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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 20:56
La saison créole de Jacques Martial à La Grande Halle de la Villette
En exclusivité pour la presse d’outre-mer, Jacques Martial dévoile sa première programmation à la Grande Halle de la Villette qu’il préside depuis 2006.

« Il va se passer quelque chose de pas neutre ni anecdotique : un établissement public national met des moyens pour parler d’un monde qui
nous concerne. » Le fil rouge de la politique culturelle voulue par Jacques Martial, président de la Grande Halle de la Villette, c’est la « saison créole ». Le temps fort de cette saison, c’est « Kréyol factory », un concept où l’orthographe créole a été vérifiée par Maryse Condé ! La scénographie de l’exposition est conçue comme un ensemble de sept vagues définissant les différents espaces d’expositions.
Chacune rassemble des artistes des quatre DOM, de la Jamaïque, de Porto-Rico, Haïti, Saint-Domingue, Trinidad, Maurice. Sept vagues pour sept thématiques : Traversées, le trouble des genres, l’Afrique communauté imaginée, Noir comment ?, des îles sous influences, les nouveaux mondes, chez soi de loin. Deux ans de travail : quarante personnes sont allées à la recherche des œuvres et 220, en tout, pour œuvrer à cette saison qui débute le 7 avril par Kréyol factory qui dure trois mois. « Qu’est ce que la France aujourd’hui ? », interroge Jacques Martial qui veut entrer dans le débat avec cette saison créole et la question qu’elle pose sur la réalité ultramarine de la France et de l’Europe. Cette exposition sera le témoin de ces mondes et du rapport que nous-mêmes ultramarins avons avec le reste du monde. Yolande Bacot (à côté de Jacques Martial sur la photo), commissaire de l’exposition, pense avoir évité l’écueil du communautarisme : « C’est un questionnement sur les identités caribéennes et indo-océaniques qui prend la forme d’une expo rassemblant des œuvres, des  photos et des documents audiovisuels de caractère documentaires. Il ne s’agit pas d’un face à face entre la France et ses anciennes colonies ni d’un catalogue géographique. » Confiant, Glissant, Condé, Walcot… ont été convoqués à travers leurs écrits pour poser la base scientifique, le soubassement intellectuel du concept de Kréyol factory.Identités créoles
Il s’agit de montrer les trois dimensions de l’identité créole (Africaine, européenne et celle des nouveaux mondes, espaces de créolisation). Ainsi les œuvres rassemblées conduisent en leur vague-espace particulière la réflexion sur l’héritage tragique de la traite et de l’esclavage. « La Villette n’est pas un lieu d’expression ultramarin, mais il nous faut irriguer nos programmations en intégrant les territoires, les artistes, les penseurs de toutes nos régions, précise Jacques Martial. Il est urgent d’aborder ces questions dans la perspective d’être présent à travers les grands rendez-vous de la Villette. » Pendant l’exposition, la saison créole accueillera également trois week-ends intitulés Mizik factory et une rencontre littéraire. Par ailleurs, les rencontres de la Villette en avril, le cinéma en plein air et les scènes d’été, en juillet et août, prendront aussi des couleurs créoles. En octobre, une programmation de spectacles vivants clôturera cette saison créole, la première de La Villette, signée Jacques Martial.
Photos : RDG
Du 7 avril 2009 au 5 juillet 2009 à la Grande Halle de La Villette


Une investigation muséographique
Cette exposition d’art contemporain dédiée à Aimé Césaire et installée sur 2800 m2. Soixante artistes, 85 œuvres d’art plastique et installations, 250 photographies et un espace documentaire. Son propos est de questionner du point de vue de l’imaginaire collectif et des identités, ce qui est commun et spécifique à des espaces qui ont été peuplés par la traite, l’esclavage et l’engagisme et qui ont connu diverses modalités de colonisation.
The big one world de Peinado
De quelle couleur est un pneu ? Pourquoi le bidendum de Michelin a-t-il été toujours été blanc alors qu’il est fait de pneus issus du latex cultivé en Afrique ? Bruno Peinado, par l’humour et le gag lance la réflexion. C’est ce qu’on appelle l’art conceptuel. (Photos ci-contre) : Miguel Luciano)
Platano pride et Pure plantainum de Luciano
Miguel Luciano avec cette banane plantain (ci-dessous et ci-dessus) fait un clin d’œil au chanteur Fifty Cents et son « bling bling » non présidentiel mais de rapper américain. C’est aussi un pied de nez à Damien Hirst (et son crâne de diamants), l’artiste scandaleux qui fonde son art sur la valeur de l’œuvre. (photo : Adago/Christian Vignaud)


