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4 avril 2019 4 04 /04 /avril /2019 05:42
Annick Girardin en Martinique

Annick Girardin, ministre des Outre-mer, est arrivé  mercredi 3 avril pour une visite de deux jours en Martinique.

"Le principe du maintien d'une université des Antilles dotée de deux pôles est le modèle souhaité"

Vous arrivez pour signer les premiers emplois francs depuis qu'ils sont étendus aux Outre-mer. Combien de personnes cela pourra-t-il concerner en Martinique et dans quels secteurs d'activité ?

Les emplois francs, c’était un engagement d’Emmanuel Macron lors de sa campagne présidentielle. C’est un engagement qui se concrétise pleinement aujourd’hui. Et je suis très heureuse de signer le premier emploi franc de Martinique ! Ce dispositif concerne les entreprises ou associations qui embauchent un demandeur d’emploi issu d’un quartier défavorisé, une prime de 5000€ par an pendant trois ans pour une embauche en CDI, de 2 500€ pendant deux ans pour un CDD de plus de six mois. La logique des emplois francs est attachée à la personne recrutée. C’est donc l’adresse de la personne qui est recrutée et non pas l’adresse de l’entreprise. En Martinique, ce sont plus de 7% de la population qui réside en Quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV), soit plus de 27 300 personnes. C'est un dispositif qui s’ajoute à la réforme des aides économiques que j’ai menée avec l’objectif du Zéro charges pour les salaires autour du SMIC et la création d’un compteur emploi.

La population vieillit inexorablement et vous allez vous faire présenter l'initiative de la sénatrice Conconne, "Alé Viré". Comment peut-on retenir notre jeunesse ou au moins la faire revenir quand elle est partie se former ailleurs ?

La question de la démographie est un enjeu central en Martinique. On a constaté une baisse annuelle moyenne de la population de 0,6 %, alors que dans les années 80 le solde était positif. De 2011 à 2016, c’est un peu moins de 16 000 habitants en moins. Et avec une population qui diminue pour 8 communes sur 10, la Martinique continue à perdre des habitants. Qui part ? Ce sont, pour la majorité, les 18-27 ans. Cette tranche d’âge représente la moitié des sorties du territoire ! C’est donc la jeunesse. Toutes les initiatives sont bonnes pour enrayer ce phénomène. D’abord, le taux de natalité est plus faible que la moyenne nationale : 10 pour mille en Martinique contre 11,4 au niveau national. Le groupe de travail « Alé Viré » est un projet noble et audacieux. La méthode est bonne et les réponses proposées sont intéressantes.

Concrètement ?

Le développement économique est un premier levier et pour cela il nous faut encore plus se mobiliser sur l’offre de formation locale. Il existe également une piste pour la fonction publique que j’espère explorer, c’est l’organisation de concours nationaux à affectation locale. Nous nous sommes engagés également avec mes collègues du Gouvernement, à ce que chaque grand bassin géographique outre-mer dispose d’une classe préparatoire intégrée (CPI) ou d’un institut de préparation à l'administration générale (IPAG) préparant aux concours des écoles du service public.

Mais ce n’est pas tout. De nombreux Martiniquais installés dans l’hexagone veulent revenir au pays. Il faut donc lever les freins professionnels et mieux défendre les enjeux du « retour ». Ce projet de « Maison de l’attractivité » porté par Alé Viré et Mme la sénatrice, est noble et audacieux. Il représente un très bon outil qu’il nous faudra articuler avec les mesures de gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences.

Les sargasses sont toujours là... La réflexion sur la prise en charge de ce risque en tant que catastrophe naturelle peut elle évoluer favorablement ?

Le gouvernement s'est déjà exprimé sur le sujet : dès lors que le risque se répète de manière régulière, nous ne sommes plus dans le cadre des catastrophes naturelles. Par ailleurs, la définition de dommages accidentels correspond à des dommages directs aux biens, causés de manière accidentelle par un aléa extérieur et soudain. Elle ne s'applique donc pas pour une prise en charge des dommages causés par les sargasses, dans la mesure où ceux-ci sont en principe indirects (ils proviennent de la décomposition des algues en l’absence de ramassage) et prévisibles (des mesures de sauvegarde auraient pu être prises pour éviter l'échouage ou mettre à l'abri certains biens mobiles). Mais il n'est pas pertinent de s'arrêter à une définition du phénomène de sargasses en des termes juridiques.

Depuis 2015, l’État a agi face à l'amplification des échouages de sargasses. Nous avons adopté un Plan national pour gérer le phénomène, avec un objectif de ramassage en 48h, des prévisions dorénavant en temps réel et une meilleure coordination des acteurs depuis l'année dernière. En 2019, l’État demeure pleinement mobilisé pour soutenir les communes et les accompagner dans la gestion des sargasses. Avec la reprise des échouages en début d’année, le plan départemental sargasse et les plans communaux de sauvegarde ont été activés le 15 janvier.

Comment ça se passe ?

Notre action s’articule de manière générale en quatre grands axes. Premièrement, la gestion des échouages et l'entretien quotidien des plages, pour cela une aide est apportée par l’État aux collectivités et nous avons en plus renforcé des chantiers d’insertion et je salue les 144 jeunes mobilisés dans ce cadre. Ensuite, les investissements vont permettre une gestion du phénomène. C'est donc, deuxièmement, des barrages pour la prévention des échouages ; 14 ont déjà été posés, 9 dossiers sont en cours d’instruction et 21 projets sont à l’étude. Troisièmement, le plan d’équipement des communes en engins lourds pour faire face aux échouages massifs. Ce sont 2,7 millions d’euros d’équipements qui seront ainsi mis à disposition des communes, dont 50 % par l’État. Le président de la République  souhaite pour 2020 une meilleure répartition des cofinancements État pour aider plus largement les petites communes. Quatrièmement, l'innovation pour la gestion des sargasses, leur possible valorisation économique, les recherches à mener en matière de santé : toute cela nécessite une coopération au niveau des Caraïbes pour une gestion des sargasses sur le long terme. C'est l'échelon le plus pertinent et je salue les initiatives des collectivités à ce sujet - que ce soit pour la conférence régionale d’octobre 2018 ou l'appel à projet international de l’ANR.

