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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 05:15

ITW Habdaphaï

portrait-Habdaphai.jpgL’artiste Habdaphaï s’oppose à la tentative de municipalisation du marché d’art contemporain par le maire du Marin.

« Le marché d’art contemporain ne peut devenir un projet municipal »

Que se passe-t-il avec la manifestation du marché d’art contemporain ?

Il y a tout un groupement d’artistes dont je fais partie qui proteste contre la tentative d’appropriation de cette manifestation par la municipalité du Marin. Cette ville qui nous accueille depuis la première édition et qui était notre partenaire, a décidé de récupérer une manifestation globale que les artistes ont créée pour en faire une manifestation municipale. Le problème qui se pose est que cette manifestation est une des seules, créées par nous, artistes martiniquais, qui nous permet de faire la montwasyon, l’éducation pour le droit des artistes, d’organiser des rencontres et de mettre en place une convivialité entre ces artistes et le public. Elle ne peut pas devenir un projet municipal…

Est-ce qu’il ne tient pas qu’à vous, les artistes, de la boycotter et de la faire ailleurs ?

Oui… Nous sommes en train de mobiliser les artistes pour le faire mais le problème qui se pose avec le Marché d’art contemporain, c’est que c’est la seule manifestation qui permet aux artistes en Martinique de faire 60 % de leur chiffre d’affaires annuel. Il y a donc beaucoup d’artistes qui sont sceptiques et qui hésitent, y aller, ne pas y aller… D’où le Collectif que nous avons monté pour monter des actions si le marché se fait… Mais le principal pour nous c’est que les artistes n’y aillent pas ! Nous sommes devant un homme redoutable, Rodolphe Désiré, le premier magistrat de la ville du Marin. Et comme nous allons vers l’Assemblée unique, le parti de Rodolphe Désiré détient tous les pouvoirs. Les artistes qui ne veulent pas se mouiller parce qu’ils attendent des subventions ou des aides, ne veulent pas prendre de risque. Et si nous laissons faire, si nous ne sommes pas aidés par la population, par les médias, cette manifestation va disparaître pour devenir une manifestation municipale.

Craignez-vous de devenir des « artistes officiels » ?

Oui, c’est ce que je crains. Mais aussi, notre projet est international avec les artistes de la Caraïbe, d’Europe et des Amériques que nous invitons. Si ça devient une manifestation municipale, ce ne seront simplement que les artistes du pouvoir qui pourront y participer. Par ailleurs, c’est une manifestation qui avait vocation à devenir itinérante…

Et bien, si c’est la couleur politique du maire qui vous dérange, allez-voir les municipalités gérées par le MIM…

Mais non ! C’est une manifestation apolitique. Mais quand le maire du Marin, qui commence à sentir son déclin, sait que le marché d’art contemporain draine 20 à 25 000 personnes, ça lui fait une belle aura. Voilà pourquoi il veut récupérer ça au moment où l’artiste martiniquais est en train de s’émanciper et de sortir de son silence…

Pourquoi ne pas vous tourner vers des privés comme la BDAF ou la fondation Clément ?

Nous sommes des artistes indépendants et nous voulons faire les choses par nous-mêmes. Et quand un pouvoir politique décide de récupérer une activité que nous avons, il nous dépossède, nous désarme et nous sommes désespérés… Les artistes ont commencé le boulot ; nous ne devons pas nous laisser manipuler comme Le Marin essaie de le faire.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

 

 

 

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 06:29

L’outre-mer et la mer

Perchoc-Lambert-OutreMerCouv.jpg« Voici la mer, premier lien physique entre la France et la France d’Outre-mer ! Sur cet immense espace maritime, l’État français a certes une pleine et entière légitimité mais aussi une totale responsabilité de gestion. Les îles françaises de l’outre-mer, stratégiquement placées dans les grands espaces océaniques, sont une chance pour la France qui peut ainsi être présente sur quatre océans, Atlantique, Austral, Indien et Pacifique. À partir de ces îles, elle peut assurer une présence navale pour lutter contre les trafics et protéger les routes… » Ce beau livre est un hymne à la grandeur de la France grâce à ses possessions ultramarines. De la Guyane à l’île de la Réunion en passant par Saint-Pierre et les Kerguélen, le livre, L’outre-mer et la mer, est un tour du monde à la découverte des régions et des archipels de la France ultramarine. Boréale, tropicale et australe, cette France méconnue révèle, sous la plume de Michel Perchoc, son histoire, ses activités maritimes, ses richesses et, parfois même, ses faiblesses. Un tour du monde haut en couleur grâce au talent de l’aquarelliste André Lambert, auteur des illustrations qui accompagnent le récit et brossent des paysages mêlant passé et présent avec pédagogie. L’humour n’en est pas absent et l’ensemble forme le cours d’histoire et géographie dont, dit l’éditeur Marine editions du groupe Ouest France, « nous avons tous un jour rêvé ». Une vision un peu à la papa, un peu émerveillée de nos outre-mer, observée du point de vue d’anciens officiers de marine. Une vision pas vraiment glissantienne.

FXG (agence de presse GHM)


Michel Perchoc

Cet ancien capitaine de vaisseau a quitté la marine nationale en 2004 pour travailler dans le domaine des navires de surface chez DNCS. Il a déjà cosigné avec André Lambert L’École navale et Marine et Marins publiés par Marines Éditions.


André Lambert

Également ancien élève de l’École navale, promotion 1952, il a consacré sa carrière aux armes sous-marines. Retraité, il se découvre une seconde passion et illustre de nombreux livres et revues navales de ses dessins et peintures.