Partenariat RFOEntouré de Luc Laventure, directeur des antennes, et d’Yves Gzarnier, directeur général de RFO, Jacques Martial sait qu’il pourra compter sur un partenariat de France Ô/RFO pour porter au-delà des mers le message de la Grande Halle.
La maquette



























Yolande Bacot, commissaire de l’exposition, dévoile avec Jacques Martial la maquette de Kreyol factory.

Le site de l'expo : http://www.kreyolfactory.com

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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 12:15
Exposition photographique de Patrick Desgraupes en Guadeloupe
Grands paysages des parcs nationaux

Un voyage en France et dans le monde à travers les photographies des parcs nationaux… Qui peut offrir un tel itinéraire si ce n’est un photographe sachant manier la lumière,véritable matériau d’écriture.
La France compte aujourd’hui neuf phares qui rayonnent en Europe et dans le monde, aux côtés de tous les autres espaces naturels protégés. Ce sont les neuf parcs nationaux de France et d’Outre-mer. Ces territoires d’exception, pièces maîtresses de la protection de la nature représentent une extraordinaire diversité : les montagnards de la Vanoise, des Ecrins, du Mercantour et des Pyrénées, le marin de Port-Cros, les hautes terres des Cévennes, les tropicaux de la Guadeloupe, de la forêt amazonienne en Guyane (photo ci-contre) et de La Réunion. Cathédrales de la nature, ils ont conservé les traditions, les coutumes, la culture de ceux qui ont su les fréquenter et les respecter. Jean-Pierre Giran, président des parcs nationaux de France, et son équipe ont commandé au photographe Pierre Desgraupes un travail de mise en valeur de cette biodiversité. Le photographe –paysagiste a parcouru les neuf territoires pour les restituer à travers son œil et son appareil grand format. « Les neuf parcs sont tous extraordinaires, précise celui qui refuse de les hiérarchiser. Ce sujet me tenait à cœur car c’est vital de préserver ces espaces… » Toute la biodiversité de la France se retrouve dans cette exposition. « Grands paysages des Parcs nationaux français », présentée à Ljubljana de juillet à septembre 2008, est organisée conjointement par le Ministère français de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable, et de l’Aménagement du territoire, par les Parcs Nationaux de France et par le Ministère slovène de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire. Après Ljubljana, l’exposition « Grands paysages des Parcs nationaux français » poursuit son voyage jusqu’en Guadeloupe au moment où se tiennent les Rencontres des Parcs nationaux français.

Un disciple d'Ansel Adams
Patrick Desgraupes est photographe paysagiste familier des éditions de la Martinière. Il utilise la technique de la chambre photographique grand format. Le style particulier de ses photographies est la résultante de ses différentes influences : les peintres européens des 18e et 19e siècles et les photographes paysagistes américains au premier rang desquels Ansel Adams qui a fait un travail similaire au XXe siècle dans les parcs naturels américains. Pierre Desgraupes a appris au fil des années la maîtrise de la lumière, grande spécificité de son art. Il a travaillé souvent dans des conditions extrêmes, et ses photos en sont imprégnées : « J’ai dans ma démarche photographique, souvent ce sentiment profond de faire corps avec le paysage, d’en trouver l’essence, d’une certaine manière d’être au moment de l’origine du monde. C’est également un véritable chemin initiatique à la recherche de la lumière. » Pierre Desgraupes vit en Provence aujourd’hui, mais il a débuté à Paris avec un travail de studio et de laboratoire. « C’est après un début de travail sur le parc du Mercantour que j’ai eu l’idée  de ce synopsis… »



