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27 novembre 2018 2 27 /11 /novembre /2018 18:16
La Yole en piste pour l'UNESCO

Avis favorable pour la yole à l'UNESCO

La délégation du comité de pilotage (Édouard Tinaugus, Georges Henry Lagier, Maryse Lamon, Alex Rosette, Alain-Claude Lagier et Catherine Bertho Lavenir) a défendu vendredi la candidature de la yole de Martinique à l’inscription au patrimoine immatériel de l’humanité à l’UNESCO (registre des bonnes pratiques) au ministère de la Culture à Paris. A l'issue de l'audition les membres de la commission de sélection ont salué la qualité de la présentation et émis un avis favorable au soutien du dossier de la yole. Ce dernier fera donc partie de la liste restreinte des dossiers transmis au ministre de la Culture en début d'année. Un seul dossier sera transmis sur les six qui ont déposé une candidature.

Cette audition s’inscrit dans un processus entamé depuis plusieurs 2006. En Juin dernier, la yole de Martinique a été inscrite à inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France. Et c'est en septembre 2017 qu’Edouard Tinaugus a proposé la création d'un comité de pilotage pour constituer la candidature de la yole martiniquaise à l’UNESCO.

Le comité compte sur la mobilisation de l'ensemble des acteurs politiques et institutionnels ainsi que celle de tous les Martiniquais pour soutenir la démarche de classement de la yole au patrimoine immatériel de l’humanité.

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27 novembre 2018 2 27 /11 /novembre /2018 07:28
Les prix Fetkann'-Maryse Condé 2018

Ciprut, Coulthard, Jean-Elie et Bacon prix Fetkann' 2015

Le palmarès de la 15e édition du prix littéraire Fetkann' Maryse Condé - « Mémoire des Pays du Sud / Mémoire de l’humanité » a été annoncé jeudi matin au café de Flore à Saint-Germain des Près lors d'une cérémonie placée sous la présidence de Suzanne Dracius et en présence de George Pau-Langevin, la président du conseil départemental de Guadeloupe et du délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et l'homophobie.

Mémoire

Le prix Mémoire a été attribué à Marie-Andrée Ciprut pour son ouvrage paru chez Fortuna, "Filles d'Ariane, des Antilles et d'ailleurs... La résilience en partage".

Psychologue-psychothérapeute et co-fondatrice de Pluriels (un centre de consultations ethnopsychologiques pour migrants à Genève), elle a déjà publié "Un racisme en Noir(e) et Blanc(he)" chez Fortuna en 2015. Cette fois, elle invoque les héroïnes de l'antiquité grecque comme ancêtres tutélaires des femmes antillaises, tisse des liens entre celles-ci et les femmes "potomitan" de plusieurs pays, femmes fortes et solides pour leurs proches, malgré les revers que la vie leur impose. Marie-Andrée Ciprut parvient ainsi à faire résonner les similitudes, souligner les particularismes et faire entendre la petite musique de la résilience féminine à travers les âges. "Les filles d'Ariane sont des battantes, annonce son éditeur, Marie-Andrée Ciprut leur a donné une voix !"

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Dans la catégorie recherche, le prix est décerné à l'ouvrage publié par l'éditeur canadien Lux, "Peau rouge, masques blancs - Contre la politique coloniale de la reconnaissance" de Glen Sean Coulthard. Politologue, membre de la nation Dénée du Nord-Ouest du Canada, l’auteur reprend ici la critique fanonienne de la reconnaissance dans les débats entourant l’autodétermination des peuples colonisés, notamment les peuples autochtones d’Amérique du Nord, et démontre en quoi cette reconnaissance ne fait que consolider la domination coloniale. Cet ouvrage de théorie politique engagée appelle à rebâtir et redéployer les pratiques culturelles des peuples colonisés sur la base de l’autoreconnaissance, seule voie vers une réelle décolonisation.

Jeunesse

Dans la catégorie jeunesse, c'est Barbara Jean-Elie qui remporte le prix Fetkann' avec "Sina, le secret de la Caraïbe", le premier roman illustré pour enfants sur la Caraïbe, édité par SCITEP en quatre langues : français, créole, anglais et espagnol. Aventurière et intrépide, la petite Sina sillonne la Caraïbe avec Momo le monstre de la montagne, Papou la grenouille et Filou le chien, rejoints par Cristofine la baleine à la recherche du méchant pirate Oscar de Malavida qui a enlevé les parents de Momo, persuadé qu’ils le rendront riche et beau !

Au-delà du conte pour enfant, l’ouvrage est une initiation très documentée aux richesses de l’archipel des Antilles : diversité culturelle, histoire, nature, environnement, mais aussi une première approche adaptée pour les enfants des questions économiques et sociales. Un CD inclus offre la lecture du récit par son auteure et une initiation musicale à la diversité des rythmes de la Caraïbe (calypso, reggae, salsa, konpa, ka…).

Poésie

Le Prix de la poésie est décerné à Joséphine Bacon, poétesse et réalisatrice amérindienne, innue de Betsiamites, installée à Montréal pour son recueil "Uiesh, quelque part" publié chez Mémoire d'encrier. "Quelque part, une aînée avance. Elle porte en elle Nutshimit, terre des ancêtres, une mémoire vive nomadise, épiant la ville, ce lieu indéfini... La parole agrandit le cercle de l’humanité. Joséphine Bacon fixe l’horizon, conte les silences et l’immensité du territoire..."

Mention spéciale

Enfin, le jury du 15e prix Fetkann' a attribué une mention spéciale à Winny Kaona pour son ouvrage "Coeurs biguine, Moune de Rivel & Winny Kaona", Editions A.D.M.T.

