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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 23:23
Interview Etienne Apaire, président de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et la toxicomanie, en Martinique, les 27 et 28 octobre, en Guadeloupe, le 29 octobre, à Saint-Martin, le 30 octobre.
« On ne peut vivre constamment entre deux joints et/ou entre deux vins ! »
Quelle est la particularité des Antilles en matière de consommation de drogues ?
La Martinique et la Guadeloupe se caractérisent par une inquiétante consommation de crack ou free base, dérivé de la cocaïne. On estime qu’il y a environ 2000 consommateurs de ce produit par département dont une forte proportion sont des poly consommateurs, c’est-à-dire qu’ils consomment d’autres drogues illicites et/ou de l’alcool. Le cannabis est aussi très répandu contrairement aux autres drogues illicites (champignons hallucinogènes, poppers, cocaïne, héroïne) dont les niveaux de consommation sont relativement bas et inférieurs à ceux de la métropole. L’autre particularité des Antilles est sa situation démographique : comparativement à la métropole, elles présentent une proportion de jeunes nettement plus importante ce qui suppose une communication adaptée dans les messages de prévention que nous souhaitons diffuser. En outre, les pratiques linguistiques et les spécificités culturelles de ces départements exigent une déclinaison particulière des campagnes nationales pour une meilleure identification et appropriation des messages par la population. Je voudrais au passage saluer le dynamisme local en matière de lutte contre les addictions, notamment à travers la figure pionnière du Pr Aimé Charles-Nicolas, psychiatre spécialisé dans la prise en charge des toxicomanes.
Lors de votre déplacement dans les Antilles cette semaine, vous venez notamment présenter le nouveau plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies 2008-2011. Quelle en sera la déclinaison au niveau local ?
Le plan met un accent particulier sur la prévention des entrées en consommation, des usages des produits illicites et des abus d’alcool, en ciblant les jeunes et en mobilisant les adultes qui les entourent. Il élargit le registre de la prévention aux mesures pouvant avoir un effet dissuasif sur les consommations : mise en place des stages de sensibilisation aux dangers de l’usage de produits stupéfiants et réduction de l’offre d’alcool aux mineurs pour lutter contre le « binge drinking ». Par ailleurs, le plan diversifie le dispositif de prise en charge sanitaire et sociale des addictions en ciblant les populations exposées et vulnérables. Cela passe par le développement de nouvelles communautés thérapeutiques, l’augmentation du nombre de jeunes accueillis dans les consultations jeunes consommateurs par une meilleure couverture géographique et une polyvalence des consultations (alcool et cocaïne notamment), mais aussi en poursuivant la politique de réduction des risques chez les usagers de drogues illicites avec un renforcement des actions de lutte contre l’hépatite C. Mais la prévention et la prise en charge sanitaire et sociale ne peuvent pas suffire à elles seules. Elles doivent être accompagnées de mesures concrètes et efficaces pour limiter l’offre de drogues illicites, en direction des jeunes. Pour cette raison, il faut développer des plans départementaux de lutte contre le trafic local. Un effort particulier doit ainsi concerner les abords des établissements scolaires. Parallèlement à cela, la ministre de l’Intérieur a souhaité que les groupes d’intervention régionale (GIR)* intensifient leur action sur la lutte contre les trafics de drogues et l’économie souterraine et a annoncé la création de deux GIR supplémentaires en Martinique et en Guadeloupe. Ce dernier a été créé cette année, celui de Martinique est en cours de création. Le phénomène du ‘’binge drinking’’ou alcoolisation massive express, se développe localement.
Quelle type de communication comptez-vous mettre en œuvre pour protéger les jeunes ?
