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5 janvier 2019 6 05 /01 /janvier /2019 07:15
Minuscule 2 - production sous tutelle

Minuscule 2, le film qui a failli ne jamais sortir

Attendu sur les écrans le 30 janvier  prochain, "Minuscule 2, les mandibules du bout du monde" dont le tournage a eu lieu en Guadeloupe en 2017, a connu de telles péripéties qu'il a bien failli ne jamais sortir tandis que sa production a laissé nombre de prestataires sur le carreau.

Film Finances, le garant de bonne fin du film, alerté par certains d'entre eux dont Theyard-VFX ou Cinéorama, du défaut de paiement du producteur Philippe Delarue, a du faire placer la société de production principale du film, Futurikon, sous tutelle pour que le film se termine. Cette procédure, à six semaines de la date théorique de livraison du film, n'a pu permettre l'achèvement du film que parce que Film finances a payé les prestataires qui refusaient de livrer leurs travaux faute de paiements.

Le film a donc pu se terminer. Aujourd’hui que le film est livré et le travail achevé, Philippe Delarue devra rembourser Film finances dès la sortie du film. De nombreux prestataires ont été floués et nombre d’entre eux attendent toujours d’être payés, en France comme à l’étranger, mais également en Guadeloupe... Dire que la Région y a investi 500 000 euros.

FXG, à Paris

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1 janvier 2019 2 01 /01 /janvier /2019 05:00
Le 17 décembre à Paris, les indépendantistes antillo-guyanais sont allés à la recontre de Rock Wamytan du FLNKS

Le 17 décembre à Paris, les indépendantistes antillo-guyanais sont allés à la recontre de Rock Wamytan du FLNKS

Le référendum calédonien donne des ailes aux indépendantistes

Les Guadeloupéens Luc Reinette (FKNG), Serge Glaude (COPAGUA), Gérard Beautin (UPLG), le Guyanais Maurice Pindar (MDES) et les Martiniquais Garsin Malsa (MODEMAS), Yves Sérélus et Gérard Chenevot (CNCP) étaient à Paris lundi dernier pour rencontrer l'un des co-signataires FLNKS des accords de Nouméa, Rock Wamytan.

Ils ont annoncé la création d'une plateforme commune ayant pour objectif l'inscription des territoires de Guadeloupe, Martinique et Guyane sur la liste de l'ONU des pays à décoloniser.

Maurice Pindar, Luc Reinette et Garsin Malsa

"Nous vivons tous sous la même domination, la même méthode, le même mépris, a déclaré l'ancien du GONG, Serge Glaude. Nous avons compris que pour être entendus, il faut être unis et avoir la capacité de globaliser notre lutte de décolonisation." Hormis une brève rencontre au début des années 2000, la dernière fois que les indépendantistes des territoires ultramarins de la France se sont rencontrés, c'étaient en 1985 au moulin de Bonneveine à Anse-Bertrand lors de "la conférence des dernières colonies françaises". "Tout recommence aujourd'hui", a ainsi commenté Luc Reinette, initiateur de ces retrouvailles parisiennes à la faveur du référendum du 4 novembre dernier en Nouvelle-Calédonie. "Il a eu pour le pep gwadloup, a lancé l'ancien leader du GLA et de l'ARC, un effet salutaire sur la possibilité que ça change". "Les résultats de ce référendum, a renchéri Garsin Malsa, nous ont requinqués pour redynamiser le combat pour la souveraineté." "Nous avons participé à ce mouvement international de soutien à la Kanaky, a ajouté Maurice Pindar, nous les avons félicités du résultat et de la forte participation. Le combat continue ; le nôtre n'avance pas au même rythme mais ce résultat va nous permettre de galvaniser nos forces !" Rock Wamytan lui-même estime que "ce référendum donne un coup de pouce et un nouveau souffle au mouvement de décolonisation", car malgré les 30 ans passés depuis les accords de Matignon, le vote kanak a été largement majoritaire dans les 43 % obtenus pour le oui à l'indépendance : "Ce sont les Kanak, a-t-il dit vendredi dernier au Premier ministre à l'occasion du suivi des accords de Matignon ("comité des signataires"), qui ont confirmé par ce vote qu'ils ne voulaient plus du système français. Vous vous êtes trompés en prophétisant la mort de notre mouvement."

Une fraternelle séparatiste

Rock Wamytan et Maurice Pindar

Répondant à la question de la violence dans le cadre d'une lutte armée, l'ensemble des participants a rétorqué, citant l'esclavage et la pollution au chlordécone, la quasi extinction du peuple kanak au début du XXe siècle, le massacre de mai 1967 en Guadeloupe que c'est "la colonisation qui est violente". "Les conditions qui ont créé la violence sont toujours là, a indiqué Luc Reinette,, elle ne sera pas de notre fait car nous sommes un peu âgés, mais la confrontation reste possible parce que nous sommes déterminés  à nos pays soient souverains."

Serge Glaude, Garsin Malsa, J. Sekhmet et Yves Sérélus

Garsin Malsa a insisté pour dire que l'indépendance était consubstantielle des réparations liées à l'esclavage et à la colonisation. Luc Reinette est revenu sur les événements de 2009 en Guadeloupe pour affirmer que si "cette séquence était importante, elle se plaçait, par ses revendications, dans le système français et qu'un second 2009 ne pourrait être que politique". Maurice Pindar, évoquant le mouvement social de 2017, a rappelé qu'il avait rassemblé "tout le peuple guyanais, un peuple formé par la colonisation qui veut aujourd'hui diriger son pays". Critiquant l'évolution institutionnelle de la Martinique en 2010, Yves Sérélus, a indiqué que "elle était pilotée pour renforcer les pouvoirs du préfet". Rock Wamytan a abondé dans son sens en déclarant "insatisfaisante l'expérience de l'autonomie". Il a rendu hommage au combat mené par Oscar Temaru qui est parvenu il y a 5 ans à faire réinscrire la Polynésie française sur la liste de l'ONU des pays à décoloniser. "Chaque fois qu'un Polynésien s'exprime à l'ONU, a-t-il raconté, l'ambassadeur de France sort et ne reste que le stagiaire ENA..."

