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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 06:42
Manuel Valls et Nicolas Sarkozy au cercle des armées le 16 mars 2016

Manuel Valls et Nicolas Sarkozy au cercle des armées le 16 mars 2016

Valls et Sarko au dîner du CReFOM

Naguère, les hommes et femmes politiques se pressaient tous à la garden party la plus courue de Paris, celle du ministère de l'Outre-mer. Désormais qu'elles sont proscrites pour cause de restrictions budgétaires, ils se pressent tous au dîner du Conseil représentatif des français d'Outre-mer (CReFOM). Ainsi on a vu beaucoup d'anciens ministre de l'Outre-mer, beaucoup de ministres en poste, de parlementaires, de lobbystes, mercredi soir au cercle national des armées, pour ce deuxième dîner annuel du CReFOM. L'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, et l'actuel Premier ministre, Manuel Valls, ont joué les guest stars. Mais avant de les entendre, il a fallu écouter les (trop) longs discours du président du CReFOM, Patrick Karam, et de son président d'honneur, Victorin Lurel. L'égalité réelle en marche était au coeur de leurs propos. A tel point que plus ils s'exprimaient, plus Manuel Valls rayait des pans entiers de son discours... Nicolas Sarkozy a parlé sans notes, assez brièvement... Un discours qui laissait entendre qu'il soutiendrait le CReFOM pour cette loi pour l'égalité réelle outre-mer. "Je suis heureux d'être à cette tribune au côté de Manuel Valls. Nous sommes ici pour la même cause : réduire les inégalités. Ce n'est pas l'affaire d'un mandat, ce n'est pas l'affaire de la droite ou de la gauche..." Manuel Valls est venu conclure les interventions en rappelant le calendrier du projet de loi égalité réelle. Il en a profité pour annoncer la nomination d'un proche de Patrick Karam à la tête de la délégation interministérielle des Français d'Outre-mer, Jean-Marc Mormeck, ancien champion du monde de boxe anglaise et membre du CReFOM. Ni le Premier ministre, ni l'ancien président ne sont restés dîner et c'est aux ministres Eckert, Braillard, Pau-Langevin, Bareigts qu'il est revenu de répondre aux questions de la salle : aides nationales et réglement européen (RGEC), freins aux agréments pour la défiscalisation, télés privées d'outre-mer, France Ô, centres d'intérêts matériels et moraux des fonctionnaires, cité des outre-mer... Est-ce parce que les invités d'honneur étaient partis ? Toujours est-il que la salle s'est montrée beaucoup moins attentive aux réponses des ministres. Au mieux, les plus vigilants auront pris le temps de noter le numéro de téléphone portable du secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert !

FXG à Paris

Au deuxième plan à droite de Christian Eckert, Jean-Pierre Philibert, président de la Fedom, puis au troisième plan, Benoît Lombrière, d'Eurodom (photos : FXG)

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 06:34

François Asselineau, président de l'Union populaire républicaine, s'est rendu en Martinique le 4 mars, puis en Guadeloupe le 11 pour donner une série de conférences. Son mouvement, l'UPR prône une autre politique. Entretien d'avant départ.

"Le seul parti qui propose de sortir de l'Union européenne, de l'euro et de l'OTAN"

Pourquoi ce déplacement aux Antilles ?

Nous venons présenter notre mouvement politique qui n'est pas totalement inconnu puisque nous avons présent aux élections européennes et c'est d'ailleurs dans la circonscription outre-mer que nous avons fait nos meilleurs scores, notamment en Guadeloupe et particulièrement à la Désirade où nous avons fait 37 % ! Sur l'ensemble de la circonscription, nous avions rassemblé 1 % des suffrages.

Comment expliquez-vous cela ?

Nous sommes un jeune mouvement créé en 2007 nous avons fait ce score sur les enjeux européens sur lesquels nous sommes particulièrement actifs puisque nous sommes le seul parti politique français qui propose de sortir de l'Union européenne, de l'euro et de l'OTAN...

Le FN aussi...

Non ! D'abord le FN est un mouvement d'extrême droite et raciste. Sortir de l'UE n'a rien de raciste ! C'est même le contraire car nous disons que l'UE est un apartheid planétaire qui consiste à dire que la France doit fusionner avec les pays baltes, scandinaves etc alors que nous n'avons pas de liens particuliers avec eux, alors qu'on devrait tenir à distance tous les pays que la France a colonisés dans son histoire... Il en reste la francophonie et on devrait s'en tenir à l'écart ? Quant à notre idéologie, elle est loin du FN puisque notre programme est inspiré de celui du Conseil national de la Résistance de 1944...

