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2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 09:41
Tourisme Outre-mer

Reprise du tourisme : le ministre compte sur les feuilles de route territoriales

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, en charge du tourisme, a été auditionné par les députés de la délégation outre-mer hier, alors que la saison des grandes vacances devrait pouvoir reprendre avec la réouverture d’Orly vendredi dernier. Le ministre a d’ailleurs rappelé la campagne de promotion qui vient d’être lancée pour promouvoir les vacances en France, outre-mer compris. Pourtant les questions des députés reflétaient plutôt l’angoisse des professionnels de ce secteur qui représente 10 % du PIB aux Antilles et 12 % en Guyane contre 7 à 8 % dans l’Hexagone. Jean-Baptiste Lemoyne a chiffré le coût de chaque mois de confinement à 10 à 15 milliards au niveau national et c’est pour contrebalancer ce manque à gagner que le 14 mai dernier un plan global pour le tourisme a été armé à hauteur de 18 milliards d’euros. La prise en charge du chômage partiel qui a été mise en place depuis la mi-mars est prorogée jusqu’au 31 décembre, mais elle ne concerne pas tout le monde… Quant aux assureurs qui refusent de prendre en charge les pertes d’exploitation, ils auraient selon le ministre, fait un effort de 1 milliard d’euros. Il a par ailleurs indiqué que l’Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie (UMIH) a mandaté une mission auprès des assureurs. « J’ai bon espoir, a dit M. Lemoyne, que des gestes soient faits sur une base commerciale. » Concernant les entreprises qui se seraient vu refuser un prêt garanti par l’Etat (PGE), il assure que le taux de refus n’a pas excédé 5 à 7 %. Il invite les candidats malheureux au PGE à se signaler pour espérer peut-être décrocher une avance directe auprès du Trésor.

Des tests généralisés pour les voyageurs dès le 10 juillet

Le ministre a indiqué que la Banque des Territoires avait augmenté son financement en direction des Outre-mer en le portant à 5 euros par habitant au lieu de 2 euros dans l’Hexagone. De même, concernant la reprise du trafic aérien, il a assuré que l’Etat avait débloqué 300 millions pour financer les dépenses régaliennes des aéroports afin qu’ils n’augmentent pas leurs taxes.

A partir du 10 juillet sera généralisée le test PCR de chaque passager, 48 à 72 heures avant le départ, puis 7 jours plus tard. Le ministre a évoqué la possibilité de pouvoir donner des amendes en cas de non-respect du test. « Le virus ne prend pas de vacances », a-t’il justifié.

Quant à la saison à venir, on reste dans le flou… Le ministre a évoqué des feuilles de route territoriales (diagnostics et pistes d’action) en cours d’élaboration avec les collectivités « pour, dixit M. Lemoyne, être au rendez-vous du retour du rebond ». Il a invité les collectivités à s’appuyer sur leurs contrats de destination mis en place depuis 2016, mais également sur Atout France, l’agence d’Etat de promotion du tourisme, pour les aider à repenser un tourisme durable.

Quant à la croisière, l’enseigne américaine Carnival ne devrait reprendre son activité qu’à partir de septembre, donc en Caraïbe, pas avant la fin de la saison cyclonique.

FXG

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2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 09:35
Retraites agricoles outre-mer

Les retraites agricoles seront revalorisées le 1er janvier 2022

Le Sénat a définitivement adopté lundi soir la proposition de loi visant à assurer la revalorisation des pensions de retraite agricoles en France continentale et dans les outre-mer. Il aura fallu trois ans et demi pour que le Parlement vote cette petite loi qui va changer la vie des retraités de l’agriculture en Outre-mer puisque le groupe GDR (qui rassemble le plus de députés d’outre-mer) l’avait proposé en décembre 2016. Les députés de ce groupe s’appuyaient sur le fait que le montant de ces retraites était inférieur au seuil de pauvreté et au montant du minimum vieillesse. La moyenne des pensions de retraite agricole était alors de 730 euros dans l'Hexagone et de 330 euros en outre-mer. La nouvelle loi porte le niveau minimum des retraites à 85 % du SMIC (en créant une nouvelle contribution affectée au régime de retraite complémentaire obligatoire sur les revenus financiers des sociétés financières et des sociétés non financières liées au secteur agricole). Son titre II, spécifiques aux départements et régions d'outre-mer vise notamment à faciliter l'accès des chefs d'exploitation ou d'entreprise agricole ultra-marins à la garantie 75 % du SMIC, et à garantir la couverture des salariés agricoles par les régimes d'assurance vieillesse complémentaire sur l'ensemble du territoire national.

