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31 janvier 2019 4 31 /01 /janvier /2019 06:02
GIP mission de la mémoire de l'esclavage, des traites et de leurs abolitions

Les débuts difficiles de la fondation pour la mémoire de l'esclavage

Alors que le conseil d'Etat devait examiner la demande de reconnaissance d'utilité publique de la future fondation pour la mémoire de l'esclavage fin décembre, la frilosité des mécènes et les tensions entre administrateurs met le projet en danger.

Jean-Marc Ayrault, président du groupement d'intérêt public (GIP) pour la fondation de la mémoire de l'esclavage, parviendra-t-il à réunir les fonds nécessaires, 2 millions de capital et 3 à 4 millions pour un fonctionnement sur cinq ans, et décrocher ainsi le feu vert du conseil d'Etat. Seuls 1,2 millions d'euros auraient été réunis pour l'instant et le dossier qui devait être présenté avant fin décembre devant le conseil d'État pour obtenir la "reconnaissance d'utilité publique", a dû être reporté en février. Mais lors de son déplacement à la Réunion en décembre, Jean-Marc Ayrault ne disait plus qu'avoir "l'espoir que tout soit installé d'ici le mois de juin"... Un calendrier confirmé par le ministère des Outre-mer. Soit tout juste dans les clous du planning présidentiel puisque c'est en avril 2018 au Panthéon qu'Emmanuel Macron a repris l'idée que François Hollande avait proposée en 2016 et relancée en 2017. A la mi-décembre, l'équipe administrative du GIP indiquait avoir contacté une soixantaine d'entreprises dont un tiers aurait déjà dit non, telles Air Caraïbes ou Pernod-Ricard. Et si Air France, Total, La Poste et la CDC ont dit ok, le compte n'y est pas. Quand au groupe Bernard Hayot, il était question d'un don de 400 000 euros, mais ce n'est pas encore fait... Jean-Marc Ayrault, lit-on dans Le Point, "multiplie les prises de contact pour mobiliser les bonnes volontés. Mais si les choses ne se cristallisent pas dans les temps, la fondation aura peu de chances de survivre", s'inquiète un permanent qui ajoute : "La suppression de l'ISF a, paradoxalement, porté un coup au mécénat associatif, car les grandes fortunes ne sont plus encouragées à faire des dons pour récupérer un abattement fiscal."

"Puydufouïsation de la mémoire"

Pourtant, côté société civile, l'enthousiasme est réel. Le dernier week-end de novembre, à la Maison de la chimie à Paris, plusieurs centaines de personnes ont rejoint Jean-Marc Ayrault, Christiane Taubira, mais également les administrateurs du GIP, Olivier Laouchez, Doudou Diène, Françoise Vergès, Leïla Sy, Lionel Zinsou... Il s'agissait des "ateliers de la Fondation pour la mémoire de la traite, de l'esclavage et de ses abolitions" pour mobiliser les forces vives impliquées au niveau de l'action mémorielle et explorer les enjeux, les objectifs et les moyens attendus, et encore réfléchir aux statuts. Mais aucun mécène n'était là. Le PDG du groupe Trace, le Martiniquais Olivier Laouchez, qui vit entre la France et l’Afrique du Sud, estime que "les accusations de communautarisme" ne sont pas forcément étrangère à la frilosité des mécènes.

Dans un article de Libération, l'ancien rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines de racisme, Doudou Diène, déclarait redouter "l'Etat profond" qui a conduit "une politique  du silence et de l'occultation". A cela, il ajoute une opposition des historiens qui voudraient réhabiliter les "bienfaits de la colonisation". Il s'agit donc pour le Sénégalais de "combattre la puydufouisation de la mémoire", à savoir celle de la France comme "une communauté strictement blanche, catholique et réactionnaire". Il n'en a pas fallu davantage pour que réagisse vivement la présidente de la Route des Abolitions, dans l'Est de la France, Marie-Claire Faivre, et s'en émeuve auprès de l'Elysée et de Matignon : "A travers ces déclarations, écrit-elle, la Fondation se positionnerait donc désormais et très clairement comme une organisation militante, partisane et politisée qui s'aligne sur le langage d'un noyau dur de militants décoloniaux et identitaires et qui n'hésite pas à cibler la droite, l'Etat et  les hauts fonctionnaires ou les Blancs, catholiques et réactionnaires." Ambiance... Face aux administrateurs "politiques", les entrepreneurs de mémoire veulent privilégier aux "approches idéologiques et agressives trop militantes", les projets concrets et opérationnels qui privilégient "les volets républicains, le développement du tourisme mémoriel, et non plus les seules visions tournées vers le passé et vues comme de la repentance."

FXG, à Paris

L'autre fondation qui marche

Serge Romana, ex-président du CM98 et désormais président de la Fondation Esclavage et Réconciliation qui a su attirer l'intérêt et les fonds des descendants des esclavagistes martiniquais entre autres, observe que ceux qui ont joué un rôle fondamental dans l'histoire de la mémoire de l'esclavage, à savoir les descendants d'esclaves eux-mêmes, ne sont pas, dans le GIP, au coeur du dispositif... Le directeur général est l'ancien préfet Henri Jean. A ses côté, l'ex-plume de François Hollande, Pierre-Yves Bocquet, administrateur, ou encore Florence Pizzorni du ministère de la Culture comme directrice adjointe... Mais il préfère ne pas attiser les braises, car l'essentiel pour lui qui aurait eu toute légitimité à présider ce GIP, est que l'Etat ait donné suite au projet du CM98 du mur des noms au jardin des Tuileries. Quant à la fondation qu'il préside, Esclavage et Réconciliation, Serge Romana ne voit aucun obstacle à ce qu'elle soit habilitée par la future fondation nationale puisque son objet est tourné vers les patrimoines matériels et immatériels liés à l'histoire de l'esclavage en Guadeloupe et en Martinique. Pourvu que Jean-Marc Ayrault parvienne à la porter sur les fonts baptismaux.

