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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 15:43

Concours mondial des rhums

Au  concours mondial de Bruxelles qui s’est tenu les 6, 7 et 8 mai au Luxembourg, les rhums Clément ont obtenu une médaille d’argent pour le Clément vieux, trois médailles d’or pour le Clement VSOP, le Clement 10 ans et le Clement Homère.

Les Rhums JM ont obtenu une médaille d’or pour le JM XO.

Notons que le 18 mai, les rhums JM présenteront à la presse le nouvel habillage de la marque.

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 09:44

Le 10 mai avec le général DumasClaude-Ribbe-place-du-general-Catroux.jpg

La commémoration de l'abolition de l'esclavage organisée par la mairie de Paris, place du géneral-Catroux, devant le monument à la mémoire du général Dumas (les Fers brisées de Driss Saint-Arcidet) a eu lieu mardi à 17 heures. Jean-Claude Cadenet de la DGOM à la mairie de Paris ainsi que Mme le maire du 17e arrondissement y représentaient Bertrand Delanoë. La musique de la gendarmerie mobile (50 exécutants), un piquet d'honneur des troupes de marine ainsi que 100 écoliers parisiens qui ont chanté pour l'abolition (accompagnés par les tambours du groupe Myo) ont succédé à un discours de Claude Ribbe qui a invectivé les racistes décomplexés et leurs complices de la politique et des medias.

Malgré un service de sécurité assez conséquent, deux hommes vêtus de bogolan, un tissus africain, et de peaux de  hyènes, et équipé d'un porte-voix  ont  invectivé les gens du service de sécurité ainsi que les gens qui se trouvaient à l'arrière de la cérémonie, sans l’interrompre toutefois. Les propos tenus étaient du genre : « Il n'y a pas de représentant d'esclaves ici ! » ou : « Vous êtes encore des colonisés. Nous, nous avons chassé nos colonisateurs… » Un attroupement s'est formé autour d'eux mais ils n’ont pas utilisé leur mégaphone…

Photo : RDG

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 09:39

Le mail de l’Elysée

C’est par un mail de l’Elysée reçu la veille du 10 mai que Christiane Taubira a appris que le président de la République souhait qu’elle aussi se porte à  sa rencontre lors de son arrivée au jardin du Luxembourg. En principe, seules étaient prévues Marie-Luce Penchard, la ministre de l’Outre-mer, François Vergès, présidente du CPMHE et Maryse Condé, première présidente du CPME.

Les ambassadeurs

Si le public de la cérémonie mémorielle du 10 mai était estimé à 1500 personnes (1200 selon les déclarations de Marie-Luce Penchard à Lyon, le soir même), il fallait compter parmi eux quelque 80 ambassadeurs ou représentants diplomatiques.

270 000 entrées payantes au jardin d'outre-mer

L’opération « Un jardin en Outre-mer » au Jardin d’acclimatation a battu les records de popularité malgré la polémique sur les « zoos humains ». Selon le leader Maximin, 270 000 entrées payantes ont été écoulées entre le 9 avril et le 8 mai, soit une fréquentation supérieure à celle obtenue avec l’exposition sur les Etats-Unis ou le Brésil. Pour exemple, un seul stand polynésien destiné à présenter aux enfants la Polynésie a reçu 4 200 enfants de 6 à 10 ans par groupe de 8 à 10

La stèle en honneur aux esclaves déplacée

La stèle portant inscription de l’hommage de la Nation aux esclaves des colonies françaises ne restera pas dans la position où elle se trouvait lors de sa découverte par le président de la République, le 10 mai. Selon un proche du président du Sénat, son positionnement initial entre le palais du Luxembourg et l’observatoire la mettait en plein sur la trajectoire du méridien de Paris. Elle sera donc déplacée mais restera dans l’enceinte du jardin du Luxembourg.

Expulsion des anti-négrophobes

En marge de la cérémonie parisienne du 10 mai, la police a expulsé un militant de l’Alliance noire citoyenne arborant un tee-shirt portant l’inscription : « brigade anti-négrophobe ». D’autres militants de ce groupe ont manifesté à l’extérieur du jardin du Luxembourg. Reste à savoir comment l’intrus est parvenu à rentrer dans le jardin malgré les dispositifs de sécurité renforcés…

