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10 mai 2007 4 10 /05 /mai /2007 19:37

Deuxième commémoration nationale de l’esclavage et des abolitionsarrivee-1.JPG

Chirac et Sarkozy ont présidé la cérémonie

Les ultra-marins se sont plaints d’avoir été placés à l’arrière.

Chirac et Sarko commémorent l’abolition de l’esclavage

sarko-chirac-larcher-1.JPGLe président Sarkozy, le président Poncelet, le président Ollier, le président Chirac, Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et Serge Larcher, sénateur de Martinique, au premier rang de cette commémoration de l'esclavage et de l'abolition.

Deux présidents pour la deuxième ! Chirac et Sarkozy sont arrivés ensemble, à 11 h 30, au jardin du Luxembourg. Le président en exercice, en tête, et le président élu ont dirigé les cérémonies de commémoration de l’esclavage et des abolitions. Elles ont consisté cette année à l’inauguration d’un monument, Le cri, l’écrit, œuvre d’un sculpteur contemporain, Fabrice Hyber. Annoncés par des salves d’applaudissements, ils ont été accueillis par un parterre de personnalités. Ils ont écouté Serge Hureau, accompagné d’un musicien, chanter « la liberté des nègres », la proclamation de Delgrès, lue par une collégienne, du Gontran-Damas encore, par une élève des Ullis. Peu de parlementaires des DFA. Serge Larcher était juste derrière Chirac, Christiane Taubira s’est cachée à côté de Maryse Condé, assise sur une chaise et enfouie derrière une rangée d’officiels dont Léon Bertrand… Patrick Karam et ses amis du Collectifdom sont parvenus à se placer à deux ou trois rangs de Jacques Chirac, tandis que Lilian Thuram était derrière Sarkozy… Les intermèdes musicaux finis, le président du Parc et de la Grande halle de la Villette, Jacques Martial, portant sa boutonnière rouge, vient à la tribune.
taubira-statue-hyber.JPG

Les dates essentielles

Martial ne dira pas du Césaire comme l’an passé, mais une « introduction », selon le programme dehyber-martial-foule-.JPG l’Elysée : « Le cri, l’écrit rappelle les dates essentielles de ce combat… La mémoire partagée est la clé de notre cohésion nationale. » Il énumère les dates du 4 février 1794 au 20 décembre 1848… « Et puis, oubli, oubli, oubli… Le 10 mai 2001, le Sénat adopte la loi dite Taubira portant l’esclavage et la traite négrière transatlantique au rang de crime contre l’humanité. » Il est interrompu par des applaudissements. « Le 10 mai 2006, Jacques Chirac célèbre la première commémoration. Le 10 mai 2007, Fabrice Hyber offre à notre mémoire Le cri, l’écrit. C’est la métaphore de l’asservissement aboli par les textes, le noir et le blanc, le rouge du sang, le vert de la sève. »

adams-taubira-conde.JPGDans la foule, on repère quelques Antillais et Guyanais… Maryse Condé s’est mise debout, à côté de Mariton. Mais pas de Serge Romana (il milite pour le 23 mai), ni de Dieudonné (il était venu l’an passé !). Jacques Toubon est là aussi, il fait son retour comme président du musée de l’immigration ! Youssou n’Dour vient à son tour, il évoque « l’espace du continent et du monde noir » et proclame : « Malgré les difficultés de l’esclavage, nous restons debout. » Il chante : « Vous êtes noirs, la couleur tombe, l’homme reste. » Jacques Chirac, seul, vient dévoiler la plaque. Mais déjà, la cérémonie prend fin. Basile Boli claque la bise à Sarko. Lilian Thuram salue le nouveau président et se fait embarquer par Jacques Chirac dans son traditionnel bain de foule.
(Photos : Régis Durand de Girard)

Ils ont dit

Eric de Lucy, patron des groupements bananiers : « L’abolition et cette cérémonie représentent unde-lucy.JPG élément essentiel dans la vie de mon pays. Cette période de notre histoire a été douloureuse et elle est difficile à tourner cette page qui a profondément marqué. Ma personne témoigne de ma considération pour l’action du président Chirac pour la réabilitation de la mémoire des esclaves. Tous les Martiniquais se doivent d’y participer avec loyauté et émotion. »

Maryse Condé, présidente du comité mémoire : « C’est la deuxième fois que nous commémorons. maryse-conde.JPGC’est d’autant plus important que c’est aussi un départ. Jacques Chirac a toujours été tellement attentif à tout ce que nous avons demandé. C’est une cérémonie belle et triste, elle est un adieu. Alors on a un peu de peine… Mais c’est populaire. On a l’impression que la foule parisienne partage. L’an dernier, c’était trié sur le volet. »

Maryse Condé : « On a pris le 10 mai pour éviter les tensions. On a cru que le 10 mai était une date collective parce qu’elle renvoie à la loi Taubira. J’aimerai que ce jour s’inscrive dans les mémoires. On a un peuple avec une richesse culturelle très grande qu’il faut conforter.