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31 janvier 2019 4 31 /01 /janvier /2019 06:00
Concours Voix d'Outre-mer

Une Guyanaise lauréate du prix Voix des Outre-mer

Les résultats de la grande finale nationale du concours Voix des Outre-mer organisée le 28 janvier à la salle Cortot à Paris 17ème ont été proclamés.

Le prix Voix des Outre-mer a été décerné à la soprano guyanaise Marie-Laure Garnier, 28 ans ; le prix Jeune talent Voix des Outre-mer à la soprano martiniquaise Livia Louis-Joseph-Dogue, 15 ans ; le 1er coup de coeur du jury au contre-ténor martiniquais Andréas Perez-Ursulet, 16 ans et par ailleurs lauréat du concours Prodiges de France 2, et enfin le 2ème coup de coeur du jury à la contre-ténor martiniquaise Alix Petris, 22 ans.

Les autres finalistes du concours Voix des Outre-mer, à savoir les Guadeloupéens Jokthan Cambium, 18 ans, contre-ténor et Fabrice Cetout, 41 ans, ténor, la Réunionnaise Clara Bellon, 29 ans, soprano, et la Martiniquaise Julie Vizy, 28 ans, soprano sont repartis avec un diplôme de finaliste.

Ce concours, placé sous le haut-patronage du ministère des Outre-mer, le parrainage du ministère de la Culture et de la Délégation interministérielle pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer, est financé par la Fondation Orange, la Région Île-de-France, le ministère des Outre-mer, le Comité Martiniquais du Tourisme, la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH) et la Collectivité Territoriale de Martinique. Il a été motivé, pour son organisateur, Fabrice di Falco, en raison de l'absence de conservatoire de musique dans les Outre-mer.

A la suite du concours, un concert de gala Voix des Outre-mer était donné au Bal Blomet à Paris 15ème, en présence d'Annick Girardin, ministre des Outre-mer.

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30 janvier 2019 3 30 /01 /janvier /2019 07:56
4e Salon de la gastronomie des Outre-mer

Babette de Rozières, la cheffe de cuisine médiatique, prépare le 4e salon de la gastronomie des Outre-mer qui se tiendra les 1er, 2 et 3 février prochains à la porte de Versailles. Interview.

"130 exposants vont nous faire voyager dans l'assiette"

Quelle est la nouveauté de cette 4e édition ?

Le pays invité, cette année, c'est la Louisiane et le thème, ce sont les épices ! On est à la fois dans le créole et les couleurs chaudes parce que le salon sera décoré aux couleurs des épices. Il s'agira de bien montrer que la cuisine ne se fait pas toute seule, mais qu'il faut maîtriser la culture des épices pour pouvoir l'assaisonner ! En dehors de ça, la nouveauté, ce sera l'espace marmaille. J'ai remarqué que les enfants s'ennuyaient avec leurs parents et que les parents avaient besoin d'être un petit peu libres pour visiter ce salon. Les enfants pourront donc rester dans l'espace marmaille où ils seront habillés en petits chefs et où ils pourront faire leurs petits gâteaux avec un chef qui a l'habitude de travailler avec les enfants.

Pourquoi la Louisiane ?

La Louisiane est un pays d'accueil où je ne me suis pas sentie dépaysée parce que c'est créole ! Tu manges créole, tu parles créole ! La France a laissé sa marque ! IL y a plein d'endroits avec des noms français à la Nouvelle-Orléans, Lafayette, Bâton Rouge... La France a vraiment marqué la Louisiane et c'est pour ça que je me suis dit qu'après les 200 ans de la Lousiane l'an passé, elle serait le pays invité !

Avec la Louisiane et les épices, vous insistez sur l'alliance cuisine et culture...

Ca va ensemble ! La cuisine, c'est note culture... Nous allons honorer des artistes de Tahiti, Mayotte et un Guadeloupéen, Franck Plocoste, qui s'est lancé dans la peinture à base d'épice ! En dehors de ça, il va y avoir des débats avec Yann Queffélec en maître de cérémonie. Il va présenter Jean-Michel Cohen qui va parler d'obésité et des problèmes d'alimentation en Outre-mer parce que nous avons un problème : les gens se nourrissent mal, vont dans les fast food et prennent du poids et ça, il faut que ça s'arrête ! On va parler aussi de biodiversité, de la mer, la grande spécialité de Yann Queffélec. Il va falloir visiter le salon parce qu'il y aura beaucoup d'animations. Il y aura l'Afrique, la Réunion, les Antilles... Tous seront représentés avec la Louisiane, sa culture, sa musique et sa cuisine cajun. Ca fait un tout !

Quoi de neuf côté exposants ?

Nous aurons 130 exposants et ils vont nous faire vraiment voyager dans l'assiette : cuisine française, antillaise, réunionnaise, tout ce qui se mange dans les Outre-mer, tout ce qui se fait de mieux dans la gastronomie des Outre-mer et de la francophonie puisque nous aurons aussi la Tunisie, le Maroc, la Grèce, le Liban, Madagascar... Tout le monde veut maintenant venir sur ce salon ! Je trouve ça merveilleux alors même que la France traverse un moment de doute... Là, ça donne des ailes et les gens veulent venir au soleil au mois de février !

Cinq ans après son lancement, le salon de la gastronomie est-il consolidé financièrement ?

