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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 05:43
Le muséum national d'histoire naturelle et l'Outre-mer/ Expo Tromelin au musée de l'Homme

Le muséum d'histoire naturelle s'offre sa "première journée des Outre-mer"

Pour la première fois, le muséum national d'histoire naturelle a réuni l'ensemble de ses acteurs, chercheurs ou institutionnels, qui agissent pour la protection et la valorisation de la biodiversité en Outre-mer.

La première "journée des Outre-mer" du muséum national d'histoire naturelle, a eu lieu jeudi à Paris. Bruno David, le président de cette institution fondée dès le XVIIe siècle, et la ministre des Outre-mer ont ouvert les travaux de cette table ronde qui se voulait à la fois scientifique et institutionnelle. Il s'agissait surtout de faire valoir les liens qui existent déjà entre l'ancien "jardin royal des plantes médicinales" et les outre-mer. Une évidence en fait, puisque 80 % de la biodiversité française se trouve dans ces territoires terrestres et marins. Les statuts fondateurs du Muséum lui confèrent cinq principales missions qui sont la conservation de collections scientifiques (environ 67 millions de spécimens), la diffusion de la culture scientifique, la recherche, l'enseignement et la formation à la recherche et l'expertise scientifique. Il participe donc à la protection et la valorisation de notre biodiversité. Si depuis 2007, le muséum est doté d'une délégation Outre-mer, il n'a pas d'antenne propre outre-mer. A la Réunion, il est présent via le CIRAD et en Guyane via l'IRD. Quelques-uns de ses chercheurs travaillent pourtant dans tous les outre-mer. Du côté de la Guyane, ils étudient la biodiversité et ses usages, l'accès et le partage des avantages tirés de cette biodiversité et des savoirs autochtones ou encore la biozone amazonienne. Aux Antilles, ils étudient les sociétés humaines et les peuplements animaux depuis 10 000 ans ainsi que la biominéralisation, autrement dit les coraux. Dans l'océan Indien, ils travaillent sur la répartition altitudinale des plantes de la Réunion, sur les mouches invasives, le bichique et, à Mayotte, sur les cyanobactéries. Par ailleurs, dans les TAAF, le muséum participe au programme d'observation écosystémique des pêcheries australes.

"Cette journée, a déclaré Annick Girardin, souligne notre prise en compte de la diversité des patrimoines naturels de la France des trois océans." La ministre a ainsi expliqué qu'elle entendait faire des territoires des pionniers pour atteindre les 17 objectifs de développement durable définis et qu'elle a adapté avec la "trajectoire 5.0", soit zéro carbone, zéro déchets, zéro intrants chimiques, zéro exclusion et zéro impact lié au dérèglement climatique. Elle a enfin salué la démarche du muséum pour son ambition d'avoir des plateformes de recherche par bassin océanique. Elle a enfin préconisé la mise en place d'un compteur de biodiversité dans chaque territoire et "une mobilisation collective  au service de la nature pour l'homme".

FXG, à Paris

L'expo Tromelin au musée de l'Homme

Jusqu'en juin 2019, la saison "En Droit !" au musée de l'Homme propose l'exposition « Tromelin, l’île des esclaves oubliés ». Son ambition est d'évoquer une page importante de l'histoire maritime, ainsi que la question de la traite et de l’esclavage dans l’océan Indien. Une histoire illustrée par un naufrage et des rescapés malgaches qui tentèrent de survivre pendant près de quinze années sur cet îlot inhospitalier appartenant à l'archipel des îles éparses. L'exposition rend également compte des efforts conjoints du groupe de recherche en archéologie navale et de l'institut national de recherches archéologiques préventives avec le concours de chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle pour mener simultanément des fouilles terrestres et sous-marines sur l’île. Cette approche s'est avérée payante puisque c’est avec les débris du bateau que les naufragés ont fabriqué outils et ustensiles de cuisine, avec du bois flotté qu'ils ont alimenté un feu et construit par deux fois des radeaux pour tenter de fuir l’îlot.

L'exposition « Tromelin, l’île des esclaves oubliés » interpelle le visiteur sur notre passé occidental, sur les limites de notre humanité...

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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 07:49
La Yole candidate à l'UNESCO

Nouvelle audition pour la yole à l'UNESCO

Le ministre de la culture a reçu vendredi en début de soirée la délégation des Martiniquais qui portent le projet de faire inscrire la yole ronde de Martinique au patrimoine mondial de l'UNESCO. La demande d'inscription de la yole au patrimoine immatériel de l'Unesco date de 2017.

