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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 19:56
Interview. Jocelyne Berdier, du CTIG
"La Guadeloupe est une destination plurielle"

Comment est cette édition de la Foire ?
On a essayé de rénover, changer… Et on a décroché le premier prix du stand d’or. Les gens sont contents et viennent nous féliciter. Avec la chambre de métiers, on a emmené des artisans et la CCI a emmené les îles du Sud. Et puis comme cette année, la foire se déroule sous le signe des arts dans la rue, on a emmené le kiosque de la place de la Victoire !
Que recherchent les gens ?
Les visiteurs s’intéressent d’abord aux produits du terroir, le rhum, le café, les épices… Et puis, on sent qu’il y a un engouement pour la destination et avec les promos « pour un euro de plus » d’Air Caraïbes, la Guadeloupe s’affiche réellement comme une destination plurielle. Cette année, les gens demandent beaucoup La Désirade et Petite-Terre !
Combien ça coûte ?
Le président Joël Lobeau a indiqué la somme de 400 000 euros en investissement. Pour les retombées, on a les indices de satisfaction des exposants. Il s’agit de faire la promotion de la Guadeloupe et de nos productions.

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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 19:53
Interview. Marjorie Boura, Stand de la Martinique
« On a gagné en quantité, perdu en qualité »

Y-a-t-il du neuf cette année ?
Pas grand chose comme nouveautés ! Nous sommes en déclin par rapports aux inscriptions. Avant il y avait plus d’exposants. La Chambre de commerce et d’industrie a laissé la main à la chambre de métiers. Les organisateurs changent, les prestataires aussi. Et il y en a moins. Il y a un appauvrissement au niveau de l’artisanat. Nous avions cinq bijoutiers, cette année, ils ne sont plus que deux.
Qu’est-ce qui marche ?
Ce qui a éclos et qui continue de fleurir, c’est tout ce qui touche à l’alimentaire. On trouve nos acras et nos apéritifs locaux, mais toutes nos distilleries ont disparu. Dillon, Clément venaient… Ils ne viennent plus. On a gagné en quantité, perdu en qualité.
Y a-t-il un effet Césaire ?
C’est l’attrait supplémentaire. C’est un bien pour un mal. Aimé Césaire s’en va mais il nous donne un second souffle. Les gens viennent pour lui, pour voir ses œuvres que nous exposons, jusqu’au supplément spécial de France-Antilles. J’ai sacrifié mon exemplaire pour l’afficher à la foire de Paris.

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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 19:43
A la foire de Paris
Pendant quinze jours, à la porte de versailles, les Antilles sont présentes au hall terres de Tropiques de la Foire de Paris.
Sandra Bisson et les 25 ans d’Activilong

L’ex-miss Guadeloupe Sandra Bisson, assure la promotion des 25 ans de la marque fondée par Yannick Chefre, en Guadeloupe, Activilong. Toute la semaine, le stand d’Activilong à la foire accueille des shows de coiffure. Le petit salon de coiffure a été transformé en laboratoire qui a sorti trois marques, Activilong, Miss Antilles et Maîtrise professionnelle. Quant à Sandra, elle sort de son côté sa collection dessinée par Angenel Gonfier, « Ma ligne de vêtement ».
Philippe Bourgade et la Martinique des mornes

Philippe Bourgade est venu exposer 18 clichés tirés de La Martinique des mornes, un travail réalisé de longue haleine par un amateur de la ruralité martiniquaise. Les tirages ont été financés par la chambre de métiers.
Sur les grilles du Palais Bourbon
Jean-Claude-Malo, nouveau maire de Bouillante et nouveau président de l’Association de smaires de Guadelàupe était avec Joël Lobeau, président de la Chambre de métiers de Guadeloupe et notre confrère, nouveau rédacteur en chef adjoint de France-Antilles, Martin Télémaque Laventure, sont venus à la Foire et ont profiter du voyage parisien pour écouter l’intervention du député Lurel lors du débat sur les langues régionales au Parlement. Ils posent devant les trois effigies d’Aimé Césaire apposées sur les grilles du palais Bourbon, à la demande du président Accoyer, en hommage à celui qui a siégé là de 1946 à 1993 (l'hommage des députés aura lieu mardi prochain à 15 heures).
Babette de Roszière en dédicace

