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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 02:02

Après Juppé, Fillon ou Le Maire, candidats à la primaire, Frédéric Lefebvre est à son tour en campagne aux Antilles. Interview

"Arrêtons d'emmerder les Français"

Qu'est-ce qui distingue votre candidature de celles des autres pour ces primaires de la droite et du centre ?

Ma vision mondiale, dans laquelle l'Outre-mer représente un des atouts majeurs de la France, en lien avec notre diaspora dans le monde.  Nous avons un formidable avenir si nous savons miser sur la France mondiale, sur les porte-avions de la France que sont, à proximité de tous les continents, nos territoires d'Outre-mer.  Or la France mondiale comme la France provinciale sont les grandes oubliées.

Mais il y a également l'attitude politique que je défends : ma patrie avant mon parti.  Je ne crois plus au logiciel droite/gauche. Il est dépassé. Je vote depuis trois ans les projets de loi que je juge bons pour la France, d'où qu'ils viennent. J'ai voté le CICE. J'étais le seul député UMP !  Les paroles s'envolent mais les actes restent... 

Quelle vision de développement avez-vous pour les Antilles ?

Dans mon premier livre, "Le mieux est l'ami du bien", publié en 2010, je proposais que la France investisse dans des pôles d'attractivité, dans chacun de nos territoires  ultramarins qui pourraient ainsi faire rayonner notre pays sur tous les continents. 

Le tourisme doit rester une priorité et le développement des liens avec le Canada et les Etats-Unis doit être renforcé. Un magazine New-Yorkais place la Guadeloupe à la 4ème place de son classement des plus belles îles de la Caraïbe. USA Today place la Guadeloupe et la Martinique dans le top 10 "Best Caribbean Destination for Food". Atout France à Montréal me confirmait il y a peu l'attrait formidable des Antilles au Québec, notamment...

Je discutais récemment à Los Angeles avec le board de la Warner de l'éventualité d'un pôle d'attractivité en matière de cinéma pour identifier des lieux de tournage permanent, des lieux de formation aux métiers du cinéma. Il faut dynamiser la production locale. Le succès planétaire de  "Rue Case Nègres" est dans nos mémoires. Plus récemment, "La première étoile" a montré les qualités de cette production. 

Sur le cinéma, comme sur la tech, le pouvoir parisien technocratique et politisé ne calcule pas l'Outre-mer.

Pour la jeunesse, je veux développer la mobilité à l'international et proposer aux élus de s'associer au plan que j'ai lancé il y à deux ans : "Partez à la conquête du monde". Des jeunes Français fonnt leur service civique  aux Etats-Unis et au Canada, 1 ou 2 ans à 570 euros par mois. Je proposerai aux jeunes  que je vais rencontrer d'en profiter. Intensifions, ici, les échanges avec  les économies régionales en exportant le savoir-faire de nos jeunes. Additionnons nos différences. Visons l'égalité réelle que j'évoquais avec Jesse Jackson le 10 mai à la cérémonie commémorant l'abolition de l'esclavage.

Que pensez-vous du système d'aide fiscale à l'investissement ?

Du bien ! Veillons à le solidifier, à prolonger, par exemple, les zones franches au delà de décembre 2017.  Développons le Crédit impôt Recherche aux Antilles et proposons aux acteurs économiques d'Amérique du Nord d'y développer des centres de Recherche et développement.  Et baissons les charges. Libérons les indépendants du RSI. Ils n'en peuvent plus. Je les invite à voter pour la liberté d'affiliation sur voter.nouveaux-horizons.fr jusqu'au 27 mai.  Allégeons les réglementations.  Arrêtons d'emmerder les Français. 

Peut-on aller encore plus loin dans les exonérations de charges pour favoriser l'emploi ?

Adaptons-nous à la mutation du travail. L'automatisation est en route. Le MIT, la prestigieuse université technologique de Cambridge, nous dit que 50% des emplois sont automatisables. Je défends le "Revenu Universel", sans conditions, de la naissance à la mort, non fiscalisé, cumulable avec un emploi. C'est un immense progrès là où c'est appliqué comme en Namibie. La Finlande ou le Québec vont le lancer.  Notre système social est à bout de souffle. Son coût de gestion est de 42 milliards d'euros, plus de la moitié du déficit de la France ! Pas ce qui est versé aux Français, mais le coût des administrations qui pondent les réglementations au niveau local ou national, qui contrôlent, sanctionnent,.. Et cela pèse sur les artisans, les commerçants, les agriculteurs, les employés, cette France qui travaille dur et vit difficilement. 