FXG, à Paris

José Pentoscrope, père du prix Fetkann'-Maryse-Condé

Enfant de Lapwent, José Pentoscrope a fait de la politique dans sa vie (élu au bureau national du PS, élu de la ville de Massy où il a fait installé une statue de Toussant Louverture sur la place Schoelcher en 1988), a été un économiste au service de collectivités ou de pays d'Afrique, et a été et reste l'animateur du centre d'information, de formation des originaires d'Outre-mer (CIFORDOM). C'est lui qui, en 2001, se basant sur les prescriptions du texte de la loi Taubira visant à promouvoir la mémoire de l'esclavage et de la traite négrière, décide créer ce prix littéraire "Fetkann' - Mémoire des pays du Sud, mémoire de l'humanité". Peu à peu, le rendez-vous du dernier jeudi du mois de novembre au premier étage du café de Flore va s'imposer. Gisèle Pineau, Edouard Glissant, Fabienne Kanor, Suzanne Dracius, Edwy Plennel, Alain Guédé et tant d'autres vont tour à tour être récompensés. Mais c'est sans attendre le prix Nobel alternatif de littérature de Maryse Condé que José Pentoscrope va obtenir l'accord de l'auteur de Ségou pour devenir le prix Fetkann'-Maryse Condé ! D'ailleurs, José Pentoscrope qui a été formé à la musique classique à Massabielle, qui a aiguisé son oreille au son du jazz et qui sait aussi manier le pinceau et les couleurs, ne cache pas  son ambition : faire du prix Fetkann-Maryse-Condé, l'équivalent d'un prix Nobel de littérature pour les pays du Sud.

Trois questions à Winny Kaona, chanteuse et auteur de "Coeurs biguine, Moune de Rivel & Winny Kaona",

"Le graal, c'est ce prix Fetkann' Maryse-Condé"

Moune de Rivel, c'est la grande affaire de votre vie ?

Ce n'est pas qu'une affaire, c'est la rencontre de deux âmes soeur unies par la même passion. J'ai découvert cette femme extraordinaire alors que je n'avais que 9 ans sur les ondes de l'ORTF dans une émission qui s'intitulait "Charme de Paris". En entendant cette voix, ses sifflements d'oiseau, je pleurais toutes les fois que l'émission se terminait et chaque semaine, c'était un rituel, je me disais : quand je serai grande, je chanterai comme "Femme" de Rivel... Je disais "Femme" parce que chez nous, il était interdit de parler créole.

Quand l'avez-vous enfin rencontrée ?

Quand j'ai eu une trentaine d'années, en 1988, je suis allée chez elle pour lui demander l'autorisation d'interpréter ses chansons. Que m'a-t-elle répondu ? "Je ne donne pas mes chansons à n'importe qui... Vous chantez quoi ?" Je lui réponds "Jodi sé jenn gen la"... J'avais gaffé, c'était un titre d'Al Lirvat qu'en plus j'avais écorché puisque le vrai titre était "Sé ou menm ki lanmou". Elle m'a repris, mais s'est tout de même mise au piano et j'ai chanté le couplet. Arrivée au refrain, elle m'a serré dans ses bras en me disant : "Après ma mort, quelqu'un de ta génération et de mon pays fera vivre toutes mes chansons..." C'est le premier sceau qu'elle a posé. Quelques années plus tard, sur la scène du Centre des arts, elle annonce à la fin du concert : "Je lègue mon flambeau de chansons à Winny Kaona." C'était il y a 24 ans...

Votre ouvrage vient saluer le centenaire de sa naissance ?

Je me suis mise à l'écriture de "Coeur biguine" qui remporte une mention spéciale. C'est l'histoire de deux artistes, deux âmes soeur... Le livre est sorti en février. En avril, j'ai sorti l'exposition "Une vie en chanson" à Pointe-à-Pitre. En mars, j'ai mis en place la première édition des trophées Moune de Rivel pour que les enfants de l'académie apprennent les chansons de Moune de Rivel et donner à la biguine ses lettres de noblesse. La deuxième édition est déjà programmée... J'ai ensuite sorti le disque "Moune à Tout' moun" et le centenaire Moune de Rivel sera clôturé mercredi prochain à la résidence départementale du Gosier. Mais le graal, c'est ce prix Fetkann' Maryse-Condé reçu aujourd'hui !

Propos recueillis par FXG, à Paris

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25 novembre 2018 7 25 /11 /novembre /2018 06:36
Thierry Vatin et Georges Granville (photo : Diana Marimoutou)

Thierry Vatin et Georges Granville (photo : Diana Marimoutou)

Vaton et Granville sortent leur "Noël kantik bò kay"

Les auteurs du "Piano dans la musique créole", Thierry Vaton et Georges Granville, fondateurs de l’association pour le développement des musiques créoles (ADMC), récidivent en sortant ce 15 novembre "Noël kantik bò kay", une sélection de 24 chansons de l’Avent et de Noël (4 cahiers de chants avec partitions, paroles et ritournelles en français et en créole). "En plus d’être le fruit d'un travail de recherche, c’est un véritable outil de mémoire culturelle que nous souhaitons mettre à la disposition de tous", explique Thierry Vaton. Les deux pianistes ont créé l'ADMC pour faire découvrir, transmettre et promouvoir le patrimoine culturel musical créole sous ses formes historiques, sociologiques, géographiques, et avec tous les moyens ou supports (cours, master class, ateliers, concerts, expositions, conférences, stages) et par la création d'ouvrages pédagogiques tel ce "Kantik bò kay".

Georges Granville, passé par la Bill Evans Academy de Paris, a évolué avec des artistes aux univers totalement différents tels que Beethova Obas, Bélo, John Ellison, Tony Allen, Gérard Mendès, Zouk Machine, Tony Chasseur, Kali, Denise Reis, Marvin, Arsenik, Secteur A, Abd al Malik, Dédé Saint-Prix, Yannick Cabrion et Tanya Saint-Val. Il a été enseignant pendant près de quinze ans à l’école de musique ICM.

Thierry Vaton a fait le conservatoire de musique du 8e arrondissement puis l’American School of Modern Music, avant de collaborer avec Eliktara, Gazoline, Dédé Saint-Prix, Kaoma, Kassav’, Angélique Kidjo, Miriam Makeba, Mory Kanté, Dany Brillant, Philippe Laville, La Compagnie Créole...  Arrangeur, compositeur, réalisateur et chef d’orchestre, il a créé, avec Tony Chasseur, Mizikopéyi, le premier big band de musique antillaise contemporaine.

L'ouvrage des deux pianistes est préfacé par Simone Lagrand et illustré par Fred Alie.

