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8 novembre 2018 4 08 /11 /novembre /2018 07:24
Route du Rhum - Avant le départ

La Guadeloupe fait son show à Saint-Malo

La Guadeloupe a déployé à Saint-Malo sa production locale, ses entrepreneurs, ses artistes, ses élèves, ses élus et... ses skippers.

"Tous les produits que nous exposons à Saint-Malo sont en vente chez Auchan, Simply Market..." Il n'était pas peu fier, Patrick Vial-Collet, président de la CCI des îles de Guadeloupe, d'expliquer le partenariat signé avec l'enseigne Auchan et qui a été dévoilée mercredi dernier à Fontenay-sous-Bois en région parisienne. "C'est la première fois, explique le président Ary Chalus, que les rhums et les produits de la Guadeloupe sont revendus dans les 160 magasins Auchan et les 200 Simply Market en France."

D'année en année, les acteurs économiques guadeloupéens cherchent à tirer toujours mieux profit de l'événement de la Route du rhum-Destination Guadeloupe. Cette fois, la création du Club Rhum a permis à de nombreuses sociétés désireuses d'investir de 2 000 à 10 000 euros d'entrer dans l'opération. C'est ce qui explique, entre autres, la présence de nos 50 exposants guadeloupéens. Eric Koury, dont la société Air Antilles a misé sur un bateau, celui de David Ducosson, rappelle qu'il y a 28 ans, seule la société Rainouard était associée au Rhum...

"Aujourd'hui, explique le président de la CCI, nous surfons sur cette Route du Rhum dès le départ et, bien sûr, à l'arrivée... Cette fantastique arrivée que l'on attend et qui va permettre à notre destination d'avoir tous les projecteurs sur elle." Mais les entrepreneurs ne sont pas les seuls à être impliqués. "Les Guadeloupéens, poursuit Patrick Vial-Collet, se sont appropriés la Route du rhum, c'est leur Route du rhum et si à Saint-Malo, c'est la Route du rhum des Maloins, à l'arrivée, ce sera la Route du rhum des Guadeloupéens !"
Car si les Maloins ne se déplacent pas vraiment en Guadeloupe pour l'arrivée, c'est en grand nombre que l'on croise les Guadeloupéens dans la cité corsaire.

"Le monde économique est bien représenté, explique David Arnoux de la CCI, parce qu'il est là pour tirer la destination et mettre en avant son attractivité. On a tout pout briller et recevoir plus de tourisme, on a les hôtels, les compagnies aériennes et surtout le peuple qu'il faut pour ça !"

Peu de Maloins à l'arrivée

Il observe que sportivement, la course s'améliore d'édition en édition, avec une participation plus forte, une organisation bien rodée, mais économiquement, il est plus nuancé : "Vous dire qu'on a des répercussions tout de suite, non ! La preuve, à l'arrivée, les Maloins ne se déplacent pas avec leur village économique comme nous le faisons. Nous sommes venus à Saint-Malo avec plus de cinquante sociétés qui dépensent et prennent le risque de venir s'exporter pour montrer nos savoir-faire. Chez nous, on va dire que l'année qui suit une Route du Rhum, on a des répercussions, parce que les gens qui visitent le village à Saint-Malo, ça leur donne envie... On peut dire que l'année qui suit, on a une augmentation de visiteurs... bretons."

Dans les rues de la ville, sur les quais, on croise les Toumblak, les Nasyon a Neg maron et même le groupe carnavalesque Hibiscus-Trois-Rivières composé de Guadeloupéo-Maloins ! Et quand ce ne sont pas des musiciens ou des tanbouyés, ce sont des élèves que l'on croise dans les remparts de la ville ou sur les pontons. Pas moins de 250 jeunes sont venus des lycées hôtelier du Gosier, Blanchet de Gourbeyre, Gissac de Sainte-Anne, des collèges de Morne-à-l'Eau, Anse-Bertrand, Goyave et même d'écoles primaires dont une de Sainte-Rose...

Tout ce beau monde fait dire à Claude Bistoquet : "Ca veut dire qu'on a bien fait d'accueillir la Route du Rhum en 1978 et de l'accepter !" L'ancien skipper n'a pas oublié que la plus belle des transats avait été proposée à la Martinique d'abord et qu'elle l'avait refusée ! "Ceux qui l'ont refusée la première fois, s'en sont mordus les doigts depuis..."

FXG, à Saint-Malo

Chalus et les ministres à Saint-Malo

Depuis jeudi, le président Chalus est sur la brèche puisqu'il devait, avec Claude Renoult, le maire de Saint-Malo, accueillir la ministre des Outre-mer pour une série de baptêmes de navires (Carl Chipotel, David Ducosson et Willy Bissainthe) et une longue déambulation dans les allées du village Guadeloupe. Ary Chalus et Claude Renoult se sont aussi vus un peu longuement à la mairie de Saint-Malo. Le président Chalus souhaite mettre en place avec le maire "une belle coopération" entre la ville corsaire et la Région au-delà de ce rendez-vous quadriennal : "Nous voulons qu'il y ait aussi des relations chaque année avec Saint-Malo, insiste Ary Chalus. Jeudi soir, le président a reçu au palais du Grand-large pour un cocktail dinatoire les élus bretons et guadeloupéens (dont les sénateurs Théophile et Magras, les représentants des îles du Sud ainsi que le premier vice-président du conseil départemental), la ministre des Outre-mer, les représentants des chambres consulaires et leurs homologues d'Ille-et-Vilaine, mais également les skippers et les 50 exposants guadeloupéens, soit quelque 350 personnes.

