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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 08:42

MLP monte au créneau contre François Hollande

La ministre de l’Outre-mer a réagi sitôt après avoir écouté le discours de François Hollande lors de son meeting en Guadeloupe : « C’est un discours peu éclairé, parsemé de formules creuses et de contrevérités qui frôlent de gros mensonges : Il n’y a pas eu de baisse des crédits pour le logement, et le nombre de logements sociaux construits a augmenté de 50 %. La reconstruction du CHU est assurée à 100 % par l’Etat. Hollande a préféré faire dans la compassion plutôt que de proposer une vision et un projet stratégique pour l’Outre-mer. Pour justifier son déplacement, il a rappelé que l’outre-mer est au cœur de la République. Dommage qu’il n’ait pas mis l’Outre-mer au cœur de son discours. » Après son malaise du mois de décembre, voilà la ministre de retour à l’offensive. Et cette offensive, elle la projette « jusqu’au mois de juin » !

FXG (agence de presse GHM)

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 09:41

ITW François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle

« la République métissée a beaucoup à apprendre des Outre-mer »

Hollande.jpgLes problèmes d'insécurité et de délinquance sont venus se rappeler aux Antillais et Guyanais. Quelle politique proposez-vous ?
Depuis sa nomination en 2002 en tant que ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy n’a eu de cesse de se présenter comme le « héraut » de la lutte contre la délinquance. Mais, dans ce domaine comme dans bien d’autres, le président sortant aura été celui des promesses non tenues et des engagements sans lendemain. Le rapport 2010 de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales indique ainsi que les vols avec violence en Guadeloupe ont augmenté de 48% entre 2009 et 2010 !
Comment l’expliquez-vous ?
Ce résultat est en grande partie dû à la politique incohérente de la droite qui a laissé à l’abandon l’ensemble de la chaine pénale. Mais ce n’est pas tout : en démantelant notre système social, elle a créé les conditions d’une insécurité croissante. Je pense ainsi aux crédits des emplois aidés qui ont été divisés par 10 depuis 10 ans ! Ils représentaient pourtant pour beaucoup de jeunes une alternative à l’inaction et un premier pas vers l’emploi.
Il faut par ailleurs redonner les moyens à la police – mais aussi à la justice - de travailler. Les prisons sont saturées et souvent dans un état indigne d’un pays développé. Il est impossible d’y mener des politiques de réinsertion crédibles.
Bien souvent, comme en Guadeloupe, les élus régionaux et départementaux se mobilisent. Ils ont ainsi avancé dans la prévention auprès des familles en difficulté et dégagé des moyens pour contribuer à la formation des détenus. Si je suis élu, c’est ce type d’initiatives que je soutiendrais.
Concernant la rue Oudinot, quel est votre projet de gouvernance ? Un secrétariat d'Etat dépendant du ministère de l'Intérieur, un ministère de plein exercice ? Un simple secrétariat général dépendant de Matignon ?
La question, aujourd’hui, n’est pas tant celle de la forme du ministère que celle de la volonté du prochain président de la République de faire des Outre-mer des membres à part entière de la communauté nationale. Le véritable enjeu, c’est que chacune de nos politiques ait prévu un « volet Outre-mer ». C’est pourquoi je souhaite qu’il existe au sein de chaque grand ministère une cellule en charge de l’outre-mer afin d’élaborer des politiques publiques adaptées.

Le contrat de génération que vous proposez peut-il suffire dans ces territoires où près de 60 % de la jeunesse est au chômage ?
La jeunesse sera ma priorité. Ici, peut-être plus encore que dans l’Hexagone. J’observe que depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir en avril 2007, le chômage des jeunes de moins de 25 ans a augmenté outre-mer de 49%. Or,  je le redis, les crédits pour les contrats aidés et les politiques de retour à l’emploi ont été divisés par 10 depuis 2002 ! Ce taux de chômage des jeunes n’est donc pas le fruit du hasard mais celui d’une politique de désengagement sans précédent de l’Etat Outre-mer à laquelle je mettrai fin. Le contrat de génération sera une première mesure forte. Elle permettra de relancer l’emploi des jeunes et de maintenir des seniors dans l’emploi. L’autre mesure spécifique que je propose, ce sont les emplois d’avenir, pour faciliter l’insertion des jeunes, en particulier dans les quartiers les plus difficiles. Mais le chantier est plus large : je souhaite ainsi que l'école, dès la crèche et la maternelle, redevienne le moteur de l’insertion sociale. Les Outre-mer doivent devenir des pôles d’excellence éducative, c’est possible. Enfin, c’est naturellement le développement économique qu’il faut favoriser afin de permettre à cette jeunesse de trouver localement l’emploi auquel elle aspire. Le pacte productif que je propose s’applique ici aussi. Je ferai par ailleurs en sorte que les entrepreneurs puissent bénéficier d’un cadre juridique et économique stable.
Subvention ou défiscalisation ? Quel est votre projet pour soutenir l'investissement productif ?
Je veux avoir une approche pragmatique. Le soutien budgétaire direct dans des domaines comme le logement ou la construction d’équipements publics est non seulement une évidence pour un défenseur d’un développement solidaire mais aussi le plus efficace au regard de la gestion des finances publiques. En ce qui concerne la défiscalisation et les exonérations de charges, l’important est de fixer des règles claires et stabilisées pour la durée de la législature. Cela n’a pas été le cas jusqu’ici : l’environnement réglementaire et fiscal n’a cessé d’être modifié ces dernières années : 5 réformes en 5 ans !