A l'université des Antilles, c'est la guerre ouverte entre Guadeloupéens et Martiniquais pour la répartition des moyens. Croyez-vous au risque d'un nouvel éclatement après la séparation d'avec la Guyane en 2015...

Je voudrais tout d'abord rappeler à quel point les ultramarins ont réaffirmé, lors des Assises des outre-mer, leur volonté de placer l'éducation au cœur de leurs priorités pour leur territoire. Et ils ont raison, c'est par la formation que nous contribuons à former les citoyens de demain. Il est donc indispensable que nos territoires ultramarins disposent de structures de formation de qualité.
La France dispose, à travers les Antilles françaises, d'une ouverture unique vers l'espace caribéen et américain. Il est donc important que les départements français d'Amérique unissent leurs forces pour constituer ensemble un point d'appui pour faire rayonner le savoir-faire et la culture de la France dans le bassin océanique Atlantique.

De ce point de vue, l'université des Antilles doit être exemplaire. Sur le modèle de l'université des Indes occidentales, il doit y avoir un espace universitaire et de recherche francophone unique, prenant appui sur les deux sites de Martinique et de Guadeloupe, pour déployer une offre de formation large. Plus l’université des Antilles sera forte, plus elle sera en capacité de proposer aux jeunes Antillais, mais également aux jeunes Caribéens, un panel de formation large et riche.
Il faut être lucide : avec 10 000 étudiants, l’université des Antilles est modeste à l'échelle nationale, et plus modeste encore à l’échelle européenne et internationale.

Doit-on craindre un nouvel éclatement ?

La pire des hypothèses serait une séparation entre les pôles, au mépris du bon sens, pour satisfaire l'envie de chaque territoire d'avoir sa propre  université. Nous aurions ainsi deux petits ensembles, ne pouvant donc pas disposer des moyens d'offrir l'offre de formation à laquelle les jeunes Antillais ont légitiment droit. Nous ne ferions qu'accentuer la fuite de nos jeunes hors de nos territoires, aggravant le déclin démographique auquel les Antilles sont confrontés. Beaucoup des interlocuteurs avec lesquels j'ai échangé au cours de ces derniers mois partagent ce point de vue. Ma collègue, Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, et moi-même sommes attachées à la consolidation de pôles universitaires par bassins océaniques pour y développer des plates-formes de recherche. Cela permettra de valoriser l'excellence de nos jeunes chercheurs. Nous pourrons y développer des spécialisations qui rendront l'université attractive, dans des domaines pointus, pour des chercheurs de l'hexagone ou d'ailleurs.

C'est pour cela qu'au-delà des tensions actuelles, difficilement compréhensibles, je crois que le principe du maintien d'une université des Antilles dotée de deux pôles est le modèle souhaité par le plus grand nombre d'Antillais. Il faudra surmonter les crispations actuelles et travailler ensemble, dans une logique de collaboration et de mutualisation, pour garantir le maintien de cet ensemble universitaire essentiel pour les jeunes Antillais.

Le débat sur les aides économiques a été tendu jusqu'à l'adoption du budget, mais vous avez alors indiqué qu'il y aurait un suivi pour s'assurer qu'il n'y aurait pas de contre effet non désiré sur la santé des entreprises. Qu'en est-il ? La réforme de l'écosystème des entreprises est-elle bénéfique ?

La réforme des aides économiques que nous avons conduite a été l’une des plus ambitieuses réformes conduite pour l'outre-mer depuis une décennie. Il est parfaitement normal que cela suscite des débats et des échanges. Nous avons réformé en profondeur l'écosystème économique, que ce soit sur l'accompagnement de l'investissement, le coût du travail, la fiscalité ou le financement de l'économie. Nous avons également mis fin à une anomalie en ouvrant la possibilité pour des greffiers privés de tenir les greffes des tribunaux de commerce. Ma collègue Nicole Belloubet, ministre de la justice, doit prendre les dispositions pour que cela soit effectif dans l’ensemble des outre-mer avant la fin de l'année. Par exemple, cela veut dire qu'enfin les entreprises pourront avoir leur extrait K-bis en 24h !

Si on revient à la réforme des aides économiques, nous avons eu d'intenses échanges et discussions avec les partenaires sociaux et les parlementaires afin de faire évoluer notre projet pour les économies d'outre-mer. Notre objectif est clair : permettre le "zéro charge" sur les zones les plus intenses en emploi tout en soutenant les secteurs de la transformation économique. Il faut savoir se dire les choses : en outre-mer, 70% des salariés gagnent moins de 1,7 SMIC, 92% d'entre eux gagnent moins de 2,7 SMIC. Et 80% des demandeurs d'emplois ont un niveau de formation inférieur à Bac+2. Cette réforme est pragmatique, elle vise à réduire le coût du travail pour une majorité de salariés dans les secteurs de la production locale pour favoriser l'emploi et lutter contre l'emploi informel. Le président de la République a été clair : la priorité du gouvernement, c'est de mener et gagner la bataille de l'emploi.

Et puis cette réforme, c'est aussi un engagement de prolonger la défiscalisation productive jusqu'en 2020, de renforcer les Zones franches globales, en y incluant notamment le secteur du nautisme et de créer des outils de financement de l'économie performants. À ce sujet, la Banque publique d'investissement finalise son installation en Martinique et sera à même dans les semaines qui viennent de distribuer en propre l'ensemble de ses produits ainsi que des produits spécifiques que nous avons mis en place comme le prêt DOM bonifié ou des dispositifs subventionnels pour accompagner les investissements productifs et l'innovation.

Je porte la stratégie Trajectoire outre-mer 5.0, c'est une stratégie qui vise à permettre aux territoires d'outre-mer d'atteindre en 2030 des objectifs clairs : zéro carbone, zéro déchet, zéro polluants agricoles, zéro vulnérabilité au risque climatique et zéro exclusion. Nous pouvons y arriver, il faut faire des choix courageux pour prendre cette trajectoire. Les élus martiniquais se battent pour attirer des jeunes sur l'île, et justement, j’ai la conviction que ce projet est fédérateur. Il pourrait permettre à la Martinique de devenir une des premières îles au monde à atteindre l'ambition du 5.0. Mais cette ambition, je ne la réaliserai pas seule. Il faut que le territoire et ses forces vives y croient, afin que nous y parvenions ensemble !