Cette revalorisation devrait concerner 256 000 retraités dont une trentaine de mille en outre-mer. Adopté par l'Assemblée nationale avant l’élection d’Emmanuel Macron à l’Elysée, le texte avait été rejeté en mai 2018 par une manœuvre du gouvernement qui avait imposé un « vote bloqué », soit un artifice qui permet au gouvernement, si son amendement n'est pas voté, de faire tomber tout le texte. Il a ensuite fallu deux ans pour que l’Assemblée nationale le réexamine et le vote le 18 juin dernier avant de céder la parole au Sénat qui l’a voté sans difficulté. « Je regrette le temps perdu comme l'exclusion des polypensionnés », a déclaré au nom de Catherine Conconne (Martinique, PS), la sénatrice Monique Lubin, tout en saluant « la suppression de la condition d'affiliation de 70 trimestres (qui) vient un peu réparer l'histoire et j'ai une pensée pour tous ces travailleurs besogneux qui ont trop longtemps vécu dans la misère ».

L’entrée en vigueur de la loi entrainera le 1er janvier 2022 une augmentation des pensions des agriculteurs non-salariés estimée par le député GDR de Guyane, Gabriel Serville, « à 150 euros en moyenne dans l’hexagone et de jusqu’à 550 euros par mois Outre-mer ». Par rapport à cette date du 1er janvier 2022, Laurent Pietraszewski, secrétaire d'État chargé des retraites, a déclaré : « Je mettrai en oeuvre ce texte, en m'assurant que les conditions techniques seront réunies. Nous aurons l'occasion d'en reparler. »

FXG

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30 juin 2020 2 30 /06 /juin /2020 09:21
Taubira et 2022

Taubira candidate à la présidentielle ?

Y aller ou pas ? Christiane Taubira connaît le job, elle l’a fait en 2002 sous les couleurs du PRG. Aujourd’hui, le PRG, c’est quasiment le parti présidentiel En marche ! Etrange évolution pour ce petit parti satellite du PS tant Christiane Taubira est, de son côté, devenue l’égérie de la gauche et le repoussoir de la droite depuis la loi autorisant mariage pour tous. Refusant d’être ministre de Manuel Valls, elle a préféré quitter le gouvernement quand ce dernier, avant l’arrivée de Macron à l’Elysée, s’est attelé à détricoter le code du travail avec la fameuse loi El Komry qui aurait dû s’appeler loi Macron. Le 26 septembre dernier sur France Inter, Christiane Taubira affirme qu’elle n'a pas totalement exclu d'être candidate à l'élection présidentielle de 2022, « S'il se dégage que c'est à moi de tenir le gouvernail, de prendre les rênes, de me bander les muscles intellectuels, affectifs et de tenir pour qu'on avance ensemble... ». Elle « n'en rêve pas, mais, ajoute-t-elle, oui, je serai là s'il faut se battre, parce que je suis très inquiète de l'état de nos sociétés, du monde ».

Le Figaro, Ouest-France reviennent dans les jours qui suivent sur ses propos. Mais Christiane Taubira n'est pas pour autant candidate. « Je n'ai pas une vision messianique de la politique et je ne crois pas aux femmes, aux hommes providentiels, avait-elle expliqué, le combat politique est un combat collectif. »

L’Express du 17 janvier dernier consacre un dossier aux potentiels candidats de 2022. Il place l’ancienne garde des Sceaux dans la rubrique : « Ceux qui pourraient se réveiller ».

« Régulièrement courtisée à gauche ces dernières années, Taubira a toujours décliné les propositions de mener une liste. Pourtant la ministre de la Justice de François Hollande souvent sollicitée pour voler au secours de la gauche, fait des (petits) pas vers 2022. » A son tour l’Express revient sur l’entretien de France Inter.

Mille chemins devant elle

Le 14 avril sur RTBF, on lui demande : « Vous pensez déjà à cette question que l’on vous a posée sur 2022 et l'élection présidentielle en France ? » Sa réponse est limpide : « La forme la plus simple à imaginer, c’est d’être candidate en 2022. On m’y ramène constamment. Ce n’est certainement pas le plus simple pour moi mais je ne m’interdis pas de me dire qu’il y a peut-être des choses qui vont se dégager, qu’on n’imagine pas aujourd’hui et qui nous offriront l’opportunité de faire des choses ensemble et de bouleverser l’ordre actuel qui, pour moi, est un grand désordre. »

Dernière en date (18 mai), Elizabeth Quin l’interroge sur Arte sur son possible retour sur la scène politique, Christiane Taubira voit venir le piège : « J’ai mille chemins devant moi. Je serai là où je serai utile, mais dans une dynamique collective. »

Enfin, le 23 juin, c’est CNews qui évoque Christiane Taubira, mais Ô ! surprise, pas sur les candidats en 2022, non, sur les potentiels successeurs d’Edouard Philippe à Matignon après le second tour des municipales. Difficile à croire… En 2017, face à Marine Le Pen, Emmanuel Macron avait assuré qu'il ne la choisirait pas. Mais Cnews veut croire que trois ans plus tard, le contexte a changé avec le mouvement mondial contre le racisme : « La personnalité et le parcours de Christiane Taubira pourraient constituer un message d'apaisement envers les quartiers populaires, en plus de constituer un signal fort envoyé à certains mouvements dits antiracistes. » CNews concède toutefois que sa personnalité et son parcours politique, commencé avec les indépendantistes guyanais, « clive et braque fortement à droite. » Il rappelle la dernière sortie médiatique de l’ancienne députée de Cayenne qui en a hérissé plus d’un à droite, lorsqu’elle a dit à Assa Traoré, nouvelle figure de proue de la lutte contre les violences policières : « Vous êtes une chance pour la France. » Cnews admet au final que cette nomination renforcerait le vote RN en 2022.

