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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 07:07
La fin de France Ô, c'est pour mi-2020

Le patron de France Ô veut croire que France télévisions c'est aussi chez nous

France Ô s'arrêtera mi 2020 a annoncé Delphine Ernotte, mardi 7 novembre aux personnels de Malakoff

Pour Wallès Kotra, son directeur, l'enjeu de cette disparition, c'est la visibilité de l'Outre-mer dans les informations, le numériques et les chaînes nationales.

En voulant l'émission "l'Outre-mer fait son Olympia", le directeur du pôle Outre-mer de France Télévisions, Wallès Kotra, disait "venons faire du bruit", quand la plupart de ses collaborateurs de France Ô et nombre d'Ultramarins s'inquiètent de l'avenir de la visibilité de l'Outre-mer sur le service public... "Même sans la chaîne France Ô, dit-il, on reste là et on va être présents !" Le patron de la future disparue estime que plus que le canal, l'important, c'est le contenu. Mais ces mêmes contenus que Wallès Kotra a développés depuis sa nomination en 2016, où seront-ils visibles après juin 2019 ? "C'est compliqué la visibilité de l'Outre-mer, réagit-il. La disparition de France Ô est quelque chose de violent pour nous, il faut tourner la page et écrire l'histoire pour le 20 ou 30 prochaines années." Trois pistes de réflexion s'offrent aujourd'hui : la première, c'est l'information qui doit être plus présente sur les chaînes nationales et le numérique.  Nous sommes ambitieux, explique Wallès Kotra. Nous préparons le référendum du 4 novembre en Nouvelle-Calédonie : que vont faire France 2 et France 3 ? Quelles sont les opérations communes que nous allons faire ? C'est une sorte de préfiguration de ce qu'on fera après y compris sur le quotidien, la rentrée scolaire, les vacances..." La réflexion actuelle serait d'intégrer à la rédaction commune de France télé des "gens spécialement chargés de l'outre-mer". La rédaction de Malakoff a vocation à continuer son travail avec les stations, le numérique mais également avec les autres chaînes.

La deuxième piste, c'est le chantier numérique : "Nous avons un an devant nous pour définir quelle offre numérique on va proposer pour l'outre-mer. Faut-il une plateforme, de quel type et comment être présent sur les plateformes du groupe, France.tv et les 1ère ?"

La visibilité par les autres

Le troisième axe de réflexion, c'est la présence des Outre-mer sur les chaînes nationales qui restent, France 2, France 3 et France 5 ? "Nous créerons une unité de contenu à côté des autres, mais il ne faut pas vendre la peau de l'ours, prévient le patron de France Ô ! On va s'organiser pour prendre notre place. On va rentrer dans les fictions, dans les documentaires parce que France 2, France 3 et France 5, c'est aussi notre groupe, chez nous !" Quand Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions est venue chercher le directeur de Nouvelle-Calédonie la 1ère, il n'est pas, de son propre aveu, venu pour ce travail là... "Mais, puisque je suis là, concède-t-il, travaillons à cette refonte !" Sa conception de l'outre-mer, ce sont des identités mais également un besoin de reconnaissance, "c'est-à-dire la visibilité par les autres. Et si on perd ça, on n'est plus tout à fait des citoyens, mais des citoyens de seconde zone." Comment faire partager ce que sont les outre-mer sans avoir l'impression de s'imposer ? Voilà l'enjeu. Wallès Kotra rappelle que l'Outre-mer a déjà vécu de telles choses, quand '"l'Outre-mer existait, mais n'était un meuble, c'est l'esclavage ; quand il existait mais ne votait pas, c'est l'indigénat". Et aujourd'hui, cela peut encore exister quand un département d'outre-mer est bloqué pendant deux mois et que les chaînes nationales n'en parlent pas... "L'enjeu, poursuit Walles Kotra, ce n'est pas seulement le remplacement de France Ô, c'est cette question de visibilité qu'il faut traiter sur le numérique, dans l'information et sur les programmes."

Qui accompagnera les personnels de France Ô pour faire cette révolution ? Wallès Kotra assure qu'il n'est pas sur le départ même si pour lui ce n'est pas lié à des enjeux de personne. "Nous, conclut-il, on est parti pour coloniser la métropole ! Nous voulons partager ce que nous sommes."

FXG, à Paris

Une motion de défiance

"Qui aujourd'hui dirige la direction de Malakoff ? Quelle est la marge de manoeuvre réelle des cadres de cette rédaction ? Quelle place est réservée aux journalistes et techniciens dans le dispositif du directeur des contenus du pôle outre-mer ?" Ces questions ont été validées le 1er octobre par 71 journalistes de la rédaction de France Ô dans une motion de défiance contre la direction des contenus, fonction occupée par Daniel Grillon. La réaction est bien plus violente que celle postérieure à l'annonce de la fin de France Ô sur la TNT. Que s'est-il donc passé à Malakoff, siège de France Ô et de sa rédaction ? Le 27 septembre, le directeur des contenus a annulé la diffusion du journal télévisé Infosoir vingt minutes avant l'heure pour le remplacer par l'édition de Martinique La 1ère en invoquant la visite du président de la République en Martinique. "Ce qui est en cause, écrivent les signataires, c'est l'absence de concertation et de travail en commun. D'abord avec la hiérarchie de l'information : le directeur de la rédaction de France Ô, le directeur adjoint des rédaction ont été mis devant le fait accompli. Ensuite avec les personnels de la rédaction qui n'ont jamais été informés du bouleversement de l'antenne." Dans le contexte de la fermeture annoncée de France Ô, ceci a été vécu comme "une marque d'irrespect" et de "mépris" qui "accentue un climat déjà très anxiogène".

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9 novembre 2018 5 09 /11 /novembre /2018 06:02
Les socio-pros négocient les charges salariales

Pierre Marie-Joseph, pdg de GPMJ, participait à une réunion technique, hier au ministère des Outre-mer, avec des socioprofessionnels de Saint-Martin, de la Guyane et de la Réunion. L'enjeu, les exonérations de charges sociales.

"Il y aura des gagnants et beaucoup plus de perdants"

Etes-vous parvenu à faire baisser le coût du travail ?