Vous êtes gaullliste ?

Nous voulons procéder à des renationalisations, nous voulons la survie des grands services publics à la française. Nous dénonçons les guerres illégales commises par l'impérialisme américain... Nous voulons défendre la démocratie avec les référendums d'initiative populaire, la reconnaissance du vote blanc de plein exercice, la réforme du Conseil constitutionnel, du CSA, la liberté de la presse...

En revenant aux fondamentaux du CNR de 1944, n'avez-vous pas 70 ans de retard ?

Ceux qui nous parlent des Etats-Unis d'Europe en ont 180, puisque c'est le programme de Victor Hugo en 1849 ! Nous disons que le peuple français n'est pas le peuple américain, nous sommes fondamentalement égalitaristes et avons soif de justice sociale. Nous voulons un Etat puissant pour essayer de corriger les inégalités. Nous ne connaissons pas de Français favorables à la privatisation de la Poste ou d'EDF... On veut nous imposer une société de type américain, ultra libéral avec des inégalités sociales, des gens très riches en tout petit nombre et une augmentation de la pauvreté. Nous voulons revenir à ce besoin d'égalité ; ça passe par le rétablissement des services publics, les contrôles des mouvements de capitaux, la taxation des très grandes entreprises multinationales qui font de l'évasion fiscale de façon scandaleuse quand en France, ce sont les artisans, les paysans qui payent les impôts et les salariés qui payent leur impôt sur le revenu.

Etes-vous représentés aux Antilles ?

Nous avons deux représentants en Martinique et en Guadeloupe, mais nous avons encore un nombre faible de militants et d'adhérents. Les grands médias ne nous donnent pas la parole, donc nous devons nous adresser directement aux électeurs.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 06:34
Le futur A 330 de French blues s'envolera début juillet entre Orly et les Antilles

Le futur A 330 de French blues s'envolera début juillet entre Orly et les Antilles

French Blue le "low fare, smart cost" long courrier du groupe Dubreuil

French Blue, la nouvelle compagnie du groupe Dubreuil s'envolera en juillet vers les Antilles avant Saint-Domingue en septembre et la Réunion à l'été 2017.

French Blue, nouvelle compagnie "low fare, smart cost" du groupe Dubreuil, lancera ses premiers vols au départ d'Orly sur les Antilles en juillet pour le compte d'Air Caraïbes (un renfort pour les grandes vacances), puis, sous ses propres couleurs, vers Punta Cana à la Républicaine dominicaine à partir du 15 septembre. A l'été 2017, elle opèrera ses premiers vols vers la Réunion et Maurice. Jean-Paul Dubreuil, président de la nouvelle structure, Groupe Dubreuil Aéro (GDA) qui supervise Air Caraïbes Atlantique et French Blue, Marc Rochet, directeur général de GDA, Paul-Henri Dubreuil, président du directoire du groupe Dubreuil (et fils de Jean-Paul) et Muriel Assouline, directrice générale de French Blue (elle vient d'Eagle Azur et devient la première femme dirigeant de compagnie aérienne française) ont annoncé hier matin à Paris la naissance de leur compagnie low cost long courrier. "Le degré de satisfaction du client doit être plus fort que son attente", résume Marc Rochet pour expliquer sa stratégie. "Un confort inattendu ! Un produit low cost revisité avec la french touch", ajoute-t-il pour être plus glamour ! French Blue recevra son premier A 330-300 fin juin (équipé par l'Allemand Zim avec 350 places en éco et 28 en premium), son deuxième en 2017, au même moment que son premier A 350-900 (415 sièges).

L'A330 est parfait pour un vol d'une durée maximale de 9 heures, l'A350 pour des vols de 13 heures. Ce sera donc avec cet A 350 (puis un autre livré en 2018) que French Blue va s'attaquer au marché de l'océan Indien dès l'été 2017. Jean-Paul Dubreuil pense qu'il peut se faire une place sur ce marché comme il l'a fait avec Air Caraïbes aux Antilles et en Guyane. "Nous allons lancer une campagne de recrutement de personnels navigants commerciaux (PNC) à la Réunion", prévient Marc Rochet. Chaque appareil nécessite 14 commandants de bord et copilotes et 70 PNC. En tout la nouvelle compagnie va embaucher 400 personnes.