Quelle est la déclinaison du livre bleu Outre-mer en Martinique depuis son adoption ?

La démarche des Assises des Outre-mer a remporté un franc succès en Martinique, avec plus de 300 projets issus directement du territoire. Nous sommes actuellement dans la phase active de mise en œuvre.

Certains projets ont d’ores et déjà été lancés, comme le Showroom de la transition énergétique à Bellefontaine, que j’irai visiter et qui constitue la première brique du parc d’entreprises qui sera aménagé au sein de l’ancienne usine EDF. D’autres projets nécessitent encore un travail de maturation.

Dès l’adoption du Livre bleu outre-mer en juin dernier, j’ai organisé un "Forum des projets outre-mer" à Paris entre quelques porteurs de projets et un certain nombre de partenaires institutionnels et financiers. C’était le 28 juin 2018, à l'Elysée, en présence du Président de la République. J’ai organisé la 2e édition du Forum la semaine dernière, associant cette fois des porteurs associatifs et des fondations d’entreprise. Cette formule est déclinée au niveau local par le préfet de la Martinique dans le cadre des « Rendez-vous des Assises » qui permettent, une fois par mois, aux porteurs de projet de rencontrer les services de l’État, l’AFD, la Caisse des Dépôts, mais aussi la CTM, et de leur présenter l’avancement de leur projet ou d’échanger sur les étapes à venir.

Dix projets ont d’ores et déjà été présentés dans ce cadre, parmi lesquels des projets aussi structurants que la plateforme Sport Santé, l’Institut d’économie bleue et de la mer ou encore le projet Valcaco. Les retours sur ces rendez-vous nationaux et locaux sont extrêmement positifs. Ils contribuent à faire avancer les projets en rapprochant les points de vue et en faisant émerger, par le dialogue et les échanges directs, des solutions aux difficultés qui peuvent se poser en matière de financement des projets, de modèle économique ou encore de frein réglementaire.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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30 mars 2019 6 30 /03 /mars /2019 07:22
Cocaïne et mules en Guyane

Quatre ministres mobilisés contre les mules et le trafic de coke

Un protocole de mise en œuvre du plan d’action interministériel de lutte contre le phénomène des « mules » en provenance de Guyane a été signé mercredi soir à Paris en présence de nos quatre parlementaire et de la vice-présidente de la CTG.

Nicole Belloubet, la garde des Sceaux, et Annick Girardin, la ministre des Outre-mer, avaient  annoncé lors de leur déplacement en Guyane un plan interministériel de lutte contre le trafic de cocaïne vers la métropole. Mercredi soir à la chancellerie, les deux ministres, rejointes par Christelle Dubos, secrétaire d'État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, Laurent Nunez, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, ainsi que Rodolphe Gintz, directeur général des douanes, ont signé le protocole de mise en œuvre du plan d’action interministériel de lutte contre le phénomène des « mules » en provenance de Guyane. Ce protocole conjugué aux nouvelles dispositions prévues dans la loi de réforme pour la justice adopté le 23 mars, doit permettre de renforcer et mieux coordonner les efforts de ces acteurs dans la lutte contre ce fléau, tant en métropole qu’en Guyane.

30 % de la cocaïne consommée en France  a transité par la Guyane et elle est à l'origine de 80 à 90 % des gardes à vue de police judiciaire en Guyane où il y a 14 fois plus d'homicides qu'en Seine-Saint-Denis... Les saisies de cocaïne qui ont été multipliées par deux chaque année depuis 2016 montrent, hélas, de l'aveu même du directeur général des douanes, que le trafic grossit dans les mêmes proportions. Et si l'aéroport Félix-Eboué est équipé depuis 2017 d'un scanner, il n'a jamais servi et reste entreposé dans une salle des douanes faute de médecin... Annick Girardin a convenu que c'était une "fausse bonne idée" mais que tout ce qui pouvait mettre la pression aux passeurs demeurait utile. Ainsi, on a compté 181 mules arrêtées l'an passé, mais également 600 non-présentations de passager à l'embarquement signalées par les compagnies aériennes.

Dès lors le plan d’action interministériel de lutte contre le phénomène des « mules prévoit de renforcer les contrôles dès la frontière avec le Suriname jusqu'à Orly en passant par Cayenne. Avec une coopération policière et judiciaire avec le Suriname compliquée, pour ne pas dire nulle, le protocole prévoit de renforcer les effectifs de la brigade de recherche de gendarmerie de Saint-Laurent-du-Maroni de 18 à 22 militaires dès le mois de juillet.

Les contrôles à l’aéroport de Cayenne seront intensifiés avec un ciblage des passeurs de drogue accentué et un meilleur échange de renseignements entre les brigades des douanes de Cayenne et d’Orly .

Une expérimentation pour trois mois renouvelable

Pour la prise en charge policière et médicale des mules, six chambres sécurisées seront ouvertes au CHAR à Cayenne, doublant ainsi de 4 à huit le nombre des passeurs de drogue in corpore pris en charge.

Les opérations de dissuasion renforcée aux abords de l’aéroport — présence visible et massive de forces de police le long de la route — seront reconduites.

A Orly, les douanes, grâce à des renforts d'effectifs mettront le paquet sur les vols en provenance de Cayenne et renforceront la qualité du ciblage pour affiner la détection des passeurs de drogue. D'ailleurs Orly sera, à l'instar de Cayenne depuis 2017 et de Roissy, dotée d'une antenne de l'office central de police judiciaire spécialisé dans la lutte contre les trafics de stupéfiants (OCTRIS). En bout de chaîne, une politique pénale de fermeté sera mise en œuvre par les parquets de Cayenne et de Créteil en termes de poursuites et de réquisitions à l’audience.

S'il n'est pour l'heure en vigueur qu'à titre expérimental pour une durée de trois mois, la ministre de la Justice a indiqué qu'il était renouvelable.

FXG, à Paris

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30 mars 2019 6 30 /03 /mars /2019 07:16
Manif à bercy contre la réforme des congés bonifiés

2000 manifestants à Paris pour défendre les congés bonifiés

En réponse au gouvernement qui veut réformer les congés bonifiés dès le mois de juillet, la CGT rejointe par l'ensemble des syndicats a rassemblé quelques 2000 personnes sous les fenêtres de Bercy pour crier leur désaccord.

