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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 18:13
A propos des poursuites contre les sept d'Océanis en Martinique

L’avocat Alex Ursulet, défenseur dans le dossier des sept d’Océanis, réplique aux propos du procureur Renaud Gaudeul dans l'édition du 6 juin de France-Antilles Martinique/

 « Il n’y a pas un code de procédure pour les blancs et un autre pour les noirs »

L’audience du 3 juin concernant le procès des sept d’Oceanis a suscité beaucoup d’informations contradictoires. Le procureur de Fort-de-France a déclaré que la totalité des avocats des prévenus avaient été informés préalablement au communiqué de presse de l’annulation de cette audience. Pourquoi avoir affirmé le contraire ?

Je répondrais au procureur de la République : C’est faux et vous le savez. Il a mis Me Monotuka devant le fait accompli après avoir longuement discuté dans son bureau avec l’un des avocats des sept. II énonce une contre-vérité lorsqu’il déclare que les avocats lui ont tous dit : « Vous avez parfaitement raison ». Me Monotuka et moi-même avons été informés de cette décision par un communiqué de presse signé par le procureur et par le président du TGI le mercredi 27 mai. Et ce n’est que le lundi de pentecôte, jour férié, soit deux jours avant l’audience, à 20 heures, que nous avons reçu un mail du président du TGI avec une copie de l’ordonnance prise la veille, annulant cette audience. Nous sommes venus le voir ce même jour et nous avons contesté le fait que le procureur puisse s’associer avec le président du TGI pour rendre une décision sans débat contradictoire avec la défense et sans caractère public, hors de la chambre correctionnelle qui avait rendu la première décision de renvoi en janvier 2020. Peut-être que d’autres avocats lui ont dit qu’il avait raison, mais nous, nous lui avons dit fermement mais courtoisement : Vous avez tort. Tort parce qu’il n’est qu’une partie au procès pénal, au même titre que les prévenus et les parties civiles, parce qu’il ne peut décider d’un renvoi en catimini en dehors de la chambre correctionnelle. Nous lui avions indiqué au cours de cet entretien que nous lui déposerions avant le procès, des conclusions visant la nullité de la procédure. Il nous a remercié et nous a précisé que son parquet attendait nos conclusions afin d’examiner la pertinence de nos demandes. Nous l’avons trouvé inquiet et nous l’avons rassuré en lui indiquant que nos clients n’étaient pas des sauvageons voulant en découdre avec quiconque. Nous lui avons indiqué que nous voulions la confrontation entre l’accusateur qu’il était et la défense. Nous avions aussi fait citer des témoins et nous entendions respecter et faire respecter à l’intérieur de l’audience toutes les mesures de distanciation sociale.

Le procureur indique dans son interview du 6 juin que vous vous êtes accaparé la défense « au mépris des règles déontologiques » ? Qu’est-ce que cela veut dire ?

Le procureur n’aime pas la contradiction, ni le contradictoire et s’il était en face de moi, je lui dirais comme je vous le dis : « Qui êtes-vous donc pour nous donner des leçons de déontologie? » Ce rôle est réservé exclusivement au Bâtonnier et il nous raconte des histoires lorsqu’il affirme avoir fait part à tous les avocats du dossier de la décision d’annulation. En portant de telles propos, le procureur qui est un magistrat du parquet, a manqué à son devoir de réserve tel qu’il est prévu et qu’il lui est imposé par les dispositions de l’article 10 de l’ordonnance du 22 décembre 1958 relative au statut de la magistrature.

Cette obligation de réserve lui impose de la modération dans ses propos et lui interdit d’utiliser des termes outranciers. Or, durant la quasi-totalité de cette interview, M. le procureur, loin de rétablir quelconques vérités, n’a fait qu’afficher son mépris pour la défense et les prévenus dans cette affaire.

Le procureur dit avoir appris avec « surprise » que « deux avocats, dont un venu de Paris, tout juste entré dans ce dossier, contestaient cette décision d’annulation », alors que les autres avocats étaient tous en accord avec cette décision. C’est bien de vous et de Me Monotuka dont il s’agit ?

Je n’entre dans aucune polémique avec mes confrères qui ont été évincés par les prévenus en toute conscience et connaissance de cause. Mais Me Monotuka et moi-même ne sommes pour rien dans cette éviction. Le Bâtonnier de l’ordre des avocats de Fort-de-France a été saisi par le client de Me Edmond-Mariette et celui de Me Germany. C’est un problème qui les regarde et le Bâtonnier a toute compétence pour le régler. A l’origine de ce procès, je rappelle qu’il s’agit d’une centaine de jeunes qui se réunissent paisiblement et pacifiquement devant le parking d’un supermarché du groupe GBH pour protester contre le silence accablant des instance judiciaires vis-à-vis d’une plainte pour empoisonnement de la terre de Martinique à cause de tonnes de chlordécone qui ont empoisonné la terre et la mer de Martinique. Ils protestent contre le fait qu’après sept ans d’instruction ou de non-instruction à la Martinique, le dossier ait été dépaysé et que, depuis cinq ans, c’est le même silence, la même inertie, le même mépris pour les victimes de ce fléau. S’agissant de la phrase du procureur sur l’avocat venu de Paris je lui réponds : c’est indigne, et vous M. le procureur, d’où venez-vous ?