Décrochage tarifaire

Il s'agit, selon Jean-Paul Dubreuil de "faire croître des marchés sur une nouvelle offre". Y aura-t-il un risque de cannibalisation sur les parts de marché d'Air Caraïbes dans sa zone par French Blue ? Ce n'est pas l'avis de Jean-Paul Dubreuil : "Air Caraïbes va réceptionner deux A 350-900 en décembre et janvier, et passer de 5 à 6 avions. L'offre complémentaire va se traduire par un volume supplémentaire. On veut optimiser le trafic sur Air Caraïbes et, à côté de ça, ouvrir de nouvelles perspectives avec French Blue." Il le dit d'autant aisément qu'Air Caraïbes est passée en 2015 de 30 à 33 % de parts de marché aux Antilles avec un "résultat exceptionnel" !

Côté prix, on ne saura rien avant l'ouverture en ligne des premiers billets le 7 juin. Mais Marc Rochet a clairement parlé de "décrochage tarifaire" supérieur à 10 %. "Plus nous aurons d'avions, ajoute Jean-Paul Dubreuil, et plus nous pourrons avoir des niveaux de prix sans proportion avec le marché actuel."

Au delà de la Caraïbe et de l'océan Indien, French Blue veut développer toutes les destinations loisir à fort trafic et veut atteindre l'équilibre financier en deux ans tout en doublant sa flotte pour arriver à dix appareils en cinq ans et s'imposer comme pionnier français du low cost long courrier.

FXG, à Paris

Trois gammes de prix

Sur French Blue, seuls trois niveaux de prix sont proposés. Le "basic", c'est juste un siège, avec un bagage à main de moins de 12 kilos ; le "smart basic", c'est un siège qu'on peut choisir, un bagage de 23 kilos en soute, un repas et un snack ; le "premium", c'est deux bagages et des privilèges... Il sera possible ainsi d'acheter la connexion wifi, l'attente en salon premium, le débarquement prioritaire, etc...

La genèse d'une compagnie

Au départ, ça devait être Corsair qui devait devenir la "sister compagny" d'Air Caraïbes. Le mariage a échoué et le Groupe Dubreuil a étudié un certain nombre de dossiers de substitution. Ainsi, Dubreuil s'était-il sérieusement approché d'Air Austral pour envisager son acquisition. Finalement, ils ont préféré partir d'une feuille blanche, d'une entreprise neuve, sans passé, sans "passif social", la cause de l'échec du mariage avec Corsair. French Blue fera voler ses pilotes 850 heures par an. Elle a déjà recruté ses premiers équipages, parmi lesquels des pilotes venant de Ryan Air ou même de l'escadre de transport du président de la République (qui volait sur un ancien appareil d Air Caraïbe !).

 

 

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 06:28

Ary Chalus déçu du débat sur la biodiversité

Le député RRDP et président de Région n'aura réussi à faire passer que deux amendements sur 14 dans le cadre de l'examen du projet de loi cadre sur la biodiversité, dans la nuit de mercredi à jeudi.

Depuis deux ans que cet ouvrage lgislatif est sur la table Ary Chalus conserve son objectif : "Amender ce texte et veiller à ce qu'il n'entrave pas les perspectives de développement des sociétés qui, installées sur nos territoires, innovent dans ce secteur d'activité."

Il a donc déposé 14 amendements. "Le texte initial suscitait de nombreux questionnements en termes d'insécurité juridique et d'égalité devant la loi, défend-il. L'inquiétude portait alors sur la réglementation prévue pour l'accès aux ressources génétiques sauvages, la faible représentation de l'outre-mer..."

L'implication des parlementaires ultramarins a permis plusieurs avancées. En premier lieu, la représentation au sein de l'agence régionale de la biodiversité (ARB) pour qu'elle prenne en compte la part significative de l'outre-mer. De même la place des régions ultra-marines quant à la délivrance des permis qui a été réévaluée.

"L'utilisation des plantes au titre des produits alimentaires, des cosmétiques, ou de médicaments constitue un pilier majeur pour le développement économique des TPE-PME en outre mer." Malgré le plaidoyer virulent du président Chalus, la rapporteuse comme le gouvernement, par la voix de la secrétaire d'Etat, s'en sont tenus à la rédaction initiale du texte en 1re lecture à l'Assemblée nationale : "L'AFB tient compte de la part importante de l'outre-mer..." Une position défendue à l'époque par Ségolène Royal mais qui avait évoluée lors de la discussion au Sénat... "Ce n'est pas pour embêter l'outre-mer, a insisté la rapporteuse, mais on ne peut lier l'autorité administrative compétente." Elle a même invoqué le risque d'inconstitutionnalité des amendements défendus par l'outre-mer. Ce qui a fait dire à Ary Chalus : "C'est un peu fort non!?"

