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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 07:43

Le gouvernement change de braquet

Le gouvernement a décidé que la réforme concernant le rapprochement de l'Agence française de développement (AFD) et de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) se ferait par voie règlementaire et conventionnelle et ne nécessiterait pas de dispositions législatives à ce stade. Exit donc l'article 53 dédié à ce sujet dans la loi Sapin II. Le gouvernement souhaite qu’une convention-cadre soit conclue entre l’AFD et la CDC cette année, et a décidé que la réforme se mettrait en œuvre concrètement, sous la coordination du préfigurateur, Rémi Rioux. Les engagements financiers (+4 Md€ de prêts et près de 400 M€ de dons additionnels d’ici à 2020) seront intégralement tenus notamment grâce à un renforcement des fonds propres de l’AFD qui sera proposé dans la loi de finances la plus proche. Le rapprochement de l’AFD et de la CDC sera engagé sur la base de projets concrets et de synergies opérationnelles. Il s’agira de développer la mobilité des personnels, la mise en commun au cas par cas d’expertises sectorielles et de capacités d’intervention ainsi qu’une convergence des réseaux.

Un Comité interministériel de la coopération internationale et du développement (CICID), présidé par le Premier ministre, se réunira à l’été 2016 pour acter le rapprochement conventionnel de l’AFD et de la CDC et la rénovation du cadre stratégique d’intervention de l’AFD.

En revanche, les dispositions législatives relatives à la filialisation de l’IEDOM devraient être maintenues.

FXG, à Paris

Inquiétudes syndicales sur la réfome de l'IEDOM

Avec le rapprochement AFD/CDC, il faut réformer l'IEDOM liée à l'AFD au sein d'une unité économique et sociale avec un comité central d'entreprise commun. Lors du dernier CCE extraordinaire, du 7 au 9 mars dernier, le principe d'une expertise sur la modification du statut de l'IEDOM par le cabinet SECAFI a été voté. Tous les délégués du CCE se retrouveront à Paris le 14 avril. C'est là que ça risque de "péter". Une motion du personnel AFD/IEDOM a été signée par 95% du personnel des agences d'outre-mer des cinq DOM et de Saint-Pierre-et-Miquelon). Déjà en 1999, un projet de filialisation de l'IEDOM par la Banque de France (BdF) avait déjà donné lieu à un débrayage du personnel AFD/IEDOM de la Réunion. Ce premier projet de filialisation de l'IEDOM est aujourd'hui, réanimé par François Villeroy de Galhau, gouverneur de la BdF et directeur de cabinet de DSK en 1999...

Selon les syndicats, il y a une incohérence à ce que l'IEDOM travaille sous le contrôle de la BdF tout en demeurant lié à l'AFD devenue une section de la CDC. Au lieu de faire des agences IEDOM des succursales de la BdF, la filialisation permettra de réaliser des économies comptables sous couvert de respecter les spécificités de l'outre-mer... "L'objectif est de faire de l'IEDOM un ballon d'essai dans une gestion beaucoup plus économique du traitement du surendettement, du suivi des entreprises et du traitement des billets", explique une source syndicale interne à la BdF. Les agences IEDOM ont des mission identiques à celles des succursales de la BdF en métropole. Or, la filialisation permettra d'embaucher des contractuels et non plus des agents sous statut, donc payés 30% moins cher. La BdF l'a déjà fait fait avec la création de sa filiale de fabrication des billets de banque. "Une fois que la démonstration aura été faite en outre-mer, poursuit notre source syndicale, la BdF pourra demander sa mise en application en métropole où les effectifs sont bien supérieurs."

Actuel président du Comité stratégique de l'Agence France Trésor, ancien directeur du Trésor, ancien président du Fonds Monétaire international (FMI), ancien gouverneur de la Banque de France et ancien Président de la Banque européenne de Développement (BERD), Jacques de Larosière avait fait inscrire dès 1993 sur procès-verbal une déclaration devant tous les élus du CCE et tous les responsables nationaux des syndicats : "Les activités de la Banque de France relèvent, pour la plupart, du service public et les filialiser risquerait de signifier à terme les vendre (...) Donner l'indépendance à la Banque n'implique absolument pas de bouleverser ses statuts, le statut du personnel, ses activités ni ses responsabilités actuelles."