Il est pérenne ! Normalement, ça aurait dû être la cinquième édition parce que je n'ai pas ouvert l'année où j'étais en campagne électorale, mais la le salon est parti en flèche ! C'est si vrai que maintenant, je travaille avec l'international pour ce salon. Il y a le Qatar qui m'a demandé et je pense que l'année prochaine le salon aura lieu à Paris, toujours à la porte de Versailles mais également au Qatar. Londres aussi m'a demandé le salon et  je dois encore partir à Tokyo avec mon salon ! Le jour où je mettrai la gastronomie des outre-mer à Tokyo, à Doha et dans d'autres pays francophones, je dirai que j'ai gagné mon Paris.

Un pari difficile ?

Ca n'a pas été facile de monter un salon, seule, sur ma tête, mon nom, ma popularité, ça a été un défi. J'ai failli être découragée mais désormais, le salon marche et joue même dans la cour des grands puisqu'il sera bientôt international !

Comment expliquez-vous ce succès ?

La cuisine, c'est une question de santé publique. Si tu manges mal, tu te portes mal ! Je suis très à cheval sur l'équilibre des assiettes parce qu'on peut tout manger, vraiment tout sans se priver, mais manger équilibré et manger sain. C'est ça mon message ! Chez nous dans les Outre-mer, nous avons tous les produits partout, mais on ne les cuisine pas de la même façon selon les territoires. Chaque région de l'Outre-mer a une identité propre et quand on voit l'assiette, elle reflète la culture du territoire ! J'ai créé ce salon pour bien montrer la diversité de nos territoires et terroirs et montrer nos talents !

Quel soutien avez-vous reçu du ministère des Outre-mer ?

Rien ! La ministre des Outre-mer ne m'intéresse pas. Je me souviens qu'en 2015, quand j'ai monté mon salon, elle n'était rien du tout et elle est venue pleurnicher pour me demander de lui faire visiter mon salon... Je l'ai prise par la main, je l'ai invitée à manger... Mais depuis qu'elle est devenue ministre des Outre-mer, elle n'en rien à faire des Outre-mer ! Alors je me pose une question : le ministère des Outre-mer, avant c'était le ministère des colonies... Alors un ministère des colonies devenu ministère des Outre-mer, sous la tutelle du ministre de l'intérieur, ça ne sert à rien !

Propos recueillis par FXG, à Paris

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30 janvier 2019 3 30 /01 /janvier /2019 07:54
Chlordécone et indemnisation

Les députés République en marche contre l'indemnisation des victimes du chlordécone

La proposition de loi (PPL) d'Hélène Vainqueur-Christophe sur l'indemnisation des victimes, professionnelles ou non, du chlordécone et du paraquat risque bien de ne pas être examinée jeudi 31 janvier à l'Assemblée nationale. C'est pourtant la seule fenêtre de tir dont le parti socialiste dispose lors de ce semestre pour défendre le texte de la députée guadeloupéenne et de ses collègues martiniquais Serge Létchimy et Josette Manin.

En commission des affaires sociales, mercredi dernier, les députés du groupe En marche ont rejeté tous les articles de cette PPL et fait savoir qu'ils préféraient rattacher l'indeminisation des victimes du chlordécone au premier texte qui sera examiné ce 31 janvier et qui concerne de manière générale les produits phytosanitaires. Il s'agit d'une PPL de la sénatrice PS Nicole Bonnefoy qui a été adoptée au Sénat malgré un avis défavorable du gouvernement. Ce texte propose un fonds d'indemnisation abondé par les fabricants de produits phytopharmaceutiques au profit des personnes atteintes de maladies liées à l'utilisation de ces produits. "Nous pourrions effectivement, indique Mme Vainqueur, rattacher le chlordécone à ce texte, mais à l'Assemblée, cette PPL a été vidée de son contenu en ne proposant qu'une indemnisation forfaitaire aux seuls professionnels..." Dans ce contexte, la solution qui lui reste sera de porter des amendements chlordécone sur ce texte en espérant qu'ils passeront..." Hélène Vainqueur craint que l'opposition des élus de la République en marche ne soit systématique et surtout elle pense que le gouvernement n'a pas envie de voir s'ouvrir une boîte de Pandore de l'indemnisation... "Je crois, dit-elle, que ce sera mieux pour l'Etat d'indemniser que d'aller sur le contentieux, en sachant que les contentieux vont arriver ! Des associations se sont organisées et des plaintes ont été déposées..."

Un texte même pas débattu

Les députés en marche n'ont déposé aucun amendement et se contentent de de proposer d'attendre un rapport d'experts... "Il y a suffisamment de rapports qui montrent la relation entre l'exposition au chlordécone et certaines pathologies et si on devait attendre les résultats de l'étude Madiprostate, il faudrait encore attendre deux ans !", indique la députée déçue de voir que ni le gouvernement ni la majorité parlementaire ne veulent montrer ne serait-ce que le principe d'un engagement sur la création de ce fonds. De toute façon, jeudi, comme le PS a déposé cinq textes à l'occasion de sa niche parlementaire, il y a de forte chance que le 5e texte, la PPL de Mme Vainqueur n'ait même pas le temps d'être appelée au débat...

FXG, à Paris

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30 janvier 2019 3 30 /01 /janvier /2019 07:47
Karl Wesson Consil, évadé et champion de freefight

L'aventure extraordinaire de Wesson Consil, l'évadé devenu champion de boxe thaïe

Jeudi 24 janvier, le tribunal correctionnel d'Arras a condamné à un an de prison pour évasion un jeune homme d'origine martiniquaise, Karl Consil dit Wesson, après six ans de cavale en Thaïlande et en Chine où il est devenu un champion de boxe thaïlandaise et pensait avoir trouvé la voie de sa rédemption jusqu'à une dénonciation anonyme et son extradition en France...

