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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 18:50

Karam demande le débaptême de la rue de l’Olive à Paris

Patrick KARAM demande au maire de Paris de débaptiser la rue de l’Olive dans le 18e arrondissement car elle fait référence au gouverneur Charles Liénard de l’Olive, celui qui a ordonné l’extermination des indiens Caraïbes.

Alors qu’on attend pour mercredi prochain, la nomination de son successeur, Patrick Karam, délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer, a saisi le maire de Paris, Bertrand Delanoë, pour lui proposer de débaptiser la rue de l’Olive dans le 18e arrondissement qui fait référence à un Gouverneur, Charles Liénard de l’Olive qui, en 1635, accosta d’abord en Martinique, puis en Guadeloupe, et commencera une guerre d’extermination acharnée contre les indiens Caraïbes jusqu’en 1639 et qui se solda par l’éradication presque complète des indigènes. La rue de l’Olive est réputée pour son marché autour duquel se trouvent les rues de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Louisiane. Elles avaient été baptisée de ces noms-là en 1935 à l’occasion du tricentenaire de la colonisation des Antilles françaises.

En cette année 2011 consacrée à l’outre-mer, Patrick Karam propose que cette rue porte, par exemple, le nom d'Edouard Glissant, célèbre écrivain martiniquais, décédé très récemment, grande figure de la littérature française et dont le nom ne peut faire que l'unanimité dans la communauté ultramarine.

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 18:38

Punk is not Dead !!!

Le Théâtre de la Bastille nous propose jusqu'à demain « Please kill me », un spectacle de Mathieu Bauer et Sentimental Bourreau librement adapté du livre éponyme de Legs McNeil et Gilian McCain.

Joeyramone.jpgLe metteur en scène fait exister sur scène grâce à des anecdotes de la musique et du jeu d’acteur cette période des années 1970 qui a vu naître le Punk Rock. Trois musiciens, un acteur chanteur Matthias Girbig, et une performeuse Kate Strong, tout deux remarquables. On pourrait parier sur un ratage tant le sujet paraît mince et les pièges nombreux. L’ouverture se fait en musique par des acteurs chanteurs figés contre un mur sur lequel est projeté en grand la date 1970. Ils sont dans une étrange position qui est en fait la pose des Ramones sur la pochette de leur premier album, Ramones. Entre des anecdotes qui vont du sordide au comique, se racontent les grand moments hallucinants du CBGB a New York et la naissance de groupes aussi lumineux et passagers que des météorites tel que les New York Dolls les Heartbreakers, Iggy Pop and the Stooges les Ramones. De l’énergie, des décibels, des personnages déjantés comme Johnny Thunder, Richard Hell, Iggy Pop, Ron et Scott Aschton vont crier sans aucun pathos leur soif de s’approprier le présent et de vivre une vie à la limite de l’extrême. Iggy_-_The_Stooges.jpgTout ce que ce mouvement a produit est rejoué sur scène, le chaos, l’attitude, l’autodérision, l’invention d’un langage contemporain, les codes esthétiques, les mœurs sexuels débridés. Tout à coup, ce qui nous paraissait anecdote prend une ampleur et une acuité inattendue et si derrière ces sales gamins déjantés il y avait un cri artistique, une œuvre en train de naître, une volonté d’exister pour ne pas mourir (d’ennui), une réaction saine et poétique au conservatisme ambiant. On s’interroge à la sortie de ce très bon spectacle : où est passé cette énergie, cette rage ? Et s’ils avaient été les derniers comme des vigies en train de se noyer dans la tempête, à vouloir nous prévenir de ce qui nous attendait ? No Future !

RDG


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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 11:36

Le Bottin gourmand intègre les bonnes tables de l’outre-mer sur son site Internet

Bidonot.jpgChristian Bidonot (photo) du guide Top Outre-mer a été chargé de sélectionner des restaurants, des chefs  et des produits du terroir, pour que l’outre-mer prenne sa place dans le Bottin Gourmand. Sa sélection s’appuie sur celle de Top Outre-mer 2011-2012, à paraitre fin avril 2011. Les restaurants cités sur le site du  Bottin gourmand bénéficient de la géolocalisation de leur établissement.

En Guadeloupe, le Bottin gourmand a retenu 4 établissements : Le Caprice des îles à Baillif, La belle Chaudière à Lamentin, le Kalinago Carbet à Capesterre-Belle-Eau et l’Iguane café à  Saint-François. A Marie-Galante, c’est La Charrette de Grand-Bourg qui a été retenu pour le Bottin gourmand tout comme les Petits Saints à Terre-de-Haut ou La Providence, chez Nounoune à la Désirade

A Saint-Barthélemy, ce sont la Route des boucaniers à Gustavia et Le Gaïac à l’anse Toiny, et à Saint-Martin, le Ti Provençal à Grand-Case et le Bridge à Sandy Ground.

En Martinique, Bidonot a séléctionné pour le Bottin gourmand Le Babaorum à Fort-de-France, le Bélem au François, Brédas à Saint-Josep, le Colibri parfumé au Morne des Esses à Sainte-Marie, les deux établissements de Sainte-Luce, Côté Sud et La joie de vivre, chez Alico, mais encore Le petibonum au Carbet et le Zandoli aux Trois Îlets

En Guyane, le Bottin Gourmand a retenu  à Cayenne la Kaz  Kréol, la Villa et le Paris Cayenne, et à Saint-Laurent, le Tipic Kréol

A la Réunion 7 restaurants sont sélectionnés : L’Ambroisie à Saint-Joseph, la Ferme auberge de Mme Annibal à Bras-Panon, la ferme auberge,n la Cayenne à Sainte-Rose, la ferme auberge L’Ecorce blanc au Tévélave les Avirons, la Marmite à l’Hermitage Les Bains à Saint-Paul , le Ti coq à Saint-Gilles les Bains, Saint-Paul, et Utopia à Saint-Pierre

A Mayotte, les Baobabs à Chirongui et le Faré à Dzaoudzi ont été sélectionnés tout comme l’Ongi Etorri à Saint-Pierre et Miquelon.

