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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 06:43
Un appartement interdit à la location à un Noir
Une action de groupe lancée contre le groupe immobilier Laforêt
Le CRAN a décidé de lancer une action de groupe contre Laforêt qui a laissé poser une annonce discriminante. Le texte sur les actions de groupe a été adopté le 18 novembre dernier dans le cadre du projet de loi sur la Justice du XXIe siècle. Le CRAN invite dès aujourd’hui toutes les personnes qui se sont senties exclues et choquées par cette annonce discriminatoire à la fois sur le critère de la nationalité et de la couleur, à se joindre à cette action judiciaire. Elles peuvent se signaler dès maintenant à cette adresse, contact@le-cran.fr.
« La loi sur les actions de groupes contre les discriminations va être utilisée : c’est une première historique. Nous sommes à l’origine de ce texte, il est logique que nous soyons les premiers à l’utiliser. Nous demandons également à être reçus par l’entreprise Laforêt qui saura désormais ce qu’il en coûte de cultiver ainsi le racisme et la xénophobie », a déclaré Louis-Georges Tin, le président du CRAN.
Le scandale a été révélé par un potentiel locataire, Moustapha qui, visitant un appartement à louer, rue du Parc à Levallois-Perret (92), est tombé sur une fiche indiquant : « Attention, important pour la sélection des locataires : nationalité française obligatoire, pas de Noir, immeuble avec des policiers uniquement ».
Interrogé sur France Info, le responsable de l’agence, Laurent Balestra, a déclaré que ce serait sur injonction de la propriétaire qui est raciste » que l’agent qui est « naïve et mal formée » aurait retranscrit la demande. D’après lui, la collaboratrice ne travaille plus dans l’agence. Et il a ajouté : « On est aux Lilas, dans le 93, on ne peut pas se permettre ca ».
« Le CRAN est tout à fait surpris d’apprendre qu’il y aurait des départements où on peut se permettre d’être raciste, et d’autres, non. Si certains employés de Laforêt ont besoin, au minimum, d’une formation, que dire des directeurs d’agence ? », a déclaré Louis-Georges Tin, président du CRAN.
FXG, à Paris
 
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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 10:16

Le Conseil d'Etat valide l'élection du maire de Morne-à-l'Eau

Mikaël Lech, après avoir été débouté devant le tribunal administratif de Basse-Terre, s'est retourné devant le conseil d'Etat pour demander l'invalidation de l'élection de Philipson Francfort comme maire de Morne-à-l'Eau. L'affaire, examinée le 8 décembre dernier a été tranchée le 23 : le pourvoi en cassation n'est pas admis. Les magistrats administratifs estiment que "les conditions dans lesquelles se sont déroulées les opérations électorales en litige n'ont pas été de nature à porter atteinte au caractère public du scrutin et n'ont pas davantage révélé une manoeuvre de nature à altérer la sincérité des opérations électorales".

FXG, à Paris

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 06:53
Céline Rose, François Asselin, une représentante de la CGPME de Polynésie et Dominique Vienne

Céline Rose, François Asselin, une représentante de la CGPME de Polynésie et Dominique Vienne

