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28 juin 2018 4 28 /06 /juin /2018 06:00
Les fonds du POSEI sauvegardés

Les commissaires Hogan et Moscovici rassurent les agriculteurs des RUP

"Mon engagement, a déclaré mardi le commissaire européen Phil Hogan, et celui du président Juncker sont des engagements solennels." La démonstration de force déployée par Eurodom lundi et mardi à Bruxelles a donc payé puisque les deux commissaires européens, Phil Hogan pour l'agriculture et Pierre Moscovici pour l'économie se sont engagés devant les 170 représentants des filières agricoles et agroalimentaires des régions ultrapériphériques de l'Europe à ne pas toucher à l'enveloppe du programme d'options spécifiques liés à l'éloignement et à l'insularité (POSEI).  Phil Hogan a déclaré qu'il s'engageait "à ce que l'on recule sur la baisse de 3,9 %" qui figure dans le projet de budget des commissaires. "Je ne peux rien vous promettre pour des enveloppes budgétaires supérieures", s'est-il même permis d'ajouter tout sourire. Reconnaissant que les économies des RUP sont dans "des situations spécifiques uniques", il a assuré que la Commission "continuerait de les prendre en considération". Peu avant, le conseiller RUP de la commissaire Corina Cretu abait lancé : "Les régions ultrapériphériques sont ultra importantes !"

Ce retournement de situation s'explique notamment par le fait que le président de la Commission s'était publiquement engagé à ne pas toucher le POSEI lors de sa visite à Cayenne avec le président Macron en octobre dernier.

Par ailleurs, lundi au parlement européen, les 12 eurodéputés des RUP dont Younous Omarjee et Louis-Joseph Manscour ont aussi rappelé que le POSEI avait le soutien du parlement. Or, si la commission propose le budget, c'est le Parlement et le conseil des ministres européen qui l'adoptent. M. Omarjee a indiqué que le budget global de l'Union était en hausse pour la période 2021-2027 malgré le Brexit grâce au fonds européen de développement. Ainsi, le budget de la politique migratoire va croître de 210 % en passant de 10 à 30 milliards, celui de la défense de 1,9 à 24 milliards... "La Commission, a-t-il expliqué a fait le choix de financer de nouvelles priorités et de sacrifier la solidarité et les territoires ruraux." Louis-Joseph Manscour assurait derrière son collègue réunionnais la "volonté de gagner cette bataille". Il est vai que la somme en jeu semblait dérisoire à côté des milliards évoqués puisque le POSEI ne coûte que 678 millions et la baisse envisagée dépassait tout juste les 25 millions...

Dernier à intervenir devant les socio-professionnels des RUP, Pierre Moscovici est venu confirmer la bonne nouvelle : "Le bilan de la Commission Juncker, a-t-il déclaré, est ambitieux pour les RUP." Il a assuré que la commission reconnaissait l'utilité des dispositifs fiscaux spécifiques comme pour les quotss de rhum ou l'octroi de mer. "La Commission européenne, a-t-il encore affirmé, soutiendra le maintien du niveau du POSEI. La Commission propose, les Etats disposent !"

FXG, à Bruxelles

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27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 05:04
Les 170 représentants des filières agricoles et agroalimentaires des RUP devant l'Europarlement à Bruxelles lundi 25 juin

Les 170 représentants des filières agricoles et agroalimentaires des RUP devant l'Europarlement à Bruxelles lundi 25 juin

Démonstration de force des RUP à Bruxelles

"L'Europe va mal ! Il nous faut montrer un visage uni et solidaire." Serge Hoareau, vice-président du Conseil départemental de la Réunion, a accompagné la délégation des 170 professionnels de l'agriculture et l'agroalimentaire des régions ultrapériphériques de l'Europe à Bruxelles lundi. Emmenée par le groupe de pression Eurodom, cette imposante délégation composée de Réunionnais, d'Antillais, de Guyanais mais également d'Espagnols des Canaries et de Portugais des Açores et de Madère, est venue faire une démonstration de force aux autorités européennes. Depuis le mois de mai, la Commission qui prépare sa programmation budgétaire pluriannuelle pour la période 2021-2027, a annoncé, en raison du retrait de l'Angleterre et de la réorientation de ses priorités vers la sécurité et le changement climatique, une baisse du budget de la politique agricole commune et donc du Programme d'Options Spécifiques à l'Eloignement et à l'Insularité (POSEI). Jusqu'alors d'un montant global de 643 040 euros, l'enveloppe est annoncée à la baisse de 3,9 %, soit 25,41 millions en moins.

"Un affront vis-à-vis des agricultures des RUP", estime le président d'Eurodom, Gérard Bally qui rappelle que l'agriculture et l'agroalimentaire sont les seules activités de développement endogène des économies d'outre-mer à côté de l'importation, la grande distribution, les services et les transferts publics... "Si l'Europe lâche nos campagnes, lance Angela, agricultrice aux Canaries, nous lâcherons nos pays et émigrerons en Europe or nous sommes Européens et nous voulons être maintenus en tant que RUP..." "En oubliant que nous sommes les portes de l'Europe, explique Jean-Bernard Gonthier, de la chambre d'agriculture de la Réunion, l'Europe prend des décisions qui nous mettent en danger !" "Il ne s'agit pas d'aides, assène Richard Blonbou, acteur de la filière viande en Guadeloupe, mais de compensations !" Patrick Labranche, agriculteur en Guyane, rappelle les mots prononcés par le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à Cayenne en octobre dernier : "Pas question de toucher au POSEI." "C'est notre mode de vie qui est en cause, avance un agriculteur de Madère et les effets ne seront pas limités à 3,9 % !" "Si le régime spécifique d'approvisionnement baisse et que le POSEI baisse aussi, s'alarme Claude Bihry, c'est l'ensemble de la filière élevage de la Réunion qui est en péril." "Alors que nous avons fait passer le taux de couverture de la consommation locale de poisson de 15 à 21 %, regrette Fabrice Minatchy, on nous annonce une baisse de 25 à 30 % pour le plan de compensation des surcoûts ! Ca va réduire à néant tous nos efforts..."

