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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 09:12

Pan peoplePochette-Calypso-HD.jpg

Calypsociation Steelband a sorti le 26 avril dernier son deuxième album, Pan people, après plus de deux ans de répétition et un premier opus, Made it, salué par les spécialistes du steeldrum, instrument de Trinidad & Tobago. Dans ses nouveaux morceaux, Calypsociation réaffirme son identité et continue de surprendre.  

Mathieu Borgne et Laurent Lalsingué proposent des compositions uniques, des arrangements punchy, alliant classiques de la chanson française (La Javanaise, Serge Gainsbourg), de la musique trinidadienne (Pan in Harmony, Aldwin Roberts), de la musique jazz (Black Market, Joe Zawinoul) ou encore de la pop avec Human Nature de Mickaël Jackson.

Le saxophoniste Manu Dibango s’invite sur l’un des titres, et de nombreux autres artistes joignent leurs musicalités à ce groupe unique.

Instruments-HD----c--Nathalie-Clerault.jpgCréée en 1993, par Guillaume Kervel, Barthélémy Fougea et Emmanuel Masselot, Calypsociation est une association qui participe activement au développement du Steelpan en France. Elle est aujourd’hui la plus importante école française et un des carrefours incontournables du Steelpan en Europe. Son réseau de partenaires français et internationaux lui permet de couvrir tous les domaines d’action liés à l’instrument : apprentissage (cours hebdomadaires, stages ponctuels), concerts, expositions, conférences.

L’association a participé aux deux compétitions européennes et est deux fois vice-champion d’Europe, en 2000 et 2002, dans ce concours (organisé par l’association Steelpan European, en compétition avec une dizaine de steelbands européens).

Pendant trois ans, entre 2002 et 2005, la collaboration entre Andy Narell et Calypsociation produit un mélange harmonieux et détonant. Fruit de cette rencontre, l’album Le Passage est enregistré en 2004 et le Steelband se produit au New Morning à Paris, au Jazz-festival de Portland (USA), à Amsterdam, Dortmund (All.)….

GrandSteelband-HD--c--Dimitri-Tolstoi.jpgDepuis 2006, Mathieu Borgne et Laurent Lalsingué sont à la direction musicale du steelband. Ils arrangent et composent des calypsos traditionnels, des « Panoramas tunes » et « bombs tunes », du jazz,… Forte de ces diverses influences, Calypsociation joue une musique unique alliant tradition et personnalité. L’album autoproduit MADE IT sort en 2007 et obtient une grande reconnaissance dans le monde du Pan jusqu’à Trinidad. Il obtient l’Award du meilleur album de steelpan 2008, délivré par l’association internationale When Steel Talk.

En 2010, Calypsociation enregistre son 2e album : PAN PEOPLE.

À travers son école, ses steelbands et ses activités, Calypsociation couvre de nombreux domaines autour du steelpan. Elle propose une formation musicale pour amateurs et professionnels, héberge fabricants et accordeurs et participe à des concerts et carnavals ainsi qu’à des projets d’insertion par la musique notamment en art thérapie.

L’association permet un accès facile à l’instrument grâce à une pédagogie qui place d’emblée le débutant en situation d’orchestre. Aucune formation musicale préalable n’est nécessaire. Les méthodes d’apprentissage combinent spontanéité rythmique et accompagnement théorique.

Extraits de l’album ici : http://fr.myspace.com/calypsociation

 

PhotoGroupe.jpgLes concerts à venir

 

- 17 juin : Gueugnon - Bourgogne

 

- 19 juin : Fête de la ville de Romainville

 

- 21 juin : Fête de la musique

 

- Du 26 au 28 juillet : Tournée en Aquitaine - Festival des Nuits Atypiques de Langon

 

 

 

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 05:41

Sur France 2, le 10 mai

Quand Mitterrand voulait changer la vie

Le 10 mai, France 2 propose une soirée François Mitterrand, avec en première partie de soirée, un docu-fiction de Serge Moati, Changer la vie.

Histoire_des_services_secret.jpg« Outre un film sur Serge Moati et François Mitterrand, c’est un film relationnel qui commence sous l’orage du 10 mai 1981 et qui s’achève avec la douche écossaise des élections municipales de 1983 », tente de résumer l’un des trois scénaristes de ce docu-fiction, Christophe Barbier (avec Hugues nancy et Serge Moati). En 90 minutes, les auteurs nous emmènent dans ces premiers temps de la Mitterrandie. C’est le 10 mai 1981 et la victoire de la gauche. Le 21, Mitterrand est au Panthéon et Setge Moati est à la réalisation du direct. Leur histoire d’image a commencé vers 1970. Moati était le seul réalisateur qui traînait dans l’équipe du PS. Il a filmé des heures de rushes avec François Mitterrand dans les années 1970. En Chine même. Ces images ne sont pas dans le film ; elles ont été perdues. Mais c’est ainsi qu’il est devenu le conseiller audiovisuel de François Mitterrand quand celui-ci est entré à l’Elysée. Dès lors, il a réalisé toutes les émissions des vœux présidentiels du 31 décembre. 14 éditions en 14 ans.

Le retour de Guy Lux

Premier conseil des Ministres, François Mitterrand déclare : « Pas de tutoiement, pas de prénom, vous êtes ministres, vous avez des responsabilités, c’est le respect qu’on doit à la République. »  Philippe Magnan parvient à se glisser dans le costume du président. « Je vouvoie Philippe Magnan car  il était Mitterrand », raconte Serge Moati. Entre les images d’archives et celles de fiction, Changer la vie évoque ces années 1981, 1982 et 1983 quand le président croyait encore pouvoir mettre en œuvre les 110 propositions de la plateforme présidentielle du PS et voulait en faire le maximum dans les 100 jours ! Avant que la rigueur ne vienne. Avant ce sommet de Versailles du 9 juin 1982. Avant que le président n’impose à Moati qu’il a nommé à la tête de FR3 de reprendre l’animateur Guy Lux à l’antenne (il reviendra avec Cadence 3)… « Ce vieux pays de droite qui vote de temps en temps à gauche… », soupire un Mitterrand qui hésite encore en 1983 à nommer Bérégovoy ou Delors à Matignon pour finalement garder encore Mauroy. Il sait que ça signifie le renoncement au socialisme… Voilà le propos de cette histoire de François Mitterrand et Serge Moati. Avec la maladie bien sûr, le docteur Gübler…. « J’ai la gestapo dans la tête », lâche au début du film le président à Attali et Védrine. Et le temps, compté. Mais Moati ne peut s’arrêter aux dates qu’il s’est choisies. Il veut raconter tout son Mitterrand, tout ce qu’il a connu, y compris après 1983... Alors, ça déborde un peu du cadre. Comme quand Eric Caravaca qui incarne Moati va voir Philippe Magnan en président mourant.

Verbatim

Daniel Russo en Pierre Bérégovoy et Hervé Briaux en Pierre Mauroy sont convaincants. Tout comme Franck Molinaro en Jacques Attali ou Airy Routier en Jean Glavany, secrétaire général adjoint de l’Elysée. Même les décors sont vrais. Les scènes de fiction ont été tournées en grande partie à l’Elysée. « Les vieux huissiers ont été estomaqués de voir arriver Philippe Magnan… », relate Serge Moati. Aucune hagiographie dans ce film, juste de la nostalgie pour cette « parenthèse enchantée » dans la vie de Serge Moati et de nombreux Français, et des scénaristes qui ont habilement su puiser dans le Verbatim de Jacques Attali.