Les consommations de boissons alcoolisées des jeunes guadeloupéens, martiniquais ou saint-martinois sont dans l’ensemble plus basses que celles de la moyenne nationale mais la tendance est à l’augmentation. 90% des jeunes (filles et garçons) âgés de 14 ans ont déjà consommé de l’alcool et 30% ont déjà connu une ivresse à 15 ans. L'ivresse régulière est quant à elle un phénomène encore rare même s'il augmente : les observations de terrain (infirmières scolaires notamment) font remonter la plus grande fréquence d'évènements où les élèves reviennent manifestement ivres en cours après la pause déjeuner. D’autres comportements sont tout aussi préoccupants : d’après ce que nous disent les alcoologues, il est n’est pas rare de voir des jeunes faire des mélanges dangereux, que ce soit de la bière avec de l’essence sans plomb ou encore, un mélange de 6 alcools forts différents appelé « cercueil ». Il est donc important que les pouvoirs publics élaborent une stratégie d’intervention en direction des jeunes, en lien avec l’ensemble des secteurs concernés (institutionnels, professionnels, associatifs, industriels, société civile). Comme je l’ai déjà évoqué, cela passera notamment par une réduction de l’offre d’alcool en direction des plus jeunes en interdisant la vente aux mineurs de moins de 18 ans, en interdisant la pratique de l’open-bar et la consommation d’alcool aux alentours des établissement scolaires. Il s’agit parallèlement de « déromantiser » l’image des drogues en général par des campagnes de communication adaptées. C’est ce que nous ferons l’année prochaine dans le cadre de campagnes nationales qui trouveront leur échos dans les DOM. Enfin, il faut encourager les initiatives locales qui visent à mieux informer la population et les publics vulnérables (jeunes, femmes enceintes) sur cette problématique.
La communication suffit-elle ?
La communication est un levier destiné à accroitre la conscience des enjeux. Mais il faut qu’elle soit relayée concrètement par des acteurs de terrain dans le champ de l’éducation à la santé, de la loi, en impliquant particulièrement les adultes. Il faut en effet mobiliser les parents, les éducateurs pour qu’ils disent clairement ce qu’est la règle. On ne peut vivre constamment entre « deux joints et/ou entre deux vins » !
Votre déplacement prévoit aussi des rencontres avec les acteurs de la lutte contre le trafic de drogues. Quel état des lieux peut-on faire en Guadeloupe, à Saint Martin et en Martinique ?
La plus grande partie de la drogue qui transite par les Antilles part en destination de l’Europe, cependant on sait qu’une partie non négligeable est consommée localement. Le nombre d’infractions à la législation sur les stupéfiants est en très nette augmentation venant ainsi confirmer ce constat (plus de 20% en Guadeloupe, et plus de 42% en Martinique). Cette préoccupation s’est traduite par la mise en place de diverses structures engagées dans la lutte contre le trafic de stupéfiants : en 2004, une antenne de l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS) a vu le jour à Fort de France. Depuis sa création, cette unité a saisi 11,4 tonnes de cocaïne et contribué au démantèlement d’une trentaine d’organisations criminelles. Porte d’entrée unique pour les pays de l’arc caribéen et les Etats engagés dans la lutte contre le trafic dans la région, cette unité outre ces capacités d’investigation, dispose à la fois d’une compétence reconnue en matière d’échange de renseignements mais également de capacités opérationnelles maritime et aérienne grâce à une étroite collaboration avec la marine nationale et la douane.
Où en est le projet d'ouverture de l'antenne de l'OCRTIS à Saint-Martin ?
Un détachement de l’OCRTIS sur l’île de Saint-Martin devrait également voir le jour d’ici quelques mois. Cette nouvelle unité viendra renforcer ce dispositif en accentuant l’action internationale de la France dans le domaine de lutte contre le blanchiment et le recueil du renseignement dans une zone abritant bon nombres de paradis fiscaux et d’organisations criminelles. S’agissant des routes de la cocaïne, il faut souligner non seulement l’importance du rôle des GIR dont j’ai parlé précédemment mais aussi, celui du Centre Interministériel de Formation Anti-Drogue (CIFAD) basé à Fort-de-France. Le CIFAD dispense des formations techniques de haut niveau à la fois aux fonctionnaires et militaires français engagés dans les missions de lutte contre le narcotrafic mais également aux travers de programmes de coopération technique en exportant dans les Etats voisins un savoir-faire aujourd’hui indispensable pour contrer l’action des réseaux structurés dont les modes opératoires connaissent de perpétuelles évolutions. Beaucoup de pays comptent sur nous, je le vois bien à l’occasion de la présidence française de l’Union européenne. C’est pourquoi la France répond : « présent » !