FXG, à Paris

www.admc.fr

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24 novembre 2018 6 24 /11 /novembre /2018 06:11
Sur Réunion La 1ère à partir du mercredi 7 novembre à 19h55 et sur France Ô à partir du 26 novembre.

Sur Réunion La 1ère à partir du mercredi 7 novembre à 19h55 et sur France Ô à partir du 26 novembre.

Cut, 6ème !

La nouvelle saison de Cut est prête à être diffusée et c'est le 352e épisode qui ouvrira cette sixième série le 26 novembre prochain sur France Ô et un petit peu avant sur Réunion la 1ère. "On a à coeur de développer la fiction, a déclaré Sophie Gigon, directrice de la fiction daytime à France télévision, et nous sommes les seuls à expérimenter ces sortes de fiction longues dans la journée comme Cut ou Plus belle la vie." Le prix des deux n'est certes pas le même puisque un épisode de Cut coût 34 000 euros contre 120 000 pour le soap de France 3, mais, rappelle Bernard Cohen, producteur et créateur de Cut, les enjeux restent les mêmes : "Nos personnages sont confrontés aux soubresauts de notre société et nous essayons de développer un point de vue de citoyen..."

Ainsi le personnage d'Adil (Ambroise Michel) va se lancer dans l'agriculture bio et vouloir s'engager en politique. Mélanie (Sophie Staub) qui a perdu son mari dans un attentat à Londres, entre dans sa vie... Angèle (Elodie Varlet) décide à 33 ans de reprendre ses études de médecine tandis que son copain Ruben (Edouard  Montoute) a accepté d'accueillir une ado à domicile... Jules (Sébastien Capgras) monte une start up pour faire découvrir l’île de la Réunion, Doid (Maxime Juan) s’affirme dans son métier de flic et Lulu (Nadia Richard) s’épanouit comme journaliste d’investigation sur Réunion la 1ère... "La banalisation de la haine et du cynisme, va être caractérisée, explique Bertrand Cohen, par l'arrivée de trois nouveaux personnages." Impossible de lui en faire dire plus : il ne veut pas "spoiler" la série !

400 heures de contenus transmédia

Côté transmédia, les producteurs annoncent 400 contenus exclusifs sur les réseaux sociaux, des "stories" particulières sur Facebook et Instagram qui vont coller au développement de la start up "Réunion secrète" que le réfugié Irfan (Ken Eind) monte avec Jules. France Ô revendique 250 000 abonnés à Cut sur les réseaux, 500 000 touches et 15 millions d'impression !

"Chaque année, quand on en arrive au montage, raconte l'autre producteur, Stéphane Meunier, c'est plus puissant, plus beau. C'est de l'industrie, avec 70 épisode et un double plateau, mais c'est aussi artisanal, car chaque jour ressemble à un court-métrage !" Daniel Grillon directeur des contenus du pôle outre-mer de France-Télé rappelle que "cette équipe qui gagne" est aussi un vecteur économique qui a rapporté 8 millions d'euros à la Réunion en six années, soit 1,5 millions par saison. "En six ans, observe Sophie Gigon, des professionnels ont grandi avec la série. Entrés comme stagiaires, ils sont devenus des techniciens titulaires de cette équipe !"

FXG, à Paris

L'avenir de Cut

Quel est l'avenir de Cut dans le contexte de la fin annoncée de France Ô ?  A cette question posée vendredi dernier au comité d'établissement de France Ô, Daniel Grillon, directeur de contenus a répondu : "C'est l'Etat actionnaire qui a décidé que d'ici 2020, France Ô aurait basculé vers le numérique et que la visibilité de l'Outre-mer serait aussi testée sur s'autres chaînes... Les auteurs pensent déjà à la saison 7, mais aller plus loin, c'est impossible à ce stade." Sophie Gigon a été à peine plus précise : "Le tournage de Cut débute en mars... Chaque année, on développe la saison suivante et la décision de produire se prend entre novembre et décembre. Cette année, on verra. La donne a un peu changé mais on a appris à être prêt sur le court terme !"

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23 novembre 2018 5 23 /11 /novembre /2018 07:16

Annick Girardin réaffirme la fermeté de l'Etat

Le député Michel Larive de la France insoumise a interpellé au nom de son collègue Jean-Hugues Rattenon le Premier ministre lors de la séance de question au gouvernement mercredi 21 novembre sur les événements à la Réunion en cours depuis le 17 novembre. Rappelant un rapport de 2012 qui place neuf commune sur dix, les plus inégalitaires en termes de richesse, à la Réunion, le député a évoqué "une situation insurrectionnelle". Face au mouvement et à la contestation sociale, "ample et forte", aux trente barrages quotidiennement érigés, il a dénoncé le couvre feu instauré de 21 heures à 6 heures dans une douzaine de villes de l'île et le recours à la force avec l'arrivée annoncée d'un nouvel escadron de gendarmerie de Strasbourg. "Pas d'ordre public sans justice sociale, a conclu le député. Quelles autres options que la force comptez-vous mettre en oeuvre ?"

La réponse d'Annick Girardin a été empreinte de fermeté. "La Réunion connaît des blocages depuis samedi dont l'évolution est intolérable, car ceux des gilets jaunes le jour font pace à la violence des jeunes qui casent et même blessent des élus." Elle a donc réaffirmé "la fermeté de l'Etat face à eux le soir, toutes les nuits parce qu'il y a encore eu des dégâts et de nombreux blessés." Reprenant les propos du député sur les inégalité, elle a confirmé : "Oui, c'est sans doute le territoire le plus inégalitaire avec 40 % des moins de 25 ans qui sont demandeurs d'emploi et 40 % de la population sous le seuil de pauvreté, mais il y a aussi une classe qui va bien, qui développe le territoire et c'est normal que nous les accompagnions. Ce sont eux qui sont visés par la réforme de l'impôt sur le revenu... Un territoire accompagné à travers les mesures du livre bleu outre-mer, mais un territoire où la fermeté de l'Etat fera face à toutes les violences."

Un discours raccord avec celui du chef de l'Etat hier matin en conseil des ministres. Mais pour l'heure, le cabinet d'Annick Girardin ne fait aucun  commentaire sur un éventuel déplacement à La Réunion.