FXG (agence de presse GHM)

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 05:32

ITW Françoise Vergès

« Traite et esclavage sont contemporain de la modernité »

Francoise-Verges--photo---A--Jocksan.jpgAu jardin d’acclimatation, aucun écriteau visible, aucune plaque spécifiquement installée à l’occasion de l’opération « un jardijn en outre-mer » qui s’achève ce dimanche, ne rappelle le passé de ce lieu, cette histoire douloureuse des « Zoos humains » et d’exhibitions ethniques. Pour rattraper cette lacune, la ministre de l’Outre-mer, Marie-Luce Penchard, a  chargé la présidente du  CPMHE  d’une étude spécifique. Françoise Vergès assure que des propositions seront faites dès la fin de cette année 2011. Elle évoque son combat pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, la cérémonie du 10 mai (une stèle sera dévoilée en hommage aux esclaves des colonies au jardin du Luxembourg, puis le lendemain au musée du quai Branly aura lieu un colloque, « Exposer l’esclavage »,  du 11 au 1).  « Ce jour-là, la France doit se pencher sur son histoire... »

Y aura-t'il un lieu, un musée ou une maison de l'esclavage et de la traite négrière en France hexagonale ?

Vous trouvez des salles consacrées à la traite et à l'esclavage au musée des Ducs de Bretagne à Nantes et au musée d'Aquitaine à Bordeaux, qui sont très bien faites, et dans certaines régions, il existe de petites expositions permanentes. Mais il  n'y a toujours pas un musée de la traite négrière et de l'esclavage. Le Comité pour la mémoire de l'esclavage (le CPME est devenu en 2010 le Comité pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage, CPMHE), dans son premier rapport en 2005, demandait la création d'un Mémorial/centre de ressources/centre culturel. Cette proposition a fait l'objet d'un rapport de préfiguration par Edouard Glissant, publié sous le titre Mémoires des esclavages. Cette année, à l'occasion des dix ans de la loi Taubira, le CPMHE veut relancer cette proposition en s'appuyant sur le rapport Glissant et sur un pré-rapport de faisabilité. Notre objectif reste d'offrir au public le plus large un lieu de recueillement, de connaissance, de savoir, de débats et d'échanges, un espace citoyen. 

Francoise Vergès 4 photo A JocksanVous avez été nommée en 2009 présidente du CPMHE. Quelles ont été les grandes lignes de votre travail,  avez vous atteint votre objectif ?

La mission confiée au CPMHE en 2009 est de 3 ans. Notre travail est bénévole et nos moyens modestes. Cependant, nous faisons tout ce que nous pouvons pour atteindre les objectifs que nous nous sommes donnés : d'une part, donner aux dix ans de la loi Taubira une dimension particulière, faire le point sur ce qui a été accompli et sur ce qui reste à accomplir. Nous avons interpellé les ministères les plus concernés - Recherche, Education nationale, Culture - et leur avons demandé de nous dire ce qu'ils avaient fait depuis dix ans pour appliquer cette loi votée à l'unanimité et qui demandait notamment que le savoir soit le plus largement diffusé et la recherche encouragée. D'autre part, il y a cette proposition dont je parlais, la création d'un Mémorial/centre de ressources/centre culturel sur les traites et les esclavages. Nous ne concevons pas ce lieu comme un musée figé mais comme un lieu vivant, où tous les publics, je dis bien tous les publics peuvent venir sans honte, sans crainte, sans peur, satisfaire leur curiosité sur ces siècles d'histoire de la France, de l'Europe et de tant de territoires. Notre urgence, pourrais-je dire, est d'encourager toutes les formes de médiation citoyenne sur cette histoire, de soutenir leur développement. Ces siècles ont profondément imprégné le monde dans lequel nous vivons. Il faut expliciter ces héritages.

Comment réagissez-vous aux attaques contre les lois mémorielles telle la loi Taubira. Comment la défendez-vous ?

 Lors des récentes attaques contre la Loi Taubira, le CPMHE a diffusé un communiqué de presse (voir sur www.cpmhe.fr) protestant vigoureusement contre ces paroles indignes et scandaleuses.  Elles n'expriment malheureusement pas un sentiment isolé, marginal mais une réaction partagée par des Français qui ne veulent pas que l'histoire de l'esclavagisme et de la colonisation post-esclavagiste soit intégrée dans l'histoire de France.

Pourquoi ?

Car elle interroge nombre de clichés ; elle montre que l'universalité des droits fut une abstraction et qu'il a fallu les luttes des esclaves (puis d'autres groupes exclus ou marginalisés des droits) pour que cela ne soit pas une abstraction. Comme traite et esclavage sont contemporains de la modernité - l'Europe devient moderne avec la fin des féodalismes, l’invention de l'individu, l’affirmation de droits imprescriptibles... -, il faut expliquer comment cela est possible. La difficile histoire de la citoyenneté en France (lente inclusion de groupes divers) montre que les droits dits naturels ne le sont pas tout à fait. En France, il faudra deux décrets d'abolition de l'esclavage puisque Napoléon rétablit l'esclavage en 1802. On pourrait continuer ainsi : 1848, abolition de l'esclavage mais maintien du statut colonial, par exemple. Il ne s'agit pas de transformer l'histoire en espace de récriminations mais de voir, de manière citoyenne, c'est-à-dire soucieuse du bien commun, que l'histoire enseigne aussi les conflits d'intérêts - des groupes ne veulent pas que d'autres aient accès aux mêmes droits -, les conflits sociaux et culturels comme la recherche de l'intérêt général. Mais de même, il s'agit dans les sociétés qui ont connu l'esclavage, de mettre à jour ces conflits d'intérêts, ces tensions, ces contradictions.

Avez-vous l'adhésion de tous pour cette journée de célébration du 10 mai ?

Nous l'espérons. Vous le signaliez à l'instant, la loi est régulièrement attaquée. Si nous sommes d'accord avec ses objectifs, nous devons tous la défendre. Pourquoi le choix du 10 mai ? Il fallait choisir une date qui parle à tous, ceux vivant à Mayotte, dans l'Hexagone, en Guyane, en Martinique, à La Réunion en Guadeloupe, en Afrique..., une date qui ne renvoie à aucun fait historique (pourquoi celui-là ?) ni à un seul territoire. La France doit ce jour-là se pencher sur son histoire et tous ceux qui se sentent concernés par cette histoire peuvent ce jour-là participer. L'histoire de l'esclavage est très complexe : elle se passe sur plusieurs terres, au cours de plusieurs siècles. Cela ne dure pas quatre ans et ne touche que certains espaces comme la Seconde guerre mondiale par exemple. Là, ce sont plusieurs lieux sur plusieurs continents, et ces lieux changent au cours des siècles... Le 10 mai c'est aussi le jour de l'adoption de la proposition de loi faisant de la traite négrière et de l'esclavage un crime contre l'humanité.

Quels sont les moments forts de cette journée de célébration et d'anniversaire ?

Un décret de 2006 dit que le gouvernement doit organiser ce jour-là une cérémonie officielle et le comité fait des propositions pour la cérémonie. Cette année, nous avons proposé au gouvernement un geste fort et symbolique qui inscrive dans la pierre les contributions des esclaves des colonies françaises à l'universalité des droits humains et aux idéaux de liberté, égalité, fraternité. Par là, nous voulions signaler que sans les luttes des esclaves, ces idéaux n'auraient pas la dimension qu'ils ont aujourd'hui. Les esclaves réclamaient la dignité, la  liberté. Ils n'ont eu cesse de le faire. Ils nous ont légué une formidable leçon et nous devons nous en montrer dignes : quels combats sont les nôtres aujourd'hui devant des violations des droits humains ?