Tous ces cris ne répondent pour l'heure qu'à des menaces car les négociations qui s'ouvrent entre les Etats membres et l'Europe promettent d'être compliquées sur le fond et sur la forme si on veut qu'elles aboutissent avant les élection du printemps 2019... Pour l'heure, la France a fait clairement savoir sa position sur l'évolution de la PAC : c'est non. La semaine dernière au conseil des ministres de l'agriculture, Stéphane Travert a indiqué que les coupes claires annoncées étaient inacceptables, que la France exigeait a minima le maintien des montants actuels. A ce stade, les négociateurs français ne souhaitent pas faire émerger au sein de la PAC des sujets, tel le POSEI, qui affaibliraient la position forte défendue par la France. Mais l'objectif des lobbystes d'Eurodom reste malgré les suppliques des négociateurs français, d'arracher aux commissaires une promesse favorable au POSEI. C'est tout l'objet des trois rendez-vous de ce mardi avec le conseiller RUP de la commissaire européenne à la politique régionale Corina Cretu, le commissaire à l'agriculture Phil Hogan et le commissaire aux affaires économiques et financières, fiscalité et douanes Pierre Moscovici.

"Les RUP, assure Fernando Sousa, du gouvernement des Açores, nous sommes 5 millions, soit plus que la population de certains Etats de l'Europe ! Nous sommes le 28e Etat membre de l'Union européenne !"

FXG, à Bruxelles

Un combat avec le ministre français de l'Agriculture

Non content d'avoir à supporter la menace de la réduction des fonds du POSEI, les agriculteurs domiens sont actuellement confrontés à un mur d'incompréhension du côté du cabinet de Stéphane Travert, le ministre de l'Agriculture qui refuse de revoir à la hausse l'aide nationale d'Etat en complément du POSEI. "Ironie, désinvolture, mépris et hostilité", assurent les lobbystes d'Eurodom qui ont trouvé en Vincent Abt, le conseiller Outre-mer et budgétaire du ministre, un bien décevant interlocuteur. Depuis 2009, l'Europe a autorisé la France à apporter une aide nationale à l'agriculture afin de permettre le développement des aides couplées à la production. Ainsi 40 millions ont été débloqués pour que chaque année, la production puisse s'accroître et permettre ainsi l'amélioration des taux de couverture qui restent insuffisants quand on vise dans chaque territoire l'autonomie alimentaire. Or, on en est loin puisque la Réunion ne couvre que 80 % de ses besoins animaux, 70 % de ses besoins en végétaux, la Martinique n'est qu'à 30 % et la Guadeloupe à 20 pour la viande et pour ces deux îles, moins de 10 % en végétaux.... "Plus une filière est organisée, explique benoît Lombrière d'Eurodom, plus le taux de couverture est fort." Voilà pourquoi la nécessité de renforcer cette aide nationale est essentielle pour les producteurs des DOM pour qui le POSEI et cette aide complémentaire d'Etat est une arme anti-importation.

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26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 06:34
Sargasses

Un aspirateur géant anti-sargasses à l'étude

Une délégation du conseil régional de la Guadeloupe composée des vice-présidentes Sylvie Gustave dit Duflot et Maguy Céligny s'est rendue à Saint-Hilaire de Riez en Vendée à la rencontre de Thierry Thomazeau de Thomsea, qui a développé avec Cyril Thabard de la société CDO Innov, des solutions pour la collecte et l'élimination des sargasses. Reportage en images (FXG)

Le véhicule amphibie, "L'Amadeus", est le support d'une pompe puissante reliée à un bec aspirant capable d'avaler des tonnes d'algues. Adapté aux sargasses, ce kit d'un coup de 1,5 million pourrait bientôt être validé par le comité de pilotage du plan Pulsar pour être utilisé sur certains sites antillais.

 

En Vendée, les algues sont devenues une ressource autour de  laquelle s'est structurée en moins de cinq ans une véritable filière qui a trouvé son modèle économique avec une entreprise de collecte et de traitement et une usine, All Mix, qui fournit l'industrie cosmétique, l'agroalimentaire pour animaux et des engrais. Nos deux élues n'en sont hélas pas encore à voir les sargasses avec la même reconnaissance...

Si ici deux hommes suffisent à manoeuvrer le bec aspirant dans ce bassin où se trouvent des algues rouges, le modèle développé pour les Antilles devrait être large de 2 mètres, amphibie et chenillé, et muni d'une cabine pressurisé. Le tuyau devrait être deux fois plus large.

 

Une fois aspirées, les algues passent dans un jacuzzy où elles sont séparées du sable avant d'être évacué dans un container.

Si et quand la question de la valorisation des algues sargasses sera résolue (métaux lourds, amoniaque et sulfure d'hydrogène), elles pourront être lavées et dessalées afin d'être retraitée soit sous forme de jus, sous par une technique de cracking.

Thierry Thomazeau inventeur

Marin-pêcheur et armateur pendant 34 ans, Thierry Thomazeau a inventé ses premières machines pour aspirer les hydrocarbures en cas de marée noire avant de s'intéresser aux algues et depuis peu aux plastiques abandonnés en mer.

Thomas Volkmar de la SAFEGE et le préfet sargasses

Thomas Volkmar, du bureau d'études SAFEGE, est l'expert qui doit aider techniquement à l'adaptation du kit d'aspiration aux nécessités liées aux sargasses et au  milieu antillais. A côté de lui se trouve le préfet sargasses, Serge Bideau qui assure la coordination interministérielle de la lutte anti-sargasses.

