dominant qui empêche de penser en volant les mots. Je crois que c’est là le sommet de la communication de propagande. Mais dans la réalité, la politique de Nicolas Sarkozy, c’est celle de la concurrence libre et non faussée.
Pensez-vous que les socialistes soient condamnés à poursuivre la même politique d’austérité que celle de la droite ?
En quelques jours François Hollande a annoncé un plan d’austérité qui prévoit 50 milliards d’économies budgétaires, il a renoncé à la retraite à soixante ans et fait appel à Bayrou ! Cette contraction de la dépense publique et sociale conduit la société dans une impasse. François Bayrou a, lui, prévu 100 milliards… Tout ça va être prélevé quelque part ! Ce sont des infirmiers, des postiers, des agents des services publics partout en moins… Or, l’emploi public peut être un moteur du développement endogène. Dès lors, on peut dire que l’élection présidentielle va aussi fonctionner, là comme ailleurs, comme une sorte de referendum pour ou contre l’austérité. Nous, nous sommes pour la relance sociale et écologique de l’activité ; eux sont pour l’austérité. Alors vous avez le choix.

Voulez-vous préciser votre offre ?
La question essentielle pour moi est celle qui va départager les libéraux et les planificateurs du modèle social écologiste.
Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)



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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 10:35

La Bouvet Guyane est partieDepart_de_la_Bouvet_Guyane_2012.jpg

Comme prévu les 23 rameurs solitaires ont franchi ce matin à 10 H TU (heure locale) la ligne de départ de la troisième édition de la Bouvet Guyane. Le temps était idéal avec un soleil légèrement voilé, une mer calme et un vent modéré de NE. « On a eu une chance insolente avec la météo », lâchait avec un immense soulagement Michel Horeau, co-organisateur de l'épreuve. Retour sur une journée historique pour l'aviron océanique.

07H30'. Le jour vient de se lever sur Dakar. Un car quitte l'Hôtel N'Gor avec à son bord des skippers au visage tendu. Direction l'anse Bernard où les canots paressent à leurs mouillages. Les navigateurs sont emmenés à bord par des navettes locales. Après d'ultimes rangements, les marins se mettent en tenue de « travail » : casquette saharienne, lunettes de soleil, t-shirt manches longues et gants.

09H54'.Depuis l'Etoile Magique, le grand catamaran qui accompagne la course, Michel Horeau lance la procédure de départ en VHF. Tous les canots évoluent au nord de la ligne tendue entre deux bouées à proximité de la plage. Tous, sauf trois dont les skippers redoublent d'ardeur pour revenir face au vent du bon côté afin de ne pas encourir une pénalité comme le veut le règlement.

10H. C'est parti. D'entrée de jeu, il est clair que bon nombre de concurrents sont venus sur la Bouvet Guyane avec des ambitions de résultat. Les canots partent en rangs serrés comme pour une régate d'aviron en rivière. C'est un bon départ  emmené par Christophe Letendre galvanisé par son fan club de chez Bouvet venu tout exprès de France pour encourager «leur » skipper. Seul Rémi Dupont se prend l'étrave dans la bouée de bout de ligne et perd un temps précieux tout comme le guyanais Jean-Emmanuel Alein qui fait l'extérieur de la ligne et  doit revenir la passer correctement. Ce qui prend toujours trop de temps quand le canot lourd d'une tonne est propulsé par une seule paire d'aviron. Un peu plus tard deux canots se touchent, ceux d'Eric lainé et Pascal Vaudé... Sans conséquence. Il faut dire qu'il y a du monde sur l'eau et les rameurs tournent le dos à leur étrave. Ils ne voient pas ce qui se passe devant.

10H15'. Jean-Jacques Gauthier, champion d'aviron, prend sans surprise la tête de la flotte, comme il l'a fait lors du prologue à Brest. Ce grand gabarit conduit ses avirons avec une infinie douceur et une redoutable efficacité. Dans son sillage évoluent Guillaume Bodin, excellemment parti lui aussi, Christophe Letendre, Pierre Mastalski et plus loin au vent Jean-Christophe Lagrange, le « voileux » de La Transat. Ils passent dans cet ordre le Cap Manuel. A bord du bateau à passagers où sont rassemblés deux cent spectateurs, le GPS indique une vitesse de 3 nds : « C'est énorme» lance Jean-Luc Torre, concurrent de la précédente édition. Patrick Bouvet, partenaire de la course, n'est pas étonné : « la course se professionnalise dans le sens où les concurrents sont mieux entraînés et préparés que la dernière fois. Ça va aller plus vite ». On  dit même que le premier pourrait atteindre la Guyane en 35 jours. Tout dépend de la météo !

11 H. Les écarts se creusent entre les premiers et les derniers et des groupes se forment avec des exceptions. Comme Benoît Souliès, encore un grand gabarit  joueur de rugby de niveau national à Toulouse, qui emprunte une route le faisant passer au nord de l'île de la Madeleine. La tendance partagée par les leaders était de forcer sur les avirons les premiers jours pour tenir cap à l'Ouest. Benoît est de ceux-là et plus encore. En milieu de la flotte, on apprend que Rémi  Dupont s'est fait aborder par un pêcheur mais sans dommage et qu'Eric Lainé aurait cassé la planchette de son cale-pied en tirant un peu trop fort sur les avirons. Dans l'immédiat cela ne l'empêchait pas de caracoler dans le peloton de tête, mais il lui faudra trouver une solution pour remettre en état cet équipement indispensable à la tâche.