En Polynésie, le guide a retenu Le Coco’s et le Vaitohi à Punaauia, le Rudy’s et la Villa des sens à Mooréa, la Villa Mahana, la Bounty et le Bloody Mary’s à Bora Bora, et l’auberge Hitikau Ua Huka aux Marquises

En Nouvelle-Calédonie, les élus sont le restaurant Kougny et le Kou a Naré à l’île des Pins, la Néra à Bourail, l’Auberge historique de Moindou, Chez Mamie Fogliani à Farino, La petite ferme à la Foa, La Chaumière à Nouméa, Le Tapoundari à Poindimié, le Fénépaza à Lifou.

Agence de presse GHM

 

 

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 10:37

Aimé Césaire sur France TV, le 6 avril

Visuel-RP.jpgMercredi 6 avril, à l’occasion de la cérémonie au Panthéon, France Télévisions rend hommage à Aimé Césaire, grand poète et homme politique martiniquais. Son entrée au Panthéon sera symbolisée par la pose d’une plaque par le président de la République, Nicolas Sarkozy, et retransmise en direct sur France 2 et sur les chaînes du réseau Outre-mer 1ère.

Les chaînes du  groupe, France 2, France 3, France 5 et tout particulièrement France Ô, Outre-mer 1ère et Radio Ô, proposent aux téléspectateurs et aux auditeurs, tout au long de la journée, des programmes exceptionnels.

Des documentaires inédits, des magazines, des émissions salueront l’œuvre et le combat d’Aimé Césaire sans oublier les Journaux de France 2, de France 3 et de France Ô qui consacreront une partie de leurs éditions à cet hommage de la Nation.

 

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 07:41

Copé edécouvre l'islam réunionnais

Cope-Badat-Mollan-Amode.jpgSamia Badat avait rendez-vous avec Jean-François Copé et les principaux responsables de la communauté musulmane de La Réunion, mercredi matin à Paris. Abdoullah Mollan, président du CRCM et président de la mosquée de Saint-Denis et Houssen Amode, président de l'AMR (association des musulmans de La Réunion ) et vice-président du CRCM sont venus, à la demande du secrétaire général de l'UMP, lui expliquer les raisons du succès de l'Islam réunionnais. « C'est une rencontre que j'ai voulu absolument organiser afin de montrer un visage positif de l'Islam mais aussi du vivre ensemble réunionnais », a indiqué Samia Badat à l’issue de la rencontre qu’elle a jugée « fructueuse, notamment sur la question du financement des lieux de culte ». Jean-François Copé a remercié l’encore chef de cabinet de Patrick Karam et nouvelle secrétaire nationale chargée des nouveaux engagements solidaires, d'avoir organisé ce rendez-vous et a demandé à MM. Mollan et Amode de venir au débat du 5 avril pour expliquer pourquoi ça marchait si bien à la Réunion. Jean-François Copé avait déjà rencontré la communauté musulmane hexagonale, lundi matin, et c’est à la demande insistante de Samia Badat qu'il a rencontré aussi ceux de la Réunion.

Agence de presse GHM

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 07:32

 

Contrôles au faciès et négritude

Les contrôles au faciès ne sont pas nouveaux en France mais le concert de soutien à Eric Zemmour après sa condamnation pour incitation à la haine raciale, en février dernier, leur a donné une acuité nouvelle. Dans ce dossier nous relatons deux affaires de contrôles de police discriminant, mais aussi une affaire montrant qu’au sein même d’une institution policière, des fonctionnaires peuvent faire l’objet d’injures raciales de la part d’un supérieur sans que le parquet ne prenne la peine d’actionner des poursuites.

controle-policier--fxg-.jpgQuand le chroniqueur Eric Zemmour dit à la télé : « Mais pourquoi on est contrôlé 17 fois ? Parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c’est comme ça, c’est un fait », le tribunal correctionnel de Paris estime qu’il « justifie directement et clairement les contrôles, aussi arbitraires que systématiques, envers certaines catégories de population » et l’a condamné

Citoyens français contre lesquels on ne peut prétexter un critère d’extranéité, les Antillais sont des cibles privilégiées des contrôles de police. « Nos enquêtes, explique René Lévy, chercheur au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales(CESDIP) du CNRS, co-auteur avec Fabien Lévy d’un rapport publié en 2009, Police et minorités visibles ; les contrôles d’identité à Paris, n’ont pas permis d’établir de statistiques sur les Antillais, Guyanais ou Réunionnais parce qu’on ne peut les distinguer des autres Noirs… » En région parisienne, leur étude a permis de comparer les probabilités respectives de contrôle des différents groupes humains. « Par rapport aux Blancs, les Noirs sont invariablement contrôlés dans des proportions plus élevées. »

La France au 4e rang européen pour les contrôles des Arabes et au 6e pour les Noirs

Controle-CRS-a-la-Rochelle--fxg-.jpgUne autre étude a toutefois permis d’établir qu’en matière de contrôles, toutes minorités confondues, la France est classée 4e dans l’Union européenne, derrière l’Italie, la Slovaquie et la Grèce. Selon l’étude publiée en mai 2010 par l’agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, et réalisée à l’échelle de l’Europe, quand 42 % des Maghrébins et 38 % des Noirs sont contrôlés, seuls 22 % de ceux issus de la population majoritaire le sont. La France se place ainsi au 4e rang pour les contrôles de Maghrébins et au 6e rang pour le contrôle des Noirs. Sur la fréquence des contrôles, un Maghrébin sera contrôlé 3,2 fois, un Noir, 3 fois, et un ressortissant majoritaire, 2,2 fois. « Pour autant, ajoute René Lévy, tout le monde n’attribue pas systématiquement ces contrôles à du profilage. » Le climat général joue aussi. « Dans d’autres circonstances, comme l’arrivée au ministère de l’Intérieur de Charles Pasqua en 1986, le fait qu’il ait pu annoncer qu’il couvrirait les bavures a conduit à une augmentation des dérapages. A son retour place Beauvau, en 1993, Charles Pasqua avait changé d’attitude et les bavures ont été moins nombreuses. « Les policiers se sentent autorisés s’ils se sentent couverts », conclut René Lévy. Controle-police-chateau-rouge.jpgJusqu’au dernier remaniement ministériel, les policiers étaient dirigés par un ministre de l’intérieur condamné pour injure raciale. Même s’il a fait appel de ce jugement et qu’il n’est plus ministre, cela a pu participer à un relâchement de la déontologie policière… « Quand ils ne sont pas racistes, poursuit René Lévy, ce sont des professionnels confrontés à des gens durs et ils ont tendance à généraliser à partir de leur expérience même si leur expérience est biaisée, un peu comme si un médecin voyait tous les gens malades… » Pour justifier du comportement de ses troupes, la préfecture de Paris, a toujours recours à une explication standard et non spécifique à la France. Ainsi, à la sortie du rapport Jobard et Lévy, la chargée de communication de la préfecture de Paris expliquait : « La police contrôle ceux dont on sait par expérience qu’ils sont plus disposés que d’autres d’être des fauteurs de troubles. » Voilà les Français noirs avertis !