 

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26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 06:30
Loi constitutionnelle Outre-mer

Loi constitutionnelle : Adam veut plus d'autonomie

"Il ne s’agit en aucun cas pour moi de proposer de tendre vers l’indépendance mais au contraire, de se diriger vers une meilleure reconnaissance de la diversité des territoires français." Dans le cadre du projet de loi constitutionnelle, le député LREM de Guyane, Lénaïck Adam a déposé une douzaine d'amendements qu'il entend défendre auprès de son groupe avant l’examen en séance publique aura lieu à partir de mi-juillet. "En dépit de mon appartenance au groupe majoritaire, j’ai décidé de profiter de cette opportunité pour faire des propositions pour une meilleure réalisation du droit à la différenciation", soutient le jeune élu qui assure que "donner plus de possibilités et de flexibilité ne conduira pas à une volonté d’indépendance mais, à l’inverse, contribuera à un sentiment de meilleure prise en compte du destin des ultramarins".

Sa proposition de base est la création des Pays d’outre-mer, une nouvelle catégorie régie par un statut-cadre adopté conjointement par le Parlement et l’Assemblée délibérante de la collectivité et ensuite soumis aux électeurs qui seuls décident de l’approbation, la ratification ou de la modification du statut. Cette proposition vise à répondre aux difficultés résultant de l’excessive rigidité des articles 73 et 74 en créant un statut similaire à ce qui existe pour les Canaries, Madère ou les Açores.

M. Adam propose encore lacréation d’un article 73-1 qui permettrait aux collectivités uniques issues de la fusion d’un Dom et d’un Rom de conforter leur statut actuel en lui donnant valeur de loi organique.

Il propose également de donner à l’ensemble des collectivités une compétence normative en matière socio-économique et environnementale sans porter atteinte aux régimes sociaux et à tout ce qui touche aux droits des personnes. "Cela permettrait une meilleure adaptation des normes sans atteindre les droits fondamentaux des habitants", justifie-t-il.

Il propose encore de perfectionner le pouvoir d'habilitations consenties aux collectivités de l’article 73 et d’assouplir certaines procédures pour donner aux collectivités l’initiative des lois, la possibilité d’être entendues par les commissions parlementaires, d'être associées aux décisions européennes et traités internationaux et de mieux faire défendre leur statut par le Conseil constitutionnel.

Un autre amendement étend la possibilité pour le président de la République de consulter les électeurs des outre-mer sur toutes questions les concernant et non plus seulement sur l’organisation et les compétences d’une collectivité et que cette initiative soit étendue

à l’Assemblée Nationale, au Sénat, à l’Assemblée délibérante et même à une fraction des électeurs tout en laissant le dernier mot au président de la République.

Enfin, il propose de créer un droit de pétition des citoyens auprès des assemblées parlementaires et le renforcement du référendum local et du référendum d’initiative populaire.

FXG, à Paris

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26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 05:22
Raphaël Gérard, Laurence Vanceunebrock-Mialon, Olivier Serva (LREM) et Gabriel Serville (GDR)

Raphaël Gérard, Laurence Vanceunebrock-Mialon, Olivier Serva (LREM) et Gabriel Serville (GDR)

Un rapport contre les discriminations LGBT outre-mer

La première partie du grand livre sur les discriminations en outre-mer a été rendu public mardi avec la présentation des haines LGBT.

Avant de donner la parole aux trois députés qui ont enquêté en outre-mer sur les violences et discriminations dont sont victimes les homosexuels en Outre-mer, le président de la délégation aux Outre-mer de l'Assemblée nationale, Olivier Serva, s'est livré à un mea culpa qui a ému ses collègues députés : "La campagne législative a été marquée par la réapparition d'images dans lesquelles je tenais des propos regrettables..." Non content de se satisfaire du communiqué de presse qu'il avait alors émis pour présenter ses excuses, le député Serva s'est livré à une confidence : "C'est à la lueur de ces tristes événements que j'ai découvert l'homosexualité d'un de mes amis. Il m'a dit sa colère, il m'a dit sa peine, il m'a dit son humiliation et j'ai alors compris..." C'est donc dans ce contexte et après une audition du délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et l'homophobie qui a fait apparaître au grand jour le déficit de données objectives que les députés ont choisi de missionner Raphaël Gérard, Laurence Vanceunebrock-Mialon (LREM) et Gabriel Serville (GDR) afin qu'ils procèdent à une évaluation. "C'est la première partie du grand livre sur les discriminations outre-mer a résumé Olivier Serva, qui sera compléter par le rapport de Josette Manin et Maud Petit sur les discriminations en général dont sont victimes les ultramarins." Le rapport peut ainsi se résumer : "La haine LGBT dans les outre-mer est bien plus marquée que dans le reste du territoire national."  La mission exploratoire et les auditions ont révélé un "constat cruel", "un silence assourdissant", une "émancipation au prix de l'exil ou du sang", des lesbiennes en situation d'invisibilisation...

Interconnaissance et imprégnation religieuse

Laurence Vanceunebrock-Mialon a incriminé le poids de la colonisation, le poids des stéréotypes de genre chez les jeunes en particulier : "La figure de l'homosexualité est perçue comme transgressive dans des sociétés fondées sur la hiérarchie et la binarité des genres." En cause encore, le poids de l'interconnaissance et de l'insularité avec ses rumeurs et son makrélaj aux Antilles ou son ladi lafé à la Réunion dans des sociétés où tout le monde se connaît, où la honte induite par le regard des autres brime les individus. "L'honneur familial brime encore davantage l'expression sexuelle des individus, souligne le rapport, et cette interconnaissance exacerbe les violences intrafamiliales qui peuvent aller de l'expulsion au viol punitif et limite le recours à la justice comme la prévention de l'épidémie de VIH..."

Le poids de l'imprégnation religieuse est aussi en cause qui peut légitimer un discours de répression sociale de l'homosexualité jugée "contre nature"...