FXG, à Paris

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 08:30

Les DOM ont 70 ans

La ministre des outre-mer a présenté une communication sur les 70 ans de la loi de départementalisation au conseil des ministres du 16 mars. Le 19 mars 1946, cette loi constituait l’aboutissement de revendications portées par les représentants des colonies des Antilles (Guadeloupe et Martinique), de Guyane et de la Réunion dès la seconde moitié du XIXe siècle. les députés Aimé Césaire, Léopold Bissol, Gaston Monnerville et Raymond Verges firent adopter à l’unanimité la loi du 19 mars 1946 et l’article 73 de la Constitution du 27 octobre 1946 permettant la pleine application du droit commun de la République dans ces territoires. Ce changement statutaire était alors perçu comme la garantie de l'égalité civile, juridique, économique et sociale.

Ce 18 mars, un colloque au ministère des Outre-mer sur les 70 ans de la départementalisation sera l’occasion de rappeler que la quête d’égalité est toujours d’actualité. L’accession à l’égalité des droits sociaux dans les départements d’outre-mer est venue compléter, dans les années 1990, l’égalité des droits posée par la loi de départementalisation. L’objectif du gouvernement est aujourd’hui l’égalité réelle qu'il veut formaliser dans une loi d'orientation C’est tout le sens de la mission sur l’égalité réelle confiée au député Victorin Lurel et de la nomination d’une secrétaire d’Etat chargée de l’égalité réelle.

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 06:32

Les élections municipales confirmées à Sainte-Rose

Le conseil d'Etat a rejeté hier la requête de Bruno Mamindy-Pajany qui demandait l'annulation des électionx municipales du 5 juillet 2015 et l'inéligibilité de Michel Vergoz. En cause "Patrick", commentateur sportif depuis plusieurs années sur Radio est Réunion. Il est intervenu durant les jours précédant le scrutin plus particulièrement la veille où son intervention s'est prolongée plusieurs heures. Or "Patrick", n'est autre que Michel Vergoz. "Compte tenu du contenu (de ces interventions) dénué de tout rapport avec la polémique électorale, de la faible part d'audience de cette radio et de l'important écart de voix entre les deux listes", le Conseil d'Etat a estimé qu'il n'y avait pas d'atteinte à la sincérité du scrutin". Plus ennuyeux, des partisans de Michel Vergoz se sont livrés à des remises d'espèces et à des, promesses d'avantages en vue d'influencer le vote de deux électeurs. C'est "regrettable", indiquent les magistrats, mais l'écart de voix encore permet de rejeter l'argument de Bruno Mamindy-Pajandy. Sa requête a donc été rejetée, validant définitivement l'élection de Michel Vergoz.

FXG, à Paris

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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 07:52
Victorin Lurel, George Pau-Langevin et Ericka Bareigts au ministère des Outre-mer le 15 mars

Victorin Lurel, George Pau-Langevin et Ericka Bareigts au ministère des Outre-mer le 15 mars

Lurel préfigure l'égalité réelle outre-mer

L'ancien ministre des Outre-mer et député de la Guadeloupe a rendu son rapport sur l'égalité réelle hier matin aux ministres George Pau-Langevin et Ericka Bareigts. A charge pour elles d'en faire un projet de loi.

Ce rapport ouvre des portes à des financements nouveaux comme la défiscalisation des infrastructures de base, mais il propose aussi de réformer la sur-rémunération des fonctionnaires ou l'abattement fiscal de 30 ou 40 %, ou encore de régionaliser le SMIC.

Le rapport qu'a remis hier matin le député Victorin Lurel à George Pau-Langevin et Ericka Bareigts, doit préfigurer le projet de loi "égalité réelle outre-mer" promis par le chef de l'Etat. "Cette étape, a indiqué GPL, consiste à mieux formaliser, adapter les outils, évaluer les retards, mesurer les évolutions et assouplir le rythme du rattrapage." Il s'agit donc de s'atteler aux écarts de développement entre les Outre-mer et entre les outre-mer et l'Hexagone. Le rapport Lurel définit l'égalité réelle, analyse les causes des écarts et préconise 35 recommandations déclinées en 75 propositions pour "favoriser la convergence réelle des outre-mer vers la moyenne nationale". Lurel s'appuie sur l'engagement de campagne de François Hollande pour "un nouveau modèle de développement outre-mer" pour proposer que chaque territoire bâtisse un plan de convergence contractualisé sur une période de 25 ans en combinant des critères pour mesurer le rattrapage : le PIB/habitant, l'indice de développement humain et les écarts de pauvreté.

