Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

  • : le blog fxgpariscaraibe
  • : Caraibes, Antilles, Réunion, Outre-mer, Paris... Le blog des infos du 6e DOM, des gens originaires d'outre-mer à Paris politique economie culture justice société
  • Contact

Recherche

29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 11:25
Une pirogue polynésienne nommée "Destination Martinique"

La pirogue rose de Sainte-Anne à Paris

Dimanche 23 septembre, les Parisiens ont pu voir glisser sur la Seine, au milieu de paddles et de kayaks de mer, une pirogue à balancier (va'a en polynésien) répondant au nom de "Destination Martinique". Elle est arrivée au début du mois à Maison-Alfort depuis Sainte-Anne via la Pointe des Nègres. Construite avec l'aide de Lionel de la société Wind qui a fourni les matériaux composites (fibre de verre, résine et bois), c'est l'association Sainte-Anne Va'a Martinique qui a construit cette embarcation de type polynésien entre mai et août dernier, à la Pointe Marin, dans l'atelier de l'ancienne paillote. "On l'a construite spécialement, explique Hervé Rousseau, son skipper, pour participer à cette course de loisir dénommée "Traver'Seine". 15 kilomètres entre le port d'Austerlitz et le parc nautique départemental des Hauts-de-Seine, en amont du pont de Sèvres. "La pirogue marche mieux en mer que sur le plat de la Seine, raconte Hervé Rousseau, mais ça s'est bien passé, c'est un bateau fait pour glisser et qui avance très bien !" Ils ont parcouru la distance en à peine une heure et dix minutes. Et le public va pouvoir continuer de l'admirer encore car elle va rester un moment  sur la Seine. Avec ses 10,52 mètres de long pour 32 petits centimètres de large, exception faite des des trois postes de rameurs, elle a été rapidement surnommée par le public parisien "la pirogue rose".

"Nous la laissons sous la garde de l'Athlétique Club de Boulogne-Billancourt, explique Hervé Rousseau, car nous espérons la collaboration des clubs nautiques parisiens, à l'occasion des Jeux Olympiques de Paris, pour faire connaître notre projet de grande course internationale entre Sainte-Anne et Rodney-Bay à Sainte-Lucie." Le Yacht-Club de Sainte-Lucie est déjà impliqué puisqu'il possède déjà deux pirogues, une de loisir, une de compétition. Le maire de Sainte-Anne, Jean-Michel Gémieux a suivi lui aussi la course de démonstration de dimanche à Paris. "Il a été invité, poursuit Hervé Rousseau, pour inspirer son projet de base nautique." En retour, le club de Boulogne a été invité à venir chez nous avec quelques embarcations. "Notre objectif est le démarrage en loisir d'une activité pirogue avec des actions de promotion dans l'Hexagone." Au passage, il demande aux clubs qui viendront de bien vouloir laisser leurs bateaux sur place afin de créer les bases d'une flotte. Après tout, il leur a bien laissé sa pirogue rose !

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 05:44
Alex Bathilde, de la Collectivité territoriale, et Alex Madeleine, président du comité du tourisme, ont fait le bilan du circuit Guyane vendu par Fram et Promovacances avec les représentants du TO Karavel

Alex Bathilde, de la Collectivité territoriale, et Alex Madeleine, président du comité du tourisme, ont fait le bilan du circuit Guyane vendu par Fram et Promovacances avec les représentants du TO Karavel

La concurrence est dure à Top Résa

Cette nouvelle édition du Salon français des professionnels du tourisme et des voyages, IFTM Top Resa, qui se tient en ce moment à Paris, a été l'occasion pour le comité du tourisme de la Guyane (CTG) de faire le bilan du partenariat signé l'an passé avec le tour opérateur (TO) Karavel. Ce dernier a mis sur le marché un circuit de découverte proposé par Guyane évasion avec une étape à Kourou, une à Kaw et une autre en forêt.Le crcuit était disponible sur le portail de Promovacances et sur le catalogue du réseau Fram. Mais ce partenariat qui avait ensoleillé le stand du CTG l'an passé, s'est révélé bien décevant. "Le bilan n'a pas été fructueux, constate Flavia Serve... On n'en a vendu aucun." La première cause de cet échec, c'est le prix. "Promovacances, explique Flavia, s'adresse à un public de consommateurs à petit budget, et la Guyane est un peu chère... Et c'est difficile d'être compétitif pour un TO quand les compagnies aériennes n'offrent pas de prix de gros intéressants. "Il aurait fallu pouvoir proposer ce circuit à moins de 1000 euros, estime la représentante de Karavel. "Sur Punta Cana en République Dominicaine, poursuit Flavia, les TO obtiennent des vols à 350 ou 400 euros. Sur la Guyane, ça monte tout de suite à 500 et jusqu'à 900 euros !"