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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 17:16
Une délégation antillaise reçue par le chef de cabinet de SarkozyLors d’une réunion à l’Elysée, jeudi soir, le monde antillais a plaidé pour un haut conseil de la diversité, un centre d’aide aux familles matrifocales et monoparentales, un refus des statistiques ethniques et une meilleure représentation des minorités en politique.
Serge Romana, président du CM98, Daniel Dalin, président du Collectifdom, Pierre Pluton, président de l’association des élus d’outre-mer en métropole (AMEDOM), René Silo, représentant le monde sportif, Jacqueline Pavilla, représentante du monde religieux, et Jean-Claude Beaujour, avocat et homme politique, sont sortis très satisfaits de leur rencontre avec le chef de cabinet du président de la République, Cédric Goubet, jeudi soir. Olivier Biancarelli, conseiller outre-mer du président, et Patrick Karam, délégué interministériel, assistaient à la réunion. Une réunion qui est intervenue après la réception par ce même directeur de cabinet de Patrick Lozès, président du CRAN, lundi dernier. Après l’élection de Barack Obama, M. Lozès était venu demander à l’Elysée d’établir des statistiques ethniques. Aussitôt la formule prononcée, le monde antillais faisait savoir qu’il entendait être reçu pour faire entendre lui-même sa voix et s’opposer au comptage ethnique. Déjà, mercredi, le même Goubet avait reçu à l’Elysée Luc Saint-Eloy, Jacques Martial, Calixthe Béyala pour aborder ces questions avec leur penchant culturel. « Nous avons proposé que l’on ne s’attarde pas sur telle ou telle communauté, témoigne Jean-Claude Beaujour, mais que l’on crée un conseil supérieur de la diversité de manière à ce qu’il y ait une politique globale pour l’ensemble des composantes de la population française qui se sentent parfois marginalisées. » D’une seule voix, ils ont affirmé leur opposition à une société qui serait racialisée.
Ultramarins en politique
« Nous savons, nous gens d’outre-mer, ce que sont les risques que court notre pays », poursuit le même Beaujour. « La conception racialisée qui consiste à catégoriser la population française selon la couleur de la peau, est incompatible avec une insertion harmonieuse au sein de la République », ajoute Serge Romana qui s’est dit choqué que le CRAN puisse dire qu’il représente le monde antillais, guyanais et réunionnais. Avec Mme Pavilla, élue de Saint-Denis (93), ils ont évoqué l’organisation matrifocale de la famille antillo-guyanaise, famille qui est en crise en métropole. «  Nous avons proposé la création d’un centre d’aide aux familles matrifocales et monoparentales. La présidence a compris qu’il s’agit d’une mesure majeure », selon Serge Romana qui n’a pas oublié d’insister sur le créole à l’école, la prise en compte de la drépanocytose, la place de l’outre-mer sur France Ô (ils ont plaidé la cause de Luc Laventure et Alex Uri) ou la présence renforcée de l’Etat pour la journée du 23 mai. Mais le gros du sujet est intervenu avec la question de la représentation des ultramarins en politique. « Dans les partis politiques, nous voyons bien que nous sommes là pour coller les affiches, a fait remarquer Daniel Dalin, 90 % de la classe politique a encensé l’élection d’Obama et quand on regarde la société française, on voit très peu d’hommes politiques antillais, arabes ou chinois… » Ils attendent des actes. « Je pense qu’il faut être optimiste, a déclaré Pierre Pluton. Quand on a ce genre de rendez-vous, et avec ce qu’on nous a dit, nous pouvons penser que les choses pourront évoluer. » On attend les premières annonces du président de la République, le 27 novembre, à l’occasion de la réception à l’Elysée des maires d’outre-mer.

