Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

  • : le blog fxgpariscaraibe
  • : Caraibes, Antilles, Réunion, Outre-mer, Paris... Le blog des infos du 6e DOM, des gens originaires d'outre-mer à Paris politique economie culture justice société
  • Contact

Recherche

13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 06:12

Lecture politique de 1807, roman historique d’Yves Jégo

L’ancien secrétaire d’Etat à l’Outre-mer publie aux éditions Timée un roman historique bâti autour de l’empereur Napoléon à Venise. Une métaphore que nous avons tenté de traduire en langage actuel !

1e1807.jpgAprès un premier roman historique, 1661, où Louis XIV s’apprête à gouverner sans Mazarin, Yves Jégo sort 1807, un roman dans lequel il s’offre une trame à suspense autour de l’empereur Napoléon 1er, et où il en profite pour vanter le Brie de sa commune… Victime de plusieurs tentatives d’assassinat, l’empereur ne semble, en cette année 1807, que songer à une descendance que l’impératrice Joséphine ne lui a pas donnée… « La vie, le ton, l’élan des meilleurs romans historiques », écrit Alain Decaux de l’Académie française… Et pourtant quand un homme politique se lance dans le roman, on a envie de percer à jour la métaphore. L’action se passe dans un outre-mer insulaire et chimérique, Venise. Eugène de Beauharnais, fils de Joséphine et vice-roi d’Italie semble embarrassé de l’arrivée de l’empereur dans la cité des doges. L’empereur n’est-il pas aussi l’homme des coups secrets avec son ministre de la police, l’abbé Fouché (ou le cardinal Guéant !), toujours dans l’ombre, son maréchal Joachim Murat, distant et ambitieux. Fillon ?

Lignage contre profitation

Eugène de Beauharnais semble être mal à l’aise comme un préfet Nicolas Desforges en Guadeloupe à l’heure du LKP et de la crise sociale ! L’empereur est fasciné par les recherches sur les armes nouvelles et semble se soucier comme d’une guigne de ceux qui veulent attenter à sa vie. Il y a, à Venise, une belle femme charismatique, Lucrezia Gradenigo et la confrérie du lion qui réunit les descendants des vieilles familles qui rêvent encore de l’indépendance de leur cité autrefois riche et prospère. Ils sont organisés pour faire tomber l’empereur, une sorte de lignage contre la profitation impérialiste. C’est vrai que le fameux arsenal des Vénitiens semble désormais condamné… Lucrezia serait un pendant féminin d’Elie Domota ! Eugène s’est compromis avec la belle Vénitienne et l’empereur a failli mourir par sa faute. « Mes errements restent des plaies ouvertes », confesse-t-il à l’empereur… « Je constate que vous reconnaissez vos faiblesses », lui répond ce dernier. Le vice-roi tremble pour sa couronne, mais aussi pour sa mère. Car l’empereur sait, écrit Yves Jégo, que « désormais, il ne lui restait plus qu’à épouser un ventre pour consolider l’alliance sur les ennemis d’hier et garantir l’avenir de l’empire ». Napoléon ne sait pas encore qu’il épousera Marie-Louise d’Autriche en décembre 1809, mais il pense déjà à se séparer de Joséphine de Beauharnais, de même que Nicolas Sarkozy n’a pas décidé tout de suite de renvoyer son secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Yves Jégo, pour nommer à sa place une Ultra-marine, fille d’une ancienne ministre de l’ancien régime… Mais, l’auteur nous prévient que si l’empereur a échappé à une mort violente par empoisonnement à Venise (Lucrezia avait manipulé en ce sens Eugène), sa langue a quand même eu le temps d’être en contact avec le breuvage maudit. Le poison est instillé même s’il mettra encore 14 ans avant de terrasser Napoléon 1er… D’ailleurs le roman s’achève par l’envoi de Murat en Espagne, le début de la fin de l’épopée napoléonienne. C’est une forme de revanche littéraire pour Yves Jégo.

FXG (agence de presse GHM)

Partager cet article

Repost0
12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 06:17

280 stagiaire du SMA sur les Champs-Elysées

280 jeunes issus des sept régiments ou groupement du service militaire adapté ouvrent le défilé du 14 juillet à Paris.

defile-SMA.jpgC’était une promesse de Nicolas Sarkozy. Pour l’année des Outre-mer français, des représentants des sept régiments ou groupement de service militaire adapté ouvriront le défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Elysées. Le déplacement de ces jeunes stagiaires ou volontaires comprend deux séquences. La première aura lieu le mercredi 13 juillet au ministère de l’Outre-mer en présence de Gérard Longuet, ministre de la Défense, de Marie-Luce Penchard, ministre de l’Outre-mer, mais aussi du chef d’état-major des armées, d’élus ultramarins et d’anciens combattants d’outre-mer (une quinzaine) qui ont accepté l’invitation du président de la République pour assister, depuis la tribune présidentielle, au défilé du 14. On annonce aussi la présence de la soprano guadeloupéenne Odile Rhino et d’une chorale venue de Capesterre-Belle-Eau (Guadeloupe) qui chanteront aussi le 14, avant le départ du défilé, le Chant des dissidents et la Marseillaise. Mais il s’agira ce mercredi d’abord et avant tout d’une prise d’armes avec une revue des troupes et une remise de décorations à l’occasion des cinquante ans du SMA. 1 000 personnes sont attendues pour cette cérémonie qui doit durer 30 à 40 minutes avant la signature du livre d’or et un pot républicain (une mini-garden party en quelque sorte). Mais en attendant, les 280 aspirants au défilé sont à l’entraînement tous les matins à 5 h 30 du côté de la Concorde. Ils s’essaient au pas cadencé sur le pavé parisien !