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 06:11

Une enquête sur les moines de Tibhirine

couv-moines-Tibhirine.jpgLe martyre des moines des Tibhirine reste une énigme depuis leur enlèvement par un commandant islamique et leur mort entre mars et mai 1996 dans la région de Médéa en Algérie. René Guitton, déjà auteur d’un livre sur le sujet en 2001, revient sur cette question et publie une enquête approfondie qui, si elle ne parvient pas à dénouer le mystère, éclaire sur le contexte de l’Algérie des années de plomb et la présence chrétienne sur cette terre d’Islam où la démocratie s’est arrêtée subitement après les élections législatives de 1991 qui avaient vu la victoire du Front islamique du salut. Mais au-delà de cette mise en perspective, l’ouvrage apporte des éléments nouveaux propres à rectifier certaines idées préconçues, voire certaines rumeurs. Les moines ont il été enlevés par un commando du GIA manipulé par les services de renseignement algériens ? La question reste ouverte. Les moines ont-ils été victimes d’une bavure de l’armée algérienne ? L’étude des photographies des têtes des moines qu’il a soumises à un certain nombre de spécialistes, tels des médecins légistes ou des balisticiens, semble démontrer son impossibilité, même si les têtes n’ont toujours pas été autopsiées… Mais le plus stupéfiant dans cette enquête est le récit de négociations officieuses dont l’échec aurait conduit à l’assassinat des sept frères trappistes. René Guitton raconte comment le préfet du Var Jean-Charles Marchiani, (mandaté officieusement le 6 avril 1996 par Jacques Chirac) et le général Saïdi Fodil, ancien patron du Département de la sécurité extérieure devenu chef de la 4e région militaire, se sont rencontrés à Ouargla pour mettre au point un scenario d’exfiltration des moines. Les choses semblent d’abord bien se présenter et un contact est noué avec les ravisseurs. Djamel Zitouni, chef du commando qui a enlevé les religieux, fait parvenir à Paris un communiqué, le n°43, qui montre qu’un accord a été trouvé entre eux et les négociateurs. Le GIA complète d’ailleurs ce texte par un enregistrement audio transmis à l’ambassade de France à Alger le 30 avril, qui fait la preuve que les moines sont entre leurs mains et vivants à la date du 20 avril 1996. La DGSE réceptionne la cassette et n’informe par Marchiani. En revanche Alain Juppé, Premier ministre, et Jean-Louis Debré, ministre de l’Intérieur le sont et découvrent alors le rôle du préfet du Var qui aura cette réflexion devant l’auteur : « Ma conviction personnelle est que, durant le week end du 1er mai, Debré et Juppé ont été mis au courant de ma mission. Ils se sont alors dit : « On va encore se rendre ridicules comme dans l’affaire de la Bosnie. » Et ils ont décidé de mettre un terme à mes efforts. » La Bosnie, c’est l’intervention de Jean-Charles Marchiani pour faire délivrer les deux pilotes français pris en otages en décembre 1995. Mise en doute, son intervention a été confirmée dans le procès en appel de Charles Pasqua la semaine dernière ! Résultat, au conseil des ministres du 9 mai, sans que Jacques Chirac  ne lève le petit doigt, Juppé et Debré décident de renvoyer Marchiani aux affaires du Var… Juppé reconnaîtra d’ailleurs devant l’auteur qu’il se trompait peut-être… Un « peut-être » qui a conduit à l’enlisement de l’affaire, puis à la tragédie de Tibhirine… Ceux qui auront vu le film Des hommes et des Dieux découvriront là tout le hors champ du film qui ne s’est intéressé qu’à la trajectoire spirituelle des frères de Notre-Dame de l’Atlas. Un hors-champ au sujet duquel, le président algérien Abdelaziz Bouteflika déclarait sur LCI en 2004 : « Toute vérité n’est pas bonne à dire, du moins pour le moment… » L’ouvrage reste une enquête irrésolue et l’auteur conclut, impuissant, en souhaitant que « l’obstination du juge Marc Trévidic aboutisse, et parvienne à ce que la justice puisse faire jaillir la vérité ».

FXG (agence de presse GHM)

En quête de vérité. Le martyre des moines de Tibhirine, de René Guitton. Calmann-Lévy. Mars 2001. 345 pages.  21,50 €


L’auteur

René Guitton, éditeur et auteur. Défenseur ardent de la dignité humaine, passeur infatigable des courants de pensée, oeuvre depuis de nombreuses années pour un dialogue philosophique, culturel et religieux entre l’Orient et l'Occident. Il est membre du réseau d’experts de l’Alliance des Civilisations des Nations Unies. Il est l'auteur notamment de Lettres à Dieu (Calmann-Lévy, 2004) ; Si nous nous taisons : le martyre des moines de Tibhirine (Calmann-Lévy, 2001, près de 20 000 ventes, Prix Montyon de l’Académie française, Prix Lyautey de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer, Prix Liberté) et de Ces chrétiens qu’on assassine (Flammarion, 2009, Prix des Droits de l’homme).

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 05:48

 

 

10 mai au Luxembourg33.jpg

La sortie du RER donnant sur le jardin du Luxembourg était fermée et les 1500 personnes attendues hier pour la commémoration de l’esclavage, de la traite et de leurs abolitions, ont dû passer un filtre digne de celui d’un aéroport international. Vigipirate niveau rouge oblige. Mais toute cette sécurité signait surtout le retour du président de la République pour cette cérémonie à laquelle il n’a participé que deux fois depuis qu’il est à l’Elysée, la dernière remontant à trois ans. Et pour cette dernière avant la présidentielle de l’an prochain, on a fait les choses en grand ! 29.jpgShort cut, après sa réalisation brillante autour d’Aimé Césaire, le 6 avril dernier, au Panthéon, a signé la scénographie. A droite de la scène où ont pris pace des chanteuses de Fanm ki ka (avant l’intervention du président), des documents d’archive sur l’esclavage étaient exposés. Le comédien Greg Germain a eu l’honneur de les commenter en direct à Nicolas Sarkozy : « Ces documents, froids presque insoutenables dans leur froideur et dans leur juridisme, montrent la logique capitaliste et la brutalité du système esclavagiste… »

Hommages aux esclaves des colonies françaises

Sarkozy-stele.jpgA gauche, encore recouverte d’un drapeau, une stèle placée dans l’alignement du méridien de Greenweech. Au premier rang, les ministres Alain Juppé, Patrick Ollier, Marie-luce Penchard, François Baroin et Frédéric Mitterrand, les deux présidents des assemblées parlementaires, Maryse Condé, Françoise Vergès, Christiane Taubira, Serge Romana et encore Jean-Pierre Rafarin. Derrière, les anciens ministres (Estrosi, Girardin, Stirn, Perben…), les parlementaires d’Outre-mer. Larcher-LMC-Berthelot.jpgOn a pris soin de placer la députée de Guyane Chantal Berthelot entre Gabrielle Carabin et Lucette Michaux-Chevry… François Bayrou, Jean-Claude Gaudin, Christine Kelly, Axel Urgin, Claudy Siar, Jean Arthuis, Henri Guaino (dont on a senti le phrasé dans le discours présidentiel) étaient là aussi. MAM et Christian Blanc, comme pas mal d’autres personnalités étaient prévues mais ont fait défection. « On va faire descendre des gens des tribunes », a lancé un membre du protocole. 32.jpgQuand le président est arrivé, accueilli par Françoise Vergès et Christiane Taubira, il y a eu quelques rares applaudissements. Beaucoup moins que lorsqu’il a achevé de prononcer un discours qui a arraché des larmes à l’auteur de la loi Taubira. Après avoir dévoilé la stèle qui rend hommage « aux esclaves des colonies françaises qui ont contribué à l’universalité des droits humains et à l’idéal de liberté, d’égalité et de fraternité qui fonde notre République », Nicolas Sarkozy a quitté le jardin du Luxembourg, suivi de ses deux fidèles lieutenants en charge de l’Outre-mer, Olivier Biancarelli et Benoît Lombrière. Ceux-là peuvent être contents. Ils ont réussi, avec le CPMHE et le ministère de l’Outre-mer, le plus beau 10 mai depuis 2006.

