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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 23:22

Transat Bénodet-Martinique : 

Eric Baray sur la ligne de départLa flotte sur le quai Penfoul

L’ambiance a été calme sur les pontons de Bénodet depuis dimanche 2 avril quand a ouvert le village de la course Bénodet-Martinique. Ce n’est que jeudi qu’on a vraiment senti monter l’ambiance et vu arriver les curieux (au grand soulagement de ceux qui avaient loué un stand au village de la course — de 2 000 à 6 000 € le stand !). Eric à l'inspection des voilesCe relatif calme a été mis à profit par les 17 skippers au départ pour faire quelques sorties et expérimenter leur gréement, leur bateau, leurs réglages… Jeudi après-midi, on pouvait voir sur le ponton des Figaro-Bénéteau, Eric Baray écouter attentivement les conseils et les retours d’expérience d’un confrère barreur expérimenté. Echange choisi : « A Marseille, avec 35 nœuds de vent au largue, j’étais sous grand voile et spi et j’ai laissé le solent », raconte le Martiniquais. « C’est de la balle ! », répond son vis-à-vis. Le soir, ont été les derniers moments de détente pour le team Van dan vwel 972. Dans la villa qu’ils ont louée à côté du golfe (où tout le monde a dû tâter du club !), il y a eu une petite soirée. 30 à 40 personnes, rhum, champagne, musique… Mais sage tout de même. Eric-Baray-sur-Van-dan-vwel.jpgHier matin (vendredi), retour aux réalités terrestres et maritimes avec le briefing météo et l’avitaillement. En soirée, c’était la présentation des skippers. Ce samedi, dernière journée avant le départ pour l’équipe martiniquaise, le baptême de Van dan vwel sera fait pas Karine Roy-Camille, présidente du CMT. Mais il y a toujours un peu de boulot avant le départ pour les partenaires d’Eric. Autour de lui, il y a le Marseillais Marc Eming qui lui a loué son bateau et qui coache Eric, Frédo, le préparateur, Gérard Pruvaux dit Gégé, qui donne le koudmen à Frédo, Pascal l’attaché de presse (qui alterne son job avec celui de caméraman pour Maurice Cécé de KMT !) et M. Météo alias Luc Poupon. Et puis il y a ceux qui sont restés à la Martinique. « A mon avis, il y a toute l’île qui va l‘attendre ! » s’amuse Pascal Pierre-Louis, son communiquant. La météo est sympa pour les skippers puisque l’anticyclone des Açores est bien formé, ce qui laisse présager aux skippers une course avec beaucoup de portant ! 

FXG (agence de presse GHM)


Jeanne GrégoireLa phrase

Jeanne Grégoire, seule femme de la course

« Mes collègues skippers se comportent avec moi bien mieux à terre qu’en mer. A terre, ils m’ouvrent les portes ; en mer, il n’y a plus de galanterie, il y a la course ! »


Le chiffre

100

Eric Baray a chargé 100 litres d’eau pour cette transat qui doit durer dans les trois semaines. Et la poche à rhum ? « On lui a supprimée ! Il n’aura pas de rhum à bord », assure l’un des préparateurs, Gérard Pruvaux. Il faut dire que jeudi soir, Eric a dégusté le « ti Breizh », un rhum au caramal beurre salé. « C’est géant même si ça détruit un petit peu ! »


L’imagePrepa-des-bouteilles-de-bapteme.jpg

La veille, on a donné un petit coup de scie à métaux sur le col des bouteilles champagne pour être sûr que ça pète bien lorsqu’il y aura rencontre en le flacon et l’étrave de Van dan vwel ! (photos : FXG)


Jean-Francois-Garrec.jpg3 questions à Jean-François Garrec, président de la CCI Quimper-Cornouaille

"Après le Finistère, ben… C’est les Antilles !"

Quelle ouverture représente cette nouvelle transat Bénodet Fort-de-France par rapport à ce que vous pratiquez habituellement ?

Si on veut vendre sa région, il faut mettre tous les moyens et communiquer à l’extérieur. Nous avons eu l’occasion, il y a six ans d’organiser la transat AG2R Concarneau-Saint-Barth et lorsque Penduick m’a parlé d’une possibilité d’accueillir cette manifestation, je me suis battu pour la Cornouaille et j’ai proposé deux villes, Douarnenez ou Bénodet. Ca nous permet de vendre notre image touristique à l’extérieur, de faire notre promotion et je pense que ça servira aussi pour la Martinique. Les Antilles sont des régions aimées des Bretons, sans doute les premières régions fréquentées par les Bretons.

Qu’attendez-vous comme retombées dans vos relations avec la Martinique ?

J’attends que les Antillais viennent nous voir et qu’on aille les voir ! Mais qu’il y ait aussi des échanges économiques et industriels. La Bretagne est une péninsule et après le Finistère, ben… C’est les Antilles ! Il y a l’océan qui nous sépare et qui nous relie.

La course est un vecteur économique ?

Oui, car nous développons des relations de coopération et d’échange entre nos entreprises du secteur de l’énergie renouvelable et celles de la Martinique, comme quoi une course transatlantique peut être un véritable vecteur économique au-delà même de l’événement.

Propos recueillis par FXG

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 10:24

Alain-Jean-Marie--4--photo-A--Jocksan.jpgITW Alain Jean-Marie, pianiste

Alain Jean Marie, le pianiste guadeloupéen, mentor de la biguine-jazz était à à Pierrefitte, dans le cadre du festival Banlieues Bleues. Il a créé un véritable dialogue entre le public et les sonorités renversantes de son complice (35 ans d’amitié), Patrice Caratini et son Jazz ensemble.

Nous étions en connivence "

Alain ce soir vous avez été virtuose avec ce big bang de Patrice Caratini. Qu’avez-vous éprouvé devant ce public  enthousiaste ?

Alain-Jean-Marie--6--photo-A--Jocksan.jpgC’est le big bang de Patrice Caratini qui s’appelle le jazz ensemble. Je lui ai proposé de faire des arrangements sur mes propres arrangements de biguine réflexion. C’est donc à partir des disques de Biguine réflexion qu’il a fait des arrangements pour son orchestre. Et ça a donné ça. C’est très chaud. C’est joué par d’excellents musiciens. Les meilleurs musiciens de Paris, chacun est soliste. Vraiment on a un très bon orchestre et le public a été chaleureux et réceptif. Nous étions en connivence, ça je l’ai ressenti vraiment.

Vous en profitez pour rendre un grand hommage à Haïti pendant la prestation. Ce pays vous tient vraiment à cœur ?

J’ai toujours aimé ce pays. Surtout quand j’ai débuté la musique. J’ai connu beaucoup de musiciens haïtiens qui venaient jouer à Pointe-à-Pitre, à la Cocoteraie et c’était la première fois que je voyais des musiciens professionnels, de très bons musiciens, vaillants, que j’admirais.

Alain-Jean-Marie-photo-A--Jocksan.jpgA quel moment avez-vous commencé  à jouer dans les bals ?

J‘ai commencé très tôt. Je jouais dans les bals dès l’âge de quinze ans. J’ai joué dans le groupe Esperanza, le bœuf avec l’orchestre de Ferneste et le samedi soir j’allais faire les bals. Puis il y a eu Edouard Mariépyn qui revenait de France, puis après, avec le grand Robert Mavounzy. J’ai vraiment joué beaucoup de bals. Tous les samedis. C’est grâce à cet argent que j’ai pu acheter tous mes disques de jazz, chez Debs, et grâce à cela, j’ai appris à aimer cette musique de jazz.

Quel regard portez-vous sur la musique de votre pays aujourd’hui ?