 

 Format : 300 x 240 mm

96 pages, relié

Parution : septembre 2011

Prix : 35 €

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 05:11

Pages azures, un annuaire des entrepreneurs des Français d’outre-mer et d’Afrique

logo-pages-azures.jpg« J’ai décidé de mettre en places des outils permettant d’exposer notre culture et savoir faire… » Après zouker.com, les trophées des arts afro-caribéens et encore  la Fédération des associations africaine et créoles (217 associations membres), Franck Anretar lance, ce mois-ci sur le net www.pagesazures.fr, un annuaire électronique dédié aux entrepreneurs Français d’outre-mer et d’Afrique et à ceux entretenant des relations économiques et culturelles avec ces derniers. Ce nouvel outil a pour vocation d’exposer le dynamisme des entrepreneurs Français d’outre-mer et d’Afrique ainsi que leur apport dans la richesse nationale. Il entend aussi accentuer l’esprit entrepreneurial dans cette communauté tout en transcendant leur dans la communauté nationale notamment par une meilleure visibilité de leur réussite économique.
Pages azures permet d’identifier les entrepreneurs ciblés, « de se prendre en main et de favoriser l’économie solidaire ». Ainsi, dans ces pages sont mis à disposition des étudiants et sociétés des outils d’offres et de demandes de stages et d’emplois. Actuellement, le site est ouvert aux professionnels pour qu’ils y inscrivent leur établissement. D’ici quelques jours, il sera consultable par tous ceux intéressés à utiliser cette plateforme à cheval entre base de données et réseau social.

FXG (agence de presse GHM)

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 07:04

Les artistes figuratifs antillo-guyanais exposés à Parispecheurs-des-saintes-de-Rohner.jpg

Du 13 au 28 octobre, la BDAF expose autour d’une toile de Georges Rohner, cinq artistes représentant « la nouvelle figuration antillo-guyanaise ».

artistes-et-BPCE.jpgNon contente d’avoir financer la restauration d’une toile de Georges Rohner lui appartenant (« Les pêcheurs des Saintes ») avec le concours de la DRAC, la Banque des Antilles françaises a voulu en faire la pièce maîtresse d’une exposition d’artistes contemporains issus des cinq territoires où l’ancienne banque de la Guadeloupe, fusionnée en 1967 à la banque de la Martinique (aujourd’hui filiale de Banque populaire/Caisse d’Epargne), est présente : Guadeloupe, Martinique, Guyane, Saint-Barthélemy et Saint-Martin. L’exposition a été d’abord installée à Pointe-à-pitre en novembre 2010, à l’occasion de l’arrivée de la Route du rhum, avant de voyager dans les quatre autres collectivités françaises des Amériques. C’est à Paris qu’elle achève son périple, au siège de la maison mère, la BPCE. Pour accompagner cette pièce majeure de la peinture figurative de Georges Rohner, réalisée lors de sa période antillaise (1934-1936), Eva Juraver, directrice marketing de la BDAF, a demandé au peintre saint-martinois, Paul Eliott Thuleau d’être le commissaire de l’exposition intitulée : Paul-Eliott-Thuleau-et-Rohner.jpgLa nouvelle figuration antillo-guyanaise autour de l’œuvre de Georges Rohner. «  Nous avons demandé à Paul Eliott Thuleau, qui est de nos clients, de rechercher les artistes qui pourraient bien représenter les territoires où la BDAF est implantée et qui pourraient jouer le jeu en étant dans la même lignée que Georges Rohner  »,  explique Aude Alphonse, n° 2 de la BDAF. Paul Eliott Thuleau avait plusieurs critères pour définir le choix des artistes : « Leur renommée afin qu’ils soient suffisamment représentatifs de leur territoire ; qu’ils soient des artistes figuratifs comme Rohner l’était ; le troisième critère était une question d’affinité personnelle afin de faire une unité de l’ensemble. »

Une figuration tendant à l’abstraction

Michele-chomereau-Lamotte-2.jpgC’est ainsi que Michèle Chomereau-Lamotte représente la Guadeloupe. « Elle fait l’unanimité sur place et elle a un message : c’est l’homme, l’histoire de l’homme, ses rêves, son territoire. Elle peint cela dans des scènes quotidiennes présentées face à ses rêves ; c’est une peinture qui renseigne beaucoup. » Pour la Martinique, il a choisi Habdaphaï… Habdaphai.jpg« Lui aussi est quelqu’un de renommé en Martinique, il y développe beaucoup de projets. Il a une figuration tournée vers l’art primitif, assez gestuelle, très expressive, et qui fait penser au travail de Wilfredo Lam. » Il présente une série sur les porteurs de poissons qui s’apparente totalement à la période antillaise de Georges Rohner, notamment avec son unique toile exposée qui représente des pêcheurs. Pour représenter l’art guyanais, il a choisi Olivia Debyser : Antoine-Eckly.jpg« Elle a un côté très dense, brut, fort qui représente assez bien la Guyane. Il n’y a pas énormément d’artistes en Guyane et elle se détache largement ! » Pour Saint-Barthélemy, c’est Antoine Eckly qui a été retenu : « Il n’y a pas non plus beaucoup d’artistes qui sont renommés sur cette île. Antoine Eckly l’est ; il a une représentation internationale. » Il expose une série sur l’eau qui est en parfaite correspondance avec le travail de Rohner. Enfin, Paul Eliott Thuleau représente Saint-Martin. « J’ai eu des difficultés à m’éviter ! Je me rapproche de Rohner par le style. » Sa peinture, essentiellement des cases, est assez épurée comme celle de Rohner. « La peinture de Rohner est une figuration qui tend quand même vers l’abstraction. Il était très attaché à la figuration mais simplifiait énormément. « Il peint des scènes quotidiennes, des hommes au travail. Moi je peins des hommes qui rentrent chez eux, des choses très simples, la simplicité, je dirai. »

Aude-Alphonse.jpgAude Alphonse, accompagnée d’une nombreuse délégation de la BDAF, n’était pas peu fière jeudi dernier, de ce vernissage parisien, pour autant elle n’entend tout de même pas rivaliser avec la fondation Clément : « Nous ne faisons concurrence à personne parce que l’amour de l’art est porté par tous et tout ce qui œuvre et contribue à la découverte de l’art de nos territoires est bon pour tous ! »

FXG (agence de presse GHM)

Photos : Régis Durand de Girard


Olivia Debyser, artiste guyanaise

Olivia debyser« Je suis dans la représentation de la vie »

Comment s’est faite cette rencontre avec la BPCE pour intégrer l’exposition « La nouvelle figuration antillo-guyanaise autour de Georges Rohner » ?