A l'appel de la CGT, environ 2000 personnes se sont rassemblées jeudi matin devant les fenêtres du ministère de l'Economie et des Finances à Bercy (Paris 12). Ils criaient leur rage de voir le gouvernement s'attaquer à leur droit à congés bonifiés, une conquête sociale des fonctionnaires ultramarins de l'Hexagone après quatre années de luttes syndicales en 1978. "C'est, lance à la foule, l'organisateur Casimir Largent du Collectif Outre-mer de la CGT, ce que l'Etat nous doit pour nous avoir déporté ici en masse pour travailler dans les basses catégories de la fonction publique, à l'hôpital, aux PTT, à la RATP..." Il n'y a pas que la CGT qui a répondu à l'appel, la CFDT, FO, Sud, Solidarité, Unité SGP Police affichent aussi leur présence... Outre les syndicats,  il y a même des non fonctionnaires qui sont venus soutenir leur camarade tels Tony Mango Les associations aussi sont reprsentées avec René Silo, Jacques Ambrosio.

La coordination des associations, représentée par Oudi Serva (le cousin du député LREM) et Marie-Line Mormin, est venue faire nombre et apporter ses idées : "Nous avons une piste d'économie à proposer sur les billets d'avion en organisant leur achat par une centrale au lieu des pratiques hallucinantes d'achats disparates qui coutent un bras à l'Etat ! Casser la société et toucher à l'humain ne peut aboutir à transformer le système ; il faut  régler les dysfonctionnement !" Daniel Dalin, président du Collectifdom et représentant du CREFOM, est venu aussi faire nombre. Il manifeste également au nom de la CFDT, son syndicat : "C'est une manifestation pour qu'on ne détricote pas nos droits spécifiques ! S'ils suppriment la surrémunération, on va faire une vie d'enfer aux fonctionnaires métropolitains qui dans les territoires qui ont des avantages similaires ! Ce que se passe s'appelle de la discrimination !"

Au milieu de la foule, il y a même le président du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage, Frédéric Régent. "Je ne suis pas solidaire, dit-il, je suis fonctionnaire, concerné parce que fonctionnaire venu d'Outre-mer !"

"Pas une surrémunération, une indemnité de vie chère"

"Ce n'est pas par communautarisme que nous sommes là,  lâche au micro une militante CGT martiniquaise couverte d'un drapeau péyi, nous défendons un droit qui appartient à toute la fonction publique !" "Ce n'est pas une surrémunération, argumente encore Fred Constant, un CGTiste des finances publiques, c'est une indemnité de vie chère." Lui aussi évoque les droits des fonctionnaires métropolitains outre-mer avec leurs primes de chaleur, d'éloignement et de vie chère... Céline, du CCAS de la ville de Paris, explique qu'elle doit partir en congés bonifiés en 2020 : "Je me bats pour tout le monde ! Les fonctionnaires métros, ils ont leur billet d'avion s'ils veulent pour rentrer en France l'été. Si on enlève quelque chose, c'est des deux côtés. Ca me choque !" Viviane, sa collègue, explique encore que sa chef de service empêche ses collègues de pouvoir partir pendant les vacances scolaires...

Les organisateurs ont demandé à ce qu'une délégation soit reçue au ministère... Leur demande reste vaine. "Le gouvernement est en train de jouer la montre, commente Fred, pour qu'on soit pris de cours quand la réforme sera bouclée en juillet..." Un de ses collègues se plaint de nos parlementaires de la majorité : "Ils ont d'ores et déjà acté le principe de la réduction des congés..." "Nou pas ka goumé kont personne, lance la dame au drapeau martiniquais. Je ne suis pas partie depuis 1998 parce que je vote en France ! On leur coûte de l'argent ? Mais qu'est-ce qu'on leur apporte au quotidien ? On est en France mais on travaille et on veut notre du !" Quels que soient les groupes (APHP, Mairie de Paris, RATP, Poste...) tous veulent, quand ils partiront à la retraite, laisser ça aux générations suivantes.

Jamais depuis la grande manifestation de 2009, suite à la mort du syndicaliste guadeloupéen Jacques Bino, autant d'Ultramarins ne se sont mobilisés à Paris. "Nous sommes 2000, a déclaré Casimir Largent, mais nous sommes 35 000 fonctionnaires concernés par les congés bonifiés ! La prochaine fois, dans trois semaines, nous serons 10 000 !  Sé sa nou ka visé !"

FXG, à Paris

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29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 07:33

Le futur Europarlement pourrait compter 4 députés d'Outre-mer

Entre le FN et LREM qui caracolent en tête des sondages et une belle position éligible pour LFI, le parlement européen qui sortira des urnes le 26 mai prochain pourrait accueillir quatre députés pour une dizaine de candidats issus des Outre-mer.

LREM - Mardi 26 mars, la République en marche a présenté sa liste conduite par la ministre démissionnaire de l'Europe Nathalie Loiseau. Le Réunionnais Stéphane Bijoux, directeur de l'information du pôle Outre-mer de France Télévisions, occupe la dixième place. Cette annonce a été appréciée diversement à France Ô que le gouvernement a promis de fermer à la mi-2020, si l'on en croit le communiqué de FO France TV : "Les dirigeants jouent donc double jeu avec nous : aux salariés ils racontent que la mauvaise situation de France Télévisions est due au gouvernement et nous découvrons qu’en fait ils sont complices." Heureusement pour la déontologie, Stéphane Bijoux vient de démissionner de ses fonctions. Reste que son épouse, journaliste et présentatrice du journal de Réunion La 1ère, n'a pas démissionné à l'instar de Léa Salamé, compagne de Raphaël Glucksmann, tête de liste (avec le Réunionnais Philippe Naillet en position inéligible) du PS. L'épouse de Stéphane Bijoux s'est contentée de promettre de pas interviewer son mari en tant que candidat aux européennes "pour ne pas créer d'incompréhension" chez les téléspectateurs. Ouf ! Plus bas sur la liste, 24e et en position d'être le dernier élu de la liste Loiseau créditée de 23 à 24 %, le Martiniquais du Modem, Max Orville.