Samedi, le président a rencontré la ministre des Sports, Roxana Maracinéanu, avec qui il a évoqué ce qu'il reste du plan Kanner sur les équipements sportifs. Le plan Kanner représentait à l'origine 20 millions d'euros qui ont été victime d'évaporation pour devenir 13 millions d'euros. Le président Chalus a assuré qu'il serait vigilant sur le CREPS, la piste d'athlétisme et le gymnase... La ministre des Sports a annoncé sa prochaine venue en Guadeloupe.

Le restaurant du lycée hôtelier du Gosier

 

62 élèves et professeurs du lycée hôtelier du Gosier ont investi le restaurant central du village Guadeloupe au coeur du port de Saint-Malo. Christian Maunet, chef de projet, Jean-Philippe Giry, directeur délégué à la formation professionnelle et technique, ont chargé leurs élèves d'assurer cuisine et service. En arrière-salle, le prof de cuisine Jean-François Sans a mis aux pianos Jérica Joséphine, Jélissa Moulin, Yesileney Perez et Méryl Juliassaint.

 

Les pompiers sur les quais

Ils sont venus soutenir Carl Chipotel, l'un des leurs ! Le lieutenant-colonel Alain Tirolien, le colonel Gilles Bazir, le colonel Gilles Bissainthe (le cousin de Willy et président de l'Union départementale des sapeurs-pompiers de Guadeloupe), Claude Magloire, le 3e vice-président du SDIS, et le lieutenant Steve Phéron, responsable du service communication du SDIS.

Carl et son pote Missié Sadik

Si La ministre des Outre-mer, le président Ary Chalus et sa vice-présidente Marie-Luce Penchard, ont honoré de leur présence le baptême du bateau Pep Gwadloupe de Carl Chipotel, ce dernier s'enorgueillissait surtout de la présence à bord de celui qu'il considère comme le vrai parrain de son bateau, Missié Sadik !

Guadeloupe, capitale mondiale du rhum

Ce pavillon qui ferait verdir plus d'un Martiniquais devrait être officiellement dévoilé à la mi-novembre en Guadeloupe. Pour l'heure, on l'aperçoit au-dessus des bassins mais également sur la tyrolienne installée par la marque Charral au coeur des bassins de Saint-Malo. De quoi s'agit-il ? Pour l'heure, c'est secret, mais il semble que ce mystère annonce des projets pharaoniques. Messieurs les Martiniquais, vous voilà avisés !

Trophée 98 secondes

Loïck Peyron, vainqueur sur Ultime de la Route du Rhum 2014, repart pour la 11e édition, mais cette fois à bord d'un tout petit trimaran, mais pas n'importe lequel. C'est le sistership ou presque du trimaran jaune Olympus à bord duquel le Canadien Mike Birch a gagné la première édition en 1978. Mais Loïck Peyron n'est pas le seul à partir sur les traces de Birch puisque Charlie Capelle part lui aussi sur le sistership d'Olympus. D'ailleurs, c'est Mike Birch qui a parrainé son navire vendredi après-midi. Et comme jamais deux sans trois, Pierre-Antoine court lui aussi sur un trimaran similaire. En vertu de cette concordance, un trophée 98 secondes signé par Mike Birch sera remis au premier des trois trimarans à passer la ligne. Attention, le Kritter V Socomore de Bob Escoffier, c'est-à-dire l'ancien bateau de Michel Malinovsky est aussi dans cette course !

Rodolphe Sepho et les collégiens de Matéliane

Rodolphe Sépho a pris le temps, malgré le rush des derniers préparatifs avant départ, de recevoir jeudi une classe de 5e du collège de Matéliane à Goyave. C'est le collège où Rodolphe a été scolarisé à l'adolescence ! Accompagnés de leur assistant d'éducation, Nahala Delver, les quinze élèves sont arrivés lundi dernier à Saint-Malo et n'en repartiront pas avant lundi 6 novembre. Outre la visite du Class40 qu'il a fallu faire par groupe de trois, les collégiens ont participé à une course d'aviron. Les fills ont fini 5e, les garçons 8e ! Mais eux, ce qui leur importe de voir arriver Rodolphe avec le meilleur classement possible !

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8 novembre 2018 4 08 /11 /novembre /2018 06:04
L'abolition de l'esclavage à Marie-Galante

Bientôt un film sur la mare au punch

Albert Pigot, producteur, comédien et metteur en scène, s'apprête à porter à l'écran l'histoire de la mare au punch en s'inspirant librement de l'oeuvre du Marie-galantais Bernard Leclaire.

Albert Pigot a participé à une dizaine de longs-métrages aux Antilles avec Christian Lara et c'est alors qu'il tournait un documentaire avec Gérard César que ce dernier lui présente Bernard Leclaire. Le Marie-Galantais a publié "La mare au punch" et vient de resortir "Le procès de Marie-Galante" chez Idem. C'est décidé, Albert achète les droits. Ce qui lui plaît, "c'est le décor et l'humanité, le courage de ces gens, le souffle qu'ils ont eu pour se révolter, se construire... Alors que les esclavagistes passent leur temps à détruire les familles considérées comme un microcosme de rébellion..."

