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17 novembre 2018 6 17 /11 /novembre /2018 06:34
Vote à main levée mercredi en fin d'après-midi au Sénat

Vote à main levée mercredi en fin d'après-midi au Sénat

Taxation du rhum : ce sera six ans d'étalement

Le gouvernement a fait adopter hier soir son amendement sur la cotisation de sécurité sociale applicable aux alcools forts produits et consommés dans les territoires ultra-marins par rapport au tarif en vigueur en métropole.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a fait voter au Sénat mercredi soir un amendement qui, sans aller jusqu'à ce qu'avait proposé Annick Girardin devant la commission des lois de l'Assemblée nationale, soit un étalement sur dix ans, mais six ans et ce à compter de 2020.

Pendant près de deux heures, les sénateurs originaires des Antilles et de la Réunion se sont succédé pour défendre tous a minima l'étalement sur dix ans quand il ne s'agissait pas, à l'instar d'une Victoire Jasmin  (PS Guadeloupe) ou d'une Catherine Conconne (PS Martinique) de demander purement et simplement la suppression de cette disposition fiscale qui vient bousculer "sans concertation", selon la première, "un secteur d'excellence mais fragile". Et si la sénatrice mornalienne connaît le problème de l'alcoolisme eu égard à son métier dans la santé, elle redoute qu'économiquement, les répercussions soient négatives, n'hésitant pas à parler "d'exode de nos territoires par nos jeunes qui partent pour les banlieues ou le Canada..." Le ton a parfois été très vif telle Catherine Conconne qui s'est offusquée de ce que 'on caricature le débat entre "les bons, les anti-alcools et de l'autre, les mauvais, les suppôts de Bacchus". Refusant la vision manichéenne d'un tel débat, elle a plaidé : "La France c'est le vin, nous c'est le rhum !" Rappelant que seuls 8 % de la production est consommée localement, elle a évoqué un patrimoine à sauvegarder à côté d'une filière d'excellence. Face à elle, non seulement, elle a trouvé la ministre de la Santé, mais également son camarade de groupe, le socialiste Bernard Jomier, qui a parlé de consommation quotidienne d'alcool fort dans les DOM 2 ou 3 fois supérieurs qu'en métropole, 5 fois plus de syndromes d'alcoolisation foetale à la Réunion et une forte hausse en Guadeloupe... "Et ce patrimoine, a-t-il demandé, c'est perdu ? C'est pas grave ? La santé publique ne se construit pas sur des taxes, mais c'est un outil pour financer un plan de prévention !" Victorin Lurel (PS Guadeloupe) a rappelé la hausse crument : 40 euros par HAP aujourd'hui contre 557 demain... "C'est beaucoup trop brutal !" Nassimah Dindar (UDC Réunion) est intervenue pour soutenir l'amendement d'Agnès Buzyn en rappelant les problèmes de santé publique mais également les problèmes de délinquance et de violence liés à la consommation d'alcool à la Réunion. Elle a ainsi annoncé qu'un fonds de prévention des addictions existait et que l'Outre-mer pourrait désormais y prétendre...

Des chiffres stigmatisant

"On prend un fusil pour tuer un moustique, a réagi Catherine Conconne, c'est une arme de destruction massive pour tuer une petite production dont 80 % sont exportés. Les problèmes foetaux, les cirrhoses, c'est chez nous et pas ailleurs ? Le rhum pose problème, mais ni le vin, ni le whisky ou le champagne ?"

Agnès Buzyn a tenté de convaincre qu'elle marchait sur ses deux jambes, celle de la prévention et la santé publique et celle de l'économie et de la sauvegarde de la filière, mais quand même : "34 % des accidents corporels sont liés à l'alcool contre 10 dans l'Hexagone..." Reconnaissant que de tels chiffres peuvent être stigmatisant, elle s'est refusée à l'idée que son gouvernement traiterait les Français inégalement en matière d'accès à la prévention des addictions selon que l'on soit d'outre-mer ou pas... Elle a alors précisé que sur les 35 millions que cette cotisation rapporterait, une partie alimenterait le fonds de prévention des addictions et qu'une partie de ce fonds serait fléchée pour l'Outre-mer, "tel que le prévoit, a-t-elle ajouté, le livre bleu Outre-mer". Catherine Conconne lui a rappelé que seuls 0,2 % de la collecte alimentait ce fonds. Et tandis que les sénateurs Magras et Arnell indiquaient leur ralliement à l'amendement de la ministre, Viviane Malet (LR Réunion) suivait leur exemple, mais signalait à Mme Buzyn que dans le livre bleu outre-mer, "il n'y a rien d'écrit sur ce fonds de prévention des addictions".

FXG, à Paris

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17 novembre 2018 6 17 /11 /novembre /2018 05:36
Histoire et monochromes par Jean-François Boclé

Visions monochromes des partages du monde de Jean-François Boclé

Le plasticien martiniquais Jean-François Boclé joue les ubiquistes à Paris, New York et Amsterdam et explore par ses tableaux et installations l'histoire de la domination coloniale.