L'idée serait d'abord de récapituler toutes les dépenses de l'Etat (et l'Europe) dans les Outre-mer, d'avoir des outils statistiques modernisés et de mettre en place une vision stratégique à l'horizon 2040. Le rapport propose ainsi que, chaque année en mars, en amont du vote du budget de la mission outre-mer, soit tenu un conseil interministériel outre-mer où chaque ministère ferait le point de ses dépenses en outre-mer. Dans le même temps, serait créé un observatoire de la convergence au commissariat général à l'égalité des territoires tandis que la commission nationale d'évaluation des politiques publiques outre-mer rendrait un rapport tous les deux ans au lieu de cinq. Ca, c'est la méthode.

Dans les faits, il s'agit d'achever l'alignement des prestations sociales (CAF), de modifier l'article 73 de la Constitution pour tenir compte des handicaps structurels reconnus par le traité européen et ouvrir à la Réunion l'habilitation législative, de mettre à niveau les infrastructures de base (en ouvrant leur financement à la défiscalisation), de développer une politique foncière volontariste et dynamique (rétrocéder 100 000 hectares de foncier en Guyane sous forme de propriété collective), de favoriser l'épargne locale et son utilisation sur place (il n'a quand même pas osé proposer les monnaies locales de type bit coins !), de raccourcir les délais de paiement aux entreprises par les collectivités, de créer des zones franches globales...

Réaffecter les fonds de la sur-rémunération au financement des plans de convergence

Victorin Lurel veut "décréter l'état d'urgence social". Il propose de régionaliser le SMIC avec un système de compensation différentielle aux salariés (il soutient que 1400 euros sont trop élevés pour 95 % des entreprises) et de rendre obligatoire le suivi des chômeurs... Il propose donc d'adopter le contrat unique d'embauche, d'élaborer "un plan de formations de masse égalitaire" et décréter "le zéro charge sur l'emploi partout outre-mer". Il préconise encore un complément temporaire de retraite pour ceux dont la pension est inférieure au taux de pauvreté national...

Il s'agira encore d'évaluer les besoins en personnel et infrastructure scolaires et, au-delà, de rendre obligatoire pour le système éducatif une formation pour ceux qui ont décroché de l'école... Autre idée forte : développer les transports collectifs. A ce sujet, Victorin Lurel a beaucoup parlé de péages... C'est qu'il faut des moyens pérennes de financement pour ces plans de convergence. Ainsi, le député propose d'augmenter la TVA selon les territoires, d'étendre l'octroi de mer aux services, voire de transformer l'octroi de mer en TVA régionale... Plus audacieux, il propose d'engager la "suppression progressive de la réfaction de l'impôt sur le revenu" (supprimer ces allègements d'impôts de 30 à 40 % selon les territoires) et même de mettre un terme à la sur-rémunération des fonctionnaires en réaffectant ces fonds au financement des plans de convergence. "L'égalité réelle, a commenté Ericka Bareigts, c'est dépasser les statuts, être en amont des problèmes, valoriser les atouts et libérer les énergies." "On essaiera d'aller le plus loin possible, a conclu GPL, dans le respects des orientations..."

Au conseil des ministres, ce mercredi, à l'occasion d'une communication sur les 70 ans de la départementalisation, le gouvernement prendra acte du rapport Lurel. Il appartiendra ensuite aux deux ministres, GPL et Bareigts, d'en tirer un projet de loi qui devrait être présenté en conseil des ministres dans deux mois environ pour un premier examen à l'Assemblée nationale en juillet.