Les CGPME d'Outremer en lobbying présidentiel

C'était début décembre, la réunion annuelle des CGPME d'Outre-mer au siège national à la Défense. Le président de la CGPME, François Asselin (qui n'est pas peu fier de posséder une entreprise de menuisierie charpente à la Réunion), a réuni pour une journée de travail ses représentants des territoires d'Outre-mer, Céline Rose pour la Martinique, Dominique Vienne pour la Réunion, Joëlle Prévot-Madère pour la Guyane... "Nous avons procédé à un échange de bonnes pratiques, explique le président Asselin, le Pacific business forum, la french tech réunionnaise et plus largement débattu sur les zones d'expansion économiques de la France dans ses outre-mer." Ils ont fait aussi le bilan du quinquennat qui s'achève. Céline Rose reconnaît à ce gouvernement d'avoir mis au premier plan les TPE PME : "On a fini par faire rentrer dans la conscience collective que nous sommes créateurs d'emploi ! Charge au gouvernement de mettre les outils en place." Le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), survalorisé outre-mer ? Dominique Vienne demande pourquoi la préfecture à Saint-Denis a mis "un embargo sur les chiffres du CICE" et essaie une explication : "Le CICE est reparti immédiatement ! Sur trois ans, le CICE, c'est 180 millions. Il y a 40 entreprise à la Réunion, 17 000 artisans, seules 4000 y ont eu droit. La Poste, Carrefour, les banques y ont eu droit. 500 euros par an par salarié !" "C'est un outil non dimensionné pour les TPE, ajoute Céline Rose." "Avec la LODEOM, précise le Réunionnais, un salaire de 2,51 SMIC reste exonéré sur 2,5 SMIC, avec le CICE, ce même salaire se retrouve exclu de toute exonération de charges." Il regrette aussi le recentrage des exonérations sur les bas salaires de 90 millions d'euros qui leur a fait perdre de la compétitivité. "On a perdu en terme fiscal durant ce quinquennat." Il ne tire rien de bon non plus du précédent et rappelle cet acronyme révélateur : CBQD, "c'est Bercy qui décide". Et il lance : "On ne se demande pas qui sera le prochain ministre des DOM, mais plutôt qui sera le prochain ministre du Budget."

François Asselin assure qu'il rencontrera chaque candidat à la présidentielle et qu'il leur apportera un éclairage sur les territoires d'Outre-mer, "ces espaces de proximité de la France dans le monde", avec zones franches d'attractivité, un ministère de l'expansion de la France océanique comprenant une représentation de Bercy et des affaires étrangères.

FXG, à Paris

 

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 06:19
Nikon film festival

La Guyanaise Sterela Abakamofou présente son premier court métrage au Nikon film festival

Sterela Abakamofou a débuté au théâtre école de théâtre de Saint-Laurent (Kokolampoe) et fait quelques apparitions dans des courts et longs métrages comme "La vie pure", avant d'intégrer les prestigieux cours Florent à Paris. Et c'est là, dans sa classe d'art dramatique, qu'elle a rencontré Simon Quintana avec qui elle a réalisé "Je suis en chocolat". Un film de 2 minutes 20 ainsi que l'exige le règlement et dont le titre doit commencer par "Je suis".

Pour réaliser ce film, Simon et Sterela ont mis leurs idées en commun. "Nous voulions traiter d’un sujet assez sombre comme le racisme, explique Sterela, mais de manière légère voire comique. Nous voulions que cela parle au plus grand nombre, nous sommes donc partis d’une situation quotidienne, dérivant sur un malentendu. Nous en sommes arrivés à une histoire qui nous parlait." Ils ont trouvé un restaurant parisien, le Chilo sans le 19e,  pour accueillir le tournage. Simon et Sterela jouent en compagnie de la petite Jade, 4 ans, la fille d'une amie. "Jade s’est tout de suite prise au jeu du tournage, raconte Sterela, et s’est montrée très volontaire pour tourner chaque prise. Sachant que le tournage se déroulait à des heures tardives, nous avons tourné directement les scènes où elle jouait pour pouvoir la libérer aussitôt. Nous avons eu de la chance d’avoir pu tourner avec elle car en général, faire jouer un enfant demande plus de temps et de contraintes. Après une journée de tournage et deux de montage, le film est en ligne depuis le 19 décembre et cumule déjà plus de 800 vues.

FXG, à Paris

Pour voir le film et le soutenir

http://www.festivalnikon.fr/video/2016/1215

puis taper me titre "Je suis en chocolat".

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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 05:47
Fanny Viguier et Vincent Frédéric

Fanny Viguier et Vincent Frédéric

Créole soul à la BNF

La photographe Fanny Viguier et le styliste saint-claudien, Vincent Frédéric, ont accroché neuf photographies sur une série de 21 issues du projet "Créole soul" sur les murs de la bibliothèque nationale François-Mitterrand à Paris le 15 décembre dernier. "Créole soul" est le début d’un manifeste créatif qui emploie la voie de la mode et de l’image afin de défendre une identité culturelle, un travail artistique couronné par la bourse des talents des jeunes photographe, organisée par la BNF et le ministère de la Culture. Si Fanny est la photographe lauréate, Frédéric est le directeur artistique et le porteur du projet. C'est son oeuvre, à la fois de styliste et de plasticien, qu'a saisie Fanny, sur les lieux mêmes de sa création, chez ses parents, à Caféière.

