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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 22:13
L’ODEADOM fête ses 25 ans au salon de l’agriculture
L’Office de développement de l’économie agricole d’outre-mer (ODEADOM) fête cette année ses 25 ans d’existence. « L’office est passée d’une structure charpentée autour de la banane et de la canne à la diversification pour atteindre un but d’actualité : apporter production et aliments à la population locale », explique le directeur de l’ODEADOM, Paul Luu. Et si la banane est le produit numéro 1 à la Martinique et le sucre le numéro à la Réunion, la Guadeloupe est parvenue à se répartir quasiment en trois tiers, canne, banane et diversification animale et végétale dont une partie destinée à l’exportation de niche comme le melon, l’ananas ou les fruits tropicaux. Dans ces 25 années, la part de l’agriculture dans le PIB a chuté (2,5 % dans l’Hexagone et 3,5 % outre-mer. La perte en emploi a été de 9 % outre-mer (un ratio supérieur à celui national, même si le phénomène d’érosion reste comparable). C’est la professionnalisation qui est remarquable sur cette période. Ainsi la banane est passée de 6 à 3 groupements et si l’industrie sucrière est restructurée depuis plus longtemps, les efforts portent leurs fruits dans les filières de diversification. En Martinique et à la Réunion, la grande distribution est devenue adhérente de l’interprofession animale ! La filière diversification végétaux est moins organisée mais après la crise du melon l’an passé, l’intérêt du regroupement se fait sentir et l’on parle enfin d’une interprofession en Guadeloupe…
Il y a 25 ans, l’ODEADOM et ses cinq employés ne payaient que quelques 10 millions d’euros d’aides nationales, aujourd’hui, ils sont 39 et payent 6 ou 7 millions d’aides nationales et 260 millions d’aides communautaires. Un chiffre qui sera à son summum en 2009 avec 275 millions grâce à l’amélioration de l’enveloppe dédiée à la filière sucre.
L’ODEADOM et les chambres d’agriculture réfléchissent sur la valorisation de notre sucre pour qu’il ne soit pas que blanchi et indifférencié dans des raffineries en Hexagone au détriment d’une production de terroir valorisé. Quant aux prix des bananes antillaises aux Antilles, plus chères qu’en France, Paul Luu a mis en cause le petit nombre d’opérateurs mûrisseurs dans les DFA et la taille de nos marchés locaux. Sur le fond du conflit qui touche les Antilles et les DOM en général, Eric Nelson, président de l’office, pense que « l’agriculture ultramarine ne pourra sortir que fortifiée de ce qui s’est passé », à l’instar de ce qui s’est passé avec Dean et la banane.

La Martinique toute en sobriété au salon de l’agriculture
Le président de la chambre d’agriculture, Louis-Daniel Berthomme, et Patrick Jean-Baptiste ne viendront peut-être pas jeudi comme prévu au salon international de l’agriculture à Paris, mais la chambre d’agriculture est bien présente à la porte de Versailles avec le comité du tourisme. « On n’a pas eu de souci de transport pour les personnes ou les marchandises », signale Miguelle Hilaire, chargée de mission à la chambre. Cinq exposants et quelque 10 tonnes de matériel ont été installés au hall des régions de France. « Il fallait montrer que la Martinique n’est pas morte. Nous avons des ressources et nous devons les présenter, poursuit Mme Hilaire qui avertit toutefois que, compte tenu de ce qui se passe en Martinique, la voilure a été réduite pour ce qui est des animations. « On a annulé la parade carnavalesque qui devait arpenter tout le salon par égard pour ceux qui sont dans la rue. »

Présence guyanaise, modeste et géniale
Christian Epailly, l’instigateur du retour de la chambre d’agriculture au salon international de l’agriculture qui se tient cette semaine à Paris, a misé sur un concept économe mais attractif. Le stand carré odfre quatre faces qui permettent de montrer les fleurs, les liqueurs et les jus, les rhums et punchs bagnards, les confitures et les fruits. Ils sont venus à trois exploitants. M. et Mme Laukeu et M. Tcha. Didier Tcha, producteur de fruits et légumes à Régina réussit à attirer le chaland en offranr à la dégustation des fruits que l’on méconnaît dans l’Hexagone comme le parepou ou le rambutan. En tout, la chambre a fait venir 17 colis, soit 4 tonnes de produits pour l’opération. Il y avait bien sûr aussi du couac, introuvable à Paris. « Pour exporter le couac, il faudrait revoir à la baisse les prix du fret aérien », observe M. Tcha.

