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25 janvier 2019 5 25 /01 /janvier /2019 09:39
La Martinique et ses forêts d'exception

Les forêts des volcans de Martinique labellisés "Forêt d'exception"

Le label "Forêt d'exception" a été attribué hier à l'unanimité du jury aux forêts des volcans de Martinique.

C'est une pierre de plus dans le dossier de candidature de nos volcans au patrimoine mondial de l'UNESCO qui s'apprête à vivre une finale difficile.

Le Comité national d’Orientation Label Foret d’Exception a validé mardi la candidature des forêts des volcans de Martinique au label "Forêt d’exception" à l’unanimité du jury. Louis Boutrin, président du parc naturel régional et représentant du président de la CTM, accompagné du directeur de l'ONF, Pierre Verry. Pour décrocher ce label pour lequel la Martinique a déposé sa candidature depuis 2012, un contrat de projet a été signé en octobre dernier par le président du conseil exécutif, celui du parc naturel et l'ONF, et les communes et communautés d'agglos concernées et autres partenaires institutionnels. Le label concerne les forêts de volcan du nord de la Martinique, principalement la montagne Pelée et les pitons du Carbet qui sont en soi des monuments naturels exceptionnels à titre géologique et historique, mais également biologique par son niveau d'endémisme et la qualité de sa forêt primitive "La Martinique, a argumenté Louis Boutrin devant le jury d'experts dont le Pr Paul Arnould, des hot spots de la biodiversité au niveau mondial." Il a encore parlé d'exception pour souligner que 91 % de l'eau consommées en Martinique proviennent de ces deux massifs qui, en plus, structurent les paysages du nord de l'île.

Hier à Paris, l'audition a duré quatre heures avec la présentation du dossier de candidature, la lecture des deux rapports (ONF et ministère de la Transition écologique) et un feu de question des experts, la bonne nouvelle est tombée.

Richesse patrimoniale et bonne gouvernance

Ce label "Forêt d'exception" est outil national de valorisation qui n'en recense que 17 à son catalogue comme la forêt de Rambouillet en Ile de France. La Martinique est désormais le seul territoire labélisé en outre-mer. "Cela témoigne, souligne Louis Boutrin, d'une richesse du point de vue patrimoniale mais également d'une gestion concertée entre les collectivités et l'ONF, donc d'une bonne gouvernance." Car ce label couronne nos forêts d'exception du point de vue biologique, géologique et historique, mais également du point de vue social puisqu'il y a des sites d'accueil, des itinéraires de randonnée... "Nous avons été beaucoup interrogé, ajoute le président du parc, sur le développement de la sylviculture, notamment  les essences comme le mahogany, le gaillac qui est en voie de disparition et le gommier dont le coup est interdite depuis 1946." Sans parler de l'arboriculture et l'agroforesterie puisque le café arabica typica qui a été réintroduit, le développement du cacao et bientôt de la vanille, trois cultures de niche à haute valeur ajoutée. Une délégation  viendra en avril en Martinique pour remettre au président Marie-Jeanne le label "Forêt d'exception". "Ca va venir enrichir, conclut Louis Boutrin, notre projet d'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO qui avance indépendamment."

FXG, à Paris

Les sites des volcans de Martinique en finale pour l'Unesco

La candidature de la Maison carrée de Nîmes a été délaissée par le ministère de la Culture, au profit de celle du phare de Cordouan. Désormais, il n'y plus que deux candidats en lice pour le 'inscription au patrimoine mondial, le phare de Cordouan et les forêts et volcans de la Martinique, dossier présenté par le ministère de la Transition écologique. C'est à la fin du mois de ce mois que le président Macron  choisira entre les deux projets et c'est début février que la candidature unique de la France sera déposée devant les instances de l'UNESCO. Pour autant, la partie risque d'être ardue. Le phare de Cordouan dans l'estuaire de la Gironde est chargé d'histoire. Il a guidé tous les navires négriers au moment du commerce triangulaire, lequel commerce a fait la richesse de Bordeaux. "Si ce dossier passe l'étape nationale française, prévient Louis Boutrin, il trouvera face à lui des pays comme ceux de la Caraïbe et de l'Afrique qui sont membres du jury international de l'UNESCO..." Or, il est largement soutenu par Dominique Bussereau et Alain Juppé. "Le choix de Macron sera-t-il seulement politique", s'interroge avec quelques craintes Louis Boutrin.

 

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22 janvier 2019 2 22 /01 /janvier /2019 06:48
Didier Robert, Edouard Philippe, Rodolphe Alexandre et Ary chalus à Matignon le 17 janvier à la sortie du déjeuner

Didier Robert, Edouard Philippe, Rodolphe Alexandre et Ary chalus à Matignon le 17 janvier à la sortie du déjeuner

Chalus évoque le LKP à Matignon

"Le grand débat national, s'est étonné Ary Chalus dans la cour de Matignon après le déjeuner offert aux présidents de Régions et Départements par Edouard Philippe, moi, j'ai plutôt sur la convention de Cahors (contrat de maîtrise des dépenses des collectivités, ndlr), nos problèmes de sargasses, le blocage de la Désirade et la situation de Capesterre de Marie-Galante, également l'apprentissage et le problème de Guadeloupe formation..." Et sur tous ces sujets, le Premier ministre et les ministres concernés (ils étaient aussi nombreux autour de la table) lui ont confirmé leur accord pour l'accompagner dans le règlement de tous ces problèmes. Ainsi, dans l'ensemble des Outre-mer, les habilitations pour la formation seront validées le 29 mai prochain. Quant au dossier de l'eau, l'Etat qui avait annoncé le déblocage de 7 millions  augmenté son offre de 10 millions dans le premier plan d'urgence (sur un total de 71 millions nécessaires).