Le procureur a indiqué que s’il prenait la décision de dépayser ce procès, ce serait « uniquement s’il devait y avoir de nouveaux débordements ». Est-ce que ces propos, à votre sens, constituent une note de conduite implicitement délivrée aux prévenus et à leurs soutiens ?

S’agissant des menaces déguisées de dépaysement, le procureur doit savoir qu’il encourt le risque de voir sa procédure annulée devant n’importe quelle juridiction, que ce soit à Paris, Minneapolis ou Tombouctou car elle est viciée jusqu’à la moelle. Soit il le sait et c’est un bluff coupable car c’est prendre les prévenus et leurs avocats pour des enfants ignares ou bien, il ne le sait pas et c’est encore plus grave… Cette infantilisation est indigne… Où il veut, quand il veut, nous lui en ferons la démonstration. Et si c’est à la Martinique, avec la distanciation de cinq ananas, nous lui ferons la démonstration que cette citation devant le tribunal correctionnel pour comparution immédiate est nulle. Il n’y a pas un code de procédure pour les blancs et un autre pour les noirs. Il n’y a pas deux justices : une pour les puissants et une pour les petits. Il n’y a qu’un code et qu’une justice et c’est ce que nous exigeons. Le procureur de la République doit entendre le cri de cette jeunesse qui dit : assez de mépris, assez d’arrogance, assez de racisme.

Mais ce débat ne fait-il pas partie de la justice avec une accusation et une défense ?

Je m’étonne que le procureur se permette de choisir la ligne de défense des prévenus, de rendre hommage aux avocats qui ont été évincés par leurs clients et qu’il se permette de stigmatiser la défense des prévenus qu’il poursuit, injustement. Je m’étonne également qu’il se permette de menacer implicitement mes clients de dépaysement s’ils ne se tiennent pas sages comme des images. Tout cela a un relent d’autres temps. Ça ne se passerait pas comme cela à Versailles, Marseille ni même en Corse, mais cela se passe à la Martinique…

Propos recueillis par FXG

 

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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 07:46
L'affaire George Floyd et la France

Violences policières : la France peut-elle dédouaner sa police de racisme ?

L’affaire George Floyd pourrait-elle se passer en France ? Sur les plateaux télé, les éditorialistes n’ont pas lésiné pour dédouaner la France d’être un pays raciste du point de vue institutionnel. Le ministre de l’Intérieur lui-même dans son allocution au sujet de la question du racisme et de la mise en cause des forces de l’ordre, le 8 juin dernier, n’a-t-il pas déclaré : « J’aimerais que chacun se rappelle que la France, ce n’est pas les Etats-Unis, se rappelle que policiers et gendarmes (…) sont là, sans cesse, présents, face au terrorisme, face au crime, face aux trafics, face aux violences, face au racisme, aussi. » Christophe Castaner a même précisé : « Il n’y a pas d’institution raciste ou de violences ciblées. Il n’y a qu’une police républicaine au reflet de la société. » Il avait pourtant écouté les podcast d’Arte Radio dénonçant les propos ouvertement racistes échangés dans un groupe facebook de 2000 policiers… « La police française, ce n’est pas la police américaine », a martelé le ministre. Mais il a admis que personne ne doit risquer sa vie lors d’une interpellation. : « La méthode de la prise par le cou, dite de l’étranglement sera abandonnée et ne sera plus enseignée dans les écoles de police et de gendarmerie. » C’est celle-ci qui a abouti à la mort de George Floyd ou celle de Cédric Chouviat.

Le racisme comme justification de l’esclavage

Certes, la France n’a pas connu la ségrégation comme les Etats-Unis, mais elle a été colonialiste et esclavagiste. Ainsi que le dit le président de la Fondation Mémoire de l’esclavage, Jean-Marc Ayrault, « le racisme est une idéologie qui s’élabore sur le développement de la traite esclavagiste et qui en devient la justification. (…) En France, il n’y a pas longtemps qu’on réévalue la part de l’esclavage dans la formation du racisme anti-noir, bien que les sociétés antillaises, guyanaise, réunionnaise, chacune de façon particulière, aient été façonnées par le « préjugé de couleur » comme on disait. » Depuis l’assassinat de George Floyd, on évoque Adama Traoré, jeune Noir mort étranglé par des gendarmes à Beaumont sur Oise. Mais les autres, les nôtres ? Ici, dans ces colonnes, depuis des années, nous relatons des « bavures policières » à l’encontre d’Antillais noirs. Elles sont nombreuses, même si, par chance, on n’a guère compté de décès, à l’exception notoire de ce CRS guadeloupéen, Jean-Marc Niçoise, que son chef avait traité avec deux de ses collègues antillais de « banania » et qui a fini par se donner la mort à l’âge de 36 ans… Et oui, même la police est victime de racisme dans la police…  Le brigadier martiniquais Georges Sully, affecté à la sécurité des déplacements du président de la République, a subi un contrôle abusif et violent alors qu’il allait prendre son train pour aller travailler… Deux ans après les faits, le parquet n’avait toujours rien fait, l’obligeant à déposer une nouvelle plainte avec constitution de partie civile…