Vous savez que le CICE doit être transformé en exonérations de charges or, nous constatons déjà une perte à ce niveau puisque nous avions, par rapport à la métropole, un différentiel, puisque nous bénéficions d'un taux de 9 % de CICE, or aujourd'hui, nous sommes ramenés au taux général de 6 %... Nous perdons déjà 3 points sur les exonérations de charge. Bien sur c'est une exonération, donc elle sera immédiate contrairement au CICE qui était remboursé un an après, voire deux. Par ailleurs, il y a des exonérations supplémentaires qui doivent être accordées à partir des mois de janvier et d'octobre, mais elles seront elles aussi alignées sur le droit commun. Et puis, il y a d'autres exonérations qui vont concerner les secteurs exposés, dits ex-LODEOM... Mais là, nous avons une diminution des plafonds, ce qui fait que nous aurons des aides qui seront inférieures à l'existant.

Le différentiel atteint-il réellement 5 à 20 % comme l'ont annoncé certains parlementaires ?

Le différentiel peut être important... Le problème, c'est que nous travaillons en micro-économie alors que le gouvernement raisonne en données macro-économiques, donc en voyant des masses... Sur la masse effectivement, le gouvernement parle toujours d'une enveloppe constante, d'une périmètre constant. Ca rend l'équation compliquée...

Un accord est-il possible ?

Il faut d'abord qu'on trouve un accord sur les masses financières, le nombre de sociétés... Le cabinet Mazars (mandaté par la FEDOM, NDLR) a fait des demandes au directeur de la CGSS afin qu'il lui transmette des informations sur des masses salariales par rapport aux exonérations de charges entre 1 et 1,3 SMIC, 1 et 1,4 SMIC... Cela nous permettra de faire un travail approfondi puisque pour l'heure, nous ne sommes pas d'accord sur les chiffres, tant ceux qui concernent les effectifs que les montants des masses.

Imaginez-vous pouvoir revenir à des exonérations sur des salaires allant de 2,4 à 3,5 SMIC ?

Ce sera peut-être très difficile, mais ce que le gouvernement ne cesse de répéter, c'est qu'il travaille à périmètre constant. Maintenant, il se dit prêt à analyser toutes sortes de propositions à partir du moment où il ne va pas augmenter l'enveloppe. Pour le moment nous devons nous mettre d'accord sur les chiffres des une et des autres, ce qui sera fait jeudi. Nous devons nous revoir ensuite mardi prochain par visioconférence et mettre au point alors les amendements que le gouvernement déposera au Sénat ou en commission mixte paritaire ou en deuxième lecture à l'Assemblée nationale...

Cet enjeu peut aller du simple au double pour les coût du travail selon les entreprises ?

Ca peut aller jusqu'à doubler le coût du travail. La ministre l'a dit : Il y aura des perdants et des gagnants, en tout cas, ceux qui vont perdre peuvent perdre beaucoup !

Qui seront ces perdants et ces gagnants ?

Ceux qui auront des salaires d'agents de maîtrise et de cadres seront les plus gros perdants et ceux qui auront surtout des bas salaires seront moins perdants. Il y aura beaucoup plus de perdants qu'on ne croit parce que sur les Antilles, n'oublions pas que nos salaires sont quand même relativement élevés et les salaires entre 1 et 1,3 SMIC dans l'industrie ne sont pas les plus nombreux.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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8 novembre 2018 4 08 /11 /novembre /2018 07:53
Le Mouvement international pour les réparations en Cassation

La loi Taubira du 21 mai 2001 n'est-elle qu'un trompe-l'oeil ?

Le MIR demande à la Cour de cassation de transmettre la loi Taubira au Conseil constitutionnel suite à l'arrêt de la cour d'appel de Fort de France  du 19 décembre 2017 qui l'a débouté de toutes ses demandes de réparation pour le crime de l'esclavage.

Ce sont deux questions prioritaires de constitutionnalité qui ont été déposée par le Mouvement international pour les réparation (MIR), mais également le Conseil mondial de la diaspora africaine ou le Collectif des filles et fils d'Africains déportés (COFFAD), devant la première chambre civile de la Cour de cassation. A charge pour cette instance de les transmettre ou pas au Conseil constitutionnel. Cette démarche fait suite à l'arrêt prononcé par la cour d'appel de Fort-de-France le 19 décembre 2017 qui a rejeté les demandes des plaignants qui réclamaient réparation du préjudice subi par le peuple martiniquais durant l'esclavage et 200 milliards, arguant de la prescription des faits malgré la loi de 1968 sur la prescription quadriennale de la responsabilité de l'Etat et celle du 21 mai 2001, dite loi Taubira, reconnaissant l'esclavage et la traite comme un crime contre l'humanité. "Nous attendons d'avoir gain de cause, a expliqué Me Spinosi qui a plaidé pour obtenir la saisine du Conseil constitutionnel. Nous mettons en cause essentiellement la loi de 2001 qui reconnaît que l'esclavage est un crime contre l'humanité, mais ne permet pas pour autant la réparation aux ayant-droits d'esclaves et aux associations qui les représentent. Pour nous, c'est inconstitutionnel. Il faut qu'il y ait une réparation, quelle que soit la forme, mais il faut que le Conseil constitutionnel consacre le droit à réparation des victimes de l'esclavage." Face à lui, l'avocat général a joué sa partie, c'est-à-dire qu'il a demandé aux juges de la Cour de déclarer irrecevable les deux QPC et en tout cas de ne pas transmettre celle relative à la loi Taubira. "Il y a eu des faits d'esclavage, a plaidé Me Spinosi, la France y a participé, donc la France doit proposer une réparation." Il n'a pas hésité à parler de la loi Taubira comme d'une loi en trompe-l'oeil : "Elle reconnaît à la fois le crime de l'esclavage, le qualifie de crime contre l'humanité, mais elle ne fait rien de cette qualification, elle dit qu'il n'y a aucune conséquence... C'est une loi simplement déclarative donc oui, c'est une loi en trompe-l'oeil ! C'est bien de reconnaître, mais sans réparation, la responsabilité n'a pas véritablement de sens."

