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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 13:33
Interview d’Alain Foix, auteur de Noir, chez Galaade, collection Auteur de vue
Alors qu’un débat oppose les pro et les anti statistiques ethniques, le dramaturge guadeloupéen Alain Foix prend parti contre dans un ouvrage intitulé Noir, un essai qui a pour but de faire comprendre les vraies difficultés — historiques, sémantiques, philosophiques —de la condition noire.
« Les mots sont des pièges à capturer les êtres »
Etes-vous un homme noir ?

Je suis un homme.
Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Il ne suffit pas de dire que le noir est sujet au racisme, il faut aussi savoir d’où vient le racisme et comment il fonctionne Il s’agit de se questionner sur les conséquences du terme noir qui en fait est une sorte de concept enfermant. Ceux qui auront lu un peu vite Césaire ou Fanon, diront qu’en refusant cette appellation, je suis un nègre assimilé, que je refuse mon identité, ma négritude… Moi, je refuse cette forme d’enfermement insupportable. Comment accepter par exemple que le CRAN (Comité représentatif des associations noires) arrive à l’Elysée en disant qu’il représente les noirs ? Comment un comité peut-il être représentatif des associations noires ? Les associations noires, ça n’existe pas ! On est dans un jeu de mot, dans un abus de langage. Le terme noir est déjà en soi un abus de langage. Il n’y a aucun homme qui soit noir, aucun homme qui soit blanc.
Que voulez-vous dire ?
Le mot noir renvoie à tout ce qui est obscur, ténébreux, effrayant, tout ce qui relève du non être. Effectivement il est plus simple de se dire blanc que noir. Le CRAN demande au nom des statistiques ethniques que l’on s’auto-définisse comme noir, cela veut dire qu’il va de soi que le noir est noir de façon déterminée.
On vous rétorquera qu’il faut appeler un chat un chat…
Comme si l’homme était un chat ! En enfermant les gens dans leur couleur, on enferme l’individu. L’individu est le socle du contrat social, c’est-à-dire que l’individu, par sa liberté, choisit d’être en contrat avec la société. Si je ne choisis pas, mais qu’on m’impose mon identité par mon apparence, il y a un problème d’autant plus grave que ce sont les dits noirs qui imposent cela. Au nom de quoi ?
Le CRAN défend les statistiques ethniques pour mesurer les discriminations…
Il s’agit d’une machine de guerre à double ressort et double tranchant. C’est un peu comme la négritude qui a été un outil conceptuel nécessaire au moment où il a fallu affirmer son être nègre contre une certaine vision du noir comme non-être. Ceci dit, c’est un moment déterminé et la négritude, selon Sartre, est un moment dont l’objet est de se dépasser lui-même. Césaire a dit : « Je n’aime pas tous les jours le mot de négritude. » Il percevait l’ambiguïté de ce terme qui renvoie à un côté essentialiste, c’est-à-dire que l’on serait noir de façon essentielle. Or, la question nègre est surtout existentielle. On vous enferme dans une condition. Mais cette condition, il s’agit d’en sortir. Or, on ne peut pas dire : « Je suis noir et je veux en sortir. »
Pourquoi affirmer que les statistiques ethniques sont anti-républicaines ?
La devise nationale inclut déjà la diversité. Le mot fraternité a été rajouté en 1795 après la première abolition de l’esclavage. Haïti a envoyé trois députés : un noir, un mulâtre et un blanc et il y a eu une grande manifestation, une fresque ! Elle avait pour but de montrer que tous les hommes sont frères. C’est alors que le mot fraternité a été introduit. Ce qui signifie qu’il y a dans la trinité de la République française une dimension de la multiplicité qui est déjà inscrite.
Ce n’est qu’une devise…
On ne peut dire que c’est une abstraction blanche puisque c’est lié aux combats qui ont eu lieu. Le problème est que cette devise trouve des freins dans la société civile car la société fonctionne sur deux modes :  celui de la loi écrite et celui de la loi non dite. On est dans une espèce de schizophrénie où il y a un Dr Jekyll d’un côté et un Mr Hyde de l’autre qui va retirer d’une main ce qu’apporte le premier. Le problème est profondément culturel, inscrit dans le fonctionnement sociétal. Ce n’est pas la loi qui va empêcher cela, ni le fait de mettre un noir à des responsabilités ici ou ailleurs. Ces contorsions multiples du CRAN et autres n’ont pour objet que de cacher la réalité sociale et politique qui est que, de toute manière, l’économie, l’industrie, la société fonctionnent de manière à créer une sorte de mise à part, un ghetto. On est dans un paradoxe : ceux qui soutiennent les statistiques ethniques veulent enfermer les noirs dans une image qu’ils ont eu tant de mal à défaire.
Cela justifie-t-il le refus du mot noir ?
Les mots sont des pièges à capturer les êtres. L’identité est en chacun de soi, mais elle est multiple. L’important, c’est la multiplicité, pas la diversité. Et ce qui définit notre identité est ce que nous faisons, nos choix, notre liberté ! Accepter de s’auto-désigner noir ou autre avant de se définir par sa nationalité ou sa fonction, c’est s’enfermer dans une chose qui n’est pas essentiellement nous, parce que nous, c’est du mouvement.
La couleur n’est-elle pas une donnée réelle ?
La réalité n’est pas seulement ce qu’on croit voir, mais ce que la culture nous amène à regarder. On a longtemps cru avant Delacroix que l’ombre était noire. Non ! L’ombre est bleue. Et si l’ombre est bleue, la peinture ne va pas être la même. On tape sur les doigts des enfants lorsqu’ils confondent marron et rouge. Mais lorsqu’on leur fait rencontrer une personne de couleur, on leur dit qu’elle est noire. L’enfant voit bien qu’elle est marron et pas noire, mais il va devoir intégrer cela comme un signe et non comme une réalité. Et ce signe, qui prend sens, remplit sa peur du noir, de l’inconnu, de l’autre. C’est comme ça que ça se construit. C’est pour ça qu’il ne faut pas accepter un masque noir qu’on vous colle au visage. Lorsqu’on me connaît, je suis autre chose que noir parce que ce n’est pas ça qui est intéressant, c’est mon être et non mon image.

