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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 16:40

Le prix littéraire Fetkann sera remis le 22 octobre au café de Flore

Organisé depuis 2004 par le CIFORDOM, le prix Fetkann, mémoire des pays du Sud, mémoire de l’humanité rend hommage à la mémoire des victimes de la traite négrière et de l’esclavage perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes. La cérémonie des distinctions aura lieu le 22 octobre à Paris au Café de Flore. Cette 6e édition est placée sous le parrainage d’Abdou Diouf, président de l’organisation internationale de la francophonie. Le jury récompense quatre auteurs dans les catégories mémoire, recherche, jeunesse et poésie.

 


Les sélectionnés de la catégorie mémoire

AUDOUARD Antoine, L’arabe, Ed de l’Olivier 2009

BAGOE-DUBOSQ Clarisse, Buisson Joyeux, Ed Ibis Rouge 2009

BESSON Patrick, Mais le fleuve tuera l'homme blanc, Ed Fayard 2009

COLLECTIF, Liyannaj Kont Pwofitasyon, les 120 propositions, Ed Desnel 2009

COLLECTIF, Un manifeste pour les produits de haute nécessité, Ed Galaade et Institut du Tout Monde 2009

COLLECTIF, La révolution antillaise, Quelle place pour l’Outre-mer dans la République ?, Ed Eyrolles 2009

COLLECTIF, Aimé Césaire Le Legs, « …nous sommes de ceux qui disent non à l’ombre… », Ed Argol 2009

CUEFF Solen et VAN RUYMBEKE Thomas, Voyage au Mali, De Bamako au pays Dogon, Ed Les Perséïdes 2009

CUGOANO Ottobah, Réflexions sur la traite et l’esclavage des nègres, essai, Zones Editions 2009

DELAS Daniel et VITEZ Antoine, Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, Ed Textuel 2009

FONTAINE Laurence, Pauvreté et stratégies de survie, une conférence-débat de l'association Emmaüs, Ed Rue d'Ulm 2008

FRAIN Irène, Les naufragés de l’île Tromelin, Michel Lafon 2009

HAENEL Yannick, Jan Karski, Ed Gallimard 2009

HAZAEL-MASSIEUX Henri, Zombi a Chabine, Ed Cap Bear 2009

HOPQUIN Benoît, Ces noirs qui ont fait la France, Ed Calmann Lévy 2009

LAFERRIERE Dany, L’énigme du retour, Ed Grasset 2009

LAHENS Yanick, La couleur de l’aube, Ed Sabine Wespieser 2008

LAPEYRE Françoise, Quand les voyageuses découvraient l’esclavage, Ed Payot 2009

MABANCKOU Alain, Black Bazar, Ed Seuil 2009

MADOUGOU Reckya, Mon combat pour la parole : Les défis d'une mobilisation citoyenne pour la promotion de la gouvernance démocratique L’Harmattan 2008

MAUVIGNIER Laurent, Des hommes, Ed Minuit 2009

MESSAOUDI Samia et LALLAOUI Medhi, Antillais d’ici, les métro-caraïbéens, Ed Au nom de la mémoire 2008

MINATCHY-BOGAT Arlette, Maman ! J’ai raté mes études …, Ed Ibis Rouge 2009

MING Wu, Manituana, Ed Métailié 2009

NDIAYE Marie, Trois femmes puissantes, Ed Gallimard 2009

NIMROD, La Nouvelle Chose française, Ed Actes Sud 2008

PAGO Gilbert, Lumina Sophie dite Surprise 1848-1879 insurgée et bagnarde, Ed Ibis Rouge 2008

PLIYA José, Lettres à l’humanité, Lansman Editeur 2008

RENAUT Alain, Un humanisme de la diversité. Essai sur la décolonisation des identités, Ed Flammarion 2009

TAUBIRA Christiane, Egalité pour les exclus. Le politique face à l'histoire et à la mémoire coloniales, Ed Temps présent 2009

TEJPAL Tarun, Histoire de mes assassins, Ed Buchet-Chastel 2009

TEULE Jean, Mangez-le si vous voulez, Ed Julliard 2009

TROUILLOT Daniel, Yanvalou pour Charlie, Ed Actes Sud 2009

VERDOL Philippe, L’île-Monde dans l’oeil des pesticides, Ed Ibis Rouge 2009

 


Les sélectionnés dans la catégorie recherche

BURAND Albanie, L'esclave avait-il donc une âme ? Ed Ibis Rouge 2009

COLLECTIF, Les Africains et leurs descendants en Europe avant le XXe siècle, Ed Mat 2008

DONNADIEU Jean-Louis, Un grand seigneur et ses esclaves, le comte de Noé entre Antilles et Gascogne 1728-1816, Ed Tempus 2009

DORIGNY Marcel et ZINS Max, Les traites négrières, Histoire d’un crime, Ed Cercle d’Art 2009

FONTAINE Laurence, L'économie Morale - Pauvreté, Crédit et confiance dans l'Europe préindustrielle, Ed Gallimard 2008

LAMANE Coco Lemy, Histoire de l’esclavage dans les colonies françaises, Ed Monde Global 2008

MAM LAM FOUCK Serge, Histoire religieuse de la Guyane française aux XIXe et XXe siècles, Ed Ibis Rouge 2009

MELYON-REINETTE Stéphanie, Haïtiens à New York City, Entre Amérique noire et Amérique multiculturelle, Ed L’Harmattan 2009

MAUROUARD Elvire, Juifs de Martinique et Juifs portugais sous Louis XIV, Ed du Cygne 2009

NKOGHE Stéphanie, Eléments d’anthropologie gabonaise, Méthode, Collecte, Oralité, Cuisine, Portage, Interdits, Bwiti, Esclavage, Sorcellerie, Parenté, Ed L’Harmattan 2009

PIANTONI Frédéric, L’enjeu migratoire en Guyane française, Ed Ibis Rouge 2009

SENS PUBLIC, Revue - Un monde en noir et blanc. Amitiés postcoloniales, Ed Maison des sciences de l’homme 2009

SCHMIDT Nelly, La France a-t-elle aboli l’esclavage ?, Ed Perrin 2009

STELLA Alessandro, Le prêtre et le sexe, Les révélations des procès de l'Inquisition, Ed André Versaille 2009

T. VOLLMANN William, Pourquoi êtes vous pauvres ? Ed Actes Sud 2008

T. VOLLMANN William, Le livre des violences, Ed Tristram 2009

WARNERY Marc David, Seul au milieu de 128 nègres, Ed Publications Universitaires Romandes–Dipurom 2009

 


Les sélectionnés dans la catégorie jeunesse

BERNARD Héliane et FAURE Alexandre, C’est quoi la mémoire ?, Ed Milan 2008

DAVODEAU Etienne et JACQUET Frédérique, Jeanne de la zone, Ed de l’Atelier 2008

DEDIEU, Un loup au paradis, Ed Seuil 2008

DHOTEL Gérard, Victor Schoelcher : non à l’esclavage, Ed Actes Sud 2008

DUMONT Jean-François, La grève des moutons, Ed Flammarion 2009

DUPRAT Guillaume, Le livre des terres imaginées, Ed Seuil 2008

ERDRICH Louise, Le jeu du silence, Ed Ecole des loisirs 2008

HARCHI Kaoutar, Zone cinglée, Ed Sarbacane 2009

GUEDE Alain et HOCHAIN Serge, Le Chevalier de Saint-Georges, Ed Dagan et Mat 2008

GUIRAUD Florence, Malingà, Reine des bonobos, Ed Seuil 2008

KOCH Miriam, Le voyage de Solo, Ed Sarbacane 2008

PINGUILLY Yves et KOENING Florence, En allant à l’école, Awa et Dodi, Ed Autrement 2009

SEYMOUR Jean-Jacques, Vers demain, Une parabole sur l’argent à raconter à nos enfants, Ed Ménaibuc 2008

SUSINI Brigitte, Le Roi qui voulait voir le monde, Ed Gautier-Languereau 2008

WARGNY Christophe, Les esclavages du XVI siècle à nos jours, Ed Autrement 2009

WILSON William, L’océan noir, Ed Gallimard Jeunesse 2009

 


Les sélectionnés dans la catégorie poésie

DIALLO Bios, Les os de la terre, L’harmattan 2009

DRACIUS Suzanne, Exquise déréliction métisse, Ed Desnel 2008

GLISSANT Edouard et CHAMOISEAU Patrick, L'Intraitable beauté du monde, Adresse à Barack Obama, Ed Galaade et Institut du Tout Monde 2009

MAURIOL Martin, Proverbes créoles an tan lontan, Ed L’Harmattan 2009

MAXIMIN Daniel, L’invention des désirades et autres poèmes, Ed Points 2009

MAXIMIN Daniel, Cent poèmes d’Aimé Césaire, Ed Omnibus 2009

NEFTA, Les Bleus de l’Existence…, Slam, Ed L’Harmattan 2009

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 13:22
PSE annule son Olympia
Los Production annonce l'annulation du concert  de l'artiste Patrick St Eloi, prévu le 3 novembre 2009 prochain à l'Olympia. " Une arthrose précoce de la hanche, nécéssitant une opération ainsi qu'une longue période de rééducation, ne permettra pas à l'artiste d'honorer la date du concert prévue", indique le producteur. Le remboursement des billets se fera sur tous les points de vente où ils ont été achetés.
Los Production communiquera ultérieurement les prochaines dates de prestations de l'artiste à Paris et aux Antilles .

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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 17:13

Interview Yves Calvi

Il présente Nonobstant tous les jours sur France Inter, C dans l’air tous les jours sur France 5 et Mots croisés deux fois par mois sur France 2… Des émissions phares du service public.

« Face au président de la République, le truc c’est de rester à sa place »

Comment faîtes vous pour préparer ces trois émissions avec un tel niveau d’excellence ?

C’est d’abord une question d’organisation et je ne fais que ça. Je ne fais pas emblant de ne pas me rendre compte que c’est une énorme charge de travail, elle est importante, mais dans les trois cas, j’ai des équipes que j’ai choisie et avec lesquelles je travaille parfois depuis vingt ans… Ce sont des personnes en qui j’ai confiance donc ça veut dire qu’il y a beaucoup de choses qui sont déléguées…

Combien de collaborateurs avez-vous ?

Nous préparons Nonobstant sur France Inter à quatre : une réalisatrice, deux collaboratrices d’émission et moi-même ; nous préparons Mots croisés à cinq (hors technique), c’est-à-dire un rédacteur en chef, une assistante de production et deux journalistes qui préparent l’émission ; et C dans l’air est un dispositif qui tourne complètement sans moi. C’est amusant parce que l’émission que j’incarne le plus, parce que c’est celle que je fais depuis le plus longtemps, à qui je dois une partie de la reconnaissance professionnelle que j’ai, et que j’adore, faut que j’ai la simplicité de dire que c’est une conception, une mise en place et une équipe qui tourne sans moi !

Comment la préparez-vous ?

Je viens tous les jours vers 14 ou 14 h 30 prendre mon dossier, je découvre ce que je vais faire le soir. Le producteur, Jérôme Belley, m’a embauché à France Info quand j’étais jeune journaliste en 1987 ; le rédacteur en chef s’appelle Manuel Saint-Paul, nous étions journalistes ensemble à LCI et dans des tas d’endroits ; et les filles avec qui je prépare les plateaux sont des gens avec qui je travaille depuis dix ans. Ce qui pour le grand public est le gros de mon travail est en fait une émission où je viens juste faire mon métier de journaliste. Je prends un dossier, je le lis, j’essaie de comprendre et de le faire vivre à l’antenne. Nonobstant et Mots croisés sont un peu plus compliqués parce que pour, le coup, là je suis réellement producteur ou producteur délégué…

C’est surprenant ce que vous dîtes de C dans l’air car vous arrivez à garder la même fraîcheur sur tous les sujets. Vous êtes sans doute curieux, mais n’est-ce pas aussi l’effet du direct ?