Le 2 mars dernier, François Villeroy de Galhau a certifié au député de la Réunion Patrick Lebreton : "L'IEDOM garde ses missions, toutes ses missions ; ses personnels conservent leurs statuts et les droits attachés." Gare aux nouvelles recrues !

Impact sur le logement social

Un dossier n'apparaît pas dans le rapport Rioux et il correspond à une demande du Trésor relative au logement social : L'Etat n'a plus d'argent et n'a pas l'intention d'investir dans le logement social en outre-mer et encore moins de rénover une partie du parc immobilier des Sociétés immobilières d'Outre-mer (SIDOM). Les SIDOM sont dans l'orbite de l'AFD mais l'Etat et les départements sont aussi représentés dans les conseils d'administration.

L'Etat a donc décidé de vendre ses parts dans les SIDOM (50 à 75% du logement social en outre-mer) à la SNI (société nationale immobilière), filiale de la CDC. George Pau-Langevin l'a confirmé en octobre dernier. Or, la SNI a une politique de développement du logement intermédiaire qui ne correspond pas du tout à la sociologie des populations d'outre-mer. Ainsi, quand l'Etat lui a vendu ses parts dans ADOMA (foyers de travailleurs migrants), la SNI a vendu les logements sociaux du centre-ville (là où le terrain est cher), construit du logement intermédiaire ce qui a abouti à chasser les populations les plus pauvres très loin des agglomérations. Les propos du patron de la SNI, André Yché semble corroborer la crainte des syndicats quand il annonce qu'il va "lever 2,5 milliards d'euros de dette pour le logement intermédiaire" et lorsqu'il écrit encore ceci à un de ses salariés : "Nous devons privilégier d’autres opportunités, peut-être l’Outre-Mer, peut-être le Sud de la Méditerranée, sous des formes à définir, qui doivent privilégier notre expertise et notre image, par exemple les fonds d’investissement dans le logement intermédiaire." Or, outre-mer, il y a 150 000 bidonvilles contre 17 000 dans l'Hexagone. Ce qui a fait dire au député de Guyane Gabriel Serville : "Vous avez 300 fois plus de chance de vivre dans un bidonville si vous vivez en Outre-mer qu'en métropole. Ce n'est pas en annonçant le plan logement pour l'outre-merque vous arriverez à répondre aux besoins et à éradiquer l'habitat indigne surtout à Mayotte (où 40% de l'habitat n'est pas en dur et avec l'immigration clandestine) et en Guyane (doublement de la population d'ici 2030 et immigration clandestine)..."

Les syndicats des SIDOM se mobilisent depuis la réunion de ceux de la SIDR le 25 mars dernier.  La SIDR est la plus importante des SIDOM. Avec 24 000 logements en gestion, elle loge aujourd'hui près d'un Réunionnais sur 10.

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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 11:08
Serge Létchimy à l'Assemblée nationale le 23 mars

Serge Létchimy à l'Assemblée nationale le 23 mars

L'Assemblée nationale ouvre la voie pour une diplomatie régionale

La proposition de loi du député martiniquais app. PS Serge Létchimy sur l'action extérieure des collectivités territoriales, a été adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale jeudi 24mars. Au Sénat de conclure.

Le texte propose d’abord d’élargir la notion de voisinage. "Ce qui permettrait à la Réunion, a indiqué Serge Létchimy, de coopérer avec un bassin élargi, comprenant l’Inde et l’Afrique, puis de créer la possibilité, pour chaque collectivité d’outre-mer qui le souhaite, d’établir un programme-cadre de coopération avec l’ensemble des pays du bassin géographique transfrontalier. Ce programme-cadre portant sur plusieurs thématiques créerait la possibilité de négocier et de signer les accords de coopération."