Sur le grand débat en lui-même, Ary Chalus s'est longuement exprimé pour expliquer au gouvernement que ce qui se passe aujourd'hui dans l'Hexagone s'est produit il y a dix ans aux Antilles. "C'était le LKP... C'est vrai encore aujourd'hui, il faudrait prendre des mesures, être sur le terrain aux côtés de la population, à son écoute. Ca a été ma manière d'agir quand j'étais maire à Baie-Mahault. Si on avait pris en charge, il y a dix ans, certaines choses, aujourd'hui, nous serions plus avancés..."S'il ne revient pas aujourd'hui aux Région d'organiser le grand débat, leurs présidents ont accepté de nommer un référent régional pour les représenter dans le grand débat même si, a expliqué le président Chalus, c'est le rôle du Conseil économique, social et environnemental régional. Dans la foulée, les présidents de régions d'Outre-mer était attendu rue Oudinot pour une réunion de travail suivie d'un dîner. Quant à Matignon, le prochain rendez-vous est dans trois mois.

FXG, à Paris

Didier Robert évoque "ses" gilets jaunes

C'était la première réunion officielle qu'avait Didier Robert avec le Premier ministre et un certain nombre de membres de son gouvernement depuis les événements du mois de décembre sur l'île de la Réunion. Le président de Région est venu apporter son témoignage sur la crise gilets jaunes de la Réunion. "J'ai pu reporter de vive voix au Premier ministre, raconte Didier Robert, ce qui s'est passé à la Réunion, les difficultés que nous avons pu rencontrer et surtout porter la voix des Réunionnais jusqu'à lui." Il a donc été question sur le fond du pouvoir d'achat et de la fiscalité, comme de la crise de la représentation démocratique. Mais également du fait que la Réunion a été confrontée à la nécessité d'ouvrir une discussion avant même le lancement du grand débat national. "Depuis l'assemblée plénière du 19 décembre dernier, nous avons acté le principe des conseils consultatifs de citoyens. Il y a déjà eu des premières réunions et il y aura un rendu le 26 janvier prochain. Nous voulons aller relativement vite et c'est dans ce contexte qu'il faut replacer ce que les différentes coordinations de gilets jaunes et de citoyens auront à apporter dans le cadre du grand débat national." Ce rendez-vous du Premier ministre avec les présidents des collectivités territoriales est désormais un rendez-vous trimestriel.

Alexandre veut un référendum statutaire

Le président de la CTG, Rodolphe Alexandre, a enchaîné les rendez-vous politiques à Paris jeudi. Le matin seul en face à face avec Annick Girardin au ministère des Outre-mer, puis au déjeuner à Matignon à la table du Premier ministre en présence de ses pairs présidents de collectivités territoriales et d'un certain nombre de ministres, puis à nouveau rue Oudinot en fin de journée pour une réunion collective avec les présidents de collectivités d'Outre-mer suivi d'un dîner. A dire vrai, Rodolphe Alexandre était un peu à contre courant puisque le grand débat, ce n'est pas tellement son affaire. "On n'a fait que ça en mars et avril 2017, a-t-il indiqué de prime abord ! Je suis parfaitement favorable et je soumettrai à la collectivité notre participation au niveau national, mais mon intérêt était d'aborder les questions spécifiques à la Guyane, les ressources potentielles, je parle de l'or, je parle de l'aurifère, et puis surtout des grandes dotations..." Chacun a eu son temps de parole, mais Rodolphe Alexandre ne s'est pas encore étendu sur sa demande de consultation électorale. Pour l'heure, il en a fait la demande écrite à la ministre des Outre-mer avec laquelle il en a parlé le matin même. "Je pense que dans les mois à venir, j'aurai une première réponse." Sa lettre à la ministre reprend ce qu'a décidé le Congrès, d'abord la consultation populaire sur la question statutaire, la proposition du front sur ce que doit être cette réforme statutaire et sa proposition de loi d'Outre-mer qui demande des compétences. Si Annick Girardin a promis une première réponse, Rodolphe Alexandre en attend une du cabinet du Premier ministre.

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21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 06:59
France Ô... Encore

La place des Outre-mer sur la télé publique fait débat au Sénat

Le délégation Outre-mer et la commission culture du Sénat ont auditionné le ministre de la culture sur la fin de France Ô.

