Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

  • : le blog fxgpariscaraibe
  • : Caraibes, Antilles, Réunion, Outre-mer, Paris... Le blog des infos du 6e DOM, des gens originaires d'outre-mer à Paris politique economie culture justice société
  • Contact

Recherche

28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 05:45

Du nouveau au cabinet de la ministre de l’Outre-mer

Laviolette-MLP-TGV.jpgAvec le départ de Jean-Baptiste Rotsen à Bercy (le 1er décembre prochain comme contrôleur général économique et financier à Bercy), Marie-Luce Penchard a procédé à un remodelage de son cabinet. Laetitia de La Maisonnneuve, devient la nouvelle chef de cabinet, mais garde aussi ses fonctions de conseillère parlementaire. Elle est donc assistée d’un chef de cabinet adjoint en la personne de celui qui était jusqu’alors secrétaire général du commissariat de l’année des Outre-mer français, Laurent Laviolette (photo). C’est aussi l’occasion, après la bascule à gauche du Sénat, de trouver un point de chute au conseiller outre-mer de l’ancien président du Sénat Gérard Larcher, Dominique Vian (ancien préfet de Guyane, de Guadeloupe et ancien directeur de cabinet de François Baroin à la rue Oudinot). Il est nommé chargé de mission.

FXG (agence de presse GHM)

Partager cet article

Repost0
28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 05:42

Antoine John, dissident antillais

Antoine-John-dissident-antillais.jpgA 88 ans, Antoine John fait partie de ces hommes qui ont choisi la dissidence. Aujourd’hui âgé de 88 ans, il vit depuis les années 1960, à Warck, une petite commune ardennaise de l’arrondissement de Charleville-Mézières. Avec Mauricette, l’épouse rencontrée dans le Nord après la guerre. Notre confrère, L’Ardennais, lui a consacré un article en septembre dernier. Il y raconte sa dissidence et sa guerre. Antoine avait 20 ans en 1943 et vivait à Pointe-à-Pitre. « Il y avait le couvre-feu… Je le souviens d’une échauffourée qui a éclaté un soir à la sortie du cinéma la Renaissance. Les militaires ont tiré sur les jeunes. C’était le pot de terre contre le pot de fer… »Antoine travaillait alors comme tailleur. « On faisait du trocage pour vivre. On travaillait pour les pêcheurs et les bouchers qui nous réservaient un bout de viande ou de poisson parce que sinon, c’était difficile d’en avoir. Il fallait faire la queue, mais il ne restait que des morceaux pour les chiens parce que les hommes de la Jeanne-d’Arc étaient passés le matin à 8 heures et avaient tout pris. Et l’huile et le sucre, tout était difficile à trouver… » Ne supportant plus l’oppression et rêvant d’en découdre, il décide de partir un soir de juillet ou août 1943. C’était un jeudi. « J’ai embarqué de nuit sur un voilier. J’ai dû payer 200 francs pour le passage… » Sur le canal de la Dominique, les vagues sont très fortes. « On était huit sur le voilier et on faisait des signes de croix… » Débarqué à Portsmouth, il y reste trois semaines puis il est rapatrié en Martinique pour y faire son service militaire, à Saint-Pierre. « La montagne Pelée avait brûlé la terre ; on a été malade à tour de bras, on a eu la chique… » Ils ont du tout faire : construire leur caserne, les dortoir « avec de la paille de canne à sucre et du bambou parce qu’il n’y avait plus rien… » Enfin, c’est le départ pour les Etats-Unis. Il est parti à Steel Town où il se retrouve avec 400 volontaires. « J’y suis resté plusieurs mois. On nous appelait les french black. Ca ne rigolait pas il n’y en avait que pour  le drapeau, l’entraînement… Les Américains voulaient qu’on fasse le débarquement aux Philippines mais il en a été décidé autrement durant la traversée. Ils nous ont transférés, mon contingent et moi à Royan puis à Fréjus. Comme j’étais tailleur, on m’a mis à l’intendance jusqu’à la fin de la guerre. » Son ami, le pêcheur Vinçobe est mort à Monte-Cassino. « Ca a été le tombeau des Antillais. Les Allemands, en haut de la crête, n’avaient qu’à dégoupiller les grenades sur le bataillon des Antillais. A la fin, il ne restait qu’une seule compagnie. Mais on n’en parle pas. » Comme nombre de ses camarades survivants, il a du attendre 2009 pour que la République reconnaisse la dissidence. « A l’époque, les Français ne nous connaissaient pas, ni notre mode de vie, ni même notre existence. » Vendredi dernier à Charleville, il était présent pour l’inauguration de la rue Aimé-Césaire. Sur son revers, il y avait toutes ses médailles.

FXG (agence de presse GHM)

Partager cet article

Repost0
28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 05:36

Aimé Césaire rejoint Arthur RimbaudPlaque-de-rue-Aime-cesaire.jpg

La municipalité de Charleville-Mézières a inauguré, vendredi 25 novembre, une rue du quartier La Houillère du nom d’Aimé Césaire en présence de la ministre de l’Outre-mer et du maire de Fort-de-France.

Dans le même temps, l’Amicale afro-antillaise des Ardennes organisait sur la place Ducale de la capitale ardennaise une exposition dédiée à Arthur Rimbaud et Aimé Césaire.

