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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 19:26
Ambiance sur les quais à Saint-Louis du Sénégal
A deux jours du départ de la 2e Bouvet Rames Guyane, qui relie Saint-Louis du Sénégal à Cayenne, rencontre avec les sept skippers guyanais en lice sur les 22 qui composent la flotte.
Il y a peu d’indices, à Saint-Louis, pour rappeler qu’aura lieu, dimanche, le départ de la 2e Bouvet-Rames-Guyane. Un calicot à la sortie du fameux pont Faidherbe, devant l’hôtel de l’aéropostale, un pancarte vantant le tourisme en Guyane sur la devanture du PC course, sur le quai de l’embarcadère du Bou el Mogdad. Mais tous les skippers sont plus loin, sur la pointe de Barbarie, à l’hydrobase, après le quartier des pêcheurs où stationnent en permanence une quarantaine de camions frigorifiques et où flotte une odeur tenace de poissons. Plus loin, au bout de la langue de terre qui sépare le fleuve Sénégal de l’océan, l’hôtel Mermoz, véritable PC technique de la course. C’est là qu’ont pris leurs quartiers les 22 skippers et leurs accompagnateurs. La plupart des bateaux étaient encore à terre, hier. Seuls, parmi les Guyanais en course, Jean-Pierre Lacroix, Pascal Vaudé et Charles Bergère ont mis à l’eau et seul Charles Bergère s’est essayé sur l’eau. « Le vent a molli, je vais ramer vers la ville pour rester en sécurité. » De l’autre côté, c’est la fameuse barre et personne n’est trop pressé d’avoir à l’affronter… Face à 18 nœuds de vent, Charles Bergère, sans doute un des skippers les mieux préparés, maintient une vitesse de « nœuds… Une gageure, selon les connaisseurs ! Il dit que ça va pas trop mal mais que ça l’embête juste de quitter sa femme, « c’est comme un décollage ! » Alors, il a prévu sa botte secrète, des bouillons cube ! Son épouse est là, avec son beau-frère devenu son routeur. Il dit attendre pour dimanche le maire de Sinamary. A terre, Henri-Georges Hidair est à l’ouvrage. Il annonce donner des derniers coups de ponçage, installer son désalinisateur… « Tout va bien », dit-il tranquillement. L’organisation regarde un peu différemment les choses. Henri-Georges est un bon marin, mais son bateau n’est pas prêt. « Une chaîne de solidarité s’est organisée autour de lui », raconte Michel Horeau, organisateur qui s’inquiète un peu : « A 48 heures du départ, il n’a pas encore commencé à être prêt… » Il n’est pas le seul : Karl Baranco, sans doute la mascotte de cette édition.
Le cauchemar de la barre
Depuis le prologue en septembre, Karl a fini par apprendre à faire un nœud de chaise mais il y a des outils étalés sur le pont, dans l’habitacle et autour de son canot. Une dame se moque gentiment : « Il va se faire remarquer car derrière lui, il y aura des bancs de poissons bourrés au pastis ! » Karl n’en a cure, il sait qu’il y a une part d’improvisation. Il a installé un pilote automatique, leçon du prologue. « J’étais à la ramasse et j’ai perdu mes mains en une heure… » Cette fois, le bateau est prêt, mais il n’a pas encore eu l’occasion de le tester. Il le met à l’eau samedi. « Je suis l’extraverti de la flotte mais tous les kippers viennent me rasséréner. Même Jean-Jacques Gautier est venu me donner des conseils. » Six amis de Guyane, dont Fred de Guyavoile sont venus l’aider. Henri-Georges attend, entre aujourd’hui et samedi, une trentaine d’amis et membres de sa famille. Il est allé voir la barre… « Mais pour la passer, je ne sais pas si ça apprend… » Patrick Hoyau se dit « total prêt ». Il a chargé la nourriture et la mise à l’eau est pour ce vendredi. Sa femme, son beau-frère, ses amis, son fils qui a fêté ses cinq ans, hier, sont là. Lui aussi est allé voir la barre, d’un coup de zodiac… « S’il y a du vent comme mercredi, seul un quart passera… Les marins de Saint-Louis nous ont dit qu’ils allaient prier pour nous ! » Le bateau est peu manoeuvrant et les déferlantes se succèdent, pouvant atteindre les 2 mètres de haut. Mme Hoyau assure ne pas être inquiète : « Je n’ai pas le choix ! » Elle souhaite que tous passent la barre. « C’est un investissement personnel, familial et financier depuis dix-huit mois… » Pascal Vaudé, accompagné de Fanny son épouse, assure être prêt même s’il concède ne pas avoir décroché « son brevet de passage de barre » ! Il est allé la voir. « Oulala », a été son unique commentaire. Sa maman arrive aujourd’hui… « Je flippe mais je suis content. »
Les anciens
Patrick Deixonne et Jean-Pierre Lacroix était invisibles hier après-midi De Deixonne, les autres équipages parlent de lui comme un philosophe. Sans doute la claque qu’il a prise lors de la première édition. Fort en gueule, il avait tendance à se moquer des deux autres Guyanais venus le rejoindre sur cette aventure. Mais au départ, la barre l’a humilié et il est rentré à Cayenne en avion, « la queue basse », selon certains. « Il est venu avec beaucoup d’humilité, cette fois, note Michel Horeau. D’où le fait qu’on dise désormais de lui qu’il est devenu philosophe. Jean-Pierre Lacroix est le seul à avoir une traversée dans les bras ! « C’est un bon cheval, dit Michel Horeau, sec comme un coup de trique, un marathonien. » Il a appris depuis que la mer était aussi un art de vivre, « un truc mystique » qu’il a découvert. S’il n’avait pas raté la ligne d’arrivée la première fois, il ne serait sans doute pas revenu. Pour lui, il s’agit d’abord de finir une aventure entamée il y a maintenant plus de trois ans.