FXG (agence de presse GHM)

Photos : Régis Durand de Girard

 


Verbatim du président de la République

 

Sarko-tribune.jpg« Ils furent des millions, ils furent enchaînés, ils furent déportés d’un continent à l’autre, ils furent battus, ils furent asservis. Cela dura des siècles… On leur prit tout (…) On leur retira le nom d’homme. On en fit du bétail et leurs enfants aussi. On prit la peine d’édicter un code noir… (…) Cela dura des siècles… (…) Et pendant tous ces siècles, un long cri de douleur traversa l’Atlantique… (…) Ce cri était celui dont parlait Césaire : « Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes… » (…) Ce cri qui hantera pour les siècles des siècles tous les descendants d’esclave, ce cri qui continuera de résonner pour les siècles des siècles dans toute l’Afrique noire, ce cri s’adresse à toute l’humanité parce que la traite et l’esclavage furent les premiers crimes contre l’humanité. Cet esclavage fut pire encore que celui de l’Antiquité car il ne trouva pas seulement sa justification dans l’intérêt économique, dans l’appât du gain. Il la trouva aussi et même d’abord dans le racisme. Ce qui rend la traite et l’esclavage comparables à l’entreprise d’extermination totalitaire, c’est qu’ils ont trouvé leur justification intellectuelle et morale dans l’idée de race inférieure. Ce n’est pas par hasard si l’esclavage est réapparu brutalement en plein XXe siècle dans les camps de concentration. (…) Où a conduit ce préjugé ? A donner une valeur marchande à ce qui ne doit pas en avoir. La vie humaine n’a pas de prix, elle a une valeur infinie. (…) Et c’était la conviction de l’Occident qui croyait à sa supériorité, qui croyait que sa civilisation était la seule, . (…) Ce préjugé de supériorité qui ne fut pas  seulement un préjugé culturel mais qui fut aussi un préjugé racial, a été la grande faute de l’Occident. Il a été la cause d’une blessure profonde, ineffaçable. Cette faute est inexpiable, irréparable. Cela dura des siècles.

(…) Vint la Révolution française. Elle mit dans la pensée des esclaves l’idée de liberté. Il y eut des révoltes, des répressions. Mais les esclaves qui s’étaient libérés par les armes avaient définitivement perdu leur âme d’esclave. C’est dans ce moment décisif qu’à Saint-Domingue parut Toussaint Louverture. Avec des esclaves, il forgea une armée. Avec cette armée, il fit un Et         at. Chateaubriand l’appela : « le Napoléon noir ». Lamartine disait : « Cet homme est une Nation ». (…) Il mourut au fond d’un cachot. (…) Mais ce peuple que Toussaint avait réveillé (…) proclama la République d’Haïti. Il voulait en faire « la patrie des Africains du nouveau monde et de leurs descendants ». (…) En 1794, il y eut l’abbé Grégoire. En 1848, il y eut Schoelcher. (…) Les maîtres cédèrent. Les chaînes tombèrent. Ce grand honnête homme, comme disait Césaire, fit honneur à la France, à e qu’elle aspirait à incarner aux yeux du monde depuis qu’elle avait proclamé que tous les hommes naissaient libres et égaux en droit. (…) L’abolition commençait l’émancipation. Elle ne l’achevait pas. En théorie, l’égalité des droits fut solennellement reconnue. En pratique, la route vers l’égalité réelle était encore longue. En fait d’égalité, ce fut davantage celle des devoirs que celle des droits (…) Oui, l’égalité des devoirs et des sacrifices ! Mais reconnaissons-le, l’égalité des droits se fit attendre car le système colonial perpétuait l’injustice. Certes, la République prît en charge les meilleurs élèves (…) Certes, il y eut Félix Eboué. Il y eut Monnerville. Il y eut Césaire et quelques autres. Mais tant d’autres continuèrent à porter sur leurs épaules une fatalité venue du fond des âges. Il y avait eu 1848. Il y eut 1946, la fin du système colonial, la départementalisation. Elle était la promesse de l’égalité des droits économiques et sociaux (…) Cette promesse tarda à être tenue. Ce fut encore une souffrance. (…) Les descendants d’esclaves n’ont jamais demandé des excuses, ils ont demandé, ils demandent encore qu’ion reconnaisse leurs blessures. Ils n’ont pas demandé de réparation. Ils ont demandé de la compréhension et le respect de leur identité meurtrie. Ils n’ont pas demandé de droits particuliers (…) ils ont simplement demandé la liberté, l’égalité et la fraternité pleines et entières. Ils ont demandé à ce que nous donnions à ces mots tout leur sens. (…) Pas plus que la mémoire humaine ne doit oublier la Shoah, elle ne doit oublier l’esclavage parce que l’une et l’autre expriment une leçon universelle. La plainte lugubre que le souvenir du sang, de la torture et des crimes fait jaillir des prisons de Gorée et des camps de la mort, dit à chaque conscience humaine qu’elle se détruit elle-même lorsqu’elle consent à ce que les hommes deviennent des animaux domestiques ou des marchandises, lorsqu’elle accepte que des hommes soient exploités jusqu’à l’humiliation, jusqu’à la perte de leur dignité, jusqu’à leur aliénation totale. Nous n’en avons pas fini avec cette leçon. L’émancipation, jamais accomplie, toujours menacée reste le grand problème de l’humanité et l’idéal inachevé de notre République. (…) Comment pardonner ce qui est impardonnable ? Il ne faut pas pardonner. Il ne faut pas oublier. Pour rester éveiller, vigilant, attentif, la conscience en alerte. Car si nous ne sommes pas responsables de nos aïeux, nous ne pouvons pas nous exonérer de la responsabilité de celles que nous pourrions commettre en invoquant la terrible excuse des lâches : « Nous ne savions pas. » Car c’est à nous de savoir, à nous d’agir. Toussaint et Schoelcher firent ce qu’ils avaient à faire. Les Justes firent ce qu’ils avaient à faire. Permettez-moi de finir sur cette question qui devrait sans cesse tourmenter notre âme :  Et nous ? »

