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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 11:56
Les Bonnes de Jean Genêt, en version baroque
Amel Aïdoudi est Solange et Yna Boulanger est Madame (RDG)

Jean Genêt s’était inspiré d’un fait divers : les deux sœurs Papin, les bonnes, avaient assassiné leur maîtresse. Avec Jandira de Jesus Bauer, on passe du fait divers au « grand crime originel, celui du désir » Madame est présente sur scène mais on perçoit qu’elle est déjà trépassée et que les bonnes, les sœurs, jouent une comédie, un simulacre où l’on rejoue plusieurs fois la scène du crime comme une cérémonie expiatoire.
Lers Bonnes, Claire (Jeanne Beaudry) et Solange (Amel Aïdoudi)

Jandira de Jesus Bauer parle même « de « séance d’exorcisme » où le Loas du vaudou, la santéria et le candomblé du Brésil sont convoqués sur scène ! Du baroque pour cette mise en scène où le texte de Genêt est fidèlement respecté. Servitude, enfermement, haine, frustration, impuissance et puis, la mort, le meurtre comme une délivrance. On est entre messe blanche et messe noire, la pièce de Genêt est sacrificielle. Les sœurs mues par une relation sado-masochiste, lesbienne et incestueuse invoquent la figure d’un laitier. Leurs poitrines quasi dénudées ajoutent au mystère cette note d’érotisme qui renforce le baroque de la scène où traînent des objets colorés, disparates et surdimensionnés. Dans cette mise en scène, les jeux de rôles entre les trois femmes s’intensifient Claire, la jeune soeur s’apparente à sa maîtresse, et Solange à sa petite soeur. Genêt revisité par Jandira de Jesus Bauer et l’on comprend que certaines pièces soient éternelles !
Amel Aïdoudi, Yna Boulanger et Jeanne Beaudry, devant un tableau de Fédérica Matta (RDG)

Interview. Jandira de Jesus Bauer, metteur en scène
Monter les Bonnes de Jean Genêt qui a été mis en scène des milliers de fois, c’est courageux…
C’est courageux de le monter à chaque fois et c’est courageux de le transformer à chaque fois. Ce qui me plaît dans cette œuvre de Jean Genêt, c’est que plusieurs metteurs en scène l’ont monté, le monde entier a joué Les bonnes et moi, j’apporte quelque chose de nouveau, de complètement différent.
Quel regard nouveau proposez-vous ?
C’est un regard de Sud-américaine et c’est un regard caribéen ! La création a été faite à Fort-de-France et l’idée était de prendre les éléments communs à nous et de faire cette révolution tout en respectant, bien entendu le texte de Genêt.
D’où cette maîtresse qui est noire et les bonnes qui sont blanches ?
C’est le talent des trois comédiennes qui m’a poussée plutôt que la couleur de sa peau !
Comment avez-vous fait votre casting ?
Je savais avec qui j’allais faire la pièce. Elles étaient déjà ciblées, décidées !
Ce sont elles qui vous ont donné envie de monter les Bonnes ?
J’ai connu Jean Genêt en 1981 à Paris et c’est à cause de lui que j’ai monté Genêt ! J’étais assistante sur un montage des Bonnes au Brésil qui partait à Paris et qui n’avait rien à voir avec le côté religieux brésilien. La pièce était montée avec trois hommes ! Nous sommes partis à Paris et, à l’occasion, le metteur en scène étant un très grand ami à Genêt, et Jean Genêt est venu voir notre pièce.
Vous avez eu besoin de près de trente ans pour monter votre mise en scène des Bonnes ?
J’ai fait beaucoup d’autres choses…. Ca a pris de l’élan, de la force. Je n’ai pas pris le texte de Genêt pour le monter sur un coup de tête ou un coup de gueule, ça a été un coup d’idée ! Un coup de génie de le faire à ma façon.
Jeanne Beaudry et Amel Aïdoudi qui incarnent Claire et sa sœur Solange, Yna Boulanger, la maîtresse, comment les avez-vous trouvées ?
Ce sont des comédiennes professionnelles qui travaillent en Martinique, à Paris… Je les ai vues jouer plusieurs fois. Jeanne Beaudry, la plus jeune des comédiennes a 19 ans et a été mon élève en théâtre pendant trois ans. Elle s’est avérée la meilleure comédienne que j’ai eue pendant ces trois années. C’est pour ça que j’ai eu envie de lui ouvrir les portes d’un autre univers, un univers professionnel.
Parlez-moi du rôle de Madame…
Il y a plusieurs metteur en scène qui mettent l’accent sur le rôle de madame. Moi, j’ai fait l’inverse en donnant la part belle aux deux sœurs. Dans ce travail, il y a beaucoup du fait divers et ce sont les deux sœurs qui sont mises en relief.
Reverra-t-on Les bonnes en Caraïbe ?
Nous avons un projet pour reprogrammer les Bonnes à Fort-de-France au mois d’octobre et puis nous espérons la faire jouer en Guyane, en Guadeloupe et même au brésil, c’est pour cela que nous sommes en Avignon !