La délégation, composée de Catherine Lavenir, Alex Rosette, Edouard Tinaugus, Félix Merine, Reynald Lette et des parlementaires Maurice Antiste et Josette Manin, avait amené une maquette de yole. Le ministre Franck Riester était accompagné de deux conseillers. Les élus ont longuement pris la parole pour présenter la yole, le dossier, sa genèse et leur démarche. Tous avaient évidemment en tête les propos du président de la République, le 1er février denrier lors du grand débat national, avec les maires d'Outre-mer : « La yole martiniquaise, eh bien, je peux vous annoncer que c'est le projet que nous soutenons à l'Unesco pour cette année. », Le chef de l'État répondait alors à question du maire du Vauclin, Raymond Occolier. « Le dossier est prêt, avait même rajouté Emmanuel Macron, il a été travaillé, donc on est bons ».
A l'issue de la réunion, vendredi, le ministre n'a pas fait de déclaration. "Il nous a bien fait comprendre, confie Edouard Tinaugus, qu'il va prendre la décision avec le président de la République et attendre la décision final fin Février ou début Mars. Même avec la déclaration du président, nous n'avons pas encore la décision officielle que ce soit la yole qui va représenter la France à l'UNESCO, mais si on a bon espoir."

Il est vrai que l'échec tout récent de la candidature des volcans et pitons de la Martinique au patrimoine de l'UNESCO face au phare de Cordouan, invite à la prudence !

FXG, à Paris

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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 05:20
La main de la mer au Plus petit cirque du monde

« La main de la mer », première création du « Passeport Caraïbes Amazonie Danse et Cirque »

Quatre danseurs venus des territoires d’Outre-mer et d’Amazonie, Natty Montella (Guadeloupe), Makerson François (Haïti), Ludovic Bibeyron (Guadeloupe), Kathleen O’Reilly (Guyane) et trois jeunes circassiens issus du Centre National des Arts du Cirque, Nicolas Fraiseau (France), Joana Nicioli (Brésil) et Tommy Entresangle (La Réunion) se sont rencontrés grâce au projet PACAM, «Passeport Caraïbes Amazonie Danse et Cirque», porté par le programme européen Interreg Caraïbes et six structures à la croisée du cirque et de la danse : Métis’Gwa pour la Guadeloupe, Touka Danses en Guyane, Lezard ti show en Martinique, le Plus Petit Cirque du Monde à Bagneux (Métropole du Grand Paris), l’Alliance Française de Sainte Lucie et Edna Manley College en Jamaïque.

Cette équipe multiculturelle et pluri-artistique s'offre un voyage dans la mémoire et l'histoire traumatisante de la civilisation des Antilles... Le metteur en scène, Gaëtan Levêque parisien et le chorégraphe guadeloupéen, Léo Lérus ont nourri corporellement leur projet de l'ensemble des tâches que les femmes et les hommes ont du s'acquitter pour rester en vie, mais aussi leur combat pour faire exister leur culture. Ca s'appelle « La main de la Mer ».

Gaëtan Lévêque, trampoliniste, metteur en scène, cofondateur du collectif AOC, a multiplié les collaborations notamment avec Bernard Kudlak du cirque Plume ou Générik Vapeur, il a mis en scène en 2016 "Vanavara", le spectacle de fin d’année du CNAC (école dont il est issu), et créé le concert-cirque, « Piano sur le fil » avec Bachar Mar Khalifé. Il est le responsable artistique de la Pépinière Premiers Pas du du Plus Petit Cirque du Monde, où "La main de mer" a été monté. Ils seront en tournée en mars au festival Lézard Ti show (Martinique), en novembre au festival Danses Métisses - Toukadanses (Guyane) et les 21 et 22 février au Plus petit cirque du monde, impasse de la renardière à Bagneux, pour la première.

FXG, à Paris

21 février à 14h00 et 20h30

22 février à 20h30

Tarifs : 7 / 10 / 15 euros

Le plus petit cirque du monde

Impasse de la renardière - 92 220 Bagneux - Tel : 01 46 64 93 62

Accès : Ligne RER B – Bourg la Reine puis bus 390 et 394 – arrêt les Blagis /Ligne Métro 4 – Porte d’Orléans puis bus 188 – arrêt Rue des Brugnaults / Ligne Métro 13 – Chatillon-Montrouge puis bus 391 – arrêt les Blagis

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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 05:11
L'indemnisation demandée pour l'empoisonnement au chlordécone

Macron interpellé par les associations d'Outremer sur le chlordécone

"Monsieur le Président, sur quels travaux scientifiques vous appuyez-vous pour contredire les résultats publiés d’enseignants-chercheurs et chercheurs du CHU de Pointe-à-Pitre et de l’INSERM ?" Ainsi les signataires d'une nouvelle "Coordination des associations Outre-mer" interpellent-ils dans une lettre ouverte le président Macron à la suite des propos qu'il a tenus le 1er février dernier en présence des maires et parlementaires d'Outre-mer réunis à l'Elysée. « Il ne faut pas dire que c’est cancérigène (...) parce qu’à la fois on dit quelque chose qui n’est pas vrai et on alimente les peurs », avait déclaré Emmanuel Macron provoquant l'indignation de Victorin Lurel et Joël Beaugendre alors que le même Macron avait déclaré le 27 septembre dernier en Martinique que la pollution au chlordécone était un « scandale environnemental et qu’il fallait ouvrir un processus de reconnaissance ». "Pensez-vous nous rassurer avec ce type de déclarations, interrogent les signataires. Vos hésitations et revirement heurtent dans leur dignité les populations ultramarines concernées qui sont en droit d’attendre protection et informations vérifiées de la part de l’État, comme chaque concitoyen de La République.