FXG, à Paris

PS: Jeudi 22 novembre, interrogée par les sénateurs Dindar, Malet et Dennemont, la ministre Girardin a reconnu que la situation était "grave" à la Réunion et fait savoir qu'elle se rendrait sur l'île dans les prochains jours.

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23 novembre 2018 5 23 /11 /novembre /2018 05:22
capture d'écran du reportage de Martinique La 1ère

capture d'écran du reportage de Martinique La 1ère

Deux réprimandes et une relaxe à l'encontre de trois vétérinaires

Saisi par le Dr Gaube, le conseil régional de l'ordre des vétérinaires d'Ile de France et des départements d'Outre-mer a déclaré les Drs Sottovia et Plisnier coupables d'avoir dénigré leur confrère, d'avoir manqué à la déontologie à l'occasion d'un reportage de Martinique La 1ère et les a condamnés à la sanction de réprimande.

La décision du conseil régional de l'ordre des vétérinaires rendue le 15 novembre fait suite à l'audience de sa chambre disciplinaire qui s'est tenue à Paris le 18 octobre dernier. S'estimant dénigré par l'intervention dans un reportage télévisé critique sur sa clinique, par deux de ses confrères, les Drs Sottovia et Plisnier, président et membre de l'association des vétérinaires de Martinique, auteur d'une plainte devant le conseil de l'ordre contre le Dr Gaube et sa clinique Selvetga, Gérard Gaube s'est pourvu devant le conseil régional de l'ordre des vétérinaires. "Ce reportage, expliquait le Dr Gaube à l'audience, a fait fuir des associés, des salariés, des clients et j'ai du placer ma société sous procédure de sauvegarde en juin dernier." Le président du conseil de l'ordre estimait alors que le Dr Jean-Luc Sottavia avait manqué de confraternité et dénigré le Dr Gaube. De même, il estimait que le Dr Marcel Plisnier qui "invoque la maltraitance des animaux reçus par la clinique du Dr Gaube, a manqué aussi à ses devoirs". Il demandait contre chacun d'eux une peine de réprimande. Mes Ursulet et Charrière-Bournazel, conseils du Dr Gaube, demandaient quant à eux à la présidente de la chambre disciplinaire de retarder sa décision jusqu'au jugement de la plainte du Dr Sottavia, via l'association des vétérinaires de Martinique, contre le Dr Gaube. Ils demandaient également une sanction disciplinaire tenant compte de l'impact qu'avait eu le reportage de Martinique La 1ère sur le chiffre d'affaires de la clinique de leur client.

L'intervention du Dr Sottavia s'insérait en illustration des reproches faits à la clinique Selvetga par l'auteur du reportage. "Le Dr Sottavia, précise le jugement, ne pouvait que connaître l'orientation du reportage (...) et ne pouvait ignorer que les pratiques générales qu'il décrit comme étant la norme n'étaient pas celles reprochées à la clinique Selvetga, non seulement par la journaliste mais également par l'association des vétérinaires de Martinique qu'il dirigeait et avait précisément porté plainte sur ces points..." Quant au Dr Marcel Plisnier, celui-ci insiste dans sa très courte intervention sur la maltraitance des animaux. "Lui non plus, indique le jugement dans ses motifs, ne pouvait ignorer que le reportage portait sur les pratiques du Dr Gaube." En revanche, le Dr Patrick Arien a été relaxé. Ce dernier n'intervient qu'indirectement dans le reportage via deux photos de lui glanées sur internet et un commentaire qui indique qu'il a très brièvement travaillé avec le Dr Gaube avec lequel il a, depuis, un litige aux prudhommes...

FXG, à Paris

https://la1ere.francetvinfo.fr/martinique/y-t-il-scandale-veterinaires-martinique-506023.html

Le compte rendu de l'audience du 18 octobre 2018

Des vétérinaires comme chiens et chats devant le conseil de l'ordre

A la suite d'un reportage diffusé sur Martinique la 1ère, la chambre disciplinaire des vétérinaires saisie de plusieurs plaintes par des vétérinaires de l'île.

La chambre disciplinaire du conseil régional de l'ordre des vétérinaires (Île de France et DOM) s'est réunie à Paris jeudi 18 octobre pour examiner une plainte du docteur vétérinaire Gérard Gaube contre ses confrères Jean-Luc Sottovia, Marcel Plisnier (absent), Virginie Da Costa (en visio-conférence depuis la Guyane) et Patrick Arien. Ces derniers ont en commun d'être intervenu dans un reportage diffusé par Martinique la 1ère le 28 juillet 2017. Le Dr Gaube attaque ses confrères pour dénigrement et manquement à la déontologie. La chambre était aussi saisie d'une plainte, plus ancienne, de l'association des vétérinaires de Martinique (AVM) contre le Dr Gaube pour pratiques chirurgicales abusives. Mais la présidente a choisi de disjoindre les deux dossiers pour ne retenir que la plainte pour dénigrement. "Ce reportage, explique le Dr Gaube, a fait fuir des associés, des salariés, des clients et j'ai du placer ma société sous procédure de sauvegarde en juin dernier." Le Dr Da Costa qui n'apparaît qu'en voix off dans le reportage, témoigne : "Je ne suis pas à l'origine de ce reportage et j'ignorais que mes propos étaient enregistrés. La journaliste s'est acharnée sur un vétérinaire et une structure avec un titre genre scoop de l'année !" Aussitôt, le Dr Gaube retire sa plainte contre le Dr Da Costa. C'est au tour du Dr Sottovia d'intervenir : "En tant que président de l'AVM, j'ai voulu représenter la profession et situer le débat sur ce qu'on a le droit de faire ou de ne pas faire." Il admet que le reportage n'est nourri que par deux témoignages et que les images présentées comme celles de la clinique du Dr Gaube sont en fait des images de la SPA... Il évoque la plainte que son association, l'AVM, a déposé contre le Dr Gaube devant le conseil de l'ordre, dix-huit mois avant le reportage, et dont la journaliste a pris connaissance : "Elle m'a dit qu'elle allait faire un reportage sur le Dr Gaube, mais j'ai pris garde de ne pas pas citer son nom. Je ne voulais pas servir l'acharnement contre un confrère." "Vous avez eu l'impression d'une collusion, d'un montage ?", demande la présidente. "Je pense qu'elle en voulait au Dr Gaube. C'est une personne sensible à la cause animale qui a assimilé des opérations chirurgicales à répétition à de la maltraitance."