110 739 pax en 2017

Pour autant Karavel a décidé de reconduire le partenariat. "Nous allons travailler la promotion et rapprocher nos deux marques", a proposé Karavel. "De notre côté, au CTG, continue Flavia, nous devons aussi aider Promovacances à promotionner notre produit sur son portail, former les agents de voyages pour démonter les a priori... C'est ça notre prochain chantier." Au CTG, on compte aussi beaucoup sur m'arrivée de Norwegian qui, depuis les Antilles, va ramener une clientèle nord-américaine. Le CTG va profiter du premier vol pour créer un événement. "Nous proposons aux TO antillais de créer un package pour nous aider à nous positionner comme une nouvelle destination de tourisme vert.

Il reste des efforts à faire en termes de pratique professionnelle de l'anglais, mais malgré l'arrêt des vols de Suriname Airways entre Paramaribo et Cayenne, les chiffres sont plutôt prometteurs : Entre 2015 et 2017, la progression est de 28 % pour atteindre 110 739 touristes, un record !

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 05:28
La dernière affiche de Kassav,, angle des rues rue Léon et  rue d'Oran, Paris 18

La dernière affiche de Kassav,, angle des rues rue Léon et rue d'Oran, Paris 18

Kassav fêtera ses 40 ans à Paris la Défense Arena

A peine les portes de l'Olympia, que Jacob Desvarieux avait ouvertes le 21 septembre dernier aux artistes venus des Outre-mer, se sont refermées que déjà le leader historique de Kassav regarde déjà demain. Et demain, c'est les quarante ans de la formation la plus emblématique et la plus célèbre de la musique antillaise. François Pinard de Los Productions a déjà prévu le coup. Après le stade de France pour les 30 ans, ce sera Paris - La Défense Arena. Jusqu'alors nommée U Arena jusqu'au 12 juin dernier et auparavant Arena 92, elle se trouve à Nanterre, juste derrière l'Arche de la Défense. Inaugurée le 16 octobre 2017, c'est la plus grande salle d'Europe avec une capacité maximum avoisinant les 40 000 places pour les concerts. Elle est le stade résident du Racing 92, club de rugby francilien évoluant en Top 14 depuis décembre 2017.

(Photo FXG)

Partager cet article

Repost0
27 septembre 2018 4 27 /09 /septembre /2018 04:19
Annick Girardin le 24 septembre 2018 : "Je suis une femme de gauche et je le reste"

Annick Girardin le 24 septembre 2018 : "Je suis une femme de gauche et je le reste"

Un budget Outre-mer en hausse "grâce aux réformes"

Le projet de loi de finances 2019 sonne la fin de l'abattement fiscal pour 4 % des plus gros contribuables, mais également la fin de la TVA NPR et du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, dégageant 460 millions d'euros de marge de manoeuvre au ministère des Outre-mer

A 2,525 milliards, l'enveloppe des autorisations d'engagement du budget de la mission Outre-mer affiche une hausse impressionnante de 22,5 %, soit 460 millions de mieux. Mais à périmètre équivalent du budget de l'an passé, la hausse n'est plus que de 10 millions d'euros, de l'aveu du secrétaire d'Etat Olivier Dussopt. Cette différence s'explique par la modification des circuits de financements qui apparaissaient auparavant dans la loi de finances de la Sécurité sociale notamment du fait de la fin du crédit d'impôts pour la compétitivité et l'emploi (CICE) et de la réforme des allègements de charges. Ces 460 millions d'augmentation proviennent de trois réformes. La première est celle du CICE transformé en exonération de charges ciblées sur des secteurs à fort potentiel de développement, la seconde est celle de la TVA non perçue récupérable (TVA NPR) dont les 100 millions sont réaffectés à des mesures budgétaires de soutien à l'économie et la troisième est celle de la fixation de nouveaux plafonds pour la réfaction de l'impôt sur le revenu qui augmentera l'impôt de 48 000 foyers fiscaux pour rapporter 70 millions d'euros.

Les deux seules réformes de la TVA NPR (qui devrait faire un peu de mal aux entreprises, notamment aux compagnies aériennes) et de l'impôt sur le revenu rapporteront 700 millions d'ici la fin du quinquennat. "Cette négociation, a indiqué la ministre des Outre-mer, est positive pour les Outre-mer car 100 % des moyens  sont remis au service des Outre-mer, ce qui n'avait jamais été obtenu auparavant."

Le programme "conditions de vie outre-mer" passe ainsi de 796 millions d'euros à 889 (+ 11 %). Cela comprend les 110 millions qui abonderont le fonds exceptionnel d'investissement (pour financer les projets économiques, les routes, les équipements sportifs, les réseaux d'eau, le traitement des déchets, les crèches, les centre-ville, les ports...)

Premiers plans de convergence et de transition

Le financement des premiers plans de convergence et de transformations (qui seront signés avant la fin de l'année sera assuré avec 179 millions d'euros (+ 17 %). Le financement de ces contrat sera élargi à de nouveaux contributeurs pour aboutir à 2 milliards d'euros de fonds d'Etat sur quatre ans dont 700 millions pour le seul ministère des Outre-mer.