Le député PS de la Réunion, Jean-Jacques Vlody n'a pas retenu ses paroles pour évoquer "un moment historique dont nous ne mesurons pas encore pleinement la portée". Il a salué le passage "d’une logique de coopération décentralisée ou régionale à ce que Laurent Fabius alors ministre des Affaires étrangères appelait une amorce de diplomatie territoriale". Même engouement pour Huguette Bello (groupe GDR) selon qui "le développement économique de nos territoires et la création d’emplois durables passent nécessairement par les retrouvailles avec leurs espaces géographiques." Si elle a émis quelques critiques à propos de la situation actuelle, la ministre des Outre-mer George Pau-Langevin lui a rappelé que "c’est précisément pour pouvoir lever ces freins et remédier à ces anomalies que nous avons demandé à M. Vlody d’approfondir le sujet." Jean-Jacques Vlody a été missionné pour identifier et lever les freins à une meilleure insertion des territoires dans leur environnement géographique. "Il s'agit que, d’un territoire périphérique, nous devenions les centres de nos espaces géographiques", a insisté le député Vlody.

Les groupes UDI et LR ont eu aussi approuvé ce texte ainsi voté à l'unanimité. Au Sénat, à qui il reviendra le dernier mot, c'est probablement le Martiniquais Serge Larcher qui devrait être le rapporteur de ce texte.

FXG, à Paris

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 07:08
Mylène Fabrique de Saint-Tours (à droite) au salon du livre de Paris, dimanche 20 mars 2016

Mylène Fabrique de Saint-Tours (à droite) au salon du livre de Paris, dimanche 20 mars 2016

Une édition de vulgarisation des sciences dans les outre-mer

Mylène de Fabrique Saint-Tours est directrice des éditions SCITEP. Cette maison d'édition qui existe depuis trois ans est spécialisée sur les outre-mer du point de vue des sciences et techniques et du patrimoine ultramarin. Sa ligne éditoriale tourne autour de la prévention des risques, la valorisation des ressources et du patrimoine et la protection de l'environnement. "Nous traitons, relate-t-elle, de sujets d'actualité qui touchent au quotidien des gens et pour un public le plus large possible." Mylène de Fabrique Saint-Tours va débusquer ses auteurs parmi les spécialistes. Généralement, ils sont scientifiques et de préférence ultramarins ou à défaut ont une expertise locale. L'ouvrage "Les séismes" a ainsi été rédigé par François Beauducel qui est un ancien directeur de l'observatoire de la Guadeloupe où il a passé sept ans. "Les tortues marines" a été écrit par Laurent Louis-Jean qui a depuis passé sa thèse. C'est un des rares spécialistes antillais de la question ! "Pour cette édition, nous avons fait intervenir Jean Lescure du Muséum pour qu'il valide le contenu scientifique."

A l'origine de SCITEP, Mylène de Fabrique Saint-Tours a constaté qu'en matière de vulgarisation scientifique, il y avait fort peu de choses sur l'outre-mer ou alors trop pointues ou trop dispersées. "Nous nous sommes placés sur le créneau des sujets de synthèse."

FXG, à Paris

Séismes des Antilles

De François Beauducel

Editions SCITEP - décembre 2015

13,50 €

Cyclones des Antilles

De Maryse Audoin

Editions SCITEP - août 2012

9,90 €

Poisson-lion !

De Éric Rolland

Editions SCITEP - février 2015

13,50 €

Tortues marines de la Caraïbe

De Laurent Louis-Jean et Jean Lescure

Editions SCITEP - octobre 2013

12,00 €

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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 09:00

Le gala de charité de l'APIPD

Le nouveau délégué interministériel à l'égalité des chances des Français d'outre-mer, Jean-Marc Mormeck, sera le parrain du gala annuel de l'APIPD (association pour l'information et la prévention de la drépanocytose) le 1er avril prochain au chalet du lac de Saint-Mandé (94).