RN - Depuis le 6 janvier,  le RN qui a confié sa tête de liste à Jordan Bardella, a fait savoir qu'il avait placé une Guadeloupéenne, Christiane Delannay-Clara, en position éligible (12e). Et comme rien n'est trop beau, le RN avait un  peu forcé le trait en faisant d'elle une maire adjointe au maire PS de Créteil en 1998. Information aussitôt démentie qui valait au RN d'admettre "un abus de langage". En revanche, le RN ne se trompait pas en affirmant qu'elle était conseillère municipale de Saint-François. Mais à l'annonce de sa candidature aux européennes sur la liste RN, la majorité LR de cette commune guadeloupéenne l'excluait pour "haute déloyauté politique et morale" à l'unanimité. Quoiqu'il en soit avec 21 % d'intentions de vote, la Guadeloupéenne est sûre d'être élue puisque sa liste pourrait compter une grosse vingtaine de députés.

LR- Les Républicains qui ont mis du temps à déterminer leur tête de liste, le philosophe François-Xavier Bellamy, n'ont pas encore réglé la question Outre-mer puisque leur liste révélée le 5 mars dernier dispose en 20e position : "une place réservée à une femme représentante des Outre-mer"... Vu que la liste LR est créditée dans les sondages de 12 ou 14 % des votes, elle n'aurait pas plus de 15 élus à Strasbourg... Donc pas de personne issue de l'Outre-mer.

LFI - La France Insoumise a depuis longtemps placé son champion, le sortant réunionnais, Younous Omarjee. Il figure en bonne situation, 4e de la liste conduite par Manon Aubry qui, avec 8 % d'intentions de vote, compterait 8 députés.

EELV - La liste Europe Ecologie Les Verts de Yannick Jadot se situe dans les 7 à 8 % d'intentions de vote, soit 7 à 8 députés. Son candidat amérindien (quoi que ni amer, ni Indien) de Guyane, Alexis Tiouka, en 19ème position, ne devrait pas siéger à Strasbourg.

Les autres partis - La liste de Génération-s, le mouvement de Benoît Hamon est conduite par Corinne Acheriaux et présente en 6e place le Réunionnais Alain Bénard. Les sondages leur donnent de 2,5 à 4 % des voix. Il faut au moins 5 % pour avoir un élu... Même incertitude avec la liste du PCF conduite par Ian Brossat qui présente en 6e position la Réunionnaise Julie Pontalba. Les sondages les créditent de 1,5 à 2 % des voix.

La liste de Lutte Ouvrière conduite par Nathalie Arthaud présente le Réunionnais Jean-Yves Payet en 12e position et un Guadeloupéen, le secrétaire général de la CGTG, Jean-Marie Nomertin, en 18e position...

Quant aux listes des Patriotes (Florian Philippot) ou de Debout la France (Nicolas Dupont-Aignan), elles n'ont pas encore fait connaître leur composition, mais c'est pas le genre à se ruer sur les Outre-mer !

FXG, à Paris

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29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 06:50
Louis-Georges Tin, président d'honneur du CRAN s'est réjoui de cette résolution

Louis-Georges Tin, président d'honneur du CRAN s'est réjoui de cette résolution

L'Europarlement adopte une résolution en faveur des Afro-descendants

Les personnes d’origine africaine sont 15 millions en Europe et y sont confrontées à un racisme structurel fortement ancré, selon les eurodéputés, qui appellent l’UE et ses États membres à prendre des mesures pour le combattre.

Dans une résolution adoptée mardi 26 mars par 535 voix pour, 80 contre et 44 abstentions, le Parlement européen demande à la Commission européenne et aux États membres de reconnaître le racisme, la discrimination et la xénophobie dont souffrent les Afro-européens, de leur fournir une protection adéquate contre ces inégalités et de s’assurer que les crimes haineux fassent l’objet de véritables enquêtes, poursuites et sanctions. Les députés dénoncent ainsi la vulnérabilité croissante des personnes d’origine africaine en garde à vue, pointant du doigt de nombreux incidents violents et même des décès. Ils dénoncent également l’usage fréquent du profilage racial et ethnique dans l’application du droit pénal, des mesures anti-terroristes et des contrôles d’immigration, et exhortent les États membres à mettre un terme à cette pratique.

Crimes contre l’humanité durant le colonialisme

La résolution invite les institutions et pays de l’UE à suivre l’exemple des États membres ayant déjà pris des mesures pour compenser les injustices et crimes contre l’humanité commis dans le passé. Ces crimes historiques, perpétrés au nom du colonialisme européen, ont toujours aujourd’hui un impact négatif sur les personnes d’origine africaine, affirment les députés qui proposent de procéder à des réparations telles que la présentation d’excuses publiques et la restitution des objets volés à leur pays d’origine. Le Parlement appelle aussi les pays de l’UE à déclassifier leurs archives coloniales et à présenter une perspective globale sur le colonialisme et l’esclavage dans leurs programmes scolaires.

« C’est un vote historique, a déclaré Louis-Georges Tin, président d’honneur du CRAN, c’est un signal très fort envoyé à tous les pays d’Europe, mais aussi aux pays de la Caricom, aux USA, à la Colombie ou au Brésil, où le débat est très vif en ce moment. »

FXG, à Paris

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29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 06:44
La voiture de Myrtho Fowel sortie du Sinnamary en 2013

La voiture de Myrtho Fowel sortie du Sinnamary en 2013

L'affaire Myrtho Fowel rebondit

C'est un arrêt de la chambre de l'instruction de Fort-de-France rendu mardi 26 mars qui relance une affaire vieille de quinze ans, l'affaire Myrtho Fowel, du nom de l'ancien directeur financier de la communauté de communes de l'Ouest guyanais (CCOG). Ce proche de Léon Bertrand avait disparu en 2004, laissant croire à certains qu'il avait fui au Surinam ou au Brésil avec près d'un million d'euros détournés des caisses de la CCOG, jusqu'à ce que son corps soit retrouvé à l'état de squelette, en 2013, dans sa Peugeot 307 de fonction, elle-même repêchée au fond du fleuve Sinnamary. La découverte avait alors fait grand bruit ! Le juge d'instruction de Fort-de-France en charge de cette information judiciaire voulait clôturer l'enquête, sans avoir pour autant cédé aux demandes du conseil de la CCOG qui souhaitait qu'il enquête sur l'argent détourné a priori par Myrtho Fowel.... Etrangement, le juge n'avait pas voulu pousser ses investigations dans cette direction.

