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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 14:27
Pour la première fois, le bureau d'accueil des tournages de la collectivité territoriale de Guyane était présent sur un stand du salon des lieux de tournage à Paris (photo : Miguail Montlouis-Félicité)

Pour la première fois, le bureau d'accueil des tournages de la collectivité territoriale de Guyane était présent sur un stand du salon des lieux de tournage à Paris (photo : Miguail Montlouis-Félicité)

Le bureau d'accueil des tournages fait sa pub à Paris

Lyne Benoît est responsable du bureau d'accueil des tournages de la CTG. Avec son équipe, elle a investi les 2 et 3 février derniers à la porte de Versailles à Paris le salon des lieux de tournage. L'an dernier la Guyane y participait déjà mais via le stand de Film France. "Je me suis rendu compte, explique Lyne Benoît, qu'on pouvait tout à fait gérer un stand individuel pour la Guyane pour faire la promotion du territoire." Elle y est allée avec le comité du tourisme. "Parce que nous partageons des missions de valorisation et de promotion du territoire, même si ça reste un stand du bureau d'accueil des tournages." Et c'est ainsi que la Guyane est la première collectivité d'outre-mer à participer à un tel salon. Une présence saluée par la présidente de la Région Ile de France, Valérie Pécresse, passée sur le stand.

Un technicien est venu les voir pour leur parler des cinq mois qu'il avait passés sur le tournage de la prochaine série originale de Canal +, "Guyane". "Ca a été un vrai coup de coeur pour tous les techniciens, a-t-il raconté, et quand je suis revenu, je parlais de la Guyane autour de moi, on me disait qu'on n'avait jamais pensé à la Guyane pour aller en vacances." Voilà pourquoi Lyne Benoît tient à ce lien avec le comité du tourisme.

Deux longs-métrage attendus d'ici deux ans

Pendant deux jours, l'équipe du bureau a enchaîné les visites, les rencontres, les rendez-vous... "Les gens viennent spontanément nous voir sur notre stand poser des questions et remarquent que nous accueillons de plus en plus de tournages." Mais il y a eu aussi de nombreux rendez-vous professionnels. Ainsi 150 professionnels ont rempli le fichier du BAT Guyane quand quelque 500 sont simplement venus prendre de la documentation. Lyne Benoît a pu rencontrer le président de l'Agence de promotion et des cultures d'Outre-mer, un prestataire de services intéressé pour une implantation en Guyane, mais également des organismes comme l'ONF à l'instar du conservatoire du littoral ou de la Direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement qui ont déja signé un partenariat avec le bureau d'accueil des tournages. Mais le plus intéressants, ce sont les projets qui ont été identifiés et qui devraient se tourner en Guyane en 2016 ou 2017 : quatre documentaires dont un porté par Quebec Télévision et qu'on nous promet à connotation politique, deux courts-métrages, une captation de spectacle vivant et deux projets de long-métrage français dont celui de Serge Pouyotte, "Soleil d'Amérique". Pour l'autre projet, son directeur de production est venu demander une étude de faisabilité.

Par ailleurs, dans le but de structurer la filière audiovisuelle, Lyne Benoît a reçu une proposition de création d'une formation de scénaristes. Un festival de cinéma panafricain est venu proposer une offre de partenariat et enfin, cerise sur le gâteau, le magazine de cinéma américain, Variety, est venu interviewer Lyne Benoît. Une étape cruciale pour le BAT Guyane qui cherche à se développer à l'international et, notamment avec les Etats-Unis.

Aussitôt le salon des lieux de tournage achevé, Lyne Benoît est parti à Clermont-Ferrand au festival du court-métrage, poursuivre son travail de séduction.

FXG, à Paris

Le BAT en chiffres

Le bureau d'accueil des tournages de la Guyane été créé en mai 2013 et adhéré à Films France, l'organisme qui gère les 41 commissions du film, en novembre 2013. Depuis la Guyane a accueilli environ deux tournages par mois qu'il s'agisse de documentaires ou de fictions (court ou long métrage, série). Précisément, en 2014, il y a eu 189 jours de tournage pour une centaine de jours de repérage, soit 24 projets et, en 2015, 300 jours de tournage et 200 de repérage pour autant de projets.

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 07:39

Le logement social en crise dans les départements d’Outremer

Le logement social en Outremer connaît incontestablement une crise sans fin. Cette situation conduit à un phénomène de surpeuplement dans ces logements dits « sociaux ». Avec une démographie sans cesse en augmentation, les logements surpeuplés conduisent les DOM sur un terrain miné. Quelles solutions sont à la portée de ces collectivités éloignées géographiquement de la métropole, qui en plus rencontrent des difficultés financières les empêchant de mener à bien leurs travaux.