Une loi symbolique sans portée normative

Me Ambroise Marlange, avocat de l'agent judiciaire de l'Etat, est venu porter la contradiction à Me Spinosi : "La loi de 2001 qui reconnaît l'esclavage crime contre l'humanité est une loi symbolique, mémorielle et qui n'a pas de portée normative par conséquent, on ne peut appuyer sur cette loi aucun mécanisme de répression ou de réparation." L'avocat général a conclu dans le même sens...

Il est vrai que les plus hautes juridictions, tant le Conseil d'Etat que la Cour de cassation et le Conseil constitutionnel se sont déjà prononcés sur certains aspects des questions soulevées... "Sauf, argumente l'avocat du MIR, que la question que nous posons c'est le fait que la loi ait exclu la réparation. La loi refuse de proposer toute réparation ! Que derrière la loi, les juridictions considèrent qu'il n'y a pas de réparation, c'est normal, mais nous nous situons au-dessus ! Nous voulons interroger directement le Conseil constitutionnel en demandant si cela est bien possible. La loi peut-elle poser en principe qu'il y a eu un crime contre l'humanité, mais derrière dire que l'Etat ne peut être responsable et qu'on ne peut engager une quelconque action en réparation."

La présidente de la première chambre civile de la Cour a annoncé qu'elle rendrait sa décision dès ce jeudi. Mais au-delà de cette procédure avec ses QPC, le MIR a déposé un recours au fond contre l'arrêt rendu par la cour d'appel de Fort-de-France. Ce recours n'est pas encore tranché et précise Me Spinosi : "Nous avons d'autres arguments à faire valoir et le MIR continuera son action juridique vers d'autres tribunaux."

FXG, à Paris

Il a dit

Garsin Malsa, président du MIR : "Nous allons faire respecter notre humanité"

"Je suis très satisfait de la mobilisation des gens ici, autour de moi, très satisfait de la plaidoirie de Me Spinosi. De toutes façons, je ne m'attends pas à grand chose de la part de l'Etat. L'Etat ne va pas se déjuger, mais ce que l'Etat doit savoir, c'est qu'il y aura de plus en plus de mobilisations autour de cette affaire et nous irons s'il le faut le plus loin possible, jusque devant la Cour européenne des droits de l'Homme, parce que nous n'acceptons pas ce déni de justice, nous n'acceptons pas d'être "injugés". Il y va pour nous de notre dignité, de la responsabilité de notre humanité et par conséquent, nous allons faire respecter notre humanité."

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8 novembre 2018 4 08 /11 /novembre /2018 07:24
Route du Rhum - Avant le départ

La Guadeloupe fait son show à Saint-Malo

La Guadeloupe a déployé à Saint-Malo sa production locale, ses entrepreneurs, ses artistes, ses élèves, ses élus et... ses skippers.

"Tous les produits que nous exposons à Saint-Malo sont en vente chez Auchan, Simply Market..." Il n'était pas peu fier, Patrick Vial-Collet, président de la CCI des îles de Guadeloupe, d'expliquer le partenariat signé avec l'enseigne Auchan et qui a été dévoilée mercredi dernier à Fontenay-sous-Bois en région parisienne. "C'est la première fois, explique le président Ary Chalus, que les rhums et les produits de la Guadeloupe sont revendus dans les 160 magasins Auchan et les 200 Simply Market en France."

D'année en année, les acteurs économiques guadeloupéens cherchent à tirer toujours mieux profit de l'événement de la Route du rhum-Destination Guadeloupe. Cette fois, la création du Club Rhum a permis à de nombreuses sociétés désireuses d'investir de 2 000 à 10 000 euros d'entrer dans l'opération. C'est ce qui explique, entre autres, la présence de nos 50 exposants guadeloupéens. Eric Koury, dont la société Air Antilles a misé sur un bateau, celui de David Ducosson, rappelle qu'il y a 28 ans, seule la société Rainouard était associée au Rhum...

"Aujourd'hui, explique le président de la CCI, nous surfons sur cette Route du Rhum dès le départ et, bien sûr, à l'arrivée... Cette fantastique arrivée que l'on attend et qui va permettre à notre destination d'avoir tous les projecteurs sur elle." Mais les entrepreneurs ne sont pas les seuls à être impliqués. "Les Guadeloupéens, poursuit Patrick Vial-Collet, se sont appropriés la Route du rhum, c'est leur Route du rhum et si à Saint-Malo, c'est la Route du rhum des Maloins, à l'arrivée, ce sera la Route du rhum des Guadeloupéens !"
Car si les Maloins ne se déplacent pas vraiment en Guadeloupe pour l'arrivée, c'est en grand nombre que l'on croise les Guadeloupéens dans la cité corsaire.

"Le monde économique est bien représenté, explique David Arnoux de la CCI, parce qu'il est là pour tirer la destination et mettre en avant son attractivité. On a tout pout briller et recevoir plus de tourisme, on a les hôtels, les compagnies aériennes et surtout le peuple qu'il faut pour ça !"

Peu de Maloins à l'arrivée

Il observe que sportivement, la course s'améliore d'édition en édition, avec une participation plus forte, une organisation bien rodée, mais économiquement, il est plus nuancé : "Vous dire qu'on a des répercussions tout de suite, non ! La preuve, à l'arrivée, les Maloins ne se déplacent pas avec leur village économique comme nous le faisons. Nous sommes venus à Saint-Malo avec plus de cinquante sociétés qui dépensent et prennent le risque de venir s'exporter pour montrer nos savoir-faire. Chez nous, on va dire que l'année qui suit une Route du Rhum, on a des répercussions, parce que les gens qui visitent le village à Saint-Malo, ça leur donne envie... On peut dire que l'année qui suit, on a une augmentation de visiteurs... bretons."

Dans les rues de la ville, sur les quais, on croise les Toumblak, les Nasyon a Neg maron et même le groupe carnavalesque Hibiscus-Trois-Rivières composé de Guadeloupéo-Maloins ! Et quand ce ne sont pas des musiciens ou des tanbouyés, ce sont des élèves que l'on croise dans les remparts de la ville ou sur les pontons. Pas moins de 250 jeunes sont venus des lycées hôtelier du Gosier, Blanchet de Gourbeyre, Gissac de Sainte-Anne, des collèges de Morne-à-l'Eau, Anse-Bertrand, Goyave et même d'écoles primaires dont une de Sainte-Rose...