Il faut éradiquer la pauvreté et le chômage en changeant de logiciel. 

Mettrez-vous un terme à la sur-rémunération des fonctionnaires ?

Ne mettons pas la charrue avant les bœufs ! Remettre en cause une incitation à travailler dans le secteur public plutôt que dans le secteur privé, pourquoi pas à moyen terme... Mais après avoir dynamisé l'économie en investissant dans le soutien à  l'innovation, à la production cinématographique, aux biotechnologies,  pour la croissance, en liaison avec l'environnement régional. J'y tiens. 

En résumé, ce milliard d'Euros, évoqué par la cour des comptes, doit être mobilisé à 100% sur l'Outre-mer, et donc progressivement redéployé sur l'économie locale pour être productif et pas comme je l'entends mobilisé sur la réduction globale des déficits de la France, sans se soucier des dégâts ici en terme de consommation.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 12:01

Les Outre-mer veulent une place dans le guide Michelin

Christian Bidonnot, critique gastronomique et animateur du site topoutremer, a été reçu la semaine dernière par Michaël Ellis, le directeur des guides Michelin, pour lui remettre les lettres officielles de soutien des ministères des Outre-mer et des Affaires étrangères, d'Atout France, de la Fedom et des comités, offices et syndicats professionnels des régions ultramarines. M. Bidonnot a ouvert ce front en février dernier pour obtenir l’inclusion des meilleurs hôtels et restaurants des régions d’outre-mer dans le guide rouge national.

Michaël Ellis a fait savoir qu'il analyse les possibilités d’inclure les départements-régions d’Outre-meær à partir de l'édition 2017, puis les collectivités, territoires et pays d’outre-mer en 2018. S'il assure vouloir tenir compte du potentiel touristique de nos régions, il précise que des partenariats commerciaux sont nécessaires pour compenser les frais d’hébergement, de transports, de restauration et de rétribution de ses inspecteurs.

L’inclusion des régions d’outre-mer signifie l’adjonction de cartes régionales et de plans municipaux, de listes d'hôtels et maisons d’hôtes de charme, de restaurants étoilés, de "bib gourmands" ou "assiettes", après sélection par les inspecteurs du guide.

Christian Bidonnot a déjà entrepris une démarche similaire auprès du Bottin gournmand.

FXG, à Paris

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 07:11
Jesse Jackson en compagnie de Loic Iscayes-Lami, président de Jeunesse Outre-mer et co-fondateur du forum Projeunesse depuis 3 ans, et Myriam Heinz , co-fondatrice du forum Projeunesse.

Jesse Jackson en compagnie de Loic Iscayes-Lami, président de Jeunesse Outre-mer et co-fondateur du forum Projeunesse depuis 3 ans, et Myriam Heinz , co-fondatrice du forum Projeunesse.

Jesse Jackson avec Jeunese Outre-mer et Outre-mer Network

Dans le programme chargé du révérend Jesse Jackson à Paris à l'invitation de la ministre George Pau-Langevin, le réseau Outre-mer Network (OMN), partenaire de l'événement était en charge de l'organisation de la journée du 11 Mai. Une occasion unique de parler de projets économiques et des possibles partenariats avec le programme Rainbowpush ainsi qu'une rencontre avec la jeunesse via le réseau Jeunesse Outre-mer (en charge du pôle jeunesse/emploi d'OMN) au ministère des Outre-mer.

Jesse Jackson et sa délégation ont ainsi pu se rendre en banlieue à Pantin dans l'atelier du Guadeloupéen Rudy Jean Jacques (maître fondeur et artisan d'art récemment primé par la chambre des métiers). Une réunion s'est ensuite tenue à Paris avec Mathieu Corniéti, président du fonds d'investissement Impact Partenaires (qui dispose de 60M€), spécialisé dans l'investissement à fort impact social et partenaire majeur du réseau OMN notamment sur le concours Innovation Outre-mer chez BPI France en 2015.