Cette soirée de prestige sera un moment de convivialité de partage et d’échanges autour d’un buffet éclectique, avec la projection de films, des témoignages poignants, un souper gastronomique et pour finir, l’ouverture d’un grand bal…

Parce qu’ils se sentent tous concernés par la drépanocytose, des artistes issus d’univers différents viendront également se produire sur scène.

Jean-Marc Mormeck veut mettre la drépanocytose KO ! Pour cela, il est entouré de la Compagnie créole qui fera danser la salle sur des rythmes antillais gorgés de zouk et de biguine. Avec eux, la voix envoûtante et touchante de Slimane, candidat de “The Voice” saison 5, et le pétillant Gwendal Marimoutou, candidat de "The Voice" saison 3 et chanteur de la comédie musicale "Resiste".

apipd@free.fr

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 07:04
Mouchard chez Bareigts

Philippe Mouchard rejoint le cabinet de Bareigts

Ericka Bareigts est allée recruter son conseiller économique et outre-mer à la féfération des entreprises d'Outre-mer (FEDOM). Philippe Mouchard (44 ans, ex-HEC et ENA promotion Romain Gary) était depuis juin 2014 le délégué général de la FEDOM. Auparavant, il est passé au cabinet d'Yves Jégo (2008-2009), puis à l'AFD (2009-2013). Il a rejoint lundi l'équipe d'Ericka Bareigts au secrétariat d'Etat à l'Egalité réelle pour préparer le futur projet de loi égalité économique réelle outre-mer que soutient la FEDOM. Il connaît donc déjà bien ce dossier !

En contrepartie, la FEDOM cherche quelqu'un(e) pour le remplacer. Avis !

 

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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 06:15
Le rapport Lurel expliqué par Lurel

Au moment où l'on commémore les 70 ans de la départementalisation, Victorin Lurel propose au gouvernement les pistes pour changer de modèle économique avec l'égalité économique réelle. Interview.

"Un big bang et un état d'urgence sociale"

Dans le rapport que vous avez remis mardi 15 mars à George Pau-Langevin et Ericka Bareigts, vous évoquez la nécessité d'un big bang pour l'outre-mer. De quoi s'agit-il ?

Après l'égalité civique de 1848, l'égalité politique et institutionnelle de 1946 et l'égalité sociale dans la décennie 1990, il faut aujourd'hui l'égalité économique et donc bousculer les procédures. Le principal vecteur d'égalité, c'est l'emploi. Un big bang, c'est zéro charge sur l'emploi, des zones franches globales partout, l'interdiction de laisser sortir un jeune du système scolaire sans le placer en formation pour une qualification, c'est une priorité forte accordée aux TPE/PME qui constituent l'essentiel de notre tissu productif en leur donnant un tiers des marchés publics, en leur accordant une priorité pour la cession de leurs créances commerciales... Si après deux mois, leurs factures ne sont pas payées par les collectivités, les grands clients, les titulaires de marchés publics lorsqu'ils sont sous-traitants, ces créances doivent pouvoir être cédées sans frais à une banque publique comme la Bpi qui elle a les moyens du recouvrement...

Vous avez aussi parlé de "décréter l'état d'urgence sociale"...

Il faut décréter un contrat unique d'embauche, régionaliser le SMIC tout en gardant son niveau national avec une compensation différentielle par l'Etat et Pôle emploi. En cas de mauvaise conjoncture, quand le chiffre d'affaires diminue, il faut que le chômage reste le dernier recours. Il faut donc maintenir les salariés dans l'entreprise et dans l'emploi comme le font l'Allemagne et le Canada. On diminue le temps de travail de tous les salariés, mais la différence entre leurs salaires et le temps partiel doit être compensé par Pôle emploi et l'Etat. On a sauvé plus d'un million d'emplois comme ça en Allemagne !