Il y a beaucoup de jeunes qui arrivent et la musique est en train d’aller très bien. Par contre, il y a plusieurs branches. Il y a une branche traditionnelle avec ceux qui travaillent sur le ka, le gwo ka et le bêlé. Il y a une branche zouk, avec tous les gens qu’on connaît, depuis Kassav jusqu’à tous les autres groupes. Et puis, il y a une autre branche qu,i à partir de la biguine et du jazz, sont une nouvelle fusion qui est très  intéressante qui nourrit à la fois le jazz et la musique antillaise. Cela me fait penser à des gens comme Gilles Rosine, Grégory Privat, Mario Canonge  bien qu’ils soient déjà connus, est vraiment une vague de jeunes pianistes qui sont vraiment très sophistiqués. 

Comment nous parler de votre parcours musical, de  cette longévité dans ce monde ?

J’espère que je vais progresser et avoir d’autres occasions de créer des choses belles. C’est vraiment ce que je souhaite, que ça continue.  

Propos recueilli par Alfred  Jocksan

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 09:50

Alain Jean Marie et Patrice Caratini les puristes de la biguine jazz

Alain-Jean-Marie--2-photo-A--Jocksan.jpgAlain Jean-Marie et Patrice Caratini et son Jazz ensemble ont offert un concert exceptionnel, jeudi dernier, à Pierrefitte (93). Devant des invités tels Claude Bartolone, président du département de la Seine Saint-Denis, la députée de la Guyane Christiane Taubira, le maire de la ville, Michel  Fourcade, et des présidents  d’association ultramarine. Les douze musiciens qui accompagnaient le Guadeloupéen sur scène ont fait vibrer la salle sur des airs de musique d’autrefois, toujours aussi chaude  et palpitante. Une belle évocation de la  biguine-jazz dont seul  Alain Jean-Marie garde le secret.

Les deux compères et leur invité percussionniste, le Guadeloupéen Roger Raspail ont passé en revue l’histoire de la biguine sans relâche pendant plus de deux heures trente. Ca a été un programme enchanteur et des échanges fructueux avec la musique d’Al Lirvat, de Robert Mavounzy, de Stellio, de Biguine réflexion et bien d’autres. Ce concept a été réalisé par les arrangements d’un Patrice Caratini tout en souplesse. Celui  qui tire les fils de sa contrebasse tout en dirigeant son ensemble de cuivres, a magistralement chofé la salle. « Chofé », la grande expression biguinante de la soirée !Alain Jean-Marie en le jazz ensemble photo A Jocksan

Les huit souffleurs du Jazz ensemble et le tambour de Roger Raspail ont donné de la profondeur, bouleversant l’ordre établi, tout en respectant l’ordre rythmique d’un son que la mémoire populaire a bien gardé dans la tête, tel que «  Serpent Maigre » d’Alexandre Stellio qui a emporté le public. Alain Jean-Marie, dos au public, a offert une belle balade créole à son public du soir dans cette suite musicale mise en place il y a une dizaine d’année, lors d’une tournée aux Antilles avec Patrice mais jamais jouée depuis.

Roger-Raspail-percussion-photo-A-Jocksan.jpg



L’harmonie, l’intensité, le phrasé, le rythme, la cadence, l’anticipation, c’est du grand Alain. Un enchaînement passionnant avec ce big bang sollicité sans limites, mais programmé avec soin. On lit son appétit de jouer sur son visage et il le transmet au bout de ses doigts.

Il bouscule ses habitudes et lance des petites phrases. Il prend le temps d’associer Haïti à cette année de l’Outre-mer avec ces mots : Patrice-Caratini-jazz--photo-A--Jocksan.jpg« Un pays qui a beaucoup souffert par le passé ; le morceau suivant est notre hommage à ce pays qui a toujours su se relever de tous ses malheurs. Comme c’est l’année de l’Outre-mer nous associons Haïti aux festivités. »   Dans  sa vallée heureuse, une Mazurka nostalgique, qu’il a écrite en se promenant dans les rues de Fort-de-France. Puis il sort un triangle, le petit instrument que l’on retrouve dans la musique du monde entier et qu’il qualifie d’instrument indispensable « si on veut que la musique qui soit carrée tourne rond ».  Logique avec un triangle !

C’est un formidable retour aux sources que le pianiste guadeloupéen, en puriste intégral, a  interprété avec le plaisir. Lui qui, jadis, faisait danser les Pointois dans les bals de sa ville natale/

Alfred Jocksan (agence de presse GHM)


Ils ont dit

 

Michel-Fourcade--Christiane-Toubira-et-Calude-Bertolone-pho.jpg

Claude Bartolone président du conseil général de la Seine Saint-Denis, est venu avec sa femme assister au concert d’Alain Jean-Marie à Pierrefitte. « Vraiment, c’est ça aussi la créolité. Cette rencontre de cultures différentes qui se fondent dans une culture commune. Je le dis, la créolitude existe en Seine Saint-Denis. Finalement on est un des plus beaux archipels pour  donner sa place à cette créolitude. On n’a pas peur de l’autre, on n’a pas peur de la culture de l’autre, on ne demande pas à l’autre d’abandonner ses origines, d’abandonner ses fondamentaux familiaux, culturels… Ca permet de fonder une société commune. Quant on voit entre ces sons qui viennent, d’Afrique, d’Amérique du sud, ces sons qui se sont retrouvés dans l’ensemble des différentes îles. On voit comment d’un seul coup on a utilisé l’intelligence, la saveur intellectuelle de l’autre pour forger une culture commune. Finalement, c’est le pari de la Seine-Saint-Denis ».    

 


Claude-Bartolone-Xavier-Lemettre-et-Michel-Fourcade-photo-A.jpgLe maire de  Pierefitte, Michel Fourcade : «  Tous les participants ont pu apprécier ces artistes qui nous ramènent un peu de soleil. Dans notre coin, on n’a pas l’habitude d’avoir des musiques aussi vives. Après avoir eu l’exposition pour le lancement de l’année des ultramarins, je trouve que c’est vraiment un grand bon bonheur.  Ici, nous avons une association ultramarine, AMU (l’association mémoire ultramarine du président Franck Petroze) qui est très dynamique et qui nous fait vivre de grands moments depuis trois ans. Outre des manifestations sur la mémoire de l’esclavage, on a des manifestations régulières et c’est très important pour les Antillais. Mais important aussi pour nous   métropolitains. Ça nous permet de connaître ces départements et la culture de ces départements ».


Christiane Taubira, députée de la GuyaneAlain-et-Christiane-Toubira-photo-A--Jocksan.jpg : « Je viens de vivre un moment magnifique. Ce fut une très belle soirée. La touche d’Alain Jean-Marie est un plus sur ses compositions. Il y avait de la qualité. Ceci étant, je connais la musique d’Alain Jean-Marie depuis très longtemps et je vais à ses concerts à chaque fois que je peux. Patrice Caratini et son groupe, le grand ensemble, est connu. Moi, je connaissais à la fois la performance et aussi le talent. Ce soir, ils ont donné leur âme et de la chaleur humaine. Ils sont vraiment inscrits dans cette année de l’outre mer. Et ce n’est pas par hasard qu’ils sont ici ce soir. Nous avons le summum. La musique, ça suscite des vocations. C’est la démonstration magistrale de ce qu’on est capable de créer, de ce que nous offrons au patrimoine culturel de l’humanité. Cette démonstration dans la joie, dans la technicité, dans la relation avec le public, dans l’assurance de la qualité. Je dirai, nous sommes le monde. »


Philippe-Milia-et-Christiane-Toubira--photo-A--Jocksan.jpgPhilippe Milia, élu martiniquais à Aubervilliers : « J’ai eu du bonheur. Toute cette culture, cette diversité qui ressemble vraiment à la Seine Saint-Denis. Je suis un enfant de Fonds Batelière à Schœlcher et je suis séduit pas cette vivacité musicale. J’ai pensé à mon enfance au pays. Ce soir, j’ai eu l’idée de m’inscrire au programme pour l’année prochaine ».