FXG

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30 juin 2020 2 30 /06 /juin /2020 08:24
Louis-Georges Tin, Macron, Colbert...

Au lendemain de l’allocution d’Emmanuel Macron lors de laquelle il a affirmé que « la France ne déboulonnerait pas de statues », le Martiniquais Louis-Georges Tin, président d’honneur du Conseil représentatif des associations noires (CRAN), annonce la tenue prochaine d’états généraux de la lutte contre le racisme et le colonialisme. Nous lui avons demandé son point de vue sur le débat sociétal qui s’est emparé de la France et du monde après l’assassinat de Georges Floyd.

"Colbert, c'est la théorie et la pratique"

Que retenez-vous du refus du président de déboulonner des statues ?

Sur le fond, l’histoire retiendra qu’il a apporté son soutien à une statue d’esclavagiste. Ce Colbert devant l’Assemblée nationale, c’est quelque chose de peu glorieux. Sur la forme, il faut rappeler à M. Macron qu’il n’est pas décisionnaire en la matière. Les noms des rues dépendent des maires, celui des lycées des proviseurs et des Régions, et la statue de Colbert  dépend de l’Assemblée nationale. Quand le président dit que la République ne déboulonnera pas, je lui réponds : la République, ce n’est pas vous. Vous en êtes membre, mais vous n’êtes pas la France entière.

Le président a parlé de « réécriture haineuse de l’histoire » et de « séparatisme ». Qu’en avez-vous pensé ?

J’ai eu vaguement l’impression d’être visé… Si c’est pour se séparer de Colbert et de l’esclavage, oui, si c’est ça le séparatisme, je suis séparatiste. Je pensais même que c’était la définition même de la République que de se séparer de l’esclavage, de la monarchie et de l’autoritarisme. Et quand il dit qu’il ne faut pas cacher des pans entiers de l’histoire, il me semble que c’était la République qui a essayé d’occulter. En 1998, le Premier ministre Lionel Jospin avait dit : « Tous nés en 1848 » Non, c’est une façon d’organiser l’oubli ! Si on veut vraiment parler de notre histoire, elle ne commence pas en 1848. Il a fallu beaucoup de travail et de militants pour arriver à la loi Taubira. C’est nous qui parlons de notre histoire et c’est la République qui cherche à l’effacer. L’Etat français a souvent occulté l’histoire de l’esclavage en se gaussant de l’avoir aboli. Ce sont plutôt les militants anticolonialistes qui ont rappelé que cette histoire existait et qu’il faut l’enseigner. C’est un mauvais procès à nous faire.

La société française a-t-elle évolué sur la question du racisme ?

Il y a trois ans, lorsque j’ai publié une tribune dans Libération et dans Le Monde (« Vos héros sont parfois nos bourreaux »)*, ça avait fait un peu de bruit, mais nous étions un peu seuls. Aujourd’hui, les gens comprennent qu’il y a là un vrai problème et le fait que le président réponde, même par la négative, démontre qu’il s’agit bien d’un débat national.

Ce débat a pris une ampleur internationale après l’assassinat de Georges Floyd, mais avant, le 22 mai dernier en Martinique, de jeunes Martiniquais à visage découvert ont abattu deux statues de Victor Schoelcher. Que pensez-vous de cet acte ?

La mort de Georges Floyd a catalysé les choses, mais oui, il s’est passé des choses en Martinique, sans parler de la statue de Joséphine qui a été décapitée bien avant que le CRAN intervienne sur ces questions. C’est une question très ancienne qui a pour nom la justice mémorielle. A qui rend-on hommage ? Pour revenir à Schoelcher, je dirais que ce qui a été critiqué, dénoncé à travers cet acte, ce n’est pas Schoelcher lui-même, c’est le schoelchérisme. Le schoelchérisme, c’est cette manière classique de faire comme si le grand Blanc était le sauveur des petits Noirs. C’est cette historiographie qui est constamment présenté depuis 1848. Or, Schoelcher n’était pas schoelchériste. Dans ces ouvrages, il évoque les premiers nègres marrons déjà en Afrique, mais il a été récupéré par l’Etat, c’est le mythe du white savior, le sauveur blanc qui invisibilise les combats locaux. Il y a eu en Martinique l’abolition avant même l’arrivée du décret Schoelcher ! L’esclavage est une guerre mondiale qui commence depuis la fin XVe siècle et qui se termine quatre siècles plus tard. C’est tout cela qu’il faut mettre en perspective, un processus dont Victor Schoelcher est un élément intéressant mais c’est lui seul qui a été mis en avant. C’est cela le schoelchérisme. Et comme pendant longtemps, même en Martinique, il n’y a pas eu de dialogue, on n’est pas tout à fait surpris qu’on soit resté sourd à ces revendications. Pourtant, nous déléguons tout crédit politique à Victor Schoelcher, un homme très bien mais qui n’a pas tout fait de A à Z. Je n’approuve pas forcément cet acte, mais je dis qu’il a le mérite de créer ce débat qui existe depuis longtemps mais qu’on ne voulait pas entendre, même en Martinique.