Le film se passe juste après la seconde restauration, sous la monarchie de juillet. "La première ordonnance de Louis-Philippe 1er demande à ce que tous les esclaves aient une instruction religieuse. C'est le tollé général chez les colons..." D'ores et déjà le réalisateur est résolu sur le niveau de violence qu'il va devoir montrer à l'écran : "Il faut montrer la violence qu'ont subi ces gens ! Le film Django de Tarantino l'a montré, mais très peu par rapport à la réalité..." Albert Pigot veut ainsi poser la question de la liberté : "Quelle est-elle cette liberté à laquelle ils n'ont pas eu accès puisqu'on les a extradés de leurs terres et de leurs traditions ? Sans montrer la violence, on ne peut la comprendre..." La révolte des esclaves de Marie-Galante, Pigot veut en faire une polyphonie. Il y a la révolte menée par Alonzo, le héros, celui qui va mettre le feu et partir en marronnage ; il y a la résistance, la révolte par l'alphabétisation avec le personnage de Lilas. "Dès le début du film, un vieux domestique glisse quelque chose dans un panier à une jeune fille qui étend du linge... C'est Lilas qui va apprendre à lire sur les registres des habitations..." Le troisième point de vue de la révolte, c'est la foule, la liesse populaire, "la volonté des femmes et des hommes de vouloir créer la famille et de ne plus être séparés comme des bestiaux". Il y a encore Abeline, la nièce de l'épouse de Pamphile, le colon. Elle est claveciniste et a reçu un premier prix en jouant du chevalier de Saint-George... Abeline va prendre, par empathie, le parti des esclaves. "Il y a ainsi une polyphonie des résistances qui se met en place", explique le réalisateur.

 

Un film en forme de cri

Trois ans après le lancement du projet, Albert Pigot donne les dernières retouches à son scénario. Le commission régionale du CNC lui a donné l'aide au développement et il est aujourd'hui en préparation pour un tournage qu'il espère démarrer en 2020. Evidemment, le décor sera Marie-Galante : "Il va falloir qu'on construise des cases en gaulettes..." L'habitation dans le film, c'est Pirogue. Sans dévoiler son casting, Albert Pigot promet qu'il y aura Firmine Richard et assure avoir l'accord de Patrick Timsit pour jouer le vilain colon, Pamphile.

Pour l'heure Albert Pigot parle de ce film comme d'un cri, "un vrai cri" ! Pour lui, pas question d'esthétiser la souffrance comme a pu le faire son ami Christian Lara !

Auparavant, Albert Pigot a réalisé "Sur les traces de Louis Delgrés" et "De l’ombre à la lumière : Les parlementaires ultramarins et sénégalais, de la Révolution française à nos jours" qui lui ont donné de rencontrer Aimé Césaire, Jacques Adélaïde-Merlande, Frédéric Régent ou Félix Rodes !

Dans "La mare au punch", Albert Pigot nous promet une dernière scène près de la mare flambée au rhum pour donner une dernière scène cathartique : "C'est la liberté, mais quelle liberté ? Une liberté en miroir de celle des blancs ? Non ! dans mon film, le héros assure qu'il ne veut pas de cette liberté de costume fabriquée sur le sang, même si c'est hélas celle à laquelle ils auront droit... De quelle liberté s'agit-il ? C'est la question du film."

FXG, à Paris

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7 novembre 2018 3 07 /11 /novembre /2018 12:27
Daniel Grillon parle de l'avenir de France Ô...

Daniel Grillon, directeur des contenus du pôle outre-mer de France télévision, s'exprime sur l'évolution de France Ô

"Le numérique nécessite d'être dans l'audace"

France Ô va disparaître mi-2020 et tout l'Outre-mer la pleure déjà !

L'État actionnaire n'a pas dit : France Ô disparaît,  mais la TNT a vocation à  s'éteindre d'ici 2020,  un peu comme si on était sur l'autoroute et que nous changions de voie pour passer sur le numérique.  Et cette autoroute du numérique, nous avons l'intention de continuer à l'occuper.  Le numérique est déjà très puissant sur le pôle outre-mer.  La plate-forme de France télévisions fait largement place à nos productions.

Le numérique va-t-il réellement permettre à l'Outre-mer d'être plus vu que sur la TNT ?

Il s'agit d'amplifier un mouvement qui existe déjà depuis plusieurs années.  France Ô existe déjà sur d'autres canaux. Ce qui ne change pas,  c'est le cœur et l'ADN de ce que nous sommes... Comment faire en sorte que la visibilité des outre-mer soit totale sur tous nos supports, nos radios, nos télévisions... D'ailleurs on va les renforcer ! La puissance des 1ère dans les territoires est réelle et reconnue.  Mais comment faire en sorte que France Ô continue à exister sur le numérique pour la partie France Ô qu'on a l'habitude de voir sur la TNT,  comment faire en sorte que la visibilité soit réelle ? Comment faire en sorte que dans les mois et années qui viennent,  la visibilité de l'outre-mer soit renforcée sur les chaînes qui resteront sur la TNT après 2020 : France 2, France 3, France 5... Nous allons valoriser d'un point de vue éditorial, à la fois nos programmes, nos informations en renforçant notre visibilité dans les territoires, mais également par une forme de reconnaissance qui passe par des diffusions de nos programmes sur l'ensemble des antennes de TV5 monde. Je ne parle même pas de Culture box qui, dans son essence même et depuis sa création, est déjà naturellement un relais de nos programmes... C'est ça notre obsessions.

Est-ce que si nous étions 2021, France 2 pourrait diffuser "L'outre-mer fait son Olympia" ? N'est-ce pas une partie de votre mission, vous qui êtes directeur des contenus Outre-mer de France Télévisions et non pas seulement de France Ô ?