Discrimination aux Etats-Unis, xénophobie en France
« On a tort de penser que mettre en place des dispositifs qui seraient inspirés des Américains puisse s’appliquer en France. La société américaine a été une endo-colonie, c’est-à-dire qu’elle s’est colonisée elle-même sur la base de la discrimination raciale avec des noirs, des hispaniques, des amérindiens d’un côté, des blancs de l’autre. La société américaine est donc composée de plusieurs races. Ce n’est pas le cas de la France, car la Nation a été fondée par la République qui ne se pose pas sur cette donnée de la discrimination. Et si la République a développé un régime colonial, c’était un régime extérieur à la France. Le racisme français est un mélange étrange avec la xénophobie. C’est pour ça qu’un noir n’est pas considéré comme un Français à part entière. Un noir est dans l’imaginaire français un autre, alors qu’aux Etats-Unis, c’est un Américain. C’est pour ça qu’on a tort de dire un Noir Américain. On devrait dire un Américain noir… »

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 17:50
Tedjee est un chanteur, auteur, compositeur, musicien autodidacte inspiré. Sa musique autant urbaine qu’ensoleillée, sonne comme un pari audacieux. Avec son premier album Rayon de lumière, Tedjee nous transporte le temps de 13 chansons vers cet ailleurs avec une Soul empreinte de liberté et de sensualité. Interview
« Un voyage de la Caraïbe aux étoiles »
Comment es-tu venu à la musique ?