Le ligne budgétaire unique (LBU) est fixée comme l'an passé à 225 millions d'euros (les 20 millions d'euros de la vente des SIDOM n'ont toujours pas été versés au budget des Outre-mer et pourraient ne l'être qu'en 2019). Annick Girardin a indiqué au sujet de sa politique du logement qu'elle annoncerait le 9 octobre prochain, lors du congrès de l'Union sociale de l'habitat  à Marseille, un nouveau souffle au plan logement avec un objectif de 15 000 logements par an. Par ailleurs, elle assure qu'elle apportera une "réponse emblématique sur la questions des APL accession".

Un soutien spécial sera apporté aux collectivités fragiles que sont Mayotte, Saint-Martin et la Guyane qui bénéficieront d'une enveloppe de 90 millions d'euros pour la rénovation ou la construction d'établissements scolaires.

Par ailleurs, Mayotte et la Guyane se verront reprendre par l'Etat le financement du RSA à hauteur de 170 millions d'euros. De même, l'Etat réservera l'intégralité des recettes d'octroi de mer aux communes et compensera à hauteur de 27 millions d'euros la collectivité territoriale de Guyane et 24 la collectivité départementale de Mayotte.

Les personnels du SMA seront renforcés et les moyens de LADOM en hausse (+2,3 millions), tout comme le fonds d'échange à but éducatifs, culturels et sportifs (FEBECS) à 2 millions avec la part du ministère des Outre-mer multiplié par 2.

Par ailleurs, d'autres crédits venus d'autres ministères sont mobilisés pour les Outre-mer. Ainsi, 700 millions pour la formation professionnelle ou encore le financement de 6 500 places de crèche prévues dans le plan pauvreté. 56 millions sur quatre ans seront encore débloqués en partie par le ministère des Sports pour financer les équipements sportifs, dans le cadre des plans de convergence.

FXG, à Paris

Impôt sur le revenu : de nouveaux abattements bas de plafond

Sur le 1,143 millions de foyers fiscaux recensés dans les Outre-mer en 2015, 245 000, soit 21 %, sont imposés et bénéficient depuis 1960 des bienheureux bienfaits de la réfaction de l'impôt à payer, c'est-à-dire d'un abattement de 30 % à la Martinique, Guadeloupe et Réunion avec un plafond jusqu'alors à 5100 euros, et 40 % en Guyane et à Mayotte avec un plafond jusqu'alors à 6700 euros.

A la Réunion, sur les 486 000 foyers fiscaux, 99 350 sont imposés et abondent le budget de l'Etat à hauteur globale de 358 millions d'euros. 6500 d'entre eux déclarent plus de 100 000 euros de revenus et 24 700 entre 50 et 100 000.

Le gouvernement justifie son choix de moduler la réfaction car elle ne profiterait essentiellement qu'aux 10% des contribuables les plus riches. La réforme vise à faire en sorte que seuls 4 % des contribuables les plus riches soient impactés par la réforme de l'impôt sur le revenu, soit 48 000 foyers dans l'ensemble des Outre-mer. Cela devrait toucher les, 6,55 % de foyers fiscaux réunionnais (5,32 % en moyenne outre-mer) qui paient 43,7 % de l’impôt total (40,5% en moyenne outre-mer), soit 6500 foyers fiscaux. Ceux qui relèvent de la tranche immédiatement inférieure, 24,9 % des foyers fiscaux réunionnais (22,41 %  en moyenne outre-mer) qui s’acquittent quant à eux de 31,8% (31,6% en moyenne outre-mer) de l’impôt global, ne seraient pas impactés pour le nouveau plafond.

Le président LREM de la délégation Outre-mer de l'Assemblée nationale disait, jeudi dernier : "Ca ne passera pas !" Annick Girardin déclarait en retour : "C'est une réforme courageuse qui exige des parlementaires courageux pour la défendre."

LBU : un sanctuaire profané

Depuis plus de vingt ans, la religion de l'Etat en matière de construction de logements dans les Outre-mer tient en mot : la "sanctuarisation" de la ligne budgétaire unique (LBU). Forte de 246 millions en 2017, la LBU a été ramenée dans le premier budget de l'ère Macron à 225 millions d'euros, mais avec cette promesse qu'une partie du produit de la vente des sociétés immobilières d'Outre-mer, soit 20 millions retournerait à la LBU. Il faudra attendre la loi de règlement à la fin de l'année pour vérifier cela, mais également la part totale de la LBU qui aura été effectivement consommée. Les montants inscrits sur chaque ligne budgétaires sont des plafonds à ne pas dépasser. L'Etat, d'ailleurs, n'ouvre qu'une partie de ces crédits en début d'année. En juin, l'Etat gèle et dégèle le reste des crédits. Une autre partie passe en surgel, c'est-à-dire qu'ils sont purement et simplement rayés. En 2017, ce surgel atteignait 5% de la LBU.

Le projet de loi de finances 2019 consacre un plafond de 220 millions à la LBU, ce qui selon le ministère des Outre-mer, correspondrait aux crédits consommés l'an passé. Sans compter la perte liée au surgel sur nouveau plafond, amoindri de fait.