 


Ils ont dit

 

Romana.jpgSerge Romana, président du CM98 (comité marche du 23 mai)

On est venu parce que c’est une année particulière, la 10e commémoration du vote de la loi Taubira. Il était donc important, dans un contexte français où il y a des attaques contre cette loi, un contexte raciste, de nous montrer tous ensemble et ne pas faire de chikaya. Autant nous avons accepté l’invitation du 10 mai, autant, le CPMHE a accepté note invitation pour le 23 mai.

 


38.jpgMaryse Condé

 

« Je suis plus intéressée par l’avenir que le passé. J’aurai aimé que nous arrivions à vivre en bonne harmonie les uns avec les autres, que des Français valorisent davantage les Antillais, les Africains, les Arabes, les Musulmans qui vivent avec eux. Evidemment, connaître le passé de l’Afrique, c’est un moyen mais pas le seul. Il faut connaître au présent ce que nous pouvons offrir, ce que nous pouvons apporter et lutter, non pas pour une intégration, mais une meilleure connaissance, meilleur échange.

 


Claudy Siar

 

37.jpg« J’ai été très touché par le discours du président de la République et je me dis que toutes luttes des uns et des autres, des personnes de bonne volonté, quelles que soient leurs origines, la couleur de leur peau, ont été exprimées à travers son discours. Je pense à toutes celles et à tous ceux qui ont mené ce combat pour l’égalité, pour la reconnaissance de cette mémoire, cette histoire partagée et qui, malheureusement, ont très souvent été blacklistées — j’emploie le terme à dessein —, ont été vilipendées, marginalisées pour leurs idées alors que les combats qu’ils menaient étaient des combats pour l’égalité très clairement. Ce qui est inscrit sur la stèle dévoilée par le président ne peut qu’appeler, si tant est qu’il en faille une, à une réconciliation autour de cette mémoire et non pas exacerber les oppositions et faire en sorte que les uns et les autres soient encore dans la confrontation. Je suis très heureux qu’on aille à l’apaisement et à la reconnaissance également et surtout. »

 


Christiane Taubira

 

35.jpg« Je suis particulièrement émue parce que j’ai l’impression qu’on y arrive enfin. En entendant le discours du président, je pense que les malentendus sont enfin levés. Pour moi c’est vrai que ça me renvoie à la souffrance du débat parlementaire puisque ça a été deux années et demi très difficiles… Mais voilà, ce discours, avec des nuances, bien sûr puisque lorsqu’il parle de l’âme d’esclave, non ! Il y avait un état d’esclave, pas une âme. Mais c’est la seule nuance que je ferai sur ce discours qui a levé des tas de malentendus. J’ai entendu des tas de choses infâmes pendant des années. Donc voilà, c’est la source de mon émotion. »

 


En images40.jpgEddy Murté et David Auerbach Chifrin36.jpg

Olivier Biancarelli41.jpgCamouilly le nouveau directeur de l'antenne de France O et Henriette Sebeloué30.jpgFrançoise Verges et Nicolas SarkozyAntoinette Magras marsinJean-Etiene Antoinette, Michel Magras et Daniel Marsin45Lucette Michaux-Chevry et Marijosée Alie43

Gérard Larcher, Jean-Baptiste Rotsen et Greg Germain34

Christiane Taubira, vraie vedette de ce 10 maiBayrou-Gaudin.jpg

Bayrou et GaudinBerthelot-patient.jpgChantal Berthelot et Serge PatientCarabin.jpgGabrielle Louis-CarabinConde-Romana-2.jpg

Maryse Condé et Serge RomanaLombriere-Siar.jpg

Benoit Lombriere et Claudy SiarPau-Langevin-et-Louis-Georges-Tin.jpgGeoorge Pau-Langevin et Louis-Georges TinRafarin.jpgJean-Pierre RafarinP1030658.JPGExpulsion d'un membre de l'Alliance citoyenne noire


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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 06:15

De nègres et de békés, une journée de chien d’Henri Micaux (Mon petit éditeur)

De-negres-et-de-bekes.jpgGuadeloupe, 1949. Amédée, ouvrier agricole du sud Basse-Terre va travailler dans la plantation d’un riche béké, Michel de Blanière. Le livre démarre sur une Guadeloupe qui semble être celle de l’enfance de l’auteur, avec ses parfums de mangues et de prunes de Cythère. C’est dans ce triangle entre Saint-Claude, Basse-Terre et Gourbeyre qu’Henri Micaux a grandi entre 1945 et 1953. Sylvère le chaben, est le géreur de la plantation de Blanière. Il doit faire face à une fronde de ses ouvriers qui réclament une hausse de salaire et une amélioration de leurs conditions de travail…  C’est Amédée qui mène la revendication. On pense être alors dans un roman social. Mais il y a l’imprévisibilité des choses et des hommes, la tentation du rhum, les Blancs, les Noirs et ce qui les sépare, ce qui les unit… « C’est Amédée qui m’a entraîné, presque malgré moi », confie Henri Micaux… Et voilà que le roman à la Zola tropical devient un roman tout court. Micaux nous étonne, nous surprend. Où le nègre et le béké, tels deux héros de la tragédie grecque sont tous deux poursuivis par l’inexorable destin…

FXG

 


ITW Henri Micaux

 

« Le destin n’est pas meilleur pour le Noir que pour le béké »

Henri-Micaux.jpgQuelle était votre intention au départ ?

