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9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 05:02
François de Rugy à l'Assemblée nationale jeudi 7 février 2019

François de Rugy à l'Assemblée nationale jeudi 7 février 2019

Les deux députés guyanais s'opposent autour de la Montagne d'or

A l'initiative du groupe de Gabriel Serville (GDR), les députés ont débattu jeudi 7 février de la Montagne d'or devant le ministre de la Transition écologique, au grand dam de Lénaïck Adam (LREM) qui fustige un "militantisme de spectacle".

"La bonne voie n'est pas simple à trouver entre l'activité humaine et la protection de l'environnement, et je n'oppose pas les deux." Le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy a participé jeudi matin à l'Assemblée nationale au débat sur le projet de la Montagne d'or.

Ce débat sans vote aura permis à chaque député y participant (une poignée) et aux différents groupes politiques de marquer leur position vis-à-vis du projet minier du consortium russo-canadien.

Premier à ouvrir les prises de paroles, le député Gabriel Serville qui d'emblée critique "un projet mal encastré entre deux réserves naturelles" ! Plutôt que d'évoquer une montagne d'or, il préfère la métaphore du "trou gigantesque, grand comme 32 stades de France" avec 18 tonnes d'explosifs, 80 000 tonnes de déchets de roches, 7300 tonnes de cyanure par an, 54 millions de tonnes de minerais cyanurés pour en tirer 80 tonnes d'or, soit 12 milliards d'euros et seulement 5 millions par an pour la Collectivité de Guyane et 750 emplois promis... "Un mirage", assure-t-il avant de rappeler les 134 morts et 200 disparus avec la rupture du barrage minier du Brumadinho au Brésil la semaine dernière, celle de Bento Rodrigue au Brésil en 2015 ou encore celle d'Omai au Guyana en 1995 qui a conduit à l'empoisonnement de 25 000 personnes...."Tout ça est à des centaines d'années lumière de la trajectoire 5.0 promise par la ministre des Outre-mer (zéro déchets, zéro intrants chimiques, 0 carbone, zéro exclusion et zéro vulnérabilité, ndlr), lance le député de Cayenne qui rappelle les deux pétitions contre le projet Montagne d'or et la centaine d'organisations locales qui s'y opposent. C'est justement Gabriel Serville et son groupe, GDR, qui sont à l'origine de ce débat. Il a déjà déposé, avec 83 de ses collègues députés répartis dans tous les groupes politiques une demande de résolution pour obtenir l'interdiction du cyanure. Cette dernière doit encore passer devant la conférence des présidents avant d'être proposée dans le calendrier parlementaire... Il conclut son intervention tel Cassandre : "On veut faire du développement au péril de notre peuple et de notre environnement. Cette montagne d'or est vouée à devenir un vaste trou d'ordure !"

Le groupe Territoire et liberté par la voix de son orateur, l'écologiste Lambert reste mi figue mi raisin en se prononçant pour une COP aurifère et "un projet rehaussé sur ses engagements environnementaux, encadré par l'Etat et soutenu par les populations locales." C'est à peu près la même  position que celle que le président de la République a prise publiquement le 1er février devant les maires d'Outre-mer.

"Le droit des Guyanais à exploiter les richesses de leur pays"

S'exprimant au nom du groupe LREM, l'autre Guyanais de l'Assemblée, Lénaïck Adam se montre offensif en dénonçant les "instigateurs de ce débat" et leur "militantisme de spectacle". Il assure pourtant être d'accord pour légiférer sur l'encadrement de la filière aurifère. "Ce qui est bon pour la Nouvelle-Calédonie ne l'est-il pas pour la Guyane ?", demande-t-il. Aux 70 % de personnes qui sont prononcées contre le projet, il oppose les 70 % de la population de Saint-Laurent qui sont sans travail : "L'or ne va pas absorber toute la misère de Saint-Laurent, mais il va y contribuer !" Lénaïck Adam affirme toutefois ne pas être "le défenseur de la montagne d'or — pour autant qu'ils déposeront un dossier ! Mais je défends le droit pour chaque Guyanais de pouvoir exploiter les richesses minières de son pays." Alors il demande aux députés : "La France est-elle pour l'interdiction ou l'encadrement de l'exploitation aurifère en Guyane ?"

Après une intervention équivoque du LR François Marleix, le MODEM Bruno Milliène se joint au groupe GDR pour "alerter sur le risque sérieux de déversement de cyanure dans la nature". Même son de cloche chez le député socialiste Bouillon qui rappelle que le débat public a montré une opposition majoritaire et que le risque est bien celui de la diffusion des polluants dont 142 millions de tonnes de fuel et  46 500 de cyanure... Maïna Sage du groupe UDI  rappelle que "la Guyane a déjà été exploitée avec la base spatiale et le peu de retombées que l'on sait..." Puis elle cite : "460 000 litres d'eau brute utilisées chaque heure, 1500 hectares de forêts primaires arrachées"... "L'avis qui nous intéresse, poursuit-elle, est celui des Guyanais. Ils se sont exprimés et la grande majorité est insatisfaite du projet actuel. Il y a trop de risques pour qu'on se satisfasse de ce projet qui mérite d'être plus exigent, mais peut-il l'être ?" Mathilde Panot de la France insoumise vient enfoncer le clou en parlant d'un "projet d'un autre siècle qu'il faut abandonner"... L'ancienne ministre Delphine Batho, désormais non inscrite, demande au ministre de Rugy : "Que dira la France face au Brésil de Bolsonaro sur la destruction de la forêt amazonienne si on fait pareil ?"

FXG, à Paris

De Rugy plaide la réforme du code minier

"Nous protégeons plus la forêt amazonienne que le Brésil même du temps du président Lulla." Il est lissé M. de Rugy, mais il essaie de temps à autre de piquer. Le ministre d'Etat souhaite débattre et se refuse à toute attitude simpliste sur les différentes formes d'exploitation de l'or en Guyane. "Peut-on interdire le cyanure sans rien dire sur le mercure parce que ce dernier est utilisé à grande échelle par plus d'une centaine d'exploitants d'or ?" Le ministre insiste pour dire que le projet Montagne d'or n'a pas encore d'existence légale, que ce n'est qu'une intention. Il admet que le risque est "le drainage minier acide et la rupture de digue". Il en vient aux enjeux de l'emploi tout en rappelant que l'activité minière appartient au système économique local actuel : "Personne n'est pour l'interdiction totale de l'exploitation de l'or." Pour lui, la question est celle du code minier qu'il entend réformer. Car pour l'heure, le projet a eu pour singularité "la contestation et la tension qu'il a pu susciter", même si, tient-il à rappeler, une majorité d'élus et le président de la CTG sont favorables au projet... Alors, il place un cadre, celui proposé par le président de la République : "Exemplarité environnementale, acceptation démocratique et retombées économiques locales". Sa méthode c'est un dialogue avec les acteurs du territoire qu'il rencontrera ce semestre en Guyane, à commencer par les membres du grand conseil coutumier, avant de prendre une décision. Un référendum est-il possible ? "Une majorité serait-elle respectueuse des droits des peuples coutumiers ?" répond-il. Il répète les enjeux, les risques de drainage et de rupture de barrage et ce qu'il juge nécessaire le temps que le projet soit officiellement déposé : la réforme du code minier.

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8 février 2019 5 08 /02 /février /2019 07:09
Les fonds européens en outre-mer au crible de la Cour des comptes

Fonds européens : la Cour des comptes épingle les RUP

Si les fonds européens structurels et d’investissement (FESI) ont plutôt été correctement consommés lors des programmes 2007-2013 et 2014-2020, la Cour des comptes dans son rapport annuel épingle des défaillances de gestion (TCSP en Martinique, MACTe en Guadeloupe ou Haut-débit en Guyane) mais aussi quelques réussites (Aéroport de Roland-Garros, irrigation et abattoir à la Réunion)

Les Transport en commun en site propre à la Martinique

Les magistrats financiers de la Cour des comptes se sont intéressés dans leur nouveau rapport annuel au « transport en commun en site propre » (TCSP). Ce projet stratégique a été conçu dans les années 1990 par la Région et le Département de Martinique pour faciliter la mobilité dans l’agglomération de Fort-de-France, structurellement congestionnée par la circulation des voitures particulières. Ce service de transport collectif est composé actuellement de 14 bus à haut niveau de service qui relient, sur des voies de circulation réservées à cet usage, trois pôles d’échange à travers 18 stations réparties sur un parcours de 14 km.

Le TCSP devait être achevé en novembre 2015 pour une mise en service en janvier 2016. Les 14 bus ont été livrés entre septembre et décembre 2015. Les infrastructures ont été achevées en juin 2016, mais l’exploitation commerciale n’a débuté que le 13 août 2018. Ainsi, pendant plus deux ans, entre juin 2016 et août 2018, le TCSP n’a pas fonctionné, alors que les voies de circulation et les véhicules étaient disponibles.

La réalisation du TCSP a coûté 378 M€, dont 283 M€ en maîtrise d’ouvrage publique. Le FEDER a été mis à contribution à hauteur de 60,4 M€ au titre de la programmation 2007-2013, qui se sont ajoutés à une enveloppe de 21,3 M€ déjà allouée dans la programmation 2000-2006.

