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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 06:20

Le conseil économique, social et environnemental prône l'autonomie énergétique renouvelableAssemblee-CESE.jpg

Le conseil économique, social et environnemen-

tal devrait adopter ce mercredi l’avis sur « les énergies renouvelables en outre-mer : laboratoire pour notre avenir ». Parce que la demande d’énergie va augmenter en outre-mer, il convient de maîtriser la consommation et de parvenir à l’efficacité maximum. « Il n’y a pas de hausse de niveau de vie sans hausse de la consommation d’énergie », explicite le président de la section des activités économiques, Jean-Louis Schilansky, par ailleurs représentant de l’Union française des industries pétrolières. Or, l’outre-mer est très vulnérable à la hausse des prix des énergies fossiles. « C’est donc un sujet stratégique et non pas exotique », insiste le président de la 3e assemblée, Jean-Paul Delevoye. Le projet d’avis  préconise donc de trouver de nouvelles énergies pour décupler la croissance en se mettant à l’abri des hausses de prix de l’énergie fossile. Le Polynésien, Patrick Galenon, rapporteur, a fait sa petite explication de texte devant Marie-Luce Penchard venue écouter, mardi après-midi, ce débat au palais d’Iéna. « L’outre-mer dépend à 90 % des énergies fossiles et, en Polynésie française, le pétrole est le plus cher du monde ! » Ca, c’est pour le constat (« 40 % pour la Guyane à quasiment 100% pour Saint-Pierre-et-Miquelon », précision de la ministre. Les pistes tiennent évidemment dans le développement des énergies renouvelables ainsi que le recommande le Grenelle de l’environnement qui prévoit que les outre-mer parviennent en 2020 à 50 % d’autonomie grâce à ces énergies (30 % à Mayotte). La Guyane y est déjà puisque l’hydroélectricité produit 56 % de ses besoins, la Guadeloupe (30 %) avec la géothermie), la Réunion (34 %), la Polynésie (24,4 %) et la Nouvelle-Calédonie (23,5 %) avec l’hydraulique s’en approchent. Bancs-outremer.jpg« Il est temps que l’on s’y mette, insiste Patrick Galenon, l’Allemagne et le Danemark sont devant nous ! Et l’outre-mer a plus d’atout que la métropole pour y arriver. »  Les conseillers proposent donc de renforcer la recherche-développement dans le domaine du stockage, la mise en place de prototypes et de réseaux électriques intelligents en favorisant la coordination avec ce qui se fait dans l’Hexagone (ADEME, Région Bretagne ou PACA). Il convient aussi d’améliorer les dispositifs de financement, de réfléchir sur la contribution au service public de l’électricité, de maintenir les tarifs d’achat spécifiques et d’apporter une aide fiscale. Sur ce point, nombre des groupes qui se sont exprimés hier dans l’hémicycle ont regretté les attaques faites au photovoltaïque par le gouvernement pour cause d’effet d’aubaine. Ils plaident pour un système plus vertueux pour cette énergie « illimitée et déconcentrée ». Le CESE propose aussi d’améliorer la gouvernance et le rôle des collectivités pour obtenir un « mix énergétique efficace ». A partir de là, l’outre-mer pourrait constituer le laboratoire du mix énergétique national. Reste qu’il faut des moyens. Pour la seule Polynésie française, il en coûterait 140 milliards fCFP pour arriver à 50 % d’autonomie en 2020 !

FXG (agence de presse GHM)

 


Ressources existantes et potentiel

 

Patrick-Galenon-tribune.jpgMartinique

La politique énergétique de la Martinique repose sur le schéma de développement économique et l’Agenda 21. Les économies d’énergie en sont le premier enjeu puis le développement des énergies renouvelables dans un contexte d’interconnexion avec les autres îles de la région. Quelques projets de recherche en géothermie ont été lancés (notamment dans la plaine du lamentin. De nombreux projets photovoltaïques sont envisagés pour porter très au-delà des 3 MW actuels. Mais il y a un problème de stockage par rapport à la capacité d’absorption d’EDF. Un plan climat énergie piloté par l’ADEME depuis 2009 vise à tradure le Grenelle de l’environnement en termes locaux. Les besoins de la Martinique en électricité sont de 125 MW en 2012 et seront de 250 en 2020.

Guadeloupe

Le schéma d’aménagement et de développement, Nouvelle-Calédonie 2025 s’inscrit dans la suite du comité territorial pour la maîtrise de l’énergie de 1981 tandis que le territoire a créé en 2008 un comité permanent de l’énergie. La maîtrise de la demande est la première préoccupation dans les transports et l’habitat. Les gisements exploitables d’énergie renouvelable sont estimés à 300 MW pour le solaire. Ainsi la centrale d’Helios bay à 40 Km de Nouméa, avec 17 000 m2 de capteurs, soit 9650 panneaux est en mesure d’assurer l’énergie de 1000 foyers par an. Le gisement éolien représente 100 MW et l’hydraulique 70 MW. Les autres techniques ne sont pas assez avancées pour avoir fait l’objet d’investissements. En 2010 le schéma énergie et climat vise à rationaliser les consommations d’énergie et au développement du renouvelable. Une nouvelle programmation pluriannuelle de production d’électricité et de chaleur est en cours d’élaboration. La PPI 2015 prévoyait 15 MW en hydroélectricité, 18 MW en photovoltaïque, 42 MW en éolien, 210 MW en charbon pour un total de 285 MW.