Par définition, un présentateur est un journaliste généraliste. Un journaliste qui a choisi le métier que moi je fais, c’est-à-dire qui est un intermédiaire vis-à-vis de ceux qui sont de l’autre côté du poste, le jour où son dossier ne le passionne pas, s’il n’a pas des questions qui lui viennent, qu’il ne se laisse pas happer par le truc, c’est que le métier est mal choisi. Moi, je n’ai honte de rien et je suis plutôt fier de tout et je n’ai pas de mal à m’intéresser à mes invités. Quand je suis avec quelqu’un, j’écoute ce qu’on me dit…

Vous n’avez pas d’absences parfois ?

Bien sûr que j’ai des absences… J’ai des coups de fatigue, je peux avoir une douleur, avoir mal dormi, avoir le nez qui coule, m’être engueulé avec ma femme… Je suis comme tout le monde, sauf qu’il y a un truc important qui s’appelle le direct et le direct vous donne une dynamique et, en gros, relève de la drogue. C’est un coup d’adrénaline formidable !

Dans votre métier d’interviewer, qu’est-ce qui est difficile et comment, par exemple, surmontez-vous un interlocuteur comme Nicolas Sarkozy ?

Ce qui est sans doute le plus difficile dans l’exercice de l’interview, c’est de rester calme… Je n’ai aucun cynisme et je continue de penser que les journalistes ont un travail sérieux à faire le mieux possible. Il faut donc aller poser des questions et ce qu’il y a de difficile, c’est de rester calme… On me prête de la sincérité, de ne pas y aller à reculons, mais quand on est face aux politiques ou au président de la République, le truc c’est de rester calme, à sa place en étant soi-même, sans rater sa prestation… Ne pas se prendre pour ce qu’on n’est pas. Je ne suis pas inféodé, je suis un journaliste qui vient poser des questions et ce n’est pas un président qui parle à un président ! C’est à ça que j’ai pensé quand j’ai fait mon interview avec le président de la République où en même temps, il y a un moment où il faut accepter de se détacher. Et une fois que j’étais en face de lui, je n’étais plus qu’en face de lui. Quelque part, nous étions en partie seuls même s’il y avait à côté de moi David Pujadas et Patrick Poivre d’Arvor qui me faisaient des signes : coupe, plus vite, machin… Des petits gestes tout à fait normaux pour passer à autre chose, ou que lui pouvait me perturbait parce que le président, il passe son temps à vous retourner vos questions ou à vous dire : « M. Calvi… » Et c’est un truc que je n’aime pas du tout. Lui, il défend sa boutique, il est là pour parler de sa politique. A la limite, la personne qu’il a en face de lui n’est pas son problème. Chacun à sa place ! Le journaliste fait le journaliste et le président fait le président. Alors, oui ce qu’il y a de plus difficile, c’est de rester calme et d’avoir une bonne évaluation de la situation, ne pas se laisser emporter par ses sentiments, sa sensibilité, son avis, sa culture personnelle. Tout ça, il faut le contenir en restant naturel, moi-même, en ayant encore une capacité de réactivité qui fait que je peux être un intermédiaire pour ceux qui regardent l’interview. Le journaliste doit trouver un équilibre où il ne bascule ni d’un côté, ni de l’autre. Il est le représentant des téléspectateurs et ce n’est pas pour ça qui doit être dans la démagogie, et il est la personne qui questionne un responsable politique et il ne doit tomber ni dans la complicité, ni la connivence, ni dans une anormale agressivité que je trouve toute aussi lamentable. La façon dont on a interviewé Jean-Marie Le Pen dans ce pays, il y a une vingtaine d’années, quel que soit ce qu’on pense sur lui, ne me semblait pas appropriée. Et moi, avec le président de la République, j’avais un problème de positionnement.

Parce qu’il est un interlocuteur retors ?

Oui.

C’est lors de votre émission Mots croisés qu’a commencée la polémique autour de Frédéric Mitterrand. Il y avait Marine Le Pen, Benoît Hamon, Frédéric Lefèbvre, comment les avez-vous gérés et avez-vous vu venir le scandale ?

Je n’ai pas eu du tout conscience de ce qui se passait… J’ai lu La mauvaise vie de Frédéric Mitterrand lors de sa sortie et j’ai même interviewé son auteur. Ce qu’il dit dans le livre, je ne l’ai pas perçu comme ce qui fait la matière du débat en ce moment. C’est d’ailleurs la question qui nous est posée à nous journalistes en ce moment : sommes-nous trop dans la complicité ou la connivence vis-à-vis d’un ministre  de la Culture qui est un des nôtres. Frédéric Mitterrand a été mon voisin de bureau à Europe 1 pendant dix ans. Je n’ai jamais dîné avec lui, mais c’est quelqu’un que je respecte, dont la nomination au gouvernement a pu me faire plaisir. Il est dans le paysage mental, psychologique et culturel des Français depuis 25 ans. Au sens large du terme, c’est quelqu’un de la famille et c’est exactement ce qu’on lui reproche en ce moment ! Or moi, je ne suis pas un journaliste de connivence. Ma première réaction est que je n’ai pas compris du tout ce que Marine Le Pen était en train de faire et en train de dire et je n’ai sans doute pas perçu ou voulu voir les implications que ça avait. Je l’ai vécu en direct ! J’avais un heure cinquante d’émission dans les reins à ce moment-là et je voyais qu’elle tripotait un papier depuis le début de l’émission. Je ne comprenais pas ce que c’était, une espèce de photocopie minable mais j’ai bien compris qu’elle n’était pas venue avec par hasard mais je ne savais pas du tout ce qui allait se passer. J’ai été stupéfait de l’attaque car je n’en ai pas compris le tenants et les aboutissants et ayant lu le livre, je n’ai pas été choqué en le lisant parce que Frédéric Mitterrand dit simplement des vérités sur lui-même qu’il assume, ça s’appelle La mauvaise vie ! C’est ce que j’ai essaye de manière assez malhabile quand Marine Le Pen est intervenue. Et puis deuxième chose qui m’a frappé sur lce plateau, personne n’est venu au secours de Frédéric Mitterrand, mais ce n’étais pas leur rôle. J’ai été surpris par le calme plat qui a succédé à l’intervention de Marine Le Pen, je n’ai pas pris du tout la dimension de ce qui se passait, et ayant lu livre, ne l’ayant pas ressenti et perçu comme il est exploité depuis une quinzaine de jours. Et le lendemain matin, je ne m’attendais pas du tout au… Bordel que ça a foutu. Après, je ne fais semblant de ne pas comprendre qu’une grande majorité de Français puisse être choqués parce qu’ils imaginent être. Il y a des tas de trucs glauques dans le livre, je n’ai pas peur de le dire, mais il les dit tel quel, il ne se cache pas. Moi, j’ai vu le fils de Frédéric Mitterrand venir chercher son père à Europe 1, j’en garde l’image d’un homme, d’un père de famille qui prend soin de son gosse. J’ai réagi avec tout ça et je l’assume sans savoir ce que seront les rebondissements de cette affaire demain et après-demain. Ca ne m’a pas empêché de faire une C dans l’air cinq jours plus tard où le ministre était mis en question.

C’est une émission que vous auriez aimé ne pas avoir faite ?

Je fais une émission de débat et il est normal que ce genre de chose arrive, c’est à moi de tenir la boutique. Je ne peux pas dire que c’est un mauvais souvenir. Ce qui m’énerve plus c’est la polémique qu’a ensuite essayé d’exploiter Marine Le Pen sur la rediffusion sur TV 5… Elle a dit qu’on l’avait censurée ! J’espère que les Français ne sont pas sensibles à ce genre d’imbécilité. Marine Le Pen ne manque pas de toupet.

Quels sont votre meilleur et votre pire souvenirs sur un plateau ?

On a fait un truc idiot lors lu premier tour de l’élection présidentielle, on a invité toutes les listes. Tout le monde nous disait de ne pas le faire, que ce serait nul. On l’a menée à son terme ; elle avait beaucoup de défaut cette émission, mais je peux dire que ce jour là, on a servi la démocratie en faisant une émission de bric et de broc mais qu’il fallait faire. A contrario, en pleine affaire Outreau, on a fait un grand plateau où en gros tout le monde était là. Ca avait de la tenue et on a eu une demi-page dans Le Monde, le lendemain mais qui nous questionnait : Peut-on faire le procès d’Outreau à la télévision ? Je serai tenté de vous dire que quand c’est fait par des journalistes comme moi, plutôt oui, même si j’ai honte de vous dire ça ! Et puis quand, sur France Inter, je passe plus d’une heure avec Maxime Leforestier, René Girard de l’Académie française ou Sandrine Kiberlain, c’est qu’ils ont envie de me parler… Alors de temps à autre, on se réveille le lendemain en ayant un bon score d’audience. Je travaille pour que le plus grand nombre regarde. L’avantage que vous donne le service public, c’est qu’il vous donne un peu de durée pour le faire et qu’il ne vous oblige pas à être vulgaire.

Le privé vous a-t-il démarché ?

J’ai été contacté par des radios privées ces trois dernières années, avec qui j’ai parfois discuté. Je n’ai pas eu de propositions de télévisions autres que France Télévisions. Je n’ai pas eu TF1,Canal + ou M6 depuis deux ans. Ca ne leur fait pas plus envie que ça !

Regardez-vous la télé ? Vous intéressez-vous aux nouvelles chaînes de la TNT ?

Je suis par essence un gros consommateur de télévision, c’est mon métier. A côté de ça, pour des raisons d’ordre professionnel, je vais beaucoup au cinéma, au théâtre, dans les musées et je lis. Il est inconcevable toutefois que je passe plus de deux jours sans avoir fait un tour de l’offre de télévision que j’ai chez moi. En ce moment elle est lamentable, je n’ai que vingt chaînes. Avant j’avais Canal Satellite, mais depuis six mois, j’en suis coupé. Je me suis offert un bel écran mais je ne peux pas l’installer… Bon ! Je suis un gros consommateur de télé, c’est très important pour moi d’avoir une offre riche, j’en profite pleinement quand je l’ai car je veux savoir à quoi ressemble la planète télé qui m’entoure. Mais je suis d’abord consommateur de France 5, France 2, France 3, de la Une et de la 6, c’est vrai un petit peu moins, mais je les regarde

Et France Ô ?

Oui, je m’arrête sur France Ô quand il y a un débat ou quand je tombe sur des images qui m’intriguent. Mais dès qu’il y a un débat, je ne peux m’empêcher de me mettre à la place du présentateur. C dans l’air est maintenant diffusé sur les Télés pays et ça me fait plaisir car je sais qu’on une partie de nous qui est là-bas.

Quelle image avez-vous des outre-mers ?

L’Outre-mer, ça vous oblige à l’interrogation sur ce qui est ou non de l’universel. Il y a des morceaux de France qui existent, des régions du monde qui n’ont pas toujours été françaises, qui le sont devenues et dont on pourrait très bien imaginer -­ je ne veux pas foutre le feu partout – qu’elles ne le fussent plus ou pas de la même façon demain. Sauf qu’on a un patrimoine commun qui est la langue. Des personnes qui géographiquement n’ont rien en commun, ont pourtant un mode de communication en commun qui s’appelle une langue maternelle, même s’il y a des parlers différents et avec qui on vit une espèce de truc totalement délirant qui s’appelle un projet d’égalité républicaine avec des postes, des services publics, des télévisions, des radios… Et quand vous réfléchissez deux secondes, c’est complètement dingo ! C’est une espèce d’ambition française à la quelle je me suis accoutumé ayant grandi là dedans. Quand j’étais gamin, je voyais des petits enfants martiniquais et je voyais bien que la société française avait plusieurs couleurs. Je me rends compte que j’ai toujours été parfaitement accoutumé à quelque chose de naturel alors que ça ne l’est pas.

Vous n’avez pas vécu d’expérience là-bas ?

J’ai failli travailler pour RFO. J’avais été approché par Wallès Kotra qui m’avait proposé de présenter un journal télévisé que j’aurais fait dans le 16e arrondissement de Paris pour la zone Pacifique je crois… C’est hallucinant ! Ca pose quand même des problèmes sur la centralisation française. Un journaliste né à Boulogne-Billancourt devait se retrouver à faire un journal pour les ultramarins avec des morceaux des autres journaux du service public. Je trouvais ça surréaliste.

Calvi est un pseudonyme, faut-il y voir un lien avec la Corse ?