Un Martiniquais qui enchaîne une performance, un "solo show" en octobre dernier dans le cadre de l'exposition temporaire "Gauguin et Laval en Martinique" au Van Gogh Museum d'Amsterdam, une expo collective sur la culture contemporaine en Caraïbe francophone à la Hunter East Harlem Gallery à New York (du 7 novembre au 2 mars 2019) et une exposition particulière à Paris, à la Maëlle Galerie d'Olivia Breleur (jusqu'au 17 novembre), ça n'est pas si fréquent. Cet artiste, c'est Jean-François Boclé. Il a déjà tapé dans l'oeil des Inrockuptibles avec ses peaux de bananes scarifiées et tatouées et depuis qu'il expose, il explore ce que c'est qu'être un Martiniquais de la diaspora. Cette fois, son travail est un cri qui tient en deux mots, "Monochrome-moi", et en trois tableaux, "Craie blanche sur fond noir". Jean-François Boclé a fait de sa toile un tableau noir de l'école, puis il a pris de la craie et a écrit pendant des jours...

...les grands traités des partages du monde.

Le plus grand format est le traité de Tordesillas de 1494 (ci-dessous).

C'est la question de l'étendue du nouveau monde et de son partage entre Espagnols et Portugais... Le deuxième est le traité d'Utrecht de 1713 (détail ci-dessous). "On le voit sur un format très proche du "carré blanc sur fond blanc" de Malévitch, explique l'artiste...

Là, l'histoire de la peinture se confond avec l'histoire. Cette oeuvre de Malévitch est le premier geste monochromatique du XXe siècle dans la peinture européenne. Et là, tout un traité a été écrit sur une surface de 40 sur 40 cm, d'où le blanc qui est presque total. On ne voit plus le noir du tableau... Ce traité d'Utrecht vient consacrer la paix signée entre la France et l'Angleterre." Et Jean-François Boclé raconte Louis XIV voulant créer son empire avec l'Espagne, et l'Angleterre ne pouvant pas l'admettre. "A partir de ce traité, commence le déclin de l'Espagne et de son empire colonial et démarre la puissance de la flotte anglaise... J'interprète ce traité, explique Jean-François Boclé, comme si un moment donné l'Europe décide de se monochromiser et dire qui est quoi..." Et d'ailleurs dans ce traité, il est aussi question des Amériques, des Caraïbes et donc aussi d'esclavage...

Le troisième tableau est le traité de Paris de 1898 (détail ci-contre) qui fait suite aux guerres hispano-américaines. "Là, il est question d'une colonialité autre avec les Etats-Unis, ex-colonie anglaise, qui développent depuis le milieu du XIXe siècle une doctrine — "la destinée manifeste". Sous prétexte de décoloniser les dernières colonies espagnoles en Amérique, Cuba, Porto-Rico et même les Philippines ou l'île de Guam, ils vont se saisir de tout le continent !"

Blanc sur blanc et décombres

Pour autant, l'artiste refuse de se dire historien dans ce travail : "Je ne convoque rien, j'écris ! Je ne fais pas rentrer l'histoire dans la galerie. Le spectateur voit une tentative de monochromisation d'un support qui renvoie à un tableau noir et une main qui écrit à la craie pendant des jours des traités internationaux." La technique de Boclé consiste à saturer la surface de son écriture, il fait du monochrome à la manière d'un Ryman. Sur le mur blanc de la galerie, il montre alors un 4e monochrome tapi, invisible sur le mur, une ligne de 70 cm de long : "Craie blanche sur mur blanc". L'artiste s'est tenu debout comme un élève face au tableau et il a écrit le traité de Sèvres de 1920, celui qui démantèle l'empire Ottoman.

"Quand on écrit pendant des jours, la craie s'effrite et au sol s'entassent les décombres de l'écriture, les décombres de l'histoire... C'est le fruit de la rencontre entre le mur, la craie et ce traité. Je peux amener le mot Liban... Décombres. Kurdistan... Décombres. Palestine, Transjordanie, Iraq... Décombres. Syrie...  Décombres. Et là, je parle du présent ! Et je découvre dans mon acte ces décombres qui surgissent à Paris à partir de ce traité et je pense à ces nouveaux décombres laissés à Paris, Nice, New York ou Barcelone..."

Amarrar mundele

En complément, JFB présente "Attachement aux quatre coins", une installation vidéo qu'il a créée à Cuba en 2017, déjà installée au Chili, en Bolivie, à Boston : Sur un écran, des mains nouent sans arrêt des drapeaux... 32, autant que de pays qui participèrent à la conférence de Bandung en 1955. Dans la salle, une guirlande de drapeaux noués, allant su sol au plafond, symbolise ces pays non alignés. "J'ai convoqué ce palo mayombé cubain parce que la conférence de Bandung s'est déportée pour devenir la conférence tricontinentale de la Havane. L'Asie, l'Afrique et l'Amérique latine... J'ai choisi Bandung, parce que c'était encore un rêve, tandis que Cuba a été l'échec... Un processus détruit, rendu impossible par l'enlèvement et l'assassinat de Ben Barka dont l'absence a invalidé la tricontinentale. Ce qui m'intéresse là, c'est cette idée d'hétérotopie vaincue..."