Autre élément de contrariété dans cette LBU, c'est la suppression de la défiscalisation du logement social sur l'impôt sur le revenu et encore la disparition de 140 millions (encore au budget 2018) pour financer la défiscalisation sur le logement libre et intermédiaire dont la sortie en sifflet était programmée depuis 2009. "Cet argent fléché outre-mer, estime Jean-Pierre Philibert, président de la FEDOM, est désormais fléché dans la poche de Bercy."

Réforme de la LODEOM et abattements de charges sociales

Les dispositifs fiscaux zonés jusqu'alors en cours selon la loi de développement économique (LODEOM) deviennent une zone franche globale d'activité de nouvelle génération avec des niveaux d'exonération fiscale bonifiés et les contreparties en matière de formation supprimée.

Deux barêmes désormais porteront à 50 % d'abattement d'impôts sur les bénéfices le régime de droit commun et à 80 % le régime majoré.

Le dispositif des exonérations de charges sociales patronales mobilise 1,376 milliard sur l'enveloppe globale de 1,637 milliards du programme "emploi outre-mer". Le mécanisme des exonérations sera recentré sur les bas salaires. Les entreprises de moins de 11 salariés qui bénéficiaient  d'une exonération de 35,98 % (soit 26,40 + 9 % du CICE) verront leur taux d'exonération atteindre les 40 %. En revanche, les salaires entre 2,4 et 3,5 SMIC ne bénéficieront plus que du taux d'exonération de 1,8 %, soit celui applicable dans l'Hexagone.

Acomptes et prélèvements fiscaux à la source

Si Bercy a prévu de tenir compte au moment du prélèvement de l'impôt à la source de sommes défiscalisées notamment pour l'emploi de personnes à domicile, l'investissement productif outre-mer a été purement et simplement omis. Le défiscaliseur ne bénéficiera donc pas de l'effet de son investissement en outre-mer dès le début de l'année. L'Etat ne lui versera un remboursement forfaitaire qu'en septembre, faisant de ce contribuable un trésorier de l'Etat pendant neuf mois. "Cela nous crée de vives inquiétudes sur le sort de la collecte à venir", regrette le patron de la FEDOM.

 

Partager cet article

Repost0
26 septembre 2018 3 26 /09 /septembre /2018 17:32
Jean-Max D., son conseil Me Ursulet, et sa mère devant la cour d'appel de Reims

Jean-Max D., son conseil Me Ursulet, et sa mère devant la cour d'appel de Reims

Beau-père et belle-fille ou anciens amants

Jean-Max* D, un Martiniquais, comparaissait en appel à Reims pour répondre d'une accusation d'agression sexuelle sur sa belle-fille.

La cour d'appel de Reims a mis en délibéré au 11 octobre prochain sa décision concernant Jean-Max D. Agé aujourd'hui de 35 ans, ce Préchôtain avait été relaxé, l'année dernière, en première instance, pour des faits d'agression sexuelle sur mineure de moins de 15 ans, au moment où les réseaux sociaux étaient tous pris de la fièvre "#metoo". Il avait convaincu les juges que leur relation était consentie. Le parquet de Reims avait aussitôt fait appel. Début septembre, Jean-Max est venu accompagné de sa mère pour comparaître devant la cour d'appel, assisté de deux conseils, Me Ursulet et Me Boudet-Etminami. La plaignante, Christine*, aujourd'hui âgée de 21 ans, est venue seule et sans avocat. Pendant que le prévenu est longuement interrogé, Christine ne cesse de faire entendre des reniflements et des sanglots. "Savez-vous qu'il est interdit d'inciter un mineur de moins de 15 ans à la débauche ?", demande l'un des juges. "Oui, répond le prévenu, mais elle avait plus de 15 ans."

Jean-Max vivait en concubinage avec Antonia, la mère de Christine, quand leur relation a débuté : "C'est Christine qui sortait de sa chambre pour me retrouver. J'ai proposé le premier rapport sexuel et elle a dit qu'elle était d'accord pour essayer." Par la suite, la jeune fille reconnaît s'être rendu une cinquantaine de fois au travail de Jean-Max pour avoir un rapport avec lui. Elle reconnaît avoir eu avec son beau-père quelque 400 rapports anaux. Et, malgré une interruption de 18 mois, leur relation dure quatre ans, dans le dos d'Antonia, la mère et concubine qui, entretemps, a donné une fille à Jean-Max... C'est quand il les rejoint à Reims en 2016 que Jean-Max signifie son désir de cesser cette relation avec Christine et d'en parler à Antonia. Paniquée, Christine a pris les devants et dénoncé son beau-père à sa mère et à la police. Jean-Max est incarcéré pendant un an.