L'ensemble de cette fraternelle séparatiste a décidé de créer une plateforme commune qui précisera ses objectifs dans une "déclaration d'intention" à venir. "C'est capital que nous soyons ensemble dans la perspective du deuxième référendum en Kanaky", a conclu Rock Wamytan.

FXG, à Paris

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31 décembre 2018 1 31 /12 /décembre /2018 07:02
Olivier Serva (à droite) a désigné Rahaël Gérard pour être le "fouet" du groupe LREM à la délégation outre-mer de l'Assemblée nationale

Olivier Serva (à droite) a désigné Rahaël Gérard pour être le "fouet" du groupe LREM à la délégation outre-mer de l'Assemblée nationale

Un "fouet" pour mener les députés LREM de la délégation Outre-mer

Le député Olivier Serva a souhaité qu'un chef de file du groupe majoritaire soit nommé au sein de la délégation Outre-mer de l'Assemblée nationale qu'il préside. Il a donc désigné le député de Charente-Maritime, Raphaël Gérard, pour remplir ce rôle de "whip", en anglais dans le texte, ainsi qu'on aime s'exprimer à la République en marche. Dans la foulée de cette désignation, une "boucle" a été créée sur la messagerie Telegram pour permettre une meilleure coordination des membres de la majorité sur les sujets ultramarins : "Encore une boucle... textote le whip Raphaël Gérard, je sais mais celle-ci ne visera que les échanges liés à la délégation Outre-mer." "Ok", acquiesce Sandrine Josso, députée de la Loire-Atlantique. ""Bien vu !", reprend Hubert Julien-Laferrière, député du Rhône, qui demande si les collaborateurs de députés y sont autorisés... Intervient alors le député des Bouches-du-Rhône, François-Michel Lambert : "Si on pouvait éviter le terme whip... Que je sache, ce n'est ni du créole, ni une langue de nos DOM ou territoires ultramarins ?!" Aussitôt écrit, aussitôt éjecté de la boucle par le collaborateur parlementaire d'Olivier Serva. Et encore, le député Lambert s'est-il abstenu de rappeler à tous les membres de cette "boucle" que whip en anglais ne signifie pas autre chose que fouet ou coup de fouet. Un terme vraiment bienveillant pour évoquer l'Outre-mer et son passé lié à l'histoire de l'esclavage ! C'est peut-être ça aussi être trop intelligent !

FXG, à Paris

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31 décembre 2018 1 31 /12 /décembre /2018 06:21
Pierre Moscovici, commissaire européen à l'économie et la fiscalité, évoque la politique de l'UE pour les Outre-mer

Pierre Moscovici, commissaire européen à l'économie et à la fiscalité

"L’Europe est une chance pour les Outre-mer"

Même si la spécificité des territoires ultramarins est reconnue par l’Union européenne, les relations entre Bruxelles et ces territoires sont distantes. Comment expliquez-vous ce qui peut être ressenti comme une indifférence ?

D'un côté, l’Union européenne n’intégrait pas assez les spécificités des régions ultramarines dans ses politiques, de l’autre côté, les Ultramarins n’attendaient pas grand-chose de cette Europe lointaine. J’en veux pour preuve le taux de participation aux européennes, significativement inférieur à celui de l’Hexagone (moins de 10% en Guyane et Guadeloupe, seulement 20% à La Réunion et près de 11% en Martinique). C’était une erreur fondamentale car les Outre-mer sont une chance pour l’Europe et l’Europe est une chance pour les Outre-mer.

Cette formule n'est-elle pas un poncif ?

Non, parce que les Outre-mer contribuent au dynamisme et au rayonnement de l’Union. Ces territoires projettent la présence de l’Europe dans le monde – en Afrique, Asie et ou Amérique latine. Leurs biodiversités, leurs espaces maritimes et leur capacité à innover sont autant d’opportunités de croissance. Mais surtout, la diversité culturelle apportée par les Outre-mer grandit l’Europe et nous savons à quel point, le principe de société ouverte, multiculturelle, doit aujourd’hui être réaffirmé.

Ce sont de belles paroles à côté des difficultés que connaissent les territoires...

Je n’ignore pas que les Outre-mer sont aussi confrontées à des défis tant structurels que conjoncturels : la forte spécialisation de leurs économies, la vie chère, l’insularité, l’éloignement, les phénomènes naturels à l’heure du réchauffement climatique… Les conditions sur le terrain sont également plus difficiles que sur le continent. Je pense particulièrement au chômage des jeunes qui ne semblent pas baisser et à la précarité qui l’accompagne.

Alors en quoi l'Europe est-elle une chance pour les Outre-mer ?

L’Europe représente une chance pour les Outre-mer, car elle s’est donnée les moyens de les aider à surmonter ces défis. Je suis particulièrement heureux du travail achevé durant le mandat actuel de Commission européenne : nous avons discuté, écouté, pris en compte les spécificités des Outre-mer et nous avons agi pour leur proposer des solutions sur mesure. Tout ce travail s’est concrétisé dans une nouvelle stratégie pour les régions ultrapériphériques. Son objectif est simple : accompagner les Outre-mer pour que ces territoires puissent exprimer pleinement leur potentiel.