On dit souvent « mois de mai, mois de la mémoire ». Cette mémoire enchaînée qui déchaîne tant de passion est-elle sélective ou collective ?

C'est une mémoire qui doit devenir collective. Le monde entier est concerné par ces siècles d'histoire car nous en sommes tous les héritiers : des cultures, des musiques, des savoirs, des luttes qui font partie du patrimoine de l'humanité. Aujourd'hui, le Brésil et les autres pays d'Amérique du sud, ceux d'Amérique centrale, les Caraïbes, le continent africain (est et ouest), l'Europe, l'Amérique du nord, le sud-ouest de l'Océan Indien, ont été modelés par cette histoire. Comment l'ignorer ?

La ministre de l'Outre-mer, Mme Marie Luce Penchard,  vient de vous confier une mission sur la mémoire et les lieux de mémoire. Pouvez vous nous parler    de cette mission et de vos avancées ?

Cette mission concerne les expositions d'êtres humains entre 1870 et 1931 dans plusieurs villes en France, connues sous le nom de "zoos humains".  Pendant ces années, dans toute l'Europe, des "sauvages" sont exhibés au regard des publics. Ce sont des Lapons, des Amérindiens, des Caribes, des Natives américains, des Africains, des Indiens... Recrutés par des privés, ils tournent en Europe dans des "villages africains", "amérindiens". Ils sont montrés comme des bêtes. Ce qui se construit à travers ces exhibitions, c'est l'idée d'une hiérarchie des races : des civilisés regardent des "sauvages". Il y a eu de nombreux abus. Le film La Vénus noire en met en scène. À Paris, il y eu des exhibitions dans des jardins, au Champ de mars... Dans la programmation de l’année des Outre-mer, des manifestations étaient prévues au Jardin d'acclimatation à Paris où eurent lieu des "zoos humains" dont l'exhibition d'Amérindiens de Guyane (en 1892, des Amérindiens exhibés meurent). Des élus et des associations de Guyane se sont émus. Mme Penchard a jugé qu'une mission répondrait au besoin d'inscrire cette histoire dans l'espace public. Le CPMHE doit faire des propositions dans ce sens : il ne s'agit pas d'interdire toute manifestation dans un lieu où eut lieu une chose indigne, mais de réfléchir à la meilleure manière de le faire connaître au grand public. Par des plaques ? des brochures ? des circuits guidés ? Des programmes éducatifs ? Nous allons réfléchir à tout cela en consultant des historiens, des artistes, des élus, des personnes concernées. La Mairie de Paris sera évidemment associée puisque ces lieux sont à Paris. Pour l'instant, nous sommes au tout début de cette mission, (confiée le 9 avril dernier), mais nous avons assuré Mme la ministre que nous ferions des propositions concrètes avant la fin 2011.

Propos recueillis par Alfred  Jocksan

Photos Alfe Jocksan

 

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 06:43

Le bilan du président de la République et la part de l’Outre-mer

La majorité présidentielle a été prompte à moquer le programme du parti socialiste au sujet de la faible place consacrée à l’Outre-mer. Le PS va pouvoir lui rendre la pareille puisque dans le fascicule édité par l’Elysée et intitulé « 4 ans d’action, mai 2007 – mai 2011 » (un bilan donc), on ne dénombre que 15 lignes dédiées à l’Outre-mer. Il est question d’ « une orientation forte en faveur du développement endogène » avec la création des zones franches globales d’activité, la nomination des trois commissaires au développement endogène en charge « de permettre aux Antilles la création d’un marché de 800 000 habitants, en Guyane, l’ouverture vers ses voisins, et dans l’océan Indien, le développement des relations commerciales entre la Réunion et les pays limitrophes du canal du Mozambique. » Comme il a fallu attendre le forum outre-mer du PS, il faudra sans doute attendre le bilan présidentiel en outre-mer. Il est vrai que ce fascicule nous a été adressé par Franck Louvrier, conseiller du président de la République, responsable du pôle presse de l’Elysée, et non par Olivier Biancarelli, conseiller du président de la République, responsable du pôle politique, parlementaire et Outre-mer.

FXG (agence de presse GHM)

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 06:41

Les élèves du collège Henri-Agarande au SénatEleves-Kourou-au-Senat.jpg

Une quinzaine de collègiens du collège Henri-Agarande de Kourou sont actuellement à Paris à l’invitation du sénateur maire Jean-Etienne Antoinette(et grâce à l’aide d’une dizaine d’entreprise de Kourou). « C’est un voyage de découverte des institutions », explique leur professeur d’histoire et géographie, Olivier Ponnon qui les accompagne avec leur principal adjoint, Myrtha Jean-Baptiste. Depuis le début de la semaine, ils ont visité les ambassades de Cuba et du Brésil, l’Assemblée nationale et le ministère de l’Outre-mer, avant le Sénat, hier. Ils ont rencontré les 2e et 4e personnages de l’Etat : le président du Sénat, Gérard Larcher, et son homologue de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, et encore les deux députés et les deux sénateurs de Guyane. Avant de rentrer mardi, ils seront lundi à Port-Louis dans le Morbihan où ils participeront, en présence du président de la République, aux cérémonies commémorative de la fin de la seconde guerre mondiale.

(Photo : FXG)

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 05:07

La Martinique fait la Foire

« Les artisans se battent pour venir à la Foire de Paris, car c’est un moment important pour le chiffre d’affaires… » En quelques mots, Catherine Cadrot, patronne de la future maison de la Martinique à Paris, a résumé l’ambiance qui règne depuis huit jours au parc des expositions de la porte de Versailles. 21 exposants sont les heureux bénéficiaires de cette vitrine formidable qu’est la Foire de Paris avec 7 à 800 000 visiteurs en un peu moins de quinze jours. Tout est représenté : l’alimentaire (notons la présence pour la première fois des chocolats Lauzea), le vestimentaire (tous les jours les défilés ont participé à l’animation du hall Terre de tropiques), le bois, les fleurs (et les démonstrations d’art floral), la littérature et le bien-être. C’est la Chambre de métiers et de l’artisanat qui coorganise les choses avec le Comité martiniquais du tourisme car, explique Catherine Cadrot, « le tourisme est une filière économique qui touche toutes les autres ». Et puis, en cette année de l’Outre-mer, les organisateurs de la Foire de Paris ont fait un véritable effort pour assurer à ses hôtes ultramarins une belle mise en valeur. L’emplacement est bon et l’espace est vaste. Seule l’acoustique reste désespérément désagréable... Miss Martinique, comme lors du salon de l’agriculture, a assuré son rôle d’ambassadrice de charme, et nos élus se sont arrangés pour être présents un peu tous les jours. Mardi, on a vu le député maire de Trinité Louis-Jo (comme l’appelle Martine Aubry !) et jeudi, c’était Serge Larcher qui y consacrait son après-midi pour rencontrer les acteurs du tourisme. Et tous les jours, les grands ballets de la Martinique ont donné leur 1 h 15 de spectacle de biguine, mazurka, haute taille…et la dans des parapluies pour les filles, et celle des frimeurs pour les hommes. Avec eux, un orchestre particulier parce que sur leurs cinq soufflants, les quatre clarinettistes sont tous des jeunes âgés entre 14 et 16 ans ! La nouveauté, cette année, est venue avec les « Bouquets vacances ». Il s’agissait d’offreir aux visiteurs des packages thématiques à des tarifs intéressants autour de l’aventure, de la culture, du tourisme vert ou des sports nautiques. Résultat des courses ? « La fréquentation a été bonne », nous a assuré Catherine Cadrot.