Patrice--Caratini--photo--A--Jocksan.jpgPatrice Caratini, le patron de Jazz  ensemble, 35 ans d’amitié avec le roi de la biguine-jazz: « Ce soir, il y avait un public de connaisseur ; il connaît l’histoire ! Je me souviens quand avec Alain nous avons été jouer, il y a une dizaine d’année, pour la première fois ses compositions aux Antilles, le public avaient apprécié. Je peux dire que l’histoire se répète. On n’a pas joué souvent, mais Stélio, ça passe toujours. Alain est un musicien magnifique. Avec lui, la mayonnaise a pris et en plus nous sommes une bande de copains, on se connaît depuis longtemps dans cet orchestre. L’humain dans la musique, c’est important. Ici tout le monde a envie de jouer et ce programme plait à tout le monde. »


Roger-Raspail--Alain-Jean-Marie-et-Patrice-Caratini--photo-.jpgRoger Raspail, percussionniste guadeloupéen en guest star à Pierrefitte entre Alain Jean-Marie au Piano et Patrice Caratini à la contrebasse : « J’ai eu le bonheur d’accompagner deux grands ce soir, Patrice Caratini et Alain. Ici, c’était la Caraïbes, la nuit de l’outre mer, je me suis régalé en pensant à tous les grands musiciens tels que Vélo, Carnot,  Konket,  Anzala, Braban et les autres. C’est à tous ces musiciens que je dédie mon travail. Il agréable de composer, de  jouer, d’interpréter  la musique. C’est un métier que j’exerce avec amour, très content de faire ce métier. Je crois être l’ambassadeur de mon pays. Car quel que soit le pays que je traverse, je représente mon pays, la Guadeloupe. »

Propos recueillis par Alfred Jocksan (Agence de presse GHM)

 


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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 18:39

effet lumiere trucage 7063Césaire au Panthéon

Les invités de la cérémonie d'hommage à la Aimé Césaire donnent leur avis, sur l'homme, le poète et sur ce qu'en a dit le président de la République.


Blaise AldoBlaise Aldo, maire UMP de Sainte-Anne, Guadeloupe

« Je suis vraiment heureux de cette démarche à l’adresse d’un grand homme qui a donné une image, pas seulement à la Martinique, mais à tout l’outre-mer, et qui a contribué aussi au rayonnement de la France. »

 

Claude-Marie-Valentin.jpgClaude-Marie Valentin, ex vice-président de la HALDE, Martinique

Ca nous laisse mesurer ce qu’a été pour nous ce que nous laisse Aimé Césaire. Il y a quelque chose de symbolique dans sa volonté de rester enraciné dans sa terre, rester ensemencé mais en même temps il rayonne sur le monde. Le Panthéon, c’est rayonner sur la France, mais pour nous Césaire, c’est rayonner sur le monde. Cette cérémonie nous donne l’occasion de méditer pas simplement son œuvre, mais sa détermination. Il nous a appris que la carte du printemps est toujours à refaire dans le Cahier. Il nous a donné des instruments et une détermination. A nous de nous en servir.

 

Daniele-Marceline.jpgDanielle Marceline, président du SERMAC, Fort-de-France

« Je trouve à la fois normal et émouvant que la nation française rende hommage à un homme aussi important qu’Aimé Césaire. On ne le connaît pas totalement ; il reste encore beaucoup  à découvrir et peut-être que par cette manifestation, ce sera l’occasion d’aller un peu plus loin parce qu’on n’a pas fini d’explorer l’apport d’Aimé Césaire pour l’humanité toute entière, pas seulement pour les Antilles. »

 

Jacques-Remillier.jpgJacques Rémillier, député et maire UMP de Vienne, Isère

« C’est un grand Français, chantre de la décolonisation, un grand philosophe et un grand politique. »

 

 

 

Léon Bertrand, ancien ministre du Tourisme, Guyane

« C’est la reconnaissance envers la mémoire d’un homme qui a marqué toute la vie politique de l’Outre-mer. C4est le grand poète que l’on connaît mais surtout aussi comme un fervent défenseur de la lutte contre la colonisation. C’est ce que je retiens de lui. Il était donc normal que je sois là. »

 

François Vergès, présidente de CPMHE, Réunion

« C’est formidable qu’Aimé Césaire soit là à côté de Louis Delgrès, Toussaint Louverture, Victor Schoelcher, Félix Eboué… On avoir une bande de copains ensemble, qui se sont battu toujours pour la liberté et la dignité. Je suis très contente pour tout ce que ça représente pour tout ce qui se passe partout. »

 

Richard Samuel, préfet, Guadeloupe

« J’ai vraiment une pensée très forte à l’idée que, enfin, Aimé Césaire se voit reconnaître pour son talent, pour son extraordinaire rayonnement. Il est là où il doit être. J’en suis à la fois fier et content. »

 

Renaud Donnedieu de Vabre, ancien ministre de la Culture

« C’est un très beau symbole, juste. C’est une voix qui reste puissante dans nos esprits et dans nos cœurs… J’ai un souvenir extraordinaire d’avoir pu le rencontrer peu de temps avant sa mort en compagnie de Jacques Martial. Et Jacques a déclamé une partie du Cahier devant lui. C’est inoubliable. »

 

Yves Jégo, ancien secrétaire d’Etat à l’Outre-mer (2007-2009)

« Je suis ému parce que j’ai le souvenir du 17 avril, il y a trois ans. J’étais, à la tombée de la nuit, dans cette maison du poète à Fort-de-France, et je m’inclinais devant sa dépouille au nom du gouvernement français. Ce sont des moments qui m’ont bouleversés, comme la ferveur des Martiniquais, le deuil et aujourd’hui, c’était une forme de devoir de participer à cet hommage national. »

 

Patrice-Tirolien.jpgPatrice Tirolien, eurodéputé PS, Guadeloupe

« Il mérite cet hommage et sa volonté a été respectée puisqu’il est dans sa terre natale en Martinique et en même temps, la nation lui rend cet hommage. Il a beaucoup fait pour la langue française et a beaucoup fait aussi pour l’ensemble de l’humanité. »

 

Olivier-Stirn.jpgOlivier Stirn, ancien ministre de l’Outre-mer (1974-1978 et un mois en 1988)

« Nous n’étions pas du bord politique, mais nous sommes devenus amis. Je suis allé au festival des arts nègres avec lui en 1966 à Dakar et on avait joué  la Tragédie du roi Christophe. En 1963, j’avais rencontré Martin Luther King et nous parlions de Césaire et de Senghor avec le pasteur… On devait même écrire un livre ensemble sur les deux grandes atteintes aux droits de l’Homme dans l’histoire de l’humanité, l’esclavage et la Shoah. Moi je devais faire la partie Shoah et lui la partie esclavage. Malheureusement il est mort et nous n’avons pu mener à son terme ce projet. »

 

Migaud.jpgDidier Migaud, président de la Cour des comptes

« Aimé Césaire était un grand homme et on doit le redire en permanence. Donc, c’est normal que la République lui rende cet hommage. Je l’ai rencontré mais trop rapidement… On a toujours envie de rester longtemps avec un tel homme. Alors que son souvenir dans l’esprit de tous les Français, c’est quelque chose d’immensément mérité. »

 

Marcel Osenat, Martinique

C’est un grand moment parce que c’est une reconnaissance de la nation vis-à-vis d’un homme de grande valeur, c’est une mise en avant des populations d’outre-mer. Et on doit être fier de montrer comment l’Outre-mer par sa diversité peut apporter beaucoup à l’ensemble français. »

 

Dassonville.jpgYves Dassonville, préfet

« Je me sens extrêmement favorisé par le destin d’avoir pu connaître et accompagner de temps en temps Aimé Césaire.