Pour limiter la stigmatisation, le rapport propose un certain nombre de piste comme le renforcement du maillage associatif en association avec la DILCRAH, la sensibilisation des acteurs sociaux et des policiers, celle du grand public qui a tendance à "minimiser ces violences physiques ou psychologiques", selon Gabriel Serville. "L'éducation doit permettre de déconstruire tous ces préjugés", soutient Raphael Gérard. Le rapport propose encore d'avoir recours à des personnalités, des artistes, des politiques pour porter des messages positifs et encore de mieux documenter les LGBTphobies en outre-mer.

Les députés ont souhaité aussi impliquer les gens d'église dans ce travail. Et si l'évêque de Guadeloupe n'a pas souhaité rencontrer les députés en mission, Josette %Manin s'est proposé de remonter cette proposition à l'archevêque de Martinique, "plus ouvert"...

FXG, à Paris

Le mariage gay

Depuis 2014, il n'y a eu qu'un mariage homosexuel à Wallis et Futuna et à Mayotte, 4 à Saint-Martin, 5 en Polynésie, 6 en Martinique, 7 en Guyane, 8 à Saint-Barthélemy et 18 en Nouvelle-Calédonie. Les chiffres de la Guadeloupe n'ont pas été communiqués.

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25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 06:45
POSEI

L'agriculture des DOM menacée par le Brexit

L'audition relative au financement du programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité (POSEI) qui a eu lieu hier matin au Sénat visait à informer les sénateurs de la délégation Outre-mer sur "le danger de la contraction du soutien financier apporté aux agricultures des DOM par le POSEI" en raison du Brexit. La Commission européenne a elle-même souligné en 2016 "la conformité aux objectifs de la politique agricole commune, mais surtout la pertinence et l'efficacité en faisant valoir que le programme POSEI était essentiel au maintien des productions de diversification traditionnelles et s'était avérée utiles dans la mise den oeuvre des exigences en matière de qualité d'environnement". En effet, la Commission vient d'annoncer une baisse de 3,9 % dans le cadre financier pluriannuel 2021-2027, soit une amputation de près de 11 millions d'euros pour les RUP françaises, tandis que 'enveloppe de la PAC, pour l'agriculture hexagonale baisserait de 6,5 % par an. Le 6 juin, les sénateurs ont adopté une résolution avec l'avis favorable du gouvernement pour prôner le maintien des aides européennes à leur niveau actuel tant pour la politique agricole commune que pour le POSEI.

Gérard Bally, le patron et fondateur d'Eurodom, a donc conduit devant les sénateurs une délégation de socioprofessionnels des RUP tels Ange Milia, président de Madivial, Sylvain Edouard de la filière provenderie en Guyane, Philippe Ruelle, directeur de l'UGPBan, Justin Céraline de la SICA Cannes Union Martinique ou Jean-Claude Cantorne du CIRT-DOM.

Le POSEI représent pour les RUP 680 millions d'euros dont environ 290 M€ pour les DOM avec 130 M€ pour la banane, 75 M€ pour la filière canne, 26 M€ pour la filière viande et 15 M€ pour la diversification

Vendredi matin, Gérard Bally a conduit sa délégation chez la ministre des Outre-mer avant de se rendre à Bruxelles lundi et mardi à la tête 170 professionnels concernés par le POSEI, aussi bien des RUP françaises que des Canaries, des Açores et de Madère. Ils rencontreront les commissaires Phil Hogan, Corina Cretu et Pierre Moscovici.

FXG, à Paris

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25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 05:33

Ravy Vellayoudom inéligible pour trois ans

Le Conseil constitutionnel a déclaré ce vendredi Ravy Vellayoudom, candidat aux élections législatives des 11 et 18 juin 2017, dans la 6ème circonscription du département de La Réunion, inéligible pour une durée de trois ans.

La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, dans sa décision du 5 octobre 2017, a saisi le Conseil constitutionnel parce que le candidat n'a pas déposé de compte de campagne alors qu'il y était tenu. Ravy Velayoudom avait obtenu 1,99 % des suffrages exprimés au premier tour.

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25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 05:23
Bernard Lama

Interview Bernard Lama

"Les outsiders ont réussi leur entrée,  les favoris un peu moins"

Que ressentez-vous quand vient le temps de la coupe du monde ?

C'est une période particulière,  la grand-messe pour les footballeurs. C'est peut-être le seul moment où je suis concentré dessus... C'est la grande fête, on sait qu'on va voir de beaux matchs ! On est plutôt habitué à voir du football européen par ici. Là, on va voir d'autres footballs,  africain, sud-américain... Ça fait de grands moments avec de beaux stades et puis on est censé aussi découvrir un pays.

Ca vous rappelle des souvenirs ?

Non, on est au-delà de ça.  On espère voir du beau football,  voir son pays l'emporter...

Comment trouvez-vous ce début de coupe du monde ?

Ca a bien démarré ! Il y a beaucoup de buts,  des matches intenses, c'est toujours le cas en coupe du monde,  mais on a l'impression qu'elle a démarré plus vite que d'habitude,  dès le premier match Espagne-Portugal... On n'a pas eu le temps de prendre le temps.  Il faut être opérationnel immédiatement et ça, ça donne le ton à la coupe du monde. Et puis il y a toujours des surprises en coupe du monde c'est ce qu'ii y a de plus intéressant par rapport à un championnat d'Europe où le niveau est à peu près égal et où l'on finit par s'ennuyer.  Heureusement que la dernière fois, l'Islande est venue amener de la joie ! Tandis que dans cette coupe du monde, il y a déjà de la joie.  Il y a des populations qui viennent de partout, ça fait des stades très colorés...  C'est une grande fête.

Comment trouvez vous l'équipe de France ?

Elle est très jeune,  très talentueuse,  mais il faut trouver une équipe dans tout ça...  Il faut trouver une âme,  un cheminement...

La mayonnaise n'a pas encore pris ?

Non ça n'a pas encore pris...  ..  La France a pris ses trois premiers points, c'est ce qui était le plus important...

Avez-vous un pronostic ?