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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 18:47
Réforme constitutionnelle : comment Biancarelli a sauvé Sarkozy
Le Canard enchaîné de ce mercredi révèle les tractations qui ont permis à Sarkozy d’obtenir l’adoption de la réforme constitutionnelle à une voix près ! Dans cet article, on apprend que le président de la République doit beaucoup à son conseiller parlementaire et Outre-mer, Olivier Biancarelli. Alerté sur les risques de voir la réforme retoquée, M. Biancarelli a appelé Chantal Berthelot (Guyane), Jeanny Marc (Guadeloupe), Likuvalu (Wallis et Futuna) et Serge Létchimy (Martinique). Pour la première qui avait donné procuration à Christiane Taubira avec instruction de voter non, Olivier Biancarelli lui aurait promis un « plan de développement pour la Guyane », que le Canard résume ainsi : « Quelques kilomètres de bitume »… Pour Jeanny Marc, c’est Alain Marleix qui lui aurait indiqué que « sa circonscription serait, certes, remaniée, mais à son avantage ». Pour le député de Wallis et Futuna, cette fois, il a été question d’une réforme statutaire, rien de moins ! Enfin, Serge Létchimy, député maire de Fort-de-France, il confie qu’il a été littéralement harcelé ! Et qu’il a tenu bon. C’est dans les minimares de la page 2 de l’hebdomadaire satyrique et ça fait déjà jaser !

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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 17:51
Dans la sélection 2008 du TOMA, à la Chapelle du Verbe incarné
Ailleurs toute

Patrick Womba, le Martiniquais, et Catherine Dinevan, la Calédonienne, en scène (RDG)

Ils arrivent en ciré jaune avec une valise et s’embarquent sur un paquebot. A eux trois, ils sont l’ancien empire colonial, « un pays, trois couleur », mais plus question d’un pays, il est question du monde… Oubliée « la poésie camelote », le Nègre, la Jaune et la Blanche vont regarder leur réalité. Celle d’un monde où le blanc a le mauvais rôle, où sa colonisation a fait du nègre un zombie : « Je suis le zombie, on s’est accaparé de sa pensée, il n’a pas le droit à la parole, mais il est bien vivant mais son imaginaire n’est pas propulsé », dit le porteur du rôle Patrick Womba. Celle (la colonisation) où l’Européenne installée à la Réunion, est devenue folle : « Je suis  dans une errance recentrée sur une histoire de deuil qui fait que mon personnage n’a plus du tout la vision de ce qu’il y a autour d’elle. Elle est une métaphore de l’Europe et quand elle va s’ouvrir sur le reste, ce sera trop tard, la Terre s’est déjà éloignée… » Enfin, il s’agit de la colonisation où l’Asiatique émigrée en Nouvelle-Calédonie réalise son acculturation : « Dans les îles du Pacifique, il y a eu une colonisation religieuse et beaucoup de peuples premiers ont perdu des us et coutumes parce qu’ils ont adopté la religion chrétienne. Et c’est vrai que mon personnage perd ses certitudes religieuses et ses repères familiaux pour retourner dans son pays d’origine et essayer de retrouver sa propre identité. »
Alexandra Shiva-Mélis (Réunion) et Patrick Womba (RDG)

