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24 décembre 2018 1 24 /12 /décembre /2018 05:18
Face à face entre Benoît Rabille et Alexandra Naoum dans "Fractures"

Face à face entre Benoît Rabille et Alexandra Naoum dans "Fractures"

Harry Roselmack, journaliste, producteur, réalisateur, sort son premier long-métrage, Fractures, mention spéciale du jury au Chealsea film festival l'an dernier, qu'il propose depuis le 9 novembre sur internet moyennant 3,99 euros. Interview.

"Parler à l'autre, c'est reconnaître son humanité"

Comment peut-on voir ce film ?

Il est visible aux Antilles et dans l'absolu, il est visible dans le monde entier puisqu'il est sur un site Internet, fractureslefilm.com, une plateforme que nous avons nous-même créée et qui propose des contenus gratuits et le film pour moins de 4 euros.

Pourquoi un tel choix de diffusion ?

Dès le début, notre projet était de faire un film pour le digital. Après, nous avons étudié la possibilité de le sortir en salle parce qu'on nous a conseillé de le faire, avec l'argument qu'un film devait être vu au cinéma, mais je me suis rendu compte que ce qu'on me proposait en termes de distribution en salle comportait le risque que le public passe à côté du film parce qu'on avait très peu de copies, très peu de salles et pas forcément dans les endroits les plus adéquats. C'est pourquoi, je suis revenu à la stratégie initiale, une distribution sur le digital. On n'a pas trouvé d'accord avec Netflix qu'on a approché, donc on a créé notre propre plateforme.

Vous avez néanmoins déjà diffusé le film en salle en Martinique...

C'était dans le cadre d'une avant-première parce que la Martinique est très impliquée dans ce projet à plusieurs titres à commencer par le fait que c'est la Collectivité territoriale de Martinique qui a apporté le plus important financement et le seul public du film.

Qu'est-ce qui vous a inspiré l'écriture de ce scénario ?

J'ai puisé l'essence de mes personnages des univers que j'ai investigués dans le cadre du documentaire "En immersion" que j'ai fait pendant cinq ans sur TF1, entre 2009 et 2014 et c'est cette émission qui a nourri quelque part les univers que je confronte dans ce film. Donc oui, mon regard de journaliste a nourri l'auteur que je suis sur ce film. Après, c'est vrai que j'ai exploré beaucoup de pistes nouvelles en termes d'écriture, de réalisation que je n'avais jamais fait, de direction d'acteurs, de production, de distribution... J'ai appris énormément de choses ; j'ai même fait de la musique avec grand bonheur puisque je suis l'un des auteurs de la bande originale du film... J'ai touché à plein de trucs nouveaux qui m'ont vraiment excité.

Vous vous êtes préféré en scénariste, réalisateur ou producteur ?

C'est un tout pour moi. La seule chose dont je m'exclus, c'est le jeu parce que ce n'est pas mon truc de faire l'acteur. La chose qui est difficile et que je ne souhaite à personne, c'est d'avoir en même temps à réaliser et à produire un film. Dans l'absolu, il faut soit le produire, soit le réaliser. Après, on peut être auteur ou co-auteur, mais faire à la fois de la prod et de la réal c'est très compliqué. Heureusement que j'étais bien accompagné... Mais il n'y a rien qui m'a vraiment écoeuré et je suis prêt à repartir, après un peu de repos, mais à repartir quand même !

Est-ce que votre notoriété sur TF1 vous a facilité les choses ?

Non, puisqu'on a galéré ! Ce film  coûté 1,5 millions mais on n'a pas eu de financements à cette hauteur, loin de là ! Ils m'ont aidé à boucler le financement pour lequel on n'a pas pu compter sur les chaînes de télé, sur le CNC... Je ne sais pas combien il faut qu'on ait de vues pour rentabiliser le film, mais si on a un gros nombre de vues, ça peut aussi attirer des acheteurs qui vont acheter le film !

Vous mettez en scène deux personnages, une call girl et un fondamentaliste dont on ne sait lequel a le plus de valeurs...

C'est l'équation principale sachant qu'elle est plus large que ça parce qu'il y a le xénophobe qui doit gérer sa frustration et sa haine, sa défiance vis-à-vis de l'autre, il y a le rappeur "égopathe" qui n'accepte pas la contradiction... C'est une équation plus complexe entre toutes ces radicalités. Ce que je veux montrer, c'est qu'on est dans une société qui se polarise avec des radicalités de plus en plus grandes, qui cohabitent de plus en plus mal et qui surtout n'échangent pas, ne discutent pas, vivent les unes à côté des autres... Et ça nous mène vers quelque chose qui n'est pas terrible.

Est-ce facile avec un tel sujet d'éviter la caricature ou l'amalgame ?

Je parle de mon film comme d'une fable parce que j'ai des personnages qui, comme le corbeau et le renard ou la cigale et la fourmi, sont caractérisés par des traits ­forts et il ne faut pour autant pas tomber dans la caricature. Moi, je revendique le fait qu'on n'est pas dans de la caricature, on est dans quelque chose de marginal, de très archétypé, de très radical mais qui n'est pas de la caricature, qui existe. Il faut faire attention quand on aborde le sujet religieux puisque ça fait partie de la toile de fond narrative du film, le dévoiement du religieux à des fins terroriste et meurtrières ­— c'est un vrai sujet que j'aborde ! J'ai écrit la première version du scénario assez rapidement, mais après, il y a eu quinze versions ! Ca laisse le temps de border ce qu'il faut border !