La journée s'est achevée avec un dîner débat entre Jesse Jackson et 140 entrepreneurs, responsables associatifs ainsi que des personnalités comme Firmine Richard, Ketty Jean-Louis ou Christine Kelly. George Pau-Langevin et Hélène Geoffroy, la secrétaire d'Etat en charge de la ville, sont venus les saluer.

L'équipe américaine de Jesse Jackson a été très sensible à l'image d'excellence dégagée par l'équipe Joce du Guyanais Jocelyn Golitin. Avec ses deux capitaines de bateaux sur la Seine (Garry Comprelle et Brenda Medus), l'équipe a été un symbole et un passage de témoin entre la cérémonie mémorielle de la veille au jardin du Luxembourg et la dynamique économique mise en avant depuis près de six ans maintenant par le réseau OMN.

FXG, à Paris

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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 05:09
Descas, président de l'association KS and Co

"Un flic" avec le directeur de KS and Co

Le comédien Serge Abatucci (à droite), co-directeur et fondateur de la compagnie théâtrale KS and co, est assis à la terrasse du café Zimmer à Paris avec le nouveau président de l'association KS and co, le comédien Alex Descas. Celui qui a tourné sept films avec Claire Denis et qui s'est illustré dans la série "Un flic" d'Hugues Pagan, a succédé en octobre dernier à Pierre Chambert à la tête de l'association qui gère la troupe, l'école de théâtre Kokolampoe, scène nationale, et le festival des Tréteaux du Maroni. La pièce Mary Prince, interprétée par Souria Adèle et qu'Alex Descas a mise en scène sera d'ailleurs jouée le 5 juin à 17 heures dans la Case théâtre n°8 du camp de la Transportation à Saint-Laurent.

(Photo FXG)

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 04:56
Tambours croisés

Les Tambours croisés débarquent

Le 17 mai à l'Alhambra - Paris, 19 au 25 mai - Martinique, 26 au 31 mai - Guadeloupe, 1er au 9 juin - Guyane, 10 au 19 juin - Haïti

Le dernier CD des Tambours croisés est une perle, pour autant son directeur artistique, le Martiniquais Thierry Nossin préfère en parler comme d'une "trace", tant ce qu'il aime dans cette expérience qu'il a initiée en 2011, c'est le live, la scène, les interventions dans les écoles ou les prisons...

Depuis l'année des Outre-mer en France, les tambours croisés n'ont cessé de préparer leur dernière tournée. Après le Sénégal et Paris le 17 mai, les voilà en Martinique, puis en Guadeloupe, en Guyane et jusqu'à Port-au-Prince. A chaque fois ou presque, les dates de leur présence coïncident avec les dates anniversaires de l'abolition de l'esclavage. L'an prochain, ils iront au Congo et encore après à Cuba !

Nossin a voulu réunir deux musiciens par territoire, un chanteur et un tanbouyé. Au début, ils étaient six, venus de la Martinique, la Guadeloupe et la Réunion. Cinq ans plus tard, ils représentent sept pays : Martinique, Guadeloupe, Réunion, Mayotte, Guyane, Haïti, Sénégal. Avec Thierry Nossin, ils sont 14. Mais, et c'est sa grande frustration, Thierry Nossin n'est pas percussionniste. Il est juste le faiseur, celui sans qui ces expériences de créolisation des musiques afro-créoles n'aurait jamais eu lieu.

Pour le Sénégal, c'est une griotte Coumba Arame Mbaye qui chante et le tanbouyé n'est autre que le maître-tambour d'Omar Pene, Alioune Seck. Pour la Martinique, Nenetto (René Capitaine) est au chant, Claude Jean-‐Joseph est aux tambours et Béatrice Alcindor est répondè. Pour la Guadeloupe, c'est Joël Jean aux tambours et Marie-Line Dahomay au chant. Pour la Réunion, Eno Zangoun est au chant et Zelito Deliron aux tambours. Pour la Guyane, Yannick Théolade chante et percute. Pour Mayotte, Diho est au chant. Enfin, pour Haïtik Guerline Pierre chante et Jackson Saintil joue des tambours.