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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 16:53
17 millions pour le CHU de Fort-de-France
Dans le cadre de son activité habituelle, le comité de l'outre-mer de l’Agence française de développement du 12 novembre à décidé l’octroi d’un prêt de 17 millions d’euros au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Fort-de-France pour le financement partiel de son programme de modernisation. Conformément aux préconisations du Schéma Régional d’Organisation Sanitaire (SROS), le projet contribuera à l’amélioration de l’offre de soins du CHU par son informatisation, la modernisation de bâtiments et d’équipements en médecine, chirurgie et obstétrique et par l’acquisition de matériel d’imagerie et de recherche (TEP-SCAN et cyclotron).

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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 15:01
Le CM98 perd son procès contre Max Gallo
Le président de la 12e chambre correctionnelle d’appel de Paris a rendu son délibéré, jeudi, dans l’affaire plaidée le 2 octobre dernier et opposant le Comité marche du 23 mai 1998 (CM98), représenté par Serge Romana, à l’historien et académicien Max Gallo. En décembre 2004, à l’occasion du bicentenaire de la bataille d’Austerlitz, Max Gallo, interrogé sur le plateau du journal de France 3, avait répondu « je ne sais pas » à la journaliste qui lui demandait si l’esclavage, rétabli par Napoléon, était un crime contre l’humanité. Le CM98 avait attaqué et perdu le 5 juillet 2006. Cette fois encore, l’arrêt de la cour « infirme le jugement de première instance, donne droit à l’exception de nullité ». En conséquence, il annule l’assignation délivrée par le CM98. La cour déboute aussi Max Gallo qui poursuivait le CM98 pour procédure abusive. Le CM98 est condamné à payer 1 euro à l’historien ainsi que les dépens. « On n’a pas de bases juridiques pour empêcher les gens de commenter de telle manière le crime de l’esclavage », a réagi Serge Romana, à l’issue du prononcé.

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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 16:16
L’élection d’Obama relance le débat sur la diversité en France
Largement suivie par les communautés antillaises et africaines de France, l’élection à la présidence des Etats-Unis de Barack Obama a suscité la relance du débat sur la visibilité des diversités en France. Hier, se tenait dans le 12e arrondissement de Paris un colloque intitulé Diversité et rayonnement de la France avec des intervenants tels que Christiane Taubira, Lilian Thuram, Calixte Béyala ou encore le président du club Averoès, Amirouche Laïdi. Tous ardents défenseurs des droits des minorités. Lundi, le chef de cabinet du président de la République, Cédric Goubet, recevait Patrick Lozès du CRAN et aujourd’hui, jeudi, il reçoit une délégation d’Antillais composée de Serge Romana, préisdent du Comité marche du 23 mai, de Pierre Pluton, le président de l’association des maires et élus d’outre-mer, de Jean-Claude Beaujour (candidat UMP malheureux à la mairie du XXe), Daniel Dalin, président du Collectifdom, René Silo et Jacqueline Pavilla. Beaucoup espèrent que le président poursuivra son travail d’ouverture en direction de la diversité comme il l’a fait en nommant Rachida Dati, Rama Yade ou Fadela Amara au gouvernement. Certains vont même jusqu’à espérer que Nicolas Sarokozy impose un pourcentage minimum de représentants de la diversité sur les listes candidates aux élections municipales ou régionales… La vivacité de ce débat est telle qu’elle donne des ailes à certains. Ainsi Christian Bidonnot, animateur de la très active OOO (Outremer avec Obama organisation) et qui a eu les honneurs d’une cinquantaine de médias pendant la campagne américaine, a dans l’idée de créer un Comité des diasporas françaises. « On va ratisser toutes les vagues d’immigration, y compris les Asiatiques ». Chiraquien devenu Sarkozyste, Christian Bidonnot veut mobiliser les élus, les entrepreneurs, les directeurs de service administratif et les artistes et sportifs issus de la diversité. « Ce ne sera pas un parti, mais nous pouvons représenter jusqu’à 29 % de la population ! », avance Christian Bidonnot qui voudrait que chaque parti nomme un médiateur qui serait leur interlocuteur. « C’est un truc de fou, mais c’est la seule possibilité pour que ça bouge… » Arole Lamasse, du Mouvement européen des jeunes d’outre-mer fait remarquer dans une lettre ouverte au président de la République que « Dans un département comme la Seine St-Denis où 30 % de la population est issue de l’immigration, aucun maire n’est de cette diversité par exemple… » Et il est vrai que tant au Collectifdom qu’au CM98 ou autour de Tropique FM, on estime avec Claudy Siar, que « le débat sur la diversité, né après les premières émeutes en France, laissait présager des lendemains meilleurs pour les personnes discriminées. Mais rien ne s’est produit !