FXG, à Paris

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 07:00
Un Martiniquais en WRC2

Johan Héloïse court sur Subaru le championnat mondial des rallyes

Johan Héloïse (30 ans) poursuit désormais sa carrière de pilote de rallye au niveau mondial. Depuis quatre ans, il court sous les couleurs de Top Run Motor Sport, une équipe milanaise qui développe pour le constructeur Subaru au Japon. Depuis la fin 2014, il a intégré le circuit WRC2. "Mon objectif est de courir davantage de courses et, si possible l'année prochaine ou dans deux ans, faire un championnat complet." Pour faire une saison complète, il faut se préparer bien en amont et avoir des budgets bouclés. Il devrait débuter en mai ou juin. "Nous voulons faire les courses de fin de saison pour pouvoir tout de suite attaquer la suivante et être toujours dans le bain." Johan devrait si tout va bien courir le rallye de Sardaigne, sur terre, ou encore le rallye de Corse... Il y a une douzaine de rallyes au championnat du monde et les pilotes peuvent se contenter de huit courses pour marquer des points. Ca laisse du temps pour peaufiner la préparation du pilote. Elle est à la fois physique et mentale. "C'est du renforcement musculaire, du cardio training et... ne pas prendre de poids !"

S'il soutient que la concentration est essentielle, il sait aussi qu'il faut avoir de la chance ! "En sports mécaniques, explique-t-il, le facteur chance peut représenter jusqu'à 80 % de la réussite."

Johan a débuté sa carrière en Martinique avec un karting. En 2008, il acquiert un véhicule qui lui permet de devenir champion de sa catégorie. L'année suivante, il est double champion de Martinique : rallye et montagne. Dans le même temps, il participe à une sélection en Italie organisée par Pirelli et Castrol. Il gagne le droit de participer à deux événements qu'il va courir en 2011. Le premier était rallye de San Remo. "C'était une grande découverte, car je n'avais jamais couru en dehors de la Martinique !" Il rencontre le matin même du jour où les reconnaissances commencent son co-pilote. Tout va très vite... Une casse moteur les oblige hélas à abandonner. Deuxième course, trois semaines plus tard, il achève premier de sa catégorie et troisième au général. Top Run Motor Course lui fait une proposition de collaboration pour deux années. Ils sont en train de mettre en place leur contrat avec Subaru. Dès lors, il enchaîne les courses sur le circuit intercontinental (IRC2 qui va devenir l'European RC2) en Hongrie, Belgique, Italie... La première année est catastrophique ; Johan aligne les abandons. Ca lui apprend à gérer les problèmes et ne lui ferme pas les portes du WRC2 puisqu'il participe à la fin 2014 au rallye de France (alors le rallye d'Alsace). Malgré un tonneau, son premier, il est à l'arrivée, premier de sa catégorie ! Première participation, premier podium, premier prix... Mais tout change aussi en WRC2 : les budgets, l'organisation...

Les Martiniquais amateurs de sports automobiles ont suivi ses exploits. "Je reçois beaucoup de soutiens, beaucoup de tapes dans le dos, mais on ne paye pas grand chose avec ça !" Seule la Région a joué le jeu. Modestement certes, maais Martinique est toujours sur ses véhicules et ses combinaisons.

Le WRC2 est le plus haut niveau dans la catégorie rallye. Pour parler audience, le retour média représente plus de 1 milliard de téléspectateurs depuis que la Chine et l'Inde ont intégré les circuits de retransmission. En France on connaît bien Sébastien Loeb et Sébastien Augier. Johan Héloïse est le deuxième Martiniquais après Simon Jean-Joseph à être à un si haut niveau de compétition et le seul en activité. "Je suis le seul Caribéen et le seul noir aussi", ajoute-t-il.

FXG, à Paris

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 06:05
Thierry Dol s'était rendu à l'Elysée le 18 mai dernier

Thierry Dol s'était rendu à l'Elysée le 18 mai dernier

L'État a-t-il été négligent ?

Libéré depuis plus de deux ans, le Martiniquais Thierry Dol n'a toujours pas trouvé d'accord avec le fonds de garantie des victimes. Pourtant, les décisions de l'État durant ses années de détention semblent lui avoir été préjudiciables, ainsi qu'aux autres otages. Retour sur la chronologie des négociations.

À peine Thierry Dol, Daniel et Françoise Larribe, Marc Ferret, Pierre Legrand, Jean-Claude Rakotoarilalao et Alex Ahonado étaient-ils enlevés le 16 septembre 2010, que les négociations pour leur libération ont commencé. D'un côté, les employeurs des otages, les sociétés VINCI et AREVA et l'Etat, actionnaire d'AREVA, et de l'autre, AQMI. Jean-Marc Gadoulet, ancien colonel du service Action de la Direction Générale des Services Extérieurs (DGSE), est désigné pour mener ces négociations.

