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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 14:49

L’émigration antillaise, une exposition réalisée par Agora Karayib, à Clichy

En 1999, près de 340 000 Antillais vivaient en France hexagonale, soit presque autant que la population de la Guadeloupe ou de la Martinique. Arrivée massivement durant les années 1960 à 1980, une nouvelle communauté antillaise s’est constituée pour donner naissance au « 5ème DOM ». Mais la présence d’Antillais en France est bien antérieure à cette vague massive de migrants. La migration s’est poursuivie durant les années 1990 sans rattraper les seuils précédemment atteints durant les années 80 et, de migration de travail, elle s’est transformée en migration de peuplement avec des besoins propres de repères et des revendications mémorielles. L’exposition permet de comprendre les trajectoires de ces Guadeloupéens et Martiniquais qui ont traversé à nouveau l’Atlantique pour des raisons diverses. Ils ont pris part activement au développement économique de la France et ont construit de nouvelles familles antillaises...

Samedi 2 avril, de 14 heures à 18 heures, sera présenté le documentaire « Les Antillais d’ici », réalisé par Medhi Lallaoui et Samia Messaoudi, suivi d’une conférence-débat, le projet migratoire des Antillais, leur installation, leur intégration, en compagnie de l’enquêtrice Samia Messaoudi.

L’exposition dure du 2 au 9 avril 2011 de 14 heures à 18 heures, à la maison des associations Aimé-Césaire, 80 boulevard du général Leclerc, à Clichy (92). Métro Mairie de Clichy

 

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 06:35

Frédéric Mitterrand et Marie-Luce Penchard présentent la panthéonisation d’Aimé Césaire

Cesaire-Mitterrand-Palcy-MLP-Maximin.jpgLe 6 avril prochain, une plaque sera apposée au Panthéon en hommage à aimé Césaire. Le président de la République honorera le poète foyalais pendant que Dédé Saint-Prix jouera de la flûte des mornes.

Sous les lambris et les ors de la grande salle de réception du ministère de la Culture, au Palais royal, Marie-Luce-Penchard et Frédéric Mitterrand sont venus présenter hier l’hommage que la Nation et le président de la République rendront à Aimé Césaire au Panthéon, le 6 avril prochain, entre 17 et 18 heures. Arrivee-de-Frederic-Mitterrant-devant-Palcy-et-Maximin.jpgDans la salle, Daniel Maximin commissaire général de l’année des Outre-mer, Euzhan Palcy et le conseiller technique de l’outre-mer à l’Elysée. Frédéric Mitterrand commence avec des vers : « Préservez-moi de toute haine, ne faîtes pas de moi un homme de haine pour que je n’ai que haine… » Extrait du Cahier du retour au pays natal, 1939, « la marque d’un des plus grands poètes du XXe siècle… une génial impertinence qui allait marquer profondément la littérature française. » Frédéric Mitterrand brosse la vie du poète, l’Etudiant noir, Senghor et Damas, la Négritude, l’appel à l’émancipation… Jose-Vatin-Euzhan-palcy-et-son-directeur-de-communication.jpgLe Discours sur le colonialisme (1955), «  que de sang dans les mémoires » .Pourquoi panthéoniser cette voix ? « Parce que cette mémoire et ces chants appartiennent à tous. Dans la mémoire postcoloniale, il faut nous donner l’occasion d’embrasser toute notre histoire… En 1949, Victor Schoelcher est entré au Panthéon, puis Alexandre Dumas en 2002. En 1991, c’est la pièce de Césaire, La tragédie du roi Christophe qui est entré au répertoire de la comédie française. Cette fois, c’est une plaque qui va symboliser Aimé Césaire tel les grands hommes qui l’ont précédé : Victor Hugo, Jean Moulin, André Malraux…