maires-Fdf-et-Ch-M-MLP-Palcy-Bidelogne-inauguration.jpgRaymond Saint-Louis Augustin,le maire de Foyal, Marie-Luce Penchard, ministre de l’Outre-mer, la réalisatrice Euzhan Palcy, ont eu bien froid vendredi 25 novembre dans la capitale des Ardennes. Mais pour rien au monde, ils n’auraient voulu manquer l’inauguration d’une nouvelle rue Aimé-Césaire dans la ville qui a vu naître un très grand poète, Arthur Rimbaud. Ce n’est pourtant pas la première rue qu’une cité de l’Hexagone consacre un espace urbain au plus grand des Martiniquais… Il faut y voir les liens très forts qui unissent cette ville aux Antilles grâce à la présence quarantenaire d’un noyau dur et militant : l’amicale afro-antillaise des Ardennes. Dès lors qu’ils ont eu vent de l’année des outre-mer français, Alain Bidelogne, son président, Bernard Dordonne, Jean-Yves Faraudière, Jocelyn Sonor (frère d e l’ancien international de football Luc), François Binga sont allés taper à toutes les portes, mairie, région, département... Palcy-Saint-Louis-augustin-plaque.jpgLe préfet Pierre N’Gahane leur a dit : « Sortez  du traditionnel ti punch, accra, boudin. Soyez ambitieux ! » Alors, ils ont développé un véritable programme qui a démarré le 10 mai : une projection des films d’Euzhan Palcy, Rue Cases-nègres et Parcours de dissident, un plaque explicative dédiée à Victor Schoelcher dans la rue carolo-mézérienne qui porte son nom, une exposition sur l’Africain blanc et le chantre de la négritude, Rimbaud et Césaire, un chanté Nwel et même un concert de Kassav ! Le nec plus ultra est venu quand Claudine Ledoux, maire de Charleville-Mézières leur a annoncé : « J’aurai une surprise pour vous… » Et c’est la rue Aimé-Césaire, devenue réalité vendredi. C’est une rue neuve qui dessert les petites villas du lotissement Clos-Paul, dans le quartier La Houillère. MLP-Bidelogne-Ledoux.jpgLa plaque a été dévoilée après une série de discours et une lecture du poème d’Aimé Césaire, Barbare, par Gary Cadenat, acteur de Rue Cases-Nègres. Claudine Ledoux a vanté « la pluralité des cultures, richesse de notre patrimoine commun » : « En cultivant son identité, on va vers l’universel », a-t-elle déclaré dans les pas de Césaire. Saluant le lien jeté entre Césaire et Rimlbaud, Raymond Saint-Louis Augustin, évoquant l’Africain aux yeux bleus et le Nègre fondamental, a déclaré : « La négritude n’est pas affaire de couleur de peau, maid de situation, celle de dominé. » Marie-Luce Penchard a eu des élans poétiques quand elle a déclaré : « Le mont Olympe (qui domine le massif ardennais et Charleville-Mézières) sera, à compter de ce jour, parent de la Soufrière et de la Montagne Pelée, et Aimé Césaire, depuis la crypte du Panthéon comme depuis la Martinique où il repose, se réveillera demain dans cette rue de Charleville-Mézières qui dorénavant porte son nom. »

Césaire et RimbaudEuzhan-Palcy-place-ducale.jpg

Sitôt après, la délégation s’est transportée sur la place Ducale (Une petite sœur jumelle de la place Vosges due au neveu d’Henri IV), où l’Amicale afro-antilaise des Ardennes et le conseil général des Ardennes ont monté l’exposition consacrée aux deux grands poètes. Expo-Cesaire-et-Rimbaud.jpgEntre celui qui disait « Je est un autre » et son cadet qui disait : « Nègre je suis, nègre je resterai », l’exposition fait le lien. « Tout deux étouffent dans la société qui les entourent… », souligne la maire de Charleville. « Deux poètes affûteurs de beauté et de sensibilité subtile… », selon le maire de Fort-de-France. Les visiteurs ont pu découvrir des reproductions géantes des pages du numéro spécial que France-Antilles a consacré à Aimé Césaire en avril 2008, au moment de sa mort. C’est Bernard Dordonne, ancien journaliste de la rédaction de France-Antilles et désormais chef d’agence de l’Union de Reims et L’Ardennais à Charleville, qui est à l’origine de ce partage. Bernard-Dordonne-presente--expo.jpgIl est a d’ailleurs aussi celui qui a œuvré à la venue des hôtes illustres de cette journée ! Des élèves du collège Léo-Lagrange ont porté l’émotion à son comble en proposant une lecture à plusieurs voix de leur travail sur l’œuvre de Césaire. Emballée, la ministre a tenu à les remercier : « Vous êtes la démonstration que le regard porté sur l’Outre-mer peut changer et a changé ! » La journée s’est achevée au Conseil général par une nouvelle série de discours qui a permis à la centaine des antillais établis dans les Ardennes de se réchauffer dans la chaleur des cœurs à défaut de celle du pays.

FXG (agence de presse GHM)Collegiens-Leo-Lagrange.jpg


Ils ont dit

Euzhan Palcy

« Aimé Césaire a déjà laissé sa trace dans des milliers d’esprits à travers le monde et je trouve admirable que dans des villes comme celle-ci qu’il y ait une rue, une trace physique qui rappelle aux générations futures qui était ce grand homme. Qui plus est dans la ville de Rimbaud. Tout deux sont de grands amis, spirituellement parlant, qui ont beaucoup de choses en commun. »

Luc SonorLuc Sonor

« J’ai été formé ici ! Je suis arrivé de la Guadeloupe, j’avais 13 ans, et j’ai atterri à Charleville-Mézières. J’ai joué au foot à Auvillers-les-Forges, puis à Sedan. J’habitais avec mon frère Jocelyn, rue Bourbon. Mon frère a été président de l’association AAAA. C’est tout naturellement que j’ai répondu à leur invitation. »


ITW Raymond Saint-Louis Augustin, maire de Fort-de-France

Raymond-saint-louis-augustin.jpg«  Il n’est pas important d’être noir ou blanc, mais d’être homme »

Quelle importance accordez-vous à un tel baptême, si loin de Foyal ?

C’est capital à un moment où le monde est en pleine effervescence, que ce soit dans le Maghreb, en Egypte, en Côte d’Ivoire, au Yémen ou ailleurs, que le message césairien soit compris et que chacun puisse se l’approprier. C’est un message qui incite à mieux cultiver son identité, non pour se recroqueviller sur soi, mais pour d’ouvrir au monde. C’est d’abord un message de solidarité, de fraternité vraie et il faut qu’il puisse être inoculé à tout le monde, que cet humanisme soit mieux connu, mieux intégré pour que le monde s’en porte mieux.

Il y a une symbolique forte ici, dans la ville de naissance d’Arthur Rimbaud…

Je remercie Claudine Ledoux, maire de Charleville-Mézières qui a eu cette idée géniale, géante de rapprocher ces deux hommes, pratiquement de les unir. Rimbaud se proclamait l’Africain blanc aux yeux bleus tandis que Césaire disait : « Le Nègre t’emmerde. » Manière de dire de ne pas le regarder comme Nègre, mais comme un homme. Leurs messages se rejoignent en bien des points et ils méritent d’être associés. Il n’est pas important d’être noir ou blanc, mais d’être homme, debout, droit et libre.