*Les GIR ont pour objectif la lutte contre l'économie souterraine, alimentée par le produit d'infractions pénales, douanières et fiscales, et les différentes formes de délinquance organisée qui en découlent. « Il faut mieux lutter contre l’argent de la drogue et l'utiliser pour assurer notre sécurité et soigner les personnes dépendantes », indique le président de la MILDT.

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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 21:07
Moïse Tite, le dernier fabriquant de Manche a sab de Sentann (Guadeloupe)
Depuis quarante ans, Moïse Tite fait des manches de coutelas à Maudette, Sainte-Anne en Guadeloupe. Un savoir faire qu'il tient de son grand-père et que, sans doute, il ne transmettra pas, faute d'apprenti.

« I pli bon é i pa ka fenn' fasil ! » Moïse Tite fabrique ses manches de coutelas en bois de calbasse. Pas n'importe quelle branche et pas n'importe quand... « Il faut apprendre à couper le bois et le prendre après la leine lune... » Moïse Tite est le dernier fabiquant de manche a sab de Sainte-Anne. Son secret de fabrication, il le tient de son grand-père, Sonson Virolan qui, comme lui, habitait Maudette, précisément à Rochel. « J'ai commencé à en faire vers l'âge de 10 ans, en regardant mon grand-père qui travaillait avec des ciseaux à bois. Au début, je prenais les ciseaux aussi, mais rapidement, je suis passé à la rape. Ça donne plus de facilité. » Moïse n'a pas toujours été exclusivement fabriquant de manche de sabre. Avant le cyclone Hugo et un accident de la route qui lui a laissé des traces, il fabriquait des panniers et des meubles en bambou.
Une signature
Aujourd'hui, il ne quitte plus son échoppe d'artisan au bord de la voie n°3 de Maudette, saluant d'un « Vwé, okay ! » les automobilistes de passage. Il fabrique une dizaine de manches par mois qu'il vend 20 euros ou 30 s'il fournit la lame. Ses clients viennent des environs de Sainte-Anne et du Gosier. « C'est le bouche à oreille qui lui amène ses clients. Un bon manche dure trois à quatre ans. Sa réputation, Moïse la tient d'un savoir faire précis. L'espace pour la saisie du manche doit faire 10 cm ; la fente dans laquelle se glisse la lame doit être bouchée pour éviter à l'eau de rentrer ; et puis, il y a sa signature, son insigne, dit-il : des croisillons tracés sur le manche à la lame de scie et rebouchés avec de la colle à bois. De part et d'autre, du fil de fer enroulé pour cercler le manche. « Si vous voyez un coutelas comme ça, c'est Tite Moïse qui l'a fait ! », avance-t-il fièrement. Issu d'une famille de cultivateurs, Moïse a sept frères et trois soeurs. Il est pourtant le seul à avoir repris ce métier d'antan lontan. « Mon frère regarde comme ça, mais il n'est pas intéressé... Si on moun vlé, an pé montré... » Mais jusqu'alors, personne n'est venu lui demander de partager son savoir. Moïse a 56 ans et il annonce déjà : « Après moi, c'est fini... »

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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 21:05
Madeleine de Grandmaison veut une reconnaissance européenne pour le crime de l'esclavage
La Martiniquaise, député européen, Madeleine de Grandmaison, a présenté, mercredi à Paris, une résolution visant à faire reconnaître l'esclavage et la traite négrière comme crime contre l'humanité et à faire du 2 décembre la journée européenne de commémoration de l'esclavage. Ce qui ferait une sixième date avec les 22 et 27 mai aux Antilles, les 10 et 23 mai dans l'Hexagone et les 10 juin et 20 décembre en Guyane et à la Réunion... Dans sa déclaration, Mme de Grandmaison invite, par ailleurs, les Etats membres à créer des lieux d'histoire et de mémoire de l'esclavage. Elle place son initiative s'inscrit dans la continuité des actions menées jusqu'à ce jour en faveur de la juste prise en compte de «cet aspect si important dans l'histoire des peuples et de l'humanité ». Pour elle, cette déclaration doit se concevoir comme un devoir de mémoire : « Cette déclaration n'est pas une invitation à la repentance ni un acte d'accusation ou de demande de réparation », souligne-t-elle rappelant qu'il ya quelques semaines, le parlement européen avait adopté une résolution pour la commémoration des crimes commis par le nazisme et le stalinisme. « Le texte que nous déposons s'inscrit dans cette même logique. Je ne vois pas de raisons que la traite négrière et l'esclavage ne fasse pas l'objet d'une même reconnaissance. » Reste à convaincre. Elle devra obtenir la signature de 400 députés européens pour que sa déclaration soit adoptée.