 


Les mesures gouvernementales

 

MLP-Jean-Jouis-Schilansky-CESE.jpgMarie-Luce Penchard a rappelé les mesures existantes prises pour l’ensemble des énergies renouvelables: « le tarif d’achat de l’électricité géothermique a été relevé à 130 €/Mwh, et un comité national de la géothermie a été crée. ; le gouvernement a valorisé les déchets de l’exploitation de la canne à sucre : la bagasse est désormais utilisée comme biomasse pour produire de l’énergie, ce qui a  revalorisé ‘exploitation de la canne pour les planteurs ; l’ADEME a lancé plusieurs appels d’offres, dont un appel d’offre éolien spécifique à l’outre-mer ou un appel à projet pour les énergies marines ; les investissements d’avenir permettent un financement majeur de la recherche dans ces domaines : l’énergie thermique des mers, avec le projet de DCNS en Martinique, ou le projet de réseau intelligent MILLENER à La Réunion en sont la preuve. »


Interview

Patrick Galenon, rapporteur de l’avis

Patrick-Galenon.jpgEn quoi l’outre-mer est une vitrine en matière d’énergies renouvelables alors que l’Europe est en pointe ?

L’Europe est en pointe pour le photovoltaïque et un peu avec les éoliennes, mais pas avec l’énergie thermique des mers, la géothermie aux Antilles ou le bois en Guyane ! C’est une vitrine d’abord parce que nous n’avons pas le choix de l’énergie nucléaire. Voilà pourquoi la technologie d’outre-mer pourra se développer en Europe.

Le photovoltaïque a fait l’objet d’un coup de rabot concernant sa défiscalisation, quel est l’avis du Conseil économique, social et environnemental ?

Il y a eu un coup de frein à cause des effets d’aubaine ; certaines entreprises ont profité de la situation mais au niveau local, nous avons constaté que pour des populations isolées, que ce soit en Guyane ou en Polynésie française, le photovoltaïque est nécessaire. De ce côté-là, on peut trouver des perfectionnements en renforçant la recherche-développement.

Quel est le territoire le plus en pointe et quel celui qui accuse le plus grand retard ?

La Réunion semble le plus en pointe avec ses relations avec l’ADEME et les réseaux scientifiques. La Polynésie n’est pas mal placée et Mayotte est un peu en retard.

Et la Nouvelle-Calédonie, comment s’en tire-t-elle ?

La Calédonie est bien placée avec l’hydroélectricité. Et puis la Calédonie est le 2e lagon le plus important du monde et lagon signifie énergie thermique des mers, beaucoup de possibilités…

Et la Guadeloupe et la Martinique ?

En Guadeloupe, c’est surtout la géothermie, et en Martinique, c’est plutôt la canne à sucre avec la bagasse.

Propos recueillis par FXG


Remi-louis Budoc, conseiller de la Guyane

Remi-Louis-Budoc.jpgCe rapport montre qu’avec 56 % d’énergie hydraulique, la Guyane est une locomotive…

Oui, nous sommes une locomotive grâce à ce barrage qui apporte une capacité énergétique très importante. Nous avons des perspectives en termes de biomasse pour avoir une substitution au dispositif fossile actuel.

L’autonomie énergétique est-elle possible ?

Oui et nous pouvons même envisager une baisse de la consommation énergétique pour la population guyanaise.

Vous êtes au-delà des 50 % d’autonomie énergétique, quel est l’objectif final ?

Avec nos projets de développement, je pense que la Guyane va certainement, dans les dix prochaines années, augmenter son autonomie et atteindre l’intégralité d’ici vingt ans. On est vraiment dans un projet de substitution aux importations de carburants qui posent problème avec la question du prix à l’international et de ses répercussions locales. Les énergies renouvelables sont une stratégie de réponse.

A quoi roulerons les voitures dans vingt ou trente ans ?

On ne sait pas encore. Mais au Brésil, il y a des dispositifs de substitution notamment dans l’Etat voisin d’Amapa. Rien ne dit que la Guyane ne puisse avoir une stratégie semblable sur le plateau des Guyanes, y compris avec le Suriname.

Propos recueillis par FXG

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 06:19

Le Figaro fait de la retape pour MLP

Un écho du Figaro (8 juillet) fait de Marie-Luce Penchard une championne  toute catégorie en annonçant qu’elle est parvenue à réunir « près de 2 000 personnes dans le cadre de son club politique Génération Vérité ». La réunion qui avait lieu au Jardin d’eau à Goyave n’a pas rassemblé plus de 2 à 300 personnes selon notre confrère Nicomède Gervais de France-Antilles qui était sur place. Un chiffre qui égale celui annoncé aussi par le Figaro de « 300 rassemblés par Lurel pour son ami François Hollande ». Rappelons qu’il faut remonter au déplacement de Jacques Chirac en 2002 pour retrouver de tels chiffres de fréquentation, car 2 000, c’est même mieux que pour Sarkozy en 2006.

FXG (agence de presse GHM)

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 06:12

Lecture politique de 1807, roman historique d’Yves Jégo

L’ancien secrétaire d’Etat à l’Outre-mer publie aux éditions Timée un roman historique bâti autour de l’empereur Napoléon à Venise. Une métaphore que nous avons tenté de traduire en langage actuel !