Echos
Un Guyanais assure la couverture pour le quotidien gratuit Métro
Il est originaire de Grand-Bourg à Marie-Galante, mais c’est à Matoury qu’il a été élevé, Laurent Falla couvre le départ de la course Bouvet Rames Guyane pour Métro, le quotidien gratuit des grandes villes de France métropolitaine.
Lacroix distrait
Jean-Pierre Lacroix qui en est à sa deuxième transat en solitaire à la rame n’a plus toute sa tête à quelques jours du départ. Il a oublié au chantier naval de Marans, près de La Rochelle, où il avait laissé son canot après le prologue en septembre, sa combinaison de survie. Il s’en est aperçu à temps et elle est arrivée jeudi avec l’avion des journalistes !
Un premier Guyanais inscrit pour l’édition 2011
Jean-François Taddéi, dentiste à Rémire, a fait le déplacement à Saint-Louis. Il est venu soutenir son ami Pascal Vaudé à qui il escompte bien racheter son bateau. Il est le premier Guyanais inscrit pour l’édition 2011 sur 12 concurrents déjà déclarés.
Galères en prévision pour la rame
La crise mondiale rend les choses difficiles pour les aventuriers et Michel Hoareau ne cache pas son inquiétude pour l’avenir. Ca sera plus dur de trouver des sponsors. Même Bouvet, l’actuel sponsor principal, risque de connaître des difficultés qui, sans remettre encore en cause la prochaine édition, la rendent plus compliquée à monter.
Un long périple pour l’AFP
E
nchaîner un Paris Dakar à bord d’un 777 et un Dakar Saint-Louis de nuit à bord d’un autobus sans climatisation, n’a pas été au goût de tous. Notre confrère de l’AFP, spécialiste des aventures humaines, en était si marri qu’il a menacé de ne rien écrire du tout sur la course. Le lendemain, la grâce de Saint-Louis, la vieille capitale endormie, l’avait réconcilié avec la rame !

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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 19:47
Jégo fait ses comptes
Le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer a présenté, hier, « les réponses de l’Etat à la crise et les réponses sociales aux difficultés exprimées aux Antilles et dans les autres DOM ». Aux 1,375 milliard d’euros de la loi Girardin en 2008, il présente 1,687 milliards avec la LODEOM pour 2009 et vante la naissance d’un modèle de développement partagé.

Yves Jégo, souriant et visiblement en forme, a salué hier, au ministère de l’Outre-mer, l’accord signé la veille en Martinique et dit qu’il était « heureux que le Medef Guadeloupe et la CGPME se soient engagés à faire des propositions pour apporter des solutions au conflit »… Puis, il a abordé l’après crise. Il a évoqué le plan de relance pour le tourisme qu’il travaille avec son collègue du Tourisme, Hervé Novelli Les mesures seront annoncées la semaine prochaine. Eric Woerth, ministre du Budget, de son côté, a décidé, selon Yves Jégo, de « muscler les dispositifs de soutien aux entreprises et le plan de sauvetage de l’économie antillaise. Ainsi, il a d’ores et déjà accepté un report des paiements des droits de douane, des taxes d’apprentissage comme de faciliter le recours au chômage partiel ou technique. De même, les comités départementaux d’examen des difficultés des entreprises se réuniront hebdomadairement et devraient être renforcés par une cellule opérationnelle dans les préfecture avec un numéro vert. Objectif : la médiation bancaire renforcée.
LODEOM et états généraux
La nouvelle mouture de la LODEOM devra être la traduction de cet engagement de l’Etat (le président de la République a accordé 150 millions de plus). Ainsi 75 millions d’euros seront consacrés à la dégressivité des exonérations de charges sociales. 17 millions seront apportés pour « l’harmonisation des zones franches globales ». 10 millions seront consacrés à l’exonération totale de la taxe sur le foncier bâti et 15 autres pour améliorer les taux d’exonération de la taxe professionnelle dans les zones franches (80 % pour tous, 100 % dans les secteurs prioritaires). 8 millions d’euros viendront soutenir le petit commerce avec la création d’un fonds pour le commerce et l’artisanat. 4 millions seront consacrés à la rénovation des hôtels et 1 autre permettront de placer en zone franche globale les zones rurales comme les îles du Sud de Guadeloupe, le Nord de la Martinique, la Guyane dans son ensemble ou les hauts de la Réunion. Une dernière mesure devrait permettre la baisse des charges pour les activités de tournage de films outre-mer.
Yves Jégo a, par ailleurs, confirmé la nomination par le chef de l’Etat, « sous l’autorité de François Fillon et à (ses) côtés » du préfet guadeloupéen Richard Samuel comme coordonateur des états généraux de l’Outre-mer qui doivent se dérouler entre mars et mai. Un haut fonctionnaire dans chaque DOM sera nommé pour être chargé de mission auprès de M. Samuel. Dans les collectivités d’outre-mer, ce rôle sera dévolu aux préfets. « Il s’agira de prendre des décisions politiques, a conclu Yves Jégo, pour transformer cette crise en une chance pour l’outre-mer. »