Savez-vous où vous irez la prochaine fois pour inaugurer un espace public dédié à Aimé Césaire ?

Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’il faut absolument que toute discothèque, médiathèque, bibliothèque, toute artère ici ou là prennent le nom d’Aimé Césaire. Il faut conserver à Césaire l’aura qu’il mérite.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)


ITW Alain Bidelogne, président de l’Amicale afro-antillaise des Ardennes

Alain-Bidelogne.jpg« Nous sommes très présents dans la cité »

Quel rôle a joué votre association dans ce baptême ?

Nous n’en sommes pas à l’origine même si l’association a tout de même joué un rôle. Le maire de Charleville voit que nous sommes très présents dans la cité, dans toutes les manifestations dans le département et elle nous a fait ce cadeau, profitant de l’opportunité de l’année des Outre-mer. Probablement l’aurait-elle fait dans l’avenir, mais elle a profité de cette année des Outre-mer pour le faire.

Qui se cache derrière votre amicale ?

Notre association a 40 ans et regroupe une quarantaine d’adhérents dont Bernard Dordonne, l’ancien président Jocelyn Sonor, Jean-Yves Faraudière, le fils de Sylvère qui a été inspecteur d’académie, ici, pendant six ans. Elle a été créée sous le nom d’Amicale africaine des Ardennes par Amadou Diallo et regroupait au départ les Sénégalais, Maliens et Réunionnais des Ardennes. Célestin Esso, le deuxième président m’a convaincu de les rejoindre avec mon compatriote guadeloupéen François Binga et quelques autres et nous avons rajouté un A !

Vous avez été la cheville ouvrière des manifestations de l’année des Outre-mer français dans ce département…

Nous avons commencé le 10 mai, jour de la commémoration des abolitions de l’esclavage et de la traite négrière, par le dévoilement d’une plaque dans la rue Victor-Schoelcher. Les Ardennais ne savent pas qui il est alors nous avons permis de faire savoir qu’il était le père de l’abolition de 1848. Nous avons organisé une soirée antillaise avec l’élection du meilleur costume, la projection de Parcours de dissidents, l’exposition et, aujourd’hui, l’inauguration de la rue Césaire.

Quelles sont les opérations à venir ?

Il y aura un chanté Nwel (les livres de cantique sont prêts) et nous nous apprêtons à recevoir Kassav et préparons en 2012 une exposition sur l’agriculture dans les DOM.

Propos recueillis par FXGMLP-Huret-Dordonne-Palcy-Cadenat.jpg

Partager cet article

Repost0
26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 17:20

Challenge, la fondation de la Française des jeux, fête ses 20 ans

A l’orée des Jeux olympiques de Londres, la fondation Challenge de la Française des jeux continue son travail de soutien aux jeunes sportifs.20-ans-de-challenge-FdJ-photo-Alfred-Jocksan.jpg

Le programme Challenge de la fondation de la Française des jeux est une bourse d’un montant de 15 000€ par mois offert à un jeune athlète exerçant une discipline individuelle, encore inconnu et disposant de faibles ressources. Un soutien qui permet aux sportifs de s’abandonner à leur passion sereinement et en toute tranquillité d’esprit durant deux ans. Il est complété par une aide à la formation. Aujourd’hui, la FdJ a décidé de faire évoluer sa dotation par un volet solidaire. Désormais, chaque sportif de Challenge, qui remportera une médaille aux Jeux, recevra en plus la somme de 5 000€ destinés à l’association solidaire de leur choix.

charles-Lantieri---Stephane-Diagana-et-Ophelie-Etienne-phot.jpgLa FdJ a trouvé là une façon de soutenir l’ensemble des associations qui utilisent le sport comme un moyen de lutte contre l’exclusion sociale et pour favoriser l’insertion. Charles Lantiéri, président de la fondation, indique que son ambition est de doubler les moyens de la fondation au cour des prochaines années. « Beaucoup d’entreprises se désengagent en ce moment, nous allons nous engager encore plus », promet-il. Stéphane Diagana, aujourd’hui consultant à France TV et ancien champion du monde du 400 mètres haies en 1997, a été le premier bénéficiaire du programme Challenge en 1991. « C’est plus qu’un coup de pouce, c’est voir la situation de besoin que le sportif peut rencontrer. Mais c’est surtout un geste de confiance et de reconnaissance dont on a besoin à ce moment-là de notre carrière », témoigne-t-il

Les-VIP-au-premier-rang-photo-Alfred-Jocksan.jpgMais le programme Challenge est aussi un dispositif de formation à la gestion de carrière et de préparation à la reconversion. Un moyen de relier le monde de l’entreprise et le monde du sport. Ainsi, un partenariat a été noué avec l’INSEP, la formation continue de Sciences po et les Etoiles du sport.

A ce jour, la fondation Française des jeux est venue en aide à 335 champions, valides ou handicapés, issus de 37 disciplines dont 25 olympiques. Parmi ces sportifs, 102 ont été médaillés aux Jeux et on compte 135 titres de champion du monde parmi eux. Certains sont devenus des icônes ! Ce programme représente un investissement de 3 M€ et vingt ans de fidélité aux femmes et aux hommes qui font la gloire du sport.

Glwadys-Epangue-et-Pascal-Gentil-les-champions-de-Taekwondo.jpgDe Stéphane Diagana, le premier, au petit dernier, Maxime Chataignier, en passant par Claude Issorat, Pierre-Marie Hilaire, Laura Flessel, Pascal Gentil, Céline Lebrun, Maureen Nisima, Caroline Balmy, Ronald Pognon, Lucie Decosse, Malia Metella, Patricia Djaté-Taillard ou Sylviane Félix, nombre de sportifs ultramarins ont été soutenus par la fondation  Challenge de la Française des jeux.

La-championne-d-escrime-martiniquaise--Maureen-Nisima-photo.jpgIl faut respecter quelques critères pour postuler au challenge : être majeur, exercer une discipline individuelle, être sans statut professionnel tout en présentant un potentiel de haut niveau. Le comité de sélection est piloté par l’ancien champion d’athlétisme, Frédéric Quentin.

Alfred Jocksan (agence de presse GHM)pascal-Gentil-Christophe-Blanchard-Dignac-et-Bernard-Diomed.jpg

Partager cet article

Repost0
26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 17:15

Jocelyn Akwaba Matignon explore l’univers

Jocelyn-Hurez-photo-Alfred-Jocksan.jpgJocelyn Akwaba-Matignon expose à la galerie Everarts de Paris jusqu’en février 2012, après avoir participé à une exposition collective au Caroussel du Louvre. Cet ancien maître-verrier peint sur la toile l’univers. Il a trouvé son support d’expression.