Tout ce beau monde fait dire à Claude Bistoquet : "Ca veut dire qu'on a bien fait d'accueillir la Route du Rhum en 1978 et de l'accepter !" L'ancien skipper n'a pas oublié que la plus belle des transats avait été proposée à la Martinique d'abord et qu'elle l'avait refusée ! "Ceux qui l'ont refusée la première fois, s'en sont mordus les doigts depuis..."

FXG, à Saint-Malo

Chalus et les ministres à Saint-Malo

Depuis jeudi, le président Chalus est sur la brèche puisqu'il devait, avec Claude Renoult, le maire de Saint-Malo, accueillir la ministre des Outre-mer pour une série de baptêmes de navires (Carl Chipotel, David Ducosson et Willy Bissainthe) et une longue déambulation dans les allées du village Guadeloupe. Ary Chalus et Claude Renoult se sont aussi vus un peu longuement à la mairie de Saint-Malo. Le président Chalus souhaite mettre en place avec le maire "une belle coopération" entre la ville corsaire et la Région au-delà de ce rendez-vous quadriennal : "Nous voulons qu'il y ait aussi des relations chaque année avec Saint-Malo, insiste Ary Chalus. Jeudi soir, le président a reçu au palais du Grand-large pour un cocktail dinatoire les élus bretons et guadeloupéens (dont les sénateurs Théophile et Magras, les représentants des îles du Sud ainsi que le premier vice-président du conseil départemental), la ministre des Outre-mer, les représentants des chambres consulaires et leurs homologues d'Ille-et-Vilaine, mais également les skippers et les 50 exposants guadeloupéens, soit quelque 350 personnes.

Samedi, le président a rencontré la ministre des Sports, Roxana Maracinéanu, avec qui il a évoqué ce qu'il reste du plan Kanner sur les équipements sportifs. Le plan Kanner représentait à l'origine 20 millions d'euros qui ont été victime d'évaporation pour devenir 13 millions d'euros. Le président Chalus a assuré qu'il serait vigilant sur le CREPS, la piste d'athlétisme et le gymnase... La ministre des Sports a annoncé sa prochaine venue en Guadeloupe.

Le restaurant du lycée hôtelier du Gosier

 

62 élèves et professeurs du lycée hôtelier du Gosier ont investi le restaurant central du village Guadeloupe au coeur du port de Saint-Malo. Christian Maunet, chef de projet, Jean-Philippe Giry, directeur délégué à la formation professionnelle et technique, ont chargé leurs élèves d'assurer cuisine et service. En arrière-salle, le prof de cuisine Jean-François Sans a mis aux pianos Jérica Joséphine, Jélissa Moulin, Yesileney Perez et Méryl Juliassaint.

 

Les pompiers sur les quais

Ils sont venus soutenir Carl Chipotel, l'un des leurs ! Le lieutenant-colonel Alain Tirolien, le colonel Gilles Bazir, le colonel Gilles Bissainthe (le cousin de Willy et président de l'Union départementale des sapeurs-pompiers de Guadeloupe), Claude Magloire, le 3e vice-président du SDIS, et le lieutenant Steve Phéron, responsable du service communication du SDIS.

Carl et son pote Missié Sadik

Si La ministre des Outre-mer, le président Ary Chalus et sa vice-présidente Marie-Luce Penchard, ont honoré de leur présence le baptême du bateau Pep Gwadloupe de Carl Chipotel, ce dernier s'enorgueillissait surtout de la présence à bord de celui qu'il considère comme le vrai parrain de son bateau, Missié Sadik !

Guadeloupe, capitale mondiale du rhum

Ce pavillon qui ferait verdir plus d'un Martiniquais devrait être officiellement dévoilé à la mi-novembre en Guadeloupe. Pour l'heure, on l'aperçoit au-dessus des bassins mais également sur la tyrolienne installée par la marque Charral au coeur des bassins de Saint-Malo. De quoi s'agit-il ? Pour l'heure, c'est secret, mais il semble que ce mystère annonce des projets pharaoniques. Messieurs les Martiniquais, vous voilà avisés !

Trophée 98 secondes

Loïck Peyron, vainqueur sur Ultime de la Route du Rhum 2014, repart pour la 11e édition, mais cette fois à bord d'un tout petit trimaran, mais pas n'importe lequel. C'est le sistership ou presque du trimaran jaune Olympus à bord duquel le Canadien Mike Birch a gagné la première édition en 1978. Mais Loïck Peyron n'est pas le seul à partir sur les traces de Birch puisque Charlie Capelle part lui aussi sur le sistership d'Olympus. D'ailleurs, c'est Mike Birch qui a parrainé son navire vendredi après-midi. Et comme jamais deux sans trois, Pierre-Antoine court lui aussi sur un trimaran similaire. En vertu de cette concordance, un trophée 98 secondes signé par Mike Birch sera remis au premier des trois trimarans à passer la ligne. Attention, le Kritter V Socomore de Bob Escoffier, c'est-à-dire l'ancien bateau de Michel Malinovsky est aussi dans cette course !

Rodolphe Sepho et les collégiens de Matéliane

Rodolphe Sépho a pris le temps, malgré le rush des derniers préparatifs avant départ, de recevoir jeudi une classe de 5e du collège de Matéliane à Goyave. C'est le collège où Rodolphe a été scolarisé à l'adolescence ! Accompagnés de leur assistant d'éducation, Nahala Delver, les quinze élèves sont arrivés lundi dernier à Saint-Malo et n'en repartiront pas avant lundi 6 novembre. Outre la visite du Class40 qu'il a fallu faire par groupe de trois, les collégiens ont participé à une course d'aviron. Les fills ont fini 5e, les garçons 8e ! Mais eux, ce qui leur importe de voir arriver Rodolphe avec le meilleur classement possible !

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8 novembre 2018 4 08 /11 /novembre /2018 06:04
L'abolition de l'esclavage à Marie-Galante

Bientôt un film sur la mare au punch

Albert Pigot, producteur, comédien et metteur en scène, s'apprête à porter à l'écran l'histoire de la mare au punch en s'inspirant librement de l'oeuvre du Marie-galantais Bernard Leclaire.

