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27 juin 2008 5 27 /06 /juin /2008 20:37
Procès entre anciens amis
Le tribunal de Paris a débouté, le 23 juin, Patrick Karam face à Claude Ribbe, disant que le délégué interministériel n’avait pas été diffamé « avec l’évidence requise en référé ». Retour sur le dossier d’une amitié perdue.

Au mois de mai dernier, Claude Ribbe, métropolitain d’origine marie-galantaise, membre de la commission consultative des droits de l’homme, normalien, écrivain et ancien président (démissionnaire) du Collectifdom, lançait sur son blog une campagne visant à demander le renvoi de Patrick Karam, Guadeloupéen d’origine syro-libanaise, de la délégation interministérielle à l’égalité des chances des Français d’outre-mer. Ces deux-là furent pourtant amis puisque Patrick Karam, fondateur et premier président du Collectifdom avait contribué à placer Claude Ribbe à sa succession au Collectifdom en évinçant Juliette Jean-Baptiste. C’est encore Patrick Karam qui lui présentait François Bayrou (Claude Ribbe avait espéré un temps conquérir la circonscription législative de Sarcelles sous les couleurs de l’UDF). Et c’est toujours ce même Patrick Karam qui avait permis à Claude Ribbe d’intégrer la commission des droits de l’homme au grand dam du signataire  — sans doute distrait — du décret de nomination, Dominique de Villepin, alors Premier ministre. A la suite de cette « distraction », ce dernier s’était fendu d’une lettre d’excuse à sa propre sœur, Véronique Albanel, furieuse de voir accéder à ladite commission un homme qu’elle avait entendu à plusieurs reprises parler à la télévision nationale haïtienne à la fin 2003, au plus fort de la crise précédent la chute de Jean-Bertrand Aristide.
Collectifdom canal habituel et canal historique
Mais foin des amitiés, il y a eu querelle sur l’héritage du Collectifdom, aboutissant à un schisme entre les deux co-présidents qui avaient succédé à Claude Ribbe en juin 2007. L’un choisissait de faire alliance avec Claude Ribbe, tandis que l’autre restait fidèle à Patrick Karam. En décembre 2007, alors que l’Elysée avait en main une lettre de démission de Patrick Karam, Claude Ribbe était reçu par un conseiller technique de Christian Estrosi au ministère de l’Outre-mer auquel il demandait la place de Patrick Karam à la délégation. La démission de l’un comme la demande de l’autre furent chacune refusées. Ribbe décidait alors de remettre en cause sa démission de président du Collectifdom et entamait ce bras de fer contre son ancien ami Karam.
C’est dans ce contexte où les rivalités sont multiples que Claude Ribbe lançait son offensive anti-Karam. La réaction du délégué interministériel a été d’attaquer Claude Ribbe en diffamation. Le vice-président du tribunal de Paris, Nicolas Bonnal a estimé qu’il n’y avait pas diffamation évidente, ainsi que l’exige la procédure d’urgence (référé) et que, en substance, les attaques contre les hommes publics sont le jeu de la démocratie. Il a donc rejeté toutes les demandes Patrick Karam, le condamnant même aux dépens. Mais il a aussi considéré que Patrick Karam a « pu se méprendre compte tenu de la vivacité du ton employé contre lui » et qu’il n’y avait « pas lieu à faire droit à la demande formée en défense ». Claude Ribbe ne peut donc pas chanter victoire puisque le juge a rejeté toutes ses demandes de dommages-intérêts (établies à 10 000 euros) et réduit à 1000 euros des frais de procédure qu’il avait évalué à 3 000 euros.
Un autre acte devrait, en toute logique, se jouer avec l’examen de l’affaire sur le fond et non plus en référé.

Que s’est-il passé
 entre Karam et Ribbe ?

Patrick Karam en a voulu à Claude Ribbe quand il a appris qu'un rapport de l'UCREF (Unité centrale de recherche des crimes financiers, une ONG haïtienne) le mettait en cause pour avoir empoché 62 557 dollars du gouvernement Lavalas (sous la présidence Aristide) et qu’il avait prêté sa plume au général Aussaresse, qui s’était vanté d’avoir torturé pendant la guerre d’Algérie.
De son côté, Claude Ribbe a reproché à Patrick Karam de faire appel à un métropolitain plutôt que lui pour écrire la scénographie autour du chevalier Saint-Georges, lors de la cérémonie nationale du 10 mai dernier. Claude Ribbe visait Alain Guédé, auteur d’une biographie de Saint-George et président d’une association dédiée au Mozart noir où l’on retrouve des Antillais dont Nicole Alpha. En 2002, ces deux lettrés s’étaient combattus dans une controverse fameuse publiée par le Figaro. Alain Guédé plaidant pour débaptiser la rue Richepance et lui donner le nom de Saint-Georges, Claude Ribbe prenant la défense du général d’empire, rétablisseur de l’esclavage en Guadeloupe en 1802.