"La voierie, indique le rapport, a été réalisée au prix de nombreuses défaillances dans les procédures de commande publique. Le marché d’assistance foncière signé entre le syndicat mixte du transport en commun en site propre (SMTCSP) et la société d’équipement de la Martinique (SODEM) a fait l’objet d’avenants, augmentant la rémunération du titulaire de 73 %, alors même que le contrat initial avait expiré six ans auparavant." Pour les opérations d’acquisition, l’Union européenne a remis 1,54 M€ au pot et au final les décomptes des opérations laissent apparaître un excédent de versement de près de 4 M€ du SMTCSP à la SODEM. Enfin, la Région Martinique a décidé, fin 2015, de recourir à l’arbitrage pour régler un litige portant sur des marchés publics de construction, alors que cette procédure est longue, coûteuse et interdite par le code civil ! L’exploitation du TCSP apparaît en outre très onéreuse. L’avenant au contrat de délégation de service public, qui a confié la gestion du TCSP au groupement d’entreprises Mozaïk, a augmenté la contribution de la collectivité de 33 %. Le retard dans l’exploitation commerciale du projet était principalement dû à des exigences financières supplémentaires, dont la justification apportée par le délégataire était contestée par Alfred Marie-Jeanne.

On peut le comprendre : le coût d’exploitation du TCSP se situe aux alentours de 20 €/km, soit plus de trois fois le coût moyen d’exploitation des équipements équivalents en France métropolitaine.

"Au total, analyse le rapport, compte tenu des surcoûts et des retards, l’analyse des effets socio-économiques du TCSP aboutit à un bilan négatif. Pour le rendre positif pendant la période d’exploitation, qui court jusqu’en 2035, le TCSP devrait accroître globalement ses recettes ou réaliser des économies à hauteur de 142 M€."

Le haut débit en Guyane

Le déploiement du réseau haut débit sur le territoire, décidé par la Région en 2004, s'est faite dans le cadre d'une délégation de service public conclue en janvier 2007. Elle distinguait deux espaces aux problématiques différentes : la zone littorale dans laquelle un réseau performant et rentable devait être installé et la zone intérieure « non rentable », où la question de l’accès au réseau était en soi la principale difficulté à surmonter.

Le projet a d’abord mobilisé des financements européens à hauteur de 1,3M€ au titre de la programmation 2000-2006. Lors de la programmation suivante, l’instruction d’un premier dossier est restée bloquée pendant près de cinq ans en raison d'un contentieux entre le conseil régional et le délégataire en difficultés financières. Ce n'est qu'en 2012 qu'un accord a été trouvé : le périmètre de la délégation de service public a alors été modifié pour ne retenir que la zone littorale. La Région a repris à sa charge la zone intérieure, par le biais d’une société publique locale créée à cet effet.

Un second dossier a été déposé en avril 2013 par la Région qui a reçu, 10,6 M€ au titre du FEDER. Mais cette somme n'a permis de financer que des équipements dont la technologie était dépassée. Le FEDER a, en outre, été sollicité tardivement pour financer des réalisations qui étaient en grande partie achevées, ce qui était irrégulier. Par ailleurs, l’atteinte des objectifs fixés tels que permettre aux entreprises existantes et à la population guyanaise de disposer des services innovants et aux meilleurs prix n’a jamais été évaluée.

Enfin, en 2016, la commission interministérielle de coordination des contrôles (CICC) a estimé que le montant éligible au FEDER n'aurait du être que de 5,9 M€, ce qui entraînait une diminution des subventions européennes autorisées de 4,4 M€, et donc un remboursement à cette hauteur du trop-perçu... Un nouveau plan de financement a été élaboré, mais son instruction par l’autorité de gestion n’est pas allée jusqu’à son terme. In fine, ce montant de 4,4 M€ a donc été versé indûment !

Le MACTe en Guadeloupe

"L’opportunité de la création récente du Mémorial ACTe ne saurait être mise en question, pas plus que l’impact positif de cet équipement majeur sur l’aménagement de la ville de Pointe-à-Pitre. La gestion du projet, en revanche, a donné lieu à des dérives et à des irrégularités coûteuses." Telle est le constat porté par les magistrats financiers de la Cour des comptes dans leur rapport annuel remis au président de la République cette semaine.

Le projet de mémorial a vu son coût passer de 21 M€ à à 41 M€ pour atteindre en définitive le coût total de 76 M€. Le projet a bénéficié d'un montant de 17 M€ de crédits FEDER destinés à l'origine au projet abandonné d’équipement de traitement des déchets, ce qui a permis la couverture de 41,5 % de son coût prévisionnel. L’Etat, dans le cadre du contrat de plan, devait apporter par ailleurs 16 M€, soit 39 % de la dépense prévue, le solde, soit 8 M€ ou 19,5 % du total, devant rester à la charge de la Région.

Par ailleurs, cette opération a été marquée selon la Cour, par "une absence fréquente de conformité des procédures de passation des marchés aux règles de la commande publique". Mais ce n'est pas tout : "Les contrôles de l’autorité de gestion des fonds européens ont été défaillants. Des coûts excessifs ont été observés, par exemple en ce qui concerne la délégation de maîtrise d’ouvrage (1 627 jours, dont 1 300 non justifiés), la maîtrise d’œuvre, l’inauguration (2 M€ pour quatre jours d’événement), la communication institutionnelle, ainsi que la gestion de l’exploitation de mai à décembre 2015 (5,5 M€)."

Il est intéressant de constater que la Cour qui a sollicité des explications auprès des décideurs du projet a reçu deux réponses, l'une de Victorin Lurel, ancien président de Région, l'autre d'Ary Chalus, actuel président de Région et que les deux rivaux politiques sont quasiment d'accord pour défendre la régularité des marchés publics et le bon prix des travaux. "Au total, rétoqie M. Lurel, ce grand projet n’aura coûté que 76 M€ contre 160 M€ pour le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (contre les 88 M€ prévus initialement) ou les 306 M€ pour le Musée des Confluences de Lyon dont le coût a presque doublé." Quant à Ary Chalus, il souligne qu’à l’instar de l’ensemble des structures de ce type existant en France, "la gestion est coûteuse et structurellement déficitaire. La rentabilité doit s’apprécier à l’aune de la contribution du MACTe à la construction de la mémoire collective, à la rénovation urbaine de Pointe-à-Pitre et au renforcement de l’attractivité du territoire".

Les succès réunionnais

"Des succès favorables au développement économique." Pour illustrer ces derniers, les rapporteurs financiers citent la mise aux normes de l'aéroport Roland-Garros, l'irrigation du littoral Ouest et l'abattoir de volaille dans le programme 2007-2013.

L’apport du FEDER pour l'aéroport s’est élevé à 36,8 M€, pour un montant global d’investissement évalué à 104,1 M€. L’État et les collectivités territoriales ont également participé au financement de ce projet, "dont, souligne le rapport, la conduite a été convenablement maîtrisée, et qui a été prolongé dans le cadre de la programmation 2014-2020".

Le projet d’irrigation du littoral Ouest visait à acheminer 97 millions de mètres cubes d’eau chaque année de l’est vers l’ouest de l’île, à travers un réseau de canaux et de tunnels, afin d’alimenter les communes en eau potable et de permettre le développement de l’agriculture, ainsi que sa diversification. Les travaux ont duré 27 ans, de 1989 à 2016. Ils ont permis à la moitié la plus sèche de l’île de bénéficier d’un accès permanent à l’eau au prix de 2 €/m3, quels que soient les aléas climatiques. Le budget total de cette opération a été de 1 110 M€. Il a été alimenté à hauteur de 450 M€ par le FEDER et de 210 M€ par le FEADER. "Le contrôle effectué sur la programmation 2007-2013, précise encore le rapport, qui a pris en compte les cinq marchés les plus importants passés pendant cette période, n’a pas révélé d’anomalie dans la gestion du projet par le département, qui était le maître d’ouvrage."

Enfin le projet de construction d’un nouvel abattoir de volailles, subventionné à hauteur de 13,6 M€ par le FEADER pour une dépense effective de 56,2 M€, avait pour objectif de faciliter une commercialisation à moindre coût pour les consommateurs. L’équipement produit entre 9 000 et 14 000 tonnes de volaille chaque année, chiffre à mettre en regard des 20 000 tonnes importées. "Sa réalisation, précise encore le rapport, s’est déroulée dans de bonnes conditions, entre 2012 et 2015, et a débouché sur la création d’environ 1 600 emplois directs et indirects et une valeur ajoutée de 75 M€/an."

FXG, à Paris

Budget européen : la part de la France et la part des RUP

La Guyane fait partie des six régions ultrapériphériques qui perçoivent près d’un cinquième des financements des fonds européens structurels et d’investissement (FESI) attribués à la France, soit 3,9 Md€ pour la période 2007-2013 et 4,8 Md€ pour la période 2014-2020. La part du fonds européen pour la pêche réservée aux RUP était de 34 M€ pour la période 2007-2013. Elle a été consommée à 100 % en Guyane. Le fonds européen de développement régional (FEDER) et le fonds social européen (FSE), qui représentaient pour les RUP en 2007-2013 un montant total de 3,2 Md€, ont été utilisés en quasi-totalité.

Pour mieux cerner le poids de ces aides, il faut les rapporter au budget de l'Union européenne. En 2019, il s'élève à 165,8 Md€ en autorisation d'engagement (148,2 Md€ en crédits de paiement). La France y contribue à hauteur de 22,6 Md€, soit 1,7 % des 1340 Md€ de dépenses publiques, et reçoit de l'Union 14 Md€, soit un solde net de 9 Md€.