Albert Pigot a participé à une dizaine de longs-métrages aux Antilles avec Christian Lara et c'est alors qu'il tournait un documentaire avec Gérard César que ce dernier lui présente Bernard Leclaire. Le Marie-Galantais a publié "La mare au punch" et vient de resortir "Le procès de Marie-Galante" chez Idem. C'est décidé, Albert achète les droits. Ce qui lui plaît, "c'est le décor et l'humanité, le courage de ces gens, le souffle qu'ils ont eu pour se révolter, se construire... Alors que les esclavagistes passent leur temps à détruire les familles considérées comme un microcosme de rébellion..."

Le film se passe juste après la seconde restauration, sous la monarchie de juillet. "La première ordonnance de Louis-Philippe 1er demande à ce que tous les esclaves aient une instruction religieuse. C'est le tollé général chez les colons..." D'ores et déjà le réalisateur est résolu sur le niveau de violence qu'il va devoir montrer à l'écran : "Il faut montrer la violence qu'ont subi ces gens ! Le film Django de Tarantino l'a montré, mais très peu par rapport à la réalité..." Albert Pigot veut ainsi poser la question de la liberté : "Quelle est-elle cette liberté à laquelle ils n'ont pas eu accès puisqu'on les a extradés de leurs terres et de leurs traditions ? Sans montrer la violence, on ne peut la comprendre..." La révolte des esclaves de Marie-Galante, Pigot veut en faire une polyphonie. Il y a la révolte menée par Alonzo, le héros, celui qui va mettre le feu et partir en marronnage ; il y a la résistance, la révolte par l'alphabétisation avec le personnage de Lilas. "Dès le début du film, un vieux domestique glisse quelque chose dans un panier à une jeune fille qui étend du linge... C'est Lilas qui va apprendre à lire sur les registres des habitations..." Le troisième point de vue de la révolte, c'est la foule, la liesse populaire, "la volonté des femmes et des hommes de vouloir créer la famille et de ne plus être séparés comme des bestiaux". Il y a encore Abeline, la nièce de l'épouse de Pamphile, le colon. Elle est claveciniste et a reçu un premier prix en jouant du chevalier de Saint-George... Abeline va prendre, par empathie, le parti des esclaves. "Il y a ainsi une polyphonie des résistances qui se met en place", explique le réalisateur.

 

Un film en forme de cri

Trois ans après le lancement du projet, Albert Pigot donne les dernières retouches à son scénario. Le commission régionale du CNC lui a donné l'aide au développement et il est aujourd'hui en préparation pour un tournage qu'il espère démarrer en 2020. Evidemment, le décor sera Marie-Galante : "Il va falloir qu'on construise des cases en gaulettes..." L'habitation dans le film, c'est Pirogue. Sans dévoiler son casting, Albert Pigot promet qu'il y aura Firmine Richard et assure avoir l'accord de Patrick Timsit pour jouer le vilain colon, Pamphile.

Pour l'heure Albert Pigot parle de ce film comme d'un cri, "un vrai cri" ! Pour lui, pas question d'esthétiser la souffrance comme a pu le faire son ami Christian Lara !

Auparavant, Albert Pigot a réalisé "Sur les traces de Louis Delgrés" et "De l’ombre à la lumière : Les parlementaires ultramarins et sénégalais, de la Révolution française à nos jours" qui lui ont donné de rencontrer Aimé Césaire, Jacques Adélaïde-Merlande, Frédéric Régent ou Félix Rodes !

Dans "La mare au punch", Albert Pigot nous promet une dernière scène près de la mare flambée au rhum pour donner une dernière scène cathartique : "C'est la liberté, mais quelle liberté ? Une liberté en miroir de celle des blancs ? Non ! dans mon film, le héros assure qu'il ne veut pas de cette liberté de costume fabriquée sur le sang, même si c'est hélas celle à laquelle ils auront droit... De quelle liberté s'agit-il ? C'est la question du film."

FXG, à Paris

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7 novembre 2018 3 07 /11 /novembre /2018 12:27
Daniel Grillon parle de l'avenir de France Ô...

Daniel Grillon, directeur des contenus du pôle outre-mer de France télévision, s'exprime sur l'évolution de France Ô

"Le numérique nécessite d'être dans l'audace"

France Ô va disparaître mi-2020 et tout l'Outre-mer la pleure déjà !

L'État actionnaire n'a pas dit : France Ô disparaît,  mais la TNT a vocation à  s'éteindre d'ici 2020,  un peu comme si on était sur l'autoroute et que nous changions de voie pour passer sur le numérique.  Et cette autoroute du numérique, nous avons l'intention de continuer à l'occuper.  Le numérique est déjà très puissant sur le pôle outre-mer.  La plate-forme de France télévisions fait largement place à nos productions.

Le numérique va-t-il réellement permettre à l'Outre-mer d'être plus vu que sur la TNT ?

Il s'agit d'amplifier un mouvement qui existe déjà depuis plusieurs années.  France Ô existe déjà sur d'autres canaux. Ce qui ne change pas,  c'est le cœur et l'ADN de ce que nous sommes... Comment faire en sorte que la visibilité des outre-mer soit totale sur tous nos supports, nos radios, nos télévisions... D'ailleurs on va les renforcer ! La puissance des 1ère dans les territoires est réelle et reconnue.  Mais comment faire en sorte que France Ô continue à exister sur le numérique pour la partie France Ô qu'on a l'habitude de voir sur la TNT,  comment faire en sorte que la visibilité soit réelle ? Comment faire en sorte que dans les mois et années qui viennent,  la visibilité de l'outre-mer soit renforcée sur les chaînes qui resteront sur la TNT après 2020 : France 2, France 3, France 5... Nous allons valoriser d'un point de vue éditorial, à la fois nos programmes, nos informations en renforçant notre visibilité dans les territoires, mais également par une forme de reconnaissance qui passe par des diffusions de nos programmes sur l'ensemble des antennes de TV5 monde. Je ne parle même pas de Culture box qui, dans son essence même et depuis sa création, est déjà naturellement un relais de nos programmes... C'est ça notre obsessions.

Est-ce que si nous étions 2021, France 2 pourrait diffuser "L'outre-mer fait son Olympia" ? N'est-ce pas une partie de votre mission, vous qui êtes directeur des contenus Outre-mer de France Télévisions et non pas seulement de France Ô ?