Cérémonie belle et sobre

Cesaire-MLP-Mitterrand.jpgLa cérémonie va durer une heure avec un discours du chef de l’Etat. Dans la salle, 1000 personnes dont la présence, explique le ministre de la Culture, « relève à la fois de la reconnaissance du monde ultramarin et de l’œuvre d’Aimé Césaire ». A l’extérieur, il y aura de grands écrans qui transmettront la cérémonie, laquelle sera diffusée en direct à la télévision sur France 2 (présentation par Marie Drucker et Marijosée Alie), puis France O dans la soirée. Il y aura un moment de recueillement, puis 7 minutes extraites du film d’Euzhan Palcy consacré à Aimé Césaire. Il y aura la voix d’Aimé Césaire ; ses textes seront lus par des comédiens et des élèves. Pour les jeunes présents au Panthéon, il s'agit d'un élève par classe de collège et de lycée de la Martinique auxquels s’ajoutent  4 ou 5 jeunes issus de collèges et lycée Aimé-Césaire de toute la France, du lycée Louis le Grand et de Normal sup où Césaire étudia. Une jeune lycéenne martiniquaise lira un poème de Césaire durant la cérémonie. Dédé Saint-Prix viendra à son tour exécuter un morceau de musique, « un air qu’Aimé Césaire aimait », selon le ministre qui précise : arrivee-de-MLP.jpg« Ce sera à la fois recueilli et solennel mais pas trop puisqu’Aimé Césaire n’était pas un adepte du protocole républicain… » « Ce sera émouvant », ajoute Marie-Luce Penchard. Ce sera une très belle cérémonie, sobre à l’image de ce qu’Aimé Césaire aurait aimé faire à cette occasion. » Aimé Césaire qui s’apprête a recevoir l’hommage de la Nation écrivait dans la revue Tropique : « Nous sommes de ceux qui disons non à l’ombre… » Le voilà mis sous les feux de la République.

FXG (agence de presse GHM)

Le panthéon sera ouvert gratuitement du jeudi 7 au dimanche 10 avril pour que le public puisse découvrir l'inscription en hommage à Aimé Césaire.

 


Marie-Luce Penchard, ministre de l’Outre-merMLP-ITW.jpg

 

 « Aimé Césaire nous a laissé en héritage cette mémoire autour de ses œuvres et aujourd’hui la Nation souhaite lui rendre hommage. C’est la raison pour laquelle, lors de son  décès, le président de la République a souhaité que ses obsèques soient nationales en avril 2008. La question a été posée à ce moment-là, mais on ne peut le faire contre la volonté de la famille et je me suis attachée quand j’étais conseillère à l’Elysée, puis en tant que ministre, d’étudier la possibilité à l’occasion de l’année des Outre-mer d’apposer cette plaque au Panthéon pour respecter la volonté d’Aimé Césaire qui voulait rester dans son île natale. Pour autant, je pense qu’il aurait apprécié l’hommage qui lui est rendu par la nation. Voilà comment Jacques Césaire, son fils, a accepté tout naturellement la proposition qui lui a été faite par le président de la République. »

 


Dédé Saint-Prix

 

DD ST PRIX photo A Jocksan« Je suis devenu flûtiste grâce à Aimé Césaire ! »

Qu’est-ce vous allez jouer au Panthéon ?

Je vais jouer un morceau composé pour la circonstance, un instrumental avec la flûte des mornes…

Comprenez-vous pourquoi on vous a choisi vous ?

Je ne cherche pas à comprendre. Des gens m’ont appelé et je suis tout content de le faire parce que cette flûte-là, c’est Aimé Césaire qui a fait que j’ai pu apprendre à la pratiquer, à la fabriquer. Le service municipal d’action culturelle de Fort-de-France est un service à la portée des gens, du peuple. Je suis passé dans l’atelier de Max Cylla, mon professeur au SERMAC… Je suis devenu flûtiste grâce à Aimé Césaire !

Que ressentez-vous avant de venir jouer devant la Nation ? Etes-vous ému ?

Pas spécialement, je suis prêt. Peut-être qu’arrivé à l’intérieur, ça va être chaud mais je ne suis pas encore dans le cas de figure.

Quel va être le sens de votre message musical ?

Ce qui va ressortir, c’est une forme de reconnaissance de nos artistes, de nos écrivains, de nos cultures. Mais pour moi, c’est tout à fait normal. Je ne pense pas qu’il faille aller chercher quelqu’un d’un autre pays pour honorer Aimé Césaire même s’il était quelqu’un de super ouvert !

Propos recueillis par FXG

 


Les derniers panthéonisés

 

280px-Paris-Pantheon-Facade.jpgJean Moulin en 1964. René Cassin, en 1987. Jean Monnet en 1988.

L'abbé Grégoire, Gaspard Monge, Condorcet en 1989. Les époux Pierre et Marie Curie en 1995. André Malraux en 1996. Alexandre Dumas en 2002.

Plus de mille noms sont inscrits au Panthéon sur des plaques. Parmi eux de grands écrivains comme Apollinaire, Ségalen, Robert Desnos, Saint-Exupéry, Henri Bergson, mais aussi des hommes tels que Toussaint Louverture et Louis Delgrès. La dernière inscription est un hommage aux Justes de France.