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8 février 2019 5 08 /02 /février /2019 07:00
Le patron de la Poste à la Réunion

Philippe Wahl de retour à la Réunion

Pour la troisième fois en quatre ans, Philippe Wahl, le pdg de La Poste sera à la Réunion, les 7 et 8 février. Il rencontrera les 200 managers opérationnels de l’Océan Indien (Réunionnais et Mahorais)  qui seront réunis à la Nordev.

La direction de La Poste de La Réunion compte 2 040 collaborateurs, dont 707 facteurs (il y a eu 60 recrutements en 2018), 302 chargé(e)s de clientèles (15 recrutements en 2018) et 149 collaborateurs au centre financier (15 recrutements en 2018)

Avec la chute de l'activité courrier, la Poste propose désormais de nouveaux services à la Réunion comme celui appelé "Veiller sur mes parents". Il s'agit  d'un service de visites à domicile de personnes âgées par les facteurs. il est actuellement en test à La Réunion. Ce service sera généralisé à l’ensemble de l’île en mars 2019.

La Poste propose également d'organiser le assage du code de la route.  Ainsi depuis novembre 2016, La Poste de la Réunion a organisé 8 000 cessions d’examens du code de la route. Il existe 4 sites collectifs à Saint-Denis, Saint-Pierre, Saint-André et Le Port.

Par ailleurs, la présence postale à La Réunion se caractérise par 97 points de service, 78 bureaux de poste dont 10 facteurs-guichetiers, 14  établissements de type "La Poste Agence Communale" et 5 de type "La Poste Relais".

Cette année, 5 bureaux de poste  (Saint-Joseph Le Butor, La Rivière Saint-Louis, Trois Bassins,  La Saline Les Hauts, Bras Panon) testeront les ilots numériques (ordinateur + imprimante-scanner). Ces ilots doivent permettre à des personnes qui ne disposent pas d’équipement informatique d’avoir un accès gratuit en libre-service.

FXG, à Paris

L’Envol, le campus de La Banque Postale

A l’arrêt du partenariat avec La Route du Rhum en 2010, le dispositif de L’Envol, le campus de La Banque Postale a été mis en place sur l’ensemble du territoire. Il s'agit d'accompagner des jeunes dans leurs études de la seconde jusqu’à 5 ans après le bac. A La Réunion 11 élèves ont été parrainés donc 8 issus de filière générale et 3 de la filière pro.

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7 février 2019 4 07 /02 /février /2019 07:41
Mission Mémoire de lesclavage, de la traite et de leurs abolitions

Grand entretien. Jean-Marc Ayrault, président du GIP "Mission pour la mémoire de l'esclavage, des traites et de leurs abolitions"

"Si on n'assume pas cette histoire, elle entre par une porte racialiste ou communautariste"

Après s’être rendu l’année dernière à Bordeaux, à Besançon à la rencontre des communes réunies dans l’association de La Route de l'abolition et à La Réunion, Jean-Marc Ayrault, l'ancien maire de Nantes et ancien Premier ministre, arrive en Guadeloupe ce 4 février à l'occasion du 225e anniversaire de l'abolition de 1794, puis en Martinique du 6 au 9.

Quels sont les enjeux de votre mission à la tête de la future fondation pour la mémoire de l'esclavage, de la traite et de leurs abolitions ?

Le 170e anniversaire de l'abolition de l’esclavage a été l'occasion pour le président Macron de confirmer trois choses : le lancement de cette fondation, le soutien de l'Etat au Mémorial ACTe en Guadeloupe, et la création d'un mémorial en l'honneur des victimes de l'esclavage, qui sera installé dans le jardin des Tuileries à Paris. Lieu hautement symbolique puisque c'est là que la Convention, c'est-à-dire la 1ère République, en 1794, a décidé la première abolition de l'esclavage...

Pourquoi vous ?

J'ai une expérience ancienne déjà puisque, quand j'ai été élu maire de Nantes en 1989, j'avais pris l'engagement dans mon programme que la ville de Nantes aborderait franchement l'histoire du commerce triangulaire. Désormais, le musée du château des ducs de Bretagne raconte toute l'histoire de Nantes, y compris la période de la traite et la période coloniale ; un parcours mémoriel a été tracé dans la ville et j’ai inauguré en 2012 le Mémorial de l’Abolition, qui est un acte fort. Nombreux étaient ceux qui craignaient que je remue ce passé, pensant que cela allait blesser des gens... J'ai assumé cette histoire et ça s'est bien passé ! Nous ne l'avons pas fait dans un esprit de revanche, de règlement de compte, de donneurs de leçons ni de repentance, mais dans un souci de bien comprendre, de dépasser cette histoire et surtout d'engager de nouvelles relations avec les Caraïbes, avec les Outre-mer français, mais aussi plus généralement avec l'Afrique et l'Amérique. Depuis qu'il y a le musée et le Mémorial, Nantes est un espace internationalement reconnu sur ces questions....

Cette fondation est un nouveau défi pour vous ?

Après le centième anniversaire de l'abolition en 1948, qui avait donné lieu à de grands discours de Césaire, Senghor et Monnerville à la Sorbonne, il a fallu attendre 1983 pour faire droit à cette histoire, avec la loi qui a permis l'instauration de journées fériées de commémoration en outre-mer, puis la marche du 23 mai 1998 à l'occasion du 150e anniversaire de l'abolition. Cette marche a révélé à l'opinion française que cette question restait sensible et qu'il y avait une revendication forte pour intégrer la mémoire de l'esclavage dans le récit national. Ça n'a pas été sans conséquence puisqu'il y a eu ensuite la loi Taubira en 2001. Ce texte reconnaît que l'esclavage et la traite sont un crime contre l'humanité et surtout il recommande l'enseignement de cette histoire. Nous sommes aujourd'hui dans le prolongement de cela. L'histoire de la France, c’est aussi les Outre-mer ! Pour mieux comprendre cette histoire, il faut donner les clés, reconnaître ces souffrances, mais aussi reconnaître les héritages et le faire dans un esprit républicain de rassemblement et non de concurrence des mémoires ou de surenchère et de repentance.

Ce terme de repentance a fait long feu sur ce sujet...

Si j'emploie le mot repentance, c'est qu'il a souvent été utilisé par les personnes qui ne veulent pas parler de l'esclavage comme si cela ne revenait qu’à demander aux gens de sans cesse battre leur coulpe... Par mon expérience nantaise, je sais que le sujet n’est pas là. L'enjeu, c’est que, si on ne fait pas ce travail, si on n'assume pas cette histoire, elle reviendra d'une autre façon, par une mauvaise porte et notamment par une porte racialiste ou communautariste, ce qui n'est pas du tout notre vision puisque notre approche est républicaine. Pour conclure, je dirais que c'est rendre justice mais c’est également se confronter aux questions d'aujourd'hui : la Fondation montrera que la diversité des origines ne s'oppose pas à la cohésion nationale mais qu’elle est au contraire un facteur de rassemblement. C'est ça aussi le défi... et notre ambition est de l’avoir relevé pour les cérémonies du mois de mai.

Quelle est votre position sur les polémiques suscitées par les propos attribués à Doudou Diène dans le journal Libération du mois de novembre ?

Notre but, je l’ai rappelé lors de notre dernier conseil d’administration, c'est une approche républicaine, qui rassemble. Le principe est d'accepter qu’il y ait des regards différents sur cette question et qu'il puisse y avoir un débat entre nous, mais que sur l'essentiel, nous arrivions collectivement à converger. D'une certaine façon, tout cela nous a permis d'avoir un échange de fond au sein de notre conseil d'administration. Doudou Diène, dont je rappelle qu’il est celui qui a créé il y a 25 ans le programme de l’UNESCO « La Route de l’Esclave », a expliqué ce qu’il a voulu dire pour éviter de rester sur un malentendu. Cet échange a permis de clarifier et de rassurer, en rappelant ces quelques principes fondamentaux : d’abord que la Fondation n'est pas une organisation politique, mais une institution nationale destinée à rassembler autour de la connaissance de cette histoire. Et ensuite qu’elle sera un lieu pluraliste. J’y suis très attentif, il ne faut pas avoir peur des discussions, avec cette exigence néanmoins de toujours rester dans un esprit républicain. Telle est la mission qui nous a été confiée par le président de la République.

Votre réaction a-t-elle été comprise ?

Le soutien que nous avons reçu des collectivités locales de toutes les sensibilités politiques que nous avons invitées à devenir membres fondateurs montre que nous sommes compris : nous avons ainsi recueilli l’accord de Nantes, de Bordeaux, du Havre, de Besançon, de la Guadeloupe, de la Réunion et d’autres encore... C'est pour nous un gage de force et de cohésion. Dans nos échanges, j'accepte la diversité des points de vue, je la recherche, même, mais je veille à ce que dans nos travaux collectifs nous gardions notre cap, et pour moi, la référence, c'est le texte présidentiel, la tribune du président de la République du 27 avril 2018. J’ai confiance dans l’intelligence collective : lorsque nous avons décidé en novembre d’accueillir des représentants de la société civile venus de toute la France, on aurait pu craindre d’avoir des débats qui tournent en rond. Au lieu de quoi, nous avons eu un jour et demi d’échanges passionnants, avec des personnes très diverses, venues de l'Hexagone et tous les DOM, chercheurs, représentants d'associations, artistes... Plus de 200 personnes ! Là, nous avons vu qu'il y avait une vraie attente. C’est cette attente de la population, de la jeunesse, des territoires que nous n’avons pas le droit de décevoir. Mon ambition, c'est que la Fondation soit aux yeux de tous une réussite !

Où en est votre dossier de reconnaissance d'utilité publique ?