Quelle a été l'action de l'Europe  en matière d’investissement, d’innovation et de développement ?

Je pense d’abord aux fonds européens. Sur la programmation actuelle 2014-2020, près de 13 milliards d’euros sont alloués au développement des Outre-mer et contribuent à améliorer les conditions de vie, d’investissement et de créations d’emplois dans vos territoires. Je pense aussi à la révision du Règlement Général d’Exemption par Catégorie (qui facilite la mise en place de mesures économiques par les Etats-membres pour accompagner le développement des territoires), aux avancées en matière de financement de la flotte de pêche artisanale ou encore aux mesures qui assurent l’avenir du POSEI (programmes d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité, qui soutient l’innovation dans les secteurs traditionnels, comme la pêche et l’agro-alimentaire).

Et vous-même, dans vos domaines de compétence, l’économie et la fiscalité, qu'avez-vous fait ?

J’ai contribué à cette nouvelle stratégie. La Commission a proposé une nouvelle initiative dédiée aux Outre-mer pour faciliter leur accès au plan Juncker, le grand plan d’investissement que nous avons mis en place. Je pense aussi à la décision sur le contingent de rhum traditionnel produit en Martinique, Guadeloupe, Guyane et à La Réunion. Je sais l'importance économique de la filière rhum-cannes-sucre pour les DOM (plus de 40 000 emplois directs et indirects) et j’ai souhaité que la règlementation européenne favorise l’économie ultramarine et assure la compétitivité des producteurs français de rhum face aux productions extracommunautaires à bas coûts. Voilà pourquoi la Commission a décidé d’augmenter le contingent de Rhum soumis à un taux réduit d’accise (de 120.000 hectolitres par an à 144.000). Cette semaine encore, j’ai proposé de nouvelles règles pour permettre à un plus grand nombre de produits locaux de bénéficier d'exemptions ou de réductions fiscales en Guadeloupe, en Guyane et à la Martinique et La Réunion. L’objectif de cette mesure est de favoriser la production et la consommation des produits locaux, en protégeant les entreprises ultramarines de la concurrence déséquilibrée de leurs voisins. C’est une bouffée d’oxygène pour les économies ultramarines et les Ultramarins et c’est la preuve que l’Europe sait protéger toutes ses régions ! Ainsi, ce sont 83 nouveaux produits qui bénéficieront de cette mesure, dont le sucre de canne, des légumes produits localement ou encore, les meubles en bois.

Cela convaincra-t-il nos compatriotes d'Outre-mer à aller voter le 26 mai prochain ? 

A la veille des élections européennes, nous devrons nous mobiliser pour que cette dynamique perdure. C’est l’un des nombreux enjeux du scrutin du 26 mai prochain, et j’appelle les ultramarines et les ultramarins à faire entendre leur voix. Je connais l’énergie, la volonté développées par les citoyens ultramarins, les élus locaux, les parlementaires pour faire réussir leurs territoires et ils pourront compter sur moi pour être à leurs côtés.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 05:10
Récifs coralliens en péril

Pascale Chabanet, chercheur en biologie marine à l'IRD, était l'invitée les 16 et 19 décembre d'Universcience, dans le cadre de l'opération "un chercheur, une manip". Elle a pu présenter son travail sur les récifs coralliens en péril au grand public du Palais de la découverte à Paris. Interview.

"Je ne suis pas là pour faire le gendarme mais pour émerveiller"

C'est important pour vous d'échanger sur votre métier ?

Ce qui est important, c'est d'avoir ce lien avec la société de manière générale, avec le grand public. En tant que chercheur, ça me tient très à coeur de partager ma passion. Je fais un très beau métier, j'obtiens des résultats que je voudrais partager et je veux alerter aussi sur l'état des récifs coralliens. C'est une manière pour moi de sortir de mon bureau, de sortir de la mer pour aller vers le grand public et les enfants !

Considérez-vous que la vulgarisation fait pleinement partie de votre travail ?

Complètement ! En tant que chercheur, ça fait complètement partie de mon travail ! Et d'autant plus que dans les programmes de recherche, on a souvent des financements publics, Etat ou Région... Je pense que c'est important dans ce cadre là d'informer sur les résultats qu'on obtient. Mais c'est vrai que tous les chercheurs n'ont pas cette sensibilité !

Vous faîtes un travail de terrain, souvent au fond de l'eau pour compter les poissons et observer les coraux. Les nouvelles technologies vous sont-elles utiles et pensez-vous qu'à terme, elles pourraient vous remplacer ?

C'est vrai que les nouvelles technologies nous aident, notamment la vidéo qu'on utilise de plus en plus. Peut-être que dans l'avenir, ces technologies pourront nous remplacer, mais jusqu'à présent on n'a rien trouvé de mieux que l'oeil et le cerveau humain pour faire des comptages de poissons. Les poissons bougent et si la vidéo ou les photos permettent de figer les choses, c'est l'oeil qui détermine les espèces ! Jusqu'à présent, je crois que le comptage visuel est une méthode performante qui a pour avantage, quand on sort de l'eau, d'avoir fini de compter ! La vidéo, c'est bien, mais vous passez des heures à dérusher ! Par contre, la vidéo, c'est des archives et ça c'est intéressant.

Qu'est-ce que vous constatez depuis trente ans que vous faîtes ce métier ?