On le sait depuis l'Elysée a fait justifier son point de vue sur l'empoisonnement au chlordécone via le directeur général de la Santé, qui déclare dans les colonnes de France-Antilles "qu’il y a de fortes présomptions d'un lien entre l'exposition à la chlordécone et la survenue du cancer de la prostate".

Dans leur lettre ouverte, les signataires exigent que "les maladies liées à l’intoxication au chlordécone soient reconnues comme maladies professionnelles et que des mesures d’indemnisation soient prises rapidement". Ils attendent "la mise en place d’une campagne de dépistage d’ampleur des populations afin qu’elles puissent faire valoir leurs droits devant la justice". Ils souhaitent enfin que dans la future proposition de loi portant création d’un fonds d’indemnisation des victimes de produits phytopharmaceutiques, le cas des victimes antillaises soit examiné en priorité, compte tenu de l’ampleur du risque sanitaire et économique dans nos territoires".

L'enjeu de cette loi, c'est, pour citer le président, "l'ouverture de catégorie de maladie professionnelle". "Ca ne veut pas dire, a-t-il déclaré, que je me suis engagé à indemniser tous les gens qui vivaient dans les endroits où on a utilisé la chlordécone. Non ! Ca se serait irresponsable de ma part et on ouvrirait une sorte de guichet sans limite, avec des effets d'aubaine impossibles..." Le seul engagement pris par le président est celui "d'ouvrir un guichet où les gens vont pouvoir aller devant le médecin pour dire qu'ouvriers agricoles, ils ont été exposés pendant des années à l'utilisation de la chlordécone, pour faire reconnaître leur maladie professionnelle". En conséquence, le 1er juin un décret sera pris pour que les gens puissent commencer à soumettre leur dossier de reconnaissance de pathologie professionnelle à partir du moins de juillet.

La coordination Association Outre-mer regroupe peu ou prou les mêmes associations que le CReFOM, à savoir le CM98, Accolade, Les amis du Gosier, Agora Karayb, l'UNOM, Amitag de Meaux, Kwak, Planet Caraibes, Nutricréole, Collectifdom, Karaib +. Son bureau est composé de Marie-Line Mormin de Tous creoles !, Gina Dolium  des Antillais de Creil, Oudi Joseph Serva d'Influence Outre-mer, Viviane Romana et Greg Germain.

FXG, à Paris

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18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 10:51
Banane dollar V/s banane euro

Nouvelle alerte sur la banane

A Quito, Equateur, en décembre dernier, la Direction générale du commerce de la Commission européenne et les ministres ou vice-ministres du commerce de la Colombie, de l’Équateur et du Pérou ont abordé la négociation d’une nouvelle réduction tarifaire sur les exportations de bananes vers l’Europe. Une information qui a vivement fait réagir l’Association des producteurs européens de bananes (Apeb) qui redoute d'être concurrencée sur son marché par ces bananes dollar sud-américaines. Depuis 2009, le tarif douanier appliqué par l'Europe à ces trois pays a été réduit de 57%, soit une réduction de 101 € par tonne exportée.

"Ces pays tiers, insiste l'Apeb, n'ont pas encore atteint leur volume d'exportation agrégé maximal avec le tarif préférentiel actuellement autorisé. Cela signifie qu'ils peuvent exporter légalement un volume total supplémentaire de près d'un million de tonnes cette année sur le marché européen, soit 25% de plus que ce qu'ils exportent déjà vers l'Europe. Un tel approvisionnement supplémentaire sur le marché européen provoquerait avec certitude un désastre."

Les producteurs européens de bananes (12 000 producteurs et 30 000 emplois) demandent à leurs gouvernements de tenir une réunion urgente des ministres de l’Agriculture espagnol, français et portugais, dans le cadre du Comité mixte de la banane. « L’Union européenne doit, selon l'Apeb, rejeter la demande des pays tiers d’abaisser encore davantage le tarif actuel. »

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18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 10:40
Fred Célimène au Conseil d'Etat