12 H. Le vétéran, Didier Lemoine, ferme la marche à proximité d'Henri-Georges Hidair dit « Le Sénateur ». La flotte s'étale sur un bon mille. En se retournant il ne verra même plus les canots de tête tellement ces embarcations sont basses sur l'eau. Le soleil a percé les nuages et le vent a un peu molli. « En fin de journée, confie Jean-Luc Torre, ils auront perdu la côte de vue. Et là ce sera effectivement parti ». Pourtant les solitaires ne seront pas encore complètement seuls sur mer. Il y a les petits bateaux de pêche peu ou pas éclairés la nuit et puis les cargos tant redoutés un peu plus au large. La première nuit va se passer aux avirons pour beaucoup. Prudence, la route est longue, très longue.

NB : classement actualisé sur le site de la course http://www.bouvet-guyane.com/

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 08:31

Le Sénat adopte la nouvelle gouvernance des ports d’outre-mer
« Ca améliore l’existant, mais ça n’est pas au service du développement », a indiqué Georges Patient, (Guyane app. PS), sitôt l’adoption, jeudi soir, de la loi de la réforme portuaire dans les 4 DOM. « C’est une pièce de puzzle qui doit s’intégrer dans une stratégie de développement », a encore appuyé le sénateur Serge Larcher (Martinique app. PS) qui aurait voulu avoir la boîte du puzzle en entier… Vers 21 heures, jeudi, la réforme des ports d’outre-mer relevant de l’Etat a été adoptée à l’unanimité des présents dans un Sénat quasi désert. A gauche, MM. Cornano, Antiste, Larcher, Patient, Vergès ; à droite, MM. Fontaine et Magras… « Nous sommes tous d’accord et vaut mieux tard que jamais », avait indiqué Maurice Antiste pendant la discussion générale. Mais s’il y avait consensus, le texte adopté par les sénateurs diffère de celui voté par l’Assemblée nationale et devra donc retourner devant la commission mixte paritaire (députés et sénateurs) la semaine prochaine.  La loi réforme la gouvernance des quatre grands ports de la Réunion, la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane. Il s’agit de mettre fin à la gestion par l’Etat et les CCI (dans trois des quatre ports  - la Guadeloupe étant déjà un port autonome) pour mettre en place des établissements publics locaux et une gouvernance rénovée avec des représentants des collectivités locales. Les sénateurs ont obtenu d’adjoindre en sus un représentant des associations de consommateur malgré l’avis défavorable du gouvernement. Thierry Mariani, ministre des Transports a concédé un représentant de plus en Guadeloupe… Mais comme le gouvernement n’a pas de majorité au Sénat, l’article 3 qui ne concerne aucunement cette affaire de gouvernance portuaire (il s’agit d’une série de mesures sur les transports intérieurs : le temps de conduite des routiers, l’aviation civile… qui doivent être pris d’urgence afin d’éviter une amende de Bruxelles), que les parlementaires ont appelés « texte voiture balai », a été rejeté intégralement. Faute de consensus en commission mixte, le dernier mot reviendra aux députés.
FXG (agence de presse GHM)

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 07:47

Le DGOM et le CMAI rencontrent les associations
Le quatrième rencontre des associations avec la délégation générale à l’outre mer de la ville de Paris, dirigé par le Martiniquais, Jean-Claude Cadenet,  a eu lieu dans un endroit  magique, le Pavillon de l’eau, en bord de Seine, dans le 16e arrondissement.Jean-Claude-Cadenet-et-son-equipe-Etienne-Nicole-Geneviev.jpg Dans le hall d’entrée, le public venu nombreux, 200 personnes, est accueilli par la direction des usagers, des citoyens et des territoires (DUCT), et des spécialistes chargés des subventions aux associations. Ils étaient sur le pied de guerre pour expliquer, renseigner, informer sur les mécanismes d’attribution des subventions et pour l’aboutissement d’un dossier. Mais aussi voir et découvrir la très belle exposition itinérante sur Joseph Zobel, « Joseph Zobel, le cœur en Martinique et les pieds en Cévennes », que Patricia Thierry a eu la fierté d’expliquer. Plus-de--150-personnes-presidents-et-membres-d-association.jpg« Je suis très touchée de vous présenter cette exposition sur Joseph Zobel. C’était mon désir de rendre hommage à un homme et sa création et surtout une envie de remettre en valeur ses textes, des réflexions très actuelles », a-t-elle expliqué devant l’auditoire. Une vraie passion partagée. Dans la salle de l’auditorium, le groupe musical mahorais de Sarah Médard, K-Danses des iles, pousse la chansonnette. Un premier contact avant la grande fête qui doit suivre à l’hôtel de ville de Paris pour célébrer la signature de la convention entre la ville de Paris et le conseil général de Mayotte. Le sixième dom est en marche dans la capitale.
Cette rencontre associative a débuté pour la première fois en 2009 au chaix de Bercy avec 20 personnes. Elle est aussi devenue l’occasion de remercier ceux qui par leur engagement, leur militantismes jouent un rôle important dans la construction du vivre ensemble et le maintien des traditions de la France d’au-delà des mers.
Jean-Claude Cadenet a présenté son bilan de l’année écoulée : fête des cuisinières de Guadeloupe, fête des vendanges de Montmartre, carnaval tropical, des nombreuses projections documentaires, la nuit créole, etc…… En tout, plus de quarante cinq manifestations dont la dernière en l’honneur d’un illustre homme de la RGenevieve-Theaulaz-recoit-ses-invites-pour-la-quatrieme-.jpgépublique, Gaston Monnerville. « Le carnaval sur les Champs Elysées a vu défiler 7000 personnes,  450 000 spectateurs  réunis pour l’occasion, pas  un seul incident, pas une seule cravate de tirer alors qu’on avait peur de nous prêter les Champs Elysées. Ça c’est le rapport de la préfecture de police de Paris ! » L’événement avait mobilisé un imposant service de sécurité, digne d’un match PSG-OM. Mais il n’a pas eu un mot sur les faits qui s’étaient déroulés autour du stade Charlety.
Eliane-Mavinga-du-Casodom-Mariline-Monin-de-Tous-Creole---.jpgMais sans le CMAÏ, la DGOM n’aurait pas d’yeux, ni d’oreilles dans la vie ultramarine de la capitale. C’est en ce sens que le directeur du CMAI, Michel Mauvilieu, a pris la parole pour présenter son bilan. Ce centre d’accueil de la ville emploie quinze personnes ayant pour mission première d’accompagner les originaires d’outre mer rencontrant des problèmes particuliers (logement, plus de trois demandes par jour, emploi-formation, social et juridique…) Le CMAÏ ne veut  pas être un guichet unique et ne peut pas sortir du droit commun. Son rôle est de dynamiser et d’optimiser les demandes et les aides en faveur des originaires des différents pays d’outre-mer vivant à Paris. Joseph-Ahekoe-et-son-equipe-de-Trans-continent-photo-Alfr.jpgUn travail qu’il mène en étroite collaboration avec le CASODOM.  Il existe une communauté qui vit dans une grande précarité sociale. Leur nombre est en augmentation constante depuis sa création. Rien que pour les trois dernières années, c’est plus de 36 % de visites supplémentaires. Le chiffre qu’avance Michel Mauvilieu fait froid dans dos. 2760 personnes ont poussé la porte de la rue Léon-Frot pour être entendue et aidée. C’est le bras armé de la DGOM.
Mais que pense Jean-Claude Cadenet quand il lance cette phrase d’Edouard Glissant : « Il n’y a pas de civilisation qui soit la métropole des autres » ? Une chose est sûre, sa mémoire garde une place pour les nombreux Haïtiens qui sont toujours sans logement et pour la chanteuse capverdienne Césaria Evora dont les nostalgies lui disent encore quelque chose. Un combat qu’il conduit avec ses tripes.
Alfred Jocksan