Maryse Condé : « Nicolas Sarkozy a dit de nombreuses bêtises. Sa présence signifie peut-être qu’il a changé. On peut penser qu’il se repent de ce qu’il a dit. »

beaujour.JPGJean-Claude Beaujour, candidat UMP aux législatives à Paris :

« Le président a fait exactement ce qu’il fallait faire en permettant au pays de s’arrêter sur l’histoire de la France. C’est l’histoire de la République, la réconciliation entre descendants d’esclaves et les autres. »

Christiane Taubira, candidate aux législatives à Cayenne : « Je veux me battre pour faire du mois taubira-poing-en-l-air.JPGde mai un véritable mois des cultures, mais il ne faut pas toucher au 10 mai. Le 10 mai doit être dans le cœur des gens. Ca va s’installer et finir par être accepter. »

Christiane Taubira : « La présence de Nicolas Sarkozy peut être interprétée comme un geste qui semble contraire à nombre de ses déclarations. Tant mieux si ça peut contribuer à faire tomber un certain nombre de déclarations. »

pentoscrope.JPGJosé Pentoscrope, délégué national au PS :

« C’st scandaleux que pour une manifestation de cette importance, et qui marque la fin du mandat de Jacques Chirac, que l’on sépare ainsi le peuple de France. On a encore eu l’impression que la diversité était de l’autre côté ! »

Brigitte Girardin, ministre de la Coopération : girardin.JPG

 

« Je me suis beaucoup battue, quand j’étais ministre de l’Outre-mer, pour installer le comité pour la mémoire et j’ai beaucoup plaidé pour cet événement décisif. Maintenant les choses sont bien ancrées, la voie est tracée. »

claudy-siar.JPGClaudy Siar, animateur : « L’important c’est qu’il y ait une date. J’ai organisé une marche rassemblant 10 000 personnes entre République et Nation, le 23 avril 1997, c’est pas pour autant que je suis légitimé à revendiquer cette date ! La date du 10 mai a été adoptée. Il nous faut la célébrer parce que nous sommes des citoyens. Rien ne nous empêche d’honorer d’autres dates, selon d’où l’on vient… Nicolas Sarkozy est venu. C’est rassurant. A sa place, j’aurais été très gênés de venir après avoir parlé comme il l’a fait de la repentance.

Manu Dibango, musicien : manu-dibango.JPG

« C’est un grand jour ! Tout ça c’est très loin, mais c’est un grand symbole et désormais tout le monde est au courant. Maintenant, on peut passer à autre chose. Les symboles, c’est ce qui distingue les êtres humains des animaux. On a mis une borne, on est tous des êtres humains. »

 

rafarin-dominique-serre.jpgMiss Dominique :

« Je suis arrivée en retard, mais je suis venue car c’est une journée très importante. Je fais mon devoir de citoyenne. Je ne veux pas dire que c’est une démarche permanente, car je ne vis pas l’esclavage au quotidien. Je me bats. Je suis battante. Ni l’esclavage, ni le racisme ne m’empêcheront de faire ! »

dalin.JPGDaniel Dalin, secrétaire général du Collectifdom : « C’était un peu frustrant car il a fallu jouer des coudes pour accéder à une place d’où l’on pouvait voir quelque chose. Les têtes blondes et blanches étaient devant alors que c’est censé être une célébration qui nous concerne. Et au lieu d’être au premier rang, nous sommes laissés dans l’arrière-ban.

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Débat politique avec Miss Dominiquefierte-noire-et-Dominique.JPG

Zobali, un jeune d’origine congolaise, Julien, le Guadeloupéen et deux autre copains ont interpellé la chanteuse de la nouvelle star. Sur leur tee shirt : Noir et fier : « Nous les Noirs, nous devons être solidaires », lancent-ils à Dominique. Celle-ci rétorque : « Je suis pour la solidarité avec tout le monde. A force de se dire noir, on reste entre noirs et on s’isole. » « Le problème des Noirs est une réalité », relance Julien. « Arrêtez de me brancher sur la couleur tout le temps ! » Ils lui reprochent d’être proche de Sarko. Ils se disent engagés politiquement, mais dans aucun parti. « On reconnaît que sans Taubira, on ne serait pas là. »