Moi je suis directeur des contenus pour l'outre-mer,  les radios, les télés le Web,  mais je ne suis pas le directeur du contenu de l'ensemble de France télévisions puisque vous savez qu'il y a Takis Candilis qui vient d'arriver comme directeur général délégué à l’antenne et aux programmes auprès de Delphine Ernotte. Ce que je peux vous dire, c'est que nous ne nous interdisons rien et pour être plus précis,  nous nous autorisons tout ! Delphine Ernotte est très claire : la visibilité de l'outre-mer est une stratégie qui a toujours existé, qui doit être assumée et renforcée. D'ailleurs l'État actionnaire ne fait que relayer ce qui était déjà une volonté de la présidence de France télévisions.  Alors vous me demandez si France 2 ou France 3 pourrait diffuser un programme comme "l'Outre-mer fait son l'Olympia" ? Pour cette année, c'est un peu juste, mais dès l'année prochaine,  nous discuterons très naturellement avec toutes les antennes pour voir quelle visibilité, quelle production associée nous pourrions envisager.  Tout est ouvert  en ce qui concerne ce type d'événement.

Ça pourrait être la même chose avec une série comme "Cut" ?

Les restrictions par genre,  parce que là vous êtes sur la fiction, se mènent de façon globale au sein des équipes de chaque télévision.  Je n'ai pas l'intention de parler à leur place, je dis simplement que cette visibilité, elle s'autorise tout ! Elle regarde tout ! Je ne vous annonce rien en disant ça, simplement l'ensemble France télévision est une grande famille qui doit chercher comme d'habitude à exposer ce qu'elle a de meilleur dans une logique de grille,  de multi-grille et de complémentarité de chaînes...

A côté de ceux qui regrettent la fin de France Ô sur la TNT, d'autres veulent croire que c'est une chance eu égard au fait que la télévision est un média déjà vieux auquel la jeunesse tourne de plus en plus le dos. Qu'en pensez-vous ?

Quand on est le service public,  on s'adresse à tout le monde. Qu'est-ce que ça veut dire de faire des choses pour les jeunes ou pas ? Attirer les jeunes ou non ? Les jeunes aiment être captés  par des moyens de diffusion autres que les télévisions, comme les smartphones, mais  mais ils peuvent revenir vers des supports plus classiques  pour partager ça en famille.  Qui est capable de dire ce que ce sera réellement l'évolution du numérique par rapport à la télévision  dans les prochaines années ? Il y a incontestablement un mouvement capté par les jeunes,  notamment par les UGC (« User Generated Content » ou « contenu créé par les utilisateurs », ndlr), à la fois de façon passive parce qu'ils regardent beaucoup de choses et de façon active parce qu'il s'expriment.  L'un des enjeux chez nous,  c'est  probablement plus que toucher la jeunesse par des canaux quels qu'ils soient,  c'est aussi lui donner la parole, qu'elle participe à quelque chose. Comment fait-on pour que jeunes soient aussi sur France télévisions, pour qu'ils s'expriment à travers France télévisions et ses canaux ? Le numérique, incontestablement, est un choix assumé par les jeunes ; ils adorent ça.  Il  il n'y a pas de raison que dans le service public, on ne soit pas dans cet élan.

Le numérique ne nécessite-t-il pas une capacité à se réinventer ?

Le numérique nécessite d'être dans l'audace.  Qu'est-ce que ça veut dire une grille de programme sur le numérique ? Qui est capable de le dire aujourd'hui ? Qu'est-ce que c'est une grille ? Je n'ai pas moi personnellement la réponse... En revanche ce qu'on sent très bien dans les appétence des jeunes, c'est qu'ils ont envie d'être eux-mêmes leur propre directeur de programmes et concevoir leur grille avec les pépites qu'on leur donne.  A nous de proposer de quoi satisfaire un appétit de jeunesse dans la disponibilité du programme,  le multi-support et surtout l'audace des contenus.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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7 novembre 2018 3 07 /11 /novembre /2018 12:23
Mémona Hinterman à la Réunion

Mémona Hintermann-Affejee, membre du Conseil supérieur de l'Audiovisuel, est du 5 au 8 novembre à la Réunion où elle a été choisie pour marraine du lycée Nord, le premier de l'île disposant d'une filière audiovisuelle. Interview à deux mois de la fin de son mandat.

"Réguler, c'est un truc pour faire fonctionner la démocratie"

Pourquoi venir parrainer ce lycée ?

Nous sommes très éloignés des centres de formation et nous ne disposions pas jusqu'à la rentrée dernière d'un lycée qui prépare les jeunes aux métiers de l'audiovisuel, du journalisme, du tournage et de la production. Pour incarner sur les écrans ou derrière les micros des radios et des télés, une région de France, il faut de l'audiovisuel ! Ca illustre une manière d'être, une façon de vivre sur un territoire... Aujourd'hui, il y a quantité de jeunes qui regardent, qui consomment du contenu audiovisuel, pour qui se former est inaccessible. Ils n'ont pas les moyens de faire 9000 km, pour se loger où ? Vivre comment ?... Le lycée Nord va leur ouvrir un premier stade de formation. Créer un outil pour former la jeunesse aux métiers de l'audiovisuel nous permettra de nous sentir à l'unisson d'un pays qui est la France mais avec notre spécificité, à 1000 % français et 1000 % créole ! Mais j'irai également au lycée du Butor à Saint-Denis et au lycée BoisJoly Potier au Tampon où j'interviendrai sur l'éducation aux médias. Un sujet crucial.

Comment avez-vous reçu l'annonce de la fin de France Ô ?