"Il fallait arrêter ces deux canals (sic)." En parlant de France 4 et France Ô, faute de français comprise, Franck Riester, le ministre de la culture auditionné par les sénateurs jeudi matin, a ainsi rappelé les bases sur lesquelles repose la réforme de l'audiovisuel public. Ce dialogue entre le ministre et les sénateurs a permis de mettre en exergue la précipitation de la décision de sortir France Ô de la TNT, son impréparation et l'absence toujours criante de stratégie et de vision pour trouver une place à l'Outre-mer sur la télévision publique. "Une méthode gênante" pour le président de la délégation Outre-mer, Michel Magras (LR). Ce dialogue aura aussi mis en exergue la vraie motivation de ceux qui ont décidé la mort de la chaîne : l'audience. "La chaîne n'a pas trouvé son public, peut-être par déficit de sa ligne éditoriale", a indiqué Catherine Morin-Desailly, présidente (UC) de la commission culture du Sénat, qui s'est émue de cette disparition "sans contrepartie d'une présentation de l'offre, si ce n'est une offre numérique sur une plateforme de France TV. Ce serait une non-équité de traitement de l'ensemble des Français." Toujours fidèle à sa formule, "France Ô, chaîne alibi", le ministre de la Culture a voulu rassurer, précisant qu'il y aurait "toujours du personnel dans les services centraux de France TV pour l'Outre-mer" et que l'enveloppe de 10 millions d'euros pour des coproductions de documentaires ultramarins serait non seulement "maintenue mais augmentée".

Visibilité nationale des Outre-mer

Quant à la seule et véritable question que pose la fermeture de France Ô, à savoir, la visibilité des Outre-mer sur les écrans nationaux, le ministre en a appelé au cahier des charges, au contrat d'objectif et de moyens (COM) et à la future loi audiovisuelle qui allaient permettre "de l'inscrire noir sur blanc". Avec un contrôle du CSA. Le groupe de travail sur France Ô piloté par son ministère et celui des Outre-mer avec des parlementaires et des responsables de France TV réfléchit à mettre en place des indicateurs. "Le passé a pourtant montré, souligne Maurice Antiste (app PS), rapporteur pour la délégation Outre-mer sur le sujet, que le renforcement des liens entre F2, F3 et FÔ, prévu dans le COM 2011-2015, est resté lettre morte. Quelles raisons impérieuses ont donc empêché France TV de respecter cette obligation ?"

Pour l'heure, le ministre a parlé d'un programme mensuel sur les Outre-mer sur F2 ou F3 et il trouve "formidable" d'apprendre la météo des Outre-mer sur F2, même s'il admet peu après que c'est aussi "anecdotique". Son souci serait de s'assurer que "la politique de l'audiovisuel public soit tournée vers son public" et selon lui, ce public a de plus en plus accès à Internet. Antoine Karam (LREM) lui a rappelé que la France est universelle grâce à ses Outre-mer et sa zone maritime et que si les fusées partent de Guyane, "trop de monde dans ce département n'ont pas à accès à Internet, sans parler de l'eau !"

Et pourquoi pas des moyens supplémentaires pour France Ô...

David Assouline (PS) a dénoncé la fermeture des deux canaux de télévision à des fins budgétaires et Céline Brulin (PCF), regrettant partout le recul de la proximité, a demandé à Franck Riester : "Pourquoi ne pas travailler la piste d'une modification de la ligne éditoriale de la chaîne et de moyens supplémentaires pour qu'elle puisse conquérir des parts d'audience supplémentaires"... Il est vrai que France Ô a un tout petit budget de 26 millions d'euros contre 2,083 milliards pour France TV. Pour affirmer le fait que "la richesse des Outre-mer doit être parfaitement visible de nos compatriotes", le ministre s'est empressé de citer les chaînes 1ère : "Elles sont un média global qui a un public large et elles ont une vision moderne de ce que doit être l'audiovisuel public, ici en France, dans l'Hexagone pardon..."

Mais que recouvre le terme de "visibilité", a demandé la sénatrice Sylvie Robert (PS), "est-ce la régularité des programmes, la capacité des moyens de production ? Et quid du rôle patrimonial de France Ô ?" "Que veut-on montrer, quel positionnement ? éditorial", demande Stéphane Artano (RDSE). Il signale que la bascule de France Ô sur le numérique réduirait à zéro les aides du CNC qui ne finance des documentaires qu'à la condition qu'ils soient diffusés sur une vraie chaîne... Sans donner guère de réponse avant que la commission France Ô n'ait fini son travail (dans un an), le ministre a voulu faire preuve d'inventivité en suggérant que les journalistes nationaux de France TV ne couvrent plus eux-mêmes les événements dans les outre-mer et qu'ils laissent travailler leurs confères ultramarins.

FXG, à Paris

Franck Riester a annoncé lors de cette édition qu'il se rendrait au premier trimestre en Guyane en Martinique et en Guadeloupe. Au programme : l'audiovisuel, le patrimoine et le "pass" culture en Guyane.

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20 janvier 2019 7 20 /01 /janvier /2019 06:45
Le CReFOM visée par une tribune contre les "décoloniaux"

Le CReFOM attaque les signataires d'une tribune

Refusant d'être assimilé, dans le texte d'une tribune signé par 80 intellectuels, à l'ensemble des associations taxées de "relais complaisants du décolonialisme", le conseil représentatif des Français d'Outre mer (CReFOM) a déposé, le 10 janvier, une plainte pour diffamation et injures publiques avec constitution civile auprès du doyen des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Paris.