L'histoire de Karl Consil débute en 1986 dans la banlieue parisienne, à Aubervilliers (93), puis à Ully Saint-Georges (60). Ses parents ont débarqué de la Martinique peu avant. Leurs trois enfants vont très vite subir la pression dure de la cité et le jeune Karl montre très vite des signes de turbulence. Dès qu'il est dehors, il exprime son mal vivre par la violence. Seul le sport parvient à le calmer. A 16 ans, Karl est un délinquant et à 27 ans, il a déjà fait neuf années de prison. Il profite alors d'une permission de sortie pour annoncer à ses parents que, déprimé, il ne retournera pas en cellule. Il a 2000 euros en poche et en claque 1600 pour acheter un ticket pour la Thaïlande. Là-bas, il se rend au grand gymnase où tous les soirs ont lieu des combats de muay thaïe, la boxe thaïlandaise, le free fight ! Il assiste à quelques matchs et rencontre le taulier avec lequel il sympathise et qui accepte qu'il s'entraîne sur place. Il apprend les rudiments et très vite demande à combattre. Il a une telle rage en lui qu'à la surprise générale, il gagne son premier combat.  Repéré par un manager local, il signe un contrat : il combattra tous les deux soirs et touchera 70 euros par match. Le manager garde ses papiers. Son visa n'est valable que trois mois... Karl gagne tous ses combats et sa réputation n'est bientôt plus à faire.

A Shanghaï

Au bout d'un an, las d'être exploité et méprisé par son manager, il s'enfuit en Chine, à Shanghaï où il ne connaît personne. Il traîne les salles de sport, s'entraîne encore et combat. Premier combat, première victoire ! Un manager le repère, un Américain cette fois qui lui propose 30 % des gains, soit 300 US$ par match. Karl devient Wesson. Il va gagner plus mais reste un clandestin, un sans papier. Il dort dans le dojo du club Wu Taï Hui, apprend l'anglais, le chinois et commence à se reconstruire une vie autour de ce sport. En réalité, c'est un nouveau calvaire qui démarre. "Je croyais que la prison était ce qu'il y avait de plus dur, en réalité je trouvais pire à l'extérieur." Karl est reconnu comme champion, mais il est un esclave.

Il s'enfuit dans la région du Wuhan, dans la province de Hubei, pour échapper à son manager et devient professeur de boxe dans une école. Il se rend au Tibet pour s'initier au Shao-Lin et améliore encore ses facultés. En Chine, Karl est devenu une vedette. Wesson est révéré dans le monde de la boxe. Les enfants s'arrachent ses affiches, d'autres lui demandent des selfies... Il songe à la France... Tout cela est désormais derrière lui. Mais le manager américain n'a pas apprécié de perdre son poulain et le dénonce.

Un homme qui souffre n'est pas un ours qui danse

Un soir après un combat, Wesson se rend dans un fast food. La police le contrôle. Il n'a pas de papier, il est arrêté et très vite extradé en France...

Jeudi dernier, à la barre du tribunal d'Arras, alors qu'il était jugé pour son évasion sept ans plus tôt, Karl Consil, alias Wesson a raconté son histoire. "Ce procès n'est pas un spectacle, a commencé le procureur dans son réquisitoire ! Vous racontez votre vie avec complaisance, mais vous vous êtes évadé. C'est grave ! Il faut donner un signal fort à ceux qui sont à l'intérieur ! Je demande trois ans ferme !"

Me Ursulet, appelé à sa défense par le père de Karl, réplique : "Un homme qui souffre n'est pas un ours qui danse ! Ce n'est  pas un spectacle, mais la confession douloureuse d'un homme sur le chemin de la rédemption..." Un peu plus tôt Karl déclarait au tribunal : "Quand je me suis évadé, j'étais dans un état pathologique, le même que celui dans lequel se trouvait Mohamed Merah..." Un grand murmure a parcouru la salle d'audience. "Dans le sport, a-t-il poursuivi, je me suis désamorcé. Aujourd'hui, je n'ai plus de haine... L'homme qui s'est évadé il y a sept ans n'est pas celui qui est devant vous." Le tribunal prononce la peine : Un an. La présidence explique sa décision de clémence puis demande : "Voulez-vous ajouter quelque chose ?" Karl répond en chinois. "J'espère que ce n'est pas un outrage", reprend la présidente. "Je vous ai dit merci en chinois..." Karl a passé six ans en Chine... Dans la prison d'Arras où il purge sa peine, Karl s'entraîne. Il se prépare pour son premier combat en France, à sa sortie. Il veut monter une association de combattants franco-chinois et une école de free fight à la Martinique.

FXG, à Paris

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29 janvier 2019 2 29 /01 /janvier /2019 06:29
Max Zitta enchaîne deux soirées gospel à l'Olympia les 16 et 17 février

Max Zitta est de retour au pays pour animer une masterclass ce 29 janvier à Gourbeyre avec les élèves qui l'accompagneront sur la scène de l'Olympia pour le marathon du Gospel le 17 février, au lendemain de son concert avec les Gospel voices. Rencontre avec le roi du gospel français.

"Je suis la référence du Gospel en France"

Quelles sont vos attaches guadeloupéennes ?

Je viens de Douville/Sainte-Anne. Du côté de mon père, c'est la branche musicienne. On dit depuis toujours que c'est la musique qui nous a amenés aux Antilles. C'est une vieille tante que j'ai eu le temps de connaître qui m'a raconté que la famille Zitta était une famille de musiciens du Congo. C'était déjà la fin de l'esclavage quand ils ont été pris dans un traquenard. On les a fait venir à bord d'un navire pour se produire et pendant qu'ils jouaient, le bateau a levé l'ancre... Ils ont été ainsi déportés. Depuis il y a eu des Zitta en Martinique, il y a eu des Zitta qui ont été des nèg mawon en Guadeloupe et il y a eu aussi des Zitta en Haïti. Ce sont tous des musiciens, des griots.

Comment avez-vous commencé à être musicien vous-même ?