 

 

 

Royal.jpgSégolène Royale, présidente PS de la Région Poitou-Charente, ancienne ministre

« Je me devais d’être là parce que aimé Césaire m’avait fait la générosité d’être président de mon comité de soutien pour l’élection présidentielle… Je l’ai connu quand je travaillais à la préfecture en Martinique, lors de mon stage ENA. Il était maire de Fort-de-France et le pouvoir RPR l’avait totalement isolé dans sa mairie ; l’Etat ne lui portait aucun moyen alors que la résorption de l’habitat insalubre était vraiment ce qui le préoccupait. Dans son Discours sur le colonialisme, les choses ont été dites, noir sur blanc. Le colonialisme est ensauvagement du monde. Cette parole forte elle doit quand même rester à un moment où il y a encore des velléités de réhabiliter l’esprit colonial… Le multiculturalisme qu’on célèbre aujourd’hui, c’est lui qui l’a porté. (…)  Personne ne peut récupérer Aimé Césaire. Je viens là parce que c’est un moment d’hommage national, mais personne ne peut et ne doit récupérer Aimé Césaire. Je ne veux pas faire de polémique aujourd’hui, mais les gentillesses, ça va bien. Le président se rappelle le discours de Dakar, il se rapelle de la loi des bienfaits de la colonisation qui avait blessé Aimé Césaire et contre laquelle il s’était farouchement battu. Mais je préfère quelqu’un qui fasse un mouvement dans le bon sens. J’espère que si Nicolas Sarkozy est là, c’est parce qu’il reconnaît ses erreurs, pas seulement pour récupérer une grande figure historique. D’autant que quand il y a eu ses obsèques nationales à fort-de-France, j’avais été violemment critiquée par l’UMP parce que je demandais le Panthéon. On dit qu’il ne faut pas avoir raison trop tôt mais c’est évident que cet hommage, on lui doit d’autant par les temps qui courent avec ce débat pour dresser les uns contre les autres. C’est une bonne chose que chacun se sente obligé de rendre cet hommage.Et si on a dit : faut pas  y aller parce qu’il y a une récupération politique, moi je pense au contraire qu’il faut être présent parce que ça dépasse les combats politiques. »

 

Louids-Le-Pensec.jpgLouis Le Pensec, ancien ministre de l’Outre-mer

« Fort légitimement, je ressens une profonde émotion qui tient au fait que je me considérais comme un ami, qu’il me le rendait bien et que chacune de mes venues au cours de mes 5 ans à l’Outre-mer, je lui rendais visite dans son bureau et nous évoquions d’abord la réalité très locale, l’immédiateté, les problèmes d’assainissement, de restauration de l’habitat. Il laissait tomber les bras le long de son fauteuil en se disant qu’on n’y verrait pas le bout. Tout ça, c’était des procédures administratives très compliquées… Et puis, partant du réel, nous arrivions très vite au monde des idées et aux échanges sur la marche du monde, sur des problèmes d’identité car il y avait entre le Breton que j’étais et lui, l’Antillais, le poète, une certaine complicité de ceux que l’on appelle les peuples minoritaires. Nous parlions beaucoup de ce qui fondait notre identité. C’est tout ça qui fait qu’aujourd’hui, on a une rencontre, non seulement ces souvenirs, mais avec lui tout simplement et la nation lui rend un tout légitime hommage. »

 

Roland-Dumas-a-la-canne.jpgRoland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangères

« Nous avons été très proches, très amis. J’ai été son avocat notamment quand on s’en est pris à son œuvre qui devait jouer à Paris, la Tragédie du roi Christophe. J’avais obtenu pour lui qu’on maintienne le titre au répertoire et la pièce a été prolongée pendant des mois. J’ai dans ma bibliothèque une très belle édition de ses œuvres complètes avec une merveilleuse dédicace de Césaire, « à celui qui a sauvé le roi Christophe » ! Je suis revenu souvent aux Antilles et j’ai plaidé, même, pour des nationalistes. Je suis allé jusque-là pour essayer de faire progresser des idées. Je suis heureux de voir que les choses ont progressé, que tout va bien, que tout est dans le bon sens et que c’est une consécration. Je ne suis pas sûr, du reste, que lui-même aurait accepté. On ne peut pas parler de la situation des morts tant qu’ils sont vivants et on ne peut les entendre que tant qu’ils sont vivants. Seulement le temps efface un peu tout ; Césaire est là dans la gloire, je n’ose pas dire nationale, parce que c’est quelqu’un qui était tellement pris par ses origines, par son style, par son écriture qu’on peut penser qu’il était plus séparatiste qu’il ne l’était réellement. Ce sont des discussions que nous avions, mais c’était un homme très réservé. Avec lui, j’avais quand même des instants de grande confession, de grande amitié. J’en garde un merveilleux souvenir et ce souvenir se réveille à la cérémonie d’aujourd’hui. »

 

 

Lucette Michaux-Chevry, sénatrice et maire UMP de Basse-Terre, Guadeloupe

« C’est un hommage vibrant pour un mythe de la littérature qui a toujours exprimé son combat pour la reconnaissance de l’homme noir au sein de la République. Je trouve normal qu’à l’instar de Félix Eboué ou de Gaston Monnerville, on lui rende un hommage comme à tous les Français. C’est un modèle… pour la poésie pas pour la politique ! »

 

Claude Lise, sénateur app. PS, Martinique

« Je ne suis pas sûr que Césaire aurait aimé ce type de manifestation. Il avait en horreur tout ce qui était manifestation publique, décorations, etc… Mais je pense qu’il mérite cet hommage. Ca dépasse sa personne. Il n’appartient plus à la Martinique d’ailleurs et encore moins à toute formation politique qui pourrait se revendiquer de lui. C’est un homme de l’universel, mais qui pour moi est celui qui a le mieux marié le dialogue entre le particulier et l’universel. »

 

Georges Lemoine, ancien secrétaire d’Etat à l’Outre-mer (1982-1986)

« Je me souviens que Mitterrand l’avait sollicité pour être ministre de l’Outre-mer et qu’Aimé Césaire avait refusé parce qu’il estimait que c’était pas sa place. Sa place, elle était avec les Martiniquais en Martinique. »

 

Jean-Etienne Antoinette, maire de Kourou et sénateur app. PS, Guyane

« Son travail a permis la reconnaissance e l’histoire de l’Afrique, de la négritude et puis il a été fervent défenseur des grands principes d’égalité, d’identité républicaine qui s’exprimaient dans la tension et la réconciliation par rapport à la République. C’est à tout ça qu’on rend hommage. »

 

Georges Patient, maire de Mana et sénateur app. PS, Guyane

« C’est un moment important pour tout le monde des ex-colonisés français. Je suis Guyanais mais je me faisais un devoir d’être présent. Et je pense à quelqu’un de très proche de Césaire, qui a milité avec lui également, Damas. Et j’aimerais aussi qu’un jour il soit peut-être pas autant, mais aussi bien reconnu qu’Aimé Césaire. »

 

Daniel Marsin, sénateur app.centre, Guadeloupe

« C’est un grand Antillais qui a su par la puissance de la pensée et de ses mots révéler tout le sens de notre existence, de notre condition et de notre vocation pour s’élever au plus haut niveau de l’humanité. C’est une fierté parce que la République plurielle reconnaît tous ses enfants quelle que soient leur origine. C’est un moment de grande signification. »

 

Jacques Gillot, président du conseil général et sénateur app. PS, Guadeloupe

« C’est la reconnaissance de la nation vis-à-vis d’un Ultramarin, de quelqu’un de chez nous, même si je ne suis pas Martiniquais ; c’est la reconnaissance de l’homme. »

 

Serge Larcher, sénateur app. PS, Martinique

« C’est un petit peu le père de notre pays qui est reconnu par la nation, la République qui le reçoit dans son palais le plus illustre. Avec tous ces grands hommes, il est en bonne compagnie. Il a montré que le combat pour la liberté était le combat de tous les hommes et quelque soit l’homme qui se battait pour sa liberté, il était de ce combat, à côté pour défendre ce que nous avons d’essentiel, le droit d’exister dignement. » 


Réactions au discours présidentiel

Jean-Michel Martial, comédien, Guadeloupe

« On aspirait à entendre ça parce que ce sont des mots de conscience et d’ouverture et de responsabilité devant la tâche qui incombe à l’homme dans la reconnaissance de nos capacités à générer et à penser le futur en actant ce qui existe, en ne reniant rien, mais en avançant dans la conscience.Je crois que c’est ça et on n’oublie pas ça. »