Etranglé au point d'avoir eu du mal à ingurgiter pendant trois jours

Plus récemment, c’est le jeune Martiniquais Mathieu Barre qui se faisait tabasser en sortie de boite de nuit à Paris : fracture du crâne. "C'est parce que je suis Noir qu'ils m'ont frappé et la question que je me pose : ces violences resteront-elles impunies ?", demandait alors la victime avant d’être entendue par l’IGPN. Son dossier judiciaire n’est pas encore bouclé… Nous avons aussi raconté la mésaventure de la martiniquaise Kathleen Gervinet, 25 ans, hôtesse à l'aéroport Roissy Charles de Gaulle, contrôlée par un équipage de police alors qu'elle se rendait à son travail un matin d’avril 2018. Elle aussi a une plainte en cours à l’IGPN. Etienne John, Marie-Galantais de 25 ans, serveur dans un restaurant du Marais, s’est retrouvé poursuivi pour outrage sous l'empire d'un état alcoolique alors qu’il a été violemment interpellé au moment où, revenant du travail, il rangeait un vélib. Il assure avoir été étranglé au point d'avoir eu du mal à ingurgiter pendant trois jours. "J'ai été gardé en cellule toute la journée... J'ai compris qu'ils me reprochaient un outrage parce que j'ai contesté..." Les policiers s’étaient trompés de personne, à l’instar du titre du livre du Martiniquais Gilles Roussi, « Tous les nègres se ressemblent »… Les artistes Kalash et Admiral T, eux aussi, ont eu à subir garde à vue et procès en raison de leur apparence ! Dix ans avant eux, c’est encore un Martiniquais qui a été victime de violences policières, c’était l’avocat du serial killer Guy Georges, Me Ursulet. Depuis, ce dernier s’est fait une spécialité de défendre les victimes de violences policières. Il est parvenu à faire condamner l’Etat deux fois. La première pour déni de justice dans l’affaire des CRS « Banania » et la seconde pour traitements inhumain ou dégradant par la Cour européenne des droits de l’Homme. Cette fois, c’était un Français d'origine maghrébine rendu infirme après un contrôle musclé dans une gare SNCF et débouté par la justice française. Onze ans après les faits, la France a été condamné à lui verser plus de 6 millions d’euros en réparation de son préjudice.

Le numéro RIO des policiers doit être visible

Depuis l’affaire Floyd et la manifestation de soutien aux proches d’Adama Traoré, Christophe Castaner a adressé aux directeurs généraux de la police nationale, de la gendarmerie nationale, de la sécurité intérieure et au préfet de police une instruction : « Aucun accroc à la déontologie ne peut être toléré. Aucun raciste ne peut porter dignement l’uniforme de policier ou de gendarme. » Désormais, une suspension sera « systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré d’actes ou de propos racistes », les procédures disciplinaires seront toujours « engagées en parallèle des procédures pénales ». Enfin, répondant aux critiques émises sur les contrôles au faciès, le ministre de l’Intérieur rappelle que « chaque policier et gendarme doit porter, visible, son RIO et je demande également que l’usage des caméras piéton soit renforcé lors des contrôles d’identité ». Le moment a été mal choisi par le député LR Eric Ciotti pour déposer une proposition de loi punissant de 15 000 euros d’amende toute personne filmant la police.

FXG

Les Noirs ont six fois plus de risques d’être contrôlés que les Blancs

A la station de métro Châtelet, la probabilité de contrôle des Noirs* est 11,5 fois plus grande que celle des Blancs ; au métro Gare du Nord, elle l’est de 6,7 fois ; sur la place de la Fontaine aux Innocents et au RER de la gare du Nord, elle l’est respectivement de 3,9 et 3,3 fois. Globalement, ils ont six fois plus de risques d’être contrôlés que les Blancs. Cette donnée établit clairement que les Noirs font l’objet d’un contrôle au faciès. Les Arabes sont également davantage contrôlés que les Blancs : dans l’ensemble, leur probabilité de contrôle est 7,8 fois plus forte que pour ces derniers.

*Sources : René Lévy, chercheur au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP) du CNRS, co-auteur avec Fabien Lévy d’un rapport publié en 2009, Police et minorités visibles ; les contrôles d’identité à Paris

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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 07:39
Répartition des contingents de rhum des DOM

La révision des contingents de rhum à l'export rejetée au Conseil d'Etat

Les rhums de Guadeloupe, Damoiseau, Bologne, Longueteau, Reimonenq et Bielle (Père Labat-Domaine Poisson s'est retiré de la procédure) ont tenté de faire annuler par le Conseil d'Etat les arrêtés ministériels répartissant, entre les distilleries et entre les départements d'Outre-mer le contingent de rhum à l'exportation dans l'Hexagone. Ils demandaient en outre au juge administratif suprême d'enjoindre l'Etat d'organiser la répartition du contingent d'exportation "dans des conditions qui tiennent compte de l'état actuel de la production de rhum agricole dans les départements d'Outre-mer. Quand l'Europe a renouvelé le droit à la France d'appliquer un taux réduit d'accise pour les productions de rhum aux Antilles, Guyane et la Réunion dans la limite de 144 000 hectolitres d'alcool pur par an (HAP), le gouvernement a publié deux arrêtés de répartition après avoir consulté les instances professionnelles des rhumiers, le Comité interproffessionnel du rhum traditionnel des DOM (CIRT-DOM). L'avis du CIRT-DOM avait donné 8 voix pour, une abstention et 3 contre, correspondant aux voix des Guadeloupéens au CA du CIRT-DOM. Le Conseil d'Etat en conclut que que la consultation a été régulière. Et même si les contingents sont répartis "en prenant en compte en priorité les références commerciales de 1991 et 1994", et mettent ainsi en exergue la hausse de la production de rhum guadeloupéen de 50,7 % contre 22,3 % en Martinique, les juges estiment que "c'est sans erreur manifeste d'appréciation que les arrêtés ont fixé à 17 007, 36 HAP pour la Guadeloupe. La requête a donc été rejetée le 9 juin dernier. "C’est dommage, a réagi le patron des Rhums Damoiseau, on aurait du attaquer sous un autre angle, mais le but est atteint car l’administration a pris conscience qu’il fallait reformer les décrets et arrêtés qui nous régissent."