En France, une famille avec enfant(s) mineur(s) sur dix vit dans un logement surpeuplé. Dans les Dom, en proportion, les familles vivant dans des logements surpeuplés sont beaucoup plus nombreuses : selon l’Insee, une famille sur deux dans les villes-centres de l’aire urbaine de Cayenne et trois sur dix dans les villes-centres des aires urbaines de Saint-Denis de La Réunion. Zoom sur la situation délicate de ces deux Régions d’Outremer.

par Stécy Lancastre, étudiante en journalisme (stecy.lancastre@gmail.com)

Entre appartements inoccupés et demandes de logements, le paradoxe réunionnais

Tandis que le nombre d’appartements inoccupés sur l’île augmente, les demandes de logements en attente de réponse se comptent par milliers. 22000 familles recherchent un toit à la Réunion. En 15 ans le nombre de logements dépeuplés a quadruplé. Aujourd’hui 2000 logements sociaux sont inhabités et particulièrement dans l’Est du pays.

Dans un département où la croissance de la population est estimée à plus de 200 000 habitants pour les 20 ans à venir (1 million d'habitants prévus en 2030) le déficit en logements sociaux est estimé entre 20 0000 et 25 000 logements. Il en ressort qu'au 1er janvier 2015, le parc locatif social compte 65.072 logements. Ce sont ainsi 21% des ménages qui vivent dans ce type d’habitation. Cependant, l’étude réalisée par l’AGORAH (Agence d’urbanisme de la Réunion) fait ressortir l’existence de plus de 16 000 logements insalubres sur le département, soit 6% du parc de logements de l’île.

La Guyane

Chaque année, à peine 1000 logements sociaux sortent de terre, alors qu’il faudrait en construire 4 fois plus.

Faute de financement, les chantiers ont été abruptement interrompus dans certaines zones du département. À ce jour, 13000 familles ont déposé une demande de logement social. L’avenir semble critique en Guyane. En effet, un guyanais sur six vit dans un logement insalubre. En Février 2015 (il y a un an déjà), le député-maire de Matoury, Gabriel Serville, tirait la sonnette d’alarme à l’Assemblée en demandant "un plan Marshall" (ndlr : programme américain de prêts accordés aux différents Etats de l’Europe pour aider à la reconstruction des villes et des installations bombardées lors de la Seconde Guerre mondiale) pour le logement en Guyane !

L’état des lieux est bien sinistre. Pourtant les solutions ne manquent pas.

Le dispositif Girardin

Le dispositif de loi Girardin a été adopté le 21 juillet 2003 par le gouvernement Raffarin. Son volet logement social incite les particuliers à investir dans la construction de logements sociaux dans les territoires d’outremer. Il permet aux contribuables redevables de l’impôt sur le revenu ainsi qu’aux entreprises redevables de l’impôt sur les sociétés de bénéficier d’un avantage fiscal en contrepartie d’un investissement dans un programme immobilier social en outre-mer. Cette niche fiscale est à ce jour la plus efficace sur les territoires ultramarins. Elle accélère le développement du parc immobilier dans ces contrées.

Le crédit d’impôt outremer

Crée en 2015, le crédit d’impôt se met en place au fur et à mesure dans le but de remplacer progressivement le Girardin uniquement applicable dans les DOM (la Nouvelle-Calédonie ainsi que les COM sont des collectivités à fiscalité propre où le crédit d’impôt est inapplicable). Ce dispositif devrait être définitivement mis en place à partir du 1er janvier 2018 et ainsi permettre la construction des nombreux logements sociaux espérés (100.000 dans tous l’Outre-mer !).

Loi Pinel Outre-mer

La loi Pinel outremer est un dispositif fiscal qui encourage à l’investissement privé dans l’immobilier locatif. Mise en place en 2014 en remplacement de la loi Duflot, elle autorise chaque année pendant 12 ans une réduction d’impôt pour les contribuables investissant dans un logement neuf qui sera mis en location. Cette carotte fiscale est possible sur l’ensemble des territoires ultramarins.

L’aide aux maires bâtisseurs

Lancée en 2015 par Sylvia Pinel. Cette aide est destinée aux villes qui rencontrent des difficultés en matière d’immobilier. 2000 euros, c’est le montant de l’aide pour chaque logement construit. L’objectif est de soutenir financièrement les communes qui font un effort important pour construire des logements, afin de les aider à réaliser les équipements publics et les infrastructures nécessaires à l’accueil de nouveaux ménages. « Le Gouvernement entend en effet accompagner les maires volontaristes, qui favorisent l’accès au logement et la relance de la construction » affirme la ministre. Ainsi, en prenant en compte les permis de construire délivrés au 1er semestre 2015, 5,8 millions d'euros vont être alloués à l’outre-mer.