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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 23:52
Lurel interpelle Morin sur la nouvelle carte militaireHier, à l’Assemblée nationale, Victorin Lurel a interpellé le ministre de la Défense, Hervé Morin, quant à la réforme de la carte militaire, le fameux livre blanc de la Défense que doit présenter le président de la République le 3 juillet prochain. Victorin Lurel a estimé qu’après « la réforme de la carte judiciaire, celle de la carte hospitalière, la réduction des effectifs de la fonction publique, la suppression des 400 emplois à Météo France et les tentatives de détricotage de la défiscalisation, le départ annoncé des forces armées de Guadeloupe et Martinique, cela écoeure. » Il observe que 20 ou 25 millions d’euros ont été annoncés par le ministre Yves Jégo sur une somme globale de 250 millions  et se demande si « l’armée a toujours des objectifs de défense et de prestige dans la zone." Il se demande encore si on aura le temps de faire venir en cas de besoin des moyens de métropole ou de Guyane…

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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 23:35
Quatre ans après : Chevry plombe toujours LurelLa fameuse BMW que Lucette avait fait acquérir par la Région pour ses déplacements à Paris a fini par lâcher le président Lurel. Il a dû mettre la main à la pâte et pousser... Faut dire qu'en quatre ans, la Région n'a plus acheté aucune voiture !

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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 19:49
Une convention pour loger nos étudiants à la cité universitaire internationale de Paris
Victorin Lurel et Sylviane Tarsot-Gillery, déléguée générale de la cité universitaire internationale de Paris ont signé, mercredi dernier, une convention destinée à permettre le logement, dans ce prestigieux cite estudiantin de la capitale, de soixante étudiants guadeloupéens de niveau licence ou plus, pendant douze ans. La Région Guadeloupe s’est engagée en contrepartie à participer à rénover les bâtiments de la fondation Deutsch de la Meurthe, la plus ancienne des 39 résidences de la cité universitaire à hauteur de 771 000 euros. « Après quelques années de fiançailles, nous nous engageons dans le temps ! » a indiqué la déléguée générale qui a inauguré un partenariat avec la Guadeloupe, il y a quatre ans. Victorin Lurel qui a raconté aux étudiants présents comment, quand il était étudiant lui-même, il était logé « dans une toute petite chambre à Nanterre », leur a rappelé qu’ils étaient « les ambassadeurs de la Guadeloupe » et qu’il comptait sur leur comportement et leur sérieux exemplaires.

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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 19:43
Loi de programme : fin des consultations
Alors que l’on ne connaît pas encore le détail des mesures du nouveau texte du projet de loi, Yves Jégo semble avoir rassuré en partie les socioprofessionnels.
Si le dîner  du secrétaire d’Etat à l’Outre avec les parlementaires, mercredi soir, a été un four (trois députés et l’exécutif de Saint-Pierre-et-Miquelon), la réunion avec les socioprofessionnels des DOM, hier après-midi, a été un succès pour Yves Jégo. « Jégo a été applaudi quand il a lu le relevé de conclusions » a confié un participant. La réunion a duré quelque quatre heures car si des arbitrages ont déjà été rendus sur la dégressivité, l’exonération des charges, le plafonnement des taxes ou l’accession à la propriété pour les primo-accédants, Yves Jégo a dû prendre sur lui pour les propositions qui n’ont pas été tranchées et qui le seront au plus haut niveau. Selon le président du conseil économique et social de Guadeloupe (premier sorti de la réunion), Jocelyn Jalton (photo), des interrogations demeurent encore comme le fond exceptionnel de rattrapage. « On peut parler d’avancées a confié un conseiller ministériel, et 75 % des arbitrages ont été rendus. » Il y a bien sûr des questions en suspens comme l’allongement du délai pour la période de transition en ce qui concerne la défiscalisation du logement libre mais dans le fonds, aucun des participants consultés n’avait en tête les points d’achoppement à la sortie.
Loi Jégo
« Le reste fera l’objet d’amendements qui seront déposés au Parlement pour éviter un blocage de Bercy », confiait un représentant d’une chambre syndicale. La représentante du comité du tourisme de Guyane a indiqué que l’ « on avait beaucoup parlé de logement et de BTP et fort peu de tourisme ! » Au point de vue agricole, le ministre a promis une table ronde en septembre pour mettre à plat les problèmes de l’agriculture outre-mer. De même un plan de relance spécifique de croissance destiné au petit commerce et à l’artisanat doit être  mis en place à l’automne. Le relevé de conclusions devrait toutefois être un peu plus qu’un simple relevé puisque selon un conseiller, le texte doit être communiqué incessamment au Conseil d’Etat et aux collectivités territoriales avant un passage confirmé en conseil des ministres le 28 juillet et un examen à l’automne au Parlement. Victorin Lurel, seul parlementaire antillais à avoir participé au dîner ministériel de la veille, indiquait de son côté attendre cette nouvelle saisine des collectivités et des parlementaires avec le nouveau texte : « Ca montrera la capacité de Jégo à gagner ses arbitrages. »

