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14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 06:19
Avortements et stérilisations forcés à la Réunion

Des députés veulent la vérité sur les avortements forcés à la Réunion

Une commission d’enquête sur les avortements et stérilisations forcés ayant eu lieu à La Réunion dans les années 1960 et 1970 fait l'objet d'une proposition de résolution déposée le 19 décembre dernier, sur le bureau de Richard Ferrand par des députés des groupes de la la France insoumise de de la gauche démocratique et républicaine, des Républicains et UDI parmi lesquels Jean-Hugues Ratenon,, Jean-Luc Mélenchon, Moetai Brotherson, Gabriel Serville, Nathalie Bassire, Mansour Kamardine ou encore Maïna Sage.

Cette demande a été renvoyée à la commission des affaires sociales.

"Il est avéré, est-il précisé dans l'exposé des motifs, que plusieurs praticiens ont pratiqué des avortements et stérilisations sans consentement des patientes durant les années 1960 à l’île de La Réunion." L’affaire a été révélée en 1970 par le docteur Serveaux, un médecin qui a été appelé auprès d’une patiente souffrant d’une grave hémorragie après un avortement suivi d’un curetage. Dans la presse locale et nationale, on parla de la clinique orthopédique de Saint-Benoît du docteur David Moreau. Les journalistes découvrirent alors que des milliers d’avortements et de stérilisations forcées étaient pratiquées chaque année, depuis au moins 1966, dans cette clinique. En 1971, après plusieurs mois d’enquête et d’instruction, un procès a lieu pour « manœuvres abortives », en première instance puis en appel, contre trois médecins et un infirmier de la clinique orthopédique de Saint-Benoît. Les peines allèrent de deux ans d’emprisonnement (avec interdiction d’exercer pendant quelques années) à la relaxe.

Reconnu civilement responsable, le docteur David Moreau, directeur de la clinique fut dispensé de peine. Dans une lettre qu’il adressa au journal Le Monde, dont les extraits furent publiés dans le numéro du 2 février 1971, un des accusés avance : « La sécurité sociale, le président du conseil général [ndlr : Marcel Cerneau de 1966 à 1967 puis Pierre Lagourgue de 1967 à 1982] m’ont donné le feu vert pour les stérilisations. [...] Comment expliquer que tous ces actes aient été fait en plein jour et tous remboursés par la Sécurité Sociale ? Il faudrait donc inéluctablement supposer celle-ci complice. La quasi-totalité des malades m’étaient envoyés, eux aussi, par trente-deux médecins. Eux aussi doivent donc être inculpés si tout cela était vrai. »

Politique anti-nataliste de la part de l’État à La Réunion

Les députés demandent aujourd'hui une commission d'enquête car ils estiment que dans cette affaire plusieurs éléments restent troublants ou non éclaircis : "Le nombre relativement bas d’accusés, au regard du nombre d’actes rapportés dans la presse (seulement trente-six avortements ont fait l’objet de poursuites et condamnations) ; la « disparition » du registre des patients de la clinique avant le début de l’instruction (empêchant l’identification de potentielles victimes), alors que ces mêmes registres apparaissent dans un procès-verbal de saisies relatives à une instruction pour escroqueries et fraude à la Sécurité sociale, quelques mois après la condamnation en appel pour manœuvres abortives ; le nombre de praticiens et de responsables qui ne pouvaient ignorer ces pratiques, ont pu les encourager ou orienter des femmes vers la clinique de Saint-Benoît en connaissance de cause ; l’existence de spots publicitaires pouvant caractériser l’existence d’une politique anti-nataliste de la part de l’État à La Réunion ; la déclaration du docteur Lejade selon laquelle il aurait reçu l’assurance d’un ancien ministre des « DOM » que les interruptions de grossesses auxquelles il se livrait ne donneraient pas lieu à saisine de la justice ; la déclaration, en 1969, de 112 000 journées d’hospitalisation correspondant à 307 lits alors que la Clinique n’avait autorisation que pour 80 lits ; la disparition aux archives de La Réunion, du dossier contenant les pièces relatives au procès en première instance."

Les députés signataires estiment en conséquence qu’il est du devoir de la représentation nationale de "se donner les moyens d’une recherche approfondie pour faire la lumière sur les évènements survenus à La Réunion jusqu’au début des années 1970 et pouvoir avoir une idée précise de l’ampleur des faits (les déclarations de journées d’hospitalisations et les témoignages laissant penser que le nombre de victimes peut s’élever à plusieurs centaines ou milliers de femmes)".