Les deux artistes se sont rencontrés il y a trois ans aux Gobelins, la prestigieuse école d'art parisienne. Ils ont fait leur première séance de prise de vues et l'aventure a continué quand Vincent a commencé à travailler sur le projet "Créole soul". "En 2013, en Martinique, j'ai assisté à un événement qui prouvait le design créole et j'ai poussé un coup de gueule ! Des bois flotté sur des robes créoles, une sandale sur la tête ! J'étais outré de voir cette manière dont on considérait la mode : du recyclage de la poubelle de la mer, de l'art plastique (rires) !" Ecoeuré de ce paroxysme du doudouisme, il dénonce la médiocrité. "Quand elle n'arrive pas à  se réinventer, notre culture reste un folklore exotique." Alors ll s'interroge : "Qu'est-ce qui définit l'identité dans le vêtement ? Les accessoires, les bijoux, les matières renvoient à des oeuvres picturales, à des personnages..."

De retour en Guadeloupe pour postuler à la licence professionnelle design, art, environnement, Frédéric commence par réaliser quelques collages numériques tandis que son objet universitaire est un projet iconique sur la tradition créole. Il s'aventure dans "la décomposition du madras dans le vestiaire féminin". Il refuse de s'enfermer dans une représentation artistique frontale qui ne serait que caribéenne et veut y parer en trouvant une "traduction en langage universel, non exotique, non néo-doudouiste". "Les clichés nous figent. Nous n'arrivons pas à sortir du folklore et à le transcender en art." Une première série de photos revisitant l’imagerie créole du début du siècle dernier à été réalisée en studio. Ils ont forgé des cartes postales qui déconstruisent les anciennes qui offrent "une vision fantasmée et occidentale des cultures créoles sans beaucoup d'humanité". Ils ont ensuite poursuivi leur exploration de la créolité dans l’environnement guadeloupéen, s'éloignant des clichés historiques pour désacraliser un mythe tropical suranné, sillonnant pour cela la mangrove sèche de la pointe de la Verdure au Gosier, le sommet de la Soufrière, le Matouba, la Pointe-des-Châteaux...

Ce n'est plus de la simple photographie de mode mais un véritable manifeste créatif et progressiste. Les deux artistes mettent en scène l'avènement du nouvel homme créole. "Un homme ayant su se décharger de son statut de descendant d’esclave pour se réinventer, et ne plus avoir à se présenter comme tel."

FXG, à Paris

Le petit neveu de Max

Vincent Frédéric est le petit-neveu de l'ancien directeur de cabinet de Lucette Michaux-Chevry à la Région, Max. Il a eu sn bac d'art appliqué à Basse-Terre, est parti faire un BTS de design en Vendée, poursuivre sa formation à l'université de Lyon avant de finir par HEAEC, l'école de mode de Genève.

Vincent travail sur une collection de vêtements et accessoires masculins qui tendent à renouer avec l’esthétique caribéenne et créole. Il insuffle ainsi subtilement dans des pièces « streetwear », des dentelles froncées, du madras et autres détails issus de costumes créoles. Il épure la technique jusqu’à en extirper l’essence, le squelette, afin de mieux la réinventer. Sa collection de ses sept modèles de chapeaux dont un salako et un congolais revisités, a été repérée par de grands ateliers comme Chanel, et il vient de la proposer au festival de Hyères.

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 07:45

Nouvelle répartition du fonds d'urgence RSA pour les départements d'outre-mer

La ministre des Outre-mer a fait adopter un amendement au projet de loi de finances rectificative pour 2016, dans la nuit du 20 au 21 décembre à l’Assemblée nationale.

Cet amendement rééquilibre la répartition du fonds entre les départements d'outre-mer avec des montants en hausse pour la Guadeloupe (2,93 millions d'euros), la Réunion (6,62). La Martinique reste à 2 millions, tandis 14 millions d'euros, soit quasiment la moitié du fonds, sont fléchés sur la Guyane. La proportion de bénéficiaires du RSA dans la population varie de 9,26 % en Guyane à 11,7 % à la Réunion. Rapportée au nombre de bénéficiaires du RSA, cette dotation correspond à 632€ en Guyane contre 50 à 60 en Guadeloupe, Martinique et la Réunion.