Jean-François Boclé conclut ainsi son affaire en mettant ainsi "un rituel vaudou à côté des grands traités édictés". C'est sa réponse artistique aux grandes questions que lui pose l'histoire du monde et des dominations.

FXG, à Paris

Exil aux beaux-arts

47 ans, natif de Fort-de-France, JFB vit d'abord au Saint-Esprit où son père est pharmacien et entrepreneur en bâtiment, puis rue Victor-Hugo à Fort-de-France, avant l'anse Madame à Schoelcher. A 15 ans, quand ses parents divorcent, sa mère l'emmène, lui mais pas ses frères, à Paris. "Elle veut être sûre que je ferai bien des études." Il passe ses vacances au pays où son père le fait travailler afin qu'il soit "dans la réalité".  Il en garde une double hernie discale. Bachelier en 1998, il retourne une année au pays pour gagner un peu d'argent et rentrer ensuite aux Beaux-arts de Bourges puis de Paris.

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15 novembre 2018 4 15 /11 /novembre /2018 06:56
Annick Girardin lors du débat budgétaire sur la mission Outre-mer à l'Assemblée nationale (capture d'écran)

Annick Girardin lors du débat budgétaire sur la mission Outre-mer à l'Assemblée nationale (capture d'écran)

Interview. Annick Girardin, ministre des Outre-mer, malmenée tant par son opposition parlementaire lors de la discussion budgétaire, que par les milieux économiques ultramarins, revient sur les grandes réformes portées par son budget.

"Les outre-mer doivent trouver leur propre modèle de développement"

Le document de politique transversale (DPT) révèle, selon les députés d'opposition, une perte sèche de 1 milliard en 2019 pour les Outre-mer. Ce serait ainsi 500 millions d'euros de moins à La Réunion, 240 millions d'euros de moins en Guadeloupe, 210 millions d'euros de moins en Martinique, et 18 millions d'euros de moins en Guyane. Pouvez-vous nous expliquer ces chiffres pour chacun des territoires ?

Il n’y a aucune baisse des crédits prévus en 2019 pour les territoires d’outre-mer, ils sont même en hausse de 1,5%. Le DPT présente une partie de l’effort spécifique fait par l’État et donc par l’ensemble des ministères en faveur des outre-mer. C’est une annexe informative, complexe par nature, qui regroupe les crédits de près de 90 politiques publiques. La baisse évoquée par certains repose sur une lecture approximative de ce document. Cette année, la présentation du DPT par territoire est différente parce que des réformes sont en cours. De ce fait, un certain nombre de crédits ne sont pas répartis entre territoires (notamment les exonérations de charge et le fonds exceptionnel d’investissement) mais ils existent et seront dépensés ! Par exemple, en Guyane, le budget ne diminue pas de 18 M€, il est en hausse de plus de 100 M€ d’euros, hors ventilation des crédits liés aux exonérations de charges et au fonds exceptionnel d’investissement (FEI). Cette hausse significative sera en réalité plus importante puisque le FEI est en forte augmentation cette année.

Les crédits "non répartis", quoique consacrés aux Outre-mer, passent de 343,7 millions à 1,829 milliard. Comment expliquer cette si forte augmentation et pouvez-vous nous dire ce que vous projetez de faire avec ces fonds, notamment les 1,6 milliards qui proviennent du budget de votre mission ?

Comme je l’ai dit, la hausse des crédits non répartis est liée aux réformes engagées et il est complexe de connaître à l’avance la répartition de certaines dépenses par territoire. C’est le cas par exemple du Fond exceptionnel d’investissement (FEI), qui s’élève à 110 millions d’euros : sa répartition dépend des projets qui seront proposés tout au long de l’année. Grâce aux Assises des Outre-mer, j’ai pu constater l’énergie des territoires à proposer des projets pertinents, mais il n’y a pas de droit acquis dans les territoires. Ma logique, c’est de répondre aux priorités et d’accompagner les projets.

Concernant les exonérations de charge : ces crédits seront bien dépensés pour les outre-mer, mais la réforme est en cours d’examen au Parlement. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs !

Alors que les parlementaires votent actuellement le PLF et le PLFSS, vous êtes encore en train de négocier avec les socio-professionnels. Est-il vrai que la réforme des aides économiques et la suppression du CICE vont aboutir à enchérir le coût du travail, jusqu'à 50 % selon les secteurs ? Vous avez dit qu'il y aurait des perdants et des gagnants. Qui seront-ils ?

Bien sûr, nous discutons avec les acteurs socio-professionnels puisque c'est une réforme majeure pour la transformation des territoires. Le débat parlementaire se poursuit actuellement au Sénat en début de semaine et donnera l'occasion de préciser les contours de cette réforme.

De la même manière, les députés, mécontents de la réforme de l'impôt sur le revenu et l'abaissement du plafond de l'abattement, estiment que vous minimisez le nombre de foyers touchés. Pouvez-vous précisément nous dire qui sera concerné ?

Aucun impact n’est minimisé, nous sommes absolument transparents, les chiffres sont incontestables. 4,34 % des foyers fiscaux ultramarins seront concernés par cette réforme. Tous les foyers qui étaient non imposés du fait de leurs revenus le resteront. C’est une véritable mesure de justice sociale, qui doit nous permettre de mettre la dépense publique au service du plus grand nombre et de réduire les inégalités outre-mer. Elle permet de restituer aux territoires 100% du produit d’un impôt national qui leur échappait : cela ne s’était jamais fait ! Ma responsabilité en tant que membre du gouvernement, c’est de répondre aux besoins de tous.

