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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 07:44
Chassol

Christophe Chassol en spectacle à l'Atrium

Le compositeur martiniquais Christophe Chassol vient présenter son spectacle Big Sun à l'Atrium le 6 avril.

C'est après son premier album, un double CD de 33 titres composés de 1996 à 2011, accompagné d'un film, son premier, "NOLA chérie" (New Orleans Louisiana), que Christophe Chassol s'est posé la question de tourner avec un spectacle. Il se rapproche alors de son compatriote, le batteur Lawrence Clais, et ainsi naît son concept très personnel d'"ultrascore". "Je fais une musique de film ultime parce qu'elle se sert des sons directs de la vidéo... En musique de film, tu fais le hors-champ, ce qui n'est pas à l'image, ou bien la psychologisation du personnage, ou encore du figuratif. Moi, je me sers de ce que j'ai filmé pour fabriquer la musique !"

Le pianiste et le batteur se positionnent face à face perpendiculairement à l'écran situé derrière eux. Ils se fondent ainsi dans l'image projetée. Le public assiste alors à un dialogue à trois, une synchronisation des trois comme si l'écran devenait l'orchestre face à ses deux solistes.

Jazz, pop et expérimental

C'est cette mise en image de sa musique qui va faire la marque de fabrique de Chassol. Il est celui qui va chercher ses sons dans le monde réel. Ni "musique concrète", ni "field recording", Chassol revendique une tradition pas forcément moins savante (il a commencé le conservatoire de musique à 4 ans), mais "pas austère en tout cas"... Chassol est un fan d'images, de cinéma et de pop. "Il n'y a pas d'image muette", lance celui qui fait des musiques de films (beaucoup de films d'horreur !) depuis ses 20 ans. Ses mentors sont Ennio Morricone, Jerry Goldsmith... Côté images, il parle volontiers des documentaires de Jean Van der Cucken, de Louis Malle ou Chris Marker... "2001, l'Odissey de l'espace, ajoute-t-il, des films où tu as le droit de faire autrement, hors format." C'est l'essence du jazz qui l'anime : pouvoir improviser, déborder. Mais il revendique aussi la musique pop et l'expérimental !

"J'utilise les images pour réaliser, voir de la synchro. Je veux pouvoir m'amuser avec les images comme un démiurge comme quand tu joues aux play-mobils, et observer ce que font la synchronisation du son et de l'image." Ainsi peu à peu est né son concept propre des harmonisations du réel avec la vidéo.

Harmonisation de discours

Quand on lui demande s'il y a eu un déclic dans sa carrière de compositeur, Christophe Chassol hésite, puis finit par parler de ses deux parents qui étaient parmi les 156 passagers et membres d'équipage du vol 708 de la West Caribean, crashé le 16 août 2005. Le jeune homme avait alors 29 ans. "Ca a joué sur ma façon d'envisager les choses... Mais pas seulement !" Il évoque en se jetant sur son piano les pièces pour enfants de Prokofiev, et joue quelques notes d'"Evenning". Certaines dissonances le frappent et il comprend qu'il peut écrire différemment. Il comprend le jazz !

Il a commencé par faire de l'harmonisation de discours, c'est-à-dire jouer la musique que produit un orateur en public. Ce travail, on le retrouve notamment dans "Big Sun" avec un discours harmonisé de Joby Barnabé sur la formation du créole ou encore avec une dame de 85 ans, Ediane Lise, qui raconte qu'elle est veuve et qu'elle va aller danser pour le carnaval !

Les images et les sons de Chassol ne s'expliquent ni ne se racontent, ils sécoutent et se regardent !

FXG, à Paris

Photos : Régis Durand de Girard

Introduction à Big Sun

"Chaque seconde, depuis 4 milliards d'années, l'équivalent de 10 milliards de bombes atomiques explosent dans le noyau d'une boule de feu gigantesque située à 650 millions de kilomètres de nous ; sa lumière met 100 000 ans, un mois et huit minutes à nous parvenir et c'est d'elle dont dépend le chant des oiseaux..."