La foire donne lieu à un véritable défilé d’auteurs venant à la Foire pour les séances de dédicaces. Cette fois, c’est Babette de Rozière qui signe son livre, Les petits plats de Babette.
Césaire et Astérix

Pour Régine Jasor, la disparition d’Aimé Césaire et le premier Astérix en créole ont marqué cette édition de la Foire. « Il y a une demande au delà de ce que je pouvais soupçonner autour d’aimé Césaire, une demande très populaire. Les gens veulent conaître l’œuvre. Certains prennent deux ou trois exemplaires du cahier ou du discours. Pour offrir. Beaucoup de gens qui n’ont entendu parler de lui que pour ses funérailles nationales se repentent presque de ne pas connaître mieux celui qui a été enterré comme Victor Hugo ! Et je ne suis pas peu fière de fournir aux gens des œuvres réputées introuvables à Paris ! »

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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 19:25
Taubira épinglée dans le Parisien pour son 80 m2 parisien à 986 euros

L’édition du 7 mai du Parisien consacre un dossier en page éco sur le logement social à Paris et la politique commerciale de l’OPAC. Premier bailleur de la capitale, l’OPAC est lié au Sénat et à l’Assemblée nationale par des conventions permettant de mettre à disposition de certains parlementaires des appartements loués entre 6,60 euros et 11,50 euros le mètre carré ! C’est à ce titre qu’en marge du papier, le Parisien a mis en exergue la députée de Guyane. Christiane Taubira habite le même ensemble immobilier (géré par l’OPAC) que Michèle Blumenthal, maire du 12e occupe à Paris et qui lui avait valu d’être montrée du doigt. Christiane Taubira, selon le Parisien, a obtenu ce quatre pièces de 80 m2 en 1998 à 12 euros le mètre carré, soit 986 par mois. « Deux fois moins que le prix du marché », constate le Parisien qui a interrogée la Guyanaise. Cet appartement lui a été « proposé par le service logement de l’Assemblée », « à un moment où j’en avais marre de faire et réfaire mes valises… » Et bien que bénéficiant de 11 000 euros mensuels, elle ne peut payer de surloyer car da    ns ce type de logement intermédiaire, les surloyers n’existent pas. Mme Taubira est bien logée, à pas cher et ce n’est pas de son fait !

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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 19:31
                Le 10 mai à Paris


                                                    commération du 10 mai 2007 au jardin du luxembourg

« Nous sommes en 1802, des navires de guerre cinglent vers les terres lointaines pour y rétablur l’esclavage par la force des armes. A Paris, une voix s’éteint pour deux siècles, c’est le chant du violon du chevalier de Saint-Georges, cet homme dont la musique avait montré que le génie humain n’a pas de couleur. » Ainsi débuterait la manifestation artistique du 10 mai dans les jardins du Luxembourg, en présence du président de la République. A travers la figure du chevalier de Saint-George, le spectacle va évoquer les abolitionnistes Brissot, Condorcet, l’abbé Grégoire, Tocqueville et Schoelcher ainsi que celles de Toussaint Louverture, Delgrès et Bissette et des nègres marrons. « Les célébrations du 10 mai mettront les abolitionnistes au centre du dispositif et donneront en exemple un héros positif, le chevalioer Sait-George », expliquait déjà en février l’un des ordonnateurs de la journée républicaine, Patrick Karam. La philosophie du 160e anniversaire de l’abolition est de dire que le 10 mai est la date des justes. « La République compte parmi ses plus grands défenseurs les hommes de couleurs libres, les esclaves des Antilles pendant la révolution de 1789, les insurgés de 1802 en Guadeloupe… La décalration du 10 mai 1802 est un hymne à la République. Et la création de la 1re et de la 2e Républiques coïncide avec les abolitions de 1794 et 1848. République et antiesclavagisme sont donc intimement liés », peut-on lire dans une note relative à l’organisation du 10 mai. Des concerts de l’œuvre de Saint-Georges seront joués au Sénat et une manifaqstation Hortidom fera jouer sur la scène de l’Olympia, le soir même, des artistes comme Soft, Tanya Saint-Val ou Malavoi.