Le relevé de conclusions
Relèvement du plafond de base exigible à 150 000 euros pour la taxe professionnelle pour tous les secteurs et à 300 000 euros pour l’impôt sur les sociétés pour les secteurs prioritaires.
Relèvement des seuils d’exonérations de charges sociales pour les secteurs prioritaires (1,6 – 4,5).
Augmentation et programmation sur 3 ans de la LBU.
Relèvement du plafond de défiscalisation en matière de logements sociaux à 1 800 euros.
Maintien du dispositif de défiscalisation pour les primo-accédants.
Réintroduction des logements intermédiaires dans le cadre de programmes mixtes.
Période de transition allongée entre l’ancien et le nouveau dispositif de défiscalisation. Pour le logement libre : logements achevés au 31 décembre 2011 ; pour l’intermédiaire : logements achevés au 31 décembre 2012.
Mise en place d’un comité de suivi incluant les socioprofessionnels avec un volet spécifique sur la TVA NPR
Suppression de la responsabilité de l’investissement de l’investisseur au-delà de la première année.
Prise en compte dans les projets de réhabilitation de la petite hôtellerie des 60 premières chambres

La critique de Brigitte Girardin
Alors que tout le monde politique et socioprofessionnel des départements d’outre-mer est concentré sur la préparation du nouveau texte de loi, l’ancienne ministre de l’Outre-mer, Brigitte Girardin se faisait décorer par Jacques Chirac lui-même. « J’ai fait souffrir Jean-Pierre Raffarin mais on ne fait pas voter une loi de programme sur 15 ans pour l’Outre-mer sans faire preuve de détermination a-t-elle dit (au Figaro) avant de reprocher à l’actuel gouvernement de détricoter sa loi et de ne voir dans l’outre-mer que des danseuses ou des niches fiscales. »

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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 09:00
Démission au cabinet de Jégo
 François-Xavier Bieuville, conseiller technique au cabinet d'Yves Jégo a proposé sa démission, hier, au ministre qui l’a acceptée. Celui-ci espérait depuis longtemps le poste de directeur adjoint de cabinet et l'a fait savoir au ministre. Le poste étant occupé depuis longtemps par Laurent Prévost, un ancien de la préfecture de Martinique (en même temps qu'Olivier Biancarelli), le ministre n'a pas jugé utile de donné suite à sa demande, d'où cette démission. François-Xavier Bieuville était un rescapé du cabinet d’Estrosi, un ancien du haut-commissariat de Nouvelle-Calédonie où ses qualités d’expert en réseau informatique l’avaient fait repérer et un proche du conseiller du président de la République, Olivier Biancarelli. On pourrait le retrouver, comme l’ancienne attachée de presse et l’ancienne chef de cabinet de Christian Estrosi, au cabinet de Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la Famille, bien que ces deux là n’aient pas eu les meilleures relations quand Christian Estrosi occupait la maison Oudinot.

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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 16:55
Jégo a dit
« Les élus dépensent de l’énergie pour des questions institutionnelles ; moi, je suis là pour m’occuper de l’intérêt des Guyanais. » Yves Jégo, lors du cocktail consécutif à sa conférence de presse sur ses 100 jours à Oudinot, le 25 juin.