Pour proposer ce changement de modèle, ne faut-il pas lever des verrous institutionnels ?

Oui, il faut modifier la rédaction de l'article 73 de la Constitution parce que le Conseil constitutionnel a une interprétation restrictive de la notion d'adaptation. Même chose pour la Commission européenne et la Cour de justice de l'Union européenne qui ont une conception restrictive de la dérogation et du droit dérivé. Une rédaction nouvelle de l'article 73 doit tenir mieux compte des handicaps permanents, des caractéristiques et des contraintes particulières.

Vous proposez aussi d'ouvrir le champ des habilitations à la Réunion qui en est privée depuis l'amendement Virapoullé de 2003...

Il faut réintégrer la Réunion dans la possibilité de fixer la règle. Ils ont un pouvoir d'habilitation, mais ils ne peuvent pas changer les règles dans certaines matières. Cette frilosité de Jean-Paul Virapoullé à l'époque doit être surmontée. Le député réunionnais Jean-Jaccques Vlody a déposé une proposition de loi constitutionnelle pour réintégrer la Réunion dans le giron des habilitations.

Cela ne suffit pas à changer de modèle...

C'est vrai, il faut aussi travailler au pouvoir d'achat, ça veut dire prendre en compte la situation des retraités qui gagnent moins que le seuil de pauvreté. Il faut un complément temporaire de retraite pour leur permettre d'atteindre au moins le minimum vieillesse, c'est-à-dire 60 % du revenu médian, à peu près 980 euros. Il faut augmenter les salaires et donc que les cotisations salariales ne soient plus payées et que l'on compense par une augmentation de la TVA... Parce que c'est la consommation qui tient la croissance. Il faut organiser les consommateurs, ces gens qui élisent chaque jour des produits en les achetant. Il faut en démocratie libérale et de marché un contre-pouvoir consommateur...

Vous insistez aussi sur le foncier, pourquoi ?

Le foncier joue un rôle considérable dans nos économies insulaires. Il faut, lorsqu'il existe pouvoir l'hypothéquer, pouvoir le vendre et ce n'est pas toujours le cas. Il faut donc là où il y en a, comme en Guyane, une réforme foncière sur au moins 100 000 hectares pour mettre à la disposition des acteurs économiques du foncier disponible à prix raisonnable. Et pour éviter la spéculation, on peut le faire avec des groupements fonciers agricoles copossédés par les acteurs économiques et une banque. Ailleurs, il faut rétrocéder la bande des 50 pas géométriques. C'est prévu pour 2021 ; il faut donc faire le cadastre et statuer dès maintenant sur l'avenir de ces terrains.

Vous insistez aussi sur la nécessité de maintenir sur place l'épargne locale, pourquoi ?

Il faut du crowdfunding et crowdlanding, de l'épargne publique locale via les plateformes collaboratives pour investir sur place, notamment pour les projets des TPE/PME. On peut aller plus loin et imaginer le bit coin (si j'avais été réélu, je l'aurais fait en Guadeloupe), une monnaie locale réservée à la production locale ! Le fonds d'investissement de proximité (FIPDOM) n'est hélas cantonné qu'aux épargnants locaux. Il faut permettre à nos FIPDOM d'aller collecter l'épargne sur tout le territoire national. Il y a aussi les primes d'assurance qui ne sont pas réinvestie chez nous. Je demande à ce que 5 % de cette collecte soit investie dans le logement social et intermédiaire.

Vous abordez aussi la part que les Outre-mer pourraient mettre au service de ces plans de convergence. Quelles sont les marges de manoeuvre de nos territoires ?