Sur les Champs-Elysées

Trois-jeunes-du-SMa-au-defile-guyane-polynesie-et-Reunion.jpgLe défilé du 14 juillet est organisé par le gouverneur militaire de Paris. Le thème officiel est l’Outre-mer. Avant le départ du défilé, la chorale et la soprano guadeloupéennes chanteront leurs deux titres, puis un groupe de soldats polynésiens appartenant  à différents régiments des armées donnera un aka spécialement créé pour l’occasion. C’est ce aka qui donnera le signal d’envoi du défilé avec le départ en tête des régiments des SMA accompagnés de leurs chefs de corps (Notons que le RSMA avait déjà participé au défilé du 14 juillet pour son quarantième anniversaire en 2001, mais pas en tête !). General-SMA-Artur.jpgDerrière eux, suivront les forces de défense de l’Outre-mer réparti en trois groupes, Atlantique, Pacifique et océan Indien). Le général Artur, patron du SMA a souligné aussi la présence de la Compagnie Bourbon qui regroupe les réservistes de la Défense de la Réunion. « Nous tenons beaucoup à mêler les jeunes du SMA aux soldats de l’active comme aux anciens combattants. » Une fois les ultramarins passés, le défilé tel qu’on le connaît avec l’ensemble des troupes nationales prolongera la parade. Il n’y aura pas de parachutistes en fin de défilé pour atterrir aux pieds des officiels mais une animation par les sapeurs pompiers de Paris qui fêteront pour l’occasion leur bicentenaire. Ils seront accompagnés de pompiers monégasques et chiliens. Les choses ne s’arrêteront pas avec la fin du défilé puisque dès 14 h 30, Marie-Luce Penchard et son nouveau collègue, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, Marc Laffineur, inaugurent, sur le terre-plein central de la place de la Nation (Paris 20e), un village du SMA. « Ce sera d’ailleurs plus qu’un simple village SMA, indique le général Artur, puisque, grâce à la présence des comités du tourisme des collectivités d’outre-mer et la présence de l’agence de mobilité (LADOM), ce sera un vrai spot consacré à l’outre-mer. »

FXG (agence de presse GHM)


Ils défilent sur les Champs-Elysées

Stella Nakeaetou, volontaire aide-moniteur au GSMA de la Polynésie française, originaire des Marquises, 26 ans

stella-nakeaetou.jpgComment êtes-vous entrée au GSMA ?

J’avais beaucoup d’amis au GSMA dont une cousine stagiaire en restauration. C’est par elle que je suis entrée comme stagiaire en 2006. J’ai passé mon permis de conduire, mon PI (certificat de première intervention en cas d’incendie) et mon PS1 (certificat de premiers secours). Cette fois, je suis volontaire technicienne, c’est-à-dire aide-moniteur en restauration ; j’enseigne le service en salle.

La formation militaire ne vous a pas effrayée ?

L’avantage du GSMA, c’est la rigueur et le fait d’être en cohésion, d’appartenir à un groupe soudé. C’est une bonne base pour le travail que d’apprendre la rigueur et la ponctualité. Avec le GSMA, pas question d’être fiou !

Qu’avez-vous ressentie après votre sélection pour le défilé ?

Quand j’ai appris ma sélection pour défiler le 14 juillet, j’étais contente ! Les Champs-Elysées, ça n’est pas n’importe quoi !

Que ferez-vous après le SMA ?

Après le 14 juillet, je vais rester au GSMA ; on m’a proposé un poste d’engagé volontaire pour être moniteur à part entière, un contrat de cinq ans.

Propos recueillis par FXG


Djamal Madi, stagiaire du SMA, originaire de Saint- Denis de la Réunion, 20 ans

djamal-madi.jpgComment êtes-vous entré au SMA ?

Après le collège, quand je suis parti au lycée, j’ai choisi une filière mécanique, j’ai échoué à mon examen de BEP alors je me suis renseigné et on m’a présenté le RSMA. J’y suis entré et j’ai choisi le métiers du froid et de la climatisation.

L’aspect militaire de la formation ne vous a-t-il pas effrayé ?

Au début, je me suis demandé comment j’allais faire parce que je pensais que la formation en milieu militaire serait difficile… Puis, je me suis rendu compte que c’était un vrai bien pour moi parce qu’on m’a appris plein de choses, le savoir-être, le savoir-vivre en collectivité et maintenant, je suis fier.

Savez-vous pourquoi vous avez été sélectionné ?

Quand mon chef de section m’a appris que j’avais été sélectionné pour venir défiler sur les Champs-Elysées, j’ai été surpris mais ça a été une vraie fierté. Je me suis demandé pourquoi un moment, mais je pense que je le mérite. Par rapport aux autres stagiaires, je suis calme…

Que comptez-vous faire après le SMA ?

Après le 14 juillet, j’aimerai venir continuer à me former en métropole pour avoir au moins un diplôme, niveau 5 minium et, pourquoi pas, aller plus loin. Quand j’ai fait mon stage en entreprise à la Réunion, on a voulu m’embaucher pour un contrat à durée déterminée mais j’ai réfléchi et je crois que je peux faire mieux avec un diplôme.

Propos recueillis par FXG


Emmanuel Larance, stagiaire au SMA de Guyane, originaire de Matoury, 20 ans

e-larance.jpg« Je suis entré au RSMA parce que je n’avais pas encore de diplôme et que je voulais travailler. Ma sœur était passée par le SMA et elle m’a donné les dossiers… Donc j’y suis entré et j’ai eu un diplôme ! J’ai fait une formation de magasinier. J’ai préféré me former que de rester assis car je suis quelqu’un de très actif. Maintenant, se retrouver à Paris, défiler devant le président de la République et les Français sur les Champs-Elysées, représente beaucoup de bonheur pour moi. Je vais représenter la Guyane ! Ce n’est pas tous les jours qu’on peut le faire ! Il y a des personnes gradées au RSMA qui ne pourront pas le faire… Après le 14 juillet, je rentre à Cayenne où j’ai été embauché pour un contrat à durée indéterminée. »


Le défilé

10h00 : Arrivée du Président de la République sur la Place de l’Etoile, et descente de l’Avenue des Champs Elysées

10h20 : honneurs rendus au Chef de l’Etat par la Garde Républicaine (Place de la Concorde)

10h25 : animation d’ouverture consacrée à l’année des Outre mer

10h40 : début du défilé aérien composé de 54 appareils dont 9 Alphajet de la Patrouille de France

10h45 : début du défilé des troupes terrestres (5035 hommes et femmes à pied)

11h15 : début du défilé des troupes montées et motorisées (241 chevaux, 82 motos et 275 véhicules)

11h30 : défilé aérien de clôture, défilé de 30 hélicoptères

11h35 : animations de clôtures assurées par la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris

11h40 : départ de Nicolas Sarkozy


France Ô propose une programmation spéciale 

Mercredi 13 juillet 

19h00 – 19h15 : JT Infos soir spécial avec sujet présentant le RSMA (Régiment du service militaire adapté en outre-mer)

Jeudi 14 juillet

De 8h40 à 9h50 : Emission Spéciale en direct des Champs Elysées. Au milieu des troupes françaises que le gouverneur militaire de Paris va passer en revue, Marie Drucker retrouve sur place les militaires qui se préparent à défiler.

Des reportages de la rédaction rythmeront également cette matinée.

De 10h00 à 10h30 : Arrivée du président de la République française, Nicolas Sarkozy et revue des troupes.

De 10h35 à 12h15 : Défilé officiel et retransmission en direct du défilé, commentée par Marie Drucker, en compagnie de Pierre Servent, consultant militaire de France 2 et des représentants de toutes les armées.