Requalification incestueuse contre relaxe

A la barre, Jean-Max évoque sa rencontre avec Antonia. "Je faisais du maraîchage avec mes parents au Prêcheur et je livrais aux grossistes et aux supermarchés, je faisais aussi les marchés... Et deux ou trois fois par semaine, j'allais aux Terres-Sainville..." C'est là qu'il a rencontré Antonia, une Dominicaine qui tapinait. Il en tombe amoureux et malgré la réticence de ses parents, il la ramène à la maison avec ses deux filles. Au bout de deux ans, ils partent en Guyane et c'est là que l'histoire de Jean-Max et Christine va commencer... L'avocat général Fayard s'énerve : "C'est désagréable d'entendre dire par M. D que c'est elle qui voulait, pas lui... Le tribunal a retenu le doute quant à la conscience de Jean-Max D. sur l'absence de consentement de Christine pour le relaxer, mais la connaissance réelle qu'avait Jean-Max D. est la qualification incestueuse des faits !" Et ayant ainsi requis la requalification des faits, il propose une peine de prison d'au moins un an ferme.

Me Boudet-Etminami intervient pour rappeler que Christine elle-même a affirmé qu'elle avait plus de 15 ans. Puis Me Ursulet dénonce "l'hypocrisie de la poursuite" qui a débuté pour l'emprisonnement de son client et s'achève par une réquisition destinée à couvrir sa détention provisoire, avant de demander la confirmation de la relaxe.

FXG, à Reims

* Les prénoms ont été modifiés

Partager cet article

Repost0
25 septembre 2018 2 25 /09 /septembre /2018 06:33

Le vice-président Squercioni conteste un avertissement de sa hiérarchie

A la suite de la première audience du procès Green Parrot, le vice-président du TGI de Fort-de-France, Yves Squercioni, avait reçu un avertissement qu'il a contesté devant le conseil d'Etat.

"M. Squercioni aurait apprécié que vous ne sanctionniez pas que l'erreur de forme, mais également l'erreur de fond !" Me Thouvenin, avocat au conseil d'Etat, a ainsi conclu, vendredi 14 septembre, au Palais royal, sonintervention lors de l'examen de la requête de son client, Yves Squercioni, pour obtenir l'annulation de l'avertissement pris à son encontre par le premier président de la cour d'appel de Fort-de-France en mars 2016. Dans le public, se trouvait le magistrat Marc Lifchitz, secrétaire général adjoint du syndicat Unité Magistrat, venu en soutien à la démarche de son confrère retenu à Fort-de-France.

Yves Squercioni a pris son poste de premier vice-président du tribunal de grande instance de Fort-de-France,  le 21 janvier 2016 pour y présider la chambre correctionnelle. Le 2 mars, c'est donc ce magistrat qui a longtemps été procureur de la République à Tulle puis à Périgueux, qui préside la première audience du procès d'Alfred Marie-Jeanne, sa fille Maguy, et son gendre Mark Frampton. C'est le procès de l'affaire Green parrot. La tension était forte avant même le jour du procès et le procureur Corbeau n'en menait pas large. Pourtant, contre toute attente, et même si l'audience ne fut pas de tout repos, le président Squercioni s'en tirait plutôt et ordonnait à la fin de l'audience un premier renvoi.

Quelque temps plus tard, le président Squercioni recevait une convocation du premier président de la cour d'appel pour un entretien. Il lui était reproché des manquements à la police de l'audience lors du procès du 2 mars. Le premier aurait été un manquement face à un avocat par trop agressif, le deuxième, une réplique excessive, "verte", de sa part, à une greffière. Quant au troisième manquement, Yves Squercioni aurait critiqué dans un courrier à sa hiérarchie la justification du choix de dépayser le procès Marie-Jeanne en raison du manque de greffiers au tribunal de Fort-de-France !

Droits de la défense

Ainsi, le 26 avril 2016, Yves Squercioni recevait un avertissement. Après avoir rappelé ces faits, le rapporteur public du conseil d'Etat, Louis Dutheillet de Lamothe expliquait que seuls le Conseil supérieur de la magistrature et le ministre de la Justice pouvaient exercer un pouvoir disciplinaire, exception faite de l'avertissement. "Il n'est pas disciplinaire en pratique, souligne le rapporteur public, même s'il est perçu comme tel, qu'il est valable trois ans et qu'il a un impact réel sur la carrière... Et s'il peut faire l'objet d'une amnistie, M. Squercioni demande purement et simplement son annulation." Louis Dutheillet de Lamothe explique alors les raisons du demandeur : "Il n'a pas pu avoir copie des vingt pièces du dossier le concernant. Or, cette demande n'avait rien d'abusive et ce refus a eu une influence sur la procédure car son avocat était en métropole... Les copies étaient donc utiles et importantes pour sa défense." En vertu de quoi et sans aller plus loin, au grand dam de la défense, le rapporteur public demande l'annulation de cet avertissement. Délibéré d'ici quinze jours ou trois semaines.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
25 septembre 2018 2 25 /09 /septembre /2018 05:52
4e forum outre-mer des étudiants avec Man Vidal

La ministre de l'enseignement supérieur au forum des étudiants outre-mer

Au forum des étudiants outre-mer, Frédérique Vidal annonce une garantie de l'Etat pour les cautions outre-mer.