Je suis peut-être trop impliqué pour sortir un pronostic.  Je sais très bien qu'on peut être favori et passer à la trappe,  mais en général il n'y a pas de hasard à ce niveau là et on retrouve souvent les mêmes... Les Allemands, les Brésiliens,  les Espagnols, les Portugais ne devraient pas être très loin. Et puis derrière, il y a les nations qui ont faim comme la France,  la Belgique...  La France a l'avantage d'être une équipe jeune donc elle aura une plus grosse capacité de récupération...  Il y a beaucoup de talents offensifs... Ngolo Kanté, Blaise Matuidi... Après, il y a les deux flèches devant... Il y a un vrai talent offensif entre Ousmane Dembélé, Kylian Mbapé, Thomas Lemar, Nabil Fékir, Antoine Griezmann, Olivier Giroud... Il y a des talents qui se complètent, mais il faut trouver l'alchimie pour pouvoir leur permettre de s'exprimer...  Pas évident non plus. Et quand on a moins expérience,  ça peut bloquer. Il manque un ou deux vrais tauliers qui sentent les coups,  qui sentent à quel moment il faut donner un coup d'accélération,  à quel moment il faut temporiser... Ca peut se trouver en cours de route,  mais il faut des relais techniques.  Deschamps savait faire ça, mais c'est pas tout mon qui sait le faire.  Sur le terrain, y a une gestion de l'immédiat il faut assurer.  Il faut sentir les coups et ça,  quand vous êtes sur la touche,  c'est compliqué. On peut le faire,  on peut influencer à travers les changements de joueurs ou les changements tactiques,  mais c'est en complément...

Vous-même avez été un gardien aérien à la détente féline et au sens aigu de l'anticipation, avez vous eu conscience de révolutionner le poste de gardien de but à votre époque ?

Oui parce que j'ai joué à une époque où il y a eu des changements de règles...  Ne serait-ce qu'à travers mes équipements je pense avoir apporté autre chose ! J'avais un jeu complet ; je n'étais pas seulement gardien de buts,  j'étais aussi joueur de champ...  J'étais capable de me mettre dans la peau du défenseur,  du milieu ou de l'attaquant,  ce qui fait que tant je relançais,  j'en tenais compte.  Ensuite les balles aériennes, jusqu'à aujourd'hui, il n'y a pas grand monde qui va aller chercher.  Le jeu au pied aussi, comme  le positionnement.  Je jouais assez haut. Oui, j'avais conscience de tout cela, mais sans prétention aucune...

Vous avez parlé des équipements, mais vous avez joué sans gant au début de votre carrière...

J'ai joué sans gants à certains moments comme en été quand il faisait très chaud et que je n'étais pas à l'aise avec les gants,  donc que je les sortais. Ça me replongeait dans ce que je faisais quand j'étais gamin sur la plage, pendant ma formation.  Ça a été un moment important parce que c'est quand ma prise de balle s'est affirmée,  où elle est devenue beaucoup plus nette,  plus assurée.

Vous avez été meilleur gardien de France et vous avez souvent été sur le banc des remplaçants. Comment vit-on cela ?

Je n'ai pas été meilleur gardien de France,  j'ai été élu meilleur joueur français.  Ça va au-delà du poste de gardien.  Et Je ne suis pas tout à fait d'accord quand vous dîtes que j'ai souvent joué les doublures.  Il y a eu deux années où j'ai moins joué, mais toutes les années précédentes j'étais titulaire...

C'était à cause de votre sanction ?

Ma sanction, ma blessure,  je pense que c'est un tout  et puis il y a eu l'émergence d'un autre gardien de très haut niveau,  Fabien Barthez, c'est surtout ça.  Le coach avait deux gardiens potentiellement titulaires,  donc il a fait un choix...

L'avez-vous bien vécu ?

Je n'avais pas trop le choix et tout ça a coïncidé avec une blessure,  avec une suspension et une campagne médiatique qui ne m'était pas favorable,  loin de là...

Vous souvenez-vous de la blague qu'on racontait à votre propos : Pourquoi, n'y a-t-il pas d'herbe dans la surface de réparation ?

Ah ouais... (Rires) Parce que je la broutais ! Faut pas oublier non plus que, autant je peux être un chat, autant je peux être un lama !

Et vous savez aussi cracher...

Je sais aussi cracher mon venin quand il faut.

Vous êtes aujourd'hui le vice-président de la ligue de football de Guyane qui fait l'objet d'un débat avec Laura Flessel parce que la FIFA ne reconnaît pas les ligues d'outre-mer. Pensez-vous que les choses puissent évoluer ?

Il n'y a pas de débat puisque la France ne veut pas.  Ce n'est pas la FIFA qui ne veut pas,  c'est la France qui ne veut pas se séparer de ses départements d'outre-mer,  je pense que c'est une erreur,  que c'est un frein au développement du football outre-mer, mais pas seulement du football,  parce que le sport aujourd'hui joue un rôle social et un rôle canalisateur extrêmement important dans les DOM.  Avec la politique qui est menée,  on va voir les choses péricliter,  les gens se décourager et les révolutions arriver ! ça a déjà commencé donc il n'y a pas de raison que ça ne continue pas.

Comme le mouvement social de l'an dernier en Guyane ? Comment l'avez-vous vécu ?

Je l'ai vécu comme un grand moment de communion, mais pas pensé,   pas réfléchi, pas anticipé.  Il y a eu un élan sincère de la population,  mais faute de n'avoir pas été pensé, ça ne pouvait pas donner grand-chose de pérenne. Les élus ont subi et suivi le mouvement et pourtant il faut des interlocuteurs officiels à un moment donné... Mais c'était l'expression d'une souffrance  et manifestement, elle n'a pas été comprise au plus haut niveau.  Cette souffrance n'est pas comprise au niveau de la France ; on persiste à penser que les aides sociales sont tellement de développement...

Vous avez créé votre entreprise,  c'est difficile d'être entrepreneur en Guyane ?