Concernant la statue de Colbert, qu’avez-vous à dire ?

Ce que nous visons en Colbert, c’est à la fois sa personne et le symbole. Sa personne parce que c’est vraiment lui qui a coordonné le code noir et qui a créé la Compagnie des Indes, un établissement colonial qui a organisé la traite, la déportation des esclaves et l’importation du sucre des Antilles. C’est la théorie et la pratique ! En ce sens, il représente tout un système dont il n’est pas le seul acteur, bien entendu. Il y a des planteurs aux Antilles, des négriers dans les ports européens, des décisionnaires à Paris… Mais Colbert en est le symbole. L’Assemblée nationale sur le fronton de laquelle est inscrit « liberté, égalité, fraternité », est le pire endroit où exposer sa statue. Je rappelle qu’en 1685, le parlement de Paris s’est opposé au code noir en disant qu’il était contraire au droit français, au droit divin et au droit naturel. Le parlement de Paris ayant refusé d’enregistrer la loi, c’est resté un code et pas une loi. Il ne faut pas détruire la statue de Colbert, il faut la mettre au bon endroit et le bon endroit, c’est le musée de l’esclavage qui reste à mettre en œuvre à Paris.

Que devrait mentionner la plaque sous la statue de Colbert au musée de l’esclavage ?

Pour résumer : « Ministre de Louis XIV, a coordonné le code noir et la mise en place de la Compagnie des Indes qui ont organisé l’esclavage dans le contexte français. »

Pourquoi un musée de l’esclavage ?

Le musée est un des éléments de la réparation à mettre en place, pas le seul puisqu’il y a les réparations éducatives, la réforme agraire, l’aide à ceux qui veulent retourner en Afrique… Le musée est important pour des raisons symboliques. Il y a 12 000 musées dans l’Hexagone, 12 du sabot et aucun musée de l’esclavage. Il y a des monuments comme le Mémorial de Nantes ou celui qui va être fait à Paris, mais pas de musée dans l’Hexagone. D’un point de vue pédagogique, ce doit être un des instruments d’enseignement. Il faut un lieu central à partir duquel le savoir sur l’esclavage va rayonner. 99,9 % ignorent que l’esclavage a connu trois abolitions : la première pendant la révolution française, la deuxième en 1848 qui est la plus connue, et puis on veut oublier que l’esclavage a été rétabli sous la troisième République sous la forme déguisée du travail forcé et qu’il n’a été aboli qu’en 1946 par la loi Houphouet Boigny. C’est Victor Schoelcher qui en a le mieux parlé à la fin de sa vie quand il était sénateur de Paris : « Nous sommes en train de rétablir l’esclavage que nous avions nous-même aboli… » Il y a eu plus d’esclaves en terres françaises après l’abolition de 1848 qu’avant.

Vous annoncez la tenue prochaine d’états généraux de la lutte contre le racisme et le colonialisme. Qu’en attendez-vous ?

Ils auront lieu d’abord à l’Assemblée nationale, mais aussi en Martinique pour que toutes ces questions, et pas seulement les questions de statues qui ne sont que le haut de l’iceberg, soient discutées. Cela traitera des questions de réparations. Il faut savoir qu’aujourd’hui, la Lloyds, entreprise anglaise, a décidé de mettre en place des réparations financières relatives à l’esclavage.

Propos recueillis par FXG

*https://www.liberation.fr/debats/2017/08/28/vos-heros-sont-parfois-nos-bourreaux_1592510

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30 juin 2020 2 30 /06 /juin /2020 08:20
Photo empruntée à la Dépêche

Photo empruntée à la Dépêche

Le ministère des Outre-mer choisit un ancien militant du FN pour le représenter au SHOM

Le ministère de l’Outre-mer a nommé son nouveau représentant au conseil d’administration du Service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM). L’arrêté de nomination de la ministre des Armées, en date du 5 juin dernier, stipule que Mathieu Danen y a été nommé en qualité de représentent titulaire du ministère des Outre-mer, en remplacement de Christiane Laurent-Monpetit. Mathieu Danen est un fonctionnaire, attaché territorial. Il est au cabinet de la direction générale des Outre-mer en tant que chargé de mission sécurité civile depuis quelques mois, après trois années passées à l’institut des hautes études Défense nationale comme chef du bureau des affaires internationales. Auparavant, il était employé au Conseil général de l’Aveyron où depuis 2008, il a exercé successivement dans les services de communication, de la culture et de la coopération internationale. Mathieu Danen a été le candidat tête de liste du Front National aux élections municipales de Rodez en 2014 où il s’était connaître en devenant le responsable de la Manif pour tous en Aveyron. En 2017, il est le candidat du Rassemblement National dans la première circonscription de ce département. Après son écrasante défaite au soir du second tour face à son concurrent, Stéphane Mazars, ex-membre du PRG (le parti de la ministre des Outre-mer) passé à En Marche, Mathieu Danen avait annoncé son retrait « pour un temps » de la vie politique locale, non sans avoir remercié ses électeurs « qui défendent encore notre histoire de France millénaire, des valeurs intemporelles, notre culture judéo-chrétienne »…