Partager cet article

Repost0
11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 12:48

Les francofolies de La Rochelle à la découverte des outre-merdominique-fillon-mj-alie.jpg

Pour la 7e année consécutive, la grande scène Saint-Jean d’Acre accueille, le 15 juillet, les Dom Tom Folies : 9 artistes de 9 territoires d’outre-mer réunis pour offrir le meilleur des musiques actuelles des Dom Tom. De Mayotte à la Martinique en passant par la Polynésie, Wallis et Futuna, St-Pierre et Miquelon, la Nouvelle Calédonie, la Guyane, le Guadeloupe et La Réunion, c’est une multitude de richesses musicales et vocales à découvrir. En partenariat avec France Ô, les artistes sont sélectionnés lors de 4 concerts publics qui font aussi l’objet d’émissions télévisuelles (9 semaines et un jour). Un jury national présidé par Laurent Voulzy désigne les 9 heureux élus qui seront aux Francofolies. Une belle mise en lumière des identités culturelles des territoires ultramarins. A noter que ces 9 artistes joueront en première partie de Danakil, AsaBen l'Oncle Soul et Tiken Jah Fakoly sous la direction musicale de Dominique Fillon (photo), le petit frère du Premier ministre.

FXG (agence de presse GHM)


Les lauréats 2011 de DOM TOM FOLIES

Réunion : Carlo de Sacco

Mayotte : Zainouni

Sain-Pierre et Miquelon : Dode

Guyane : Prince Koloni

Guadeloupe : Krysstal

Martinique : Factor Will

Wallis : Sagato Tuiseka

Polynésie : Vaiteani

Nouvelle Calédonie : Henri Gorohuna

 

Partager cet article

Repost0
9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 07:03

Le CSA signe la charte de la diversité

Rachid Arhab et Alain Méar, membres du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) signent un rapport « moyen » sur la diversité dans les médias.

Arhab-mear-boyon-Pfimlin-Bourges.jpg

Rachid Arhab, Alain Méar, Michel Boyon, Rémi Pfimlin et Hervé Bourges, tous anciens de la télé, anciens du CSA ou des deux !


Après avoir poussé en un an 16 médias et chaînes de télé à signer la charte de la diversité, le CSA est devenu hier le 3300e organisme ou entreprise signataire depuis sa création en 2004. Cette signature s’est faite au moment où les conseillers Alain Méar et Rachid Arhab, doivent remettre à l’Assemblée nationale leur rapport sur la représentation de la diversité dans les médias. « La moyenne globale pour la diversité des origines reste de 13 %, sans évolution. La surreprésentation des personnes perçues comme blanches dans les rôles de héros est systématique », selon le rapport. Rachid Arhab ajoute : « Mais il y a des mieux psychologiques. » Les deux rapporteurs notent « une démarche organisée en vue d’améliorer la représentation de la diversité ». Mais il y a les mauvais élèves : Mear-et-conseillers-diversite.jpgDirect 8 n’a pas adopté sa charte d’éthique professionnelle pour l’ensemble des médias Bolloré ; TF1 doit poursuivre son plan de sensibilisation des journalistes  des services de production ; NRJ 12 n’a pas amélioré la représentation des femmes dans les JT…  Les cadres supérieurs restent les plus représentés avec 85 % tandis que France 2 est à 18 % de représentation de la diversité, Canal + 16 %, France 4, TMC et TF1, 14 %. M6 24 % dans ses programmes d’information… Les personnes perçues comme handicapées sont quant à elles toujours très peu représentées.

Les chaînes s’engagent

Arhab-Mear-pupitre.jpgLa fiction sur France 2 est à 23 % et à 19 sur France 3 (effet Plus belle la vie ?). Certaines chaînes ont souscrit des engagements. Gulli, pour ouvrir à la diversité toute sa chaîne de production, programmation, TMC pour l’animation des émissions, ITélé et BFMtv poursuivront leurs efforts ; Direct Star promet de mettre plus de clips et de documentaires « offrant une forte visibilité aux personnes perçues comme non blanches » ; France TV a mis en place la mission consacrée à l’année des outre-mer avec la délocalisation de deux émissions par chaînes du bouquet public, »des émissions phares, des numéros événementiels ». Le bilan du baromètre de la diversité (Ifop, décembre 2010) que détaille ce rapport est institutionnalisé, pérennisé « jusqu’au jour où l’on en aura plus besoin », crut bon de préciser Michel Boyon, le président du CSA.

FXG (agence de presse GHM)Herve-Bourges-Kag-Sanoussi-Michel-Boyon-Rachid-Arhab.jpg

Charte et baromètre de la diversité

Kag SanoussiLa charte fédère des entreprises sensibilisées à « la non-discrimination et à la promotion de la diversité », selon Kag Sanoussi, secrétaire général de la charte de la diversité depuis janvier 2010. Les entreprises signataires répondent chaque année font connaître leurs actions concernant six types engagements énoncés dans la charte. Sur la base de ces réponses, le secrétariat général de la Charte publie une étude sur l’avancement des entreprises signataires. Depuis 2010, cette remontée d’information est obligatoire.

Partager cet article

Repost0
9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 05:37

 

Un dispositif d’aide régional au transport entre Paris et les DOM

La commission permanente de la Région Ile de France a adopté un amendement émanant du Guadeloupéen Patrick Karam relatif à la continuité territoriale. Ce dispositif concerne les personnes domiciliées en Ile-de-France, en cas de décès d’un parent direct (ascendant ou descendent ou membre de la fratrie). Une aide est leur attribuée sous réserve de justification et sous condition de ressources. La Région a décidé en outre de mettre en place une aide pour permettre aux plus modestes des Franciliens issus de l’outre-mer de préserver des liens avec leur famille. Cette aide s’adresse aux Franciliens ultra-marins dont les parents sont nés et résident outre-mer. Elle consiste en la prise en charge d’un tiers du prix du billet d’avion aller et retour selon les conditions et dans la limite d’un nombre de places fixés en concertation avec les compagnies aériennes concernées. Le dispositif est réservé aux personnes justifiant n’avoir pu se rendre sur le territoire concerné pendant une période d’au moins 10 ans et sous condition de ressources de la personne et de ses parents. Les plafonds de ressources pris en compte pour l’éligibilité aux dispositifs mentionnés aux articles 4 et 5 sont ceux utilisés pour la prise en charge des dispositifs de continuité territoriale mis en place par l’Etat. Les dispositifs ainsi proposés rejoignent ceux mis en place par l’Etat depuis 2004, dans le cadre de la politique de continuité territoriale du gouvernement, en particulier la dotation de continuité territoriale et le « passeport-mobilité » ainsi que le dispositif pour l’achat de billets d’avion dans des conditions et à des tarifs préférentiels connu sous le nom « billets Karam ». Dans les faits, la commission permanente a adopte le principe de mettre en place des reunions de travail aui devront mettre ca au point...