De son vrai nom Jocelyn Hurez, 50 ans, queue de cheval et silhouette  amérindienne, l’artiste de Dugazon/Abymes vit sa peinture selon la trilogie de son identité culturelle, le triangle de sa constitution, véritable clin d’œil à l’Afrique, à  l’Europe et la culture amérindienne. Un choix que  Jocelyn a fait en pratiquant un voyage à l’envers. Après des études  en France, un travail dans un groupe informatique et un passage dans l’industrie, il se retrouve au Bénin où il a été ébloui par les cocotiers d’Ouidah. « Entre ce qu’on dit  de l’Afrique et ce qu’on y vit, il y a un monde. Le premier jour où j’ai mis mes pas sur la terre d’Afrique, j’ai eu un frisson, mes poils se sont dressés. Ca m’a, en partie, reconstruit. Et à Ouidah, à la porte du non-retour, j’ai été symboliquement frappé par la position des cocotiers qui sont droits. En Guadeloupe, ils sont couchés. » Après ce périple initiatique, il a repris pied sur ses terres des Antilles.

kiukan-AJocksan.jpgSa création est tournée vers l’esprit de ses ancêtres. En partant des masques africains, il en vient à ce qui est  masqué et voilé à la conscience pour nous pousser à rentrer dans son travail artistique. Son travail actuel est orienté vers la cosmogonie Maya et la médecine amérindienne. Tous ses personnages s’appellent des kioukans. Son questionnement repose sur le temps et l’identité. Un visuel  tantôt caché voire masqué par un autre. Une mémoire hérissée... Mais les choses restent simples pour cet ancien maître-verrier. Aujourd’hui, il est dans un univers beaucoup plus ouvert. L’homme avance et constate que l’horizon recule toujours. Car la vie est une quête sans fin.

Alfred Jocksan (agence de presse GHM)Avance-masque-du-peintre-Akwaba-Matignon-photo-Alfred-Jocks.jpg

A la galerie Everarts

8 Rue Argenson  75008 Paris

tel : 01 42 65 54 88

Partager cet article

Repost0
25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 07:49

Daniel Picouly, co-animateur avec Audrey Chauveau de l’émission Chacun son Outre-mer, le 26 novembre à 20 h 35 sur France Ô, point d’orgue des 24 heures de l’Outre-mer

Picouly-1.jpg" Je suis un quarteron martiniquais de Seine-Saint-Denis ! "

Quel sont le principe et le contenu de l’émission ?

Son premier principe est de ponctuer l’Année de l’Outre-mer. Il y aura un débat qui fera le bilan de cette année, mais c’est une émission qui aura d’abord un caractère festif et de divertissement. On sera au Cabaret sauvage et l’on recevra un des invités qui ont un rapport direct avec l’Outre-mer.

Parmi vos invités, nombreux viennent de l’Outre-mer, comme Philippe Lavil, Thyssia, colonel Reyel, Babette de Rozière, Théo Sulpice, mais il y en a aussi qui n’en sont pas, comme Alpha Blondie ou Cartouche… Qu’est-ce qui a motivé leur présence ?

Leur rapport à l’Outre-mer est important, qu’il soit culturel, d’expression, d’influence… En quoi l’Outre-mer a pu dans leur itinéraire artistique, leur vie personnelle, avoir une influence telle qu’elle aura plus ou moins coloré, teinté, influencé leur propre œuvre ? En ce qui concerne Alpha Blondie, un artiste de dimension internationale, son rapport à l’Outre-mer se retrouve dans son œuvre. Il ne suffit d’être de l’outre-mer… On peut y avoir des parents mais c’est un rapport plus culturel, historique qui nous intéresse… C’est extrêmement important, sinon ce serait une conception assez réductrice.

Allez-vous montrer le lien qui peut exister entre les outre-mer aussi ?

Déjà pour commencer, il y aura Babette de Rozière et la gastronomie. La cuisine offre ce rapport là, qui peut être un rapport à l’enfance ; il y a toutes ces sensations qui rapprochent, des événements aussi. Oui, entre les Ultramarins, il y a à la fois une communauté formelle et informelle et on aimerait bien l’éclairer. Quel rapport peut-il y avoir entre un Antillais et un Calédonien ou un Réunionnais ? Y a-t-il une communauté de pensée, d’identité, de culture, d’influence ? Y a-t-il des différences tout simplement ? Voilà ce que nous allons essayer de montrer.

Qui sera là pour parler spécifiquement de cela ?

Quand on reçoit Audrey Pulvar, il y a bien sûr la femme de télévision, mais aussi l’écrivain. Elle est capable de faire ce lien car elle a une vision d’ensemble de par sa position de journaliste. Il y a aussi Daniel Maximin, un écrivain impliqué puisqu’il est le responsable de l’année des Outre-mer français. Le regard de ces gens m’importe et m’intéresse. Ils feront le lien aussi avec le passé. On va leur demander s’ils ont une image de l’Outre-mer, une personnalité… Alors peut-être vont-ils évoquer Césaire, Glissant… On veut faire le lien générationnel, le lien culturel et puis les liens transversaux entre les différents modes d’expression. Greg Germain représente le théâtre aujourd’hui avec la Chapelle du Verbe incarné à Avignon et il a été le premier héros d’une série télévisée… Et il y aura des jeunes, car l’intérêt est de montrer que cette culture est vivante et moderne avec la culture urbaine, le slam, le graf… Un graffeur réalisera une fresque sur les cinq continents durant les deux heures de l’émission. Mais il y aura aussi la tradition avec les ballets tahitiens… Et même un contre-ténor martiniquais ! Aller du chevalier de Saint-George à la culture urbaine, c’est aussi montrer l’histoire et la vivacité de tous ces modes d’expression.

Picouly-2.jpgL’année de l’Outre-mer a pour objectif de changer le regard. Cette émission sera-t-elle en mesure de montrer que le regard a bien changé ?