L'enfance de l'art

Le père de Christophe Chassol, fonctionnaire et saxophoniste dans Latitude 14 ou Challenger, l'a mis au conservatoire à l'âge de 4 ans. C'est l'éveil, les percussions, puis le solfège et le piano... Plus tard, bien plus tard à Toulouse, Christophe, faisant une infidélité à son batteur habituel, Lawrence Clais, jouera avec Cédric Laban, un batteur qui n'était autre que le batteur qui jouait avec son père dans Challenger !

Très tôt, Chassol commence à composer. "C'est juste de l'arrangement les compositions, tempère le jeune homme, c'est juste décider de mettre telle ou telle chose dans tel ou tel l'ordre ! Ce n'est pas l'acte créateur qu'on croit que c'est..." Chassol emmagasine des idées, entend de choses et les réarrange dans sa tête pour former autre chose. "C'est pas si dingue qu'un enfant compose ! Quand un enfant dessine, il ne reproduit pas exactement un truc existant..."

Adolescent, Christophe joue dans des groupes. Ils reprennent Herbie Hancock, Gainsbourg, Hendricks, les Doors, mais jouent aussi leurs compos.

Plutot que le zouk, Chassol va préférer la pop de la Perfecta, d'Eugène Mona, de Malavoy... Il y a d'ailleurs du Mona dans Big Sun...

 

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 06:28
Camille Soprann Hildevert, Fred Aucagos, Guy Jacquet et Ipomèn Léova

Camille Soprann Hildevert, Fred Aucagos, Guy Jacquet et Ipomèn Léova

Les Vikings de la Guadeloupe sont des légendes vivantes

Pour la sortie de l'album des 50 ans des Vikings de la Guadeloupe, Fred Aucagos, Guy Jacquet, Camille "Soprann" Hildebert et Ipomèn Léova se sont retrouvés à Paris. Max Séverin les a retrouvés plus tard sur la scène de Stains, au festival Banlieue bleue, fin mars. Fred Aucagos craignait alors que les gens aient de l'empathie... Ipomèn était survolté et il s'est pris le bec avec Soprann ! C'est Franck du label Sweethness qui a proposé cet album du demi-siècle. Camille Soprann l'a rencontré lors d'un festival : "Il voulait de la pop antillaise des années 1970." Alors, ils ont dit oui, à l'album, au concert. Après cinquante ans ? Ca ne se refuse pas ! La dernière fois, il y a trois abs ns ils ont rassemblé 6000 personnes à Fort-de-France.

Fred Aucagos a fondé l'orchestre des Vikings en 1966. "J'ai eu l'idée, raconte Fred, et j'ai donné l'idée à Guy." Le premier se dit chef de file, le second chef de poste. "Ce qui a fait la force des Vikings, raconte Guy Jacquet, c'est qu'on était quatre et qu'on a commencé par faire du rock'n'roll." Fred revenait de Paris. Il avait pris des cours de chant chez Line Renaud, fréquenté le golf Drouot des yéyés, rencontré les futurs Johnny Halliday et Eddy Mitchell, manqué faire un disque rythm'n'blues. Il n'avait pas 21 ans et son père a refusé de signer. Il l'a rapatrié en Guadeloupe en janvier 1966. Le 7 février suivant, les Vikings étaient nés. Le père de Fred était alors président du club de la Red star. Le journaliste Casimir Létang appelait cette équipe les Vikings... Voilà l'histoire du nom. Plus tard, dans une version eighties, Tanya Saint-Val parlera de Vik-in, very international kadans-in...