FXG

 


20 000 € pour les TAAC

Patrick Karam, conseiller régional UMP d’Ile de France a depose en commission permanente jeudi un amendement pour soutenir à hauteur de 40 000 € les Trophées des Arts Afro-Caribéens

La commission a dit ok pour 20 000. Depuis leur création en 2006, Patrick Karma a toujours soutenu les Trophées des arts afro-Caribéens. Il avait d’ailleurs reçu le trophée d’honneur en 2007. Franck Anretar, président des TAAC, ne s’était pourtant jusqu’alors pas privé de critiquer son bienfaiteur !

Partager cet article

Repost0
8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 07:00

Fosse piste Chéreau à Avignon

23 ans après, Patrice Chéreau revient sur les planches d’Avignon avec I am the wind de Jon Fosse.affiche du theatre de la ville

Tom Brooke, l’Un, et Jack Laskey, l’Autre... (Photo extraite de l'affiche éditée pour le Théâtre de la Ville)

 


I am the wind (je suis le vent) du Norvégien Jon Fosse est un objet théâtral rare et précieux… Le langage prend vie, là sous nos yeux ;le spectacle montre les mécanismes de la naissance du langage, quand les corps prennent langues, quand les langues prennent corps. Quelque chose se joue ici, quelque chose d’important qui a trait à la mort, au naufrage, aux rochers qui fracassent. L’océan, une barque et deux comédiens, Tom Brooke joue l’Un, et Jack Laskey l’Autre. Richard Peduzzi, le décorateur attitré de Patrice Chéreau, a posé une barque ou peut-être un radeau sur la mer en suivant les indications d’une didascalie donnée au début de la pièce :  « Je suis le vent se joue dans un bateau imaginaire et à peine suggéré… Les actions sont également imaginaires et ne doivent pas être exécutées, mais suggérées » (Jon Fosse, édition de l’Arche).

En anglais (surtitres disponibles mais pas indispensables), avec un corpus de mots réduits à 2 ou 300 et la diction distincte et britannique de Brooke et Laskey, entendre dire « I did it » sonne et prend sens aux oreilles. Une question et une seule : "Pourquoi tu l’as fait". On ne saura jamais ce que l’Un a fait même si l’Autre en dessine les contours sans en révéler le fonds. Après la création de Rêve d’automne, du même Jon Fosse en décembre dernier, au Théâtre de la Ville à Paris, et la mise en scène de La nuit juste avant les forêts, de Bernard-Marie Koltès, avec Romain Duris (trois mois complets au théâtre de l’atelier cet hiver), Patrice Chéreau signe là son grand retour à Avignon. En 1 heure 10, il rattrape 23 ans d’absence. Sa mise en scène est chirurgicale, incisive, sertie. Il sert le texte, sertit les mots de Jon Fosse comme s’il sculptait un diamant. Il faut les travailler les mots pour qu’ils prennent leur sens… « Je l’ai fait, oui je l’ai fait... », écrit Jon Fosse, Chéreau sculpte, dépouille les acteurs qui, avec peu, signifient beaucoup. Chéreau réussit une  vraie transfiguration théâtrale, un mouvement abstrait. « Ce mouvement est une des composantes les plus importantes de la pièce. Cela est très lié avec le rythme du dialogue, indique l’auteur (interviewé par Caridad Svich).

Patrice Chéreau et Thierry Thieù Niang ont créé « I am the wind » au Young  Vic à Londres au début de l’année. Après le Théâtre de la Ville de Paris en juin, la pièce est programmée dans la cour du lycée Saint-Joseph au Festival d’Avignon, du 8 au 12 juillet, à 22 heures.

FXG avec RDG

 

Partager cet article

Repost0
7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 06:09

Perben vient contrer Hollande

L’ancien ministre de l’Outre-mer du gouvernement Juppé (1995-1997), Dominique Perben, désormais secrétaire national outre-mer à l’UMP, a réagi aux propos tenus par François Hollande dans nos colonnes. Notamment sur le grand emprunt au sujet duquel il écrit : « A l’entendre nous expliquer sans blaguer que "le grand emprunt concerne très peu, pour ne pas dire pas du tout, l'Outre-mer", on se dit vraiment qu’il aurait dû relire ses notes ! Et le projet « laboratoire d’excellence » intitulé CORAIL en Polynésie ? Et le projet portant sur la biodiversité amazonienne en Guyane ? Et les projets d’internat d’excellence à Maripasoula et à Fort-de-France ?…M. Hollande a-t-il besoin qu’on lui rappelle les montants ? »

C’aurait été effectivement une bonne idée qu’il rappelle ces montants à défaut de François Hollande… Quant au budget de l’Outre-mer, Dominique Perben assure qu’ils sont en « sensible augmentation depuis le début du quinquennat ». Nos chiffres donnent 1,86 milliards d’euros de crédits de paiement pour 2007, 1,73 milliards en 2008, 1.87 milliards en 2009, 2 milliards en 2010 et 1,94 milliards en 2011. Ceux du ministère de l’Outre-mer : 1,54 M€ en crédits de paiement en 2007 contre 1,97 M€ en 2011.

Quant à la défiscalisation, écrit M. Perben, «  l’élu de la Corrèze oublie de rappeler aux Antillais qu’elle a permis de doubler le nombre de logements financés passant de 3500 à 6500 au 31 décembre 2010, excusez du peu ! » En fait, il y a eu 20 M€ dépensés en 2010 selon loi de règlement (avec une LBU à 200 M€).

FXG (agence de presse GHM)

Partager cet article

Repost0
7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 04:49

 

ITW de Fabrice Eboué et Thomas Ngijol, réalisateurs et comédiens de Case départ

« L’idée n’était pas de rire des esclaves mais s’intéresser au décalage philosophique »

Case-depart-8.jpg« Case départ » sort mercredi 6 à Paris (le 17 juillet aux Antilles). Il pourrait, et mériterait, d’être le carton de l’été au cinéma. Comme Roberto Benigni dans « La vie est belle », Fabrice Eboué et Thomas Ngijol ont choisi la comédie pour s’attaquer à un sujet dramatique, l’esclavage. C’est une première.

Le film n’est pas un enchaînement de sketches. Il a un véritable scénario. Sans concession pour les uns et les autres, il raconte l’histoire deux frères antillais. L’un essaie d’être plus blanc qu’un Blanc pour s’intégrer. L’autre, « racaille de banlieue », se victimise pour ne rien faire. Transportés dans le passé après avoir déchiré l’acte d’affranchissement de leurs ancêtres, ils se retrouvent esclaves… Interview.