Interview d'Alain Gayadine, administrateur de la chambre d’agriculture de Guadeloupe
« Malgré les événements, la chambre a tenu à être là »
La Guadeloupe est présente au Salon international de l’agriculture, c’est un déplacement qu’il fallait faire malgré la grève ?
Oui, car il y a des enjeux pour notre production et des idées à faire passer comme changer l’image de l’agriculture guadeloupéenne. Au niveau international, nous sommes toujours perçus comme un pays qui produit essentiellement du sucre et de la banane alors qu’il y a une agriculture guadeloupéenne destinée au marché intérieur à côté des ces grandes productions et il faut la faire connaître. Malgré les événements, la chambre d’agriculture a tenu à être là pour faire passer ces différents messages.
Vous n’avez pas eu de difficultés pour faire venir tous les produits à Paris ?
Ca a été un peu plus difficile que par le passé mais ça n’était pas impossible. La preuve, on est arrivé à faire venir notre conteneur de produits et d’échantillons. Et tous les exposants sont là, autour du café, du rhum, de la banane, de la fleur…
Combien d’exposants sont venus ?
Nous sommes une petite dizaine et nous représentons presque toutes les filières. Seule la filière animale n’est pas représentée, mais il y a le stand de la chambre qui est un peu l’échantillon représentatif de l’ensemble.

Les visites des huiles
Le président Sarkozy n’est resté qu’une paire d’heures au salon, samedi, et n’est pas passé par le hall où se tiennent les stands d’outre-mer (il doit en avoir marre en ce moment…).
Si Yves Jégo est attendu ce mardi 17 h 30, piloté par M. Stoumboff, le conseiller outre-mer du ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, nous précise-t-on, cette visite ne figurait pas à l’agenda public du secrétaire d’Etat hier soir. Le ministre de l’Agriculture est attendu pour la remise des prix du concours général agricole (on se demande encore qui y sera…), vendredi après-mid. Quant à Michele Alliot-Marie, pressentie au même moment, elle n’a  pas encore confirmé sa venue.

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 09:19
Michel Cadot va diriger le cabinet de MAM
Les anciens administrateurs de la Martinique au sommet de l’Etat.
La ministre de l’Outre-mer et de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a recruté comme directeur de cabinet en remplacement de Michel Delpuech, l’ancien préfet de Martinique, Michel Cadot. Celui-ci qui était jusqu’alors directeur du cabinet du ministre de l’Agriculture Michel Barnier, va renforcer une équipe fragilisée par le départ du conseiller outre-mer Marc-Etienne Pinauldt en partance pour la sous-préfecture de Lhaÿ-Les-Roses (94). Michel Cadot, alors qu’il était en Martinique, avait pour directeur de cabinet Olivier Biancarelli (actuel conseiller du président de la République) et comme secrétaire général Laurent Prévost (aujourd’hui directeur de cabinet d’Yves Jégo). La « dream team » des administrateurs de la Martinique est reconstituée alors que les Antilles traversent une des plus grandes crises qu’elles n’aient jamais connue. On murmure qu’il aurait été nommé à la tête du cabinet de MAM pour serrer un peu la vis. Du LKP ? ou de MAM ?
Parcours martiniquais
Michel Cadot est arrivé en Martinique en 2000 sur les cendres chaudes de la grande grève de la banane qui avait duré 52 jours (1998-1999), et après la grande secousse autour du conflit Toyota. C’est alors que Roger de Jaham avait demandé au Premier ministre Lionel Jospin un préfet capable de rétablir l’ordre. A son arrivée, la Martinique entame une série de tables rondes sur le dialogue social. Il a la réputation d’être un homme mesuré, d’écoute et de consensus. Les hommes politiques martiniquais lui ont accordé de leur côté une écoute extraordinaire. Il était là quand Aimé Césaire a passé la main à Serge Létchimy et a vécu les temps forts de la gestion de la première équipe Marie-Jeanne à la Région. Ce grand commis de l’Etat qui a débuté sa carrière administrative à la fin des années Giscard a toujours été attentif à la gestion de ses directeurs de service, leur recommandant de ne pas s’impliquer dans les affaires politiques locales ou de ne pas rester cabrer sur leurs prérogatives administratives. Son passage chez Barnier lui a permis de garder des contacts serrés avec les Antilles qu’il était revenu voir après le passage de Dean. On dit aussi qu’il entretient de très bonnes relations avec Antoine Karam, président de la Région Guyane.