Au début des Vikings, il n'y a pas encore de concerts, il y a des orchestres de bal. Ipomèn Léova joue encore avec les Rapaces, Guy Jacquet avec Zikak et Pierre-Edouard Décimus passe son bac... Guy et Camille préparaient le brevet. Pierre-Edouard habitait en face de chez Guy. Camille est rentré dans le groupe après un concert avec les Forbans, au Raizet. Il a démonté le bec de son sax et a commencé à jouer avec. Jacques Loulandeau lui a aussitôt proposé de jouer avec les Vikings. "On était lycéen et on a pris rendez-vous chez le père de Fred..." Pour Ipomèn léova, l'aventure a démarré après un concert au Rex, à Pointe-à-Pitre, quand Emmanuel Toussaint est parti. Les Vikings n'avaient pas de matos et les Rapaces ne voulaient pas prêter le leur. "Claude Morvan et Fred Cosema m'engueulaient, raconte Ipomèn, parce que j'étais du Carénage et que j'étais avec les Rapaces... Ils m'ont engueulé et je suis devenu Viking." "On n'a jamais fait l'unanimité à Pointe-à-Pitre", observe Fred.

Le premier groupe à se produire en France en 1970

Camille Soprann devient chef d’orchestre en 1967. Il y a alors Guy Jacquet (guitare), Pierre Edouard Décimus (basse), Jacques Loulandeau (chant), Widly Haliar (batterie), Fred Aucagos et Jean Agasto.

D'emblée, le son des Vikings est plus électrique, loin de la cadence. Ils sont les premiers à utiliser les instruments électriques et les amplis Marshall. L'orchestre répétait chez le père Aucagos, mais le matériel restait sur le balcon de Mme Adeline, place de la Victoire, à la Briscante. Ce sont Jean Agasto (le précurseur) et Marcel Mavounzy (le financeur) qui ont fait venir les instruments de Miami. "Ils étaient exposés au magasin de Mavounzy, se souvient Guy, et le public allait voir émerveillé ces instruments qu'on a été les premiers à utiliser !"

Quand l'opportunité s'offre aux Vikings d'aller jouer à Paris pour la première fois, la valise de Fred Aucagos s'envole sans lui. Il a préféré rester avec sa fiancée. Les Vikings de la Guadeloupe est le premier groupe Antillais francophone à se produire en France en 1970, aux Halles de Paris, c’est l’évènement. Fred n'a pas suivi... "La musique m'était devenue une contrainte", raconte celui qui avait alors monté une entreprise de transport...

Guy et le train de Kassav

Fred reprendra l'aventure des Vikings en 1981 après avoir retrouvé comme voisin de la tour Faidherbe Pierre-Edouard. "Il habitait au-dessus de chez moi..." Il enregistre "Romantica" avec Pierre-Edouard Décimus pour la production 3A. Chez Safari Antoine, une boite dont Georges Décimus est l'arrangeur, il enregistre avec le jeune Jacob Desvarieux et sa guitare saturée.

"J'étais chez Debs quand Jacob lui a amené la bande de "Zouk la", raconte Guy Jacquet. Debs n'a pas capté ces deux notes que Georges faisait..." "Le zouk, ça vient de là, assure Fred Aucagos. Guy a raté le train du zouk !" Camille Soprann acquiesce : "Guy a hésité... Il est rentré avec moi en Guadeloupe et Kassav est parti à Paris..."

Chez les Vikings, Pierre-Edouard Décimus remplace tout le monde au pied levé et Camille Soprann trouve toujours un nouveau pour le remplacer... Désormais, les Vikings jouent pieds-nus et en jean. Tout le monde compose et les concerts s'enchaînent. En tout, une bonne vingtaine d’albums seront tirés des Vikings. Programmée initialement le 26 mai en Guadeloupe pour le jubilé de Pierre-Edouard Décimus, la prestation des Vikings a été finalement reportée sine die.

L'album "Enkor on ti tou" (1966-2016) revient musicalement sur ces années pop. Ces années où l'on parlait encore simplement de "musique antillaise".