"Nous avons réussi, se félicite Thierry Nossin, à réunir les ultramarins sur une même scène malgré certains atavismes et des approches musicales difficilement compatibles."

FXG, à Paris

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 04:03

La banane française se vend bien

La banane française est désormais vendue dans 1013 supermarchés et hypermarchés en France hexagonale. « Cela représente 14 000 colis par semaine sachant que les hypers réalisent en moyenne 23 colis et les supers 10 colis  », indique l’UGPBAN. La banane française est vendue par 3,4,5 ou 6 doigts enrubannés tricolore et vendus à prix fixe toute l’année. L’UGPBAN compte atteindre 38 000 colis par semaine en décembre 2016 pour un tonnage annuel de 16 000 tonnes. L’objectif est d’atteindre l'an prochain 5 000 magasins et écouler 50 000 tonnes de bananes françaises.

L'information a été piquée sur le blog spécialisé fruit et légumes d'Olivier Masbou (leblognotesdoliviermasbou.com)

 

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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 06:15

Moins de taxes pour les transfrontaliers de Saint-Georges

Le Sénat a voté jeudi matin l'approbation de l'accord signé à Brasilia le 30 juillet 2014 par les gouvernements français et brésiliens. Cet accord met en place un régime spécial transfrontalier concernant des produits de subsistance entre les localités de Saint-Georges de l'Oyapock (France) et Oiapoque (Brésil). Il exempte de droits et taxes les achats de consommation courante effectués par les ressortissants français et brésiliens sur le territoire de l’autre Etat dans le cadre du régime spécial de circulation transfrontalière en vigueur depuis le 12 juin 2015 entre les deux rives de l'Oyapock. La dispense de droits et taxes est valable au seul bénéfice des particuliers ayant le statut de frontalier, et ses effets sont limités au périmètre du régime spécial. L’accord exclut toute activité commerciale, ne s’applique pas aux produits fortement taxés, tels les alcools et le tabac, et n'empêche pas les contrôles douaniers à visée sanitaire ou sécuritaire.

Il est le dernier d’une série d’accords techniques conclus depuis 2005 pour préciser le cadre juridique des relations transfrontalières franco-brésiliennes dans la perspective de la mise en service du pont sur l’Oyapock.

FXG, à Paris

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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 06:13
Ségolène Royal et Patrick Lecante au ministère de l'Environnement, le 12 mai

Ségolène Royal et Patrick Lecante au ministère de l'Environnement, le 12 mai

500 000 euros pour Montsinery-Tonnegrande

"Les communes peuvent changer leur éclairage public, récupérer les déchets pour faire du biogaz, financer des métaniseurs, faire des travaux d'isolation sur les bâtiments publics. Le territoire à énergie positive pour la croissance verte, c'est un tremplin écologique..." La ministre de l'Environnement a remis hier aux 70 lauréats de cet appel à candidature pour le TEPCV les conventions d'appui financier. Parmi les communes retenues, celle de Montsinery-Tonnegrande. Son maire Patrick Lecante va rentrer de Paris avec un chèque de 500 000 euros !

Avec ça, il va pouvoir développer l'éducation à l'environnement dans le but de réduire la facture énergétique, construire une école de seize classes dans la ZAC avec une démarche d'énergie positive et mettre en place un cicruit court entre les producteurs locaux et la cantine scolaire. "C'est un grand jour pour la collectivité de Montsinéry-Tonnegrande, s'est esclamé son maire avant de remercier Ségolène Royal.

FXG, à Paris

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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 06:05