Il a dit
José Pentoscrope, délégué national au PS, en charge du 5e Dom et de la coordination : " La diversité est une montagne et les dirigeants du parti socialiste sont au pied de cette montagne."

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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 15:59
Juliana Rimane recyclée à l’Education nationale
L’ancienne députée de Guyane (suppléante de Léon Bertrand), Juliana Rimane (à gauche sur la photo), a été nommée, hier matin en conseil des ministres, sur proposition de Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale, inspectrice générale de l’Education nationale. Le communiqué de Matignon précise qu’elle a été choisie au « tour extérieur ».

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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 19:10
ITW José Pentoscrope, président du prix littéraire Fetkann, mémoire des pays du Sud, mémoire de l’humanité (Il est aussi président du CIFORDOM et délégué national au parti socialiste, chargé du 5e DOM et de la coordination).
« Nous souffrons de la frigidité des intellectuels français »
Le prix Fetkann, mémoire des pays du Sud, mémoire de l’humanité est remis le 18 novembre au café de Flore à Paris. Pourquoi avoir créer un tel prix ?

Le prix a été créé en 2001 suite à la loi Taubira du 10 mai par laquelle la France reconnaît l’esclavage et la traite comme crime contre l’humanité. Dans un des articles de cette loi, il est demandé au tissu associatif de prendre des initiatives. C’est tout naturellement que le Centre d’information, formation, recherche et développement pour les originaires d’outre-mer (CIFORDOM) a eu l’idée de ce prix. Dès sa création en 1982, le CIFORDOM s’est inscrit dans le développement personnel, c’est-à-dire dans le soutien scolaire et l’aide aux concours administratifs de nos compatriotes.
Les premiers lauréats n’ont été récompensés qu’en 2004, pourquoi ?
Nous avons pensé qu’il était bon de le faire connaître sans forcément décerner de prix et pendant trois ans, nous nous sommes efforcés de le faire connaître auprès des présidents d’université, des parlementaires et des citoyens. Ce n’est qu’en 2004 que nous avons décerné nos premiers prix. Nous en sommes cette année à la cinquième édition.
Quelles personnalités ont pu être révélées grâce au Fetkann ?
Nous avons révélé Fabienne Kanor. Elle était alors une jeune romancière martiniquaise inconnue lorsque nous l’avons primée pour son roman D’eau douce. Elle a eu ensuite le prix RFO du livre pour Humus et elle vient de sortir un troisième livre, Les chiens ne font pas des chats. Nous avons également découvert, en poésie, Yves Untel-Pastel, avec L’humeur des cannes, une plume remarquable. Nous avons également primé Yves Bénot, un chercheur qui a écrit sur les mémoires et placé son écriture sur le plan de l’universalité avec La modernité de l’esclavage, un essai sur la servitude au cœur du capitalisme. C’est une fierté qui nous permet d’affirmer que le prix Fetkann n’est pas un prix raciste, sectaire ou communautariste.
Qu’est-ce qui dirige le choix du jury ?
Un choix de compétence, de qualité et de vérité historique.
Il y a le devoir de mémoire et le droit à l’histoire. Comment considérez-vous l’adresse de l’historien et académicien Pierre Nora contre les lois mémorielles ?
Je considère que c’est une attaque. Nous souffrons de la frigidité des intellectuels français. Ils ont peur d’être dépassés par des gens de la négritude, par le métissage pour rappeler la société du Tout-monde d’Edouard Glissant. Cette peur n’est pas du tout justifiée. Et lorsque des historiens de la qualité de Norra se permettent d’intervenir en ce sens, nous ne pouvons pas l’accepter. L’histoire de France est globale, une et indivisible et s’il y a de beaux moments de l’histoire de France, il y en a aussi de mauvais. Il faut savoir tout rappeler.
Vous êtes pour la repentance ?
Non ! Nous savons bien que  nos camarades de la vie commune ici aujourd’hui n’ont aucune responsabilité dans ce qui s’est passé à cette époque mais n’empêche qu’il est bon de savoir que ça s’est passé, de le dire ! Ca permet une meilleure citoyenneté.
C’est là votre démarche avec Fetkann ?
Tout à fait ! Faire connaître l’histoire, la réécrire éventuellement, et ne pas se laisser enfermer par les révisionnistes, ceux qui parlent du bienfait de la colonisation dans les pays du Maghreb. C’est inacceptable.
Quand vous êtes-vous intéressé à la mémoire ?
Nous avons commencé à nous intéresser à ces questions de mémoire en 1985 et nous avons mis quatre ans à obtenir de la municipalité de Massy en région parisienne, dont j’étais élu, une délibération pour qu’une place porte le nom de Victor Schoelcher. Et sur cette place nous avons érigé une statue Toussaint Louverture. C’était en 1989, année du bicentenaire de la Révolution française, notre cadeau à la France.