FXG, à Paris

Ils sont passés par les Vikings

José la ficelle, Robert Mavounzy junior, Edouard Benoit, Victorius Masse, Roro Noel, Joby Dendelet, Fred Cécé, Richard Descieux, Pierre-Edouard Liviot, Philippe Dambury, Lolo et Atti Lolo, Josèphe Lacide, Dolores Meliot, Pierre Canard, Gérard Elice, André Dersion, Daniel Raveau, Gilles Floro, Arthur Apatou (Compagnie Créole), Gordon Henderson (Exile One), Kate Paul Band, Bill Thomas (Billomen), Philippe Menade, Eric Brouta, Tanya Saint-Val, Willy Salzedo, Jean Pierre Girondin (Batako)…

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 06:00
Elodie juste au salon du livre de Paris en mars 2016

Elodie juste au salon du livre de Paris en mars 2016

Elodie Juste, directrice de la nouvelle collection fiction d'Ibis rouge, présentée en avant-première au salon du livre de Paris qui vient de refermer ses portes.

"Une collection pour tromper l'ennemi"

Pourquoi avoir créé une telle collection alors qu'Ibis rouge a toujours publié des romans ?

Nous avons créé cette collection pour tromper l'ennemi ! L'ennemi, ce sont les professionnels du livre qui ont une fâcheuse tendance à s'intéresser davantage aux origines de l'auteur qu'à l'intrigue et au talent lui-même. Dans cette nouvelle collection, on ne voit plus sur la quatrième de couverture la biographie de l'auteur précisant s'il est guadeloupéen, martiniquais ou guyanais, pour ne laisser que 'essentiel, c'est-à-dire le résumé de l'oeuvre, de quoi séduire le libraire ou le lecteur ! Nous en avons assez de cette question systématique lorsqu'on propose un livre à un libraire : "Mais l'auteur vient d'où ?" Nous avons voulu changer la donne !

Trouvez-vous que donner l'origine de l'auteur soit une façon de le stigmatiser ?

Exactement. Personne n'aurait l'audace ou la bêtise de demander si Molière est guyanais ou antillais ! Il faut mettre la littérature au centre des préoccupations plutôt que d'essayer de savoir si l'auteur habite à 300 mètres ou non !

Quel est l'esprit de cette collection ?

Elle s'intéresse à des problématiques contemporaines. On ne reste pas dans les problématiques qu'ont longtemps abordé les littératures créoles : l'identité, la misère dans la case, la violence des sociétés coloniales... On essaie de faire en sorte que la sensibilité des auteurs soit présente puisqu'ils sont forcément de quelque part et écrivent avec leur passé, leur mémoire, mais le problème identitaire n'intervient pas comme point central. Par exemple, Valérie Syracuse avec son roman "Echapée belle", raconte l'histoire d'une jeune femme qui tombe dans la drogue par les voies de l'amour...

Combien de titres sont déjà publiés dans votre collection ?

Nous avons sortis neuf titres pour le salon du livre de Paris. Nous avons Michel Redon qui a sorti deux romans ("les anges du désir" et "Rialta ou la nostalgie de l'amour"), André Paradis qui a écrit "2028, l'affaire Jean-Mohamed Galmot", Jessi Americain, notre premier auteur bushinengué, avec "Nègre marron, itinéraire d'un enfant du ghetto", Patrice Louis avec "La mission sacrée du prince Ouanilo" et "Peaux échappées" de Cindy Marie-Nelly. Elle est venue samedi au salon quelques heures et a vendu tous ses exemplaires !

Propos recueillis par FXG, à Paris

 

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 05:02

Du 19 au 29 mai, doit se tenir à cheval sur la Guadeloupe et la Martinique le premier salon du livre d'histoire. Une démarche initiée par l'éditeur martiniquais Jean-Benoît Desnel (Idem) qui s'en explique.

"Il faut lever un véritable tabou colonial"

Un salon du livre d'histoire et de l'essai, pourquoi une telle spécialisation ?