Ils ont dit
Hamou-Boukkaz--adjoint-au-maire-de-pazris-photo-Alfred-Jock.jpgHamou Bouakkak, adjoint au maire de Paris, chargé de la démocratie locale et de la vie associative : « J’ai l’espoir en 2012 que plus d’associations d’outre-mer feront partie de ces maisons d’association qui  sont là pour faire vivre la dimension outre-mer dans le mouvement associatif parisien. Ce sont ces associations qui font revivre la mémoire d’un grand de l’outre mer, d’un de ces hommes qui honorent  l’outre-mer, qui honorent la France mais qui honorent aussi l’humanité, l’humanité qui lutte pour la liberté, l’humanité qui lutte pour l’émancipation, l’humanité qui lutte pour une certaine vérité sur les rapports humains. Je veux  parler de nos actions autour de la mémoire de Franz Fanon qui est un exemple pour nous tous. Il a été le Mozart de la lutte pour l’indépendance, le Mozart de la véritable désaliénation des colonisés.  C’est avec fierté que je suis impliqué dans ce combat et ce combat marquera une étape importante lorsque nous aurons enfin un lieu dédié à Franz Fanon dans cette ville de Paris. C’est le vœu que je forme pour 2012. Car Franz Fanon est l’aiguillon dont la culture antillaise a besoin à Paris. »
Michel-Mauvilieu--directeur-du-CMAI-photo-Alfred-Jocksan.jpgLe directeur du CMAÏ, Michel  Mauvilieu : « Au CMAÏ, nous avons un vrai rôle social, nous sommes utiles. Nous aidons les membres de la communauté  dans leur détresse, leur problèmes de logement, emploi-formation, juridiques, sociaux, donc nous avons une certaine utilité et les gens nous apprécient et n’hésitent pas à venir nous voir. En haut de la pyramide, c’est d’abord le logement, suivi du social. On a beaucoup de familles monoparentales, de mères seules, de jeunes avec plusieurs enfants. Les originaires d’outre mer sont très impactés dans les problèmes liés à la précarité de la société. C’est plus difficile d’être précaire socialement quand on est loin de son département de naissance.  Je me rends compte que nos compatriotes ne savent pas trop comment ça se passe en Hexagone. Ils se lancent dans des projets et c’est en arrivant sur place qu’ils se rendent compte comment les choses sont difficiles. Le mode de vie métropolitain n’a rien à voir avec ce que nous connaissons chez nous. »
Jean-Claude-Cadenet-photo-Alfred-Jocksan-1.jpgJean-Claude Cadenet, délégué général à l’outre mer à la mairie de Paris : « Nous sommes sur deux versants, culture et droit commun. A la demande du maire, Bertrand Delanoë, nous avons développé un troisième axe qui est un axe d’échange et de partenariat avec les collectivités locales d’outre-mer. Et cet axe se traduit dans des conventions. Il y a déjà trois convenions qui sont signés avec la Réunion, la Martinique, la Guadeloupe et le prochain sera avec Mayotte. Il y a encore des difficultés à surmonter telle que la question de la mobilité des fonctionnaires entre les collectivités. On travaille pour beaucoup plus de fluidité. »