Avez-vous des propositions pour que le panier moyen de la ménagère ne coûte plus 30 % de plus qu'à Paris ?
Là encore, j’observe que la politique des coups de menton du chef de l’Etat n’a rien changé : début 2009, une grave crise éclatait aux Antilles et en Guyane motivée par la cherté de la vie et la pwofitasyion. Il y a un mois encore, soit plus de 2 ans après, c’est Mayotte qui connaissait le même mouvement de lutte contre la vie chère produit par les mêmes causes : le bilan du président en la matière est donc nul. Pour ma part, je crois impératif, pour améliorer le pouvoir d’achat des Ultramarins, de nous engager dans une lutte sans états d’âme contre les monopoles et contre les marges abusives.

Quelle sera la place de l'Outre-mer dans le programme présidentiel ?
Je veux renverser la vision de la droite. Ce n’est pas parce qu’on parle de région ultrapériphérique que la place des Outre-mer ne doit pas être centrale. Ces derniers peuvent au contraire être une source d’inspiration pour mon ambition pour la France. Ils sont, par exemple, un laboratoire institutionnel formidable dont les collectivités dans l’Hexagone doivent pouvoir s’inspirer. Je pense notamment à la possibilité offerte aux collectivités de bénéficier de pouvoir adapter certaines  normes techniques en fonction de leurs spécificités. Par ailleurs, la République métissée qu’est aujourd’hui la France a beaucoup à apprendre des Outre-mer, pour s’assumer en tant que telle.
Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 06:36

Hollande emprunte Air Caraïbes

François Hollande, ses équipes et une quarantaine de journalistes seront à bord d'un vol d'Air Caraïbes, le 14 janvier pour rallier Point-à-Pitre. Le candidat socialiste et ses équipes devraient se rendre le lendemain à Fort-de-France et le 16 janvier à Cayenne via le réseau régional d’Air Caraïbes. Ce choix est-il motivé par le fait qu'Air Sarko one est un ancien avion de la flotte d'Air Caraïbes ?



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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 11:23

Kréyol-jazz au théâtre de Neuilly (92)Mario-Canonge-et-Alain-Jean-Marie-photo-Alfred-Jocksan.jpg
Les dieux du swing kreyol et de l’improvisation donnent rendez-vous au théâtre de Neuilly-sur-Seine, samedi 14 janvier, pour une soirée unique. A l’affiche, le duo Alain Jean-Marie et André Condouant (Guadeloupe), Mario Canonge et Tangora (Martinique), Jowee Omicil (Haïti), Dominique Leblanc (Guyane) et Jamy Pedro (Réunion). C’est exceptionnel.
La biguine réflexion aura la part belle avec André Condouant et Alain Jean-Marie. Ces deux monstres sacrés de la musique guadeloupéenne unissent leurs partitions ce samedi au théâtre de Neuilly-sur-Seine, à l’occasion de la seconde édition du  festival de Kréyol-Jazz. Cette soirée, placée sous le signe de la solidarité, mettra en avant les diamants étincelants du jazz d’outre-mer et la musique sera aux confluences du jazz, du latin-jazz afro-caribéen, du kreyol-jazz et de la biguine Wabap. L’Haitien Jowee Omicil, chanteur de vaudou, clôturera la partie antillaise du spectacle. Le voyage nous emmènera aussi dans l’île Bourbon avec Jamy Pedro et son style très pêchu après une escale en Guyane avec le pianiste Dominique Leblanc.