Depuis fin 2017, quand les rhumiers guadeloupéens ont commencé à critiquer cette répartition, des démarches ont été entreprises auprès de la Commission européenne pour assouplir la gestion du contingent, réduire l'écart entre la Martinique et la Guadeloupe et entre les rhums agricoles et traditionnels. "Les ministères de l'Agriculture, des Outre-mer et des Comptes publics, complète Hervé Damoiseau, ont demandé  au CIRT-DOM , de réfléchir à quatre lignes directrices précises pour mieux gérer et optimiser le contingent." Si une issue est trouvée à ce litige, elle sera politique avant d'être judiciaire.

FXG

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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 07:30
Presse fragile

Nos médias locaux vont mal

L’annonce par Annick Girardin, le 1er juin dernier, d’un plan de soutien aux médias locaux n'a pas échappé à la sagacité des membres du Club presse martinique. Mais ces derniers ont aussi entendu que ce plan qui consiste en la diminution des cotisations sociales, l’attribution d'aides directes et l’ouverture d’un crédit d'impôt communication pour les annonceurs est toujours en arbitrage à Matignon. Le Club presse Martinique a donc écrit au Premier ministre le 9 juin. "Votre arbitrage est déterminant afn de donner un nouveau soufe à nos médias, à la fois pourvoyeurs d’emplois et acteurs historiques de la diversité des opinions dans nos territoires."

Pendant les deux mois de confinement, ces médias locaux privés ont été présents aux côtés des professionnels de santé, des autorités politiques et administratives, pour relayer le plus largement possible des informations vérifées. "Ce travail incessant de vérifcation et de rigueur dans la transmission reste encore le paravent contre la circulation massive et tout autant nuisible des fausses informations sur la pandémie (...) a été produit dans des conditions d’extrêmes contraintes – la baisse des effectifs dans les rédactions, le travail à distance" et l'effondrement des rentrées publicitaires (une chute de 80 % pour RCI par exemple).

Ces mêmes raisons ont privé et continuent encore à priver les lecteurs de leurs hebdomadaires : Justice qui a fêté ses 100 ans le 8 mai dernier, Le Progressiste, Antilla. Même chose pour France Antilles, mort, résuscité et en attente de la remise en route de son imprimerie.

Dans son rôle de promotion des activités des médias et la défense de la pluralité de l’information, le Club Presse Martinique a ainsi voulu attirer l'attention du Premier ministre sur "les menaces de disparition de la presse et les médias privés dans notre île" en espérant très fort et très vite un arbitrage favorable.

FXG

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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 07:23
Jeran-Marc Ayrault et le mois des abolitions

Interview de Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage

A l’occasion du mois des Mémoires de l’esclavage qui s’achève par une carte blanche à Christiane Taubira pour le live du 10 juin de la FME, son président Jean-Marc Ayrault revient sur les sept premiers mois de la Fondation, le futur mur des noms, le déboulonnage de Schoelcher et l’affaire George Floyd.

« Le racisme est une idéologie qui s’élabore sur le développement de la traite esclavagiste »

Où en est cette toute jeune institution et notamment son futur siège à l'hôtel de la marine ?

Avec la fin du Mois des Mémoires, clôturé par les cérémonies et le Live de Guyane le 10 juin, la Fondation marque ses 7 mois d’existence, avec un premier bilan déjà fourni. Il fallait tout d’abord assurer la construction d’une institution nouvelle, pleinement connectée avec son écosystème. Cela se voit dans son conseil d’administration où siègent les représentants des collectivités fondatrices, des mécènes, des partenaires institutionnels, des associations et cinq personnalités qualifiées qui portent haut les couleurs des outre-mer et de la diversité culturelle. Cela se voit dans l’existence et la composition de ses différents conseils consultatifs. Cela se voit enfin dans la diversité de la petite équipe qui la fait vivre.

Il fallait ensuite et surtout mettre en action le plus vite possible les programmes qui déclinent l’ambition de la Fondation : par la culture, faire connaître l’histoire et développer la citoyenneté. Ces programmes se déclinent sur 5 axes : recherche, culture et patrimoine, citoyenneté, éducation et numérique.

Dans le contexte créé d’abord par le mouvement social, puis par la crise sanitaire, toute l’équipe s’est mobilisée en innovant à l’occasion pour ce Mois des Mémoires. Nous voulons faire de cette idée initiée par Myriam Cottias à l’époque du CNMHE un rendez-vous annuel important pour réunir tous les Français autour de la découverte de leur histoire mondiale, faite de crimes, d’abus mais aussi de résistance, d’échanges et de création culturelle.