Les rendez-vous de notre histoire est un salon du livre régional autour du livre d'histoire et des essais, qui a pour principale visée de pallier les problèmes de mémoire hélas très prégnants aux Antilles. Il est important que des chercheurs isolés de divers horizons puissent se retrouver pour échanger. Ce sera le premier salon du genre aux Antilles, où se retrouveront à la fois romanciers, historiens, philosophes, journalistes, universitaires, cinéastes, metteurs en scène, plasticiens, poètes, comédiens d’horizons différents lors de tables rondes, avec l'absolue nécessité de rendre tout cela abordable pour le grand public, un peu à l'image d'un salon du même genre qui, à Blois, depuis de nombreuses années, tente d'apporter des réponses au public sur l'histoire, les vicissitudes et les grands bouleversements du monde. La thématique de cette première édition sera le tabou colonial dans la société française...

Vaste programme !

Tout cela s'articule autour d'espaces pédagogiques et d’actions scolaires, en plus des grands débats prévus avec les auteurs invités et des rencontres en librairie... C'est une façon d’apporter des réponses pour résister à l'engrenage des racismes et extrémismes et pour la survie de la démocratie.

Rien de moins que cela ?

Nos îles dans la Caraïbe comme les pays d’Europe subissent diverses crises sociétales profondes aussi fortes qu'inattendues. Aujourd'hui plus que jamais, il nous faut le recul nécessaire et une grande vigilance pour protéger l'humanité du chaos, en explorant des sujets comme la mémoire nationale, la laïcité, la francité, les guerres coloniales en Afrique du Nord et ailleurs, les oubliés des commémorations nationales, les luttes ouvrières et politiques aux Antilles, la résurgence des problématiques de cohésion sociale et du fameux vivre ensemble, des injustices et des discriminations, les méconnaissances accumulées sur la situation coloniale négligée ou occultée, l'affirmation des principes républicains de la France malgré l’empreinte des pratiques autoritaires de la colonisation depuis de nombreuses décennies.

Est-ce encore un sujet subversif ?

La France d'Outre-mer est faite des vestiges de l'ancien empire colonial, et elle constitue des zones de l’espace français où l’évolution très contrastée de l’histoire de France exige de lever un véritable tabou colonial persistant, pour plusieurs raisons, malgré le travail de recherche mené par les historiens et militants anticolonialistes, d’où la nécessité de s'appuyer sur l'éducation, la lecture, pour prémunir notre société contre les pulsions de haine et de violence. L'éducation passe par l'apprentissage de l'esprit critique, contre les langages manipulateurs, les peurs infondées, les crispations identitaires, tout un ensemble de rhétoriques démagogiques véhiculées par certains médias. Savoir c’est pouvoir ! La finalité ? Appliquer dans l’espace public les grands principes du siècle des Lumières et des droits humains et universels qui s'effilochent à notre époque.

Quels sont les intervenants prévus ?

Nous avons approché pour les conférences Angela Davis, Benjamin Stora, Suzanne Dracius, Maryse Condé, Patrick Chamoiseau, Charles-Henri Fargues, Raphaël Confiant, Gilbert Pago, Armand Nicolas, Roger Toumson etc... Nous ferons la lumière sur les mutations historiographiques de l’impérialisme français. Aux Antilles nous sommes un village planétaire qui possède les clefs de l’avenir, construit en résilience au sortir de notre passé. À nous de le faire savoir au monde.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 04:25

Le patrimoine téko en livres

Ti'Wan Couchili a publié chez L'Harmattan "Les Contes des quatre vent " — le dernier est "Le jaguar et le Tamanoir". Quatre ouvrages bilingues, en wayapi et en téko. Ti'Wan est une Téko, de Camopi. "Ces histoires sont celle que j'ai toujours entendues dans mon enfance. C'est notre télévision de la forêt... Il fallait les mettre sur le papier sinon un jour ou l'autre ça allait se perdre !" Elle s'est rendue au dernier salon du livre de Paris pour présenter sa culture de française amérindienne. "Je suis conteuse et à travers les contes, j'ai beaucoup appris et je suis devenue plasticienne et je crée des objets à travers les contes..."