ITW André Condouant et Alain Jean-Marie  (photos : AJ)
« C’est à cause de l’esclavage que le jazz est né »
Vous arrivez à Paris, l’un en 1957, l’autre en 1973. Quels souvenirs  gardez-vous de cette époque ?
Andre-Condouant-photo-Alfred-Jocksan--5-.jpgAndré Condouant : En 1957, c’était la fin des années bonheur pour les Antillais à Paris.  La guerre avec l’Algérie avait commencé, les Antillais n’avaient plus la côte. C’est à cette époque que j’ai eu l’occasion de rencontrer tous les géants antillais, même ceux de l’avant guerre qui étaient encore vivants. C’était une époque d’espoir pour la France et pour les Antilles. Mon séjour à Paris n’a duré que cinq ans, de 1957 à 1962. Cette année-là, je suis parti en Scandinavie avec Gérard Laviny. Je suis resté à Stockholm et Gérard est revenu à Paris. J’ai alors beaucoup travaillé avec des musiciens américains qui m’ont vraiment formé à la musique que je joue maintenant, la musique de référence pour le peuple noir. Je me suis attaché à cette musique et c’est là que j’ai appris mon métier, comme il faut, comme il se doit.
Alain-Jean-Marie-photo--23-Alfred-Jocksan.jpgAlain Jean-Marie : En 1973, en arrivant à Paris et je me suis pressé pour allez saluer Robert Mavounzy et Albert Lirvat à la Cigale. Ce jour là, le pianiste du groupe prenait sa retraite et j’ai été engagé le lendemain. C’est une chance extraordinaire que j’ai eu d’être engagé à la Cigale le lendemain du jour où je suis allé dire bonjour  à ces deux grands musiciens. C’était un bonheur de jouer tous les soirs la musique de jazz. Ca avait toujours été mon rêve. A la Cigale, j’ai appris tous le répertoire, depuis le jazz de la Nouvelle Orléans jusqu’au be-bop. Par la suite, il y avait des musiciens qui passaient, des Français, des Américains… Mais, le plus important surtout, c’est que je jouais tous les soirs du jazz.  Je me souviens que j’habitais un hôtel à Pigalle, rue Fontaine, place Blanche. A cette époque, j’étais bien, content de ma vie, de la façon dont je vivais.
Quel est, selon vous, l’héritage de la musique antillaise ?
Andre-Condouant-photo-Alfred-Jocksan--10-.jpgAndré Condouant : Notre patrimoine se rattache sur le plan musical à la référence américaine. Il n’est pas branché sur la musique européenne. La musique classique a été un certain moment une musique populaire, mais c’est une musique qu’on étudiait dans les facultés. Tandis que la musique qui vient des Etats-Unis, qui vient des Noirs américains, c’est notre héritage. C’est de cette musique-là que nous sommes sortis avec la biguine. La biguine vient des Etats-Unis, elle ne vient pas des Antilles. On la joue parce qu’il y a beaucoup de Guadeloupéens et de Martiniquais qui ont immigré aux Etats-Unis, en Louisiane, par exemple, et qui sont revenus aux iles en nous léguant cette musique. Nous l’avons adaptée  à notre usage.
Alain-Jean-Marie-photo-Alfred-Jocksan.jpgAlain Jean-Marie : J’ai joué très tôt de la musique de bal et je me suis rendu compte qu’en jouant la biguine on pouvait improviser tout à fait comme dans un style de be-bop. Je suis tombé amoureux du rythme be-bop dès l’âge de 12 ou 13 ans et comme j’ai joué de la biguine très tôt aussi, je me suis efforcé d’appliquer dans mes solos de biguine ce que j’entendais dans les disques. C’est un rythme qui swingue, qui tourne. Dans la musique antillaise, ce swing est une improvisation qui peut être jouée dans un style be-bop. Je pense aux gens comme Édouard Bernard, Fred Fanfant, Robert Mavounzy qui jouaient la musique antillaise avec un feeling jazz be-bop. C’est une musique qui vient des Antilles avec les mêmes racines que le jazz. C’est la rencontre de l’Afrique et de l’Europe en Amérique. Toutes ces musiques ont une racine commune, que se soit le jazz, la biguine, la musique brésilienne, la musique cubaine, tout ça c’est la même histoire.
Vous avez joué tous les deux avec Al Lirvat. Que vous a apporté cet homme ?
Andre-Condouant-photo-Alfred-Jocksan--12-.jpgAndré Condouant : J’ai rencontré Albert Lirvat en 1957 et Alain Jean-Marie l’a rencontré dix ans après. J’ai recommandé Alain à Albert Lirvat quand je l’ai entendu en Guadeloupe. Je lui ai dit : «  Si jamais tu as l’intention de partir d’ici pour aller à Paris, dirige-toi directement à la Cigale… » Je savais qu’Albert avait toujours besoin de musicien. Je lui ai dit d’aller voir Albert de ma part. Albert m’a aussi donné ma chance à Paris, en tant que jeune bassiste. J’ai beaucoup d’admiration et de reconnaissance pour cet homme. Il était la porte d’entrée en France de tous les musiciens antillais et guyanais. C’était Albert… Le grand chef d’orchestre de la Cigale.
Alain Jean-Marie : Nous avons joué ensemble, mais pas avec Al Lirvat. Ce dernier était le chef d’orchestre de la Cigale. C’était un musicien formé et complet, celui qui pouvait jouer le trombone, la guitare et qui écrivait des arrangements. Même sur la biguine, il a conçu la biguine wabap qui mélangeait les trouvailles de la musique be-bop à la biguine. C’était dans les années 1960…  Lirvat connait aussi bien le jazz que la musique antillaise. C’était quelqu’un d’important dans ma vie, un homme très rigoureux dans la pratique de la musique et un chef d’orchestre pour qui tous les musiciens avaient beaucoup de respect.
Vous voici réunis à Paris. Comment  abordez-vous ces instants ?
André Condouant : On va faire comme si c’était hier ! On est toujours resté simple. On fera comme d’habitude en donnant ce qui nous vient du cœur. Le public sent qu’il y a quelque chose entre nous. Ce  n’est pas comme dans le zouk... Le zouk est une musique massive où la masse a suivi… Quelques années plus tard le public de zouk a vécu et vieilli et il commence à se retirer petit à petit vers autre chose. La musique d’Alain n’a pas d’époque, c’est une musique qui demeure dans la durée. Notre musique est une musique qui est dans le temps, qui dure.