1e1807.jpgAprès un premier roman historique, 1661, où Louis XIV s’apprête à gouverner sans Mazarin, Yves Jégo sort 1807, un roman dans lequel il s’offre une trame à suspense autour de l’empereur Napoléon 1er, et où il en profite pour vanter le Brie de sa commune… Victime de plusieurs tentatives d’assassinat, l’empereur ne semble, en cette année 1807, que songer à une descendance que l’impératrice Joséphine ne lui a pas donnée… « La vie, le ton, l’élan des meilleurs romans historiques », écrit Alain Decaux de l’Académie française… Et pourtant quand un homme politique se lance dans le roman, on a envie de percer à jour la métaphore. L’action se passe dans un outre-mer insulaire et chimérique, Venise. Eugène de Beauharnais, fils de Joséphine et vice-roi d’Italie semble embarrassé de l’arrivée de l’empereur dans la cité des doges. L’empereur n’est-il pas aussi l’homme des coups secrets avec son ministre de la police, l’abbé Fouché (ou le cardinal Guéant !), toujours dans l’ombre, son maréchal Joachim Murat, distant et ambitieux. Fillon ?

Lignage contre profitation

Eugène de Beauharnais semble être mal à l’aise comme un préfet Nicolas Desforges en Guadeloupe à l’heure du LKP et de la crise sociale ! L’empereur est fasciné par les recherches sur les armes nouvelles et semble se soucier comme d’une guigne de ceux qui veulent attenter à sa vie. Il y a, à Venise, une belle femme charismatique, Lucrezia Gradenigo et la confrérie du lion qui réunit les descendants des vieilles familles qui rêvent encore de l’indépendance de leur cité autrefois riche et prospère. Ils sont organisés pour faire tomber l’empereur, une sorte de lignage contre la profitation impérialiste. C’est vrai que le fameux arsenal des Vénitiens semble désormais condamné… Lucrezia serait un pendant féminin d’Elie Domota ! Eugène s’est compromis avec la belle Vénitienne et l’empereur a failli mourir par sa faute. « Mes errements restent des plaies ouvertes », confesse-t-il à l’empereur… « Je constate que vous reconnaissez vos faiblesses », lui répond ce dernier. Le vice-roi tremble pour sa couronne, mais aussi pour sa mère. Car l’empereur sait, écrit Yves Jégo, que « désormais, il ne lui restait plus qu’à épouser un ventre pour consolider l’alliance sur les ennemis d’hier et garantir l’avenir de l’empire ». Napoléon ne sait pas encore qu’il épousera Marie-Louise d’Autriche en décembre 1809, mais il pense déjà à se séparer de Joséphine de Beauharnais, de même que Nicolas Sarkozy n’a pas décidé tout de suite de renvoyer son secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Yves Jégo, pour nommer à sa place une Ultra-marine, fille d’une ancienne ministre de l’ancien régime… Mais, l’auteur nous prévient que si l’empereur a échappé à une mort violente par empoisonnement à Venise (Lucrezia avait manipulé en ce sens Eugène), sa langue a quand même eu le temps d’être en contact avec le breuvage maudit. Le poison est instillé même s’il mettra encore 14 ans avant de terrasser Napoléon 1er… D’ailleurs le roman s’achève par l’envoi de Murat en Espagne, le début de la fin de l’épopée napoléonienne. C’est une forme de revanche littéraire pour Yves Jégo.

FXG (agence de presse GHM)

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 06:17

280 stagiaire du SMA sur les Champs-Elysées

280 jeunes issus des sept régiments ou groupement du service militaire adapté ouvrent le défilé du 14 juillet à Paris.

defile-SMA.jpgC’était une promesse de Nicolas Sarkozy. Pour l’année des Outre-mer français, des représentants des sept régiments ou groupement de service militaire adapté ouvriront le défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Elysées. Le déplacement de ces jeunes stagiaires ou volontaires comprend deux séquences. La première aura lieu le mercredi 13 juillet au ministère de l’Outre-mer en présence de Gérard Longuet, ministre de la Défense, de Marie-Luce Penchard, ministre de l’Outre-mer, mais aussi du chef d’état-major des armées, d’élus ultramarins et d’anciens combattants d’outre-mer (une quinzaine) qui ont accepté l’invitation du président de la République pour assister, depuis la tribune présidentielle, au défilé du 14. On annonce aussi la présence de la soprano guadeloupéenne Odile Rhino et d’une chorale venue de Capesterre-Belle-Eau (Guadeloupe) qui chanteront aussi le 14, avant le départ du défilé, le Chant des dissidents et la Marseillaise. Mais il s’agira ce mercredi d’abord et avant tout d’une prise d’armes avec une revue des troupes et une remise de décorations à l’occasion des cinquante ans du SMA. 1 000 personnes sont attendues pour cette cérémonie qui doit durer 30 à 40 minutes avant la signature du livre d’or et un pot républicain (une mini-garden party en quelque sorte). Mais en attendant, les 280 aspirants au défilé sont à l’entraînement tous les matins à 5 h 30 du côté de la Concorde. Ils s’essaient au pas cadencé sur le pavé parisien !