La Guyane disposait d'un montant initial de 19 millions, prévu dans un ensemble de mesures au sein du Pacte d'avenir. "Comme les discussions n'ont pas abouties, ce montant n'a pas pu être sanctuarisé", explique le cabinet de la ministre.
Avant l'amendement gouvernemental, le sénateur PS de Guadeloupe Félix Desplans avait déposé un amendement en ce sens au Sénat (il n'avait finalement pas pu le défendre), puis le député de la Réunion Jean-Jacques Vlody, à l'Assemblée. Son amendement n'avait pas passé le filtre de l'article 40.

FXG, à Paris

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 07:43

Une centrale énergétique à base de déchets solides à Saint-Pierre

Le projet d'Ileva, le syndicat mixte en charge du traitement et la valorisation des déchets sur les territoires de la Civis, de la Casud et du TCO, pour une unité de 15 MW électriques au sein d’une plateforme multifilière de traitement des déchets ménagers et des déchets d’activités économiques a été retenu lundi 19 décembre par l'ADEME et le ministère de l'Ecologie et bénéficiera ainsi du fonds déchets. Il s'agit d'une centrale thermique dite "énergie CSR", c'est-à-dire combustibles solides de récupération dont l'objectif est de limiter les quantités de déchets non dangereux enfouis dans des installations de stockage. Il était demandé de développer des installations industrielles de combustion assurant une production énergétique à partir de CSR sans nuire au développement de la prévention et du recyclage de matières tout en se substituant à des énergies fossiles.

14 dossiers ont été déposés pour un volume de CSR valorisé de 680 000 t/an, pour des puissances installées allant de 1,4 MW à 102 MW. L’appel à projets permet de soutenir trois projets en Bretagne, Alsace et La Réunion.

En 2025, on estime un besoin de capacité en chaudières utilisant des combustibles solides de récupération dde 1,5 millions de tonnes pour une production de CSR qui devrait atteindre 2,5 millions de tonnes, sachant que l’industrie cimentière pourrait en valoriser 1 million de tonnes.

FXG, à Paris

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 07:39

Qui soutient qui ?

François Fillon, en avance d'une primaire, a dévoilé son équipe de campagne le premier. Y figure le sénateur LR, président du conseil régional de la Réunion, Didier Robert, dans le pôle élus. Du côté de la campagne de la primaire du PS, Manuel Valls a recruté le secretaire d'Etat aux Affaires européennes, Harlem Désir, et la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, dans son pôle élus. Le député martiniquais (app. PS) Serge Létchimy et l'ancien ministre guadeloupéen (PS), Victorin Lurel, lui apportent leur soutien.

L'ancienne ministre des Outre-mer George Pau-Langevin, a rejoint l'équipe de Vincent Peillon. Elle est l'une des porte-paroles et membre du pôle justice et institutions. Viencent Peillon a été rejoints par le député réunionnais, suppléant d'Ericka Bareigts, Philippe Naillet PS (en charge du projet outre-mer)  et de son collègue Jean-Jacques Vlody.

Autre député réunionnais, Patrick Lebreton (PS), a rejoint l'équipe d'Arnaud Montebourg.

Au centre, Emmanuel Macron a su s'attirer le soutien de député app. RRDP et président de Région Guadeloupe, Ary Chalus, et les grâces du président de la collectivité territoriale de Guyane, Rodolphe Alexandre. A la Réunion, il a reçu le soutien de Karine Nabenesa, conseillère régionale LPA, la protégée du député maire Modem de Saint-Leu (Réunion), Thierry Robert.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, on ne l'a pas vu s'afficher publiquement avec Elie Domota lors de son passage en Guadeloupe, mais il a participé à une conférence organisée par le Parti communiste guadeloupéen. Il a aussi obtenu, lors de son déplacement à Fort-de-France, le soutien du Parti communiste martiniquais. Enfin Jean-luc Mélenchon ne manque pas de citer son collègue eurodéputé réunionnais Younous Omarjee et bien sûr Aimé Césaire et Paul Vergès.