Dix ans après le lancement de la marche vers l'égalité réelle, il faudra penser à la contribution des collectivités et des territoires. Les apports pourront venir de la masse des sur-rémunérations des fonctionnaires. Ca ne s'appliquerait qu'aux nouveaux entrants dans la fonction publique, on ne touchera pas aux droits acquis. Il faudra le faire en fonction du coût de la vie, de l'inflation locale. Nous demandons la même chose sur la réduction d'impôts sur le revenu. Aujourd'hui, le salaire déclaré au fisc est déjà au niveau du salaire moyen national et parfois un peu plus élevé. Il faudra là aussi demander une contribution en fonction des facultés de chacun. Nous pouvons aussi aller trouver des ressources avec la TVA. Il n'y en a pas à Mayotte ni en Guyane avec un taux zéro. Il faudra au cours des 25 ans qui viennent arriver à mettre 1 ou 2 points de TVA supplémentaires, voire arriver au taux normal de TVA de 8,5 %. Nous pouvons encore agir en matière d'octroi de mer. Il ne s'applique actuellement qu'aux biens, mais pas aux services. C'est une piste de réflexion pour nos élus locaux. En tout nous pourrions parvenir à trouver 500 millions de réaffectation pour le financement des infrastructures publiques et la marche vers l'égalité.

Vous voulez ouvrir la défiscalisation aux équipements publics avec des partenariats public privé ?

Pour les infrastructures de transport, il faut pour chaque territoire entre 2,5 et 3 milliards sans compter le matériel roulant ou le personnel... On n'a pas les moyens même si on prend cinq ans pour le faire. Il faut donc de l'argent public de l'Etat et des contributions locales. A cela, il faut joindre l'argent privé en étendant la défiscalisation aux investissements publics... Et quand on aura fait ça, il pourra être envisagé, par les collectivités, de demander aux automobilistes de s'acquitter par exemple de péages pour entrer dans les villes, pour emprunter des équipements comme la nouvelle route du littoral à la Réunion. Il faudra aussi construire des routes solaires qui rapportent... Je n'ai pas osé dire dans mon rapport qu'il faut limiter le nombre de voitures par foyer et qu'il faut augmenter le prix du gazole... La réflexion sera peut-être engagée par des élus courageux.

Vous soutenez qu'il faut sortir d'une économie à rendement décroissant. De quoi s'agit-il encore ?

Avec l'Internet des objets, le big data, les coûts tombent ; les produits sont pratiquement à coût marginal proche de zéro. Cela va créer de meilleurs profits, des rentes comme on l'a vu avec Uber ou Airbnb en métropole. Ca change le fonctionnement du capitalisme, c'est pourquoi, il faut mettre à la disposition de tous le big data, c'est-à-dire d'utiliser les réseaux sociaux sans passer par des intermédiaires...

Cette loi d'orientation, finalement, ne fera-telle pas que formaliser les missions du ministère des Outre-mer ?

Elle va mettre plus de cohérence, plus de lisibilité et de visibilité dans l'action publique. Nous demandons au président de la République de réunir chaque année un comité interministériel de l'Outre-mer en mars avant de commencer la discussion budgétaire pour l'année suivante pour qu'on sache ce que tous les ministères font en faveur des Outre-mer. On aura un observatoire de la convergence du commissariat général à l'égalité des territoires, des études statistiques appropriées de l'INSEE et une évaluation tous les deux ans des plans de convergence par la commission nationale d'évaluation des politiques publiques outre-mer (CNEPEOM). Localement les assemblées devront tenir leurs engagements et les inscrire dans leurs débats d'orientation et leurs crédits budgétaires...

Des retours du gouvernement déjà ?

Vendredi, nous avons eu une première réunion d'analyse et de premiers arbitrages... Nous avons besoin d'évaluation sur les retraites par exemple, les infrastructures publiques... L'Etat fera ses calculs et nous proposera une trajectoire et les élus auront aussi à répondre à cette urgence sociale. Il faudra trouver la solution optimum budgétairement et fiscalement parlant pour l'Etat, les collectivités, les contribuables, les consommateurs et pour les entreprises. On demande des efforts à tous, mais l'Etat devra faire le premier effort pendant une dizaine d'années...