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 06:30
Sebastien Laborde, Karfa Sari Diallo, Patrick Serres au micro derriere Jean Pierre Lefevre et Marik Fetouh à la mairie de Bordeaux le 4 février 2016

Sebastien Laborde, Karfa Sari Diallo, Patrick Serres au micro derriere Jean Pierre Lefevre et Marik Fetouh à la mairie de Bordeaux le 4 février 2016

L'abolition du 4 février 1794 célébrée à Bordeaux

La commémoration de la première abolition de l’esclavage de 1794 a été célébrée jeudi soir à la mairie de Bordeaux avec l’association Mémoires et partages fondée par Karfa Sari Diallo et présidée par le président Patrick Serres. "Rien n’est jamais entièrement acquis. a dit ce dernier, les discriminations raciales perdurent ; cette abolition est le fruit de la Révolution Française et celui du combat d’hommes et de femmes autochtones des Caraïbes, de la Réunion..." Puis, un rien plus exigeant, il a déclaré : "C’est bien les plaques commémoratives qu’il y à Bordeaux, mais il faut passer à une autre étape. »

Marik Fetouh, l’adjoint d'Alain Juppé, en charge de l’égalité et de la citoyenneté l'a repris : «Il faut continuer à rendre hommage aux victimes et aux hommes et femmes qui ont combattu l’esclavage avec toute leur force... Il faut renforcer ce travail de mémoire à Bordeaux et cela avec l’entière détermination d’Alain Juppé…»

Angèle Louviers, présentée en tant que secrétaire générale du Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, était là aussi. Sans doute représentait-elle le directeur général de l'Outre-mer qui est le seul titulaire de cette fonction de secrétaire général...

A la fin des discours Fonegna Copie chanteuse gospel du collectif Citadel a chanté une chanson intitulée « Oh freedom ».

Une conférence intitulée « Esclavage et Racisme » de Cathrine Coquerie Vodrovitch, historienne et professeur à l’EHESS a conclu la cérémonie.

Narek Zorahbyan, à Bordeaux

http://www.memoiresetpartages.com/la-fondation/

 

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 13:45

Les matelots oubliés du plan pêche

Si le nouveau président de Région Ary Chalus est satisfait du plan pêche Etat, Région, Département qui soutient près de 160 pêcheurs confrontés à la pollution du milieu marin par la chlordécone, à l’extension des zones de restriction de la pêche, à la prolifération des espèces invasives (algues sargasses et poisson-lion) et à la pêche informelle et illégale, il s'inquiète de la situation des matelots qui n’ont pas encore trouvé leur place dans ce plan. Ce plan prévoit que certains pêcheurs renoncent à la pêche commerciale, que d’autres rejoignent les brigades bleues, qui auront des missions de pêche scientifique ou de prélèvement d’espèces invasives, que d’autres bénéficieront de fonds européens pour diversifier leur activité principale, que d’autres enfin pourront solliciter le fonds d’investissement qui sera mis en place pour moderniser leur bateau et faire évoluer la nature de la pêche qu’ils pratiquent

"Je ne peux me résoudre à laisser les matelots sans solution quand les marins-pêcheurs qui les emploient auront renoncé à la pêche commerciale", a-t-il déclaré mardi à l'Assemblée nationale lors de la séance de questions au gouvernement. Il a donc interpellé le secrétaire d'Etat à la mer, Alain Vidalies pour que "ces matelots soient intégrés dans ce plan afin qu’ils puissent, eux aussi, intégrer s’ils le souhaitent les brigades bleues en cours de constitution". Sans apporter de réponse claire nette et précise, Alain Vidalies a indiqué que "la volonté du gouvernement était de ne laisser personne sur le bord du chemin et de continuer ensemble à travailler pour que chacun obtienne une solution, y compris ceux sur qui vous avez particulièrement appelé mon attention." Au boulot alors !