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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 22:50
Interview. Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'Outre-mer
« La publicité sera supprimée sur RFO en 2010 »

Un doute s'est installé quant à l'avenir de la publicité sur RFO avec la suppression d'une partie du texte présenté par le gouvernement aujourd'hui. Qu'en est-il réellement ?
Le texte présenté par le gouvernement, est passé, comme il est normal, devant le Conseil d'Etat. Celui-ci a relevé que la disposition à propos de la suppression progressive de la publicité sur RFO n'avait pas été transmise en temps et en heure aux collectivités locales pour avis, ce qui rendait son avenir juridique incertain.
C'est pourquoi, cette partie du texte ne figure plus dans le projet de loi définitif.
Si ce n'est pas dans le projet de loi, comment cette disposition sera-t-elle réintroduite ? 
Le gouvernement maintient son objectif. Partout où RFO est en concurrence, la publicité sera donc progressivement supprimée à partir de 2009-2010. Cette disposition sera introduite par un amendement parlementaire déposé par le député de l'Oise, Jean-François Mancel. Cet amendement sera soutenu par le Gouvernement.
Avez-vous une idée de l'impact de cette disparition progressive de la publicité des ondes publiques sur les économies locales ?
L'objectif du gouvernement est de libérer RFO des contraintes publicitaires et de gager cette diminution de recettes, qui représente aujourd'hui  à peine 7 % du budget total de RFO, par une économie sur le fonctionnement de la chaîne publique. Il sera demandé à RFO une économie quasi imperceptible de 1,5 % de son budget de fonctionnement chaque année.
Par ailleurs, le gouvernement souhaite que le marché publicitaire, ainsi libéré, puisse bénéficier aux chaînes de télévisions privées, voire à la presse écrite, pour favoriser le pluralisme. Nous voulons le meilleur pour l'outre-mer avec d'un coté un service public audiovisuel sans contrainte de publicité et de l'autre, la diversité des médias tant audiovisuels qu'écrits. Enfin, il faut que nous prenions en compte notre ambition  majeure avec l'arrivée prochaine de dix chaînes gratuites de TV  pour toute l'outre-mer. Le gouvernement se bat pour que cette réalité soit opérationnelle au plus vite et que l'ensemble des territoires d'outre-mer rentre ainsi dans le 21e siècle audiovisuel.

La réaction de Victorin Lurel, secrétaire national à l'Outre-mer au Parti socialiste
Le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, en confirmant ce mardi son souhait de réintroduire tout de même la mesure de suppression de la publicité sur RFO par le biais d’un amendement parlementaire, illustre une nouvelle fois sa volonté de passer en force, sans concertation, alors qu’il est plus qu’urgent d’ouvrir un véritable débat sur le financement de RFO aujourd’hui notoirement sous-capitalisé.

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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 23:21
Vian conseiller spécial outre-mer de Larcher au Sénat
Dominique Vian sera le conseiller spécial pour les collectivités territoriales et d’outre-mer du nouveau président du Sénat. L’ancien préfet de Guyane, Guadeloupe et Réunion, ancien directeur de cabinet de François Baroin au ministère de l’Outre-mer rejoindra le cabinet de Gérard Larcher le 3 novembre.
Dans un communiqué, la présidence du Palais du Luxembourg indique que « cette nomination illustre la volonté de Gérard Larcher de voir le Sénat jouer tout son rôle constitutionnel de représentant des collectivités territoriales. Elle reflète aussi son intention de donner pleinement sa place à l’Outre-mer dans l’organisation de son cabinet ». Il ajoute que « dans cette perspective, une attention toute particulière sera accordée aux préoccupations des élus, notamment à l’occasion de la réforme des collectivités territoriales en cours d’élaboration ».
Dominique Vian était depuis 2006 préfet des Alpes Maritimes. Il connaît particulièrement bien l’outre-mer. Il a été préfet en Guyane (1997-1999), préfet de Guadeloupe (2002-2004) et préfet de La Réunion (2004-2005).
DM