 

 

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 05:34

Mitterrand-cesaire.jpgInterview de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication

« L’histoire avance à coup de symboles »

Est-ce important pour vous ne reconnaissance ?

Reconnaître, c’est connaître à nouveau, connaître sous un autre jour, connaître avec un autre regard… Par là même, c’est connaître toute cette littérature, cette poésie, cette création qui vient de l’outre-mer. Trop longtemps cette culture n’a pas été reconnue comme elle aurait du l’être. Aimé Césaire n’est aux programmes scolaires que depuis 1994 et à l’agrégation depuis quelques années seulement. De grands écrivains comme Maryse condé ou Edouard Glissant enseignent à l’étranger. La reconnaissance, c’est se rendre compte de ça ; elle en train de se faire. L’histoire avance à coup de symboles et avec des symboles qui apportent un peu de chaleur. Alors la reconnaissance de la Nation à Aimé Césaire est un symbole très profond.

Pourquoi maintenant ?

Aimé Césaire est parti il n’y a pas très longtemps. Il ne faut pas non plus aller piétiner le deuil des familles. On est là pour faire quelque chose qui vient naturellement et là, je pense que la manière dont ça se passe est très naturelle. C’est une décision qui suscite un profond consensus. Il n’y a pas de ces marchandages qu’on a quelques fois à propos des célébrations. Il n’y en a aucun, tout le monde est d’accord

Pourtant, il a été un chantre de la lutte contre le colonialisme…

Oui il a été le chantre de la lutte contre le colonialisme, mais aujourd’hui le colonialisme est hors de combat. Les blessures qu’un combat de cette sorte a pu entraîner sont maintenant apaisées. Ca a été la lutte contre le colonialisme par son histoire. Aimé Césaire entre au panthéon avec son histoire qui témoigne.

Aimé Césaire défendait les racines multiples de l’identité et sa reconnaissance au Panthéon arrive en plein débat polémique sur l’identité française…

Je ne vois pas de débat polémique sur l’identité française. La France est diverse et Aimé Césaire entre au Panthéon avec la diversité française.

Où va prendre place la plaque Aimé Césaire ?

Elle va se trouver dans une crypte, en très bonne compagnie, mais je ne sais plus qui… Je pense qu’on verra beaucoup d’images dans les jours qui précéderont l’hommage et ça permettra de ressentir très fort la présence d’Aimé Césaire. Il y a d’ailleurs au Grand Palais une exposition superbe qui montre à travers quelques œuvres de Wilfredo Lam et de Picasso, une qualité incroyable d’échange qu’ils ont eu avec Césaire dans ces années 1940, des années particulièrement sombres.

Miterrand-ITW.jpgVous vous êtes choqués que de grandes plumes comme Glissant ou Condé n’aient pu être accueillies dans une université française…

Le fait que le ministère de la Culture soit étroitement attaché à cet événement au Panthéon est particulièrement notable. Ca avance par symboles, par prises de conscience dans l’opinion publique. Tout d’un coup, quelque chose à quoi on ne s’attendait pas devient totalement évident et naturel. Le fait qu’Aimé Césaire soit au Panthéon est quelque chose de fort sur la manière dont les cultures ultramarines doivent être reçues dans les programmes scolaires, dans l’enseignement. Alors pour revenir à nos grands artistes obligés de s’exiler, je pense qu’il est temps qu’on leurs ouvre nos bras !

La France ne pourrait-elle pas faire mieux et les reconnaître tant qu’ils sont vivants ?

Je suis ministre de la Culture et je fais tout mon possible. Je crois être le ministre de la Culture qui va le plus en outre-mer. J’y retourne encore prochainement. Je vous rappelle qu’on va créer à Cayenne un musée de l’histoire et de la civilisation guyanaise ; on agrandit le musée de Fort-de-France et on est prêt à faire la même chose en Guadeloupe au musée Saint-John Perse. L’idée de la mémoire nationale commence par les musées…

Nous parlions d’artistes vivants…

Les vivants, je les pratique de manière régulière. L’année des Outre-mer, la création de l’agence des Outre-mer sont des signes forts. Mais le principal travail est un travail pédagogique. On ne peut pas obliger les gens à faire les choses. En revanche, on peut leur monter que ça vaut la peine de le faire. La coercition, non. Donner des signes et des gages, ça c’est possible.

Quelle est pour vous  la plus belle phrase d’Aimé Césaire ?