FXG, à Paris

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 07:48
TImgad, un film franco-algérien

Timgad le film, ou l'Algérie créole

A l'affiche, depuis ce matin dans l'Hexagone (hélas fort mal distribué — Bodega a eu 9 salles dans l'Hexagone dont une seule à Paris, rien en banlieue !), "Timgad", un film franco-algérien au sujet duquel le quotidien 'L'Humanité' du 21 décembre vante "l'Algérie créole de Fabrice Benchaouche", le réalisateur, on ne peut s'empêcher de penser au Tout-monde d'Edouard Glissant et bien sûr à Franz Fanon à la lecture de ce titre accroché, qui plus est, au-dessus du grand titre sur l'attentat de Berlin... Quel symbole pour ce film où il est question de la décennie noire et du terrorisme islamique en Algérie.  Timgad est un site de ruines romaines dans les Aurès, pas si loin d'Hipone dont le Kabyle saint Augustin fût non seulement l'évêque, mais un Père de l'Eglise. Dans ce village, l'instituteur laïcard, Mokhtar (Sid Ahmed Agoumi qui a débuté dans "Z" de Costa-Gavras), formé à l'aune de la révolution algérienne de Ben Bellah, dispose enfin dans sa classe de onze garçons pour constituer son équipe de foot. Ces onze minimes sont tous nés le même jour, 4 décembre 1996. Et s'il n'y avait eu aussi cette même nuit magique, la naissance de Naïma (photo ci-dessus), interprétée par la jeune actrice algéroise Fella Bennini, 13 ans et un destin de ministre (!), la fille de l'épicier Larbi (Lofti Yahya Jedidi), ils seraient douze dans la Juventus de l'instituteur Mokhtar, sponsorisée par Larbi et sa "pisserie fine".

Roger Le Mer...le et le bataillon de Joinville

Pieds nus, jouant dans la rocaille, les gamins de la Juve, assis au pied de l'arc de triomphe de Trajan, aidés miraculeusement par l'ingénieur des cailloux, Djamel l'archéologue beur (Mounir Margoum, à l'affiche aussi dans Divines), un ancien du bataillon de Joinville avec trézéguier, Henry et Roger Le Merle (!), se battent pour accéder à la grande finale des minimes d'Algérie qui les propulserait au Stade Vélodrome en présence de Zizou ! Pour créer ce monde baigné dans une atmosphère musicale de néo-réalisme poétique italien, à cheval entre Dom Camillo et Pagnol, le montpelliérain Fabrice Benchaouche est allé cherché le musicien Ludovic Beier et le dramaturge Aziz Chouaki. C'est ce dernier, l'auteur de "Les Oranges" et de "L'Etoile d'Alger", qui a dialogué ce scénario avec cet esprit si cher à Edouard Glissant, la créolisation, la sublimation du passé colonial et esclavagiste dans un métissage du monde par rhizomes, les langues, les histoires. Il y a du kabyle, de l'arabe, du français et, foot oblige, de l'italien dans ce film. De toute façon, Mokhtar l'instit' aurait pu aussi bien être interprété par Raimu que par Vittorio Gassman, tant Sid Ahmed Agoumi a compris que ce n'était pas un rôle, mais un personnage qu'on lui offrait.

La Juve va en chier, mais elle ira à Marseille. Depuis son prix du public-Midi-Libre au Cinémed de Montpellier en octobre dernier, on a dit au sujet du premier long métrage de Fabrice Benchaouche : "A real feel good movie" et c'est vrai qu'il y a tant d'espoir dans ce film qui révèle une Algérie autre, inédite et inimaginée de ce côté-ci de la Méditerranée, où les filles se mettent du "rozozongle" et les enfants boivent du "gazouze", qu'on a l'impression que c'est l'Algérie qui sauvera le monde de Daesh ! Fabrice Benchaouche  nous rappelle la leçon que l'on peut tirer de "La poétique de la relation" d'Edouard Glissant, sans oublier de rire.