Moi je suis directeur des contenus pour l'outre-mer,  les radios, les télés le Web,  mais je ne suis pas le directeur du contenu de l'ensemble de France télévisions puisque vous savez qu'il y a Takis Candilis qui vient d'arriver comme directeur général délégué à l’antenne et aux programmes auprès de Delphine Ernotte. Ce que je peux vous dire, c'est que nous ne nous interdisons rien et pour être plus précis,  nous nous autorisons tout ! Delphine Ernotte est très claire : la visibilité de l'outre-mer est une stratégie qui a toujours existé, qui doit être assumée et renforcée. D'ailleurs l'État actionnaire ne fait que relayer ce qui était déjà une volonté de la présidence de France télévisions.  Alors vous me demandez si France 2 ou France 3 pourrait diffuser un programme comme "l'Outre-mer fait son l'Olympia" ? Pour cette année, c'est un peu juste, mais dès l'année prochaine,  nous discuterons très naturellement avec toutes les antennes pour voir quelle visibilité, quelle production associée nous pourrions envisager.  Tout est ouvert  en ce qui concerne ce type d'événement.

Ça pourrait être la même chose avec une série comme "Cut" ?

Les restrictions par genre,  parce que là vous êtes sur la fiction, se mènent de façon globale au sein des équipes de chaque télévision.  Je n'ai pas l'intention de parler à leur place, je dis simplement que cette visibilité, elle s'autorise tout ! Elle regarde tout ! Je ne vous annonce rien en disant ça, simplement l'ensemble France télévision est une grande famille qui doit chercher comme d'habitude à exposer ce qu'elle a de meilleur dans une logique de grille,  de multi-grille et de complémentarité de chaînes...

A côté de ceux qui regrettent la fin de France Ô sur la TNT, d'autres veulent croire que c'est une chance eu égard au fait que la télévision est un média déjà vieux auquel la jeunesse tourne de plus en plus le dos. Qu'en pensez-vous ?

Quand on est le service public,  on s'adresse à tout le monde. Qu'est-ce que ça veut dire de faire des choses pour les jeunes ou pas ? Attirer les jeunes ou non ? Les jeunes aiment être captés  par des moyens de diffusion autres que les télévisions, comme les smartphones, mais  mais ils peuvent revenir vers des supports plus classiques  pour partager ça en famille.  Qui est capable de dire ce que ce sera réellement l'évolution du numérique par rapport à la télévision  dans les prochaines années ? Il y a incontestablement un mouvement capté par les jeunes,  notamment par les UGC (« User Generated Content » ou « contenu créé par les utilisateurs », ndlr), à la fois de façon passive parce qu'ils regardent beaucoup de choses et de façon active parce qu'il s'expriment.  L'un des enjeux chez nous,  c'est  probablement plus que toucher la jeunesse par des canaux quels qu'ils soient,  c'est aussi lui donner la parole, qu'elle participe à quelque chose. Comment fait-on pour que jeunes soient aussi sur France télévisions, pour qu'ils s'expriment à travers France télévisions et ses canaux ? Le numérique, incontestablement, est un choix assumé par les jeunes ; ils adorent ça.  Il  il n'y a pas de raison que dans le service public, on ne soit pas dans cet élan.

Le numérique ne nécessite-t-il pas une capacité à se réinventer ?

Le numérique nécessite d'être dans l'audace.  Qu'est-ce que ça veut dire une grille de programme sur le numérique ? Qui est capable de le dire aujourd'hui ? Qu'est-ce que c'est une grille ? Je n'ai pas moi personnellement la réponse... En revanche ce qu'on sent très bien dans les appétence des jeunes, c'est qu'ils ont envie d'être eux-mêmes leur propre directeur de programmes et concevoir leur grille avec les pépites qu'on leur donne.  A nous de proposer de quoi satisfaire un appétit de jeunesse dans la disponibilité du programme,  le multi-support et surtout l'audace des contenus.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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7 novembre 2018 3 07 /11 /novembre /2018 12:23
Mémona Hinterman à la Réunion

Mémona Hintermann-Affejee, membre du Conseil supérieur de l'Audiovisuel, est du 5 au 8 novembre à la Réunion où elle a été choisie pour marraine du lycée Nord, le premier de l'île disposant d'une filière audiovisuelle. Interview à deux mois de la fin de son mandat.

"Réguler, c'est un truc pour faire fonctionner la démocratie"

Pourquoi venir parrainer ce lycée ?

Nous sommes très éloignés des centres de formation et nous ne disposions pas jusqu'à la rentrée dernière d'un lycée qui prépare les jeunes aux métiers de l'audiovisuel, du journalisme, du tournage et de la production. Pour incarner sur les écrans ou derrière les micros des radios et des télés, une région de France, il faut de l'audiovisuel ! Ca illustre une manière d'être, une façon de vivre sur un territoire... Aujourd'hui, il y a quantité de jeunes qui regardent, qui consomment du contenu audiovisuel, pour qui se former est inaccessible. Ils n'ont pas les moyens de faire 9000 km, pour se loger où ? Vivre comment ?... Le lycée Nord va leur ouvrir un premier stade de formation. Créer un outil pour former la jeunesse aux métiers de l'audiovisuel nous permettra de nous sentir à l'unisson d'un pays qui est la France mais avec notre spécificité, à 1000 % français et 1000 % créole ! Mais j'irai également au lycée du Butor à Saint-Denis et au lycée BoisJoly Potier au Tampon où j'interviendrai sur l'éducation aux médias. Un sujet crucial.

Comment avez-vous reçu l'annonce de la fin de France Ô ?

Le CSA n'a pas à se prononcer sur les choix des pouvoirs publics. en revanche, comme je suis associée à l'équipe projet ultramarin du ministère des Outre-mer, j'ai réfléchi à ce sujet ! Je suis Réunionnaise et j'ai commencé mon métier à une époque où il n'y avait pas de spécificité régionale - j'étais France 3 et quand je suis arrivée en métropole, je n'ai eu aucune difficulté à entrer dans une rédaction de France 3, à Orléans en l'occurrence ! Aujourd'hui, un jeune d'outre-mer qui veut aller à Nice, Marseille ou Orléans, il faut qu'il change de société.