FXG, à Paris

 

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 06:46
Paul Obadia, commissaire général de SAGASDOM et Babette de Rozières, chef médiatique et business wooman  le 7 janvier à la mairie de Paris lors de la présentation du 2e SAGASDOM

Paul Obadia, commissaire général de SAGASDOM et Babette de Rozières, chef médiatique et business wooman le 7 janvier à la mairie de Paris lors de la présentation du 2e SAGASDOM

Babette lance le 2e salon de la gastronomie outre-mer à Paris

Du vendredi 12 au lundi 15 février, le Paris Event Center, porte de la Villette, accueille le deuxième salon de la gastronomie des outre-mer. Fort du succès de la première édition qui a accueilli quelque 15 000 personnes en trois jours, Babette de Rozières remet le couvert.

Ce salon qui regroupe la plupart des institutions ultramarines, veut offrir aux outre-mer un événement qui leur permette de faire connaitre leur patrimoine gastronomique à sa juste valeur, et a pour ambition de présenter cette richesse au public régional, national, mais aussi international. Après Joël Robuchon, parrain de la première édition, c'est à Anne-Sophie Pic, seule femme française à avoir obtenu trois étoiles au Michelin et "meileure femme chef du monde" 2011, qu'il revient de parrainer le salon et le trophée Babette. Ce concours de jeunes cuisiniers était ouvert à tous les apprentis de France ; Babette a décidé de le recentrer pour mettre en valeur les jeunes des lycées professionnels ultramarins. Il y a déjà neuf candidats sélectionnés, originaires de Mayotte, Guyane, Réunion et Saint-Pierre et Miquelon. Les épreuves se dérouleront les 14 et 15 février toute la journée.

Cette année, le salon s’ouvre résolument sur le tourisme et Laurent Fabius lui a d'ailleurs accordé le haut-patronage de son ministère, après celui du ministère de l'Agriculture l'an passé. "La gastronomie, explique Babette de Rozières, fait partie intégrante du patrimoine d’un pays et à ce titre, est une véritable carte de visite à mettre en valeur. Nous mettrons en valeur toutes les cuisines, notamment au travers d’un pavillon entièrement dédié au tourisme." La Réunion devrait d'ailleurs revenir en force au salon tant le comité Ile de la Réunion Tourisme semble s'y être impliqué avec la complicité de Sophie Gastrin qui a mis en relation son directeur avec Babette.

Les visiteurs retrouveront dans 8000 m2 les villages de la Réunion, la Guadeloupe, la Martinique, Saint Pierre et Miquelon et, nouveauté cette année, Mayotte et la Polynésie française. Sur plus de 80 stands, tous les produits authentiques ultramarins seront présents : fruits et légumes, rhums, épices, vanille, sorbets, confitures, chocolat, bokits, accras, massalé, achards, souskays, doucelettes, pipilit, sik à pistache, sik à noix, duce à coco, surelles, piments, miels, champagnes, vins, artisanat, bijoux, soins cosmétiques, vêtements, décoration, huiles essentielles, fleurs, feuillages…

L’ambiance et l’animation seront assurées par les groupes folkloriques D'Lys des îles, Show tahiti Nui et Daniel Misaine et son orchestre. A noter que le vendredi à 17 heures, l'artiste Queen Sheeba (photo ci-dessus) fera le show, tandis que Francky Vincent viendra jouer samedi à 19 heures et lundi à 17 heures pour la remise des prix du trophée Babette.

FXG, à Paris

Du 12 au 15 février, de 10 heures à 19 heures. Nocturne le vendredi 12 février jusqu’à 23 heures.

 

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 03:08

Mis en examen pour abus de biens d'une société par actions le 15 octobre dernier par le juge Ménard de Pointe-à-Pitre, le grand patron d'Air Caraïbes, Jean-Paul Dubreuil, dans cet entretien exclusif, revient sur un feuilleton démarré en 2001 et s'explique sur cette dernière péripétie judiciaire.

"Nous n'avons jamais dépassé la ligne rouge"

Dans quel contexte s'inscrit votre mise en examen ?

Cette péripétie du feuilleton judiciaire prend racine avec une plainte que nous avons déposée en mai 2001, lorsque nous nous sommes rendus compte que ceux (Eric Koury et Robert Dardanne, NDLR) qui nous ont vendu la société Caribéenne de Transports Aériens (CTA) nous avaient présenté de faux bilans. En contrefeu, mais longtemps après, vers 2004-2005, ils ont déposé une plainte contre nous cette fois-ci en s'adossant à des rapports d'expertise n'émanant pas d'experts judiciaires nommés par un juge, mais d'experts mandatés par eux. Les deux plaintes ont été jointes par le juge d'instruction de l’époque. Puis quatre juges d'instruction se sont succédés sur ce dossier depuis 2001. Quinze ans après, les choses ne sont toujours pas terminées...

A tel point que vous voilà mis en examen...