ECHOS

Othilly, le Marron

Georges Othily, absent des cérémonies avec Chirac et Sarkozy, mais il n’était pas loin, au Sénat. Il avoue : « Je n’y étais pas. Je suis un Neg marron, je n’ai pas connu la condition d’esclave. »

thuram-chirac-sarko.JPGLilian Thuram, Patrick Karam…

Patrick karam (ex-porte parole des comités de soutien ultra-marin à Sarkozy) et Lilian Thuram se sont parlés entre quatre yeux. Patrick Karam rappelant au footballeur d’Anse-Bertrand que « les Guadeloupéens – qui ont voté Sarko- ne sont pas ces gens-là ». Rama Yade, la secrétaire nationale UMP à la francophonie a glissé à Lilian Thuram que l’UMP s’occuperait de Karam… Ca menace sec après la victoire.

Desnel, éditeur : « C’est la reconnaissance par la République de ses propres erreurs. »

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Man Joseph dans les bras des présidentsmarie-therese-joseph.JPG

« J’ai toujours profité ! Même en Martinique, j’y étais quand de Gaulle est venu. L’an dernier, le président Chirac m’a embrassé, et Dominique de Villepin aussi… Là, j’essaie de trouver des places pour le 14 juillet. » Marie-Thérèse Joseph, en connaît plus sur le président que sur son histoire : « L’arrière grand-père de ma mère était esclave. Il s’appelait Panzo. On ne sait de quelle région d’Afrique, ils sont arrivés. On me disait qu’ils portait des bonnets rouges… Elle habitait à Patit-Bourg, Rivière salée et dans sa famille on ne parlait pas. Un jour, lors d’un pèlerinage, elle a rencontré un Panzo, une prêtre africain. « Je voulais lui parler mais la foule nous a séparé… »

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9 mai 2007 3 09 /05 /mai /2007 21:15

Claude Ribbe dénonce « les magouilles" de l'UDF

Face à DSK dans son fief de Sarcelles (95), investi par le PS, Claude Ribbe qui a reçu l’investiture UDF en décembre dernier et Sophie Jacquest qui devrait être investie jeudi au bureau politique de ce même UDF (nouveau Mouvement Démocrate) devraient s’affronter.

panoramique.JPG

Hier, a 11 heures Claude Ribbe, accompagné de quelques militants et responsables de l’UDF-Sarcelles, décidait d’anticiper l’investiture attendue de Sophie Jacquest par le bureau politique de l’UDF, et convoquait la presse dans un Bar de Sarcelles, le Valery. Il a présenté « la légitimité de sa candidature »  pour la 8e circonscription du Val d’Oise, et dénoncé « le parachutage de Sophie Jacquest », élue UDF au Conseil regional. Brillante sparring partner de DSK en 2002, elle avait obtenu quelque 47 % des voix. Un peu en retrait de lqa politique un moment, Sophie Jacquest a confié « son dossier électoral » à Claude Ribbe et mis celui-ci en contact avec les militant UDF de Sarcelles, comme en a témoigné un responsable UDF, Clément Maloma. Depuis quelques mois, Claude Ribbe bat la campagne pour « le candidat qui murmure a l’oreille des chevaux », ce qu’il a fait avec une grande loyauté d’après lui et les militants qui l’accompagnaient. Selon lui, « le retour surprise de Sophie Jacquest fait partie d’ « une stratégie qui vise à faire élire DSK par récupération des voix UDF de Sophie Jacquest au deuxième tour ».

Contre un désistement de l’UDF pour DSKribbe-militants.JPG
Claude Ribbe rappelle la présence aux repas du CRAN de Marielle de Sarnez, conseillère de François Bayrou, et de DSK. « Ils sont donc les candidats du communautarisme !.On ne vient pas de Paris avec des Lunettes noires, une voiture avec chauffeur et vitres teintée, visiter Sarcelles uniquement le jour des élections… »
Claude Ribbe se veut résolument le candidat anti DSKet assure que Sylvie Nouakovitch, candidate UMP pourrait se désister en sa faveur.
Les investiture du nouveau MD seront publiées aujourd’hui 10 mai. Ribbe dit qu’il  n’acceptera celle-ci qu’a la condition que ce même UDF lui certifie qu’il n’y aura pas de désistement en faveur de DSK aux deuxième tour des législatives. De son côté Sophie Jacquest a expliqué que le phénomène Bayrou avait bien contribué à ce qu’elle reconsidère sa situation, mais elle confie aussi que François Bayrou et le député Mariani ne voudraient pas de Ribbe. Pour l’heure, Claude Ribbe peut toujours se sentir lié par les assurances de Jean-Christophe Lagarde, le maire de Drancy, chargé de l’outre-mer dans la Bayrousphère.ribbe-siar.JPGsiard-jaquet.JPGClaudy Siar n'y est pour rien, mais sa présence atteste que les deux rivaux de Sarcelles, le Guadeloupéen et la Martiniquaise, étaient tout deux présents à la soirée de lancement de Tropiques amers, lundi 7 mai à l'Elysée Biarritz. Ils ne se sont pas croisés !