Paul Eliott Thuleau, le commissaire de l’exposition, a contacté la Guyane. Il a rencontré Paul Favier de la galerie l’Encadrier, à Cayenne. Celui-ci lui a donné quelques noms de peintres, dont le mien. Je lui ai envoyé quelques photos de mes œuvres et il a dit ok.

Avez-vous compris pourquoi on vous avait choisie pour établir une relation contemporaine avec l’artiste Georges Rohner ?

Je ne connaissais pas Georges Rohner, alors j’ai regardé sur Internet ce qu’il avait fait. Je ne suis pas tombée sur les peintures des Antilles… Moi, je préfère sa peinture antillaise à ce qu’il a fait après. La corrélation que je peux avoir avec sa peinture, c’est le figuratif. Je suis dans la représentation de la vie comme je la ressens avec mon vécu. Sa façon de travailler est différente de la mienne…

Pourquoi peignez-vous ?

Ah, c’est important ! Je crois que je ne pourrais pas vivre sans peindre. C’est mon équilibre…

Quand pourra-t-on voir votre travail ?

A l’Encadrier dans le courant de l’année 2012. Normalement, il y a une exposition de prévue au moment du canaval.

Propos recueillis par FXG


Rohner et les Antilles au musée de la Marinepage_img_2971_fr_Affiche-bis.jpg

En 1934, Georges Rohner (1913-2000), jeune peintre inconnu, effectue son service militaire en Guadeloupe. La ville de Basse-Terre lui commande des toiles destinées à décorer la mairie en prévision du tricentenaire du rattachement des Antilles et de la Guyane à la France. Il peint le portrait de Victor Schoelcher, mais aussi une quarantaine de peintures représentant des paysages et des scènes de vie quotidienne de la région basse-terrienne. La banque de la Guadeloupe lui passe aussi des commandes dont celle de la toile présentée dans cette exposition, « les pêcheurs des Saintes ». Ses toiles antillaises constituent un intermède dans la carrière de l’artiste, particulièrement par le choix des coloris chaleureux et des sujets. Il est indéniable que Rohner a été séduit par la beauté des paysages et de la végétation, verts intenses des champs de cannes et des forêts, la beauté tropicale, l’intensité de la lumière, les bleus de la mer et du ciel, la grâce des femmes créoles…Ses toiles antillaises furent exposées au musée de la France d’Outre-mer en 1935 et le seront, du 19 octobre au 16 janvier prochain, dans le cadre l’année des Outre-mer français, au musée national de la Marine. Quatre vingt-deux toiles et dessins du peintre, réalisés lors de ces deux années passées en Guadeloupe, seront exposées.

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 07:03

Cindy-Fabre-tendance-2.jpgCindy Fabre, ancienne miss France et animatrice de Tendance Ô

 

« Ces icônes qui incarnent les tendances »

 

Comment est née l’idée de cette émission, Tendance Ô ?

Ma première expérience télé était avec Frédéric Joly sur Téva qui m’avait fait confiance pour présenter une émission Projet haute couture et il m’a recontacté pour savoir si j’étais partante pour animer une nouvelle émission sur France Ô, une émission assez jeune et dynamique. J’étais très contente de pouvoir collaborer à nouveau avec lui et aussi de pouvoir travailler avec France Ô, ce dont j’avais envie depuis longtemps.

 

Que vous ont apporté vos expériences sur Téva, W9, France 2 après votre statut de miss ?

J’ai eu la chance de présenter à chaque fois des émissions toutes différentes les unes des autres, culturelles, sportives ou de téléréalité. Ca m’a apporté de l’assurance et j’ai toujours fait en sorte de faire mieux à chaque fois. Et travailler avec des gens chaque fois différents, ça m’a enrichit professionnellement, permis d’aller de l’avant et de me perfectionner.

 

Quand on été une miss et qu’on devient animatrice, que faut-il apprendre ?

En tant que miss, on a plutôt l’habitude de répondre aux questions, de parler de notre vie… Là, on laisse l’étiquette miss France de côté et on transmet aux téléspectateurs une information qui n’est pas personnelle et on a l’impression de partager beaucoup plus qu’en étant une simple invitée d’une émission télé…

 

Cindy-Fabre-Tendance-3.jpgTendance Ô parle de mode, de gastronomie, de bien être… Comment articulez-vous ces thèmes ?

On aborde en général quatre sujets par émission, qui sont des références aux hits. Le but est de s’informer en peu de temps et de refléter l’air du temps en mettant l’accent sur toutes ces tendances. On ne se fixe pas un thème ou un autre ; on essaie de toucher tous les publics en parlant des icônes qui incarnent ces tendances.

 

N’est-ce pas trop difficile de parler nourriture quand on est mannequin ?

On parle bonnes choses et je suis gourmande ! On parle de gastronomie, de la folie des cookies… De toute façon, on parle de la France, alors renier la gastronomie française, ce serait un peu renier son pays (rires) ! Même si le travail veut qu’on fasse attention à notre ligne, on comble par le sport !