Les changements que j'ai constatés, avant de parler de changement climatique, c'est la pression humaine, la pression démographique qui est de plus en plus forte sur les zones littorales auxquelles sont associées les récifs coralliens. Les impacts sont de plus en plus visibles. A la Réunion, ce sont les coulées de boue qui n'existaient pas il y a trente ans, c'est la sédimentation, une biomasse de plus en plus faible avec des poissons de plus en plus petits... Ca on l'observe partout sauf quand il y a une gestion particulière comme dans les îles Eparses où il y a encore une biomasse intéressante... Ce que j'observe aussi, ce sont des phénomènes de blanchissement corallien plus fréquents. Ca, c'est vraiment un impact du réchauffement climatique avec des températures de surfaces associées au phénomène El Nino. Avant, on avait ça tous les cinq ou dix ans, maintenant, c'est pratiquement tous les deux ou trois ans ! Ces phénomènes récurrents, de plus en plus fréquents font que le récif n'a pas le temps de se restaurer.

Quel est l'état de santé du récif corallien réunionnais ?

Il y a de plus en plus d'algues... Le coraux ne sont pas en bonne santé, mais il y a quand même des signes de restauration puisqu'on a des espèces qu'on ne voyait plus et qui reviennent comme le poisson napoléon...

A quoi est-ce du ?

Je pense que c'est du à la réserve marine. On peut quand même agir. L'évolution n'est pas vraiment favorable, mais il y a quand même de l'espoir. Je vois notamment à Mayotte où il y a eu un blanchissement assez important l'an dernier que les récifs coralliens ont récupéré assez vite. On observe des phénomènes d'adaptation qui font que certaines espèces arrivent à résister, à avoir une résilience plus forte.

Vous ne parlez pas encore de désertification des océans ?

Pas encore... Il y a moins de poissons à la Réunion, mais on ne peut pas encore

parler de désertification, on ne peut pas encore user d'un terme aussi fort aujourd'hui...

Le dommage plastique est-il réel sur les coraux ?

Le plastique étouffe le corail dès lors qu'il s'y accroche. Il participe à le casser aussi. Et il y a encore un impact indirect parce que ces plastiques qui viennent des bassins versants, des ravines emportent avec eux des maladies coralliennes qui augmentent sur les récifs. Une publication vient de montrer ce phénomène tout récemment.

Quand vous parlez de tout ça aux jeunes notamment, comment faîtes-vous pour ne pas les angoisser ?

Moi, ce que je veux, c'est susciter de l'émerveillement ! Je leur dis que le corail est un animal qui pond des oeufs, qui est vivant ! Je leur montre la beauté des poissons... Je ne suis pas là pour faire le gendarme mais pour émerveiller et comme il y a de quoi être émerveillé malgré les menaces, j'essaie de garder un peu d'optimisme et une lueur d'espoir !

Propos recueillis par FXG, à Paris

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29 décembre 2018 6 29 /12 /décembre /2018 07:58
La députée PS de Paris, George Pau-Langevin, a été chargée d'une mission flash sur France Ô par la délégation Outre-mer de l'Assemblée nationale

La députée PS de Paris, George Pau-Langevin, a été chargée d'une mission flash sur France Ô par la délégation Outre-mer de l'Assemblée nationale

Réforme de France Ô : une mission flash et une enquête

La réforme de l’audiovisuel public et particulièrement la fin de France Ô sur la TNT annoncée le 19 juillet dernier par le Premier ministre et la ministre de la culture prévoit d’ici à 2020, de transférer la diffusion de la chaîne France Ô sur un nouveau portail numérique en ligne dédié aux outre-mer. "Cette décision, souligne la délégation sénatoriale à l'Outre-mer, a soulevé de vives inquiétudes, dans les territoires ultramarins comme dans l’hexagone, sur la place des outre-mer dans l’audiovisuel." Même inquiétude, voire franche opposition à la délégation outre-mer de l'Assemblée nationale qui a décidé de lancer une "mission flash" que le président Serva a confié à l'ancienne ministre des Outre-mer, la députée George Pau-Langevin.

De son côté, la délégation sénatoriale aux outre-mer a décidé en octobre 2018 de mener une étude sur la question de la représentation et de la visibilité des outre-mer dans l’audiovisuel public national. les sénateurs Maurice Antiste (app PS – Martinique) et Jocelyne Guidez (UC – Essonne) ont été nommés rapporteurs sur ce sujet.

Afin de recueillir les avis les plus larges possibles, la délégation lance une consultation en ligne à laquelle chacun est invité à participer. La  consultation qui a été ouverte le 20 décembre est ouverte à tous. « Que vous soyez ultramarin ou non, annoncent Maurice Antiste et Jocelyne Guidez, que vous viviez outre-mer ou dans l’Hexagone, ou même à l’étranger, quel que soit votre âge, votre avis nous intéresse ! Quels sont vos usages de l’audiovisuel public et de l’offre existante ? Qu’attendez-vous pour les outre-mer sur les chaînes publiques ? ».

Les deux rapporteurs, qui ont commencé l’instruction de ce dossier, précisent que "la délégation sénatoriale souhaite, avec ses travaux, éclairer ce débat de manière apaisée et traiter ce sujet avec la rigueur qu’il mérite". Les travaux de la délégation en réunions plénières sur ce sujet s’ouvriront le 17 janvier prochain par l’audition du ministre de la culture, Franck Riester.

FXG, à Paris

L’enquête est disponible sur internet

http://senat.limequery.org/715487?lang=fr

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27 décembre 2018 4 27 /12 /décembre /2018 10:24
Montagne d'or

La Montagne d'or s'invite à l'Assemblée nationale

Fermement opposé au projet d'exploitation de la Montagne d'or, Gabriel Serville a présidé, mardi soir à l'Assemblée nationale, une conférence-débat sur la Montagne d’Or, "premier projet de méga-mine industrielle en plein cœur de l’Amazonie française ".