Quel est l'écho de cette fable dans notre société ?

Ca renvoie à quelque chose de prégnant aujourd'hui, que ce soit dans les discours politiques, les analyses journalistiques : on entend les mots "fracture", "fragmentation", "divorce", "tension", "éclatement"... Ces termes-là reviennent tout le temps donc on est en plein dedans ! Et "Fractures", le film, il parle de ça à sa façon.

Vous donnez le rôle du terroriste à un Français converti, pourquoi ?

Ce que j'ai voulu montrer, c'est que c'est le parcours qui fait le terroriste, pas l'origine, pas la culture d'origine ! n'importe quel type de personne, blanc, noir, asiatique, avec un certain parcours, avec un certain tempérament aussi, est susceptible de basculer dans ce travers. Ce qu'il y a d'intéressant, parce qu'il y a quelques subtilités dans le film, c'est qu'il y a une séquence de son passé qui est assez drôle et qui passe un peu anecdotiquement mais dans laquelle on voit que ce garçon qui est blanc se prend pour un noir parce qu'il vit avec des noirs... Garder son identité, avoir une assise identitaire est quelque chose d'important. Ce n'est pas fait pour se fermer, c'est fait juste pour pas se laisser embarquer dans des choses qui ne sont pas soi et qui sont les idées d'autres, les idéologies importées, des guerres parfois qui viennent d'ailleurs.

Cette fable a-t-elle une morale ?

Ce que je dis dans cette fable est qu'il faut restaurer le dialogue. Même avec quelqu'un qui est à des années lumières de vous, en discutant, vous n'allez peut-être pas tomber d'accord, mais vous allez créer un lien, vous allez voir l'humain qui en l'autre et il va voir l'humain qui est en vous et ça, ça va éviter des gestes, des actes barbares qui nient l'humanité dans l'autre parce que je pense que les gens qui se font sauter, qui tuent des gens, même des bébés, à coups de couteau, de camion, sont des personnes qui nient, qui ne voient plus l'humanité de l'autre. Or, parler à l'autre, c'est reconnaître, toucher son humanité et je pense que ça, c'est déjà un bon premier pas... Entre deux personnages aux antipodes, il peut se créer un lien.

N'est-ce pas un peu bisounours ?

Non, ce n'est pas bisounours, parce que, à la fin du film, on n'est pas sur un happy end bisounours du tout !

Propos recueillis par FXG, à Paris

fractureslefilm.com

Synopsis

Fariha (Alexandra Naoum) est une escort girl qui assume ses choix. La précarité et les violences subies dans son enfance l'ont rendue matérialiste et cynique ; elle n'attend plus rien des autres. Youssouf (Benoît Rabille) a comblé sa frustration et son vide intérieur en adoptant une idéologie violente et destructrice qui arbore le vernis d'une religion. Il s'est converti à l'islam radical.

Ces deux Français à la vision du monde opposée se rendent à une même soirée. Farhia pour y travailler, Youssouf pour commettre un attentat...

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23 décembre 2018 7 23 /12 /décembre /2018 06:36
La mission du délégué à la concurrence en Outre-mer

Francis Amand part en guerre contre la vie chère outre-mer

Le délégué à la concurrence s'engage à obtenir la réduction des prix d'un certain nombre de produits de grande consommation.

"Les récents mouvements sociaux à la Réunion ont rappelé la nécessité d’agir vite..." C'est par ces termes qu'expliquent Annick Girardin, ministre des Outre-mer, et Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, les circonstances de la nomination, mercredi 19 décembre, du délégué à la concurence Outre-mer, dans la lettre de mission qu'ils ont adressée  à Francis Amand. Celui-ci va d'abord prendre connaissance de l'ensemble des outils qui existent, l'ensemble des recommandations qui ont été faites notamment par l'Autorité de la Concurrence (AdC) avant d'espérer améliorer la concurrence en outre-mer au bénéfice des consommateurs et d'une structuration de marché qui permette d'abaisser les prix. Une fois qu'il aura dressé ce bilan, il se penchera sur les améliorations à faire et "ce qui pourrait être implémenté plus vite pour gagner le plus rapidement possible en efficacité". Avec d'un côté l'AdC, de l'autre la loi Lurel contre la vie chère qui a été votée en 2012, le nouveau délégué dispose déjà d'outils. "Les parties prenantes, commente-t-il, se les approprient lentement et il faut voir pourquoi ces outils ne donnent pas toute l'efficacité qu'on en attend." Il compte donc aussi faire de la pédagogie, expliquer comment s'en saisir...

Pour l'heure, Francis Amand n'est pas en mesure de dire sur quels secteurs de marchés, quels produits, il compte jeter son dévolu. "C'est un petit peu tôt ! D'abord, détaille-t-il, il y a des négociations en cours dans le cadre du bouclier qualité prix, il y a une circulaire en préparation... Je ne vais  pas le donner tout de suite des objectifs." Une seule chose est sûre : il veut faire baisser les prix d'un certain nombre de produits de grande consommation. "Pas forcément au niveau métropolitain parce qu'il y a des conditions de marché qui sont très différentes ; il y a des raisons qui font que les prix ne sont pas les mêmes quoi que souvent on les compare..." Il préfère s'engager sur l'obtention de réductions de prix et surtout, ajoute-t-il, "savoir pourquoi on ne les obtient pas et pourquoi les prix restent plus haut, parce que c'est ce qu'on doit aux consommateurs d'outre-mer, à la fois des réponses et les rassurer".