Le Conseil d'Etat doit donner un avis sur notre dossier, qui va permettre ensuite au gouvernement de prendre un décret en ce sens. Il y a des exigences de fond et de forme, de statut, de gouvernance et de projet... Nous sommes tendus vers cet objectif tant au conseil d'administration qu'au conseil d'orientation. Et sans attendre, nous allons sur le terrain, pour expliquer, pour écouter, pour prendre en compte tout ce qui se fait, pour apprendre de l’expérience des sites de mémoire qui existent déjà. L’enjeu, c’est de faire comprendre que ce qui a fait la France d’aujourd’hui, ce qui a forgé la République, c’est sa diversité, et que cette diversité est liée à notre histoire depuis très longtemps. C’est une histoire douloureuse, mais cela a aussi été une histoire de combats gagnés, d’expressions et de créativité. Il faut en donner toutes les clés, notamment à la jeunesse. D’où notre vigilance à ce que les programmes scolaires fassent encore davantage de place à cette histoire qui n’est pas seulement l’histoire des outre-mer mais qui est l’histoire de France, tout simplement.

Comment faire en sorte que toute la population s'empare de la journée du 10 mai et non pas les seuls descendants d'esclaves ?

Il faut renforcer le caractère populaire de toutes ces manifestations, qu'elles n'aient pas qu'un caractère institutionnel. La cérémonie au jardin du Luxembourg reste assez formelle et il n'y a pas beaucoup de monde... J'ai fait ce constat en participant le même jour à deux cérémonies du 10 mai, celle de Paris et celle de Nantes. A Nantes, c'était ouvert, sympathique et chaleureux. Il y avait de la diversité, du monde, des artistes, sur le port, sur les quais... Il y a une demande très forte pour que le 10 mai soit quelque chose de populaire. Nous sommes en train de faire des propositions, avec le Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage (CNMHE) dont c’est le rôle mais qui a de trop faibles moyens… Nous espérons que son remplacement par la Fondation, avec ses ressources nouvelles, permettra d’améliorer les choses.

Le CNMHE a-t-il vocation à devenir le conseil scientifique de la fondation ?

A côté du conseil d'administration et du conseil d'orientation de la Fondation, il y aura un conseil scientifique. Il mettra en valeur la diversité de la recherche française sur ces questions, dans les universités et au CNRS, avec notamment le CIRESC qui est son laboratoire international sur ces questions ; car nous tenons à associer les chercheurs internationaux. J’ajoute que dans la gouvernance de la Fondation, il y aura aussi un conseil des territoires pour représenter les collectivités locales.

Qu'en est-il de sa dimension internationale ?

Cette histoire, c'est l'histoire mondiale de la France, mais pas seulement de la France ! L'esclavage est une histoire millénaire, mais la traite coloniale commence au XVIe siècle avec les Portugais, les Français, les Espagnols, les Anglais.... C'est toute l'Europe qui a mis en œuvre ce système. C'est une économie, la première mondialisation, qui sera suivie par le colonialisme... Cela crée pour les pays impliqués un lien indénouable avec l'Afrique et les Amériques. Aujourd’hui on redécouvre cette histoire en Colombie, au Pérou, au Mexique...

Où en êtes-vous des moyens pour la future fondation ?

Financièrement, nous en sommes aux deux tiers de la cible avec un peu plus de 1,2 million d’euros pour le capital (nous devons en réunir 1,5 million). Ce sont en majorité des capitaux privés, qui viennent de grands groupes, d'entreprises plus modestes mais également de personnalités engagées. Le reste vient de contributions publiques, celles de la quinzaine de collectivités locales qui ont déjà accepté de s’engager dans le projet comme membres fondateurs. Pour le fonctionnement, nous avons besoin de 2 millions par an garantis sur quatre ans. Sur ces 2 millions annuels, la moitié sera d'origine privée — c'est la campagne de levée de fonds —, l'autre moitié, c'est la contribution publique de l'Etat : mise à disposition de locaux, financement de l'équipe permanente. Je précise par ailleurs que, dans une Fondation, les fonctions de président et d’administrateur sont totalement bénévoles. Nous devrions nous installer dans notre siège à l'hôtel de la marine fin 2019, début 2020, quand les travaux y seront finis. Nous serons à quelques mètres du bureau qu’occupait Victor Schoelcher en 1848.

Et vos premiers projets ?

Nous allons beaucoup travailler avec les écoles, les associations d’éducation populaire. Il y a beaucoup de partenariats possibles, certains mêmes qui existent déjà et qu'on voudrait renforcer. Nous envisageons par exemple d'organiser des voyages mémoriels qui pourraient passer par le Mémorial ACTe pour faire connaître à la jeunesse cette histoire, là où elle s’est passée. Nous voudrions inaugurer cela avec les lauréats du concours scolaire de la Flamme de l'Egalité.

Nous souhaitons, bien sûr, renforcer les programmes de recherche. Nous envisageons également de pouvoir labelliser les initiatives locales, comme l’avait fait la mission du centenaire de 1914-1918, y compris en donnant un coup de pouce financier, dans la limite des moyens que nous aurons. Nous voulons enfin mettre en valeur tout le patrimoine culturel et artistique issu de cette histoire. Nous voulons mettre en place un musée virtuel, et les 6 et 7 mai prochains, nous organisons des rencontres internationales sur le patrimoine matériel et immatériel de cette histoire, avec tous les grands musées et les grandes institutions françaises et étrangères qui travaillent sur ces questions. C’est le musée d'Orsay qui nous accueille, pendant son exposition de peintures sur "Le modèle noir".

Propos recueillis par FXG, à Paris

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7 février 2019 4 07 /02 /février /2019 07:00
Dominique Théophile et François de Rgy à la sortie de Matignon, mardi 5 février

Dominique Théophile et François de Rgy à la sortie de Matignon, mardi 5 février

Matignon annonce un sommet international sur les sargasses

Après le sommet chlordécone en Martinique l'an dernier, la Guadeloupe accueillera un sommet international sur les sargasses à la fin de l'année 2019.

Le sénateur LREM de Guadeloupe, Dominique Théophile, était reçu à Matignon mardi matin pour remettre son rapport de mission sur les sargasses au Premier ministre et au ministre de la Transition écologique, François de Rugy. Après une petite heure d'entretien, le sénateur et le ministre d'Etat sont ressortis visiblement satisfaits et heureux d'annoncer d'ores et déjà la tenue en Guadeloupe d'un sommet scientifique sur les sargasses à la fin de l'année. "C'est une mission, explique le sénateur Théophile, que le Premier ministre m'avait confiée à l'international pour étudier les stratégies de lutte contre les sargasses, examiner les techniques de ramassage, de valorisation, de stockage, mais surtout pour mettre en place une coopération internationale avec les Etats touchés, du Mexique jusqu'à la petite Caraïbe." Le ministre de la Transition écologique est lui aussi reparti avec un exemplaire du rapport. Ce qui l'intéresse c'est la manière dont les différents Etats abordent le problème des sargasses, l'origine du problème et son traitement (ramassage, stockage, séchage et éventuelle valorisation du déchet ultime). "Les expériences que le sénateur a pu voir dans différents pays, explique-t-il, montrent que la France est plutôt à la pointe notamment dans le domaine sanitaire, dans le réseau de détection des effluents, notamment le H2S, l'hydrogène sulfureux qui peut avoir un aspect extrêmement incommodant, voire toxique pour les populations mais également les appareils électroniques." Ce rapport montre encore que dans d'autres pays, les expériences sont plus poussées pour ce qui concerne par exemple les barrages flottants ou la prédictibilité de l'arrivée sur les côtes des sargasses.

Toujours pas une catastrophe naturelle

La grande préconisation du rapport Théophile, c'est donc un sommet international qui réunirait tous les Etats de la région en Guadeloupe. "C'est quelque chose que nous soutenons", assure M. de Rugy qui entend en parler au ministre des Affaires étrangères pour en étudier la forme. "Nous sommes convaincus, poursuit-il, que les échanges entre les pays confrontés au problème des sargasses seront enrichissants."

Plus concrètement, François de Rugy affirme que le gouvernement poursuit ses efforts de soutien aux collectivités locales pour le matériel de ramassage et le réseau de mesure des émanations issues des sargasses dans l'air. Pour autant, y aura-t-il plus de moyens pour aider les communes et les intercommunalités au ramassage ainsi que le faisait valoir vendredi dernier à l'Elysée, frédéric Buval, le maire de Trinité ? "Il faut avoir des moyens dimensionnés pour faire face aux urgences et c'est ce que nous faisons. S'il y a des demandes supplémentaires, nous les examinerons." Le ministre de la Transition écologique a aussi annoncer le lancement cette année d'un programme avec l'agence nationale de la recherche pour mieux comprendre l'origine du phénomène, le lien entre la prolifération des sargasses, le réchauffement climatique, la pollution de la mer et cela en coopération avec d'autres Etats voisins."

Au-delà de ces questions, la préoccupation des populations et des élus est l'impossibilité légale d'appliquer pour les invasions de sargasses le principe de la catastrophe naturelle. Une loi "risques naturels" serait bien en préparation pour cette année d'après le ministère des Outre-mer, pour autant, cette reconnaissance semble encore problématique : "Nous avons, poursuit le ministre de Rugy, sur ce sujet là eu des approches qui permettent de répondre au problème dans une approche préventive. Notre but, c'est d'éviter toutes les conséquences négatives qui  arrivent lorsqu'on ne peut rien faire lorsque les sargasses viennent à la côte se décomposer sur les plages quand elles ne sont pas ramassées à temps. Le but c'est bien de les ramasser dans les 48 heures. C'est notre objectif, notre obsession." Les sargasses ne sont pas encore prêtes à être une catastrophe naturelle.