Mon grand-père, Henri Jean-Baptiste Edouard était un musicien connu en Guyane. Je l’entendais jouer… Mais, je suis venu vraiment à la musique sur  le tard, au collège. La guitare, d’abord, puis le piano. J’ai senti que c’était un instrument qui me parlait. J'ai commencé avec un groupe qui s’appelait Pey a dont j’étais le chanteur et le clavier… J’ai joué aussi avec Nico en Guyane, avec DJMSO sur Maské Lili, fait des cœurs avec Kerry James sur le premier événement des Urban peace au stade de France… Tout ce back ground a étoffé ma technique, mon bagage musical, au studio, sur scène… J’ai pris alors le devant de la scène avec un maxi en 1999, Soul attitude et un morceau Pli bel dont on a fait un clip.
Et l’idée de cet album ?
D’abord, j’ai travaillé seul et j’ai voulu proposer mon travail en maison de disque. Je me suis un peu essoufflé… Plutôt que de travailler avec les machines, j’ai eu envie de revenir à la scène, l’essentiel, et je suis reparti dans l’underground, au contact du public. J’ai rencontré Rim shot crew, un groupe de soul. J’ai refait de la scène, repris de l’énergie et j’ai commencé à réaliser mon album en 2005. J’ai composé puis testé les morceaux sur scène…
Comment Rayon de lumière est-il né ?
Rayon de lumière est aussi le titre d’un morceau. C’est un album conçu en liberté, sans formatage ! Avec des influences créoles, françaises, anglaises, des styles reggae, bossa, zouk… Il y a l’essence caribéenne, mais j’essaie de rester le plus ouvert possible, de ne pas faire de choix de format. C’est un album libre !
Rayon de lumière est une formule pleine d’espoir…
C’est une ballade caribéenne en créole guyanaise qui démarre par une balade en bord de mer et ça part sur la voûte céleste, les étoiles… C’est un voyage de la Caraïbe aux étoiles, aussi loin qu’un rayon de lumière !
C’est pour ça que tu as donné ce titre à l’album ?
C’est venu naturellement, ce n’était pas prémédité. Mais c’est un peu classe et très optimiste !

Discographie
2000 : Maxi Soul Attitude

2005 : Compile FNAC Autoprod 2005 r&b nu-soul  avec son titre « Happy Few »
2006 : Fanm Péyi, duo « Nos Rivières »
2008 : Co-compositeur du titre «  Désarmons nos coeurs «  dans le cadre du PNUD au Congo
2009 : Nouvel album  Rayon de lumière

Ils jouent avec Tedjee
Thierry Jean-Pierre est la basse, Gregory Louis au piano, l'Angolais Simons Massini à la guitare sur le morceau Mizik (plébiscité par les radios Tropiques FM ou RFI), Yann Négrit assure d’autres parties de guitare et, véritable guest star, Jacques Schwarz-Bart, avec son saxophone ou sa flûte, intervient avec brio dans le morceau Osmose.

www.myspace.com//tedjee

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 12:13
Les membres du comité pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage ont été nommés
Créé par décret le 6 mai dernier, le comité pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage remplace le comité pour la mémoire de l'esclavage établi en 2004. La nomination de ses membres a été divulguée par le secrétariat d'Etat à l'Outre-mer, hier, dimanche 10 mai. Son président est Françoise Vergès, docteur en sciences politiques, professeur à l’université de Londres (Goldmisth College). Cette Réunionnaise, née en 1952, est l'auteur de nombreux ouvrages, dont La Mémoire enchaînée, questions sur l’esclavage (Albin Michel 2006), pour lequel elle a reçu le prix Françoise Seligmann contre le racisme, un livre d’entretien avec Aimé Césaire, Nègre je suis, nègre je resteraiLa République coloniale, essai sur une utopie, (Hachette) avec Nicolas Bancel et Pascal Blanchard. Vice-Présidente du Comité pour la mémoire de l’esclavage (CPME) depuis 2004, elle en est  devenue présidente le 13 février 2008 en remplacement de Maryse Condé qui a démissionné pour raisons personnelles.
(Albin Michel, 2005). Elle contribue à de nombreux ouvrages collectifs comme