Fred Célimène demande au Conseil d'Etat sa réintégration à l'université  

Fred Célimène, ancien directeur du laboratoire CEREGMIA et plusieurs fois mis en examen dans le cadre de ses anciennes activités à l'université des Antilles, a demandé vendredi au Conseil d'Etat de faire exécuter sa décision du 8 novembre 2017. Ce jour-là, le Conseil d'Etat annulait la décision du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) du 8 juin 2016 et lui ordonnait de rejuger M. Célimène. Le 8 juin 2016, le CNESER avait lui-même annulé la décision de la section disciplinaire du conseil d'administration de l'université Toulouse 1 Capitole du 11 juin 2015, et prononcé à l'encontre de Fred Célimène sa révocation et son interdiction définitive d'exercer toute fonction dans un établissement public ou privé. "Le Conseil d'Etat n'a jamais été saisi d'une telle demande", s'est exclamé Frédéric Dedieu, le rapporteur public, à l'audience. Fred Célimène estime en effet que l'annulation de la sanction de révocation implique que l'université des Antilles le réintègre dans ses rangs et lui verse ses salaires non perçus depuis août 2016. Il a ainsi obtenu du président de la section du contentieux du Conseil d'Etat qu'il ouvre "une phase juridictionnelle tendant à faire exécuter" sa propre décision. "Il n'est pas possible, explique le rapporteur public, qu'une décision du juge de cassation fasse l'objet d'une demande d'exécution. Ce n'est que lorsqu'il est juge du fond et non de la cassation qu'il peut être saisi pour éxécution." Le rapporteur public achève sa démonstration par un axiome : "Le juge de l'exécution est incompatible du juge de la cassation." Et ce d'autant plus que le juge de la cassation  a assorti sa décision d'un renvoi devant une autre juridiction, en l'occurence le CNESER. Celui-ci est donc saisi et l'université a refusé de réintégrer M. Célimène... Conclusion du rapporteur public : "Radicalement irrecevable." Décision d'ici trois semaines.

FXG, à Paris

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15 février 2019 5 15 /02 /février /2019 05:45
Chlordécone : le directeur général de la Santé répond à nos questions

Interview. Professeur Jérôme Salomon, directeur général de la Santé

Après le vif échange entre le président de la République, qui affirmait le 1er février que "il est faux de dire que le chlordécone est cancérogène", et Victorin Lurel et Joël Beaugendre qui citant le Pr Blanchet, l'OMS et les cas observés sur le terrain, affirmaient le contraire, le directeur général de la Santé fait le point sur les connaissances scientifiques sur l'effet du chlordécne sur l'homme et l'action publique menée pour lutter contre cet empoisonnement à grande échelle.

"Il y a de fortes présomptions d'un lien entre l'exposition à la chlordécone et la survenue du cancer de la prostate"

Y aura-t-il un rapport précis donné aux personnels de santé et accessible à la population sur le plan chlordecone III (2014-2020) ?

La transparence et le partage des informations scientifiques guident notre action. Nous avons ainsi lancé un site internet (chlordecone-infos.fr, géré par l’Anses[1]) qui met à disposition du public l’ensemble de la documentation, en particulier scientifique, sur la chlordécone. Dans le même temps, le ministère de la Santé a mis en ligne sur son propre site internet une synthèse et un état d’avancement des actions du plan chlordécone III ainsi qu’une plaquette d’information sur ce plan. Les préfectures et les Agences régionales de santé (ARS) réunissent régulièrement les professionnels de santé et mettent également en ligne de nombreuses informations sur la chlordécone[2].  Le Président de la République a tenu un discours sur la chlordécone lors de son déplacement en Martinique et le cap a été clairement défini : reconnaître le scandale environnemental, assumer la part de responsabilité de l’Etat, organiser au mieux les réparations quand on le peut, renforcer la protection de tous et des plus vulnérables en priorité. Il y a eu ensuite les conclusions du colloque scientifique et d’information organisé aux Antilles en octobre 2018 (il a réuni pendant 4 jours de très nombreux experts avec des débats ouverts à la presse, aux élus et au grand public) ? Il est donc prévu, en complément du plan chlordécone 2014-2020, une mesure mentionnée dans le plan « former, informer et accompagner tous les professionnels de santé » qui prévoit de :

- développer des outils pour les professionnels de santé afin qu’ils puissent accompagner et orienter leurs patients en termes de réduction des expositions (c’est-à-dire les recommandations à suivre pour réduire les expositions, les risques liés à la chlordécone et à d’autres pesticides ou contaminants) et de diagnostic et prise en charge (recommandation de bonnes pratiques) ;

- former l’ensemble des professionnels de santé et leur fournir les informations et outils développés sur les effets sanitaires et les recommandations.

Peut-on affirmer qu'il n'y a pas de corrélation établie entre chlordécone et cancer de la prostate quand les données en laboratoires démontrent le contraire, notamment les données récentes (2018) sur l’angiogenèse et la formation de métastases ?

La démarche scientifique est une démarche complexe et rigoureuse. Je souhaite être le plus précis possible sur ce sujet important. La chlordécone est classée au niveau international, dans la catégorie 2B « cancérigène possible chez l’homme » et au niveau européen, dans la catégorie 2 « susceptible de provoquer le cancer ». En 2013, l'expertise collective de l'Inserm "Pesticides : effets sur la santé" a estimé, sur la base des études existantes et en lien avec les connaissances sur d’autres pesticides et perturbateurs endocriniens, qu’il y avait de fortes présomptions d'un lien entre l'exposition à la chlordécone et la survenue du cancer de la prostate.