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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 18:50
Tropiques FM et le CRAN appellent à marcher pour les libertés

Claudy Siar et Patrick Lozés respectivement président de l’association Génération consciente et Directeur Général de Tropiques FM et pour le second Président du CRAN ont annoncé, hier à Paris, l’organisation de la Marche des libertés  qui ira de la Place de la République à la Place de la Bastille, le 10 mai à 14 heures. Ce rassemblement, le jour de la commémoration du 160e anniversaire de l’abolition de l’esclavage sera pour ses participants l’occasion de rendre hommage aux millions d’africains déportés et à leurs descendants, esclaves des Caraibes, des Amériques et de l’océan Indien. « Cette marche permettra, indique Claudy Siar, de poser le problème des discriminations faites aux femmes, aux hommes, aux enfants dans notre pays. Quels que soient la couleur de la peau, le sexe, la religion des personnes que l’on discrimine, nous nous devons d’être là, prêts a refuser toute forme d’injustice. »  Patrick Lozés  a appelé lui aussi a manifester le 10 Mai pour démontrer la volonté de son association de lutter contre toutes les exclusions et discriminations, il a annoncé la mise en place, le 12 Mai 2008, au cours d’un sommet des initiatives économiques des population noires et des autres minorités, d’un partenariat économique avec la chambre de commerce afro-américaine qui compte plus de 100 000 entreprises dans son réseau. Le rassemblement se veut donc large, familial et de nombreuses personnalités et artistes sont annoncées. « Lilian Thuram (dont une intervention était prévue place de la Bastille, NDLR) ne pourra pas étre là, annonce Claudy Siar en raccrochant son téléphone, il est retenu pour jouer… ». Acmé de la marche du 10 mai, une chaîne humaine de 2000 personnes autour du génie de la bastille avant les prises de parole. Claudy Siar introduira les discours de Patrick Lozès  et de Christiane Taubira, suivront des interventions d’Admiral T, Calixthe Beyala, José Rovelas, Jean-Claude Tchicaya. La mémoire d’Aimé Césaire sera honorée par une minute de silence.
Le 10 mai pour Claudy Siar

« le 10 Mai 2006, c’est la date choisie par la République française comme journée officielle du souvenir de l’esclavage. C’est le 10 Mai 1802 que Louis Delgrés appela au soulèvement de la population de la guadeloupe contre le rétablissement de l'esclavage et fit placarder sur les murs de Basse-Terre un manifeste au nom de la fraternité universelle. C’est aussi le  10 mai 2001 que le sénat a définitivement adopté la loi dite Taubira,dont l’article 1er a une portée historique puisqu’il définit pour la première fois officiellement la traite des Noirs et l’esclavage comme un crime contre l’humanité. »

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 20:34
Le groupe Casino signe une charte pour l’emploi avec Patrick Karam
Patrick Karam, le délégué interministériel en charge des intérêts des ultramarins en métropole, a signé, hier à Paris, avec le directeur général des ressources humaines du groupe Casino, Yves Desjacques, une charte de partenariat pour l’égalité des chances des Français d’outre-mer. Celle-ci prévoit que le groupe Casino « s’engage à recruter des Français d’outre-mer dans tous les départements où il est présent ». Le groupe Casino vient de lancer une opération en direction du département de la Réunion pour recruter 30 candidats à des postes de managers ou assistants managers en supermarché ou cafétéria en métropole. Grande satisfaction pour notre délégué qui toutefois s’inquiète de la place de l’outre-mer dans la diversité de la République : « La diversité est réservée aux Français d’origine étrangère alors que les Français d’outre-mer sont un modèle pour la France de demain… » La charte signée avec le groupe Casino prévoit une période de trois ans pour «  suivre les actions engagées, établir un indicateur pertinent permettant de mesurer les résultats, de valider ces derniers et de veiller à une large diffusion des expériences réalisées. »  « La diversité des originaires d’outre-mer va beaucoup apporter à la France, a ajouté Patrick karam, d’abord parce que c’est une obligation. » Il a rappelé que depuis 2001, la France est tenue à veiller à la discrimination indirecte, c’est à dire qu’elle peut demander des comptes aux entreprises en matière de politique d’embauche.
A gauche des deux signataires, MM. Desjacques et Karam, Mansour Zoberi, responsable diversité au groupe Casino.