Sur les Champs-Elysées

Trois-jeunes-du-SMa-au-defile-guyane-polynesie-et-Reunion.jpgLe défilé du 14 juillet est organisé par le gouverneur militaire de Paris. Le thème officiel est l’Outre-mer. Avant le départ du défilé, la chorale et la soprano guadeloupéennes chanteront leurs deux titres, puis un groupe de soldats polynésiens appartenant  à différents régiments des armées donnera un aka spécialement créé pour l’occasion. C’est ce aka qui donnera le signal d’envoi du défilé avec le départ en tête des régiments des SMA accompagnés de leurs chefs de corps (Notons que le RSMA avait déjà participé au défilé du 14 juillet pour son quarantième anniversaire en 2001, mais pas en tête !). General-SMA-Artur.jpgDerrière eux, suivront les forces de défense de l’Outre-mer réparti en trois groupes, Atlantique, Pacifique et océan Indien). Le général Artur, patron du SMA a souligné aussi la présence de la Compagnie Bourbon qui regroupe les réservistes de la Défense de la Réunion. « Nous tenons beaucoup à mêler les jeunes du SMA aux soldats de l’active comme aux anciens combattants. » Une fois les ultramarins passés, le défilé tel qu’on le connaît avec l’ensemble des troupes nationales prolongera la parade. Il n’y aura pas de parachutistes en fin de défilé pour atterrir aux pieds des officiels mais une animation par les sapeurs pompiers de Paris qui fêteront pour l’occasion leur bicentenaire. Ils seront accompagnés de pompiers monégasques et chiliens. Les choses ne s’arrêteront pas avec la fin du défilé puisque dès 14 h 30, Marie-Luce Penchard et son nouveau collègue, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, Marc Laffineur, inaugurent, sur le terre-plein central de la place de la Nation (Paris 20e), un village du SMA. « Ce sera d’ailleurs plus qu’un simple village SMA, indique le général Artur, puisque, grâce à la présence des comités du tourisme des collectivités d’outre-mer et la présence de l’agence de mobilité (LADOM), ce sera un vrai spot consacré à l’outre-mer. »

FXG (agence de presse GHM)


Ils défilent sur les Champs-Elysées

Stella Nakeaetou, volontaire aide-moniteur au GSMA de la Polynésie française, originaire des Marquises, 26 ans

stella-nakeaetou.jpgComment êtes-vous entrée au GSMA ?

J’avais beaucoup d’amis au GSMA dont une cousine stagiaire en restauration. C’est par elle que je suis entrée comme stagiaire en 2006. J’ai passé mon permis de conduire, mon PI (certificat de première intervention en cas d’incendie) et mon PS1 (certificat de premiers secours). Cette fois, je suis volontaire technicienne, c’est-à-dire aide-moniteur en restauration ; j’enseigne le service en salle.

La formation militaire ne vous a pas effrayée ?

L’avantage du GSMA, c’est la rigueur et le fait d’être en cohésion, d’appartenir à un groupe soudé. C’est une bonne base pour le travail que d’apprendre la rigueur et la ponctualité. Avec le GSMA, pas question d’être fiou !

Qu’avez-vous ressentie après votre sélection pour le défilé ?

Quand j’ai appris ma sélection pour défiler le 14 juillet, j’étais contente ! Les Champs-Elysées, ça n’est pas n’importe quoi !

Que ferez-vous après le SMA ?

Après le 14 juillet, je vais rester au GSMA ; on m’a proposé un poste d’engagé volontaire pour être moniteur à part entière, un contrat de cinq ans.

Propos recueillis par FXG


Djamal Madi, stagiaire du SMA, originaire de Saint- Denis de la Réunion, 20 ans

djamal-madi.jpgComment êtes-vous entré au SMA ?

Après le collège, quand je suis parti au lycée, j’ai choisi une filière mécanique, j’ai échoué à mon examen de BEP alors je me suis renseigné et on m’a présenté le RSMA. J’y suis entré et j’ai choisi le métiers du froid et de la climatisation.

L’aspect militaire de la formation ne vous a-t-il pas effrayé ?

Au début, je me suis demandé comment j’allais faire parce que je pensais que la formation en milieu militaire serait difficile… Puis, je me suis rendu compte que c’était un vrai bien pour moi parce qu’on m’a appris plein de choses, le savoir-être, le savoir-vivre en collectivité et maintenant, je suis fier.

Savez-vous pourquoi vous avez été sélectionné ?

Quand mon chef de section m’a appris que j’avais été sélectionné pour venir défiler sur les Champs-Elysées, j’ai été surpris mais ça a été une vraie fierté. Je me suis demandé pourquoi un moment, mais je pense que je le mérite. Par rapport aux autres stagiaires, je suis calme…

Que comptez-vous faire après le SMA ?

Après le 14 juillet, j’aimerai venir continuer à me former en métropole pour avoir au moins un diplôme, niveau 5 minium et, pourquoi pas, aller plus loin. Quand j’ai fait mon stage en entreprise à la Réunion, on a voulu m’embaucher pour un contrat à durée déterminée mais j’ai réfléchi et je crois que je peux faire mieux avec un diplôme.

Propos recueillis par FXG


Emmanuel Larance, stagiaire au SMA de Guyane, originaire de Matoury, 20 ans

e-larance.jpg« Je suis entré au RSMA parce que je n’avais pas encore de diplôme et que je voulais travailler. Ma sœur était passée par le SMA et elle m’a donné les dossiers… Donc j’y suis entré et j’ai eu un diplôme ! J’ai fait une formation de magasinier. J’ai préféré me former que de rester assis car je suis quelqu’un de très actif. Maintenant, se retrouver à Paris, défiler devant le président de la République et les Français sur les Champs-Elysées, représente beaucoup de bonheur pour moi. Je vais représenter la Guyane ! Ce n’est pas tous les jours qu’on peut le faire ! Il y a des personnes gradées au RSMA qui ne pourront pas le faire… Après le 14 juillet, je rentre à Cayenne où j’ai été embauché pour un contrat à durée indéterminée. »


Le défilé

10h00 : Arrivée du Président de la République sur la Place de l’Etoile, et descente de l’Avenue des Champs Elysées