Quand j’ai eu l’idée de ce livre, je voulais poser mon regard sur les problèmes des Antilles actuellement et, chemin faisant, je me suis laissé prendre par le héros Amédée et ce livre est devenu son histoire. En somme, la thématique des problèmes sociaux et raciaux est non pas marginale, mais elle est le décor.

Pourquoi ce titre, De nègres et de békés ?

Mon point de départ et mon point d’arrivée ressemblent à ceux du roman de Steinbek, Des souris et des hommes. Il met en scène au début deux ouvriers agricoles qui arrivent sur une plantation, et à la fin, l’un d’eux est tué au bord d’une rivière…

Amédée, le héros, symbolise le Guadeloupéen moyen, ouvrier agricole qui a une conscience politique, grande gueule et revendicatif…

Il est symbolique de l’employé guadeloupéen mais le destin des employés n’est pas simplement ça… Si vous vous rappelez l’histoire de Steinbeck, Des souris et des hommes, le sort de Lenny qui est tué par Georges à la fin du récit est en quelque sorte inévitable alors que le destin d’Amédée est purement accidentel. Je veux dire par là que le destin n’est pas meilleur pour le Noir que pour le béké. Ils sont l’un et l’autre victime des hasards de la vie.

Ceux qui s’en tirent le mieux sont les gendarmes…

(Rires !)

Comment arrivez-vous à cette bascule entre le moment on l’est installé dans le conflit social et ce qui fait que ça va déraper ?

Il me semble que les antagonismes qu’il y a actuellement aux Antilles et qui datent de longtemps, les békés et les Noirs devraient y renoncer et s’efforcer de faire ensemble quelque chose qui soit viable pour tout le monde…

Un de vos personnages, Sylvère le géreur, a compris cela…

Incontestablement, il dit ce que je pense… Je l’ai mis dans la situation qui était exactement celle de mon père qui était le fils d’un Blanc et d’une jeune bonne qui était chez lui

Emmanuelle la fille du béké tient aussi un discours humaniste.

Oui… J’ai connu des filles de fonctionnaires, venues de métropole, qui étaient entre deux chaises. Les jeunes noirs ne les acceptaient pas et elles étaient très ouvertes, prêtes à comprendre la situation. C’est ce que j’ai voulu traduire dans l’image la jeune Emmanuelle…

Sa famille, les de Blanière sont-ils inspirés ?

Ce sont des gens purement imaginaires d’autant que je n’ai jamais fréquenté de békés quand j’étais en Guadeloupe. J’ai connu des jeunes qui étaient à l’école avec moi comme les fils Damoiseau, les fils Lignères qui étaient d’excellents camarades et parfaitement de plain-pied avec nous. Le problème entre blancs et noirs s’est réveillé après mon départ de la Guadeloupe en 1953. Il y a eu les événements du Moule en 1954, puis mai 1967…

Amédée n’est pas pour autant un indépendantiste ?

Pas du tout. Il a l’impression qu’il est dominé par les békés de l’île et il voudrait que les choses soient mieux réparties. L’idée d’indépendance ne l’effleure pas.

Propos receuillis par FXG (agence de presse GHM)

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 05:54

Nantes en face à face fécond avec son histoire
Avant de participer aujourd’hui à Paris à la commémoration officielle de l’esclavage, la traite et leurs abolitions, en présence de Nicolas Sarkozy, Christiane Taubira a chosi d’aller à nantes pour fêter les dix ans de la loi qui porte son nom.Maquette-memorial.jpg
Quel meilleur endroit que Nantes pouvait choisir Christiane Taubira pour fêter les dix de la loi qui porte son nom ? « Nantes et une ville pionnière qui s’est lancée dans ce face à face avec l’histoire de manière très féconde », a lancé dans un discours très applaudi, hier soir à Nantes, la député de Guyane. Ayrault-et-Taubira-avec-des-fleurs.jpgElle sait aussi quel rôle a joué le maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault, en tant que président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale à l’époque du débat parlementaire. Accueillie par Octave Cestor, l’un des pères de l’association des anneaux de la mémoire et devenu depuis adjoint au maire chargé des relations Afrique et Caraïbes, Christiane Taubira s’est d’abord rendu au musée des ducs de Bretagne où le conservateur Bertrand Guillet lui a fait visiter quelques salles relatives à la traite, à l’esclavage et à « l’opulent commerce ». Plan-du-memorial.jpgLa député a ensuite rejoint Jean-Marc Ayrault sur le chantier du mémorial de l’abolition (que d’aucuns auraient préféré voir appelé le mémorial de l’esclavage et de la traite…). Là, entre deux ponts le long de la Loire, la métropole nantaise bâtit un monument d’art contemporain dédié au passé négrier de la ville. Aménagé comme une promenade publique, cet espace mémorial sera parsemé de 2000 plaques au sol portant le nom et les destinations des navires négriers qui ont fait la fortune de la cité au 18e siècle. En dessous du quai, une allée souterraine de 90 mètres d’où émergeront de grandes plaques de verre symbolisant les abolitions.