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9 mai 2007 3 09 /05 /mai /2007 18:59

 

Complicité féminineAlie-Taubira.JPG

Marie-Josée Alie, directrice à RFO, semble partager la même joie que Christiane Taubira, députée de la Guyane, à l’issue de la projection.

 

Son excellence l’ambassadeur d’Haïti et le Président Marie-JeanneAmbassadeur-Etienne-et-Marie-jeanne.JPG

Accompagné de son épouse, Lionel C. Etienne, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire d’Haïti en France, a assisté à la projection. Tout comme le président de la région Martinique, Alfred Marie-Jeanne, venu spécialement de Martinique.

 

Man Joseph et Aurélie Bambuck
Aur--lie-Bambuck-lucette-salibur.JPGMan Joseph, alias Lucette Salibur, la cuisinière et doctoresse de la plantation pose avec Aurélie Bambuck. La fille de Roger est devenue journaliste à France-Inter et assure une émission sportive sur RFO.

 

Le cinéaste de l’esclavage et l’historien des nuits bleues
barny-FXG.JPGJean-Claude Barny, réalisateur des six épisodes de Tropiques amers (et de Neg Marron) est à côté du correspondant permanent de France-Antilles et France-Guyane à Paris, FXG, l’auteur d’(In)dépendance créole, une brève histoire du nationalisme antillais.

 

La LCR et Aliker
besancenot-stommy.JPGImprobable rencontre que celle-ci, le candidat à la présidentielle de la ligue communiste révolutionnaire, Olivier Besancenot, et le rappeur et comédien Stomy Bugzy qui joue actuellement le rôle d’André Aliker.

 

Family groove
clementine-celarie-abraham--son-fils.JPGClémentine Célarié qui a triomphé avec Jean Reno pendant toute la saison au théâtre Edouard VII, avec une pièce de Danielle Thompson, mise en scène par Bernard Murat, « Les grandes occasions », pose avec son fils musicien, Abraham avec lequel elle slame. Leur formation s’appelle Family groove.

 

Métisse
constance-et-Tony-Amoni.JPGConstance Bonaventure interprétée par Annabelle H, et Ambroise Jones, un comédien métis de Russie et du Nigéria, sont les héros du quatrième épisode, Métisse. Les amours interdites de la béké et du métis anglais…

 

Koyaba et le rappeur
diziz-Jacky-ido.JPGJacky Ido, à gauche, est Koyaba, le chef guinéen nouvel esclave. Celui qui prendra les armes. A côté de lui, le rappeur Disiz la peste, victoire de la musique 2006. Il a été le fils de Firmine Richard, en 2005, dans le film de Denys Thybaud, Dans tes rêves, un film hip hop !

 

Adèle, l’Africaine de Paris et Rosalie, l’Africaine de Martinique
fatou-n-diaye-Thiam-Assa--tou.JPGAdèle, la trop belle esclave interprétée par Fatou N’Diaye, qu’on a déjà vue, entre autres en 2002, dans Astérix et Obelix, mission Cléopâtre d’Alain Chabat. A côté d’elle, Rosalie, l’esclave métisse interprétée par Thiam Aïssatou. Celle qu’on a pu voir dans Le genre humain de Claude Lelouch, dans Julie Lescaut ou encore Nestor Burma, est une africaine qui a des ancêtres Petit au Lamentin, en Martinique. Elle a réussi à convaincre Pierre Petit de dresser son arbre généalogique.

 

4 fanm doubout
george-pau-aissatou-thiam--Cottias--firmine.JPGAutour de Thiam, George Pau-Langevin qui s’apprête à aller aux législatives à Paris, Myriam Cottias, co-scénariste avec Virginie Drac de Tropiques amers, et historienne pressentie par Edouard Glissant pour appartenir au conseil restreint d’études du centre des mémoires des esclavages, et Firmine Richard, la comédienne guadeloupéenne découverte en 1989 par Coline Serreau (Romuald et Juliette) et qui est Mamadou dans le dernier film de Claude Berri, Ensemble c’est tout, avec Audrey Tautou et Guillaume Canet.

 

Trace et Gibraltar
laouchez-abdel-malik.JPGOlivier Laouchez, dirigeant de Trace TV, heureux de retrouver Abd Al Malik, Victoire de la musique 2007, avec Gibraltar.