C'est très compliqué parce qu'on vient déranger beaucoup de choses déjà établies et en fonction de votre domaine, vous vous retrouvez face à de puissants lobbys et on fait tout pour vous couler... Donc oui c'est compliqué,  on n'est pas forcément dans une situation très réjouissante alors qu'en Guyane on a tout ce qu'il faut...

Comment se porte la société Dilo aujourd'hui ?

Étant donné les circonstances,  on arrive à survivre avec la volonté de continuer à se développer. Nous avons une dizaine de salariés et une production d'environ 4 millions bouteille par an  pour le marché local. Nous nous sommes pas encore en mesure d'exporter...

N'avez-vous jamais eu envie de faire de la politique à l'instar de votre père qui était maire ?

C'est quoi faire de la politique ? L'idée de me faire élire dans le contexte actuel ne m'a jamais effleuré, par contre développer des projets, développer des politiques,  c'est ce que je fais. Dilo, c'est une politique... Quand je m'investis depuis 15 ans dans mon club de foot,  c'est de la politique. Quand je propose la base avancée,  c'est de la politique.  Avoir un mandat n'est pas forcément toujours utile. J'ai la chance d'avoir accès aux décideurs,  d'avoir un réseau...

Votre association humanitaire, Diambars, c'est de la politique ?

C'est de la politique !

C'est-à-dire ?

Diambars évolue sur plusieurs continents. Le premier centre a été mis en place au Sénégal et à partir de là on a développé des programmes pédagogiques.  Le travail se fait en Europe, en Afrique, en Amérique du Sud, partout où nous pouvons intervenir, mais avec la volonté d'être des précurseurs et de proposer des choses innovantes.  Nous travaillons notamment sur une plate-forme pédagogique, un jeu dans lequel les enfants doivent construire un stade,  marquer des buts en répondant à des questions selon leur niveau scolaire. Le gamin va jouer pendant une heure ou deux, d'accord, mais il va intégrer de nouvelles données. Ce qui ne se fait pas encore.  Aujourd'hui, les enfants ils jouent tout simplement. C'est ça Diambars...

En Guyane, le débat actuel, c'est la Montagne d'or. Ca vous intéresse ?

Je suis plus qu'intéressé parce que moi je produis de l'eau.  Qu'est-ce que l'on veut ? Veut-on du développement ou veut-on rester tel que l'on n'est ? Le choix est cornélien mais néanmoins il faut que la Guyane se développe et ça passera par certains projets.  Au début du XIXe siècle la Guyane fournissait la métropole de toutes sortes d'épices et d'or,  il faut que cet or arrête de nous faire fantasmer et deviennent réalité. Au-delà de l'exploitation, c'est la valeur ajoutée qui est importante et la valeur ajoutée elle n'est jamais faite en Guyane... On vous envoie des satellites et il n'y a pas de taxes sur Kourou parce qu'on nous dit que les satellites ne restent pas là... On a besoin d'un développement équilibré, on a besoin simplement de routes,  besoin de sécurité, besoin d'énergie,  besoin d'une école qui joue réellement son rôle...  On n'a pas besoin de toutes les richesses du monde, mais nous avons dans notre sous-sol une grande partie des richesses de cette terre et il nous apparaît injuste de ne pas pouvoir en bénéficier...

Faut-il plus d'autonomie ?

Obligatoirement parce que, aujourd'hui, il ne faut construire un nouveau pays,  une nouvelle mentalité...  Il nous faut trouver une âme nouvelle.  La Guyane est un conglomérat de populations posées les unes à côté des autres et c'est quelque chose qui va finir par poser problème.  Nous sommes en train de créer les mêmes conditions de vie et de fonctionnement qui il y a dans certains pays africains... Cette colère qui a été canalisée l'année dernière ne le sera pas la prochaine fois,  au contraire elle sera excitée de manière à faire le plus de dégâts possibles...

Dans l'Hexagone, il y a une voix forte qui vient de Guyane, c'est celle de Christiane Taubira. Comment l'entendez-vous ?

Christiane Taubira était ma prof au lycée... Je connais son état d'esprit et c'est un état d'esprit qui passe par tous les états d'âme parce qu'on cherche des solutions pour faire avancer les choses... Etant un peu plus âgée que moi, elle a commencé un peu plus tôt à se battre pour que la Guyane devienne plus autonome, une vraie terre de développement et jusqu'à aller au plus haut niveau de l'Etat. Mais il y a toujours eu de grands hommes d'Etat en Guyane qui ont grandement servi la France et qui viennent d'u ne terre où en dehors de la base spatiale, c'est à peine si nous existons... C'est la Guya,e qui a produit Félix Eboué, Gaston Monnerville et aujourd'hui Christiane Taubira. Dans le domaine du sport, c'est la Guyane qui a produit le premier joueur de foot international noir, Raoul Diagne et on a l'impression que ça, on nous le fait presque payer ! Quand on voit le statut de la Corse ou celui de la Nouvelle-Calédonie, on se pose la question... Faut-il absolument des morts pour que ça bouge ?

Propos recueillis par FXG, à Paris

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25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 05:05
King Daddy Yod, le come back en 30 featuring

Saint-Félix Sténard, allias King Daddy Yod, sera aux Antilles pendant les grandes vacances, au tour des Yoles et au tour cycliste de la Guadeloupe) pour présenter les premiers titres de son coffret trente titres, "King is back"

"On fait croire aux gamins qu'il faut chanter du porno pour réussir"

Comment, à la fin des années 1980, êtes-vous passés du reggae au ragga ?

Avant le rub-a-dub, le style que je fais, le raggamuffin, il y avait le reggae pur à la Bob Marley, représenté en France par Neg Soweto, Savannes, Wash da, Azigmen et Natiwel. Et c'est avec King Yellow man, cet albinos venu de la Jamaïque, que j'ai eu envie de faire cette musique et j'ai su ce que j'allais faire : C'était le stye rub -a-dub. Bien sûr, j'ai été influencé par Bob Marley, mais mon style même m'a été soufflé par King Yellow man.