 

Chantal Berthelot, députée DVG, Guyane

« La cérémonie était à la hauteur de l’homme que la nation honorait. Aimé Césaire a plus que toute sa place ici. Au delà de l’homme politique, je trouve que c’est important. Le discours du président est à relire mais il m’a semblé qu’il y avait beaucoup de messages, des interprétations qui n’engagent que lui d’ailleurs. »

 

Alfred Almont, député UMP, Martinique

« Une cérémonie de grande dimension et de grande profondeur qui suscite naturellement l’émotion dans le souvenir de Césaire qui nous appris à être qui nous sommes aujourd’hui. Il nous a montré la route et nous a enseigné sur le même niveau l’altérité, le rapport à l’autre. Césaire n’est pas l’homme du renfermement et c’est ce qui s’exprime aujourd’hui. »

 

Georges Lemoine, ancien secrétaire d’Etat à l’Outre-mer (1982-1986)

« Je regrette seulement que le président ait oublié de mentionner Frantz Fanon qui était une référence pour Aimé Césaire… »

 

Christiane Taubira, député DVG

« Ce discours prenant des extraits de la pensée de Césaire a été de grande hauteur. Par contre certaines interprétations sont des prises de position politique qui ont manqué au moins une fois de clairvoyance lorsque le président de la République dit que Césaire refusait les réparations parce qu’il estimait le crimes irréparable, comme Césaire nous pensons tous que le crime est irréparable et nous l’avons déjà écrit depuis plusieurs années. Cependant Césaire a été un homme du combat, sans concession, contre les injustices, contre l’écrasement de l’homme et pour la dignité de l’homme. Ce combat qu’il a mené dans la loi de départementalisation en disant : nous exigeons l’égalité des droits, nous exigeons de sortir de la société coloniale, c’est-à-dire de la domination d’une caste oligarchique économique et financière sur la masse du peuple. Cette exigence-là, elle se traduit aussi par la revendication de réparer non pas le crime irréparable mais les conséquences de ce crime. »

 

Maire-de-Fort-de-France.jpgRaymond Saint-Louis Augustin, maire PPM de Fort-de-France

« Je suis charmé de tout le monde qui se trouve là et puis évidemment par la mise en scène magistrale. Je suis ravi que la République puisse faire de telles choses parce que c’est une cérémonie républicaine avant toute chose. La manière dont on a ici évoqué Césaire est grandiose et ce qu’a dit le président, qui était Césaire, je crois que rien n’a été éludé. Ni le poète, ni l’écrivain, ni le visionnaire… Le président nous a fait savoir si nous en avions encore besoin que Césaire est vraiment un visionnaire parce que les choses qui ont été dites, nous sommes en train de les vivre et nos enfants iront vers Césaire pour mieux comprendre son héritage et en tirer le meilleur profit possible, pas seulement pour nous, mais pour le monde entier. »

 

Joby Valente, artiste et militante MNH, Martinique

« La cérémonie, extraordinaire, tout était parfait, mais le président de la République a un peu déformé l’esprit d’Aimé Césaire. Il a interprété à sa manière et ça m’a un peu dérangé. Un Aimé Césaire qui se révolte contre tout ce qui est injustice, crime, je le vois très mal pas d’accord avec les réparations. Un crime, ça se répare quel que soit le crime. On n,e peut pas dire quand un crime est trop important qu’on ne peut le réparer. Il y a des petits crimes que l’on répare et de grands que l’on ne répare pas. Ce n’est pas du tout l’esprit d’Aimé Césaire. On en a parlé en long et en large ! Il y a eu plein de petites choses comme ça qu’il a arrangées à sa façon. Il n’a pas trahi la vie de l’homme, mais il a un peu trahi les pensées de l’homme. »

 

MLP 2Marie-Luce Penchard, ministre de l’Outre-mer

« C’est une très belle cérémonie, à l’image de Césaire. Beaucoup de sobriété, très beau discours du président, écouter de nouveau les poèmes, l’œuvre de Césaire comme ça dans cette crypte… On est tous très fiers. Fiers de ce qu’il a apporté. Je crois que les Français se reconnaissent en lui. Le président a dit qu’avec Césaire, il a peut-être la présentation la plus dure de l’universalité. Je n’oublierai jamais ça. Le président a parlé avec son cœur ; il était imprégné de l’œuvre de Césaire. Il a montré que Césaire n’était pas simplement Martiniquais, mais qu’il était un homme du monde. Et le président a trouvé les mots pour transmettre son héritage, sa forte conviction humaniste et universaliste. »

 

Bernard Hayot, pdg GBH, Martinique

« Je viens de vivre une cérémonie exceptionnelle. La sobriété, c’est beau. Cette cérémonie avait de la densité. C’était un bon moment d’émotion. Je suis heureux d’avoir été là. Le discours du président était remarquable, d’une densité d’émotion. Je pense qu’ont été privilégiés ceux qui étaient là. Un grand moment. »

 

Louis-Joseph Manscour, maire de Trinité et député PS, Martinique

« Une cérémonie sobre comme l’aurait aimée Césaire de son vivant. Tout le monde a vu nécessité de lui rendre cet hommage. Césaire, le nègre fondamental, l’universel qui par sa poésie a servi d’exemple au monde noir. Merci pour Aimé Césaire. »

 

Pierre-Albicy.jpgPierre Albicy, ancien secrétaire d’Aimé Césaire

« Le film m’a rappelé pas mal de choses, les coins qu’il fréquentait. On y allait souvent et il avait ce contact, entre lui et la nature, intime. J’ai été un peu surpris d’entendre le président de la République dire tout ce qu’il a sorti, des choses vraies. »

 

Greg Germain, comédien, Guadeloupe

« Le président a fait un discours assez remarquable ; j’ai apprécié aussi la façon dont il a négocié quelques virages difficiles et c’est un discours qui devrait être largement diffusé et entendu. Peut-être que ça réconcilierait, si ce discours est vrai, certaines personnes avec ce qui se passe aujourd’hui dans notre République. Est-ce l’influence d’Aimé Césaire qui fait que tout le monde devient meilleur, j’aimerai en accepter l’augure. »

 

GPL.jpgGeorge Pau-Langevin, députée PS de Paris, Guadeloupe

Le discours en lui-même était tout à fait intéressant, mais j’ai remarqué quand même que Nicolas Sarkozy insistait beaucoup sur le fait qu’il fallait être autonome, gagner sa vie pour sa dignité… Ce discours, je vais l’encadrer et quand je vais entendre parler Guéant ou un certain nombre de gens qui tiennent des propos inadmissibles, je vais leur rappeler que puisqu’ils ont admiré Aimé Césaire, ils doivent tenir compte de ce que Césaire a dit. Un certain nombre de propos ne seraient pas admis par Césaire. J’espère que Nicolas Sarkozy retiendra la leçon et qu’il ne dira pas des choses qui nous feront monter au créneau.