FXG, à Paris

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 05:46
Emmanuel Macron, dans les locaux d'En marche !, le 14 décembre. Photo : FXG

Emmanuel Macron, dans les locaux d'En marche !, le 14 décembre. Photo : FXG

Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle de En marche, aux Antilles et en Guyane. Interview.

"La réponse aux problèmes de l'outre-mer n'est pas le budget de l'Outre-mer"

Les Outre-mer fonctionnent avec deux rouages essentiels : la défiscalisation et les exonérations de charges sociales. Avez-vous la même recette ou en avez-vous une différente ?

Je viens aux Antilles et en Guyane, précisément, pour construire quelque chose de différent. Je viens pour échanger et comprendre. Je ne veux pas y aller avec les mêmes recettes et les mêmes méthodes que depuis toujours, parce que si la défiscalisation ou les grands plans marchaient, on n'aurait pas 50 % de chômage des jeunes, ni une situation qui se dégrade à la fois sur le plan économique et sécuritaire. Je veux élaborer avec les territoires d'outre-mer et les Ultramarins un autre projet. Je ne suis pas à la recherche d'une solution magique, ni dans la promesse intenable. On connaît trop les pères Noël qui arrivent avant les élections présidentielles avec des promesses qui durent cinq ans ! Ce que je veux, c'est expliquer ce que je propose pour notre pays et entre autres pour augmenter le salaire net en diminuant dans le même temps les charges des entreprises pour que le travail paie mieux et que l’économie reparte ; c’est aussi construire un projet dans la durée.

Quelle est votre idée du développement outre-mer ?

Il y a des choses sur lesquelles on peut aller vite car elles dépendent largement des pouvoirs publics, comme le BTP et la construction de logements, ou la réduction des délais de paiement qui font tant de mal à nos petites entreprises.

La problématique qu'on connaît dans l’agglomération de Cayenne sur la question du logement, c'est la même que celle des grandes métropoles de l’Hexagone : c'est un problème de délais, de recours multiples, de documents d'urbanisme et de complexité qui font que quand bien même les décisions sont prises et l'argent est là, les projets ne sortent pas suffisamment vite de terre. Je souhaite échanger sur place avec les élus et les professionnels.

Ensuite, je veux qu'on développe beaucoup plus fortement le tourisme. Il faut accroître les investissements dans ce secteur, notamment grâce à l’aide de la Caisse des dépôts. Le tourisme permet de faire entrer dans la vie active des travailleurs peu qualifiés, et il crée des emplois qui sont non délocalisables.

Il y a, en plus de tout cela, de nouvelles activités à développer, le numérique, ce qu’on appelle la « silver economy », c’est-à-dire tout ce qui concerne les séniors, l'économie de la transition énergétique... Nous avons sur tous ces sujets une expertise qui doit nous rendre optimistes pour l’avenir.

Concernant les minerais, il y a un potentiel de développement économique qui doit se réaliser conformément à notre politique et à nos engagements environnementaux, qu’il s’agisse de l’or en Guyane ou du nickel en Nouvelle-Calédonie.

Avez-vous une stratégie pour les outre-mer ?

Oui : qu’on prenne enfin conscience de la chance qu’ils sont pour la France. Car ils permettent la présence de la France sur tous les continents, donnent aux Français une emprise maritime parmi les plus importantes du monde avec de vraies ressources économiques, représentent un espace pour la francophonie et une capacité à négocier avec toutes les organisations régionales de ces zones. Surtout, car les outre-mer sont l’un des piliers de notre richesse culturelle, et l’une des fiertés de notre histoire commune.

Les normes et règlements communautaires ne favorisent pas les DOM...

Vous avez raison : cela ne fait pas sens d’appliquer les mêmes normes sans tenir compte du contexte local ou régional. Le besoin de différenciation est réel. Je souhaite donc que l'on puisse avoir de vraies discussions sur les normes européennes, sur les normes concernant le logement mais aussi sur les protections commerciales et les politiques agricoles parce qu'aujourd'hui notre analyse, c'est que les territoires ultramarins sont perdant-perdant. C’est pour cela que je pense que la réponse aux problèmes de l'outre-mer ce n'est pas seulement le budget de l'Outre-mer, mais l'adaptation des normes et une meilleure prise en compte des réalités ultramarines par les politiques publiques. Des négociations vont par exemple s'ouvrir au niveau européen pour une nouvelle Politique Agricole Commune. A-t-on la volonté de réinsérer les filières ultramarines dans des discussions communautaires, de développer des instruments français spécifiques ? L'Europe protège et peut être un bouclier également pour les outre-mer.