Avant 2008, Mathieu Danen était le responsable de la communication de la Ville de Toulouse lors du premier mandat du maire UMP de l’époque, Jean-Luc Moudenc.

FXG

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25 juin 2020 4 25 /06 /juin /2020 05:28
Témoin assisté

Me Ursulet repart libre de sa garde à vue

Maître Alex Ursulet est sorti libre mercredi 24 juin au soir du palais de justice de Paris avec le statut de témoin assisté. La veille, Me Ursulet, accompagné de son conseil Christian Charrière-Bournazel, s’était rendu à une convocation devant la 3e DPJ dans le cadre d’une plainte pour viol et harcèlement sexuel le visant depuis septembre dernier. Aussitôt placé en garde à vue, le ténor martiniquais a été auditionné toute la journée par le commissaire et un commandant de police. Dès 7 h 30 hier, après une nuit sur place, Alex Ursulet a été confronté durant près de quatre heures à son accusatrice. Cette ancienne et éphémère stagiaire du cabinet Ursulet, Constance Machicote, désormais avocate, était accompagnée de son conseil, Me Thibault Lafourcade. Sa cliente est elle aussi visée par deux plaintes déposées par Me Ursulet, l’une pour dénonciation calomnieuse, l’autre pour escroquerie au jugement. Il n’a pour autant pas été question, durant ces vingt-quatre heures de garde à vue, de ces plaintes même si elles sont aussi à l’instruction. Mercredi, vers 17 heures, Alex Ursulet, accompagné de Me Charrière et Me Burguburu, a été présenté à une juge d’instruction, le parquet ayant requis sa mise en examen. Après une heure de délibéré, la juge a placé Me Ursulet sous le statut de témoin assisté, ce qui veut dire qu'elle n'a trouvé ni indice grave ni indice concordant au terme de cette enquête de police pour le mettre en examen. Après neuf mois d’enquête, 24 heures de garde à vue et quatre heures de confrontation, le dossier du parquet fait pschitt ! C’est une baffe pour le conseil de l’ordre des avocats de Paris qui sur ces accusations n'avait pas hésité à le radier (sans effet pour cause d'appel) en décembre dernier. A la sortie du tribunal, l’avocat martiniquais, serein, a déclaré :  « Ca montre bien que le conseil de l’ordre aurait dû attendre les résultats de ces investigations judiciaires avant de se décider. » L’affaire, dans laquelle Me Ursulet n’est plus qu’un témoin assisté de ses avocats, se poursuit.

FXG

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22 juin 2020 1 22 /06 /juin /2020 05:35
Oublié dans un entrepôt frigorifique

Les mains perdues de Gabin Exilie

Oublié dans une chambre froide, il y a plus de vingt ans, Gabin Exilie vit depuis l’enfer au quotidien. Le quinquagénaire franciscain, père de six enfants, lance un appel au secours pour éviter de faire une bêtise.

« Le 10 mars 1998, ma vie s’est arrêtée et je survis depuis tout ce temps. » Le Franciscain Gabin Exilie, par ailleurs guitariste amateur, avait 30 ans quand l’entreprise Adecco l’a envoyé effectuer une mission chez Pani-Services à Garancières-en-Beauce en Région parisienne. Le travail était simple : emballer des viennoiseries dans des cartons. Simple, si ce n’était à l’intérieur d’une chambre froide à -32 °. La personne chargée de l’encadrer avait tout bonnement omis d’indiquer au nouveau venu pour son premier jour qu’il fallait sortir du frigo toutes les heures pendant vingt minutes. « J’avais froid, mais vu qu’on était en hiver, j’ai pensé que c’était normal. » Gabin n’a eu qu’une pause au bout de six heures, puis il a enchaîné deux nouvelles heures. Cela a suffi à briser sa vie. Quand son chef lui a demandé s’il pouvait faire deux heures de plus, Gabin s’est rendu compte qu’il n’avait plus de voix. Il est rentré chez lui à 23 h 30. A 4 heures, il s’est réveillé de douleur, les mains enflées. A l’hôpital, l’urgentiste lui a demandé s’il s’était perdu en montagne… Après un mois d’hospitalisation, il est ressorti avec la main gauche amputée d’une phalange à l’annulaire. Sa main droite a perdu deux phalanges et demie à l’index, deux au majeur, une à l’annulaire et une autre à l’auriculaire. Et en plus ses mains sont déformées. « En public, ce que je fuis de plus en plus, j’en suis venu à cacher comme je peux ma main droite. »