Les autres membres
Greg Germain, acteur, directeur du Théâtre d'Outre-mer en Avignon. Il est né en 1947 en Guadeloupe, originaire de Marie-Galante, il est acteur, réalisateur, metteur en scène, auteur et producteur. Il a crée en 1998 dans le cadre du Off du Festival d’Avignon le théâtre d’Outre-mer en Avignon (TOMA) qui entend faciliter la connaissance et la diffusion des pièces produites ou interprétés par des artistes ultramarins. Il s’est engagé pour la promotion de la diversité culturelle dans le cinéma et le théâtre français dès le début des années 1990. Il fut l’un des principaux organisateurs de la marche du 23 mai 1998 à Paris à l’occasion du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage.
Claude-Valentin Marie, sociologue et démographe, vice-président de la HALDE. Il est né en 1947 à Fort-de-France, Martinique, est membre du CPME depuis 2004. Spécialiste de sociologie du travail, de sociologie des migrations et des politiques publiques de lutte contre les discriminations, Claude-Valentin Marie travaille depuis plus de vingt ans sur les questions relatives aux migrations des populations d’outre-mer, aux migrations internationales, et au fonctionnement du marché du travail. Il est l’auteur, sur ces thèmes, d’un grand nombre de rapports officiels et de très nombreux articles dans des revues scientifiques spécialisées. Vice-président de la HALDE depuis 2005, il assume pour le compte de l’INED la responsabilité scientifique d’une des plus importantes enquêtes démographiques et sociales jamais conduites dans les DOM.
Henriette Dorion-Sébéloué, présidente de l’Union des Guyanais et des Amis de la Guyane. elle est née en 1932 à Cayenne, Henriette Dorion-Sébéloué est membre du CPME depuis 2004. Ancienne avocate, juriste d’entreprise, parallèlement à sa vie professionnelle, elle s’est investie depuis plus de trente ans dans la vie associative.
Elle est présidente de l’Union des Guyanais et des amis de la Guyane (UGAG), présidente du Comité national de liaison des Associations du souvenir (Abbé Grégoire, Schoelcher, Mortenol, Félix Éboué, Gaston Monnerville et Delgrès), vice-présidente de la Société des amis de Gaston Monnerville, présidente du Comité national du souvenir de Félix Éboué, vice-présidente du comité d’aide aux sinistrés d’outre-mer, administratrice du centre des provinces françaises, déléguée générale pour la France de la fondation des cités carnavalesques européennes, présidente de la commission internationale des juristes.
Guy Lavaud, consultant. Il est né en 1942 à Port-au-Prince (Haïti) et réside en France depuis 1951, où a il fait ses études. Diplômé d’HEC (1964), il fait une carrière dans le monde de la communication et de l’entreprise avant de fonder son entreprise de consulting, Jérémie Consultant. Très impliqué dans le monde culturel et pour entretenir le lien entre la France et Haïti, il a également été président de Radio Latina et du cinéma Le Latina. Il est co-président d’Haïti Partenaire France Europe.
Jean Hebrard, inspecteur général honoraire de l’éducation nationale. Il est né en 1944 à Pont-Saint-Esprit (Gard), Enseignant à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) et à l’université du Michigan (Etats-Unis), il est chercheur associé au Centre international de recherche sur les esclavages (CIRESC- CNRS) et co-directeur du Programme de recherche Law, Slavery and Freedom de l’Université du Michigan. Il est spécialiste de l’histoire de l’esclavage dans le monde atlantique, et notamment au Brésil. Il publiera en 2010 Freedom Paper : An Atlantic Creole History avec Rebecca R. SCOTT.
Myriam Cottias, directrice de recherche à l’université des Antilles-Guyane, responsable du Centre international de recherche sur les esclavages (CIRESC – CNRS). Elle est née en 1960 à Bordeaux. Issue d’une famille martiniquaise, Myriam Cottias a fait une thèse en anthropologie et démographie sur « la famille antillaise du XVIIe au XIXe siècles ». Directrice de recherche à l’université des Antilles-Guyane, elle coordonne pour la période 2007-2012 le programme européen Slave Trade, Slavery, Abolitions and their Legacies in European Histories and Identities. Elle a publié de nombreux articles sur les Antilles et la question de l’esclavage, et, en 2007, un essai intitulé La question noire, une construction coloniale.
Marie-Hélène Joly, conservateur général du patrimoine, directrice du musée des Ducs de Bretagne. Née en 1956, elle vient de prendre la direction du musée des Ducs de Bretagne à Nantes où furent ouvertes en 2007 des salles consacrées à la traite et à l’esclavage. Après une carrière à la direction des archives de France puis à l’inspection générale des musées, elle a été directrice adjointe de la mémoire, du patrimoine et des archives au ministère de la défense de 2007 à 2009.

Jean-Claude Judith de Salins, président de l’association réunionnaise communication et culture. Il est né en 1941 à Alger. Réunionnais de souche, Jean-Claude Judith de Salins a fait une partie de sa carrière à l’UNESCO et a œuvré à la protection des artistes et à la valorisation des patrimoines culturels, notamment dans la zone de l’Océan Indien.
Frédéric Regent, docteur en histoire, enseignant à l’université des Antilles-Guyane. Guadeloupéen d’origine, Frédéric Régent est né à Landau en Allemagne en 1969. Docteur en histoire de l’université de Paris I, il s’est spécialisé dans les questions concernant l’esclavage dans les colonies françaises sous l’ancien régime et au temps de la révolution. Il enseigne à l’université des Antilles-Guyane et il a publié en 2007 un ouvrage reconnu et qui fait désormais autorité sur cette question intitulé La France et ses esclaves, de la colonisation aux abolitions 1620-1848.
Philippe Pichot,  coordinateur
de l’association « Route des abolitions de l’esclavage ». Né en 1964 à Chambéry (Savoie), il est directeur de l’association Pays du Haut Doubs et chef du projet de développement du Châteaux de Joux –Toussaint Louverture et coordinateur de l’association « Route des abolitions de l’esclavage » qui assure le lien entre différents lieux de mémoire liés à l’esclavage et à l’abolition dans l’est de la France.