Et Xavier Muscat à l'Elysée
François Pérol quitte son poste d'adjoint au secrétariat général de l'Elysée pour prendre la tête du nouveau groupe Caisse d'Epargne-Banque populaire. Pour le remplacer, un homme venu de Bercy, Xavier Muscat, jusque là directeur général du Trésor.

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22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 20:32
Echange entre Patrick Karam et Elie Domota sur France 5
Invité de l’émission de Paul Amar, Revu et corrigé, ce week-end sur France 5 (en même temps que Claudy Siar et Philippe Lavil), Patrick Karam, délégué interministériel à l’égalités des chances des Français d’outre-mer, a profité de l’intervention téléphonique en direct d’Elie Domota pour l’interpeller : « Elie Domota est le secrétaire général de l’UGTG, le mouvement qui structure LKP et qui a dans sa feuille de route l’aspiration à l’indépendance. Le président de la République a mis sur la table une évolution institutionnelle, de quoi avez-vous peur M. Domota ? ». Réponse du leader de LKP : « Je ne savais pas que je venais en terrain miné… Je ne suis pas venu faire de la politique politicienne avec M. Karam. M. Karam parle de l’UGTG alors que je suis porte-parole de LKP et au sein de LKP il y a des gens du même bord politique que M. Karam. La plateforme de LKP ne pose pas le problème ni de l’évolution statutaire, ni de l’indépendance nationale. La seule chose que le LKP demande, c’est qu’on puisse répondre sur la plateforme de revendications et notamment l’augmentation de salaires. »

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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 20:26
15 000 personnes avec les Antilles entre République et NationSamedi, entre 14 et 19 heures, 15 000 personnes (selon les organisateurs) ont défilé entre la place de la République et la place de la Nation à Paris pour soutenir le mouvement conduit par LKP en Guadeloupe mais aussi ceux de la Martinique, de la Réunion et de la Guyane. Derrière une foule d’Antillais, la CGT et les partis d’extrême gauche ont renforcé ce que les organisateurs ont baptisé Continuité Lyannaj kont pwofitasyon. La mainfestation s’est déroulée sans incident.



Peu nombreux, masqués et très jeunes, les porte-banderolles de la fédération anarchiste étaient là tout comme Alternative libertaire.

La doyenne des candidats à l’élection présidentielle, Arlette Laguiller, et les troupes de Lutte ouvrière se sont solidarisés des Antillais en lutte.


15 000 selon les organisateurs, 5 000 selon d’autres observateurs… D4zautres manifestations de soutien se déroulaient également à Marseille, Lyon ou Nantes.


























Très présente la CGT, et notamment sa section des impôts, a rendu un hommage appuyé à Jacques Bino, leur collègue et camarade qu’on portait en terre ce même jour à Petit-Canal.


Choukaj Mas Paris, groupe culturel inspiré d’Akiyo, est une des organisations qui se mobilise le plus depuis le début du mouvement. A côté du pas martial des syndicats et partis d’extrême gauche, ils ont apporté leur touche festive, carnavalesque et identitaire au son du ka.

Aperçu dans la foule, le président de la fédération européenne d’outre-mer (FEUDOM), un ancien co-président du Collectifdom, Charles Dagnet. Il était cette fois, sans Claude Ribbe, retenu par le tournage du Général Dumas.

Daniel Dalin, Régine Privat, Frédéric Bulver et Olivier Ozier-Lafontaine, du Collectifdom. Ils appellent déjà à une nouvelle manifestation le 28 février, sur le même parcours.


La comédienne guadeloupéenne Firmine Richard, toujours présente, a rejoint la tête du cortège.

