 

Pourquoi n’avez-vous pas lancé le film depuis les Antilles ?

Fabrice Eboué : Pour une raison pratique. Ce n’était pas possible d’un point de vue emploi du temps.

Thomas Ngijol : Il y a aussi eu des raisons liées au tournage… (voir encadré)

 Selon vous quel impact aura-t-il ?

Fabrice Eboué : Le premier objectif est de faire rire et de rassembler un maximum de monde dans les salles. Ensuite, il y a le fond du film. Nous voulions parler des questions qui commencent à nous empoisonner en revenant en permanence sur le devant de la scène : intégration, immigration, quotas. Passer par cette période douloureuse était plus facile pour mettre le présent en lumière. L’idée était d’aller plus loin dans la douleur pour parler des petites choses d’aujourd’hui.

Case-depart-7.jpgVous pensez que ces questions sont plus dans l’actualité qu’il y a quelques années ?

Fabrice Eboué : Elle parle d’elle-même. Il y a Marine Le Pen, l’extrême droite décomplexée. Ensuite, tous les dérapages de Claude Guéant, Brice Hortefeux ou Nicolas Sarkozy. Avec l’histoire des quotas, on est quasiment revenus à la classification ethnique. On a l’impression que les deux prochaines élections vont se jouer sur ces questions.

Nicolas Sarkozy voulait tourner la page de la repentance, trop importante sous Chirac. Vous, vous pensez qu’il faut passer par-là ? Regarder l’histoire en face pour avancer ?

Fabrice Eboué : C’est le drame de la France. Au lieu d’être capable de dire « il s’est passé ça et ça dans le passé », on préfère faire des grands discours en disant que l’Afrique n’est jamais entrée dans l’histoire. Thomas et moi avons grandi avec des parents infirmier, sociologue ou médecin. Ils ont eu une rancœur envers ce pays. Il est important que le passé soit clair pour pouvoir faire table rase. Sinon les choses ne peuvent pas évoluer, certains ont de l’amertume, d’autres s’en servent comme alibi.

Y a-t-il une nouvelle forme de racisme ?

Fabrice Eboué : Nous sommes plutôt dans l’air de la discrimination. Racisme est peut-être un mot trop violent aujourd’hui. Sinon on ne fait plus de différences avec des gens qui ont pu être fouettés et traités de sale nègre. La discrimination est plus sournoise. Finalement, je préfère qu’on me dise « sale nègre » plutôt qu’on me refuse un emploi ou un appartement. Au moins, je sais à qui j’ai affaire. La discrimination empêche l’intégration.

Case-depart-15.jpgDes scènes ont-elles été difficiles à tourner pour les acteurs noirs ou blancs ? Y a-t-il eu de la gène ?

Fabrice Eboué : Oui, la scène du marché. L’acteur qui jouait le vendeur d’esclaves nous disait : « Les gars, ça me fait vraiment bizarre ». Il était entouré de Noirs enchaînés. Il y avait un petit malaise, surtout que nous avons joué sur un ancien marché. C’était comme revenir deux cents ans en arrière.

Thomas Ngijol : Il n’y a pas vraiment eu de gène entre acteurs. Plus avec les figurants cubains.

Fabrice Eboué : Ils vivent la misère au quotidien dans un pays qui a connu l’esclavagisme. La scène de la cale du bateau avec les Noirs enchaînés a été très forte.

 Vous avez pris parti de rire sur un thème extrêmement sérieux comme dans Papa Schultz ou La vie est belle

Thomas Ngijol : On ne voulait pas rire de l’esclavage. Mais on rigole plus facilement de choses dramatiques. L’histoire nous a aussi permis de pointer du doigt la vie de deux mecs.

Fabrice Eboué : L’idée n’était pas de rire de l’époque ou de la douleur des esclaves. Nous étions intéressés par le décalage philosophique. On voit un mec essayer de faire le « caniche rose » et qui comprend tout d’un coup qu’à l’époque c’est un nègre et point barre.  

Case-depart-4.jpgJustement, pouvez-vous décrire vos personnages…

Fabrice Eboué : Régis est une sorte de Brice Hortefeux noir. Il est allé au-delà de l’intégration. Il a totalement rejeté sa négritude et ses origines antillaises. Son mal-être se traduit par une certaine agressivité dès qu’il croise quelque chose d’un peu coloré…

Thomas Ngijol : Joël est un peu une racaille bête et méchante. Il est dans une posture victimaire. Il pense qu’il ne trouve pas de boulot ou qu’il est contrôlé dans le bus parce qu’il est noir… En fait, c’est surtout une excuse pour ne rien faire.

Fabrice Eboué : C’est un film sans complaisance. Ce n’est pas les gentils Noirs maltraités par les méchants Blancs. On voit dès le début que les deux personnages sont des c…, en fait, plutôt des gars perdus.

Vous en croisez souvent des gens comme ça ?

Thomas Ngijol : Ca arrive. Moi-même, je suis passé par là. On passe toujours par une phase entre Régis et Joël. A Maisons-Alfort, j’ai croisé de vrais Régis et de vrais Joël. Ces personnages sont proches de nous, de nos familles. D’ailleurs, si le film ne marche pas, ce sera parce qu’on est noir ! (rire).

Les Etats-Unis ont beaucoup de grands acteurs noirs. Ce n’est pas encore le cas en France. Pourquoi ?

Fabrice Eboué : parce qu’on nous propose uniquement de jouer le rôle d’un mari malien qui a trois femmes et treize enfants ou d’un facteur à l’accent créole. En France, le producteur demande systématiquement pourquoi tel acteur est noir. Il faut justifier le fait qu’il soit noir. Mais, ça commence à changer.

Propos recueillis par David Martin (Agence de presse GHM)


Clin d’œil à Victor Schoelcher

Max-baissette.jpgLe fils de l’esclavagiste du film porte pour prénom Victor. C’est un  hommage à Victor Schœlcher, père du décret d’abolition de l’esclavage de 1848. « Dans les salles, 90 % des gens ne s’en rendront pas compte. Pour les autres c’est un petit clin d’œil », souligne Fabrice Eboué. Le rôle est superbement joué par l'enfant Max Baissette de Malglaive.

Case-depart-7.jpgDes débouchés à l’étranger

Un film comique sur l’esclavage, c’est du jamais vu. On est loin d’Amistad de Spielberg. Lors du festival de Cannes, le monde du cinéma a été interpellé. « Il y a de belles perspectives à l’étranger », pronostique Thomas Ngijol.