847 millions d’euros
Dans le détail, le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer a rappelé les mesures financières concédées par l’Etat. 50 euros de baisse de loyer pour 175 000 bénéficiaires, soit 34 millions d’euros. Une prime de 200 euros en avril pour 242 000 familles, soit 48,4 millions. 280 millions au titre du revenu temporaire de solidarité active, en attendant, d’ici trois ans, le RSA. Une augmentation de 20 % de la prestation de restauration scolaire, soit 11 millions. Un soutien aux personnes âgées et aux handicapés pour 12 millions d’euros. Le nombre de stagiaires du SMA passerait de 2900 à 6000 en trois ans, soit 40 millions d’euros. Revalorisation des actions pour les entreprises et l’emploi dans la LODEOM : 150 millions d’euros en supplément. Un fonds exceptionnel d’investissement renforcé de 50 millions qui s’ajoutent au 115 déjà inscrits. Toutes ces mesures s’ajoutent aux 580 millions d’euros annoncés par François Fillon, soit 847 millions d’euros qui abonderont le budget en faveur de l’outre-mer. « Il n’y a pas de précédent sous la Ve République », a souligné Yves Jégo

Les chantiers de la relance
En Guadeloupe, 30 millions sont investis pour seize projets. Le fonds exceptionnel d’investissement financera les opérations communales pour l’eau, l’assainissement et les déchets, la restructuration de l’ancien hôpital du camp Jacob en campus universitaire, la reconstruction du centre de secours et d’incendie de Basse-Terre et la mise aux normes parasismiques des écoles. Pour le logement, on note un « accroissement des moyens », pour l’agriculture, la dotation d’un banc d’essai pour les tracteurs. En matière de santé, ce sera la sécurisation des hôpitaux psychiatrique, pour l’enseignement, l’achèvement du bâtiment de recherche à Saint-Claude, pour la justice, des travaux et aménagements aux prisons de Basse-Terre et Baie-Mahault et l’achat d’un terrain pour la construction de l’établissement pénitentiaire de Gourbeyre, pour la culture, le financement des travaux de la cathédrale de Basse-Terre, ma rénovation du Centre des arts, l’aménagement du centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine et un scénobus. Côté défense, ce sera la réparation des bâtiments de la Jaille.
A Saint-Martin, 10,3 millions seront consacrés à quatre projets dont la construction d’un restaurant scolaire et d’une cuisine centrale, la reconstruction du réservoir de Galisbay et la construction d’un réservoir à Concordia. Le logement verra ses moyens acrus pour ses programmes de construction, réhabilitaton et aménagement.
A Saint-Barth, l’Etat consacrera 2,1 millions pour la construction d’un établissement pour personnes âgées et dépendantes.

En Martinique, 27 millions seront débloqués pour treize projets. Le fonds exceptionnel d’investissement financera le centre de secours de Fort-de-France, la mise aux normes parasismiques des bâtiments scolaires, le dragage de la baie du Marin et les opérations communales pour l’eau, l’assainissement et les déchets. Pour le logement, ce sera l’accroissement des moyens pour les programmes, pour l’agriculture, ce sera un banc d’essai pour les tracteurs, pour la santé, la sécurisation des hôpitaux psychiatriques, pour l’enseignement, l’extension de la bibliothèque,universitaire, pour la justice, la rénovation du centre pénitentiaire de Ducos, pour la culture, entretien et restauration des monuments historiques dont la création d’une banque numérique du patrimoine, la restauration des églises de Ducos, du Marin et des Anses d’Arlet et des projets en faveur de grands monuments comme l’habitation le Galion à Trinité. Enfin, la Défense pourra réparer ses immeubles à Fort-de-France.