Changer un regard, ce n’est pas un objectif de basculement, c’est progressif. Des succès comme les films Intouchables, Case départ ou La première étoile font changer le regard sur les outre-mer, sur les acteurs qui l’incarnent. C’est progressif, lent ou parfois, ça fait des sauts. Comme avec Omar Sy, même si ses origines sont de banlieue ! C’est une prise de risque très sérieuse pour le producteur… Et c’est un succès qui dépasse tout ce que pouvait imaginer qui que ce soit. Les preuves du changement de regard sont ces succès comme la place de la diversité dans les médias.

Les Antillais ne prennent-ils pas trop de place par rapport aux Calédoniens, au Polynésiens...?

Ah non, il y aura Mayotte aussi ! On y a fait attention parce que, comme vous le signalez, ça pourrait être une susceptibilité dont j’espère qu’elle va disparaître parce que sinon, on pourrait être presque sur le mode du politiquement correct dans une espèce de répartition égale au détriment d’une vision globale un peu moins chatouilleuse… Ca peut être une contrainte fossilisante que d’avoir à respecter quelque chose sur lequel il faut veiller mais qui se mêle dans un ensemble et non pas simplement au coup par coup. Il y a des modes de cultures et d’expressions différentes et il est intéressant de savoir ce qui se passe à Tahiti ou Saint-Pierre et Miquelon et comment ça s’intègre dans notre tout.

Quel est votre regard à vous, sur l’Outre-mer ?

Il m’arrive quelque chose extraordinaire, c’est de revenir sur France Ô. France Ô est dans le paysage audiovisuel et particulièrement à France TV, une des chaînes qui a le plus envie et qui le manifeste. Gilles Camouilly et Claude Esclatine ont décidé de faire de France Ô une chaîne à l’égale de toutes les autres, sur la TNT. France Ô incarne parfaitement ce nouveau regard, ses nouveaux objectifs, ses nouvelles intentions par rapport à l’Outre-mer. Elle propose une certaine vision de la société, de la France, de l’international, de l’Outre-mer… Il y a une volonté, une envie, un vrai projet.

France Ô serait-elle un laboratoire glissantien de télévision ?

(Rires) On a une spécificité, et le but n’est pas de s’enfermer dans cette spécificité, mais de la faire partager. Etre ultramarin, c’est aussi avoir un regard sur le monde, sur toutes les questions et pas seulement celles qui sont ultramarines. Les télévisions qui trouvent l’adhésion du public sont celles qui ont regard repérable, décentré et qui sont capable de nous faire regarder le monde autrement. J’anime un rendez-vous le dimanche sur France Ô, Le monde vu par une personnalité politique et je veux montrer que ces hommes politiques (Olivier Besancenot, Jean-Louis Debré) ont eux aussi un rapport avec l’Outre-mer, le monde qu’on ne soupçonne parfois même pas. Le monde, on le regarde aussi de l’Outre-mer et l’Outre-mer regarde le monde !

Vous et votre outre-mer… Ne regrettez-vous pas de ne pas avoir racheté cette maison familiale des Terres-Sainville en Martinique ?

Les maisons de famille peuvent avoir une histoire mais elles peuvent aussi avoir une histoire fiscale ! (Rires) Il peut y avoir plusieurs générations de taxes qui n’ont pas été payées et dans ce cas là, ce n’est plus de l’histoire que vous achetez, mais des problèmes ! J’ai été touché par cette histoire, c’est comme si les Antilles, ma famille antillaise venaient me rechercher pour me dire qu’il y a là-bas, quelque part, une maison qui a été habitée par des Picouly. J’ai eu très envie mais il y avait quelques composantes complexes, administratives et fiscales, qui ont fait que ça n’a pas été possible. Mais savoir que ça a existé et que c’était là, c’était déjà pour moi beaucoup. Je suis un quarteron martiniquais de Seine-Saint-Denis ! Et en même temps, je suis un des rares auteurs français grand public qui a créé des personnages en couleur dans mes livres.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

Partager cet article

Repost0
25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 07:32

L’UMP rassemble ses troupes pour l’outre-mer

La convention outre-mer s’est déroulée hier à Paris afin de lancer la mobilisation pour la campagne présidentielle. Elle a mis en lumière la crise que traverse le parti aux Antilles et en Guyane.

L’UMP a tenu une convention outre-mer, hier, dans une salle de l’Assemblée nationale. Elle intervenait après une synthèse des propositions faites par les fédérations, secrétaires territoriaux ou encore les parlementaires. La Réunionnaise Samia Badat, secrétaire nationalechargée des nouveaux engagements solidaires, très impliquée dans l’organisation de la convention souligne qu’ « il s’agissait d’une première étape de la mobilisation. Le programme n’est pas figé ». Il reviendra au candidat à la présidentielle de le fignoler.

La convention a rassemblé quelque trois cent personnes. La forte présence des élus calédoniens a mis en lumière la faiblesse de l’UMP dans les Antilles et en Guyane. Le député martiniquais Alfred Almont absent, le seul parlementaire de la région était Michel Magras, sénateur de Saint-Barthélemy.

La situation n’a pas échappé à Jean-François Copé. Dans son intervention de clôture, le secrétaire général de l’UMP a lancé à la petite délégation martiniquaise : « Il y a tout à refaire, mais ayez confiance, continuez le combat ». Pour la Guadeloupe le sentiment était proche. « Pour vous, je ne dis pas que tout est à refaire, mais il y a beaucoup à faire », a-t-il indiqué. Enfin, pour la Guyane, représentée par l’ancien ministre du Tourisme Léon Bertrand, Jean-François Copé a noté qu’ « un travail très important est engagé ».

A La Réunion, la bataille sera aussi délicate. Le député René-Paul Victoria s’attend à « une année 2012 difficile pour l’outre-mer, mais aussi pour moi. Il va falloir reconstruire ».

Dans ce contexte, le Pacifique faisait office de place forte lors de cette convention. La délégation calédonienne était fortement représentée grâce aux élus communaux venus pour le congrès des maires. Le sénateur Pierre Frogier et le député Gaël Yanno ont été invités à prendre la parole, tout comme, côté polynésien, l’ancien président du Pays Gaston Tong Sang et le député Bruno Sandras.