J'ai toujours défendu, et je le fais au CSA, que les départements d'outre-mer doivent être vus sur l'ensemble des chaînes et ne pas être cantonnés à une chaîne qui est vue par 0,6 % de la population française.

Faudra-t-il un cahier des charges, un quota ?

Mais non ! Nous n'avons pas besoin de quota. Il suffit de parler de ce qui se passe chez nous à l'égal de ce qu'on va dire de Carcassonne. Il n'est pas normal, alors qu'il y a un gros cyclone qui menace Saint-Martin que le journal de France 2 ne lui consacre que 12 secondes la veille ! Ce qui fut le cas. Je ne demande pas de quota, mais la justice, l'égalité. Il s'agit de l'incarnation de la France ! Le président de la République a expliqué pourquoi France Ô ne pouvait plus correspondre à un espace public. Pour incarner le devenir commun, il faut être présent sur tous les écrans et pas partir s'isolé sur un petit coin pour aller regarder l'outre-mer. La stratégie du président est très pertinente ! Bravo, allez-y ! Je n'ai pas le droit de le dire en tant que membre du CSA, mais je suis citoyenne.

Sur quoi travaillez-vous au CSA ?

Depuis un an nous travaillons sur nouvelle charte pour que les télévisions et les radios aident le public à mieux se repérer dans un espace où il y a tant de produits qu'on ne peut pas contrôler et qui ont des effets sur la santé... Au-delà de la charte alimentaire, nous avons rendu un avis sur la régulation audiovisuelle. Elle doit renforcer toutes les protections dues au public notamment en matière d'éducation aux médias pour que les gens aient un raisonnement critique. Ca pose problème aux producteurs parce que dès qu'on dit éducation, ils pensent qu'on les dénigre ! Non ! Eclairer les gens sur les dangers de la cigarette, ce n'est pas dénigrer les fumeurs ! J'ai moi-même arrêté de fumer et j'ai fait un spot pour le dire...

Vous avez même évoqué les pouvoirs d'enquête du CSA...

Quand on demande à une chaîne, publique ou privée, des informations nécessaires à ce qu'on puisse élaborer un avis relatif à une possible sanction, on ne les obtient pas toujours. Nous avons déjà manqué cruellement d'information dans le dossier aujourd'hui classé de la chaîne 23. Nous avons manqué de pouvoir d'enquête sur place. Les autres régulateurs ont un pouvoir d'enquête...

Le CSA doit-il évoluer ?

Il évoluera. Les institutions sont comme les régimes politiques... Rien n'est immuable. Le CSA pourrait travailler plus solidement avec d'autres institutions qui protègent les publics, je pense à la CNIL ou Hadopi... Ensemble, on sera plus fort ! Mais je ne suis pas là pour faire l'apologie du CSA de A à Z...

Ce n'est pas ce qu'on vous a demandé !

Quand je suis arrivée au CSA, c'est de notoriété publique, je critiquais cette institution parce que j'estimais que quand il s'occupait de sujets qui étaient les miens, le reportage, la déontologie, c'était sans avoir jamais mis un pied sans une salle de montage... Pourtant, ce serait une très grave erreur de dire que le CSA est inutile parce que nous serions alors dans un système où les très gros écraseraient les plus petits et les plus petits, c'est quoi ? C'est la voix du pluralisme. Il y a des émissions qui font peu d'audience — je pense à Arte — et qui rendent un vrai service à la nation en termes de cohésion sociale parce que quand on regarde la télé on voit bien si on fait partie ou pas du jeu ! Une télé comme celle-là, il ne faudra pas l'écraser. Réguler veut dire permettre un fonctionnement harmonieux, c'est un truc pour faire fonctionner la démocratie !

Y a-t-il une vie après le CSA ?

Quand je suis arrivée au CSA, j'ai pris la précaution de rester les deux pieds sur terre et comme je viens d'un milieu très pauvre, qui a manqué de tout, j'ai toujours gardé en tête que je serai dehors le 24 janvier 2019. J'ai perdu des frères... La mort m'a toujours accompagné et partir, ça fait partie de ma vie. Pendant un an, je serai payée par l'Etat, car je n'aurai pas le droit de travailler dans l'audiovisuel. Cette année servira à me refaire un peu de santé après six ans passés là — c'est pas mon monde ! Six années terribles, six années magnifiques, six années d'apprentissage... J'ai vu le monde de l'audiovisuel dans les coulisses... Je ne savais pas que ce monde audiovisuel fonctionnait de cette façon... Je ne connaissais pas ce les intérêts qui animent la télévision aujourd'hui. C'est une industrie comme une autre, mais qui a un devoir par rapport au pays. Mais je redeviendrai journaliste.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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7 novembre 2018 3 07 /11 /novembre /2018 11:15
Route du Rhum - Des Guadeloupéens depuis le début et même un vainqueur !

Le coin des anciens

Alors que les premiers concurrents de la 11e Route du Rhum sont attendus la semaine prochaine, quelques grands anciens de la course pays étaient au départ à Saint-Malo

Claude Bistoquet, il y a 28 ans

"J'étais le premier... de Guadeloupe ! Et maintenant, il y en a beaucoup et ça c'est bien !" Claude Bistoquet fut le premier concurrent guadeloupéen de la Route du Rhum en 1990, soit la quatrième édition. Et s'il n'a pu finir la course, son bateau l'a tout de même conduit jusqu'à la hauteur de Bananier où la caye lui fut fatale ! 28 ans plus tard, "Bistoque" est à Saint-Malo au départ la 11e édition, celle des quarante ans ! "Ce Rhum est toujours important, depuis sa naissance !" En 1978, Claude Bistoquet a vu arriver Mike Birtch au nez et à la barbe de Michel Malinovsky. "Ca m'a donné envie d'y participer, raconte-t-il. Et quarante ans après, je vois qu'il y a beaucoup de Guadeloupéens sur la ligne de départ avec quelques chances de bons résultats !" Pas question de lui demander qui est son favoeir. Il se borne à dire que "le mieux préparé et le mieux placé pour faire un résultat, c'est Rodolphe Sépho" et encore qu'il suit avec attention "Carl Chipotel, Willy Bissainte et tous les autres" à qui il souhaite bonne mer et bon vent !