Alain-Jean-Marie-photo-Alfred-Jocksan-1.jpgAlain Jean-Marie : J’ai connu André dans las années  1970. On s’est  rencontré chez Deb’s à Pointe-à-Pitre. C’est un grand jazzman dont la musique est ancrée dans le blues. J’ai beaucoup appris avec lui. Nous nous sommes retrouvés à Paris dans les années 1980, au Petit Opportun et d’autres clubs de la capitale. Nous avons beaucoup joué de jazz ensemble. Je suis très heureux de retrouver André avec qui je n’avais pas joué depuis pas mal de temps.
André Condouant : Nous avons entrepris lui, moi et Albert avant nous, de transformer la musique antillaise, de la faire progresser sur le plan harmonique et qu’elle soit reconnue et jouée dans le monde entier. Alain est le premier à créer la réflexion sur la biguine. Les musicologues se sont penchés sur son album Biguine réflexion et ont déclaré  sa musique d’avant-garde. Il a pris la biguine par le bas et il l’a envoyée tout en haut. C’est un bonhomme grandiose, un génie.
Drogue, alcool sont-ils nécessaires à la création ?
André Condouant : Aujourd’hui, les jeunes prennent de la drogue pour s’éclater. Mais à l’époque, on cherchait une porte de sortie et on voulait faire comme les grands musiciens qui ont pris des trucs pour s’ouvrir l’esprit et pas pour faire du vagabondage ou des trucs contraires à la morale. C’est dans ce sens que les musiciens venaient à la drogue. Coltrane, Charlie Parker, tous ces grands musiciens américains qui ont ouvert les portes de la musique moderne ne sont plus là, mais ils ont laissé leurs œuvres. Si vous n’avez pas de difficultés existentielles, vous n’avez pas de problèmes de survie, ce n’est pas la peine d’aller dans la drogue... Mais un jeune artiste qui cherche le moyen de lutter contre le système, contre la misère, s’il prend un truc pour étudier, voire s’ouvrir l’esprit, comprendre, il ne faut pas le blâmer, il faut l’aider au contraire.
Alain Jean-Marie : On n’a absolument pas besoin ni d’alcool, ni de drogue, ni de quoi que ce soit pour faire de la musique. Cela n’est pas indispensable. Maintenant ça fait partie d’un univers qui est celui de la personne elle-même. Ca n’a rien à voir avec la musique. C’est une question d’équilibre personnel.  Ça n’apporte rien à la musique mais ça peut aider quelqu’un dans sa vie personnelle, en dehors de la musique. La musique est en dehors de ce genre des choses. Ça n’apporte rien à la musique. Je parle de musique, je ne parle pas des personnalités.
Que pensez-vous des expérimentations de la nouvelle vague des musiciens antillais ?
Alain-Jean-Marie--2-photoAlfred-Jocksan.jpgAndré Condouant : Ce qu’ils  font, les anciens l’ont fait avant eux. Qu’est ce qui change véritablement dans les arts ? Il y a beaucoup d’artistes qui croient que jeter un bout de peinture ou mouiller une toile avec de la peinture, ça fait une œuvre d’art. Il faut que les jeunes se basent sur le passé pour progresser vers l’avenir. Nous, les musiciens, nous sommes là pour encourager, pour donner aux gens l’envie, l’espoir de continuer à vivre, de continuer à créer des choses nouvelles.
Alain Jean-Marie : Dans chaque époque, il y a des gens qui sont doués et qui émergent. Il y en a beaucoup qui sont plus jeunes que moi et que je respecte tel Mario Canonge, Grégory Privat, Fred Deshayes avec le groupe Soft ou Jean-Marie Lechenel… Ce sont des gens vraiment talentueux que je respecte.
Quel genre de musique vous rêviez de créer ?
André Condouant : C’est en pianotant sur mon piano que me vient l’idée de créer une œuvre qui sera  enregistrée dans dix ans, soit par moi, soit par un autre. Je ne suis pas assis en cherchant à créer. La musique se présente devant moi, elle surfe. Et moi, je ne fais que la piquer (rire, ndlr). Rien ne se perd, rien ne se crée dans la vie, tout vient de Dieu. C’est à l’homme de découvrir. Il faut que les gens réfléchissent sur la musique et qu’elle les emmène dans un autre univers sur le plan de la pensée. Je voudrais que les gens se posent des questions.
Alain Jean-Marie : Biguine ou jazz, cela n’a pas d’importance. Il me faut simplement trouver le son qui m’intéresse et pouvoir improviser avec la plus grande liberté possible, même si c’est dans des structures. Ce qui est vraiment important pour moi, c’est de trouver mon son et pouvoir jouer librement quel que soit le contexte musical  à condition que ça ait toujours un rapport avec le jazz, car le jazz, c’est ma passion.
Qu’est ce que le jazz ou le kréyol-jazz ?
Andre-Condouant-photo-Alfred-Jocksan--8-.jpgAndré Condouant : Le mot jazz est un mot péjoratif des Blancs contre la musique des Noirs, comme on pouvait dire au sujet de la musique des Antillais quelle était de la musique « blocoto », de la musique à nègre. Pour les Blancs américains, la musique noire de l’époque était du jazz, c'est-à-dire que les Noirs jazzaient avec ce swing et ce n’était pas bon... Et, au fur et à mesure, on a vu cette musique devenir la musique classique du 21e siècle, la musique de référence. Les racines du jazz viennent d’Afrique sur le plan rythmique et quelque fois sur le plan harmonique parce que la gamme pentatonique vient du continent noir. Le kréyol-jazz est une formule qui se réfère à la musique des Noirs américains. C’est une musique qui, par essence même, parle de souffrance de l’âme humaine, de l’âme des Noirs. Cette musique est sortie de la souffrance, elle n’est pas sortie du bonheur. C’est à cause de l’esclavage que le jazz est né.
Alain Jean-Marie : Avec Dizzy Gillespie et le latin jazz, avec la bossa nova et la musique brésilienne, le kréyol jazz existe depuis bien longtemps. Maintenant, ça permet aux jeunes musiciens d’apporter leur pierre aux monuments du jazz. C’est une bonne chose parce que le jazz enrichit toujours toutes les musiques. Le jazz est une musique de liberté et de partage. Moi, j’aime partager cette musique avec le public.
Propos recueillis par Alfred Jocksan (avec FXG)