 

L’avenir est ailleurs
L--onard-Maestrati-et-son-fils-champion.jpgLe réalisateur de L’avenir est ailleurs, le film écrit par Michel Reinette sur le Bumidom, Antoine Léonard-Maestrati, est avec son fils, Clavel Kayitare. Clavel est un rescapé du génocide rwandais. Blessé par une grenade à la jambe en 1994, il a été évacué mourrant en France. Il a été vice-champion paralympique à Athène sur les 100 et 200 mètres !

 

Comédie, foot et montage
martial-thuram-Any-gorand.JPGLilian Thuram, avec le soutien de William Gallas et Tariq Abdul Wahad, a organisé cette soirée d’avant-première pour ses amis et ses proches dont Jean-Michel Martial, qui interprète Amédée, le commandeur, ou Any Goirand, celle qui a monté les six épisodes de Tropiques amers.

 

Accueil de reine
reinette-thiam-foix.JPGMichel Reinette, rédacteur en chef des éditions du week-end de France 3 et co-scénariste du film L’avenir est ailleurs, et Alain Foix, écrivain et dramaturge (il vient de sortir pour le 10 mai un Toussaint Louverture chez Folio et Histoires de l’esclavage chez Gallimard jeunesse), accueillent Aïssatou Thiam à son arrivée à l’Elysée Biarritz.

 

Voynet aussi !
voynet.JPGUne autre candidate à la présidentielle, Dominique Voynet, a fait aussi le déplacement pour découvrir la saga sur l’esclavage.

 

Champion !
trois-champion.JPGTeddy Rinner, champion d’Europe de judo, et son frère Moïse encadrent leur ami Stomy Bugzy

 

Ralph et Léon
thamar-bertrand.JPGRalph Thamar et Léon Bertrand sont aussi tombés sous le charme de la grande saga Tropiques amers.

 

Clin d’œil de fin de campagne
adams-rama-yade.JPGAdams Kwateh, notre confrère de France-Antilles Martinique, est avec Rama Yade, secrétaire nationale à l'UMP en charge de la francophonie, une femme désormais proche de l’Elysée…

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9 mai 2007 3 09 /05 /mai /2007 12:25

Avant-première parisienne très pipol pour Tropiques amers

Ce soir, 10 mai, France 3 et RFO diffusent le premier épisode de Tropiques amers, la saga sur l’esclavage aux Antilles. Lundi soir, Lilian Thuram invitait ses amis et proches à une projection et un cocktail.gallas-entree.JPG

William Galas arrive à l'Elisée Biarritz (Photos : Régis Durand de Girard)

A 19 heures, devant le club l’Elysée Biarritz, la salle équipée d’un projecteur numérique dernier cri, il y a déjà foule. Le journaliste Michel Reinette et l’écrivain Alain Foix accueillent à sa descente de taxi, Aïssatou Thiam (Rosalie dans la saga), sous les yeux de Jocelyn Renault (associations des Marie-Galantais de Paris)… et de Jean Verbeke (ancien de la FFF en charge de l’outre-mer). Mais l’arrivée de William Galas détourne l’attention de tous. Les caméras de BFM, TPS, RFO ? France 3… S ‘agitent. Rémi Marcin et son inséparable compagnon de l’UNOM Paul Mélyon, accompagnés de Sophie Jacquest (la Martiniquaise conseillère régionale UDF de Sarcelles), annoncent l’arrivée prochaine de Léon Bertrand. martial-jean-claude-barny.JPGFranck Anretar, le king des Césaire, n’est pas loin. Gisèle Pineau arrive, accueillie elle aussi par Michel Reinette. A l’intérieur, les comédiens sont déjà là et se prêtent aux photographes et interviewers. Jean-Michel Martial, Lucette Salibur, Tony Amoni, Annabelle Hettmann, Fatou n’Diaye… Jean-Claude Barny est avec la quasi totalité de l’équipe qui a étrenné avec lui les plateaux de Cuba et de la Martinique.