FXG, à Paris

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7 février 2019 4 07 /02 /février /2019 05:48

Des maisons et des écoles

Sophie Charles, maire de Saint-Laurent-du-Maroni, a plaidé son schéma pour un urbanisme en autoconstruction.

C'est à la conférence logement Outre-mer que Sophie Charles, maire de Saint-Laurent-du-Maroni, a remis son projet de lotissement en auto-construction avec des normes moindres mais réelles. "Il faut, a-t-elle expliqué, des conditions telles que les squatteurs qui sont en situation régulière puissent accéder à une parcelle et construire leur habitation puisque, de toute façon, ils le font de manière illégale aujourd'hui sur le terrain d'autrui." L'objectif serait ainsi de permettre à ces populations accédant à la propriété de pouvoir participer aux finances de la ville en payant elles aussi des taxes. "C'est aussi, ajoute la maire, un dispositif adressés aux Saint-Laurentais qui ont de petits revenus et qui n'arrivent pas à accéder à la propriété dans ces lotissements." Ces derniers doivent être aménagés a minima au début mais avec des espaces publics prévus de façon à limiter l'impact des installations spontanées sur l'organisation même de la ville. Ce projet de lotissements en auto-construction encadrée avait déjà été étudié avec le GRET de temps de Léon Bertrand. "Ce qui est nouveau, aujourd'hui, précise Mme Charles, c'est avant tout la simplification de la norme et l'aménagement a minima. Cela peut passer par une location accession avec un assainissement non collectif, des réseaux simples, eau et électricité en entrée de lotissement, une voirie...

1000 parcelles en auto-construction

Ce qui est aussi nouveau c'est que ça permettrait de résorber l'habitat spontané qui existe à Saint-Laurent. Là, on s'dresse à des publics spécifiques qui sont en tellement grand nombre à s'installer sur les terrains d'autrui qu'ils concurrencent  la ville même qui est urbanisée avec un mode de fonctionnement autour du respect du plan local d'urbanisme (PLU)." Le projet comporte plusieurs tranches pour un total de 1000 parcelles, soit 1000 familles.

Tout le projet a déjà été présenté à la direction de l'habitat outre-mer en novembre dernier. "Ce modèle n'existe pas encore, mais il répond aux besoins de la commune." Jeudi dernier d'abord, puis le lendemain à l'Elysée, Sophie Charles a trouvé des oreilles non seulement attentives, mais positives. "Le président a donné deux avis favorables, se réjouit Mme la maire, le premier, c'est sur le droit à la différenciation, y compris sur un même territoire, et deuxièmement, il a bien parlé d'auto-construction !" Car il ne s'agit pas de bidonville, mais de vraies maisons, avec une dalle, un toit, des fenêtres !

Qui va être éligible pour recevoir un terrain, quand cela va-t-il commencer ? Plusieurs zones autour de Saint-Laurent ont été identifiées ; elles sont toutes dans le périmètre de l'Opération d'intérêt national (OIN). Donc le démarrage dépendra de celui de l'OIN. "Ca ne se fera pas demain, précise Sophie Charles, mais au moins on sait que dès lors que l'OIN démarre, on pourra commencer par tranches. J'espère qu'on commencera en 2010."

FXG, à Paris

Des bâtiments pour la scolarisation de la petite enfance

Dans le cadre de l'examen du projet de loi pour une école de la confiance, Sophie Charles a été auditionnée au Sénat lundi à la demande d'Antoine Karam sur la faisabilité de la scolarisation des enfants dès l'âge de 3 ans. Cette mesure doit entrer en vigueur dès la rentrée prochaine. "Ca devrait dire 500 places de plus à trouver tout de suite, s'inquiète Mme Charles, ce qui risque d'être compliqué..." D'ores et déjà, le dédoublement des classes de CP ne sont pas de vrais dédoublement puisque ce sont en fait deux enseignants dans la même classe. Et après le CP à la dernière rentrée, c'est au tour des CE1 en septembre prochain... "Si je devais vraiment dédoubler les classes, cela reviendrait à trouver 97 classes de plus." La solution consistant à faire deux vacations dans la même classe comme cela se fait à Mayotte sera expérimentée dans cinq écoles : Paul-Castin, Voyer, Othily et Paul-Isnard 1 et 2.

Mais en fait, il faut construire 55 classes d'ici 2021. Actuellement, il y en a 29 et une 30e en mars. Trois nouvelles écoles sont dans les tuyaux, mais les 20 % à charge de la commune pour financer chaque école, représentent pour le budget d'investissement de la commune jusqu'à 2 millions en deux ou trois ans sur un budget annuel qui tourne autour de 15... La procédure est par ailleurs trop longue avec l'obligation de concours. "Nous voudrions ou bien l'autorisation d'utiliser la conception réalisation comme c'est fait pour les casernes de gendarmerie depuis 1982, ou la possibilité de dupliquer les plans d'une école agréée pour éviter de refaire de nouvelles procédures à chaque fois." Il y a encore un problème de disponibilités foncières pour construire des écoles de proximité quant tout le foncier appartient à l'Etat....

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6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 07:52
Le RSA plombe les finances du conseil départemental de la Réunion

Melchior plaide la recentralisation du RSA à Matignon

Fort de l'avis favorable du président de la République pour une recentralisation du RSA par les services de l'Etat comme cela se fait en Guyane et à Mayotte, Cyril Melchior a demandé à Edouard Philippe de ne pas attendre deux ou trois ans pour le rendre effectif.

Cyril Melchior, président du conseil départemental, avait rendez-vous lundi matin à Matignon avec le Premier ministre. "J'ai voulu lui expliquer, explique le président Melchior, les difficultés qui sont celles du département de la Réunion pour pouvoir maintenir à court terme son équilibre budgétaire en raison du poids du RSA. Environ 93 000 personnes sont allocataires du RSA, soit une charge de 650 millions d'euros dont environ 150 incombent au département. Vendredi, le chef de l'Etat avait indiqué être favorable à une recentralisation financière de cette charge plutôt qu'à l'instauration d'une taxe sur les casinos ainsi que l'avait suggérée son homologue de la Guadeloupe. "Si on veut, poursuit Cyril Melchior, maintenir un niveau d'intervention du département suffisamment fort, l'essentiel de nos marges de manoeuvre ne doit pas être consommé en finançant ce que doit faire l'Etat, c'est-à-dire le RSA." Alors, ok Emmanuel Macron s'est dit favorable, mais reste à concrétiser cela et c'est la qu'Edouard Philippe intervient puisqu'il faut aborder les modalités pratiques et le délai. "Il s'est montré non pas réservé, prévient, M. Melchior, mais prudent... Il veut bien qu'on envisage cette recentralisation, mais il dit avoir besoin de temps pour bien étudier notre dossier... Si le Premier ministre pense à un délai de deux ou trois ans, moi je voudrais que ce soit étudier cette année !"

Renforcer les missions premières du département

Depuis dix à douze ans, a plaidé le président Melchior, le département s'est désengagé de nombreux dossiers relatifs aux politiques de prévention pour compenser le manque à gagner de l'Etat sur le RSA. "Aujourd'hui, je dis halte, stop ! On ne peut plus continuer à financer à la place de l'Etat le RSA et parce qu'il y a une urgence sociale, nous voulons apporter notre contribution à la résolution de cette crise, mais pour ça il faut des moyens."

A l'origine, quand l'Etat a transféré le RSA au département, ce transfert devait s'accompagner de moyens équivalents. La dégradation progressive des indicateurs fait que la charge a augmenté sans que les recettes ne suivent. En tout, c'est plus de 1 milliard d'euro que le département a ponctionné depuis dix à douze ans sur son budget pour compenser le décalage au détriment des autres actions de prévention santé, de lutte contre les exclusions ou l'insertion des publics en difficulté qui lui incombent... Dans les faits, si l'Etat récupère les 650 millions de charges, il récupère aussi les 150 de reste à charge du département. "Ce sera une perte définitive du reste à charge, explique-t-il, mais comme on sait que la dépense augmente chaque année de 20 à 30 millions d'euros... Ca sera autant d'économie chaque année que nous pourrons utiliser pour nos missions premières."

Reste maintenant tout un travail technique à faire avant que Matignon mette son feu vert et transforme l'avis favorable du président de la République en réalité budgétaire palpable dans une loi de finance. Et laquelle ?

FXG, à Paris

Plan pauvreté

Le département travaille actuellement avec le délégué interministériel au plan de lutte contre la pauvreté. 42 % des familles réunionnaises sont en-dessous du seuil de pauvreté. Ce taux était de 52 % il y a dix ans et il est de 14 % dans l'Hexagone... "J'ai expliqué au Premier ministre ce que nous attendions de ce plan, détaille M. Melchior. Car deux sujets nous préoccupent : le décrochage scolaire et l'accompagnement social des familles."

Avec l'Etat, le département, l'Education nationale et également les mairies, il pense que nous pouvons mieux accompagner les enfants en situation d'échec. "Ils sont repérés, nous pouvons donc les aider à s'en sortir !" En deuxième, lieu, le département veut venir en aide aux familles qui, à partir du 20 du mois, n'arrivent plus à subvenir à leurs besoins. "J'ai envie de les accompagner avec des opérateurs locaux comme la Croix Rouge, les CCAS, mais en même temps, il faut travaille sur une aide à la maîtrise budgétaire." Cet accompagnement des familles et la lutte contre le décrochage scolaire, c'est, en deça de ce que propose le plan national de lutte contre la pauvreté, ce que le président Melchior a proposé au Premier ministre pour mieux adapter ce plan à nos réalités.