Partage de marges, de revenus et de valeur ajoutée

Cet ancien inspecteur général de l'INSEE a beaucoup travaillé sur la constitution de prix le long des filières agricoles et alimentaires ; il a beaucoup travaillé sur la concurrence au plan pratique avec une vision téléologique. Plus récemment, il a fait beaucoup de médiation dans les filières agricoles et alimentaires, avec des questions de partage de marges, de revenus et de valeur ajoutée. Il sait qu'il y a des prix de monopole, des prix concurrentiels, des aides qui expliquent la formation des prix à la consommation. Il va donc s'atteler depuis Paris à ce travail d'investigation, de stock taking, mais il sait qu'il va devoir aller sur place, rencontrer les parties prenantes, les associations de consommateurs, les acteurs économiques et les différents observatoires des prix et des marges. "Ce n'est pas la même chose en Outre-mer, précise-t-il, sachant qu'on y intègre plus que dans l'Hexagone où c'est un peu différent avec des prix tirés vers le bas, l'échelon consommateur avec des prix trop hauts."

Il commencera une tournée des territoires à partir de la fin janvier en commençant par la Réunion. "Je partirai avec les avis de l'AdC, les jurisprudences qui ne font pas que condamner, mais qui font des propositions d'évolution vertueuse et je pourrais demander à chacun pourquoi ils ne s'en sont pas saisis, qu'est-ce qui bloque pour que ces recommandations qui sont pertinentes ne sont pas mises en oeuvre."

FXG, à Paris

Isabelle De Silva, présidente de l'Autorité de la Concurrence

"Nous sommes en train de voir une concurrence plus forte se mettre en place"

La nomination d'un délégué à la concurrence outre-mer est-elle une nécessité ?

Je trouve que c'est une bonne idée pour identifier l'action de l'Etat en matière de concurrence. Ca va permettre aussi de relayer l'action de l'autorité de la Concurrence et de l'Etat dans les territoires. Sa mission est aussi utile parce qu'on peut avoir besoin de faire un diagnostic sur les dispositifs existants, pour voir s'ils fonctionnent et s'ils doivent être améliorés. Nous-même, nous allons nous consacrer à ce sujet pour les prochains mois puisque nous allons rendre un avis au gouvernement sur le fonctionnement des marchés d'importation et de distribution des produits de grande consommation outre-mer. Nous allons donc aussi participer à cet effort de réflexion et de diagnostic. Nous avons pour cela désigner un correspondant outre-mer au sein de l'Autorité pour contribuer à ce que l'action de l'Etat soit identifiée par tous.

Le délégué à la concurrence outre-mer n'est donc pas seul dans son action...

Il est un parmi les plusieurs représentants de l'Etat et du gouvernement. je crois aussi que l'action des services déconcentrés de l'Etat, dans les DGCCRF est particulièrement utile. A l'autorité, nous ciblons prioritairement le sujet de l'Outre-mer depuis plusieurs années pour agir par tous les moyens dans le contrôle des concentrations, les rapprochements d'entreprises, dans la détection des pratiques anti-concurrentielles et nous découvrons encore de multiples ententes ou des abus de position dominante. Et puis dans les dispositifs plus récents comme ceux de la loi Lurel contre la vie chère, avec notamment cette spécificité de la sanction des importations exclusives. C'est un dispositif qui fonctionne — nous avons rendu de très nombreuses décisions — et dont on pourra voir les fruits dans les années qui viennent en termes de concurrence plus forte et de prix plus bas pour les consommateurs.

Il y a d'une part les abus dont vous venez de parler, mais il a aussi une cherté de la vie qui est aussi structurelle. Pouvez-vous agir là aussi ?

Ce que l'on constate parfois ce sont des acteurs en position dominante sur ces marchés qui sont de plus petite taille et qui peuvent abuser en pratiquant des prix excessifs ou en abusant de leur position. Parfois, dans ces marchés, on a un problème d'animation de la concurrence en raison d'un nombre insuffisant d'acteurs et parfois l'on constate que les réglementations nationales ne sont pas adaptées. Nous avons rendu un avis, il y a quelques semaines à peine, sur le sujet des matériaux de construction à la Réunion et en Guyane dans lequel nous notions que, par exemple, on applique outre-mer des réglementations qui sont définies à l'échelle européenne et qui ne sont pas forcément adaptées aux caractéristiques de l'habitat en outre-mer. L'une des propositions que nous avions faite, c'était de revoir cette réglementation qui est peut-être trop exigeante alors qu'on pourrait avoir des règles spécifiques. Nous avons aussi fait des propositions pour favoriser plus d'importations en ce qui concerne le ciment qui entre de façon importante dans le coût de la construction.

Y a-t-il de réelles marges de manoeuvre pour faire baisser les prix ?

Je suis confiante dans une action de l'Etat résolue et qui agit sur plusieurs leviers : éventuellement changer les règles lorsque celles-ci ont des effets négatifs sur la concurrence ; sanctionner les abus quand ils existent ; faire passer le message que l'autorité et l'Etat sont présents. Je crois que la loi Lurel est maintenant en train d'être connue. On commence à détecter beaucoup d'accords exclusifs et à les sanctionner de façon assez forte, y compris par des sanctions financières. Nous sommes en train de voir une concurrence plus forte se mettre en place et je crois vraiment que les consommateurs attendent de voir une action énergique de notre part pour répondre aux problématiques de la vie chère et des prix sur ces territoires.