La ministre chargée de l’outre-mer, Marie-Luce Penchard avait ouvert la convention. Rassemblement oblige, son prédécesseur, Yves Jégo, avec qui elle a connu de grands moments de tension, était présent. Pris de court par le retrait de Borloo à la course à la présidentielle, il se rapproche de la maison mère. « Le parti radical présentera prochainement des propositions pour l’outre-mer, notamment sur la continuité territoriale », a-t-il confié. Mais, Yves Jégo a rappelé qu’il s’engagerait derrière le président sortant : « Nicolas Sarkozy est celui qui peut nous conduire dans la tempête, en particulier pour les Outre-mer ». Autre ancien ministre de l’Outre-mer, Christian Estrosi est intervenu sur le rétablissement de l’autorité de l’Etat en outre-mer en prenant exemple sur les conflits sociaux importants qui bloquaient la Nouvelle-Calédonie à son arrivée rue Oudinot.

Globalement, la convention aura été un satisfecit sur la politique appliquée en outre-mer depuis cinq ans. Elle a rappelé ce qui a été fait et dressé les objectifs pour les années à venir : conforter la place de l’Outre-mer dans la République, soutenir l’émergence d’un nouveau modèle de croissance et de développement et assurer la cohésion sociale par le renforcement des protections. Sur ce dernier point, Jean-François Copé a tenu à rappeler qu’il faut « faire la différence entre la solidarité et la fraternité d’un côté et l’assistanat de l’autre. La priorité doit être donnée au développement économique ».

David Martin (Agence de presse GHM)

Partager cet article

Repost0
25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 06:28

8e remise du prix littéraire Fetkann au café de FlorePentscrope-Hervieux-et-editrice.jpg

C’est désormais un rituel que de voir l’étage du célèbre établissement germanopratin, le café de Flore, investi par une élite intellectuelle qui consacre sa passion et ses efforts à la reconnaissance d’une littérature consacrée aux problématiques liées à la négritude, la créolisation, la colonisation et, plus généralement, à celles des peuples « autres ». Fanon-une-vie-couv.jpgL’intitulé du prix Fetkann est d’ailleurs complété par la mention « mémoire des pays du sud, mémoire de l’humanité »… La 8e remise de ce prix, créé il y a dix ans par l’équipe du Centre d’information et de formation des originaires des départements d’outre-mer (CIFORDOM) et son président José Pentoscrope, a eu lieu hier matin. Frantz Fanon, à travers l’ouvrage que lui a consacré David Macey (Frantz Fanon, une vie, édition La Découverte) a été honoré dans la catégorie Mémoire, cinquantenaire de sa mort et Printemps arabes obligent, et la « malédiction de Cham » a été prise en défaut grâce à l’ouvrage brillant du chercheur Guillaume Hervieux (L’ivresse de Noé, histoire d’une malédiction, édition Perrin). Mangotine-couv.jpgPour la première fois aussi, le prix de la jeunesse a été remis par des élèves du collège Gustave-Courbet de Romainville dont le principal n’est autre que le Martiniquais Olivier Catayé. Ces adolescents, renforcés par ceux du collège Blaise-Pascal de Massy (lieu de création du prix Fetkann) ont mis à l’honneur l’ouvrage Mangotine et la bête à Man Ibé de Danièle Bernini (K. Editions). « Une version originale du Petit chaperon rouge replacé dans l’imaginaire créole », a expliqué Beatris Comper, présidente de Tous Créoles ! Paris, chargée de remettre ce prix. Leila-et-Beatris-comper-prix-jeunesse.jpgEn poésie, le jury a choisi d’honorer une femme, Yvonne Gombaud-Saintonge, auteur de Fleurs de Gaïac, poètes guadeloupéens du XXe siècle (éditions Jasor), dont le fil rouge se révèle être le traumatisme de mai 1967. Jean-Claude-Cabresse.jpgA ces quatre prix traditionnels, s’est ajoutée une mention spéciale attribuée à l’ouvrage collectif du CM98, Non an nou, publié chez Jasor. « 40 personnes pendant cinq ans ont usé leurs yeux sur des archives poussiéreuses et illisibles pour faire tomber le mur de l’ignorance et nous affilier à l’humanité », a témoigné Jean-Claude Cabresse du CM98 qui promet pour février 2012 la sortie du livre des noms de la Martinique.

A l’issue de la cérémonie, José Pentoscrope donné rendez-vous aux auteurs, éditeurs et jurés l’an prochain, laissant planer une once de mystère sur le lieu d’accueil. Un effet de manche tant on le sait attaché à l’aura que donnent au Fetkann les fantômes littéraires du café de Flore.

FXG (agence de presse GHM)

Photos : Régis Durand de Girard


ITW Guillaume Hervieux, auteur de L’ivresse de Noé, histoire d’une malédiction aux éditions Perrin

Guillaume-Hervieux.jpg« La malédiction de Cham est une tartufferie »

En écrivant ce livre, qu’avez-vous voulu démontrer ?

Je partais avec un petit préconçu qu’une malédiction biblique était en contradiction avec le préambule de la Genèse qui dit que dieu a créé l’homme à son image. Il y avait, à mon avis, un antagonisme par rapport à ce préjugé, donc j’ai cherché à voir à quoi il correspondait.

Vous avez donc commencé par l’analyser…

J’ai commencé par chercher dans les textes dits sacrés, la Bible, le Coran, la Thora, le Nouveau Testament quels étaient les passages qui pouvaient se rapporter à une malédiction. Le passage principal, c’est dans la Genèse quand Noé s’est enivré, qu’il se retrouve nu sous sa tente et que son fils Cham le voit. Dans le Coran, il n’en est pas question et j’ai compris très vite qu’il fallait travailler ce texte avec les méthodes d’exégèse historico-critique, puis je suis allé voir les commentaires et j’ai remonté tout doucement le fil des siècles pour savoir qui avait commenté ce texte, qu’est ce qui en avait été déduit, tiré… Je me suis alors aperçu que le moment où l’on dévie de la signification première de ce texte, c’est au moment de l’apparition des traites négrières qu’elles soient transsahariennes, avec le monde arabo-musulman, ou transatlantiques, avec le monde européen et chrétien.

C’est-à-dire que c’est le moment où l’on commence à détourner ce qui est réellement écrit ?

Le premier sens est d’abord politique… C’est une histoire, dirait-on aujourd’hui, entre palestiniens et Hébreux, à l’époque entre Cananéens et Hébreux. Les Hébreux veulent cette terre parce qu’ils considèrent qu’elle leur a été donnée par Dieu, et ils justifient aussi cette conquête comme une punition divine en raison des mœurs dissolus des Cananéens. Il n’est alors aucunement question d’une malédiction des Noirs.