FXG (agence de presse GHM)

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 19:08

L'Outre-mer au musée du Quai Branly

10 mai - 18 décembre : La Collection rend hommage aux Outre-mer (accrochage spécifique)

11, 12 et 13 mai : Colloque : Exposer l’esclavage au théâtre Claude Lévi-Strauss

10, 11 et 12 juin : Spectacle vivant : Les Marquises : Mahau'u, Hakamanu et Haka Chants et danses de Nuku Hiva, avec l’ensemble Te hina o Motu haka

 


Exposer l'esclavage : Méthodologies et pratiques

En hommage à Edouard Glissant

Les 11, 12 et 13 mai 2011 au Théâtre Claude Lévi-Strauss

Accès libre dans la limite des places disponibles

À l’occasion des dix ans de la loi du 21 mai 2001, votée à l’unanimité par le Parlement français et qui portait la reconnaissance de la traite négrière et de l’esclavage comme « crimes contre l’humanité », le Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage (CPMHE) et le musée du quai Branly s’associent pour organiser un colloque international autour du thème Exposer l’esclavage.

La muséographie de la traite négrière, de l’esclavage et de leur abolition soulève de nombreuses questions que ce colloque se propose d’examiner. Comment l’esclave entre-t-il dans le musée ? Comment montrer la torture, les punitions, l’exil, la perte, la résistance, la complicité, la création et leurs traces contemporaines. Comment penser la temporalité et l’espace de l’exhibition : commencer par quoi, quand, et en quel lieu ?

Le colloque rassemble des responsables de musée, des chercheurs, des artistes et des intellectuels de pays d’Afrique, des Amériques, d’Europe, de la métropole et des Outre-mer.

 


Les Marquises : Mahau'u, Hakamanu et Haka

Chants et danses de Nuku Hiva, avec l’ensemble Te hina o Motu haka

Vendredi 10 et samedi 11 juin 2011 à 20h, dimanche 12 juin 2011 à 17h au Théâtre Claude Lévi-Strauss

Billetterie Festival de l’Imaginaire ou www.fnacspectacles.com

En partenariat avec la Maison des Cultures du Monde et dans le cadre du Festival de l’Imaginaire

Nuku Hiva est la plus grande et la plus peuplée des Iles Marquises, l’un des cinq archipels de la Polynésie française. Les Marquisiens, peuple maori, manquent de disparaître à la fin du XIXe siècle, mais ont su faire renaître leur culture et leurs traditions au siècle suivant : dans les années 1970, ces îles du Pacifique prennent conscience qu’elles doivent agir pour sauver leur culture et leur langue. C’est ainsi que naît dans l’île de Nuku Hiva l’association Te Hina O Mutu Haka, qui entreprend un travail minutieux pour revitaliser l’héritage ancestral : la langue, la sculpture, les chants, les pirogues, le tatouage, les danses. La Maison des Cultures du Monde a travaillé avec Te Hini O Motu Haka pour remonter aux sources des danses ancestrales de Nuku Hiva et retrouver du sens là où la tendance penchait vers le divertissement pur. C’est le résultat de cette recherche qui est présenté au public du musée du quai Branly et du Festival de l’Imaginaire.

Te Hini O Motu Haka rassemble parmi les meilleurs danseuses et danseurs des Marquises. Ceux-ci chantent et dansent une suite de légendes marquisiennes, notamment la légende de la création des Iles Marquises et le très gracieux Hakamanu, ou « danse de l’oiseau », décrit par Lucien Kimitete comme « la danse de l’amour et de la vie sur la Terre des Hommes».

 


Les Antilles

Expo-OM-Quai-Branly-Guyane.jpgMartinique ou Guadeloupe, ces îles françaises des Antilles, ont vécu une longue histoire amérindienne bien antérieure à l’arrivée des Européens à la fin du XVe siècle. En effet, comme l’aire amazonienne à laquelle il est culturellement ancré, l’archipel des Antilles a un passé précolombien qui débute il y a plusieurs millénaires avec l’arrivée des premiers pêcheurs et cueilleurs paléoindiens. Dans les derniers siècles avant J.-C., d’autres groupes amérindiens issus du bassin de l’Orénoque, pratiquant l’horticulture et maîtrisant les techniques de la céramique, se répandent dans tout l’arc antillais. En plusieurs étapes, ces communautés colonisent toutes les îles jusqu’à Cuba. Les recherches archéologiques montrent une histoire complexe avec, au fil des siècles, l’émergence de nombreuses traditions régionales.

Ainsi, aux Grandes Antilles (Cuba, Jamaïque, l’île Hispaniola, Puerto Rico) se développent à partir du XIIe siècle les grandes chefferies taïnos. Dans les petites Antilles (dont la Martinique et la Guadeloupe), diverses cultures se succèdent au cours des siècles précédant l’arrivée de Christophe Colomb. Au moment de la colonisation française de la Guadeloupe et de la Martinique en 1635, les groupes autochtones se dénommaient eux-mêmes Kalinagos, mais sont plus souvent connus sous le terme de « Caraïbes insulaires ». Cette histoire précolombienne des Antilles est représentée au musée du quai Branly par plus de 4000 pièces archéologiques : haches, céramiques, coquillages… Provenant essentiellement de fouilles pratiquées en Martinique (3000 objets) et en Guadeloupe (600 environ).

Le rituel de la cohoba

Aux Antilles, des spatules vomitives et des inhalateurs en bois ou en os, attestent de la prise de substances hallucinogènes lors du rituel dit de la cohoba, et inscrivent les Taïnos et les Kalinagos, comme tous leurs ancêtres amérindiens des Antilles dans la grande aire culturelle amazonienne.Spatule-vomitive.jpg

Le rituel de la cohoba est un moment fondamental d’invocation des esprits, ou zemi. Seuls les caciques et chamanes y participent. Il est nécessaire de se purifier avant d’inspirer par les narines la drogue hallucinogène pour entrer en transe et aller à la rencontre des esprits.  Pour sfaire, l’initié utilise de petites spatules destinées à provoquer un  vomissement. Elle peut être sculptée dans un os de lamentin, comme celle provenant de fouilles archéologiques menées en 1939 au Prêcheur en Martinique. Acquise récemment par le musée du quai Branly, l’autre spatule, en forme de serpent, appartient à la culture taïno et provient d’une grotte près de Puerto Plata, au nord de l’actuelle République dominicaine. Les yeux et la bouche de ces pièces comportaient des incrustations de coquillage ou d'or aujourd'hui disparus.

 


La Guyane

La Guyane française compte six peuples autochtones répartis dans deux grandes zones de peuplement : les Lokono, les Pahikweneh (ou Palikur) et les Kali’na qui vivent sur le littoral ; les Wayana, les Wayampi et les Teko (ou Emérillon) habitant dans l’intérieur. La population actuelle des Amérindiens de Guyane avoisine les 10 000 personnes, mais plusieurs de ces communautés sont implantées également dans les états sud-américains voisins (Suriname et Brésil).

Le musée du quai Branly possède une collection de plus de 3000 objets provenant des différents groupes amérindiens des Guyanes et présentant tout l’éventail des cultures matérielles amazoniennes. Dès les premiers temps de la colonisation française, aux XVIIe et XVIIIe siècles, des pièces sont offertes aux rois de France ou rassemblées par des aristocrates dans des cabinets de curiosités ; plus de 400 de ces témoins antérieurs à la Révolution française sont aujourd’hui conservés.

Les collections guyanaises sont ensuite enrichies à la fin du XIXe siècle grâce aux missions exploratoires et scientifiques, parmi lesquelles celles de Jules Crevaux ou de Henri Coudreau. Au cours du XXe siècle, les nombreux travaux de terrain des ethnologues contribuent à développer cet ensemble au sein duquel les communautés les mieux représentées sont les Kali’na et, surtout, les Wayana.