"C'est une affaire symptomatique d'un climat de plus en plus délétère", déclare le bâtonnier Charrière-Bournazel, conseil du Dr Gaube. Il oppose la liberté d'informer à l'instrumentalisation de la presse : "Dans le microcosme martiniquais, la concurrence fait qu'une association qui n'a pas de qualité pour agir, manipule la presse et coule ainsi le Dr Gaube. C'est un manquement aux règles, à l'éthique et à la présomption d'innocence." Me Ursulet, lui aussi conseil du Dr Gaube, enchaîne : "Le Dr Da Costa a reconnu qu'il s'agissait d'un acharnement ! Voilà pourquoi il ne fallait pas disjoindre les deux affaires. Ce reportage est l'expression d'une campagne de dénigrement qui commence avec la plainte de l'AVM qu'on fait passer pour une enquête de l'ordre ! C'est une manipulation pour détruire le Dr Gaube." Il conclut en demandant à la présidente de ne rendre son délibéré qu'en même temps qu'elle rendra son jugement sur la plainte de l'AVM...

Bruno Teissier, président de l'ordre, requiert à l'encontre des Drs Sottovia et Plisnier une peine de réprimande : "Moi aussi, j'aurais aimé que les deux affaires soient jointes car votre décision va être interprétée sans tenir compte du contexte de l'autre affaire." Il justifie ses réquisitions en évoquant "un dénigrement et un manquement passif à la confraternité". Il rappelle que si la plainte de l'AVM a fuité dans la presse, le Dr Sottovia qui est président de l'AVM, est seul responsable. Quant au Dr Plisnier qui n'a pas daigné venir, "il alimente une polémique avec un reportage délétère clairement dirigé contre Gaube". Me Fabrina Alexandrine, défenseur du Dr Sottavia, plaide la relaxe : "Ses propos sont neutres ! La journaliste a avoué qu'un de ses amis a été confronté au Dr Gaube et qu'elle s'est tournée vers le Dr Sottavia pour avoir des informations sur des pratiques chirurgicales abusives. Le Dr Gaube se plaint de dénigrement, mais lui aussi qualifie ses confrères d'incompétents !" Elle achève sa plaidoirie : "C'est la journaliste qui aurait dû être attaquée !" Délibéré au 15 novembre.

FXG, à Paris

L'ancien collaborateur du Dr Gaube

Patrick Arien, vétérinaire à Saint-Pierre, était lui aussi poursuivi pour non respect du code de déontologie. Dans le même reportage, on voit deux photos de lui tandis qu'on apprend qu'il est en conflit prudhommal avec le Dr Gaube. "J'ai rencontré la journaliste, témoigne-t-il à l'audience, lors d'une intervention d'urgence sur son chien qui était passé par le cabinet du Dr Gaube. Je lui ai dit que je m'étais éloigné à Saint-Pierre en raison de notre conflit et, à ce titre, que je ne voulais parler dans son reportage. J'ai été choqué de découvrir mon visage ; elle ne m'avait pas prévenu." "Elle dit qu'elle est une cliente du Dr Sottavia et qu'elle a un problème avec le Dr Gaube, s'étonne Me Ursulet, et vous lui parlez des 100 000 euros que vous lui réclamez aux prud'hommes... C'est la poule aux oeufs d'or et on dit au passage aux prud'hommes que le conseil de l'ordre le poursuit..." Me Charrière ironise sur "les avocats à la cour, les avocats de cour et les avocats sur cour" pour s'en prendre aux "vétérinaires sur cour, haineux et lâches". Le président Teissier  ne requiert pas de peine : "Ce qui lui est reproché est une discussions privée avec une journaliste qui ne s'est pas identifiée en tant que telle. Il n'y a pas de manque de confraternité actif, ni de dénigrement actif. On soupçonne la journaliste d'avoir utilisé ses propos pour nourrir son reportage." Me Staedlin, défenseur du Dr Arien plaide la relaxe : "C'est une pièce rapportée dans ce dossier ! Il aurait instrumentalisé l'affaire parce qu'il a un prud'homme ? On peut retourner la question. Il n'y a aucune preuve d'un manque de confraternité." Et à l'instar de Me Alexandrine, il conclut : "C'est un reportage qui dépasse l'entendement en termes de diffamation." Délibéré au 15 novembre.

 

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22 novembre 2018 4 22 /11 /novembre /2018 15:04
Rapport sénatorial sur le sport dans les Outre-mer

Le Sénat mouille sa chemise pour le sport dans les Outre-mer

Quels tremplins pour le sport en Outre-mer ? C'est la question sur laquelle ont planché quatre sénatrices (Catherine Conconne, Martinique, Lana Tetuanui, Polynésie, Viviane Malet, Réunion, et Gisèle Jourda, Aude).

A l'issue d'échanges avec quelque 300 interlocuteurs, elles ont fait adopter mercredi par la délégation outre-mer du Sénat ce rapport qui comporte 30 recommandations qui s'articulent autour de 4 axes :  le soutien  au développement de la pratique sportive comme enjeu de cohésion sociale et de santé publique, le rattrapage en termes d'équipements sportifs, le haut niveau et le rayonnement des territoires. Non contents de proposer la systématisation des schémas territoriaux de développement du sport avec des contrats d'objectifs, les sénatrices proposent la création d'un "pass sport" pour les jeunes permettant d'être licencié dans une discipline. Si le mouvement sportif foisonne dans les territoire, le tissu associatif qui l'anime est fragile et manque de moyens. "Le suppression des contrats aidés fait peser une grave hypothèque sur une pratique sportive déjà insuffisamment encadrée (...) malgré l'immense dévouement des bénévoles." Or, les sénateurs observent que le Centre national du sport (CNDS) a réduit ses interventions financières sauf en Guyane et Mayotte de même que les subventions du ministère des Outre-mer. Il conviendrait de "pérenniser les emplois financés par le CNDS".