thuram-presse.JPG Le gratin
Tony Coco-Viloin annonce la sortie à Paris, cet été de son film Lettre à Irène avec Greg Germain, Antoine Chérubin, Gérard Lauriette, alias Papa Yaya... Mais soudain, c’est l’affolement, la cohue. Lilian Thuram est entré. Avec lui, Dominique Voynet, Olivier Besancenot, Alfred Marie-Jeanne, l’ambassadeur d’Haïti. L égérie de Nicolas Sarkozy, Rama Yade est là aussi. La presse enfiévrée ne lâchera plus le footballeur ansois. « Commémorer, c’est quoi ? S’apitoyer sur son histoire, être coupable ? La période de l’esclavage doit avoir une autre mémoire. Comment des hommes ont pu traiter des hommes comme des sous-hommes ? C’est ça la réflexion. L’homme blanc a-t-il toujours un sentiment de supériorité et l’homme noir a-t-il toujours un sentiment d’infériorité ? C’est ça la question. » Pour Olivier Besancenot, « c’est important de commémorer. Pour régler les discriminations d’aujourd’hui, il faut régler celles d’hier. On ne prend pas de posture victimaire et Sarkozy est insultant quand il dit en finir avec la repentance. Il n’a rien compris. »Admiral-Firmine-Diziz.JPGThuram ne pourra participer à la commémoration, il a un match, annonce-til un brin désolé… Autre vedette, Christiane Taubira réhausse un plateau déjà somptueux où l’on croise Claudy Siar, Babette de Rozière, Ralph Thamar, Abd Al Malik, Stomy Bugsie, Admiral T… Sheffrey et Tsarbee, le Guyanais et le Guadeloupéen, vont pouvoir jouer leur hip hop devant le gratin !Sheffray-Sherryl-et-Tsarbee.JPG

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9 mai 2007 3 09 /05 /mai /2007 10:49

Edouard Glissant qui célèbre le 10 mai au musée du quai Branly a conclu son rapport de mission que le présidentglissant-canne7582.JPG Chirac lui avait confié, lors de la première commémoration de l’esclavage, de la traite et des abolitions, le 10 mai 2006. Publié chez Gallimard, le poète et penseur martiniquais plaide pour un lieu d’échange de toutes les mémoires. Dominique de Villepin qui a tenu à signer lui-même la préface de ces Mémoires des esclavages écrit : « Edouard Glissant, venant après Léopold-Sédar Senghor et Aimé Césaire, oppose au devenir-esclave du monde, la créolisation du monde. »

INTERVIEW


"En Afrique, on se créolise !"

- Vous avez été chargé par le Président de la République d’une mission pour la création d’un lieu de mémoire de l’esclavage. Vous avez intitulé votre livre-rapport Mémoires des esclavages. Pourquoi tous ces pluriels dans le titre ?

E-GLISSANT7554.JPG Edouard Glissant : Il y a des mémoires distinctes selon qu’on a subi une situation ou profité d’une situation. Ce sont des mémoires collectives différentes. La mémoire d’un peuple colonisé est différente de celle d’un peuple colonisateur. D’autre part, il y a des sections entières de peuples qui veulent oublier et d’autres parties qui ne le veulent pas. D’autres encore disent qu’il est inutile de revenir sur un passé qu’il faut dépasser. On peut donc parler des mémoires et on peut aussi parler des esclavages. Je traite surtout de l’esclavage transatlantique et du commerce triangulaire, mais il y a eu aussi un phénomène d’esclavage dans l’océan Atlantique, un autre transsaharien avec les Arabes dont je ne parle pas presque pas et les esclavages modernes, le plus souvent inconnus, qui concernent des femmes, des enfants… J’ai voulu montrer dans ce livre, ce rapport, que l’esclavage transatlantique, nous le connaissons très souvent en détail, mais sans vue globale et c’est très dommageable. J’ai aussi voulu dire que les problèmes liés au souvenir de l’esclavage ne seront pas résolus tant que les diverses communautés n’auront pas échangé leurs mémoires au lieu de les confronter. Il peut y avoir échange sans dénaturation. Un lieu de mémoire, un centre est utile pour cela. Il sera en liaison avec des institutions consacrées au même objet aux Etats-Unis, au Brésil et en Afrique.

- Cette mission vous a été confiée par un président de la République partant. Va-t-elle se prolonger ?

EG : Je n’en sais rien pour l’instant. Les autorités futures vont probablement poursuivre dans le sens du président Chirac, mais je ne suis pas décideur. Mon travail a consisté à définir le cadre possible de ce centre. J’ai réuni des gens, mis en place un conseil restreint d’études de la question autour de Michel Giraud, Françoise Vergès et Miriam Cottias.