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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 16:43
Yves Jégo fait le bilan de ses 100 jours à l’Outre-mer
Le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer faisait, hier, le bilan de ses 100 jours à la tête du ministère de l’Outre-mer.
Mieux que Christian Estrosi, son prédécesseur, Yves Jégo a parcouru 13 destinations en 14 semaines et 167 348 km (et sans Falcone !). Il s’est rendu trois fois à la Martinique et à la Réunion, deux fois en Guadeloupe, Guyane et Mayotte et une fois en Nouvelle-Calédonie. Il a annoncé qu’il serait encore à la Réunion, le 7 juillet, puis à la Martinique pour la fête nationale du 14 juillet avant de partir du 19 au 25 juillet en Polynésie.
La DGOM
A Paris, son ministère sera réformé le 1er septembre lorsque la délégation générale à l’Outre-mer remplacera les deux directions actuelles. « Ce sera une administration de mission chargée de prospective, d’expertise et d’évaluation », a précisé le ministre. Il y aura 80 agents en moins mais 60 % de cadre A au lieu de 40 actuellement.
La LOPOM
Concernant la loi de programme, Yves Jégo a indiqué que la copie finale serait présentée ce jour après une ultime réunion de concertation avec les politiques (hier soir) et les socioprofessionnels (cet après-midi à Paris) et que le texte serait présenté au conseil des ministres du 28 juillet. Yves Jégo a insisté pour dire que cette loi représentait 10 milliards d’euros en dix ans.
La Défense
Le ministre a indiqué que 20 millions d’euros seraient affectés à la restructuration économique des territoires touchés par la disparition de casernes. Si rien n’a été détaillé concernant les Antilles et la Guyane, les éléments opérationnels que constituent le 33e RIMa et le 43e BIMa semblent bel et bien menacés à l’exception de certains de leurs moyens aéroportés et maritimes utiles au maintien d’une force de sécurité civile. La Guyane deviendrait le centre militaire de la région.
Mémoire
« La mémoire de l’esclavage sera intégrée au sein du futur musée de l’histoire de France et un site Internet international valorisera un centre de ressources universelles sur ce thème. »
Grenelle de l’environnement

A la suite des conclusions rendues par le comité opérationnel le 16 juin dernier, Yves Jégo a rappelé que l’Outre-mer qui rassemble 80 % de la biodiversité française, s’était fixé « la voie de l’exemplarité par les axes stratégiques définis par le Grenelle de l’environnement ».
L’outre-mer et l’Europe
Profitant de la présidence française de l’Union européenne, Yves Jégo souhaite développer une vraie logique de continuité territoriale aérienne. « Le prix des billets d’avion ne changera que par une action européenne », a-t-il affirmé. Par ailleurs, la région caraïbe pourrait servir de plateforme d’expérimentation pour une coopération régionale sur des thèmes aussi variés que la sécurité civile ou les accords bilatéraux de police.

Kourou et Cannes
Rappelant que la CNES à Kourou fêterait ses 40 ans d’existence en septembre, Yves Jégo a indiqué qu’il serait présent  pour cet anniversaire et que, dès le mois de juillet, le ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, s’y rendrait en juillet avec 26 autres ministres européens.
Concernant le tourisme qu’il souhaite voir devenir un moteur de l’activité outre-mer, Yves Jégo a annoncé la tenue d’assises nationales du tourisme de m’outre-mer qui se dérouleront à Cannes (Alpes-Maritimes), le 26 septembre prochain.
Explosions en Guyane : le mystère demeure
Interrogé sur les cinq explosions survenues samedi 21 juin au matin, entre Sinamary et Iracoubo (et qui ont été entendues 60 km à la ronde), Yves Jégo a indiqué qu’il y avait deux hypothèses : celle d’un effondrement de terrain ou celle d’un dépôt d’explosifs clandestin. Reconnaissant qu’on n’avait trouvé aucune trace au sol, il a déclaré : « L’enquête se poursuit, le mystère n’est pas résolu. » D'autres sources nous ont indiqué la possibilité d'une pluie de météorites...