Qu'est-ce qui vous plaisait là-dedans ?

C'était le flow et puis la manière de raconter la vie quotidienne et notre mal être sur cette musique qui est le toast. A Paris, on traînait dans les squats, des lieux mythiques où sont nés tous ces mouvements à Corentin-Cariou, Bossuet, Quai de la gare...

Que représentait alors ce mouvement ?

C'est vrai qu'à l'époque, on fonctionnait en mouvement alors qu'aujourd'hui, c'est très individuel. Quand Princesse Ericka sortait "Trop de blabla", on était tous derrière elle. c'était une bonne compétition, sans jalousie, sans égoïsme... Quand Tonton David a pété dans "Rap attitude" et que c'est lui qu'on voyait à la télévision, on était tous contents car, en vérité, c'est tout le mouvement qu'il entraînait ! C'était du business parce qu'on a vendu beaucoup de disques mais on s'est fait connaître avec des chansons à texte... On était là pour dénoncer les choses.

Vous ne vous inscriviez pas dans variété...

C'est vrai qu'aujourd'hui, ça ressemble beaucoup  plus à de la variété, mais ce que j'aime avec les jeunes comme Krys, c'est qu'ils se prennent en main. Nous nous avons eu la chance de pouvoir bénéficier d'une logistique. Quand j'ai signé chez Sony ou chez Universal, ils faisaient du développement d'artistes. On pouvait faire un album qui ne marche pas, ils misaient plus sur le deuxième ou le troisième ! Aujourd'hui, les jeunes n'ont pas cette logistique, mais ils sont animateurs, producteurs, managers et je trouve qu'ils s'en sortent très bien; Admiral T a rempli Bercy tout en étant indépendant ! Maintenant, ce que je trouve dommage, moi qui me suis fait connaître par des chansons à texte, je trouve qu'aujourd'hui, c'est très sale ! On fait croire aux gamins qu'il faut chanter du porno pour pouvoir réussir ! J'aime beaucoup Coupé Cloué quand il chante "Saucisse", on sait très bien de quoi il parle, mais c'était du vers ! Quand Frankie Vincent te parle de "Braguette d'or", quand Gainsbourg fait chanter à France Gall "Les Sucettes", on sait très bien de quoi ils parlent, mais c'était du vers ! Aujourd'hui, je trouve que c'est très vulgaire !

Comment résister ?

Moi, je continue à faire ce que j'aime ! Je suis un peu comme le saumon : pendant que tout le monde suit le courant, moi je vais de l'autre côté ! A l'époque, un ami m'avait déconseillé de chanter "Faut pas taper la doudou" parce que, disait-il, "c'est une chanson de bouffon", et c'est devenu ma chanson la plus fameuse ! Quand on a démarré, tout le monde chantait en anglais comme bob Marley, mais nous on a chanté en français ! Je n'ai pas l'habitude de suivre le troupeau ! La preuve, alors que le disque ne se vend plus, moi je sors un coffret de trente titres inédits ! C'est ce qui fait ma force ! Connais-toi toi-même et tu connaîtras les Dieux !

Alors, est-ce vous le père spirituel d'Admiral T, Krys, Missié Sadik et les autres ?

Ce n'est pas à moi de le dire ! Mais si on remonte l'histoire, l'histoire ne ment pas. Moi, je suis enfant spirituel de Bob Marley, King Yellow man... Avant moi, il y avait quelque chose et chaque chose tire son origine de quelque part ! Les artistes jouent un grand rôle dans la société, s'il n'y avait pas eu Léonard de Vinci ou Alexandre Dumas, nous serions encore à l'âge de pierre ! Aujourd'hui encore, le monde a besoin de ses artistes et il ne faut pas attendre qu'ils meurent !

Votre album, c'est 30 titres et 30 featuring dont "Démaré Mwen" avec Jacob Desvarieux. Ca a été facile de le convaincre ?

Quand j'ai écrit le texte avec Bod Guibert, je lui ai dit que je voulais Jacob. Je suis allé voir Marie-Céline Chroné qui a écouté la maquette et qui m'a dit d'y aller ! Je l'ai appelé, il a dit ok et on s'est retrouvé au studio ! Je lui ai raconté un peu mes déboires et il a sorti le mot "démaré mwen". J'ai écrit des parties très toastées et Bod et Jacob ont écrit avec moi... Avec Pleen Pyromane, je chante du créole martiniquais pour casser les codes ! Sahel, ça faisait longtemps que je voulais faire quelque chose avec lui et c'est Pleen qui l'a appelé ! On s'est retrouvé chez Darwin family, un frère rastaman...

Vous avez écrit tous les titres avec les artistes invités ?

Tous, à part deux que j'ai écrits avec Linkhan, un gamin très doué au niveau des flows. Il m'a écrit une chanson que je chante en duo avec lui, "C'est comment" Les gens vont entendre parler de ce Linkhan parce qu'il a été signé depuis par Pascal Nègre !

Gordon Henderson est aussi sur cet album...

Le papa de K-Dans Lypso  chante avec moi "King Daddy Yod right hook", mais également Admiral T avec "Stoppons la violence"... Toute une génération s'est effacée avec la drogue, toute une autre avec la guerre et maintenant, il y a une génération qui s'efface avec la violence ! Le rap et le raggamuffin sont à l'origine des chansons à texte, donc, j'ai tenu à emmener Admiral dans mon univers avec cette chanson...

A travers ces 30 titres, quel est le message de King Daddy Yod ?

(Il chante) Plus d'amour dans nos coeur ! Pour trouver la vérité, faut la chercher... Plus d'amour dans nos vies ! Pour trouver la vérité, des fois il faut bouger... Depuis que j'ai mis les pieds dans l'île de la Jamaïque, je me dis faudrait aussi que j'aille en Afrique... Je suis né en Guadeloupe, j'connais la Martinique et toutes les autres îles grâce à ma musique. Un chant de liberté, un nouveau cantique ! Comme un soleil qui réchauffe le coeur du public...