FXG (agence de presse GHM)

Photo 1 : contrôle de Noirs à Paris 18

Photo 2 : contrôle de d'un Maghrébin à La Rochelle

Photo 3 : La police rue Ramey à Paris 18

 


Les mesures des contrôles au faciès

Ala station de métro Châtelet, la probabilité de contrôle des Noirs est 11,5 fois plus grande que celle des Blancs ; au métro Gare du Nord, elle l’est de 6,7 fois ; sur la place de la Fontaine aux Innocents et au RER de la  gare du Nord, elle l’est respectivement de 3,9 et 3,3 fois. Globalement, ils ont six fois plus de risques d’être contrôlés que les Blancs. Cette donnée établit clairement que les Noirs font l’objet d’un contrôle au faciès. Les Arabes sont également davantage contrôlés que les Blancs : dans l’ensemble, leur probabilité de contrôle est 7,8 fois plus forte que pour ces derniers.

 


Un policier martiniquais victime de la police à Creil

G.S., quinquagénaire originaire du François en Martinique, se rendait à son travail à Paris, le 21 janvier 2009 vers 10 heures. Arrivé sur la place de la gare de Creil, son attention est attirée par un contrôle de police. Il observe un moment et constate que les fonctionnaires contrôlent exclusivement des personnes noires ou maghrébines. G.S. pénètre alors dans l’enceinte de la gare. Aussitôt, les policiers lui demandent de justifier son identité. Il sort son portefeuille mais demande dans le même temps les raisons de ce contrôle. « Réquisition du procureur ». G.S. leur fait part de son étonnement au vu des contrôles au faciès systématisés. « Vous n’exécutez pas vraiment ce que demande le procureur », ose-t-il. Ils répondent : « Critères d’extranéité » « Mais comment pouvez-vous deviner si je suis ou non un étranger… » Les fonctionnaires de police coupent court et empoignent le Martiniquais, l’entraînent une centaine de mètres plus loin sur le quai, le plaquent contre un mur et le menottent dans le dos, provoquant une blessure au poignet. Un des fonctionnaires lui arrache son portefeuille, l’ouvre et constate que G.S. est fonctionnaire de police. Les policiers lui demandent pourquoi il n’a pas fait état de sa profession auparavant, lui ôtent les menottes, lui rendent son portefeuille et lui demandent de présenter sa pièce d’identité. Avant de partir, précipitamment pour ne pas rater son train, un agent de la SNCF, témoin des faits, lui indique qu’il est prêt à témoigner. G.S. qui devait participer le jour même au dispositif de sécurité d’un déplacement de Nicolas Sarkozy, arrive finalement à son travail avec vingt minutes de retard… Le 26 janvier suivant, G.S. alerte officiellement sa hiérarchie. Le 20 février, il dépose plainte devant l’inspection générale des services (IGS). Le 3 mars, il écrit au procureur de la République de Senlis pour connaître les suites de sa plainte. Le 13, il relance sa hiérarchie dans le même but. En novembre 2010, l’agent de la SNCF confirme par écrit son témoignage qu’il a produit devant l’IGS. En mars 2011, G.S. dépose finalement une plainte avec constitution de partie civile… Car ni le parquet, ni l’IGS n’ont jugé utile de donner une suite judiciaire à ces événements.

FXG

 


Matthieu Anatole attaque en justice le policier étrangleur

La mésaventure de Matthieu Anatole a été relatée dans le Canard enchaîné du 2 mars sous le titre évocateur : « Stupeur et étranglement ». Cet article relate dans le détail comment, sans raison sérieuse, Matthieu Anatole, un Martiniquais de 19 ans, a fait l’objet de violences policières gratuites (étranglement, tacle, chute sur la tête et humiliations) et de 18 heures de garde à vue le 15 novembre 2010… En février, le procureur de Pontoise a écrit à Matthieu pour lui signifier qu’il classe sans suite la procédure du commissariat de Cergy dressée contre lui pour « outrage à personne dépositaire de l’autorité publique et rébellion ». « Les faits qui vous sont imputés me paraissent insuffisamment établis », écrit le procureur adjoint qui ajoute qu’il a saisi le bureau de la discipline de la direction départementale de la Sécurité publique du Val d’Oise, « afin qu’il soit enquêté sur la régularité de votre interpellation et du déroulement de la garde à vue »… Toujours est-il que la plainte déposée par Matthieu Anatole auprès de la gendarmerie ne semble pas avoir justifié pour le parquet la nécessité d’actionner la justice. Alors, comme pour l’affaire du policier Georges Sully, Matthieu Anatole a dû faire un nouveau dépôt de plainte avec constitution de partie civile. C’est-à-dire que dans l’espoir que justice lui soit rendue, il a dû consigner une somme d’argent pour que le doyen des juges d’instruction soit saisi de son affaire…

FXG

 