Le plan chlordécone a contribué au financement de plusieurs études dont l’étude Karuprostate, étude de type cas-témoins en population générale, réalisée en Guadeloupe au cours de la période 2004‐2007 et comparant 709 cas incidents de cancer de la prostate à 723 témoins[3] [4] . Cette étude était destinée à identifier les facteurs de risque environnementaux et génétiques de survenue du cancer de la prostate. Il s’agissait également d’étudier le lien éventuel entre l’exposition à la chlordécone et le risque de survenue de ce cancer. Chez les hommes dont la concentration en chlordécone dans le sang est la plus forte, un risque plus élevé de survenue du cancer de la prostate a été observé. Cette probabilité est influencée par l’âge, le patrimoine génétique, les habitudes alimentaires et les habitudes de vie des hommes exposés.

La rigueur scientifique (des nombreux experts internationaux se sont exprimés) nous oblige à dire que ces éléments ne permettent pas de conclure de façon formelle à un lien de causalité entre la Chlordécone et le cancer de la prostate. C’est la raison pour laquelle, le Gouvernement a demandé en 2018 à l’Institut National du Cancer (INCa) de lancer un Programme de recherche interdisciplinaire pour mieux comprendre le lien entre exposition à la chlordécone et risque de cancer de la prostate. Un comité scientifique international a travaillé sur ce sujet. 

Le fait qu’il n’y ait pas de corrélation établie entre chlordécone et cancer de la prostate signifie-t-il que l’on arrête les efforts de recherche sur l’impact du chlordécone sur les autres conséquences sanitaires : prématurité, croissance pré- et post-natale, infertilité masculine, maladie du foie, obésité, conséquences neurologiques, hypertension et diabète, qui sont révélées par les études récentes (2010-2018) ?

Évidemment non ! Les preuves scientifiquement établies doivent guider l’action publique. Les efforts de recherche ont été importants et vont se poursuivre, comme en attestent les travaux qui ont été présentés lors du colloque scientifique et d’information sur la chlordécone en octobre 2018. Néanmoins, nous disposons déjà de connaissances suffisantes concernant les effets de la chlordécone sur la santé pour ne pas attendre et agir de façon préventive en poursuivant les mesures prises pour réduire concrètement l’exposition de la population.

D’un point de vue pratique et pour vous donner un exemple, les Agences régionales de santé (ARS) accompagnent les populations auto consommatrices grâce au programme JAFA (Jardins Familiaux) qui permet de réaliser des analyses des sols des jardins et de délivrer des conseils agronomiques et alimentaires afin de limiter l’exposition de ces populations. Il est également important de sensibiliser les populations vulnérables (les femmes enceintes ou les jeunes enfants) et fortement exposées (notamment les pêcheurs, les personnes résidant en zone contaminée, les personnes s’alimentant via des circuits informels).

Des recommandations de consommation à destination du grand public ont été publiées (détaillées dans la plaquette d’information sur le plan Chlordécone III), il est important que chacun s’en saisisse dans son quotidien. Avec le renforcement des contrôles des denrées alimentaires, ces mesures contribuent aux efforts collectifs pour tendre vers le « zéro chlordécone dans l’alimentation » souhaité par le Président de la République.

Il semble ne plus être discutable que la molécule chlordécone soit un perturbateur endocrinien. Selon l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS), « la démarche de prévention recommandée pour les perturbateurs endocriniens est similaire à celle qui doit être mise en œuvre vis-à-vis des produits chimiques CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques). L’objectif prioritaire est de supprimer le risque notamment en remplaçant les perturbateurs endocriniens identifiés par des produits moins nocifs (principe de substitution). A défaut, il convient de limiter les expositions au niveau le plus bas techniquement possible ; La priorité est alors de mettre en œuvre des moyens de protection collective et individuelle. » Quelles sont les mesures prises en ce sens pour la chlordécone ?

En effet, de par ses caractéristiques hormonales bien définies, la chlordécone est considérée comme un perturbateur endocrinien. Ces propriétés hormonales, clairement établies dès la fin des années 1970 in vivo et in vitro, pourraient être impliquées dans la survenue d’atteintes de la reproduction et du développement. C’est la raison pour laquelle les ARS mettent en œuvre des programmes spécifiques de prévention et de suivi des femmes enceintes et en âge de procréer, ainsi que des enfants en bas âge.

Tous les efforts des acteurs convergent pour tendre vers le « zéro chlordécone dans l’alimentation », avec notamment des dispositifs mis en place :

- pour cultiver les légumes et fruits sur les sols adaptés : de nombreuses productions agricoles, non sensibles à la contamination, peuvent être mises en œuvre sur les terrains où la chlordécone est présente (christophines, tomates, choux, ananas, haricots, aubergines, bananes, arboriculture), d’autres productions, sensibles à la chlordécone (élevage, légumes racines, cives, poireaux, pastèque, concombre, melon, giraumon), nécessitent des terrains peu ou pas contaminés ; 

- pour la décontamination des animaux d’élevage (par déplacement des animaux sur sol indemnes ou en stabulation hors-sol) ;

- par la mise en place de zones d’interdiction de pêche en mer et en eau douce ;

- par la conduite des contrôles des denrées alimentaires et des analyses des sols.