La Guyane s’est rappelée au bon souvenir des Parisiens !


Le délégué général à l’outre-mer de la mairie de Paris, proche collaborateur de Bertrand Delanoë, le Martiniquais Jean-Claude Cadenet était là aussi.





















La députée de Guyane, Christiane Taubira, le comédien Jean-Michel Martial et la conseillère PRG du conseil régional d’Ile de France, Jeannine Maurice-Bellay.


Olivier Besancenot était en Guadeloupe, mais Alain Krivine représentait le NPA (Nouveau parti anticapitaliste) à la manif…






















Une pancarte pour rappeler ce qu'a dénoncé le leader de la CTU (Centrale des travailleurs unis), Alex Lollia.

Le porte-parole du CRAN, l’universitaire martiniquais, Louis-Georges Tin (au centre).
Luc Saint-Eloy, réalisateur et comédien, a largement participé à l’organisation de cette manifestation. Il répond ici aux questions de la chaîne franco-africaine du Net, LC2.
Une manifestante arbore un badge aux couleurs de Ségolène Royal (qui, elle, se trouvait à Pointe-à-Pitre).
La comédienne Mariann Mathéus (à gauche) et (à droite), le réalisateur Antoine Léonard-Maestratti (L’avenir est ailleurs, coréalisé avec Michel Reinette)

Une passionaria le bras levé et, derrière elle, un manifestant qui joue de la conque à lambi… Le souffle des Antilles !

Rien n’a été négligé, jusqu’aux écarts de prix entre les Antilles et l’Hexagone.

Après Lutte ouvrière et le NPA, encore un parti d’extrême gauche, le parti ouvrier indépendant.


Un photographe de la CGT, handicapé, astucieux et débrouillard !
























Ils auraient voulu être plus discrets, mais rien à faire avec leurs oreillettes... Les RG (deux policiers de dos, un de face) restent les RG ! même si leur direction a changé de nom !


Un collectif de soutien aux sans papier est venu apporter lui aussi son soutien au LKP.

























Des pancartes pour parler de son long silence ou pour moquer sa gestion de crise, Sarko a été bien brocardé !
























Elle était en Guadeloupe en début de semaine dernière , puis à Cayenne mercredi pour manifester et jeudi à l’Elysée. Christiane Taubira était la vedette de cette manifestation parisienne.

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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 11:10
Karoutchi confirme la LODEOM le 10 mars au Sénat
Le secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement Rocher Karoutchi, a confirmé, vendredi à Paris, que le projet de loi pour le développement économique de l’outre-mer (LODEOM) « est inscrit au 10 mars au Sénat et ne sera pas reporté ».
Il a ajouté qu’il y aura « un certain nombre d’amendements du gouvernement pour le rééquilibrer par rapport à la situation ». Le ministre a souligné que « le calendrier parlementaire est tellement chargé que si l’on décale ce sera pour deux mois. On ne peut donc pas attendre ». La lecture par l’Assemblée nationale devrait intervenir en avril.
Un autre texte sera examiné « à l’automne » pour les Départements d’Outre-Mer, a conclu Rocher Karoutchi. Mardi, devant la commission des finances du Sénat, le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer Yves Jégo avait envisagé le mois de juillet. Ce nouveau projet de loi aurait pour objectif de s’attaquer aux « problèmes structurels ».
DM