Des rats de laboratoire
Souvenirs de Tsunami, de traite, de boat people... voire d’arche de Noë ! La Blanche est en noir et en deuil, la Jaune est en blanc et en pleurs et le Noir est en gris. La souris blanche est montée à Saint-Paul de la Réunion, elle rentre en Europe… La souris jaune est montée à Nouméa et le Nègre est monté à Fort-de-France… Où vont-ils ? Le Noir qui n’a pas de billet ne saurait le dire. C’est à la Blanche de savoir car « l’Afrique et l’Asie sont hors l’histoire » pour citer implicitement Sarkozy et Gaino à Dakar…. C’est alors que vient la superbe scène de l’accouchement. La Blanche accouche, se sépare… « Comment c’est difficile de laisser grandir, de le laisser partir. C’est toute la métaphore de l’Europe et de ses colonies… Les laisser vivre et grandir… » note Patrick Womba. La pièce est politique, parfois pédagogique dans une mise en scène un peu trop illustrative. Mais tout de même nos trois naufragés de l’humanité et de son histoire assistent au lever d’une nouvelle aube. « Un autre temps couleur se met à poindre… dit le Noir. Quand on mélange toutes les couleurs, c’est le noir que l’on voit poindre… » Cette aube nouvelle éclaire le fameux Tout-monde, si cher à Edouard Glissant. Ce monde où il n’y a plus ni découvreurs, ni découverts. C’est là l’objet de cette création, Ailleurs toute.

Résidence tricontinentale, entre Nouméa, Fort-de-France et AvignonPatrick Womba, le Martiniquais, Alexandra Shiva-Mélis, la Réunionnaise, et Catherine Divevan, la Calédonienne d’origine asiatique, se sont rencontrés au théâtre de la Chapelle du Verbe incarné, en Avignon en 2005. Catherine a porté ce projet de résidence tricontinentale (ou plutôt dans les trois océans !) Jean-Yves Picq leur a écrit le texte et puis chacun s’est essayé à s’emparer de ce qu’il représentait. Un rôle et une couleur et la mer et l’exil en partage. Après trois semaines à Fort-de-France, autant en Aviignon, les trois acteurs ont créé la pièce en mars dernier à Nouméa. Elle est attendue aux antilles et en Guyane cette année.

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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 12:42
Rencontre avec Stany Coppet, en lecture en Avignon, sur le Duel d'ombes d'Alain Foix.
"Quelques jours de tournage à la maison"
Vous êtes à l’origine de ce texte écrit par Alain Foix sur le chevalier Saint-George…
J’ai approché Alain Foix par l’intermédiaire de Caroline Ducrocq, la metteuse en scène. J’avais une idée d’un seul en scène sur le chevalier de Saint-George qui s’est finalement transformé en un duo sur scène avec Anne Sée. Donc, j’ai approché Alain et lui ai demandé si, finalement, il voulait bien m’aider dans cette démarche. Il se trouve qu’il a décidé de réécrire son propre texte qui marche mille fois mieux que le mien (Je ne suis pas auteur !). Et il nous a fait l’honneur d’écrire une belle pièce, une comédie en musique…
Stany Coppet, vous êtes un jeune comédien pas encore très connu. Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ?
Je suis Guyanais. J’ai grandi à Paris et en Guyane. J’ai commencé à travailler en télévision (RFO, TF1) en tant que journaliste après les études de commerce. Et puis, un peu sur le tard, au milieu de la vingtaine, je me suis dit que c’était peut-être maintenant ou jamais que je devais concrétiser mon rêve qui était de  devenir comédien. J’ai pris des cours et je me suis expatrié aux Etats-Unis où j’ai fait deux ans de cours de théâtre à Lee Strasberg, l'Actor Studio. C’était sur la recommandation de ma marraine Euzhan Palcy et d’un fameux réalisateur américain que j’ai rencontré par hasard qui s’appelle Spike Lee. Ils m’ont aidé à rentrer dans cette école par des lettres de recommandation. J’ai passé deux ans à New York où j’ai grandi en tant qu’acteur avant de partir à Los Angeles. Là-bas, j’ai découvert que la compétition était  autrement plus difficile… Je suis revenu en septembre dernier à Paris et j’ai fait d’autres belles rencontres, notamment celle de Claude Ribbe qui a de beaux projets et qui est auteur que je respecte beaucoup. Et j’espère que j’aurai l’occasion de travailler avec lui, notamment sur son projet de film sur Alexandre Dumas.
Allons-nous vous voir sur scène prochainement ?
J’ai quelques projets en cours, dont un dont je ne veux pas encore parler (une grande série pour une grande chaîne qui n'est pas encore signée !) et puis le premier long métrage de Marc Barrat qui se tourne en Guyane à partir du 15 août, où j’aurai un petit rôle. J’y serai début septembre pour quelques jours de tournage à la maison, en Guyane !
Qui jouerez-vous ?
Je jouerai le rôle de l’aide guide de Sarah Martens qui est le guide de cette aventure qui se passe sur le fleuve. J’aurai deux ou trois scènes assez significatives.
De quoi parlera ce film ?
C’est une aventure dramatique (il y a des morts) dans la forêt amazonienne avec un jeune métropolitain qui est Julien Courbet, l’acteur de Djamel Bensalah. Voilà ce que je peux en dire !