Cet "appel contre "l'offensive des décoloniaux", signé notamment par Alain Finkielkraut, Pierre Nora, Elisabeth Badinter, Bernard de la Villardière, Mona Ozouf, Patrick Pelloux, Patrice Franceschi ou Gaston Kelman, a été publié par le Point le 29 novembre dernier et sur le site causeur.fr. Il cite le CReFOM au même titre que de nombreuses autres associations comme une entreprise au service "d'un prétendu mouvement décolonial" qui entretient une "stratégie hégémonique" qui "pousse à la guerre civile", "légitime le communautarisme", utiliser "des méthodes relevant d'un terrorisme intellectuel communautariste", tenter "d'ostraciser" divers intellectuels, se livrerait à des "polémiques diffamatoires", perpétre "un harcèlement sur les réseaux sociaux, diffuse la calomnie", est "anti-Lumières", "encombre des [ses] vindictes les tribunaux de la République", "attaque les institutions culturelles, universitaires, scientifiques, "réactive l'idée de race", "nourrit les haines interethniques et les divisions", pratique le "ségrégationnisme [...] selon la couleur de la peau", mène "une stratégie d'entrisme dans l'université et dans la culture", "neutralise le pluralisme intellectuel", instrumentalise "les autorités et les institutions contre la République", notamment en utilisant des subventions publiques et d'être "ouvertement raciste [...] anti-blancs".

La liste  des passages attaqués est tout de même moins longue que la tribune...

Dans un premier temps la justice devra fixer le montant de la consignation que devra verser  le CeEFOM avant de dire si la plainte est recevable ou non. Pourvu que le CReFOM ait bien fait le tri dans les occurrences attaquées et qu'il précise si chacune d'elle est une injure publique ou est diffamatoire, l'une excluant l'autre selon la loi de juillet 1881 relative à la liberté de la presse.

FXG, à Paris

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19 janvier 2019 6 19 /01 /janvier /2019 07:50
Les mules, France Guyane et le Sénateur Karam

La nouvelle Une de France-Guyane brandie au Sénat

Le sénateur Karam a interpelé le gouvernement sur le trafic de cocaïne entre la Guyane et Paris.

"Dimanche dernier, 19 kilos de cocaïne ont été retrouvés dans les bagages d’une mère et de ses enfants à l’aéroport Felix Eboué de Cayenne. Alors je vous le montre, voilà le quotidien des Guyanais !" Et mêlant le geste à la parole, en pleine séance de questions au gouvernement, jeudi après-midi au Sénat, Antoine Karam a brandi la nouvelle Une du France-Guyane paru le 16 janvier pour alerter le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Laurent Nunez, de la gravité du trafic de drogue depuis la Guyane et de la situation souvent dramatique des mules. Ainsi, le sénateur a énumé des chiffres qui font froid dans le dos : "Entre 2014 et 2018, les saisies ont augmenté de 335 %, passant de 145 à 631 kilogrammes. Si bien que selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, près de 30% du marché français - évalué entre 25 et 30 tonnes - proviendraient de la Guyane. Et j’en témoigne ici pour avoir vu une jeune femme mourir d’overdose en plein vol sous les yeux de son fils."

Parce que les moyens de lutte et les tribunaux sont aujourd’hui saturés, parce que le trafic s’accroît, et avec lui le nombre de ses victimes, Antoine Karam a demandé à Laurent Nunez quel plan "ambitieux" de prévention et de lutte, il entendait déployer contre le trafic de stupéfiants en provenance de Guyane.

Laurent Nunez a confirmé le constat dressé par M. Karam avant de rappeler les résolutions prises par le groupe interministériel (Intérieur, Justice et Santé) à savoir "un renforcement significatif des contrôles au départ et à l'arrivée avec des effectifs en hausse". Cette mesure serait déjà opérationnelle. En second lieu, le ministre a annoncé que les effectifs de police, gendarmerie et douane sur le territoire avait été renforcé en 2017 et 2018. Enfin, il a indiqué qu'un plan global de lutte était mis en oeuvre qui "incluait une collaboration et un partenariat avec les pays de provenance de cette cocaïne".

D'après les chiffres su sénateurs, on compterait 20 à 30 mules par avion, soit plus de 3 000 personnes par an et seulement 10% qui sont interpelés.

FXG, à Paris

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17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 14:19
Grand débat national en Outre-mer

Quel grand débat après les assises ?

"L'outre-mer va se consacrer au grand débat national comme tous les Français, mais ce n'est le seul grand rendez-vous des Outre-mer." Annick Girardin a indiqué lundi matin, avant que le Premier ministre ne donne le détail de son organisation, que "l'idée était que les maires s'investissent". Leurs représentants (via les associations départementales de maires) devraient ainsi participer à la réception des maires de France à l'Elysée le 1er février. Mais pour l'heure, on attend encore une méthode de travail pour ce grand débat national. Si des cahiers de doléances ont été déposés dans de nombreuses mairies de France, ils sont encore rares de notre côté de l'océan.  "Les préfets organiseront le débat s'il le faut, a indiqué la ministre, même si ce n'est pas forcément la bonne solution." Annick Girardin n'en fait de toute façon pas une une priorité : "Les assises ont eu lieu et 25 000 personnes ont pu s'exprimer." Sur les sujets proposés par le président de la République, la ministre en a identifié trois qui pourraient être débattus car complémentaires de ceux retenus dans le livre bleu outre-mer : les institutions, la réforme constitutionnelle et la fiscalité. Ainsi le président de la collectivité territoriale de Guyane a écrit à la ministre pour lui demander la tenue d'une consultation populaire pour une évolution institutionnelle. Des élus de la Martinique comme de la Guadeloupe y songent aussi quand ceux de la Réunion voudraient réformer l'amendement Virapoullé. La question de la démocratie participative pourrait aussi se poser comme elle l'a été à la Réunion lors de sa crise "gilets jaunes". Dans ce département, des citoyens ont intégré l'observatoire des prix. Ce principe pourrait être généralisé avec un tirage au sort de volontaires, si tant est que cela soit demandé par les citoyens... Côté fiscalité, l'octroi de mer a été remis en cause, notamment à la Réunion, en raison de l'injustice qu'il porterait dans la différence du coût de la vie entre l'Hexagone et les Outre-mer. Le débat serait l'occasion de le vérifier. En Guyane, l'évolution institutionnelle pourrait être doublé d'un volet fiscal si la CTG souhaite plus d'autonomie... Pour ce qui est de la transition écologique, la ministre estime que le livre bleu outre-mer y répond déjà.