L'examen de cette proposition pourrait intervenir en février.

FXG, à Paris

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14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 06:13
Quelle mobilité retour pour les Ultramarins

Retour au pays : mission impossible ?

Si L'agence de mobilité Outre-mer s'occupe d'aider la jeunesse des Outre-mer à partir se former dans l'Hexagone, il n'existe pas vraiment de dispositif pour faciliter le retour au pays des jeunes formés. Alors bien sûr, il existe une série d'initiatives diverses qui tentent de remédier à ce problème. Les premiers à l'avoir appréhender ont été les organisateurs de la Journée Outre-mer développement qui, dès 2009, ont cherché à faire de cette JOMD un carrefour et une plateforme de networking et de jobdating pour mettre en relation les employeurs des DOM et les jeunes diplômés qui cherchent à rentrer au pays : "Nous cherchons à attirer vers leurs territoires les talents de la diaspora ultramarine", a toujours défendu François Brichant, un de ses organisateurs. Après quatre éditions, il assurait qu'il y avait  "un certain nombre de recrutements sur des postes d’encadrement" sans toutefois pouvoir donner de chiffres. Seul indicateur la participation, notamment lors de la dernière édition qui frisait les 2000 jeunes, et qui montre que l'envie est toujours là. C'est en tout cas l'analyse de Loïc Iscayes, de l'association Jeunesse Outre-mer qui a organisé ou participé à nombre de salons comme le campus outre-mer, le forum étudiant au ministère des Outre-mer ou encore le forum pro jeunesse qui s'est tenu à Paris de 2013 à 2015. "Si les jeunes viennent, c'est que ça suscite de l'intérêt et ça donne déjà un aperçu." Lors de sa dernière édition parisienne, l’équipe du Forum Pro Jeunesse a réussi à créer un écosystème de 45 partenaires en Guadeloupe qui ont permis à 340 jeunes d’être présélectionnés sur CV par des recruteurs et organisme de formation, mais personne ne peut dire combien ont concrétisé... "La problématique, explique Loïc, c'est que la structuration de nos économies insulaires reste une économie du produit, du commerce, de la distribution... Ca structure des filières de métiers, mais ça en élimine d'autres !" Autrement dit un bon commercial à Paris sera un bon commercial en Guadeloupe, mais un ingénieur environnement aura du mal à trouver un emploi car il n'y a pas de structuration assez forte pour accueillir 20 ingénieurs environnement.

"C'est un problème de diversification sectorielle, poursuit Loïc Iscayes, après se pose aussi la question du coût du profil. Un diplômé bac + 4 ou 5 aura plus de mal à trouver une entreprise à son niveau qu'un agent de maîtrise sur une fonction support. Le surdiplômé n'aura pas les mêmes avantages que dans une multinationale à Paris par exemple..." La taille de nos entreprises est donc elle aussi un frein à l'embauche des jeunes diplômés car hormis les quelques sociétés de taille intermédiaire qui rassemblent 30 à 50 salariés, la plupart sont des PME voire de TPE... Alors, revenir travailler au pays, est-ce mission impossible ? "Non, réponds Loïc, mais il faut avoir une bonne connaissance du tissu économique local !" Les DRH avec qui il a échangé sur la question disent que pour que ça marche, il faut un projet de vie où l'on intègre le fait de gagner moins tout en gagnant sur le confort de vie et la proximité familiale.

FXG, à Paris

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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 18:03
Les ressources des CCI en baisse