La mise à niveau des équipements sportifs montre un grand retard par rapport à l'Hexagone. Le plan Kanner qui prévoyait 80 millions d'euros sur 4 ans a tout juste atteint 20 millions d'euros en 2017 grâce à un effort du ministère des Sports, mais en 2018, l'enveloppe n'a pas excédé les 12 millions d'euros... Finalement le livre bleu Outre-mer a décidé d'octroyer 56 millions aux équipements sportifs de 2019 à 2022, soit 7 millions par an.

Haut niveau

Les sportifs de haut niveau sont aussi au coeur de la réflexion des sénateurs qui voudraient "ancrer les moyens de la performance dans des territoires réputés terres de champions". Aux JO de 2016, nos champions représentaient 12 % de la délégation française et 19 % des médaillés. Et pourtant, on observe une baisse de la contribution des Outre-mer au haut niveau. Les structures d'encadrement sont insuffisantes avec un CREPS à la Guadeloupe et un autre à la Réunion, un IMS en Martinique et un IFASS en Guyane... Toutes ces structures devraient être intégrées dans une "grand INSEP". Le temps scolaire n'est pas suffisamment aménagé, les méthodes de détection font des impasses sur les territoires et l'accès à la mobilité limite les confrontations entre territoires... Il conviendrait de systématiser dans les pôles de l'Hexagone un accompagnement des sportifs ultramarins sur le modèle pratiqué par l'INSEP. Là encore, les fonds manquent malgré la création en 2010 du FEBECS, fonds d'échange éducatif, culturel et sportif. Son niveau a chuté à 324 000 euros. Annick Girardin a promis qu'il serait à la hauteur de 1 million en 2019. Dans l'attente, les sénateurs proposent d'explorer les pistes du sponsoring et du partenariat pour faciliter la mobilité.

Sport, patrimoine culturel

Enfin, le sport, patrimoine culturel, est un vecteur de rayonnement qu'il convient de valoriser à travers des pratiques culturelle (vaa, yole, djokan) ou des événements à portée internationale (Route du Rhum, Grand raid.).. Il s'agit encore de permettre aux sportifs ultramarins de représenter la France et leur territoire dans des compétitions de bassin comme ce n'est pas le cas pour le foot par exemple... Ou pour Mayotte en raison de l'opposition des Comores... Enfin, les sénateurs estiment  qu'il faut "ériger les outre-mer en étapes vers les jeux de Paris par la création dès 2021 d'infrastructures d'entraînement, sur le modèle des bases avancées pour  les équipes étrangères des différents bassins". La délégation outre-mer du Sénat entend d'ailleurs auditionner la nouvelle ministre des Sports.

FXG, à Paris

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20 novembre 2018 2 20 /11 /novembre /2018 11:58

La taxe sur le cinéma limitée à 5 %

L'amendement visant à limiter la taxe spéciale additionnelle (TSA) sur les entrées de cinéma a finalement été votée vendredi par l'Assemblée nationale. A l'origine, c'est le député LREM de Charente, Raphaël Gérard qui le propose avant d'être repris par Joël Giraud (LREM), rapporteur général. Il s'agit de limiter la TSA à 5% au lieu de 10,72 % dans le reste du territoire national

Pour justifier cette différence, la députée LREM Sophie Panonacle avance que "les coûts de construction sont plus importants dans les territoires ultramarins, en raison des aléas climatiques", et parce que "il y a des surcoûts d’investissement en raison de l’importation des équipements cinématographiques". Serge Letchimy (apparenté PS, Martinique) remercie ses collègues du groupe En marche pour cette proposition. "Nous aurions certes, modère-t-il, souhaité aller un petit peu loin : 3 % auraient été mieux. Mais la trajectoire prévue était beaucoup plus élevée. Le fait que vous fassiez cette proposition à 5 % me semble très important pour stabiliser le fonctionnement des salles tout en permettant un partenariat de mutualisation financière pour soutenir les producteurs, puisqu’un accord a été trouvé par les professionnels." Ces derniers regrettaient jusqu'alors que les salles de cinéma en Outre-mer ne participent pas à abonder le fonds de soutien du Centre national du cinéma et de l'image animée...

Seul Charles de Courson (Liberté et territoire) a insisté pour rester au plus près du droit commun :"Je me permets de vous rappeler, monsieur Letchimy, qu’en 2014, la majorité à laquelle vous apparteniez avait voté une mesure toute simple : tout le monde paie la même taxe et bénéficie des mêmes prestations." Il a ainsi rappelé que Le taux de l’outre-mer devait remonter pour atteindre les 8 % de l'Hexagone pendant deux ans – 6,5 %, puis 8 %, soit 24 centimes pour une place à 8 euros. "Vous pensez, a-t-il demandé à ses collègues, que cette mesure a un sens ?" La réponse fut oui puisque l'amendement a été voté ainsi que le souhaitait ardemment Alexandra Elyzé la présidente du syndicat des exploitants de salles de cinéma outre-mer qui avait fait exprès le déplacement et attendait depuis mercredi une telle issue.

FXG, à Paris

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17 novembre 2018 6 17 /11 /novembre /2018 08:44
Photos Mélanie Elbaz et Rémi Solomon

Photos Mélanie Elbaz et Rémi Solomon

Pascal Danaë sera avec son groupe, le trio Delgrès, sur la scène de l'Artchipel le 23 novembre. Rencontre avec un chanteur, guitariste, auteur et compositeur qui réunit avec bonheur le blues et le gwoka et renouvelle la musique antillaise.

"Le gwoka, c'est notre blues"

Que ressentez-vous à l'idée de vous produire en Guadeloupe ?

C'est évidemment une grande émotion parce que ça va être la première fois que je joue à la Guadeloupe avec un de mes projets. Celui-ci s'appelle Delgrès, c'est très chargé, donc c'est beaucoup d'émotion... J'ai l'impression de retourner à la maison...

Quel est votre lien à la Guadeloupe ?

Je suis né en France métropolitaine et je suis venu en Guadeloupe pour la première fois quand j'avais déjà plus de 30 ans. Mon père est originaire de Marie-Galante et il a quitté la Guadeloupe en 1958, ma mère qui est de Pointe-à-Pitre en 1962... Ils n'y sont jamais revenus. Il y a un rapport à la Guadeloupe qui est vraiment pour moi une quête d'identité, un retour à des sources familiales, la source de toutes les histoires de famille que j'entendais quand j'étais tout petit déjà. La première fois que je suis venue, une cousine de mon père m'a donné la lettre d'affranchissement de notre aïeule, Louise Danaë.