Le président Macron en a parlé le 28 juin dernier : la sur-rémunération des fonctionnaires sera-t-elle au menu du budget 2020 ?

La sur-rémunération des fonctionnaires n’est pas à l’agenda de ce gouvernement.

Le président Macron dit qu'il vise un changement de paradigme en Outre-mer. Les parlementaires ont plutôt l'impression qu'il veut aligner l'Outre-mer sur le régime général. Comment voyez-vous les choses ?

L’objectif que je me suis fixé, au sein de ce gouvernement, est de porter la voix des outre-mer. Grâce aux Assises des outre-mer, nous avons recueilli l’expression directe de milliers de citoyens, d’entrepreneurs, de porteurs de projets qui nous disent à quel point l’État est attendu. Et les attentes en outre-mer sont claires : une qualité de vie améliorée, plus de services publics, des crèches et des transports, un système de santé performant, des formations et des emplois pour la jeunesse ultramarines, une société moins inégalitaire et plus solidaire.

Ma vision des choses, c'est que les outre-mer doivent, chacun, trouver leur propre modèle de développement, notamment grâce aux projets qui doivent provenir directement des territoires. L’État ne s’y substituera pas. Il a en revanche le devoir de mettre en place toute les conditions pour que les libertés individuelles et collectives s’expriment. Grâce au Livre bleu, le gouvernement et l’ensemble des ministres disposent d’une feuille de route claire pour les outre-mer tout au long du quinquennat.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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15 novembre 2018 4 15 /11 /novembre /2018 06:44
Les trois évêques profitent de la réunion des évêques de France à Lourdes pour s'arrêter à Saint-Sulpice chaque 11 novembre

Les trois évêques profitent de la réunion des évêques de France à Lourdes pour s'arrêter à Saint-Sulpice chaque 11 novembre

Trois évêques pour la communauté antillo-guyanaise de l'Hexagone

La messe annuelle organisée par l'aumônerie nationale Antilles-Guyane (ANAG) s'est tenue ce dimanche 11 novembre en l'église Saint-Sulpice à Paris, comme c'est la coutume chaque année depuis près de quarante ans en présence des trois évêques de Cayenne, Fort-de-France et Basse-Terre.

Monseigneur Emmanuel Laffont (photo ci-contre), évêque de Guyane, se souvient d'y avoir participé la première fois en 1980... Cette messe qui lance officiellement la nouvelle année pastorale de l’ANAG, intervient au lendemain de la réunion à Lourdes des évêques de France. Elle réunit plus de 3000 Antillo-Guyanais, jeunes et moins jeunes, aux côtés de leurs évêques, pour un temps de partage et de prière, "mais aussi un partage d'accras", a plaisanté Mgr Macaire qui, avant de démarrer l'office, s'est livré à une longue cathéchèse ayant pour thème : "Protection – Délivrance – Guérison : Qu’attendons-nous de Dieu ?"

Toujours très écouté, l'évêque de Fort-de-France (photo ci-contre) a mis le public en garde contre la violence, contre la pornographie, contre l'idolâtrie, les marabouts et les quimboiseurs, "même si chez eux, il peut y avoir des sainte-vierge" ! Sa faconde est telle que s'il parlait davantage de vie quotidienne, a observé un observateur fin connaisseur des affaires de l'Eglise, "Saint-Suplice serait encore plus remplie qu'elle ne l'est !"

Dans la nef se trouvaient de nombreux représentants de diocèses d’Ile de France et de province. Les fidèles du diocèse de Saint-Denis (93), conduits par leur vicaire général, ont été rejoints cette année par les délégations des diocèses d’Aix, de Marseille et de Strasbourg.

L’ANAG assure un service d’accueil, d’écoute, d’accompagnement et de formation des Antillais et Guyanais vivant (ou de passage) en France métropolitaine. Elle aide les Antillais et Guyanais à s’insérer dans la vie des églises locales et assure des temps de prière, d’enseignement, des pèlerinages, des «Chanté Noël» et des célébrations eucharistiques.

Après une courte introduction du père Marcel Crépin (photo ci-contre), de l'ANAG, Mgrs David Macaire, Emmanuel Laffont et Jean-Yves Riocreux, l'évêque de Basse-Terre, ont été conduits en procession jusqu'à l'autel où Mgr Macaire a présidé la célébration eucharistique.

FXG, à Paris

 

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13 novembre 2018 2 13 /11 /novembre /2018 06:40
Réparations de l'esclavage : les 2 QPC du MIR rejetées

La Cour de cassation rejette les deux QPC

Conformément à l'avis de l'avocat général et de Mre Marlange, avocat de l'agent judiciaire de l'Etat, la Cour de cassation n'a pas voulu transmettre au Conseil constitutionnel les deux questions prioritaires de constitutionnalité que le MIR, le COFFAD et autres lui ont soumises. La première vise à la loi de décembre 1968 relative la prescription quadriennale de la responsabilité de l'Etat, la seconde relative à la loi Taubira en tant que si elle reconnaît l'esclavage et la traite comme des crimes contre l'Humanité, elle n'autorise ni la sanction, ni la réparation de ces crimes.