Un procès raté

Malgré l’obligation de sécurité de résultat à laquelle Adecco était tenue, l’entreprise n’a pas même pris de nouvelles de son intérimaire. Il y a eu un procès, uniquement pour désigner un expert, et le tribunal a indiqué que la demande est mal dirigée. Adecco a été régulièrement convoquée et ne s’est pas présentée. Il n’a jamais perçu aucune indemnisation complémentaire au titre de la réparation du préjudice causés par les souffrances psychiques, physiques, d’agrément, perte de chance, perte de gains professionnels futurs… « On m’a laissé croire que j’avais bénéficié de tous mes droits et, devant subvenir à mon quotidien et à celui de mes six enfants, j’ai tenté de tourner la page. J’ai essayé de miser sur ma réinsertion professionnelle. » Ce procès reste une énigme pour Gabin qui s’interroge. Où sont les demandes de réparations du préjudice ? Pourquoi son avocat n’a-t-il envoyé qu’une stagiaire aphone à l’audience ? Le tribunal des affaires sociales n’avait plus de trace de son dossier, détruit au bout de cinq ans. « Faire valoir la justice, c’est compliqué d’autant plus que je viens d’un milieu modeste où je ne suis pas familiarisé avec le système procédural. » Au bout de dix ans, le bilan était médiocre. Avec son handicap, il découvre le peu de bienveillance des employeurs à l’égard de son handicap. Mes mains étaient « peu compatibles avec le maintien dans l’emploi ». S’ensuit alors une nouvelle période avec des haut et de bas. « Je n’ai jamais eu un CDI de ma vie… » Gabin continue malgré tout à rester debout pour ses six enfants. « Aujourd’hui, j’ai 52 ans et le film tourne en boucle dans ma tête et, Dieu seul sait, si j’ai lutté pour dépasser cette profonde injustice subie par la négligence d’Adecco et de Pani Services. »

Adecco refuse la médiation

Gabin a écrit récemment au nouveau PDG d’Adecco : « Tentez d’imaginer les efforts que j’ai dû faire et que je fais pour assumer ma charge de famille et réaliser les gestes du quotidien, subir le regard des autres et être privé de distraction en société et de sa passion, la guitare. Je ne m’apitoie pas, Monsieur, mais avec ce handicap dans ce monde où seuls comptent le rendement et la productivité individuelle, il est évident, et je l’ai vécu à mes dépens, que je n’ai pas le même capital capacités et moyens que les autres. Et pourtant, combatif, j’ai essayé de m’en convaincre pour avancer. » La chargée « Insertion et Diversité » du groupe Adecco a refusé la médiation proposée par Gabin pour avoir enfin une reconnaissance du préjudice et trouver un arrangement à l’amiable. « Des missions hypothétiques, voilà la proposition d’Adecco», explique une amie qui essaie de l’aider à faire valoir enfin ses droits.  « J’en suis à un stade où ma vie n’a plus d’importance, lâche Gabin, très amer. Je voudrais que cette injustice soit réparée. Trouver un emploi adapté à mon handicap, c’est compliqué et ma retraite sera maigre ! Ma vie est à l’arrêt depuis des années ! » Gabin est suivi par un psychologue. « J’ai la rage et s’il ne se passe rien, j’ai envie de faire justice moi-même. » Il sait que cela le conduirait en prison. « Je n’aurais peut-être pas le choix parce que je ne peux pas accepter d’être ainsi traité. Si j’étais suicidaire, je serais déjà mort. »

Gabin a alerté des préfets, des ministres et récemment les sénateurs Antiste et Jasmin aux Antilles. Tout le monde compatit, mais personne n’a, jusqu’à aujourd’hui, pu lui venir en aide. Avec le soutien de personnes acquises à sa cause, il a demandé à la Collectivité Territoriale de la Martinique de le soutenir et lancé une cagnotte pour réactiver la justice.

FXG

Contact : exilie.gabin@gmail.com

Cagnote leetchi : https://www.leetchi.com/fr/c/5gAXkv0l

 

 

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19 juin 2020 5 19 /06 /juin /2020 05:44
L'ancienne ministre des Outre-mer est intervenue pour soutenir la motion de rejet

L'ancienne ministre des Outre-mer est intervenue pour soutenir la motion de rejet

La Guyane menacée de privation de libertés publiques jusqu’au 30 octobre

Le texte de loi organisant la sortie de l’état d’urgence sanitaire permettra au Premier ministre, jusqu’au 30 octobre, de rétablir le confinement, d’interdire les rassemblements, la circulation ou le commerce en Guyane s’il estime que la crise sanitaire l’exige.