Dénonçant le fameux "en même temps" du président de la République, le député de Guyane a moqué l'ambivalence d'Emmanuel Macron qui affirme vouloir le développement de la Guyane et la protection de l'environnement avant de céder la parole à ses invités, tous ouvertement opposés au projet minier. Ginette Vastel de la France nature environnement (FNE), a d'abord rappelé que l'or était une richesse patrimoniale et que l'Etat n'avait pas mis en place de stratégie nationale en ce qui concerne cette ressource. Elle a ensuite attaqué le maître d'outrage, le groupe russe Nordgold, associé au canadien Columbus Gold, qui, a-t-elle dit, "n'a ni convaincu, ni rassuré lors du débat". La Montagne d'or devrait représenter selon ses promoteurs, 782 millions d'euros d'investissement, 3 milliards de retombées pour le territoire, 800 emplois directs pendant la construction et 500 pendant l'exploitation. Après trois ans de chantier pour la préparation du site, la construction de l'usine d'extraction, de l'usine d'explosifs et des 125 kilomètres de route, l'exploitation pourrait démarrer en 2022 pour une douzaine d'années. A la suite de cela, un programme de dépollution et de suivi serait mis en place pour les trente années suivantes. "Problème, soulève Mme Vastel, le suivi n'est prévu que sur dix ans dans le dossier de renouvellement de la concession, pas plus qu'il n'est question de 'utilisation du cyanure..." Elle note que le dossier n'évoque que 23 millions pour la réhabilitation du site contre 59 lors du débat public... La responsable FNE regrette surtout qu'il n'y ait eu aucune étude d'impact, ni étude des dangers pour l'homme. Enfin, elle pointe que l'usine construite sur le site de Montagne d'or sera celle qui traitera le minerais d'une autre zone voisine, dite Elisée, et qu'elle ne fermerait donc pas ses portes en 2032...

56 millions de retombées fiscales pour la CTG

Chloé Moitié, du WWF, a cité le cabinet Deloitte pour affirmer que le projet est un "mirage de développement économique" qui n'offrait ni exemplarité économique, ni exemplarité environnementale contrairement à ce que préconisait le président Macron le 28 juin dernier lors de la clôture des assises des Outre-mer, la Montagne d'or se trouvant entre deux réserves biologiques intégrales abritant plus de 2000 espèces dont 127 protégées. Quant aux retombées économiques, elle a indiqué qu'il ne s'agirait que de 56 millions d'euros pour la fiscalité de la CTG et que le facteur d'emplois indirects induits avait été surestimé à 4 (soit 3000 emplois indirects) quand la réalité est plus proche, selon le cabinet DME et les références calédoniennes, de 1,2...

Le collectif Or de question qui a fédéré 110 associations et obtenu la signature d'une pétition par 360 000 personnes (la Guyane compte 280 000 habitants), a rappelé le combat mené avec succès il y a dix ans contre le projet Iamgold à la montagne de Kaw. Enfin, Ludovic Pierre, de Jeunesse autochtone de Guyane est venu rappelé l'opposition des populations locales. La députée LREM frédérique Tuffnell est intervenue pour apporter tout son soutien aux opposants au projet, promettant même d'intervenir auprès du ministre d'Etat de la transition écologique pour empêcher que l'industrie de l'or ne vienne miner la biodiversité, la forêt et l'énergie guyanaise.

FXG, à Paris

Une résolution pour interdire le cyanure dans l'industrie minière

Une proposition de résolution visant à l'interdiction générale de l'utilisation des technologies à base de cyanure dans l'industrie minière a été déposée hier à l'Assemblée nationale à l'initiative du député Gabriel Serville. L'élu guyanais rejoint par les Martiniquais Jean-Philippe Nilor et Manuela Kéclard-Mondésir, la Réunionnaise Huguette Bello et le Polynésien Moetaï Brotherson, du même groupe GDR,  a reçu des soutiens dans tous les groupes qui composent l'Assemblée nationale, de la France insoumise (Jean-Luc Mélenchon et le Réunionnais Jean-Hugues Rattenon) à la République en marche (Frédérique Tuffnell et Laurence Vanceunebrock-Mialon) en passant par Les Républicains (les Réunionnais Lorion, Bassire, Ramassamy), Les Constructifs (la Polynésienne Maina Sage), le Modem (la Martiniquaise du Val de Marne Maud Petit, les Guadeloupéens Justine Bénin et Max Mathiasin) et les socialistes (la Réunionnaise Ericka Bareigts, les Martiniquais Serge Létchimy et Josette Manin).

La résolution sera défendue dans l'hémicycle lors de la première semaine de février.

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27 décembre 2018 4 27 /12 /décembre /2018 07:06
Sortie d'entretien, mercredi 19 décembre au ministère des Outre-mer, avec la maire de Saint-Laurent pour Annick Girardin

Sortie d'entretien, mercredi 19 décembre au ministère des Outre-mer, avec la maire de Saint-Laurent pour Annick Girardin

La maire de Saint-Laurent du Maroni programme son plan d'urbanisme à Paris

Sophie Charles, maire de Saint-Laurent du Maroni, vient de conclure une semaine parisienne chargée qui l'a conduite de l'Assemblée nationale pour parler de collecte et de recyclage de décès, au ministère des Outre-mer, à l'ANRU et jusqu'à Avignon. Récit.