 

Vous êtes sportive ?

J’essaie de l’être, entre deux !

 

A quel rythme tournez-vous les émissions ?

On tourne à peu près sept émissions par jour tous les quinze jours/trois semaines…

 

Cindy-Fabre-Tendance.jpgQue faîtes-vous quand vous vous ne tournez pas ?

Du mannequinat, de l’élection de miss car l’élection de miss France arrive à grand pas, alors on prépare les régionales. Je suis déléguée de la région Normandie… Je prépare aussi le rallye des gazelles, celui des princesses, et là, j’essaie avec une marque d’auto de me perfectionner au niveau du pilotage et de m’intégrer davantage dans le milieu. On a plus l’habitude de voir une miss dans le milieu des paillettes que dans la voiture !

 

Vous êtres née et avez grandi en bourgogne, avez vécu en Normandie, votre maman est guadeloupéenne et vous vivez dans le sud-est… Que vous apportent toutes ces racines diverses ?

Ca me sert, ça me nourrit et j’essaie de les transmettre à d’autres. Même si ça fait du bien de partir en vacances et de quitter un peu la France, si on prend son temps à la découvrir vraiment en parcourant les routes, comme je l’ai fait avec Geneviève de Fontenay lors de mon année de miss, ou comme lorsque je fais des rallyes, on se rend compte que la France est vraiment belle. Il faut vraiment s’informer et sortir des autoroutes pour se rendre compte qu’on habite dans un très beau pays !

 

Qu’avez-vous gardé de la Guadeloupe ?

Toute ma famille essentiellement ! Ils sont de Goyave et Pointe-à-Pitre. J’essaie d’y aller aussi souvent que je peux, voir la famille qui s’agrandit. Eux viennent rarement, mais nous on essaie d’y aller. Ca fait partie de mes racines qu’il ne faut pas oublier. Même en cuisinant un peu local dans le sud, ça nous fait voyager le temps d’un ti punch et d’accras de morues !

 

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

 

Tendance Ô, c’est tous les samedis sur France Ô à 18 heures

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 07:07

ITW Charles Aznavour

Aznavour-sur-scene.JPGLe dernier des grands chanteurs se lance en tournée en province après un mois en haut de l'affiche à l'Olympia. A 87 ans, Charles Aznavour nous parle de sa jeunesse, ses amours, ses emmerdes...

« Je ne suis pas un vieux chanteur ! »

Aznavour-1-PHOTO-KARL-LAGERFELD.jpgAprès 70 ans de carrière, vous continuez !

Je suis un artiste aimé. Si vous n’êtes pas aimé de votre public, on peut vous oublier très vite. Ca a été le contraire pour moi. Je suis né dans la difficulté et il a fallu beaucoup de forceps pour que mon tour de chants devienne ce qu’il est devenu. Le public est venu avant les médias et, à 87 ans, je suis non seulement là, mais avec un public fervent. C’est tout ce que j’attendais, tout ce que je voulais…

Cette tournée est-elle une tournée d’adieux ?

Je n’ai jamais fait de tournée d’adieux. J’avais dit, il y a longtemps, que je ne ferai plus de tournée. On en fait une maintenant parce que je suis obligé de la faire sinon on va vexer le public de Marseille, Lyon, Bordeaux, Toulouse, etc… Je la fais donc avec grand plaisir mais je n’arrête pas ma carrière ! On m’a fait des difficultés pour que je rentre, on va avoir des difficultés à me faire sortir !

Vous avez toujours la même envie ?

Le mot envie, je ne connais pas… C’est faire pipi pour moi. Je suis quelqu’un qui va au bout de ce qu’il a décidé dans sa vie. C’est pas difficile : pas d’éducation scolaire, rien en littérature, ne connaissant pas la musique, parlant mieux l’argot que le français, je suis arrivé à faire ce que je fais. C’est dire qu’il fallait vraiment y aller… Personne ne m’a aidé, personne ne m’a rien apporté, personne ne m’a rien appris ; j’ai volé ce que je voulais ! Je continue à m’instruire.

Vous n’êtes jamais en panne d’inspiration pour écrire vos chansons ?

Mais si je suis en panne d’inspiration, bien sûr ! L’inspiration, c’est beaucoup de transpiration. Il n’y a que Victor Hugo qui n’était jamais en panne et il a tout écrit !

Qu’est-ce qui vous nourrit ? La littérature ?

Bien sûr ! On ne sort pas d’une forêt en ayant ou du talent ou du génie. Et le génie, c’est surtout quand on est mort ! Au moment où j’écris, il y a des choses qui reviennent et j’écris mieux que ce que je sais… Je dis des choses, j’emploie des mots que je n’ai jamais employés. J’ai dû les entendre quelque part mais c’est un phénomène extraordinaire.

Pourquoi dîtes-vous que vous écrivez mieux aujourd’hui qu’hier ?

Mon français est bien meilleur parce que je donne la priorité à l’écriture et non pas à l’idée. Une idée, ça passe, le texte, ça reste ! Dans les chansons de Trenet, vous vous souvenez des phrases entières. Pareil chez Audiard, on se souvient de dialogues entiers ! Ce n’est pas l’idée, c’est le texte ! Nous sommes un pays de texte, pourquoi ne pas en profiter ? Je n’ai pas choisi l’arménien ; j’aurai pu, je le parle…

Deux présidents, arméniens et français, pour vous, à l’Olympia, c’est important ?