Cet élan nous amènera jusqu’à l’année prochaine, où nous emménagerons à l’hôtel de la Marine, et où nous nous préparons à marquer dignement les 20 ans de la loi Taubira.

Le concours pour le monument aux victimes de l'esclavage qui sera érigé au jardin des Tuileries est lancé. Quelle part doit y prendre la FME ?

Elle y a tout d’abord pris sa part dès avant sa création, grâce à l’action du GIP de préfiguration, qui a apporté un concours actif à la réflexion sur les objectifs généraux de ce mémorial : en plein cœur de la capitale, sur un site signifiant de l’histoire de l’esclavage et des abolitions, visité par des millions de touristes, il sera l’hommage de la Nation aux victimes de l’esclavage, à leurs résistances et à leur résilience. Il réaffirmera ainsi avec éclat les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité dont on mesure tout le sens et le prix dans le moment présent.

La Fondation va maintenant accompagner les étapes de ce concours, dans le rôle de conseil qui est le sien auprès du gouvernement, et au sein du comité de pilotage du projet où siègent aussi les acteurs qui ont milité pour l’érection du mémorial, et je veux ici saluer l’engagement de Serge Romana. Je me réjouis de voir ce monument national se réaliser, avec une haute ambition artistique, pour marquer la reconnaissance par l’Etat non seulement du crime de l’humanité qu’a été l’esclavage, mais aussi de la contribution à la Nation des personnes qui en ont été victimes. Ce mémorial est une forme de réparation.

Quels sont les actuels développements de la recherche sur la traite et l'esclavage ? Est-ce satisfaisant ?

Ces dix dernières années ont vu un développement significatif de la recherche dans le monde et en France sur la traite et l’esclavage. Il a fallu le combat opiniâtre des président.e.s du CNMHE pour y parvenir, Maryse Condé, Françoise Vergès, Myriam Cottias et Frédéric Régent. Nous leur devons beaucoup, même s’ il y a encore beaucoup à faire pour que ces sujets soient pleinement traités dans l’enseignement supérieur et la recherche. Le CIRESC, les centres de recherche dans les universités à Paris, Bordeaux, Nantes et outre-mer... montrent une vitalité sur laquelle nous pouvons nous appuyer pour cela.

Aujourd’hui, la Fondation est pleinement ancrée dans le monde de la recherche, avec son conseil scientifique de 40 personnalités françaises et étrangères, de toutes les disciplines, avec la présence du CNRS à son conseil d’administration, avec ses contacts avec de nombreux autres chercheurs. Nous pouvons ainsi nous appuyer sur un vrai réseau d’experts. Et en retour nous soutenons les jeunes chercheurs : le 1er dispositif d’aide à la recherche sera lancé dans quelques semaines et le 1er prix de thèse de la Fondation sera attribué à la fin du mois. Les thèmes à travailler sont très variés : « histoire et mémoire », « connaissance de l’esclavage et de la traite depuis l’Afrique », « représentations artistiques », « patrimonialisation », « post-esclavage »...

Après le déboulonnage des statues de Schoelcher en Martinique, de nombreuses voix dont la vôtre se sont élevées pour le dénoncer, mais d'autres y ont vu une atteinte non pas à la mémoire de l'homme Schoelcher, mais au Schoelchérisme en ce qu'il serait excluant pour les mémoires de descendants d'esclaves. Sans cautionner le geste, peut-on, doit-on chercher à comprendre les raisons qui ont motivé des jeunes qui ont agi à visage découvert ?

C’est vrai, j’ai été frappé par la façon dont ces destructions ont été publiquement revendiquées : cela en fait un geste politique, comme toujours quand les statues ou les monuments deviennent des symboles à abattre ou à ériger. Mais que ce geste soit politique n’en fait pas un geste que j’approuve. Pour la Fondation, il est une mauvaise réponse car il repose sur une vision déformée de Schoelcher, qui a fait des erreurs (comme sur la colonisation) mais qui reste un grand abolitionniste, qui était en avance sur son temps lorsqu’il a apporté son soutien aux initiatives d’émancipation et de justice sociale avant et après 1848. Mais j’entends aussi derrière l’outrance du geste les interrogations profondes que les jeunes Antillais ont vis-à-vis de leur histoire, de leurs aînés et de la société dans laquelle ils vivent. Et je crois qu’il est de notre responsabilité de répondre à ces interrogations. L’enjeu, c’est de transmettre l’histoire bien sûr, mais pas de l’asséner, et encore moins d’en faire une sorte de dogme monolithique où il n’y aurait qu’un récit à l’exception de tous les autres : les marrons et pas les abolitionnistes, la République et pas les résistances des esclavisés. Il faut rendre visible cette pluralité de récits car c’est la seule manière de rendre la complexité de cette histoire. Et de rendre justice à tous les combattants et combattantes de la liberté. Nous voulons aussi être aux côtés des collectivités qui mettent en œuvre une véritable politique de la mémoire de l’esclavage. Dans l’Hexagone, après Nantes, des villes comme Bordeaux, Le Havre, La Rochelle et quelques autres ont déployé cela en tenant compte de leur passé de port négrier, même si pour tous, il reste des espaces pour innover en partenariat avec les citoyens et les associations. Aux Antilles, en Guyane, à la Réunion et à Mayotte, où le paysage et les rapports sociaux sont largement structurés par l’esclavage et le post-esclavage, jusqu’à la liquidation du système colonial au XXe siècle, les traces sont partout, et malgré le travail fait depuis les années 80, la mémoire toujours délicate à manipuler. Et c’est là où la Fondation a un rôle à jouer pour faciliter le dialogue, pour mutualiser les expériences, pour aider à traiter les sujets délicats, notamment en s’ouvrant aux expériences étrangères.