Les favoris de la sélection 2008
Catégorie mémoire
David Alliot, Aimé Césaire, le nègre universel, Infolio 2008
Pap N’Diaye, La condition noire, essai sur une minorité française, Calmann-Lévy 2008
Jean-Marc Rosier, Noirs néons, Alphée 2008
Saint-Jean et Sétan, Les esclaves se déchaînent (bédé), imprimerie Accaino

Catégorie recherche
Collectif, L’Afrique répond à Nicolas Sarkozy, Philippe Rey 2008
Jean-Philippe Omotundé, Histoire de l’esclavage, critique du discours eurocentriste, Vol 5, Ménaibuc 2008
Olivier Pétré-Grenouilleau, l’histoire de l’esclavage, Plon 2008

Catégorie jeunesse
Michaël Anthony, Mon armée à San Fernando, Ascodela 2007
Alain Foix, Aujourd’hui en Guadeloupe, Lou à Sainte-Anne, Gallimard 2008
Béatrice Tanaka, La légende de Chico Rei, Brésil, Kanjil 2008

Catégorie poésie
Joël des Rosiers, Caïques, Triptyque 2008
James Noël, Le sang visible du vitrier, Cidihca 2007
Ernest Pépin, Dit la roche gravée, Mémoire d’encrier 2007

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 18:12
ITW Nestor Azerot, leader de Groovendiz

Groovendiz, le groupe des frères Azerot, s’est produit, cette semaine à La scène Bastille, à Paris, à l’occasion de la sortie de premier album, Mizik péyi édité par SOLIBO musiques. Interview avec le leader Nestor Azerot.