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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 11:59
Venu écouer Stany Coppet dans son interprétation du chevalier Saibt-George, Edouard Montout fait le point sur son actualité théâtrale, télévisuelle et cinématographique...
« J’attends un enfant »
Qu’êtes-vous venu faire en Avignon, cette année ?

Je suis venu lire une pièce qui s’appelle Big shoot de Koffi Kwahulé qui sera mise en scène par Marianne Grove. Je l’ai lue avec Morgane Perez chez Greg Germain à la Chapelle du Verbe incarnée. A la base, on pensait même éventuellement la jouer, la produire nous-même pour Avignon, mais le côté parade, le côté tracter soi-même, le côté monter sur les murs pour afficher, on s’est dit qu’on est trop vieux pour ça. Donc autant demander à ‘autres professionnels de nous produire. D’où la lecture. Et puis, je suis venu prendre un peu de vacances parce que c’est une belle région !
Vous jouiez, il y a deux ans, Dura lex, au théâtre, va-t-on vous revoir prochainement ?
Ce ne sont que des projets avec Marianne Grove. On va sans doute reprendre Dura lex à Paris, éventuellement si on trouve un théâtre… Une autre pièce qui s’appelle Doris Darling avec Catherine Jacob a beaucoup intéressé le producteur Jean-Claude Camus pour son Théâtre de la porte Saint-Martin. Et puis, surtout, Big shoot… La manufacture des abbesses à Paris est très très intéressée… Maintenant, il nous faut des fonds ?
Des projets télévisuels ?
Il y a un rôle dans un film qui s’appellera Les trois font la paire pour France 3 avec Bruno Malinier, et aussi une série dont je suis assez fier qui s’appelle Flic avec Frédéric Diefenthal. C’est le réalisateur de David Noland, Nicolas Cuche qui est derrière. L’écriture est d’Olivier Marchal, donc que de très bonnes personnes ! J’y suis un tueur de flics nommé Barros. Après le festival de la télévision à la Rochelle, ça devrait sortir à la rentrée.
Et en Cinéma, du nouveau depuis Taxi ?
Pas grand chose… Mais si j’ai joué dans le film de mon ami Lucien Jean-Baptiste, la Première étoile, son premier film. Il doit sortir en décembre ou janvier. Je joue un de ses amis, un homme qui est fou de sa bagnole, mais lui, le personnage de Lucien, lui taxe pour aller à la montagne… C’est avec Firmine Richard.
Vous reverra-t-on chez vous en Guyane ?
On devait parce que j’avais prévu de tourner dans le film de mon autre ami Marc Barrat qui se fait finalement en septembre octobre. Malheureusement, première chose, j’attends un enfant qui devrait arriver en octobre. Et ça me semble un peu loin la Guyane pour prendre le risque de m’éloigner à ce moment-là, et deuxième chose, je risque d’avoir un premier rôle dans un téléfilm qui se passerait au même moment à Marseille. Donc la Guyane ne va pas me voir tout de suite, non, Malheureusement.