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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 00:27
Réunion de crise au Château
« La question de l’évolution institutionnelle n’est pas un tabou », a déclaré le président Sarkozy.
De tous les représentants de l’outre-mer invités hier à l’Elysée, seuls Eric Jalton (PS Guadeloupe) et Paul Vergès (PC Réunion) manquaient. Alfred Marie-Jeanne (MIM Martinique) a tout juste lâché en arrivant : « Sachez que j’ai failli ne pas venir... » Autour du président, François Fillon, Michèle Alliot-Marie, Yves Jégo et Patrick Karam. Près de 3 heures de huis-clos au cours desquelles Nicolas Sarkozy a présenté son plan. Il a d’abord évoqué le contexte de la crise, « crise identitaire et donc politique ». Pour répondre à l’urgence, il a annoncé que « l’Etat est prêt à exonérer de toute cotisation sociale l’augmentation qu’accorderaient les entreprises des DOM à leurs employés sous forme d’une prime… » Le président estime que « nous sommes arrivés à la fin d’un cycle historique en outre-mer… » Dès ce vendredi, le Premier ministre réunit à 14 h 15 une réunion interministérielle dédiée à l’outre-mer et, « dès le calme revenu », d’organiser dans chaque collectivité des etats généraux. « J’ouvrirai moi-même ce cycle de consultations locales en me rendant à la Guadeloupe… » Au mois de mai, une première synthèse sera examinée par le conseil interministériel de l’Outre-mer pour arrêter « un vaste plan de modernisation de l’outre-mer et de sa relation avec la métropole ».
Bien sûr, Nicoals Sarkozy a abordé la LODEOM et ses améliorations, le pouvoir d’achat et la gouvernance de l’outre-mer. La liste des secteurs prioritaires des zones franches sera complétée, le dispositif d’exonération des charges sociales sera aménagé pour favoriser l’emploi des jeunes et l’encadrement intermédiaire. Le Gouvernement s’engage à apporter un supplément de 150 millions d’euros. Sur les prix, , il a déclaré : « L’Etat jouera son rôle pour renforcer et développer la concurrence » (carburant et grande distribution sont ciblés). Au total, il a souligné un effort de l’Etat de 580 millions d’euros pour les 4 DOM dont 280 au titre du RSA. Mais c’est sans nul doute sur la question de la gouvernance que Nicolas Sarkozy a surpris : « La question de l’évolution institutionnelle n’est pas un tabou. »

Ils ont dit
Victorin Lurel : « Dès lors que la crise salariale sera dénouée, nous sommes d’accord pour réunir le Congrès que certains demandent et même la consultation référendaire. Le président y a accédé par avance puisqu’il a parlé en premier. Sur l’aspect économique, il a fait une proposition : toute augmentation que les patrons feront seront exonérées de charges ; la révision du calcul du RSA et de la prime pour l’emploi. Lorsqu’on cumule les deux, on se rapproche des 200 euros demandés. Cela, jusqu’à 1,3 SMIC. A 1,4 SMIC, ce sera 3 % d’augmentation à discuter dans les entreprises. Ca me paraît une piste intéressante pour parvenir à un accord interprofessionnel salarial. Mais si le mouvement doit se poursuivre, je voudrais que l’on retrouve le style du début : la non-violence, les foules imposantes, dignes, qui défilent sans entraves, sans couper nos arbres, ni brûler nos maisons… En tout cas, s’il faut aller au-delà de la départementalisation, c’est nous qui le déciderons. Si le peuple guadeloupéen a l’impresion qu’on lui a balancé ça pour le larguer, je peux vous dire qu’il réfléchira à deux fois. »

Jacques Gillot : « Il y a des avancées. On a de quoi permettre maintenant aux deux parties de se mettre autour de la table et trouver un accord. On est à peu près autour de l’accord que Jégo nous avait présenté. Il  y a un accord quasi unanime sur la nécessité d’une évolution institutionnelle. Entre Lurel et moi, nous n’avons eu qu’un problème de calendrier… L’ouverture que fait aujourd’hui le président de la République, c’est dire que la balle est dans nos mains. Car c’est vrai autour de ce conflit social, il y a un conflit identitaire et politique qui demandent des réponses et l’évolution statutaire et institutionnelle est une réponse politique. Nos institutions ne répondent plus à la demande. »