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 05:44

Jeanne d’Arc et Aimé Césaire
Quelles sont les positions qui réunissent Marie-Luce Penchard, ministre chargée de l’Outre-mer, et l’ancien délégué interministériel, Patrick Karam ? Le discours de Nicolas Sarkozy sur Jeanne d’Arc. Le service de presse de la rue Oudinot, comme M. Karam, n’ont pas manqué d’interpeller les médias pour souligner la place faite par le président de la République à Aimé Césaire. « Jeanne d'Arc a sa place dans notre mémoire collective à côté de Victor Hugo, à côté du général de Gaulle, à côté de Jean Moulin, à côté d'Aimé Césaire, à côté des résistantes déportées à Ravensbrück. Il y a une filiation. Il y a un lien, tissé mystérieusement au travers des siècles, et qui fait que certains personnages de notre histoire ont compté à ce point que le temps qui passe ne les fait pas être oubliés du peuple de France, mais au contraire, considérés au fur et à mesure que les siècles passent avec plus de force. »
L’entourage de la ministre a trouvé là « un signe fort et émouvant » qu’il a tenu à faire partager. L’ancien délégué estime qu’avec ce passage, le président de la République honore tous les ultramarins : « Il a cité Césaire parmi les plus grands Français. La symbolique est puissante. Cela en dit long sur son évolution depuis 2005. » Une chose est sûre, avec Aimé Césaire, il y a peu de risque de surenchère avec le Front national !
FXG (agence de presse GHM)