J'ai commencé la musique avec mon père à la chorale. Quand le courant adventiste est arrivé, mon grand-père qui était aussi musicien s'y est rallié. Sur ses sept enfants, trois fils et quatre filles, deux de ses fils sont devenus pasteur et deux de ses filles se sont mariées chacune avec un pasteur. Mon approche du gospel vient de là ! Mon père était directeur de chorale de la communauté et m'emmenait à la chorale de Boissard. On dit même qu'alors que je ne savais pas encore parler, quand les gens chantaient faux à côté de moi, je leur chantais la bonne mélodie... J'ai été baigné dans le chant choral et c'est à l'âge de 12 ans, quand mon père a mis un 45 tours sur un pick up Golden gate qu'on avait à la maison, que j'ai ressenti cette musique profonde qui m'envahissait. Intuitivement,  je me suis dit que cette musique était la mienne. Ca a été une révélation, un appel...

Vous saviez déjà ce que vous vouliez faire dans la vie ?

Absolument pas, mais à 16 ans, à l'école protestante de Boissard, la Persévérance, je faisais déjà partie d'un groupe de chant avec Joël Pharaon qui en était l'instigateur, nous étions les Pléiades. Nous jouions nos compositions et bien sûr du gospel. Nous écoutions beaucoup le chanteur Andréa Crouch, une sommité du gospel. Nous chantions beaucoup plus ses chansons que nos compositions qui étaient des louanges en quelque sorte...

A 16 ans, vous êtes dans le premier groupe du genre en Guadeloupe qui décide de faire des concerts payant ! Racontez-nous cela...

Nous avions loué la salle des fêtes des Abymes, fait notre billetterie, préparé nos costumes et sommes allés vendre les billets. Ce concert a si bien marché qu'il a marqué par la force de sa musique les communautés chrétiennes. On nous a aussi critiqué en nous disant que nous vendions l'Evangile, mais un engagement demande des moyens ! Dès lors, j'avais intégré que c'était possible ! On a continué nos études, j'ai passé mon bac littéraire et tout le groupe est venu à Paris pour étudier. Ils faisaient des études de médecine, d'avocat, de marketing... Joël et moi sommes les seuls à avoir entrepris des études de musicologie à Paris VIII où nous avons passés notre licence. Parallèlement à ça, nous avons continué avec les Pléiades à donner des concerts à l'église américaine.

Les pléiades se séparent en 1986, que se passe-t-il alors ?

Je rencontre alors Monique Ange Hertin (chef du choeur Gospel Celebration, ndlr) qui me demande d'être son assistant sur un nouveau choeur, le Gospel Chord Singers qu'elle venait de créer. Je suis resté un an avec elle jusqu' à ce que je décide de créer avec Benjamin Faleyras (créateur de Gospel sur la colline, ndlr) les Gospel Voices. Tout de suite, nous donnons des concerts à l'auditorium des Halles. Je loue une salle, nous commençons à faire nos affiches, distribuer des tracts, vendre nos tickets et on arrive à se faire connaître.

Jusqu'à ce que l'animateur de télévision Jacques Martin vous repère...

Il est venu nous voir pour nous demander d'accompagner l'artiste Rika Zaraï. Du coup, on commence à être médiatiquement connus...

Et vous rencontrez Nicoletta !

C'est une rencontre très importante. On avait chanté Mamy Blue avec elle à la télé, et elle nous avait dit que ce serait bien qu'on parte un jour faire une tournée dans les églises. Ce n'était pas du vent, elle a rappelé : "Max, m'a-t-elle dit, j'ai trouvé le producteur, on va faire cette tournée !" C'était en 1996, nous avons même enregistré un titre sur l'un de ses albums... Il se trouve qu'elle avait pris un arrangeur qui n'est jamais venu. Le soir, je faisais les arrangements, le lendemain on répétait... L'album s'est vendu à 70 000 exemplaires. Actuellement, il aurait été disque d'or !

Vous enchaînez avec "Gospel pour cent voix"...

C'est un producteur, Jean-Baptiste Vuillon, qui me propose de tourner dans des théâtres. C'est donc avec lui que pour le cent-cinquantenaire de l'abolition de l'esclavage, j'ai créé "Gospel pour cent voix". J'ai mené de projet de 1998 à 2001 jusqu'à ce que je découvre qu'il avait tout déposé à son nom seul. Chose que je n'ai pu accepter et je suis parti. Il a continué quand même et il m'a empêché de travailler pendant dix ans ! Et ça continue encore ! Alors que mes deux soirées à l'Olympia sont annoncées depuis une année, il a programmé une semaine avant moi "Gospel pour cent voix" au Dôme de la porte de Versailles ! De toute façon, par rapport à ce que j'ai fait, je suis la référence du Gospel en Fr   ance. J'ai mis le pied à l'étrier à plein de personnes et plein de groupes seront à l'Olympia avec moi le 17 février. Ils seront huit à se succéder sur scène, dont les Guadeloupéens d'Accord Gospel Singers de Kaleb Séjor !

Quel est l'objet de cette masterclass que vous animez ce 29 janvier à Gourbeyre ?

Dans l'esprit de la fête et de la réunion, j'ai décidé de faire en cadeau à tous les choeurs amateurs qui ont soutenu mon action un passage sur la scène de l'Olympia. Parmi eux, il y a le choeur de Guadeloupe que j'ai créé il y a trois ans avec Madly Etien, une ancienne chanteuse de mon académie à Paris. Nous allons travailler avant l'Olympia. Ils ont tous déjà leur billet d'avion !

Propos recueillis par FXG, à Paris

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28 janvier 2019 1 28 /01 /janvier /2019 06:32

 

Les collectivités d'OM aux rencontres "formation-compétences en Outremers" à Biarritz

L'ensemble des Régions d'Outre-mer prépare son adaptation à la réforme de la formation professionnelle qui doit intervenir à la fin de l'année.