Propos recueillis par FXG, à Paris

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 09:50
Décès de Jean-Pierre Passé-Coutrin

Jean-Pierre Passe-Coutrin, conseiller municipal de sarcelles, président du CROMVO, est parti dans la nuit du 18 au 19 mars, terrassé par un cancer foudroyant diagnostiqué en décembre 2015.

Nous reproduisons ici les propos du président du CM98, Serge Romana...

"Jean-Pierre Passe-Coutrin, que l’on appelait affectueusement Janpyè, JPP ou« Ji-Pi », était né au Moule il y a 57 ans, y avait grandi et avait migré en France hexagonale avec le BUMIDOM… comme tant d’Antillais. Électricien, cuisinier, dirigeant d’associations, militant politique, élu… Jean-Pierre illustre à merveille ces trajectoires de ces émigrés antillais des années 80 qui luttèrent pour s’adapter à leur nouvelle vie. Certains d’entre eux, dont Jean-Pierre, devinrent les présidents des centaines d’associations qui préservèrent la culture populaire des Antillais et conduisirent le combat pour leur insertion au sein de la République. JPP avait cette intelligence aiguë, fulgurante, pragmatique et redoutable, cette capacité inouïe d’adaptation inégalée aux difficultés issues de toute notre histoire : vwè mizè, pa mò ! Cela se traduisait, chez lui, par une maitrise de l’esprit de débrouillardise : débouya pa péché et un sens de l’entraide inépuisable : on lanmen ka lavé lòt ! C’est avec ces armes qu’il fut le dirigeant brillant du CROMVO (Centre de Réflexion des Originaires d’Outre-mer du Val d’Oise) que nous connaissons toutes et tous pour ses manifestations culturelles et sportives dont la renommée dépasse les frontières de l’Île-de-France. C’est avec ses qualités qu’il devint, JPP, un « Michel Maurin a boug», toujours prêt à aider les uns et les autres, certainement l’un des Antillais les plus aimés de la région parisienne. Remarqué par le maire de la ville de Sarcelles, c’est tout naturellement que JPP devint conseiller municipal. Avec ses capacités, il dirigea la maison de l’Outre-mer et la politique sportive de la ville. (...) Enfant de la Guadeloupe, des Antilles, il fut l’un des tout premiers dirigeants associatifs à comprendre la lame de fond que fut la marche du 23 mai 1998, celle qui allait entrainer le monde antillais dans une autre dimension, celle de ses origines pour mieux dessiner son avenir. En 1999, il se rapprocha du Comité Marche du 23 mai 1998 qu’il intégra en 2000. Il contribua de façon importante à l’érection de la Gardienne de vie au stade Nelson Mandela et à la construction du monument en mémoire des esclaves en plein centre de la ville de Sarcelles. En janvier 2016, il fut élu à la quasi-unanimité membre du conseil d’administration du CM98..."

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 09:25
François Gabourg lance un crowdfunding

Le dessinateur de presse, François Gabourg, bien connu des lecteur de France-Antilles en Martinique, a lance depuis le 7 mars une campagne de crowdfunding pour réaliser un album humoristique, « Georges ». Georges, un crocodîle débarqué dans la Caraïbe on ne sait comment, est le fil conducteur qui permet de suivre l’actu et les travers des sociétés antillaises Guyanaise, dans l’Hexagone et ailleurs dans le monde.

"Je fais de l’actualité mon terrain de jeu. Observateur sans frontières, je lis le monde à travers ma sensibilité de caribéen et livre un point de vue satirique sur les questions de société qui font débat. J’ai publié des BD, des albums de dessins de presse et des livres pour enfants."