Je les ai tous réunis, les autres aussi, avant ! Mais je n’ai pas de couleur politique, je suis tranquille… J’aime beaucoup Besancenot, pas sa politique, mais c’est un personnage que j’aime bien. Il est charmant, intelligent ; il connaît bien ses dossiers, il est travailleur. Il a toutes les qualités mais sa politique, je m’en fous ! La politique, ce n’est pas l’affaire du chanteur, c’est l’affaire du peuple… Aujourd’hui, je ne parle pas politique avec les hommes politiques mais je vote et ça ne regarde personne.

Aznavour-3-PHOTO-KARL-LAGERFELD-.jpgVous avez toujours été loin de la politique…

Pas du tout ! Ma jeunesse était communiste. J’étais jeune, j’aimais le peuple, les humains et j’étais contre la misère. A cette époque-là, les communistes avaient de grands yeux bleus, c’était un souffle qui nous a envahi même si on a été merveilleusement cocu. Mais n’oublions pas les premiers communistes qui ont eu les mêmes emmerdements que Le Pen ; on n’en voulait pas et on les éliminait ! Et bien, j’ai gardé quand même une certaine tendresse pour ma jeunesse communiste…

La nostalgie de la jeunesse et des amours passées est au cœur de vos chansons…

Les gens heureux n’ont pas d’histoire, c’est connu… Qu’est-ce que vous voulez écrire après « Y a de la joie de Trenet » ? On ne peut plus chanter la joie ; il a tout dit ! Maintenant, la jeunesse… Qu’est-ce que je dis sur la jeunesse ? Vivez-là, ne la gâchez pas. Moi, je l’ai vécue ma jeunesse !

Vous n’avez jamais été déraisonnable ?

Si ! A partir du moment où vous buvez trop, vous fumez trop, vous sortez trop, vous êtes déraisonnable. Je sais tout ça ! Je fumais trois paquets de cigarettes par jour… J’ai souffert. Arrêter de fumer, c’est beaucoup plus dur que d’arrêter de boire.

La jeunesse d’aujourd’hui sait-elle profiter de la vie ?

Elle ne profite pas de la vie ; elle profite d’un progrès fait par une civilisation de publicité qui leur donne à boire, à manger et à faire n’importe quoi !

Et avec les femmes, avez-vous été déraisonnable ?

Je n’ai pas profité de ma notoriété pour cavaler à droite et à gauche. Moi, je suis rentré en famille et j’ai vécu la famille. Ca va faire 47 ans que je suis avec la même épouse. Je suis absent, mais chez moi ! Quelqu’un qui est écrit à son bureau, c’est une absence terrible, beaucoup plus terrible que quand je suis physiquement absent.

Vos mélodies sont mélancoliques et vos histoires poignantes…

Ca rappelle des choses au public. Ils n’ont pas tous le même souvenir, mais j’ai beaucoup de chansons !

Comment travaillez-vous la mise en musique de vos textes ?

J’écris les textes d’abord. Là, je n’ai pas eu besoin de compositeur puisque les musiques que j’ai écrites étaient celles qu’il fallait. J’ai écrit deux fois la musique de la chanson que je chante avec ma fille et j’ai trouvé que ce n’était pas bon. J’ai fait appel à un compositeur. Il ne faut pas absolument, pour des raisons commerciales de sous, se dire qu’on va perdre des droits d’auteur… Ce qui compte est que le public soit content.

Comment faîtes-vous votre liste de scène avec autant de chansons ?

Depuis 9 ou 10 mois, j’ai du refaire ma liste une douzaine de fois mais il y a des chansons qui restent à la même place… Tout mon entourage m’a fait la guerre. Ils voulaient tous un best off. Mais pour moi, faire un best off, c’est une stagnation. Alors au lieu de quatre chansons de mon dernier album, j’en ai mis huit ! J’ai ajouté une chanson que je n’avais jamais chantée, qui s’appelle « Qu’avons-nous fait de nos vingt ans ? »… Et personne n’est venu me dire que j’avais tort. Je connais mon métier. Il ne faut pas se leurrer, un artiste qui ne connaît pas son métier ne peut pas survivre.

La chanson « L’instinct du chasseur » vous a-t-elle été inspirée par DSK ?

Je l’avais écrite il y a longtemps… Mais comment ça se fait que tout le monde me demande la même chose ? Alors, je l’aurais écrite dans la nuit pour l’enregistrer l’avant-veille du procès ?! Faut pas rigoler quand même !

Vous n’hésitez pas non plus à chanter des choses très sensuelles, le corps féminin…

Elle a été refusée par des chanteuses, alors je l’ai chantée moi ! Ca m’amuse et puis, il faut choquer. Il n’y a aucune raison qu’il y ait des statues nues, des peintures et des bouquins comme celui de Dubout, des poèmes de Verlaine qui vont très loin et que, dans la chanson, on soit sur la pointe des pieds ! Je ne suis pas spécialisé mais en tant qu’auteur, je peux écrire sur tout ! Il faut bousculer et le public et les artistes. Il faut qu’on soit des gens mûrs ou alors chantons des berceuses et on va se faire chier !

Des chanteurs se tournent-ils vers vous pour des textes ?

Ils n’osent pas…

Il y a eu Julien Clerc…

Je ne lui ai pas proposé un texte, ça c’est fait comme ça… J’ai eu des refus ridicules. Montand m’a refusé « Je me voyais déjà »… Faut le faire ! Et il a dit à mon parolier Jacques Plante : « S’il me donne une chanson, c’est qu’il pense que c’est pas bon pour lui… » Ca ne m’est jamais venu à l’idée ! Mais quand j’ai donné « Retiens la nuit » à Johnny, il n’a pas pensé comme ça ; il l’a chantée et avec le succès qu’on sait. Moi, quand j’écris, je suis honnête. J’aurai pu garder « Un mexicain » pour moi, j’étais sûr que ça marcherait. J’ai écrit pour Philippe Clay, Marcel Amont…

Pour qui avez-vous écrit « Sur ma vie » ?