Le MIR s'attendait à cette décision et fait savoir qu'il compte poursuivre ce combat entamé il y a 13 ans. La prochaine étape visera donc la Cour européenne des droits de l'Homme.

FXG, à Paris

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12 novembre 2018 1 12 /11 /novembre /2018 05:24
La couverture est signée Richard-Viktor Saincily-Cayol

La couverture est signée Richard-Viktor Saincily-Cayol

Zandwonis éditorialise sur le journalisme en pays colonisé

Il n'y a pas que la Route du rhum qui affiche ses quarante ans au compteur, Danik Zandronis aussi affiche, à travers son livre, "Journaliste en pays colonisé", ses quarante ans d'activité journalistique en Guadeloupe. Le fondateur de Jougwa, Magwa et de Cari Créole News (CCN) a été journaliste à Radio ICS, Eclair TV, la Une Radio et la Une Guadeloupe, Radio Gayak, Canal 10, les Nouvelles étincelles... Mais ne cherchez pas Zandro dans ce qu'il appelle les médias officiels (RCI, l'ex-RFO ou France-Antilles), l'homme qui se définit comme un cari-guadeloupéen reste fidèle à ses engagements : l'indépendance, qu'elle soit professionnelle ou celle de son île... Danik Zandwonis s'est toujours considéré comme un journaliste en pays colonisé. Et pour appuyer le fait, il a appelé Raphaël Confiant en renfort pour préfacer son ouvrage.  En un peu moins de 400 pages, Zandro réédite ses éditoriaux parus entre 2008 et 2017. Pourquoi un tel choix ? Il l'explique ainsi : "Dans un pays colonisé et pas prêt d'être décolonisé, les journalistes sont vraiment les historiens du quotidien." On relit, à l'aune des événements passés, ses éditos enflammés lors de la crise sociale de 2009, ses fausses prophéties sur la fin de RFO, mais on relit aussi non sans déplaisir les traits qu'il décochait à un Yves Jégo, un Toto, un Jako ou une Marie-Luce Penchard-Chevry ! Ses confrères aussi en prennent pour leur grade, souvent à juste raison ! Ce journaliste connaît parfaitement ses sujets et a la mémoire du pays qui coule dans l'encre de son stylo. On peut regretter qu'il ne se soit contenté que de rééditer ses papiers déjà parus à l'instar d'un Jacques Canneval ("Sur la brèche") ou d'un Edouard Boulogne (qu'il honnit), "France, Garde-nous"... Mais, nous a-t-il confié, il est déjà en train d'écrire la suite et, promet-il, "quand ça sortira, j'irai me planquer à Singapour !"

FXG, à Paris

"Journaliste en pays colonisé", édition Nestor, 373 pages, 23 euros

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11 novembre 2018 7 11 /11 /novembre /2018 07:22
Le 21 septembre dernier à l'Olympia, Wallès Kotra et la ministre des Outre-mer assistaient au "lac des cygnes" de la chaîne France Ô

Le 21 septembre dernier à l'Olympia, Wallès Kotra et la ministre des Outre-mer assistaient au "lac des cygnes" de la chaîne France Ô

Delphine Ernotte annonce la fin de France Ô pour mi 2020

C'était mardi 6 novembre après-midi, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte s'est rendue au siège de France Ô, à Malakoff (92), pour s'adresser aux personnels. Elle leur a ainsi annoncé officiellement que les émissions de France Ô sur la TNT prendrait fin à la mi 2020. La décision de libérer le canal de France Ô (et de France 4) sur la TNT a été prise par le président de la République en juin dernier, alors même qu'une commission d'expert planchait sur le sujet et était encore auditionnée par la délégation outre-mer du Sénat en juillet dernier. Par la suite, une commission aurait dû être installée. Elle a été programmée hélas en plein remaniement ministériel, ce qui fait que Franck Riester, le nouveau ministre de la Culture, a préféré l'ajourner sine die. Visiblement la direction de France Télévsions n'a pas à s'embarrasser des travaux de cette commission fantôme, ni semble-t-il, du vote des parlementaires, puisque Delphine Ernotte a d'ores et déjà prévenu tout le monde pour le "final curtain". En fait, soulignait un salarié de la chaîne en sursis après la réunion de mardi, "au-delà de la fermeture et des coupes budgétaires imposées par le gouvernement, le problème de France Ô, c'est son directeur..." A mots couverts, des salariés de la chaîne de Malakoff qui surnomment leur patron, "le directeur édredon", ou le "Nounours" de "Bonne nuit les petits", lui en veulent de n'être jamais monté au créneau pour défendre la chaîne : "On ne le voit jamais, il parle pour ne rien dire et n'a pas soutenu la chaîne." Un autre précise : "C'est pour cela que le personnel a voulu voir Ernotte, parce que lui n'a aucune réponse à apporter..." Delphine Ernotte, elle, a parlé du soutien aux stations d’outre-mer, de l’existence d’une rédaction-agence à Paris pour ces stations et surtout de la visibilité des outre-mer sur les antennes nationales. Toutes idées qui devraient être confortées dans le contrat d'objectifs et de moyens (COM). Pour l'heure, le siège du Pôle outre-mer de France TV, est déjà en train d’être déménagé : les services généraux sont transférés au siège de France TV dans le 15e arrondissement et le courrier est fermé. Plus aucune production ne devrait non plus être engagée... L’actionnaire principal qui assure que les stations La 1ère sont exemplaires pour l’ensemble de l’audiovisuel public, y supprime, selon les syndicats, 30 emplois et diminue de 100 000 euros le budget de production locale de chacune des neuf stations.  Vivement que la commission France Ô soit enfin installée !