Les ressources des CCI d'outre-mer encore à la baisse en 2019

"Une baisse des ressources consulaires de 14,39 % à Mayotte, de 19,58 % en Guadeloupe, de 21, 82 % en Martinique et de 40,88 % en Guyane..." Dans un courrier adressé au président de la République, Nadine Hafidou, présidente de l’association des CCI d'Outre-mer, sollicite l'intervention d'urgence du chef de l'Etat pour faire cesser la baisse continue des ressources des CCI dans les Outre-mer. Dans son courrier Mme Hafidou rappelle que de 2012 à 2017, la taxe affectée aux CCI a connu une baisse continue et que Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, s'était engagé à ce qu'il n'y ait plus de baisse de ressources jusqu'à la fin du quinquennat. Les CCI d'outre-mer se sont donc engagées volontairement dans la restructuration voulue par la loi PACTE qui ne sera pas votée avant plusieurs semaines... Pourtant, raconte Mme Hafidou, "le 18 décembre à une heure du matin et quelques dizaines de minutes avant l'examen de l'article actant la baisse des ressources de notre réseau, un sous-amendement du gouvernement a bouleversé les modalités de répartition de la taxe pour frais de chambres en 2019". Le produit de la taxe baisse de 13,5 % pour atteindre la somme de 449 millions en 2019, puis 439 millions en 2020. Après répartition, les baisses s'étalent donc de 15 à 40 % selon les territoires avec effet dès le 1er janvier 2019 ! "Cet amendement, poursuit la présidente de l'ACCIOM, aboutit à priver d'effet le dispositif  SMAC (seuil minimal d’activité consulaire) en Outre-mer, dans lequel nous avions pourtant négocié une baisse maximale de 5% de nos ressources en 2019, en accord avec notre tutelle CCI France et avec le soutien de l'Elysée." Ce dispositif SMAC était en passe d'être signé par Bruno Le Maire !

Stanislas Cazelle, le conseiller Outre-mer du président dit avoir bien compris le problème et assure qu'une solution sera trouvée, notamment pour la Guyane, car dans son discours d'octobre 2017 à Cayenne, Emmanuel Macron avait fait sien l'engagement des accords de Guyane d'une stabilité sur cinq ans des ressources de la CCI de Guyane. Pour les CCI de Guadeloupe, Martinique et Mayotte, la baisse pourrait rester en l'état. "Sans une solution dans les plus brefs délais, nous serons amenés à prendre nos responsabilités", fait savoir l'ACCIOM. Quant à la CCI de la Réunion, pour des raisons techniques, elle connaît une situation toute autre puisque la baisse de ressources qui la concerne ne sera que de 6 000 euros, soit 0,11%.

FXG, à Paris

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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 08:01
Isabelle de Silva, présidente de l'AdC

Isabelle de Silva, présidente de l'AdC

L'Autorité de la Concurrence met 10 % de ses troupes sur l'outre-mer

Ce ne sont pas moins de six rapporteurs et trois rapporteurs généraux adjoints sur les sept dizaines que compte l'Autorité de la concurrence (AdC) qui ont été activés au service de la saisine du 25 juin dernier du gouvernement concernant les importations et la distribution des produits de grande consommation dans les départements d'outre-mer. Dix ans après 2009 et l'enquête de l'AdC, "Fret maritime et grande distribution dans les DOM", le gouvernement  a demandé une nouvelle analyse qui permettrait éventuellement de dire si les conclusions obtenues en 2009 restent pertinentes. A cela, les rapporteurs de l'AdC doivent y inclure les éventuels impacts de la loi égalité réelle outre-mer votée en 2017 et de la loi de régulation économique dite loi Lurel de 2013. "Nous allons aussi nous intéresser aux produits de dégagements et aux activités portuaires", précise un des rapporteurs généraux de l'AdC. Depuis la saisine du gouvernement, le travail a commencé dans tous les territoires et un certain nombre d'auditions ont commencé auprès des acteurs économiques, de ceux de la société civile, des syndicats, des interprofessions... Avec ses pouvoirs d'enquête, l'AdC a pu lancer un certain nombre de procédures écrites, mais il a fallu attendre la fin de l'année 2018 pour obtenir le feu vert budgétaire pour les rencontres sur le terrain. Six rapporteurs sont d'ores et déjà en déplacement avec un plan de mission assez lourd pour prendre le pouls des marchés. Ils sont en Martinique, Guadeloupe et Guyane et devraient bientôt arriver à la Réunion et à Mayotte.

L'AdC devrait rendre son avis avant la fin du premier semestre 2019. Après la phase d'instruction sur place, le collège de l'AdC adoptera un avis avec des recommandations et des préconisations. A noter que le rôle du délégué interministériel à la concurrence outre-mer, Francis Amand, n'interfèrera pas avec cette enquête mais que cette enquête pourrait bien alimenter par la suite le travail du nouveau délégué nommé juste avant les fêtes de fin d'année.