Mais quel est le lien entre les Cananéens et les Noirs ?

Il n’y en a pas. Canaan est un des fils de Cham, or c’est Cham qui a vu son père nu sous la tente. Cham a été béni par Dieu et Noé ne peut donc maudire ce que Dieu a béni. Il choisit en revanche Canaan parmi les quatre fils de Cham et ce n’est pas un hasard, car c’est à lui qu’appartient la terre que convoitent les Hébreux. Donc, ça n’a rien à voir avec la malédiction des Noirs.

Cham était-il noir ?

Cham correspond, pour certains, au peuple égyptien, au peuple soudanais, et pour d’autres au peuple des Indes… De toute façon, il n’est pas en cause. Celui qui est maudit et destiné à l’esclavage, c’est Canaan. Canaan sera l’esclave de ses frères, ce qui n’est pas du tout le cas de Cham qui a pu même avoir des esclaves lui-même !

Et Canaan n’a rien à voir avec un peuple africain ?

Non, il est l’autochtone du lieu.

Alors comment va se faire ce glissement qui va permettre de justifier l’esclavage des Noirs ?

Jusqu’au XVe siècle, la Bible est la seule référence, morale, intellectuelle… Quand Christophe Colomb découvre d’autres pays avec d’autres habitants, il se demande d’où viennent ces gens, s’il peut les rattacher à la famille de Noé, s’ils viennent d’une famille antédiluvienne… La Bible est sa seule référence. Dès lors, on va faire marcher les concepts et on ne peut pas raisonner à partir de l’inconnu, c’est comme ça que ça a fonctionné.

Donc, on va puiser dans la Bible, quelque chose qui va justifier un système économique…

Oui parce qu’il y a une partie des gens de l’église, comme les Dominicains, une partie de la noblesse qui estiment qu’on ne peut réduire en esclavage les gens comme ça… Voyant qu’il y a de la résistance sur le plan moral, on va invoquer l’argument ultime : C’est Dieu qui l’a dit ! Or, quand on met cet argument biblique en avant, d’autres s’insurgent et au nom de la Bible, disent le contraire. Dès le départ, il y a un affrontement entre ceux qui prétendent que les Noirs sont maudits et les autres. A cela s’ajoutent les propos du pape qui autorisent de réduire en esclavage tous ceux qui sont ennemis de la foi chrétienne. Alors là, ce n’est plus seulement une question de Noirs, cela concerne les Musulmans, donc des Blancs aussi…

Est-ce que, aujourd’hui, il reste quelque chose de vivace autour de cette malédiction de Cham ?

Au moment où il y a eu  le tremblement de terre à Haïti, en janvier 2010, j’ai été très surpris de lire quelques articles qui avaient évoqué cette malédiction pour justifier la catastrophe humanitaire. Je l’ai lu dans plusieurs articles, pas dans des commentaires de lecteurs, mais venant de journalistes, de signataires de tribunes. Ca m’a choqué.

Il faut lire votre livre pour comprendre que cette malédiction est une tartufferie…

La malédiction de Cham est une tartufferie.

Propos recueillis par FXG


ITW Yvonne Gombaud-Saintonge, auteur des Fleurs de Gaïac, poètes guadeloupéens du XXe siècle aux éditions Jasor

Yvonne-Gombaud-Saintonge-et-livre.jpgLa lauréate du prix Fetkann de la poésie est professeur de lettres classiques. Son premier poste a été au lycée Schoelcher de Fort-de-France, puis au lycée Baimbridge aux Abymes et ensuite l’université des Antilles et de la Guyane. Elle vit en Martinique et a longtemps vécu en Guadeloupe d’où son mari, poète, est originaire.

«Les poètes m’ont tout dit de l’histoire de cette période »

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire cette anthologie des poètes guadeloupéens du XXe siècle ?

J’ai toujours aimé la poésie et la musique, comme mon père. A la maison, nous citions des poètes à table… Dans la poésie, j’aime surtout la musique, le plaisir de l’oreille. Par mon métier, également, j’ai été amenée à m’intéresser à la poésie. Mais je me suis aussi penchée sur la poésie parce que mon mari est poète. C’est sans doute la principale raison qui m’a poussée à écrire sur cette poésie. Pour mon mari, elle concernait une époque qui l’a marquée, comme elle a marqué de nombreux Guadeloupéens, autour des années 1960 et particulièrement de 1967. Je crois que le choix significatif des poètes et des poèmes que j’ai réunis dans ce livre reflète cette découverte que j’ai faite à un moment donné de ma vie de ce qu’a été cette époque que moi, je n’ai pas vécue. Je découvre le drame psychologique que cela a été et je découvre chez les poètes quelque chose de commun, une trame qui renvoie toujours à l’événement.

Vous qualifiez cet ouvrage comme une histoire des âmes…

Presque tous les poètes choisis renvoient à cette blessure. Ils sont tous stigmatisés que ce soient Tirolien, Rupaire, mon époux, même Florette Morand avec son côté exotique… Elle aussi change d’écriture à ce moment-là. On retrouve des traces de cette période également chez Rippon et Pépin et, bien entendu, chez Gerty Danburry. Il y a un impact très fort sur la poésie…

Ce n’est donc pas une simple anthologie, mais une collation liée au drame de mai 1967…

C’est une anthologie significative, un choix significatif qui s’est fait tout seul. Je n’avais pas d’idées préconçues… C’est là l’originalité du travail peut-être et je n’en ai pris conscience qu’au fur et à mesure du travail. J’ai découvert la Guadeloupe et une période, spontanément, sans arrières-pensées, à travers les poètes. Les poètes m’ont tout dit de l’histoire de cette période.