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23 décembre 2018 7 23 /12 /décembre /2018 05:10
Brice Julienne supervise la production des jambons de noël dans différentes usines européennes

Brice Julienne supervise la production des jambons de noël dans différentes usines européennes

Brice Julienne a repris l'activité production de l'entreprise paternelle Kiyou qui existe depuis 16 ans et dont le siège est à Port-Louis. Rencontre.

"Nous produisons 120 tonnes de jambon de noël"

Comment avez-vous partagé les responsabilités avec Jacques Julienne, le fondateur de l'entreprise ?

Mon père a son bureau à Jarry et s'occupe de la commercialisation, tandis que moi qui suis basé dans l'Hexagone, je m'occupe de la production et de l'export. Nous travaillons avec plusieurs usines sous-traitantes, en France métropolitaine, en Espagne et en Belgique...

Vous avez un cahier des charges bien particulier pour des jambons de noël bien au goût du pays ?

Effectivement ! En vrai, on a des épices qui viennent des îles et qu'on conditionne avec des partenaires comme Darrigade ou Susana pour pouvoir les faire entrer à l'usine car nous devons respecter les normes IFS ou ISO 9000. Pour le reste, j'ai mis en place toutes les formules de fabrication et c'est moi qui vais former le personnel chez nos sous-traitants pour pouvoir réaliser nos produits de manière antillaise !

Vous faîtes encore cuire le jambon au court-bouillon ?

Non ! Pas du tout... Nous utilisons des cellules de cuisson et nous faisons des cuissons sous vide et même à  basse température car sur une longue durée, on a une meilleure conservation et on garde tous les nutriments et les qualités organoleptiques du produit.

Combien de jambons de noël faites-vous fabriquer ?

Pour le jambon de noël, c'est vraiment périodique, mais nous en produisons quand même 120 tonnes. Toutes les commandes partent sur 15 jours... Un jambon avec os pèse entre 2,8 et 4 kilos. Ca en fait des pièces ! Le reste de l'année, on fait toute la gamme classique. On a même élaboré des queues cuites assaisonnées et prêtes à l'emploi que nous sommes les seuls à faire. On fait les groins, les pieds...

Combien de salariés compte Kyou ?

Nous avons 5 salariés en Guadeloupe, 6 avec moi, mais l'équipe qui gravite autour est bien plus conséquente avec la logistique, les usines... Ca fait pratiquement 200 personnes !

Où êtes-vous distribués ?

Dans tous les supermarchés de l'île. En Martinique, ça commence à rentrer et nous avons des ouvertures en Guyane. On a aussi commencé à s'implanter sur la métropole, mais c'est encore timide.

D'où viennent vos cochons ?

Des quatre coins du monde parce qu'il n'y aura jamais assez de cochons en Guadeloupe pour faire ce qu'on fait et répondre à la demande et si jamais on le faisait, on pourrirait notre sol... Ce serait dommage ! Il y a des spécialistes de l'élevage porcin ; nous laissons travailler ceux qui savent faire !

Quels sont vos objectifs de développement ?

Si on pouvait arriver à un tonnage de ouf, ça serait nickel... Après l'objectif, c'est toujours d'affiner les recettes et la qualité pour nourrir notre peuple au mieux, mais aussi nous cherchons à innover avec de nouveaux produits. Comme les jeunes cuisinent de moins en moins, nous avons lancé une gamme de plats cuisinés antillais prêts à l'emploi sous la marque Ti kanari, des barquettes sous vide et nous avons aussi la marque Gel Caraïbes qui offre tous les produits surgelés comme les tripes bébélé découpées, les fruits à pain découpés... Tous les condiments et légumes surgelés dont on a besoin pour un bébélé parce que pour un bon bébélé, il faut tout couper à la main et ça prend un temps fou !

Propos recueillis par FXG, à Paris

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22 décembre 2018 6 22 /12 /décembre /2018 13:51
Le député Serge Létchimy défendant sa loi à l'Assemblée nationale le 19 janvier 2018

Le député Serge Létchimy défendant sa loi à l'Assemblée nationale le 19 janvier 2018

La loi Létchimy sur l'indivision successorale définitivement adoptée

Mercredi 19 décembre, la loi sur l'indivision successorale outre-mer a été adoptée à l'unanimité par les sénateurs en deuxième et dernière lecture.

Cette proposition de loi avait été déposée à l’Assemblée nationale le 6 décembre 2017 par Serge Létchimy et plusieurs de ses collègues du groupe Nouvelle Gauche et apparentés. Elle est revenue à l'Assemblée à l'occasion d'une niche pour les propositions de loi du groupe LREM où elle a été adoptée à l'unanimité au début de ce mois de décembre. Ce passage au Sénat signai la fin de la navette parlementaire.

Le député de Fort-de-France est parti du constat que de nombreux biens immobiliers sont détenus en indivisions successorales par des héritiers souvent nombreux et géographiquement éloignés les uns des autres. Il a donc

proposé de faciliter la sortie de l’indivision successorale, notamment en  autorisant les indivisaires représentant la majorité des droits indivis à provoquer la vente ou le partage (art 1er) ; en  précisant qu’un indivisaire opposé au projet d’acte notifié pouvait saisir le tribunal de grande instance à fin de partage judiciaire dans les conditions de droit commun (art 3) ; et enfin en  garantissant la remise à chaque indivisaire de la part lui revenant dans les conditions de droit commun (art 4).

Le texte est venue une première fois à l'Assemble nationale en janvier 2018, puis au Sénat en avril. Il est revenu à l'Assemblée le 1é décembre dernier où il a été voté à l'unanimité avant cette dernière lecture avant-hier au Sénat.