Le grand débat sera ainsi l'occasion pour la ministre d'avoir le sentiment des citoyens et non pas seulement des élus. Pour commencer à aborder ces sujets, Annick Girardin a plusieurs grand rendez-vous à son agenda. Mardi 16, c'était avec l'ensemble des parlementaires ultramarins qui siègent aux délégations outre-mer de l'Assemblée et du Sénat, et jeudi 17 avec les présidents de collectivités territoriales d'Outre-mer. La ministre a par ailleurs annoncé qu'elle présenterait bientôt le programme "Outre-mer 5.0" et qu'un comité interministériel des Outre-mer devrait se tenir "très certainement" en février pour faire le bilan de la mise en oeuvre du livre bleu outre-mer parallèlement au grand débat.

FXG, à Paris

Logement social

La conférence logement qui doit se tenir le 31 janvier prochain signera la fin du plan logement Outre-mer et la naissance de son successeur. La demande des élus reste forte alors que le précédent plan a montré ses faiblesses. Ainsi par exemple, au lieu de 5000 logements construits par an à la Réunion, on n'est parvenu qu'à en faire sortir de terre seulement la moitié. L'idée du nouvel acteur du logement, CDC-Habitat qui a racheté les parts de l'Etat dans les sociétés immobilières d'Outre-mer, serait de créer aux Antilles comme à la Réunion un cluster regroupant tous les acteurs de la filière du logement social dans une stratégie commune pour gagner en efficacité. Lors de cette convention, il devrait être aussi question de l'APL accession qui n'a été rétablie que pour cette année, en attendant d'élaborer un nouveau dispositif pérenne d'accession sociale à la propriété. Par ailleurs, Action Logement qui a annoncé un plan d’investissement volontaire de 9 milliards d’euros pour faciliter l’accès au logement des salariés, en a réservé 1,5 pour les Outre-mer.

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17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 06:31

France Ô, toujours entre la vie et la mort

Officiellement, le sort de France Ô fait l'objet d'un groupe de travail suivi par les ministères de la Culture et des Outre-mer avec le concours de parlementaires siégeant dans les commissions culture du Sénat et de l'Assemblée.

Autant, Françoise Nyssen, l'ancienne ministre de la Culture, semblait avoir entendu les défenseurs de la chaîne des Outre-mer, autant le nouveau titulaire du poste, Franck Riester n'a pas le même tropisme, lui qui déclarait en novembre dernier devant les députés de la délégation Outre-mer : "France Ô n'est qu'une chaîne alibi." La survie de France Ô sur la TNT ne déchaîne d'ailleurs aucune passion, que ce soit dans les territoires où les 1ère sont en position de force ou dans l'Hexagone où la chaîne n'est que peu regardée. Pourtant, au ministère des Outre-mer, on s'est rendu compte que beaucoup de personnes s'opposaient  à une fermeture qui semble déjà acquise. Or, rien n'est moins vrai puisque cette décision doit passer par une loi qui devait être présentée en juin prochain. On parle désormais au mieux de juillet, mais plutôt du dernier trimestre... Cette nécessité législative n'empêche guère la présidente de France TV, Delphine Ernotte de prendre des décisions qui anticipent la fin de France Ô.

Dans ce contexte et celui de l'élaboration de nouveaux contrats d'objectifs et de moyens pour la télé publique, la commission France Ô réfléchirait d'abord à ce qu'il convient de faire si France Ô ferme pour assurer une réelle visibilité aux Outre-mer dans les programmes de France TV. "Pour compenser la fermeture de France Ô, nous allons augmenter la visibilité des outre-mer sur le reste de France télévisions', avait annoncé Delphine Ernotte devant les parlementaires. "Pourra-t-on se satisfaire d'avoir rajouté la météo des outre-mer dans les bulletins météo de France 2 ?", rétorque le syndicat.

0,7 % d’audience et 0,8 % du budget de France Télévisions

Un autre syndicat de salariés, le le SNPCA-CGC a comptabilisé les apports de France Ô aux 1ère. Par rapport à 2017, sa rédaction parisienne a ainsi augmenté de 7,3 % le nombre de sujets et reportages fournis aux 9 stations des 1ere en 2018 alors que ses effectifs ont chuté de 38,5 % depuis 2016. Les salariés du siège de Malakoff rappellent que la chaine des Outre-mer faisait en moyenne 0,7 % d’audience mesurée par Médiamétrie avec un budget annuel de 25 millions d’euros, soit 0,8 % du budget de France Télévisions, soit également 1/30ème du budget de France 2.