Le maraké, rite d’initiation wayana

Les Wayana, dont le nombre est aujourd’hui estimé à environ 1700 personnes, sont partagés entre la Guyane française, le Brésil et le Suriname : plus d’un millier d’entre eux vivent côté français sur le haut cours du fleuve Maroni en une douzaine de villages répartis sur ses affluents, le Litani et le Tampok. Dans les collections du musée du quai Branly, parmi plus d’un millier d’objets, se distingue un ensemble de pièces singulières qui participent d’un moment fondamental chez les Wayana : le rite d’initiation maraké, ou eputop en langue vernaculaire. Le maraké est l’apogée d’un cycle de cérémonies s’échelonnant sur quelques mois, pratiqué au moment de la puberté et marqué par l’exécution des chants anciens, nommés kalawu. Comme épreuve finale de ce rituel qui marque le passage dans le monde des adultes, les novices sont soumis aux piqûres de fourmis et de guêpes. Ces insectes vivants sont insérés entre les mailles de vannerie ornées de plumes, de différentes formes : le kunana, carré, est destiné aux filles ; les nattes aux formes zoomorphes ou anthropomorphes sont réservées aux garçons. Elles évoquent des êtres réels, à l’image de poissons, ou bien des êtres imaginaires.natte-a-fourmi-anthropomorphe.jpg

Le postulant doit résister stoïquement au supplice. La piqûre des « fourmis flamandes » utilisées est extrêmement violente. Cette douloureuse épreuve est réputée indispensable pour devenir courageux, actif et adroit à la chasse ; elle peut se répéter plusieurs fois à l’âge adulte comme une sorte de confirmation et un acte de bravoure.Natte-a-fourmi-detail.jpg

Natte à fourmis, Kunano © musée du quai Branly

 


Tahiti

La dynastie des Pomaré est influente à Tahiti dès la fin du XVIIIe siècle. Le règne de la reine Pomaré prend place à une période particulière des relations entre la France et Tahiti. Née en 1813 et fille de Pomaré II, Aimata accède au rang de reine sous le nom de Pomaré IV en 1827. Son pouvoir est alors étroitement contrôlé par les chefs traditionnels.

La rivalité religieuse entre la France et le Royaume-Uni a des conséquences importantes sur son règne. Sous l’influence du missionnaire britannique Pritchard, Pomaré IV résiste à l’administration française. L’amiral Abel Dupetit-Thouars arrive à Papeete en 1842, événement dessiné puis lithographié et imprimé en couleurs par le chirurgien mais aussi excellent dessinateur Louis Le Breton. En 1843, Tahiti est annexée. Les débuts du protectorat français sur Tahiti (traité ratifié en 1843) voient l’exil de la reine aux Iles sous le Vent entre 1844 et 1847, durant la guerre d’indépendance de Tahiti. En 1847, une négociation aboutit à la signature d’une convention avec Pomaré IV. Cette convention lui permet de revenir à Papeete le 9 février 1847 et de reprendre sa place sur le trône en acceptant le protectorat. Un an plus tard, en 1848, une femme aventurière, Adèle de Dombasle, partie pour un voyage dans le Pacifique avec son ami et journaliste républicain et anticolonialiste, Edmond Ginoux de la Coche, est reçue par la Reine et dessine son portrait. Entre 1868 et 1871 se déroule la campagne de la frégate l’Astrée. Le contre-amiral Cloué s’adjoint comme second Paul-Emile Miot, dont les qualités de photographe étaient déjà reconnues dans la Marine. En septembre 1869, l’Astrée atteint Tahiti. C’est soit lors de ce premier séjour, soit au cours de son deuxième voyage, entre juin et septembre 1870, que Paul-Emile Miot réalise plusieurs portraits de la reine Pomaré IV et de son proche entourage. Les studios photographiques professionnels (dont l’atelier Hoare) sont alors tout juste en cours d’installation, et les premières images photographiques réalisées sont le fait de photographes de passage, de voyageurs ou d’amateurs résidant dans l’île.Reine-Pomare.jpg

La Reine Pomaré - Paul-Emile Miot, Tahiti, Polynésie Française © musée du quai Branly

 


La Nouvelle-Calédonie

Bambou-NC-Branly.jpgArrivés vers 1100 av. J.-C., les premiers habitants de la Nouvelle-Calédonie, originaires d’Asie du Sud-Est, ont façonné progressivement l’identité culturelle kanak. Cette dernière est basée sur la pratique de l’horticulture, sur des réseaux d’échanges reliant les îles entre elles, un système hiérarchique organisé en chefferie, et une occupation spécifique des territoires entre vallées et littoral. Au-delà de ces traitscommuns, la diversité linguistique et les styles artistiques régionaux montrent le développement de spécificités locales au cours de l’histoire.

En 1774, l’explorateur britannique James Cook découvre le nord de la Grande Terre qu’il nomme « Nouvelle-Calédonie ». Les premières collectes des navigateurs européens se caractérisent par l’acquisition d’armes, d’objets de prestige et de sculptures. En France, les collectes de J.A.R. Bruni d’Entrecasteaux, à la fin du XVIIIe, siècle seraient les plus anciennes. Au cours du XXe siècle, de nombreuses études sont menées sur le territoire.

La collection d’oeuvres kanak du musée du quai Branly regroupe aujourd’hui environ 3 000 objets, oeuvres historiques ou créations contemporaines. D’impressionnantes pièces d’architecture aux précieuses monnaies de coquillage ou de jadéite, les collections reflètent l’histoire du pays, déclaré propriété de l’Etat français en 1855, et cheminant depuis la fin du XXe siècle vers son autodétermination.

La collection de bambous gravés est la plus importante au monde conservée dans un musée.

Les bambous gravés

Collectés principalement sur la Grande Terre entre 1850 et 1920, les bambous gravés relèveraient néanmoins d’une tradition kanak plus ancienne. Les hommes utilisaient ces bambous comme contenants à herbes magiques afin de se protéger lors des déplacements à travers les forêts où résident les « êtres de l’au-delà déifiés ». La disparition progressive de leur fabrication après 1920 est peut-être due aux transformations de la société imposée par les missions religieuses.

Traditionnellement, les motifs sont gravés à l’aide d’éclats de quartz ou de pinces de crustacés, puis les pointes en métal dominent rapidement l’outillage. Une fois le bambou vert incisé, la surface est enduite de graisse faite de noix de bancoulier calcinée qui rehausse les motifs de noir. Force est de constater la maîtrise technique du graveur, capable de composer des scènes tournoyantes. La lecture d’un bambou gravé se fait de manière globale, chaque motif étant lié à ceux qui l’entourent, cet ensemble formant alors un récit propre à la personne qui conserve le bambou, à sa famille ou à son groupe d’origine.

Les motifs se répartissent entre des scènes de la vie villageoise – plantation des jardins, danses, construction des grandes cases de chefs, pêche etc. - et une observation fine des transformations liées à la colonisation – uniformes et armes des militaires, architecture européenne, bateaux, chevaux etc.