- La France, la République fait-elle son devoir de mémoire à travers cette action ?E-GLISSANT7559.JPG

EG : C’est évident et c’est dans la logique des orientations de Jacques Chirac. C’est lui qui a imposé l’ouverture du musée du quai Branly qui, quoiqu’on en pense (une caverne de pillage des biens du monde) réunit toutes ces richesses en un seul lieu. On ne peut pas s’en passer aujourd’hui pour la connaissance des cultures premières, indigènes… Des cultures du monde. Un centre de la mémoire de l’esclavage va dans le même sens, pour une meilleure appréhension de toute une partie cachée de l’histoire. L’histoire de l’esclavage et de la colonisation sont très proches et le peuple français (à l’exception de l’Algérie et de l’Indochine) n’a pas été en contact direct avec l’esclavage des Antilles et des Amériques. Par conséquent, il y a de grands trous de mémoires. On peut aussi penser qu’en tant que Nation, si la France a un rôle, elle ne peut le remplir si elle n’éclaircit pas de pans entiers de son rapport au monde. C’est la même chose pour la Martinique qui doit prendre conscience de la globalité d’un phénomène comme l’esclavage.

- Vous pensez à qui ?

EG : Je pense à Frantz Fanon qui ne voulait pas être esclave de l’esclavage, être bloqué dans une mémoire paralysante de l’esclavage. Oui, mais si l’esclave est celui qui ne sait pas mais qui essaie de savoir, l’esclave de l’esclavage est celui qui ne veut pas savoir. Le reliquat de cette non-science, c’est toujours un trouble, un déséquilibre, une lacune. On le subit sans en avoir conscience.

E-GLISSANT7573.JPG - Que pensez vous de la polémique sur le choix de la date de commémoration ?

EG : Les libérations finales survenues  en 1848 ne se sont pas faites en même temps et les dates sont échelonnées. La libération de 1848 a été un peu spéciale car les esclaves se méfiaient. En effet, il y avait le souvenir de 1794, la première abolition, et  puisde 1802, le rétablissement. En 1848, il y avait encore des survivants de 1802 ! Il y avait de la méfiance envers une décision  de plus.

- Faut-il que chaque pays  choisisse sa date ?

EG : Je ne le crois pas. L’esclavage est un phénomène trop haïssable pour que chaque peuple ramène à lui des pans de ce phénomène. La Guadeloupe et la Martinique ont partagé un destin commun, une histoire commune. La volonté de connaître l’esclavage et, peut-être, de le dépasser, passe par la mise en commun d’une même date. C’est faire preuve d’un nationalisme étroit que de vouloir garder sa date de commémoration. Il ne faut pas perpétuer de dispute. Une seule date est une bonne chose.

ADAMS-GLISSANT7568.JPG- Quelle date retenir, alors ?

EG : Peu importe que la date du 10 mai ait été choisie de manière arbitraire. Elle a été choisie par un comité et Chirac a accepté. Ca a un petit côté centralisateur, mais l’inconvénient est mineur.

- Et le 22 mai ? Et le 27 mai ? Et le 10 juin ?

EG : S’ils veulent, chacun peut conserver sa date pourvu que tout le monde ait une même date pour la commémoration des esclavages. Et c’est le 10 mai ! Ca ne veut pas dire que des communautés ne puissent choisir leur date. N’est-ce  pas, chaque commune a bien sa fête patronale ?

- Quel est votre point de vue sur les mouvements indépendantistes antillais ?

EG : Je suis indépendantiste, hier comme aujourd’hui, mais j’ai un parcours atypique. Il faut avoir une pensée indépendante et beaucoup d’indépendantistes sont encore sous l’assujetion de la pensée venue d’ailleurs. C’est cela qu’il faut éradiquer. Il ne suffit pas de se déclarer indépendantiste pour l’être. La liberté totale de la pensée est le premier critère de la pensée indépendantiste. Dans le monde d’aujourd’hui, je suis persuadé que les interdépendances sont profitables à tous. Mais pour qu’une interdépendance soit profitable, il faut, au départ, de l’indépendance. Sinon, ça tourne rapidement en domination. Je crois que l’interdépendance avec les pays de la Caraïbe, avec la France ou avec les pays d’Europe peut s’envisager et se discuter à condition que l’on soit libre dans sa tête et dans sa pensée. L’indépendance, ce n’est pas le repli sur soi et l’enfermement, les choses les plus terribles.

-Comment comprenez-vous la guerre que le Collectifdom livre au Conseil représentatif des associations noires ?GLISSANT-FXG-7590.JPG