Les CRS traités de « Bananias » demandent 20 000 € à l’Etat

Ursulet-et-ses-clients-CRS.jpgLe 21 mars, la 1re chambre du tribunal de grande instance de Paris a examiné l’affaire opposant trois CRS d’origine guadeloupéenne à l’Etat pour déni de justice. Les trois plaignants demandent que l’Etat soit condamné à les indemniser à hauteur de 20 000 € chacun en raison d’un préjudice subi à l’occasion d’un dysfonctionnement du service public de la justice. A l’origine de cette affaire, il y a les propos à caractère raciste tenus par le commandant adjoint de leur unité, le capitaine François Spina. C’était le 22 juin 2009, au foyer de leur cantonnement lors d’une mission en Corse. Vers 8 h 30, en les voyant assis en train de petit-déjeuner, l’officier leur lance : « Ca va les Bananias ? » De retour sur le Continent, les trois CRS déposent plainte devant la gendarmerie, le 5 août 2009, pour « injures non publiques en raison de l’origine, de l’ethnie, de la nation, de la race ou de la religion ». Le 14 décembre, ils sont reçus, à leur demande, par le procureur de la République de Meaux. Alors que le capitaine Spina a fait l’objet d’une sanction de sa hiérarchie, un avertissement, le procureur leur apprend que leur plainte n’a pas été traitée et se retrouve donc, de fait, prescrite… Une information qu’il leur confirme le lendemain par écrit et par laquelle, il leur « renouvelle [ses] excuses ». C’est dans ces conditions que les trois CRS guadeloupéens ont assigné l’Etat pour déni de justice. Lors de l’audience de la 1re chambre du tribunal de Paris, le ministère public a reconnu en l’inaction du procureur de Meaux « une déficience caractérisée traduisant l’inaptitude du service public de la justice à remplir une mission dont il est investi », mais il a contesté le bienfondé du montant des réparations : « Les demandeurs ne sont fondés qu’à se plaindre d’une perte de chance d’obtenir réparation du préjudice moral résultant de l’infraction dénoncée (…) Le préjudice apparaît particulièrement hypothétique dans la mesure où le parquet n’était pas tenu d’exercer des poursuites (…) En matière de contravention de 4e classe, la pratique habituelle des parquets consiste à ne pas agir d’office mais à laisser aux parties le soin de poursuivre par voie de citation directe. » Au final, a résumé Me Alex Ursulet, pour la défense, on constate que la puissance publique aura préféré que l’Etat réponde d’un déni de justice plutôt que d’envoyer un de ses officiers de police répondre de ses propos à caractère raciste prononcés contre des agents de l’autorité publique… Les trois CRS ont demandé 20 000 €. Une somme injustifiée et exorbitante selon l’avocat de l’agent judiciaire du Trésor. Le tribunal rendra sa décision le 2 mai.

FXG

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 07:31

Interview d’Alex Ursulet, avocat au barreau de Paris

« J’ai mal à la France »

Alex-Ursulet.jpgVous avez pris en charge la défense de Matthieu Anatole dont Le Canard enchaîné a relaté le très contestable contrôle d’identité suivi d’un tabassage en règle par la police. Pourquoi avez-vous décidé de le défendre ?

Les détails que donne ce jeune garçon dans son procès verbal d’audition sont tellement criants de vérité que nul ne peut douter un instant de la réalité des sévices qu’il a subis. J’ai immédiatement saisi le parquet de Pontoise qui vient de décider de classer sans suite la procédure d’outrage et de rébellion initiée par les policiers. Le procureur indique également avoir décidé l’ouverture d’une enquête sur le comportement de ces policiers. Nous avons donc décidé de nous constituer partie civile et de déposer plainte contre ces fonctionnaires de police.

Les contrôles de police ciblés sur les Noirs et les Arabes ne sont pas nouveaux, mais là, vous venez aussi de prendre en charge la défense d’un policier noir victime d’autres fonctionnaires de police. Est-ce un cran de plus qui est franchi ?

A l’intérieur même de l’institution policière, les victimes, policiers eux-mêmes, n’hésitent plus à s’affranchir de leur peur, de leur honte et sortent de l’omerta pour dénoncer des comportements racistes de ceux qui sont pourtant leurs collègues. Les autorités compétentes devraient imposer dans la formation du policier un enseignement d’histoire et de géographie, mais aussi une initiation aux droits civiques, car c’est souvent l’ignorance qui est à l’origine du préjugé. Je préconise également un examen psychiatrique à l’admission et une évaluation psychologique à la sortie de l’école de police. Etre policier est un métier dangereux où l’on a le droit de porter une arme et de tirer ; le policier est censée protéger et rassurer et non pas effrayer et blesser dans tous les sens du terme.

Vous-même avez été victime d’un contrôle musclé que vous avez relaté dans le livre Pourquoi me tutoyez-vous ? Comment expliquez-vous ce phénomène des contrôles au faciès ?

Il y a des mots qui blessent l’âme et rien ne justifie l’aspect discriminatoire de certaines déclarations d’un autre âge qui transpirent la moisissure, que l’on soit ministre ou journaliste en vue. Bien sur que dans notre communauté, il n’y a pas que des anges, mais il faut arrêter de stigmatiser la communauté noire à travers ceux qui ont failli. Mais qu’il soit policier, CRS, sportif de haut niveau, médecin, journaliste, musicien ou avocat, l’homme

 


« On peut s’attendre à des réactions de désespoir qui donneront de la France une image désastreuse »

 


noir est encore vécu par beaucoup comme une menace, stigmatisé dans une appartenance à une catégorie dangereuse voire délinquante, porteuse d’une dangerosité fantasmée et rien, me semble t-il, ne le met aujourd’hui à l’abri de tels préjugés. Ce qui anime la communauté noire française aujourd’hui est un sentiment d’injustice, d’impuissance, d’inégalité, une réalité d’exclusion, de souffrance, de discrimination. Abandonnée à elle-même, elle a perdu confiance en elle-même et surtout elle est en train de perdre confiance en la République… Ca l’amène à cultiver un complexe d’infériorité dans sa relation à l’autre.

La police est-elle raciste ou pensez-vous, comme le sous-entend Eric Zemmour, condamné pour cela, qu’elle s’adapte aux statistiques ?

On ne naît pas policier, on le devient. On ne naît pas raciste, on le devient. Briser ce cheminement relève de la responsabilité de l’autorité publique qui doit mettre en place toutes les mesures appropriées pour en finir avec ces discriminations préjudiciables à tous.