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 05:33

Hollande s'installe avenue de Ségur

Jospin.jpgEntouré du maire de Paris, des anciens premiers ministres Fabius et Jospin (en photo, à la sortie du siège de campagne de Hollande), du président du Sénat, mais aussi de George Pau-Langevin, Harlem Désir, Marylise Lebranchu, etc, François Hollande a promis de dévoiler son programme présidentiel fin janvier. Cette annonce a eu lieu hier lors de l'installation du siège de campagne du candidat socialiste à l'élection présidentielle. François Hoillande qui n'a pas été excellent orateur à cette occasion a indiqué que son programme serait nourri de celui du PS, mais aussi des apports faits pendant la primaire et qu'il serait "cohérent financièrement". "La campagne, a-t-il dit, c'est la confrontation des projets." Une assertion qui lui a permis de renvoyer dans les choux, sans la nommer, Marine Le Pen qui dénonce l'UMPS, et sans le nommer, François Bayrou, quand il a parlé de "chimère d'unité nationale". Il a réaffirmé qu'il créerait 12 000 emplois par an dans l'Education nationale pendant son quinquennat, qu'il rétablirait la retraite à 60 ans pour ceux qui auront cotiser de 41 à 43 années, son refus de sortie du nucléraire pour préférer un passage de 75 à 50 % d'ici 2025-2030... "L'impartialité de l'Etat sera l'un des thèmes de campagne", a-t-il encore assuré, évoquant des "dirigeants exemplaires", "l'indépendance de la justice avec la nomination des procureurs dans les mêmes cionditions que les magistrats du siège", et le statut pénal du président de la République, "un citoyen comme les autres". Et face aux attaques de l'UMP, "qui n'hésite pas à faire des comparaisons animalières à mon égard", il a promis "un débat exemplaire".

FXG

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 05:31

Borloo rêve de parlementarisme
Borloo.jpg« Nous soutenons le gouvernement et le président de la République résolument… » Et même si la phrase précise qu’il s’agit d’un soutien à la taxe sur les transactions financières, Jean-Louis Borloo  ne fait plus illusion quant à sa stratégie d’alliance avec l’UMP. D’ailleurs, à l’occasion de ses vœux à la presse, hier, si Rama Yade était présente, on a cherché en vain Yves Jégo… Borloo a tenu quand même à s’expliquer sur son positionnement : « Indépendance politique, indépendance financière dans un cadre de coalition claire. Je ne crois pas que ce soit autour de la présidentielle que les radicaux, les centristes vont constituer une force politique, c’est autour des législatives… » Le président du Parti radical a évoqué sa stratégie parlementaire : « C’est une majorité de coalition qui soutiendra le gouvernement. » Un précepte qui va à l’encontre de ce qui régit la 5e République, c’est là toute la complexité du personnage de Borloo quand bien même a-t-il de la popularité.
FXG (agence de presse GHM)


Le vœu de Borloo pour les Chibanis
A l’issue de sa séance de vœux à la presse, le président du Parti radical a demandé à François Fillon de lui « faire un cadeau », en permettant aux 37 143 Chibanis, essentiellement regroupés dans les Bouches du Rhône, de pouvoir rentrer chez eux, en Algérie, tout en pouvant continuer à bénéficier de leur allocation de retraite, ce qui n’est actuellement pa    s possible. « Ils sont venus soutenir notre industrie sans profiter des politiques de regroupements familiaux. » Parlant d’eux comme de « grands anciens à qui l’on doit le respect », il a demandé au Premier ministre, par voie de presse interposée, de publier trois décrets. Deux concernent leur niveau de ressource, le troisième concernant le risque maladie. « il faut leur permettre de revenir à la Timone en cas de besoin… »