FXG, à Paris

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19 décembre 2018 3 19 /12 /décembre /2018 06:38
Le tri sélectif et le recyclage en Outre-mer

Collecte des déchets et tri sélectif à la peine dans les Outre-mer

La délégation outre-mer de l'Assemblée nationale a adopté jeudi une résolution visant à améliorer les conditions de la collecte et du tri sélectif dans les territoires d'Outre-mer en attendant la loi économie circulaire.

Les députés ont auditionné des représentants ultra-marins de l’AMORCE, l'association des collectivités territoriales et des professionnels pour la gestion des déchets, de l’énergie et des réseaux. C'est un réseau qui regroupe entre autres 15 collectivités d'outre-mer et 1,8 millions d'ultramarins et qui a été missionné pour négocier avec Citéo, l'ex-Eco-emballage, organisme agréé pour assurer la collecte et la valorisation des emballages ménagers selon le principe pollueur-payeur. A quelques mois de l'examen de la future loi économie circulaire, la délégation outre-mer a réuni ses représentants de Guadeloupe, Martinique et Guyane et ensemble, ils ont élaboré une motion qui vise à réviser le cahier des charges, des techniques, des moyens à mettre en oeuvre par Citéo et les établissements publics de coopération intercommunale sur chaque territoire.

Si la collecte sélective a démarré dans l'Hexagone dès 1993, le démarrage a été bien plus tardif Outre-mer, entre 2002 et 2015 ! En 2016, l'agrément de Citéo a été reconduit pour la période 2017-2022 mais dans des conditions qui ne permettent pas du tout d'atteindre les objectifs, à savoir 100 % de déchets recyclables d'ici 2025 et zéro déchets en 2035. "Comme il n'y a pas de recyclage en aval, observe Olivier Castagno, responsable pôle déchets AMORCE, il n'y a pas de recettes." AMORCE a fait une analyse du coût de gestion des déchets : c'est 33 euros par habitant et par an dans l'Hexagone contre 46 euros Outre-mer. Dans l'Hexagone, les recettes additionnent 10 euros la tonne pour le soutien apporté par l'éco-organisme et 5 euros pour la valorisation. Outre-mer, l'éco-organisme apporte 4 euros en soutien mais le recyclage n'est valorisé qu'à hauteur de 6 centimes car la valeur ajoutée se fabrique ailleurs, en métropole généralement.

Tous les citoyens cotisent depuis 1992

"Nous faisons le travail qui est pourtant de la responsabilité des emballeurs et Citéo se dit victime du cahier des charges, déplore Pierre Porlon, vice-président de la communauté d'agglomération du Nord Grande-Terre en Guadeloupe. Il faut donc le changer, avec ou sans barême, pour continuer à sauver nos pays. Nous faisons une révolution mais sans moyen !" Même son de cloche chez Yvon Pacquit, vice-président de la Communauté d'Agglomération du Centre de la Martinique : "On s'inscrit dans les objectifs nationaux de collecte, mais la méthode n'est pas adaptée à nos territoires. Nos coût supérieurs de 50 % et les aides autant de fois inférieures... Nous avons dix ans de retard et pas d'aide de lancement. Il faut un modèle par territoire."

Pour l'heure, seule la Réunion (avec ses 800 000 habitants) est parvenue à élaborer une vraie filière de recyclage tant de pneus (8000 tonnes par an et 300 points de collecte) que de palettes. Aux Antilles, 70 % des déchets sont enfouis et seulement 10 % recyclés. En Guyane, il n'existe aucune filière sur place de recyclage à l'exception de celle des déchets verts.

Au final, la résolution élaborée consiste à améliorer la rémunération des collectivités en matière de collecte, les aides dédiées à la collecte sélective (comme pour les véhicules hors d'usage). La résolution sera présentée au gouvernement dans le cadre de la préparation de la future loi sur l'économie circulaire... Jérome Dancoisne, responsable environnement et déchets à la Région Guadeloupe, a fait savoir que sa collectivité aspirait à décrocher une habilitation

législative en matière de filière de responsabilité élargie des producteurs pour la collecte des emballages ménagers. "Ca permettra de peser sur le montant de l'éco-contribution car tous les citoyens cotisent depuis 1992."

FXG, à Paris

Le coût faramineux de la collecte en Guyane

Sophie Charles, présidente de la communauté des communes de l'ouest Guyanais, représentait l'ensemble des EPCI de Guyane. La CACL et la CCDS sont en contrat avec Citéo et un pourvoi est en cours avec les CCEG et CCOG pour ouvrir la partie collecte et tri sélectif. "On est à des années lumières du zéro déchet, regrette le maire de Saint-Laurent. A la CACL, on ne collecte aujourd'hui que sur le littoral et pas sur les communes de l'intérieur car Citéo n'y arrive pas !" A la CCOG, le traitement et la collecte sur le littoral occasionnent une dépense de 60 % de son budget de fonctionnement. "Si on récolte tout, observe Sophie Charles, le prix sera multiplié par deux !" Le tri sélectif effectué par Citéo l'an dernier pour la CCOG a représenté 184 tonnes pour 2 millions d'euros, soit 10 883 euros la tonne, alors que sur la même zone, le coût du traitement des ordures ménagères revient à 257 euros la tonne...

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18 décembre 2018 2 18 /12 /décembre /2018 11:30
Une médaille d'officier pour une journaliste

Annick Girardin récompense Mémona Hintermann-Afféjee

Mémona Hintermann-Afféjee a été décorée vendredi de la médaille d'officier de la Légion d’honneur par la ministre des Outre-mer.