 

Claude Ribbe, écrivain, Guadeloupe

« Dans le discours, pas une seule fois il n’est fait allusion à la couleur de Césaire et je trouve que c’est une grande avancée ; peu de gens l’auront remarqué. Moi, j’ai remarqué, j’ai entendu et ça va dans le sens de mes idées. L’universalisme de Césaire a été retenu. Il a une très bonne vision de la négritude. Je suis content qu’il ait lu mon livre. »

 

loial_7184.jpgChantal Loial, chorégraphe, Guadeloupe

« Je trouve qu’on manquait d’expression un peu martiniquaise. Bien sûr, il y avait Dédé Saint-Prix mais moi, en tant qu’artiste, j’aurai aimé participer à une telle cérémonie dans la mesure en plus où je suis en train de jouer une pièce sur la Vénus hottentote sur qui Aimé Césaire a écrit quelques lignes. Je suis aussi dans cette problématique du multiculturel, de l’universalité, de cette identité aussi singulière que peut avoir chacun d’entre nous. »

 

Jeanine Maurice-Bellay, conseillère régionale EELV d’Ile de France, Martinique

« Le président n’avait pas le choix. Il fallait le faire et il l’a fait. On a attendu quand même trop longtemps. On le prend maintenant. Toutes les valeurs, tout l’humanisme qu’il a fait ressortir, ça me va parfaitement. »

 

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 13:58


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Césaire s’inscrit dans la maison des grands hommes de la République


On a pensé à Mitterrand quand il est entré, sans la rose au poing. Nicolas Sarkozy, émanation de la nation pour cet hommage à Aimé Césaire, a traversé la nef jusque sous la coupole pour rejoindre sa place à côté de Jacques, le fils aîné d’Aimé Césaire. Il y a eu le film d’Euzhan Palcy, la voix et les images de Césaire. Il y a eu la flûte de Dédé Saint-prix, trois thèmes déclinés… « Je ne sais pas si c’était une valse, je me suis calé sur les images », a indiqué le flûtiste après la cérémonie. LMC Lise LarcherLes comédiens, Jacques Martial, Mariann Mathéeus, Bakary Sangaré et les autres ont joué avec lui, des paroles, des phrases, des mots de Césaire. Au cœur du Panthéon, sous la coupole. Puis, le président s’est levé de son fauteuil pour rejoindre le pupitre, debout face au public. C’est le temps de l’hommage à Césaire par le président Sarkozy. Henri Guaino a rédigé la trame du discours, puis les collaborateurs spécialisés outre-mer ont complété. Sarko-discours-coupole.jpgIl y a eu beaucoup de poésie dans la bouche de Nicolas Sarkozy et beaucoup d’audace aussi dans le choix de certaines citations choisies. Il répète à plusieurs reprise « le peuple de Martinique ». Mieux, il se répond à lui-même, à son discours de Dakar, lorsqu’il cite : « Nous sommes là pour dire et réclamer : laissez entrer les hommes noirs sur la grande scène de l’histoire. » Mais tout de même ce que Sarkozy préfère chez Césaire, c’est la départementalisation : « Le plus beau combat de cette vie politique, le plus grand qu’il engagea et gagna. » Car Césaire, explique le président, a mis le mot de départementalisation à la place et en fit l’instrument de décolonisation. Sarko-avec-Letchimy-et-Manscour.jpgIl dit encore : « Le peuple Martiniquais ne voulait pas l’indépendance, il voulait l’égalité des droits. Il le comprît. » Nicolas Sarkozy ajoute peu après : « Mais il voulait aussi que l’on reconnut le droit à l’indépendance pour la Martinique parce qu’elle n’était pas une province comme les autres… » Le président a cité et rendu hommage au Discours contre le colonialisme, « une leçon de morale, pas un discours politique », et aussitôt après à « La lettre à Maurice Thorez », à son engagement pour le oui à la Constitution de 1958, à son amour pour la France de Malraux, la France des droits de l’Homme. Les-eleves-de-la-Martinique.jpg« A aucun moment, il ne parla contre la France… Il n’a jamais cesser de pousser la France à faire son examen de conscience. Et il achève dans une dimension poétique et politique : « Ces mots posés sur le malheur, ces mots posés sur le mystère, ces mots qui ont rendu une partie de l’humanité l’identité qu’on lui refusait et lui ont permis de vivre debout et libre, ces mots sont écrits en français par un poète martiniquais. » Une dame a bien résumé : « Un discours humain, pas politique et extrêmement fin. Il a été très travaillé et même au point de vue élocution ; le président a été sincère. Avec les années, il a appris à connaître Césaire. On lui a bien préparé son discours, mais il l’a bien dit. »

Dans la crypte

Inscription-aime-cesaire.jpgL’inscription dans la crypte, des lettres d’or en haut-relief, s’achève par les mêmes vers que ceux qui sont sur sa tombe à Fort-de-France. Ce sont Jacques Césaire, Daniel Maximin, l’Elysée aussi, qui ont décidé quels mots composeraient cet hommage national. Il a fallu attendre que le président lise son allocution avant qu’on ne la découvre. Entre deux cryptes en sous-sol. Sarkozy-et-Jacques-Cesaire.jpgCelle à gauche porte les noms de Marcelin Berthelot, Paul Painlevé, Jean Perrin, Louis Braille. A droite, on lit les noms de Jean Jaurès, Félix Eboué, Louis Delgrès, Toussaint Louverture et Victor Schoelcher. Jacques Césaire et sa nièce Emmanuelle, la fille de Jean-Paul Césaire, ont suivi le président dans la crypte. La scénographie et les lumières (assurées par le grand Gilles Papillon) à l’intérieur du Panthéon ont donné toute leur majesté à cet instant solennel que cet hommage de la Nation. Sarko-mains-foule-winner.jpgAu premier rang de la nef ouest, les ministres, anciens, nouveaux, Guéant, Juppé, Mitterrand, Fillon, Jégo, Girardin, Le Pensec, Lemoine, Stirn, Penchard, Léon Bertrand qu’on revoit à Paris depui sa sortie de prison… Dans le transept, au nord, les sénateurs avec leur président Gérard Larcher entouré des Martiniquais Serge Larcher et de Claude Lise. En face, au sud, les députés. Serge Létchimy semble accablé. On apprendra qu’il a été touché par un deuil la veille. Nicolas Sarkozy lui serre longuement la main en remontant de la crypte et avant de faire signe à Fillon pour lui signifier le départ. Sarko est sorti sous un tonnerre d’applaudissement. Du coup, il est allé serré des mains avant de monter en voiture. Puis, c’est Juppé et Fillon qui ont été applaudis. Lionel Jospin a suivi, il s’est fait un peu huer par les militants UMP rassemblés là, et est parti à pied.

FXG, agence de presse GHM)sortie-du-pantheon_7929.jpg

Sortie du Panthéon

Fillon s'en va et salue la foule

Fillon salue la foule en partantaubry-martine-sego-fxg-7414.jpg

Martine Aubry et Ségolène Royaleuzane-coppe_7591.jpg

Jean-François Copé et Euzhan Palcy

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La foule sur la place du PanthéonBertrand-Tirolien.jpg

Léon Bertrand et Patrice TirolienBirardin-et-Royal.jpg

Brigitte Girardin et Ségolène RoyalBraciano-et-Hortense-Assaga.jpg

Willy Bracciano de France 24 et Hortense Assaga de Tropique FM et Afrique 24Campredon-et-Jego.jpg

Vincent Campredon, conseiller militaire de Marie-Luce Penchard, et Yves JégoCope-Biancarelli-ok.jpg

Jean-François Copé et Olivier BiancarelliDidier Migaud Fanfant

Annick Pastour, élue municipale de Hyères, et Nathalie Fanfant en pleine disccussion pendant qu'arrive le président de la Cour des comptes, Didier MigaudDonnedieu-de-Vabre-et-girardin.jpg

Renaud Donnedieu de Vabre et Brigitte GirardinArrivée SarkozyArrivée du président Sarkozy dans la nef du PanthéonEleves-du-college-Aime-Cesaire-de-Grenoble.jpg

Les délégués de classes des 6e et 5e du collège Aimé Césaire de Grenoble avec leur principal, Mme Ficheux, et un enseignant, M. Régo. Ce sont les élèves qui ont choisi de baptiser leur collège du nom d'Aimé Césaire, il y a deux ans.Euzhan-Palcy.jpg

Euzhan Palcy au PanthéonFXG-Roland-Dumas.jpg

FXG et Roland DumasGreg Germain MLP Bernard Hayot

Greg Germain salue l'élégance de Bernard Hayot devant la ministre de l'Outre-merGuaino-lang.jpg

Henri Guaino, Jack Lang et...Gueant-Penchard.jpg

Claude Guéant et MLPJacques-Cesaire-et-Jean-Pierre-Passecoutrin.jpg

Jacques Césaire et Jean-Pierre Passe-Coutrin de SarcellesGreg-germain-Richard-Samuel.jpg

Greg Germain et le préfet d'Anger, Richard SamuelJospin.jpg

Lionel Jospintiberi-jean_7446.jpg

Jean Tibéripropagande-coppe_7596.jpg

Copé en situation post-débat sur la laïcité et l'islamtrois-conseillers-tres-important_7782.jpg

Le rang des conseillers du Châteaupantheon-police.jpg

Reflet ou vision artistique du Panthéon

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 01:50

Le Césaire de Patrick Singaïny

CouvAimeCesaire.jpgLe Réunionnais Patrick Singaïny était invité par l’Elysée pour assister à la cérémonie d’hommage national à Aimé Césaire. Mais l’auteur et coordinateur de l’ouvrage Aimé Césaire pour toujours, a préféré aller sur le plateau de LCI avec Michel Field pour commenter en direct la cérémonie.