10h20 : honneurs rendus au Chef de l’Etat par la Garde Républicaine (Place de la Concorde)

10h25 : animation d’ouverture consacrée à l’année des Outre mer

10h40 : début du défilé aérien composé de 54 appareils dont 9 Alphajet de la Patrouille de France

10h45 : début du défilé des troupes terrestres (5035 hommes et femmes à pied)

11h15 : début du défilé des troupes montées et motorisées (241 chevaux, 82 motos et 275 véhicules)

11h30 : défilé aérien de clôture, défilé de 30 hélicoptères

11h35 : animations de clôtures assurées par la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris

11h40 : départ de Nicolas Sarkozy


France Ô propose une programmation spéciale 

Mercredi 13 juillet 

19h00 – 19h15 : JT Infos soir spécial avec sujet présentant le RSMA (Régiment du service militaire adapté en outre-mer)

Jeudi 14 juillet

De 8h40 à 9h50 : Emission Spéciale en direct des Champs Elysées. Au milieu des troupes françaises que le gouverneur militaire de Paris va passer en revue, Marie Drucker retrouve sur place les militaires qui se préparent à défiler.

Des reportages de la rédaction rythmeront également cette matinée.

De 10h00 à 10h30 : Arrivée du président de la République française, Nicolas Sarkozy et revue des troupes.

De 10h35 à 12h15 : Défilé officiel et retransmission en direct du défilé, commentée par Marie Drucker, en compagnie de Pierre Servent, consultant militaire de France 2 et des représentants de toutes les armées.

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 12:48

Les francofolies de La Rochelle à la découverte des outre-merdominique-fillon-mj-alie.jpg

Pour la 7e année consécutive, la grande scène Saint-Jean d’Acre accueille, le 15 juillet, les Dom Tom Folies : 9 artistes de 9 territoires d’outre-mer réunis pour offrir le meilleur des musiques actuelles des Dom Tom. De Mayotte à la Martinique en passant par la Polynésie, Wallis et Futuna, St-Pierre et Miquelon, la Nouvelle Calédonie, la Guyane, le Guadeloupe et La Réunion, c’est une multitude de richesses musicales et vocales à découvrir. En partenariat avec France Ô, les artistes sont sélectionnés lors de 4 concerts publics qui font aussi l’objet d’émissions télévisuelles (9 semaines et un jour). Un jury national présidé par Laurent Voulzy désigne les 9 heureux élus qui seront aux Francofolies. Une belle mise en lumière des identités culturelles des territoires ultramarins. A noter que ces 9 artistes joueront en première partie de Danakil, AsaBen l'Oncle Soul et Tiken Jah Fakoly sous la direction musicale de Dominique Fillon (photo), le petit frère du Premier ministre.

FXG (agence de presse GHM)


Les lauréats 2011 de DOM TOM FOLIES

Réunion : Carlo de Sacco

Mayotte : Zainouni

Sain-Pierre et Miquelon : Dode

Guyane : Prince Koloni

Guadeloupe : Krysstal

Martinique : Factor Will

Wallis : Sagato Tuiseka

Polynésie : Vaiteani

Nouvelle Calédonie : Henri Gorohuna

 

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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 07:03

Le CSA signe la charte de la diversité

Rachid Arhab et Alain Méar, membres du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) signent un rapport « moyen » sur la diversité dans les médias.

Arhab-mear-boyon-Pfimlin-Bourges.jpg

Rachid Arhab, Alain Méar, Michel Boyon, Rémi Pfimlin et Hervé Bourges, tous anciens de la télé, anciens du CSA ou des deux !


Après avoir poussé en un an 16 médias et chaînes de télé à signer la charte de la diversité, le CSA est devenu hier le 3300e organisme ou entreprise signataire depuis sa création en 2004. Cette signature s’est faite au moment où les conseillers Alain Méar et Rachid Arhab, doivent remettre à l’Assemblée nationale leur rapport sur la représentation de la diversité dans les médias. « La moyenne globale pour la diversité des origines reste de 13 %, sans évolution. La surreprésentation des personnes perçues comme blanches dans les rôles de héros est systématique », selon le rapport. Rachid Arhab ajoute : « Mais il y a des mieux psychologiques. » Les deux rapporteurs notent « une démarche organisée en vue d’améliorer la représentation de la diversité ». Mais il y a les mauvais élèves : Mear-et-conseillers-diversite.jpgDirect 8 n’a pas adopté sa charte d’éthique professionnelle pour l’ensemble des médias Bolloré ; TF1 doit poursuivre son plan de sensibilisation des journalistes  des services de production ; NRJ 12 n’a pas amélioré la représentation des femmes dans les JT…  Les cadres supérieurs restent les plus représentés avec 85 % tandis que France 2 est à 18 % de représentation de la diversité, Canal + 16 %, France 4, TMC et TF1, 14 %. M6 24 % dans ses programmes d’information… Les personnes perçues comme handicapées sont quant à elles toujours très peu représentées.

Les chaînes s’engagent

Arhab-Mear-pupitre.jpgLa fiction sur France 2 est à 23 % et à 19 sur France 3 (effet Plus belle la vie ?). Certaines chaînes ont souscrit des engagements. Gulli, pour ouvrir à la diversité toute sa chaîne de production, programmation, TMC pour l’animation des émissions, ITélé et BFMtv poursuivront leurs efforts ; Direct Star promet de mettre plus de clips et de documentaires « offrant une forte visibilité aux personnes perçues comme non blanches » ; France TV a mis en place la mission consacrée à l’année des outre-mer avec la délocalisation de deux émissions par chaînes du bouquet public, »des émissions phares, des numéros événementiels ». Le bilan du baromètre de la diversité (Ifop, décembre 2010) que détaille ce rapport est institutionnalisé, pérennisé « jusqu’au jour où l’on en aura plus besoin », crut bon de préciser Michel Boyon, le président du CSA.