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 19:16
Jégo teste son image ultramarine à la Foire de Paris
                            Au stand de l'habitation Maripa, de Guyane, avec Marie-louis Barthélemy, dite Malou et sa liqueur de groseille.
Yves Jégo, le nouveau secrétaire d’Etat à l’Outre-mer est venu s’immerger dans l’ambiance ultramarine du hall 2 de la Foire de Paris qui accueille les « terres de tropiques » avant de repartir dans une véritable tournée en outre-mer.
Alors qu’il était encore en Martinique il y a une semaine, Yves Jégo annonce qu’il sera à Mayotte du 14 au 21 mai, aux Antilles du 21 au 24 mai (et le 22 en Martinique !), en Nouvelle-Calédonie du 27 mai au 3 juin et l’on avance (dans son entourage non confirmé !) la deuxième quinzaine de juillet pour la Polynésie. Rien de tel que la foire pour les retrouver tous réunis. La visite ministérielle débute au pas de charge avec le stand de la Guyane. Poignées de main avec Sonia Cippe du comité du tourisme de Guyane, Ninize, la restauratrice, Marie-Laure Glennie du CNES.
Avant de quitter la Guyane, un petit tour par l’habitation Maripa qui a décroché un stand d’or, s’impose. Armelle Carotine, Jean-Claude Vertueux et Marie-Louise Barthélemy ont fait goûter au ministre leur liqueur de groseille. Rapide arrêt au stand de l’éditeur de Patrice Louis, Sylvain Plisson, pour admirer le coffret sur Aimé Césaire, un crochet par la scène de « Tropiques en fêtes » où se produit durant toute la foire le gratin de la musique ulramarine, puis le ministre rencontre un ami. Au stand Caraïbos, Jocelyn Golitin, armateur parisien guyanais (il a les péniches Alizés) rappelle qu’il appartient au cercle de la diversité créé par Yves Jégo : « Nous lui avions remis un livre blanc avec 35 propositions. »
Mais le ministre est attendu au stand de la Guadeloupe. « C’est la chambre des métiers qui est le maître d’œuvre », annonce-t-on tout de go. 450 m2 et 35 exposants. Josette Borel-Lincertin, 1re vice-présidente de Région et présidente du Comité du tourisme des îles de Guadeloupe, reçoit plus protocolairement le ministre. Après un tour à Wallis et Futuna, Yves Jégo est prêt pour ses réponses aux questions de la presse : « A la foire de Paris s’expose les richesses des trois océans. La loi programme est importante pour soutenir l’activité de tout ceux qui comme ici veulent valoriser leur savoir-faire. Le devoir de l’Etat est d’accompagner cette volonté. Et puis ici, on retrouve le côté chaleureux des offres et des promotions.
Car il y a des enjeux économiques donc des enjeux pour l’emploi et le développement ! » Il repart, s’arrête devant le le stand de pharmacopée martiniquaise de Fidéline et se retrouve en cabine, au micro de Mickaël Fleret, « en direct de la foire de Paris sur Espace FM », l’autre radio communautaire d’Ile de France. Dix minutes plus tard, Yves Jégo sert la main de Christian Bidonnot, qui a monté un réseau de soutien « l’Outre-mer avec Obama ». Puis, c’est l’arrêt en Martinique. Marjorie Boura, responsable des hommages à Aimé Césaire dans le cadre de la foire, accueille le secrétaire d’Etat et sa suite avant de lui présenter le livre d’or. « Il est parti au bout du petit matin dans un ultime retour au pays natal », écrit-il, ajoutant oralement : « Un clin d’œil à ses écrits et au fait qu’il restera en Martinique… » Il pose avec l’équipe du Comité martiniquais du tourisme, puis il part vers la Polynésie et la Réunion. Entre les deux, il accorde de nouvelles réponses aux journalistes du Pacifique sur Gaston Tong Sang.
             Marjorie Boura (à gauche du ministre) a précieusement rangé dans un classeur l'autographe d'Yves Jégo