Christiane Taubira
(porte-parole pour les élus de Guyane) : « Ce qui est satisfaisant, c’est, incontestablement, le temps que le président de la République a pris pour traiter de ces problèmes puisque nous avons pu nous exprimer le temps que nous l’avons souhaité. Nous, élus Guyanais, travaillons ensemble sur ces questions depuis plusieurs mois et nous allons nous inscrire dans ces états généraux où nous allons rappeler toutes les revendications que nous avons posées, à la fois sur les questions matérielles immédiates de cadre de vie, mais aussi sur le statut de nos territoires, leur architecture institutionnelle, la nécessité de mieux partager les responsabilités entre le pouvoir d’Etat et le local, sur la nécessité de nous réancrer de manière plus efficace, aussi bien sur le plan économique que culturel, dans nos bassins régionaux. C’est-à-dire d’avoir avec les pays voisins, non pas des réactions défensives, mais bien des relations de coopération et de codéveloppement. Tout cela a été posé. Nous verrons avec ces états généraux, s’il y a une réelle intention du gouvernement d’avancer sur ces terrains important spour l’avenir et, sur lesquels, si on se met à bricoler, ça se verra très  très vite ! Ce qui va calmer les tensions, c’est que les gendarmes ne chargent pas les gens ! Je rappelle que ça fait un mois que le LKP a organisé une grève générale et qu’il n’y avait pas d’incidents en Guadeloupe. Les incidents n’ont commencé que lundi… Ce qui va ramener le calme c’est que le rapport avec l’Etat ne soit pas un rapport de répression comme il l’a été dans toute l’histoire de la Guadeloupe. Il faut que l’offre faite aujourd’hui par le président de la République soit une base de négociation qui permette de voir quel est le positionnement de LKP. »

Alfred Marie-Jeanne : « Le président de la République a défini les contours de la situation telle que nous la vivons actuellement. Il a reconnu qu’il y avait crise mais on lui a répondu que même s’il n’y avait pas de crise mondiale, et c’est l’expression que j’ai employée, la situation en Martinique aurait pété. C’est une accumulation, une résultante des insuffisances passées, du mépris avec lequel on nous a traités par moment. Et puis le fait que nous ayons des gens formés et qui ne trouvent pas d’emploi, tout ça fait un mélange détonnant. Sa proposition de faire des états généraux dans nos différents pays doit donc nous permettre de débattre de tous ces problèmes, y compris des problèmes de l’évolution institutionnelle. Nous attendons ces états généraux, non pas pour nous exprimer. On l’a déjà fait ! Mais je ne pense pas que ça soit en mesure d’arrêter maintenant la grève car il y a une demande de résultats immédiats et concrets or, il n’y aura pas de résultats tangibles immédiatement. »

Gabrielle Louis-Carabin
: « Nous avons vraiment pu poser la question de la crise qui sévit actuellement en Guadeloupe depuis plusieurs semaines et, effectivement, il y a eu des approches sur les suppressions de charges sociales et qu’il reste à mettre tout ça en forme. Nous savons que le Premier ministre a pris l’engagement d’écrire à tous les syndicats du LKP pour leur faire part de ces propositions. Le président de la République nous a parlé aussi de l’équité sociale, de la crise identitaire et nous a proposé dans les trois mois qui viennent de faire des états généraux. Le président viendra, accompagné du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur, de manière, puisque la question institutionnelle se pose, à nous préparer à interroger nos populations. »

Jeanny Marc
: « Nous avons procédé à un large balayage des différents problèmes posés et sur la question nodale du salaire, il y aura encore quelques discussions à avoir, ; mais c’est en bonne voie. Ce qui est le plus important, ce sont les états généraux qui seront organisés pour prendre en compte les problèmes d’emploi, de production locale… »

Serge Létchimy : « Une implication à ce niveau-là était fondamentale. Les Guadeloupéens et les Martiniquais ont montré qu’ils étaient capables de se mobiliser pour poser de vrais problèmes et chercher par eux-mêmes des solutions. Et dans la configuration actuelle constitutionnelle, je regrette que cette réunion se fasse à Paris pour chercher des solutions. Il y a des propositions qui sont faites notamment sur l’aide aux petits salaires, mais il faut encore vérifier que le système proposé fonctionne correctement et que le système de combinaison des exonérations de charge avec la modification du RSA permette d’assurer une pérennité. La deuxième chose, ce sont les états généraux dans chaque département. Je considère que le niveau d’humiliation, de mal-développement, et surtout, les systèmes des modèles constitués sur les stigmates de la colonisation sont suffisamment puissants pour que ces états généraux ne soient qu’une étape pour encore modifier les choses. Mais il faut encore aller beaucoup plus loin pour changer ce système là et faire en sorte que la France apprenne à modifier ses relations et permette l’expression d’un droit à la différence, respectant l’être humain, notemment le Martiniquais, le Guyanais, le Guadeloupéen et le Réunionnais. »