FXG, à Paris

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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 08:00
EDF et LADOM

Ladom et EDF signent pour la formation en alternance

Jean-Bernard Levy, PDG du groupe EDF, et Florus Nestar, directeur général de Ladom, ont signé mardi soir une convention de partenariat en faveur de la formation en alternance d'une centaine de jeunes originaires d'outre-mer où EDF est implantée. Précisément, Ladom s'engage à proposer les candidatures de 30 à 90 jeunes titulaires d'un bac pro MELEC ou d'un BTS électronique pour qu'ils suivent une formation en alternance au sein des sites du groupe EDF en France hexagonale. Le partenariat est conclu pour une durée de trois ans et concerne des jeunes âgés de plus de 18 ans.

Le Groupe EDF vise le développement de compétences dans les métiers de la transition énergétique, particulièrement dans les territoires d’outre-mer. Jean-Bernard Lévy a ainsi indiqué que le partenariat signé avec LADOM avait vocation à "compléter l’action d’EDF en matière d’insertion professionnelle en outre-mer, et à enrichir le potentiel de recrutement dans des profils adaptés dans les métiers d’EDF".

A EDF, il y a actuellement 5 300 jeunes en formation en alternance soit 6 % de l'effectif total du groupe. En outre-mer, de l'aveu même de Jean-Bernard Lévy, ils ne sont que 130 en alternance et le patron d'EDF verrait d'un bon oeil un meilleur parallélisme entre l'Outre-mer et l'Hexagone ! D'autant plus que 90 % des formés sortent de leur période d'alternance avec un emploi stable après deux ans alors que seuls 3 % abandonnent leur formation en cours de route.

"Ce partenariat, a ajouté Florus Nestar, apporte des réponses à la problématique du retour au pays que soulèvent des élus des territoires ultramarins confrontés au vieillissement démographique."

FXG, à Paris

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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 06:19
Stéphane Israel, président exécutif d'Arianespace

Stéphane Israel, président exécutif d'Arianespace

Arianespace vise les 12 tirs au centre spatial guyanais en 2019

Le patron d'Àrianespace a annoncé 5 tirs d'Ariane V, trois pour Soyouz et 4 pour Véga tout en confirmant que les efforts de compétitivité toucheraient aussi le centre spatial guyanais en 2019.

"Nous visons douze lancements en 2019 avec notre gamme de lanceurs depuis le centre spatial guyanais." Le président exécutif d'Arianespace, Stéphane Israël, a annoncé, mercredi à Paris, que le premier lancement d'Ariane V (sur les cinq prévus) de l'année aurait lieu le 5 février prochain pour ses clients Arabsat, Hellas Sat et "King Abdulaziz City for science and technologie", d'une part et l'ISRO d'autre part. Quant au premier lancement Soyouz (sur les trois prévus en Guyane), il aura lieu le 19 février pour mettre en orbite la constellation Oneweb, qui doit ouvrir la voie à de prochains lancements depuis Baïkonour. "Nous sommes prêts à faire notre grand retour à Baïkonour, a ainsi déclaré le président Israël, pour le second semestre 2019." Enfin, quatre tirs sont prévus au CSG pour le lanceur Véga dont le vol de démonstration du service de lancement de petits satellites (SSMS) qui va signer l'arrivée des Européens sur le marché des petits satellites (de 1,4 à 550 kilos). A cela, il convient d'ajouter le vol de qualification du lanceur Véga C à partir de la fin de l'année. "L'année 2019 sera celle d'un rebond", souligne Stéphane Israël, qui attend beaucoup de la conférence ministérielle de l'Agence spatiale européenne, "Space 19 +" qui se tiendra à Séville en Espagne et définira la feuille de route d'Ariane VI et de Vega C. Ce sera le moment de négocier le dernier lot d'Ariane V (cinq lanceurs) et le premier lot d'Ariane VI (14 exemplaires). Les discussions avec les futurs clients d'Ariane VI sont d'ores et déjà ouvertes. Stéphane Israël a encore indiqué qu'à la fin 2019, il sera en attente de la confirmation du budget européen dédié à l'espace, soit 16 milliards !

Efforts de compétitivité

"Il y a eu de façon incontournable en 2018 la réaffirmation de notre leadership sur le segment géostationnaire." Mais la compétition est accrue, les volumes faibles, ce qui aboutit à une pression sur les prix. Le carnet de commande est néanmoins chargé et affiche  4,2 milliards d'euros venant de 36 clients dans le monde. Un tiers des vols prévus sont institutionnels, deux tiers, commerciaux, soit l'exact inverse du concurrent américain. Arianespace a bouclé ses comptés 2018 à l'équilibre (avec une participation financière de 90 à 100 millions d'euros de l'ESA). Toutes ces bonnes nouvelles s'inscrivent tout de même  dans une démarche de réduction des coûts qui a été ciblée à 40 % avec une réduction de taille de l'effectif de l'écosystème Ariane. Le chiffre de 2300 suppressions de poste a été cité dans la presse mais Stéphane Israël n'a pas voulu le commenter davantage, laissant ce soin au patron d'Arianegroupe, André-Hubert Roussel, qui doit s'exprimer le 21 janvier prochain.