C’est un pseudonyme familial. Mon vrai nom de famille est Krettly, sans doute d’origine hongroise passé par la Suisse ; mon grand-père avait un quatuor de musique classique assez célèbre dans l’entre deux guerres, le quatuor Krettly. Mon père, de formation classique est devenu un compositeur de tous univers, il a fait des chansons pour Edith Piaf, des génériques de télévision,  des musiques de films, des chansons pour Francis Blanche et quand il est allé déclaré ses premières chanson à la SACEM, il a pris un pseudonyme. A l’époque, les artistes aimaient les noms de cinq lettres de villes qui portaient chance et il a choisi Calvi un peu par hasard, mais aussi parce que Tino Rossi était à la mode… J’ai travaillé comme journaliste sous le nom de Krettly pendant deux ans à RFI et les gens ne le retenaient pas ! Et puis à France Info, la jeune femme qui enregistrait les jingles des présentateurs, trouvait que j’avais un mauvais nom, pas facile à dire. Elle m’a suggéré de reprendre le pseudo de mon père. Du jour au lendemain, j’ai deux fois plus de propositions de travail. Donc aucun lien avec la Corse sauf d’y avoir passé des vacances !

Avec C dans l’air, vous êtes presque devenu le nouveau gendre idéal !

Ca me surprendrait !

C’est trop connoté gentil ?

Je fais ces émissions pour les téléspectateurs, je peux mal aborder un sujet, me tromper, mais c’est préparé dans des conditions saines. Je sais comment je prépare Mots croisés, ce n’est pas tordu, je n’ai pas d’a priori. J’ai un avis sur le monde, je ne suis pas là pour le montrer, je suis là pour essayer de rester moi-même en n’imposant pas ma vision du monde à ceux qui sont là. Je pense que je pratique mon métier de façon non tordue !

Vous êtes devenu journaliste par vocation ou par accident ?

J’étais tenté par un autre métier qui est la mise en scène de cinéma et sans doute par une autre envie que je n’ai pas assumée qui était la comédie. Mes parents étaient dans le milieu artistique et, enfant à table, les gens que je voyais étaient Francis Blanche, Michel Serrault, Jean Poiré… De Funès a beaucoup travaillé avec mon père qui a fait toute la musique des Branquinols. Il y avait Jacqueline Maillan aussi, Pierre Tchernia… Ma mère a tourné dans des tas de caméra invisible avec Jacques Rouland, tout cet univers là, je l’ai vu tourner autour de moi… J’allais à la plage avec le fils de Jean Richard et les filles de Michel Serrault. Cet univers m’a tenté et peut-être que je n’ai pas tout à fait assumé et qu’à un moment, j’ai eu envie de mettre un peu de sérieux dans un métier qui en même temps est public. Je fais de la télé, j’ai choisi de m’exposer mais dans le journalisme à la télévision, on doit être à la fois soi-même et pas dupe de ce qu’on fait. Je fais un métier qui me convient tout à fait et qui correspondait à ce que j’étais enfant. Et comme je suis un peu timide, mon métier me permet de transcender ça.

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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 09:49

Les échos (par David Martin et FXG)

Jégo rejette une invitation de Penchard

Marie-Luce Penchard a décidé d’inviter à déjeuner ses prédécesseurs rue Oudinot. Mercredi prochain François Baroin sera le premier à être reçu. Brigitte Girardin, Christian Estrosi et Hervé Mariton ont répondu également à l’invitation. En revanche, Yves Jégo l’a rejetée. Il n’a pas digéré son éviction du secrétariat d’Etat à l’Outre-mer. Selon un ancien membre de son cabinet, il en veut à sa remplaçante : « Elle me démonte partout et dit qu’elle veut faire tout le contraire », lui aurait-il confié.

Jégo porte-parole de Borloo

Exclu des instances dirigeantes de l’UMP par Xavier Bertrand, avec qui il n’entretient pas de bons rapports, éjecté du secrétariat d’Etat à l’Outre-mer, Yves Jégo a rejoint le parti radical de Jean-Louis Borloo. Il devrait se voir confier le poste de porte-parole lors du renouvellement des instances les 27 et 28 novembre.

Penchard renonce à Shanghaï

Pour des raisons économiques, Marie-Luce Penchard a fait une croix sur l’important projet de participation de l’outre-mer à l’exposition universelle de Shanghai (1er mai 2010 au 31 octobre 2010) initié par son prédécesseur Yves Jégo.

Rama Yade sollicite Létchimy

Serge Letchimy devrait se voir confier par la secrétaire d’Etat aux sports Rama Yade une mission sur les équipements sportifs outre-mer. Le député de Martinique devrait faire un état des lieux et des propositions.

 

Les députés ultramarins dispensés de pointage

La réforme du 23 janvier 2008 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale est entrée en vigueur au Palais Bourbon depuis le début de la session d’octobre. Elle prévoit des sanctions en cas d’absentéisme des députés, non dans l’hémicycle, mais dans les réunions de commission. Ainsi tous les mercredis, les députés doivent émarger dans la commission où ils siègent. Si un parlementaire s’absente plus de deux fois, il se voit défalquer 300 euros de son indemnité. « A la commission des finances, on a vu des gens qu’on avait jamais vus comme Arnaud Montebourg ou François Hollande », remarque ironique un député. La sanction ne concerne que les 555 députés métropolitains, les Polynésiens Michel Buillard (UMP), Bruno Sandras (UMP) et le Guadeloupéen Eric Jalton (PS) peuvent souffler !

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 17:42

Les obsèques musicales de Gérard La Viny

« Il va au paradis des musiciens retrouver Duke Ellington, Count Basie, Django Rainardt et Sidney Bechet et nous laisse une partition inachevée », a déclaré le plus jeune des fils La Viny au cours de la cérémonie funèbre qui s’est tenue à l’Eglise Trinité dans le 9e arrondissement de Paris, hier. Un orchestre de biguine jazz était là pour donner la note, dirigé par le clavier Rolands Malmain, le pianiste du dernier groupe de Gérard La Viny. Ils ont joué Bon dié bon, « son morceau fétiche », ainsi que l’a rappelé le père Xavier Terrien qui a prononcé la messe du défunt. L’église rassemblait une foule d’amis, connus et anonymes… L’ancien maire de Basse-Terre, Guy Georges était là… « Avec la famille La Viny, c’est toute une enfance à Basse-Terre… Pensez, il a été l’un des fondateurs et président, tout comme moi, du Racing club de Basse-Terre », a-t-il lâché ému et heureux de pouvoir représenter le conseil général. On a vu Bernard Menez, Alain Jean-Marie, Francky Vincent, Philippe Lavil ou Emilie Benoît… Après la cérémonie religieuse, le cortège s’est sur le perron de l’église pour un hommage en musique avant qu’une salve d’applaudissement ne vienne souhaiter bon voyage au compositeur. Puis, au cimetière de Montmartre, Gérard La Viny a été enterré dans un caveau de famille, non loin de Dalida. Les obsèques devaient s’achever en musique au club Astro, place Clichy où, à indiqué Eddy La Viny, il lui serait remis une médaille à titre posthume.

FXG, agence de presse GHM

 


Ils ont dit

David Martial

« Nous avons composé une chanson ensemble, La Sérénade. On l’a faite à nous tous débuts alors qu’il travaillait à la Créole et moi j’y débutais… Il m’a fait faire mes premiers pas à la SACEM et puis c’est l’homme qui était le digne représentant de la musique antillaise. Il a chanté Bon dié bon et j’espère que Dieu le recevra comme il le mérite… »

 


Francky Vincent

« Je ne l’ai pas fréquenté vraiment mais j’ai été bercé par plusieurs de ses mélodies à mon adolescence et c’est vrai que si je suis chanteur, c’est parce que j’ai bien écouté mes ainés et j’étais sous le charme. Il nous a laissé des ballades incontournables et des mélodies intemporelles. Il n’est plus là mais on l’entendra encore. Un artiste ne meurt jamais… »

 


Jean-Pierre Meunier, expert en biguine

« C’était un compositeur de chanson à texte. Il a composé des standards de la biguine comme Bo dié bon, la Sérénade… Il avait une poésie dans ses chansons !  Et puis il a été des années durant le directeur artistique de la Canne à sucre et il n’est pas devenu pour rien l’ambassadeur des Antilles. Une de ses chansons a fait scandale à Pointe-à-Pitre quand il l’a chantée à la Renaissance. Il y avait eu une émeute parce que les gens avait pris sa chanson au premier degré alors qu’il fallait était plein d’humour. Ce n’est pas pour rien qu’il a chanté avec Boris Vian, autre maître de la dérision. »


Thierry Fanfant

« Mes parents avaient un orchestre et quand j’ai commencé la musique, on a souvent croisé Gérard, on a beaucoup travaillé ensemble. Depuis l’âge de 12 ans, l’âge auquel j’ai commencé la musique, j’ai eu l’occasion de travailler de multiples fois avec lui et son fils. C’est quelqu’un qui fait partie de mes pères musicaux, qui a participé à mon évolution. Mon père m’emmenait à la Canne à sucre et j’ai beaucoup vu Gérard à la fin des années 1970, début des années 1980. Il fait partie des musiciens qui, comme Al Lirvat, sont la mémoire de la musique antillaise et quiu ont laissé des morceaux qui sont devenus nos standards. »

 


Philippe Lavil

« Sa qualité principale était l’autodérision. Chaque fois qu’il me voyait, il me disait : « Ah toi ! T’es de la Martinique, cette île que la Guadeloupe a colonisée récemment ! » Gérard a laissé une très jolie empreinte… Sa chanson que je préfère, c’est Les cordonniers et les coiffeurs ! »

 


Roland Pierre-Charles


« J’ai eu l’occasion de travailler avec Gérard dans mes jeunes années. J’étais son pianiste à la fin des années 1970, après la biguine à Giscard ! »

 

 

 

 

 

 



En images

Le pianiste Alain Jean-MarieGuy Georges, Bernard Menez et Claudy SiarEddy La Viny et le père Xavier Terrien, vicaire de l'église de TrinitéLa comédienne Emilie Benoît et le journaliste de France-Antilles, Gabriel GallionLes trois fils et Fanfan, la compagne de Gérard La VinyLe pianiste Georges Edouard Noël et le trompettiste Jean KebreauLa mèche blonde de Jimmy Blanche et le batteur Claude VamurPhilippe Lavil et le patron du restau La créole, Charly ClaudePierre Saintons et Mme Saint-FélixAlex Ursulet, Roland Pierre-Charles et Thierry Fanfant

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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 17:02

Interview Albert Uderzo

Pour le cinquantenaire du village gaulois, les éditions Albert René sortent un nouvel album où tous les personnages créés depuis le premier album doivent se retrouver. Retour sur un demi-siècle d’Astérix et Obélix…

"On n’aimait pas mes gros nez et on trouvait l’humour de René Goscinny trop intellectuel"

Astérix est né avec la sortie du premier numéro de Pilote, le 29 octobre 1959, mais qu’en a-t-il été de sa conception et sa gestation ?

Albert Uderzo : On a fait une première planche avec le Roman de Renard mais nous avons appris que Jean Trubert réalisait un film dessus. Ca a été la catastrophe parce que nous étions à trois mois de la sortie du premier numéro. Nous nous sommes réunis chez moi, dans une HLM, face au grand cimetière parisien de Pantin. C’était l’été et il faisait très chaud, on a bu beaucoup de pastis et fumé beaucoup. René m’a demandé de citer les époques françaises de notre histoire les plus intéressantes. J’ai dit les Gaulois… En vingt minutes, tout était prêt : le chef, le druide, le barde, les guerriers gaulois… On a construit le petit village comme ça. On savait très bien que les Romains avaient complètement envahi la Gaule, mais René voulait prendre le contrepied de l’histoire. Au début, c’était encore un peu tatillon, puis on a mieux connu nos personnages.

Pourquoi leur avez-vous fait des gros nez ?