FXG (agence de presse GHM)Herve-Bourges-Kag-Sanoussi-Michel-Boyon-Rachid-Arhab.jpg

Charte et baromètre de la diversité

Kag SanoussiLa charte fédère des entreprises sensibilisées à « la non-discrimination et à la promotion de la diversité », selon Kag Sanoussi, secrétaire général de la charte de la diversité depuis janvier 2010. Les entreprises signataires répondent chaque année font connaître leurs actions concernant six types engagements énoncés dans la charte. Sur la base de ces réponses, le secrétariat général de la Charte publie une étude sur l’avancement des entreprises signataires. Depuis 2010, cette remontée d’information est obligatoire.

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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 05:37

 

Un dispositif d’aide régional au transport entre Paris et les DOM

La commission permanente de la Région Ile de France a adopté un amendement émanant du Guadeloupéen Patrick Karam relatif à la continuité territoriale. Ce dispositif concerne les personnes domiciliées en Ile-de-France, en cas de décès d’un parent direct (ascendant ou descendent ou membre de la fratrie). Une aide est leur attribuée sous réserve de justification et sous condition de ressources. La Région a décidé en outre de mettre en place une aide pour permettre aux plus modestes des Franciliens issus de l’outre-mer de préserver des liens avec leur famille. Cette aide s’adresse aux Franciliens ultra-marins dont les parents sont nés et résident outre-mer. Elle consiste en la prise en charge d’un tiers du prix du billet d’avion aller et retour selon les conditions et dans la limite d’un nombre de places fixés en concertation avec les compagnies aériennes concernées. Le dispositif est réservé aux personnes justifiant n’avoir pu se rendre sur le territoire concerné pendant une période d’au moins 10 ans et sous condition de ressources de la personne et de ses parents. Les plafonds de ressources pris en compte pour l’éligibilité aux dispositifs mentionnés aux articles 4 et 5 sont ceux utilisés pour la prise en charge des dispositifs de continuité territoriale mis en place par l’Etat. Les dispositifs ainsi proposés rejoignent ceux mis en place par l’Etat depuis 2004, dans le cadre de la politique de continuité territoriale du gouvernement, en particulier la dotation de continuité territoriale et le « passeport-mobilité » ainsi que le dispositif pour l’achat de billets d’avion dans des conditions et à des tarifs préférentiels connu sous le nom « billets Karam ». Dans les faits, la commission permanente a adopte le principe de mettre en place des reunions de travail aui devront mettre ca au point...

FXG

 


20 000 € pour les TAAC

Patrick Karam, conseiller régional UMP d’Ile de France a depose en commission permanente jeudi un amendement pour soutenir à hauteur de 40 000 € les Trophées des Arts Afro-Caribéens

La commission a dit ok pour 20 000. Depuis leur création en 2006, Patrick Karma a toujours soutenu les Trophées des arts afro-Caribéens. Il avait d’ailleurs reçu le trophée d’honneur en 2007. Franck Anretar, président des TAAC, ne s’était pourtant jusqu’alors pas privé de critiquer son bienfaiteur !

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 07:00

Fosse piste Chéreau à Avignon

23 ans après, Patrice Chéreau revient sur les planches d’Avignon avec I am the wind de Jon Fosse.affiche du theatre de la ville

Tom Brooke, l’Un, et Jack Laskey, l’Autre... (Photo extraite de l'affiche éditée pour le Théâtre de la Ville)

 


I am the wind (je suis le vent) du Norvégien Jon Fosse est un objet théâtral rare et précieux… Le langage prend vie, là sous nos yeux ;le spectacle montre les mécanismes de la naissance du langage, quand les corps prennent langues, quand les langues prennent corps. Quelque chose se joue ici, quelque chose d’important qui a trait à la mort, au naufrage, aux rochers qui fracassent. L’océan, une barque et deux comédiens, Tom Brooke joue l’Un, et Jack Laskey l’Autre. Richard Peduzzi, le décorateur attitré de Patrice Chéreau, a posé une barque ou peut-être un radeau sur la mer en suivant les indications d’une didascalie donnée au début de la pièce :  « Je suis le vent se joue dans un bateau imaginaire et à peine suggéré… Les actions sont également imaginaires et ne doivent pas être exécutées, mais suggérées » (Jon Fosse, édition de l’Arche).

En anglais (surtitres disponibles mais pas indispensables), avec un corpus de mots réduits à 2 ou 300 et la diction distincte et britannique de Brooke et Laskey, entendre dire « I did it » sonne et prend sens aux oreilles. Une question et une seule : "Pourquoi tu l’as fait". On ne saura jamais ce que l’Un a fait même si l’Autre en dessine les contours sans en révéler le fonds. Après la création de Rêve d’automne, du même Jon Fosse en décembre dernier, au Théâtre de la Ville à Paris, et la mise en scène de La nuit juste avant les forêts, de Bernard-Marie Koltès, avec Romain Duris (trois mois complets au théâtre de l’atelier cet hiver), Patrice Chéreau signe là son grand retour à Avignon. En 1 heure 10, il rattrape 23 ans d’absence. Sa mise en scène est chirurgicale, incisive, sertie. Il sert le texte, sertit les mots de Jon Fosse comme s’il sculptait un diamant. Il faut les travailler les mots pour qu’ils prennent leur sens… « Je l’ai fait, oui je l’ai fait... », écrit Jon Fosse, Chéreau sculpte, dépouille les acteurs qui, avec peu, signifient beaucoup. Chéreau réussit une  vraie transfiguration théâtrale, un mouvement abstrait. « Ce mouvement est une des composantes les plus importantes de la pièce. Cela est très lié avec le rythme du dialogue, indique l’auteur (interviewé par Caridad Svich).