Pour moi ! C’est Bruno Coquatrix, qui était venu me chercher pour l’Olympia. Il m’a dit : « Si vous apportez une chanson nouvelle qui peut faire un succès, c’est embêtant ! » Alors, j’ai écrit un succès et je n’ai jamais recommencé…

Vous aimez le rap et le slam, mais pas trop la chanson française actuelle…

Pendant les années 1960-1980, on a eu une bonne chanson française parce que pendant une certaine période, qu’est-ce qu’on a eu comme merde !

Vous dîtes qu’on ne sait plus écrire une chanson d’amour…

Peut-être qu’ils ne font pas l’amour de la même manière !

Il y a bien des chanteurs de variété actuels qui vous plaisent ?

J’aime bien Biolay, Benabar, Ruiz, Zazie… Il y en a un paquet qui sont formidables. Mais la première qualité qu’ils doivent avoir, c’est un bon texte, fou, fantaisiste, triste, littéraire, mais bien écrit. Il faut se méfier des textes avec des paroles creuses qui vous parlent du Biafra ou je ne sais quoi, c’est de la chanson voulue, pas de la chanson sentie. Les gens que je vous ai cités sont des gens qui écrivent leurs chansons d’après leur tempérament. Les autres, je ne les connais pas et ne veux pas les connaître. Ils font des succès, des tubes… Mais vous savez ce que c’est qu’un tube ? (Il mime un tube avec ses mains et souffle en émettant un bruit de pet…) Nous sommes les dépositaires de la bonne chanson mondiale ! Pourquoi mettrions-nous des accents toniques anglais dans les chansons françaises ? Ces gens-là n’ont jamais lu un livre de poésie de leur vie !

Aznavour-2-PHOTO-KARL-LAGERFELD.jpgPensez-vous déjà à un prochain album ?

Il y a ce qu’il faut mais je ne suis pas sûr que ça soit bon, donc je continue à écrire et je n’ai pas le choix.

Votre mémoire est défaillante, dîtes-vous, n’est-ce pas embêtant pour chanter ?

J’utilise un prompteur ; je le dis en scène ! Je ne le regarde pas tout le temps mais j’ai un prompteur pour toutes les chansons, y compris celles que je connais totalement par cœur. Quand je me trompe, je le dis au public, j’arrête et je recommence ! J’ai mis mon public dans la confidence définitivement ! Mon public n’est pas mon critique ; mon public est mon ami…

Vous avez des soucis d’oreilles, n’est-ce pas gênant ?

Je me suis rééduqué, c’est-à-dire que je pense une note et je chante dans le ton de la note pensée et, de temps en temps, je la pense mal… C’est là où j’arrête et que je dis au public : « J’ai chanté faux, on va recommencer…  »

Vous en souffrez ?

J’en souffre surtout à la ville… C’est embêtant de faire répéter tout le monde. En plus ma femme, elle parle très bas…

Est-ce qu’Eddy Mitchell vous a vexé en disant vous feriez mieux de vous arrêter à temps ?

Il l’a dit pour lui-même ! Sardou l’a dit avant lui : ne pas devenir un vieux chanteur. Mais un vieux chanteur, ça n’existe pas. Il y a des gens qui ne peuvent plus ou n’ont plus envie de chanter, qui ont perdu leur public… Il ne faudrait pas qu’il y ait de vieux peintres ? Picasso n’existerait pas… Pas de vieux écrivains ? Tolstoï n‘aurait pas existé… Il ne faut pas exagérer ! Je ne suis pas un vieux chanteur !

Vous arrive-t-il de penser à la mort ?

Toutes les nuits. Il y a des jours où j’ai peur, d’autres non. J’ai plus peur quand j’ai mal quelque part…

Comment voulez-vous partir ?

Je ne veux pas partir… Le plus tard possible. Mais puisqu’il faut partir un jour, alors que ce soit entouré des miens, dans mon lit.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

Photos : Karl Lagerfeld

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 06:00

Pas de deuxième multiplex pour la TNT

Après le lancement du 1er multiplex et de la TNT en novembre 2010, il semble que la perspective d’obtenir le deuxième (qui était annoncé à l’époque) s’éloigne de plus en plus. C’est désormais une certitude pour les professionnels de la place antillo-guyanaise même si le CSA reste très discret sur ce point. La confirmation qu’il a donné de cette information reste laconique et absconse, comme pour mieux se dédouaner : « Les dernières chaînes analogiques qui n'ont pas été lancées en TNT en novembre 2010 ont été autorisées en numérique avant l'été et devraient se lancer en TNT d'ici la fin de l'année (en même temps que l'extinction de l'analogique). Il s'agit d'Eclair TV et de Zouk TV, respectivement en Guadeloupe et en Martinique. On attend que  des porteurs de projets privés ou publics se fassent connaître pour lancer un nouveau multiplex. » Or, on sait maintenant que TF1 et M6 ne s’embarquera pas dans cette aventure, ni d’ailleurs les petites chaînes de la TNT, comme Direct 8, NT1 ou W9… C’est bien trop cher (pour prétendre à avoir au multiplex en Guyane, le CSA rappelait aux postulants à une fréquence de télé locale qu’il en coûtait 120 000 € par an !) Alors pour que les chaines comme Eclair TV en Guadeloupe et Zouk TV en Martinique puissent émettre après l’extension de l’analogique, il leur faudra s’équiper de simplex, c’est-à-dire qu’ils devront investir dans leur propre émetteur numérique. Il en coûte quelque 25 000 € pour un émetteur de 500 watts. Conscient des difficultés pour les chaînes locales, le gouvernement leur a accordé une aide à la diffusion pour trois ans. La première année, elles devraient toucher 90 %, 70 % la deuxième année et 30 % la troisième. Il faut dire que là encore tout n’est pas bien net. C’est la société ROM 1 (Régie Outre-mer 1), émanation de France Télévisions, qui est chargée de ce dossier de la diffusion. Le problème est que TDF voudrait faire payer l’hébergement des équipements aux opérateurs de télé locale privée. Et ça, ça rend furax la Fédération des télés privées que dirige Jean-Claude Asselin de Beauville.