Le CSA n'a pas à se prononcer sur les choix des pouvoirs publics. en revanche, comme je suis associée à l'équipe projet ultramarin du ministère des Outre-mer, j'ai réfléchi à ce sujet ! Je suis Réunionnaise et j'ai commencé mon métier à une époque où il n'y avait pas de spécificité régionale - j'étais France 3 et quand je suis arrivée en métropole, je n'ai eu aucune difficulté à entrer dans une rédaction de France 3, à Orléans en l'occurrence ! Aujourd'hui, un jeune d'outre-mer qui veut aller à Nice, Marseille ou Orléans, il faut qu'il change de société.

J'ai toujours défendu, et je le fais au CSA, que les départements d'outre-mer doivent être vus sur l'ensemble des chaînes et ne pas être cantonnés à une chaîne qui est vue par 0,6 % de la population française.

Faudra-t-il un cahier des charges, un quota ?

Mais non ! Nous n'avons pas besoin de quota. Il suffit de parler de ce qui se passe chez nous à l'égal de ce qu'on va dire de Carcassonne. Il n'est pas normal, alors qu'il y a un gros cyclone qui menace Saint-Martin que le journal de France 2 ne lui consacre que 12 secondes la veille ! Ce qui fut le cas. Je ne demande pas de quota, mais la justice, l'égalité. Il s'agit de l'incarnation de la France ! Le président de la République a expliqué pourquoi France Ô ne pouvait plus correspondre à un espace public. Pour incarner le devenir commun, il faut être présent sur tous les écrans et pas partir s'isolé sur un petit coin pour aller regarder l'outre-mer. La stratégie du président est très pertinente ! Bravo, allez-y ! Je n'ai pas le droit de le dire en tant que membre du CSA, mais je suis citoyenne.

Sur quoi travaillez-vous au CSA ?

Depuis un an nous travaillons sur nouvelle charte pour que les télévisions et les radios aident le public à mieux se repérer dans un espace où il y a tant de produits qu'on ne peut pas contrôler et qui ont des effets sur la santé... Au-delà de la charte alimentaire, nous avons rendu un avis sur la régulation audiovisuelle. Elle doit renforcer toutes les protections dues au public notamment en matière d'éducation aux médias pour que les gens aient un raisonnement critique. Ca pose problème aux producteurs parce que dès qu'on dit éducation, ils pensent qu'on les dénigre ! Non ! Eclairer les gens sur les dangers de la cigarette, ce n'est pas dénigrer les fumeurs ! J'ai moi-même arrêté de fumer et j'ai fait un spot pour le dire...

Vous avez même évoqué les pouvoirs d'enquête du CSA...

Quand on demande à une chaîne, publique ou privée, des informations nécessaires à ce qu'on puisse élaborer un avis relatif à une possible sanction, on ne les obtient pas toujours. Nous avons déjà manqué cruellement d'information dans le dossier aujourd'hui classé de la chaîne 23. Nous avons manqué de pouvoir d'enquête sur place. Les autres régulateurs ont un pouvoir d'enquête...

Le CSA doit-il évoluer ?

Il évoluera. Les institutions sont comme les régimes politiques... Rien n'est immuable. Le CSA pourrait travailler plus solidement avec d'autres institutions qui protègent les publics, je pense à la CNIL ou Hadopi... Ensemble, on sera plus fort ! Mais je ne suis pas là pour faire l'apologie du CSA de A à Z...

Ce n'est pas ce qu'on vous a demandé !

Quand je suis arrivée au CSA, c'est de notoriété publique, je critiquais cette institution parce que j'estimais que quand il s'occupait de sujets qui étaient les miens, le reportage, la déontologie, c'était sans avoir jamais mis un pied sans une salle de montage... Pourtant, ce serait une très grave erreur de dire que le CSA est inutile parce que nous serions alors dans un système où les très gros écraseraient les plus petits et les plus petits, c'est quoi ? C'est la voix du pluralisme. Il y a des émissions qui font peu d'audience — je pense à Arte — et qui rendent un vrai service à la nation en termes de cohésion sociale parce que quand on regarde la télé on voit bien si on fait partie ou pas du jeu ! Une télé comme celle-là, il ne faudra pas l'écraser. Réguler veut dire permettre un fonctionnement harmonieux, c'est un truc pour faire fonctionner la démocratie !

Y a-t-il une vie après le CSA ?

Quand je suis arrivée au CSA, j'ai pris la précaution de rester les deux pieds sur terre et comme je viens d'un milieu très pauvre, qui a manqué de tout, j'ai toujours gardé en tête que je serai dehors le 24 janvier 2019. J'ai perdu des frères... La mort m'a toujours accompagné et partir, ça fait partie de ma vie. Pendant un an, je serai payée par l'Etat, car je n'aurai pas le droit de travailler dans l'audiovisuel. Cette année servira à me refaire un peu de santé après six ans passés là — c'est pas mon monde ! Six années terribles, six années magnifiques, six années d'apprentissage... J'ai vu le monde de l'audiovisuel dans les coulisses... Je ne savais pas que ce monde audiovisuel fonctionnait de cette façon... Je ne connaissais pas ce les intérêts qui animent la télévision aujourd'hui. C'est une industrie comme une autre, mais qui a un devoir par rapport au pays. Mais je redeviendrai journaliste.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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7 novembre 2018 3 07 /11 /novembre /2018 11:15
Route du Rhum - Des Guadeloupéens depuis le début et même un vainqueur !