 


La Réunion

pano-Reunion-Branly.jpgDe 1717 à 1817, près de 80 000 esclaves en provenance des côtes de l’Afrique orientale et de Madagascar sont introduits dans l’île de la Réunion. La Révolution française abolit l’esclavage en 1794 mais les colons de La Réunion refusent d’entériner cette décision. Le rétablissement de l’esclavage en 1802, destiné à relancer l’économie des colonies, est accueilli avec soulagement. En 1834, l’Angleterre met fin à l’esclavage dans ses colonies. Les esclaves des îles voisines – Maurice et les Seychelles – sont alors libres, contrairement aux 62 000 esclaves de la Réunion. Sous la pression de l’Angleterre, le gouvernement français prohibe en 1817 la traite dans les colonies françaises, mais la condition d’esclave, personne physique sans état civil, sans personnalité juridique et sans droits propres, perdure. Les idées républicaines ainsi que le développement des mouvements abolitionnistes, notamment à travers les écrits de Victor Schoelcher mènent cependant à un refus de l’esclavage dans les colonies :

" Nulle terre française ne peut plus porter d’esclaves ! ". Le décret d’abolition de Victor Schoelcher, futur député des Antilles, sous-secrétaire d’Etat, est adopté le 27 avril 1848 par l’Assemblée constituante.

Le Commissaire général de la République, Joseph Napoléon Sébastien Sarda Garriga, dit Sarda-Garriga, débarque le 13 octobre 1848 à l’île Bourbon, renommée île de la Réunion, et proclame l’abolition de l’esclavage le 20 décembre 1848. Le tableau d’Alphonse Garreau est une représentation allégorique de l’abolition de l’esclavage. Sarda-Garriga, représenté ici comme un héros, brandit le texte de la déclaration. Il porte les insignes de la République : l’écharpe tricolore et la cocarde rouge. Il est entouré d‘hommes, de femmes et d’enfants noirs. Au premier plan, une femme regarde le texte. La main gauche de Sarda-Garriga pointe vers les différents outils posés devant un moulin à sucre et abandonnés par les esclaves. Derrière lui, de la fumée s’échappe de la cheminée d’une sucrerie.Nouvelle-Caledonie-tampon.jpg

 

Matrice à impression: « Am I not a Man and a Brother? » La Réunion, 1850 © musée du quai Branly

La matrice à impression montre un homme esclave agenouillé. Ce motif de l'esclave enchainé et suppliant a traversé toute l'histoire de l'abolitionnisme. Apparu dans les années 1780 en Angleterre, il a été repris et traduit en français par la Société des Amis des Noirs ("Ne suis-je pas ton frère ?") à partir de 1788. Ce slogan a été reproduit sur des supports variés : gravures, écharpes, éventails, faïence de Wedgwood, médaillons, serviettes, mouchoirs... Cette image fortement symbolique a continué d'être utilisée au XXe siècle, notamment dans la lutte contre l'Apartheid en Afrique du Sud. Cette matrice, objet-symbole portant des traces d’usure et de patine, a permis d’imprimer au XIXe siècle des milliers d’images répandant le message des abolitionnistes à travers le monde anglophone. Le musée du quai Branly possède un des fonds les plus importants en France concernant l’histoire de l’esclavage : cette matrice est une de ses dernières acquisitions.

 


Mayotte – La Grande Comore

L’archipel des Comores forme un ensemble d'îles situées au sud-est de l'Afrique, à l'est de la Tanzanie et au nord-ouest de Madagascar. Elles sont réparties entre un pays indépendant, l'Union des Comores, et Mayotte, une collectivité d'outre-mer française. Ancienne colonie française, les Comores ont obtenu leur indépendance en 1975, à la suite d’un référendum. La société comorienne se caractérise par sa mixité à forte composante d’origine africaine et une organisation clanique de type musulman.

A l’époque de la collecte des objets ici présentés (1887/1899), la Grande Comore est depuis 1886 un protectorat français dont les Résidents sont soumis au Gouverneur de Mayotte. En 1912, l’archipel est rattaché à la colonie de Madagascar. Moroni est alors la plus grande ville de la Grande Comore. Ceint de remparts érigés au XVIIIe siècle pour le protéger contre les raids malgaches, ce Sultanat domine une fédération de sultanats subalternes que la France va abolir pour les remplacer par 12 provinces administrées par des Cadi.

Les trois objets ici présentés ont été donnés en 1966 au musée de l’Homme par la fille du Charles-Henri Pobéguin (1856/1951), collaborateur de Pierre Savorgnan de Brazza et de Louis-Gustave Binger, premier administrateur civil (1892), puis Gouverneur (1893), de la future Côte d’Ivoire.

La collection du musée du quai Branly recèle également une collection de 400 objets provenant du musée de l’Homme, reçue à la suite du décès de M. Pobéguin en 1951, relevant d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. Ces objets avaient été rassemblés à l’occasion de ses différents contacts avec l’Afrique à partir de 1876. Les trois objets exposés illustrent plus particulièrement la carrière de Charles-Henri Pobéguin comme Résident de France de la Grande Comore entre 1897 et 1899. Posté à Moroni, il prend de très nombreux clichés, collecte des notes sur l’histoire, les sciences naturelles, la langue, l’ethnographie etc. 

 


Terres australes et antarctiques françaises (Terre Adélie)

1re-et-quai-Branly-024.jpgL’Antarctique est un continent émergé d’une superficie équivalent au territoire de l’Europe, recouvert à 98% d’une calotte glacière qui atteint jusqu’à 4000 mètres d’épaisseur. D’une rigueur climatique extrême, cerné par la banquise, l’Antarctique exclut le développement de toute vie humaine. Les premières côtes Antarctiques sont découvertes en 1820 par une expédition maritime internationale russo-anglo-américaine. Cette expédition est commandée par le capitaine Bellinghausen qui reconnaît l’actuelle Terre de Palmer, située à 1000 km au sud du Cap Horn. 20 ans plus tard, Jules Dumont d’Urville atteint la Terre Adélie située au sud de la Tasmanie dont il prit possession au nom du roi Louis Philippe. Tout au long du XIXe siècle, l’Antarctique est exploré et cartographié par des navigateurs du monde entier. Des explorateurs aussi célèbres que Wedell, Clark, Ross ou Amundsen donnent leurs noms aux golfes, mers et côtes qu’ils ont découverts. Depuis 1997, la station Concordia, la base scientifique franco-italienne située en Terre Adélie, se consacre à la recherche géophysique, climatologique, glaciologique et astronomique en Antarctique.

Les voyages de Jules Dumont d’Urville

La seconde circumnavigation de Jules Dumont d’Urville menée de 1838 à 1840 reçoit, entre autres instructions de Louis-Philippe, d’explorer les « parages voisins du pôle austral » pour étendre les « recherches vers le pôle, autant que pourraient le permettre les glaces ». Parties de Toulon le 7 septembre 1837, les corvettes l’Astrolabe et la Zélée atteignent le détroit de Magellan en janvier 1838. Elles gagnent le cercle polaire antarctique et explorent les îles Orcades puis l’extrémité nord de la Terre de Palmer, rebaptisée Terre Louis-Philippe par Dumont d’Urville sans avoir pu toucher terre.

C’est au terme de son périple en Océanie que Dumont d’Urville entreprend, à partir du 1er janvier 1840, une nouvelle exploration de la côte antarctique depuis le port de Hobart Town en Tasmanie. Le 21 janvier 1840, il atteint une terre environnée de glaces escarpées, peuplée de seuls pingouins qu’il annexe au nom du roi et baptise Terre Adélie en hommage au prénom de sa femme Adèle. La Terre Adélie est le seul territoire antarctique resté français depuis sa prise de possession par l’amiral Dumont d’Urville. Les trois lithographies exposées ici représentent la découverte et la prise de possession de la Terre Adélie. Elles sont tirées de l’atlas pittoresque du Voyage au pôle Sud et en Océanie de Jules Dumont d’Urville (1837-1840).