Patrice Chéreau et Thierry Thieù Niang ont créé « I am the wind » au Young  Vic à Londres au début de l’année. Après le Théâtre de la Ville de Paris en juin, la pièce est programmée dans la cour du lycée Saint-Joseph au Festival d’Avignon, du 8 au 12 juillet, à 22 heures.

FXG avec RDG

 

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 06:09

Perben vient contrer Hollande

L’ancien ministre de l’Outre-mer du gouvernement Juppé (1995-1997), Dominique Perben, désormais secrétaire national outre-mer à l’UMP, a réagi aux propos tenus par François Hollande dans nos colonnes. Notamment sur le grand emprunt au sujet duquel il écrit : « A l’entendre nous expliquer sans blaguer que "le grand emprunt concerne très peu, pour ne pas dire pas du tout, l'Outre-mer", on se dit vraiment qu’il aurait dû relire ses notes ! Et le projet « laboratoire d’excellence » intitulé CORAIL en Polynésie ? Et le projet portant sur la biodiversité amazonienne en Guyane ? Et les projets d’internat d’excellence à Maripasoula et à Fort-de-France ?…M. Hollande a-t-il besoin qu’on lui rappelle les montants ? »

C’aurait été effectivement une bonne idée qu’il rappelle ces montants à défaut de François Hollande… Quant au budget de l’Outre-mer, Dominique Perben assure qu’ils sont en « sensible augmentation depuis le début du quinquennat ». Nos chiffres donnent 1,86 milliards d’euros de crédits de paiement pour 2007, 1,73 milliards en 2008, 1.87 milliards en 2009, 2 milliards en 2010 et 1,94 milliards en 2011. Ceux du ministère de l’Outre-mer : 1,54 M€ en crédits de paiement en 2007 contre 1,97 M€ en 2011.

Quant à la défiscalisation, écrit M. Perben, «  l’élu de la Corrèze oublie de rappeler aux Antillais qu’elle a permis de doubler le nombre de logements financés passant de 3500 à 6500 au 31 décembre 2010, excusez du peu ! » En fait, il y a eu 20 M€ dépensés en 2010 selon loi de règlement (avec une LBU à 200 M€).

FXG (agence de presse GHM)

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 04:49

 

ITW de Fabrice Eboué et Thomas Ngijol, réalisateurs et comédiens de Case départ

« L’idée n’était pas de rire des esclaves mais s’intéresser au décalage philosophique »

Case-depart-8.jpg« Case départ » sort mercredi 6 à Paris (le 17 juillet aux Antilles). Il pourrait, et mériterait, d’être le carton de l’été au cinéma. Comme Roberto Benigni dans « La vie est belle », Fabrice Eboué et Thomas Ngijol ont choisi la comédie pour s’attaquer à un sujet dramatique, l’esclavage. C’est une première.

Le film n’est pas un enchaînement de sketches. Il a un véritable scénario. Sans concession pour les uns et les autres, il raconte l’histoire deux frères antillais. L’un essaie d’être plus blanc qu’un Blanc pour s’intégrer. L’autre, « racaille de banlieue », se victimise pour ne rien faire. Transportés dans le passé après avoir déchiré l’acte d’affranchissement de leurs ancêtres, ils se retrouvent esclaves… Interview.

 

Pourquoi n’avez-vous pas lancé le film depuis les Antilles ?

Fabrice Eboué : Pour une raison pratique. Ce n’était pas possible d’un point de vue emploi du temps.

Thomas Ngijol : Il y a aussi eu des raisons liées au tournage… (voir encadré)

 Selon vous quel impact aura-t-il ?

Fabrice Eboué : Le premier objectif est de faire rire et de rassembler un maximum de monde dans les salles. Ensuite, il y a le fond du film. Nous voulions parler des questions qui commencent à nous empoisonner en revenant en permanence sur le devant de la scène : intégration, immigration, quotas. Passer par cette période douloureuse était plus facile pour mettre le présent en lumière. L’idée était d’aller plus loin dans la douleur pour parler des petites choses d’aujourd’hui.

Case-depart-7.jpgVous pensez que ces questions sont plus dans l’actualité qu’il y a quelques années ?

Fabrice Eboué : Elle parle d’elle-même. Il y a Marine Le Pen, l’extrême droite décomplexée. Ensuite, tous les dérapages de Claude Guéant, Brice Hortefeux ou Nicolas Sarkozy. Avec l’histoire des quotas, on est quasiment revenus à la classification ethnique. On a l’impression que les deux prochaines élections vont se jouer sur ces questions.

Nicolas Sarkozy voulait tourner la page de la repentance, trop importante sous Chirac. Vous, vous pensez qu’il faut passer par-là ? Regarder l’histoire en face pour avancer ?