Vous étiez en Guyane il y a un an pour le 171e anniversaire de l’abolition. Que retenez-vous de votre déplacement ?

Le 10 juin en Guyane est commémoré de façon solennelle sur les nombreux lieux symboliques comme au jardin botanique près du très émouvant monument comprenant les noms des affranchis de 1848. Et la CTG qui est membre fondateur de la Fondation fait un travail de mémoire remarquable. Nous avions rencontré les acteurs de cette mémoire lors d’un échange ouvert sur la future fondation avec les historiens, généalogistes, artistes, associations. Les attentes sont grandes et les inspirations aussi. Mais c’est surtout l’aspect populaire et culturel qui m’a frappé au cours de ma participation l’année dernière. Chacun avec sa sensiblité et son histoire participe comme à Saint-Laurent du Maroni où je suis allé visiter le village du mois de la mémoire qui montre toute cette diversité. J’y ai rencontré des artistes et représentants des communautés bushinenge, porteurs d’une histoire trop peu connue en France hexagonale. En venant en Guyane dans ce cadre, l’on comprend encore mieux la complexité de l’histoire et la richesse de ses héritages qui doivent être partagées à travers toute la France. C’est ce message que je veux faire passer cette année, en donnant carte blanche à Christiane Taubira pour le live du 10 juin de la Fondation. Nous continuerons à soutenir les projets portés par les artistes de Guyane en lien avec les missions de la Fondation.

Enfin l’actualité nous ramène à George Floyd. Etes-vous d’accord pour dire que le racisme est une conséquence de l’esclavage ?

Sans aucun doute, le racisme est une idéologie qui s’élabore sur le développement de la traite esclavagiste et qui en devient la justification. Alors qu’aux Etats-Unis cela est communément admis, car la ségrégation qui a suivi la fin de l’esclavage jusqu’au cœur du XXe siècle n’est pas un temps lointain et a laissé de nombreuses traces, en France, il n’y a pas longtemps qu’on réévalue la part de l’esclavage dans la formation du racisme anti-noir, bien que les sociétés antillaises, guyanaise, réunionnaise, chacune de façon particulière, aient été façonnées par le « préjugé de couleur » comme on disait. La colonisation directe en Afrique, en Asie et dans le Pacifique a fait « oublier » ces racines profondes qui sont pourtant au cœur de notre histoire et qui continuent aujourd’hui de faire sentir leurs effets.

Propos recueillis par FXG

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8 juin 2020 1 08 /06 /juin /2020 05:40
Monument aux victimes de l'esclavage

Appel à projet pour le monument national aux victimes de l’esclavage

« Nulle part sur le territoire hexagonal n’existe un lieu de mémoire d’envergure nationale dédié aux victimes de l’esclavage colonial. » Et bien cela va changer. Les ministères des Outre-mer et de la Culture ont lancé le 5 juin un appel d’offre aux artistes pour qu’ils proposent leur projet de mémorial national des victimes de l’esclavage.

Ce projet a été initié par le Comité marche 98 qui en soutient l’idée dès 2016. Près de 4 millions de femmes et d’hommes ont vécu en esclavage de 1625 à 1848 dans les colonies françaises. En 1848, ils étaient encore 200 000 en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique et à la Réunion. « Toutes ces victimes, indique le cahier des charges du concours, ont participé à la construction de la nation. Aujourd’hui c’est la nation qui les reconnaît en érigeant ce mémorial qui permettra d’honorer leur dignité et leur humanité. »

Ce mémorial qui sera implanté au jardin des Tuileries devra donc s’adresser l’humanité des victimes par l’inscription de leurs prénoms et de leurs nom, rappeler l’universalité des droits fondamentaux de liberté, de dignité, être tout au long de l’année un lieu de transmission, avec une dimension pédagogique forte, avoir vocation à accueillir une cérémonie nationale et enfin répondre à la fois aux conditions requises pour des cérémonies et au recueillement. « C’est pour nous, explique Emmanuel Gordien, président du CM98, l’aboutissement d’un long combat pour la reconnaissance de l’humanité et de la dignité de millions de femmes et d’hommes, nos aïeux, qui vécurent la traite et l’esclavage colonial, aujourd’hui reconnus par la loi en tant que crimes contre l’humanité. »

L’appel à participation, diffusé le 5 juin 2020, s’adresse à tous les artistes qui souhaitent faire une proposition pour le Mémorial. Ils peuvent présenter leur candidature jusqu’au 1er septembre 2020. Une présélection de 3 à 5 artistes sera établie par le comité de pilotage. L’artiste retenu sera connu dans le courant du premier semestre 2021 et son œuvre achevée à l’automne 2021.