Mardi, la chambre de l'instruction de Fort-de-France a rendu deux arrêts qui relancent l'affaire Fowel. Un premier arrêt rejette la demande de Mme Chunny Katdjo. Celle-ci était la compagne de Jacky Hildenbrand, un homme de Léon Bertrand. Si Jacky Hildenbrand est aujourd'hui décédé, les gendarmes avaient pu l'entendre une fois car il était alors leur cible numéro 1, mais pas le juge d'instruction. Or, sa compagne Mme Katdjo, n'avait pu justifier la possession de 70 000 euros dont les gendarmes ont pu soupçonner qu'ils provenaient des sommes détournées à la CCOG... Elle avait ainsi été mise en examen et le juge avait saisi la somme litigieuse sur son compte bancaire. L'arrêt rendu mardi à son encontre signifie que, pour l'heure, la cour refuse encore de l'innocenter.

Le deuxième arrêt constitue le véritable rebondissement de cette affaire. En effet, non seulement il n'est plus question de clôturer le dossier, mais il s'agit en plus de le relancer sur son aspect financier et les sommes détournées. Il appartiendra au juge d'instruction de s'intéresser aux éventuels receleurs, à ceux qui ont réglé la succession de Myrtho Fowel, sa famille et tous les bénéficiaires d'éventuels virements provenant des comptes de Myrtho Fowel...

Ce n'est qu'un hasard, mais c'est le même jour que Léon Bertrand qui espérait lui aussi une décision de justice favorable à sa libération dans un autre dossier, a appris qu'il restait encore en prison pour l'heure.

FXG, à Paris

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28 mars 2019 4 28 /03 /mars /2019 09:41

 

Sagih Romanos inhumé auprès de ses parents à Thiais (94)

Le Gosiérien Sagih Romanos est décédé à l'âge de 86 ans le 15 mars dernier à Paris. Hospitalisé à l'hôpital Cochin , puis à la Pitié Salpêtrière pour une infection bactérienne insidieuse, l'ancien dirigeant de la CCI pointoise est décédé à son domicile parisien quelques temps après sa sortie de l'hôpital d'une infection nosocomiale, a-t-on appris auprès de son fils Gilles. Les obsèques ont eu lieu le 21 mars à l'église Notre-Dame du Liban dans le 5e arrondissement, avant une cérémonie d'inhumation au cimetière de Thiais dans le Val de Marne, là où reposent déjà ses parents. Outre les proches et familiers de Sagih Romanos comme Colette Koury, y assistaient des représentants de l'ambassade du Liban ainsi que le sénateur Lurel et le député Serva. Une messe du 9e jour sera donnée lundi prochain à l'église Saint-Dominique, dans le 14e arrondissement, près du domicile parisien des Romanos. France-Antilles adresse ses sincères condoléances à la famille du défunt.

FXG, à Paris

 

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26 mars 2019 2 26 /03 /mars /2019 05:12
Le Premier ministre et la Guyane
Edouard Philippe, le Premier ministre, a répondu en exclusivité à FA Guyane après le report de son déplacement en Guyane en raison des troubles survenus le week-end du 16 mars sur les Champs-Elysées. Le Premier ministre venait notamment faire des annonces sur le secteur aurifère, la lutte contre l'orpaillage clandestin et le trafic de drogue. Il répond également sur les promesses signées en 2017 par l'État, le Livre bleu, le revenu de solidarité active...
« Un responsable chargé de la filière aurifère va être désigné »
Deux ans après le mouvement social de 2017, où en est l’État dans les promesses signées par le gouvernement et celles renouvelées et précisées par le président de la République, en octobre 2017 ?
Je veux rappeler que, dès la constitution du gouvernement, nous avons confirmé aux élus et à nos compatriotes de Guyane que nous étions engagés pleinement dans la mise en œuvre du plan d’urgence pour la Guyane, décidée sous l’ancienne mandature.
Je veux rappeler aussi que le gouvernement s’est doté d’une feuille de route pour les Outre-mer avec le Livre bleu Outre-mer qui prévoit un ensemble d’actions ambitieuses. Dans le cadre de la réforme des aides économiques, les parlementaires de Guyane de la majorité ont, par exemple, demandé que les entreprises de Guyane puissent disposer d’un régime spécifique. C’est ce que nous avons mis en œuvre à l’occasion des débats budgétaires.
Je voudrais enfin rappeler quelques décisions prises par le président de la République pour la Guyane. Nous avons depuis maintenant un an sensiblement accru la pression contre l’orpaillage illégal avec le plan Harpie II. Les forces armées de Guyane et la gendarmerie ont renforcé leurs moyens. Tous les services de l’État et de ses opérateurs, notamment les personnels du Parc amazonien de Guyane, participent à ce combat. J’ai décidé que les sommes issues des saisies d’or seront désormais consacrées intégralement à des projets et des actions portés par les forces qui luttent contre l’orpaillage illégal.
Je veux aussi citer la lutte contre le trafic de drogue entre la Guyane et l’Hexagone. Nous avons établi un plan de bataille global, avec des actions à Cayenne et dans les plateformes aéroportuaires de l’Hexagone… Nous obtenons déjà des résultats. Ces actions vont se poursuivre et s’amplifier au fur et à mesure de la mise en œuvre du plan dans les prochaines semaines.
Le débat autour du projet d’exploitation aurifère Montagne d’or est vif aujourd’hui. À défaut de votre présence, en raison des troubles survenus à Paris le week-end dernier, enverrez-vous votre ministre de la Transition écologique, François de Rugy, pour qu’il se positionne officiellement sur la question aurifère ? La décision est-elle déjà prise ?
Oui, le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, se rendra prochainement en Guyane pour rencontrer les parties prenantes sur le sujet.
Je veux insister sur un point essentiel : l’avenir de la filière aurifère en Guyane ne peut pas, ne doit pas dépendre du sort d’un seul projet. Le gouvernement est profondément convaincu qu’il est possible de valoriser les ressources du sol guyanais dans des conditions exemplaires au plan environnemental, avec l’accord des Guyanais. C’est dans cet esprit que nous allons prochainement désigner un responsable chargé de la filière en Guyane. C’est aussi en ce sens que nous souhaitons engager la réforme du code minier et pouvoir présenter au parlement un texte en fin d’année.
Les exigences et les attentes concernant le projet Montagne d’Or ont été clairement fixées par le chef de l’État et par le gouvernement : la concertation et l’acceptabilité par les personnes concernées, l’insertion sociale et économique du projet qui doit pleinement bénéficier au territoire, tant en termes d’emploi pour les Guyanais que de valeur ajoutée conservée localement, la maîtrise des risques environnementaux et des enjeux énergétiques… Le débat public, qui s’est tenu l’année dernière, a soulevé des questions fondamentales.
Nous sommes dans un État de droit : les opérateurs doivent déposer des demandes qui seront ensuite examinées. C’est dans ce cadre qu’il reviendra au porteur de projet le moment venu de présenter un dossier qui devra répondre à ces attentes d’exemplarité.
D’un côté, la Guyane souffre de l’immigration clandestine, de l’insécurité, de l’habitat insalubre et illégal, d’un autre, elle a des atouts comme la pêche, la filière bois, le spatial… Comment trouver la voix d’un développement harmonieux ?
La condition à tout développement harmonieux, c’est d’assurer le socle des services attendus par la population. La sécurité, l’éducation, la santé, le logement constituent les priorités de mon gouvernement en Guyane. Nous souhaitons en faire aussi des priorités européennes.
Et nous sommes prêts à envisager toutes les adaptations utiles pour atteindre nos objectifs : c’est ce que nous avons fait avec la collectivité territoriale de Guyane en faisant en sorte que l’État reprenne, de manière exceptionnelle, le financement du revenu de solidarité active, afin que la collectivité puisse disposer de marges de manœuvre pour faire face à ses autres missions et obligations.
Le développement passe aussi par la valorisation des ressources de la Guyane – nous venons d’évoquer la filière aurifère. Il en va de même d’autres filières comme l’agroalimentaire ou l’énergie, que nous soutenons de manière résolue. C’est toute l’ambition portée par notre gouvernement à travers le Livre bleu des Outre-mer et de la Trajectoire des Outre-mer 5.0, avec cinq objectifs clairs : 0 exclusion, 0 vulnérabilité, 0 carbone, 0 déchet, 0 intrant chimique.
Propos recueillis par FXG, à Paris
 