Albert Uderzo : J’ai toujours dessiné des personnages à gros nez et les éditeurs n’aimaient pas ça. Je devais travailler pour un journal belge quand j’ai été présenté au directeur à qui je montrai mes personnages. Il m’a dit : « Mais enfin, pourquoi dessinez-vous des gros nez comme ça ? Regardez autour de vous, les gens sont beaux… »  Et lui-même avait un nez… Je vous assure ! J’ai éclaté de rire et je n’ai pas eu le travail. On n’aimait pas mes gros nez et on trouvait l’humour de René Goscinny trop intellectuel. Avec René, on s’était dit : « Tant pis, puisque nous avons l’occasion de créer un personnage qui doit plaire, eh bien, même si on est mal payé, au moins on va rigoler ! »

Est-il exact qu’Obélix soit né avant Astérix ?

Albert Uderzo : J’ai commencé à dessiner ce personnage qui était un peu trop grand pour René… Il préférait que ce soit un petit bonhomme qui soit plutôt laid parce qu’on en avait marre de dessiner des personnages dans lesquels les enfants devaient pouvoir s’identifier. René voulait quasiment un anti héros. Alors ce personnage un peu fort qui n’était pas prévu allait devenir Obélix. Nous étions en Bretagne et je lui ai fait porter un menhir et René, petit à petit, s’est rendu compte que ce personnage pourrait être très amusant. Il l’a donc appelé Obélix.

Et Idéfix ? il n’apparaît que dans le 5e album, Le tour de Gaule…

Albert Uderzo : Il n’était pas question que mes personnages soient accompagnés d’un animal car nous avions été sollicités par des éditeurs qui voulaient suivre la mode tintinesque. Là, on s’est dit qu’il n’y aurait qu’un personnage et pas d’animaux, pas de chien, rien ! Mais dans le Tour de Gaule, pour trouver du jambon de Lutèce, ils devaient s’arrêter devant une charcuterie… René avait indiqué dans le scenario : « Il y a un petit chien à l’entrée. ». Je lui ai dit : « Ce petit chien qui n’apparaît plus, verrais-tu un inconvénient à ce qu’ils suivent les personnages sans que personne ne le voit ? » Et à la dernière image de l’album, le chien est là avec un os dans la gueule. Les lecteurs ont trouvé ce petit chien formidable et nous ont demandé son nom. On a été coincé et on a été obligé de le ressortir. On a lancé un concours et il y a cinq lecteurs qui ont trouvé le nom d’Idéfix.

Il y a une légende sur Astérix et de Gaulle… Est-elle exacte ?

Albert Uderzo : Nous étions invités, René et moi, à une première à l’Olympia. François Missoffe, un ministre du général de Gaulle, descendait l’escalier pour rejoindre le foyer à l’entracte. Il voit René, s’approche et lui dit : « Ecoutez, il s’est passé un truc étonnant au dernier conseil des ministres. De Gaulle a commencé à nous appeler chacun par un nom de personnage du village gaulois… Et chacun se reconnaissait ! Abraracourcix ? Présent ! Assurancetourix ? Présent… » Il nous l’a raconté du vivant du général. Après il s’est rétracté parce qu’il ne fallait pas évidement déflorer l’image de ce grand personnage et il n’a plus voulu avouer que c’était vrai.

Comment avez-vous ressenti, le 5 novembre 1977, la mort de René Goscinny ?

Albert Uderzo : Pour moi, c’était fini… C’était une belle aventure qui était derrière nous… Astérix chez les Belges est notre dernier album et dans la dernière image, j’ai dessiné un petit lapin qui s’en allait un peu tristement du banquet. C’était ma façon de marquer ce malheureux passage.

On s’attendait à l’arrêt d’Astérix, vous avez continué et le public est resté présent…

Albert Uderzo : Sans le concours de l’auteur, il était évident pour moi que les cours descendraient. Je ne m’attendais pas du tout à ce que ça marche… C’est une chose qui m’a ahuri car les nouveaux titres n’avaient aucun sens par rapport à ce qu’ils auraient dû être. Non pas qu’on n’avait pas de talent, mais on sait très bien que l’humour de René était exceptionnel et que personne ne peut prétendre avoir ce piment là ! Moi, paraît-il que je suis un peu plus féérique, je m’amuse à faire des tapis volants… Je ne crois pas que ça ait gêné la lecture des nouveaux albums.

Le premier d’entre eux a été Le grand fossé…

Ce qui m’a donné l’idée, c’est le mur de Berlin. J’avais l’impression que les Allemands comprendraient tout à fait pourquoi le grand fossé. Or, personne ne s’est rendu compte que c’était du mur dont je parlais. Les Belges l’ont pris pour la fracture qu’il existe entre les Flamands et les Wallons…

Et pour les cinquante ans, vous sortez un 34e album, l’Anniversaire…

Cet album est un peu différent des albums classiques où nous racontons de A à Z une histoire. Là, Astérix et Obélix ont oublié que c’est leur anniversaire et partent dans les bois pour chasser le sanglier. Pendant leur absence, le chef Abraracourcix réunit tout son petit monde pour organiser la fête aux deux héros du village. Ca se termine, non pas avec un banquet, mais avec la réunion de tous les personnages qui sont apparus depuis le premier album.

Finalement, cinquante ans plus tard, c’est qui Astérix ?

C’est vous, c’est moi et c’est tout le monde. On a cru un instant que c’étaient les petits Français, mais ça a dépassé largement les limites de la France parce que si vous voyez les Allemands, vous verrez qu’Astérix, il est Allemand ! C’est ça le phénomène, c’est qu’Astérix est devenu universel alors qu’il n’était pas du tout prévu pour l’être !

Comment expliquez-vous ce phénomène ?

C’est comme si vous vouliez savoir la recette de la potion magique ! On ne connaît pas la raison du succès et on ne peut la connaître… Si on l’avait su, on l’aurait fait bien avant. C’est une chance inouïe, ça nous est tombé sur la tête.

Propos recueillis par François-Xavier Guillerm, agence de presse GHM

Le cinquantenaire, un événement national

Les cinquante ans d’Astérix sont marqués par la sortie d’un 34e album, le 22 octobre, L’anniversaire d’Astérix et Obélix (« ils sont nés le même jour », aime à rappeler Albert Uderzo). Et pour cet album spécial, dit « le livre d’or », les éditions Albert-René ont vu les choses en grand : Sortie simultanée dans 15 pays avec 3 millions d’exemplaires dont 1 million pour la France. Parallèlement à la sortie de l’album, le musée de Cluny (à Paris) accueille dans les anciens thermes romains, le frigidarium, du 28 octobre au 3 janvier, une exposition des planches originales d’Albert Uderzo et des tapuscrits de René Goscinny. Et puis, toujours ce 29 octobre, Yvan Hinneman, l’homme du champ de blé sur les champs Elysées, l’homme de Paris Plage mais aussi le réalisateur du défilé Découflé de 1989, préparent un événementiel grandeur nature : les Gaulois descendent dans Lutèce. Enfin, le 2 décembre, la Poste proposera une planche de timbres anniversaires avec le prix en euros et en sesterces et où le mot Gaule sera substitué à celui de France.

 

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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 16:53

ITW Benoît Apparu, secrétaire d’Etat au Logement

« 4000 locataires baignent dans leur jus »

Quelles sont vos priorités sur le dossier de la SA d’HLM de Guyane ?

Nous avons deux priorités principales. Numéro 1 : sauver les collectivités locales. Si il y a une liquidation judiciaire prononcée par le tribunal de commerce, les deux collectivités que sont les conseils régional et général ne tiendront pas la route parce qu’elles ne pourront pas rembourser les 200 millions d’appel en garantie qui seront les conséquences de cette liquidation judiciaire.

Quelle est la seconde ?

La seconde mais la principale ! Comment fait-on pour que les 4000 locataires qui sont aujourd’hui les locataires de la SA d’HLM aient enfin un habitat digne de ce nom, parce que malheureusement, on n’est pas loin du rapport de Serge Létchimy (le député maire de Fort-de-France a remis un rapport sur l’habitat insalubre et indigne dans les DOM, NDLR) avec la gestion qui est celle aujourd’hui de cette SA d’HLM.

Alors qu’allez-vous faire ? Une liquidation administrative ?

Nous avons étudié la liquidation administrative et nous nous prononcerons dans les trois semaines qui viennent. Puis il y a 2, 3 ou 4 solutions qui sont en train d’essayer d’être préconisées par les collectivités notamment ou par d’autres personnes. Moi, je suis là pour étudier toutes les propositions mais la priorité pour moi reste les collectivités locales et les locataires. Le reste, c’est un outil… Quel est le meilleur moyen pour aboutir à ces deux résultats là, on le décidera ensemble avec les collectivités locales que je consulterai bien évidemment avant de prendre une décision, mais quoi qu’il arrive, la décision devra être rapide. Ca fait trop longtemps qu’on attend, trop longtemps qu’il y a 4000 locataires qui baignent dans leur jus et qui n’ont pas un logement digne de ce nom, et ça, ce n’est pas acceptable. On a assez tergiversé, il faut aller vite maintenant.

Propos recueillis par FXG, agence de presse GHM

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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 16:50

Serge Létchimy veut penser l’urbain autrement

« Il ne s’agit pas d’adaptation, il faut revisiter au fond, la philosophie et la politique de l’habitat insalubre ». Serge Létchimy a été chargé en avril dernier d’une mission par le gouvernement sur l’habitat insalubre et indigne. Hier, il a remis son rapport au secrétaire d’Etat à l’Outre-mer en présence du secrétaire d’Etat au Logement, Benoit Apparu. Avec 50 à 60 000 habitats insalubres et 150 000 personnes touchées, le député maire de Fort-de-France a parlé d’une « situation inacceptable pour la République ». Le taux d’insalubrité est de quelque 7 % dans les DOM avec un pic de 26 % du patrimoine en Guyane où la situation, en la matière, est grave. Dans l’Hexagone, ce taux tombe à 2.5 %... Mais le pire est qu’on a une méconnaissance parfaite de la situation et aucun inventaire précis, à l’exception de la Réunion où l’agence AGORA a identifié l’ensemble du patrimoine insalubre et indigne. « Aujourd’hui, il y a des opérations qui sont bloquées depuis 10, 20, 25 ans… Il y a un découragement généralisé des opérateurs, constate le député Létchimy. On a confondu les procédures financières et les procédures opérationnelles… Il n’y a pratiquement plus d’opérations nouvelles depuis cinq ans. » Il préconise donc quelques pistes pour relever le défi de l’habitat indigne. En premier lieu, il conviendrait de réformer la gouvernance en créant un pôle départemental de lutte contre l’habitat indigne avec son plan d’action et deux pilotes : la préfecture et le conseil général. « Il faut une grille de lecture de l’habitat populaire en tenant compte de l’habitat informel… » Plutôt que la RHI (résorption de l’habitat insalubre), ce dispositif lourd et qu’il qualifie de procédure financière, le député prône une résorption de l’habitat spontané en prenant en compte l’informel, c’est-à-dire les gens qui ont construit sur le terrain d’autrui, des communes ou des cinquante pas. Car on ne peut faire de RHI sur la zone des cinquante pas géométriques ! « On va vers l’échec total si on ne tient pas compte de l’informel, des enjeux culturels, des besoins d’une nouvelle dynamique locale. » Dans une ville comme Fort-de-France, l’ensemble des opérations comme les quartiers de Bo Kanal, Trenelle, Volga plage ou la pointe des Carrières seraient redémarrées au sein d’une politique nouvelle politique urbaine chargée de répondre aux enjeux des plus pauvres et des plus démunis. « On inscrirait une nouvelle dynamique de l’économie sociale du bâtiment parce que ça permettrait de donner du souffle à des gens qui font de la voirie, réseau, distribution (VRD), des routes, de la réhabilitation de maisons et ça permettrait de s’attaquer à une exclusion qui me semble inacceptable. » Globalement, Serge Létchimy propose de repenser globalement la lutte contre l’habitat indigne en 14 points. « C’est une orientation complètement politique qui peut faire l’objet d’une proposition de loi, ça peut être aussi toute une série de mobilisations sur le plan local et qu’on fasse un diagnostic global dans chaque département et mettre en pluriannualité une série d’interventions en fonction des enjeux. »

Indemnisation des familles installées dans de l’habitat informel, maintien sur place des gens recasés, s’attaquer aux marchands de sommeil, nouveaux critères d’évaluation de l’insalubrité, bref le rapport Létchimy replace l’homme au coeur du projet urbain.