Concurrence faussée dans le BTP : 5 M€ d'amende

L'Autorité de la concurrence (AC) vient d'infliger 5 M€ d'amendes à six entreprises réunionnaises. Elles s'étaient réparties les marchés, empêchant le développement de leurs concurrents dans les secteurs des treillis soudés et des armatures métalliques. "Ces pratiques, indique l'AC ont affecté l'ensemble des activités de travaux publics à la Réunion et notamment le chantier de la route des Tamarins." A l'origine de cette sanction, une plainte de la Fédération Réunionnaise du bâtiment et des Travaux Publics (FRBTP). Une série de saisies dans plusieurs entreprises effectuées par les services d’enquête de la concurrence et des fraudes en septembre 2008 vont révéler trois ententes anticoncurrentielles. Le dernier marché des armatures représente alors 10 000 tonnes par an. L'arrivée d'Arma Sud en 2005 avec le lancement du chantier de la route des Tamarins vient troubler l'entente des trois sociétés du pôle armaturier réunionnais (Sermetal Réunion, Réunion armatures et Babich Welbond Réunion). Finalement, les Groupes Ravate et Chong Fah Shen passent un "accord stratégique" sur les règles de fonctionnement entre les quatre sociétés. Il prévoit que "la création d’Arma Sud ne doit pas porter préjudice aux sociétés Sermétal et Réunion Armatures." Résultat, sur le marché du treillis soudé, de juin 2006 à avril 2007, puis sur le marché des armatures métaliques, de mai 2006 à juin 2008, Arma Sud intervient uniquement en tant que sous-traitant de Sermétal et Réunion Armatures. En phase de pleine production Sermétal pouvait assurer de l’ordre de 950 tonnes par mois de treillis soudé et Arma Sud une production complémentaire minimale de 250 tonnes par mois. En armatures métaliques, Réunion Armatures faisait de l'ordre de 1000 à 1100 tonnes par mois et Arma Sud 700 tonnes environ.

L'autre aspect de l'entente est commercial. Sermétal appliquait un tarif intermédiaire différencié entre ses acheteurs de treillis soudés. Un tarif unique et plus favorable était appliqué aux sociétés Micab, Davum et Ravate Professionnel, et un autre tarif moins favorable était appliqué pour Mogamat. Les entreprises de négoce qui ne bénéficiaient pas de prix compétitifs auprès de Sermétal ont tenté de réaliser des importations directes. Le transport en vrac n'est effectué que par un seul armement le «G.I.E. Mer» qui assure une desserte Anvers-Réunion-Maurice. "Or, soutient un représentant de Mogamat, nous savons que M. Abdoullah C..., Président de la S.A.S. «Ravate Professionnel» et que M. François F... directeur de la société «Sermétal Réunion» sont membres de ce G.I.E." Cette affaire a duré de 2005 à 2011.

"Ces ententes entre concurrents, estime l'AC, ont gelé la concurrence au détriment des entreprises de BTP qui sont clientes de ces matériaux de construction."

Arma sud, avec une ristourne de 10 % pour n'avoir pas contesté, a eu 332000 € d'amende, Ravate 2,142 M€, Sermétal, 1,43 M€, C.Steinweg, 58 000 €, KDI Davum, 1,034 M€ et Mer Union NV, 20 000 €. Les sociétés Réunion Armatures et Organitrans, placées en liquidation judiciaire, n'ont pas fait l'objet de sanction pécuniaire.

FXG, à Paris

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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 08:57
Le CM98 lance une fondation Esclavage et réconciliation

Serge Romana, président du Comité pour la marche du 23 mai 1998 (CM98), lance avec des personnalités comme Bernard Hayot la fondation Esclavage et réconciliation dans le but d'apaiser les mémoires alors qu'est célébré aujourd'hui à Paris la journée nationale de commémoration de l'esclavage, de la traite et de leurs abolitions. Interview.

"La fracture mémorielle, c'est se battre au nom de l'histoire"

Pourquoi une telle fondation ?

Pour soutenir et amplifier le travail que l'on a commencé depuis vingt ans. Le CM98 est un entrepreneur de la mémoire, la fondation aidera le travail des entrepreneurs de la mémoire.

N'est-ce pas le rôle du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage ?

Le CNMHE doit être le bras armé de la politique mémorielle du gouvernement. Cette politique, pour pouvoir être juste, doit faire l'objet de discussions avec les entrepreneurs de mémoire sur le terrain. Pour la mémoire de la Shoah, ce sont les déportés et leurs enfants qui se sont pris en main. L'idée qui est née avec le CM98, qui est que nous sommes des descendants d'esclaves, soit on l'accompagne vraiment et on améliore les choses, soit on le fait un petit peu et on maintient les divisions.

Jusqu'à présent, ça a surtout donné des bananes jetées à Mme Taubira et les quenelles de Dieudonné !