Sources : Musée du Quai Branly

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 10:57

La sphère ultramarine s’empare de l’affaire Blanc

Claudy Siar portrait RDGUne semaine après les révélations de Mediapart sur les choix des hautes instances de la FFF en matière de sélection, une première voix officielle ultramarine s’exprime à travers une tribune du délégué interministériel à l’égalité des chances des Français d’Outre-mer, Claudy Siar. Cette réaction (intitulée Petit racisme entre amis) intervient après celle, largement médiatisée, de Lilian Thuram, et celle du président de la Fédération des associations africaines et créoles (FAAC), Franck Anretar, auteur lui aussi d’une tribune intitulée Quand Blanc veut laver les couleurs). Sans le citer, Claudy Siar fait référence aux propos de feu Georges Frêche, alors président de la Région Languedoc, « qui vitupérait l’équipe de France « black-black-black », qui poussait le zèle arithmomane à compter le nombre des joueurs noirs en équipe de France ». Ces propos, écrit-il, « trouvent un écho dans ces échanges au sein de la plus haute instance du sport français le plus populaire ». Claudy Siar évoque la force du symbole de Jesse Owen devant Hitler pour rappeler que « le sport transcende l’exploit physique (…) pour porter des valeurs politiques et humanistes universelles » mais aussi que « le sport est un formidable vecteur de reconnaissance et de promotion sociale (…) et que la réussite des Noirs a eu un effet d’entraînement extrêmement positif ». Il cite pour exemple nos athlètes : Marie-Jo Perec, Marius Trésor, Christine Aaron, Basile Boli, Gérard Janvion, Simon Jean-Joseph, Maryse Ewanje-Epée, Stéphane Diagana, Yannick Noah... Tous des modèles pour les jeunes Français noirs. Franck-Anretar.jpgFranck Anretar ne dit pas autre chose lorsqu’il écrit : « Les jeunes noirs ou arabes issus des classes populaires qui cherchent comme tout français quelle que soit leur couleur, à s’élever socialement, (…) ont donc tout naturellement investi massivement le sport, domaine où l’ascenseur social n’est pas (encore) tombé en panne... » C’est une atteinte au modèle républicain qui est donc dénoncée. Et Claudy Siar se demande qui d’autre que la ministre des Sports, Chantal Jouanno, est prêt à « condamner aussi fermement ce quarteron de dirigeants irresponsables qui met à mal les principes d’égalité et de fraternité de notre pays ». Franck Anretar prend la précaution de rappeler qu’il faut attendre les résultats des enquêtes en cours (celle diligentée par le ministère des sports, l’autre interne à la fédération française de football), mais estime insupportable des propos qui laissent l’intelligence au seul Français blanc et la force physique au « Black ». Le créateur des « Césaire de la musique » se demande si « pour les instances de football, la puissance de la pensée d’un Senghor, d’un Aimé Césaire, tout juste « panthéonisé », d’un Frantz Fanon ou d’un Edouard Glissant, tout juste éteint, n’est qu’un accident de l’histoire… » Et Claudy Siar conclut en citant Berthold Brecht : « Cette affaire de foot vient rappeler que le ventre est encore fécond d'où est sorti la bête immonde du racisme. »

FXG (agence de presse GHM)

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 10:54

Quand  Blanc veut laver les couleurs…

Le président de la fédération des associations africaines et créoles, Franck Anretar, est l'auteur d'une tribune sur "l'affaire de la FFF"

Les extraits rapportés par Mediapart d'une réunion au sommet en date du 8 novembre dernier, des plus hautes instances du football français laissent pantois : les critères de sélection physiques « grands, costauds, puissants » favorisent les « blacks », il faudrait donc, selon ces instances, mettre en place des critères propres à la culture française et favoriser « l’intelligence » pour avoir plus de joueurs blancs. L’idée étant, selon Mediapart de blanchir progressivement l’équipe de France pour la rendre aussi blanche que l’équipe d’Espagne - oubliant au passage le sang maure qui coule dans les veines de ces joueurs issue d’une nation occupée 900 ans par les arabes.

Ces propos, s’ils sont confirmés par les deux enquêtes en cours, l’une diligentée par le ministère des sports, l’autre interne à la fédération française de football, sont d’une exceptionnelle gravité, tant ils portent en eux toute la lourdeur des stéréotypes racistes d’un autre siècle, toute une idéologie d’exclusion que l’on croyait, non pas révolue, mais au moins, en voie de disparition.

Depuis les théories racistes du XIXe siècle, on n’avait jamais osé affirmer publiquement que l’intelligence était exclusive de l’homme noir. Pour les instances de football, la puissance de la pensée d’un Senghor, d’un Aimé Césaire, tout juste « panthéonisé », d’un Frantz Fanon ou d’un Edouard Glissant, tout juste éteint, n’est sans doute qu’un accident de l’histoire…

La supériorité physique de l’homme noir que ces instances insinuent, n’est guère plus flatteuse,  implicitement elle serait liée au caractère primitif de celui-ci, à une force animale qui rapprocherait l’homme noir de la nature, et l’éloignerait de la culture. La culture parlons en ! Ces instances invoquent la culture « française » comme un moyen, d’éloigner l’homme noir ou arabe des terrains et d’avoir d’ « autres types de joueurs ».

Qui aurait pu penser que la culture, formidable moyen de devenir un citoyen éclairé, puisse être instrumentalisée pour exclure la différence socio-ethnique ?

Après tout, la culture n’a-t-elle pas déjà été un moyen d’exclusion du monde de l’entreprise et de l’administration, à un niveau de responsabilités, de toute une frange de la population socialement pauvre, et souvent ethniquement différente, bien que les deux ne se recoupent pas toujours ?

Pour quelles raisons ? Non pas à cause de qualités intellectuelles propres aux minorités, mais parce que l’accès à cette culture est de moins en moins universel, et beaucoup plus éloigné de cette frange de la population.

Au-delà de ce constat, personne au sein de ces instances n’a semblé esquisser la moindre explication d’ordre sociologique sur l’intérêt des minorités noires et arabes pour le sport. Il se trouve que le sport, contrairement au monde de l’entreprise ou de l’administration est peu regardant sur la couleur de ses élites !

En effet, l’accès à un terrain de football pour une personne des cités sensibles est moins compliqué que celui d’un lycée de centre ville proche des lieux de savoirs et des grandes écoles. Un terrain de football, où qu’il se trouve, est le même pour tout le monde, le mérite et la rigueur font seules la différence entre les joueurs. La réussite semble davantage à leur portée.

L’école, elle, est une autre réalité. C’est un environnement beaucoup plus complexe : La qualité et l’ancienneté des enseignants, l’effet « établissement », le niveau de qualification des parents, les choix scolaires des parents, les moyens matériels d’obtenir du soutien scolaire jouent tout autant, si ce n’est davantage que le mérite, dans le processus de réussite scolaire. Les bons élèves des classes populaires ont de moins en moins de chance qu’il y a 10 ou 20 ans d’accéder aux filières d’excellence, l’incarnation même (à quelques exceptions près ) de la ségrégation scolaire.

Les jeunes noirs ou arabes issus des classes populaires qui cherchent comme tout français quelle que soit leur couleur, à s’élever socialement, à avoir un avenir meilleur pour eux-mêmes et leurs enfants, ont donc tout naturellement investi massivement le sport, domaine où l’ascenseur social n’est pas (encore) tombé en panne, ce domaine qui portait, jusqu’ici les valeurs républicaines du mérite et de l’indifférence au genre et à la couleur de peau.