Qu’attendez-vous du gouvernement ou de la délégation interministérielle à l’égalité des chances des Français d’Outre Mer ? 

Nous attendons du président de la République un signe fort. Je suis inquiet. J’ai mal à la France… Je sais que le seuil de tolérance a été dépassé. Si rien n’est entrepris urgemment pour mettre un terme au sentiment d’insécurité, d’injustice et d’exclusion qui touche la communauté noire française, on peut raisonnablement s’attendre à des réactions de désespoir, qui pour légitimes qu’elles soient, donneront de la France une image désastreuse.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

 

 

   

 

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 07:25

Dédé Saint-Prix et Avan van 26 ans après !a-van-van-toujou-la-photo-A--Jocksan.jpg

Le pédagogue de la musique de Martinique et son ancien groupe Avan van étaient réunis pour un concert unique à l’occasion du festival Banlieues Bleues, samedi dernier à Villepinte. Cela faisait  exactement 26 ans que ce groupe n’avait pas évolué sur une scène parisienne. Après deux prestations au pays, il est de retour.

Sainte-Rose-a-l--accordeon-photo-A--Jocksan.jpgL’ancien instituteur Dédé Saint-Prix, animé par la passion de transmettre, a dirigé en première partie, le groupe Perkalibi - plusieurs jeunes collégiens du 93 - pour une heure  de musique et de danse.  Par une méthode simple et colorée, ils ont présenté leur spectacle et participé à la fête. Intégré dans les actions musicales mises en place par l’institution, le pétulant chanteur est le maitre d’ateliers de plus de 160 élèves (des collèges Jean-Jaurès de Villepinte, Robert-Doisneau de Clichy-sous-bois, Pierre-Sémard de Bobigny) et des percussionnistes du canal 93 de Bobigny. Ils se sont regroupés sous le magnifique nom de Perkalibi.  Avec Marlène Myrtil, Naïma Boukhanef, les chorégraphes, et Vincent Lasalle, percussionniste, ils forment un ensemble où la percussion est un alibi. Leur  spectacle est un mélange de danses, de chants et de percussions.  Ils ont offert un spectacle chaleureux et émouvant aux yeux des parents qui ont pris d’assaut la salle du concert.

DD--la-Sosso-photo-A-Jocksan.jpgLe clou de la soirée fut la retrouvaille de Dédé avec son ancien groupe, Avan van, reconstitué après 26 ans d’absence pour un concert unique. Le public est venu assister à la résurrection et a partagé la nostalgie des succès d’antan. Tel que « Piblisité », « Sikine Sikine » ou « Ganstè mélé ». Dans le respect de la tradition et en parfait puriste infatigable, Dédé joue avec ses flûtes en bambou, soa conque de lambi ou  son tambour pour réveiller les esprits et créer un dialogue avec le public. Après de longues années d’hibernation, le groupe Avan van a refait le printemps… La-ritounelle-belle--photo-A--jocksan.jpgA la basse, Philippe Burdy et Max Belloni, au chacha Pierre-Michel Sainte-Rose… Edgard Lareney, Patrick Gaumont et Michael Angelo aux tambours, et au tibwa Joby Léger. La présence de la Sosso  (Sonia Marc) avec ses  pas de danses, c’est tout Avan van qui tourbillonne sur la scène, revigorant les spectateurs. Le groupe Avan van et Dédé Saint-Prix font partie du patrimoine musical de la Martinique. A tel point qu’Yvette Galot, la présidente de la commission culture et patrimoine à la Région,  et Etienne Jean-Baptiste ont fait le déplacement.

Alfred  Jocksan (agence de presse GHM)

 


Ils ont dit

 

Nelly Roland Iriberry, maire de Villepinte

« Depuis que je suis maire de la ville, avec le conseil municipal nous avons une volonté de remettre Banlieues Bleues dans notre saison culturelle. Il est important pour nous de vivre d’autres rythmes avec des artistes venus d’autre pays.  Aujourd’hui, dans cette ambiance d’atelier, un artiste pour les enfants c’est important. Eux aussi, ils ont droit au beau, à la culture et d’être habitués à se concentrer sur une démarche, sur une dynamique.  Je pense que pour Dédé, cela n’a pas été simple dans les collèges, il a fallu un peu s’accrocher. Mais, les enfants se sont prêtés au jeu. Ils sont devenus ce soir les artistes de Villepinte avec un grand maitre connu et reconnu. C’et une volonté de faire entrer la musique et la culture au collège et sensibiliser les enfants à cette démarche ». DD-St--Prix-et-les-enfants-de-la-Seine-St-Denis-en-concert-.jpg

 


Sonia Marc dit la Sosso : « Un plaisir. L’art est quelque chose qui nous dépasse qui ne dépend pas seulement de nous.  J’ai toujours continué à travailler. J’ai ma compagnie de danse. Mais être à Paris, c’est merveilleux. Paris, c’est le cœur. Nous avons passé des moments merveilleux ici. J’ai appris le métier de la scène. Même si on va au Québec ou ailleurs dans le monde, mais quant  on vient ici, c’est autre chose. J’étais heureuse sur la scène, comme  à la maison. Vraiment contente ! »La--Sosso-heureuse-de-retrouver-la-scene-parisienne-photo-A.jpg

 

 


 

Trois questions à Dédé Saint-Prix

DD-ST-PRIX--photo-A--Jocksan.jpg"des enfants qui ont l’âge de notre musique"

Cela fait plus de  26 ans que le groupe Avan van  n’a pas joué ici. Quels sont vos impressions ?

Il y a une reconnaissance par delà les mers. Il n’y a pas d’océan qui nous sépare.  Ils sont venus pour un concert et ils repartent. C’est très rare. Nous avons pu le faire grâce à Banlieues Bleues et le comité martiniquais du tourisme qui nous a aidé et le public qui nous a donné la main. Vous avez constaté le travail que j’ai fait avec les élèves ? Je trouve que c’est une bonne chose de montrer, à partir de rien du tout, un simple manche à balai et une baguette de batterie, l’émotion qu’on a pu dégager avec les 160 élèves. Il y en aura d’autres, comme à Bobigny  le 26. 