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4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 05:15
Grand débat national Outre-mer au Château avec les maires d'Outre-mer

Les maires dans la salle des fêtes de l'Elysée

Le président de la République a reçu vendredi 1er février à partir de 15 heures les maires d’Outre-mer à l’Elysée ainsi que les présidents d’exécutif, les préfets et les parlementaires d'Outre-mer, pour échanger avec eux à l’occasion du grand débat national. Emmanuel Macron a choisi de les inviter à Paris pour se livrer à l'exercice qu'il a initié avec les maires de l'Eure, puis du Lot et de la Drome : un long "one president show" suivi d'un échange avec la salle. Pour nos élus ultramarins, les frais de déplacement sont à leur charge, même si quelques uns laissent entendre que certains d'entre eux ont pu recevoir un petit coup de main du Château pour venir. Presque tous ont profité du voyage pour assister, la veille, aux voeux de la ministre des Outre-mer, rue Oudinot. Une cérémonie toujours très courue pour la qualité de son buffet malgré l'absence de rhum vieux cette année au bénéfice du champagne...

Le rendez-vous élyséen a débuté par un déjeuner à l'hôtel de Marigny, l'annexe de l'Elysée avec Annick Girardin, la ministre des Outre-mer et cinq autres ministres dont Buzyn et Blanquer. Car pour accueillir ses 200 invités, Emmanuel Macron a convoqué, outre sa ministre des Outre-mer, les co-animateurs du grand débat national, Sébastien Lecornu, ministre chargé des Collectivités Territoriales (qui ne cache pas son tropisme pour les Outre-mer), et Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire. C'était la première fois que la salle des fêtes tout juste relookée couleur gris taupe accueillait un événement public.

FXG, à Paris

1ère séquence : les maires revendiquent

L'exactitude étant la politesse des rois, Emmanuel Macron a ainsi pu faire mentir ceux qui le jugent par trop monarque en arrivant à 15 h 25 pour une arrivée attendue à 15 heures. Mais d'emblée, le chef de l'Etat ne s'est pas excusé de son retard, seulement de tenir ce nouveau débat après les assises des Outre-mer, mais, a-t-il dit, "la crise est profonde". Très vite, Annick Girardin a distribué la parole aux maires. Maurice Gironcel d'abord, maire de Sainte-Suzanne, qui a demandé d'élargir la conférence territoriale à tous les acteurs, y compris les gilets jaunes. Michel Vergoz, maire de Sainte-Rose (Réunion) enchaîne pour demander au président de transformer l'Etat dans les DOM. Puis, c'est Guy Losbar, maire de Petit-bourg (Guadeloupe), qui demande à ce que les assurances puissent prendre en charge le risque sargasse. Derrière lui Frédéric Duval, maire de Trinité (Martinique), réclame le rétablissement de l'APL accession logement...

Puis, c'est le maire d'Apatou (Guyane) qui insiste sur son enclavement en matière d'eau, d'électricité, de numérique, de service public et l'inactivité subie par la jeunesse... Alors oui ! Lui, il veut la réalisation du projet de la Montagne d'or et la réfection de la route qui mène à sa commune. Bruno Nestor Azérot, maire de Saint-Marie (Martinique), tout comme son collègue Joël Beaugendre de Capesterre-Belle-Eau (Guadeloupe), demande l'indemnisation de toutes les victimes du chlordécone. Jean Gandy, le maire de Rémire-Montjoly (Guyane) demande une simplification des normes et remercie le président pour son intérêt pour les Outre-mer...

L'intervention de l'ancienne ministre, Marie-Luce Penchard, maire de Basse-Terre (Guadeloupe) s'achève par une salve d'applaudissements. Non sans avoir salué le travail des prédécesseurs d'Annick Girardin (Lurel, Bareigts et elle comprise), les états généraux de 2009, la loi égalité réelle et les assises, Mme Penchard invoque le droit à la différenciation : "Osez, M. Le président !"

Puis, c'est la maire de Miquelon, le maire de Rivière-Pilote (Martinique) et celui de Saint-Pierre à la Réunion qui abordent la question du changement climatique... Jean-Paul Virapoullé, maire de Saint-André (Réunion) demande la simplification du millefeuille administratif, mais surtout la baisse du coût de la vie... Le président du conseil départemental de Mayotte intervient pour s'étaler sur les multiples conflits qui minent l'activité du port de Longoni... Saïd Omar Oili, le maire de Dzaoudzi, poursuit en affirmant que son territoire est "au bord de la rupture, qu'une simple étincelle mettrait le feu"... "Parfois, lance-t-il, M. le président, vous dîtes trop la vérité et nous sommes dans un pays où l'on n'aime pas trop cela..." Il fait un long développement sur l'autisme asperger dont souffriraient les hautes sphères de la France. Le président Macron regarde ses notes... "Si des signes forts, conclut le maire de Dzaoudzi, ne sortaient pas ce débat, nous les élus ne pourrons pas faire de miracle."

Didier Laguerre, maire de Fort-de-France, évoque le taux de chômage : "Aucun défi ne pourra être relevé si nous n'avons pas la capacité de porter des investissements productifs." Et il se fait applaudir après avoir demandé des moyens de financement pour les collectivités et un statut fiscal propre. Christian Rapha, maire de Saint-Pierre (Martinique), appuie son collègue foyalais et invite le président à visiter sa ville et à l'aider à financer son musée...

Le président Macron a fini par tomber la veste. Il est déjà 17 h 00 et le tour de table des maires n'est pas fini... François Ringuet, le maire de Kourou (Guyane) lui aussi a des problèmes financiers dans sa commune. L'activité spatiale ne rapporte plus beaucoup à sa commune, sa contribution au budget de la ville passerait de 700 000 à 300 000 euros... Enfin Sophie Charles, maire de Saint-Laurent du Maroni (Guyane) conclut la première séquence pour réclamer un traitement équitable pour les finances des collectivités qu'il s'agisse du fonds de péréquation intercommunale ou de la dotation générale de fonctionnement. Elle conclut sur France Ô  sans laquelle la visibilité des outre-mer passerait de 9 % à 0,3%.

Le président se lève, c'est le temps de ses réponses qui commence. Il est 17 h 25.

Sur la vie chère

"La vie est chère pour tous ceux qui ne touchent pas la surrémunération." Le président a clairement appelé les collectivités : "Ca doit venir de vous, sinon on va rester dans cette situation duale." Le président a assuré que la lutte contre les oligopoles et monopoles, c'est-à-dire l'ordre public, cela relevait de l'Etat. Il a encore souligné la nécessité d'une organisation économique en filières, "mais j'attends de vous pour des solutions sur le sujet de la surrémunération." Il a parlé d'une transition sur dix ans.

Sur les finances des collectivités

"La dotation globale de fonctionnement est la même en outre-mer et dans l'Hexagone", a assuré le président qui a convenu que les dotations de compensations étaient inférieures de 15 à 20 %, tout en soulignant que les territoires d'Outre-mer touchaient 20 fois plus des fonds européens. "On met tout sur la table !" Alors oui, il a convenu que Kourou était une victime collatérale de la concurrence américaine à l'agence spatiale européenne. Et si les villes de moins de 10 000 habitants, comme Saint-Pierre de la Martinique, sont exclues de l'opération Coeur de ville, "on peut, a-t-il affirmer, trouver des solutions". La conférence territoriale serait le bon endroit pour en parler... Ce qu'il souhaite, c'est "une révolution culturelle managériale profonde qui doit être un sujet de sortie du grand débat". Emmanuel Macron mise sur une "plus grande déconcentration des services de l'Etat, des contrôles moins tatillons". Il veut un Etat qui va "plus vite, plus aidant et plus pragmatique".

"Favorable à 100 % au droit à la différenciation"

Conscient que pour une collectivité territoriale, obtenir une habilitation pour avoir des compétences nouvelles, est un chemin trop difficile, comme le droit d'expérimentation qui fait aussitôt craindre le risque d'une généralisation, le président s'est dit favorable à 100 % au droit à la différenciation et a parlé d'une "réforme constitutionnelle de confiance", une "proposition attendue dès la fin de ce grand débat".

Un débat sargasse dans le débat

La première série de réponse du président sur la crise sargasse n'a pas convaincu malgré les 5 millions, puis les 12 millions, à savoir la couverture à 80 % par l'Etat des dépenses d'équipement pour le ramassage et le stockage des sargasses. Raymond Ocolier, le maire du Diamant réagit : "5 millions ? Mais c'est 50 millions qu'il nous fallait et c'est insuffisant !" "Il faut couvrir les besoins", tempère le président. "Et les assurances ?", continue le maire du Diamant. "Il faut les taper à raison, réagit le président... Il faut voir ce qu'on peut leur demander dans l'accompagnement des personnes." Marlène Miraculeux-Bourgeois, maire de Capesterre à Marie-Galante, le relance sur l'absence d'état de catastrophe naturelle et lance : "On me surnomme Mme Sargasse !" "Nous créons un régime sargasse, une solution ad hoc", réplique Emmanuel Macron.

Et une polémique Chlordécone...