François Durpaire
, agrégé d’histoire, enseignant. Né à Poitiers en 1971, d’une mère réunionnaise, François Durpaire est agrégé d’histoire et auteur d’une thèse sur « les Etats-Unis et la décolonisation de l’Afrique noire francophone ». Auteurs de nombreux articles et travaux dans le domaine des études postcoloniales, il a consacré dès 2007 un livre à L’Amérique de Barack Obama et va publier un essai intitulé La révolution antillaise. Dans son activité de formateur pour les enseignants en histoire, il s’est spécialisé depuis 2007 dans l’enseignement des questions difficiles, comme la traite, l’esclavage ou la colonisation.

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 09:41
Commémoration de l'abolition à Paris dans une relative indifférence
Avec une cérémonie officielle à Bordeaux, le 10 mai n’a pas soulevé d’enthousiasme particulier à Paris, si ce n’est La grande Halle de la Villette qui a su créer l’événement, culturel plus que mémoriel.

A part à Bordeaux, malgré l'absence du chef de l'Etat en déplacement en Allemagne, la journée commémorative nationale de l'abolition de l'esclavage n'a pas eu de fort retentissement dans la capitale française. Deux rendez-vous étaient proposés aux Parisiens. Un premier rassemblement a réuni un petit millier de personnes venues marcher comme chaque année entre la place de la République et celle de la Nation à l'appel des « Africains et descendants d'Africains ». On y a retrouvé Joby Valente, du Comité des Africains et fils d'africains déportés, des associations d’Africains, quelques Indigènes de la République, des militants du PCF et encore le groupe carnavalesque antillais Myo. Les manifestants demandaient « justice et réparations contre 551 ans de razzia, pillage, déportation, génocide... » A la même heure, mais place du général Catroux, là où trône désormais une sculpture de fers brisés en hommage au général Dumas, la mairie de Paris avait invité la population à venir se recueillir. Une cinquantaine de personnes sont venues déposer une fleur au pied de Claude Ribbe, initiateur de l'événement, avant une minute de silence.
Femmes de la liberté
Ce 10 mai 2009 n'a pas connu la même intensité que les deux dernières années. Aucune grosse association n'a jugé utile de mobiliser ses troupes. Le CM98 organisait une manifestation sur la place des békés et le Collecifdom est resté silencieux… Pourtant un rassemblement d’ultra-marins dans un lieu de culture, pour un autre événement, a su attirer foule : l'hommage aux "Femmes de la liberté" organisé à la grande halle de la Villette, dans le cadre de l'exposition Kreyol Factory, en partenariat avec la radio France-Culture. Ici, beaucoup de monde pour écouter des lectures, voir ou revoir l’exposition visible jusqu’en juillet. Même Christiane Taubira qui s'était rendue à Bordeaux le matin même, est revenue à temps pour écouter Léonie Simaga de la Comédie Française et Jacques Martial dans « un dialogue d'amour et de création » sur des textes d'Aimé et Suzanne Césaire. La présence de Maryse Condé, Euzahn Palcy, Audrey Pulvar, Michèle Césaire, Simone Schwarz-Bart, Fabienne Kanor, Gisèle Pineau, Daniel Maximin, Laënnec Hurban, Alain Foix ou le sociologue Michel Giraud, les hommages à Jenny Alpha ou Gerty Dambury ont réussi à reléguer à l'arrière-plan la journée commémorative dans sa formalité mémorielle pour mettre en avant une réalité culturelle.