Les rencontres "Formation-Compétences en Outre-mers" qui se tiendront le 29 janvier à Biarritz vont réunir une cinquantaine de représentants de sept territoires ultramarins, dont les Régions Guadeloupe (avec Guadeloupe Formation) et Réunion, les Collectivité de Saint-Martin, Guyane (avec l'organisme public de formation régionale), Martinique (avec l'AGEFMA) et Saint-Pierre-et-Miquelon, et du département de Mayotte à l'invitation du Centre Inffo, un organisme national d'information sur l'orientation, la formation professionnelle et l'apprentissage. Le dernier événement de ce type était la 5e édition de l'Université de la Formation Professionnelle des Régions et Collectivités Outre-Mer (URCOM) organisée en Guyane en Octobre 2016. Le Centre Inffo qui est partenaire de l'ensemble des régions françaises y compris ultramarines pour les accompagner dans le développement des politiques publiques de formation, est le seul organisme à réunir nos Collectivités sur le thème de la formation.

Une ordonnance attendue pour septembre 2019

La formation professionnelle a fait l'objet d'une réforme en 2018 qui a bousculé le système existant. La loi de 2018 qui sera la base des débats, a notamment retiré la compétence "apprentissage" que les Régions détenaient depuis 1982 et les lois Deferre, pour la confier en partie aux partenaires sociaux. En revanche les Régions se voient confier un rôle en matière d'orientation des jeunes en formation initiale. Enfin cette loi voit revenir l'Etat sur le champ de la formation des demandeurs d'emploi obligeant les Régions à se coordonner avec lui. Compte tenu des spécificités tant territoriales qu'économiques, les Collectivités d'outre-mer vont connaître des adaptations réglementaires à travers une ordonnance en préparation pour septembre 2019. 

Cette journée à Biarritz est faite pour que les acteurs de la formation dans nos territoires puissent discuter de leurs particularités et de leurs attentes quant à l'adaptation à venir de la loi. 

FXG, à Paris

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28 janvier 2019 1 28 /01 /janvier /2019 06:21
Tricia Evy en tournée aux Antilles

Guadeloupéenne par son père et martiniquaise par sa mère, la chanteuse Tricia Evy sera en tournée en Guadeloupe et Martinique du 25 janvier au 7 février. Rencontre avec une voix amoureuse du jazz et de la biguine.

"Notre musique a un pouvoir, c'est un trésor !"

Dans quel contexte s'inscrit cette tournée ?

J'ai récemment sorti un album qui s'intitule "Usawa", je l'ai présenté dans une grande salle à Paris au mois de décembre et je viens le présenter en Guadeloupe et en Martinique.

Quelle est l'inspiration de cet album ?

"Usawa" veut dire équilibre en swahili et, dans cet album, j'avais envie de mettre en avant les deux musiques qui m'inspirent le plus, qui me parlent le plus, d'est-à-dire le jazz et la biguine. Pour moi elles ont la même valeur, la même force, le même pouvoir... C'est pourquoi je parle d'équilibre. Ces deux musiques occupent une très grosse place dans la vie...

Pourquoi avoir choisi de donner le titre en swahili ?

Le mot "équilibre" ne me parlait pas... J'avais envie d'une autre langue et j'ai pensé au swahili. J'ai cherché sur google traduction... Je crois en la loi de l'attraction et je me suis dit qu'en utilisant un mot africain, j'aurai peut-être des chances d'appeler l'Afrique et d'aller y jouer un jour, d'aller découvrir ce continent... C'est un petit signal que j'envoie dans l'univers !

Jazz et biguine sont donc comme vos deux jambes ?

Oui ! C'est ce que je fais. J'ai découverts ces musiques à peu près au même moment et je suis tombée amoureuse des deux ! Je suis née à Bondy (93, ndlr), mais j'ai grandi en Guadeloupe, donc je connaissais la biguine, les grands standards, mais j'ai vraiment découvert ce qu'était la biguine quand je suis arrivée à Paris... Mon tout premier concert que j'ai vu à Paris, c'était le groupe de David Fackeure, Jazz on biguine....

La biguine n'est-elle pas le jazz ?

Mais oui ! C'est intrinsèquement lié ! Ce sont deux musiques qui ont une histoire commune, sauf qu'il y en a une qui est reconnue partout dans le monde et une autre qui l'est moins. En fait elle est connue, mais surtout dans sa partie instrumentale parce qu'on a Mario Canonge et Alain Jean-Marie qui ont fait le travail ! Mais la partie chantée est moins valorisée de nos jours. Si on veut chercher des chanteuses de biguine, c'est tout de suite un peu folklorique alors qu'elle a aussi ce côté précieux... Ce n'est pas que de la danse même si je ne remet pas du tout en cause cet aspect, mais c'est important que les gens sachent que notre musique a un pouvoir, que c'est un trésor !

Votre premier concert, c'était quand ?

J'ai chanté la première fois sur une scène parisienne en mai 2007. J'ai été invitée à chanter par le groupe de David Fackeure, justement, à l'occasion de la sortie de leur album et mon premier concert de jazz a eu lieu le 21 juin 2007 pour la fête de la musique, j'ai chanté trois morceaux ! Mais mon premier concert payé et déclaré, c'était le 23 juin. A partir de là, c'est parti. J'ai fait des tournées, j'ai joué dans des restaurants, dans des bars... J'ai fait mes classes sur scène, j'ai appris la musique sur scène !

Et pourtant, vous n'avez pas l'air d'avoir souffert...

Le truc, c'est que je suis arrivée par la grande porte ! J'ai rencontré les bonnes personnes dès le début et j'ai joué au Baiser salé avec Thierry Fanfant, invitée par Mario Canonge... J'ai chanté avec Tony Chasseur... Ca a été très vite et très fort tout de suite donc je n'ai pas eu à galérer. Je faisais mes études en même temps pendant les deux premières années et un moment donné, il a fallu que je choisisse...