Ce soir comment étiez-vous,  en compagnie d’Avan Van ?

26 ans après, c’est le bonheur. Surtout une reconnaissance et montrer qu’on est toujours là. Moi, j’ai fait une carrière solo à coté d’Avan van. Le répertoire existe et les gens sont contents de nous retrouver. Ce sont des souvenirs. Il y a des enfants qui ont l’âge de notre musique. Le groupe a été recréé pour le festival de Fort-de-France et nous avons joué au CERMAC, le 20 juillet 2010. Il y a eu l’engouement du public. Maintenant nous sommes au service des organisateurs de spectacle.

DD-St-Prix--s-offre-au-public-photo-A--Jocksan.jpgVous êtes cité comme le pédagogue musicien. Comment tout cela se passe entre vous et l’organisation de Banlieues Bleues ?

Il y a plusieurs années que je travaille avec Banlieues Bleues. Ils  reconnaissent les talents et qui aiment beaucoup les pédagogues. Alors, comme je fais partie des pédagogues musiciens, je tombe bien dans le créneau. Ma musique se transmet. Il y a des jeunes que je lance et j’ai des ateliers un peu partout dans le monde, Belgique, Equateur, Colombie. Mes élèves d’Angoulême m’appellent toujours. J’ai vraiment mon âme là-bas. Pour faire les choses avec le plaisir, c’est important.

Propos recueillis par Alfred  JocksanAvan-van-les-musiciens-photo-A--Jocksan.jpg

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 07:18

 

Transformation du statut des ports des DOM : négociations en coursDelegation-CCI-DOM-devant-ministere-transport.jpg

Les principaux dirigeants des chambres de commerce et d’industrie de la Martinique, la Réunion, la Guyane, et le président du port autonome de la Guadeloupe reçus successivement par Marie-Luce Penchard et son collègue en charge des Transports, Thierry Mariani, lundi et mardi à Paris, ont unanimement demandé le report d’un an de la réforme portuaire. Sa mise en place est prévue pour le 1er janvier 2012, et doit se traduire en Martinique, à la Réunion et en Guyane où les concessions portuaires sont gérées par les CCI, par la création d’un établissement public d’Etat. Lepelletier.jpg« Nous avons discuté particulièrement de calendrier avec les ministres, a déclaré Jean-Paul Lepelletier, président de la CCI de la Guyane. Notre problème, c’est que nous avons pour interlocuteur un inspecteur général chargé de la mise en place de la réforme et dans sa feuille de mission, il est indiqué qu’il doit mettre en œuvre la réforme au 1er janvier 2012. L’inspecteur nous disant qu’il tenait ses ordres des ministres, nous sommes allés voir les ministres... » Le gouvernement préfère, selon un familier de cette réforme, que ce soit fait avant les présidentielles et pas après… « La question, a indiqué l’inspecteur  général Jean-Claude Le Clech, est (il hésite) à l’examen… Les seules discussions qui restent sont la date exacte de mise en œuvre et les compensations financières du retrait des concessions. » Si la Guyane et la Martinique sont au bout de leurs concessions (elles s’achèvent fin 2011), celle de la Réunion court jusqu’en 2018 et ça pose la question des compensations financières. Ibrahim-Patel.jpg« La compensation, selon Ibrahim Patel, président de la CCI de la Réunion, c’est 1,2 millions d’euros par an pendant six ans, ça fait quand même 7,2 millions d’euros. Est-ce que l’Etat va être réaliste dans le financement de la compensation ? » Comme ses collègues des Antilles et de la Guyane, il sait que pour le port de La Rochelle, la compensation objective due n’a pas été du même montant malgré le consensus. « C’est notre inquiétude. J’ai posé la question au ministre Mariani, j’ai posé la question à l’inspecteur Le Clech qui a fait un grand sourire… Aujourd’hui, on discute avec Mariani, mais l’arbitrage financier, c’est Bercy. » Ibrahim Patel sait que rien n’est acquis… « Nous avons précisément les mêmes soucis concernant les problèmes de contribution interservices, dit Manuel Baudouin, c’est-à-dire de vente de prestations de services par la CCI au port. Tous, nous avons des CCI qui ont été calibrées en fonction d’un service rendu aux plateformes, on ne peut imaginer que, du jour au lendemain, ces services soient arrêtés et les facturations aussi. » Le transfert du port de la tutelle de la CCI à celle du nouvel établissement signifie pour la Réunion le redéploiement de plus de 300 personnes selon M. Patel.

Des préfigurateurs nommés avant le 30 juin

Gil-Themine.jpg« En Martinique, 80 personnes travaillent déjà sur la plateforme et, par ailleurs, il y a des gens des services centraux qui fournissent des produits et des activités au port. Là, la ligne de départage n’est pas facile à faire parce que ce ne sont pas des temps pleins et c’est là-dessus qu’il faut qu’on arrive à trouver des accords avec les tutelles et les intéressés. » Le gouvernement pourrait accéder à cette demande de report, tout en maintenant le calendrier parlementaire qui prévoit un vote de la loi avant fin 2011. « Je crois, avance Gil Themine du port autonome de la Guadeloupe, que Thierry Mariani en a accepté le principe puisque aujourd’hui aucun préfigurateur n’a été nommé et qu’il serait difficile de tenir ce calendrier, et que les mesures de compensation n’ont pas encore été analysées. » De nouveaux rendez-vous au ministère des Transports et à Bercy sont prévus le mois prochain et une mission est attendue à Fort-de-France pour préfigurer les conditions financières de transfert et commencer à entrer dans les détails. Selon notre source, les préfigurateurs chargés d’organiser les transferts et la mise en place les établissements publics d’Etat, seraient nommés avant le 30 juin prochain.