Il convient aussi d’être prudent quant à l’exposition de travailleurs agricoles qui sont en contact avec de la terre contaminée (une cartographie des sols a été publiée en 2018). Par mesure de précaution, il est conseillé aux agriculteurs d’éviter les contacts mains-bouche et de bien se laver les mains avant les repas. Des travaux complémentaires doivent être poursuivis sur la décontamination des sols.

Malgré l’interdiction de l’utilisation du chlordécone dans la culture de banane depuis 1993, du chlordécone est encore (en 2018) retrouvé dans les sols, les animaux et les hommes. Quels sont les mesures prises pour dénaturer cette molécule (déchlorination par exemple) ?

Sur les moyens de dépollution de l’environnement, des pistes encourageantes ont été identifiées, notamment en matière de dépollution biologique, mais il n’existe pas encore, à ce jour, de solutions opérationnelles. Comme le président de la République l’a annoncé, de nouvelles recherches sur la dépollution des sols vont être lancées. Il s’agit en particulier de :

- poursuivre les travaux de recherche concernant la dépollution des sols (sélection de groupes de microorganismes dégradant la chlordécone, méthodes de dégradation de la chlordécone par voies chimiques, physiques…) ;

- établir la toxicité des dérivés partiellement déchlorés de la chlordécone, vérifier l’innocuité sur l’environnement des processus de dépollutions efficaces en laboratoire avant transfert sur des zones expérimentales en champ ;

- poursuivre les études sur la biodégradation et l’identification des produits de transformation et leur comportement environnemental et écotoxique, en laboratoire (microbiologie, approche physico-chimique) ;

- favoriser les recherches participatives ;

- expérimenter ensuite les solutions en « zones ateliers ».

Dans ce contexte (résultat négatif d’une étude épidémiologique alors que les données de laboratoires démontrent le risque potentiel ; impact du chlordécone sur des problèmes sanitaires autres que le cancer de la prostate ; durée de vie et persistance de la toxicité du chlordécone) prépare-t-on un plan chlordécone IV (après 2020 ?)

Comme cela a été annoncé par le président de la République, un plan chlordécone IV est en cours de préparation. La population locale sera étroitement associée à cette préparation dans le cadre d’une phase de concertation qui sera lancée dès 2019, puis d’une consultation publique sur un projet de plan IV en 2020. Le comité de pilotage local présidé par le Préfet est ouvert aux élus et aux associations. Le comité de pilotage national associant toutes les administrations, agences nationales, opérateurs est aussi ouvert aux parties prenantes. En parallèle, une mission réunissant plusieurs inspections générales va être lancée prochainement pour évaluer le plan chlordécone III et proposer des pistes d’évolution pour le plan IV. Une feuille de route très précise et ambitieuse va être déroulée dès cette année.

Propos recueillis par FXG, à Paris


[1] Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail

[2] - Un recueil de fiches d’information sur la chlordécone élaboré sous l’égide de l’ARS de Martinique ;

- La préfecture de Guadeloupe met à disposition des informations via son site internet ;

- Un site web spécifique sur la chlordécone a été élaboré par la préfecture de Martinique.

[3] Multigner L, Ndong JR, Giusti A, Romana M, DelacroixMaillard H, Cordier S, Jégou B, Thome JP, Blanchet P.

Chlordecone exposure and risk of prostate cancer. 2010; J Clin Oncol 28:3457‐62.

[4] 10 Emeville E, Giusti A, Coumoul X, Thomé JP, Blanchet P, Multigner L. Associations of plasma concentrations

of dichlorodiphenyldichloroethylene and polychlorinated biphenyls with prostate cancer: a case‐control study

in Guadeloupe (French West Indies). 2015; Environ Health Perspect 123:317‐23

 

 

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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 06:52
Le 6 février au cercle militaire interralié

Le 6 février au cercle militaire interralié

Le plan SMA 2025 vise la recherche de qualité

"Cette année 5970 jeunes ont été intégrés dans nos rangs et 82 % volontaires ont été intégrés en fin de formation dont 57 % dans l'emploi durable." Maintenant que la montée en puissance du SMA est achevée, le général  commandant le Service militaire adapté, Thierry de La Doucette, son état-major et le ministère des Outre-mer préparent le plan SMA 2025. Mardi 6 février, au cercle militaire interrallié, l'événement annuel du SMA, dit "Cercle des partenaires", tombait au moment même où la Cour des comptes rendait public son rapport annuel avec un focus sur le SMA. La Cour des comptes salue ses bons résultats mais regrette "la diminution de la durée des formation et la fin des formations diplômantes". En effet, expliquent les sages de la rue Cambon, "le fait d’atteindre un taux d’insertion de plus de 75% et un taux d’insertion dans l’emploi durable de 50% peut être considéré comme remarquable" mais il ne doit pas empêcher un suivi de l’insertion des stagiaires "au-delà des six mois après la sortie du SMA" et même "un suivi de leur insertion sociale". C'est notamment en réponse à cette critique que le général La Doucette affirmé devant un parterre d'uniformes, de partenaires comme la FEDOM, de divers représentants d'organismes de formation, tel Opcalia, et d'élus comme la sénatrice de Guadeloupe Victoire Jasmin, que le SMA s'orientait désormais vers la recherche de qualité en développant l’employabilité des jeunes, l'intégration du numérique et le renforcement de l’offre de formation. "Nous devons pouvoir offrir à ces jeunes des solutions plus adaptées à leurs attentes ou compétences afin d'en laisser le moins possible sur le bord du chemin." Lors de cette soirée, le prix de l'engagement a été décerné à l’association Labo des histoires, à la société GERIP et à l’agence ANLCI, puis une convention a été signée avec l’école numérique Simplon. Il s'agit d'ouvrir la formation dispensée par cette école à douze volontaires dans chacun des territoires où est implanté le SMA afin qu'ls puissent devenir développeurs web à l'issue d'une formation de six mois.