FXG, agence de presse GHM

 


L’avis du secrétaire d’Etat au Logement, Benoît Apparu

Il y a quelques préconisations, quelques pistes de travail, notamment en matière de gouvernance à réformer. Est-ce que ça passera par des mesures législatives ? On le verra bien… L’outil pour aboutir au résultat est très secondaire. Ce que je demande tout de suite à mes services au ministère du Logement, c’est d’étudier de façon très précise le rapport de Serge Létchimy et de nous très vite les moyens nécessaires pour parvenir aux objectifs. Ca prendra du temps à se mettre en place et ça peut prendre plusieurs années d’éradiquer l’habitat indigne, mais les décisions, il faut les prendre tout de suite parce qu’aujourd’hui, les outils qui existent ne sont pas adaptés à la situation des quatre DOM. Ce sont ces outils là qu’il nous faut faire évoluer. Il n’y a pas nécessairement un besoin de masse financière supplémentaire importante, on a besoin de bien se réorganiser, bien se mettre en ligne entre les collectivités locales et l’Etat, d’inventer les bons outils pour faire ce qu’on a à faire et avec ça, on aura fait 50 % du chemin.

 

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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 14:59
Synthèse EGOM guadeloupe (accdom)
971 - GUADELOUPE :
Un regard de M. Philippe SARABUS, adjoint au maire du Gosier, membre du bureau et vice-président de l’ACCD’OM :
«En réponse aux conflits sociaux du début de l’année, le gouvernement dans le but de mettre fin à ceux ci a avec des thèmes choisis, mis en place les États généraux censés déboucher sur un vaste plan de modernisation de l’outre-mer. Une petite partie de la population dans des ateliers présidés par des personnalités de qualité a porté une réflexion fructueuse et fait des propositions intéressantes pour le devenir de notre pays. Mais en occultant des questions qui ont fait l’objet de débats pendant 44 jours, en refusant d’évoquer la fracture qui existe entre certaines franges de la population guadeloupéenne, quelle peut être la valeur ou la pertinence de ces États généraux aux yeux de la majorité des guadeloupéens, surtout sans la participation de ceux qui ont initié ce grand mouvement social qui a secoué notre pays ?» Les États généraux de l’outre-mer (ÉGOM) en Guadeloupe nous semblent mettre l’accent sur une information publique sur les prix, la concurrence et l’octroi de mer ; la production locale alimentaire ; un label pour développer le tourisme ; des pôles d’excellence (santé, sport) ; les transports ; le suivi des ÉGOM.
[1] La commission n°1 sur la formation des prix, les circuits de distribution et le pouvoir d’achat de la Guadeloupe nous semble mettre l’accent sur une exigence d’information publique régulière (sur les prix, les revenus, la concurrence, les taxes...), ainsi que sur la production locale et la consommation d’énergies fossiles.
[1] La commission n°2 sur les productions locales et les conditions d’un développement endogène de la Guadeloupe nous semble mettre l’accent sur l’habitat, les déchets, le sport et l’économie (pêche, voile, transformation agroalimentaire, distribution de la production locale, labels, octroi de mer,tourisme...).
[1] La commission n°3 sur les grands projets structurants et les conditions du développement durable de la Guadeloupe nous semble mettre l’accent sur la réalisation des engagements déjà pris en la matière (sic), sur le patrimoine, les centres-villes, le développement de filières d’excellence comme le pôle santé...
[1] La commission n°4 sur la rénovation du dialogue social et la formation professionnelle de la Guadeloupe nous semble mettre l’accent sur les organisations syndicales locales, le développement des branches professionnelles ou le renforcement de la région comme pilote de la formation professionnelle.
[1] La commission n°5 sur la gouvernance (évolutions institutionnelles locales, adaptation des administrations centrales) de la Guadeloupe nous semble mettre l’accent sur l’article 74 de la Constitution (collectivité unique) dans le maintien de l’identité législative prévue par l’article 73.
[1] La commission n°6 sur l’insertion des départements d’outre-mer dans leur environnement régional de la Guadeloupe nous semble mettre l’accent sur les RUP et les PTOM au niveau européen ainsi que sur le projet OHADAC
(Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires dans la Caraïbe).
[1] La commission n°7 sur l’égalité des chances, la promotion de la diversité et l’insertion des jeunes de la Guadeloupe nous semble mettre l’accent sur la formation des élèves et de leur famille à l’orientation (singulièrement des «border line») et sur la création d’un centre polyvalent pour le traitement thérapeutique.
[1] La commission n°8 sur l’identité, la culture et la mémoire de la Guadeloupe nous semble mettre l’accent sur la langue créole ; la protection des patrimoines architecturaux, urbains et paysagers ; la création d’un musée régional d’histoire, d’art et de traditions populaires et d’un musée d’art contemporain.
Une synthèse des États généraux de l’outre-mer

Les États généraux de l’outre-mer (ÉGOM) en Guadeloupe nous semblent mettre l’accent sur une information publique sur les prix, la concurrence et l’octroi de mer ; la production locale alimentaire ; un label pour développer le tourisme ; des pôles d’excellence (santé, sport) ; les transports ; le suivi des ÉGOM.


ATELIER N°1 - LA FORMATION DES PRIX, LES CIRCUITS DE DISTRIBUTION ET LE POUVOIR D’ACHAT :

La commission n°1 sur la formation des prix, les circuits de distribution et le pouvoir d’achat de la Guadeloupe nous semble mettre l’accent sur une exigence d’information publique régulière (sur les prix, les revenus, la concurrence, les taxes...), ainsi que sur la production locale et la consommation d’énergies fossiles. La présidente Delile DIMAN, présidente de la Société des économistes de la Guadeloupe, émet les propositions suivantes :
1.1. Délivrer régulièrement de l’information à destination de tous (société civile, pou voirs publics et presse) sur l’évolution des prix, des revenus, les conditions d’exercice de la concurrence et les comportements de consommation - La mise en place d’un Comité régional de l’information économique et social (CRIES) pourrait être déterminante, à côté de structures existantes (Observatoire des prix et CESR, en particulier) ou futures (Bureau d’études ouvrières prévu par le protocole du 4 mars 2009) ;
1.2. Informer les consommateurs sur la nature et le montant des taxes qu’ils acquittent en rendant obligatoire l’inscription de l’octroi de mer à côté de la TVA sur les factures ;
1.3. S’assurer que les règles de la concurrence sont bien respectées pour aboutir à un juste prix pour le consommateur, notamment en diligentant des enquêtes par les services de l’État (DGCCRF) ;
1.4. Inciter les importateurs à utiliser les régimes douaniers mis à leur disposition dans l’enceinte de la zone franche de Pointe-à-Pitre, de façon à optimiser leur gain de trésorerie ;
1.5. Renforcer le rôle des associations de défense des consommateurs en matière de suivi des coûts et des prix ;
1.6. Renforcer les missions de la cellule «Conseil aux entreprises» (services douaniers) : vulgariser les régimes douaniers suspensifs du paiement des taxes, et veiller au suivi des coûts et prix à l’importation ;
1.7. Mettre en place une procédure de remboursement de l’octroi de mer sur les produits exportés équivalente à celle de la TVA ;
1.8. Susciter la réflexion sur les choix de consommation
1.9. Mettre l’accent sur la formation et l’information des consommateurs pour en faire des consommateurs avertis ;
1.10.a. Taxer plus sévèrement la publicité, publicité papier notamment, au profit des budgets des collectivités ; b. De même, il faudrait contrôler l’implantation des panneaux publicitaires, avec augmentation de la redevance ;
1.11. Renforcer la police de l’environnement, prévoir des pénalités et les rendre exécutoires ;
1.12. Soutenir le mouvement de défense des consommateurs et lui donner les moyens de s’informer pour qu’il puisse pleinement assurer le rôle que la population attend de lui ;
1.13. Élaborer un modèle de consommation propre à la Guadeloupe, économie insulaire, sur la base d’un large débat, permettant la valorisation de la production locale, mais aussi un positionnement sur la consommation en énergie fossile ;
1.14. Pérenniser la lutte contre les inégalités ;
1.15. Créer un label entreprise citoyenne, susceptible d’améliorer les relations sociales au sein de l’entreprise, et conforter son rôle dans la société, en particulier dans le cadre de l’insertion des jeunes ;
1.16. Adapter la formation professionnelle des jeunes aux besoins d’emplois présents et futurs (notamment dans les secteurs de la santé et des services à la personne).

ATELIER N°2 - LES PRODUCTIONS LOCALES ET LES CONDITIONS D’UN DEVELOPPEMENT ENDOGENE :

La commission n°2 sur les productions locales et les conditions d’un développement endogène de la Guadeloupe nous semble mettre l’accent sur l’habitat, les déchets, le sport et l’économie (pêche, voile, transformation agroalimentaire, distribution de la production locale, labels, octroi de mer, tourisme...). Les présidents Joseph MOUËZA et Franck DESALME, chefs d’entreprise, émettent les propositions suivantes :
A. LA SATISFACTION DES BESOINS FONDAMENTAUX :
2.1. Réorganiser la filière «habitat» pour donner le sens et mettre en cohérence les acteurs (CDH, DDE, conseil régional et général, FBTP, MPI, mairies, promoteurs, SEM...) ;
2.2. Soutenir les projets en cours ou programmés à court et moyen terme en matière de traitement des déchets et concourir à l’accélération de leur mise en oeuvre ;
B. LE DEVELOPPEMENT HUMAIN :
2.3. Prendre en compte le sport en tant qu’axe majeur de développement dans les réflexions nécessaires pour faire des choix et surtout des propositions pertinentes pour de nouveaux projets de société ;
C. LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE :
2.4. Créer des passerelles entre le monde de la pêche et celui de la voile traditionnelle pour promouvoir le tourisme et conforter le rôle des structures organisées issues du monde de la pêche ;
2.5. Eriger l’émergence d’une véritable industrie de transformation agroalimentaire en priorité économique ;
2.6. Réglementer les conditions imposées par les grandes surfaces aux producteurs locaux, pour intégrer les réseaux de distribution des produits frais ;
2.7. Valoriser les démarches qualité de production locale par le biais de labels ;
2.8. Sauvegarder l’octroi de mer et le dispositif d’exonération dont il est assorti comme instrument privilégié de soutien du maintien et du développement du secteur productif guadeloupéen ;
2.9. Créer un label adapté permettant de mieux commercialiser les gites touristiques de la Guadeloupe ;
2.10. Apporter du réalisme et de la souplesse dans la problématique du territoire en faisant émerger une gouvernance plus participative à travers l’institution d’un Comité de suivi du développement endogène ;
2.11. Placer, aux côtés du préfet, un haut-commissaire au développement endogène chargé de travailler avec les administrations centrales ;
2.12. Un fonds d’investissement pour le développement endogène basé sur l’épargne locale et des crédits d’impôts sera créé pour soutenir les projets de développement des
entreprises du secteur productif local.