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 18:40
Duel d’ombres
A l’instigation de Stany Coppet, Alain Foix a écrit une nouvelle pièce, Duel d’ombres, la rencontre entre le chevalier d’Eon et le chevalier de Saint-George. Découverte en Avignon.
Saint-George sorti de sa confidentialité toute antillaise fait une sortie magistrale en Avignon ! Après la rencontre du Juif et du Nègre, Shylock, l’usurier du Marchand de Venise, et Othello, le prince maure, dans Le ciel est vide, celle des deux figures de la négritude faite femme, Gerty Archimède et Angela Davisdans Pas de prison pour le vent, Alain Foix ose nous raconter en alexandrins rimés le moment fameux ou les deux chevaliers, d’Eon et Saint-George se rencontrent avant leur fameux due londonien.
Anne Sée dans le rôle du chevalier d’Eon et Stany Coppet dans celui Saint-George, mardi dernier, salle Jean Vilar, au festival d’Avignon. (RDG)

Cette fois, le Noir se confronte à celui qui a une autre identité sexuelle. Le chabin et le travesti. Ni Noir, ni blanc, ni homme, ni femme… Chacun est aux yeux de l’autre une apparence… Jeux de marivaudages, jeux de mots chargés de sens, dialogue léger abordant les profondeurs d’une réflexion sur la différence, « un monde où la surface est profonde… » « Ce sont des personnages majeurs, dit Alain Foix, qui ne sont ni l’ombre de Mozart, ni, dans le cas de Toussaint Louverture (autre héros noir exhumé par la dramarturge), celle de Napoléon 1er. »
Corps sage et corsage
Habilement, Alain Foix ne chante pas la douleur liée à l’histoire. Il trouve d’autres chemins pour raconter ce que ces gens avaient à dire au milieu de leur temps et ce que leur temps a à nous dire. Le texte est empreint d’une légèreté apparente, « très créole et qui cache une mélancolie, une désespérance », prévient l’auteur qui rêvait depuis longtemps d’écrire une comédie. Saint-George, le XVIIIe siècle, les lumières… Voltaire, qu’il faudrait faire taire, « une drôle de lumière sur la traite négrière », « un Mozart noir comme il se dit d’un chocolat blanc, mais en pire », même en alexandrins !

Stany Coppet, Anne Sée, Alain Foix et Carline Ducrocq

Anne Sée est le chevalier d’Eon, le Guyanais Stany Coppet est Saint-Georges. Dans cette mise en espace de Caroline Ducrocq, les deux héros sont l’affiche du duel du siècle. Le Nègre battra-t-il la femme ? La pièce relate ce jeu de dupés pas dupes. Soudain, entre deux mesure du concerto en la mineur de Saint-George, au paroxysme de l’action, un cri. Un cri créole. Le juron prend une étrange résonance dans cet aristocrate salon londonien… Les masques tombent… « Un esprit sain dans un corps sain », lance le chevalier d’Eon. « Un esprit sain dans un corsage », rétorque Saint-George affranchi ! Duel d’ombre n’était qu’en lecture publique. Un producteur était dans la salle... Duel d’ombres fera, on en prend le pari, un gros succès, pourvu que la France s’en mêle. Saint-George et Alain Foix méritent bien cela.