Néanmoins, Stéphane Israël a convenu que son entreprise qui est engagée depuis 2014 dans des efforts de compétitivité, a su "absorber depuis 2014 plus d'activité avec un effectif stable". "L'exploitation d'Ariane VI en Guyane, a-t-il expliqué, participera elle aussi à l'effort de compétitivité, mais plus il y aura de lancements, plus il y aura d'activité, mais oui, il y aura, en Europe comme en Guyane, un effort de compétitivité." Au moins, c'est dit.

FXG, à Paris

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10 janvier 2019 4 10 /01 /janvier /2019 07:00
Clarissa Jean-Phillipe

"Clarissa a offert un modèle pour tout notre pays"

Quatre ans après l'assassinat de Clarissa Jean-Philippe par Amédy Coulibaly, un hommage républicain lui a été rendu à Montrouge, sur le lieu même de sa mort.

"Ca fait trois ans que je participe à cet hommage. J'y suis venue en tant que ministre de la Fonction publique et, depuis l'an dernier, en tant que ministre des Outre-mer." L'avenue de la Paix-Clarissa-Jean-Philippe à Montrouge était une nouvelle fois fermée à la circulation hier, 8 janvier, quatrième anniversaire de l'assassinat de la policière municipale de Montrouge par le terroriste Amédy Coulibaly.

Sous le froid soleil de ce début d'année,  trois ministres, Christophe Castaner, Laurent Nunez et Annick Girardin, les maires de Montrouge et Malakoff, la maire de Paris, Anne Hidalgo, et de nombreux élus locaux et parlementaires au nombre desquels la sénatrice de Guadeloupe, Victoire Jasmin, ont participé à l'hommage rendu à feue Clarissa Jean-Philippe. Le maire de Montrouge, puis le ministre de l'Intérieur ont pris la parole pour rappeler la vie et le parcours de Clarissa, pour rappeler quel symbole elle fût face à ceux qui en voulaient à la République. "Le terrorisme barbare s'est mis sur votre route, a déclaré Christophe Castaner, il a privé les Français de l'un de ses serviteurs les plus dévoués (...) Clarissa a offert un modèle pour tout notre pays. Elle me permet une promesse, celle de lutter jusqu'à la dernière seconde contre le terrorisme." Au-delà du terrorisme, mais sans faire de précises allusions à la crise des gilets jaunes qui a mis parfois en relief les violences des manifestants comme celle des policiers, le ministre a déclaré : "Face à chaque insulte, chaque coup porté à ceux qui risquent tout pour protéger, je veux me rappeler votre sacrifice, nous devons nous rappeler votre sacrifice, la République est notre lien le plus précieux, ne l'oublions jamais."

Clarissa Jean-Philippe venait de Martinique, apprenait son métier à Pantin et allait être titularisée à la police municipale de Montrouge quelques jours seulement après son assassinat. "Ce fut un assassinat barbare face à un terroriste  qui attaquait la République, a déclaré Annick Girardin à la fin de la cérémonie. Je crois que c'est important qu'on soit présent à chaque fois pour cet hommage et c'est l'engagement que moi j'ai pris."

"Ca fait quatre ans, mais on dirait que c'est aujourd'hui..."

Une dizaine de gerbes ont été déposées. Parmi celle-ci, celle du Conseil représentatifs des Français d'Outre-mer, déposée par le président du CReFOM 92, José Althey (rejoint par Jean-Michel Martial et Daniel Dalin), ou encore celle de Victoire Jasmin qui est ensuite venue personnellement saluer les proches de Clarissa Jean-Philippe présents lors de la cérémonie.

Justine, la tante de Clarissa, revient chaque année à Montrouge. Les enfants de l'école et crèche Yaguel-Yaacov, toute proche, et dont on pense qu'elle était la cible d'Amédy Coulibaly, lui ont offert une photo de Clarissa et quelques cantiques peu avant la cérémonie. "C'était très émouvant, raconte-t-elle. Je ne pouvais pas tenir... J'ai été obligée de pleurer parce que j'avais l'impression que c'est aujourd'hui que ça c'est passé. Ca fait quatre ans, mais on dirait que c'est aujourd'hui... On l'a tuée ici... Franchement c'est dur."