« On oublie de donner la valeur qu’il faut à notre musique »
Avec Groovendiz, rarement le bélè n’a paru aussi vivant et actuel. Comment réussissez-vous à animer ainsi la tradition ?
C’est toujours vivant et Groovendiz prouve que cette musique ne mourra jamais. Ca a toujours existé et nous on a choisi d’habiller le bélè de cette façon…
Vous avez irrigué le bélè de modernité…
Trop longtemps, on a casé cette musique dans les musiques à vié neg et ça m’a toujours dérangé car je connais l’impact de cette musique ailleurs, à l’étranger… C’est une musique grandiose et j’entends poursuivre le mouvement et rendre au bélè ce qu’on a voulu lui enlever !
Pensez-vous qu’on a dévalorisé notre propre culture ?
J’ai eu la chance de vivre dans plusieurs pays différents et partout, les gens prennent leur musique à cœur. En Jamaïque, c’est le reggae et les Jamaïcains ne lâchent pas le morceau. A Porto-Rico et Cuba, c’est la salsa… Dans ces pays-là, les gens donnent une grande valeur à leur musique et je pense qu’aux Antilles, on a cette faculté mais parfois on oublie de donner la valeur qu’il faut à notre musique.
Vous avez dédié ce concert parisien à Ciméline Rangon. Qu’est-elle pour vous et Groovendiz ?
Elle est décédée la semaine passée et elle a été au bélè ce que Martin Luther King était au mouvement des droits civiques ! Elle fait partie de ces gens qui ont milité pour que cette musique puisse exister. On se doit de lui rendre hommage et de poursuivre son combat.
Vous venez du kompa et du Magnum band. Pourquoi avoir accepté la demande de votre frère Gabriel de créer Groovendiz ?
Après 26 ans de kompa, ça me plaît de jouer cette musique et j’espère que je vais la porter jusqu’à ce que je n’en puisse plus !
Vous avez donné à ce son traditionnel un groove, un jazz. C’est pour ça que vous citez expressément Sony Troupé et Gérard Jurion, votre batteur et votre clavier ?
Ils ont ramené quelque chose qui nous manquait et ils ont ramené exactement ce qu’il fallait, quelque chose de fort dans l’histoire de Groovendiz.
Vous dîtes qu’il vous a fallu trois ans pour trouver le son, le sens et la direction. Il a fallu tout ça pour accoucher de cet album ?
J’ai composé la plupart des morceaux, j’ai joué un peu avec les percus, j’ai écouté le tanbou bélè… Ca a pris un petit moment. Mais à chaque fois que je faisais écouter, j’ai senti qu’il y avait quelque chose à faire autour de ça. Le travail d’écriture des textes a été long aussi. On parle de choses de la vie courante comme dans Ou croché la vwati mwen… Qu’on soit Chinois ou allemand, un accrochage en voiture provoque d’abord de l’énervement. On parle de l’écologie avec un morceau qui s’appelle Ekolo… On ne fait pas ça pour boire un coup !
Comment vous situez-vous par rapport à la mouvance des groupes comme Soft ou Kkoustic ?
On est dans la mouvance, je suppose. C’est bien que ça arrive là, derrière les groupes Soft ou Kkoustic qui se sont révélés dernièrement. Je ressens la force qu’il y a dans ces musiques. Je me suis exilé aux Etats-Unis une quinzaine d’années et ça me manquait d’entendre et de vivre cela. C’est un mouvement que je ne pense pas lâcher !Philippe Cantinol et le tanbou bélé, Jean-Philippe Grivalliers sur la Scène Bastille.

Elles y étaientMarie-Michaël Manquat, dite Mica, de MICA Communication, et Gladys Guédon.


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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 14:54
Jégo gagne son budget, sans Carabin ni Marie-JeanneArrivée de Michèle Alliot-Marie pendanr que le Réunionnais UMP Didier Robert est à la tribune.

Gabrielle Louis-Carabin s’est abstenue de voter le budget de l’Outre-mer, Alfred Marie-Jeanne a voté contre pour la première fois.
« Par respect pour ma population, je ne me prononcerai pas sur ce budget en l’état. »
Retour remarqué à l'Assemblée du député de Guadeloupe, Etic Jalton, toujours très rare à Paris.