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 18:31
Interview. Alain Foix
« Qu’est-ce qu’il y a derrière l’image d’une femme, derrière l’image d’un Noir ? »

Ecrire en alexandrin aujourd’hui, ce n’est pas banal…
J’ai d’abord écrit le texte en prose, mais je voulais quelque chose de musical, en vers en alexandrins. Mais surtout, je trouvais intéressant de resituer le chevalier Saint-George dans son temps. Je sais qu’au temps de Saint-George, à la fin du XVIIIe siècle, des gens comme Beaumarchais avaient déjà abandonné l’alexandrin, mais le propos était de créer de la distanciation, une forme de distance noble entre les deux personnages et entre les personnages et nous. Ca procure aussi un effet de distanciation théâtrale. Et puis l’alexandrin impose beaucoup de choses et c’est un jeu. A partir de cette contrainte, on peut nourrir beaucoup de choses. Je me suis rendu compte en ayant écrit le texte en prose, puis en alexandrin, que j’y découvrais du sens, des niches où je pouvais développer du sens par l’apport de l’alexandrin. Curieusement, je dis plus de choses dans l’alexandrin qu’en prose simple.
Saint-George était honoré le 10 mai dernier par le président de la République. Saint-George est à la mode ?
Vive la mode, si la mode porte Saint-George ! (rires)
L’an dernier, vous présentiez Le ciel est vide, la confrontation shakespearienne du Noir et du Juif par rapport à leur histoire, cette fois, c’est le Noir et l’homosexuel. C’est encore une question d’identité ?
Bien sûr, c’est une question d’identité, mais c’est d’abord une question de représentation. La question qui est posée est : qu’est-ce qu’il y a derrière l’image d’une femme ? Qu’est-ce qu’il y a derrière l’image d’un Noir ? Le chevalier d’Eon qui est, on le sait, un makoumè, peut  très bien dire autre chose. D’ailleurs, il dit autre chose et il a l’image d’une femme. Et si on retourne la question sur l’image d’un Noir, le chevalier Saint-George répond : « Il n’y a rien, madame. Il n’y a que des idées. » C’est la question profonde du racisme. Le racisme est le fait de penser que derrière le visage de quelqu’un, il se trouve une pensée parce que son visage définit un caractère génétique et que la pensée serait inscrite dans ces gènes.
Un sujet grave et une forme légère, pleine d’humour…
Il y a des jeux de mos…. On est dans le XVIIIe siècle qui est un siècle à la fois léger et profond. Un siècle qui sait jouer de la légèreté pour renvoyer de la profondeur. Comme dit Nietzche, la surface est profonde.
La pièce sera-t-elle jouée chez Saint-George, en Guadeloupe?
Je l’espère ! En tout cas, j’ai pensé fortement à eux en écrivant cette pièce. D’aileurs, l’histoire du makoumè c’est très créole… C’est bien parce que c’est un créole qui l’a écrit !







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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 12:45
Rubis renforce sa présence aux Antilles-Guyane
Le groupe Rubis a acquis la totalité des droits détenus par le groupe Shell dans les groupements d’intérêt économique exploitant les installations d’avitaillement aérien sur les aéroports de Fort-de-France (Martinique), de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) et de Cayenne (Guyane Française). La réalisation de cette acquisition permettra au groupe Rubis de renforcer sa position dans une région où il est déjà présent depuis l’acquisition du réseau de distribution de carburants du groupe Shell réalisée en 2005.

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 11:01
La Congrès adopte la révision constitutionnelle à une voix près
La réunion du Congrès, lundi 21 juillet à Versailles, a donné lieu à des tractations préalables dans l'ombre. Victorin Lurel s'était assuré vendredi que ses collègues d'outre-mer au sein du groupe SRC à l'Assemblée voteraient bien contre le texte. Ainsi, Chantal Berthelot, de Guyane, et Jeanny Marc, de Guadeloupe, lui auraient affirmer voter contre. Mais lundi, il en allait tout autrement et les deux députées votaient avec la majorité pour la révision constitutionnelle. "Jégo a appelé Berthelot", commentait-on dans l'entourage de Victorin Lurel... Reste que même si l'adoption n'a eu lieu qu'à une voix près, le déput de Wallis et Futuna (que Marleix a appelé derrière Lurel...), celle de Saint-Pierre-et-Miquelon ou encore... Jack Lang ont voté pour !