FXG (agence de presse GHM)

 


Les enjeux liés à la gouvernance des nouvelles structures portuaires

 

Baudouin.jpg« Nous militons avec nos collègues pour que la CCI garde son rôle de référent en matière de gestion portuaire et garde toute son importance notamment au niveau de la présidence du conseil de surveillance. » Cette confidence de Jean-Paul Lepelletier de la CCI de Cayenne montre que les tractations vont bon train pour déterminer la composition des futurs organes de direction des futurs établissements portuaires. « La préfiguration du futur établissement n’est pas encore faite mais on sait déjà que tous les ministères reconnaissent la place essentielle que les CCI devront avoir au conseil de surveillance », insiste Manuel Baudouin (photo). Les CCI se sont battues et ont obtenu que leurs représentants au conseil de surveillance (17 en tout) passent de trois à quatre aux côtés de quatre personnalités qualifiées nommées par l’Etat, de représentant des collectivités territoriales et de représentants de l’Etat sur place. Le port de la Guadeloupe n’est concerné que par cet aspect de la gouvernance puisqu’il est déjà port autonome. Quant à l’idée de créer, comme il en existe pour les ports de Bordeaux, La Rochelle et Nantes ou ceux de Paris, Rouen et Le Havre, un comité de coordination, une structure légère en charge de gérer les complémentarités et la concurrence des trois ports des Antilles et de la Guyane, l’inspecteur général Le Clech a indiqué : « Ce n’est pas prévu dans le projet de loi, mais c’est toujours en discussion, à l’étude… »

FXG

 


Le mirage de la 3e écluse du canal de Panama

 

lets-assume-it-is-a-database-small.jpgSelon Manuel Baudouin, président de la CCI de la Martinique, la place de Fort-de-France est en lice pour bénéficier des flux qui proviendront de l’ouverture d’une 3e écluse sur le canal de Panama en 2014. A ce titre, elle a un projet très important qui est l’extension du port de la Pointe des Grives. « Ce port a pris un certain retard administratif pour des raisons tiers et il est temps de rattraper ce retard partiellement imputable à l’Etat. » « Il est temps », dit-il, car il sait que la Guadeloupe a bénéficié, lundi, d’un courrier de Marie-Luce Penchard qui permet l’ouverture d’une enquête publique. « La Martinique, malheureusement n’en est pas là alors que ses qualités nautiques sont unanimement reconnues, y compris par le premier opérateur, la CMA-CGM qui considère que nous avons un port naturel en eaux profondes avec un chenal particulièrement adapté. » Il voudrait donc pouvoir investir rapidement, avec la quote-part de l’Etat, les 60 millions nécessaires pour créer un nouveau poste à quai et agrandir les terre-pleins pour le stockage des conteneurs. La Guadeloupe, elle, s’est positionnée dans un projet pharaonique. Lors de son passage au port de Jarry, il y a un mois, Rodolphe Saadé de la CMA-CGM s’est fait présenté par Laurent Martens, le directeur du port autonome, un projet de 600 millions d’euros en deux phases avec approfondissement et agrandissement du port. La Guadeloupe, comme la Martinique, regardent avec envie l’ouverture prochaine de cette 3e écluse et l’arrivée de la flotte des super cargos capables de transporter 12 ou 14 000 boîtes. « Panama et les notions de hub et de transbordements sont des mots magiques, estime un expert proche de CMA-CGM. Seule la géographie, le prix des transbordements et la fiabilité sociale déterminent un hub ! » Selon cet expert, la Guadeloupe comme la Martinique ne sont pas en mesure de devenir des hubs internationaux. « Des hubs régionaux oui, ils le sont déjà avec leurs capacité d’accueillir des navires transportant 2 000 boites et 5 000 d’ici cinq ans, mais c’est Kingston en Jamaïque, qui est sur la route de la côte Est des Etats-Unis, qui demeure le port d’éclatement. » Pourtant, Marie-Luce Penchard a autorisé l’enquête publique et Victorin Lurel soutient à fond ce projet. « Le port autonome conclut un proche du patron de CMA-CGM, fait fantasmer les Guadeloupéens, mais la visite de Rodolphe Saadé a fait l’effet d’une douche froide ! » Car le patron de la CMA-CGM, s’il louche du côté du port de Kingston (que Maersk veut lâcher), semble intéresser pour apporter sa part de développement à Haïti, en créant là-bas ce fameux hub d’éclatement au débouché du canal de Panama…

FXG

Photo tirée gu site blog.gralike.com


L’aéroport de Guadeloupe Pôle Caraïbes aussi… 

Alain-Bievre.jpgLa concession aéroportuaire de la CCI de Guadeloupe court jusqu’au 31 décembre 2015 et après, c’en sera fini du rôle de la CCI dans sa gestion. Alain Bièvre, directeur général de l’aéroport de Guadeloupe (photo), était aussi présent chez Thierry Mariani. « Les aéroports d’outre-mer observent ce qui se passe actuellement dans le processus d’ouverture du capital des sociétés aéroportuaires de l’Etat aux sociétés aéroportuaires privées. Les aéroports des DOM ne souhaitent pas que leurs plateformes s’inscrivent dans ce même scénario parce qu’il est clair que l’Etat ne peut pas se désengager complètement des ces plateformes aéroportuaires d’outre-mer qui ont une stratégie bien plus forte que les plateformes régionales métropolitaines. A la Réunion comme aux Antilles Guyane, l’aéroport est un point d’entrée obligatoire et on ne peut pas laisser ces aéroports gérés uniquement dans le cadre d’intérêts privés. C’est ce message que nous sommes venus porter au ministre pour que la spécificité des aéroports d’outre-mer qui a été débattue dans la loi instituant les sociétés aéroportuaires se traduise dans les faits. Il y a des textes qui permettent qu’il y ait effectivement un capital qui reste majoritairement public bien au-delà de 2015. Pour l’instant nous n’avons que des engagements verbaux qui sont réitérés comme ça a été le cas lors des débats précédant l’adoption de la loi. Je crois que là, il faut qu’il y ait des textes qui évitent qu’on se trouve dans le scénario qui se déroule actuellement sur les plateformes de Lyon, Toulouse et Bordeaux avec une mise de capital sur le marché au plus offrant.