En Guyane, 40,3 millions d’euros seront consacrés à quinze projets. Le fonds exceptionnel d’investissement financera le renforcement de la route de Cacao, le centre de traitement des déchets de Kourou, la construction et l’extension de groupes scolaires, des opérations d’aménagement urbain et la réhabilitation de la route départementale 9. Pour le logement, on note un « accroissement des moyens pour les programmes », pour le transport, la réhabilitation de la RN 2 sur 6 km, pour l’agriculture, la création d’un banc d’essai pour les tracteurs, pour la santé, la sécurisation des hôpitaux psychiatriques et l’aménagement de chambres d’isolement, pour l’enseignement, des moyens pour le pôle d’enseignement supérieur et de recherche, pour la justice, des travaux au centre pénitentiaire de Rémire, pour la culture, l’aménagement du centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine de Saint-Laurent du Maroni et divers projets en faveur des monuments dans les petites communes. Enfin, pour la Défense, ce sera la première phase du redéploiement du 9e RIMa

A la Réunion, 25,9 millions seront investis pour douze projets. Le fonds exceptionnel d’investissement financera la couverture en panneaux photovoltaïques de la route des Tamarins, la reconstruction du pont de bois rouge à Saint-André et des opérations d’amélioration des process de traitement des déchets. Pour le logement, ce sera l’accroissement des moyens pour les programmes, pour l’agriculture, ce sera un banc d’essai pour les tracteurs, pour les transports, des investissements portuaires permettront la réfection de quais et le confortement des digues à Port-Réunion, pour la santé, la sécurisation des hôpitaux psychiatriques, pour l’enseignement supérieur, la construction de nouveaux logements étudiants et la mise en sécurité des établissements, pour la justice, des travaux et des aménagements aux centres pénitentiaires du Port et de Saint-Denis. Enfin, pour la culture, les efforts seront portés sur les grands monuments comme le jardin de l’Etat à Saint-Denis.

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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 15:43
Le Collectifdom réussit son retour place de la Nation à Paris
A l’appel du Collectifdom, quelque 5000 personnes se sont rassemblées samedi dernier place de la Nation à Paris. Si Lutte ouvrière et le NPA de Besancenot sont venus apporter leur soutien en début d’après-midi, cette fois, ce sont d’abord les Antillais, Guyanais et Réunionnais, dont quelques personnalités, qui étaient là pour soutenir leurs compatriotes de Guadeloupe et Martinique.


Après le défilé du 21 février entre République et Nation, la manifestation de ce samedi avait plus des allures de meeting, avec une scène, des prises de parole et des interventions artistiques.

Sous les couleurs de Continuité lyannaj kont pwofitasyon, l’extrême gauche qui soutient Elie Domota à fond, est venue réaffirmer tout son soutien aux grévistes antillais, en marge du rassemblement appelé par le Collectifdom, plus modéré.

Dans la foule de nombreux anonymes ont tenu à porter leur message…

Dédé Saint-Prix, accompagnée de la directrice du Théâtre de Vitry, Leïla Cuikermann, est monté sur scène pour une petite performance qui a eu son succès.

Le comédien guadeloupéen Geg Germain et le chanteur martiniquais Philippe Lavil sont apparus ensemble sur la scène comme pour mieux affirmer l’unité des Antillais.

Autour de la chanteuse guyanaise Sylviane Cédia, le secrétaire du Collectifdom, Jocelyn Minatchy, et une militante, Mona Eraville.

A l’instar de Greg Germain et Philippe Lavil, l’UMP Jean-Claude Beaujour et la radicale de gauche, Janine Maurice-Bellay se sont affichés ensemble.

Les producteurs Jimmy Blanche et Joseph Dunoyer et le fils de ce dernier, Erwan Carlos.

Orateur du Collectifdom, Jocelyn Minatchy est peu à peu en train de devenir la valeur montante de cette association qui, depuis une paire d’années, connaissait une légère extinction de voix.

Il habite à Rouen, il est venu manifester à Paris avec son tee shirt aux couleurs de l’UGTG. Michel Jockson est natif de Bas-du-Bourg à Basse-Terre, comme son nouveau héraut, Elie Domota.

Misha Périchon, communicante pour les Caribean awards music, pose avec le chanteur styliste Jacques de Kerra.

La chanteuse Perle Lama a récolté un joli succès en chantant, entre autres, une ode à Toussaint Louverture.

Et tandis qu’aux Antilles, LKP et collectif du 5 février demandent une amélioration de la vie quotidienne, certains sont là pour rappeler le montant des arriérés !

Bernard Solitude, avocat guadeloupéen, au micro de France-Info

Il est l’homme de toutes les marches des Antillais à Paris depuis 1993. Théo Lubin, disciple de Garsin Malsa et du comité pour la réparation, était aussi le sonorisateur de l’événement.
Sur la tribune, les organisateur de ce Van lèvè, Daniel Dalin, le président du Collectifdom, Régine Privat, Olivier Ozier-Lafontaine et Jocelyn Minatchy

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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 02:51
Ségolène avec LKP
Ségolène Royal occupe les premières loges de la lutte de LKP en Guadeloupe depuis qu'elle a été invitée par le maire de Pointe-à-Pitre, Jacques Bangou du Parti progressiste démocratique guadeloupéen. Depuis, on dit que Victorin Lurel, son meilleur soutien au moment de la campagne présidentiel, a été snobé par la présidente de la Région Poitou-Charente qui a su utiliser les bons offices du président du conseil général, Jacques Gillot, pour se faire recevoir par Elie Domota. "Je l'ai éconduite", confie l'ancien secrétaire national à l'outre-mer du PS qui reproche à l'ancienne candidate à la présidentielle de courir après Besancenot. "Elle veut être présidente mais elle cantonne sa parole à la protestation. Elle ne parle pas de rassemblement, elle souffle sur les braises". Ils se sont croisés aux obsèques de Jacques Bino et Victorin Lurel s'est contenté de lui dire vitement et sobrement : " Bonjour Ségolène, ça va ?..." Victorin aura eu du mal à devenir Aubryiste, Ségolène l'y aura aidé !