"C'est à la demande de celles et ceux qui en vivaient", déclare le président Macron en répondant sur le chlordécone. "Pas ceux qui travaillent", hurle Alfred Marie-Jeanne. "Des lobbys, des élus et certains responsables économiques", reprend le président. "La prolongation des autorisations", précise Joël Beaugendre. "Il est faux dire que le chlordécone est cancérogène. Il y a une prévalence, mais il ne faut pas aller jusqu'à dire que c'est cancérogène. C'est quelque chose qui n'est pas vrai et qui alimente la peur." Le président rappelle alors qu'il s'est engagé sur le "zéro chlordécone" dans l'alimentation. Il refuse le principe d'ouvrir l'indemnisation à tous et assure que les discussions vont assez vite pour que les professionnels puissent déposer un dossier d'indemnisation à partir du mois de juillet.

Victorin Lurel, mais également Joël Beaugendre l'interrogent alors sur le fait que le Pr Blanchet du CHU d'une part, et l'OMS, d'autre part, ont établi un lien entre chlordécone et cancer de la prostate*. "Il n'y a pas de lien de causalité, insiste le président qui demande à Victorin Lurel de se souvenir qu'il a été ministre des Outre-mer. Puis avec le renfort da sa ministre de la Santé, il réaffirme l'absence de cause directe et assure que des travaux sont lancés avec les meilleurs chercheurs. Personne ne semble avoir convaincu personne.

France Ô

"On maintient les chaînes 1ère et on dit qu'on va remettre les Outre-mer au coeur de l'audiovisuel public, assure le président qui revendique le droit d'avoir de l'ambition. France 2 et France 3 sont trop bien pour l'Outre-mer ? L'Outre-mer, c'est un canal à part ? Non ! L'évolution de l'audiovisuel public doit s'accompagner d'un changement dans la présence des Outre-mer avec des obligations pour augmenter la visibilité. J'en prends l'engagement." Le député de Saint-Pierre-et-Miquelon le reprend : "Delphine Ernotte ne nous a pas convaincu pour ce qui est de la visibilité des Outre-mer, mais en plus cela met en danger la production outre-mer puisqu'on les prive du tremplin que représente France Ô."

Emmanuel Macron réplique en assurant que ça n'est pas à l'équipe actuelle de France Télévisions de dire ce qu'il faut faire, mais le travail des parlementaires.

*https://nousvoulonsdescoquelicots.org/2019/02/02/pourquoi-emmanuel-macron-ment-il-sur-le-chlordecone/

Grand débat national Outre-mer au Château avec les maires d'Outre-mer

Les Outre-mer, territoires inclusifs

A 19 heures, le débat est recentré sur l'emploi et l'économie. Nouveau tour de table des maires. Olivier Hoareau, maire du Port, défend le dispositif territoire zéro chômeurs de longue durée.

Marie-Laure Pineira-Horth, maire de Cayenne, évoque l'insécurité et le trafic de stupéfiants par rapport à la grandeur du taux de chômage notamment chez les jeunes. "Quand allez-vous prendre le chômage dans les Outre-mer comme grande cause d'outre-mer ?" Elle est suivie par la maire de Chirongui à Mayotte, puis par Josette Borel-Lincertin, présidente du département de la Guadeloupe. Elle aussi rappelle les difficultés financières de sa collectivité eu égard au besoin de l'action sociale dont elle est en charge. "Vous engagerez-vous à donner à nos départements les moyens de nos missions en nous donnant une fractions des produits des jeux de hasard ou en recentralisant une partie du RSA ?" Cyril Melchior, son homologue de la Réunion est revenu sur le mouvement des gilets jaunes qui a bloqué l'île deux semaines durant avec un préjudice de 700 millions euros de perte selon la CCI locale. Lui aussi se plaint de la non compensation par l'Etat du RSA : 150 millions d'euros pour le département de la Réunion ! Sans parler des 48 % de la population en-dessous du seuil de pauvreté. Cyril Melchior veut un changement de paradigme et voudrait que l'on passe du prêt à porter économique au sur-mesure. "Mettons le en oeuvre ensemble par la contractualisation !"

Ferdy Louisy, maire de Goyave (Guadeloupe) demande la conciliation de l'écologie et du pouvoir d'achat. Joseph Sinimalé, maire de Saint-Paul (Réunion), souligne qu'un tiers des ressources des Réunionnais vont à l'alimentation et au transport... Il en appelle au contrat de transition écologique. Stéphane Fouassin, autre maire réunionnais, exprime lui aussi son ras le bol sur la cherté de la vie, la disparition de l'APL accession et encore le plafonnement de l'abattement d'impôt au bénéfice du seul Bercy !

Les rangs des maires se sont un peu clairsemés et même si tout le monde se retient, on sent que l'exercice commence à lasser... Les journalistes écoutent moins et le président fait beaucoup d'effort pour montrer que son attention est encore intacte... Un peu de brouhaha brouille l'écoute. Stéphane Fouassin, pour ne rien aider, lit un papier. Il est déjà 19 h 45...

C'est le moment pour les quatre présidents de collectivités régionales de prendre la parole. Le Réunionnais Didier Robert d'abord qui remercie la ministre de son implication au pays lors de la crise gilet jaune à la Réunion. "Les Réunionnais souffrent, lance-t-il. Le 15 du mois, il n'y a rien dans leur frigidaire..." Il conclut son intervention en évoquant les lobbys administratifs, privés qui entravent le progrès.  Alfred Marie-Jeanne enchaîne : "Que serait la France aujourd'hui au regard du Brexit, au regard d'une Amérique belliqueuse ? (...) On dénie l'Outre-mer et c'est un déni que je n'accepte pas." Il rappelle "la crise sociétale sans précédent", survenue il y a dix ans en Martinique. Tous, Emmanuel Macron compris, tendent l'oreille pour bien saisir son propos. Annick Girardin finit par intervenir pour lui dire qu'il parle depuis 15 minutes. Il se fâche, se calme : "Nous demandons le respect des engagements pris dans le cadre des assises de l'outre-mer", conclut-il. Rodolphe Alexandre, président de la Guyane, prend le relais pour se féliciter que Total puisse poursuivre son forage au large de la Guyane, féliciter le président pour avoir tenu parole sur les accords de Guyane dont la recentralisation du RSA... "Il faut qu'on désacralise la question des peuples autochtones : la question aurifère n'est pas amérindienne mais guyanaise ! La Guyane se meurt. Après la première locomotive qui est la base spatiale, la seconde doit être la filière aurifère." Il conclut avec le prix des billets d'avion "excessifs" et se dit prêt à trouver avec le président une solution aux mules

En l'absence d'Ary Chalus, Annick Girardin lance un nouveau débat sur le logement et invite la maire du Moule (Guadeloupe) Gabriele Louis-Carabin à intervenir : RHI, logement social, APL accession. Le maire de Mamoudzou (Mayotte) y va de son chapelet, suivi de Patrick Lecante, maire de Montsinery-Tonnegrande en Guyane : "Ca fait presque 5 heures, que nous discutons et il me vient une idée : pourquoi ne pas faire de cette journée une journée annuelle ?" Mais c'est sur la continuité numérique qu'il interpelle le président Macron... Jean-Claude Pioche, maire de la Désirade (Guadeloupe) achève par une intervention dédiée à l'emploi : "Est-il envisageable qu'une cellule interministérielle soit crée et des moyens alloués ?" Justin Pamphile, maire du Lorrain rappelle à son tour les événement d'il y a dix ans, le chômage de masse, les risques sanitaires, la précarité du système de santé, les investissements en berne... "Et pendant ce temps, la Martinique perd des habitants..." Il réclame un plan de développement endogène. Il est 21 heures, son collègue du Vauclin plaide la candidature de la yole au patrimoine de l'UNESCO. Maryse Etzol lui succède pour parler de Marie-Galante qui se dépeuple et s'appauvrit... Jocelyn Sapotille, maire de Lamentin en Guadeloupe, dénonce l'importation de bois des Etats-Unis pour faire un couplage biomasse-bagasse... Alors, M. le président, déclin définitif ou développement désordonné ?

Chômage, immigration, fiscalité... Macron répond encore

"Ce n'est pas une communauté autogérée !" Emmanuel Macron a dû reprendre le micro de force pour essayer de commencer à répondre. "Je prends encore deux questions..." David Zobda maire du Lamentin (Martinique) évoque la situation du CHUM. Gilles Adelson, maire de Macouria (Guyane), récupère le micro : "A quand la modernisation de l'axe routier ?"

Emmanuel Macron peut enfin répondre... Il confirme sa venue à la Réunion et à Mayotte en juin. Il propose de mettre des crédits sur le territoire zéro chômeur : 7 millions pour la Réunion. "Je suis comme vous, j'y crois beaucoup !" La question des mules ? 600 interpellations à Cayenne et des centaines à Orly... "Nous allons renforcer la coopération régionale pour avoir une vraie discussion contre ces fléaux. 1er mars, le préfet de Guyane lance "l'opération étanchéité" !

L'émigration clandestine à Mayotte et en Guyane : "Nous sommes pleinement mobilisés pour la combattre, coopérer avec les Comores pour la bloquer au départ, et systématiser les retours !" En mai, un plan spécifique, type harpie, sera déployé pour dissuader et empêcher Mayotte d'être un point d'entrée. Plus de contraintes également aux prestations sociales, même si certaines dispositions spécifiques à la Guyane ont été censurées par le Conseil constitutionnel.