Le précédent Kassovitz

Le contexte est différent, mais, en quelques mois, Case départ est le deuxième film français a avoir dû trouver un autre point de chute pour son tournage en raison des réticences locales. Mathieu Kassovitz voulait tourner à Ouvéa « L’ordre et la morale » (sortie prévue à la fin septembre), un film qui revient sur la dramatique prise d’otages de gendarmes et le tout aussi dramatique assaut de la grotte où s’étaient réfugiés les Kanaks. Il s’est rabattu sur la Polynésie française.

Les acteurs aux Antilles du 17 au 22 juillet

Fabrice Eboué et Thomas Ngijol se rendront en Martinique et en Guadeloupe pour la promotion de la sortie du film.

DM

Partager cet article

Repost0
7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 04:48

Un film qui fait déjà débat

Case-depart-16.jpgSur la toile et ses réseaux sociaux, il existe un appel au « boycott intelligible et intelligent »  du film Case départ. L’internaute Philippe Mbala explique pourquoi (https://www.facebook.com/notes/philippe-mballa/retour-%C3%A0-la-case-d%C3%A9part-par-chim%C3%A8ne-legros/10150357659103242) : « Suite à  une malédiction, les deux personnages se retrouvent à l'époque de l'esclavage. Le titre donc suppose que le "départ" de l'homme noir serait la période esclavagiste. L'homme noir n'a pas donc d'histoire. Le titre lui même donne le ton. Il agit donc dans l'inconscient collectif du Noir et du Blanc. » Dans le même temps, la Martiniquaise Joby Valente, comédienne et présidente du Mouvement pour une nouvelle humanité, s’est exprimée sur Case départ pour lancer, elle aussi, une protestation. Joby-Valente.jpg« Je critique cette initiative parce qu’on est en butte avec des gens qui réclament l’abrogation de la loi Taubira. Nous devons être vigilants. Il n’y a pas encore eu de film français sérieux sur le sujet et voilà que de jeunes humoristes s’en emparent… Ca banalise et ils sont encouragés… Peut-être ne le savent-ils pas. Ils ne sont d’ailleurs pas vraiment concernés puisqu’ils n’ont pas d’ancêtres déportés. Si ça commence comme ça, le discours va glisser. Rigoler avec l’esclavage alors que la mémoire n’est pas encore reconstituée… » Fabrice Eboué, co-réalisateur et comédien de Case départ refuse tout de go son analyse dans une interview accordée à Gens de la Caraïbe : « C’est complètement irrecevable ce que cette dame dit. Vous savez qui Joby Valente représente au fond dans le film ? C’est le personnage de Joël tout au début (ndlr : Joël est celui qui est au chômage ; être noir, selon lui, est la cause de tous ses échecs puisqu’il serait tout le temps en butte au racisme). C’est terrible à dire mais pour moi, elle entrave l’avancée du peuple noir, et je dirais même de l’humanité en général… » Quand on oppose à Joby Valente les films Racines ou Amistad, elle rétorque que ce sont des films américains et que le premier film français consacré à l’esclavage ne peut être un film comique : « La reconnaissance de l’esclavage par la loi Taubira ne va pas avec un discours de banalisation. » Et quand on évoque La vie est belle de Roberto Bénigni, film comique sur la Shoah, elle répond : « Ce film a été fait après de nombreux films sérieux et après que les faits soient établis. » Serge Romana, président du CM98, association qui œuvre au quotidien pour la mémoire de l’esclavage et des ancêtres esclaves, a vu le film et l'a trouvé excellent : "C'est très rare qu'un film sur l'esclavage puisse drainet une population mixte (à l'inverse de Sankofa)... On peut rire sans complexe et ça pose le problème que pose le CM98 : Sans affiliation, c'est le malheur ! Mais enfin et surtout, ce n'est pas un film sur l'esclavage, c'est un film sur le racisme."

FXG (agence de presse GHM)


Des planteurs martiniquais opposés au scénario

Case-depart-2.jpgCase Départ a été tourné à Cuba. Pourtant, Fabrice Eboué et Thomas Ngijol auraient aimé la Martinique. « Nous avons contacté deux planteurs békés pour tourner sur leur terrain. Ils ont lu le scénario et nous ont demandé d’être plus sympas avec les esclavagistes… On leur a dit que c’était un peu tiré par les cheveux », raconte Fabrice Eboué.

 

Les acteurs-réalisateurs ont tenté de faire intervenir le conseil régional, mais rien n’y a fait. « C’est une histoire entre personnes privées. Nous ne pouvions forcer personne, que ce soit pour accueillir le tournage ou modifier le scénario », explique Yvette Galot, présidente de la commission culture et patrimoine au Conseil régional de la Martinique. Faute de pouvoir disposer d’un décor naturel, elle a proposé à la production de monter un décor, mais celle-ci a finalement opté pour Cuba, « certainement pour des raisons de coût », ajoute l’élue martiniquaise.

Au final, la Martinique a été privée de retombées économiques importantes. « Comment a-t-on pu nous empêcher de venir ? s’interroge Fabrice Eboué, pour qui cette mésaventure « montre que beaucoup de choses ne sont pas encore résolues. Il y a un problème de fonctionnement dans cette île qui traverse pourtant une crise économique… ».

DM (agence de presse GHM)


Partager cet article

Repost0
6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 09:25

Arnaque aux billets d'avion

 Billets avions Le bon coinInternet. Des annonces plus qu'alléchantes mais frauduleuses

Astucieux. Les fraudeurs payent avec de vraies CB aux numéros volés

Victimes. Entre 700 et 800 selon Air Caraïbes, la compagnie concernée

Enquête. La gendarmerie et la police aux frontières saisies de l'affaires

« Billets à prix imbattables » mais frauduleux

Entre 700 et 800 voyageurs se seraient fait avoir par des annonces relayées sur des sites internet et proposant des « billets à moitié prix », moyennant un mandat cash sur la Western Union.

La compagnie Air Caraïbes, concernée par cette escroquerie sur les vols entre Orly et les Antilles, recommande d'éviter d'acheter hors agences de voyages et comptoirs de la compagnie.

Une enquête est ouverte suite à sa plainte.

Hotesse-Air-Caraibes-2.jpg« Nous vous signalons que votre site héberge des annonces faisant miroiter la vente de « billets à moitié prix ». Ces annonces sont illégales et cachent un trafic de cartes frauduleuses ». Après avoir alerté les sites internet concernés, le service commercial d’Air Caraïbes vient de déposer plainte auprès de la gendarmerie des transports aériens d’Orly. Depuis le début de l’année, Edmond Richard, directeur commercial Europe de la compagnie aérienne, a noté une recrudescence d’arnaques à la carte bleue. Il estime le nombre de billets émis frauduleusement à 2 ou 300 pour sa seule compagnie entre janvier et juin de cette année. 