ATELIER N°3 - LES GRANDS PROJETS STRUCTURANTS ET LES CONDITIONS DU DEVELOPPEMENT DURABLE :

La commission n°3 sur les grands projets structurants et les conditions du développement durable de la Guadeloupe nous semble mettre l’accent sur la réalisation des engagements déjà pris en la matière (sic), sur le patrimoine, les centres-villes, le développement de filières d’excellence comme le pôle santé... Le président Eustase JANKY, professeur de médecine, émet les propositions suivantes :
A. UNE RECOMMANDATION GENERALE :
3.1. Réalisation des plans et programmes en cours, notamment en matière de rattrapages des infrastructures ;
B. PREMIER AXE : LES PATRIMOINES COMME SOCLE D’UN DEVELOPPEMENT DURABLE :
3.2. Une agence du patrimoine naturel, portée par des acteurs publics, privés et associatifs, animera un observatoire et sera chargée d’accompagner les activités basées sur une gestion durable du patrimoine naturel tant terrestre que marin et de jouer le rôle de pépinière facilitant la création d’activités et d’emplois verts ;
3.3. D’autres projets sont identifiés comme «Patrimoine historique et tourisme» et le tourisme de santé ;
C. DEUXIEME AXE : UNE VILLE RENOVEE, ACCUEILLANTE ET RENOVANTE :
3.4. Renforcer la ville, notamment avec la création d’une agence pour une reconquête des centres-villes, dans l’objectif d’amener de l’activité dans les centres-villes, stabiliser la population, lutter contre les constructions anarchiques consommatrices d’espace, en articulation avec les autres projets structurants : transports, ports, maillage numérique,
pôles d’activité etc. ;
3.5. D’autres projets complémentaires sont identifiés sur la construction et l’habitat durables, les structures d’accueil des jeunes, des handicapés et les personnes âgées mais également la créa tion d’un palais des sports, de congrès et de la culture de 5000 places et un projet de complexe de loisirs, de sports et de cultures ;
C. TROISIEME AXE : DES DYNAMIQUES DE TERRITOIRE AUTOUR DES DOMAINES
D’EXCELLENCE DE LA GUADELOUPE :
3.6. Favoriser l’émergence d’activités, de richesses et d’emplois en regroupant, autour d’un site ou d’un pôle, des entreprises privées, des services publics, des activités de formation de différents niveaux, de recherches-actions, des pépinières et des hôtels d’entreprises etc. et en spécialisant les zones d’activité autour de filières ou thématiques - de tels regroupements favoriseront des synergies ;
3.7. Les principaux pôles identifiés sont : le pôle santé et campus universitaire, le centre de ressource sur les risques, le pôle maîtrise de l’énergie et de développement des énergies renouvelables, le technopôle du numérique et le pôle d’excellence sportif ;
D. QUATRIEME AXE : MEILLEURE ACCESSIBILITE INTERNE ET EXTERNE DU TERRITOIRE :
3.8. Améliorer ou créer des infrastructures de communication, comme le maillage numérique du territoire ; des infrastructures de transport comme les ports de Basse Terre et de Pointe-à-Pitre-Jarry ; d’autres équipement structurants favorisant les échanges comme la création d’un marché d’intérêt régional ; une zone de réparation des yachts ;
3.9. Mise en place de transports en commun en site propre qui relèvent du plan de déplacement de l’agglomération du centre de la Guadeloupe porté par le syndicat mixte des transports du Petit-Cul-de-Sac-Marin ;
E. UNE MISSION DE SUIVI DES ÉGOM :
3.10. Une mission de suivi des ÉGOM qui ne constitue pas un grand projet proprement dit mais est essentielle au succès et la crédibilité des ÉGOM dont elle sera un gage de transparence car elle auditera les projets retenus.

ATELIER N°4 - LA RENOVATION DU DIALOGUE SOCIAL
ET LA FORMATION PROFESSIONNELLE :
La commission n°4 sur la rénovation du dialogue social et la formation professionnelle de la Guadeloupe nous semble mettre l’accent sur les organisations syndicales locales, le développement des branches professionnelles ou le renforcement de la région comme pilote de la formation professionnelle. Le rapporteur Jocelyn JALTON, président du CESR (Conseil économique et social régional), émet les propositions suivantes :
I. RENOVATION DU DIALOGUE SOCIAL :
A. LES PISTES JURIDIQUES ET INSTITUTIONNELLES :
4.1. Faire une place officielle aux organisations syndicales non représentatives au niveau national mais majoritaires sur le terrain ;
4.2. Agir sur les seuils d’effectif permettant la mise en place des institutions représentatives du personnel (IRP) ;
4.3. Accepter l’accompagnement des IRP, notamment les délégués syndicaux, par un membre de la direction du syndicat lors des négociations ;
4.4. Donner davantage de moyens à l’Inspection du travail ;
B. LES PISTES ECONOMIQUES ET POLITIQUES :
4.5. Développer les branches professionnelles de façon à couvrir au maximum les entreprises et les salariés ;
4.6. Développer la fonction Ressources humaines, notamment dans les petites et très petites entreprises, par la voie de la mutualisation des moyens ;
4.7. Mettre en place un accompagnement à la gestion d’entreprise obligatoire pour tous les secteurs d’activité ;
4.8. Constituer une offre de formation commune et adaptée à destination des acteurs sociaux ;
4.9. Instaurer une rencontre annuelle avec les partenaires sociaux ;
4.10. Développer de nouvelles mesures incitatives à destination des entreprises citoyennes pour un développement local durable ;

C. LES PISTES SOCIO-CULTURELLES :
4.11. Se mettre d’accord sur une vision commune d’un dialogue social ;
4.12. Faire évoluer les rapports au travail ;
II. FORMATION PROFESSIONNELLE :
A. LA GOUVERNANCE :
4.13. Renforcer la région dans son rôle de pilotage en matière de formation professionnelle ;
4.14. Construire une approche territoriale de l’emploi et de la formation ;
4.15. Améliorer l’articulation entre offres de formation et besoins des entreprises ;
4.16. Mobiliser les différents outils de prospective ;
4.17. Reconnaître les partenaires sociaux en région ;
B. L’OFFRE DE FORMATION :
4.18. Faire évoluer l’offre de formation pour mieux répondre aux besoins des entreprises et des individus ;
4.19. Repenser le fonctionnement du Conseil académique de l’éducation nationale (CAEN) ;
4.20. Améliorer l’évaluation ;
C. L’ORIENTATION
4.21. Engager la région à copiloter avec l’État et les partenaires sociaux ;
4.22. Mutualiser et améliorer l’information ;
D. LA VALIDATION DES ACQUIS DE L’EXPERIENCE :
4.23. La validation des acquis de l’expérience (VAE) ;
4.24. Améliorer l’information ;
4.25. Renforcer l’accompagnement ;
E. L’INSERTION ET LA LUTTE CONTRE L’EXCLUSION :
4.26. Mieux articuler les politiques de l’État, des départements et des régions ;
4.27. Vers une nouvelle culture de la formation : «l’ apprenance» ;
F. MOBILITE :
4.28. Pour la mobilité interne il faudrait la mise en place d’un «chèque mobilité».

ATELIER N°5 - LA GOUVERNANCE (ÉVOLUTIONS INSTITUTIONNELLES LOCALES ET ADAPTATION DES ADMINISTRATIONS CENTRALES) :

La commission n°5 sur la gouvernance (évolutions institutionnelles locales, adaptation des administrations centrales) de la Guadeloupe nous semble mettre l’accent sur l’article 74 de la Constitution (collectivité unique) dans le
maintien de l’identité législative prévue par l’article 73. Le président Maurice MARIANNE, bâtonnier de l’Ordre des avocats, et les rapporteurEs Pierre-Yves CHICOT, Georges CALIXTE, Jack CAILACHON et Josette FALLOPE émettent
les propositions suivantes :
A. NOUVELLE REPARTITION DE COMPETENCES :
5.1. Adoption d’un modèle de régime parlementaire local régi par l’article 74 de la Constitution mais adoptant le principe de l’identité législative ;
5.2. Fusion du conseil général et du conseil régional ;
5.3. Extension de l’offre de la décision publique locale ;
5.4. Architecture institutionnelle bi-dimensionnelle avec une assemblée territoriale de la Guadeloupe élue sur la base du scrutin uninominal à deux tours : cette assemblée territoriale élirait son président ; de cette l’assemblée émanerait un conseil exécutif qui élirait son président ;
5.5. Un conseil économique, social, culturel et de l’environnement d’une part, un conseil de la société civile (associations) d’autre part, se verraient attribuer un pouvoir de donneurs d’avis ;
5.6. Penser les institutions en équilibrant les pouvoirs entre l’exécutif et le délibératif avec un mode d’élection qui garantisse la représentation du territoire ;
5.7. Renforcer la formation des élus ;
5.8. Adapter dans le sens d’une plus grande simplification de l’arsenal juridique qui encadre l’administration territoriale
5.9. Favoriser la promotion des compétences locales dans les postes à responsabilités ;
B. LES COMPETENCES ATTENDUES :
5.10. Au plan économique (adaptation du code des marchés ; capacité pour le pouvoir local de disposer de la compétence des prix administrés ; favoriser l’accès au crédit notamment par la création d’un GIP local) ;
5.11. Maîtrise du patrimoine foncier ;
5.12. Environnement (adaptation de la loi sur l’eau ; la gestion partagée des 50 pas géométriques ; la décentralisation du parc national) ;
5.13. Éducation (une plus grande compétence en matière de contenu des programmes scolaires ; recrutement des autochtones sur les emplois locaux) ;
5.14. Compétence partagée en matière d’immigration ;
5.15. Compétence partagée en matière d’organisation des services publics de l’État en Guadeloupe ;
5.16. Compétence partagée quant à l’organisation de l’administration de la procédure pénale en matière criminelle par la suppression du pôle d’instruction de Pointe-à-Pitre, qui peu à peu détruit le tribunal de Basse-Terre.

ATELIER N°6 - L’INSERTION DES DEPARTEMENTS D’OUTRE-MER DANS LEUR ENVIRONNEMENT REGIONAL :