Le coin des anciens

Alors que les premiers concurrents de la 11e Route du Rhum sont attendus la semaine prochaine, quelques grands anciens de la course pays étaient au départ à Saint-Malo

Claude Bistoquet, il y a 28 ans

"J'étais le premier... de Guadeloupe ! Et maintenant, il y en a beaucoup et ça c'est bien !" Claude Bistoquet fut le premier concurrent guadeloupéen de la Route du Rhum en 1990, soit la quatrième édition. Et s'il n'a pu finir la course, son bateau l'a tout de même conduit jusqu'à la hauteur de Bananier où la caye lui fut fatale ! 28 ans plus tard, "Bistoque" est à Saint-Malo au départ la 11e édition, celle des quarante ans ! "Ce Rhum est toujours important, depuis sa naissance !" En 1978, Claude Bistoquet a vu arriver Mike Birtch au nez et à la barbe de Michel Malinovsky. "Ca m'a donné envie d'y participer, raconte-t-il. Et quarante ans après, je vois qu'il y a beaucoup de Guadeloupéens sur la ligne de départ avec quelques chances de bons résultats !" Pas question de lui demander qui est son favoeir. Il se borne à dire que "le mieux préparé et le mieux placé pour faire un résultat, c'est Rodolphe Sépho" et encore qu'il suit avec attention "Carl Chipotel, Willy Bissainte et tous les autres" à qui il souhaite bonne mer et bon vent !

Victor Jean-Noël, il y a 20 ans

Pour Victor Jean-Noël aussi, c'était une émotion que de se retrouver sur les pontons de la cité corsaire ! Il y a vingt ans, il prenait la relève de Bistoque pour être le Guadeloupéen de l'édition 1998. Son bateau a cassé et Victor Jean-Noël est régulièrement revenu à Saint-Malo... "Je ressens toujours le même plaisir à être là, raconte-t-il. Je n'ai pas loupé une édition depuis, sauf que j'ai été coureur une année, ensuite VIP, préparateur, conseiller... Je suis de toutes les éditions !"

Victor non plus refuse d'avoir des favoris : "On a des Guadeloupéens qui y vont, quels qu'ils soient, originaires de l'île ou d'ailleurs, ils sont tous des enfants de l'île et ils sont tous traités à la même enseigne ! Tout le monde doit partir et arriver de l'autre côté ! Peu importe l'ordre.

"Comme je vois que nous étions isolés il y a vingt ans, je suis heureux de voir que le message qu'on a lancé il y a vingt ans a été entendu : Allez-y sur l'eau ! Ca prendra le temps qu'il faut mais on aura des jeunes Guadeloupéens sur la ligne de départ ! J'ai eu raison de me risquer puisque les jeunes sont aujourd'hui là ! Eux, ils ont mission maintenant d'amplifier ce mouvement que nous avons lancé, Claude et moi, pour que la mer ne soit pas seulement un champ d'expérimentation pédagogique, ni un lieu de course au large, mais un lieu de vie où l'homme se développe sous tous les aspects de ce que la mer peut proposer en termes de métiers pour le futur et en termes de survie pour la planète."

Claude Thellier, il y a 12 ans

En 2006, Claude Thellier est le premier skipper guadeloupéen à avoir franchir la ligne d'arrivée. Quatre ans plus tôt, Claude Thellier remplace au pied levé Vincent Beauvarlet sur Région Archipel Guadeloupe. "Il fallait impérativement qu'un bateau guadeloupéen soit au moins au départ, au mieux à l'arrivée..." C'est à sa deuxième participation qu'il est accueilli en triomphe : enfin un Gwada qui passe la ligne ! Aujourd'hui, Claude est consultant pour Guadeloupe la 1ère, mais il aide aussi les coureurs guadeloupéens à "essayer de sortir de la réalité qui les grignote en leur donnant quelques petits conseils pour leur faire gagner du temps". Claude savoure le chemin qui a été fait : "Aujourd'hui, on a huit Guadeloupéens sur le plateau actuel, mais sur les dernières Route du Rhum, on en avait déjà  quelques uns avec du bonheur à chaque fois sur l'arrivée. L'étape suivante va consister à chercher de la réussite en termes de résultats. C'est le cas de Damien Seguin en IMOCA même s'il a peu de chance de gagner, c'est la position de Thibault Vauchel-Camus qui lui est un vrai produit de la Guadeloupe, qui s'est expatrié sur Saint-Malo, mais pour être aux commandes d'une vraie machine qui lui laisse l'espoir de gagner en multi50... Luc Coquelin et Willy Bissainte vont bien se battre en rhum mono pour aller chercher un résultat... Rodolphe Sépho est un peu dans le même cas, il a peu de chance de gagner en Class40, mais depuis six mois, il est allé se former à la Rochelle, est allé chercher de l'expérience avec un préparateur routeur comme Jean-Yves Bernot... C'est une bonne formule pour rester estampillé Guadeloupéen et aller chercher un résultat."

Chevallier et Palassée

Comme on oublie souvent les deux participations de Jacques Palassée en 1978 et 1982, on oublie aussi facilement la victoire remportée en 2006 dans la catégorie Rhum du patron de la marina de Pointe-à-Pitre, Philippe Chevallier sur un Cigale 16 de série, de location et défiscalisé ! Aujourd'hui, ils sont trois pays à se battre dans cette catégorie !