FXG, à Paris

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9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 05:56
Manuscrit flibustier numérisé

Le plus ancien texte sur la Martinique et les Indiens Caraïbes désormais en ligne

"Relation d’un voyage infortuné fait aux Indes occidentales par le capitaine Fleury avec la description des îles qu’on y rencontre par l’un de ceux qui fit le voyage, 1618-1620" est un manuscrit de la bibliothèque Inguimbertine (bibliothèque municipale classée de Carpentras) que la BNF vient de faire numériser. Ce texte a été publié en 1987 par Jean-Pierre Moreau, sous le titre Un flibustier français dans la mer des Antilles en 1618-1620. Il constitue la plus ancienne description d’un voyage complet de flibuste, de Dieppe aux îles du Cap-Vert, du Brésil à la Martinique, des Grandes Antilles aux côtes de Campêche et à la Floride... De ce récit haut en couleurs, le lecteur gardera certes quelques faits d’armes, mais il retiendra surtout que contrairement aux idées reçues, l’aventure de la flibuste s’achevait souvent dans le dénuement, et que la faim était une bien plus grosse menace que le combat. Ce manuscrit présente également un intérêt anthropologique de premier ordre. Il est la plus ancienne source sur les Indiens Caraïbes qui peuplaient alors les Petites Antilles, et la plus ancienne description connue de la Martinique, quinze ans avant la colonisation officielle de 1635.

La numérisation du manuscrit en haute définition a été effectuée au Centre technique de conservation Joël-le-Theule, à Sablé-sur-Sarthe. Il est désormais consultable par tous, sur le site gallica.bnf.fr (https://c.bnf.fr/zQu), ainsi que sur le portail Manioc de l’université des Antilles [http://www.manioc.org].

FXG, à Paris

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9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 05:02
François de Rugy à l'Assemblée nationale jeudi 7 février 2019

François de Rugy à l'Assemblée nationale jeudi 7 février 2019

Les deux députés guyanais s'opposent autour de la Montagne d'or

A l'initiative du groupe de Gabriel Serville (GDR), les députés ont débattu jeudi 7 février de la Montagne d'or devant le ministre de la Transition écologique, au grand dam de Lénaïck Adam (LREM) qui fustige un "militantisme de spectacle".

"La bonne voie n'est pas simple à trouver entre l'activité humaine et la protection de l'environnement, et je n'oppose pas les deux." Le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy a participé jeudi matin à l'Assemblée nationale au débat sur le projet de la Montagne d'or.

Ce débat sans vote aura permis à chaque député y participant (une poignée) et aux différents groupes politiques de marquer leur position vis-à-vis du projet minier du consortium russo-canadien.

Premier à ouvrir les prises de paroles, le député Gabriel Serville qui d'emblée critique "un projet mal encastré entre deux réserves naturelles" ! Plutôt que d'évoquer une montagne d'or, il préfère la métaphore du "trou gigantesque, grand comme 32 stades de France" avec 18 tonnes d'explosifs, 80 000 tonnes de déchets de roches, 7300 tonnes de cyanure par an, 54 millions de tonnes de minerais cyanurés pour en tirer 80 tonnes d'or, soit 12 milliards d'euros et seulement 5 millions par an pour la Collectivité de Guyane et 750 emplois promis... "Un mirage", assure-t-il avant de rappeler les 134 morts et 200 disparus avec la rupture du barrage minier du Brumadinho au Brésil la semaine dernière, celle de Bento Rodrigue au Brésil en 2015 ou encore celle d'Omai au Guyana en 1995 qui a conduit à l'empoisonnement de 25 000 personnes...."Tout ça est à des centaines d'années lumière de la trajectoire 5.0 promise par la ministre des Outre-mer (zéro déchets, zéro intrants chimiques, 0 carbone, zéro exclusion et zéro vulnérabilité, ndlr), lance le député de Cayenne qui rappelle les deux pétitions contre le projet Montagne d'or et la centaine d'organisations locales qui s'y opposent. C'est justement Gabriel Serville et son groupe, GDR, qui sont à l'origine de ce débat. Il a déjà déposé, avec 83 de ses collègues députés répartis dans tous les groupes politiques une demande de résolution pour obtenir l'interdiction du cyanure. Cette dernière doit encore passer devant la conférence des présidents avant d'être proposée dans le calendrier parlementaire... Il conclut son intervention tel Cassandre : "On veut faire du développement au péril de notre peuple et de notre environnement. Cette montagne d'or est vouée à devenir un vaste trou d'ordure !"