L’œuvre, propriété de l’État, rejoindra l’inventaire du Fonds national d’art contemporain géré par le Centre national des arts plastiques.

FXG

Appel à candidatures en ligne :
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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 05:46
La ministre Girardin satisfaite de la gestion de la crise sanitaire outre-mer

Annick Girardin : "Les principaux freins à la reprise du tourisme viennent des territoires "

Après le premier ministre vendredi en visioconférence avec les maires et présidents de collectivités d'Outre-mer  à l'issue de laquelle il annonçait un plan de soutien de 110 millions d'euros aux collectivités, c'est sa ministre des Outre-mer qui a été auditionnée samedi par les députés de la délégation outre-mer.

Six semaines après avoir été entendue dans le cadre de la commission d'enquête sur la COVID19, la ministre est revenue s'expliquer devant nos députés. Il en est ressorti quelques mesures déjà annoncées comme 500 000 euros pour les associations qui s'engageront sur la Covid19, un fonds AFD d'un milliard dont 750 millions seront "nouveaux", ou 28 millions pour les micro-crédits octroyés par l'ADIE. La ministre a encore enterré le rapport récent de la direction du Trésor sur l'octroi de mer : "Ce n'est pas le moment d'ouvrir ce chantier." Globalement, la ministre s'est accordée un satisfecit sur sa gestion de la crise sanitaire : "La propagation du virus  été contenue dans les outre-mer", à l'exception de Mayotte et de la Guyane, reconnaît-elle, qui vient de passer du vert à l'orange. Annick Girardin a convenu que tout n'avait pas bien marché, notamment en matière d'acheminement de matériel.

La question du tourisme a été centrale et la ministre a confirmé la réouverture d'Orly le 26 juin et rappelé le protocole mis en place avec les couloirs sanitaires, les tests 48 heures avant le vol et les deux septaines au départ et à l'arrivée. "L'été 2020 ne ressemblera pas à l'été 2019", a-t-elle prévenu. Il y aura moins de vols, mais il y aura un tourisme familial, affinitaire. Elle a alors répété toutes les mesures du plan tourisme lancé par le Premier ministre et assuré que faute de plan spécifique outre-mer, il aura "une application particulière dans les Outre-mer". Le secrétaire d'Etat Jean-Baptiste Lemoyne devrait communiquer sur ce sujet "d'ici quelques semaines". Un décret devra préciser les conditions d'accès sur les territoires. Avant ça, la semaine prochaine, le ministère doit organiser une table ronde avec les compagnies aériennes. La ministre a toutefois indiqué que les principaux freins à la reprise du tourisme venaient des territoires, dans un soucis de protéger leurs populations.

200 étudiants au Canada

Concernant les 200 étudiants martiniquais et guadeloupéens coincés au Canada, Annick Girardin a indiqué qu'un débat pourrait avoir lieu avec Air Canada qui souhaitait rouvrir ses vols commerciaux vers les Antilles dès le 7 juin, tandis qu'on attend d'elle qu'elle rapatrie nos étudiants...

Enfin, la ministre devait répondre à une question sur le "Ségur" de la santé. La députée Modem de Guadeloupe Justine Bénin s'est étonnée de voir que pour les premières réunions de ce plan national, les 3 et 12 juin, aucun député d'Outre-mer n'était invité. Malheureusement, la ministre a été interrompue par le président de la délégation, Olivier Serva (LREM Guadeloupe) et sa potentielle explication est passée à la trappe.

Le 4 juin prochain, les députés auditionneront le délégué interministériel Maël Disa, le 11, les présidents des chambres d'agriculture et le 15 juin les acteurs du BTP et du logement social.

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Les aides aux médias généralistes locaux en arbitrage

La ministre a indiqué avoir préparé avec les principaux groupes de médias généralistes locaux et le ministère de la Culture un plan de soutien aux médias locaux. Ainsi, ils devraient voir leurs charges sociales diminuer, le secteur passant dans le système d'exonérations renforcées et les zones franches d'activité de nouvelle génération. Des aides directes leur seraient enfin accordées et un crédit d'impôt communication serait ouvert aux annonceurs. "L'arbitrage est en cours", a toutefois précisé la ministre.

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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 05:10
Le nouveau maire de Port-Marly lors de son premier facebooklive

Le nouveau maire de Port-Marly lors de son premier facebooklive

Le maire de Port-Marly vient du Gros-Morne

Le Gros Morne peut s'enorgueillir, depuis le 24 mai, de compter parmi les siens le maire de la commune de Port-Marly (5500 habitants en bord de Seine) dans les Yvelines.

Cédric Pemba-Marine (37 ans) est le fils de Rita Marine, l'une des 14 enfants d'Armand Marine et Marie-Madeleine Ventadour au Gros-Morne. Engagé dans la course aux municipales sous les couleurs du Modem, dont il est le vice-président de la fédération des Yvelines, Le Martiniquais a été élu au premier tour avec 74,16 % des suffrages. Conseiller municipal en 2008, il a été d'abord délégué aux sports, puis maire adjoint en charge de l'éducation et de la jeunesse lors de la précédente mandature.