Ti'Wan a également participé à un ouvrage ethnographique sur la communauté Téko"Guerriers de la paix", d'Eric Navet qui est venu travailler à Camopi. Ce chercheur a flashé sur les ciels de case que dessine Ti'Wan. Le ciel de case se fait à l'origine dans la communauté Wayana. "En Guyane, on est tous mélangés avec une autre communauté, raconte l'artiste, ce qui fait que je me permets de faire aussi des ciels de case. Au début j'en faisais avec les motifs téko (des oiseaux et des poissons) et, par la suite, j'en crée de nouveaux..." Chez les Wayanas, on met un ciel de case pour éloigner le mauvais sort. Chez les Tékos, ils illustrent par exemple les chants sacrés que les filles entonnent lors de leurs premières règles."Chez nous, explique encore Ti'Wan, les femmes peuvent devenir chamane, alors qu'à l'origine, comme chez les Wayanas, c'est réservé aux hommes d'un certain âge." Là encore, il s'agit de préserver un patrimoine et le transmettre, "le rénover à chaque fois et ne pas le perdre" !

FXG, à Paris

Guerriers de la paix

Depuis le XIXème siècle et les premiers témoignages sur les Teko, alors appelés Émerillon(s), on prédit leur disparition prochaine. Il est vrai que sous les pressions coloniales multiples : entreprise missionnaire, contacts avec les orpailleurs, les trafiquants de tout poil, les chocs sanitaires et culturels enclenchés par ces contacts, l’ethnie teko a bien failli disparaître physiquement, réduite à une soixantaine de représentants au début des années 1950. Pourtant, les Teko sont aujourd’hui environ 500 et des initiatives comme la création, en 2012 de la Compagnie Teko Makan qui, à Strasbourg, s’est produite pour la première fois devant un public non guyanais sont la preuve que les peuples traditionnels ont la volonté de défendre des valeurs et un mode de vie, une identité propres. La preuve, donc, qu’ il n’y peut-être pas de fatalité de l’histoire et que celle-ci peut être multiple.

La présentation de la culture teko, Guerriers de la Paix : les Teko de Guyane, à partir d’une exposition de ses productions matérielles, collection d’Éric Navet, présentée à la Maison interuniversitaire des sciences humaines, Alsace, MISHA, du 13 septembre au 4 octobre 2013, a eu pour ambition de montrer la vitalité de ces « petits peuples » dont parle Jean Malaurie et qui furent longtemps qualifiés de « sauvages ». Face à une civilisation technologique et mercantile qui met en danger la survie sur cette planète, les peuples traditionnels, dont les Teko sont un exemple, ont peut-être une leçon de survie à nous donner.

Les auteurs
Professeur d’ethnologie à l’université de Strasbourg de 1985 à 2013, Éric Navet a su transmettre à des générations d’ étudiants, avec patience et passion, une ethnologie humaine et engagée. Cette publication fait suite à l’exposition et aux évènements culturels et scientifiques Guerriers de la paix, les Teko de Guyane – Éric Navet, 40 ans d’ethnologie : une table ronde, des projections-débats et une « conférence-dansée », qui se sont déroulés à l’automne 2013 à l’université de Strasbourg et à Muttersholtz, petit village du Ried alsacien. Ces manifestations ont été organisées par Colette Riehl Olivier dans le cadre de l’Association des Étudiants des Amis de Institut d’Ethnologie pour honorer le départ à la retraite d’Éric Navet et son parcours d’ethnologue. Colette Riehl Olivier est doctorante en ethnologie du laboratoire SAGE — Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe — de l’université de Strasbourg. Ses axes de recherche sont le corps, les Amérindiens, les rituels, la résistance, la résilience, le chamanisme. Elle est également formatrice en techniques psycho-corporelles spécialisée en relaxation et tai ji quan.