Le groupe Territoire et liberté par la voix de son orateur, l'écologiste Lambert reste mi figue mi raisin en se prononçant pour une COP aurifère et "un projet rehaussé sur ses engagements environnementaux, encadré par l'Etat et soutenu par les populations locales." C'est à peu près la même  position que celle que le président de la République a prise publiquement le 1er février devant les maires d'Outre-mer.

"Le droit des Guyanais à exploiter les richesses de leur pays"

S'exprimant au nom du groupe LREM, l'autre Guyanais de l'Assemblée, Lénaïck Adam se montre offensif en dénonçant les "instigateurs de ce débat" et leur "militantisme de spectacle". Il assure pourtant être d'accord pour légiférer sur l'encadrement de la filière aurifère. "Ce qui est bon pour la Nouvelle-Calédonie ne l'est-il pas pour la Guyane ?", demande-t-il. Aux 70 % de personnes qui sont prononcées contre le projet, il oppose les 70 % de la population de Saint-Laurent qui sont sans travail : "L'or ne va pas absorber toute la misère de Saint-Laurent, mais il va y contribuer !" Lénaïck Adam affirme toutefois ne pas être "le défenseur de la montagne d'or — pour autant qu'ils déposeront un dossier ! Mais je défends le droit pour chaque Guyanais de pouvoir exploiter les richesses minières de son pays." Alors il demande aux députés : "La France est-elle pour l'interdiction ou l'encadrement de l'exploitation aurifère en Guyane ?"

Après une intervention équivoque du LR François Marleix, le MODEM Bruno Milliène se joint au groupe GDR pour "alerter sur le risque sérieux de déversement de cyanure dans la nature". Même son de cloche chez le député socialiste Bouillon qui rappelle que le débat public a montré une opposition majoritaire et que le risque est bien celui de la diffusion des polluants dont 142 millions de tonnes de fuel et  46 500 de cyanure... Maïna Sage du groupe UDI  rappelle que "la Guyane a déjà été exploitée avec la base spatiale et le peu de retombées que l'on sait..." Puis elle cite : "460 000 litres d'eau brute utilisées chaque heure, 1500 hectares de forêts primaires arrachées"... "L'avis qui nous intéresse, poursuit-elle, est celui des Guyanais. Ils se sont exprimés et la grande majorité est insatisfaite du projet actuel. Il y a trop de risques pour qu'on se satisfasse de ce projet qui mérite d'être plus exigent, mais peut-il l'être ?" Mathilde Panot de la France insoumise vient enfoncer le clou en parlant d'un "projet d'un autre siècle qu'il faut abandonner"... L'ancienne ministre Delphine Batho, désormais non inscrite, demande au ministre de Rugy : "Que dira la France face au Brésil de Bolsonaro sur la destruction de la forêt amazonienne si on fait pareil ?"

FXG, à Paris

De Rugy plaide la réforme du code minier

"Nous protégeons plus la forêt amazonienne que le Brésil même du temps du président Lulla." Il est lissé M. de Rugy, mais il essaie de temps à autre de piquer. Le ministre d'Etat souhaite débattre et se refuse à toute attitude simpliste sur les différentes formes d'exploitation de l'or en Guyane. "Peut-on interdire le cyanure sans rien dire sur le mercure parce que ce dernier est utilisé à grande échelle par plus d'une centaine d'exploitants d'or ?" Le ministre insiste pour dire que le projet Montagne d'or n'a pas encore d'existence légale, que ce n'est qu'une intention. Il admet que le risque est "le drainage minier acide et la rupture de digue". Il en vient aux enjeux de l'emploi tout en rappelant que l'activité minière appartient au système économique local actuel : "Personne n'est pour l'interdiction totale de l'exploitation de l'or." Pour lui, la question est celle du code minier qu'il entend réformer. Car pour l'heure, le projet a eu pour singularité "la contestation et la tension qu'il a pu susciter", même si, tient-il à rappeler, une majorité d'élus et le président de la CTG sont favorables au projet... Alors, il place un cadre, celui proposé par le président de la République : "Exemplarité environnementale, acceptation démocratique et retombées économiques locales". Sa méthode c'est un dialogue avec les acteurs du territoire qu'il rencontrera ce semestre en Guyane, à commencer par les membres du grand conseil coutumier, avant de prendre une décision. Un référendum est-il possible ? "Une majorité serait-elle respectueuse des droits des peuples coutumiers ?" répond-il. Il répète les enjeux, les risques de drainage et de rupture de barrage et ce qu'il juge nécessaire le temps que le projet soit officiellement déposé : la réforme du code minier.

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