Cédric s'est engagé en politique après les présidentielles de 2007 : "J'avais besoin de m'engager pour des choses qui avaient un intérêt collectif..." En choisissant de militer pour le Modem de François Bayrou, il entendait partir en guerre contre cette idée qui le touchait aussi lui-même et qu'il résume ainsi : "C'était un peu tous pourris". Il choisit donc François Bayrou pour son "humanisme, son exemplarité" et sa constance sur ses valeurs".

Un cadre de la fonction publique d'Etat

Cédric est fonctionnaire d'Etat depuis 2010, d'abord à la direction départementale de la cohésion sociale de l'Oise, dont il fut le secrétaire général, puis pendant un an au secrétariat général du Gouvernement. Il prend alors une année pour suivre le cycle préparatoire pour le concours interne de l'Ecole Nationale d'Administration, sans suite. Il intègre alors le ministère des Solidarités et de la Santé où il va rester 2 ans et demi avant de devenir conseiller parlementaire du député Modem des Yvelines, Bruno Millienne. "Je suis centriste avant tout, assurait Cédric Pemba-Marine lors de la campagne des primaires LR de 2016, alors qu'il soutenait Alain Jupé. Cela veut dire que je suis libre. Je tiens à conserver cette liberté d’œuvrer en toute indépendance et dans le respect de mes convictions profondes."

Cédric a salué son élection de maire sur twitter par un post dans lequel il avoue son "chauvinisme communal" :  "De nombreux défis pour une aventure humaine unique, au service des habitants de la plus belle ville du monde, que dis-je de l'univers." Après le Gros-Morne, bien sûr !

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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 05:12
L'inspiration pascuane du préfet Cazelle

Les ananas et la distanciation sociale

"Nous venons de retirer l'illustration publiée hier (24 mai) concernant la distanciation physique. Nous présentons nos excuses si elle a pu heurter certains d'entre vous. L'unique objectif était de montrer l'importance de la distanciation face à l'épidémie. Bien cdt. Service communication."

Après le tolé provoqué par l'affiche montrant cinq ananas pour expliquer la distanciation sociale en Martinique, la préfecture a twitté ce message d'excuse samedi dernier. Il est vrai que la presse hexagonale a été nombreuse à la remarquer et que la France Insoumise l'a dénoncée comme un "message honteux", "raciste et colonialiste". En Martinique, il devrait y avoir même des suites judiciaires, des associations et leurs avocats préparant une plainte contre le préfet Cazelle et le ministre de l'intérieur Christophe Castaner. Au final, c'est la presse tahitienne qui a donné l'explication de ce choix contesté, en dénichant l'affiche originale. Elle émane des autorités sanitaires de l'Île de Pâque. « Un groupe d’ananas peut nous aider à comprendre que ce virus est dangereux et nous devons agir ensemble pour l’arrêter. Quelles autres choses à Rapa Nui pourraient nous aider à représenter la bonne distance ? » questionne la municipalité en accroche d’une illustration colorée représentant deux personnages séparés par 5 ananas. L'île polynésienne de Pâque est un territoire ultramarin du Chili. Autres Outre-mer, autres moeurs.

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 06:53
Gestion désastreuse de l'eau aux Antilles

Eau : Une enquête parlementaire demandée

Le Front Républicain d'Intervention Contre la Corruption (FRICC), l'association du lanceur d'alerte et conseiller régional EELV d'Ile de France, Jean-Luc Touly, demande la création d'une commission d'enquête parlementaire "sur la gestion désastreuse de l'eau" en Martinique et en Guadeloupe.

Fédérant des usagers, la démarche de FRICC vise à demander des comptes et des remboursements aux gestionnaires et obtenir qu'un plan d'aides et d'investissements se concrétise rapidement. "Ce n'est pas la facture des usagers qui doit subventionner le retard pris en matière de renouvellement des canalisations et de réduction drastique des fuites", indique Jean-Luc Touly.  Le service est mal rendu (avec toutes les coupures) et le prix du m3 d'eau et de l'assainissement très élevé (entre 5 et 6 euros en Guadeloupe et entre 5 et 8 euros en Martinique contre une moyenne hexagonale de 3.86 euros).

La députée Manuéla Kéclard-Mondésir a été saisie de cette question par Jean-Luc Touly et d’autres personnes en Martinique. Elle indique avoir interpellé par courrier le président de la République et avoir engagé le processus visant à déposer une Proposition de résolution  (PPR) de Commission d’enquête au Parlement sur la situation de l’eau. "La procédure est en cours, explique l'entourage de la députée, avec l’appui de plusieurs députés du groupe GDR qui souhaitent s’y associer." Concrètement, la demande de commission d'enquête pourrait être finalisée d’ici la fin de semaine une fois toutes les signatures recueillies… L'élue sait aussi toutefois, qu'une PPR de commission d’enquête ne peut être reçue en discussion au Parlement d’un point de vue de droit constitutionnel et parlementaire s’il y a une ou des procédures judiciaires en cours. Or des plaintes ont été déposées en Martinique... "Nous devons donc trouver les voies et moyens d’une action efficiente", poursuit la députée.

Du côté de FRICC, on estime que seule la mobilisation de tous les usagers, déjà touchés par le chlordécone, mais aussi celle des acteurs de l'eau, pourra permettre enfin des solutions. "L'accès à une eau potable en qualité et en quantité suffisante, et à des installations sanitaires, rappelle encore M. Touly, est un droit de l'homme fondamental reconnu par l'ONU depuis juillet 2010."

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