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6 novembre 2018 2 06 /11 /novembre /2018 07:32

Dokonon organise sa 2e journée culturelle guyanaise à Bondy

L'association musicale et culturelle Dokonon (AMCD) organise la deuxième édition du rendez-vous culturel guyanais en Région Parisienn, "Regards de Guyane" ! Cette journée annuelle et unique dans l'Hexagone aura lieu le samedi 10 Novembre à la Salle des Fêtes de Bondy (93), de 11h30 à 23h30...

Dokonon a invité une quarantaine de partenaires (associations, artistes, institutions, sociétés, etc), dans le but commun de présenter la Guyane à travers plusieurs stands d'expositions, des dégustations, des ateliers et surtout un plateau artistique riche en animations, chants, danses, défilés, démonstrations... Sont annoncés Lexio's, Salina Manotte, Caroline Ruppert, Prof A, Gayah, Rudy Minfir, Jean-Jacques Ajoekana, Katharina et bien sûr l'orchestre des Dokonon !

"D'où que vous veniez, annonce le chanteur des Dokonon, Hendy Chocho, quel que soit votre âge et culture, laissez-vous séduire par la Guyane..." Traduction : l'accès sera totalement offert.

FXG, à Paris

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4 novembre 2018 7 04 /11 /novembre /2018 23:08
Willy Bissainte, samedi lors de son passage à l'écluse (photo FXG)

Willy Bissainte, samedi lors de son passage à l'écluse (photo FXG)

1er jour - 1er écueil

La direction de course de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe a reçu dimanche soir à 20h43 un appel de Willy Bissainte (C' La Guadeloupe) qui l'a informée qu'il s'était échoué sur l'ile Rouzic, la plus à l'Est de l'archipel des Sept-îles, au large de Perros-Guirec. Couché sur le flanc, son monocoque de 50 pieds, inscrit en classe Rhum Mono, est victime d'une voie d'eau, ce qui a poussé le skipper à déclencher sa balise de détresse. Prévenu, le CROSS a dépêché sur place le bateau de la SNSM de Ploumanach qui est arrivé un peu avant 22 heures, tandis que le Lynx, bateau école de la Marine Nationale, s'est également rendu sur zone pour porter secours au Guadeloupéen.

sources : https://www.routedurhum.com/fr/actualite/428?fbclid=IwAR0DQXHY8nvVM_BF1szbnrITfmFBzkjYuwZn5rYfQQCbwzaNyYsInehTqYw

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4 novembre 2018 7 04 /11 /novembre /2018 12:44
Route du Rhum solidaire

Sept skippers se mobilisent pour l'Aquarius et SOS Méditerrannée

François Gabart, membre du comité de soutien à SOS Méditerrannée, et Romain Pilliard, skipper classe Ultime, Isabelle Joschke et Alexia Barrier, skippers de la classe IMOCA, Thibaut Vauchel Camus, skipper classe Multi50, et Kito de Pavant et Luke Berry, skippers de la Class 40 se sont retrouvés mercredi sur le Class40 "Made in Midi" de Kito de Pavant pour s'engager publiquement en faveur de l'association SOS Méditerrannée et de son navire sauveteur, l'Aquarius, à l'heure où l'Italie fait pression sur le Panama pour lui retirer son pavillon. Par cet engagement, les sept skippers, accompagnés de marins-sauveteurs de l'Aquarius, tels Antojne et Tugdual, marins-sauveteurs, et Théo, lui aussi marin sauveteur mais également nageur-sauveteur SNSM sur la Route du rhum, entendent soutenir le retour en mer du navire humanitaire l'Aquarius.

Depuis 4 ans, plus de 15 000 hommes, femmes et enfants sont morts noyés en Méditerranée en tentant la traversée sur des embarcations de fortune. SOS Méditerranée est une association européenne de citoyens qui affrète l'Aquarius pour porter secours à ceux qui fuient. En deux ans et demi, 29 523 personnes ont été secourues dont 23% sont des mineurs. Chaque jour en mer coûte 11 000 euros : 93 % du budget deSOS Méditerrannée provient de dons privés. L'Aquarius et son équipage agissent pour que la mer Méditerranée ne soit un gigantesque cimetière.

FXG

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3 novembre 2018 6 03 /11 /novembre /2018 17:27
Dicussion budgétaire tendue

Perte sèche de 1 milliard pour les Outre-mer

D'un côté le budget de la mission outre-mer indique une hausse de 450 millions, de l'autre, le document de politique transversale indique une perte de sèche de 500 millions pour la Réunion, 220 pour la Martinique et la Guadeloupe et 18 millions pour la Guyane...

Au deuxième jour des débats sur le budget de la mission Outre-mer, trois députés du groupe socialiste et apparenté, Hélène Vainqueur-Christophe (Guadeloupe), Ericka Bareigts (Réunion) et Serge Létchimy (Martinique) ont dénoncé, après l'avoir découvert mardi soir en séance dans le document de politique transversale du gouvernement, qu'il manquait près de 500 millions d'euros de crédits de paiement pour la Réunion, plus de 200 millions chacun pour la Guadeloupe et la Martinique et 18 millions pour la Guyane. Dans ce document budgétaire qui trace toutes les dépenses de l'Etat en direction des Outre-mer, il est écrit que le PLF 2019 inscrit pour la Réunion 5,189 milliards en crédits de paiement quand la loi de finance initiale de 2018 en inscrivait 5,6 et ainsi de suite pour les autres DOM. Les députés PS notent donc que non seulement la hausse de 450 millions du budget de la mission Outre-mer est en trompe-l'oeil (l'argent provenant du recyclage des 100 millions de la TVA NPR et de la réforme de l'impôt sur le revenu), mais qu'en plus l'Etat a rayé des compte près d'un milliard pour l'Outre-mer... Et non content de cette première découverte, ils découvrent encore l'existence d'une cagnotte de 1,6 milliard d'euros.  "Avec une cagnotte de 2,1 milliards, a indiqué Ericka Bareigts, on aurait compris que c'était le prix des contrats de convergence, mais là, c'est 1,6 milliard, pour qui, pour quoi ? Nous ne savons pas..." Cette somme conséquente apparaît elle aussi dans le document de politique transversale ainsi : "pour les outre-mer, sommes non affectées". 343 millions n'étaient pas affectés en 2018, cette fois, dans le PLF 2019, c'est bien 1,8 milliard...