Votre musique sonne comme le blues, mais vous chantez dessus à la manière des chanteurs de gwoka. C'est l'effet recherché ?

Oui, il y a quelque chose qui m'a vraiment touché dans le gwoka et pour moi, c'est notre blues caribéen, c'est l'équivalent du blues rural... Quand j'entends un vieux bluesman de l'Etat du Mississipi et quand j'entends quelqu'un qui chante du gwoka, je ressens la même chose. Pour moi ce sont des gens qui sont en prise directe avec une culture millénaire qui a un lien très fort avec l'Afrique, mais aussi et surtout un lien avec le quotidien, les gens... Ce sont des chanteurs qui ne sont pas forcément professionnels, mais qui chantent avec leur coeur et leurs tripes et ça m'a beaucoup touché ! J'ai eu envie de faire une espèce de pont entre ce blues de Louisiane que j'adore et cette façon de chanter des gens au pays.

Pourquoi avoir choisi ce nom, Delgrès ?

J'ai entendu parler de Louis Delgrès assez tard dans ma vie. Mon père m'en a parlé, mais comme tous les anciens — il était né en 1915 — il ne parlait pas beaucoup. C'est une génération où on ne parlait pas forcément, on pensait un peu que ça allait de soi... Et un jour mon père un peu de ce personnage Delgrès qui s'était battu, qui s'était sacrifié... Quelques années plus tard, j'étais à Amsterdam, un peu en galère, et je me penchais sur mon monde intérieur, je m'interrogeais sur mon identité, ma place d'Antillais né en France, Antillais de France... Et j'ai repensé à cet homme et son sacrifice, à sa posture extraordinaire, j'y ai repensé comme une espèce de modèle... Quand on cherche un peu qui on est, il faut prendre des modèles positifs, c'est très important ! Donc une première chanson que j'ai faite, ça a été Mo Jodi... Elle s'est appelée d'abord Delgrès et ensuite, comme on a appelé le groupe Delgrès, la chanson s'est appelée Mo Jodi.

Vous chantez en créole et vous en tirez une langue d'une extraordinaire modernité. Comment l'avez-vous appris ?

Ce sont mes parents... Mais je ne l'entendais pas tous les jours ! Ils parlaient créole entre eux. Il y avait plein de cousins qui venaient à l'occasion des fêtes et qui parlaient créole. La musique, c'était beaucoup de créole... La seule personne à qui mon père ne parlait jamais en créole, c'était moi. Mais comme toutes les choses interdites, c'est la première chose que j'ai voulu appréhender. Et puis, je connaissais toutes les chansons en créole et dès que j'ai commencé à chanter, bien avant Delgrès, j'ai fait des chansons en créole. Après j'ai fait un détour par l'anglais, mais le créole a été pour moi vraiment une manière de retrouver une maturité.

L'album Mo Jodi est sorti fin août et aussitôt, il a été porté par les médias nationaux. Comment expliquez-vous ce petit miracle ?

Je ne me suis pas concentré sur la communauté antillaise... J'ai beaucoup voyagé, toujours au gré de ce que je ressentais, je suis parti vivre en Angleterre... Moi, j'ai toujours aimé le rock, le blues... Un peu plus tard, j'ai vécu à Amsterdam... J'ai travaillé beaucoup avec des musiciens africains comme Richard Bona, Paco Séry, Bako Dagnon et Kassé Mady Diabaté, des musiciens brésiliens... Je me suis laissé porté au gré de mes inspirations, des rencontres... Bien sûr j'avais grandi avec une culture antillaise en métropole et j'ai amené mes petits piments dans tout ça. Ca explique peut-être pourquoi ce projet n'est pas sorti par le biais de la communauté antillaise, mais par un biais... généraliste. On a commencé à tourner en 2016 et ce n'est que maintenant qu'on arrive aux Antilles !

Vous sortez, un peu à l'instar de groupes comme Soft et de la nouvelle scène créole, la musique antillaise de la mélasse sirupeuse du zouk love dans laquelle elle est un peu engluée...

J'aime beaucoup Soft et d'ailleurs nous avons participé ensemble à une émission de télé qui va bientôt être diffusée. Ce sont des gens que j'aie beaucoup, comme Kassav ou Malavoi... Toutes ces personnes ont en commun d'avoir fait énormément avancer les choses pour la culture antillaise, à leur façon, à leur moment et ils continuent tous les jours à faire leur travail ! Fred Deshayes est quelqu'un qui a beaucoup de talents. Ce qui est important, c'est de pouvoir tous apporter différentes touches, proposer différentes choses au monde et montrer la richesse de la culture caraïbe à travers différents aspects. Nous, ce qu'on fait avec  Delgrès, c'est juste ouvrir une autre porte et montrer un autre aspect de la culture caraïbe et la manière dont elle peut se mélanger à d'autres musiques du monde. J'espère qu'on va en inspirer d'autres qui vont ouvrir d'autres portes avec leur propre histoire, leur propre parcours.

Vous vous plongez dans vos racines antillaises tout en évitant le piège du folklore, quel est votre secret ?

Ca correspond vraiment à mon parcours personnel et ça dit qui je suis. Ce que j'essaie de faire, c'est d'assumer chacune de mes composantes et de les proposer à part égale, de les fusionner pour faire une bonne composition. Quand on se rend compte qu'on ne sera jamais un Antillais pure souche, jamais un Français pure souche, la vérité, c'est qu'on est tout ça à la fois. Et dans la musique, c'est pareil, il faut assumer tout ça et le plus important, c'est que la soupe soit bonne !

Qui sont vos musiciens ?