« Jadis on nous vola nos noms. D’estampilles humiliantes on oblitéra nos noms de vérité. Sentez-vous la douleur d’un homme de ne savoir pas de quel nom il s’appelle. Par quoi son nom l’appelle. » J’ai découvert en lisant sa biographie que Toussaint Louverture ne s’appelait pas Toussaint Louverture au départ. C’est toujours ce problème du nom. Tout commence par le nom et quel plus beau nom d’ailleurs que Aimé Césaire.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 06:52

 

Le Carnaval tropical de Paris n’ira pas sur les Champs-Elysées

La préfecture de police de Paris refuse de laisser passer le défilé du Carnaval tropical de Paris sur les Champs-Elysées. Parce que c’est l’année des Outre-mer français, la ville de Paris, la mairie du 8e arrondissement et la fédération du carnaval tropical de Paris (une quarantaine d’associations) souhaitaient que le défile carnavalesque, au début du mois de juillet, emprunte la plus belle avenue du monde. Malheureusement, Michel Gaudin, préfet de police a fait valoir son refus pour des raisons de sécurité. « Je ne comprends pas pourquoi cette parade d’une demi-journée, qui serait par ailleurs autorisée dans un autre arrondissement, serait dangereuse sur les Champs-Elysées », a écrit George Pau-Langevin, députée de Paris. Elle a écrit au préfet de police pour s’en plaindre : « Ce refus ressemble à un préjugé extrêmement regrettable vis-à-vis des Ultramarins qui ne sont pas plus dangereux que les cyclistes lors de l’arrivée du tour ou les badauds lorsque les Champs-Elysées sont transformés en champs de céréales… » Elle conclut en priant le préfet de bien vouloir réexaminer la demande de la Fédération du carnaval tropical de Paris. Il est vrai que le marathon de Paris qui part des Champs-Elysées est un bien moins joli spectacle et qu’il laisse des tonnes de bouteilles vides sur le pavé ! Le Conseil de Paris doit renouveler son voeu au préfet de police, en sa présence, lors de la séance plénière du Conseil ce mardi 29 mars, à 17 h 30. C'est firmine Richard qui doit le formuler.

FXG (agence de presse GHM)

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 06:17

Tjenbé red remet son rapport sur les discriminations subies par les homosexuels ultramarins

Remise-du-rapport-LGBT.jpg

A la veille de laisser son fauteuil de délégué interministériel à Claudy Siar, Patrick Karam a reçu David Auerbach Chiffrin, le président de l’association de soutien aux personnes lesbiennes, gaies, bi et transsexuels ultramarines, Tjenbé red, et deux membres de son association, Gwladys Pallas et Fabrice Blanc. Ces derniers ont remis au délégué le rapport qui leur avait été commandé en novembre 2007 « sur les discriminations particulières dont sont victimes certaines personnes originaires des outre-mer vivant en France hexagonale du fait de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre ». Le rapport est intitulé : « Parmi nous, pas ailleurs. » Homosexuel et Ultramarin assumé, et encore « séro-concerné », David Auerbach Chiffrin confie qu’il a eu beaucoup de difficulté, car explique-t-il, « ces trois champs (Ultramarin, homosexuel et séro-concerné) ne veulent pas entendre parler l’un de l’autre  en raison des rapports difficiles liés à l’identité. Le rapport ne fait parler aucun témoin car le simple fait de parler, même à visage caché, crée un sentiment de terreur panique chez les gens qu’accompagne Tjenbé red. Par ailleurs, David Auerbach Chiffrin signale que si les actes homosexuels existent, beaucoup de ces pratiquants ne se reconnaissent pas homosexuels. Gwladis Pallas qui anime beaucoup de soirées caribéennes à Paris confirme cet état de comportement. « On voit des pères de familles, des maris ou des bad boys qui se proclament hétérosexuels et qui, pourtant, apprécient d’avoir des relations avec des hommes pourvu qu’on n’en parle pas. Ce qui n’empêche pas le sida de courir… » Dans ce contexte, le rapport ne veut pas aller contre les codes antillo-guyanais, « an ba fey », ni avec, mais malgré eux. Il note d’ailleurs que depuis trois ans, les propos homophobes ont été plutôt à la baisse. En revanche, les données relatives à l’infection au VIH reste plus forte chez les Ultramarins. En 2008, on comptait 19 contaminations au VIH pour 100 000 habitants en Martinique et en Guadeloupe. En 2001, le chiffre reste le même en Martinique mais progresse à 42 en Guadeloupe. Quant à la Guyane, le taux de contaminés augmente de 1 % chaque année.