« Je serai à LCI plutôt qu’au Panthéon car je veux lui rendre hommage, non pas de façon muette, mais en honorant sa modernité. » Ce "pour toujours" qui complète le nom du poète dans le titre de l'ouvrage qu'il publie aux éditions Orphies, est une référence à Che Guevara et au fameux « Hasta la vista ». Mais au-delà de cet effet de style, Patrick Singaïny, artiste, ancien journaliste d’Antilla a voulu un ouvrage pour faire découvrir l’œuvre de Césaire. Pour ça, il faut savoir le lire. C’est la contribution d’Alfred Alexandre qui a décrypté l’écriture et la pensée césairienne en donnant une clé : il décrit le rythme trinitaire du verbe parturiant : « Les abîmes, puis une remontée avant de trouver un apaisement, notamment dans le Cahier et même dans tout ce qu’il a écrit jusqu’aux années 1990, assure Patrick Singaïny. C’est une poésie comme connaissance du moi. » La contribution de Dominique Berthet porte sur l’indéniable influence qu’a eu le cadet sur l’aîné. fait une contribution pour rendre à Césaire ce qui lui appartient : c’est lui qui a plutôt influencé André Breton et non l’inverse. Il suffit de faire sonner ce vers fameux : « Soleil cou coupé »… Les sources de Césaire sont le jazz, les américains, le romantisme allemand, Lautréamont et… le surréalisme sans le savoir, sans le définir. Breton a compris que Césaire, au-delà des mots, c’était un esprit autrement plus libre que le sien, plus assujetti par son héritage européen. Bruno Ollivier, grand spécialiste de la communication politique aux Antilles, s’est préoccupé du théâtre d’Aimé Césaire. Son texte « Mon Césaire » retrace sa rencontre avec le dramaturge de ses jeunes années d’étudiant  a connu lorsqu’ il était étudiant. C’est le théâtre engagé qui s’appuie sur l’actualité politique comme dans la Tragédie du roi Christophe, clin d’œil à ces nouveaux chefs d’Etat africains des années 1960, comme son ami Senghor. Dans son théâtre, il les met en garde contre cette tentative qui les étreint de faire des « copié-collé » des manières du colon… Françoise Vergès a travaillé sur la décolonisation. « Césaire avait une vision non dualiste de la pratique politique, contre ce « ou bien l’indépendance, ou bien l’assimilation », un piège car Césaire connaît intimement son peuple qui fait appel à deux langues et que l’on ne peut désolidariser au risque de se perdre et de se détruire », explique Patrick Singaïny. Il ne désolidariser du français sans se faire du mal à soi-même… Kenjah ouvre le livre tel le griot qui conte le disparu; Marius Gotin évoque le « talisman vivant » que représentait Césaire pour les Foyalais. Laurence proteau signe une biographie qui constitue une excellente ouverture sur Césaire.

Edgar Morin, le FN et la Marseillaise

Patrick-Singainy.jpgEvidemment, on attend la lecture d’Edgar Morin, ce contemporain qui a entretenu une relation avec Aimé Césaire dans les années 1950. « Il a été intéressé par les problématiques que je lui ai proposées et sa réponse collait non seulement à la ligne éditorial mais aussi à l’hommage qu’il voulait rendre et à Césaire et à Glissant ! » La problématique centrale de Patrick Singaïny repose sur un questionnement central, il « pose comme équation l’apport des différents legs des ressortissants du peuplement des Antilles et du processus de créolisation comme lieu de leur enracinement.  Ce que Glissant a développé, parfois jusqu’à l’outrance », explique l’auteur réunionnais. L’apport de Césaire, c’est l’émergence d’une pensée endogène dans nos sociétés nées de l’esclavage. Et dans le même temps, il offre une pensée moderne à la France. De notre côté des océans, il fait émerger notre modernité. Du côté de l’Hexagone, il pointe du doigt la francité issue du siècle des Lumières mais qui s’accompagnait de ce que l’intellectuel réunionnais nomme Le Siècle des Ténèbres. « C’est le pêché originel de la France » poursuit-il. « Dans un récent sondage 52% des Français estiment que le FN est un parti comme un autre. Ils ont besoin d’une francité efficace. De nouvelles idées ne suffiront pas à endiguer ce désir légitime. C’est ici que la modernité de Césaire nous est d’un grand secours, quand celle-ci nous conduit à comprendre qu’il n’y aura pas ni de francité sereine, ni une réelle émancipation chez nous tant que la mémoire collective sera entachée du siècle des Ténèbres.   Il ne suffit pas de glorifier la Révolution française qui n’a pas tout réussi. « La France, poursuit le Réunionnais, n’a pas résolu cette fêlure, cette anfractuosité dans la société française. La France n’est pas pensée de façon multicolore (…) « Nous sommes Réunionnais, Guadeloupéens, Guyanais, Martiniquais mais pas des Français, nous ne sommes pas de culture française. « Dès lors, il nous faut nous approprier des mythes qui fondent la francité afin de la rendre partageuse ». Singaïny propose de compléter la Marseillaise qui comptait 15 couplets au lieu des 7 actuels. L’intellectuel réunionnais propose de réintroduire le 12e couplet :

"Foulant aux pieds les droits de l'Homme,

Les soldatesques légions

Des premiers habitants de Rome

Asservissent les nations. (bis)

Un projet plus grand et plus sage

Nous engage dans les combats

Et le Français n'arme son bras

Que pour détruire l'esclavage"

Voilà posée une problématique post-césairienne qui invite les jeunes générations « à trouver leur place plutôt qu’à vociférer leur esprit de rébellion et leurs désillusions ». C’est sans doute pour cela que Patrick Singaïny préfère commenter la cérémonie à la télévision.

FXG (agence de presse GHM)

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 04:13

 

Aimé Césaire au Panthéon

Le poète antillais rejoint aujourd’hui (mercredi 6/04) d’illustres prédécesseurs tels Victor Hugo, Jean Moulin, André Malraux ou encore Alexandre Dumas. Mais qui était vraiment Aimé Césaire ? Retour sur un parcours unique, qui épousa les méandres de la République.

« Préservez-moi de toute haine, ne faîtes pas de moi un homme de haine pour que je n’aie que haine… » Extrait du Cahier du retour au pays natal, 1939, les écrits de Césaire portent « La marque d’un des plus grands poètes du XXe siècle… » doué d’ « une géniale impertinence qui allait marquer profondément la littérature française », selon Frédéric Mitterrand, qui a présenté la semaine dernière la panthéonisation de l’ancien député (1945-1993) et maire (1945-2001) de Fort-de-France.

Né en 1913, Aimé Césaire était enseignant, poète, co-fondateur avec Léopold Sédar Senghor de la revue L’étudiant noir (1934) et du concept de la négritude. Il fut également à l’origine de l’appel à l’émancipation avec Le Discours sur le colonialisme (1955) ­- «  que de sang dans les mémoires » - ou du premier congrès des écrivains noirs à Paris (1956). Il est encore, en 1946,  l’homme de la départementalisation des quatre veilles colonies (Guadeloupe, Réunion, Guyane et Martinique) contre « la citoyenneté marginale », en même temps que le militant du parti communiste, jusqu’à sa lettre de rupture à Maurice Thorez (1956). On se souviendra également de son refus, en 1981, de répondre favorablement à François Mitterrand pour devenir ministre de la Culture, « pour ne pas abandonner les Martiniquais ».