Justine sera encore là vendredi pour l'inauguration d'une allée Clarissa Jean-Philippe dans le 14e arrondissement de Paris. "Peut-être ma soeur sera là... J'ai trouvé ça très gentil que la ville de Paris fasse encore quelque chose pour Clarissa. Ca nous fait chaud au coeur à chaque fois. Les gens n'oublient pas Clarissa, c'est ça le plus important et ça nous remonte un peu le moral parce qu'il faut être solide pour supporter cela."

Et puis, comme les officiels étaient arrivés, ils se sont dispersés, ne laissant que les gerbes de fleur au sol, au pied de la plaque honorant le brigadier de police municipale Clarissa Jean-Philippe, face au mémorial où l'artiste de rue C215 a réalisé son portrait à côté de ces mots de sa mère : "Sans toi, ton sourire et ta joie, la vie ne sera plus la même."

FXG, à Paris

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8 janvier 2019 2 08 /01 /janvier /2019 08:33

La vente d'alcool à emporter reste prohibée la nuit à Saint-Paul

Jean-Louis Pierre Vidot, le gérant de la société Boucan Beach Market à Saint-Paul ne pourra pas vendre de l'alcool dans sa superette entre 21 heures et 8 heures sur le territoire de la commune de Saint-Paul, à l'intérieur du périmètre délimité par le maire, sous la route des Tamarins, du cap Lahoussaye jusqu'à la ravine des Trois-Ravins. Ainsi en a décidé le Conseil d'Etat lors de sa dernière audience de l'année 2018.

Ayant créé son affaire en 2015, M. Vidot n'a pas trouvé au goût de son business plan l'arrêté pris par le maire de Saint-Paul le 11 juillet 2018 pour restreindre la vente d'alcool. Il a demandé aussitôt au juge des référés de l'annuler. En vain, il est débouté le 1er octobre. Il s'est donc tourné vers le Conseil d'Etat pour faire valoir ses intérêts. Il estime que cet arrêt porte "atteinte à la liberté du commerce", que le maire ne démontre pas "la réalité des troubles à l'ordre public allégué, ni la nécessité de couvrir le périmètre visé".... Grosso modo, M. Vidot estime que l'arrêté est "disproportionné au regard des faits susceptibles de le justifier". Il fait encore valoir que l'arrêt qu'il attaque crée une "rupture d'égalité" entre les commerces autorisés à vendre de l'alcool, d'autant plus que si la vente d'alcool à emporter est interdite dès 21 heures, elle reste légale, du moment qu'il est consommé sur place, dans les bars, jusqu'à 2 heures. Malgré tous ces arguments, le Conseil d'Etat a considéré que "aucun de ces moyens n'est de nature à admettre l'admission du pourvoi en cassation". La prohibition nocturne reste donc en vigueur à Saint-Paul.

FXG, à Paris

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8 janvier 2019 2 08 /01 /janvier /2019 07:36
Chef Jimmy Desrivières, 15 rue Bassano

Le chef Jimmy Desrivières ouvre une bonne maison

Le chef martiniquais vient d'ouvrir à Paris un restaurant gastronomique déja remarqué.

"Je fais une cuisine de produits français avec des épices du monde et tout est fabriqué sur place..." Qu'il s'agisse du curry de son  agneau en croute, des épices douces qui accompagnent son canard de Barbarie ou encore du mélange de gingembre, curcuma et piment d'Espelette qui accompagne ses cocos de Paimpol, Jimmy Desrivières revendique le fait maison jusque dans ses mélanges d'épices ! Ce jeune chef martiniquais vient d'ouvrir le restaurant Pleine Terre à Paris, excellemment bien placé à 80 mètres des Champs-Elysées, à deux pas de Kleber et à trois du George V !

A 40 ans, c'est la première fois que ce chef au parcours constellé d'étoiles est à la tête de son propre établissement. Aucune enseigne n'indique l'endroit. Seulement la carte, sur un panneau mobile... Il faut sonner pour entrer. Un maître d'hôtel vous invite à le suivre en bas d'un escalier et vous arrivez dans un lieu qui ressemble à un club privé. Ca, c'est l'influence anglaise du maître de céans !