FXG (agence de presse GHM)

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 05:59

 

Canal 10 incorrigible pirate

Canal 10, la chaîne populaire de Jarry dirigée par la délicieuse Lisa Rodriguez, utilise une fréquence de liaison (entre la station et le relais TDF) non reconnue. Son signal emprunte la bande des 1,5 GHz (gigahertz) au lieu de celle de 8,5 GHz prévue à cet effet et garantissant un signal de qualité, mais moyennant une très modeste contribution, de l’ordre de 200 € par an. C’est l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) qui a observé la chose et qui a déjà fait, par le biais de l’Agence nationale des fréquences (ANFR), une première remontrance à la fautive. Vainement semble-t-il… Le problème est que la fréquence utilisée, la bande des 1,5 GHz est réservée aux services publics tels que la météo, l’aviation civile, etc. Tant qu’il n’y a pas de pépin, ça va…

FXG (agence de presse GHM)

 

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 05:25

Mai 67 : la Guadeloupe s’embrase

Mai67c.jpgFrance Ô diffuse demain soir (samedi 15 octobre), à 20 h 35, le film documentaire Mai 67, Un massacre oublié. Nourri de nombreux témoignages, ce film revient sur les zones d’ombre du massacre perpétré dans les rues de Pointe-à-Pitre les 27 et 28 mai 1967, faisant au moins 87 morts. 

Autoproclamée patrie des droits de l’Homme, prompte à condamner la violence d’Etat chez les autres, La France a toujours autant de mal à regarder en face sa propre histoire. Et lorsqu’en plus il s’agit d’histoire coloniale, la chape de plomb se fait plus lourde encore. Un exemple ? Qui, en-dehors des frontières antillaises, a entendu parler du massacre perpétré à Pointe-à-Pitre en mai 1967 ? Qui a eu vent d’une répression d’Etat si féroce qu’elle entraîna en un jour et une nuit la mort de dizaines de personnes, toutes guadeloupéennes ? C’est à ce non-dit qu’ont voulu s’attaquer Xavier-Marie Bonnot et François-Xavier Guillerm (collaborateur de France-Antilles), les deux auteurs du documentaire choc Mai 67, Un massacre oublié, diffusé ce soir, à 20 h 35 sur France Ô.

Mai-67.jpgCe drame se joue dans une Guadeloupe alors en pleine mutation. L’effondrement de l’économie sucrière a jeté à la rue des centaines de travailleurs qu’une industrie du bâtiment en plein essor a promptement récupérés. Efficace, dure à la tâche, cette main d’œuvre n’en est pas pour autant résignée. Elle se distingue même par une tradition revendicative. Agglutinés dans des bidonvilles, incapables d’offrir à leur famille autre chose qu’un quotidien pauvre et indigent, les nouveaux ouvriers du bâtiment se mettent en grève. Et réclament une augmentation des salaires généralisée de 2.5 %. Le 27 mai 1967, des dizaines d’ouvriers sont sous les fenêtres de la Chambre de commerce, où achoppent les négociations. L’ambiance est électrique. Des pierres volent, des coups de feu, dont on n’a jamais pu déterminer l’origine, visent les CRS chargés de surveiller la place de la Victoire. Les policiers ripostent. Deux hommes tombent. C’est le point de départ d’un drame qui entachera à jamais l’histoire, faisant 87 morts, selon un aveu tardif des autorités, 200 selon d’autres sources.

Jack-Nestor-Mai-67.jpgLa suite est racontée par les témoins de l’époque. L’histoire d’une répression dure. Sanglante. A pointe-à-Pitre, les militaires remplacent les policiers. Le préfet Bolotte fait du zèle. A Paris, le puissant Jacques Focart, exécuteur des basses œuvres du général de Gaulle, le soutient. Pire, l’éminence grise du Général projette sur les revendications guadeloupéennes sa phobie du communisme. C’est que Cuba n’est pas loin… Et que les services de renseignement français ont depuis longtemps dans le collimateur une organisation indépendantiste dont ils craignent l’influence : le Gong (Groupement d’organisation Nationale de Guadeloupe). La première victime des tirs des forces de l’ordre est d’ailleurs un certain Jack Nestor, l’un des leaders du Gong…

Fred-Hermantin.jpgPendant deux jours, la ville est « nettoyée ». Les victimes, noires, tombent sous les balles des militaires, blancs. La suite ? Des vies brisées, un procès pathétique intenté – et perdu - par l’Etat contre les meneurs supposés, et surtout une amnésie pesante, dont les autorités ne sortiront que 17 ans plus tard, à la faveur du témoignage d’un secrétaire d’état socialiste, Georges Lemoine, qui fait le premier état du bilan officiel de 87 morts. Quarante-quatre ans plus tard, ces chiffres sont toujours contestés. Surtout, « les vrais coupables n’ont jamais été poursuivis », souligne Fred Hermantin, ancien avocat du Gong.

Servi par des témoignages bruts, évitant le piège du pathos et assis sur une solide trame documentaire, Mai 67, Un massacre oublié, ajoute une page au livre noir de l’histoire coloniale française. Il donne aussi la parole aux enfants de ce traumatisme. Ceux qui y ont perdu leurs parents. Et ceux qui y ont puisé la force de leur engagement militant. Avec parmi eux un certain Elie Domota, illustration vivante d’une histoire balbutiante.