.Avec Christian Bidonnot, l'éditeur du Top moun, qui a pris la tête d'un comité de soutien des ultramarins à Barack Obama, OOO

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4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 12:03
Hommage à Césaire au théâtre de l’Odéon
Alain Foix, auteur dramaturge, est allé écouter Jacques Martial à l’Odéon, le 29 avril dernier, lors de l’hommage rendu à Aimé Césaire. L’écrivain s’est mué en critique d’art.
Jacques Martial interpétant Aimé césaire devant le président Chirac, le 10 mai 2006.
 
Bien d’autres soufrières
Un homme, un homme seul, un athlète. Silence. Il avance. Une présence, une puissance. Il fait front. Seul. Il affronte ce silence qu’il impose. Il s’amasse et les planches sous ses pieds se rassemblent et la scène d’Odéon est un surf et la salle une vague qui se cambre, se retient et son souffle arrêté et le temps sous le verbe s’épaissit. C’est Césaire qui chevauche Jacques Martial. C’est Martial qui subjugue l’Odéon. Déferlantes de mots, cataractes du verbe, c’est un fleuve qui déborde de son lit. C’est un Nil dont Césaire est la source. Bords et débords, sacs et ressacs, flux et reflux, des mots  lumières, des mots cheval au galop. Bombardements. Et c’est Toussaint Louverture, et c’est le roi Christophe, et c’est Nelson Mandela et Martin Luther King et ce vieux noir râblé, ratatiné sur son siège d’autocar et plié sous le fouet d’un mépris millénaire et toute la négraille qui se dresse, nuée. Nuée ardente aux bouches noires des soufrières, et au cœur des montagnes des oubliés du monde, la forge d’Héphaïstos sous les mots de Césaire martèle la « lance de nuit » d’une belle poésie. Ce n’est pas un poème mais une cavalerie, et au galop des mots c’est Martial qui écume. Il se fait vague contre la vague et il déferle et nous recouvre et nous buvons la tasse bouche bée et yeux ouverts. Sa langue claque l’amertume sucrière et nous couvre de sel. Et puis silence. L’athlète vacille, le dos au rideau noir de l’Odéon et se repait de son propre épuisement. Et c’est une salve, une bordée qui lui vient de la salle. Le choc était frontal, le public est levé. Il clame et bisse et bat des ailes, se secouant de soixante quinze minutes de totale possession.
Avant que vienne le jour et son oubli, disons que cette nuit fut bien plus que le sacre d’un poète et de son héraut mais la conquête d’une scène comme territoire encore rebelle à la présence de ceux qui disent noir pour faire rimer espoir. Il y en eut d’autres gagnées et reperdues sans cesse, jamais acquises. Il y en aura de nouvelles gagnées avant d’être perdues. Césaire gagne encore en mourant. C’est le sort du poète. Mais sa vraie mort serait un mausolée. Un panthéon pour l’isoler. Ce soleil insulaire ne brille pas pour lui-même mais pour un continent, celui des oubliés. Césaire ne serait pas Césaire s’il n’était que Césaire. Ne vouons pas un culte à sa personnalité. Ce serait l’enterrer et avec lui un monde s’exhumant des décombres. Césaire s’est élevé pour dire que l’histoire n’est pas terminée. Avec sa mort, l’histoire ne fait que commencer. Derrière lui d’autres vagues qui viendront se briser aux contreforts d’indifférence, aux falaises blanches de la puissance.
En préambule à cette soirée, Olivier Py a dit qu’il n’osait pas penser à ce qui se serait passé si le poète André Breton entrant dans un bazar de Fort-de-France pour acheter un ruban à sa fille n’avait pas découvert Césaire et son cahier d’un retour au pays natal. Rassurons-le. Ce n’est pas un ruban de petite fille qui fit naître Césaire. Et ce n’est pas la providence d’une belle main blanche qui tissa son berceau. Les forces telluriques trouveront toujours une faille ou un volcan pour dire au ciel les colères souterraines. Sur la Montagne Pelée il est né un cratère nommé Césaire. Il y a eu et il y aura bien d’autres soufrières.
Alain Foix