Ecoutez l’émission radio sur les Teko à l’occasion de la sortie du livre
Radio Libertaire, le 12/03/2016 avec E. Naver, C. Riehl, E.Maj

 

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 03:26

L'IEDOM serait une SAS

L'étude d'impact sur le projet de loi Sapin II transmise par le gouvernement aux députés aborde la réforme de l'IEDOM. Il apparaît que l’option de la transformation de l’établissement public IEDOM en société par actions simplifiée (SAS) a été retenue. "Une autre option aurait pu consister en l’intégration directe de l’IEDOM au sein de la Banque de France, peut-on lire. Cette option n’a pas été retenue face aux avantages d’une transformation de l’établissement public en SAS, qui permet de maintenir une personnalité juridique distincte de la Banque de France et, plus généralement, une identité propre à l’institut eu égard à la spécificité des territoires relevant de sa compétence. La SAS présente un avantage en termes de souplesse des règles organisationnelles et de gouvernance associées à la structure de la SAS." Les syndicats râlent et disent qu'ils n'ont pas été consultés.

FXG, à Paris

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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 11:09
Quincy Gane au salon du livre de Paris en mars 2016

Quincy Gane au salon du livre de Paris en mars 2016

L'autre lapin de Quincy Gane

Quincy Gane publie chez Jasor son troisième livre jeunesse, pour les 3 à 7 ans, dont il signe et le texte et les illustrations, "Zé m'appelle Quenotte et z'aime pas les carottes". Un petit lapin nommé Quenotte est le seul de sa famille à ne pas aimer les carottes et il y en a à tous les repas ! Quenotte vit un calvaire dans un texte en rimes. "Je trouve qu'on ne demande pas suffisamment leur avis aux enfants, explique Quincy, le jeune pointois On leur impose des choses sans se préoccuper de savoir ce qu'ils veulent, ce qu'ils aiment... On ne s'intéresse pas suffisamment à leur goût et j'ai eu envie de m'amuser avec ça !" C'est aussi un livre qui exprime la différence. "Oui, c'est un lapin, mais il n'est pas obligé de correspondre au schéma du lapin qui aime les carottes Non, lui il n'aime pas ça et j'avais envie aussi de mettre ça en avant."

Quincy Gane est des plus jeunes auteurs de l'écurie Jasor et il aimerait bien être moins seul : "Il y a beaucoup de talents chez les jeunes et ce serait bien qu'il y en ait plus de mon âge !" Quincy a toujours eu envie d'écrire. On lui a toujours lu des livres pour enfants et il a eu lui aussi l'envie de transmettre. D'abord, illustrateur, il a dû trancher: "Est-ce que je fais appel à un auteur ou j'écris moi-même ?" Comme il avait des idées, il s'est mis à écrire...

FXG, à Paris

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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 03:28

Le projet des Républicains économise 400 millions de sur-rémunérations des fonctionnaires

Les Républicains ont lancé une démarche participative pour élaborer leur programme présidentiel pour 2017. Piloté par l'ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy, Eric Woerth, le projet (en cours) ne dispose pas d'un onglet outre-mer parmi les 19 thèmes de réflexions proposés. Pour autant, l'outre-mer n'est pas absent des premières synthèses. Ainsi le 30 mars, à "la journée de travail des Républicains" sur le thème "dépense publique et fiscalité", un document d'orientation a été produit et mis en ligne. Il dispose que "le traitement des fonctionnaires dans les départements d’outre-mer doit être progressivement aligné sur celui de la métropole (-400 millions d’euros)".

Auparavant, le 3 février dernier, les LR ont publié leur document d'orientation sur l'agriculture. Le texte souligne les 47 640 emplois à temps plein sur 40 500 exploitations dans les DOM et le coût de l'insularité avant de proposer une réflexion sur l’extension des aides à l’installation, "en reconnaissant le caractère difficile de l’agriculture des départements d’Outre-Mer". Et pour encourager les circuits courts, particulièrement dans l’approvisionnement des restaurations publiques collectives, ils proposent d'ajouter dans le code des marchés publics une clause "acteurs de proximité". Jusqu'alors l'article 53 contenait une clause de "préférence"... Et depuis la loi d'avenir agricole votée en 2014, l’agroalimentaire et l’halio-alimentaire ont accès à la restauration collective. Rien de bien neuf sur ce sujet qui fait consensus...

Les documents d'orientation sur la sécurité, l'immigration, la réforme de la vie publique, le logement ou le code du travail n'abordent pas précisément l'outre-mer.