Avant d'ouvrir cette adresse, Jimmy Desrivières a eu un très beau parcours à l'international qui l'a conduit d'Edimbourg à Dubaï en passant par les cuisines du président du Mali ! Sacré parcours pour celui qui vient des Anses d'Arlet où sa mère fait, évidemment, la meilleure cuisine du monde !

Dans ses 120 m2 de la rue Bassano, il a limité le nombre de couverts à 26 plus un salon privatif qui peut accueillir 12 personnes autour d'une grande table familiale ovale. "Il n'y pas beaucoup de restaurants qui peuvent vous proposer une telle intimité !"

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Jimmy et son second de cuisne, Clément Van Peborgh

"Ici on est une petite dizaine, raconte-t-il, tout est fait maison et ça demande de la main d'oeuvre, y a pas de secret !" Son sommelier et maître d'hôtel, Edouard Vimond, vient d'un trois étoiles au Michelin, son bras droit depuis 7 ans, Clément Van Peborgh, a travaillé chez Mickaël Féval et au George V. Une de ses aides a fait partie des finalistes de Top chef au Portugal. Son pâtissier vient de chez Pierre Gagnaire... "J'ai une petite équipes d'étoilés, de parcours gastronomes !" Pour autant, ses prix ne sont pas élevés du tout : il propose un menu à 29 et 35 euros le midi et 45 euros le soir.

Cuisine française et parfums martiniquais

Jimmy travaille avec de petits producteurs maraîchers qui sont au marché de l'Alma, avec de petits patrons pêcheurs de Saint-Malo ou Quiberon et avec deux ou trois bouchers qui font de la viande bio ou de la viande de race, de la limousine ou de la charolaise qu'il fait mâturer, des poulets de Bresse ou des agneaux entiers qu'il découpe lui-même... "Tout est à échelle humaine !" Et tous ses produits ont une traçabilité sans équivoque. "Le produit, c'est important pour moi de connaître sa provenance, la façon dont il a été cultivé et la façon dont il a été traité !" Pour le moment, il se contente d'utiliser le cacao et des épices de la Martinique, mais il a reçu tout récemment Louis-Daniel Bertome, le président de la chambre d'agriculture, et Nicaise Monrose, le maire de Sainte-Luce, pour évoquer la possibilité de travailler avec des producteurs au pays ! "C'est en projet, explique-t-il, parce que je veux quand même mettre mes produits en avant !"

Jimmy Desrivières adore tout ce qui est gibier, canard sauvage, chevreuil, lièvre... "Là, on est vraiment dans une période que j'affectionne énormément, l'automne et l'hiver, j'adore ! C'est compliqué à travailler, mais l'imagination permet de faire beaucoup de choses ! Et puis là, on peut utiliser quelques épices, quelques arômes !" En ce moment sa carte propose un Ravioli d'oeuf fumé accompagné d'une purée parfumée aux graines de bois d'Inde, avec des champignons et de la truffe. Et en dessert, une tarte au chocolat chaud soufflé qui offre aux connaisseurs un vrai parfum de Martinique !

FXG, à Paris

Pleine Terre, 15, rue Bassano 75116 – Paris

Tél. 09 81 76 76 10 / 06 78 51 78 80

Parcours de chef

Après son bac à Fort-de-France et son service militaire en Guyane, Jimmy est parti à Marseille apprendre la cuisine. "J'ai choisi Marseille parce que j'adore le foot et que l'OM, c'est mon équipe !" De là, il monte en Avignon pour se former en pâtisserie et démarre sa carrière à Saint-Rémy-de-Provence, au Vallon de Valrugues, un étoilé au guide Michelin... Dès lors, Jimmy ne va cesser de travailler avec de grands chefs étoilés :  il monte à Paris et fait l'ouverture avec Hélène Darroze de son premier établissement parisien, poursuit avec Georges Blanc à Vonnas, trois étoiles au Michelin. "C'est dans la famille Blanc que j'ai vraiment pris conscience de mon métier. J'ai rencontré de très grands chefs comme Jerôme Nutile, Alexandre Blanc..." De retour à Paris, il passe par les cuisines du Jules-Vernes (Alain Reix) et celles du Meurice (Marc Marchand). "C'est ma deuxième maison ! Un palace où j'ai découvert un autre style..." Il rencontre le chef Jacques Le Divellec qui l'initie aux poissons. Il part ensuite en Angleterre où il rencontre sa femme. Au Western hall, à Milford-on-Sea, il décroche trois rosettes, l'équivalent des étoiles Michelin. Il poursuit son périple en Ecosse où il découvre les whisky et les très bons produits de la mer. "C'est beau, c'est vivant, c'est extra frais, relate-t-il le sourire aux lèvres... Les meilleurs produits que j'ai vus de toute ma carrière, c'est en Ecosse !"