La commission n°6 sur l’insertion des départements d’outre-mer dans leur environnement régional de la Guadeloupe nous semble mettre l’accent sur les RUP et les PTOM au niveau européen ainsi que sur le projet OHADAC (Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires dans la Caraïbe). Le président Blaise ALDO, maire de Sainte-Anne et ancien député européen (A), et les rapporteurEs Catherine SARGENTI (B), Claudy ALIE (C) et Jean-Louis BOUCARD (D) émettent les propositions suivantes :
A. L’ASPECT POLITIQUE :
6.1. La France doit réitérer sa demande à la Commission européenne de présenter des propositions législatives afin de donner corps à la consécration du traité juridique spécifique des RUP (régions ultrapériphériques) au titre de l’article 299, paragraphe 2, du traité d’Amsterdam ;
6.2. Mettre en place un service déconcentré de la Commission sur le territoire des RUP ;
6.3. À Bruxelles, la présence des RUP doit être renforcée au sein de l’UE (Union européenne) par une consultation systématique et une association renforcée de leurs représentants ;
6.4. La France devra insister pour que, dans le cadre des partenariats politiques régionalisés, les structures du dialogue politique soient fondamentalement réorganisées afin d’y associer les représentants des RUP et des PTOM environnants ;
6.5. Elle devra aussi intervenir auprès de la Commission et du Conseil afin que soient associés tant les RUP que les PTOM (pays et territoires d’outre-mer) lorsque les unes ou les autres sont susceptibles d’apporter une valeur ajoutée à l’action communautaire ou d’être directement affectés par une législation interne ou un accord international ;
6.6. La coopération décentralisée ACP/PTOM/RUP devra être favorisée financièrement, notamment dans le domaine des transports, de la recherche et du développement, des télécommunications, de la formation et de l’éducation, de l’accès aux technologies de l’information, de l’environnement, de la gestion des ressources halieutiques, de la lutte
contre la criminalité et les trafics, du tourisme, de la culture, de surveillance météorologique et de protection civile ;
6.7. Permettre un renforcement de la présence des autorités locales au sein de la CARICOM [Caribbean Community] et du CARIFORUM [Caribbean Forum of States] ;
6.8. Délimiter les zones maritimes de la Guadeloupe par rapport à ses voisins immédiats afin de permettre la mise en place d’accords de pêche garants d’une exploitation paisible, durable et rationnelle des ressources halieutiques dans la zone ;
6.9. Nous préconisons que la Commission de Bruxelles garantisse aux flottes de pêches de la Guadeloupe une discrimination positive dans l’accès aux ressources halieutiques existantes au large de ses côtes ;
6.10. La création d’un programme communautaire d’aide à la petite pêche côtière et artisanale qui tienne compte de ses spécificités et de l’importance socio-économique qu’elle revêt pour nombres de familles ;
6.11. L’installation de mesures économiques en vue de compenser auprès des pécheurs l’impact des mesures de conservation des ressources halieutiques ;
6.12. Une aide à la formation et à la qualification professionnelle, à l’amélioration des conditions de travail et de la situation économique des pécheurs, favorisant le rajeunissement du secteur et contribuant ainsi à la sauvegarde de la pêche artisanale dans l’ensemble des RUP et plus spécifiquement dans l’archipel guadeloupéen ;
B. LES ASPECTS JURIDIQUES :
6.13. Il convient de poursuivre le travail de recensement et d’analyse des différentes conventions internationales liant, en matière commerciale, la France aux différents États de la région et les différents États de la région entre eux ;
6.14. Un congrès sur l’arbitrage international ;
6.15. Des outils juridiques d’accompagnement nécessaires à la mise en place d’un vaste espace de libre échange ;
6.16. Des congrès devront être organisés à Trinidad, Sainte Lucie et en Guadeloupe, pour promouvoir le projet OHADAC [Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires dans la Caraïbe] ;
6.17. La priorité accordée au projet OHADAC contribuerait au rayonnement de la France dans une zone géographique située dans le «jardin des Amériques» et favoriserait l’insertion des départements français d’Amérique dans leur environnement caribéen ;
6.18. Des visas courts séjour, dispensés des formalités des articles L211-3 à L211-8 du CESEDA [Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile] et des règles du visa biométrique, puissent être délivrés rapidement aux ressortissants des États de la grande région caraïbe, désireux de commercer avec les départements français d’Amérique ou d’y faire du tourisme ;
6.19. Redonner leur caractère suspensif aux recours contre les arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière en Guadeloupe, Guyane et à Saint Martin ;
6.20. Renforcer la qualité de l’accueil des étrangers à la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre ;
6.21. Permettre à l’étranger frappé d’un arrêté de reconduite à la frontière de liquider ses avoirs ;
6.22. En cas de catastrophe naturelle (cyclone, tremblement de terre etc.), décider d’unmoratoire des expulsions vers les pays touchés ;
6.23. Porter à 60 le nombre des places du centre de rétention administrative de la Guadeloupe ;
6.24. Ouvrir un centre de rétention administrative sur le territoire de la collectivité territoriale de Saint Martin ;
6.25. Favoriser l’accompagnement et la défense des droits des étrangers ;
C. L’ASPECT ECONOMIQUE :
6.26. Renforcer la participation de Guadeloupéens au sein des différents organismes socioéconomiques et publics de la Caraïbe (consulats, ambassades, Alliances françaises...) ;
6.27. Améliorer l’information de la population guadeloupéenne sur l’environnement caribéen, notamment par la diffusion de programmes télévisés et radiophoniques caribéens, le développement des échanges entre universités, collèges et lycées ;
6.28. Renforcer les moyens d’assistance et d’accompagnement des entreprises en vue de leur permettre de mieux répondre aux appels d’offres émis dans les pays caraïbes ;
6.29. Renforcer la visibilité et la représentativité des départements français d’Amérique (DFA), en tant que régions européennes, aux yeux des partenaires caribéens ;
6.30. Favoriser la mise en place de pôles d’excellence technologique dans les DFA afi n de leur attribuer les compétences qui permettraient de mieux répondre aux besoins de pays caribéens ;
6.31. Constituer des hubs maritimes et douaniers (sur la base d’un Cargo Communities System) en vue de mettre en réseau tous les acteurs publics et privés du transport maritime et terrestre et d’améliorer ainsi les procédures de suivi et la sureté des échanges ;
6.32. Faire évoluer les règlements européens en matière de cabotage pour soutenir les services de transport entre les DFA et les pays tiers voisins, par le biais d’aides au démarrage et favoriser la mise en place de lignes de cabotage dans le bassin caribéen ;
6.33. Faciliter la délivrance de visas pour la venue des acteurs économiques caribéens en vue de développer des échanges et la coopération ;
6.34. Prévoir un relais sur place d’Ubifrance (Agence française pour le développement international des entreprises) et de l’Oséo (établissement public français dont la mission est de soutenir l’innovation et la croissance des petites et moyennes entreprises) ;
6.35. Soutenir la Guadeloupe dans sa vocation à devenir une plateforme de redistribution tant pour les produits européens vers la Caraïbe que pour les produits caribéens destinés au marché européen - Les investissements prévus dans le cadre du Complexe eurocaribéen d’activités (CECA), à savoir le port maritime, l’aéroport Guadeloupe Pôle Caraïbes, la zone d’activités commerciales de Dothémare et la zone d’entrepôts francs, sont à ce jour réa lisés et sont de nature à renforcer ce positionnement ;
6.36. Développer une véritable offre en matière de standardisation et de normalisation des produits caribéens pour leur permettre d’accéder au marché européen ;
D. LA COOPERATION REGIONALE :
6.37. Pour développer cette coopération régionale, il convient de renforcer les capacités d’intervention des acteurs publics et privés dans le champ de la coopération et de prioriser les actions dans les domaines d’excellence de la Guadeloupe ;
6.38. Concentrer les instruments et outils de la coopération au sein d’une collectivité ou d’un organisme unique : a. Appuyer les demandes d’adhésion de la Guadeloupe aux organisations régionales de coopération et d’intégration (CARICOM, CARIFORUM, OECO [Organisation des États de la Caraïbe orientale]), en qualité de membre associé ou
observateur ; b. Installer en Guadeloupe une délégation de l’Union européenne ; c. Créer un nouvel instrument financier communautaire mutualisant une partie du FEDER [Fonds européen de développement économique et régional] alloué au programme de coopération territorial Interreg et une partie du FED alloué aux pays ACP, dans le cadre du programme indicatif régional géré par le CARICOM ; d. Créer un établissement public régional de
coopération, en charge de la gestion des politiques locales et des dispositifs et outils financiers qui y sont dédiés ;
6.39. Formaliser un cadre de représentation de la France à l’Association des États de la Caraïbe qui s’appuie sur un mécanisme de concertation entre l’État, les régions Guadeloupe, Guyane et Martinique, ainsi que les collectivités d’outre-mer de Saint- Barthélemy et Saint-Martin : a. Localiser sur un DFA ou sur le territoire d’une collectivité
d’outre-mer l’ambassadeur délégué à la coopération régionale dans la zone Antilles- Guyane ; b. Aménager l’accueil dans les ambassades de la zone de fonctionnaires des collectivités, qui à travers des stages de longue durée (au moins 6 mois) pourraient se former aux politiques, modes et moyens d’intervention de la diplomatie française dans la
Caraïbe ; c. Simplifier et alléger les procédures de délivrance des visas afin de faciliter le séjour de courte durée pour les ressortissants de la Caraïbe ; d. Créer en Guadeloupe une «maison de la diplomatie caribéenne» qui regrouperait en un lieu unique l’ensemble des représentations diplomatiques des pays de la Caraïbe ; e. Augmenter les dotations
financières que l’État alloue aux Alliances françaises de la Caraïbe ; f. Créer un dispositif de mobilité des étudiants sur l’ensemble de la grande Caraïbe ; g. Harmoniser les diplômes universitaires délivrés par les universités de la Caraïbe avec ceux délivrés par l’Université des Antilles-Guyane ;
6.40. Accompagner le projet de la région visant à créer en Guadeloupe un pôle d’excellence en matière d’apprentissage du français langue étrangère ;
6.41. Mettre en place un dispositif de mobilité pour les écoliers, les collégiens et les lycéens ainsi que les stagiaires de la formation professionnelle, dans le cadre de projets d’action éducative, en partenariat avec leurs pairs de la Caraïbe ;
6.42. Soutenir financièrement et de façon pérenne la production d’images et d’informations (émissions télé et radio, magazines, reportages, publireportages, documentaires) en provenance des territoires français de la Caraïbe et des pays et territoires voisins.

ATELIER N°7 - L’EGALITE DES CHANCES, LA PROMOTION DE LA DIVERSITE ET L’INSERTION DES JEUNES :

La commission n°7 sur l’égalité des chances, la promotion de la diversité et l’insertion des jeunes de la Guadeloupe nous semble mettre l’accent sur la formation des élèves et de leur famille à
l’orientation (singulièrement des «border line») et sur la création d’un centre polyvalent pour le traitement thérapeutique. La présidente Jeanny MARC, députée, émet les propositions suivantes :
A. ÉDUCATION :
7.1. Construire un parcours de progression étape par étape pour les enfants et les jeunes ;
7.2. Améliorer l’orientation des élèves, former les élèves et leur famille à l’orientation ;
7.3. Refonder l’éducation sur le respect de l’apprenant, le respect de l’écoute de l’autre, le respect de l’autorité ;
7.4. Revitaliser dans l’éducation les valeurs républicaines : laïcité, fraternité, responsabilité... ;
7.5. Donner dès le primaire aux enfants les équipements d’assistance pédagogique, informatique notamment ;
7.6. Définir le socle de la transmission familiale : histoire familiale, histoire locale, environnement socioculturel... ;
7.7. Eduquer la famille, soutenir la fonction parentale (notamment dans les familles les plus fragiles) ;
7.8. Augmenter les moyens des réseaux d’écoute et d’appui à la parentalité ;
7.9. Construire une éducation hors école : médiateurs, équipes de rue, temps périscolaire,
temps libre... ;
7.10. Définir un public cible pour lequel des dispositions spécifiques «Egalité des chances» seront organisées au sein d’un programme d’actions et d’objectifs réalisé en concertation
avec les pouvoirs publics et les associations ;
B. FORMATION :
7.11. Mieux intégrer l’offre de formation dans le marché du travail ;
7.12. Proposer des immersions pré-professionnelles précoces des jeunes dans le monde de l’entreprise au sein même de l’organisation scolaire ;
7.13. Développer l’esprit d’entreprendre et la culture de l’entreprise le plus tôt possible ;
7.14. Instaurer et formaliser le tutorat d’entreprise et le compagnonnage ; Positionner l’économie guadeloupéenne dans son contexte caribéen ; Instauration d’un fichier de suivi des jeunes dans le cadre de la formation tout au long de la vie ;
7.15. Nécessité d’une construction cohérente d’un schéma régional des formations professionnelles, prenant en compte l’ensemble des acteurs dont l’Éducation nationale ;
7.16. Développer une valence entre prise d’entraînement au sein même des organismes de formation ;
7.17. Valorisation de la formation professionnelle diplômante ou qualifiante comme facteur d’épanouissement de l’individu ;
7.18. Instaurer un programme obligatoire de suivi et d’évaluation des connaissances du porteur de projet dès l’enregistrement de son entreprise dans le réseau des chambres consulaires ;
C. LOGEMENT :
7.19. Lancer un vaste programme «d’urbanisation intégrée» au service de la population : transports, culture, sports, petits commerces... ;
D. COUVERTURE SOCIALE ET SANTE :
7.20. Créer un centre polyvalent pour le traitement thérapeutique, la réinsertion et la formation des personnes en situation d’exclusion ou désocialisées - Il est nécessaire de pouvoir proposer un dispositif adapté à des publics souvent stigmatisés ;
7.21. Créer une unité thérapeutique pour la prise en compte des personnes atteintes de troubles psychopathologiques (schizophrènes, délinquants sexuels...) ;
7.22. Limiter le nombre de médecins en secteur II ;
7.23. Développer le tiers-payant ;
7.24. Améliorer l’accueil et la prise en charge des ayant-droits de même que les délais de liquidations des dossiers à la CGSS ;
7.25. Repenser les dispositifs de dé pistage des troubles de la vision et bucco-dentaires en milieu scolaire ;
7.26. Développer l’éducation nutritionnelle des enfants, des jeunes, des familles et plus singulièrement celles qui sont défavorisées ;
7.27. Renforcer l’éducation à la santé tout particulièrement sur les addictions (drogues, alcool...) ;
7.28. Définir un nouveau schéma de l’offre médicale (accroître la densité médicale dans certaines spécialités, élargir le périmètre d’activité remboursable de certains professionnels pour pallier aux sous-densités) ;
7.29. Améliorer l’équipement des structures dédiées aux personnes handicapées et garantir une meilleure prise en charge des équipements individuels de ces publics notamment pour les grands dépendants ;
7.30. Favoriser la réalisation de maisons médicales pluridisciplinaires notamment en Nord Grande-Terre ;
7.31. Créer des réseaux de référents médicaux autour des Missions locales, PAEJ, planning familial... ;
7.32. Améliorer l’accueil et la prise en charge aux urgences du CHU de Pointe-à-Pitre ;
7.32. Equiper certains lieux de défibrillateurs ;
7.33. Augmenter les capacités d’accueil pour personnes âgées dépendantes ;
7.34. En matière d’éducation physique et sportive ;
7.35. Améliorer l’accessibilité aux personnes handicapées ;
7.36. Responsabiliser, soutenir financièrement les communes dans la réalisation de leur politique sportive et dans l’aménagement des territoires intercommunaux en infrastructures ;
7.37. Proposer une offre sportive obligatoire le mercredi après-midi aux enfants ;
7.38. Elargir le champ d’intervention du transport scolaire à la pratique sportive afin de favoriser la pratique en club ;
7.39. Développer l’offre sportive adaptée aux personnes handicapées ;
7.40. Développer l’offre culturelle et l’inscrire dans son espace caribéen ;
7.41. Développer les apprentissages culturels dès le plus jeune âge ;
7.42. Valoriser et multiplier les lieux de conservation du patrimoine ;
7.43. Accroître la fréquentation des sites en permettant au plus grand nombre de pouvoir y accéder (passeport, carte jeune...) ;
7.44. Développer les lieux de découverte et de pratiques culturelles au plus près des lieux fréquentés par les jeunes (maisons des jeunes et de la culture, maisons de quartier, dans les rues...) ;
E. L’EMPLOI :
7.45. L’accompagnement, le soutien, la formation des demandeurs d’emploi ;
7.46. Le soutien à la gestion des TPE et auto-entreprises ;
7.47. L’accès à l’information et aux transports
7.48. Développer à travers un programme ambitieux l’accès aux TIC dans les lieux publics (médiathèques, cyber espace, clubs du 3ème âge, missions locales, cyber-bus...) ;
7.49. Généraliser le langage des signes sur les chaînes publiques et dans certaines administrations ;
7.50. Harmoniser le prix de vente des CD, presse, livres, et autres supports culturels avec les prix pratiqués en Métropole ;
7.51. Engager une politique volontariste d’adaptation des transports aux personnes à mobilité réduite ;
7.52. Engager une large concertation sur un nouveau schéma d’organisation des modes de transport (paramétrage des réseaux desservis par les transports terrestres de passagers, trans port multimodal, transport maritime inter-ville, horaires adaptés...) ;
7.53. Plus de transparence et de visibilité dans les politiques tarifaires aériennes ;