FXG, à Paris

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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 07:07
La fin de France Ô, c'est pour mi-2020

Le patron de France Ô veut croire que France télévisions c'est aussi chez nous

France Ô s'arrêtera mi 2020 a annoncé Delphine Ernotte, mardi 7 novembre aux personnels de Malakoff

Pour Wallès Kotra, son directeur, l'enjeu de cette disparition, c'est la visibilité de l'Outre-mer dans les informations, le numériques et les chaînes nationales.

En voulant l'émission "l'Outre-mer fait son Olympia", le directeur du pôle Outre-mer de France Télévisions, Wallès Kotra, disait "venons faire du bruit", quand la plupart de ses collaborateurs de France Ô et nombre d'Ultramarins s'inquiètent de l'avenir de la visibilité de l'Outre-mer sur le service public... "Même sans la chaîne France Ô, dit-il, on reste là et on va être présents !" Le patron de la future disparue estime que plus que le canal, l'important, c'est le contenu. Mais ces mêmes contenus que Wallès Kotra a développés depuis sa nomination en 2016, où seront-ils visibles après juin 2019 ? "C'est compliqué la visibilité de l'Outre-mer, réagit-il. La disparition de France Ô est quelque chose de violent pour nous, il faut tourner la page et écrire l'histoire pour le 20 ou 30 prochaines années." Trois pistes de réflexion s'offrent aujourd'hui : la première, c'est l'information qui doit être plus présente sur les chaînes nationales et le numérique.  Nous sommes ambitieux, explique Wallès Kotra. Nous préparons le référendum du 4 novembre en Nouvelle-Calédonie : que vont faire France 2 et France 3 ? Quelles sont les opérations communes que nous allons faire ? C'est une sorte de préfiguration de ce qu'on fera après y compris sur le quotidien, la rentrée scolaire, les vacances..." La réflexion actuelle serait d'intégrer à la rédaction commune de France télé des "gens spécialement chargés de l'outre-mer". La rédaction de Malakoff a vocation à continuer son travail avec les stations, le numérique mais également avec les autres chaînes.

La deuxième piste, c'est le chantier numérique : "Nous avons un an devant nous pour définir quelle offre numérique on va proposer pour l'outre-mer. Faut-il une plateforme, de quel type et comment être présent sur les plateformes du groupe, France.tv et les 1ère ?"

La visibilité par les autres

Le troisième axe de réflexion, c'est la présence des Outre-mer sur les chaînes nationales qui restent, France 2, France 3 et France 5 ? "Nous créerons une unité de contenu à côté des autres, mais il ne faut pas vendre la peau de l'ours, prévient le patron de France Ô ! On va s'organiser pour prendre notre place. On va rentrer dans les fictions, dans les documentaires parce que France 2, France 3 et France 5, c'est aussi notre groupe, chez nous !" Quand Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions est venue chercher le directeur de Nouvelle-Calédonie la 1ère, il n'est pas, de son propre aveu, venu pour ce travail là... "Mais, puisque je suis là, concède-t-il, travaillons à cette refonte !" Sa conception de l'outre-mer, ce sont des identités mais également un besoin de reconnaissance, "c'est-à-dire la visibilité par les autres. Et si on perd ça, on n'est plus tout à fait des citoyens, mais des citoyens de seconde zone." Comment faire partager ce que sont les outre-mer sans avoir l'impression de s'imposer ? Voilà l'enjeu. Wallès Kotra rappelle que l'Outre-mer a déjà vécu de telles choses, quand '"l'Outre-mer existait, mais n'était un meuble, c'est l'esclavage ; quand il existait mais ne votait pas, c'est l'indigénat". Et aujourd'hui, cela peut encore exister quand un département d'outre-mer est bloqué pendant deux mois et que les chaînes nationales n'en parlent pas... "L'enjeu, poursuit Walles Kotra, ce n'est pas seulement le remplacement de France Ô, c'est cette question de visibilité qu'il faut traiter sur le numérique, dans l'information et sur les programmes."

Qui accompagnera les personnels de France Ô pour faire cette révolution ? Wallès Kotra assure qu'il n'est pas sur le départ même si pour lui ce n'est pas lié à des enjeux de personne. "Nous, conclut-il, on est parti pour coloniser la métropole ! Nous voulons partager ce que nous sommes."