Un comité technique à l'agence nationale de rénovation urbaine lundi matin, puis un rendez-vous avec son directeur général suivi d'un comité de pilotage l'après-midi auront permis à Sophie Charles d'établir un planning pour l'année 2019 pour ses deux projets, nouveau programme national de rénovation urbaine (NPNRU) et actions coeur de ville. "Il s'agit, résume l'édile, de la rénovation urbaine avec une action centre-fleuve qui part de l'ancienne ville pénitentiaire jusqu'à la Charbonnière en déclinant le long des berges par le village chinois et les ports, et aussi d'un programme Action coeur de ville et entrée de ville, y compris sur les anciens locaux du CHOG qui se sont libérés." Un programme qui s'inscrit dans la stratégie d'urbanisme qui se déploie petit à petit sur la ville de Saint-Laurent.

Mardi, madame le maire a rencontré un prestataire qui les a conviés à venir voir ce qu'il pouvait faire dans le cadre de ce déploiement ANRU, particulièrement au niveau numérique. "A terme, on espère que dans toute la partie concernée par le NPRU, on puisse avoir un déploiement numérique optimal." Saint-Laurent qui a établi sa stratégie numérique du territoire depuis 2015 a déjà 120 kilomètres de fibre déployés et à terme la 4G devra arroser toute la zone. Dans un deuxième temps, il va y avoir des usages numériques avec 23 carbets numériques déployés dans les quartiers de la ville, l'e-administration et la vidéo-surveillance.

Des fonds du FRAFU et de la LBU

Après un point d'étape sur l'étude des berges du Maroni, mardi soir, Sophie Charles terminait mercredi ses visites institutionnelles. Le matin avec Action logement avant son rendez-vous au ministère, rue Oudinot, l'après-midi.

"Nous avons fait le point sur toute la partie qui va concerner l'habitat, raconte-t-elle, mais aussi, c'est le nerf de la guerre, les fonds." Ces moyens financiers vont venir du FRAFU, de la ligne budgétaire unique (LBU) pour abonder ce programme avec une prévision de pré-conventionnement en avril et une conventionnement définitif vers le mois de septembre ou octobre. S'il s'agit avant tout d'un programme de revitalisation du centre-ville avec une redéfinition de la partie économique, il a été également question d'habitat spontané, comme sur la ZAC Saint-Maurice où 40% de la zone est occupée illégalement, empêchant ainsi la construction initialement prévue de 1000 logements, et d'auto-construction encadrée. La Ville de Saint-Laurent qui s’appuie depuis des années sur le savoir-faire des habitants en matière de construction, et leur permet, sous conditions, d’acquérir un terrain viabilisé où construire leur maison, a un nouveau projet de cette sorte qui sera soumis début janvier au ministère. "Il faut, explique Sophie Charles, que nous puissions commencer un certain nombre de travaux sur les voiries et sur les berges du Maroni dès 2019." Cette proposition a retenu l’attention de la ministre.

Jeudi Sophie Charles étaient à Avignon pour voir comment, alors que la cité des papes a commencé ses travaux dans le cadre de l'action coeur de ville, elle a mis un certain nombre de dispositifs en route.

FXG, à Paris

La présidente de la CCOG aussi

La présidente de la CCOG avec Lilian Malet, délégué général de l'ACCDOM

Enfin, en tant que présidente de la Communauté de Communes de l’Ouest Guyanais (CCOG), Sophie Charles a abordé les problématiques de l’enclavement du territoire qui impacte au quotidien la vie des populations (mobilité, coût de la vie, accès aux services publics...) et grève les finances de la communauté de communes (électrification des sites isolés, collecte des déchets...).

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24 décembre 2018 1 24 /12 /décembre /2018 05:27
Chaussures grandes tailles, féminines et... martiniquaises

Mélyade by Mélissa Longlade

Alors qu'elle se destinait au management d'artistes à l'international, Mélissa Longlade, une jeune femme originaire de Martinique, avait tant de mal à trouver de quoi joliment chausser ses grands pieds qu'elle a fini par créer sa propre marque de chaussures.

"Je travaille à temps plein sur la marque depuis 18 mois." Melissa Longlade, 26 ans, a toujours eu soin de trouver chaussure à son pied et comme elle chausse du 44, l'affaire n'est jamais simple ! Elle a donc décidé de créer sa propre marque de chaussures, Mélyade, concentré de ses nom et prénom. Elle était encore étudiante en mastère 2 entrepreneuriat à Nanterre (92) quand a fleuri l'idée de créer une marque dédiée aux besoins des filles de grande taille, c'est-à-dire de plus de 1,80m et chaussant du 41 au 46. Elle se rend alors au centre technique du cuir pour y dégotter des informations et c'est là qu'elle rencontre une autre Martiniquaise de son âge, Mathilde Gachet. Celle-ci sort d'une école de mode et fabrique pour son usage personnel ses propres chaussures. Mathilde est vendeuse en prêt-à-porter et cache encore égoïstement son talent même si elle a travaillé un moment avec les marques haut de gamme Karine Arabian, Bassanova ou MPL Sonia B (atelier Chanel). "Sa passion, c'est les shoes !", s'amuse Mélissa.

Mathilde sera le designer et Melissa l'entrepreneuse. Cette dernière se rapproche de l'association Altitude qui recense les femmes de grande taille, mais également d'influenceuses et de bloggeuses comme Jade (Les grandes assumées) ou "The tall society"... Son étude de marché cible 500 femmes qui lui font part de leurs attentes : une marque grande pointure de modèles féminins confortables et modernes. Les premiers prototypes sortent, s'ensuivent les essayages... "Nous avons fait quatre changements majeurs sur nos premiers modèles, raconte Mélissa : le chaussant, le maintien du pied et la forme, plus féminine ! C'est cet aspect qui manquait le plus sur le marché."