Mais ce n'est pas tout ce qui provoque la colère des députés d'opposition. Serge Létchimy fait observer que les 70 millions d'euros qui proviennent de la réforme des plafonnements de l'abattement fiscal (réduit de 30 à 40 %) sont entièrement financés par les DOM tandis qu'ils vont être redistribués pour 20 millions vers les DOM et pour 50 millions vers les COM... Pour Ericka Bareigts, c'est donc un changement de philosophie dans la construction du budget de l'Outre-mer qui jusqu'alors reposait "à 100 % sur la solidarité nationale". "Cette fois, conclut l'ancienne ministre, il s'agit d'un financement des Outre-mer par les Outre-mer, une pente prise par le gouvernement. C'est nouveau et dangereux !"

Mais ce n'est pas tout. Les députés PS reprochent à ce gouvernement une "part d'amateurisme" puisque lors de l'examen du projet de loi de finance de la sécurité sociale comme pour celui de la mission Outre-mer, les députés votent un document "instable" puisqu'il va être revu la semaine prochaine par la ministre et les socio-professionnels pour réévaluer l'ecosystème des aides économiques avec la Guyane...

FXG, à Paris

Le logement à la peine

"La politique du logement est calamiteuse", s'est plainte Hélène Vainqueur-Christophe qui dénonce une LBU passée de 247 millions d'euros à 226, des crédits pour l'accession à la propriété en baisse malgré la remise en marche provisoire de l'APL accession. Il est vrai que ce qui s'est passé autour de la défiscalisation sur le logement social a de quoi laissé rêveur. Supprimée par le ministère, cette défiscalisation est rétablie grâce à un amendement de Serge Letchimy. Pourtant, en dépit de ce vote, le gouvernement fait revoter l'amendement entre 4 et 5 heures du matin et, ayant rameuté les députés LREM, il est cette fois rejeté... Mardi soir encore, c'est le député Olivier Serva (Guadeloupe LREM) qui a tenté un amendement "que je trouve tellement bien, adécalré Olivier Serva, que j’émets un avis favorable". Réponse de la ministre qui considère l'outil proposé douteux : " Ce n’est pas parce que je vais vous demander de retirer votre amendement que je ne suis pas une femme de gauche."

15 millions pour les exos dans la presse et le transport

Un seul amendement de taille a été adopté mardi soir lors de l'examen du budget de la mission Outre-mer. Il concerne le financement des exonérations de charge dans les secteurs de la presse, l'audiovisuel et les transports, aériens et maritimes. Ces secteurs avaient délà  été réintroduits dans le secteur aidé. Hier, il s'agissait d'en assurer le financement, c'est ce qui a été fait par l'amendement proposé par Annick girardin qui apporte 15 millions pour soutenir cette action.

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3 novembre 2018 6 03 /11 /novembre /2018 11:32
Sept skippers de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe s'engagent pour l'Aquarius

Sept skippers se mobilisent pour l'Aquarius et SOS Méditerrannée

François Gabart et Romain Pilliard, skippers de la classe Ultime, Isabelle Joschke et Alexia Barrier, skippers de la classe IMOCA, Thibaut Vauchel-Camus, skipper de la classe Multi50, et Kito de Pavant et Luke Berry, skippers de la Class 40, se sont retrouvés mercredi sur le Class 40 "Made in Midi" de Kito de Pavant pour s'engager publiquement aux côtés des marins sauveteurs de l'Aquarius, Antoine, Tugdual et Théo - ce dernier est également nageur-sauveteur SNSM sur la Route du rhum. Ensemble, ils voulaient rappeler cette règle incontournable : "L'assistance en mer est une obligation pour tout marin."

Par cet engagement, les sept skippers ont pris publiquement la parole pour que l'Aquarius retrouve au plus vite un pavillon et puisse reprendre la mer et sa mission d'assistance. Depuis 4 ans, plus de 15 000 hommes, femmes et enfants sont morts noyés en Méditerranée en tentant la traversée sur des embarcations de fortune. SOS Méditerranée est une association européenne de citoyens qui affrète l'Aquarius pour porter secours à ceux qui fuient. En deux ans et demi, 29 523 personnes ont été secourues dont 23% sont des mineurs. Une personne sur huit qui traverse la Méditerrannée y laisse sa vie. Chaque jour en mer coûte 11 000 euros et 93 % du budget de SOS Méditerrannée provient de dons privés. "Je suis sidéré que le sauvetage en mer soit visiblement devenu un délit", a réagi Kito de Pavant. Alexia Barrier a choisi de faire sa qualification pour la Route du Rhum en Méditerranée, "une mer que je refuse de voir se transformer en cimetière sans rien faire". François Gabart soutient SOS Méditerrannée depuis de nombreuses années : "L'assistance à personnes en danger est universelle... Aider à sauver des vies ne résout pas tout, mais c'est déjà ça..."

FXG, à Saint-Malo

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