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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 23:20
Le 18 novembre, du changement sur le net et sur ce blog...
A suivre

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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 21:14
Houle cyclonique en Caraïbe
Le cyclone Omar né dans la mer Caraïbe ne menace pas directement les Antilles, mais la houle qu'il génère se fait ressentir violemment sur la cote Caraïbe des îles françaises. Saint-Martin et Saint-Barth en vigilance violette. Guadeloupe en rouge et Martinique en orange...

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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 16:15
Les étudiants de métropole viennent en aide aux ultramarins
Cinq associations étudiantes ont signé un protocole avec le délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’outre-mer afin d’aider les étudiants ultramarins en métropole.
Les organisations étudiantes de métropole ont signé mardi une convention avec le délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’outre-mer, Patrick Karam. Elles se sont engagées à être plus proches des étudiants ultramarins et à les soutenir, notamment lors de leur arrivée. 
Ce protocole est la suite de mesures annoncées par Patrick Karam et la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse, fin septembre. Il a été décidé qu’à niveau de bourse équivalent, une priorité sera accordée aux étudiants ultramarins en matière de logement en résidence universitaire. Autres mesures : la création d’un guichet unique dans les CROUS ou encore d’étudiants référents originaires des collectivités d’outre-mer.
Les associations étudiantes pourront s’appuyer sur ces mesures pour, par exemple, solliciter les CROUS afin d’aider les étudiants arrivant en métropole. Patrick Karam a indiqué que « pour faire vivre ce statut il était important de faire participer les associations ». Le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Yves Jégo, a félicité Patrick Karam, un homme « efficace et pugnace ». Les cinq associations signataires, la Confédération étudiante (CE), la Fédération des associations générales étudiantes  (FAGE), la Promotion et défense des étudiants  (PDE), Union nationale des étudiants de France  (UNEF) et l’Union nationale inter-universitaire  (UNI), se sont félicitées de la mise en place de ce partenariat.
Jean-Baptiste Prévost a néanmoins insisté pour dire que « ce protocole donne une obligation de moyen aux associations mais une obligation de résultat à l’Etat ». Il a mis en garde : « Il faudra vérifier que l’Etat ne se limite pas à des déclarations d’intention ». Le représentant de l’UNEF a mis le doigt sur des points sensibles. Il a d’abord souligné que l’Etat a contracté auprès des CROUS cinq millions d’euros de dette sur le passeport mobilité. Il a parlé de « désengagement de l’Etat ». Des propos qui ont poussé Yves Jégo à réagir. Le ministre s’est voulu rassurant : « Il y a un petit retard de paiement qui sera rattrapé d’ici décembre ». Yves Jégo a rappelé être en « négociation bras de fer » avec les compagnies aériennes sur les prix des billets d’avion. « Ensuite, nous pourrons aller plus loin avec plus d’un aller-retour par an », a-t-il ajouté. L’UNEF a également mis en exergue que « le service public du logement étudiant a été délaissé par l’Etat. Dès lors, le protocole ne doit pas être l’occasion de tordre le bras aux CROUS, qui subissent cela ».

Pain béni pour Karam
Si Yves Jégo avait un impératif en succédant à Christian Estrosi : faire de la pôlitique et s'entendre avec Patrick Karam, ce dernier avait reçu le même genre de consigne de Nicolas Sarkozy lorque ce dernier avait reçu le délégué interministériel peu avant le remaniement de mars 2008. Lors de la signature de ce protocole mercredi avec les étudiants, Patrick Karam a bu du petit lait avec la présence d'Yves Jégo et de Marie-Luce Penchard...
(Photo : David Martin)