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 06:31

Zendiyen Gwadloup
photo-Sidambarom-HENRY.jpgZendiyen Gwadloup, la force qui va ! C’est le prochain documentaire de Michel Reinette et Laurent Champonnois, produit par Frédéric Tyrode Saint-Louis de Beau Comme une Image. Les images ont été diffusées en avant première à Paris mardi dernier, à l’auditorium de l’hôtel de ville. La saga de la famille Vaïtilingon et de la communauté indienne de Guadeloupe  s’articule autour de la réussite de la famille par le travail, et de personnalités de la communauté indienne qui font la Guadeloupe d’aujourd’hui. Une famille qui s’impose comme une des forces vives du développement du pays. Ils sont dans l’agriculture, le ramassage d’ordures ménagères, le terrassement ou autres. De leur histoire douloureuse à leur réussite économique, de leur pratique spirituelle et leur engagement culturel, de leur vie quotidienne à leurs loisirs pour riches comme les petits plaisirs, tous est là. Pourtant, le déracinement, la souffrance, les quolibets, les insultes sont passées par là. Ils sont une composante du peuple guadeloupéen et de son histoire. Ce film contribue à leur réhabilitation depuis la sortie des cales de l’Aurore, ce navire qui débarqua les premiers coolies en 1853. ITW de l'auteur, Michel Reinette