Qu'étudiez-vous alors ?

J'ai commencé par la biologie, donc j'ai eu une licence de biologie en 2007, puis j'ai changé pour des études juridiques appliquées à l'immobilier...

Ca, c'était pour gagner votre vie...

Voilà ! Pour avoir un bagage... Et il a vite fallu que je choisisse parce que j'avais pas mal de concerts et les cours d'immobilier, c'était le soir comme les concerts....

Qu'éprouvez-vous à l'idée de revenir chanter aux Antilles ?

J'y étais en novembre pour l'arrivée de la Route du rhum... J'y étais en juin... Je viens assez régulièrement mais là, c'est la première fois que je fais une tournée aussi grande, avec autant de dates en une courte période...

Depuis que vous chantez, David Fackeure ne vous lâche pas, pourquoi ?

C'est moi qui ne le lâche pas ! Ce garçon est une perle. C'est un des meilleurs pianistes que je connaisse. Il est d'une générosité et d'un talent fou et d'un grand professionnalisme ! C'est le meilleur pour moi, c'est pour ça que je ne lâche pas.

Et Thierry Fanfant ?

Thierry n'est pas sur cet album ; il était sur le précédent. J'ai pris un contrebassiste de jazz qui s'appelle Pierre Boussaguet et il intervient sur quatre morceaux. Sur la tournée, je serai accompagnée aussi par Daniel Varillon pour la première semaine et Fabrice Fanfant, le cousin, la deuxième semaine...

Quel répertoire allez-vous offrir à votre public ?

 Je vais chanter des standards du jazz et de la biguine. Je dis des standards de la biguine parce que j'ai envie de donner des lettres de noblesse à cette musique. Ce sont toutes des reprises... Il y a des morceaux d'Al Lirvat, des morceaux du répertoire martiniquais, des standards que j'ai découverts lors de tournées... Ce sont des coups de coeur, souvent des morceaux qui ne sont pas très connus mais qui me touchent énormément et que j'ai envie de lettre en avant comme "The Thrill Is Gone". C'est une version que peu de gens connaissent puisqu'on connaît la version de BB King. Il y a "Misry And The Blues" que j'ai découvert lors d'une tournée en Australie, "Blue Prelude" que j'ai découvert en Espagne... Il y a aussi un standard de la bossa nova, "Falando De Amor". Ca swingue ! La particularité de cet album est que les morceaux de biguine sont sans basse et sans batterie et les morceaux de jazz sont sans batterie. J'ai épuré au possible. C'est vraiment un album et un concert très intimiste qui met en avant les mélodies et les harmonies.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 07:21
Isabelle de Silva, la présidente de l’Autorité de la concurrence, à droite d’Ericka Bareigts, et une partie de l’équipe de l’AdC qui a participé à l’entretien.

Isabelle de Silva, la présidente de l’Autorité de la concurrence, à droite d’Ericka Bareigts, et une partie de l’équipe de l’AdC qui a participé à l’entretien.

Ericka Bareigts propose ses idées à l'Autorité de la concurrence

Ericka Bareigts veut un ticket de caisse centralisé et une transparence des prix alimentaires à l'égale de celle obtenue sur les produits pétroliers.

Ericka Bareigts s'est entretenue jeudi à Paris avec Isabelle de Sylve, la présidente de l'Autorité de la concurrence (AdC), au moment où ses agents achèvent à peine leur instruction de terrain dans l'océan Indien sur les produits de première nécessité. Il s'est d'abord agi de transparence. "Je suis favorable, a indiqué la députée de Saint-Denis, à ce qu'on instaure un ticket de caisse centralisé, ce qui existe dans l'Hexagone, mais pas dans les Outre-mer." Ce ticket de caisse centralisé permettrait de recenser tous les achats faits dans les grandes et moyennes surfaces de l'île et d'avoir ainsi une véritable transparence sur les prix pratiqués en étant moins captif des promotions fictives ou des promotions tournantes. Il permettrait ainsi de mettre en évidence les grandes surfaces qui seraient plus chères malgré les apparences. "Un consommateur, explique-t-elle, peut ainsi gagner sur paquet de biscuits, mais perdre sur les quatre autres produits de base qu'il achète à côté." Cette question a déjà été abordée à l'observatoire des prix, des marges et des revenus (OPMR) à la Réunion et il suffirait que l'INSEE se mette au diapason et trouve accessoirement des moyens pour cela. L'idée aurait séduit la présidente de l'AdC.

L'entretien a aussi porté sur les produits alimentaires : "j'ai aussi proposé, explique l'ancienne ministre, de faire sur quelques produits l'exercice du marché de gros qui avait été pratiquée pour les produits pétroliers." Il s'agirait d'étudier la formation du prix depuis l'usine de biscuits, par exemple, jusqu'au consommateur final, c'est-à-dire une décomposition du prix à chaque étape intermédiaire pour faire la transparence à chaque échelon. "A chaque fois que l'on parle de ça à l'OPMR, regrette Mme Bareigts, on nous explique toujours que le transport, c'est à la marge et que ça ne pose pas de problème, qu'à telle autre étape, c'est encore à la marge et au final, il n'y a jamais de problème... Sauf que quand on passe à la caisse, c'est un problème !" Pour illustrer son propos, Ericka Bareigts a fait valoir qu'en vingt ans, elle avait constaté que pour les produits vestimentaires, on arrive à trouver des chemises, des tee-shirts, des pantalons, des shorts, franchisés ou non, au même prix que ce qu'on trouve dans l'Hexagone. "Pourquoi quand ça marche sur un tee-shirt, on nous explique que ça ne marche pas sur boîte de biscuits ? Je veux comprendre ça." L'AdC qui est en train de préparer l'avis que lui a demandé le président de la République en juin dernier, sur le même sujet que celui qui avait été rendu en 2009 sur les biens de première nécessité, pourrait trouver là des armes utiles. "Les gens, aujourd'hui, ont besoin de voir comment se forment les prix ; il faut donc trouver les noeuds et quand on trouve les noeuds, il faut essayer de les faire exploser parce qu'on ne peut pas encore avoir un différentiel de 30 ou 40 % sur de l'alimentaire alors qu'on est arrivé à faire bouger les lignes sur les produits pétroliers, les vêtements, la téléphonie..."