En octobre 2015, le juge Ménard, le dernier des quatre juges en charge de ce dossier m'a convoqué et, à l'issue de cette entrevue, à ma surprise, a décidé de me mettre en examen alors qu'Eric Koury avait été mis en examen dès l'origine. Il semble que c'était nécessaire pour la clarté du dossier avant de le transmettre au procureur.

Quel est le sens de cette mise en examen pour abus de biens d'une société par actions ?

En avril 2000, nous prenons le contrôle des compagnies Air Guadeloupe, Air Martinique qui étaient en mauvaise posture en prenant 70 % des actions sur la base d'un bilan en septembre 1999 qui s’est par la suite révélé inexact. Nous nous mettons d'accord sur un prix avec un protocole en fonction des valeurs des actifs y compris les avions. En dehors du prix d'achat de 5 millions, nous apportons environ 10 millions d’euros en compte courant pour faire face aux besoins immédiat de trésorerie de l'entreprise. La mauvaise habitude de l'entreprise et des dirigeants d’alors était alors de ne pas payer ses fournisseurs et de payer ses salariés quand ils pouvaient. Comme ce n'est pas le genre du Groupe Dubreuil, on a injecté progressivement, entre l'augmentation de capital et l’apport en compte courant, plus de 10 millions d’euros. Et comme en décembre 2000, on était au bout de ce que nous voulions apporter en cash, et qu'il y avait toujours des besoins criant puisque de nouvelles factures apparaissaient sur des opérations antérieures, nous devions trouver de nouvelles solutions.

Il vous fallait encore de la trésorerie ?

Pour retrouver de la trésorerie, nous avons regardé ce qu’il était possible de faire. A l'époque, en 2000, nos relations avec les vendeurs étaient plutôt bonnes puisqu'Eric Koury et Robert Dardanne étaient au conseil d'administration. Nous étions alors convenus, pour apporter de la trésorerie supplémentaire, de céder des actifs. Les actifs les plus valables de l'entreprise étaient alors quatre ATR qui étaient en cours de contrat de défiscalisation. Nous avons estimé qu'il y avait une plus value potentielle à venir et nous avons procédé à une cession de promesse d'achat. C'est-à-dire qu'au lieu que ce soit la compagnie qui puisse racheter ces avions au terme du contrat de défiscalisation, on a transféré cette promesse sur une autre structure du groupe qui s'appelle AVI (Air Vendée investissement). AVI a acheté ces promesses, pas les avions, en faisant apparaitre une plus-value immédiate chez Air Caraïbes. Cette plus-value, en même temps que la valorisation de pièces détachées qui ont aussi été cédées, représentaient 10 millions d'euros. C'est donc 10 millions d’euros de plus qui ont été injectés, non pas sous forme d'apport en compte courant, mais sous forme de transfert d'actifs. Cela donnait à notre groupe une meilleure sécurité. Cela nous a également permis en toute légalité et en toute transparence de sauver l’entreprise et les 380 emplois qui la composaient.

Ceux qui vous attaquent participent alors à la prise de décision ?

Cette décision a été prise en décembre 2000 par le conseil d'administration d'alors qui comprenait MM. Koury et Dardanne. Ces derniers ont donné leur accord parce qu'ils se rendaient bien compte qu'il fallait faire cette opération pour sauver l’entreprise.

Et c'est ce qu'ils dénonceront au juge quatre ans plus tard ?

Tout à fait, c’est un peu irréel. En 2004, lorsque l'instruction de la plainte, que nous avons déposée en mai 2001, a commencé à prendre une tournure positive pour nous, sur les conseils sans doute de leurs avocats, ils ont voulu allumer un contrefeu en déposant plainte contre le groupe Dubreuil et son représentant légal. Il y a eu deux plaintes distinctes en 2004 et 2005 pour nous reprocher des abus et des malversations sur la valeur des promesses d'achat d'avions ainsi que sur la valeur des pièces détachées. La justification était de distraire la plainte que nous avions déposée contre eux.

Quand dix ans plus tard, le juge Ménard vous met en examen, comment réagissez-vous ?

Je ne peux pas dire que c'est quelque chose qui me fasse plaisir. Nous savons bien dans cette opération où était le bon droit Effectivement, je suis choqué mais serein parce que j'estime que nous sommes dans notre droit et on peut penser que la justice aboutira à reconnaître les choses qui ont été faites pour le bien de la société et celles qui n'ont pas été faites dans ce sens-là. Aujourd'hui, mon argumentation et mon objectif ont été de dire qu'à l'époque où l'on a pris cette décision, nous essayions de sauver la société qui était en très mauvaise posture. Il y avait 380 employés et si nous n'avions pas fait ça pour trouver des moyens de financement, on se serait retrouvé en état de dépôt de bilan avec toutes les conséquences que ça avait pour les salariés mais aussi pour nous, car il fallait faire évoluer cette entreprise pour la faire sortir du trou.