" Je suis un indépendantiste apaisé "
Michel-Reinette-2-photo-Alfred-Jocksan.jpgPourquoi ce genre de film sur la société indienne guadeloupéenne ?
Nous appartenons à des populations qui sont toujours enquête de repères, de reconnaissances par apport à eux-mêmes. Ce genre de film ce n’est pas pour nous faire valoir, mais pour nous faire valoir à nous même. Pour se connaitre, plus on se connaît, mieux on s’aime et  mieux on apprend à aimer les autres. Le problème existé en pays colonisé ou comme écrire en pays colonisé c’est être une partie de soi-même, donc  il est important de reconquérir, de récupérer, de se regarder, de se connaitre. Je me souviens que Daniel Maximin disait : «  L’antillais dit oui devant et non derrière »,  parce qu’il a du mal à se regarder.  Et, regarder les autres sans aplomb, sans prétention, mais comme un homme malgré les années d’esclavage. Ce film là, est une version sauvée de ce que nous voulions faire au départ puisqu’il devait se terminé dans une contré continentale de l’Inde du coté de Calcutta. Malheureusement  ça n’a pas pu se réaliser car un membre important du film a eu un accident qui lui tient encore depuis plus de dix huit mois dans une situation comateux dans un hôpital suite à un accident. C’et un peu ce soir un hommage qu’on lui rend à Bruno Vaïtilingon à travers cette projection. Lui qui voulait, à travers ce documentaire, donner le signal d’une émergence qui existe déjà du point de vue économique, du point de vue social et sociétal  pour ces communautés venues  en 1854, six ans après l’abolition de l’esclavage, remplacées les noirs sur les plantations. Ces indiens ont connus pratiquement les mêmes sorts. Ils ont connus une situation extrêmement difficile. Un vécu complètement démonétisé qui les a poussés à se replier sur eux –même, à avoir un comportement un peu clanique. Certains d’entre vous doivent se souvenir comment leur passage était accompagné des quolibets. Beaucoup de souffrances. Il se trouve que la vie est faite comme ça.
Michel-Reinette-74-photo-Alfred-Jocksan.jpgVous effleurez du bout des doigts l’histoire d’Henry Sidambarom, cet homme indigné du sort réservé à ses semblables dans la Guadeloupe de jadis. Comment expliquez-vous ce petit passage ?
Evidement les choses ont été comme l’histoire d’Henry Sidambarom qui est un monsieur  qui a combattu bec et ongles et passant par la case prison, d’ailleurs, pour que les faits indiens soient admissent, afin que les indiens deviennent des citoyens, puis qu’ils furent longtemps  apatrides, méprisés. Je dirai c’est un peu notre père à tous, antillais. Le combat fut rude. Il fut instructif pour les autres guadeloupéens  qui soient, blanc, noir, jaune. Il est  important aujourd’hui de voir qu’il y a une population, un peuple qui existe avec toutes ces forces. Je suis vraiment heureux et j’espère que ça ressort dans le sujet. Je voulais montrer finalement qu’il existe une dynamise de peuple. Même ci je trouve que mon ami Faroudjia est un peu excessif lorsqu’il dit que la nation va émerger, il va prendre son indépendance.   
Dans cette saga Vaïtilingon, on ressent plutôt une opposition noire et indienne. Comment  fonctionnent les Indiens avec les békés ?
Comme partout dans le monde. Le raciste est d’abord social. Donc, les indiens qui sont riches sont très potes avec les békés. Pour autant, ils restent tout de même dans une espèce d’arithmétique ethnique qui existe dans nos pays qui fait que les békés sont les békés, les Noirs sont les Noirs et les Indiens sont les Indiens et on arrive à se retrouver. Ceux qui sont moins émergeant économiquement sont moins potes avec les békés. Dans ce pays, il existe le code des couleurs qui pourrait être une richesse, mais certaines fois devient un handicap. On le sait notre société fonctionne sur les préjugés de couleur, malheureusement. 
C’est un véritable travail documentaire sur cette société que vous portez à l’écran ?
Michel-Reinette-5-photo-Alfred-Jocksan.jpgMon travail documentaire est fait pour que les Antillais et les Guyanais  s’approprient leurs histoires. Leur histoire d’homme, pas l’histoire dans le sens du continuum. Mais, vraiment  l’histoire des hommes qu’ils sont. J’ai encore la faiblesse de penser que mieux l’on se connaît, mieux l’on apprend à aimer les autres et mieux l’on appréhende le monde. Le fait indien guadeloupéen me tenait beaucoup à cœur parce que j’ai connu les cérémonials maléfiques des quolibets qui accompagnaient les indiens quand ils passaient. Il était important pour moi de restituer une exigence de situation qui permet de montrer la dimension plurielle de ce pays Guadeloupe qui fait que les indiens sont au même titre que les noirs, que les blancs, que les bleus, que les jaunes constitutifs des peuples guadeloupéens.
Pourquoi avez-vous choisi la famille Vaïtilingon et pas une autre ?
Je voulais à travers la réussite d’une famille montrer un cheminement.  Ce n’est pas une réussite héritée, c’est une réussite construite, en l’occurrence par le travail, par l’opiniâtreté, par la possibilité de prendre l’ascenseur social dans un espace pas très évident.  Je peux vous dire qu’être indien en Guadeloupe, cela n’a jamais été une sinécure. Des gens par leurs déterminations tiennent le haut du pavé. Ça m’intéressait, sans négligé pour autant les autres. Mais, l’exemple des Vaïtilingon, comme celui des Gadarcan et d’autres familles indo-guadeloupéenne étaient intéressant à montrer parce qu’il est  exemplaire, précisément.  
Michel Reinette êtes-vous un documentaliste engagée sur les faits de société, de sa société ?
Oui… Engagé dans la vie. Nous Guadeloupéens, Martiniquais, Guyanais engagés dans cet espace qu’on appelle les départements français d’Amérique, nous avons ce que j’appelle le malaise identitaire qui fait que nous sommes d’un coté complètement guadeloupéens, de l’autre coté complètement français ou en tout cas un peu les deux. On a ce truc là, é nou ka bigidi (hésiter). L’idée est de réapproprier soi-même pour avoir la force d’être debout et affronter les choses dignement, en tant que personne verticale. C’est vrai, il m’importait énormément de traiter l’histoire de la migration antillaise à travers le BUMIDOM. Parce que c’était une migration organisée dans un but politique, comme j’ai parlé de la situation de la femme caribéenne, dans "Moi, noire féminin pluriel". Là, il m’m’importait de parler aussi de cette composante particulière de la Guadeloupe qui est un marqueur important. Nous sommes une société dont le morphotype traduit les différentes influences, à la fois culturelle, ethnique, etc.… Jodila prèmyé manjé gwadloup sé colonbo. Parfait, ça vient des Indiens.
Michel-Reinette-85---Alfred-Jocksan.jpgDans cette saga, vous montrez la dimension politique de la lutte et de l’émancipation d’une catégorie de la population de Guadeloupe ?
Complètement, il faut qu’on sache entendre ça. Et non pas en termes de quête, mais en termes d’affirmation. A partir du moment où l'on affirme c’est qu’on a réussi à dépasser précisément les peurs de l’histoire qui nous on fait trembler. Aujourd’hui, je ne suis pas dans une quête, je sais qui je suis. Donc, j’affirme et en affirmant, je montre que je suis debout à regarder les gens, non pas de manière arrogante, mais de manière complètement amicale et égalitaire. Un homme est un homme.
Est-ce que votre façon d’avoir un pied à Paris et l’autre à Pointe-à-Pitre ?
Oui, il y a un peu de ça. Il y a aussi ma façon à moi, dans cette société, que je trouve très « fanonienne ». Fanon disait  que le Noir n’est pas un homme, c’est un homme noir. Moi, je vous dis,  pas comme Césaire « le Noir vous emmerde »,  l’homme noir  vous regarde dans les yeux comme un homme regarde un homme. Tout ça s’est fait pour ça. C’est réapproprié son moi, au delà du surmoi factice dont nous sommes nantis. J’avoue que, quelqu’un disait dans la salle que nous sommes français, je n’arrive toujours  pas à me sentir français, moi. Je reste un révolutionnaire.
Qu’attendez-vous du public après tant d’image et reportage ?
Que les gens s’approprient de ça. Je suis à une vingtaine de films documentaires. Ce qui est important ce que les gens se retrouve dedans. L’idée d’un film est de rassembler ce qui est éparpillé, tant en termes de documents, qu’en termes d’idées. Je conceptualise les choses pour que ça fasse sens, pour créer du lien, donner aux gens des raisons de s’aimer, de se considérer, de ne plus casser le miroir, de se regarder, en disant finalement ma résilience est extraordinaire après avoir connu une telle inhumanité de la part d’autre peuple. En tout état de cause, ma révolte aurait du me faire couper et hacher. Ma révolte, aujourd’hui, est passée à travers le filtre de la compréhension et de la réappropriation pour faire finalement que je n’ai rien contre les Français, j’en ai après un système. J’aime les Français, comme j’aime les Guadeloupéens, les Martiniquais. Je n’ai pas de problème par rapport à ça et c’est pour ça qu’il faut comprendre qu’on peut être un indépendantiste apaisé qui regarde les choses et qui dit aux gens : « Voilà, j’étais colonisé, je ne le suis plus. Surtout, je ne le suis plus dans la tête. » Même si aujourd’hui la Guadeloupe est toujours dite française. Mais, moi, je ne suis pas colonisé.
Un indépendantiste apaisé est ce vraiment votre cas, Michel Reinette, aujourd’hui ?
Totalement, revendiqué.
Êtes-vous déjà au travail sur autre chose ?
Aujourd’hui, je suis entrain de faire un film qui s’appelle Lucette. il retrace le parcours de Lucette Michaux-Chevry qui pour moi, malgré le fait que nous avons des choix politique extrêmement distant, est le parcours de la femme antillaise combattante à travers l’histoire. Je pense que Lucette s’est installée dans le sillage de Gerty Archimède qui, elle-même s’était inscrite dans le sillage de la mulâtresse Solitude. Mè, fanm gwadloup fo.
Propos recueillis par Alfred  Jocksan