FXG

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 06:43

18 skippers à armes égales dans la transatlantique Bénodet Fort-de-France

Avant de se tester lors du prologue qui aura lieu le 2 avril dans la baie de l’Odet dans le sud-Finistère, les skippers de la transatlantique en solitaire Figaro-Beneteau ont été présentés à Paris, à la Maison de la Radio.skippers-et-officiels.jpg

En choisissant d’inscrire la course transatlantique en solitaire en Figaro au calendrier du championnat de France, Henri Gravelot, président de la classe Figaro Beneteau, et Jean-Pierre Champion, président de la fédération française de voile, ont permis de donner tout son éclat au plateau de skippers qui va batailler pour toucher le premier Fort-de-France. Gildas Morvan, tenant du titre de la dernière transat en 2009, « veut faire aussi bien ». Thomas-Rouxel.jpgThomas Rouxel (photo 1) veut « faire mieux qu’en 2007 » ; il était second. Eric Peron veut être à la barre du « premier Figaro de l’histoire à arriver en Martinique ». Anthony marchand vise le top 5. Jeanne grégoire, la seule femme, comptera les points à l’arrivée : « Faudra faire avec tous ces messieurs… » Jean-Maurel.jpgD’après Jean Maurel (photo 2), le directeur de course, les premiers sont attendus après 20 jours. L’idéal étant qu’ils arrivent le 29 avril, pour le week-end ! Romain Attanasio, pour sa première transat en solitaire a prévu des tomates pour… 21 jours. Eric Baray, seul skipper martiniquais de cette flotte de 18 Figaros, n’était pas là. Il est retenu pour son stage de survie. Ven dan Vwel, son bateau est en mer, entre Marseille et Bénodet… Il se prépare avec Marc Eming qui lui loue son bateau, et son conseil météo, Luc Poupon. Lors de la présentation des étalons (la montée des skippers sur le podium), Alfaso-Attanasio-Granel.jpgClaude Granel de l’association Ven dan vwel 972 n’a pas hésité une seconde pour remplacer Eric Baray sur scène et défendre le projet martiniquais. Eliane Chalono, adjointe au maire de Fort-de-France a souhaité « des courants très particuliers à Ven dan Vwel. Puis, la marraine de la course, la Martiniquaise Jacqueline Tabarly a lancé en direction des skippers : « Salut les enfants ! » Puis, à la cantonade : «  Je voudrais bien que Jeanne soit la gagnante pourvu qu’Erwan mon neveu soit le premier ! Et aussi et surtout devant le géant vert ! » Le prologue aura lieu le 2 avril à Bénodet. Sur le quai de Pen Foul, un village de la course sera érigé, jusqu’au départ, le dimanche 10 avril à 14 heures GMT.

FXG (agence de presse GHM)


La course

Le prologue du 2 avril sera le même parcours côtier que le jour du départ. 8 à 10 milles, 1h30 de course sur un parcours triangulaire, puis cap vers la Martinique. Un parcours libre, sans marques de passage. Compter dix nœuds de moyenne pour une option route sud ou prévoir de remonter jusqu’aux Açores si on prend l’option route nord… 20 jours, 22 jours si les vents sont faibles. Les skippers sont priés instamment d’arriver le week-end pour assurer un vrai accueil populaire ! Le contournement de la Martinique se fera par le sud car c’est là que sont concentrés la majorité des plaisanciers et que c’est aussi le passage obligé pour le Diamant que les skippers laisseront à bâbord. Puis, il y aura un parcours chronométré depuis le Diamant ou les Trois-Îlets jusqu’à Fort-de-France. Enfin, il y aura un run de 3 milles dans la rade de Fort-de-France pour une arrivée devant la Pointe Simon où sera érigé le village de la course. Le PC course sera à l’hôtel Carayou.


Le premier exploit de Ven dan vwel

Claude-Granel.jpgIls ont démarré avec zéro € le 10 février, et le 5 mars, leur budget était bouclé ! 125 000 €, 10 sponsors et un CMT qui a joué les facilitateurs avec les entreprises privées. Absent, car retenu pour faire son stage obligatoire de survie avant de prendre le départ de la soitaire, Eric Baray a quitté Fort-de-France pour gagner Marseille le 6 mars. Dans la cité phocéenne l’attendait Marc Eming qui lui loue son Figaro et le coache avant le départ. Le bateau connaît quasiment la route puisqu’à son bord Emig a fait 5e de la transat BPE 2007. Eric n’est pas un manche à la barre non plus puisqu’il skippe au sein de l’association Ven dan vwel 972 un Sunfast et un Jod. Leur palmarès en équipage (avec l’autre skipper André Cochanski) est enviable : 1er de la Triskell 2010 en Guadeloupe, 5e de la Heineken Regatta à Sint-Maartin. Pour cette course qui rentre à la maison, il compte finir classé. « On serait content s’il était dans les dix premiers », ose son camarade et associé dans le projet, Claude Granel (photo). Réaliste, il sait que le temps de prépration est court. « Il n’a en main le bateau que depuis deux semaines… Et il est novice sur Figaro. Au programme de cette dernière ligne droite avant départ, une semaine de préparation à distance à Bénodet avec Marc Emig et Luc Poupon, son conseiller météo. Cet ancien pro de l’AG2R sera basé à Antigua pendant la course pour l’aider à choisir la meilleure stratégie de navigation.


Ils ont dit

Henri-Gravelot-pdt-class-figaro.jpgHenri Gravelot, président de la classe Figaro-Beneteau

Michel Malinovski, 2e de la première Route du Rhum, décédé aujourd’hui, ne jurait que par la Guadeloupe. Je lui suggérais de s’intéresser aussi à la Martinique… En vain. Il y a une semaine, j’ai rencontré son épouse qui revenait de la Martinique. Elle m’a dit : « tu avais raison, c’est merveilleux et j’y retournerai ! »


Karine Roy-Camille, présidente du CMTKarine-Roy-Camille-Pierre-Bojic.jpg

C’est un événement nautique majeur qui va prolonger la saison touristique et c’est un pont que nous jetons entre la Bretagne et la Martinique.La Martinique souffre d’une image détériorée, nous devons changer la donne et revenir au premier rang des destinations préférées des Français.

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