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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 00:51
Mort d'un frère Kanak
Nouma Jeannot Treulue, dit Nouma, fils d'un pasteur de Lifou
(Nouvelle-Calédonie), Drile Treulue (prononcer Tioloué en kanak), né le 5 mars 1960 aux Nouvelles Hébrides (aujourd'hui le Vanuatu), est mort dans la nuit de jeudi à vendredi à Montpellier (Hérault), rue de la Poésie. Une adresse qui convenait bien à ce doux rêveur qui va manquer à Montpellier. Nouma était venu en France au début des années 1980 grâce à l'armée qui lui avait payé son billet d'avion pour faire son service militaire Le billet retour était valable cinq ans. Nouma n'est jamais rentré au pays. Devenu plus montpelliérain que la plupart de ceux qui se prétendent encore baron de Caravete, il avait été musicien au sein des Coyottes (qu'on avait vu en première partie de Kassav en 1984). Mais Nouma était d'abord un artisan qui vivait de ses coups de main (pour lequels tout le monde était partant pourvu qu'on le payât au black...). Longtemps, il a été l'un des piliers de l'association l'Acte chanson avec son ami Jacques Pailhès. Roady, factotum, il faisait tout et assurait l'ambiance avec sa bonne humeur, son amour de la poésie, des gens et des enfants... Il avait ensuite monté l'orchestre des Pacifok. Tout son humour était dans ce genre de transgression. Les musiciens de M. Georges (Phil Gatius), de Reg'lyss (Roland Ramade), Michèle Beauclair, Paco, Robert Dray, Elisabeth Pfister, Zawé, Didier Valéry et Papi, ses amis, en savaient quelque chose...
Mais il était d'abord un poto mitan de la communauté kanak de Montpellier. Repère pour les jeunes fraîchement débarqués en Languedoc, malgré son défaut principal (la boisson, un problème plus culturel plus que personnel...), il était un guide, un modèle pour tous ses compatriotes désireux de s'intégrer dans la communauté des Français de France à Montpellier. Tellement qu'il est devenu sans doute le plus montpelliérain des kanaks et son accent su sud, acquis et non surjoué, n'avait même plus rien à envier à tous les occitanistes convaincus (tous ces connards qui le prenaient aussi pour une burne à cause de sa kanakité). La carte des vins de la région Languedoc n'avait aucun secret pour lui, puisqu'il avait su se faire adopter par nombre de viticulteurs à qui il savait toujours apporter sa bonne volonté. Nouma est mort chez ma soeur. Ils n'étaient plus ensemble depuis pas mal de temps, mais il était resté mon beau frère, dans mon coeur. Son corps sera rappatrié à Lifou. Un retour qu'il n'avait pas imaginé, même s'il en rêvait de son vivant. Salut Nouma.

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 17:52
Fillon maître du jeu outre-mer
Jeudi soir, après trois heures de réunion avec une trentaine de parlementaires de l'outre-mer, François Fillon (encadré par MAM et Jégo, supervisé par Biancarelli et Penchard) a évoqué les améliorations de la loi de développement pour l'outre-mer et les 80 euros lâchés par l'Etat pour les salaires en Guadeloupe. Réactions sur le perron de Matignon