Propos recueillis par FXG, à Paris

L'album sortira en octobre en même temps que sera programmé un concert au "Flow" à Paris, mais pour l'heure, sont déjà disponibles les titres "Démaré Mwen", "C'est comment", "Champion" et "Big up Tiger".

CV vite fait

Né en 1963 à Petit-Canal, près des marches des esclaves, Saint-Félix Sténard est enfant d'agriculteurs (ce qui lui a inspiré une chanson avec Princesse Ericka, "Koupé Kann"). Exilé à Paris à l'âge de 9 ans, en raison de problème de santé de son père, il est resté dans l'Hexagone et c'est en 1987 qu'il sort son premier morceau, "Elle n'est pas prête" suivi de "Né pour toaster"...

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24 juin 2018 7 24 /06 /juin /2018 06:14
Journée "Destination Guyane" à Paris

Rendez-vous guyanais rue des Martyrs

Delices de Guyane qui a ouvert sa boutique parisienne dans la rue des Martyrs en mars 2017 s'est associé au Comité du tourisme de la Guyane pour organiser un événement Guyane à Paris samedi 16 juin.

Bernard Boulanger, le gérant de l'entreprise, a mis à la disposition du CTG son carnet d'adresse pour offrir quatre belles séquences dans la journée : gastronomie avec Béatrice Fabignon, Cinéma avec Stany Coppet, sport avec Kévin Séraphin et Culture avec Christiane Taubira. "L'idée, exlique Flavia Serve du CTG, est qu'on parle de la Guyane, qu'on fasse émerger la destination." Béatrice Fabignon a ouvert l'événement pour présenter le concours d'arts de la table qu'elle organise cette semaine en Martinique et qui devrait connaître bientôt une édition guyanaise. L'acteur Stany Coppet est venu avec son complice le réalisateur indo-britannique, Ashim Bhalla, présenter son projet de long métrage, Sisco, qu'il commencera à tourner à l'été 2019. Le comédien qu'on a pu voir dans la première saison de la série Guyane (la saison 2 sera diffusée à la rentrée de septembre) a fait venir le chanteur et comédien Kemso (qui s'apprête à sortir un album de rap en novembre), mais également Bénédicte Lesage, la productrice de la série qui assure "essayer" de faire en sorte qu'il y ait une troisième saison.

Mohamed Elarche, le premier assistant réalisateur de la série est là aussi. "Ma première fois en Guyane, raconte-t-il, c'était pour le court-métrage d'Imanou Petit, "Guyane", primé aux Ho Ho Ha en 2008." Stéréla Abakamofou, étudiante en 2e année au cours d'art dramatique Florent et ancienne élève du théâtre école de Saint-Laurent, Kokolampoe, est venue avec son compagnon, le gendarme David Gris qui a témoigné de son travail contre les orpailleurs clandestins dans un récit publié chez Edilivre, "Garimpeiros"...

Mo isi mo rot bo

Le basketteur Kevin Séraphin est venu témoigner de sa carrière en NBA et en équipe de France et de son retour en Europe, au FC Barcelone : "J'ai eu une petite opération au genou fin mars, je suis encore en phase de rééducation donc cet été je ne pourrai pas être en équipe de France, mais je me remets bien. Je pense pouvoir retourner sur le terrain fin juillet, août...  Peut-être septembre." 

Jouer à Barcelone lui plaît, assure-t-il, même si c'est totalement différent de la NBA. Il commence à apprendre l'espagnol et attend tranquillement la coupe du monde ! Son père, Thierry Séraphin, l'animateur de l'association Montabo Soley était là aussi, tout comme Myrtho Mathurin, président de de l'association Mo isi mo rot bo : "On se connaît tous. Il y a une trentaine d'associations guyanaises en France, au Mans, à Montpellier et en région parisienne comme Sinnamary, Roulo d'or et la première et la plus ancienne d'entre elles est l'UGAG qui a plus de 90 ans d'existence." L'historien Edenz Maurice est venu fêter son titre de docteur en histoire. Il a soutenu sa thèse la veille !  Son sujet : "Faire l'école dans une vieille colonie - Un Etat colonial aux prises avec le monde scolaire de 1928 au début des années 1950".

Signé Ch T

La présence du comédien guadeloupéen Jean-Michel Martial n'a pas étonné son vieil ami Bernard Boulanger qui l'a connu il y a plus de quarante ans quand l'actuel président du CReFOM exerçait comme dentiste au centre spatial. Car Jean-Michel Martial a eu une première vie guyanaise : "J'ai fait mes trois années de lycée en Guyane, raconte-t-il, puis j'ai fait mon service militaire au centre spatial avant de faire mes études dentaires à Paris et m'installer à Kourou..." Jusqu'à ce qu'il décide de changer de vie et de pays pour devenir comédien !

Le grand moment de la journée a été la présence de Christiane Taubira pour une longue séance de signature. Willy Rollé, producteur audiovisuel établi en Allemagne et qui prépare un film sur les réfugiés syriens établis au Liban, se présente avec l'ouvrage "Baroque sarabande". "Rollé ? Comme le docteur, demande l'ancienne ministre." "C'est mon oncle." "Je l'ai connu à Paris quand il a du refaire ses études de médecine parce que son diplôme roumain n'était pas valable en France..." "Il a été assassiné en 1998..."

L'ancienne garde des sceaux attire la foule et la queue grossit derrière Willy... Sylviane Cédia arrive pour assurer le spectacle, Hendy Chocho et Tadélia Privat du groupe Dokonon sont déjà là. Il ne manque plus que les élus pour le cocktail de clôture. Le premier arrivé a été Alex Madeleine, le président du Comité du tourisme, puis sont arrivés Lénaïck Adam et Antoine Karam... Tous enfin parés pour déguster les délices de Guyane !

FXG, à Paris

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