Didier Robert : « Le président de la République a pris l’exacte mesure de la situation en prenant déjà l’initiative de réunir l’ensemble des parlementaires et des élus des collectivités locales d’outre-mer. Pour la première fois, on s’attaque à la fois aux questions liées au développement économique et en même temps en évoquant un volet social. Le volet institutionnel a été évoqué, mais je pense que c’est surtout un débat qui aura lieu dans chaque territoire. J’espère que tout cela va permettre la fin de cette crise, en tout cas, un retour au calme et à la raison pour que l’on puisse se mettre au travail. Le président s’est engagé à rencontrer les populations d’outre-mer dans leurs différentes régions dans un calendrier très serré. »

Anne-Marie Payet : « Ca s’est très bien passé. Moi, je suis arrivée avec beaucoup de questions et j’ai eu toutes les réponses que je souhaitais. Il y a des choses qui vont être appliquées immédiatement, en urgence, et d’autres qui seront appliquées à moyen terme. »

ECHOS
Jégo déçu
« J’ai appris à connaître Fillon », a lâché Yves Jégo hier matin à Matignon qui est convenu qu’il a failli sauter quand Laurence Parisot a appelé Fillon. Il a été déçu…
Desforges se marre
Appelé par l’Elysée, le préfet de Guadeloupe a parlé de situation « apocalyptique ». Interrogé sur un engrenage éventuel, il a répondu qu’il ne le souhaitait pas, ni à titre professionnel, ni à titre personnel, avant de se marrer. Lui, il aimerait bien être rappelé !
Souvenir d’Estro

A l’Elysée encore, on se dit que la suppression du cabinet militaire et des bureaux d’études n’était pas une bonne idée et que leur travail aurait pu les aider dans cette crise. Quand on pense qu’Estrosi les avait fait fermer car il craignait que les barbouzes se renseignent sur ses histoires de fesses…
Karam démonétisé
Patrick Karam ne semble pas dans le cœur d’Yves Jégo qui a parlé du délégué, hier matin, comme d’une valeur « démonétisée ». Aujourd’hui, on se demande lequel a le plus de valeur aux yeux de Sarko… qui a fait des yeux de biches à Karam pendant la réunion de l'Elysée !

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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 19:58
Martine Aubry reçoit les parlementaires d’outre-merLe premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a reçu, hier soir au siège du Parti, rue de Solferino à Paris, des parlementaires de la Guyane (Chantal Berthelot, Jean-Etienne Antoinette et Georges Patient), de la Réunion (Jean-Claude Fruteau et Patrick Lebreton), de la Martinique (Claude Lise, Serge Larcher, Louis-Joseph Manscour, Serge Létchimy et Catherine Neris) et de la Guadeloupe (Jeanny Marc). Autour de Martine Aubry, avaient pris place Jean-Pierre Bel, président du groupe socialiste au Sénat, Jean-Marc Ayrault, son homologue de l’Assemblée nationale, et les députés Christian Paul et Jérôme Cahuzac rentrés de leur mission aux Antilles. Une réunion préparatoire à celle qui doit avoir lieu ce soir entre les mêmes parlementaires (avec ceux de la majorité) et Nicolas Sarkozy. Auparavant, Martine Aubry s’est entretenue une heure au téléphone avec Victorin Lurel qui lui a fait un point complet de la situation. Ce dernier n’a pu venir en raison de la fermeture de l’aéroport Guadeloupe Pôle Caraïbes avant-hier mais a indiqué qu’il serait à l’Elysée. La direction du PS s’est montrée longuement à l’écoute des problèmes de l’outre-mer tout en mettant en garde nos parlementaires. « Il ne faut pas tomber dans le piège de Sarkozy résume un des participants. Le président va écouter tout le monde demain et en faire une opération de communication. »