Ce jeudi, Franck Riester est auditionné sur le sujet France Ô par la délégation outre-mer du Sénat tandis qu'à l'Assemblée nationale, l'ancienne ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin vient de prendre la tête d'une "mission flash". Quant à la ministre des Outre-mer, elle convient que c'est un sujet qui pourrait être fort bien évoqué dans le grand débat national, quoi qu'il n'en fut pas un lors des assises des Outre-mer...

FXG, à Paris

La chaîne fantôme

La chaîne de Malakoff ne lance plus aucun projet. Les rares productions qui ont été validées cette année sont des programmes pour les 1ère, telle la nouvelle série policière en Nouvelle-Calédonie qui est amenée à remplacer la série réunionnaise Cut. Le syndicat CFE-CGC observe que la chaîne manque déjà à ses missions. Ainsi, la direction des sports de France TV a décidé (une première !) de ne pas diffuser le 5 janvier dernier le match des 32ième de finale de la coupe de France de football qui opposait l’équipe de l’US Orléans aux Aiglons du Lamentin de La Martinique, la dernière équipe ultramarine encore en lice dans cette compétition sportive dont FTV détient les droits. France TV Sports a préféré retransmettre quatre autres matchs. Ainsi, la rencontre pourtant annoncée sur le site de Martinique la 1ere a été diffusée en direct su Canal+ Antilles. "France télévisions sert la soupe à la concurrence et au privé, déplore le syndicat CFE-CGC de France TV qui s'interroge sur la direction du pôle Outre-mer de France TV qui a laissé faire cette "catastrophe industrielle" en termes de service public et surtout d’audimat.

Le 2 janvier dernier, la communication de France TV invitait les salariés du groupe à se réjouir des bonnes audiences de 2018. France Ô n'y figurait déjà plus. Il est vrai que la présidente de France TV avait d'abord songé à fermer l'antenne dès 2019, mais elle a dû reporter cette échéance en 2020 pour permettre à France TV de diffuser toute sa part de JO et respecter ainsi son contrat avec le CIO.

France Ô en quelques chiffres

(sources SNPCA-CGC)

• 2459 sujets produits par la rédaction outre-mer de France Ô et 4692 diffusions dans les JT des 1ere.

• 832 modules info « outre-mer express » diffusés sur Franceinfo.tv

• 42 modules info décryptages diffusés sur Franceinfo.tv

• Des émissions spéciales et des directs (référendum en Nouvelle-Calédonie / Route du Rhum / Coupe du Monde Football Russie / Coupe de France de football / Salon agriculture / etc.

• Directs et Facebook live quotidiens pour la Coupe du monde de football en Russie diffusés sur les 9 antennes 1ere

• 180 Magazines produits et fournis aux 9 Antennes des 1ere (Archipels  et Investigations)

• Quotidienne LTOM coproduite par France Ô et rediffusée sur chaque Antenne des 1ere

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17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 05:46
Un commission d'enquête parlementaire réclamée sur l'eau en Outre-mer

Des députés (FI, GDR, LR et UDI) veulent une commission d'enquête sur l'eau en Outre-mer

Prix, quantité et qualité de l'eau dans les DOM au coeur d'une demande de résolution à l'Assemblée nationale.

Une proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête sur l’accès à l’eau potable, sa qualité et ses effets sur la santé en Outre-mer, a été

déposée le 18 décembre dernier par l'ensemble des députés insoumis dont le Réunionnais Jean-Hugues Ratenon, la plupart des députés GDR dont le Polynésien Moetai Brotherson, le Guyanais Gabriel Serville, une poignée de députés LR dont Nathalie Bassire (Réunion), Mansour Kamardine (Mayotte) et la député UDI de Polynésie, Maïna Sage. Les informations dont les députés disposent sont parcellaires ou inexistantes, mais révèlent de très fortes disparités avec la situation en Hexagone.

Ainsi, alors que le prix moyen du mètre cube d’eau est en moyenne à 2,03 euros (2013) au niveau national, ce prix va de 2,22 euros à Saint-Pierre-et-Miquelon à 5,28 euros en Martinique. Les dépenses liées à l’eau courante sont clairement disproportionnées et inégalitaires (0,8 % dans l’hexagone contre 1,65 % pour la Martinique, par exemple).

Par ailleurs, alors que le rendement des réseaux est de 79,9 % en Hexagone, il est seulement de 53 % en Outre-mer. Par exemple, à Mayotte et en Guyane, on estime que près de 20 % de la population ne dispose pas d’eau potable à proximité du domicile. En Guadeloupe les canalisations on estime que 60 % de l’eau est perdue à cause du mauvais entretien des réseaux de distribution, avant d’atteindre les domiciles. Conséquences : 50 millions de bouteilles plastiques sont consommées chaque année en Guadeloupe, avec des conséquences économiques et écologiques désastreuses. Certains usagers ont dû attendre jusqu’à 2 ans avant que leur domicile soit relié à la canalisation de distribution de l’eau potable.

Il y a encore des problèmes de qualité de l’eau, très loin de celle distribuée sur le territoire hexagonal. Ainsi, à La Réunion, 52 % des Réunionnais sont alimentés par des réseaux dont la sécurité sanitaire est insuffisante et des parasites seraient présents dans l’eau pour 5 % des abonnés. Cette eau contient donc des éléments pathogènes entrainant des pathologies plus ou moins graves, mais dont l’impact néfaste sur la santé est avéré.