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 09:27
L'hommage aux Invalides
Serge Ravanel, véritable héros de la Résistance, compagnon de la Libération (dont il ne reste plus guère que quelque 80 membres), était inhumé le 5 mai dernier à l'issue d'une cérémonie militaire à l'hôtel des Invalides. Aux côtés de Mme Ravanel et Raymond Aubrac, le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, Jean-Marie Bockel a participé l'hommage au grand homme. Mais à trois jours des commémorations officielles de la victoire du 8 mai 1945, cette cérémonie nous rappelle que les Antillais et Guyanais qui ont participé à la libération de la France n'ont toujours pas fait l'objet d'une reconnaissance particulière de la Nation. Euzhan Palcy, auteur d'un documentaire fameux sur la dissidence contre l'amiral Robert et le gouverneur Sorin, a regretté, hier encore, sur France Culture, que le chef de l'Etat n'ait pas eu un mot pour le Bataillon des Antillais, le 8 mai dernier... Jean-Marie Bockel non plus.

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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 10:04
La Foire de Tropiques FM
Du 30 avril au 10 mai, s'est déroulée la foire de Paris. L'outre-mer y était présent, au hall 6, sous l'appellation Terres de tropique. La radio de Claudy Siar, Tropiques FM a assuré toute sa grille de programme (ou presque) en direct depuis le hall 6. Retour en image...Hortense Assaga, sur le stand de la Foire, en attendant la reprise de l'antenne... Pour le Tropical show !Cécilie, du stand culinaire voisin de la radio, Les tropiques, avec l'animateur Rio (Les grandes matinales et Nos plus belles années)Céline, l'animatrice de Tropiques pop, rend l'antenne, prend son sac et se tire... Après 3 heures 30 d'antenne !Juliette, animatrice de Strictly the best, Hortense Assaga, animatrice du Tropical show, et l'infatigable et hyperactive Amélie Palmas.Nathalie, hôtesse de la Radio, et Eric Thérèse, responsable de l'antenne.Hortense et Amélie vont à la pêche aux invités... Antenne dans une heure !Deux ans après sa création, Tropiques FM est parvenue à faire oublier feu Médiatropical. Le 92.6 est le rendez-vous incontournable de tous ceux que l'outre-mer, l'Afrique, bref la diversité font vibrer, soit quelque 130 000 auditeurs (en attendant la nouvelle vague médiamétrie en juin prochain...)


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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 21:17
Jego et la FEDOM plaident pour des commissaires à la production locale
A l’issue d’un déjeuner, hier midi, réunissant le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer et les représentants de la Fédération des entreprises d’outre-mer (FEDOM), un consensus est apparu autour de l’idée de la création de commissaires à la production locale, à l’instar de ceux, en métropole, dédiés à la réindustrialisation selon Yves Jégo. Cette idée serait à intégrer dans la démarche des Etats généraux pour arriver à une expérimentation au moins dans un DOM, a indiqué le ministre. Ces commissaires seraient des hauts fonctionnaires et des développeurs, en phase avec les services de l’Etat et le monde de l’entreprise. Leur travail consisterait à développer des filières de production, avec une stratégie de développement organisée. « Il faut que le mot production locale prenne toute sa réalité », a insisté M. Jégo. Yves Dupont, président de la FEDOM n’a pas caché son intérêt pour « travailler en termes de filière, pour sortir de l’attentisme et s’engager dans la façon de faire vivre l’économie ». Prenant l’exemple de la filière touristique aux Antilles, très mal en point, M. Dupond a rappelé qu’il était « indispensable d’ouvrir des liaisons avec Roissy ». Interrogé sur le caractère « un peu soviétique » de ces commissaires, M. Dupond a déclaré que les commissaires devraient s’adapter à la capacité des filières avant de s’effacer peu à peu jusqu’à ce que les acteurs locaux prennent le relais. Ils pourraient peut-être prendre exemple sur ce qu’a réussi Eric de Lucy avec la banane.
Le patron de la FEDOM, Guy Dupond (à gauche) et le patron du Medef Martinique, sur le perron du secrétariat d'Etat à l'Outre-mer.

Accélérer la construction de logements
Au cours de ce déjeuner, le ministre et les représentants de la FEDOM, ont évoqué la crise du logement. Yves Jégo a indiqué que le gouvernement réunirait le 3 juin prochain tous les acteurs du logement, les bailleurs sociaux, les DDE mais aussi les responsables du foncier afin de parvenir à « accélérer la construction de logements en outre-mer ».