Daniel Marsin
Le Premier ministre a pris acte sur le plan de la crise sociale que nous vivons aux Antilles que les choses avançaient et qu’on était sans doute pas loin d’un aboutissement. Mais cette réunion avait pour but, essentiellement, d’améliorer la LODEOM et, de ce point de vue là, le gouvernement a montré que, peut-être parce que la conscience est beaucoup plus forte, l’on pouvait améliorer cette loi en portant l’effort sur le logement social et intermédiaire, l’aide aux entreprises, la continuité territoriale, bref tout un ensemble de sujets sur lesquels le gouvernement est d’accord pour que, au Sénat dès le 10 et à l’Assemblée nationale ensuite, nous améliorions cette loi pour qu ‘elle soit la plus adaptée à nos réalités. En plus des sommes déjà prévues, c’est-à-dire à peu près 1,3 milliard, 150 millions de plus seront affectés à ces réajustements. Nous avons regardé comment, concrètement, on pourrait les répartir. 64 millions seraient réservés à l’aide aux entreprises.
Jeanny Marc
Il était nécessaire après tous les événements qui se sont déroulés entre le moment où cette loi a été présentée et aujourd’hui qu’on revisite à nouveau. Un certain nombre de propositions ont été faites. Il y a des amendements gouvernementaux et nous-mêmes en tant que parlementaires, nous ferons notre travail. Il y a un certain nombre d ‘éléments de la loi Girardin qui ont été laissé de côté et d’autres sont rentrés. Au final, il faudra expertiser…
Victorin Lurel
On a été longuement entendus et avant de venir ici, la Guadeloupe, de manière un peu coordonnée avait d^posé des amendements. Beaucoup seront repris, déposés en commission des lois au Sénat et d’autres portés en discussion publique. Sur les exonérations de charges à la sécurité sociale, la dégressivité sera revue et corrigée. J’espère qu’on retiendra une dégressivité à partir de 2,5 SMIC et qui disparaîtrait au-delà de 3,8 SMIC. Sur l’extension des zones franches globales, notamment aux petits commerces de moins de dix salariés, là aussi, on serait très heureux car les secteurs les plus créateurs d’emplois, c’est encore le commerce ! Pareil pour les îles du Sud. Nous avons demandé aussi un dispositif pour un plan massif pour l’insertion des jeunes, mais aussi les dispositions sur la gouvernance de l’article 72. Ca nous permettrait de contrôler les prix sur les cents familles de produits de première nécessité. Tout cela corrigera significativement l’économie générale du texte que M. Jégo avait présenté. Il a fallu donc cette grande grève générale pour faire entendre mieux la voix des parlementaires qui faisaient jusqu’ici leur travail. Il y a une nouvelle écoute et M. Fillon a été très attentif. Ca se traduit par une amélioration de 164 millions dont 32 pour la Guadeloupe, mais il nous faudra un petit peu plus si on y ajoute la paquet formation professionnelle. On revient un peu à ce que Mme Girardin avait fait. Maintenant que fait-on entre aujourd’hui et l’application de la loi, au mieux en mai ?...
Gabrielle Louis Carabin
La LODEOM est une loi qui va apporter un plus puisqu’on a pris en compte certaines de nos revendications et j’espère que l’ensemble des amendements seront votés à l’unanimité. J’ai eu raison de ne pas voter le budget même si on m’a beaucoup critiquée.  Je suis dans la majorité parlementaire mais quand il s’agit de mon pays, je ne vote pas par idéologie, je vote dans l’intérêt de ma population. J’ai d’ailleurs demandé au Premier ministre que les petits et même les moyennes entreprises qui auront beaucoup de difficultés à se relever que l’on puisse demander aux banques qu’elles acceptent l’étalement de leurs dettes.
Gélita Hoareau
J’ai soulevé la question de la construction de logements sociaux — nous avons plus de 30 000 demandes en souffrance. Ça a été discuté : le logement social et le logement intermédiaire et puis après, d’autre part, nous avons parlé de l’application du RSA. Il y a là possibilité de création d’emplois. Nous attendons bien évidemment le texte au Sénat en amendement pour voir ce qui va en ressortir parce que là, il n’a été question que de paroles. Nous n’avons pas parlé des 80 euros promis par le gouvernement à la Guadeloupe, nous n’avons parlé que de la révision du texte au Sénat.


Alain Tien Liong, président du conseil général
Qu’est-ce que le Premier ministre vous a proposé ?
Suite à la réunion que nous avons eue avec le président de la République la semaine dernière, il était question de voir la possibilité d’améliorer un certain nombre de points dans la loi de développement pour l’outre-mer. Nous sommes dans une démarche de recherche de solutions pérennes et, à notre sens, le recyclage proposé ne peut pas nous apporter ce type de solutions. Si un organisme nécessite d’avoir de la vitamine A, ce n’est pas en augmentant la vitamine C qu’on va régler mes problèmes.
Qu’avez-vous proposé alors ?
Nous avons souhaité nous engager dans la démarche initiée par le président de la République, c’est-à-dire avoir des états généraux qui puissent permettre à la Guyane d’avoir des ressources sur la base de ses matières premières, donc des ressources endogènes. Nous estimons que la question de l’exonération des charges fiscales a fait ses preuves. Ce sont les arguments que nous avons exposés.
Qu'en attendez-vous ?
Tout le mal que nous souhaitons à la démarche du président est que nous puissions aboutir à un système qui nous permette d’avoir ces ressources pérennes.

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 17:50
Deux enseignants et un auxiliaire pour le lycée agricole de Guadeloupe
A l’occasion de leur venue au Salon international de l’agriculture, Michel Barnier, le ministre, et son futur ex-directeur de cabinet, Michel Cadot, ont confirmé à Victorin Lurel que le dossier déposé la veille à Matignon était accepté. Ainsi le gouvernement devrait procéder au recrutement de deux enseignants et d’un auxiliaire d’enseignement pour le lycée agricole. « Comme pour les 19 postes de l’Education nationale, ces recrutements se feront sur liste complémentaire », a indiqué le président Lurel.