C'est donc pour mettre en place une politique publique de gestion de l’assainissement, de la distribution et de contrôle des prix de l’eau que ces députés entendent demander cette commission d'enquête.

Leur proposition de résolution a été renvoyée à la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire qui devrait se prononcer dessus au mois de février.

FXG, à Paris

La proposition de résolution

"Il est créé une commission d’enquête chargée d’examiner les conditions de collecte, d’assainissement, de distribution et de facturation de l’eau potable en Outre-mer. Une évaluation sur la qualité de l’eau et son impact sur la santé sera réalisée à cette occasion. En s’appuyant sur le bilan qu’elle aura établi, la Commission s’attachera également à évaluer les mesures à prendre pour rétablir l’égalité entre le territoire hexagonal et les territoires d’Outre-mer en matière d’accès à l’eau et de qualité de celle-ci."

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15 janvier 2019 2 15 /01 /janvier /2019 06:03
Diversité à la télévision... Avec ou sans France Ô ?

Diversité à la télé : encore un effort

La diversité sociale et ethnique de la société française reste encore à la traine à la télévision selon le dernier baromètre du CSA présenté ce 10 janvier par Mémona Hintermann-Affejee.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel vient de publier son dernier baromètre de la diversité de la société française comme il le fait annuellement depuis 2012. Pour le réaliser, les programmes des 18 chaînes de la TNT ont été épluchés pendant deux semaines, soit 2400 programmes, 400 heures de fiction, 250 heures d'infos, 400 heures de mag ou documentaire, 300 heures de divertissement et 80 heures de sport. Plus de 37 000 personnes ont été repérées et indexées selon qu'elles étaient perçues comme blanches, noires, arabes, asiatiques ou autre, selon leur sexe, leur âge, le catégorie socioprofessionnelle, , leur handicap, leur situation de précarité et pour la première fois leur lieu de résidence. Au final, les personnes perçues comme blanches restent largement majoritaires à la télé (83 %), même si on constate que la présence des personnes perçues comme non blanches progresse de deux point par rapport à 2016 (dans son précédent baromètre 2017, le CSA avait pointé ses résultats chaîne par chaîne mais n'a pas voulu le publier pour ne pas stigmatiser les chaînes...)

Les personnes perçues comme noires représentent 50 % des non blanches contre 45 % en 2016, alors que les personnes vues comme arabes sont moins nombreuses avec 19 % contre 25 % en 2016. Les Asiatiques restent stables à 12-13 %.

Le CSA observe encore que les personnes perçues comme non blanches sont plus présentes dans les fictions (20 %) que dans les autres programmes (sport 11 %; information 13 %, magazines et docs 16 % et divertissement 16 %). "La part des personnes perçues comme non blanches, explique la conseillère Mémona Hintermann-Affejee en charge de ce sujet au CSA, est plus forte dans la fiction grâce aux fictions américaines et grâce à France Ô !" Sans les premières, le taux passe de 20 à 14 % et sans France Ô, le taux tombe à 10 % ! Pour autant, France Ô né réalisant que 0,5 % d'audience, elle ne peut servir d'alibi pour augmenter les chiffres de la diversité.

S'agissant de l'information, le taux de personnes perçues comme non blanches plafonne à 11 % et gagne deux points avec France Ô.

S'il y a plus de héros parmi les personnes perçues comme non blanches (21 %) que chez les personnes perçues comme blanches (17 %), les personnes perçues comme non blanches sont surreprésentées dans les activités marginales ou illégales (43 %) ou en situation précaire (41 %).

9 % d'ultramarins avec FÔ ou 0,3 % sans FÔ

Ce baromètre révèle aussi que les catégories socioprofessionnelles sont surreprésentées (74 %) et que cette tendance est stable dans le temps. Quant à la représentation du handicap, elle reste marginale avec un taux éloquent de 0,7 %. Autre constat : les personnes résidant dans les banlieues et les "quartiers" sont peu représentées à l'antenne (3 %) tout comme les personnes résidant dans les Outre-mer (9 %). Si l'on enlève France Ô, et c'est pour bientôt, le taux retombe à 0,3 %. De même, les personnes en situation de précarité sont quasiment absentes (0,7 %) elles aussi de l'antenne. Sachant que ces personnes en précarité sont perçues essentiellement comme non blanches, inactives et ayant des rôles secondaires, on se dit que le CSA devrait chercher à établir un baromètre de la diversité sociale plutôt qu'un baromètre de la diversité ethnique. Le résultat serait sans doute à peu près le même...

FXG, à Paris

Mémona Hintermann Affejee, membre du CSA

"Ce qui est montré et dit sur nos médias ne correspond pas à la réalité du pays. Il y a un tel décalage alors que les gens s'intéressent à leur propre destin ! La France dispose de territoires où elle peut faire incarner des destins croisés sur sa diversité sociale. Si les télés ne se mettent pas à la page, elles vont être désertées... Pour l'heure, chaque français passe 3 h 45 en moyenne devant sa télé ce qui fait d'elle toujours le mass média de référence, mais la myopie des chaînes peut être un problème concernant la cohésion sociale du pays."