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 06:02

Dagnet, Collard, Ribbe et le Front national
Dagnet--Karam--Sarko.jpgL’annonce par le Front national de la présentation de son programme pour l’Outre-mer par Marine Le Pen, le 1er février prochain, en présence de Charles Dagnet, ancien co-président du Collectifdom, a provoqué une réaction vive dans le milieu ultramarin parisien. Daniel Dalin, actuel président de cette association de lobbying et qui fut aussi co-président avec Charles Dagnet, a fait publier dans l’édition de Libération du 26 janvier, un texte pour dénoncer une manipulation. « Le Collectifdom a toujours été aux antipodes des thèses et propos soutenus par le Front National et dénonce fermement la récupération et l’usage qui est fait par un certain Charles Dagnet, du nom Collectifdom. »
Daniel Dalin reconnaît que Charles Dagnet a été « un éphémère co-président (8 mois en 2007), (et que) « il en a été radié à l’unanimité des membres de son conseil d’administration pour fautes graves. » En 2007, poursuit le Collectifdom, « Charles Dagnet avait soutenu la candidate Ségolène Royal, puis chanté la Marseillaise avec le candidat Nicolas Sarkozy »… Il semble que cette jonction se soit faite par le biais de l’avocat Cyril Collard qui conseille Marine Le Pen, et d’un autre ancien président du Collectfidom, Claude Ribbe. Les deux hommes s’étaient rapprochés au moment de la sortie du livre de Claude Ribbe, Le crime de Napoléon, en 2006.
Le jour même de l’envoi du communiqué du Front national indiquant la présence à venir de Charles Dagnet à sa conférence de presse, ce dernier était vu en train  de déjeuner avec Claude Ribbe, à la brasserie parisienne, le Zimmer, au Châtelet.
FXG (agence de presse GHM)

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 15:40

Moun France joue les prolongations à Paris
Moun-France-avec--JP-Sturm-et-avec-Pacal-Moesta-Evelyne-Eti.jpgJean-Pierre Sturm écrit des histoires pour faire rire les adultes et les enfants. Après son dernier spectacle à succès, Ma Commère Alfred, cinq semaines à l’affiche à Paris, il nous revient avec Moun France, sa nouvelle comédie actuellement à l’affiche au théâtre Comédia au 4 boulevard de Strasbourg à Paris et joue les prolongations jusqu’au 12 février. Une comédie créée rien que pour faire rire, beaucoup rire et énormément rigoler, voir pleurer du début à la fin. Ce spectacle rythmé, décalé permet de rire aux éclats même dans les temps morts.
Quand les Guadeloupéens viennent vivre dans le 93… C’est la petite histoire d’un couple guadeloupéen, Rigobè et Dedète, qui pour visiter Paris quitte sa grande villa et piscine en séjournant quelques jours  chez Maurice et Jocelyne, la sœur habitant dans un petit deux pièces de l’autre coté du périphérique, dans le 93. Ces derniers ont une relation pas très catholique avec leur jeune ami, Cédric. Ici, dans cette cité de la banlieue nord, et  avec la nouvelle génération, l’hospitalité antillaise n’est plus que souvenir gommé par le temps et les nouveaux modes de vie aujourd’hui. L’histoire est délirante pour les spectateurs, cauchemardesque pour les comédiens. Une fiction qui révèle la réalité du quotidien. Bienvenu dans un monde inconnu à Rigobè et Dedète. Un conte formidable.
AJ


L’enfant de la télé a toujours envie de faire rire
Jean-Pierre Sturm 52 Alfred JocksanAprès Ma Commère Alfred c’est autour de Moun France de tenir le haut du pavé au théâtre Comédia à Paris. La formule ne change pas, le fou rire est toujours présent dans cette aventure  consacrée à l’arrivée d’un couple de Guadeloupéens, Rigobè et Dedète, dans la banlieue nord de Paris. Un voyage en France qui tourne au cauchemar, car ils vont être mêler, malgré eux, à une étrange affaire, tout en constatant que l’hospitalité antillaise a changé. Depuis 1996, Jean-Pierre a mis un point final à sa carrière d’homme de télé et de radio pour se consacrer entièrement au développement de sa boite de production, JP Show. ITW