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 17:47
Une médaille de bronze pour la belle cabresse
La distillerie Saint-Maurice de Saint-Laurent du Maroni qui produit le rhum agricole La Belle Cabresse, a été récompensée, cette semaine à Paris, au salon international de l’agriculture d’une médaille de bronze dans le cadre du concours général agricole. La Guyane ne concourre que dans une catégorie, celle des rhums agricole blanc à 50 °. Ni ses rhums vieux, ni ses punchs n’ont passé l’épreuve des dégustations. La récompense attribuée à la Belle Cabresse est à souligner, mais seule candidate pour la Guyane, sa médaille de bronze (au lieu de l’or ou de l’argent) montre qu’il y a encore une marge de progrès ! A noter, par ailleurs que cette année, la Martinique a raflé la majorité des prix. Une moisson qui s’explique par le mouvement de grève en Guadeloupe où les producteurs n’ont pu envoyer leurs échantillons de rhums et punchs. Par ailleurs, deux des plus gros producteurs de rhum guadeloupéen avaient annoncé leur intention de ne pas participer au concours général agricole cette année pour protester contre ce qu’ils estiment être un manque de transparence de la part du jury…

Le reste du palmarès
Rhum blanc 50 °
Or : Clement
Argent : Neisson et Saint-James
Bronze : Depaz

Rhum blanc 55 °
Or : HSE et Depaz
Argent : Trois Rivières

Rhums vieux de plus de 4 ans
Or : Clément 10 ans
Argent : HSE très vieux VSOP, Dillon

Rhums vieux 3 ou 4 ans
Or : Dillon
Argent : Neisson 42 °, Depaz
Bronze : JM VSOP


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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 18:07
La danseuse aux grosses fesses
Chantal Loïal rejoint le collectif du chorégraphe belge Alain Platel

La danseuse aux grosses fesses, ainsi qu’elle s’amuse à dire d’elle-même, Chantal Loïal, poursuit une carrière étonnante dans la danse. Après quelque dix années passées auprès de la compagnie Montalvo-Hervieu, elle a dansé pour la dernière fois son rôle dans Paradis au palais de Chaillot, le 13 janvier dernier. Mais elle n’a pas quitté la proie pour l’ombre ! Elle entre dans le circuit international en intégrant le collectif du grand chorégraphe belge, Alain Platel, la compagnie C de la B. Auditionnée en mars 2008, elle travaille à Gand depuis septembre. Ashes, la chorégraphie de Kuhn Augustinen, sera donnée au Théâtre de la Ville du 3 au 14 mars après une première mondiale à Zurich, en février. « J’ouvre la pièce avec un parapluie rouge. La catastrophe a eu lieu… Les cendres m’étouffent... J’étais joyeuse chez Montalvo, là je suis grave… Le prétexte de la pièce, c’est que faire après le 11 septembre, après l’éruption du volcan. La démence, le vaudou, la transe… »
Chantal Loïal est partie de l’univers des danses et musiques guadeloupéennes dans lequel elle a baigné dans ses premières années, et chemine depuis douze ans en Europe dans les pas de la danse contemporaine occidentale.
A la  recherche de nouveaux mondes chorégraphiques, d’ « éprouvés corporels » différents, elle n’oublie pas le patrimoine traditionnel antillais qu’elle veut célébrer avec dignité tout comme a pu le faire la chorégraphe afro-américaine Katherine Dunham en son temps. C’est l’autre facette de Chantal Loïal, celle qui a monté sa propre compagnie, Difé Kako, et ses chorégraphies, Aski paré, Zandoli pa tini pat…

Les Ballets C de la BLes Ballets C de la B, troupe créée par Alain Platel en 1984, est à présent une compagnie se faisant régulièrement acclamer en Belgique et ailleurs. Au fil du temps elle a adopté une structure de plate-forme de travail réunissant plusieurs chorégraphes. Aux côtés d'Alain Platel y figurent Christine De Smedt et Koen Augustijnen ; Hans Van den Broeck et Sidi Larbi Cherkaoui en ont également fait partie. Depuis toujours, Les Ballets C. de la B. tiennent à associer de jeunes artistes talentueux, actifs dans différentes disciplines et venus d'horizons différents, à leur processus de création dynamique. Une espèce de « style maison » se dessine. Il est populaire, anarchique, éclectique et engagé, sous la devise : « Cette danse s'inscrit dans le monde, et le monde appartient à tous. » Une sentence qui semble taillée à la mesure de la danseuse guadeloupéenne.



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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 23:21
Interview de Grégoire Gueden, directeur de l’activité spiritueux au groupe Bernard Hayot
« Pour qu’on puisse négocier avec les entreprises, il faut qu’elles soient en bonne santé »
Vous dirigez les sociétés JM, Clément et Spiridom qui commercialisent à l’export les rhums JM et Clément et ceux du groupe guadeloupéen Damoiseau, soit environ 150 à 200 personnes (en tenant compte du personnel des exploitations agricoles qui produisent la canne à sucre...) A ce stade de la grève, dans quel état se trouvent ces sociétés ?