Cette mise en examen est-elle périlleuse pour le groupe ?

C'est désagréable, mais on peut se poser la question de savoir pourquoi cela a été rendu public... La révélation de cette mise en examen n'a qu'un seul objectif à mon sens, nous nuire. Nous attendons sereinement les étapes suivantes, c'est-à-dire la décision du procureur qui devrait aboutir sur un jugement ou un non lieu, d'autant plus que sur le fond, toutes ces opérations sont prescrites puisqu'elles ont quinze ans.

Mais qu'est-ce que cela peut signifier pour vos salariés, pour l'image d'Air Caraïbes ?

Il faut remettre l'église au milieu du village ! Pour nous, il s'agit de repréciser de quoi il s'agit car on pourrait penser que nous avons procédé à des malversations alors que ce n'est pas du tout le cas et que tout ce qui a été mené n'a été fait qu'avec un seul objectif, faire passer un cap difficile à la compagnie et ce dans le respect le plus total des lois. Et, heureusement qu'on l'a fait puisque l'avenir nous le rend bien avec la réussite que connait aujourd’hui Air Caraïbes. En réalité, nous sommes tombés sur des gens au comportement assez particulier, qui font feu de tout bois pour essayer de nous nuire. Il y a une concomitance de cette action avec celle qui a été menée dès 2001 devant le tribunal de commerce pour trouver des compensations au prix que nous avions payé puisqu'il n'était plus en cohérence avec la réalité de l'actif. Les vendeurs ont été condamnés à nous rembourser le prix que l'on avait payé, environ 5 millions d'euros. Nos adversaires se sont pourvus en cassation et ce pourvoi n'étant pas suspensif, nous avons mis en exécution les paiements de ces 5 millions qui nous étaient dus et c'est précisément cela qui les a certainement pousser à entreprendre ces actions: retirez votre plainte et on retirera la nôtre ! C'est un peu ça en bref.

C'était une démarche pour vous impressionner ?

Oui, c'est ça, ils ont essayé de nous impressionner... Mais dans un cas, ils ont été condamnés à nous rembourser les sommes versées parce que l'expert judiciaire a conclu que l'actif qui nous avait été présenté n'existait pas. Nous avons engagé des actions qui sont toujours en cours et qui ont commencé à porter certains de leurs fruits, mise en vente de maisons, de mobilier, de saisie d'actions, etc... Cela ne leur a pas fait plaisir, mais c'est simplement un juste retour des choses. Mais comme ils ne veulent pas payer, ils utilisent tous les moyens qui peuvent être soulevés pour nous combattre.

Cette guerre a eu un pendant commercial avec la création d'Air Antilles Express...

Ils ont été condamnés entretemps pour concurrence déloyale pour avoir créé la compagnie Air Antilles Express alors qu'ils étaient tenus par une clause de non concurrence. Ils ont été condamnés à payer une somme relativement dérisoire mais qui ne les a pas empêchés de continuer d'opérer.

Qu'attendez-vous de la justice désormais ?

La décision du parquet. Toutes les décisions qui ont été prises l'ont été avec délibération du conseil d'administration au sein duquel ils votaient. En 2002, il y

y a eu une assemblée générale extraordinaire pour fusionner la société que j'avais créée en 1998 et la société CTA. Cela aussi nous est contesté, mais tout a été fait légalement. Leur plainte est appuyée par des rapports d'experts désignés par eux et qui interpelle un nouveau juge nommé en Guadeloupe, qui trouve ce dossier et qui se demande qui dit le vrai là-dedans...

Les relations ne se sont-elles pas apaisées entre Air Caraïbes et Air Antilles avec le temps ?

Apaisées, je ne sais pas. Nous restons des concurrents, mais tout ça rebondit à travers les épisodes judiciaires.

Avez-vous expliqué cette situation à vos salariés ?

Nos salariés savent depuis longtemps qu'on se bagarre, mais ma mise en examen est très récente et ça ne justifiait pas d'en faire état. La sortie sur la place publique de ma mise en examen nous impose de venir expliquer à tous, salariés et clients, de quoi il s'agit. Ce n'est pas une affaire nouvelle mais tout ce qui a été fait l'a été pour le bien de la compagnie et des salariés. Je défends nos intérêts et les leurs. A l'époque, nous leur avions laissé 5 % des parts alors qu'on aurait pu prendre 100 %. Nous croyions alors à leur bonne foi et c'est arguant de ces 5 % qu'ils disent avoir été lésés par les démarches qui ont été faites, mais qu'ils avaient par ailleurs approuvées. Une situation ubuesque me semble-t-il.