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25 mars 2019 1 25 /03 /mars /2019 06:57
Max Dubois pa kontan

Interview. Max Dubois, président de République & Développement Outre-mer.

Dans une tribune publiée sur le site de Médiapart*, Max Dubois qui fut le coordinateur Outre-mer de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron, se livre à un violent réquisitoire contre la politique menée par la ministre des Outre-mer.

"Est-ce que j'ai le droit d'être macroniste et dire que c'est le bordel en outre-mer  ?"

Qu'est-ce qui vous a motivé pour écrire cette tribune plutôt violente à l'encontre de la locataire de la rue Oudinot ?

Je tiens d'abord à vous dire que macroniste j'étais, macroniste je suis. Un macroniste c'est un social-démocrate et aujourd'hui Emmanuel Macron incarne cette ligne sociale-démocrate. Je n'ai pas attendu pour avoir des convictions sociales et républicaines qu'Emmanuel Macron incarne aujourd'hui. Pour autant être fidèle à une ligne politique, ce n'est pas être fidèle à la totalité de ce qui se passe dans la tête des gens qui incarnent cette ligne et pour les Outre-mer, le compte n'y est pas. Les Outre-mer sont les laissés pour compte de la politique actuelle. On peut être macroniste et dire que ça ne va pas quand ça ne va pas.

La trajectoire 5.0 (0 Déchet, 0 Carbone, 0 Intrant chimique, 0 exclusion, 0 vulnérabilité) promue par Annick Girardin ne vous a pas convaincu ?

Et pourquoi pas 0 vie chère et 0 chômage ? C'est un quintuple écran de fumée. Ce sont cinq intentions louables, mais là-dedans, il n'y a aucune intention économique. Depuis 1945, on a un traitement social du chômage. Moi, je veux un traitement économique du chômage. Quoi de neuf depuis Hollande, depuis Sarkozy ? Si aujourd'hui, on ne change pas les paradigmes économiques, on va continuer à faire du traitement social et plus personne n'en veut.

Mais Annick Girardin n'applique-t-elle pas la politique que lui demandent d'appliquer le Premier ministre et le président de la République ?

A chaque fois que j'ai pu parler avec le président de la République, à chaque fois que je l'ai entendu parler publiquement, il a parlé du développement des filières économiques. Pourtant depuis deux ans qu'Emmanuel Macron est au pouvoir et nous sommes dans la continuité de ce qui s'est passé jusqu'à maintenant. Le président change de paradigme partout mais pas dans les Outre-mer. La fin des contrats aidés était pour moi un signe avant-coureur de développement économique. On a supprimé les contrats aidés mais je n'ai pas vu arriver l'effort économique. De même le rabotage de l'abattement fiscal, la TVA NPR qu'on a perdue sont des éléments qui viennent s'enlever au budget. Ca ne fonctionne que si derrière vous avez un vrai projet. Et à quoi servirait d'enlever la surrémunération des fonctionnaires qui pour l'instant maintient à peu près l'équilibre économique des territoires si derrière on n'a pas fait notamment une révision de la grande distribution alimentaire dans les territoires. La question n'est pas aujourd'hui d'envoyer des contrôleurs pour vérifier si les nouilles n'ont pas augmenté de 50 centimes, la question est comment fait-on pour que le prix baisse. Tant que les gens qui détiennent la grande distribution peuvent continuer à importer au motif que l'importation coûte moins chère que la fabrication sur place, on continuera à vivre dans une économie de comptoir ! La politique de relance économique doit passer nécessairement par le développement des filières. Tant que ce ne sera pas fait, on ne va pas développer de PIB supplémentaire. Mme Girardin est soumise à la pensée magique de notre énarchie panurgiste française ! C'est quoi son bilan au bout de deux ans ?

La "pensée magique", qu'est-ce que c'est ?