Pas une oeuvre de repentance mais de lucidité

Chantier-memorial-Nantes.jpgEn face, par une meurtrière, on voit se dresser un autre bâtiment contemporain, le palais de justice de l’architecte Jean Nouvel. « C’est le message du droit », explique Marie-Hélène Jouzeau, responsable du projet. 6,9 millions d’euros ont été investis pour ce mémorial. « C’est le plus important de France, indique Jean-marc Ayrault mais le gouvernement n’a pas voulu y participer. Ca pourrait pourtant être une opportunité pour la France d’avoir un mémorial national. J’en ai parlé à Frédéric Mitterrand, mais je crois que le blocage vient de plus haut. » Il croit pouvoir dire que c’est dû au discours du chef de l’Etat qui refuse toute repentance. « Mais, ce n’est pas une œuvre de repentance, s’exclame l’élu nantais, c’est une œuvre de lucidité ! Jet-de-fleurs-dans-la-Loire.jpgNous ne sommes pas comptables du passé, mais du futur ! » Sur la passerelle Victor-Schoelcher qui enjambe la Loire à l’exrêmité est du mémorial, Christiane Taubira et Jean-Marc Ayrault, escorté par la foule et sous le son roulant des tanbous des Amis du bélè, ont jeté des fleurs en hommage aux victimes de l’esclavage. Le maire a évoqué les différentes abolitions, les révoltes avant de déclarer la loi Taubira comme celle qui a « parachevé l’œuvre abolitioniste en France ». « Nous portons une histoire commune, a déclaré la députée de Cayenne, et c’est ensemble que nous avons proclamé qu’elle était un crime contre l’humanité. » Le préfet, dernier à parler selon le protocole, est resté dans son rôle en disant : « Il y a une loi de la République et elle doit s’appliquer. »
FXG à Nantes (agence de presse GHM)

 


Christianne Taubira au musée

6-avril-2011-7249.JPG"Nantes est une ville qui ose affronter. Ca ne veut pas dire qu’il n’y a pas de débat à Nantes. On sait qu’il y en a, mais Nantes est une ville qui affronte son passé sans pathos. Oui, elle assume son histoire de port négrier. Pendant la Révolution, elle a assumé 40 % du commerce négrier du commerce de la France ! Et c’est au nom des valeurs humanistes, au nom des idéaux que Nantes a le courage de dire que son histoire est, de toute façon, inscrite dans son espace public. Alors, elle inscrit dans son espace public le fait qu’elle pense aujourd’hui que ce n’était pas juste, que c’était un crime, qu’il faut s’en souvenir, parce que ce qui peut vaincre tout cela, c’est justement le fait que des valeurs nous rassemblent. A une période, on a séparé des hommes sur la couleur, aujourd’hui, ce sont les valeurs qui nous réunissent parce que déjà, à l’époque, ce sont des valeurs qui ont fait que les esclaves et les nègres marons ont reçu la solidarité de philosophes européens mais aussi de citoyens ordinaires."

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 05:53

Interview Christiane Taubira

« La vigilance est en train de tomber »

Christiane-Taubira.jpg10 ans après le vote de la loi faisant de l’esclavage et de la traite des crimes contre l’humanité, qu’estimez-vous que ça a apporté à la France ?

Ce qui est acquis, c’est le respect de l’article 2 sur l’enseignement scolaire. On le voit bien à travers les deux rapports annuels qui sont produits par les études nationales de recherche pédagogique et le Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage. Ces rapports montrent bien qu’au niveau des collèges et des lycées, les programmes scolaires se sont enrichis de cette histoire en l’abordant sous des angles différents. Ca peut être directement sous l’angle de l’histoire de la traite et de l’esclavage, celui des échanges entre les trois continents, celui des oppressions et des servitudes sous toutes leurs formes… Cette histoire est de mieux en mieux enseignée. Ma deuxième satisfaction est que de plus en plus d’élus locaux dans de très nombreuses villes ou département prennent des initiatives et font un travail sur le terrain. Il y une inscription dans l’espace public, des baptêmes de rue, des manifestations, des revues, des événements avec des associations…

Cela permet-il de dire que la France a pris la mesure de sa part dans l’histoire de la traite et de l’esclavage ?

La France l’a prise dans la mesure où la loi qu’on appelle loi Taubira est une loi de la République. Elle confère un certain nombre d’obligations pour les autorités officielles. Alors on a observé évidemment que les deux dernières années, le président de la République avait disparu. Semble-t-il qu’il doive réapparaître ce jour… C’est tant mieux, mais en tout cas, c’est bien la loi qui crée cette date de commémoration nationale et cela veut dire que les plus hautes institutions de la République en ont pris acte. Depuis six ans que le 10 mai est la date officielle de la commémoration, êtes-vous satisfaite de la manière dont se sont déroulées ces journées nationales ? Comme je vous l’ai dit, ces deux dernières années, la plus haute autorité avait disparu… Le président inaugurait le musée de l’Aquitaine à Bordeaux… Mais oui et puis l’année précédente, il était en Allemagne et puis, cette année, il aurait pu aller en Chine ! Lorsqu’on fait le calendrier, la date est fixée d’avance. On peut choisir d’être là ou d’être ailleurs…

Cela ne révèle-t-il pas qu’il peut y avoir une instrumentalisation de cette journée ?
Il y a ce risque mais les gens sont lucides. Si vraiment le retour du président de la République signifie que, simplement, il calcule par rapport au rendez-vous politique de la présidentielle l’année prochaine, c’est son affaire car il a un grand risque d’effet boomerang. Les gens vont bien se rendre compte… Lors de la panthéonisation d’Aimé Césaire, les gens ont bien vu que l’UMP, le parti du président, était en pleine dérive avec Vaneste qui vient dire que cette loi est la loi de la honte, avec ce fameux débat sur l’islam… Les gens vont faire la part des choses. Et s’il y a une tentation d’instrumentalisation, je pense qu’il y aura un boomerang certain.