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14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 06:26
Une allée Clarissa Jean-Philippe à Paris

Paris honore Clarissa

Au coeur du jardin du serment de Koufra, à la porte d'Orléans, l'allée surmontant l'aire de jeu pour enfants a vu surgir, sous l'oeil bienveillant d'un nu du sculpteur Martial, deux beaux candélabres portant chacun une plaque de rue dédiée à Clarissa Jean-Philippe : "Allée Clarissa Jean-Philippe... Victime du terrorisme dans l'accomplissement de son devoir"

Autant la cérémonie d'hommage à Clarissa Jean-Philippe du mardi 4 janvier à Montrouge, avec les deux ministres de l'Intérieur (Castaner et Nunez) et leur collègue des Outre-mer, était emprunte d'une gravité toute républicaine, autant celle qui s'est déroulée vendredi matin à Paris avait quelque chose de plus intime, de plus familier... Et ce malgré la présence de très nombreux élus de la région parisienne, du grand rabbin de France et du procureur de la République de Paris, Rémi Heitz. "Aujourd'hui, indiquait Justine Nordin, la tante de Clarissa, c'était plus personnel... Je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait autant de monde." Autant de monde, mais surtout beaucoup d'amis, de proches et de compatriotes antillais de la capitale. L'ancienne ministre et députée de Paris, George Pau-Langevin, le délégué interministériel, Jean-Marc Mormeck, la députée de Sainte-Marie, Manuela Kéclard-Mondésir, les comédiennes Firmine Richard,  Mariann Mathéus et Sourya Adèle, les élus parisiens et franciliens, Nathalie Fanfant, Rosy Stanislas et Pierre Kanuty, les présidents des principales associations antillaises, Jean-Michel Martial, René Silo, Jacques Ambrosio, José Pentoscrope, Jean-Paul Saffache et encore l'ancien patron de LADOM, Jean-Claude Cadenet...

"Nou sé Clarissa"

"Ce qui est inscrit sur la plaque, commente sa tante, ça fait chaud au coeur. Je pense à ma soeur au pays qui est malade... Quand elle va voir cette plaque, je pense qu'elle va être très contente et ça va lui faire du bien !"

Après un discours introductif de Carine Petit, maire du 14e arrondissement, suivi du maire de Montrouge, Etienne Longereau, le contre ténor Fabrice Di Falco, accompagné du contrebassiste Julien Leleu, a interprété "Mon Ange", d'Edith Lefel. Samuel Nordin et son épouse ont exprimé leur gratitude avant de laisser Anne Hidalgo, maire de Paris, saluer "le geste fort et symbolique d'inscrire le nom de Clarissa au coeur de Paris". "Clarissa représentait l'ordre républicain, a poursuivi Mme Hidalgo, elle était aussi elle-même une jeune femme pleine de vie qui représentait aussi ce que Paris et ses communes voisines doivent aux Ultramarins. C'est en étant fidèle à ce que  nous sommes que nous serons fidèles à Clarissa..." Cette plaque se veut un rappel quotidien pour tous ceux qui passeront devant, qui emprunteront cette allée dans ce jardin pour ne jamais oublier cette terrible tragédie. "Clarissa continuera, a conclu le maire de Paris, de faire partie de notre vie. Nou sé Clarissa !"

FXG, à Paris

Elles ont dit

Nathalie Fanfant conseillère de Paris (LR)

"Je suis très heureuse et très honorée que la ville de Paris ait mis cette plaque en l'honneur de Clarissa Jean-Philippe dans le 14e arrondissement. Clarissa est morte pour la République, pour les Français, pour les Parisiens et les habitants de Montrouge. Il était normal et légitime qu'un tel hommage lui soit rendu. C'est aussi une façon de marquer dans le temps et l'histoire cet événement : Elle aura été une victime du terrorisme, mais le fait que son nom soit marqué ici, c'est une façon de dire aussi qu'on n'oublie pas, on ne plie pas, on ne se rend pas... Soyons fiers de ce que Clarissa a fait pour nous !"

Manuela Kéclard-Mondésir députée (GDR)

"Je suis saisie de deux sentiments qui se chevauchent. La raison pour laquelle, cette plaque est installée, c'est parce que Clarissa n'est plus là, qu'elle est morte dans des conditions tragiques... Et en même temps, c'est une reconnaissance. Elle n'est pas tombée dans l'oubli comme gens qui meurent de froid... Il est très important de rappeler l'histoire, de rappeler les conditions dans lesquelles ça s'est passé, la période lors de laquelle la France a été touchée. La Martinique a été aussi touchée à travers Clarissa et cette plaque permet à chacun de se rappeler. Les promeneurs, les scolaires, le milieu professionnel de Clarissa, policiers, gendarmes, tous pourront se retrouver dans cette allée. Ce sera une façon de saluer de saluer le travail, la profession, le métier, l'engagement et le don de soi !"

En images

Jacques Ambrosio, président de l'association Accolades qui fête ses 32 ans cette année

Nou sé Clarissa

Jean-Michel Martial et René Silo

Julien Leleu et Fabrice di Falco

Pierre Kanuty, Nathalie Fanfant, Bernard Bresler et José Pentoscrope

Jean-Marc Mormeck

Firmine Richard et George Pau-Langevin

Samuel et Justine Nordin

Jean-Claude Cadenet et Joby Garnier de la ville de Paris

 

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