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24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 14:23

Diversité lyrique
Porgy and Bess, l’opéra interdit aux Blancs
"Porgy and Bess" mise en scène par la Sud Africaine Robyn Orlin à l'Opéra Comique (
Photo : E. Carecchio)

L’opéra Porgy and Bess ne peut être interprété que par une distribution exclusivement noire. Ainsi en ont décidé les auteurs, le compositeur George Gershwin (1898-1937) et son frère Ira Gershwin qui a écrit le livret avec Dubose Heyward.
La saison lyrique 2007-2008 met à l’honneur cet « opéra nègre americain » selon Truman Capote, considéré aujourd’hui comme un vrai opéra populaire américain, mélangeant langage jazz et negro spiritual. Le livret raconte l'histoire de Porgy, un noir estropié vivant dans les taudis de Charleston, en Caroline du Sud, qui tente de sauver Bess des griffes de Crown, son mari, et de Sportin’Life, un dealer.
L’opéra  a connu un  très gros succès à sa création en 1935. Les critiques avaient salué la modernité de son approche de la culture afro-américaine. Au fil du temps, la controverse avait pris le dessus faisant considérer l’œuvre comme un point de vue blanc, voire raciste, sur la condition des Noirs américains. Le grand Duke Ellington moquera même « les stéréotypes négroïdes d’un blanc ». Heureusement l’aspect populaire de l’oeuvre reprendra le dessus et de nombreux musiciens noirs de jazz enregistreront leur version de Porgy and Bess comme l’illustre la chanson Summertime reprise par de grandes voix du jazz afro-américain.
Voilà donc un programme passionnant pour deux productions confiées a deux grande figures du spectacle contemporain, les Français Montalvo-Hervieu  et la Sud-Africaine Robyn Orlin.
À l’Opéra de Lyon
Porgy and Bess à l’opéra de Lyon. Sportin’Life (Ronald Samm) et Bess (Janice Chandler-Eteme) au premier plan à droite (Photo : B. Stofleth)
José Montalvo et Dominique Hervieu (du Centre chorégraphique national de Créteil) offrent une scénographie sans surprise, frontale et statique, comme dans leur spectacle précédent (Les Paladins de Rameau). Le rideau s’ouvre sur une projection du décor de la création de 1935 signé de Sergei S. Doudeikine. Des séquences surprenantes montrent les chanteurs filmés sous l’eau et des images d'archives déroulent le temps de façon simpliste et illustrent les actions (1965 et le mouvement pour les droits civiques, 1992 et les émeutes de Los Angeles). L’habituel défilé de parcs animaliers auquel ces deux chorégraphes sont habitués occupe l’écran sans répit. Des costumes fleurant bon la Nouvelle Star actualisent de façon triviale la représentation. Le Hip Hop, le Krump et autre Street performance de jeunes meublent la moindre mesure de la partition, les moments creux notamment. L’œuvre est ici jouée dans son intégralité : 3 heures 15 alors que les auteurs l’ont longtemps donnée dans une version écourtée. Le travail de l’opéra de Lyon avec les quartiers trouve ici son aboutissement : la salle se soulève avec enthousiasme devant le spectacle qui n’aurait pas reçu le même accueil avec le public du Théâtre des Champs-Élysées.
Porgy and Bess mis en scène par les Français Montalvo-Hervieu a fait une large place aux ultra-marins dans sa distribution. (Photo : B. Stofleth)
On remarque surtout le Porgy, dur et rayonnant, du baryton Derrick Lawrence, le Crown, violent, frimeur et bling bling, de Timothy Robert Blevins, le Sportin'life, comique au physique généreux, du ténor trinidadien Ronald Samm. Pour les rôles féminins, la soprano Kristin Lewis dans le rôle de Serena est une femme de caractère. Maria (la contre alto Laverne Williams) et Clara (la soprano guadeloupéenne Magali Léger) donnent la couleur du drame et la romance. Les ultra-marins étaient bien représentés dans les deuxième rôles par Jocelyn Michalon qui joue le croque-mort, Jean-Loup Pagesy dans le rôle de Jim, Odile Dovin qui interprête Lily, et Jean-Pierre Cadignan. L’orchestre et le chef emmènent le tout dans un tempo accéléré, peut être pour nous éviter l’ennui d’une mise en scène illustrative et passablement appuyée.
À l’Opéra comique
Crown (Daniel Washington) et Bess (Indira Mahajan) sur la scène de l’Opéra comique. (Photo : E. Carecchio)
La chorégraphe Sud Africaine Robyn Orlin propose un décor minimal. La scène est vide à l’exception d’un immense écran escamotable. Robyn Orlin prend le pari de monter l’opéra de Gershwin avec une table, des chaises et un écran sur lequel elle veut voir une projection de son subconscient. En fait, des images réalisées par Philippe Lainé dans un ghetto de Johannesburg. On y voit les habitants de Kliptown dans un dénuement absolu. Il se joue ici un pari esthétique, une mise en tension et une actualisation réelle de la dramaturgie du livret qui met en avant la force des personnages. Avec une grande simplicité et loin de tout spectaculaire, la chorégraphe s’est attaché à montrer l’aspect universel de cet opéra en déjouant les clichés et la condescendance qui ont longtemps desservi cette œuvre. Le sujet est la pauvreté, la migration forcée...
Bess (Indira Mahajan) et Sportin’Life (Jermaine Smith) dans la version sud-africaine de Robyn Orlin. (photo : E. Carecchio)
Les mouvements sont des danses primitives dans des styles aussi variés qu’il y a d’interprètes. Ceux-ci déjouent une autre image facile, celle du B-Boy noir qui fait du hip hop… Robyn Orlin est au plus prés de l’œuvre et fait un travail de création tout à fait remarquable en évitant les amalgames faciles. Le casting américain est aussi brillant qu’à Lyon. L’orchestre, sous la direction du chef Wayne Marshall, fait swinguer ce conte populaire lyrique.
Nous nous sommes pris à rêver d’un Porgy and Bess, opéra comédie musicale populaire, avec un casting inédit : Admiral T, Christiane Obydol, Lynn’sha, Mike Ibrahim et quelques autres !