Mais rien ne dit encore que la commission Outre-mer des LR, présidée par Nicolas Sarkozy lui-même, ne viendra pas compléter la liste des sujets de réflexion en imposant le thème manquant.

FXG, à Paris

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2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 04:04

L'outre-mer se classe bien

La maîtrise de Massabielle en tête des lycées privés en France ! C'est au palmarès établi et publié par le Parisien dans son édition du 30 mars. Le lycée de Pointe-à-Pitre affiche un taux de réussite de 98 % avec une valeur ajoutée de 26 points dix places devant l'AMEP de Fort-de-France avec 91 % de réussite et 16 points de valeur ajoutée. Ces chiffres correspondent à un mix entre le taux de réussite au bac par rapport au taux attendu et entre le taux d'accès de la seconde au bac et le taux attendu. Ca donne en sus du taux de réussite au bac une sorte de "goal average"...

Dans le palmarès des établissements publics, c'est le lycée Lumina-Sophie de Saint-Laurent-du-Maroni qui se place dans le top 3 avec un taux de 76 % et 20 points de valeur ajoutée. Le lycée Félix Eboué à Cayenne émarge en 11e position avec un taux de réussite de 90 % et une valeur ajoutée de 17 points. En 24e position, on trouve le lycée du Nord Grande-Terre à Port-Louis en Guadeloupe avec un taux de 94 % et une valeur ajoutée de 14 points.

http://www.leparisien.fr/une/decouvrez-le-palmares-des-lycees-2016-30-03-2016-5670861.php#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.fr%2F

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2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 03:59

Loïc Korval joue sa participation aux JO de Rio au conseil d'Etat

Mercredi 30 mars, le judoka Loïc Korval (28 ans), licencié un temps au club de l'office municipal des sports de Pointe-à-Pitre, est venu devant le conseil d'Etat contester l'interdiction de participer à des compétitions sportives pendant deux ans. Cette sanction lui a été infligée par le collège de l'agence nationale de lutte contre le dopage en mars 2015 pour des faits qui se sont déroulés en 2013 et 2014. En première instance, il n'avait écopé que de dix mois...

Le médaillé d'or européen s'estime victime du système imposé aux sportifs désignés dans les groupes cibles. Ces sportifs doivent signaler en permanence où ils se trouvent pour pouvoir faire l'objet de contrôles sanguins et urinaires intempestifs. Hélas, par trois fois, Loïc n'était pas où on l'attendait... Sa bonne foi n'a jamais été remise en cause et il n'a jamais été soupçonné de vouloir dissimuler des faits de dopage. Si Loïc Kerval a été suspendu par le passé un mois pour dopage, le rapporteur public a rappelé qu'il était encore un junior sous statut de l'INSEP. Mais la règle est ainsi faite qu'au bout de trois non présentations devant les agents préleveurs, c'est-à-dire trois "no show" infligés par l'agence de dopage, la sanction tombe. Là où le bât blesse, c'est que la sanction d'abord établie à dix mois de suspension a été réformée pour devenir une suspension de deux ans.

Du strict point de vue du droit, tous les griefs soulevés par Loïc Korval ont été balayés par le rapporteur public du conseil d'Etat. En revanche, ce dernier a considéré que la sanction était disproportionnée : "Nous sommes convaincus que cette sanction est trop sévère." Il a recommandé aux magistrats administratifs de la ramener de deux à un an. Me Tapie, l'avocat de Loïc Korval, a insisté pour dire qu'un an de suspension revenait à mettre un terme à la carrière du jeune sportif en l'excluant de fait de la sélection des JO de Rio pour lesquels il s'entraîne depuis quatre "comme un forcené". Une sanction de dix mois, comme celle prononcée à l'origine de ce litige serait, compte tenu des temps de suspension déjà effectué par Loïc Korval, une voie de sortie honorable et une porte ouverte aux JO...

Le décision sera rendue dans moins d'un mois.

FXG, à Paris

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