Avez-vous pris un risque de programmer « Moun France » au théâtre le Comédia  pendant un mois ?
Oui, nous avons pris un risque de jouer à Paris pendant un mois, donc forcement le public s’étale sur plusieurs représentations. Ils choisissent, ils peuvent venir le mercredi, le jeudi, le vendredi, le samedi et le dimanche. Nous attendons le public en restant ici jusqu’au 12 février. Donc, on les attend en grand nombre.
Après Ma Commère Alfred. Vous êtes aujourd’hui un metteur en scène à succès dans la communauté. D’où puisez-vous votre inspiration, toujours en partant d’une simple histoire ?
J’ai l’envie de faire rire mon public. Moi, quand j’étais petit, j’ai été bercé par l’émission « au théâtre ce soir » à la télévision. J’ai toujours eu l’amour du théâtre et ça c’est très important. Je me souviens que quand j’étais à l’école, il y avait la troupe de Jean Goncelin qui passait et je n’ai jamais raté aucune des ses représentations. Et, beaucoup plus tard, je me suis intéressé au théâtre, parce que je savais qu’au fond de moi il y avait cette envie d’écrire. Et, tout naturellement quand j’ai quitté RFO. C’est la chose qui s’est imposée à moi. J’ai écris ma première pièce qui n’est jamais sortie. Je l’ai fait lire à quelqu’un qui n’a pas trouvé ça superbe. Elle est restée dans un tiroir. Et un jour, le directeur du théâtre de Charenton a lu le scénario et il m’a dit « c’est pas mal. Mais il faudra la travailler différemment ». J’ai laissé tomber. Jean-Pierre-Sturm-2---Alfred-Jocksan.jpgEnsuite, Ma Commère Alfred s’est imposé à moi et je l’ai écrit. Et ça a été un succès. Puis j’ai lancé cette série en 2007 « Rigobè et Dedète » pour la télévision et les personnages ont plu, devenant au passage le couple guadeloupéen le plus célèbre du petit écran. Je savais que je tenais de l’or dans les mains. La série a eu un succès phénoménal et je me suis dit pourquoi ne pas écrire une pièce autour d’eux. J’ai écrit « Rigobè et Dedète  sur scène » puis « Rigobè et Dedète comme à la télé ». Mais il y a quelque chose qui me trottait dans la tête depuis un moment et j’ai toujours voulu qu’il y ait cette rencontre entre les Antillais de  métropole et les Antillais qui vivent au pays. Pour moi, c’était important de faire ça. Cette pièce s’est imposée à moi et j’ai pris une année pour l’écrire, avec l’angoisse, le malaise intérieur.  Je me suis mis à l'écrire lors d’une croisière à bord d’un bateau, pour la majeure partie, pendant neuf jours. Ça m’avait fait du bien. Je suis revenu à Paris, comme l’inspiration venait, neuf jours après j’ai repris le même bateau pour finir l’écriture. Je me revois entrain d’écrire cette scène poignante ou l’on voit Cédric, le petit dealer, avec Dedète. Je me revois encore entrain d’écrire cette scène. Je pleurais en regardant la mer. Je ne peux pas vous dire si je pleurais parce que je regardais la mer, ou si ce que j’écrivais, était poignant. Je crois que c’était poignant quand on voit la réaction du public. Il se passe quelque chose à ce moment là sur la scène et dans la salle.  
Pourquoi cette rencontre entre les Antillais de là bas et les Antillais de la banlieue, très caricaturale, vous tenait tant à coeur ?
Jean-Pierre-Sturm-Alfred-Jocksan.jpgNon, ce n’est pas une caricature. C’est ce que beaucoup d’Antillais ont vécu. Je crois que beaucoup d’Antillais se reconnaissent, beaucoup de Guyanais se retrouvent. On dit les choses qui sont importantes. On met Rigobè et Dedète dans une situation qu’ils ne connaissent pas. Jusqu’à maintenant, tous les pièces qu’on a produites sont des pièces qui viennent des Antilles et qui arrivent avec une histoire antillaise, une histoire de là-bas. Et, on les joue ici. Moi, avec Moun France, je fais le contraire. Il fallait absolument créer une histoire pour les 400 000 antillais vivant en Ile de France. Seul Maurice Jallier l’avait déjà fait, mais c’était des Antillais qui partaient là-bas avec une blanche. Moi, ce n’est pas ce que j’ai voulu montrer. Je fais venir ceux de là-bas dans le milieu de la banlieue, avec un parler banlieue qu'ils ne connaissent pas du tout. Et, Rigobè et Dedète s’accaparent de ce parler de banlieue. C’est les gens de chez nous qui viennent en banlieue parisienne. É babe kay lévé. Ici, ressort le choc des cultures, le rôle de la mère... Il y a une scène de la pièce qui est capitale, quand Dedète invite le petit Cédric à venir la rejoindre et que fait l’homme à ce moment là ? rien. Car l’homme antillais est toujours inexistant à ce moment là. C’est la mère qui est là. C’est ça aussi cette pièce. Voyez-vous, ce n’est pas à moi de le dire, c’est au public de venir découvrir la pièce et de faire le commentaire en voyant toutes les petites choses que j’ai voulu mettre.
Jean-Pierre, vous étiez un enfant de la télévision que vous avez quittée en 1996. Où en êtes-vous aujourd’hui ? Pensez vous que c’est une histoire oubliée dans votre vie ?
Non, ce n’est pas oublié. Disons que j’ai d’autres préoccupations, j’ai d’autres envies. J’ai donné ce que j’avais à donner à la télévision. J’ai fait de la télé pendant près de vingt ans. J’ai tourné la page. A la fin du spectacle je viens me présenter. Certaines personnes me laissent entendre : « Tiens on revoit l’animateur ! » C’est ce que je fais. Je ne monte pas sur la scène à la fin en tant que metteur en scène ou entant qu’auteur, je monte en tant que producteur du spectacle et il faut que je parle du spectacle et que je demande aux gens de « bay la vwa » comme on dit. En ce moment je suis plus animateur et ça me fait plaisir et me remémore certains bons souvenirs.
Avez-vous envie de retrouver un plateau de télévision pour une nouvelle aventure ?
Il y a déjà eu deux ou trois tentatives avec RFO. La première fois, j’étais un petit peu partant, sans plus. Je suis devenu trop fainéant et j’adore ma liberté. Pour moi, être dans un bureau, c’est fini. Et faire de l’antenne tous les jours comme je faisais avant du lundi au vendredi, je pense aussi que c’est fini. Exceptionnellement, si on vient me demander de présenter une émission spéciale, je pourrai dire oui. S’il y a une chose qui me manque c’est la radio. La télé ne me manque pas. Je suis un enfant de la radio. J’ai commencé la radio à l’âge de douze ans. C’est vraiment un truc que j’aime beaucoup, la radio. C’est un truc que je kiffe à mort. Pourquoi pas la radio, mais pas la télé.