Artisan au Portugal

Pour Melissa qui a travaillé deux ans chez le distributeur musical "Differant" et se destinait jusqu'alors à la musique et au management d'artistes à l'international, le virage est à 180 ° ! Grâce à un prêt d'honneur de 20 000 euros de l'organisme Hauts-de-Seine Initiative qui accompagne les jeunes entreprises et un emprunt bancaire classique de 20 000 autres euros, Melissa déniche à Porto (Portugal) un fabriquant à qui elle va confier la production de sa première collection. "J'ai passé la première commande en juin dernier..." Trois modèles et deux couleurs, noir et marron, soit 300 paires, des mocassins (modèle "caline" en chèvre velours), des bottines à talon (modèle "ambitieuse" en cuir de veau), et des bottines plates (modèle "chaleureuse" en cuir de veau et chèvre velours). "Nos accessoires (boucles et lacets) sont choisis minutieusement et nos chaussures sont cousues à la main !"

Le 9 novembre dernier, Mélissa inaugurait son site internet, www.melyade.com, lors d'une soirée prestige sur la péniche Alizé à Paris. "Nous avons eu beaucoup de bons retours", s'enthousiasme la jeune femme qui a repéré 120 clientes potentielles et attiré l'attention d'influenceuses sur instagram et même décrocher un article dans les "Petits Frenchies".

Mélissa a pris le même soin pour la qualité de son site que celle de ses modèles en offrant un service de paiement sécurisé via Mercanet, et le concours de Prestashop, spécialiste de plateforme e-commerce. Elle a pris garde à ce que son transporteur prenne bien en compte les livraisons outre-mer. Quant à l'expédition, ce sont les deux jeunes filles qui s'y collent dans leur local de stockage à Colombes !

Innovation

Mais déjà, Mélissa voudrait passer à l'étape n°2 : la distribution dans des boutiques spécialisées grandes tailles. Il en existe 5 à Paris, 2 à Lyon, une à Bordeaux, mais elle vise aussi des distributeurs comme "Chaussures Maxi Mini" présents aux Antilles. Pour l'heure, la Martinique ne lui a fourni qu'une clientèle familiale et amicale ! Son objectif est de parvenir à écouler la première collection pour pouvoir financer et sortir la collection d'été dès le mois de mai et... se payer. "A long terme et dans l'idéal, j'aimerai, ajoute Mélissa, proposer une marque qui offre toutes les pointures car l'idée, ce n'est pas d'être à part, mais pour le coup d'offrir une série à toutes et tous !"

Lundi 20 novembre, Melissa était à la station F à Paris pour assister au concours innovation Outre-mer. Elle compte y postuler l'année prochaine.

FXG, à Paris

www.melyade.com

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24 décembre 2018 1 24 /12 /décembre /2018 05:18
Face à face entre Benoît Rabille et Alexandra Naoum dans "Fractures"

Face à face entre Benoît Rabille et Alexandra Naoum dans "Fractures"

Harry Roselmack, journaliste, producteur, réalisateur, sort son premier long-métrage, Fractures, mention spéciale du jury au Chealsea film festival l'an dernier, qu'il propose depuis le 9 novembre sur internet moyennant 3,99 euros. Interview.

"Parler à l'autre, c'est reconnaître son humanité"

Comment peut-on voir ce film ?

Il est visible aux Antilles et dans l'absolu, il est visible dans le monde entier puisqu'il est sur un site Internet, fractureslefilm.com, une plateforme que nous avons nous-même créée et qui propose des contenus gratuits et le film pour moins de 4 euros.

Pourquoi un tel choix de diffusion ?

Dès le début, notre projet était de faire un film pour le digital. Après, nous avons étudié la possibilité de le sortir en salle parce qu'on nous a conseillé de le faire, avec l'argument qu'un film devait être vu au cinéma, mais je me suis rendu compte que ce qu'on me proposait en termes de distribution en salle comportait le risque que le public passe à côté du film parce qu'on avait très peu de copies, très peu de salles et pas forcément dans les endroits les plus adéquats. C'est pourquoi, je suis revenu à la stratégie initiale, une distribution sur le digital. On n'a pas trouvé d'accord avec Netflix qu'on a approché, donc on a créé notre propre plateforme.

Vous avez néanmoins déjà diffusé le film en salle en Martinique...

C'était dans le cadre d'une avant-première parce que la Martinique est très impliquée dans ce projet à plusieurs titres à commencer par le fait que c'est la Collectivité territoriale de Martinique qui a apporté le plus important financement et le seul public du film.

Qu'est-ce qui vous a inspiré l'écriture de ce scénario ?

J'ai puisé l'essence de mes personnages des univers que j'ai investigués dans le cadre du documentaire "En immersion" que j'ai fait pendant cinq ans sur TF1, entre 2009 et 2014 et c'est cette émission qui a nourri quelque part les univers que je confronte dans ce film. Donc oui, mon regard de journaliste a nourri l'auteur que je suis sur ce film. Après, c'est vrai que j'ai exploré beaucoup de pistes nouvelles en termes d'écriture, de réalisation que je n'avais jamais fait, de direction d'acteurs, de production, de distribution... J'ai appris énormément de choses ; j'ai même fait de la musique avec grand bonheur puisque je suis l'un des auteurs de la bande originale du film... J'ai touché à plein de trucs nouveaux qui m'ont vraiment excité.

Vous vous êtes préféré en scénariste, réalisateur ou producteur ?