Entre ceux qui sont contre toutes les lois mémorielles et ceux qui vantaient les aspects positifs de la colonisation, est-ce que vous comprenez que cette loi puisse déranger ?

Bien entendu parce que ce sont des courants de pensée différents. Cela est inspiré par des valeurs sur les libertés individuelles, sur l’égalité que l’on peut concevoir entre les individus de culture, d’apparence, d’origine, de croyance, d’accents différents… Oui, il y a des idéaux différents qui s’affrontent et cela ne m’étonne pas. J’entends des députés qui montent à la tribune et qui font des discours qui ont l’étoffe de ceux qu’on entendait sous la 3e République, avec le talent en moins ! Mais dans le fonds, la pensée est la même : la certitude gonflée d’une supériorité sur les autres, la condescendance qui les fait regarder les autres de très haut. Je ne suis pas surprise de cette confrontation de courants de pensée, de perception différentes du monde.

Quand on voit les résultats du Front national aux dernières élections cantonales ou à l’affaire de la Fédération française de football, croyez-vous que la loi Taubira aurait les mêmes chances d’être adoptée qu’en 2001 ?

On a eu une fenêtre particulière et pourtant, ça n’a pas été simple. On a eu un combat extrêmement difficile et même ceux qui étaient d’accord, subissaient des pressions avec une tentation de dévitaliser la loi. Je ne vais pas faire de politique-fiction et vous dire que ça ne passerait pas. Oui, il y a une résurgence d’outils de représentation qui ont été produits pour justifier le système économique de l’esclavage. De grandes théories raciales et racistes ont été construites à la période de l’esclavage pour justifier le fait qu’on allait chercher cette main d’œuvre dans un continent où il se trouve que tous les gens étaient noirs… Tout ça est en train de remonter, les inhibitions sont en train de disparaître, la vigilance est en train de tomber et des choses qu’on n’aurait pas osé dire il y a quelques années, remontent. Ce n’est pas plus mal qu’elles remontent parce que la faute serait de croire que c’et un sujet consensuel. C’est loin de l’être !

Récemment, le Sénat a rejeté l’idée d’une loi qui punirait ceux qui nient le génocide arménien…

Il y a une ambiance générale. En 2001, la France a osé reconnaître le génocide des Arméniens mais maintenant il y a une régression dans la conception des valeurs humanistes, dans les choix et les convictions. Elles s’expriment avec tapage dans la société par la voix notamment de Mme Le Pen mais malheureusement, elle pourrait être dans les esprits.

Comme dans les instances dirigeantes de la FFF ?

Je ne me permettrai pas de dire que Laurent Blanc est raciste parce que je ne le connais pas. Mais lorsque je dis que les vigilances sont en train de tomber, c’est ça que ça veut dire. Nous avons tous reçu des clichés, des préjugés ; on nous a tous inculqué d’une façon ou d’une autre ces représentations qui viennent de ces théories racialo-racistes. Et si on ne fait pas gaffe, ça remonte. Sans être raciste, sans avoir de préjugés, même quand on n’a aucun problème avec les Noirs ou les personnes différentes, le jour où il y a des situations comme celle-là, on se rend compte qu’il y a des choses qui remontent…

« Il est encore fécond le ventre d’où est sortie la bête immonde. » Brecht reste d’actualité ?

Absolument. Alors ça ne veut pas dire que Laurent Blanc est raciste mais ça devrait l’interpeller et il devrait reconnaître qu’il a dit là quelque chose de raciste parce qu’il se réfère à des représentations raciales. Il devrait dire qu’il n’adhère pas à cela et qu’il regrette d’avoir pu le penser et l’exprimer.

Un certain nombre d’associations afro-antillaises souhaitent se servir de votre loi pour exiger des réparations. Cela vous paraît-il légitime, et si oui, quel type de réparations ?

Dans l’édition originale que j’avais rédigée, il y avait un article sur les réparations. Je proposais la lise en place d’un comité de personnalités qualifiées pour estimer comment on évalue le préjudice et comment on fait des propositions de politiques publiques de réparations. Mais depuis le début, je suis absolument claire, il n’est pas question de réparations par des subventions, des dotations financières ni à des individus, ni à des groupes. Mais par contre, des politiques publiques qui prennent acte du fait que le système esclavagiste a écrasé l’expression artistique et culturelle, oui. Par exemple, des politiques pour faire un effort particulier pour que ces expressions se retrouvent, qu’on puisse rechercher comment elle s’est faite à cette époque, et comment on peut la récupérer. Dans le domaine économique, par exemple en Guyane où l’Etat a accaparé les terres jusqu’à 90 % du foncier dans certaines îles où l’on se rend compte que le patrimoine foncier est resté entre les mêmes mains de génération en génération, que l’accès au contrôle des moyens financiers aussi, que les actionnaires des banques sont les mêmes aussi. Il y a des réparations à faire ! Et là, l’Etat doit s’impliquer avec des réformes agraires, des rachats de terrains. Il ne s’agit pas d’organiser la guerre civile mais de recréer des conditions d’égalité, de justice et de promotion sociale.

Nantes assume sans pathos, dîtes-vous. Ce n’est pas toujours le cas des descendants d’esclaves. Comment peut-on dépasser cela ?