Vous et la Guadeloupe ?
Je n’ai pas vraiment quitté la Guadeloupe. Je ne peux pas rester loin de la Guadeloupe plus que deux ou trois mois. Mon métier me le permet parce qu’on a des tournées et on part très souvent. J’ai gardé ma maison. Je dis souvent vivre à Paris, je n’ai pas eu le choix. C’est ce choix qui s’est imposé à moi. Je reste un Guadeloupéen qui va chez lui très souvent.
Quel est votre  regard sur la télévision ?
Aux Antilles je n’ai pas de télé chez moi. Quand je vais là-bas, je ne regarde presque jamais la télé. Sauf de temps en temps quand je passe chez ma grand-mère. Je ne porte pas attention, ni de jugement sur la télé aux Antilles. Concernant la télévision en métropole, je regarde peu. Je sors beaucoup au théâtre. Je regarde de temps en temps des documentaires sur France Ô, j’adore Arte. Mais tout ce qui est jeu ou télé réalité, je n’ai plus l’occasion de regarder. Ma petite société, JP Show, me demande tellement d’investissement personnel qu’elle me laisse peu de temps pour m’occuper de moi.
Le théâtre est-ce votre part d’engagement dans la culture guadeloupéenne que vous défendez ?
Il n’y a pas que le zouk. Il y a aussi le théâtre. Mon engagement est de prendre le risque de rester un mois à Paris avec tout ce que ça comporte comme risque. J’ai d’autres engagements qui sont ailleurs, aussi en Afrique ou je fais des choses, notamment au  Sénégal et en Cote d’Ivoire également.
Propos recueilli par Alfred Jocksan


La tournée  aux Antilles :
-Martinique à l’atrium du 01 au 04 mars
-Guadeloupe :
-Basse-Terre- Artchipel du 07 au 12 mars
-Le Moule – Salle Robert Loyson du 13au 17 mars
-Le Lamentin – ciné théâtre : du 24 mars au 02 avril.

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 07:25

Trace innove en 2012
Laouchez-Joelle-Kayambe-Jaky-Brown.jpg« Les nouvelles générations prennent le pouvoir », ainsi a déclaré Olivier Laouchez PDG et cofondateur de Trace lors de la présentation, lundi dernier à Paris, des innovations et des performances de son groupe de média en 2012. « Une histoire d’entreprise, une histoire de passion, mais avant tout une histoire d’amour », dit-il avant un bref historique de sa propre passion pour la musique créole et le hip hop découvert d’abord aux Antilles et ensuite a Sarcelle. En 2003, « bien que tout ait été fait dans les années 90 pour tuer le rap français, à cause du désintérêt des grandes marques, des grand medias et des décideurs  pour ces rappeurs dont le look, les mots et la couleur de peau n’étaient pas politiquement correct », il fonde, grâce au soutien d’amis, de parents, et de la banque Goldman Sachs, la première télévision consacrée exclusivement aux musiques et cultures urbaines. 9 ans plus tard, cette chaîne, Trace Urban est présente dans 160 pays. En France elle est n°1 des chaînes musicales en audience hors TNT, sur les 15-34 ans. Ce succès, laouchez.jpgTrace le doit à la détermination de ces générations urbaines et de ces artistes qui on rendu « grand public » une culture et une musique née dans la rue. Désormais leader des chaînes musicales de l’univers payant Trace Urban prévoit de dupliquer ce succès dans l’univers du sport entertainment avec sa nouvelle chaîne, Trace Sports, consacrée aux célébrités sportives. La nouvelle grille de cette chaîne offrira un focus sur les champions qui vont briller aux prochains Jeux Olympiques de Londres et au Championnat d’Europe des Nations en Pologne et en Ukraine (football). Autre innovation, le lancement de deux applications mobiles « Trace Music » et Trace Sports » pour les plateformes Ipad, Iphone et Androïd ; lancement d’un nouveau portail web regroupant les 4 univers de la marque Trace. Lancement des chaînes Trace  sur des services OTT et en TV connectée. ; lancement d’un service de téléphonie Trace Mobile en France et dans plusieurs pays d’Afrique. ; lancement d’une carte de paiement prépayée avec PCS Mastercard ; lancement de radios Trace FM dans l’Océan Indien et en Afrique ; mise en place d’un service intégré « Trace Marketing Solutions » pour que les marques et les agences puissent bénéficier de l’écosystème et de l’expertise de Trace sur les cibles jeune. trace-une-TV-de-jeune.jpgEnfin, puisque Trace s’engage pour les jeunes, et souhaite que les jeunes s’engagent, lancement d’une série d’émissions « Guest Star : Spécial Présidentielles 2012 » consacrées aux candidats à la Présidentielle 2012 et à leur programme pour les jeunes. Dernière nouveauté, le choix de Joëlle Kayembé, top model, nouvelle ambassadrice de la marque et de la Fondation Trace. « Trace a été recalé deux fois par le CSA pour être diffusé sur la TNT » , a indiqué Olivier Laouchez, nous en avons conclu que le pouvoir en place privilégie les grand groupes qui lui sont proches, mais les pouvoirs changent, nous sommes pour le changement d’ailleurs, alors nous verrons bien… » Olivier Laouchez ne cache pas sa préférence ; il a annoncé que François Hollande est le premier candidat a avoir répondu oui pour participer à la nouvelle émission,« Guest Star : Spécial Présidentielles 2012 », alors que Nicolas Sarkozy, qui n’est pas encore candidat, n’a pas encore été sollicité.
RDG


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