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 21:14
Yves Jégo en Martinique lundi
Yves Jégo a indiqué, hier, qu’il se rendrait en Martinique, lundi, pour évaluer en compagnie du préfet les dégâts causées par les pluies diluviennes qui se sont abattues sur le nord de l’île.
Le secrétaire d’Etat avait d’ores et déjà prévu un déplacement aux Antilles puisqu’il devait partir lundi prochain à la mi journée pour la Guadeloupe où il doit suivre les assises des Iles du sud qui se tiennent en principe mardi, avant un retour mercredi matin. « Je viendrai exprimer le soutien du gouvernement et ma compassion pour les familles des victimes. Je me rendrai dans les endroits les plus éprouvés pour m’assurer que les services de l’Etat sont bien engagés. » Concernant la possibilité de décréter l’état de catastrophe naturelle, Yves Jégo a indiqué que le ministère de l’Intérieur se préoccupait déjà de la question et que sa visite permettrait une meilleure évaluation de la situation.

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 21:12
99 000 euros pour 99 m2 à la Foire de Paris
La Guyane est encore bien présente à la Foire de Paris qui s’achève le 10 mai, même si la chambre de commerce et d’industrie a réduit la voilure par rapport aux précédentes éditions en ne louant que moins de 100 m2. Cet investissement de 99 000 euros a été rendu possible grâce à la Région, le CTG, le CNES mais aussi le FEDER (l’Europe et l’Etat). C’est cette mise en commun qui permet à la Guyane d’être présente à la Foire depuis 2002 (à l’exception de l’année 2006. « Ca nous permet de donner un soutien aux exposants en réduisant leurs coûts », indique Charles Clarke, chargé de la promotion économique à la CCI. Une dizaine d’entreprises sont représentées. « Il n’y a pas de sélection, continue M. Clarke, car le nombre d’exposant désireux et capable de venir n’est pas si élevé ! » Il s’agit d’abord d’une opération globale qui consiste à promouvoir la Guyane. « C’est la Guyane qui vient à la Foire de Paris ! » Il y a bien sûr les marques déposées : l’or et le bois ! Ainsi Jegou Neuza, avec ses pierres précieuses et fines, vient depuis quinze ans avec ou sans la CCI ! « J’ai ma clientèle à Paris, donc je viens la voir ! » Elle a emmené une centaine de pièces, mais surtout, elle a rempli son carnet de commande. Jean-Noël Coupra de Jan d’or est là pour la 5e année. Pour lui, si ça ne marchait pas, il ne reviendrait pas. Sa clientèle est composée avant tout de Domiens qui prennent rendez-vous pour le moment où ils viendront prendre leurs congés bonifiés. Et même si cette année, il y a peu de pépites (il a tout de même exposé quelque 20 000 euros de marchandise), il a relancé un produit d’appel avec les cartes de Guyane, Guadeloupe et Martinique en or fin et même, pour 10 euros, en argent ! Pour le bois, c’est Manuel de Guyanart qui porte le flambeau. Il a emmené 17 cartons et vend du simple porte-briquet à 5 euros à l’échiquier à 900. L‘artisan de Saint-Laurent présente 21 essences différentes, mais pour lui la Foire, « c’est moyen ». « Pour savoir si la Foire a été bonne, il faut attendre les grandes vacances », tempère  Jégu Neuza. Le Comptoir de Guyane assure la présence de la Belle Capresse (300 bouteilles) et des confitures des Délices de Guyane (2500 pots). « Les gens nous disent que ça les change des odeurs d’ail et de saucisson des autres halls ! », s’amuse Antoine Capeyron, responsable du stand. A côté, ce sont Armelle Carotine et Aline Saint-Orice qui font fureur avec leurs neuf parfums de liqueur. Cette année, la nouveauté est la citronnelle. « Le punch coco marche bien aussi, c’est une valeur sûre », confie Armelle. Mais la CCI a voulu élargir l’offre en invitant une couturière, Dalva Pequin et son Atelier création. Elle fait des costumes de spectacles, de carnaval. Elle avait refusé une première fois de venir, ne se sentant pas prête, mais cette fois, elle est là et elle vend ses masques, ses poupées et les tee-shirts d’enfant. Elle emmagasine les commandes. Tellement qu’elle rentrera avec ses valises emplies de tissus ! « Ca me permet de voir ce qui marche et d’analyser les articles prometteurs ! » Un atelier de coiffure a été installé avec Janyk qui rencontre beaucoup de succès tout comme les animations musicales et dansantes qu’assurent pendant toute la Foire Wassaï +, Teedjee, Leslie Philip, les Touloulous de Paris, la styliste Mayouka et encore les carnavaliers de Rouleaux d’or. Sans compter Dominique Montout qui assure en direct Vibe2 une radio Internet en collaboration avec Radio Guyane.Les Rouleaux d'or en défilé dans les allées extérieures de la Foire de Paris