Des chiffres du VIH alarmant

Le rapport souligne la difficulté d’agir en matière de prévention ciblée car aucune étude chiffrée n’existe sur les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes chez les Ultramarins. Pourtant, à l’issue des états généraux de l’Outre-mer, Patrick Karam et Richard Samuel avait obtenu au forceps un projet d’étude par l’INSEE. Une décision actée lors du conseil interministériel de l’Outre-mer en novembre 2009. Le rapport préconise une série de mesures destinées à faire bouger les mentalités : une campagne de communication dans les médias communautaires destinée à valoriser les parents qui engagent un dialogue avec leurs enfants, une ligne téléphonique d’écoute et un programme d’accompagnement pour les familles ultramarines qui s’interrogent sur ce thème, avec un volet d’information et un autre de médiation et d’accompagnement des situations d’urgence. Bien sûr, le rapport recommande que soit faite l’étude INSEE promise par le président de la République, mais aussi qu’il favorise des actions en milieu scolaire en partenariat avec les syndicats d’enseignants, les associations de parents d’élèves, celles ultramarines et celles LGBT. Sur la prévention du sida, le rapport estime que l’Etat pourrait favoriser la bonne prise en compte des populations ultramarines LGBT dans l’Hexagone tout comme des états généraux des personnes vivant avec le VIH parmi les Ultramarins de l’Hexagone. Mais il s’agirait aussi de prendre en compte les liens entre les outre-mer et les populations ultramarines de l’Hexagone à travers un rapport symétrique à celui remis par Tjenbé red. Enfin, le rapport préconise la présence de représentants de l’Etat qui sont en charge de l’Outre-mer ou des Français d’outre-mer lors de défilés tels que la marche des fiertés homosexuelles pour afficher leur soutien aux associations LGBT ultramarine et participer ainsi à faire évoluer les mentalités.

FXG (agence de presse GHM)

 


Un rapport pour Claudy Siar

A l’issue de la présentation du rapport, Patrick Karam a estimé que « des choses simples étaient possibles en matière de politique publique ». Prenant conscience que ce que le rapport pointe peut avoir des « effets meurtriers, il a rappelé l’engagement du président de la République pour une étude scientifique, rappelé sa présence deux années de suite à la Gay pride car, a-t-il dit : « Je suis un défenseur de l’égalité des droits. Sur la souffrance humaine, il faut apporter des réponses claires. » Après avoir indiqué qu’il était pour le mariage homosexuel et pour l’adoption d’enfants par des couples homosexuels, il a demandé à son secrétariat de préparer une lettre de sensibilisation au ministre de la Santé, Xavier Bertrand, et un autre exemplaire du rapport à l’attention de Claudy Siar.

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 18:23

 

Un défilé parisien pour commémorer Mé 67

0-Me-1967-Gwada-187.jpgL’association culturelle Choukaj organise le 7 mai prochain à 18 h 30, à Paris, un mas intitulé Kaki kas, en commémoration des massacres des 26, 27 et 28 mai 1967 à Pointe à Pitre, suite à un mouvement social des ouvriers du bâtiment, et dont le nombre de victimes exactes reste encore un mystère aujourd’hui. Ceux qui défileront seront vêtus d’une tenue de couleur kaki et de casques coloniaux, « pour rappeler la tenue vestimentaire des autorités coloniales de l'époque qui ont tiré dans la foule », selon Choukaj (alors qu’en fait, les gendarmes mobiles qui ont fait feu portaient des képis à liseré rouge ou bien des casques plats de type anglais). Les défilants porteront aussi le tambour guadeloupéen, « pour rappeler la musique des nègres marrons ». Le défilé partira de la fontaine du Parc de la Villette à Paris à 18 h 30, le 7 mai.

www.choukaj.com

 

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 06:49

GTS.jpgITW Gaston Tong Sang, président jusqu’à jeudi de la Polynésie française.

Parti la veille du dépôt de la motion de défiance, Gaston Tong Sang a annoncé qu’il quitterait Paris ce dimanche. C'est jeudi que les représentants de l'assemblée de Polynésie vont tenter de placer Oscar Temaru à la tête du pays

 Vous avez écrit à l’agence de notation qui vous a fait passer de la note BBB- à la note BB+ pour qu’elle revienne sur sa décision. N’est-ce pas un peu naïf ?