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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 19:34
Réforme de France Télévisions : les Ultra-marins à l’outre-mer
Dans le cadre de la réforme de France Télévisions, visant à transformer le groupe audiovisuel public en une entreprise commune, son président, Patrick de Carolis, a créé depuis octobre 2008 un comité exécutif du groupe composé de sept directeurs de projets. Le 11 février, ils ont procédé à la nomination à la tête de 32 secteurs d’un coordonnateur ou, dans le cas de l’Outre-mer, d’un binôme. Ainsi, pour les réseaux régionaux métropolitains et ultramarins, secteur piloté par Geneviève Giard (elle vient de la direction générale de F3), le volet outre-mer mentionne Luc Laventure, directeur de antennes TV de RFO, et Liliane Francil, directrice régionale de RFO Guyane, coordonnateurs des contenus régionaux, Michel Kops, directeur régional de RFO Polynésie française et Luc de Saint-Sernin, directeur du réseau Télé Pays de RFO, coordonnateurs de la fabrication régionale, Eric Baraud, administrateur régional de RFO Réunion  et Laurence Mayerfeld, directrice de la coordination et du développement des régions RFO, coordonnateurs de la gestion régionale, Gora Patel, directeur des antennes radio de RFO et Christiane Poedi, directrice des antennes radio de RFO Nouvelle Calédonie, coordonnateurs de la radio. En outre, Luc Laventure rejoint un groupe de travail spécifique sur les missions des antennes, placé sous l’autorité de Patrice Duhamel. Seul issu de RFO à prendre une responsabilité transversale, Yves Garnier, actuel DG, s’occupera de l’administration de la production et les moyens des antennes, tandis que son prédécesseur, François Guilbeau, s’occupe du secteur technologies et fabrication. Ces nominations sont déjà commentées dans les couloirs de RFO à Malakoff (Hauts-de-Seine). « On  a concentré les gens de RFO dans un ghetto… Personne de l’outre-mer n’a été nommé à un poste de responsabilité transversale », se plaint un cadre de la chaîne.

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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 19:22

Création du conseil interministériel de l’outre-mer

Le Premier ministre a présenté un décret portant création du conseil interministériel de l’outre-mer. La création de ce conseil répond au vœu du Président de la République. Il aura pour rôle principal de définir des orientations stratégiques pour l’outre-mer, notamment en matière de développement économique, social, culturel et environnemental. Il s’assurera également de la définition et de la mise en œuvre de politiques publiques adaptées aux spécificités des collectivités d’outre-mer, ainsi que de leur évaluation. Sous l’autorité du Président de la république, il réunira périodiquement les membres du Gouvernement concernés par la mise en œuvre des politiques publiques menées outre-mer. Il pourra faire appel à toute personnalité qualifiée susceptible d’éclairer ses travaux.

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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 19:33
Interview Jerôme Bédier, président de l’UESL
Le président de l’UESL a été appelé à venir renflouer la SA HLM de Guyane en péril. Il explique ses réticences à avancer 85 millions d’euros.
« Faut pas mettre de l’argent à fonds perdus »
Vous refusez de mettre la main à la poche pour la SA HLM de Guyane, pourquoi ?

On n’a pas refusé d’investir de l’argent, on a dit simplement que le plan de redressement qui avait été préparé était un plan extrêmement coûteux puisqu’il prévoyait de mobiliser 85 millions d’euros, pour 4 000 logements, ce qui est considérable ! De plus, la SA HLM n’étant pas revenu à l’équilibre, on aurait donné beaucoup d’argent à une société qui en perdrait encore.
Que proposez-vous alors ?
Refaire, et c’est en cours, un vrai plan de redressement et revoir tous les moyens de ramener à l’équilibre la SA HLM de Guyane. Faut pas mettre de l’argent à fonds perdus.
Comment faire payer les loyers, puisque c’est ça le problème principal ?
Si on est en face d’une structure qui est par définition déficitaire, il faut trouver d’autres moyens de la financer.
Que vous faut-il pour investir ?
Dès lors qu’on sera en face d’un vrai plan de redressement, on est prêt à voir comment les moyens du 1 % logement, qui sont ceux de tous les autres CIL français, vont être mobilisés pour la Guyane.
Qui pourrait vous accompagner dans l’actionnariat ?
Nous ne prenons pas de position aujourd’hui sur qui doit être le nouvel actionnaire. Nous disons simplement aux actionnaires actuels et aux candidats qu’ils doivent jouer leur rôle d’actionnaires, c’est-à-dire qu’ils puissent prendre en charge le fonctionnement de l’entreprise et son redressement de manière opérationnelle.

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