F. L’INSERTION DES JEUNES :
7.54. Créer un observatoire de la jeunesse ;
7.55. Créer une instance unique sous le statut de GIP ;
7.56. Augmenter la durée d’accompagnement pour l’insertion - 24 mois ne suffisent pas pour rééduquer, resocialiser, former et insérer - Une durée de 48 mois est avancée pour donner le temps aux bénéficiaires de reprendre confiance en «l’autre», car c’est un public très éloigné de l’emploi et rencontrant des problématiques multiples ;
7.57. Créer un contrat unique d’insertion ;
7.58. Exonérer les structures d’insertion de charges patronales ;
7.59. Définir un objectif de territoire prenant en compte globalement les problématiques des jeunes - L’insertion ne se réduit pas à la formation et à l’emploi ;
7.60. Définir un réel contrat social basé sur le dialogue et l’écoute ;
7.61. La création d’une agence pour développer une dynamique d’entre prise et accompagner dans les montages de projet car il n’y a pas assez de porteurs de projets. Revaloriser l’image de l’IAE qui est trop souvent associée dans l’inconscient collectif à une «voie de garage» ;
7.62. Créer un microcrédit social pour financer les petits projets de vie ;
7.63. Défiscaliser les entreprises d’insertion sur le fonctionnement ;
7.64. Créer un «centre ressources de compétences» ; l’idée est de regrouper au sein d’un organisme, les compétences sociales et de gestion dont auraient besoin les entreprises individuelles - Ces personnes spécialisées auraient chacune le statut de microentrepreneur et interviendraient auprès des entreprises individuelles en prestataires de service - Cette solution permettrait aux entreprises individuelles de bénéficier de personnel
compétent à moindre coût, de libérer les encadrants pour leur permettre de partir en formation ;
7.65. Créer un référent unique à même de connaitre tous les dispositifs de l’insertion, de conseiller l’entreprise d’insertion dans son fonctionnement et de faire le lien entre le monde de l’insertion et le monde de l’entreprise ;
7.66. Créer un réseau d’entreprises citoyennes qui accepteraient de mettre en place des heures de travail pour un public en insertion ;
7.67. Deux propositions spécifiques pour sortir les «border line» de leur précarité :
a. Obligation faite aux centres proposant des formations de niveau 5 et 4 de prendre sur leurs effectifs au moins 10% de jeunes «border line» qui pourront bénéficier en parallèle d’un accompagnement individuel renforcé et seront suivis par un référent ;
b. Même obligation faite aux entreprises travaillant sur les programmes de logements sociaux et
dans le cadre de l’ANRU ou tout autre programme financé par les collectivités et/ou l’État ;

G. LA PROMOTION DE LA DIVERSITE :
7.68. Il faut aider à la réappropriation ou à l’appropriation de la culture guadeloupéenne ;
7.69. Comprendre les valeurs de l’art : elles ne doivent pas être seulement l’affaire des spécialistes mais un outil de promotion d’une diversité culturelle ;
7.70. Véhiculer cette culture commune (collective) y compris dans des formats qui peuvent paraître peu conventionnels (rassemblements de musiciens dans des lieux chargés d’initier les jeunes par exemple) ;
7.71. Il faut donner ou redonner au secteur associatif et notamment aux associations et organismes qui travaillent sur la mémoire (traditions, culture etc.) toute leur place (connaissances, compétences...) à codifier pour se réapproprier les éléments de la culture guadeloupéenne ;
7.72. .Il faut se poser sans aucun tabou la question de la redistribution des biens, des propriétés, des droits - La question de bâtir une société nouvelle doit légitiment être abordée ;
7.73. L’entreprise guadeloupéenne ne semble pas être capable d’absorber les jeunes guadeloupéens sortant chaque année sur le marché du travail, le modèle est-il efficace voire efficient ? - d’où la nécessité d’une meilleure adaptation de l’entreprise y compris dans les organigrammes ;
7.74. Diversité à promouvoir dans tous les secteurs (entreprises, administrations) pour éviter les conflits (blanc et noir) ;
7.75. Le sport comme outil formidable d’une diversité bien pensée ;
7.76. Il faut promouvoir la mobilité lorsqu’il n’est pas possible de rester en Guadeloupe (soit parce qu’il s’agit d’un choix ou d’une obligation) ;
7.77. L’environnement de la Guadeloupe (histoire, culture, identité...) doit être véritablement pris en compte dans la formation ;
7.78. Favoriser et étendre l’enseigne ment des LCR (langues cultures régionales) ;
7.79. La défiscalisation comme vecteur de diversité économique mais pas seulement... ;
7.80. Il faut clarifier le paysage de l’insertion en proposant aux jeunes un guichet unique ;
7.81. S’agissant des populations migrantes (caribéennes) vivant en Guadeloupe ;
7.82. Sur le volet scolarité : il faut permettre aux enfants issus de l’immigration, quel que soit leur statut juridico-administratif d’intégrer l’école le plus tôt possible, afin d’y apprendre les codes, les règles sociales, la langue, les connaissances, les modes de vie et de se sentir pleinement guadeloupéens ;
7.83. PMI : il faut développer davantage d’actions de protection, maternelle et infantile vers les familles de migrants et leurs enfants en raison de leur précarité et des multiples handicaps auxquels ils sont confrontés ;
7.84. Intégration : mettre en place une «structure d’accueil sas»avec le concours des familles et des associations de migrants, prenant en compte une large répartition territoriale, afin de faciliter l’intégration et en particulier celle des préadolescents ;
7.85. Eviter la ghettoïsation - Il importe d’éviter ou de limiter les effets néfastes du phénomène de communautarisme y- Il faut au contraire plaider pour un brassage, s’ouvrir au autres pour apprendre d’eux-mêmes et éviter la constitution de ghettos - D’où la nécessité de conduire des actions allant dans ce sens.

ATELIER N°8 - L’IDENTITE, LA CULTURE ET LA MEMOIRE : QUELLE DEMARCHE PRIVILEGIER ?

La commission n°8 sur l’identité, la culture et la mémoire de la Guadeloupe nous semble mettre l’accent sur la langue créole ; la protection des patrimoines architecturaux, urbains et paysagers ; la création d’un musée régional d’histoire, d’art et de traditions populaires et d’un musée d’art contemporain. Le président Jean-Jacques JEREMIE, président du Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement, émet les propositions suivantes :

A. ÉDUCATION ET FORMATION CULTURELLES :
8.1. Renforcer l’apprentissage de la langue créole, de l’histoire de la Guadeloupe, de la Caraïbe et de l’éducation artistique et culturelle dans l’Éducation nationale, dans les institutions (musées, sites patrimoniaux etc.) et dans les associations ;
8.2. Actions proposées : a. Aides facilitant l’accès à l’étude de la musique par les enfants de milieux modestes ; b. Mises à jour des manuels scolaires nationaux ; c. Intégrer les spécificités locales dans les formations et les diplômes ; d. Adaptation des programmes dans tous les établissements ; e. Création d’un bac professionnel avec une spécialisation «patrimoine» ; f. Faciliter l’accès aux organismes de formation professionnelle situés en France ; g. Développement de l’accès à la formation continue ; h. Création d’une école d’art et signatures de conventions de partenariat nationales ; i. Accompagnement à la préparation des concours d’entrée dans des filières culturelles et patrimoniales spécifiques (conservatoire de musique, bibliothèques, patrimoine etc.) ;
B. PATRIMOINES MATERIELS ET IMMATERIELS :
8.3. Faire de la valorisation des patrimoines matériels et immatériels des leviers d’épanouissement culturel et de développement touristique ;
8.4. Renforcer les synergies entre les politiques d’aménagement du territoire et celles relatives aux autres activités culturelles, touristiques, économiques ;
8.5. Mettre en cohérence les projets d’urbanisme et les zones de protection des patrimoines architecturaux, urbains et paysagers ;
8.6. Faciliter l’émergence des dispositifs réglementaires et législatifs innovants en faveur de la restauration et de l’animation de sites à haute valeur patrimoniale ;
8.7. Actions proposées : a. Réalisation d’actions d’animation hautement significatives ;
b. Création d’un musée régional d’histoire, d’art et de traditions populaires ; c. Signatures de conventions partenariales et d’échanges avec la Réunion des musées nationaux, les musées du Louvre, du quai Branly, Dapper et d’autres structures muséales régionales ;
C. COMMUNICATION, DIFFUSION ET ORGANISATION CULTURELLES :
8.8. Mettre en place des outils performants de communication, de diffusion et de coopération culturelles ;
8.9. Favoriser l’émergence dans les médias publics d’une politique audacieuse de contenu culturel de qualité ;
8.10. Actions proposées : a. Intensifier les plages d’information, d’éducation artistique et culturelle ; b. Faciliter l’accès aux médias des artistes, créateurs et producteurs - Accompagner la diffusion des oeuvres ; c. Donner une impulsion significative à l’émergence de nouvelles structures de création et de diffusion ; d. Création d’un musée d’art contemporain et d’un espace de conservation des oeuvres ; e. Implantation d’un complexe culturel de grande capacité ; f. Multiplication des résidences d’artistes ; g. Créer une Agence guadeloupéenne pour la promotion et l’ingénierie culturelles ; h. Assistance administrative, juridique et financière des associations et autres porteurs de projets culturels ; i. Développement des financements complémentaires (sponsoring, mécénat, allègements fiscaux etc.) ; j. Promotion de la culture guadeloupéenne à l’étranger en facilitant la circulation des artistes et des oeuvres (aides aux déplacements, allègements fiscaux etc.).

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 15:25

Les congés bonifiés remis sur le métier

Le document budgétaire mis en ligne par le ministère du budget (http://www.performance-publique.gouv.fr/farandole/2010/pap/pdf/PAP2010_BG_Outre-mer.pdf) indique le retour au menu des tâches gouvernementales de la réforme des congés bonifiés. Le texte évoque « le réexamen d'éléments particuliers de la fonction publique d'outre-mer (congés bonifiés par exemple) et de certaines indemnités spécifiques de retraite ». Patrick Karam, d’abord, puis Yves Jégo avaient entrepris « une démarche de concertation interministérielle initiée fin 2008, afin d’homogénéiser le dispositif des congés bonifiés ». Interrompu par la crise sociale aux Antilles de février dernier, le processus devrait être réengagé prochainement.

La Possession, le 09/02/2003

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