Pour sa 4e édition, le forum des étudiants d'Outre-mer qui s'est tenu samedi à Paris, a réuni un millier d'étudiants contre à peine 300 l'an passé. Pour la première fois, toutes les collectivités d'Outre-mer étaient représentées, soit institutionnellement, soit par le biais de leurs associations d'étudiants... C'est qu'ils sont 12 à 13 000 étudiants chaque année à bénéficier du passeport mobilité de LADOM (prise en charge de 50 ou 100 % du billet d'avion), et ils ont besoin de conseils pour organiser leur nouvelle vie à commencer par la nécessité de trouver un logement. La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, qui a arpenté les allées de ce forum avec Annick Girardin, le délégué interministériel Jean-Marc Mormeck et le directeur général de LADOM, Florus Nestar, a annoncé une mesure destinée à remédier au problème récurrent des cautions demandées aux étudiants pour leur logement : "L'Etat se porte garant pour l'ensemble des étudiants à travers l'Action logement et la garantie Visal. Jusqu'alors cette garantie n'était pas ouverte à l'ensemble des étudiants, nous l'avons étendue à tous, sans conditions de ressources." La ministre assure que dans toutes les grandes villes étudiantes de l'Hexagone, il y a des représentants d'Action logement. "Ce qui est important, poursuit Mme Vidal, c'est que les universités le sachent et puissent diriger les étudiants vers les dispositifs qui peuvent les aider." Cette disposition sera-t-elle en mesure de mettre fin aux problème récurrent des refus de cautions domiciliées en outre-mer ? "Ce qui est clair, a répondu Annick Girardin, c'est qu'on apporte des réponses. La première, législative, est venue dans la loi égalité réelle, aujourd'hui, on va au-delà avec cette réponse pratique. Mais, il y aura toujours des loueurs qui ne joueront pas le jeu... C'est contre ça qu'il faut aujourd'hui lutter."

Numérus clausus et alternance

Concernant la fin du numérus clausus des étudiants en médecine annoncée par le président de la République à partir de l'année prochaine, Frédérique Vidal a expliqué que les choses étaient encore en cours de réglage : "C'est à Noël qu'on aura des idées plus précises, mais, typiquement, ça va permettre aux étudiants ultramarins de démarrer leurs études dans les universités auxquelles ils ont accès dans leur territoire, puis après une ou deux années, ils pourront rejoindre un cursus spécifique et faire des stages pas uniquement là où il y a des CHU... C'est cette respiration qu'on souhaite donner aux études médicales et, évidemment, les étudiants ultramarins en bénéficieront aussi."

Sur le plan de la formation en alternance, la ministre de l'Enseignement supérieur a annoncé  pour la rentrée 2019 qu'en lien avec sa collègue ministre du Travail, Muriel Pénicaud il y aura des plateformes qui indiquent à la fois les entreprises qui offrent des contrats de professionnalisation et les jeunes qui ont trouvé les formations mais pas les entreprises. "C'est, a-t-elle précisé, un travail qui se fait entre les préfets et les recteurs, entre les DIECCTE et les commissions académique d'accès à l'enseignement supérieur."

Quant à savoir quel est le bilan de Parcours Sup dans les Outre-mer, Frédérique Vidal communiquera dessus au plan national le 25 septembre prochain. Quant à Annick Girardin, elle a promis la présence "a minima de trois ministres" l'an prochain.

FXG, à Paris

Un food truck au ministère !

L'an dernier, le cabinet de la ministre indiquait qu'il était impossible administrativement et réglementairement parlant de faire rentrer un food truck dans l'enceinte d'un ministère, ce discours ne s'adressait qu'au président de l'AJEG, visiblement.

Partager cet article

Repost0
24 septembre 2018 1 24 /09 /septembre /2018 05:15
Inauguration le 17 septembre 2018

Inauguration le 17 septembre 2018

Les arts de Madagascar au musée du Quai-Branly-Jacques-Chirac

Pendant trois mois, le musée du Quai-Branly accueille une exposition inédite sur les arts de la grande île.

Pour la première fois depuis 1946, la France accueille une grande exposition consacrée aux arts de la grande île. Jusqu'au 1er janvier 2019, le musée du Quai-Branly-Jacques Chirac accueille depuis le 17 septembre quelque 360 pièces sélectionnées pour leur intérêt historique, esthétique et ethnologique, depuis les époques anciennes jusqu'à la période contemporaine. L'exposition se divise en trois sections. La première s'applique à replacer Madagascar dans son histoire et sa géographie. Les traces d'occupation humaine remontent à 4000 ans, puis la grande île a été peuplée dès le 5e siècle par les Austronésiens, puis au 8e, par les Bantous du Mozambique, elle est très vite devenue un carrefour d'influences arabes et indiennes. De très nombreuses oeuvres du 18e, mais surtout des 19e et 20e siècles témoignent de la période de constitution d'un royaume malgache, puis celle de la colonisation de l'île par les Français qui sont présent dès 1643.