Fabrice Eboué : C’est le drame de la France. Au lieu d’être capable de dire « il s’est passé ça et ça dans le passé », on préfère faire des grands discours en disant que l’Afrique n’est jamais entrée dans l’histoire. Thomas et moi avons grandi avec des parents infirmier, sociologue ou médecin. Ils ont eu une rancœur envers ce pays. Il est important que le passé soit clair pour pouvoir faire table rase. Sinon les choses ne peuvent pas évoluer, certains ont de l’amertume, d’autres s’en servent comme alibi.

Y a-t-il une nouvelle forme de racisme ?

Fabrice Eboué : Nous sommes plutôt dans l’air de la discrimination. Racisme est peut-être un mot trop violent aujourd’hui. Sinon on ne fait plus de différences avec des gens qui ont pu être fouettés et traités de sale nègre. La discrimination est plus sournoise. Finalement, je préfère qu’on me dise « sale nègre » plutôt qu’on me refuse un emploi ou un appartement. Au moins, je sais à qui j’ai affaire. La discrimination empêche l’intégration.

Case-depart-15.jpgDes scènes ont-elles été difficiles à tourner pour les acteurs noirs ou blancs ? Y a-t-il eu de la gène ?

Fabrice Eboué : Oui, la scène du marché. L’acteur qui jouait le vendeur d’esclaves nous disait : « Les gars, ça me fait vraiment bizarre ». Il était entouré de Noirs enchaînés. Il y avait un petit malaise, surtout que nous avons joué sur un ancien marché. C’était comme revenir deux cents ans en arrière.

Thomas Ngijol : Il n’y a pas vraiment eu de gène entre acteurs. Plus avec les figurants cubains.

Fabrice Eboué : Ils vivent la misère au quotidien dans un pays qui a connu l’esclavagisme. La scène de la cale du bateau avec les Noirs enchaînés a été très forte.

 Vous avez pris parti de rire sur un thème extrêmement sérieux comme dans Papa Schultz ou La vie est belle

Thomas Ngijol : On ne voulait pas rire de l’esclavage. Mais on rigole plus facilement de choses dramatiques. L’histoire nous a aussi permis de pointer du doigt la vie de deux mecs.

Fabrice Eboué : L’idée n’était pas de rire de l’époque ou de la douleur des esclaves. Nous étions intéressés par le décalage philosophique. On voit un mec essayer de faire le « caniche rose » et qui comprend tout d’un coup qu’à l’époque c’est un nègre et point barre.  

Case-depart-4.jpgJustement, pouvez-vous décrire vos personnages…

Fabrice Eboué : Régis est une sorte de Brice Hortefeux noir. Il est allé au-delà de l’intégration. Il a totalement rejeté sa négritude et ses origines antillaises. Son mal-être se traduit par une certaine agressivité dès qu’il croise quelque chose d’un peu coloré…

Thomas Ngijol : Joël est un peu une racaille bête et méchante. Il est dans une posture victimaire. Il pense qu’il ne trouve pas de boulot ou qu’il est contrôlé dans le bus parce qu’il est noir… En fait, c’est surtout une excuse pour ne rien faire.

Fabrice Eboué : C’est un film sans complaisance. Ce n’est pas les gentils Noirs maltraités par les méchants Blancs. On voit dès le début que les deux personnages sont des c…, en fait, plutôt des gars perdus.

Vous en croisez souvent des gens comme ça ?

Thomas Ngijol : Ca arrive. Moi-même, je suis passé par là. On passe toujours par une phase entre Régis et Joël. A Maisons-Alfort, j’ai croisé de vrais Régis et de vrais Joël. Ces personnages sont proches de nous, de nos familles. D’ailleurs, si le film ne marche pas, ce sera parce qu’on est noir ! (rire).

Les Etats-Unis ont beaucoup de grands acteurs noirs. Ce n’est pas encore le cas en France. Pourquoi ?

Fabrice Eboué : parce qu’on nous propose uniquement de jouer le rôle d’un mari malien qui a trois femmes et treize enfants ou d’un facteur à l’accent créole. En France, le producteur demande systématiquement pourquoi tel acteur est noir. Il faut justifier le fait qu’il soit noir. Mais, ça commence à changer.

Propos recueillis par David Martin (Agence de presse GHM)


Clin d’œil à Victor Schoelcher

Max-baissette.jpgLe fils de l’esclavagiste du film porte pour prénom Victor. C’est un  hommage à Victor Schœlcher, père du décret d’abolition de l’esclavage de 1848. « Dans les salles, 90 % des gens ne s’en rendront pas compte. Pour les autres c’est un petit clin d’œil », souligne Fabrice Eboué. Le rôle est superbement joué par l'enfant Max Baissette de Malglaive.

Case-depart-7.jpgDes débouchés à l’étranger

Un film comique sur l’esclavage, c’est du jamais vu. On est loin d’Amistad de Spielberg. Lors du festival de Cannes, le monde du cinéma a été interpellé. « Il y a de belles perspectives à l’étranger », pronostique Thomas Ngijol.

Le précédent Kassovitz

Le contexte est différent, mais, en quelques mois, Case départ est le deuxième film français a avoir dû trouver un autre point de chute pour son tournage en raison des réticences locales. Mathieu Kassovitz voulait tourner à Ouvéa « L’ordre et la morale » (sortie prévue à la fin septembre), un film qui revient sur la dramatique prise d’otages de gendarmes et le tout aussi dramatique assaut de la grotte où s’étaient réfugiés les Kanaks. Il s’est rabattu sur la Polynésie française.

Les acteurs aux Antilles du 17 au 22 juillet

Fabrice Eboué et Thomas Ngijol se rendront en Martinique et en Guadeloupe pour la promotion de la sortie du film.

DM

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