Ce financement participatif se termine le 15 avril. Donc c’est court ! Ça se passe sur la plateforme Ulule. Si l’objectif de la somme demandée n’est pas atteint, Ulule rembourse les participants. Si ça se passe bien, on aura l’album au mois de juin.

http://fr.ulule.com/croco-georges/

https://www.facebook.com/francois.gabourg

https://twitter.com/FrancoisGabourg

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 07:00

Le gouvernement renâcle sur le roaming

Alors qu'on nous avait promis la fin du roaming pour le 1er janvier dernier (loi de modernisation du droit outre-mer), repoussé ensuite au 1er mai (alors que l'Europe a annoncé son interdiction en 2017), le gouvernement, via Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat au Numérique, semble avoir cédé au lobbying des grands opérateurs de téléphonie mobile. La ministre a tenté de faire passer un amendement aux députés dans lequel elle accordait une suppression du roaming pour une durée de quinze jours par an alors que la loi prévoit bel et bien sa suppression sur 365 jours . L'amendement, heureusement, semble mort-né !

FXG, à Paris

Réaction de Matignon : "Le gouvernement n’a pas cherché à supprimer les écritures Lurel sur le roaming, il a simplement organisé deux réunions de concertation avec l’ARCEP et les opérateurs pour que les parlementaires ultramarins soient pleinement au courant des inquiétudes de ceux-ci. Après, chacun prend ses responsabilités."

Dont acte, mais nous avons bien eu dans les mains ce projet d'amendement.

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 06:42
Manuel Valls et Nicolas Sarkozy au cercle des armées le 16 mars 2016

Manuel Valls et Nicolas Sarkozy au cercle des armées le 16 mars 2016

Valls et Sarko au dîner du CReFOM

Naguère, les hommes et femmes politiques se pressaient tous à la garden party la plus courue de Paris, celle du ministère de l'Outre-mer. Désormais qu'elles sont proscrites pour cause de restrictions budgétaires, ils se pressent tous au dîner du Conseil représentatif des français d'Outre-mer (CReFOM). Ainsi on a vu beaucoup d'anciens ministre de l'Outre-mer, beaucoup de ministres en poste, de parlementaires, de lobbystes, mercredi soir au cercle national des armées, pour ce deuxième dîner annuel du CReFOM. L'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, et l'actuel Premier ministre, Manuel Valls, ont joué les guest stars. Mais avant de les entendre, il a fallu écouter les (trop) longs discours du président du CReFOM, Patrick Karam, et de son président d'honneur, Victorin Lurel. L'égalité réelle en marche était au coeur de leurs propos. A tel point que plus ils s'exprimaient, plus Manuel Valls rayait des pans entiers de son discours... Nicolas Sarkozy a parlé sans notes, assez brièvement... Un discours qui laissait entendre qu'il soutiendrait le CReFOM pour cette loi pour l'égalité réelle outre-mer. "Je suis heureux d'être à cette tribune au côté de Manuel Valls. Nous sommes ici pour la même cause : réduire les inégalités. Ce n'est pas l'affaire d'un mandat, ce n'est pas l'affaire de la droite ou de la gauche..." Manuel Valls est venu conclure les interventions en rappelant le calendrier du projet de loi égalité réelle. Il en a profité pour annoncer la nomination d'un proche de Patrick Karam à la tête de la délégation interministérielle des Français d'Outre-mer, Jean-Marc Mormeck, ancien champion du monde de boxe anglaise et membre du CReFOM. Ni le Premier ministre, ni l'ancien président ne sont restés dîner et c'est aux ministres Eckert, Braillard, Pau-Langevin, Bareigts qu'il est revenu de répondre aux questions de la salle : aides nationales et réglement européen (RGEC), freins aux agréments pour la défiscalisation, télés privées d'outre-mer, France Ô, centres d'intérêts matériels et moraux des fonctionnaires, cité des outre-mer... Est-ce parce que les invités d'honneur étaient partis ? Toujours est-il que la salle s'est montrée beaucoup moins attentive aux réponses des ministres. Au mieux, les plus vigilants auront pris le temps de noter le numéro de téléphone portable du secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert !

FXG à Paris

Au deuxième plan à droite de Christian Eckert, Jean-Pierre Philibert, président de la Fedom, puis au troisième plan, Benoît Lombrière, d'Eurodom (photos : FXG)

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