La peinture a fait son entrée en 1826 sous le règne de Radama 1er qui fait faire son portrait par André Copalle (1797-1845). L'exposition permet ainsi de voir deux tableaux qui ornaient les murs du palais royal. La photographie apparaît dès 1856 et trouve rapidement sa fonction dans la haute société. Radama II fait nommer un photographe à la cour et la photographie officielle se développe en même temps que la photographie anthroplogique ou militaire tel que l'a pratiqué le Français Eugène Joseph Bastard.

Un art plus vivant que jamais

La sculpture est considérée comme l'expression la plus authentique de l'art malgache avec les fameux bois de lit des Merina, Betsileo et Tanala, mais également les poteaux funéraires. L'art statuaire, lui aussi, a subi l'influence coloniale française. Ainsi une école des beaux arts malgaches est ouverte dès 1922. C'est là que le sculpteur malgache Tsida va suivre les cours de la Française Anna Quinquaud...

La deuxième partie de l'exposition s'intéresse au mode des vivants, à l'architecture domestique, aux ornements des objets utilitaires ou purement décoratifs, aux objets du sacré comme du profane, la vannerie, les bijoux, les étoffes (du châle au linceul), les coiffes et, bien sûr les instruments de musique. Les ornements en argent apparaissent tardivement, vers le 16e siècle, quand les Portugais et les Espagnols, via les Arabo-Swalihis, l'apportent comme moyens d'échange dans cette région.

La dernière partie de l'exposition aborde les rites funéraires avec le summum de la statuaire malgache illustrée par l'immense richesse des collections de poteaux funéraires représentés. Anciennes ou contemporaines, ces sculptures ajourées ou pleines, représentent des humains, des zébus, des oiseaux, des crocodiles, jusqu'à des scènes complexes représentant des soldats, des Dieux ou plus simplement des paysans... Un art plus vivant que jamais, ainsi qu'en témoigne l'excellent travail de Jean Jacques Efiaimbelo. Aurélien Gaborit, le commissaire de l'exposition, est celui à qui le musée du quai-Branly a déjà confié ses précédentes expositions "Ciwara, chimères africaines" en 2006, "Ivoires d'Afrique" en 2008, "Fleuve Congo" en 2010 et "Bois sacré" en 2014.

A noter le partenariat noué entre le musée du Quai-Branly-Jacques-Chirac et le parc zoologique de Paris très impliqué dans la préservation des espèces endémiques de Madagascar.

FXG, à Paris

 

Partager cet article

Repost0
24 septembre 2018 1 24 /09 /septembre /2018 05:04
Macron s'annonce aux Antilles

Le "retour annoncé" de Macron

Le 12 septembre 2017, le président de la République à Saint-Martin avait promis de revenir dans un an pour faire le point de la reconstruction.

Il en profite pour effectuer son premier voyage présidentiel officiel en Guadeloupe et Martinique.

Le déplacement aux Antilles, la semaine prochaine, du président de la République, a fait l'objet, comme il est de tradition, d'un débriefing, jeudi après-midi à l'Elysée, avec retransmission audio dans les trois  préfectures concernées. Il s'agit de présenter ce premier voyage officiel du président de la République en Martinique et Guadeloupe et son retour annoncé dans les îles du nord un an après sa venue en urgence au lendemain du passage d'Irma. "Je reviendrai", avait alors annoncé le président Macron. 18 mois après son élection, Emmanuel Macron est fier de ses trois longs déplacements en Outre-mer, en Guyane, en Nouvelle-Calédonie et aux Antilles...

Le président place ce nouveau déplacement sur deux axes : la proximité d'un côté, l'écologie et le développement durable, de l'autre. Il sera d'ailleurs accompagné du nouveau ministre de la Transition écologique, François de Rugy et de son secrétaire d'Etat, Sébastien Lecornu, du ministre de la Cohésion des Territoires, Jacques Mézard, et des ministres de la Santé, Agnès Buzyn, et des Outre-mer Annick Girardin.

Si l'avion de l'Etec qui va charroyer le président et sa suite, est attendu dès mercredi soir en Martinique, le voyage officiel ne débutera réellement que le 27 au matin avec un accueil traditionnel, "populaire et républicain", sur la place de la Savane, aussitôt suivi d'une longue déambulation des les rues de Fort-de-France sur le thème du projet "Coeur de ville". Il y sera question de sécurité, de relance des commerces et de patrimoine et de culture. L'après-midi, la suite présidentielle sera à Saint-Pierre qui a récemment reconquis son label de ville d'art et d'histoire. Emmanuel Macron entend se faire présenter la stratégie de développement touristique et culturelle mise en place pour la période 2018-2028.

Chlordécone et Sargasses

Le président se rendra ensuite sur une exploitation agricole au Morne Rouge où un agriculteur lui expliquera ce que c'est que d'être confronté à la pollution au chlordécone tout en devant veiller à sa sécurité alimentaire...