Sur les recettes des jeux de hasard pour financer les prestations sociales en Guadeloupe, le président préfère transférer une ressource qui a une cohérence avec la politique sociale. "Je suis favorable à une recentralisation des prestations qui doit s'accompagner d'un partenariat opérationnel avec les collectivités qui sont des opérateurs de proximité, pas des financeurs aveugles." Il veut de l'insertion par l'activité économique.

Il retient la proposition d'un chèque fiscal écologique environnemental du maire de Goyave. "L'idée d'avoir des incitations pour les collectivités me paraît utile."

"Le beurre est cher ?, lance le président. A-t-on réfléchi à développer une filière ?" Il ne veut plus du cycle : défiscalisation, compensation du fret et argent public... "Il faut développer les filières locales, donc de l'activité économique, donc du salaire ! " Il propose encore une vraie réforme de la fiscalité locale, TVA et octroi de mer, pour abaisser les prix. Le coût du travail ? Il salue le "zéro charge patronale au SMIC" qui a démarré le 1er janvier. Le "zéro déchet" aussi !

Il a salué le président Marie-Jeanne et la passion avec laquelle il s'exprime : "Sa colère accompagne le gâchis qu'il y a eu depuis le début !"

Soutien à la yole martiniquaise à l'UNESCO

Sur le sujet aurifère, Emmanuel Macron réitère ses exigences. Quant au prix des billets d'avion, il assure que la mobilité Guyane Antilles a été améliorée grâce à la concurrence qui ne serait pas encore suffisante sur le transatlantique. La continuité territoriale reste un sujet préoccupant qui demande des réponses cousues main ! "Je vais demander aux préfet de se mobiliser."

Au maire du Lorrain, il a assuré que si revenir sur l'abattement fiscal de 30 % améliorait les choses, il le ferait : "A qui cela profite-t-il ? Et qui a la vie chère ?" "Vous ajouté de la pauvreté à la pauvreté", lui lance Max Mathiasin, deputé Modem de Guadeloupe. "Non, oppose le président. On a reduit un peu l'avantage fiscal pour les gens les plus aisés et pour retourner ces sommes aux Outre-mer.' Ca bougonne ! "On ne le suuprime pas, on l'écrête ! On peut régler le problème de la vie chère si on se mobilise ! Si vous pensez que le système fonctionne, défendez-le devant vos concitoyens, moi je suis cohérent jusqu'au bout et je propose qu'on l'évalue."

La sénatrice martiniquaise Catherine Conconne proteste... Ca fait bientôt sept heures que la réunion a commencé. Le président répond au reproche qu'on lui a fait sur la suppression des contrats aidés :"Des contrats précaires, peu qualifiant : de la subvention cachée pour les collectivités. On a mis en place le contrat PEC avec une obligation de formation et un accompagnement vers le contrat pérenne !", même si la part de l'Etat dans son financement est moindre.

Enfin, il a évoqué la Yole et l'UNESCO ? "Je peux vous annoncer que je l'accompagnerai !" Il lance encore qu'il croit en la souveraineté alimentaire et énergétique... Un dernier mot sur la surrémunération: " Si on est tous surrémunérés, bon courage ! Il faut progressivement désensibiliser nos territoires et il va falloir régler définitivement ce sujet !" Désertification médicale ? Il annonce 4000 assistants médicaux... Il est 22 h 30, le débat est clos.

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3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 07:08
Francois Adam, Andre Yché, Bruno Arcadipane et Jean-Baptiste Dolci

Francois Adam, Andre Yché, Bruno Arcadipane et Jean-Baptiste Dolci

Un nouveau plan logement outre-mer en chantier

La conférence logement Outre-mer qui a été ouverte jeudi à Paris par Julien Denormandie, le ministre de la Ville et du Logement, et Annick Girardin, conduira ses travaux jusqu'au mois de juin. Hier, autour des acteurs de la gouvernance du logement social, tels André Yché, de CDC Habitat, Sabrina Mathiot de l'Union sociale de l'habitat Outre-mer, ou encore Guibert Hejoaka, analyste financier de la fédération des entreprises publiques locales (les SEM donc, elles représentent 123 000 logements, soit 2/3 du parc outre-mer) ont fait un point sur l'avancement du plan logement Outre-mer, ses succès, ses difficultés... Ils ont surtout évoqué le nouveau plan à mettre en oeuvre pour la période 2019-2022.

Sept principes le dirigent : libérer le foncier, construire du neuf de qualité, réhabiliter et améliorer le parc existant, maîtriser les coûts, stabiliser les parcours logements, lutter contre l'habitat indigne et dégradé, engager la transition énergétique dans le bâtiment. Pour financer ce plan logement Outre-mer, la Caisse des dépôts, l'AFD et Action Logement. Cette dernière vient d'annoncer 9 milliards dont 1,5 pour les seuls Outre-mer. A côté de ces financeurs, les établissements publics d'Etat, l'ANRU, l'ANAH, l'ADEME, les bailleurs sociaux... Mais pour ne pas réitérer les erreurs et surtout les retards du plan logement précédent, CDC-Habitat qui a repris le capital des SIDOM veut mettre en place une stratégie pour réussir un objectif de 30 000 logements neufs de qualité, et de réhabilitation... Rénovation des centre anciens, éco-cité de Cambaie à la Réunion, ZAC de Chirongui à Mayotte... "Il y aura des opérations de démolition reconstruction, notamment aux Capitaine aux Abymes, a indiqué André Yché. Il faudra une diversité de constructions pour maintenir les populations sur leurs sites tout en faisant évoluer l'équilibre social. Nous allons procéder programme par programme et sur mesure." En 2016, seuls 16 000 sont sortis de terre, en-deçà des objectifs, et seulement 500 ont été réhabilités pour un objectif de 1500... Pour réussir, André Yché propose de ne plus découpler la chaîne aménagement, construction, gestion. "Les activités d'aménageurs des SIDOM les ont placées en difficultés financières", a-t-il expliqué. Il propose donc une programmation au sein d'une filière avec une approche régionale avec une gouvernance made in CDC-Habitat.

FXG, à Paris

Logement accession sociale, la contrition de Denormandie

Interpellé par Huguette Bello sur la suppression du plan Logement accession sociale, le ministre de la Ville, Julien Denormandie, seul responsable de cette décision, a admis que cette suppression avait eu "des conséquences négatives" et qu'il fallait désormais en "limiter les impacts négatifs". Il a même admis que c'est grâce à ce dispositif qu'l y avait davantage de logements rénovés. Il s'est voulu rassurant au sujet de 820 dossiers à reprendre. Il a enfin indiqué que la mission qu'il a nommée avec Annick Girardin pour étudier un dispositif pérenne d'accession sociale à la propriété, rendrait son rapport fin mars.

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2 février 2019 6 02 /02 /février /2019 11:53
Priscilla Ludowsky, Philippe Pascot et Faouzi Lellouche face à Annick Girardin mardi soir au ministère des Outre-mer, en présence d'une trentaine de médias...

Priscilla Ludowsky, Philippe Pascot et Faouzi Lellouche face à Annick Girardin mardi soir au ministère des Outre-mer, en présence d'une trentaine de médias...

Annick Girardin face aux gilets jaunes

"La question n'est pas si je suis satisfaite ou pas de cet entretien, a déclaré Priscilla Ludowsky. Les réponses que nous avons eues sont des réponses politiques..." La délégation de trois gilets jaunes, conduite par Priscilla Ludowsky, originaire de Martinique, a été reçue mardi 28 janvier plus d'une heure au ministère des Outre-mer. Les gilets jaunes étaient venus manifester en compagnie de l'intellectuel Etienne Chouard, devant le ministère samedi pour attirer l'attention des médias sur la situation en Outre-mer. A l'invitation d'Annick Girardin, ils sont donc venus porter un message transmis "de gilets jaunes à gilets jaunes". Il s'agit de revendiquer le referendum d'initiative citoyenne, de réclamer le statut de catastrophe naturelle pour les sargasses, un réel investissement pour la distribution, la qualité et le prix de l'eau, de dénoncer la faillite du système de santé et le drame des pesticides, l'insuffisance des transports en commun et encore la cherté de la vie. Mais globalement ces gilets jaunes ont dénoncé "les politiques qui se servent au lieu de servir", leur "incapacité à mettre en oeuvre les décisions voulues par le peuple" qu'il s'agisse de l'eau en Guadeloupe ou de la Nouvelle route du littoral à la Réunion...

Priscilla Ludowsky a insisté sur la non application du protocole d'accord de 2009 aux Antilles : "On n'en parle plus dans l'Hexagone, c'est pour ça que j'ai trouvé important de transmettre leur parole..."

Le débat a ensuite évolué sur la suppression de France Ô dont les gilets jaunes se sont faits les avocats... Le ton est resté cordial et une chose au moins semble avoir séduit les gilets jaunes reçus  :  le principe du tirage au sort de 50 citoyens volontaires pour siéger au sein de l'observatoire des prix, des marges et des revenus à la Réunion.

"Pour le principe, a indiqué le gilet jaune Philippe Pascot, on est satisfait de l'échange, maintenant on est très vigilants à ce que ce ne soit pas de la langue de bois. Nous espérons que cette ministre-là va agir concrètement par rapport à ses paroles et que ça ne va pas être seulement des discours, mais des actes. Les gens ne veulent pas des promesses, ils veulent du vrai, ils veulent du concret ! Ils veulent qu'on arrête de leur donner des miettes et qu'ils soient obligés de mendier pour avoir ces miettes ! A partir de là, on sera d'accord."

FXG, à Paris

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