"Vous êtes la parfaite incarnation de l’idéal républicain, de cet idéal qui refuse le déterminisme social." C'est par ces mots qu'Annick Girardin a débuté son éloge de la journaliste réunionnaise avant de lui épingler sa médaille d'officier.

Membre du CSA où elle préside le groupe de travail pour la cohésion sociale jusqu'au mois de janvier prochain, Mémona Hintermann-Afféjee est née le 19 janvier 1952 au Tampon, d'un père indien et d'une mère créole d’ascendance bretonne. Elle est la sixième enfant d’une fratrie qui en compte onze.

A 19 ans, à la faveur d’un concours radio de l’ORTF, elle devient journaliste tout en poursuivant des études de droit. Pendant 4 ans, elle exerce son métier pour l’antenne de l’ORTF de La Réunion qu'elle quitte en 1976 pour Orléans où elle présente le journal de FR3 puis rapidement elle intègre la rédaction nationale de la chaîne. Elle devient grand reporter et couvre pendant près de trois décennies les grands événement s du monde, la chute du mur de Berlin, les guerres en Yougoslavie, l’Afghanistan, la Lybie, du Moyen-Orient, les élections américaines, la Russie… En 1989 en Pologne à l’occasion d’un voyage officiel de François Mitterrand, elle rencontre Lutz Krusche un journaliste allemand, longtemps correspondant à Washington, Londres ou Paris du magazine allemand Der Spiegel, qui va devenir son mari.

Déjà chevalier de la légion d'Honneur depuis 2000, Mémona Hintermann-Afféjee a été promue au grade d’officier dans l’ordre national du Mérite en 2008. L'année suivante elle s'implique dans les états généraux de l'Outre-mer comme elle l'a fait en 2018 au sein de l'équipe projet ultramarin pour les assises des Outre-mer.

Elle a publié quatre ouvrages dont une autobiographie, « Tête haute », qui relate son enfance à La Réunion, puis trois livres coécrits avec son époux, « Quand nous étions innocents : un amour franco-allemand », « Ils ont relevé la tête : des histoires qui nous aident à vivre », qui est distingué du prix du « Livre et Droits de l'Homme » de la ville de Nancy, et « Une vie peut en cacher une autre ».

En 2012, elle remporte le Grand Prix international de la presse étrangère à Paris, qui vient couronner l’ensemble de sa carrière.

Vendredi soir dans le salon Delgrès de l'hôtel Montmorin où se déroulait la réception en son honneur, la ministre des Outre-mer lui a demandé de relever un nouveau défi : "Accompagner la jeunesse pour que la surinformation ne désinforme pas", parce que si "croquer la pomme du savoir est facile, la digérer l'est moins"...

FXG, à Paris

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18 décembre 2018 2 18 /12 /décembre /2018 11:26
Une transat retour pour les Class40 Il a fallu attendre 40 ans pour qu'on y pense, mais voilà la chose faite : le 23 mars prochain s'élancera, depuis la Guadeloupe, une transat en équipage pour les Class40 qui ont participé à la Route du Rhum-Destination Guadeloupe. Cette transat aura lieu, comme sa grande soeur, tous les quatre ans. "C'est la première fois qu'une transat partira de la Caraïbe", s'est réjoui l'organisateur, Alain Pochon, président du Grand pavois de  La Rochelle, vendredi au salon nautique de Paris. Avant d'arriver à La Rochelle vers la mi-avril, les voiliers feront une escale à Horta aux Açores. La course est inscrite officiellement au calendrier de la Fédération française de voile des compétitions de la Class40. Placée sous la direction de course de Denis Hugues, cette nouvelle transat a déjà su attirer une petite vingtaine de compétiteurs dont les deuxième et troisième de l'épreuve, Aymeric Chappellier (Aïna enfance et avenir) et Arthur Levaillant (Leyton), mais également des skippers tels Loïc Fequet (Tibco), Morgane Ursaud-Poupon (Fleury-Michon bio), Luke Berry (Lamotte Module Création), Marc Lepesqueux (Sensation Class40 Extrême) ou Kito de Pavant (Made in Midi)... Pour permettre cette nouvelle course dont le budget est estimé de 120 à 150 000 euros, Grand Pavois organisation a su fédérer des partenaires comme les Régions Guadeloupe et Nouvelle Aquitaine, la ville d ela Rochelle et sa communauté d'agglomération, Horta, le port de plaisance et le grand port maritime de la Rochelle ainsi que le département de la Charente-Maritime. Le point de départ de la course n'est pas encore définitivement fixé. Camille Pelage indiquait que le souhait originel de la Région était un départ de la marina de Rivière Sens, mais les Class40 ayant besoin d'un minimum de 3 mètres de fond, il a fallu changer d'idée. "Sans doute, organisera-t-on, un rassemblement sur la darse, près du yacht club, explique le Marie-Galantais, avant un départ du côté de la Basse-Terre." FXG, à Paris Photo : Alain Pochon, président de Grand Pavois Organisation, Camille Pelage, 5e vice-président de la Région Guadeloupe et Bertrand Moquay, directeur général du grand port maritime de La Rochelle, ont présenté cette nouvelle transat vendredi dernier au Nautic de Paris.