La soirée sera consacrée à un dîner républicain à la préfecture avec quelques uns des porteurs de projets qui ont participé aux assises des Outre-mer. Auparavant, le président aura eu quelques rencontres politiques et institutionnelles bilatérales, notamment avec Alfred Marie-Jeanne.

Le 28 septembre, Emmanuel Macron débutera sa journée en Guadeloupe par un accueil traditionnel à Pôle Caraïbes avant de filer vers les Grands-Fonds des Abymes où il rencontrera l'ensemble des acteurs de la chaîne de l'eau, tant les entreprises, que les collectivités et les associations d'usagers. Le président a pris l'engagement qu'il serait mis fin aux tours d'eau d'ici deux ans.

L'étape suivante conduira le chef de l'Etat à Baie-Mahault à la pépinière d'entreprises Audacia. Cette rencontre sera suivie d'un déjeuner avec les acteurs économiques et les "forces vives". Le conseiller du président a explicité ce terme en citant le rapport sur la mobilité des cadres de la fonction publique qu'Olivier Serva a rendu jeudi après-midi au Premier ministre.

Vendredi après-midi, le président se rendra à Goyave où le maire Ferdy Louisy est le premier à avoir signé une convention de gestion sargasses. Un plan sargasse a été annoncé il y a trois mois par Nicolas Hulot, alors ministre, et Annick Girardin. Emmanuel Macron vient voir sur place comment il se décline et s'il faut l'ajuster.

CHU et îles du Nord

La journée s'achèvera autour d'un dîner républicain à la résidence préfectorale de Saint-Claude en présence là aussi d'acteurs des assises des Outre-mer.

Samedi matin, à Perrin, sur le chantier du CHU où sont déjà réalisés les terrassements, Emmanuel Macron inaugurera la première pierre avant de s'envoler pour Saint-Martin, "une des parties les plus difficiles de son déplacement" si l'on en croit son conseiller Outre-mer. Il ira d'abord à Quartier d'Orléans, où la reconstruction a été la plus rapide et la plus spontanée. Il devrait s'y exprimer sur les reconstructions dans les zones à risque... Il est attendu à la nouvelle maison des services au public, dans une cité HLM. Il rencontrera aussi des associations (Croix rouges et Compagnons bâtisseurs) avant de rencontrer le conseil de quartier.

En fin de journée, Emmanuel Macron inaugurera la nouvelle préfecture.

Le 30 septembre, après une rencontre dans la matinée à la Baie Orientale avec les acteurs économiques et du tourisme, il s'envolera pour Saint-Barth où seuls sept journalistes pourront le suivre. Il n'a pas prévu de se rendre sur la tombe de Johnny. Il rencontrera les élus et visitera le site de gestion de crise, dit le PC Communal, avant de rentrer directement sur Paris.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0
23 septembre 2018 7 23 /09 /septembre /2018 10:13
Louis Molinié devant le Conseil d'Etat

Louis Molinié veut récupérer son mandat à la Région

Le préfet de la Guadeloupe a-t-il eu tord de démissionner d'office de son mandat de conseiller régional l'ancien maire LR de terre-de-Haut, Louis Molinié ? Ce dernier, en tout cas, le pense puisqu'il a demandé, jeudi au conseil d'Etat d'annuler l'arrêté du 1er mars 2018 qui a mis fin à ses fonctions de conseiller régional. Maire depuis 2000 et réélu sans discontinuer depuis, Louis Molinié a été condamné par le tribunal correctionnel de Basse-Terre le 23 février 2018 à 2 ans de prison pour détournement de plusieurs centaines de milliers d'euros et blanchiment. Sa peine a été assortie de la confiscation d'une partie de ses biens immobiliers et de la privation de ses droits civiques, civils et familiaux. En outre, il a été condamné au civil à payer 1,5 millions d'euros de dommages-intérêts. Si Louis Molinié a fait appel de ce jugement, le préfet n'a pas attendu qu'il soit définitif pour imposer sa démission. Néanmoins, M. Molinié estime que le préfet a mal motivé son acte et que, par ailleurs, les faits pour lesquels il  a été condamné, sont postérieurs à son élection. Enfin, il estime que l'appel qu'il a interjeté est susceptible d'aboutir à une relaxe. Emilie Bokdam-Tognetti, rapporteure publique, est venue, comme le ministre de l'Intérieur dans son mémoire, à l'encontre des arguments développés par la défense de M. Molinié. Elle a d'abord rappelé que "tout conseiller régional inéligible est démissionnaire d'office notamment après une condamnation pénale" et que par ailleurs, "l'appel n'est pas suspensif". Invoquant une jurisprudence corse répondant au nom de Simonpieri, Mme Bokdam-Tognetti a confirmé le fait que le préfet était tenu de démissionner d'office Louis Molinié. Enfin, la rapporteure publique a  indiqué qu'une partie des faits litigieux était bien postérieure à son élection. En conclusion, elle propose aux magistrats de la 9e chambre du conseil d'Etat de rejeter la requête de Louis Molinié. Délibéré d'ici trois à quatre semaines.

FXG, à Paris

Partager cet article

Repost0

Articles Récents