FXG, à Paris

Une motion de défiance

"Qui aujourd'hui dirige la direction de Malakoff ? Quelle est la marge de manoeuvre réelle des cadres de cette rédaction ? Quelle place est réservée aux journalistes et techniciens dans le dispositif du directeur des contenus du pôle outre-mer ?" Ces questions ont été validées le 1er octobre par 71 journalistes de la rédaction de France Ô dans une motion de défiance contre la direction des contenus, fonction occupée par Daniel Grillon. La réaction est bien plus violente que celle postérieure à l'annonce de la fin de France Ô sur la TNT. Que s'est-il donc passé à Malakoff, siège de France Ô et de sa rédaction ? Le 27 septembre, le directeur des contenus a annulé la diffusion du journal télévisé Infosoir vingt minutes avant l'heure pour le remplacer par l'édition de Martinique La 1ère en invoquant la visite du président de la République en Martinique. "Ce qui est en cause, écrivent les signataires, c'est l'absence de concertation et de travail en commun. D'abord avec la hiérarchie de l'information : le directeur de la rédaction de France Ô, le directeur adjoint des rédaction ont été mis devant le fait accompli. Ensuite avec les personnels de la rédaction qui n'ont jamais été informés du bouleversement de l'antenne." Dans le contexte de la fermeture annoncée de France Ô, ceci a été vécu comme "une marque d'irrespect" et de "mépris" qui "accentue un climat déjà très anxiogène".

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9 novembre 2018 5 09 /11 /novembre /2018 06:02
Les socio-pros négocient les charges salariales

Pierre Marie-Joseph, pdg de GPMJ, participait à une réunion technique, hier au ministère des Outre-mer, avec des socioprofessionnels de Saint-Martin, de la Guyane et de la Réunion. L'enjeu, les exonérations de charges sociales.

"Il y aura des gagnants et beaucoup plus de perdants"

Etes-vous parvenu à faire baisser le coût du travail ?

Vous savez que le CICE doit être transformé en exonérations de charges or, nous constatons déjà une perte à ce niveau puisque nous avions, par rapport à la métropole, un différentiel, puisque nous bénéficions d'un taux de 9 % de CICE, or aujourd'hui, nous sommes ramenés au taux général de 6 %... Nous perdons déjà 3 points sur les exonérations de charge. Bien sur c'est une exonération, donc elle sera immédiate contrairement au CICE qui était remboursé un an après, voire deux. Par ailleurs, il y a des exonérations supplémentaires qui doivent être accordées à partir des mois de janvier et d'octobre, mais elles seront elles aussi alignées sur le droit commun. Et puis, il y a d'autres exonérations qui vont concerner les secteurs exposés, dits ex-LODEOM... Mais là, nous avons une diminution des plafonds, ce qui fait que nous aurons des aides qui seront inférieures à l'existant.

Le différentiel atteint-il réellement 5 à 20 % comme l'ont annoncé certains parlementaires ?

Le différentiel peut être important... Le problème, c'est que nous travaillons en micro-économie alors que le gouvernement raisonne en données macro-économiques, donc en voyant des masses... Sur la masse effectivement, le gouvernement parle toujours d'une enveloppe constante, d'une périmètre constant. Ca rend l'équation compliquée...

Un accord est-il possible ?

Il faut d'abord qu'on trouve un accord sur les masses financières, le nombre de sociétés... Le cabinet Mazars (mandaté par la FEDOM, NDLR) a fait des demandes au directeur de la CGSS afin qu'il lui transmette des informations sur des masses salariales par rapport aux exonérations de charges entre 1 et 1,3 SMIC, 1 et 1,4 SMIC... Cela nous permettra de faire un travail approfondi puisque pour l'heure, nous ne sommes pas d'accord sur les chiffres, tant ceux qui concernent les effectifs que les montants des masses.

Imaginez-vous pouvoir revenir à des exonérations sur des salaires allant de 2,4 à 3,5 SMIC ?

Ce sera peut-être très difficile, mais ce que le gouvernement ne cesse de répéter, c'est qu'il travaille à périmètre constant. Maintenant, il se dit prêt à analyser toutes sortes de propositions à partir du moment où il ne va pas augmenter l'enveloppe. Pour le moment nous devons nous mettre d'accord sur les chiffres des une et des autres, ce qui sera fait jeudi. Nous devons nous revoir ensuite mardi prochain par visioconférence et mettre au point alors les amendements que le gouvernement déposera au Sénat ou en commission mixte paritaire ou en deuxième lecture à l'Assemblée nationale...

Cet enjeu peut aller du simple au double pour les coût du travail selon les entreprises ?

Ca peut aller jusqu'à doubler le coût du travail. La ministre l'a dit : Il y aura des perdants et des gagnants, en tout cas, ceux qui vont perdre peuvent perdre beaucoup !

Qui seront ces perdants et ces gagnants ?

Ceux qui auront des salaires d'agents de maîtrise et de cadres seront les plus gros perdants et ceux qui auront surtout des bas salaires seront moins perdants. Il y aura beaucoup plus de perdants qu'on ne croit parce que sur les Antilles, n'oublions pas que nos salaires sont quand même relativement élevés et les salaires entre 1 et 1,3 SMIC dans l'industrie ne sont pas les plus nombreux.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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8 novembre 2018 4 08 /11 /novembre /2018 07:53
Le Mouvement international pour les réparations en Cassation

La loi Taubira du 21 mai 2001 n'est-elle qu'un trompe-l'oeil ?