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 05:30

Le Parti radical enverra des candidats aux législatives en Guadeloupe
Christine-Houblon.jpg« Allez la Guadeloupe ! » Jean-Louis Borloo a ainsi interrompu, hier en marge de ses vœux au siège parisien du Parti radical, la Martiniquaise Mariz Lechesne et la Guadeloupéenne Christine Houblon (photo) alors qu’elles s’entretenaient avec France-Antilles. C’est vrai que celles-ci expliquaient l’implantation récente du Parti radical en Guadeloupe (et à venir en Martinique). Une première réunion de préparation a eu lieu fin décembre en présence de M. Yacou, maire de Sainte-Rose, et la fédération locale verra le jour le 22 janvier prochain. « Nous aurons des candidats dans chaque circonscription à l’exception de celle des Abymes car elle ne veut pas mettre de bâtons dans les roues de Daniel Marsin (qui se présenterait sous l’étiquette de Guadeloupe en marche). Christine Houblon sera investie pour défier Victorin Lurel (PS) dans la 4e circonscription. Elle sera donc aussi opposée à Marie-Luce Penchard (UMP) et à Louis Molinié (RPG)… « Le meilleur d’entre nous au premier tour affrontera Lurel au second tour », a expliqué Christine Houblon. Elle justifie son engagement par le fait que « l’UMP est partie en vrille », et que « le RPG est trop dans le conflit ». Issue du mouvement associatif, Christine Houblon avait été candidate aux régionales en 1992 sur la liste de l’UPLG dont elle a été membre jusqu’en 2003. Elle explique son revirement politique par l’échec électoral des indépendantistes et autonomistes, notamment après le referendum de décembre 2003, mais aussi car elle s’est rendu compte que derrière les nobles idéaux, les ambitions humaines pouvaient dominer, même à l’UPLG… Ce qui ne saurait, bien sûr, être le cas au Parti radical.
FXG (agence de presse GHM)

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 14:28

Aubry dénonce « le quinquennat Fouquet’s » de Sarkozy
A l’occasion de ses vœux à la presse, Martine Aubry est montée au créneau contre Nicolas Sarkozy, en fidèle lieutenant de François Hollande.Martine-aubry--fxg-.jpg
« Les Français attendent de savoir ce que chacun leur propose. » Martine Aubry, première secrétaire du PS, lors de ses vœux à la presse, hier matin, s’est montrée en vrai soutien du candidat à la présidentielle, François Hollande. Et pour mieux s’en, prendre à l’UMP et au gouvernement qui tirent à boulet rouge sur son parti et son candida, elle a précisé les quelques réformes d’ores et déjà promises par son candidat : Réforme fiscale avec rapprochement de l’impôt sur le revenu et la CSG, le retour de la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler très jeune, « au lendemain de son élection », la réforme de l’école, le contrat de génération, le vote des étrangers aux élections municipales, le droit au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels…
Après avoir moqué le « quinquennat Fouquet’s » de Nicolas Sarkozy, comme une « expérience de destruction de ce que la France a de plus précieux, ses valeurs et la République », Martine Aubry a refusé de parler de bilan pour préférer  l’expression d’ « ardoise pour les Français », sans omettre de citer les citoyens des outre-mer.

Contre la « TVA Sarkozy »
Harlem-Desir-Manuel-Valls.jpgS’en est suivi un inventaire : « 350 000 emplois perdus en cinq ans, 36 milliards de déficit commercial, des subventions aux banques et aux grands groupes mondialisés et « 37 milliards de dividendes distribués et pas un coup de pouce aux smicards ! » Elle a moqué les dernières annonces du président de la République : « La TVA n’a rien de social ! C’est la TVA Sarkozy, nous l’abrogerons. » Sur la taxe sur les transactions financières que le PS a toujours soutenue, « Sarkozy a tout lâché devant Mme Merkel ». Et sur les entreprises Sea France ou Pétroplus, elle a dénoncé l’intérêt tardif du gouvernement et du président : « Aujourd’hui, il vient planter des croix dans les cimetières. » Alors, a-t-elle déclaré, « après cinq ans d’agitation, François Hollande montre le cap. » Et pour donner à son candidat, des habits présidentiels, elle a cité Vaclav Havel : « J’ai retrouvé dans François Hollande ce volontarisme européen, républicain, ce volontarisme de la gauche qu’incarnait Vaclav Havel. Son testament est celui que met en place François Hollande, jour après jour : la sauvegarde de notre monde humain. »
FXG (agence de presse GHM)

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 07:42

 

Un an après la mort de Claudy Elisor, l’enquète piétineFamilles---amis-et-anonymes-devant-l-opera-Bastille-pour-l.jpg