C'est la pensée des énarques. Quand un énarque a pensé, derrière, c'est terminé ! Quand un énarque a décrété qu'une idée n'était pas bonne, les autres ne se posent plus de question. On assiste à une forme de panurgisme de l'énarchie ! Et en Outre-mer, depuis des années, les énarques ont décidé qu'il n'y avait rien à faire, pas de développement possible ! C'est quand même incroyable un truc pareil !

Le président Macron est lui-même un énarque...

Oui, c'est un énarque, mais il est président. Et puis, c'est un homme qui a l'amour de France. Simplement, l'Outre-mer, c'est 2,5 millions de personnes et le problème de Macron, c'est Poutine, la Corée, l'Afrique... Si ses ministres ne s'emparent pas des dossiers, qui va le faire ?

Vous voulez devenir ministre des Outre-mer ?

Je ne veux aucun poste ! J'ai créé R&DOM il y a plus d'un an et j'ai essayé sincèrement de faire valoir cette nécessité qu'il y avait à développer le business dans les Outre-mer et arrêter d'imaginer que le chômage dans les Outre-mer ne devait être traité que socialement. Je n'ai pas été entendu. J'ai eu affaire à cette pensée magique qui sait tout, qui dit qu'il n'y a rien à faire ! Je ne veux pas être un oiseau de mauvaise augure, mais les trois ans qui restent d'ici la fin du quinquennat ne se passeront pas dans la joie et l'allégresse si on continue à prendre les Ultramarins pour ce qu'ils ne sont pas.

Revenons en à vos propositions alors...

Mon souhait profond est qu'Annick Girardin prenne conscience qu'on ne peut pas traiter les territoires d'Outre-mer à coup de porte-voix. C'est bien de prendre des porte-voix pour expliquer aux gens que demain ça ira mieux, mais ça ne suffit pas. Les porte-voix ne font pas de politiques ! Est-ce que j'ai le droit d'être macroniste et dire que concernant les Outre-mer, c'est le bordel ?

Concrètement ?

Ce que je propose, je le fais aujourd'hui à travers R&DOM** : rapprocher des gens pour les aider à constituer des filières, c'est-à-dire prendre un métier de bout en bout, demander aux gens ce qu'ils veulent faire et les aider à le faire. Je le fais à Mayotte avec la pêche, mais ça concerne la biodiversité, les richesses sous-marines, le tourisme... Et c'est l'Etat qui doit investir ! On préfère mettre des ronds pour indemniser 350 000 chômeurs plutôt que de les transférer sur ces filières avec un compte d'exploitation prévisionnel sur une dizaine d'années. C'est un effort national qu'il faut faire ! J'appelle l'ensemble de la nation française à venir en soutien pour pousser les économies domiennes. L'économie domienne appartient à tout le monde. Il n'y a pas d'un côté les citoyens des DOM et de l'autre, les citoyens français. Ce sont les mêmes !

Propos recueillis par FXG, à Paris

**République et développement des Outre-mer (R&DOM) est une association 1901 fondée en février 2018 et présidée par Max Dubois. Elle revendique d'être un think tank et 2000 adhérents.

Max Dubois est par ailleurs à la tête d'un cabinet de conseil nommé "Paloloproduction", basé dans l'Hexagone et dont les clients sont tous des entreprises privées ultramarines.

*https://blogs.mediapart.fr/maxduboisrdom/blog/080319/aucune-societe-avec-30-de-chomeurs-ne-peut-eviter-l-explosion-sociale-0

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23 mars 2019 6 23 /03 /mars /2019 06:52
La DGOM en réunion jeudi 22 mars

La DGOM en réunion jeudi 22 mars

Congés bonifiés et soupçons de fausses fake news

Après avoir nommé le 12 mars dernier le député réunionnais LR, David Lorion, comme rapporteur d'une mission d'information sur la réforme des congés bonifiés, la délégation outre-mer de l'Assemblée nationale qui s'est emparée du sujet, a nommé, hier jeudi 21 mars, le député LREM de la Guyane, Lénaïck Adam, comme co-rapporteur de cette mission. A cette occasion, le président de la délégation, le Guadeloupéen LREM Olivier Serva, a tenu à mettre en garde, députés et journalistes contre certaines fausses informations qui circuleraient sur cette réforme qui concerne 35 000 fonctionnaires et rappeler que la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, avait assuré qu'il n'était pas question de toucher à la surrémunération versée au fonctionnaire pendant son congé au pays. De même, elle aurait assuré qu'il n'étais pas question de verser un forfait au bénéficiaire afin qu'il paye lui-même son billet d'avion, mais que ces billets seraient toujours payés par l'administration.

Il n'empêche que selon le compte rendu de la réunion interministérielle du 11 janvier dernier à Matignon, dont nous avons eu copie, il est indiqué dans "le paquet de négociation" et "en entrée de concertation, l'affichage du principe de la suppression du versement de la surrémunération". De même, concernant l'achat des billets d'avion, le compte rendu précise que le cabinet du Premier ministre demande au ministère de l'Action et des Comptes publics de lui soumettre plusieurs scénarios (dont un scénario de forfait donné aux agents)."

Ces deux points seront au donc à mettre au point par les deux rapporteurs quand ils rendront leur rapport de mission le 16 mai prochain.

FXG, à Paris

La mission flash sur France Ô reportée — Prufer viré, GPL démissionne...

Alors que la mission flash sur la suppression de France Ô de la TNT confiée par la délégation Outre-mer de l'Assemblée nationale à la députée PS de Paris, George Pau-Langevin, le président Olivier Serva a indiqué, jeudi 21 mars, que la remise de ce rapport était retardée du 16 mai au 20 juin prochains (pour des raisons de surcharge administrative). Un délai fâcheux juste au moment où Delphine Ernotte, la président de France Télévisions a convoqué pour un entretien préalable le directeur régional de Polynésie la 1ère. Ce dernier, Gérard Prufer, avait déclaré au sujet de la mort annoncée de France Ô : "Les gens de France 2 sont perçus comme des seigneurs, ceux de France 3 comme les paysans, et l'Outre-mer comme les glandus sous les cocotiers."

Par ailleurs en raison de ce délai, GPL a fait savoir sur son compte twitter qu'elle préférait démissionner des fonctions de rapporteure pour cette mission flash.

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