« Rien qu’en une seule journée, la semaine dernière, indique Edmond Richard, nous avons remarqué 4 cas dont une dame qui avait ainsi acheté 5 billets pour sa famille. Elle a dû les racheter ». Le pic a été observé en janvier lorsque des sites Internet comme Leboncoin.com ou Vivastreet.com ont commencé à diffuser des annonces très alléchantes pour se rendre dans les territoires d’outre-mer. « Billets à prix imbattables », « billets à moitié prix », pouvait-on y lire… Et toujours un contact par mail ou par téléphone associé ainsi qu'une invitation à régler sa « super affaire » par mandat cash via Western Union par exemple à une adresse au Maroc ou au Cameroun. 

 

« Arnaque extrêmement bien faite »

Edmond-Richard.jpg« L’arnaque est extrêmement bien faite, reconnaît Edmond Richard (photo), puisque le vendeur propose à l’acquéreur du billet de vérifier auprès de la compagnie la réalité de son ticket électronique avant de passer à la phase de paiement. » Car le fraudeur commande effectivement le billet au nom de son client, mais avec une carte bleue frauduleuse. Et quand la personne piégée appelle la compagnie pour vérifier que son billet est bien émis, celle-ci ne peut que confirmer qu’une réservation a été faite. Ce n’est que quelques jours après, quand la compagnie découvre que la carte est en opposition, qu’elle procède à l’annulation du billet. «  Evidemment, pour que ce type d’arnaque marche, il faut que certains « clients » aient été satisfaits, note Edmond Richard. 

Une dame a témoigné avoir déboursé 2 000 euros en liquide à un rabatteur antillais : elle en avait entendu parler par le bouche à oreille… C’est cette dame qui a dû racheter ses cinq billets d’avion. « Elle était en larmes », témoigne le directeur commercial Europe. « Les fraudeurs jouent sur la proximité du départ, ce qui laisse peu de temps à la banque et à nous pour réagir… », poursuit le directeur commercoam. La semaine dernière, un client a réservé un billet modifiable pour le 28 juin. Le 24, il s’est présenté à Orly pour un départ immédiat. « On n’a pu l’empêcher de partir malgré nos suspicions. La banque n’avait pas encore confirmé l’opposition… » 

Forts de ces coups réussis, les rabatteurs n’ont aucun mal à convaincre des clients qui cherchent absolument la bonne affaire. Quand la compagnie antillaise s’est rendu compte de l’ampleur que prenait cette arnaque, elle a d’abord signalé ces annonces Internet comme abusives aux sites hébergeurs. « On a fait le ménage sur le site du Boncoin.com mais il a fallu se battre », souligne Edmond Richard. « Notre rôle est aussi d’avertir et de faire de la prévention auprès de nos passagers afin qu’ils évitent ce type d’arnaque. Nous leur conseillons donc d’emprunter les chemins classiques de réservation, soit sur notre site internet, en agence de voyage agréée, ou bien encore auprès des comptoirs Air Caraïbes. »

 

Entre 700 et 800 cas, selon Air Caraïbes

Photo-FX---Atterrissage-1.jpgLa compagnie a saisi la gendarmerie de transports aériens et la police aux frontières. Une enquête préliminaire a été ouverte à la gendarmerie. Les militaires en est encore à la phase de recensement et d’identification du périmètre de l’enquête. « On cherche à qui on a affaire, indique le commandant adjoint de la brigade de gendarmerie des transports aériens d’Orly. Air Caraïbes nous a expliqué le mécanisme et on essaie de remonter la filière… ». Il y a deux mois, la GTA a déjà démantelé un réseau (voir encadré). Les fraudeurs semblent disposer d’un stock de cartes bleues volées, ou de numéros  de CB souvent obtenus grâce à la technique du fishing - une pêche aux informations via les mails vous assurant avoir gagné à une loterie ou autre et vous demandant vos coordonnées bancaires pour pouvoir être payé-… 

La police aux frontières a un tout autre rôle : elle s’occupe de ceux qui sont passés entre les mailles du filet. Ainsi l’homme pressé qui avait réussi à embarquer le 24 juin au lieu du 28 était attendu à Fort-de-France par la PAF. Il aurait reconnu avoir payé son billet en liquide… une plainte pour recel a été déposée contre lui. Depuis quelques temps, la PAF attendrait tous les jours quelqu’un pour des raisons similaires, que ce soit à Pointe-à-Pitre, Fort-de-France ou Orly. 

Tarmac-Orly.jpgBillets-avions-Le-bon-coin.jpgAir Caraïbes estime à 7 ou 800 cas pour sa seule compagnie. « Tous les jours, ce sont deux à trois billets que nous refusons à l’embarquement », déclare Edmond Richard. Les sanctions commencent par le remboursement du billet frauduleux mais peut aller, en dehors des procédures judiciaires éventuelles, jusqu’au blacklisting du passager par la compagnie aérienne. Air Caraïbes a également décidé de renforcer ses procédures de contrôle afin d’identifier plus rapidement les fraudeurs potentiels. Air France a indiqué qu’aucune fraude significative n’avait été signalée par son service spécialisé. Même chose chez Air Austral ou Air Tahiti Nui. Corsair non plus. 

FXG (agence de presse GHM)


Témoignages

 

Une victime : « J'ai dû faire chauffer ma carte bleue »

Annie*, responsable d’une association culturelle antillaise de la région parisienne, a accepté de raconter comment elle s’était faite arnaquée. Pour rembourser une cinquantaine de billets d’avion, elle a dû souscrire des emprunts.

« Notre association a monté une pièce de théâtre que nous devions aller jouer en Guadeloupe et en Martinique. Notre troupe réunit une cinquantaine de personnes… Chacun de nous devait chercher de son côté un prix intéressant. En bavardant comme ça, une de mes connaissances me dit qu’elle avait eu l’occasion de voyager à plusieurs reprises grâce à un homme qui vendait des billets à prix cassés. « Je n’ai jamais aucun souci », m’a-t-elle assuré. J’ai accepté qu’elle me mette en contact avec cette personne pour 50 billets, à charge pour elle de me proposer un prix. Il m’a proposé 667 euros pour un Paris Fort-de-France, Fort-de-France  Pointe-à-Pitre et Pointe-à-Pitre Paris. Bingo ! Il me donne son e-mail (domicilié à Casablanca) et je lui demande confirmation de tout ça par écrit. Il m’explique que son activité est de solder des billets invendus. 