Porgy and Bess a été joué à l’opéra de Lyon du 24 mai jusqu’au 1er juin  et à l’Opéra comique à Paris du 4 au 20 juin

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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 17:22
Procès Guarnori : Des peines avec sursis et des sommes à rembourser
L’escroquerie portait sur l’ensemble de l’outre-mer français ; après trois semaines d’audience et deux mois de réflexion, le tribunal d’Angers a condamné l’équipe de Jean-Michel Guarnori.
Après un procès étalé sur trois semaines en mars et avril derniers au tribunal correctionnel d’Angers (Maine-et-Loire), les juges qui avaient eu à étudier 19 tomes de documents ont rendu un jugement sur 354 pages ! Jean-Michel Guarnori, poursuivi pour escroquerie, tentative d’escroquerie, corruption, abus de biens sociaux, faux, usage de faux et complicité de faux, a été condamné à la peine de trois ans de prison dont deux avec sursis, une amende de 3000 euros (Le procureur avait requis 30 000 euros d’amende) et une interdiction de gérer pendant cinq ans. L’homme, primo-délinquant, de santé fragile, qui a déjà purgé dix mois de prison ne retournera donc pas en cellule. Son épouse écope d’une peine d’un an avec sursis. Les deux commerciaux et associés de M. Guarnori, Gilles Guichard et Alain Aldrin ont été condamnés respectivement à 18 mois de prison avec sursis et deux ans avec sursis. Le comptable a eu une peine de huit mois avec sursis, tandis que les deux secrétaires commerciales ont été relaxées.
Eric Floricien remboursera 18 000 euros
A la tête de trois sociétés de vente de produits industriels d’entretien, Jean-Michel Guarnori, avec son épouse, ses associés et son personnel, avait, entre 1995 et 2002, mis en place un système de vente forcée et un système de fausse facture. Il était ainsi parvenu à causer un préjudice de plus de 3 millions d’euros (pour les escroqueries) et de près de 12 millions d’euros (pour les tentatives d’escroquerie) à quelque 400 victimes réparties dans tout l’outre-mer français.Parmi celles-ci, beaucoup d’entreprises mais aussi de collectivités comme des mairies (neuf en Guadeloupe, deux en Guyane, neuf en Martinique, sept à Mayotte, cinq à la Réunion, une en Nouvelle-Calédonie, deux en Polynésie et le CCAS de Saint-Martin). Même le 33e RIMa, le 9e RIMa et le détachement de la légion de Mayotte avaient été touchés !
A l’issue du procès, une centaine de parties civiles se sont désistées et les prévenus ont été relaxés pour 74 faits délictueux.
Eric Floricien, l’employé municipal de Cayenne qui était poursuivi pour corruption passive a été reconnu coupable et condamné à un an de prison avec sursis et 4 000 euros d’amende. C’est une des peines les plus lourdes de ce procès dans la mesure où la justice lui impose de rembourser 18 000 euros au liquidateur des entreprises de M. Guarnori. Dans ces conditions, s’il ne fait pas appel, il ne devrait pas pouvoir continuer d’exercer ses fonctions à la mairie de Cayenne.

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