Regrettez-vous d'être venu investir aux Antilles il y a quinze ans ?

A l'époque, je venais de céder la compagnie Régional Airlines à Air France et j'ai trouvé un certain intérêt à redresser cette compagnie. Deux ans auparavant, en 1998, j'avais racheté une petite structure, propriété du CDR, dirigée par Richard Degryse et qui s'appelait déjà Air Caraïbes. Ce sont les vendeurs qui nous ont approchés parce qu'ils savaient que nous étions des professionnels et que nous avions quelques moyens pour s'engager dans cette démarche. Entre 2001 et 2002, on essaie de rationaliser la flotte et le réseau régional sur une exploitation qui est restée déficitaire. 2003 a été pour nous l'année de préparation avec Marc Rochet du dossier long courrier et de l'ouverture de la ligne transatlantique en décembre qui a complètement changé la physionomie de l'entreprise... Au lieu de trouver une solution visant à réduire l'activité, on a pensé à sortir par le haut en profitant de l'arrêt d'Air Lib pour nous positionner sur le long courrier. C'était un pari osé et c'est ce qui a permis à l'entreprise de passer de 380 salariés à 900 aujourd'hui et d'un chiffre d'affaires de 40 millions à 400 millions d'euros. Au-delà de cette péripétie immédiate, je ne regrette pas les décisions que j'ai prises à l'époque en respect des règles d'éthique du groupe. Nous n'avons jamais dépassé la ligne rouge. Le seul problème, c'est que nous avons eu à faire à des vendeurs qui n'avaient pas la même façon de procéder que nous... Mon seul regret est de m'être trompé sur des personnes et, en l'occurrence, c'était le cas.

Propos recueillis par FXG, à Paris

 

 

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 07:07

Lurel interpelle Fabius

"Quelles sont les perspectives de développement de nos relations économiques, culturelles, universitaires et médicales avec Cuba, et quelle place pourrait être réservée aux régions françaises de la Caraïbe ?" Victorin Lurel a interrogé le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, hier lors de la séance de questions au gouvenement dans le contexte de la visite d'Etat de Raoul Castro à Paris. "Nous avons signé des accords dans le domaine du tourisme, du commerce équitable, des transports ferroviaires, a répondu M. Fabius Nous avons aussi passé des accords en matière culturelle, et nous avons bien sûr évoqué la question des droits de l’homme, sur laquelle nous avons des divergences." Si Laurent Fabius s'est montré lyrique en citant Victor Hugo saluant la lutte, de l’insurrection contre le colonisateur espagnol, il a été très évasif sur le rôle des départements français d'Amérique dans les relations à venir avec Cuba : "C’est toute notre politique en Amérique latine qui est concernée. Nous sommes liés à ce continent d’une manière particulière puisque nous y sommes présents au travers de nos territoires et de nos départements de la Caraïbe." Rien vraiment dans cette réponse sur la place qui pourrait être réservée aux régions françaises de la Caraïbe.

FXG, à Paris

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 06:05

Huguette Bello interpelle Marisol Touraine sur les violences faites aux femmes

Emue de la situation de Jacqueline Sauvage (graciée par le chef de l'Etat), Huguette Bello a interpellé Marisol Touraine, ministre des Droits de la femme, au sujet des violences contre les femmes. "L’année commence à peine, a-t-elle indiqué, et la Réunion déplore déjà deux victimes de violences conjugales. Ingrid Gonfo, vingt-trois ans, et Géraldine Nauche, trente-huit ans, sont mortes, tuées à l’arme blanche par leur compagnon, sans oublier Carole Crescence, battue sur son lieu de travail..."

Huguette Bello demande donc si l’année 2016 sera-t-elle bien celle de "la mobilisation des institutions et des citoyens, mais aussi des moyens contre ce fléau qui défigure notre société".

"C’est un fait politique majeur dans notre pays, à La Réunion comme ailleurs", lui a répondu la ministre qui a salué l'engagement de la députée de la Réunion. La ministre a recusé le vocable de crimes passionnels pour préferer celui de crimes machistes. "Des expériences sont mises en place sur le territoire national, elles le seront à La Réunion, a promis Mme Touraine, comme ailleurs pour proposer aux professionnels de santé des services d’urgence, plus précisément un kit d’urgence pour prendre en charge, en relation avec la police et la justice, les femmes victimes de violences."