Samuel Ribot, agence de presse GHM 

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 05:01

Martine-Aubry.jpgITW Martine Aubry 

« la perspective d’avoir une femme à la présidence sera un formidable atout »

Quelles seront vos trois premières mesures concrètes pour l’outre-mer ?

Trois initiatives seront menées à bien avant la fin 2012. 1- proposer des mesures immédiates pour lutter contre la vie chère et la dérive des prix, notamment s’agissant des produits de première nécessité ou ceux – je pense aux carburants – pour lesquels existent des monopoles, mesures qui seront le prélude à un plan de redressement du pouvoir d’achat ; j’entends également faire pression au nom de l’Etat sur les tarifs de téléphonie mobile et les loyers. 2- élaborer en concertation avec leurs élus pour chacun des Outremers un plan de relance des grands équipements structurants 3- Convaincre l’Europe de défendre l’emploi local par des mesures de protection accrues pour nos 5 régions ultra périphériques (comme le permet une lecture plus ouverte de l’article 349 du traité de Lisbonne)

Faut il maintenir la prime de vie chère pour les fonctionnaires en outre mer ?

J’entends les critiques contre les surrémunérations. Je sais aussi qu’à Paris, on les relaye volontiers pour faire des économies à bon compte outremer. Mais la politique de la gauche n’est ni de baisser les salaires ni de s’attaquer à la fonction publique. Pour autant le système n’est pas parfait. Il pénalise les agents au moment de leur départ en retraite et génère des disparités avec les travailleurs du privé. Trois conditions me paraissent requises pour envisager une réforme : une concertation très en amont avec les organisations syndicales représentatives et les élus locaux ; le principe du redéploiement des sommes en question, à l’euro près, au service du développement économique de l’outremer ; enfin cette réforme ne pourrait concerner que les recrutements futurs.

Arnaud Montebourg a réalisé un score surprise en métropole, cela modifie-t-il votre position sur la défiscalisation outre-mer, sachant que les niches fiscales sont souvent pointées du doigt pour profiter aux plus riches ?

Je me suis exprimée sur ce point lors du Forum du 27 avril dernier, le premier que le Parti socialiste consacrait à un projet complet pour les outremers. Les investissements outremer doivent être soutenus faute de fonds propres suffisants et d’engagement des banques au service de l’économie productive. D’où l’intérêt de ma proposition de banque publique d’investissement, régionalisée. Reste à déterminer si le soutien public passe par des dépenses fiscales ou des dépenses budgétaires. Pour le logement social, ma religion est faite. Il faudra revenir sur sa défiscalisation. Pour les autres, on doit privilégier trois critères : la nature des investissements ; l’intérêt des entreprises locales par rapport aux investisseurs métropolitains ; la transparence fiscale. Enfin, je souhaite que le nouveau système que nous mettrons en place soit pérenne, les entreprises outremer ayant besoin en la matière de stabilité.

Aux Antilles et en Guyane vous avez terminé nettement derrière François Hollande. Quelle en est la raison ?

Peut-être une participation pour l’instant plus faible qu’en métropole et une campagne locale qui avait à peine commencée. Le premier tour a montré que je pouvais l’emporter dans cette primaire.  Mais la vérité d’un tour ne sera pas forcément celle de l’autre. Dans ces trois régions où la place de la femme dans la société comme en politique, le "poto mitan", est si importante, de la mulâtresse Solitude à Gerty Archimède, première femme députée de la Guadeloupe, je suis sûre que la perspective d’avoir, enfin, une femme à la présidence de la République sera, au final, un formidable atout.

Doit-on continuer à soutenir la banane et la canne à sucre au détriment des cultures vivrières ?

Pourquoi au détriment ? Certes le développement économique des Antilles résidera de plus en plus dans des activités industrielles ou tertiaires à haut contenu en valeur ajoutée, adossées à la formation des hommes et aux atouts qui existent pour des filières d’avenir comme le développement durable, les énergies renouvelables, la biodiversité, internet et les technologies de l’information ou encore les services à la personne. Mais eu égard au chômage endémique qui frappe les Antilles, il nous faut défendre – notamment au sein des instances communautaires – toutes les filières traditionnelles contre les ravages de la mondialisation et du moins-disant économique et social.

Du pétrole vient d’être découvert au large de la Guyane. Ferez-vous en sorte que la collectivité puisse bénéficier directement des dividendes de son exploitation ?

Comment voulez-vous qu’il en soit autrement au regard des besoins considérables de la Guyane et alors que j’ai annoncé une nouvelle étape de la décentralisation ? Je m’y engage formellement et sans aucune ambigüité. Il en sera de même pour tous les territoires de l’outre mer où des richesses similaires viendraient à être découvertes.

Agence de presse GHM


L’avenir de l’outre mer au sein de la République selon Martine Aubry

 

A bien des égards, l’outremer ou disons plus justement les Outremers sont l’avenir de notre République. Son exemplarité quant à la rénovation de notre pacte républicain, ses vigies quant à la préservation de notre pacte social, ses ambassadeurs quant à notre capacité à renouer avec l’universalisme à l’extérieur de nos frontières. Un exemple : rénover notre pacte républicain passera par de nouvelles avancées – je pense à l’égalité hommes-femmes ou à la diversité de nos élites politiques – mais aussi par l’affirmation et le respect de nos identités culturelles plurielles. Concilier égalité citoyenne et reconnaissance des identités est au cœur de la matrice des Outremers et l’Hexagone aura grand intérêt à s’en inspirer.  

 

 

 

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