Samedi dernier des centaines de personnes se sont retrouvées sur le macadam parisien à coté de Fabienne Elisor, ses deux enfants, Dylan, 8 ans et demi, et Océane, 6 ans, pour réclamer que justice soit faite après la mort de leur époux et père, Claudy Elisor.

non-a-la-violence-que-justice-soit-faite-photo-Alfred-Jocks.jpgLe 31 décembre 2010, lors de la fête de la saint Sylvestre, dans une salle au Blanc-Mesnil (93), Claudy Elisor avait été passé à tabac et trouvé la mort cinq jours plus tard dans un hôpital parisien des suites de ses blessures. Dans cette affaire, un individu est en prison, non jugé, et un autre est en fuite au Sénégal. La famille dénonce la lenteur de la justice malgré les promesses faites à l’époque par des responsables politiques. Comme le répète la femme du défunt : « Il est vrai qu’on nous avait dit qu’on va mettre tous les moyens nécessaire pour faire avancer l’enquête. Il est vrai que jusqu’à maintenant, on n’a pas avancé. » Un ultime rendez-vous est prévu le 11 janvier devant le juge en charge des procédures. Mais depuis un an c’est le statu quo. Maintenant Fabienne lance un appel à témoin pour débloquer la situation. Fabienne-Alisor-et-Claudy-Siar-en-tete-du-cortege-copie-1.jpgC’est pour dénoncer cette lenteur que des centaines des personnes ont marché silencieusement de la Bastille à la place des Antilles, portant une rose et un tee-shirt floqué du portrait de Claudy et des pancartes avec des inscriptions : « Solidarité justice pour Claudy, un an après »  ou « R.I.P Claudy Elisor que justice soit faite. Trop de violence. Retrouvez-les ». Une action pour faire prendre conscient du délai déraisonnable et de la défaillance de la justice dans cette affaire de meurtre. Mais aussi, pour dire stop a cette violence gratuite et inacceptable. Le souhait de Fabienne est d’avoir des résultats : « Je veux qu’on arrête tous ces meurtriers. On veut des résultats ». Un an après le meurtre de Claudy Elisor le dossier n'est toujours pas clos et les meurtriers courent toujours.

Alfred Jocksan

 


ITW Fabienne Elisor, veuve de Claudy Elisor, assassiné la nuit du réveillon 2010rose-blanche--portrit-de-Claudy-et-pancarte-photo-Alfred-Jo.jpg

La famille de Claudy Elisor, le père de famille tabassé à mort alors qu’il assurait l’organisation d’un réveillon privé l’année dernière, organisait une marche commémorative samedi dernier à Paris.

« On ne peut pas mourir comme ça »

Fabienne-Alisor-la-femme-du-DJ-Claudy--photo-Alfred-Jocksan.jpgQu’est ce qui vous a poussé à descendre dans la rue ?

Je veux commémorer la mort de mon mari, pour ses un an et pour dire non à la violence gratuite. On ne peut pas mourir comme ça, aussi gratuitement dans le monde d’aujourd’hui.

Aujourd’hui, où en êtes-vous dans les procédures. Est-ce que l’enquête avance ?

Il y en a toujours un en prison qui ne parle pas. Le témoin assisté qui a fui, en partant  au Sénégal. Nous demandons à la justice de faire revenir cette personne.

Depuis la mort de votre mari, comment vivez-vous aujourd’hui avec vos deux enfants ?

Ce n’est pas évident. J’ai les enfants à élever. J’essaye de faire au mieux.  Nous n’avons pas vraiment eu des aides de l’état.

Avez-vous un soutien psychologique ?

Au début, un peu. On a eu quelqu’un et pas pour tout le monde. Au début, on pensait que ca aurait été pour tous ceux qui étaient présent dans la salle, parce que tous ceux qui étaient dans la salle ont été traumatisés. 

Qu’attendez-vous de la justice, après cette marche ?

On aimerait que ça avance un peu plus vite. On sait que la justice ça prend du temps. Mais dans ce cas, on a envi que ça avance.  Et, aussi si quelqu’un a des informations qu’il nous la donne. Je constate que l’enquête piétine.  On a rendez vous, le 11 janvier, avec le juge. Peut être que là, j’en s’aurais plus.

La majorité des personnes ont une rose blanche et le portrait de Claudy. Pourquoi ?

C’est un signe de solidarité. Je tenais que chaque personne  vient avec une rose blanche pour commémorer la mort de mon mari. C’est bien, ça fait plaisir. C’est symbolique.

Propos recueillis par Alfred Jocksan

 

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