Mais pourquoi alors panthéoniser cette voix, celle de l’homme que toute la France gaullienne, pompidolienne et giscardienne et ses représentants politiques vouaient aux gémonies ? « Parce que cette mémoire et ces chants, répond l’actuel ministre de la Culture, appartiennent à tous et, dans la mémoire postcoloniale, il faut nous donner l’occasion d’embrasser toute notre histoire… » En 1949, Victor Schoelcher, celui par qui l’esclavage a été aboli, entrait au Panthéon. Puis ce fut le tour d’Alexandre Dumas, le métis de Saint-Domingue, en 2002. En 1991, la pièce d’Aimé Césaire, La tragédie du roi Christophe (1963), était incorporée au répertoire de la Comédie française. Cette fois, comme Aimé Césaire, mort en 2008, a voulu reposer en terre martiniquaise, c’est une plaque qui va incarner sa présence sur la colline Sainte-Geneviève, le faisant rejoindre les grands hommes qui l’ont précédé: Victor Hugo, Jean Moulin, André Malraux…

La cérémonie d’hommage national aura lieu aujourd’hui (mercredi 6 avril) à partir de 17 heures. Elle sera présidée par celui qui avait dû essuyer dans un premier temps le refus du poète de le recevoir en 2005, parce qu’il dirigeait alors l’UMP, le parti politique qui avait fait adopter la loi sur « la colonisation positive », Nicolas Sarkozy.

FXG (agence de presse GHM)

 

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 06:13

Le projet de loi d’évolution institutionnelle de la Martinique et de la Guyane arrive au Parlement

Ca y est, le programme parlementaire est saisi de l’évolution institutionnelle des collectivités de la Guyane et de la Martinique. Dès mercredi matin. la commission des lois de l’Assemblée nationale procèdera à l’audition de la ministre de l’Outre-mer. La veille, celle-ci aura reçu les sénateurs de Guyane, Jean-Etienne Antoinette et Georges Patient. Dans la foulée de son audition par la commission des lois, Marie-Luce Penchard s’entretiendra avec Claude Guéant, son ministre de tutelle, mais aussi avec le ministre des collectivités territoriales, Philippe Richert. Le lendemain, Marie-Luce Penchard recevra le sénateur de la Martinique Claude Lise, puis le député Alfred Almont avec qui elle déjeunera. Enfin, vendredi, elle recevra Serge Létchimy, président du Conseil régional de la Martinique. Notons que contrairement à ce que songeait faire l’Elysée, il n’y aura pas de lettre rectificative lors d’un nouveau passage en conseil des ministres. Cette option devait, de toute façon, n’être qu’un vecteur pour porter éventuellement la modification de la loi électorale pour la Polynésie française. Cette option est caduque selon l’Elysée car la Polynésie aura un texte parfaitement autonome vis-à-vis des évolutions institutionnelles de la Martinique et de la Guyane.

FXG (agence de presse GHM)

 

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 06:09

L’Elysée défend le choix de Claudy

L’Elysée n’a jamais affirmé au Point.fr, ni à quiconque, « ignorer » les facettes de la personnalité de Claudy Siar, le nouveau délégué interministériel. Les services du Château ont même pondu antérieurement « deux ou trois notes sur Claudy Siar ». Olivier Biancarelli, conseiller du président de la République, indique que les contacts sont anciens avec le patron de Tropique FM, depuis la crise LKP aux Antilles, quand après avoir été tenté par le mouvement social, il a fini par adopter une « attitude raisonnable, républicaine »… Les deux hommes se sont rencontrés et ont appris à se connaître jusqu’à ce que Patrick Karam fasse savoir sa décision de quitter la délégation. L’Elysée devait penser à son remplaçant. Il y avait Jacques Martial en n°1, Claudy Siar en n°2 et deux ou trois autres. Comme Jacques Martial n’a pas voulu y aller, l’option Siar était de plus en plus sérieuse. Après avoir pris des renseignements, car « un délégué est plus qu’un préfet », sont apparus les éléments liés à son amitié avec Dieudonné ou ses soutiens à la Tribu Ka. Siar et Biancarelli se sont encore revus, plusieurs fois, et Claudy Siar a pu s’expliquer. L’Elysée l’a averti : « Nous allons nous faire attaquer. » Il a répondu en faisant valoir ses positions fermes publiées entre autres par l’Express. Pour le Château, ce qui compte, c’est l’expression publique et le replacement des choses dans leur contexte. « Il est sincère dans sa démarche et tout le monde, jusqu’au président, a été informé. » C’est donc en toute connaissance de cause que l’arbitrage validant sa nomination a été rendu. « On ne lui demande pas d’adhérer à l’UMP mais d’avoir une action républicaine au service des intérêts des Ultramarins de métropole. » Pas question donc pour Siar de devenir un militant UMP, mais plutôt de « montrer sa loyauté au chef de l’Etat au même titre qu’un préfet »… « C’est un choix républicain, préparé et pas un choix partisan. Il sera soutenu et je trouve dommage, indique Olivier Biancarelli, que des personnes dans la communauté ultramarine cherchent à l’affaiblir alors qu’il va travailler pour cette communauté. C’est un procès d’intention qu’on lui fait ! » Voilà pour expliquer le choix de l’Elysée. Maintenant, se pose le problème de la radio, Tropique FM, au sujet de laquelle Le Canard enchaîné écrivait : « Du tout bon pour Sarko dans la perspective de 2012. » Et au sujet de laquelle, certains salariés et nombre d’auditeurs s’interrogent. Réponse du Château : « Tropique FM entre dans la moulinette des nouvelles normes au sujet des conflits d’intérêt. Que l’on écoute Tropique FM, France Inter ou Europe 1, le matin, on ne peut pas dire que ce soit la Sarkofolie, mais plutôt la Sarkophobie en ce moment ! » Il faut donc entendre l’Elysée affirmer qu’il n’y pas de volonté de « faire main basse sur la radio, mais qu’il y a un homme, Claudy Siar,  qui a une connaissance de la communauté ultramarine et qui est prêt à travailler avec nous à ce stade. Il a vu qu’au-delà de la caricature, Nicolas Sarkozy a un bilan sur l’Outre-mer dans les actes de l’Etat pilotés par l’Elysée (LODEOM, réformes institutionnelles en Martinique et en Guyane, engagement en Nouvelle-Calédonie, départementalisation de Mayotte) et qui ne sont pas les choix spontanés de son camp d’origine ». Pour l’heure, Claudy Siar s’attèle à monter son équipe. « Elle n’est faite ni par l’Elysée, ni Matignon. Il fait son choix en patron et le fait valider par sa tutelle qui est Matignon. Son budget doit être revu et il pourra actionner le levier du ministère de l’Outre-mer. On attend de lui qu’il travaille de manière plus étroite et plus en confiance avec Marie-Luce Penchard, elle-même très demandeuse. » Et ça, c’est vraiment nouveau.

FXG (agence de presse GHM)

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 12:44

Le carnaval tropical de Paris empruntera les Champs-Elysées

La mairie de Paris et sa délégation générale à l’Outre-mer ont indiqué, à la suite d’un communiqué très laconique que  « le défilé du carnaval tropical de Paris aura bien lieu sur les Champs-Elysées le dimanche 3 juillet de 14 heures à 18 heures. » Après un premier refus, malgré les demandes concertées de la Ville de Paris, du commissariat de l’année des Outre-mer, de la   mairie du 8e arrondissement et de la fédération du carnaval tropical de Paris, le préfet de police a été une nouvelle fois sollicité par le Conseil de Paris la semaine dernière. Une rencontre était d’ailleurs prévue avec le préfet à cet effet. Il semble que l’accord ait été donné vendredi dernier.

FXG (agence de presse GHM)

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