C'est un tout pour moi. La seule chose dont je m'exclus, c'est le jeu parce que ce n'est pas mon truc de faire l'acteur. La chose qui est difficile et que je ne souhaite à personne, c'est d'avoir en même temps à réaliser et à produire un film. Dans l'absolu, il faut soit le produire, soit le réaliser. Après, on peut être auteur ou co-auteur, mais faire à la fois de la prod et de la réal c'est très compliqué. Heureusement que j'étais bien accompagné... Mais il n'y a rien qui m'a vraiment écoeuré et je suis prêt à repartir, après un peu de repos, mais à repartir quand même !

Est-ce que votre notoriété sur TF1 vous a facilité les choses ?

Non, puisqu'on a galéré ! Ce film  coûté 1,5 millions mais on n'a pas eu de financements à cette hauteur, loin de là ! Ils m'ont aidé à boucler le financement pour lequel on n'a pas pu compter sur les chaînes de télé, sur le CNC... Je ne sais pas combien il faut qu'on ait de vues pour rentabiliser le film, mais si on a un gros nombre de vues, ça peut aussi attirer des acheteurs qui vont acheter le film !

Vous mettez en scène deux personnages, une call girl et un fondamentaliste dont on ne sait lequel a le plus de valeurs...

C'est l'équation principale sachant qu'elle est plus large que ça parce qu'il y a le xénophobe qui doit gérer sa frustration et sa haine, sa défiance vis-à-vis de l'autre, il y a le rappeur "égopathe" qui n'accepte pas la contradiction... C'est une équation plus complexe entre toutes ces radicalités. Ce que je veux montrer, c'est qu'on est dans une société qui se polarise avec des radicalités de plus en plus grandes, qui cohabitent de plus en plus mal et qui surtout n'échangent pas, ne discutent pas, vivent les unes à côté des autres... Et ça nous mène vers quelque chose qui n'est pas terrible.

Est-ce facile avec un tel sujet d'éviter la caricature ou l'amalgame ?

Je parle de mon film comme d'une fable parce que j'ai des personnages qui, comme le corbeau et le renard ou la cigale et la fourmi, sont caractérisés par des traits ­forts et il ne faut pour autant pas tomber dans la caricature. Moi, je revendique le fait qu'on n'est pas dans de la caricature, on est dans quelque chose de marginal, de très archétypé, de très radical mais qui n'est pas de la caricature, qui existe. Il faut faire attention quand on aborde le sujet religieux puisque ça fait partie de la toile de fond narrative du film, le dévoiement du religieux à des fins terroriste et meurtrières ­— c'est un vrai sujet que j'aborde ! J'ai écrit la première version du scénario assez rapidement, mais après, il y a eu quinze versions ! Ca laisse le temps de border ce qu'il faut border !

Quel est l'écho de cette fable dans notre société ?

Ca renvoie à quelque chose de prégnant aujourd'hui, que ce soit dans les discours politiques, les analyses journalistiques : on entend les mots "fracture", "fragmentation", "divorce", "tension", "éclatement"... Ces termes-là reviennent tout le temps donc on est en plein dedans ! Et "Fractures", le film, il parle de ça à sa façon.

Vous donnez le rôle du terroriste à un Français converti, pourquoi ?

Ce que j'ai voulu montrer, c'est que c'est le parcours qui fait le terroriste, pas l'origine, pas la culture d'origine ! n'importe quel type de personne, blanc, noir, asiatique, avec un certain parcours, avec un certain tempérament aussi, est susceptible de basculer dans ce travers. Ce qu'il y a d'intéressant, parce qu'il y a quelques subtilités dans le film, c'est qu'il y a une séquence de son passé qui est assez drôle et qui passe un peu anecdotiquement mais dans laquelle on voit que ce garçon qui est blanc se prend pour un noir parce qu'il vit avec des noirs... Garder son identité, avoir une assise identitaire est quelque chose d'important. Ce n'est pas fait pour se fermer, c'est fait juste pour pas se laisser embarquer dans des choses qui ne sont pas soi et qui sont les idées d'autres, les idéologies importées, des guerres parfois qui viennent d'ailleurs.

Cette fable a-t-elle une morale ?

Ce que je dis dans cette fable est qu'il faut restaurer le dialogue. Même avec quelqu'un qui est à des années lumières de vous, en discutant, vous n'allez peut-être pas tomber d'accord, mais vous allez créer un lien, vous allez voir l'humain qui en l'autre et il va voir l'humain qui est en vous et ça, ça va éviter des gestes, des actes barbares qui nient l'humanité dans l'autre parce que je pense que les gens qui se font sauter, qui tuent des gens, même des bébés, à coups de couteau, de camion, sont des personnes qui nient, qui ne voient plus l'humanité de l'autre. Or, parler à l'autre, c'est reconnaître, toucher son humanité et je pense que ça, c'est déjà un bon premier pas... Entre deux personnages aux antipodes, il peut se créer un lien.

N'est-ce pas un peu bisounours ?

Non, ce n'est pas bisounours, parce que, à la fin du film, on n'est pas sur un happy end bisounours du tout !

Propos recueillis par FXG, à Paris

fractureslefilm.com

Synopsis

Fariha (Alexandra Naoum) est une escort girl qui assume ses choix. La précarité et les violences subies dans son enfance l'ont rendue matérialiste et cynique ; elle n'attend plus rien des autres. Youssouf (Benoît Rabille) a comblé sa frustration et son vide intérieur en adoptant une idéologie violente et destructrice qui arbore le vernis d'une religion. Il s'est converti à l'islam radical.

Ces deux Français à la vision du monde opposée se rendent à une même soirée. Farhia pour y travailler, Youssouf pour commettre un attentat...

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