Qu'allez-vous faire pendant cette visite ?

Je vais aller au contact, comprendre, rencontrer la population, les professionnels, les écouter et construire. Mon deuxième objectif est de prendre quelques engagements clairs en particulier en matière de sécurité. En Guadeloupe, on a vu la criminalité augmenter très fortement ces derniers mois... Là-dessus, je donnerai de la visibilité, en prenant des engagements dans la durée.

Il ne s'agit pas de promettre des choses mirobolantes, mais d’expliquer clairement ce que je propose.

En général, Paris envoie un ou deux escadrons de gendarmerie...

Ce que demandent les populations comme leurs élus, c'est que l'on renforce les forces permanentes. J'ai pris sur le sujet des forces de sécurité, gendarme et police, des engagements d'embauches, stables dans le temps avec une loi quinquennale. J'irai expliquer la part que les territoires d'Outre-mer prennent dans cet engagement. C’est d’ailleurs un sujet récurrent de mobilisation pour Ary Chalus qui m’en a beaucoup parlé.

Avez-vous déjà des soutiens sur place ?

On a déjà des soutiens et j'ai eu beaucoup d’échanges. Je connais très bien le président Chalus et le président Alexandre. J'irai voir aussi le président Marie-Jeanne sur son territoire, même si nous avons moins échangé. J'ai un groupe de travail qui, depuis plusieurs mois, élabore des réflexions, mais je veux pouvoir échanger, consolider sur place.

L'histoire est encore brûlante aux Antilles et en Guyane, François Fillon s'est récemment brûlé les doigts avec la colonisation...

J'irai au Mémorial ACTe en Guadeloupe. Nous avons des mémoires à réconcilier. La reconnaissance de l'histoire du commerce triangulaire, de la traite et de ce qui a profondément meurtri ces territoires de la République est nécessaire. Ca ne peut pas être le déni. Je ne suis ni dans la négation de ce qu'a été la colonisation comme peut l’être la droite, ni dans la culpabilisation postcoloniale comme on peut l'entendre à gauche et à l'extrême gauche. Le bilan de la colonisation est un bilan négatif simplement par le fait qu'il n'a pas été conforme avec notre tradition, nos valeurs et ce que nous portons des droits de l'Homme. La République est indivisible, mais pour l'être elle doit être réconciliée. La reconnaissance n'est pas de la repentance. Il s'agit de donner la juste place à toutes les histoires. La force de notre République, c'est sa capacité à construire la complexité de notre histoire. Les historiens comme Frédéric Régent ont permis de redonner une place dans l'historiographe française aux mémoires et aux histoires ultramarines. Le miroitement de ces histoires, la reconnaissance des crimes rendent une dignité à toutes les mémoires. Nous avons des dettes mémorielles mais on ne répare jamais le passé, pas plus qu’on ne monétise la souffrance de ses ancêtres.

Fallait-il départementaliser Mayotte ? Etes-vous pour la rétrocéder aux Comores ?

Mayotte est sans doute le territoire ultramarin qui a le plus de défis, sécuritaires, migratoires... On a départementalisé Mayotte sans lui donner les moyens d'être un département inscrit dans cette géographie à part. Je crois à la libre disposition de chacun et je suis démocrate, mais nous ferons un travail avec les Mahorais pour évaluer les conséquences de cette évolution.

C'est une question pendante à l'Organisation de l'Unité Africaine...

Elle ne m'a pas échappée. La réponse n'est pas simple et je ne l'ai pas aujourd'hui. Ce territoire a une histoire très particulière dans la République. Le seul endroit où l'on reconnaît un droit coutumier d'inspiration musulmane. Il y a une histoire qu'on ne peut balayer d'un coup, il y a une pression géopolitique, migratoire, culturelle et économique. Le statu quo n'est, en tout cas, pas tenable.

Propos recueillis par FXG, à Paris

 

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