J’ai simplement contesté la notation. Quand on note un pays uniquement au vu de sa situation politique et non pas au vu des résultats financiers auxquels j’ai fait arriver la Polynésie avec un redressement très net de la situation financière à la fin 2010, c’est quand même dommage qu’on passe à côté de ce résultat dans les analyses de l’agence de notation. J’ai accepté la notation 2010 avec une perspective négative et j’ai voulu uniquement rectifier la perspective qui est bonne et stable. J’ai un budget 2011 en exécution malgré les difficultés de son adoption et qui est totalement conforme aux préconisations du rapport Bolliet. Que faire de plus ? J’en suis à me poser la question sachant que c’est une collectivité d’Etat de la République, donc jamais la Polynésie ne sera abandonnée par l’Etat au niveau des finances. On ne sera pas en banqueroute ! La Polynésie française ne sera jamais en faillite et l’Etat sera toujours présent. Donc je ne vois pas pourquoi on nous met dans la catégorie des pays spéculatifs.

L’Etat sera toujours présent mais l’opposition qui veut vous renverser demande la réinscription de la Polynésie française dans la liste de l’ONU des pays à décoloniser…

Je ne sais pas si ça va redresser la note de la Polynésie pour autant. En tout cas, ce n’est pas le souci des Polynésiens. Je ne pense pas que cette inscription aide à redresser les finances publiques, donne du travail aux chômeurs. Je n’y crois pas du tout et je trouve même qu’Oscar Temaru est très en recul par rapport à sa politique d’indépendance. Pour moi, la question de cette inscription est révolue. Il faut poser la question très clairement aux Polynésiens :Voulez-vous l’indépendance ou pas ? A partir de cette question là, on pourra effectivement construire une Polynésie sur des bases beaucoup plus solides…

Comment poser cette question ?

Pourquoi pas un référendum ? Encore faut-il qu’Oscar explique très clairement aux Polynésiens son projet d’indépendance. Est-ce un SMIC à 15 000 ou 20 000 Cfp ? Il n’y a plus de protection sociale généralisée, plus de retraites garanties, plus de soins garantis dans les hôpitaux… Il suffit de voir autour de nous, les pays du Pacifique indépendants.

Avez-vous l’intention de démissionner avant d’être renversé ?

Pas question. Je me battrai jusqu’au bout.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 11:58

Le monde selon Galap

Il y a quelque temps, nous apprenions le décès de Julie Lynn Lirus Galap. a la suite de cette annonce, Gérard Théobald, documentariste engagé, nous a adressé les propos qui suivent.

identite-antillaise.jpg" C’est avec une grande tristesse que j’ai appris le décès de Julie Lynn Lirus Galap. L’année 2010 et le début de l’année 2011 sont dramatiques pour l’outre-mer. En effet, depuis le décès de Césaire, l’outre-mer n’a cessé d’être en deuil, perdant soit des intellectuels soit des artistes. Il y avait des points communs à ces disparus. Ils étaient d’une France éloignée par la distance, ils étaient de petits pays insulaires devenant territoires européens. Ils étaient de pays à esclaves, ils étaient des personnes ayant une mémoire de l’esclavage, de l’exploitation, de la colonisation, des travaux forcés et ils étaient tous pour le traitement à l’égalité [l’égalité de traitement ?], la fraternité et le progrès. Le dernier point commun de ces personnes est qu’elles étaient noires par la couleur de leur épiderme, brillantes et humanistes par leur implication. Julie Lynn Lirus Galap faisait partie de ces personnes et elle fut sans doute la plus discrète et la plus méconnue.

De la Martinique à Paris

Née dans les quartiers pauvres de Fort-de-France, elle fut remarquée très tôt par un professeur qui fut fasciné tant par la vivacité de son esprit que par l’élégance de sa personne. Cet homme la soutiendra jusqu’à l’Université. Arrivée à Paris, elle entreprit des études d’histoire qu’elle abandonna pour l’anthropologie et la psychologie. Ce choix a été déterminé par le fait que dans les années 1960-70, les populations de l’outre-mer souffraient de difficultés politiques et sociales. Par ce choix, elle souhaitait rendre hommage aux fondateurs de la négritude, caribéens pour leur majorité, se sentant très proche de la négritude de Césaire. C’est un temps oublié de tous où bon nombre de femmes suivaient l’exemple de cette avocate guadeloupéenne qui fut la première femme inscrite au barreau de Guadeloupe en 1939 et qui, adhérente au Parti Communiste français, fut la première femme élue à l’Assemblée Nationale : Gertie Marie Bernadette Archimède. C’est le temps des premières gloires de Maryse Condé, c’est le temps où les femmes de l’outre-mer se sont saisies de la complexité de l’être au regard tant de leur féminité que de leur négritude.