Trois questions à Steeve Cippe, 26 ans, facteur de tambour
« Je n’ai vendu qu’un seul tambour ! »
Comment avez-vous atterri à la Foire ?
Le hasard n’existe pas mais je devais aller à la chambre de métiers et je me sis rendu à la CCI. C’est alors qu’on m’a proposé la Foire ! J’ai dû faire des démarches pour être auto-entrepreneur. J’ai à ma charge mon billet d’avion et mon hébergement… Heureusement, ma famille m’a aidé.
Quelle est la particularité de vos tambours ?
C’est le tambour créole guyanais, en bois fouillé. Je le travaille à la main, avec une peau de chèvre. Elles viennent du Suriname car l’abattoir en Guyane ne fournit pas.. J’ai appris avec mon père à les faire en PVC, puis j’ai appris à ls faire en bois latté avec Jean-Paul Agarante avant de me mettre au bois fouillé. Maintenant, je travaille pas mal la déco, la personalisation.
Vous en avez vendu ?
Je n’ai vendu qu’un seul tambour ! Il n’y a que des promesses et de l’intérêt pour le travail… Pourtant je les vends de 350 à 550 euros. C’est la crise ! Des entreprises sont venues me voir, me proposent des choses, de venir dans d’autres manifestations. Il y a des gens qui ont des sites et qui me parlent beaucoup de développement par Internet.

Anatole Alfride en dédicace
Il a recueilli la mémoire de son oncle, Achille Maréchal, un an avant sa mort, et il en a tiré un ouvrage autoédité qu’il vend sur la Foire, Au-delà du voile et de la voile. L’éducateur sportif de l’US Matoury a été sensibilisé à l’histoire de ce Martiniquais passé en dissidence pendant la dernière guerre. « J’ai essayé de sauver une mémoire », dit-il alors qu’il profite de la Foire pour lancer cet ouvrage. Il a, par ailleurs, vendu tous les exemplaires qu’il avait emmenés de ses deux précédents ouvrages.


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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 20:45
Nicolas Sarkozy sans tabou, « dans le cadre de la Constitution existante »
Hier après-midi, le président a reçu, à leur demande, les présidents Lise et Marie-Jeanne. L’entretien a duré une demi-heure et s’est poursuivi ensuite avec son conseiller politique. « Ils sont venus demander l’avis du président sur une évolution institutionnelle éventuelle après le congrès du 18 décembre et le nouveau congrès qu’ils s’apprêtent à réunir », cite une source au Château. Le président, comme il l’a dit à plusieurs reprises, n’a aucun tabou sur la question, mais il ne l’admettrait que « dans le cadre de la Constitution existante ». « La Constitution est assez souple pour cela. » Donc, pas de mélange entre article 73 et article 74. Selon l’entourage présidentiel, Nicolas Sarkozy croit à cette idée d’évolution institutionnelle mais « dans des formes à préciser ». « Il sera, selon la même source, attentif aux conclusions du Congrès dont il reconnaît la légitimité. Mais il ne veut pas se prononcer sur la forme qu’elle prendra, que ce soit dans le cadre d’un article 73 avec habilitation législative ou du 74. » Les présidents martiniquais ont évoqué avec M. Sarkozy l’articulation possible entre le Congrès et les Etats généraux de l’outre-mer. Le président considèrerait que les deux sont « complémentaires sur la partie institutionnelle ». Selon l’Elysée, l’entretien a été sympathique, avec des échanges francs, parfois virils, notamment avec Alfred Marie-Jeanne. Nicolas Sarkozy en a profité pour confirmer qu’il se rendrait bien aux Antilles, « sans préciser de date, mais pendant les Etats généraux ». Interrogé encore sur le fait de savoir s’il fallait reporter les élections régionales, le président a répondu que cela se déciderait « en fonction d’une stratégie globale sur l’évolution institutionnelle, à définir avec les élus ». Enfin, au sujet des intempéries qui ont frappé la Martinique ces derniers jours, le président a indiqué qu’il avait écrit, hier matin, aux familles endeuillées.

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