L’abstention de Gabriele Louis-Carabin, vendredi dernier à l’Assemblée nationale, est le temps remarquable du vote du budget de l’Outre-mer auquel participait une quarantaine de députés. « Ca prouve qu’il y a un débat parlementaire, a déclaré Yves Jégo après le vote. S’il n’y avait pas débat, vous auriez parlé d’un budget imposé par le secrétaire d’Etat aux parlementaires ! Mais il y a une majorité qui s’est dégagée pour ce budget qui est un budget de croissance pour l’outre-mer. » La députée de Guadeloupe, cosignataire avec les Réunionnais René-Paul Victoria et Didier Robert, d’un amendement visant à supprimer l’article 65 qui redéfinit les nouveaux barèmes d’exonération de charges sociales, pour le reporter à l’examen de la loi de développement (LODEOM), théoriquement début 2009, a maintenu, seule, cet amendement. L’attitude de Mme Carabin a été applaudie sur les bancs de gauche. « C’était presque trop beau, s’est exclamée Christiane Taubira. C’est toujours très stimulant quand un parlementaire se trouve confronté à un conflit d’intérêt entre son propre territoire et les vues de sa majorité et qui a le courage d’affronter ça. Je suis passée personnellement saluer Gabrielle Louis-Carabin pour lui dire mon respect. »
Renfort des élus de métropole
Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Outre-mer, est intervenue pour promettre solennellement l’engagement du gouvernement à ne pas appliquer cette disposition sur les charges sociales avant le vote de la LODEOM. Elle avait souhaité une interruption de séance pour convaincre son camp, mais  craignant la désertion de l’hémicycle par les députés métropolitains dont le vote était acquis, elle a renoncé. Autre défection inhabituelle, celle d’Alfred Marie-Jeanne qui, depuis qu’il est député (1997), vote tous les budgets, de droite comme de gauche : « Nous sommes en pleine crise financière et personne n’attendait un miracle. Mais il faut dire que le ministre Jégo a un comportement exécrable. Tout le monde le déplore. Il veut à tout prix faire passer sa loi sans concertation et c’est cette méthode que nous avons condamnée. »
Fort de sa concession sur l’article 43 et le plafond de la défiscalisation (40 000 euros net de rétrocession ou 6 % net des revenus), Yves Jégo est parvenu, finalement à faire voter son budget par 54 pour et 19 contre, son conseiller parlementaire, Matey Karassimeonov, se chargeant particulièrement de retenir en séance les députés UMP métropolitains !




Alfred Almont siégeait à côté d’Yves Jégo, sur le banc des ministres, comme rapporteur de la commission des affaires économiques. (Photos : FXG)


Quelques chiffres
Le budget de la mission Outre-mer est en hausse de 9,2 %, avec une dotation globale de 1,879 milliard d’euros. Les sommes globales affectées aux outre-mers est de 16,7 milliards contre 15 l’an passé.

Olivier Biancarelli, conseiller du président de la République, ici face à Serge Létchimy, au palais Bourbon, s‘est félicité de la réussite successives de trois réformes pour l’outre-mer avec l’ITR, les niches fiscales et l’exonération des charges sociales.

L’effort budgétaire de l’État en crédits d’intervention des différents ministères montre une hausse de plus 100 000 euros pour la Guadeloupe, plus 100 000 euros pour la Martinique, plus 140 000 euros pour La Réunion, et moins 9 000 euros pour la Guyane. Sur 39 milliards de « défisc », 780 millions concernent l’outre-mer.
Le coût total en 2007 des compléments de rémunération, des pensions et des indemnités temporaires des fonctionnaires civils et militaires en poste ou résidents outre-mer a été de 1,541 milliard. La dépense totale de la masse salariale correspondante et des pensions de retraite versées en 2007 a été de 7,597 milliards, sur un budget global de 15 milliards.




Verbatim
Victorin Lurel à Yves Jégo : « Bien que n’étant pas originaire de nos régions, vous en avez le volcanisme : c’est le même soufre, si je puis dire, qui brûle dans vos veines, la même exaltation qui vous tient ! Peut-être sommes-nous en cela plus frères que nous ne le pensons. »

« Conseil lapidaire » d’Alfred Marie-Jeanne à Yves Jégo : « La mété bobo anlè bobo ! »

Victorin Lurel sur la réforme des charges sociales : « Je viens de recevoir un journal, France-Antilles, qui perd, rien qu’en Guadeloupe, 300 millions, en appliquant les dispositions que vous cherchez à nous faire voter. »

Serge Létchimy : « On risque d’avoir des déstabilisations par la raideur des positions… »

Gabrielle Louis-Carabin : « Je fais le choix de l’intérêt général de ma population, de mes petites et moyennes entreprises et de mon pays, que je refuse de sacrifier sur l’autel de l’idéologie, de la réforme pour la réforme ! »

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