Directrice de cabinet de Louis Le Pensec

Durant sa vie, Julie Lynn Lirus Galap n’a cessé de marcher dans les pas que d’autres avaient tracés [ouverts]. Directrice de l’ANT, elle n’a eu de cesse de privilégier le traitement à l’égalité [l’égalité de traitement ?], mettant en place des modules d’insertion et de formation, ainsi que des modules de retour pour les personnes en grande difficulté mentale et morale dont l’éloignement familial ou territorial menaçait la santé. Cette approche administrative de traitement de la personne par la psychologie et l’anthropologie, prenant en considération les blessures de l’être conséquentes aux méfaits de l’esclavage, les douleurs de l’être conséquentes au regard de la société esclavagiste, fut une première innovante en Europe qui aboutira à la création (avec son mari Jean Galap) du centre d’étude des dysfonctionnements chez les Antillo-guyanais et les réunionnais à qui ce centre apportait un soutien actif et une aide morale. Si la population des outre-mer a rarement manifesté de haine à l’égard des membres signifiés ou assimilés à la société esclavagiste, on ne peut que remercier des personnes telles que Julie. D’ailleurs, la politique comme le pouvoir ne se sont pas trompés lorsqu’elle a été expressément demandée comme directrice de cabinet par Louis le Pensec, ministre des Départements et Territoires d’Outre-mer du second gouvernement de Michel Rocard puis chargée de mission sous le gouvernement d’Edith Cresson. Ce qui encore une fois fut une première concernant le monde féminin de l’outre-mer.

L’après-ministériel

Jacques Chirac élu à la défaveur de Lionel Jospin, Julie Lynn Lirus Galap prend du recul sur la politique, revient vers le centre et l’enseignement. Au regard de son parcours, on pourrait imaginer qu’il lui aurait été facile de monter la première chaire en France sur l’histoire des personnes noires. Ce nouveau combat fut pour elle sans doute le plus difficile. Son étonnement fut de constater la fermeture de l’Université sur ce à quoi elle croyait et qui avait structuré son parcours. Après maintes embûches et négociations, cette chaire vit le jour, avec une anomalie puisque Julie Lynn Lirus Galap ne pouvait encadrer de thèses, ce qu’elle a finalement obtenu à force de persévérance. Ce combat elle le gagna, il y a 10 ans. Elle le gagna pour Aimé Césaire, pour Edouard Glissant, pour Maryse Condé qui n’ont jamais eu cette possibilité d’enseigner dans l’Hexagone à l’Université, d’établir des chaires et d’encadrer des thèses.

Les estompes de l'histoire

Les dernières années de sa vie furent pour elle d’une grande solitude, la maladie ne lui permettant pas de se déplacer et parfois même de recevoir, mettant en défaut sa coquetterie et son élégance. Elle laisse derrière elle une action inestimable, méconnue et dont seuls les acteurs de l’époque et ses amis ont mémoire. Cependant ce travail est réel et perdure à ce jour. Néanmoins il est nécessaire de s’interroger tant sur la portée de cette implication que sur le progrès qu’elle engage. En effet, il ne fut pas une personne de l’outre-mer, petite ou grande gens, impliquée dans cette époque post-coloniale qui ne fut pas sensible aux idées de progrès, de lutte contre le racisme et les discriminations, de traitement à l’égalité [d’égalité de traitement ?] et de continuité territoriale. La différence avec notre époque est que ces personnes furent impliquées dans des domaines pour lesquels elles étaient qualifiées, fortes de leurs choix, de leur mémoire, de leur mentor et de la devise « liberté, égalité, fraternité ». La liberté, elles l’eurent, l’égalité, elles la conquirent, et la fraternité, elles la posèrent, avec succès malgré les difficultés, le mépris et l’humiliation. A ce jour, ce qui est intéressant à observer est l’effacement de cette histoire ainsi que sa méconnaissance par l’ensemble de nos contemporains. C’est fâcheux, outrageant et à nouveau méprisant. Cet effacement et cette méconnaissance tendent à montrer, voire à démontrer que les gens de l’outre-mer seraient restés dans une histoire d’antan. Et là, il est nécessaire de remettre au clair des constats si ce n’est des vérités. 1848, seconde abolition de l’esclavage. 2011, il existe dans l’outre-mer des Fanon, des Césaire, des Glissant, des Camille Mortenol, des Gertie Archimède, des Lucette Michaux-Chevry, des Marie-Luce Penchard, des Patrick Saint-Eloi, des Roger Bambuck, des Edith Lefel, des Christiane Taubira et bien d’autres …