Delgrès est un véritable groupe, un trio même si je suis à l'origine du truc. Mes musiciens ont montré une ouverture totale et particulièrement une sensibilité à la culture antillaise. A la batterie, il y a Patrick Bondry, un Nantais qui a joué beaucoup de blues entre autres choses et qui adore la musique antillaise, le kompa... Au sousaphone, à la trompette et au trombone, il y a Rafjee. C'est un premier prix de conservatoire de Paris en trompette. Il s'est mis au sousaphone parce que c'est quelqu'un qui adore la basse depuis toujours et qui maîtrise tout ce qui est mazurka et folklore traditionnel antillais alors que c'est un Parisien pur jus ! On s'est vraiment retrouvés tous les trois autour de la musique et là, plus besoin de parler, ça sonnait ou ça sonnait pas et ça a sonné ! Au-delà de Delgrès, de l'histoire, il y a une vraie connivence musicale.

Propos recueillis par FXG, à Paris

17-nov.-18                 GIGNAC (34)                          LE SOMNOMBULE

 

23-nov.-18                 BASSE-TERRE                        L'ARTCHIPEL

 

30-nov.-18                 CLERMONT FERRAND          LA COOPERATIVE DE MAI

 

1-déc.-18                    ARLES                                     CARGO

 

3-déc-18                    PARIS                                      CAFE DE LA DANSE

 

6-déc.-18                    AVERMES                               ISLES

 

7-déc.-18                    MAGNY LE HONGRE              LE FILE 7

 

8-déc.-18                    ARGENTEUIL                         LA CAVE

 

9-déc.-18                    RIS ORANGIS                          LE PLAN

 

13-déc-18                  FONTENAY S/BOIS               FESTIVAL LES AVENTURIERS

 

15-déc.-18                 CHATEAULIN                         RUN AR PUNS

 

16-déc.-18                 ST AGATHON                         LA GRANDE OURSE

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17 novembre 2018 6 17 /11 /novembre /2018 07:38
Les charges sociales au Sénat

La ministre demande quinze jours

Profitant du fait que la ministre des Outre-mer n'a pas encore arrêté ses arbitrages sur la réforme des charges sociales, le Sénat a rétabli les barèmes en cours.

Au Sénat où l'on discutait mardi soir de l'article 8 du projet de loi de financement de la sécurité sociale, tous les sénateurs ultramarins, à commencer par ceux de la République en marche, ont fait adopter un amendement qui rejette la réforme des charges sociales du gouvernement et qui rétablit les niveaux d'exonération de charges sociales selon les barèmes de la LODEOM jusqu'alors en vigueur.

L’exonération s’appliquerait ainsi aux entreprises de moins de onze salariés et aux entreprises, quel que soit leur effectif, du secteur du bâtiment et des travaux publics, de l’industrie, de la restauration, de la presse, de la production audiovisuelle, des énergies renouvelables, des nouvelles technologies de l’information et de la communication et des centres d’appel, de la pêche, des cultures marines, de l’aquaculture, de l’agriculture, du tourisme, du transport aérien et maritime et encore d'une activité de comptabilité, conseil aux entreprises, ingénierie ou études techniques à destination des entreprises... La Réunion compte 160 experts-comptables, la Martinique et la Guadeloupe 80 chacun et la Guyane 17 contre 11 en 2009. L'amendement des sénatrices de la Réunion, Mmes Malet (LR) et Dindar (UDC), renforcées par les socialistes, ont fait réhausser les seuils de début de dégressivité et de sortie des charges sociales patronales pour les entreprises du nouveau dispositif dit de compétitivité renforcée. Ainsi, le seuil de début de dégressivité linéaire serait porté de 1,3 SMIC à 1,6 SMIC et le point de sortie passerait de 2 SMIC à 2,5 SMIC.

200 millions de surcoût

Selon Georges Patient (LREM, Guyane), la réforme, telle qu'elle a été préparée par le gouvernement, "aurait pour conséquence d’augmenter de 62 millions le montant des cotisations sociales patronales". Victorin Lurel (PS Guadeloupe), à l'unisson de ses collègues sénatrices Jasmin (PS Guadeloupe) et Conconne (PS Martinique), déplorait le risque d'"une véritable déflation inacceptable", Michel Magras (LR Saint-Barth) déplorait quant à lui une trappe à bas salaires : "Nos jeunes diplômés préfèreront partir à l’étranger."

Cette "déflation" vient du fait que dans le projet de la ministre, toutes les entreprises ne sont plus dans le secteur renforcé... "Les pertes, a déclaré Georges Patient pour l'ensemble des entreprises d'Outre-mer seraient estimées entre 180 millions et 200 millions d’euros. Avec cet amendement, les sénateurs veulent ainsi inspirer le gouvernement et obtenir une année blanche :  "Nous demandons de continuer à bénéficier du dispositif de Lodeom en 2019, le temps de vérifier les données transmises." "Un travail important reste à mener avec les entreprises, a concédé la ministre, nous le ferons dans les dix jours qui viennent.".. Avant que le texte soit examiné en commission mixte paritaire.

FXG, à Paris

La Taxe spéciale additionnelle sur le cinéma au palais Bourbon

Ce jeudi, les députés qui poursuivent l'examen de la deuxième partie du projet de le loi de finances 2019, auront à se prononcer sur un amendement présenté par Olivier Serva (LREM, Guadeloupe) et, en sous-main, le Syndicat des Exploitants de Salles de Cinéma en Outre-mer. La présidente du SECOM, Alexandra Elizé, a annoncé qu'elle serait en personne au palais Bourbon pendant que l'on discuterait de cet amendement après l'article 62. Il vise à ramener le ratio de cette taxe à 5 %. Le CNC l'a imposée depuis 2016 pour l'aligner progressivement sur son taux hexagonal, soit 10,72 % du prix du ticket d'entrée, d’ici 2022. Le ministère de la Culture justifiait sa position ainsi le 4 septembre dernier, en réponse à une question écrite du député Serva : "Les recettes générées par la TSA sur les films domiens sont grandes. Ainsi, un taux réduit de la TSA aurait pour effet de limiter le soutien à la production, alors même que les œuvres des réalisateurs domiens connaissent un véritable succès dans les DOM." Le ministre ajoutait encore : "7 M€ par an sont consacrés à la création et à la modernisation des salles, et 16 M€ aux salles classées art et essai."

L'amendement qui sera discuté ce jour dispose que la perte de recettes pour le Centre national du cinéma et de l’image animée sera compensée par  une majoration des droits sur les tabacs.

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