Victor Jean-Noël, il y a 20 ans

Pour Victor Jean-Noël aussi, c'était une émotion que de se retrouver sur les pontons de la cité corsaire ! Il y a vingt ans, il prenait la relève de Bistoque pour être le Guadeloupéen de l'édition 1998. Son bateau a cassé et Victor Jean-Noël est régulièrement revenu à Saint-Malo... "Je ressens toujours le même plaisir à être là, raconte-t-il. Je n'ai pas loupé une édition depuis, sauf que j'ai été coureur une année, ensuite VIP, préparateur, conseiller... Je suis de toutes les éditions !"

Victor non plus refuse d'avoir des favoris : "On a des Guadeloupéens qui y vont, quels qu'ils soient, originaires de l'île ou d'ailleurs, ils sont tous des enfants de l'île et ils sont tous traités à la même enseigne ! Tout le monde doit partir et arriver de l'autre côté ! Peu importe l'ordre.

"Comme je vois que nous étions isolés il y a vingt ans, je suis heureux de voir que le message qu'on a lancé il y a vingt ans a été entendu : Allez-y sur l'eau ! Ca prendra le temps qu'il faut mais on aura des jeunes Guadeloupéens sur la ligne de départ ! J'ai eu raison de me risquer puisque les jeunes sont aujourd'hui là ! Eux, ils ont mission maintenant d'amplifier ce mouvement que nous avons lancé, Claude et moi, pour que la mer ne soit pas seulement un champ d'expérimentation pédagogique, ni un lieu de course au large, mais un lieu de vie où l'homme se développe sous tous les aspects de ce que la mer peut proposer en termes de métiers pour le futur et en termes de survie pour la planète."

Claude Thellier, il y a 12 ans

En 2006, Claude Thellier est le premier skipper guadeloupéen à avoir franchir la ligne d'arrivée. Quatre ans plus tôt, Claude Thellier remplace au pied levé Vincent Beauvarlet sur Région Archipel Guadeloupe. "Il fallait impérativement qu'un bateau guadeloupéen soit au moins au départ, au mieux à l'arrivée..." C'est à sa deuxième participation qu'il est accueilli en triomphe : enfin un Gwada qui passe la ligne ! Aujourd'hui, Claude est consultant pour Guadeloupe la 1ère, mais il aide aussi les coureurs guadeloupéens à "essayer de sortir de la réalité qui les grignote en leur donnant quelques petits conseils pour leur faire gagner du temps". Claude savoure le chemin qui a été fait : "Aujourd'hui, on a huit Guadeloupéens sur le plateau actuel, mais sur les dernières Route du Rhum, on en avait déjà  quelques uns avec du bonheur à chaque fois sur l'arrivée. L'étape suivante va consister à chercher de la réussite en termes de résultats. C'est le cas de Damien Seguin en IMOCA même s'il a peu de chance de gagner, c'est la position de Thibault Vauchel-Camus qui lui est un vrai produit de la Guadeloupe, qui s'est expatrié sur Saint-Malo, mais pour être aux commandes d'une vraie machine qui lui laisse l'espoir de gagner en multi50... Luc Coquelin et Willy Bissainte vont bien se battre en rhum mono pour aller chercher un résultat... Rodolphe Sépho est un peu dans le même cas, il a peu de chance de gagner en Class40, mais depuis six mois, il est allé se former à la Rochelle, est allé chercher de l'expérience avec un préparateur routeur comme Jean-Yves Bernot... C'est une bonne formule pour rester estampillé Guadeloupéen et aller chercher un résultat."

Chevallier et Palassée

Comme on oublie souvent les deux participations de Jacques Palassée en 1978 et 1982, on oublie aussi facilement la victoire remportée en 2006 dans la catégorie Rhum du patron de la marina de Pointe-à-Pitre, Philippe Chevallier sur un Cigale 16 de série, de location et défiscalisé ! Aujourd'hui, ils sont trois pays à se battre dans cette catégorie !

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6 novembre 2018 2 06 /11 /novembre /2018 07:32

Dokonon organise sa 2e journée culturelle guyanaise à Bondy

L'association musicale et culturelle Dokonon (AMCD) organise la deuxième édition du rendez-vous culturel guyanais en Région Parisienn, "Regards de Guyane" ! Cette journée annuelle et unique dans l'Hexagone aura lieu le samedi 10 Novembre à la Salle des Fêtes de Bondy (93), de 11h30 à 23h30...

Dokonon a invité une quarantaine de partenaires (associations, artistes, institutions, sociétés, etc), dans le but commun de présenter la Guyane à travers plusieurs stands d'expositions, des dégustations, des ateliers et surtout un plateau artistique riche en animations, chants, danses, défilés, démonstrations... Sont annoncés Lexio's, Salina Manotte, Caroline Ruppert, Prof A, Gayah, Rudy Minfir, Jean-Jacques Ajoekana, Katharina et bien sûr l'orchestre des Dokonon !

"D'où que vous veniez, annonce le chanteur des Dokonon, Hendy Chocho, quel que soit votre âge et culture, laissez-vous séduire par la Guyane..." Traduction : l'accès sera totalement offert.

FXG, à Paris

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4 novembre 2018 7 04 /11 /novembre /2018 23:08
Willy Bissainte, samedi lors de son passage à l'écluse (photo FXG)

Willy Bissainte, samedi lors de son passage à l'écluse (photo FXG)

1er jour - 1er écueil

La direction de course de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe a reçu dimanche soir à 20h43 un appel de Willy Bissainte (C' La Guadeloupe) qui l'a informée qu'il s'était échoué sur l'ile Rouzic, la plus à l'Est de l'archipel des Sept-îles, au large de Perros-Guirec. Couché sur le flanc, son monocoque de 50 pieds, inscrit en classe Rhum Mono, est victime d'une voie d'eau, ce qui a poussé le skipper à déclencher sa balise de détresse. Prévenu, le CROSS a dépêché sur place le bateau de la SNSM de Ploumanach qui est arrivé un peu avant 22 heures, tandis que le Lynx, bateau école de la Marine Nationale, s'est également rendu sur zone pour porter secours au Guadeloupéen.

sources : https://www.routedurhum.com/fr/actualite/428?fbclid=IwAR0DQXHY8nvVM_BF1szbnrITfmFBzkjYuwZn5rYfQQCbwzaNyYsInehTqYw

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