Il rencontre alors Abou Zeid, chef d’AQMI pour la zone du sahel, à plusieurs reprises. Ainsi, en janvier 2011, Abou Zeid transmet à Marc Ferret une photo de son fils qui est né en novembre 2010. Le 24 février 2011, Jean-Marc Gadoulet réussit à faire libérer Françoise Larribe, Jean-Claude Rakotoarilalao et Alex Ahonado.

Par la suite, il s’acharne à faire libérer les autres otages, jusqu’à se faire tirer dessus alors qu’il s’apprête à rencontrer Abou Zeid une nouvelle fois fin 2011. Le 27 avril de cette même année, une vidéo est diffusée par la société de production « Al Andalus » sur le forum « Shomoukh al islam ». Elle met en scène les quatre otages français et comporte une séquence intitulée « Messages d’otages français au président de la France Sarkozy ». Comme dans chacune des vidéos, les terroristes demandent aux otages de s’adresser au gouvernement français. Le message est clair : c’est à l’Etat français d’agir pour leur libération.

Le 12 janvier 2012, AQMI émet un communiqué menaçant la France en cas d’intervention militaire au Mali. La mort imminente des ressortissants français détenus est clairement formulée. Le 1er avril 2012, par une lettre signée et marquée de son empreinte digitale rouge, Abou Zeid propose un prix pour la rançon. Quelques jours plus tard, le terroriste communique une deuxième proposition.

Processus de libération enlisé ?

Jean-Marc Gadoulet est alors pré positionné au Niger et la logistique est mise en place pour intervenir. Mais pour une opération de ce type, il faut l’accord du preneur d’otages, des sociétés concernées et aussi celui, indispensable, du gouvernement.

Or, en France, le 22 avril a lieu premier tour de l’élection présidentielle... Le processus de libération des otages s’enlise alors qu’Abou Zeid fait libérer une ressortissante suisse le 24 avril !

En mai 2012, les quatre otages sont réunis durant trois semaines. Ils comprennent qu’ils auraient dus être libérés, mais que les négociations ont échoué. Comment expliquer un tel échec ? La France a un nouveau président, des annonces électorales à mettre en œuvre : les otages ne sont plus la priorité ! Une telle désillusion interviendra trois fois puisque les otages seront de nouveau réunis tous les quatre à la fin de l’année 2012 et au printemps 2013.

Les mois s’écoulent... De son repaire du massif des Ifoghas, « Abou Zeid, agacé, commence à perdre patience et fait savoir, en août, qu’il n’a plus aucun contact avec les Français », se rappelle un négociateur touareg. Le 10 août 2012, dans une vidéo, l’organisation terroriste exhorte le gouvernement français à reprendre les négociations et à trouver un accord en vue d’une libération.

Le 19 octobre 2012, le porte-parole d’AQMI, Abdallah Al Chinguetti fait des déclarations à des journalistes de France 2. Il indique que « les négociations pour la libération des otages détenus par l’AQMI sont bloquées à cause de la partie française. Ces négociations directes et sans intermédiaire avec la France ont commencé après l’enlèvement, l’arrestation et la capture de la première vague d’otages. Un des dossiers a été résolu mais comme je vous l’ai dit, ces négociations ont été interrompues par les Français. Le blocage est du au manque de sérieux de la partie française qui n’a pas donné suite à nos réclamations ».

Peu après, sous la pression des familles et des sociétés, l’Etat fait enfin une proposition pour les quatre otages. Mais cette dernière est faite à minima. Abou Zeid refuse catégoriquement et fait une contre-proposition. « C’était trop, bien sûr ! Mais c’était sa façon à lui de dire : revenez discuter avec moi », explique un intermédiaire touareg.

La force ou la discussion

Les intermédiaires touaregs quittent le massif des Ifoghas, las d’attendre une réponse qui ne vient pas. A la fin de l’année 2012, Jean-Marc Gadoulet sait qu’Abou Zeid est prêt à transiger, mais l’Etat français ne lui en donne pas les moyens. Et, alors même que l’Etat sait que Jean-Marc Gadoulet est le mieux placé pour faire libérer les otages, il est écarté des négociations par le nouveau président de la République, François Hollande.

Des rumeurs pèsent alors sur cet intermédiaire et le gouvernement français veut soigner son image. Mais en faisant cela, il sait très bien que le processus des négociations va être considérablement retardé. Dans le même temps, la France évoque ouvertement une intervention au Mali.