Ca reste chargé parce qu’il y a beaucoup de souffrance qui génère du ressentiment. Et ce ressentiment va durer tant qu’un certain nombre de débats nauséeux vont continuer. On ne pourra pas réparer le crime, c’est posé, c’est définitif, mais on peut réparer certaines conséquences à la fois du système esclavagiste et de la façon dont on est sorti de ce système puisque les maîtres ont été indemnisés. Cela a consolidé les injustices. Si on ne fait aucun effort pour réparer les conséquences qu’on traîne aujourd’hui encore, il est normal qu’il y ait du pathos. Moi, je ne souhaite ni pathos ni rancœur car ça n’a aucun effet sur les personnes qui sont cyniques et qui font semblant de ne pas voir. Par contre, ça détruit ceux qui sont en train d’entretenir cette rancœur. Voilà pourquoi, il faut arriver à toucher une certaine légèreté, une certaine distance par rapport à cette histoire. Cependant, je comprends tout à fait cette rage. Par moment, moi-même, je combats ma propre rage parce qu’on est confrontés à des gens extrêmement cyniques, des gens qui, si la traite et l’esclavage étaient encore autorisés, le pratiqueraient sans état d’âme.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 05:46

Affaire Blanc, le Collectifdom réagit

Après la FAAC et Claudy Siar, le Collectifdom a décidé de réagir à l’affaire Blanc. L’association se demande si « les instances du football français (sont) au service du Front National. Reprenant les propos de Mediapart, « plusieurs dirigeants de la Direction technique nationale (DTN) de la Fédération française de football (FFF), dont le sélectionneur des Bleus en personne, Laurent Blanc, auraient approuvé dans le plus grand secret, fin 2010, le principe de quotas discriminatoires officieux dans les centres de formation professionnels », Daniel Dalin, président du Collectifdom va plus loin et dénonce ceux qui « seraient même allés jusqu’à comparer l’équipe de France à une "cave de banlieue" où le "premier de la classe" (blanc) était brimé par les cancres (noirs, maghrébins ou musulmans) ». 

La décision de la FFF aurait de quoi réjouir certains politiques avance le Collectif qui rappelle un dérapage de Georges  Frêche. « Il doit bien rigoler de là-haut, lui dont les mêmes propos avaient soulevé en leur temps une vague d'indignation. » Le Collecifdom interpelle la classe politique française, députés et sénateurs, sur « ces dérives racistes et discriminatoires qui font le lit des extrêmes ». Le Collectifdom rappelle enfin que « la seule équipe de France qui a été  championne du monde en  1998, puis championne d’Europe en 2000  était  bel et bien composée de Nègres français, de Maghrébins Français et de Français blancs ! »

FXG (agence de presse GHM)

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 09:12

Pan peoplePochette-Calypso-HD.jpg

Calypsociation Steelband a sorti le 26 avril dernier son deuxième album, Pan people, après plus de deux ans de répétition et un premier opus, Made it, salué par les spécialistes du steeldrum, instrument de Trinidad & Tobago. Dans ses nouveaux morceaux, Calypsociation réaffirme son identité et continue de surprendre.  

Mathieu Borgne et Laurent Lalsingué proposent des compositions uniques, des arrangements punchy, alliant classiques de la chanson française (La Javanaise, Serge Gainsbourg), de la musique trinidadienne (Pan in Harmony, Aldwin Roberts), de la musique jazz (Black Market, Joe Zawinoul) ou encore de la pop avec Human Nature de Mickaël Jackson.

Le saxophoniste Manu Dibango s’invite sur l’un des titres, et de nombreux autres artistes joignent leurs musicalités à ce groupe unique.

Instruments-HD----c--Nathalie-Clerault.jpgCréée en 1993, par Guillaume Kervel, Barthélémy Fougea et Emmanuel Masselot, Calypsociation est une association qui participe activement au développement du Steelpan en France. Elle est aujourd’hui la plus importante école française et un des carrefours incontournables du Steelpan en Europe. Son réseau de partenaires français et internationaux lui permet de couvrir tous les domaines d’action liés à l’instrument : apprentissage (cours hebdomadaires, stages ponctuels), concerts, expositions, conférences.

L’association a participé aux deux compétitions européennes et est deux fois vice-champion d’Europe, en 2000 et 2002, dans ce concours (organisé par l’association Steelpan European, en compétition avec une dizaine de steelbands européens).

Pendant trois ans, entre 2002 et 2005, la collaboration entre Andy Narell et Calypsociation produit un mélange harmonieux et détonant. Fruit de cette rencontre, l’album Le Passage est enregistré en 2004 et le Steelband se produit au New Morning à Paris, au Jazz-festival de Portland (USA), à Amsterdam, Dortmund (All.)….

GrandSteelband-HD--c--Dimitri-Tolstoi.jpgDepuis 2006, Mathieu Borgne et Laurent Lalsingué sont à la direction musicale du steelband. Ils arrangent et composent des calypsos traditionnels, des « Panoramas tunes » et « bombs tunes », du jazz,… Forte de ces diverses influences, Calypsociation joue une musique unique alliant tradition et personnalité. L’album autoproduit MADE IT sort en 2007 et obtient une grande reconnaissance dans le monde du Pan jusqu’à Trinidad. Il obtient l’Award du meilleur album de steelpan 2008, délivré par l’association internationale When Steel Talk.

En 2010, Calypsociation enregistre son 2e album : PAN PEOPLE.

À travers son école, ses steelbands et ses activités, Calypsociation couvre de nombreux domaines autour du steelpan. Elle propose une formation musicale pour amateurs et professionnels, héberge fabricants et accordeurs et participe à des concerts et carnavals ainsi qu’à des projets d’insertion par la musique notamment en art thérapie.

L’association permet un accès facile à l’instrument grâce à une pédagogie qui place d’emblée le débutant en situation d’orchestre. Aucune formation musicale préalable n’est nécessaire. Les méthodes d’apprentissage combinent spontanéité rythmique et accompagnement théorique.

Extraits de l’album ici : http://fr.myspace.com/calypsociation

 

PhotoGroupe.jpgLes concerts à venir

 

- 17 juin : Gueugnon - Bourgogne

 

- 19 juin : Fête de la ville de Romainville

 

- 21 juin : Fête de la musique

 

- Du 26 au 28 juillet : Tournée en Aquitaine - Festival des Nuits Atypiques de Langon

 

 

 

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