Pièces détachées automobiles

En 2009, le travail de l'AdC avait permis de faire aboutir la loi Lurel de régulation économique. Aujourd'hui l'évaluation de la loi Lurel et de la loi égalité réelle outre-mer se fait dans un contexte qui est sensiblement le même qu'en 2009 avec les mouvements sociaux. "Celui qu'on a connu à la Réunion en décembre, poursuit Mme Bareigts, augure de mauvais jours si on arrive pas à avancer sur le sujet."

Les matériaux de construction et les pièces détachées automobiles ont encore été abordés. "Les pièces détachées, c'est un problème de sécurité publique auquel s'est montrée sensible la présidente de l'AdC, assure Ericka Bareigts. Il s'agit de pneus, de phares, de plaquettes de frein et quand une famille modeste n'a pas les moyens de changer ses pneus ou ses plaquettes, elle se met en danger, elle met ses enfants en danger et les autres avec !" Sur ce sujet, il pourrait y avoir plus que des problèmes de transparence, à savoir des contentieux à venir, voire des sanctions. Avec des plaquettes de frein à 67 euros quand on trouve les mêmes à 19 euros dans l'Hexagone, il y a là un vrai sujet pour l'AdC qui devrait s'en emparer rapidement.

FXG, à Paris

Produits de dégagement

La question des produits de dégagement a été abordée alors même que la veille en commission, Ericka Bareigts demandait à Didier Guillaume, le ministre de l'Agriculture, quand allait-il mettre en application les lois égalité réelle et "égalim". Réponse du ministre : "Ce sujet est un vrai scandale !" Une ordonnance devrait donc sortir d'ici quelques semaines pour l'application de ces deux lois sur les produits de dégagement.

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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 04:34
Un album de musique bushinengé chez Buda Musique

Buda musique vient de sortir dans sa collection "Musiques du monde" (distribué par Universal) l'album "Les Bushinengé , Nèg mawon de Guyane" dont la direction a été confiée au Pr Apollinaire Anakesa Kululuka, directeur des recherches à l'Université des Antilles.

"Partager une part de la richesse de notre humanité, et donc du bonheur recherché par tous"

 Comment est née l'idée de cet album ?

La production de cet album est la conséquence logique de la valorisation et de la vulgarisation de mes recherches sur les cultures musicales guyanaises, en l’occurrence bushinengé, recherches que j’ai débutées en 2007, en tant que chercheur du CNRS/LACITO en mission, puis en tant qu’enseignant-chercheur à l’Université des Antilles et de la Guyane jusqu’en 2014.

Pourquoi la culture bushinengé particulièrement ?

Cette culture relève incontestablement du patrimoine, riche en mémoires, en valeurs et en significations, dont la Guyane, et au-delà, la France voire le monde, se doivent de valoriser les connaissances, savoirs et savoir-faire sous-jacents, car cela contribue à un meilleur développement durable et une meilleure cohésion de la société, au sens large du terme.

Comment avez-vous choisi les artistes et le répertoire ?

Le choix, d’abord du répertoire, puis des artistes le représentant, m’a été édicté par les sujets et/ou problématiques abordés (l’homme, la société, la nature, le sacré et les relations ainsi que les interactions sous-jacentes, en lien avec les traditions et leurs évolutions dans les pratiques tradi-modernes, notamment par les jeunes), en les inscrivant dans le passé et dans le présent. En fonction de ces thématiques, tout en tenant compte de la diversité des lieux et des personnes ressources (femmes, hommes, jeunes, vieux, autorités traditionnelles, porteurs des savoirs et savoir-faire — Sabima, Obiaman, Sabiuman, Obiauman —, des associatifs et des anonymes, au sein des villages, des bourgs et des villes.  

Quand et comment ont été enregistrés les morceaux ?

Les enregistrements de ce CD datent entre 2009 et 2014. Ce sont des enregistrements réalisés en situation sur le terrain, soit chez les personnes ressources, soit lors des manifestations (festivals, levées de deuil, puu baaka), pendant des rencontres fortuites et consenties.

Cela a-t-il été facile de convaincre un label de vous sortir ?

Oui et non, car les labels visent d’abord la rentabilité (cela se conçoit, puisqu’il s’agit avant tout de structures commerciales). Mais fort heureusement, certains vont au-delà du seul intérêt financier, car il s’agit également d'enjeux socioculturels d’importance ; c’est là aussi le moyen de partager une part de la richesse de notre humanité, et donc du bonheur recherché par tous. C’est donc à la personne qui apporte la culture concernée de convaincre pour montrer que par-dessus l’argent, il y a aussi des valeurs, avec des apports très significatifs, souvent insoupçonnés et qui n’ont pas de prix et dont les effets peuvent être incommensurables, car ils participent à créer réellement de la richesse, dont regorge l’homme premièrement, ensuite produire de l’argent directement ou indirectement à partir du produit commercialisé ou non.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Les bushinengés en images

Maison traditionnelle ornée de tembé, Apatou

Accueil des chasseurs de retour au village pendant le puu baaka

Les chasseurs prêts à débarquer, puu baaka

Sonnailles kaway

Obia Man

Apollinaire Anakesa Kululuka est l'auteur de toutes ces photos

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