Exactement, des bananes et des quenelles... C'est la fracture mémorielle. La plupart des Français se foutent de l'esclavage parce qu'il n'a pas sévi sur le territoire de l'Hexagone et qu'ils ont d'autres problèmes. Et comme on ne leur parle pas de la République abolitionniste, ils ne voient pas à quoi tout ça sert ! Et ces Français voient des groupes activistes qui leur demandent des réparations. Ils se sentent culpabilisés et peu à peu l'esclavage devient un élément de division au sein du peuple français. Comme en plus, ils ne voient que des Noirs au jardin du Luxembourg, ça donne la fracture mémorielle. Lorsque vous ne considérez pas les victimes de l'esclavage, ce sont leurs descendants, voire des Français d'origine africaine qui se prennent pour des victimes. Alors, ils vous demandent réparation. Cela s'appuie sur la réalité d'aujourd'hui où sévit le racisme, l'exclusion, la discrimination. Alors là, on n'est plus dans le schéma de la lutte des classes, c'est au nom de l'histoire qu'on se bat. C'est ça la fracture mémorielle, se battre au nom de l'histoire. Il n'y a rien de plus dramatique.

Qu'attendez-vous du CNMHE ?

Un Comité digne de ce nom doit être une haute autorité dont il faudrait vraiment redéfinir les missions. L'actuel comité ne propose pas de politique mémorielle au gouvernement. Quelle est sa position sur l'inversion du stigmate de l'esclave, sur le travail généalogique, sur la façon dont il faut allier mémoire de l'abolition et mémoire des victimes ? Quelle est sa position sur les commémorations et les lieux de mémoire dans les territoires comme en province ? C'est invraisemblable qu'une commémoration nationale de l'esclavage n'aille pas au Panthéon pour honorer Victor Schoelcher, l'Abbé Grégoire, Louis Delgrès et Toussaint Louverture ! L'erreur congénitale du 10 mai est d'avoir voulu intégrer les deux mémoires, celles des abolitions et celles des victimes. Les Français de l'Hexagone ne peuvent pas se reconnaître là-dedans. Ce qui peut leur parler, c'est la mémoire de l'abolition. La République a établi le suffrage universel et aboli l'esclavage ; soyons fiers de ce que les révolutions républicaines ont fait ! Le rôle du CNMHE n'est pas le passé chocolat ! Le 10 mai devrait être un outil politique pour pouvoir dire aux jeunes qu'ils vivent dans une République qui, lorsqu'elle applique ses valeurs, abolit l'esclavage. Voilà ce qu'on est en droit d'attendre du CNMHE.

La fondation esclavage et réconciliation n'a pas pour vocation d'endosser la mission du CNMHE, alors quel est son rôle ?

L'esclavage aux Antilles ou à la Réunion a été source de division profonde. Ce qui a été malheureux par rapport à la Shoah ou au génocide arménien, c'est que les Juifs comme les Arméniens existaient avant ces tragédies. Nous n'existions pas avant l'esclavage. Il y a 380 ans de présence française aux Antilles dont 213 ans d'esclavage. C'est le temps de fondation de ces sociétés, un temps dramatique qui a été qualifié de crime contre l'humanité. Les Antillais, les Guyanais, les Réunionnais sont nés dans un crime. Avec une telle naissance, lorsque l'esclavage disparaît, chacun veut oublier. Mais aucun n'a oublié la violence, la souffrance, la haine, le rapport conflictuel avec ceux qui, dans le passé, étaient en position antagoniste. Ce qui en a résulté, c'est la honte des origines, une intense atteinte de l'estime de soi, un ressentiment très profond, une incapacité d'affiliation... Un peuple qui ne peut pas s'affilier à ses aïeux est un peuple en errance identitaire, incapable de produire un projet commun. C'est impossible !

Votre projet ?