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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 16:09
Le plan de lutte contre la crise financière s'applique outre-mer
Le Gouvernement met en place des mesures d’urgence pour assurer le financement de l'économie, afin de lutter contre les effets de la crise financière. Selon Yves Jégo, secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-mer (SEOM), « ces mesures seront appliquées entièrement et sans délais outre-mer ».
Les mesures prises par la Banque centrale européenne pour le refinancement des établissements bancaires sont appliquées au sein des DOM, de Mayotte, de Saint-Pierre-et-Miquelon, de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy. Par ailleurs, selon le SEOM, les établissements de crédit des départements et collectivités d’outre-mer pourront bénéficier de prêts de refinancement. Les banques d’outre-mer pourront aussi bénéficier de fonds propres accordés par la nouvelle société de prise de participation de l’Etat. Yves Jégo confirme également que le plan national d’aide aux PME s’appliquera outre-mer par le biais de ressources supplémentaires accordées aux banques d’outre-mer pour leurs activités de prêts aux PME. Des prêts et garanties publics supplémentaires seront également accordés par l’Agence française de développement.
Par ailleurs le programme « 30 000 logements » annoncé par le président de la République et présenté lors du conseil des ministres exceptionnel de lundi dernier a pleinement vocation à se déployer outre-Mer. Il s’agit de permettre aux opérateurs du logement social (sociétés HLM, sociétés d’économie mixte,…) d’acquérir auprès des promoteurs immobiliers tout ou partie de leurs opérations qui n’ont pu démarrer et qui correspondent aux attentes des populations.
Le SEOM a demandé aux services de l’Etat de procéder au recensement des opérations en panne susceptibles d’être reprises par les organismes de logement social. Deux opérations de rachat de programmes de promotion, soit 128 logements, ont d’ores et déjà été engagées à la Réunion.

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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 16:02
« Jégo reprend d'une main ce qu'il nous donne de l'autre »
Les députés PS d'outre-mer dénoncent une politique de stigmatisationPatrick Lebreton, Victorin Lurel et Louis-Joseph Manscour veulent alerter l'opinion sur « les agressions contre les outre-mers ». (Photo : DM)
Les députés socialistes Louis-Joseph Manscour (Martinique) et Patrick Lebreton (Réunion) réunis autour du secrétaire national à l'outre-mer, Victorin Lurel (Guadeloupe) ont dénoncé, hier matin, à Paris, « les agressions réitérées contre les outremers ». Les socialmistes ultramarins reprochent au gouvernement d'appliquer une « méthode détestable » qui consiste à « proposer l'inacceptable ». Ainsi derrière l'ésotérisme décrypté des textes de loi, ils pointent les reculs, « tout un ensemble de mauvais coups » : l'atteinte à la bonification d'annuité de retraite des fonctionnaires outre-mer dans le projet de loi de finance de la sécurité sociale, la refonte des barèmes d'exonération des charges patronales et le plafonnement des niches  dans la loi de finance initiale, la remise en cause de la TVA NPR (non perçue récupérable), de l'indemnité temporaire de retraite et encore la non-revalorisation de la ligne budgétaire unique (dédiée au logement). « L'essentiel du budget est constitué par des compensations d'exonération de charges », dénoncent les députés qui évoquent un « budget virtuel », dans un ministère dont « la restructuration ressemble à un démantèlement »...
« Démerdez-vous... »
Le Revenu de solidarité active financé par les outre-mers n'y sera appliqué que 18 mois après l'Hexagone, la publicité sur RFO (20 millions d'euros) supprimée sera compensée par le non-remplacement des départs en retraite, la carte militaire touche sévèrement la Martinique et des zones franches globales sensées rapporter 150 millions d'euros et qui prennent en fait 350 millions à l'outre-mer... « Le gouvernement a inventé un nouveau concept pour nous dépouiller : l'endogénéité, déplore M. Lurel. François Fillon a dit : "Soyez plus autonomes", mais avec la raréfaction du crédit public et un budget hantré par les ombres de Bercy, ça revient à nous dire : "Démerdez-vous !" » Les députés estiment que la politique du gouvernement contribue à stigmatiser l'outre-mer, à entretenir « le désamour de la Nation pour ses outre-mers ». Les débats s'annoncent chauds au Parlement.


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