Le MIR demande à la Cour de cassation de transmettre la loi Taubira au Conseil constitutionnel suite à l'arrêt de la cour d'appel de Fort de France  du 19 décembre 2017 qui l'a débouté de toutes ses demandes de réparation pour le crime de l'esclavage.

Ce sont deux questions prioritaires de constitutionnalité qui ont été déposée par le Mouvement international pour les réparation (MIR), mais également le Conseil mondial de la diaspora africaine ou le Collectif des filles et fils d'Africains déportés (COFFAD), devant la première chambre civile de la Cour de cassation. A charge pour cette instance de les transmettre ou pas au Conseil constitutionnel. Cette démarche fait suite à l'arrêt prononcé par la cour d'appel de Fort-de-France le 19 décembre 2017 qui a rejeté les demandes des plaignants qui réclamaient réparation du préjudice subi par le peuple martiniquais durant l'esclavage et 200 milliards, arguant de la prescription des faits malgré la loi de 1968 sur la prescription quadriennale de la responsabilité de l'Etat et celle du 21 mai 2001, dite loi Taubira, reconnaissant l'esclavage et la traite comme un crime contre l'humanité. "Nous attendons d'avoir gain de cause, a expliqué Me Spinosi qui a plaidé pour obtenir la saisine du Conseil constitutionnel. Nous mettons en cause essentiellement la loi de 2001 qui reconnaît que l'esclavage est un crime contre l'humanité, mais ne permet pas pour autant la réparation aux ayant-droits d'esclaves et aux associations qui les représentent. Pour nous, c'est inconstitutionnel. Il faut qu'il y ait une réparation, quelle que soit la forme, mais il faut que le Conseil constitutionnel consacre le droit à réparation des victimes de l'esclavage." Face à lui, l'avocat général a joué sa partie, c'est-à-dire qu'il a demandé aux juges de la Cour de déclarer irrecevable les deux QPC et en tout cas de ne pas transmettre celle relative à la loi Taubira. "Il y a eu des faits d'esclavage, a plaidé Me Spinosi, la France y a participé, donc la France doit proposer une réparation." Il n'a pas hésité à parler de la loi Taubira comme d'une loi en trompe-l'oeil : "Elle reconnaît à la fois le crime de l'esclavage, le qualifie de crime contre l'humanité, mais elle ne fait rien de cette qualification, elle dit qu'il n'y a aucune conséquence... C'est une loi simplement déclarative donc oui, c'est une loi en trompe-l'oeil ! C'est bien de reconnaître, mais sans réparation, la responsabilité n'a pas véritablement de sens."

Une loi symbolique sans portée normative

Me Ambroise Marlange, avocat de l'agent judiciaire de l'Etat, est venu porter la contradiction à Me Spinosi : "La loi de 2001 qui reconnaît l'esclavage crime contre l'humanité est une loi symbolique, mémorielle et qui n'a pas de portée normative par conséquent, on ne peut appuyer sur cette loi aucun mécanisme de répression ou de réparation." L'avocat général a conclu dans le même sens...

Il est vrai que les plus hautes juridictions, tant le Conseil d'Etat que la Cour de cassation et le Conseil constitutionnel se sont déjà prononcés sur certains aspects des questions soulevées... "Sauf, argumente l'avocat du MIR, que la question que nous posons c'est le fait que la loi ait exclu la réparation. La loi refuse de proposer toute réparation ! Que derrière la loi, les juridictions considèrent qu'il n'y a pas de réparation, c'est normal, mais nous nous situons au-dessus ! Nous voulons interroger directement le Conseil constitutionnel en demandant si cela est bien possible. La loi peut-elle poser en principe qu'il y a eu un crime contre l'humanité, mais derrière dire que l'Etat ne peut être responsable et qu'on ne peut engager une quelconque action en réparation."

La présidente de la première chambre civile de la Cour a annoncé qu'elle rendrait sa décision dès ce jeudi. Mais au-delà de cette procédure avec ses QPC, le MIR a déposé un recours au fond contre l'arrêt rendu par la cour d'appel de Fort-de-France. Ce recours n'est pas encore tranché et précise Me Spinosi : "Nous avons d'autres arguments à faire valoir et le MIR continuera son action juridique vers d'autres tribunaux."

FXG, à Paris

Il a dit

Garsin Malsa, président du MIR : "Nous allons faire respecter notre humanité"

"Je suis très satisfait de la mobilisation des gens ici, autour de moi, très satisfait de la plaidoirie de Me Spinosi. De toutes façons, je ne m'attends pas à grand chose de la part de l'Etat. L'Etat ne va pas se déjuger, mais ce que l'Etat doit savoir, c'est qu'il y aura de plus en plus de mobilisations autour de cette affaire et nous irons s'il le faut le plus loin possible, jusque devant la Cour européenne des droits de l'Homme, parce que nous n'acceptons pas ce déni de justice, nous n'acceptons pas d'être "injugés". Il y va pour nous de notre dignité, de la responsabilité de notre humanité et par conséquent, nous allons faire respecter notre humanité."

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