A La Réunion, le nombre de plaintes a augmenté et celui des femmes hébergées de 25 % depuis 2013. "Cela veut dire que l’omerta et la loi du silence sont en train d’être brisées", a-t-elle conclu.

FXG, à Paris

 

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 08:29

Les présidents de Région à Matignon et à l'Elysée

Les présidents des 17 Régions françaises (à l'exception de Laurent Wauquiez de la Région Auvergne Rhône Alpes) ont rencontré hier à Paris le Premier Ministre, Manuel Valls et le président de la République, François Hollande. A Matignon, mardi matin, ils ont participé au séminaire pour l'emploi avant un déjeuner à l'Elysée avec le chef de l'Etat. Autour du Premier ministre et des présidents de Région présents, huit ministres : Marylise Lebranchu (Décentralisation), Emmanuel Macron (Economie), Myriam El Khomri (Travail), Najat Vallaud-Belkacem (Education), Alain Vidalies (Transports), Christian Eckert (Budget), André Vallini (Réforme territoriale) et George Pau-Langevin (Outremer).

Au menu de ces rencontres, la mise en oeuvre du plan d'urgence pour l'emploi annoncé le 18 janvier par le chef de l'Etat, d'établir "un calendrier de travail et une méthode", selon Matignon. L'association des Régions de France estime que le plan massif à hauteur de 500.000 formations supplémentaires annoncé le 31 décembre dernier par le président de la République ne pourra être efficace que s’il est copiloté avec les Régions compétentes en matière de formation et d'apprentissage. Pour cela, les Régions pourraient expérimenter "la répartition des fonds libres du quota de la taxe d’apprentissage par les Régions, après concertation avec les Organismes collecteurs de la taxe d’apprentissage." Pour l'acccompagnement de demandeurs d'emploi, l'Etat se dit prêt à transférer aux régions les crédits aux Régions des crédits accordés par l’Etat aux opérateurs du service public de l’emploi

(missions locales, Plie, maisons de l’emploi,…) et du Fonds social européen (FSE) gérés par l'Etat au bénéfice des opérateurs du service public de l'emploi (missions locales, Plie, maisons de l'emploi).

Concernant le soutien aux PME/TPE, L’Etat s’engage à compenser dans le budget des Régions une partie (500 M€) des ressources que les départements consacraient à l’accompagnement des entreprises avant la fin de leur intervention, allouer aux Régions une enveloppe (700 M€ au total) leur permettant de doubler le nombre de PME accompagnées, à travers une contractualisation spécifique.

FXG, à Paris

 

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 06:31

Azérot interpelle Le Foll sur les chiens errants

Bruno Nestor Azérot a interpellé Stéphane Le Foll, hier à l'Assemblée nationale pour m'alerter que de nombreux éleveurs d’outre-mer, notamment de Martinique, sont désespérés de voir leurs troupeaux détruits et attaqués par des meutes de chiens errants et divagants dans les élevages. "L’an dernier, a-t-il précisé, rien qu’en Martinique, ce sont près de 600 animaux qui ont été attaqués, tués ou estropiés, ce qui a causé des pertes énormes et irréparables aux petits éleveurs – qui ne les déclarent même plus." Et pour cause, il n'y a pas d'infemnisation.

Craignant que les éleveurs apportent eux-mêmes une réponse, "à la limite de la légalité, pour protéger leur élevage ou se protéger eux-mêmes", le député maire de Sainte-Marie lui a demandé que soit "défini outre-mer un cadre spécifique d’intervention afin que les troupeaux soient protégés, que soient prévues des indemnités et que soient mises en œuvre les procédures légales adéquates".

Stéphane Le Foll l'a d'abord renvoyé dans ses cordes sous les applaudissmeents de la droite en lui rappelant que c'est une compétence des maires et des intercommunalités : "A charge pour elles de repérer, d’identifier et d’enfermer ces animaux, le tout dans le cadre de protocoles d’accord avec les associations et les vétérinaires." Il a toutefois admis qu'il fallait revoir la manière dont on traite ce problème. "Une lettre sera envoyée au préfet de Martinique pour demander qu’une réunion soit organisée afin d’évaluer les moyens des mairies et de la préfecture. Il ne s’agit certes pas d’un problème de rage, mais nous devons cependant nous organiser de manière collective ; ce n’est qu’ensuite que l’État pourra apporter les solutions que vous avez suggérées, en particulier afin de remédier aux pertes consécutives à ces attaques. Dont acte.

FXG, à Paris

 

 

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