Le projet de loi sur l’organisation de la sortie de l’état d’urgence sanitaire dont l’examen a débuté ce mercredi 17 juin vise à créer d’ici au 30 octobre une période transitoire conduisant à terme à une sortie de l’état d’urgence sanitaire. Cet état d’urgence instauré par la loi du 23 mars doit prendre fin le 10 juillet, mais le gouvernement a préféré à une sortie sèche une période transitoire, à cheval entre le droit commun et l’état d’urgence. Cela veut dire que jusqu’au 30 octobre, selon la situation post-épidémique, le Premier ministre aura le pouvoir de remettre en cause certaines libertés fondamentales comme le droit de circuler des individus et des véhicules, de commercer ou de se rassembler. Cela pourrait concerner plusieurs endroits du territoire où la situation serait jugée « complexe », selon le rapporteur du projet de loi, Marie Guevenoux (LREM) qui a cité l’Occitanie, le Val d’Oise et, dans les Outre-mer, Mayotte et la Guyane. Dans ces territoires, le Premier ministre pourra appliquer les mesures qu’il pouvait prendre pendant la période d’état d’urgence sanitaire comme les quatorzaines ou le confinement. Une motion de rejet, déposée par le groupe socialiste, a été repoussée par la majorité présidentielle. Les débats qui ont suivi sur le texte en lui-même ont montré là encore tous les groupes politiques, y compris le groupe Écologie Démocratie Solidarité, dissident récent de LREM, s’opposer à LREM et au MODEM, soutiens du projet de loi. Lors des explications de vote de la motion de rejet, le député Remi Rebeyrotte (LREM) a indiqué : « La situation est sensible en Guyane, mais un dérapage est possible. » Serge Letchimy (PS Martinique) est intervenu lors de la discussion des amendements pour exiger les tests à l'arrivée et au départ. De même, Gabriel Serville (GDR) a pris la parole pour rappeler les conséquences dramatiques de la Covid19 dans le monde économique. Même s'il admet que la nécessité de restreindre les libertés peut être "frappée de bon sens", il a plaidé pour un plan  de lutte et de prévention contre la Covid19 en Guyane et à Mayotte pour aider ces territoires à ne pas sombrer davantage. Le débat devait s’achever mercredi soir par une adoption sans surprise, avant de se poursuivre au Sénat.

FXG

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17 juin 2020 3 17 /06 /juin /2020 04:28
André Yché, président de CDC-Habitat, plaide pour un "cluster aménagement et habitat"

André Yché, président de CDC-Habitat, plaide pour un "cluster aménagement et habitat"

Le secteur du BTP redoute faillites et licenciements en septembre

Les acteurs du BTP et du logement social Outre-mer ont été auditionnés lundi 15 juin par la délégation Outre-mer de l’Assemblée nationale pour évoquer la nécessaire relance du plan logement Outre-mer qui, après l’échec du plan de 2015, est à la peine alors que quelque 3 milliards d’euros sont d’ores et déjà programmés et fléchés par CDC Habitat et Action logement.

La crise sanitaire a mis à l’arrêt quelque 90 % des chantiers de construction dans nos territoires. La crise a aussi généré des surcoûts de 4 à 15 %, parfois 25 %, que les maîtres d’Ouvrage et les collectivités d’Outre-mer ont du mal à négocier avec les constructeurs. Ces derniers se plaignent aussi de n’avoir aucune visibilité sur les chantiers à venir. Il y a bien eu une réunion avec le ministère des Outre-mer, mais si les acteurs du BTP ont bien été invités, ils n’ont pas eu droit à la parole, comme l’a fait remarquer le président de la fédération du BTP de la Guadeloupe, José Gaddarkhan. « Si d’ici septembre, a signalé ce dernier, nous n’avons pas plus de visibilité, il y aura beaucoup de dépôts de bilan et de chômage. » Ajouté à cela, les bailleurs sociaux ont dû faire face à de nouveaux types d’impayés, notamment chez les locataires salariés. Mais, même sans la crise sanitaire, depuis 2009 le BTP est en difficulté : « Il faut revoir la taille des marchés publics, a préconisé Hervé Etilé de la FRBTP Martinique, pour que les entreprises de moins de 20 salariés puissent candidater, et réduire le taux de TVA sur le logement social. » Franck Ho Wen Sze, président de la FRBT de Guyane a partagé les mêmes constats, tout en déplorant que l’Opération d’intérêt nationale (OIN) pour la Guyane peine elle aussi à démarrer, à débloquer le foncier pour construire des logements. « Nous n’avons pas besoin d’un plan de relance, a-t-il déclaré, nous avons signé l’accord de Guyane en 2017. Il suffit de respecter cet accord, de sanctuariser ses financements et de commencer les chantiers annoncés. »

Des fonds pour le plan de relance

André Yché, président de CDC-Habitat, a rappelé que son groupe allait acheter 10 000 logements intermédiaires en Outre-mer dont 2000 en Guyane, 4500 en Martinique et autant en Guadeloupe. La programmation prévoit une première tranche de 700 millions d’euros et 4200 logements en juin, 350 millions et 2000 logements en octobre et autant à la fin de l’année.