Une transat retour pour les Class40 Il a fallu attendre 40 ans pour qu'on y pense, mais voilà la chose faite : le 23 mars prochain s'élancera, depuis la Guadeloupe, une transat en équipage pour les Class40 qui ont participé à la Route du Rhum-Destination Guadeloupe. Cette transat aura lieu, comme sa grande soeur, tous les quatre ans. "C'est la première fois qu'une transat partira de la Caraïbe", s'est réjoui l'organisateur, Alain Pochon, président du Grand pavois de La Rochelle, vendredi au salon nautique de Paris. Avant d'arriver à La Rochelle vers la mi-avril, les voiliers feront une escale à Horta aux Açores. La course est inscrite officiellement au calendrier de la Fédération française de voile des compétitions de la Class40. Placée sous la direction de course de Denis Hugues, cette nouvelle transat a déjà su attirer une petite vingtaine de compétiteurs dont les deuxième et troisième de l'épreuve, Aymeric Chappellier (Aïna enfance et avenir) et Arthur Levaillant (Leyton), mais également des skippers tels Loïc Fequet (Tibco), Morgane Ursaud-Poupon (Fleury-Michon bio), Luke Berry (Lamotte Module Création), Marc Lepesqueux (Sensation Class40 Extrême) ou Kito de Pavant (Made in Midi)... Pour permettre cette nouvelle course dont le budget est estimé de 120 à 150 000 euros, Grand Pavois organisation a su fédérer des partenaires comme les Régions Guadeloupe et Nouvelle Aquitaine, la ville d ela Rochelle et sa communauté d'agglomération, Horta, le port de plaisance et le grand port maritime de la Rochelle ainsi que le département de la Charente-Maritime. Le point de départ de la course n'est pas encore définitivement fixé. Camille Pelage indiquait que le souhait originel de la Région était un départ de la marina de Rivière Sens, mais les Class40 ayant besoin d'un minimum de 3 mètres de fond, il a fallu changer d'idée. "Sans doute, organisera-t-on, un rassemblement sur la darse, près du yacht club, explique le Marie-Galantais, avant un départ du côté de la Basse-Terre." FXG, à Paris Photo : Alain Pochon, président de Grand Pavois Organisation, Camille Pelage, 5e vice-président de la Région Guadeloupe et Bertrand Moquay, directeur général du grand port maritime de La Rochelle, ont présenté cette nouvelle transat vendredi dernier au Nautic de Paris.

Une transat retour pour les Class40

Il a fallu attendre 40 ans pour qu'on y pense, mais voilà la chose faite : le 23 mars prochain s'élancera, depuis la Guadeloupe, une transat en équipage pour les Class40 qui ont participé à la Route du Rhum-Destination Guadeloupe. Cette transat aura lieu, comme sa grande soeur, tous les quatre ans. "C'est la première fois qu'une transat partira de la Caraïbe", s'est réjoui l'organisateur, Alain Pochon, président du Grand pavois de  La Rochelle, vendredi au salon nautique de Paris.

Avant d'arriver à La Rochelle vers la mi-avril, les voiliers feront une escale à Horta aux Açores. La course est inscrite officiellement au calendrier de la Fédération française de voile des compétitions de la Class40. Placée sous la direction de course de Denis Hugues, cette nouvelle transat a déjà su attirer une petite vingtaine de compétiteurs dont les deuxième et troisième de l'épreuve, Aymeric Chappellier (Aïna enfance et avenir) et Arthur Levaillant (Leyton), mais également des skippers tels Loïc Fequet (Tibco), Morgane Ursaud-Poupon (Fleury-Michon bio), Luke Berry (Lamotte Module Création), Marc Lepesqueux (Sensation Class40 Extrême) ou Kito de Pavant (Made in Midi)...

Pour permettre cette nouvelle course dont le budget est estimé de 120 à 150 000 euros, Grand Pavois organisation a su fédérer des partenaires comme les Régions Guadeloupe et Nouvelle Aquitaine, la ville d ela Rochelle et sa communauté d'agglomération, Horta, le port de plaisance et le grand port maritime de la Rochelle ainsi que le département de la Charente-Maritime.

Le point de départ de la course n'est pas encore définitivement fixé. Camille Pelage indiquait que le souhait originel de la Région était un départ de la marina de Rivière Sens, mais les Class40 ayant besoin d'un minimum de 3 mètres de fond, il a fallu changer d'idée. "Sans doute, organisera-t-on, un rassemblement sur la darse, près du yacht club, explique le Marie-Galantais, avant un départ du côté de la Basse-Terre."

FXG, à Paris

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15 décembre 2018 6 15 /12 /décembre /2018 08:34

L'octroi de mer épargne une petite centaine de nouveaux produits

Fruits et légumes des Antilles et de la Réunion, meubles en bois et textiles imprimés de Guyane, peintures et vernis à la Réunion et même l'antigel en Guadeloupe seront épargnés ou moins touchés par l'octroi de mer.

La Commission européenne étend ce jeudi les exonérations ou les taux réduits d’octroi de mer à cinquante produits ultramarins supplémentaires, en Guadeloupe, Martinique, Guyane et à La Réunion. "C’est une bouffée d’oxygène pour les économies ultramarines et les Ultramarins et c’est la preuve que l’Europe sait protéger toutes ses régions, y compris les plus éloignées de Bruxelles", a déclaré Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et Financières, à la Fiscalité et aux Douanes.

Ces mesures visent à encourager l'activité économique et à maintenir la compétitivité des produits locaux dans ces régions ultrapériphériques françaises où la concurrence étrangère accrue peut mettre en péril l'existence d'entreprises locales. Une plus large gamme d'exemptions et des taux réduits pour l'octroi de mer (dont le Conseil constitutionnel vient de rappeler la légalité) permettra

aux entreprises locales d'être davantage concurrentielles.