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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 00:54
27 avril, 10 mai, 22 mai, 23 mai, 27 mai, 10 juin, 20 décembre
« Ces journées participent pleinement au calendrier français de la mémoire »

François Fillon, Premier ministre a écrit, le 29 avril, une circulaire à ses ministres, préfets et recteurs (publiée ce jour au Journal officiel) les sollicitant pour « apporter toute l’attention nécessaire à l’organisation des cérémonies publiques prévues le 10 mai afin de garantir à travers les générations les mémoires du crime de l’esclavage ». Très au fait du débat intra-communautaire sur les dates de commémoration, le Premier-ministre a devancé les rejets : « Si le 10 mai est une journée nationale consacrée à l’histoire de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, il serait contraire à l’esprit de la loi du 21 mai 2001 d’ignorer les autres dates… » La circulaire de François Fillon énumère ainsi les cinq dates retenues dans les quatre DOM et à Mayotte, les dates internationales du 2 décembre (n’en déplaise aux bonapartistes !), journée internationale de l’abolition décrétée par l ’ONU en 1949, du 23 août, journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition (en mémoire d’un soulèvement d’esclaves à Saint-Domingue, le 23 août 1791) et celle du 23 mai, en métropole, « date de la commémoration de la souffrance des esclaves ». François Fillon reconnaît que cette date fait référence à 1848 et à 1898 avec la marche des 40 000 descendants d’esclaves à Paris. « C’est une grande victoire, assure Serge Romana, président du Comité marche du 23 mai (CM98). Le 23 mai est reconnu pour ce qu’il est, une date à laquelle les associations de Français descendants d’esclaves honoreront le martyr de leurs aïeux. Cette date est légitime pour nous et elle est officialisée. » Le Premier ministre explique son œcuménisme calendaire pour une raison  d’ « unité et de cohésion sociales ». « Connaître toute son histoire en évitant d’occulter, de fragmenter, de limiter le champ chronologique et géographique, voire d’opposer des faits et des mémoires… » Patrick Karam, le délégué interministériel délégué à l’égalité des chances des Français d’Outre-mer y voit « un terme à la contestation du 10 mai par les principales associations de Français originaires d’outre-mer ».. Il met cet apaisement au crédit du président de la République.

Quatre questions à Serge Romana, président du CM98
"vivre une citoyenneté épanouie"
Que signifie cette circulaire de François Fillon pour vous ?
Ca permet d’officialiser notre filiation. Nous sommes reconnus comme descendants d’esclaves, ce que nous ne cessons de demander depuis 1998. C’est important car l’entretien de la mémoire de l’esclavage nous est confié. Ca stabilise le groupe des Antillais et des Guyanais…
Qu’entendez-vous par stabiliser ?
La République reconnaît la nécessité et le besoin que nous avons d’honorer nos parents. Notre filiation est admise et respectée. De ce fait cela ouvre la voie à une citoyenneté apaisée.
N’est-ce pas un combat passéiste ?
Le combat des Antillais est pour l’accès à vivre une citoyenneté épanouie. Nous avons toujours été considérés comme des Français à part avec un rapport à l’autre et à la République chargé de ressentiment. Honorer les victimes esclaves est une question prioritaire. La République reconnaissant nos parents reconnaît notre filiation et ce que nous sommes. La mémoire de l’esclavage introduit un nouveau pacte citoyen, c’est ainsi que je le vois.
Que signifie la mention à la marche du 23 mai 1998 ?
Cette marche est ce qui a ammené à l’adoption de la loi Taubira. En nous citant, le Premier ministre a mis la filiation de la loi Taubira en exergue.


10 mai : Cérémonie nationale au jardin du Luxembourg en présence du chef de l’Etat.
Marche de République à Bastille et création d’une chaîne humaine de 2000 personnes.
23 mai : Cérémonie au SEOM.
Exposition du mémorial des esclaves devant la Basilique Saint-Denis, sépulture des rois de France




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