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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 21:55
Interview de Christiane Obydol de Zouk machine
« M’Moi va être le tube de l’été »
Après s'être séparée de Béatrice Poulot et Claudine Penon, Christiane Obydol de Zouk machine a sorti, fin juin, un nouvel album, Koud’soley chez Milan.
L’aventure de Zouk machine continue ?
L’histoire de Zouk machine continue, j’ai recruté deux autre copines, Layko la Guadeloupéenne et Lïor la Martiniquaise, J’ai sorti un album où j’ai tout refait, de A à Z. J’ai chanté en solo. Les filles sont avec moi comme choristes et danseuses pour garder le show à trois ; Tout est nouveau, on a monté un nouveau show et on a fait un premier concert, en juin, à Orly. Il faut maintenant le roder pour avoir un truc bien
Tu as fait appel à de nouvelles pointures du spectacle ?
Sur cet album, il y a un inédit composé par Bruno Dandrimont et Christophe Maé et moi, je suis l’auteur de la chanson. Elle s’appelle M’Moi. Ca va être le tube de l’été, j’espère… On se bat ! Il a l’air d’être apprécié…
Te verra-t-on aux Antilles ?
On est en train de monter une tournée pour le mois de novembre, décembre et on commence par la Réunion, l’île Maurice, Madagascar, on revient sur les Antilles, Guadeloupe, Martinique, Guyane et en décembre, le 17, on fait un concert à l’Elysée-Montmartre.
Zouk machine est donc reparti pour un tour ?
J’espère, pour un très beau tour ! En tous les cas, c’est unr nouvelle équipe et tout le monde a envie d’y arriver. On a beaucoup d’enthousiasme et on est vraiment très contentes d’être ensemble.
Tu as conscience de ce que peut représenter Zouk machine ?
Ca fait quand même 22 ans que je me bats avec tous les aléas qu’il y a eu dans ce groupe. J’avoue que si tout le monde me dit que je suis vachement courageuse, je crois que c’est le métier qui me tient et je crois que tant que je ferai ça, je serai vivante.
Quand on a chanté un titre comme Maldon, on ne peut pas s’arrêter…
On veut faire mieux, on espère faire mieux… en tous les cas, je fais de mon mieux !

Les dates de la tournée française25 juillet à Mont’d’Or (69) à 21 h 30
26 juillet à Volvic (63) à 21 h 30
27 juillet à Tronget (03) à 21 h 30
24 août à Sainte-Fortunade (19) à 16 h 45

Zouk machine, vite fait
A sa naissance, le groupe Zouk machine est formé de trois jeunes Antillaises, Christiane Obydol, Dominique Zorobabel et Joëlle Ursull. Dans l’ombre, veillent les auteurs compositeurs Guy Houllier et Yves Honoré. Le premier album est un énorme succès avec  80 000 exemplaires vendus. L’arrivée de Jane Fostin et le départ de Joëlle Ursull marquent la sortie du deuxième album « Maldon » chez Déclic. Il est disque d’or (Plus de 100 000 exemplaires)
En 1990, le groupe signe chez BMG qui décide de mettre sur le marché une compilation des deux premiers albums. Le titre MALDON (la musique dans la peau) sort en single. C’est un succès immédiat concrétisé par plus de deux millions de singles vendus et la première place au Top 50 pendant 10 semaines consécutives. La compilation est certifiée album d’or et de platine (420 000 exemplaires).
L’album « Kreol » en 1991 incluant notamment les tubes « DJ » et « Sa Ké Cho » est de nouveau un disque d’or. Puis, c’est le départ de Jane Fostin suivi par celui de Dominique Zorobabel. Seule, Christiane Obydol décide de relancer le groupe en faisant venir les deux choristes Claudine Pénon et Béatrice Poulot avec lesquelles elle se produit majestueusement le 29 juin 2007 sur la scène du Nouveau Casino. Las, les deux choristes ont une vie de famille qui se prête difficilement à la tournée. La formation ne survit pas. Avec l’arrivée de Laïko et Lior, Zouk machine se lance dans une quatrième vie !

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