Pourtant, ce souffle d’universalisme qui parcourt encore le sport, les instances françaises de football voudraient l’éteindre ? Ces valeurs républicaines que portent encore le sport, les instances françaises de football voudraient les bafouer ? Nous ne voulons y croire.

Le sport est un des rares bastions qui montrent que les « couleurs de la France » peuvent être portés par n’importe quel français quelle que soit sa couleur. Et il faudrait donc le briser ?

Ce bastion a permis à des jeunes gens issus de tout milieu et de toute couleur, de devenir des hommes ou femmes respecté(e)s, pour leur mérite, leur travail, leur courage, leur discipline, leurs résistances aux épreuves mentales et physiques, leurs qualités de stratèges.

Ce bastion a permis à ces jeunes gens d’être des exemples pour une jeunesse française de toutes les couleurs…notre jeunesse admire ces jeunes gens qui réussissent quelle que soit leur couleur, faut-il s’en plaindre ?

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 10:47

« Petit racisme entre amis »

Le délégué interministériel à l'égalité des chances des Français d'Outre-mer est l'auteur d'une tribune sur "l'affaire de la FFF"

Au-delà des interrogations sur les fuites, sur les quotas ethniques au sein des instances dirigeantes du football, cette affaire doit, une fois de plus, nous donner l’occasion de rappeler les principes fondamentaux de la République et de nous interroger sur l‘état de la société française. Les propos tenus lors de la réunion du 8 novembre 2010 à la FFF sont révélateurs d’un air du temps délétère où une certaine parole se libère. Qui vitupérait l’équipe de France « black-black-black », qui poussait le zèle arithmomane à compter le nombre des joueurs noirs en équipe de France, trouvent un écho dans ces échanges au sein de la plus haute instance du sport français le plus populaire. Cette discussion in petto trahit l’interaction insidieuse entre le discours ambiant et les actes discriminatoires qui ne disent pas leur nom, y compris dans le sport, dont on pouvait penser qu’il était par excellence le domaine de la performance, du dépassement de soi, de l’esprit de fairplay et donc qu’il était épargné par les considérations parasites. Le sport, lieu supposé de l’éthique et de l’équité, où le seul baromètre admissible est la qualité individuelle et qui, de ce fait, porte en lui une exemplarité unique.
L’histoire du sport montre aussi comment des figures emblématiques ont pu bousculer le cours de l’Histoire. Ainsi, en défiant l’Allemagne nazie d’Hitler et ses théories fumeuses sur les races supérieures Jesse Owens, quadruple champion olympique à Berlin, devient le héros paradoxal d’une Amérique ségrégationniste et ébranle ses préjugés. John Carlos et Tommie Smith, mains gantés sur le podium olympique de Mexico, revendiquent la fierté d’être noirs dans une Amérique encore gangrénée par la question raciale. Pelé, descendant d’esclave devenu triple champion du monde, se hisse au rang de symbole dans la dictature militaire brésilienne raciste. Mohamed Ali porte l’étendard de ceux qui croient en une race unique, la race humaine, en refusant de combattre ceux qu’il appelle ses « frères vietnamiens »… Les exemples sont multiples où le sport transcende l’exploit physique et le cadre circonscrit des stades pour porter des valeurs politiques et humanistes universelles.
Le sport est un formidable vecteur de reconnaissance et de promotion sociale. Les athlètes courent, gagnent pour leur pays et chaque citoyen s’approprie ces succès. La réussite des Noirs a eu un effet d’entraînement extrêmement positif. Avec Marie-José Pérec, Marius Trésor, Christine Aaron, Basile Boli, Gérard Janvion, Simon Jean- Joseph, Maryse Ewanje-Epée, Stéphane Diagana, Yannick Noah..., les Français noirs ont trouvé des modèles valorisants auxquels ils pouvaient s’identifier. Cette construction des minorités par le sport a offert une soupape de sécurité à nos responsables politiques confrontés aux revendications légitimes des personnes, des associations et des leaders d’opinion luttant contre toutes les discriminations raciales dont sont victimes certains de nos concitoyens.
La probable affaire de « petit racisme entre amis » traduit le malaise de notre pays, les dernières réticences conscientes ou inconscientes des irréductibles n’acceptant pas ce qu’est déjà la France et tentent de confisquer à certains la part de réussite qui leur revient de droit. La ministre des sports, Chantal Jouanno a pris la mesure de l’affaire en demandant l’ouverture d’une enquête puis en suspendant M. Blaquart. Espérons que d’autres voix se joindront à elle pour condamner aussi fermement ce quarteron de dirigeants irresponsables qui met à mal les principes d’égalité et de fraternité de notre pays.
Nous balayons le prétexte avancé de la bi-nationalité. La majorité des jeunes sortis de nos centres de formations évoluent dans les clubs français puis européens. Seule une infime partie pourra un jour espérer porter le maillot bleu. Une minorité de ces jeunes dont les parents sont d’origine étrangère non retenus par la sélection français feront peut-être un jour le choix d’une autre équipe nationale. Faut-il pénaliser la majorité pour quelques dizaines de cas ? Par extension, l’Education Nationale devrait-elle refuser de scolariser des enfants d’origine étrangère sous prétexte qu’ils pourraient exporter leurs talents appris à l’école française ? L’évidente absurdité d’un tel débat montre que les arguments sur la bi-nationalité de ces jeunes avancés par les responsables de la FFF, le DTN, François Blaquart et Laurent Blanc ne sont qu’un fumigène pour masquer une conversation détestable dont le sélectionneur s’excuse aujourd’hui, mais « sans rien retirer », ajoute-t-il, annihilant toute leur portée. En effet, des excuses sans remords sont des caresses avec les ongles. Si nous n’avions pas eu vent de cette singulière affaire, certains de nos jeunes n’auraient pas intégré un centre de formations. Des parents, des responsables d’associations antiracistes auraient crié au scandale et personne ne les aurait crus ni entendus. Le plafond de verre, invisible mais bien réel, de notre société, s’est montré sous son vrai jour. Il faut le garder en tête, même si les éléments de preuve ne sont pas toujours tangibles, et comprendre la souffrance des victimes au lieu de la nier. Cet épisode malheureux doit nous interroger sur nos propres comportements, nos corporatismes, nos communautarismes. Ceux qui hurlent « non au communautarisme » sont souvent les premiers communautaires !
La discrimination est une entorse grave à l’un des principes inconditionnels et irréductibles de notre République. La Déclaration des droits de l’homme énonce en effet que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». La liberté, l’égalité et la fraternité que la France prône aux yeux du monde, ces principes que nous enseignons à nos jeunes ne doivent plus être piétinés par quiconque et encore moins par des personnes à qui nous confions une partie de l’éducation de nos enfants.

Le concept de diversité a leurré un temps celles et ceux subissant la violence de la discrimination en France. Il doit être remplacé par la détermination des êtres de bonne volonté à briser la spirale du racisme. La France doit faire sienne l’idée que seul compte l’individu, le citoyen. Nous ne parlons pas d’une société multiraciale, mais d’une France des principes, des idées, du génie, du talent des femmes et des hommes, en faisant fi de la couleur de la peau et de l’origine. Dépasser les préjugés est possible, malgré les périodes tragiques de l’histoire (esclavage et colonisations). Les Outre-mers sont le symbole que le vivre ensemble est possible. Certes tous les problèmes ne sont pas réglés, mais chacun s’efforce de trouver les voies de l’égalité. Cette affaire de « foot » vient rappeler que le ventre est encore fécond d'où est sorti la bête immonde du racisme. Ce constat décuple notre projet de changer la société française, afin qu’elle se regarde et s’accepte telle qu’elle est, avec ses histoires, ses populations… et son équipe nationale.

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