L’opération « Serval », est lancée en janvier 2013, coupant tout contact avec les ravisseurs de Thierry Dol et de ses camarades. Abou Zeid est tué par l’armée française en mars 2013 : il est remplacé par Saïd Abou Moughatil.

La décision de la France d’intervenir au Mali lui est propre, mais elle ne semble pas avoir prévu d'opération de sauvetage. Marc Ferret se souvient de tirs et bombardements de l’armée française très proches de leur lieu de détention...

Le 24 juin 2013, François Hollande déclare que « Paris est toujours à la recherche de contacts pour les faire libérer ». Cette déclaration est en contradiction avec la désignation d'Abou Moughatil après la mort d’Abou Zeid.

Une nouvelle vidéo, également adressée à l’Etat français, est diffusée. Une fois de plus, les ravisseurs somment la France d’intervenir. C'est dans cette vidéo que Thierry Dol rappelle la maladie cardiaque dont il souffre et qui nécessite l’accès à des soins quotidiens. Le 16 juillet 2013, l’Elysée confirme l’assassinat de Philippe Verdon par AQMI. À ce moment là, le gouvernement est parfaitement conscient que son inaction est susceptible d’entrainer la mort de ses ressortissants, finalement libérés le 29 octobre 2013.

FXG, à Paris

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 08:03
Déjeuner-débat autour de la journée mondiale du droit des femmes au ministère des Outre-mer le 8 mars

Déjeuner-débat autour de la journée mondiale du droit des femmes au ministère des Outre-mer le 8 mars

La "réalité massive" des familles monoparentales en outre-mer

"Il y a 3 millions d'enfants élevés par un parent seul en France. Outre-mer, 38 à 54 % des familles sont monoparentales. C'est une réalité massive !" George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer a choisi hier, à l'occasion de la Journée du droit des femmes, d'honorer ces femmes élevant seules leur ou leurs enfants (précisément des « familles monoparentales portées par des femmes », selon le vocable gouvernemental). Autour de la ministre, la présidente de l'association K d'urgence, Christine Kelly, l'ethno-psychologue Viviane Romana, le directeur de la CNAF, Daniel Lenoir, la secrétaire générale de la fédération des associations de familles monoparentales, Patricia Augustin, la psychiatre et psychanalyste Jeanne Wiltord, ou encore Lucie Gonzales, du haut conseil de la famille. En métropole, a signalé Christine Kelly, "les femmes refont leur vie au bout de sept ans". Aux Antilles, si les familles se décomposent aussi, elle se recomposent rarement et cela ouvre la voie à la grande précarité . "Le premier pauvre en France, continue la présidente de K d'urgence, est une femme seule et son enfant." En général, leurs seuls revenus sont les allocations de la CAF. Contre le non paiement des pensions alimentaires, un fonds de garantie a bien été créé en 2014, mais au mieux cela ne représente souvent qu'une centaine d'euros. Lucie Gonzales a rappelé les données de l'enquête des chercheurs de l'INED, Claude-Valentin Marie et Didier Breton, "Les mouvements familiaux dans les DOM", publiée en mars 2015 : "Les familles monoparentales sont deux fois et demi plus nombreuses en outre-mer qu'en métropole. 46 % en Guyane, 38 % à la Réunion, 54 % en Martinique et 51 % en Guadeloupe." Il y a des raisons historiques, liées notamment à l'artice 12 du code noir, le déni de paternité de l'esclave au bénéfice de son maître, propriétaire de tous les enfants nés esclaves, mais il y a aussi l'extraconjugalité très répandue et même tolérée par la société et les femmes elles-mêmes. "On fait famille parce qu'on fait couple, a indiqué Viviane Romana, la femme admet que l'homme ne puisse pas assumer sa fonction paternelle, dès lors cette fonction n'est pas évidente." Et puis, il y aussi une réalité économique ainsi que l'a rappelée Patricia Augustin : "Un enfant non reconnu, c'est l'assurance d'un revenu avec l'allocation de soutien familial." Une fois qu'on a dit cela, il reste que le premier obstacle pour une femme seule avec enfants dans le chemin de l'insertion sociale reste de pouvoir faire garder ses enfants. Et que les enfants issus de ces familles sont généralement, selon Claude-Valentin Marie et Didier Breton, "peu diplômés et rarement en emploi, témoignant de la reproduction d’une génération à l’autre du désavantage socioéducatif".

FXG, à Paris

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