D'abord la réconciliation des descendants d'esclaves avec eux-mêmes, avec leurs aïeux. C'est le gros travail de généalogie que nous avons fait avec le CM98. Les gens ne veulent pas entendre parler de l'esclavage ; nous ne leur parlons que de l'aïeul qui a été le premier à porter leur nom. Cette approche de l'esclavage n'est pas idéologique ni historique, c'est une approche familiale et c'est que nous avons trouvé de mieux pour rapprocher les gens de leur histoire, par leur famille. Ils voient des hommes politiques qui honorent leurs grands-parents — je dis bien leurs grands-parents, pas des ancêtres imaginaires, ceux que recherchaient Césaire — qui ne sont donc pas des gens honteux ! C'est ce que nous disons avec la formule "limyè ba Yo". Cette force nous a permis de ne plus avoir de problèmes dans nos discussions avec les békés, mais également avec les Africains. Lorsque le roi d'Abomey, le descendant de Ghézo (1818-1858, NDLR), l'un des plus grands négriers, m'a présenté ses excuses, je lui ai demandé : "Pourquoi ? Je suis en vie... Je ne suis pas venu pour ça ; l'histoire est comme elle est. Des élites africaines et européennes ont fait la traite et je ne vais pas refaire le match !" A Ouidah, nous aurons une stèle sur un terrain près de la porte des départs pour ramener chez elles les 11000 personnes nées en Afrique que nous avons trouvées dans nos recherches. Ca, c'est de la réconciliation avec l'Afrique.

Et la réconciliation avec les békés ?

Il y a deux ans, nous étions place de la Bastille, nous étions avec le Béninois Serge Ghézo, le béké Dominique de la Guigneraye et moi-même. Et nous avons pu le faire parce que nous avions près de vingt ans de travail et de réflexion derrière nous. Ca ne me gênait pas d'être à côté de Dominique de la Guigneraye à condition qu'il reconnaisse nos aïeux comme des victimes de l'esclavage. La fondation va dans ces trois directions ! Réconciliation avec nous-mêmes, avec l'Afrique et avec les autres composantes de nos sociétés, comme la communauté indienne. Parmi les signataires de l'annonce officielle de la fondation, il y a tous ceux-là. Nous ne voulons pas abolir la lutte des classes, mais simplement, cesser de considérer dans un conflit social les individus par rapport à la position qu'occupait leurs aïeux dans le temps. Sans cela, nous ne réglerons rien.

N'est-ce pas trop insister sur le passé ?

En dehors des problèmes idéologiques, de filiation, d'apaisement de mémoire, il faut montrer que tout cela débouche sur de l'économie, du développement. L'un des objectifs de la fondation est le soutien au tourisme mémoriel. Si nos pays arrivent à développer ces infrastructures, ils deviendront des pays de témoignage de cette histoire-monde qu'on ne doit pas oublier. Mais on doit montrer que cette histoire, violente, a été à la base du développement des sociétés capitalistes modernes et qu'on est capable malgré les drames de construire ensemble, sans refaire le match. Le MACTe, en Guadeloupe, va devenir une étoile qui va briller comme Yad Vaschem brille sur la mémoire de la Shoah, mais il ne brillera pas sans ramifications, sans l'aménagement des lieux de mémoire partout. Le tourisme mémoriel peut lui aussi participer au développement économique et là, on est dans le bon.

Vous avez fédéré des personnalités comme Bernard Hayot, Eric de Lucy ou José Gaddarkhan, mais il n'y a pas de personnalités comme Elie Domota du LKP, pourquoi ?

Tout d'abord, c'est une fondation et une fondation est un lieu où l'on apporte de l'argent, ce n'est pas un lieu de débat... Nous voulons avoir des fonds qui viennent d'Afrique, des Etats-unis, de France... Alors oui, il manque Elie Domota... Mais également les hommes et femmes politiques parce que c'est un sujet extrêmement clivant. Certains ont voulu signer pour cette fondation, c'est trop tôt.

Quelle sera la place des Réunionnais ou des Guyanais dans cette fondation ?

C'est une question de moment. Nous avons quasiment fini l'élaboration du mémorial national des victimes de la traite et de l'esclavage qui sera soumis au gouvernement. Il concernera, sur un lieu public prestigieux à Paris, la mise en valeur des 200 000 "prénoms matricules noms" donnés aux Guadeloupéens, Martiniquais, Guyanais et Réunionnais. Pour cela, nous travaillons déjà avec des Guyanais comme Serge Mam Lam Fouk et avec des Réunionnais comme Bruno Maillard. Les rapprochements se font autour de projets concrets.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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