Propos recueillis par FXG

Partager cet article

Repost0
25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 06:06

Le Sénat rejette les crédits de la mission Outre-mer

Verges-et-Omarjee-salle-des-conferences.jpgExamen des crédits de la mission outre-mer au Sénat, hier soir. Tous nos nouveaux sénateurs sont là. Quasi tous de gauche face à la ministre, Marie-Luce Penchard... Le Guyanais Georges Patient, (app. PS) rapporteur spécial, conclut la première intervention en annonçant que la commission des finances du Sénat « a confirmé sa décision de proposer au Sénat le rejet des crédits de la mission ». S’ensuit l’autre rapporteur spécial, l’UMP Eric Doligé : mêmes conclusions.  Puis, c’est Michel Cointat (UMP), commission des lois pour les Collectivités d’outre-mer, et Félix Desplan (PS), commission des lois pour les DOM  : mêmes conclusions. Le Martiniquais Serge Larcher (app.PS), commission de l’économie, et le Réunionnais Michel Vergoz (PS), commission des affaires sociales, expriment le même rejet… La messe a été dite en moins d’une demi-heure : le budget de la mission outre-mer ne sera pas adopté par le Sénat. « Il y aura une commission mixte paritaire, explique le sénateur PS de Guadeloupe Jacques Gillot, il n’y aura pas d’accord et le texte repartira à l’Assemblée nationale. »

Gillot-et-Pat-Kancel.JPGPour autant, les élus de la majorité sénatoriale ne se font pas d’illusion. « Même s’il est drôlement malmené ici, le budget sera remis tel quel une fois revenu à l’Assemblée », explique le Martiniquais Maurice Antiste (app. PS) qui observe toutefois que même dans le camp d’en face « certains votent en notre faveur ; cela traduit l’idée que l’on commence à prendre conscience que l’outre-mer ne peut pas être un terrain d’expérimentation». Pourtant la ministre vante un budget en hausse, avec 1 969 M€ en crédits de paiement. Georges Patient lui oppose « un niveau proche de la loi de finances initiales pour 2010 » et une baisse des dépenses fiscales de 382 M€. « Est-ce que le gouvernement veut toujours faire du développement en outre-mer ? », s’interroge Félix Desplan. Les attaques concernant le bilan des 137 mesures du conseil interministériel de l’Outre-mer fusent aussi. Aux 85 % de mesures réalisées, les sénateurs de gauche n’en concèdent que 20 ou 30 %. Et Georges Patient enfonce le clou en indiquant que « cet état d’avancement ne se traduit que par une hausse limitée des crédits à 13 M€ en 2012 ». Desplan.jpg« Rien n’est évalué », se plaint Félix Desplan qui dénonce encore une baisse « significative » du fonds exceptionnel d’investissement : « 40 M€ à l’origine contre 17 aujourd’hui. Et quand on sait que ça devait servir à la mise aux normes sismiques des établissements scolaires… » Michel Vergoz n’hésite pas à parler de « budget improvisé à la va vite » : « On a même vu, déclare-t-il, la ministre venir à l’Assemblée nationale pour dire que finalement on ne retirait plus 5 M€ du budget du SMA… » Il dénonce le budget de la continuité territoriale comparé aux 187 M€ pour la Corse. « C’est de l’esbroufe ! » Et face aux chiffres de la construction du logement avancés par Marie-Luce Penchard, « 7500 logements locatifs sociaux financés en 2011, contre 6200 en 2010 », Maurice Antiste rappelle que « les demandes sont de 160 000 pour tout l’outre-mer ».

Cornano salle des conferences senatJacques Cornano intervient pour rappeler la situation particulière des doublement insulaires et s’interroger sur la pertinence d’un budget raboté de 66 M€ quand on a « 9,9 % de chômage dans l’Hexagone, 24,1 % en Guadeloupe et 31 % à Marie-Galante »… Vergoz au SenatMalgré ce tir de barrage contre le budget, les sénateurs de gauche s’attendent à ce que le gouvernement campe sur ses positions et renvoie le texte tel qu’il le souhaite devant les députés qui auront le dernier mot. Ce qui fait dire à Michel Vergoz, que lorsque les électeurs verront le travail du Sénat sera défait par l’Assemblée, « il leur restera à mettre les deux chambres en adéquation par leur vote en 2012 ». La bataille du budget a déjà un goût de campagne présidentielle.

FXG (agence de presse GHM)

Partager cet article

Repost0
25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 05:00

Alain Foix monte Vénus et AdamAlain-Foix-et-comediens.jpg

Ce n’est encore que le coup d’envoi d’une mise en production et il y a encore loin de cette première lecture mise en mouvement à la première théâtrale, dans son décor high tech de plateau de télévision. Domrmoy-Abibou-apres-l-amour.jpgMais avec Armelle Abibou dans le rôle de Sarah Baartman, Philippe Dormoy dans celui du journaliste de Libération, Jean Dumoulin, correspondant à Londres (inspiré de Pierre Haski ?), et le fabuleux Jean-Pierre Hutinet dans le rôle de l’inspecteur Ling de Scotland Yard, le script de la pièce de théâtre du Guadeloupéen Alain Foix commence à prendre forme. Hutinet-et-Abibou.jpgCette première, c’était vendredi dernier au théâtre du Lucernaire, à Paris. Trois acteurs pour raconter un fait divers, mais un fait divers qui en dit un peu plus long sur la société, sur les identités… Tout commence le 21 septembre 2001 avec la découverte dans la Tamise, à Londres, d’un « bout de bois d’ébène flottant au fil de l’eau… » Le cadavre démembré d’un enfant noir. « Un truc communautaire, un truc vicieux… » Le fait divers se dessine à coup de témoignages. Dormoy-pupitre-plus-autres.jpgOn se croirait sur le plateau d’une émission d’enquête, façon Faîtes entrer l’accusé, sauf que l’accusé n’apparaît jamais. Alain Foix propose quasiment un documentaire sur une scène de théâtre ! Une vraie mise en scène des révélations façon petit écran… Et de cet Adam, cet enfant nigérian sacrifié, on va passer à Venus. Adam noir, Vénus noire aussi, Vénus hottentote… Abibou-hutinet-gp.jpgTout le talent du dramaturge est de venir mêler les histoires pour mieux interroger l’histoire humaine, pour mieux interroger l’homme et son identité. Il faudra sans doute encore du temps pour la troupe d’Alain Foix avant d’en terminer avec cette mise en scène. Mais selon l’auteur, « c’est parti ». Michèle Césaire, du théâtre de Fort-de-France était prête à le programmer pour juin 2012, il faudra sans doute aller au-delà de cette date, mais le spectacle Vénus et Adam est désormais sur sa rampe de lancement, en attendant les feux de la rampe !

FXG (agence de presse GHM)Dormoy-Abibou-Hutinet-face.jpg

Philippe Dormoy, Armelle Abibou et Jean-Pierre Hutinet

Photos : RDG

Partager cet article

Repost0

Articles Récents