Elles sont en grave danger. Il faut vraiment prendre conscience que nous sommes dans une situation très grave. Nos salariés ne travaillent pas tant à la Martinique qu’à la Guadeloupe où nos entreprises sont arrêtées. Mais un certain nombre de charges continuent à courir et nous n’avons plus aucune recette. Avec beaucoup de dépense et pas de recettes, la situation passe dans le rouge. Mais encore plus grave, nous avons beaucoup développé nos ventes à l’extérieur pour exporter nos savoir faire (on dit toujours que nous n’exportons pas assez de valeur ajoutée et là on a un produit qui a vraiment de la valeur ajoutée à l’extérieur) et là, on est en train de tuer cette industrie parce que nos activités qui fournissent toute la grande distribution dans l’Hexagone sont arrêtées. Nous n’avons plus de marchandise à vendre et là aussi, ce sont des salariés arrêtés et des charges qui continuent à courir. Je ne vous cache pas qu’aujourd’hui les banquiers ne sont pas prêts à nous donner de nouvelles lignes de crédit.
Dire ça après quinze jours de grève, comme en Martinique, n’est-ce pas excessif, exagéré ?
Mais nous sommes à flux complètement tendus. Nous ne pouvons pas avoir de stock énorme et même si l’activité reprenait demain, il faudra encore trois ou quatre semaines avant que tout reparte et qu’on soit à nouveau approvisionné. Pendant ce temps nos clients en France et à l’international sont complètement arrêtés et le risque c’est que nos produits soient pris ailleurs et donc déréférencés… alors qu’on a eu beaucoup de mal à développer ces marchés.
Vous n’allez pas nous faire croire que des entreprises comme JM, Damoiseau ou Clément sont en phase de disparaître…
Une entreprise qui n’a plus de recettes et qui continue à avoir des dépenses, au-delà de quelques jours, c’est terminé. C’est comme un budget personnel, quand il n’y a plus d’argent sur le compte en banque, les entreprises, elles s’arrêtent et on sait très bien dans quel état sont les banquiers aujourd’hui !
Vous êtes pourtant adossés à un groupe solide, le GBH…
GBH est arrêté pour la moitié de son activité. Il se trouve dans la même situation que nous.
Qu’espérez-vous concrètement ?
Il faut absolument qu’on reprenne le travail, que les gens prennent conscience de ça parce que la situation est dramatique. Quand on ne peut plus payer ses salariés, plus payer ses fournisseurs, on n’est plus livré. Nous sommes dans une impasse très grave. C’est important qu’il y ait de la négociation, mais parallèlement à ça, il faut reprendre le travail. Quand les entreprises seront mortes, ce ne sera plus la peine de venir négocier. Il n’y aura plus rien à négocier… Les entreprises seront à genoux.
N’est-ce pas un contre-feu que vous allumez, un épouvantail que vous dressez ?
Ce n’est pas un contre-feu ou un épouvantail ! La Martinique est arrêtée depuis deux semaines, la Guadeloupe depuis plus d’un mois. Je vais reprendre cet exemple, mais dans un ménage quand il manque un ou deux mois de salaires et bien, on ne termine pas l’année. Dans une entreprise, c’est pareil. Nous vendons des produits agricoles et nous sommes en flux tendu en trésorerie et en marchandise.
Combien avez-vous perdu ?
Il y a eu globalement 100 millions d’euros de perdus en Guadeloupe. Nous pourrons évaluer le chiffre de nos pertes d’ici quelques mois. Mais d’ores-et-déjà, nos clients aux Etats-Unis ont annulé la semaine dernière leur venue en Martinique et ils ne commercialiseront pas nos rhums. Mais plus grave encore, le gouvernement américain a placé nos départements en zone noire, ce qui veut dire qu’ils déconseillent à leurs ressortissants de se rendre en Guadeloupe et Martinique parce qu’ils jugent que c’est trop dangereux.
Vous défendez votre business mais vous vous moquez de la lutte commune contre la vie chère outre-mer ?
Tout le monde est pour une amélioration du pouvoir d’achat que ce soit chez nous ou en France. C’est un problème mondial aujourd’hui. Mais pour qu’on puisse négocier avec les entreprises, il faut qu’elles soient en bonne santé, qu’elles soient vivantes. Négocier avec un mort ne mènera pas loin. Oui pour négocier, oui pour améliorer. C’est normal que chacun défende son bout de pain, mais on n’y arrivera pas en tuant le boulanger qui fait la baguette !

Spiridom en chiffres
Le joint venture Spiridom affichait en 2008 un chiffre d’affaires de 12 millions d’euros avec un bénéfice de l’odre de 3 à 4 %. « Un bénéfice que nous ne faisons que dans les quinze derniers jours de l’année et qui nous sert à financer le lancement des marques dans de nouveaux pays comme la Chine ou l’Inde », selon M. Gueden qui emploie  47 personnes chez Clément et la société agricole Bamaryl, 70 personnes chez JM dont une cinquantaine d’ouvriers agricoles et 23 personnes chez Spiridom à Paris, aux Etats-Unis et en Chine. Les employés de Damoiseau SA sont une trentaine. Spriridom exporte 100 000 bouteilles aux Etats-Unis, 1,3 millions en France et 200 000 en Europe et Asie (7 000 en Chine).

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