La troupe, composée de jeunes, d’étudiants, me demande si on peut payer en deux fois. C’est possible. Il m’explique alors que je dois lui envoyer un mandat Western Union et qu’à la réception de cet argent, il me renvoie les billets. Je devais payer le solde une fois seulement les billets reçus. Je fais un essai sur un ou deux billets avec des gens qui ne sont pas dans la troupe. Je reçois les billets électroniques avec le bon nom, le bon vol… Le voyage aller et retour s’effectue sans souci. Le test est bon. Et puis moi, je ne voulais pas faire d’amalgame entre une personne basée à Casablanca plutôt qu’à Marseille… 

J’ai alors demandé à chaque membre de la troupe ses dates, je commande et je demande une facture. Je reçois mes billets électroniques et les transmets à la personne concernée. Mais le trésorier de l’association qui devait partir avant les autres m’appelle de l’aéroport pour me dire que son billet est frauduleux. Je rappelle mon vendeur qui me dit de payer le billet et qu’il ferait une compensation. Je prends ma carte bleue et je paye pour mon trésorier un aller simple. Puis, il y en a eu de plus en plus, une véritable cascade de billets annulés. Il m’a alors envoyé une série d’allers simples sur des classes Madras mais je n’ai jamais eu les retours, pas plus que les transferts inter-îles. Les gens étaient très contents de voyager en Madras mais je ne leur ai rien dit pour sauvegarder le moral de la troupe… Et pour le retour, j’ai dû faire chauffer ma carte bleue. 

Une chose est certaine, plus jamais je ne ferai de transaction avec quelqu’un que je ne connais pas de visu et je passerai systématiquement par un circuit officiel. »

*Le prénom a été changé


Une ancienne rabatteuse : « j’étais 50 % moins cher »

Sofia est antillaise. C'est une ancienne rabatteuse dans le collimateur de la police. Son numéro de téléphone a été fourni par une victime. Nous l’appelons et tombons sur sa messagerie sans laisser de message. Trente secondes plus tard, elle nous rappelle depuis un autre numéro.

- Bonjour, vous êtes Sofia ? 

- Oui…

- On m’a dit que vous avez des plans pour des billets d’avion pas chers…

- Je ne le fais plus… Je travaille et cette activité me prenait trop de temps par rapport à mon métier.

- C’est dommage parce que tout le monde dit que vous aviez des prix très intéressants…

- Oui, je sais, mais j’ai arrêté. J’ai eu quelque petits problèmes avec les billets donc, du coup, j’ai arrêté.

- Pourtant, on m’avait garanti que c’étaient des billets 100 % vrai…

- Ecoutez, il y a tellement de gens comme vous qui sont intéressés que j’ai dû arrêter à cause de mon métier. Ca me prenait trop de temps…

- Personne n’a pris le relais ?

- Il doit y avoir d’autres personnes qui doivent faire ça mais je ne les connais pas. Je ne m’intéresse plus à ça.

- Vous n’avez pas de conseils à me donner ?

- Pas vraiment, sauf d’aller dans une agence…

- Oui, mais vos prix battaient ceux des agences !

- Je sais, j’étais 50 % moins cher…

Propos recueillis par FXG


Zoom

Arnaque évitée de justesse

Une annonce d’abord : « Groupe de personnes cédant leurs billets d’avion pour Fort-de-France et Pointe-à-Pitre. Voyage annulé à cause des intempéries ». Bourikette (c’est le pseudo de la cliente) prend  contact avec discountrav@hotmail.fr et apprend qu’il s’agit d’une troupe de musiciens n’ayant pu voyager à cause des intempéries et revendant les billets n’ayant pu être utilisés. Elle est accrochée : « En ce qui nous concerne, ce serait pour un vol Paris Pointe-à-Pitre du 18 février au 2 mars comme je vous l’ai stipulé. Quelle est la compagnie ? A combien cela me reviendrait pour deux personnes ? ». 

Réponse de l’annonceur : « entre en contact avec l’auteur de cette annonce. « C’est 450 euros avec Air Caraïbes » et une adresse postale pour le paiement, à Casablanca (Maroc). Bourikette est d’accord. Nouveau message de l’annonceur : « Les billets sont au départ de Paris, ils sont modifiables (nous les mettons à vos dates) et électroniques, donc nous pouvons vous les faire parvenir par e-mail. Oui, c’est possible pour deux personnes. Lorsque vous nous donnez vos noms et prénoms pour l’édition du billet, dès réception de celui-ci, vous pouvez le vérifier auprès de la compagnie aérienne avant de nous envoyer les fonds. Donc, vous aurez les billets sans dépenser un euro, mais après vérification, vous avez 24 heures pour nous régler sinon nous portons plainte auprès de la compagnie aérienne ».

Prudente, Bourikette appelle la compagnie avant d’envoyer son mandat cash, juste pour contrôler l’état de la réservation et voir si cela est honnête car le règlement par mandat à Casablanca lui paraît suspect ». Air Caraïbes lui conseille fortement de ne pas donner suite à cette transaction. « Je vous remercie beaucoup car grâce à vous, j’ai échappé à une belle arnaque ».


Repères

Mesures de prévention

La gendarmerie des transports aériens met en garde les voyageurs contre « la trop bonne affaire qui cache souvent de l’illégal » et appellent à la vigilance. « Les gens doivent savoir que dans le prix de leur billet d’avion, il y a la sécurité et la sûreté », insiste l’officier de gendarmerie. En aucun cas, il ne faut accepter de payer un billet en liquide ou par mandat cash. Air Caraïbes rappelle aussi ces règles essentielles : un billet s’achète auprès d’une compagnie aérienne ou d’une agence de voyage agréée (même sur Internet) ; un billet est toujours nominatif et incessible.


Un business de 300 000 euros

Le 19 mai dernier, le journal Le Parisien révélait comment la GTA d’Orly avait mis hors d’état de nuire une bande d’escrocs qui achetaient et revendaient des billets d’avion acquis frauduleusement sur Internet. 7 personnes étaient interpellées en France, au Maroc et en Belgique. » Selon la GTA, une soixantaine de compagnies aériennes ont été escroquées pour un préjudice estimé à 1 ou 2 millions d'euros… Les gendarmes remontent à un jeune homme de 25 ans, basé au Maroc qui a trouvé le moyen de détourner des coordonnées bancaires pour acquérir des billets d’avion à destination de l’Afrique, de l’Amérique, de l’Asie et de la France. Le businesse est juteux puisque son bénéfice a été estimé à 300 000 euros par an ! Cet homme, un revendeur en Belgique et cinq autres parisiens répondront devant la justice du chef d’achat et de ventre frauduleuse en bande organisée.



Partager cet article

Repost0

Articles Récents