Pierre Moscovici, commissaire français chargé des affaires économiques et financières, de la fiscalité et des douanes, a déclaré: « Les règles fiscales dans les régions ultrapériphériques françaises doivent tenir compte de l'exposition des produits locaux à la concurrence étrangère qui peut avoir des effets dévastateurs sur les entreprises locales. L'initiative d'aujourd'hui aidera l'industrie locale à se

développer dans un secteur qui a connu l'un des plus forts taux de chômage de l'Union, frappant le plus durement les jeunes. »

Les produits visés par par ces exonérations ou taux réduits sont certains fruits et légumes de Guadeloupe et de Martinique et certains meubles en bois de Guyane française. Pour certains produits, comme les engrais en Guadeloupe et certaines peintures et vernis à la Réunion, la différence autorisée des niveaux d'imposition entre les produits fabriqués localement et les produits équivalents fabriqués à l'étranger augmenterait au bénéfice de l'économie locale.

Cette actualisation proposée aujourd'hui sera transmise aux États membres au sein du Conseil pour approbation et au Parlement européen pour consultation. La Commission procèdera également à un réexamen complet de la décision initiale octroyant aux régions ultrapériphériques françaises le droit d'autoriser une taxation différenciée pour certains produits, avant l'éventuel renouvellement du régime de l'octroi de mer. Tout renouvellement de ces mesures devrait être lancé avant la fin de 2020 et ce réexamen se fera dans le cadre du programme de la Commission pour une meilleure réglementation.

FXG, à Paris

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15 décembre 2018 6 15 /12 /décembre /2018 07:36
Chère Solange chez Jets d'encre

Une biographie de Solange Fitte-Duval

Anique Sylvestre sort chez l'éditeur Jets d'Encre, une biographie de Solange Fitte-Duval, « Chère Solange ».

"Elle voudrait faire du latin « pour devenir professeur », mais l’administration met son veto lors de son inscription. Elle voudrait opter pour la série A (lettres), cependant on lui fait comprendre qu’elle ne fait pas partie de cette élite à qui ce choix est réservé. Elle vient d’une « petite école rurale » (Tivoli), et même si ses notes seules et le succès au concours des bourses auraient suffi à la classer parmi les meilleures, cet espoir ne lui est pas permis."

Cet extrait de "chère Solange" donne le ton d'un texte qui revient sur la vie et l'oeuvre d'une figure de la Martinique du XXe siècle qui a lutté notamment pour l’émancipation des femmes, l’amélioration des conditions d’enseignement et la diffusion de la culture antillaise.

Née en aout 1921, Solange Fitte-Duval était une enfant robuste et intelligente, mais qui a très vite été confrontée aux brimades du pensionnat colonial où elle fut scolarisée. Pour autant, Solange ne se laissait pas impressionner. Contre le racisme et les injustices, elle réussit tout de même brillamment ses études. Pour trouver un emploi ou résoudre des problèmes financiers, elle sut s’appuyer sur ses proches et sa forte volonté pour continuer à avancer. Même face aux inégalités qui rongent la Martinique, Solange refuse de rester sans rien faire...

S’appuyant sur de solides recherches et de nombreux témoignages, Anique Sylvestre dresse le portrait fidèle et captivant d’une figure emblématique de la Martinique du XXe siècle et de la lutte pour l’émancipation des femmes.

Anique Sylvestre est une auteure martiniquaise qui se nourrit de l’univers antillais pour la rédaction de ses ouvrages jeunesse et de ses romans. Deux de ses contes ont obtenu le prix Raphaël Tardon de littérature jeunesse.

FXG, à Paris

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14 décembre 2018 5 14 /12 /décembre /2018 18:31
Les préfets d'outre-mer parés

Annick Girardin mobilise les préfets

Alors que le budget 2019 est en voie d'être adopté en seconde lecture par l'Assemblée nationale la semaine prochaine, la ministre des Outre-mer a réuni mercredi rue Oudinot l'ensemble des préfets d'Outre-mer. "Ils ont parlé du livre bleu outre-mer et de ce qu'il serait possible d'enclencher en 2019", confie une source ministérielle. Car si le livre bleu outre-mer a été adopté en juin dernier, sa réalisation concrète passe par les lois de finances et, surtout, la réforme de l'ecosystème des aides économiques. "La réalité s'inscrit dans les lois de finance et notre stratégie dans le livre bleu outre-mer et la loi égalité réelle outre-mer", avait déjà expliqué la ministre devant les membres de la FEDOM en octobre dernier.

Ainsi, la ministre a voulu rappeler aux préfets les outils d'intervention directe dont ils seront les relais : 110 millions en 2019 pour le fonds exceptionnel d'investissement destiné à financer les infrastructures, 500 millions d'aides directes aux entreprises (subventions, délais de paiement, prêts bonifiés...). Il s'agit aussi des plans de convergence et de transformation qui sont en cours d'élaboration et pour lesquels l'Etat a crédité 23 millions d'euros...

On l'a compris quand Annick Girardin d'est rendue à la Réunion pour tenter d'apaiser la colère des gilets jaunes, sa réponse tient dans le seul livre bleu outre-mer. Pour éviter tout nouvel embrasement ici ou là, elle a intérêt à ce que les citoyens dans les territoires ressentent assez vite les effets de sa politique. Les enveloppes seront définitivement votées la semaine prochaine et il convient d'expliquer aux préfets comment les dépenser et, surtout, que ça se voit !

FXG, à Paris

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