En conclusion, nous n’avons pas à inventer l’histoire. Fut un temps où l’histoire a été carnivore, devenant républicaine et devenue République. Et ces personnes furent ouvrières et mécaniciennes de cette République. Je ne m’attends pas à de grandes funérailles, mais il m’intéresse de savoir qui de l’Université lui rendra hommage, qui de la politique lui rendra hommage et qui de l’Etat lui rendra hommage. "

Gérard Théobald

 

 

 

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 11:33

Joby Valente revient en scène

JOBY.jpgCela faisait  vingt ans que la diva de la Martinique n’avait pas sorti un album ; on la pensait partie…. On va la retrouver sur les planches du théâtre, sur les écrans de télévision…… Hé oui, Joby là, Joby Valente est là, la chanteuse est de retour… En 2010, elle a reçu le trophée de la SACEM et le Caribbean music awards pour son œuvre musicale, et aujourd’hui, Joby Valente revient avec quatre titres qui annoncent un album, Respcté famm la. Cet hymme  à la femme est une mise en avant de toutes ces mères, ces épouses, ces sœurs, une valorisation de ces êtres qui maintiennent la société, la famille debout face aux échecs de ces hommes pétris de pouvoir et négligents face à leurs créatrices, c’est l‘histoire d‘Achille Ta Là, et c’est aussi le titre Invocation.

J’aime les bourgeois qui m’aiment, j’emmerde les bourgeois qui m’aiment pas.” C’est encore de la plume de Joby Valente, la poetesse, la militante, profondément et passionnamment  nègresse !

GT

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 19:11

Mike Fédée et Viktor Lazlo dans Rue Saint-Denis

6-6389.jpgC’est une libre adaptation de le tragédie grecque, Œdipe Roi, que propose Alain Foix, auteur et metteur en scène. Oreste Moulineaux (Jean-Claude Drouot), un vieux monsieur de la rue Saint-Denis, est amoureux de Marilyn (Viktor Lazlo), belle prostituée créole dont il observe depuis sa fenêtre, tout en haut sous les toits, les affres de la vie quotidienne, drogue, torture morale et douloureux souvenirs de l’outre mer.

Un événement va provoquer la tragédie. Victime d’un malaise Marylin est secourue par Joseph (Mike Fédée) un jeune étudiant guadeloupéen… L’histoire aurait pu en rester là, mais Oreste jouant les entremetteurs entre Marylin et Joseph, va provoquer la catharsis et la tragédie va se dérouler sous nos yeux.

8-6361.jpgLa mise en scène, tout en espaces, les deux cotés de la rue, le lointain et la face, donne toute sa symbolique à la mise en scène : Nord Sud, métropole et périphérie. Le texte se développe sous la forme de monologues individuels qui se croisent et donnent chaque singularité des caractères. Le texte d’Alain Foix prend alors toute sa force dans la bouche des comédiens au jeu sobre. On a beaucoup de plaisir à entendre la voix de jean-Claude Drouot en Oreste Moulineaux. Drouot s'investit complètement dans le rôle. La dramaturgie mêlée aux musiques de Patrick Marcland, interprétées par Joonatan Rautiola, vient donner des respirations très justes au texte.

5_6348.jpgLa mise en scène dérealiste et le décor de toile peinte en noir et blanc évoquant la perspective de la rue Saint-Denis servent avec justesse le texte et permettent de nous projeter dans une réalité actuelle. Des trouvailles astucieuses comme le rôle de Modeste Nzapassara, conteur merveilleux qui permet de commenter sous forme de métaphores  les actions passées ou à venir. Le role de Josette interprêté par Cathy Bodet prostituée au langage coloré permet lui aussi d'astucieuses ellipses. Le couple Joseph-Marylin, Mike Fedee et Viktor Laszlo, est tout à fait crédible et rend la tragédie encore plus forte.2-6298.jpg

Un texte et une mise en scène sans lourdeur ni redondance permettent à cette représentation d’une tragédie contemporaine de nous toucher au plus profond de notre âme, ce qui de nos jours est tout de même rare.

RDG

"Rue Saint Denis" au Théâtre de l'Épée de Bois du 24 Mars au 17 Avril

1_6245.jpgViktor Lazlo en Marylin4-6308.jpgJean-Claude Drouot en Oreste Moulineaux7-6358.jpgMike Fédée et Jean-Claude Drouot9_6311.jpgModeste Nzapassara et le saxo Joonatan Rautiolan

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