De son côté Nicolas Bonnet d’Action Logement a rappelé que son organisme était impliqué dans le plan logement outre-mer signé en novembre dernier à hauteur de 1,5 milliards pour éradiquer l’habitat indigne et développer une offre locative de qualité dans les centre-bourgs. « Ces 1,5 milliards, a-t-il assuré, auront un effet levier de 3 milliards qui vont irriguer l’Outre-mer. » Pour autant, les collectivités ont parfois du mal à mobiliser les 10 % du montant des projets pour prétendre à la ligne budgétaire unique (220 millions d’euros de fonds d’Etat qui ne sont jamais correctement consommés), certains maîtres d’ouvrage ont besoin de soutien en ingénierie pour monter les dossiers. Par ailleurs, si le crédit d’impôt réhabilitation ne concerne que les quartiers classés en « politique de la ville » (QPV), quand bien même si on appliquerait les critères retenus pour l’Hexagone, c’est tous les Outre-mer qui devraient être classées en QPV ! A cela s’ajoutent les charges sociales puisque le BTP n’est pas dans le secteur d’exonération de charges renforcée. Il a donc été question, encore, de moratoire. Une solution, celle défendue par CDC-Habitat et Action Logement consisterait à mettre en œuvre un « cluster » aménagement et habitat. « Les moyens sont là, a réaffirmé André Yché, la question est l’état de l’outil de production et la capacité de l’Etat et des collectivités à suivre le rythme et, notamment, la gestion administrative des chantiers en amont. Ce cluster reste à construire. » Il a toutefois débuté en Guyane avec l’établissement public foncier de la Guyane et la SIMKO. « Il faut l’élargir aux services de l’Etat et des collectivités et avoir une programmation effective et suivie tous les six mois », a indiqué André Yché, mais il n’est ni ministre du logement, ni des ministre des Outre-mer.

FXG

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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 18:22
Etat d'urgence sanitaire et agricole outre-mer

Les agriculteurs d’Outre-mer demandent un POSEI pour tous

L’audition, jeudi 11 juin, des présidents de chambre d’agriculture d’outre-mer par la délégation outre-mer de l’Assemblée nationale a fait surgir une exigence, celle d’un POSEI pour tous. Le programme d'options spécifiques à l'éloignement et à l'insularité est aux Outre-mer ce que la politique agricole commune est à l’Hexagone. Ce système d’aides européennes représente annuellement 127 millions d’euros pour la banane (qui profitent à 540 producteurs) et 74 millions pour la filière canne (qui profitent à 5000 planteurs). A cela s’ajoute une aide à la diversification de 40 millions d’euros, tout à fait insuffisante pour réaliser le souhait du président de la République de parvenir à l’autonomie alimentaire des territoires d’ici 2030. Dans les faits, 80 % des agriculteurs domiens ne reçoivent aucun soutien de l’Europe. Or, la crise sanitaire a révélé que ce sont ces agriculteurs, les moins aidés, les plus marginalisés, qui ont assuré l’approvisionnement alimentaire pendant le confinement en pratiquant la vente directe et en favorisant les circuits courts. D’où cette demande unanime des présidents de chambre d’agriculture d’un POSEI pour tous.

Le quasi-arrêt des rotations aériennes a mis en difficulté les productions d’exportation, comme le melon, qui n'ont pu être absorbées par la demande intérieure, mais également les productions locales qui n’ont pu importer, comme dans le cas de l’élevage, les aliments notamment pour les volailles.

Autre difficulté révélée : les chambres d’agriculture qui sont en charge d’accompagner les agriculteurs pour parvenir enfin à un nouveau modèle visant l’autonomie alimentaire, ont été exclues des mesures de chômage partiel. Ajoutés à cela, les problèmes de sécheresse en Martinique et Guadeloupe ou, à l’inverse, d’inondation en Guyane, ont contribué à une hausse des prix à la consommation.

La crise sanitaire a été utile pour qu’enfin tous s’accordent à reconnaître l’utilité d’un nouveau modèle de développement agricole, mais a aussi démontré si cela était encore nécessaire qu’il y a encore loin de la coupe aux lèvres.

FXG

Une revalorisation des petites retraites agricoles en débat à l’Assemblée nationale

Il y a deux ans, le groupe GDR qui comporte le plus de députés ultramarins avait échoué à faire voter la revalorisation des petites retraites agricoles. L’Assemblée nationale devrait pouvoir se rattraper dès la semaine prochaine. En effet, le groupe GDR a de nouveau déposé sa proposition de loi visant à porter ce minimum vieillesse à 80 % du SMIC et à étendre aux Outre-mer la retraite complémentaire agricole. Cette fois, la proposition de loi a été reprise par le groupe majoritaire LREM, ouvrant ainsi de meilleures perspectives de vie pour les retraités de l’agriculture domienne. Reste que le débat concernant la date d’entrée en vigueur de ce bénéfice reste ouvert. Pour le moment, il n’est question que de 2022. Mais le président de la délégation Outre-mer, Olivier Serva, a assuré qu’il soutiendrait la mise en place de cette mesure dès 2021. Le débat doit avoir lieu la semaine prochaine dans l’hémicycle.

 

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