Il revient à Paris au Toustem, chez Hélène Darroze qui part ouvrir le Connaught à Londres. "Je suis resté un moment avec elle, mais j'ai eu envie de voyager et je suis parti à Dubaï et Abou Dhabi." Il intègre le groupe américain Starwood pendant deux ans et dirige des cuisines avec 40 personnes sous ses ordres. Il s'installe ensuite pendant quatre ans comme chef des restaurants au Méridien à Monaco où il en dirige 60 ! Il regagne Paris, les cuisines du W, à Opéra. Après quelques événements comme le sommet France Afrique et le G5 Sahel, il préparera pendant un an le lancement de son restaurant.

Le plus

En Martinique, outre la cuisine de sa mère qu'il place au sommet, ses bonnes tables sont chez Suzanne au Bord de mer aux Anses d'Arlet, chez Louise Thérèse au Morne-Rouge et le Saint-James.

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6 janvier 2019 7 06 /01 /janvier /2019 03:17

RSA pour les étrangers : pas de délais spécifiques pour la Guyane

Le conseil constitutionnel a invalidé vendredi les dispositions portant de 5 à 15 ans les délais de détention d'un titre de séjour pour prétendre au RSA.

Saisi par l'opposition de gauche (les groupes FI, GDR et Nouvelle gauche de l'Assemblée nationale) sur la constitutionnalité de la nouvelle loi de finance, le Conseil constitutionnel a confirmé vendredi la conformité de ses principales dispositions, à l'exception, entre autres, de celles relatives aux conditions de résidence des étrangers non communautaires pour bénéficier du revenu de solidarité active en Guyane. Si les ministres de l'Economie et du Budget, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, ont réagi pour se féliciter de "la sincérisation budgétaire initiée dès le début du quinquennat", ils n'ont fait que prendre acte de l'invalidation de l'article concernant l'attribution du RSA aux étrangers en Guyane. Le Conseil constitutionnel a estimé, comme les députés qui l'ont saisi, que la différence de délai de détention d'un titre de séjour l'autorisant à travailler pour bénéficier du revenu de solidarité active (cinq ans dans l'Hexagone, quinze en Guyane à l'exception de personne isolée assumant la charge d'enfants ou d'une femme isolée en état de grossesse qui, dans l'Hexagone, sont exemptées de délais) créerait "une différence de traitement inconstitutionnelle entre les étrangers résidant en Guyane et ceux résidant sur le reste du territoire national".

"Une condition sans lien pertinent avec l'objet du RSA"

 En adoptant ces dispositions spécifiques; le Conseil reconnaît que "le législateur a entendu décourager l'immigration irrégulière en Guyane qui serait favorisée par la perspective d'obtenir, après régularisation du droit au séjour, le bénéfice du RSA". En revanche, il affirme qu'en imposant un délai de détention plus long en Guyane que sur le reste du territoire national, aux seules fins de lutte contre l'immigration irrégulière, le législateur a introduit "une condition spécifique pour l'obtention de cette prestation sans lien pertinent avec l'objet de celle-ci".

Il observe encore que ces nouvelles règles s'appliqueraient, en Guyane, à l'ensemble des étrangers en situation régulière, y compris à ceux légalement entrés sur son territoire, comme ceux résidant en Guyane et venant précédemment d'une autre partie du territoire national avec un titre de séjour en bonne et due forme.

"S'il appartient au législateur, concluent les juges de la loi, de définir les mesures qu'il estime utiles pour lutter contre l'immigration irrégulière, la différence de traitement instituée pour l'accès au RSA dépasse la mesure des adaptations susceptibles d'être justifiées par les caractéristiques et contraintes particulières de la collectivité de Guyane."

En revanche, toutes les dispositions concernant la recentralisation du financement du RSA et sa gestion confiée à la CAF dès 2019 en lieu et place de la Collectivité territoriale de Guyane (comme pour le département de Mayotte) ne sont pas remises en cause.

FXG, à Paris

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