EG : C’est de la stupidité. C’est la marque de la dépendance quand on commence à se battre entre soi. (Il lit un passage de son livre) C’est au commencement des années 1950 que le gouvernement français inaugura et encouragea ouvertement une politique d’émigration des Antillais en France par le biais notamment d’un organisme intitulé bureau de migration des Dom dont le titre avait peut-être l’avantage d’éviter des confusions embarrassantes entre les notions d’émigrés et d’immigrés, ces migrants là étant déjà des citoyens français. L’entreprise n’alla pas sans misère et sans drame, difficultés de travail et de logements décents, racisme latent, impossibilité de revenir pour un temps au pays. Il en est provenu que l’existence de deux communautés antillaises ouvrira peu à peu sur un débat encore plus confus : ceux qui sont restés auront tendance à penser que les émigrés ont cessé d’être Antillais, ceux qui sont installés en France finiront par croire, du moins les plus actifs, qu’ils représentent la vraie différence, à partir de quoi ils ne se définiront plus tellement comme Antillais, mais comme immigrés, discriminés, nègres, descendants d’esclaves, ou peut-être panafricain. Ils rejoindront de plus en plus les autres émigrés ou chercheront d’autres lieux communs à partager. Ce sont là autant de créolisation qui ne se disent pas. La musique échangée, la protestation, la tentative de peser sur la vie politique française sont leurs armes. Et c’est ce qui s’est passé.

- Peut-on parler d’une concurrence entre un courant panafricaniste et un autre plus régionaliste ?

EG : Il y a deux communautés et le fossé se creuse de plus en plus. Les Hindous de Trinidad, Guadeloupe et Martinique reviennent de temps en temps en Inde. Les Antillais ne reviennent pas en Afrique ; ils vont en France et pourtant, c’est de l’Afrique qu’ils viennent. Malgré les efforts de Césaire et la négritude…

- Pourquoi les choses sont si compliquées ?

EG : C’est le rapport à la France. Nous sommes incapables de dire ce que nous voulons. Nous applaudissons à la folie le moindre visiteur qui vient nous flatter. Pourquoi ? Car depuis longtemps, les Antillais sont persuadés d’être inférieurs en identité aux autres peuples car elle est composite. Ils croient que les Africains ont des identités entières. C’est faux. Et les Antillais pensent qu’être composite, c’est être corrompu et dégénéré. Césaire a été important pour rendre la fierté mais il ne permet pas de répondre aux questions actuelles. Une identité composite dans le monde actuel est une richesse et un avantage. Les Antillais se disent descendant des Noirs, d’esclaves, mais ils n ‘assument pas leur identité composite. Ils sont dans un fantasme, dans un rêve et c’est ce qui expliquent qu’ils se battent entre eux. Tous mes amis africains me disent : « En Afrique, on se créolise ! »

GLISSANT-7575.JPG - Vous vivez à Paris, vous enseignez à New York, quels rapports conservez-vous avec la Martinique ?

EG : Mes rapports passent à travers une organisation que j’ai fondée, l’institut du Tout-monde. Il a des activités et entretient des relations entre les différentes cultures qui nous intéressent (les Dom, l’Afrique, l’Amérique du Sud et les Noirs américains). J’essaie d’établir des liens, un mouvement de translation et de transversalité entre ces cultures. Je le fais en tant que Martiniquais. Dans tout ce que je fais, je suis un Martiniquais. Je suis un poète martiniquais. Ca, c’est fondamental ! J’ai des relations avec des amis, dont Patrick Chamoiseau… Que faisons-nous dans le monde ? La question, on peut s’y atteler en tant que Martiniquais même si je ne suis pas en Martinique. C’est peut-être dommage, mais c’est aussi un avantage pour l’idée que le monde se fait de la Martinique. Il y a une représentativité importante de culture. Quand on m’invite, c’est comme poète martiniquais, théoricien de la créolisation, de la pensée des archipels.

- Certains vous voient nobelisable et militent même pour cela. Qu’en pensez-vous ?

EG : Faut pas faire ça ! On me persécute avec cette histoire de prix Nobel alors que je ne me persécute pas moi-même ! Le Nobel est imprévisible, c’est un électron libre. Ce n’est pas la peine de faire des pétitions ! A mon avis, ça les énerve. Il y a de très grands écrivains comme Borgès, Leiris… qui n’ont pas eu le prix Nobel. Si on a le Nobel, on est en noble compagnie, si on ne l’a pas, on est en noble compagnie !

- La Martinique vous a lâché sur votre projet de musée des arts des Amériques, le M2A2…

EG : J’ai déjà raté, il y a dix ans, une proposition… Nous nous sommes retrouvés avec Patrick Chamoiseau et Bertène Juminer pour dire aux Martiniquais : « Ce pays est de plus en plus pollué, nos nappes sont menacées. Changeons la situation, changeons notre économie pour une Martinique écologique et biologique. Les Allemands refuse de payer nos bananes plus chères que les bananes du Cameroun ou du Costa-Rica. Mais si nous vendons de la banane biologique, ils seront prêts à en payer trois fois le prix !… » Nous avons travaillé pendant deux ans et les politiques ont dit… (il n’achève pas). La Dominique a pris ce projet. Sans argent, sans infrastructure ! Si on avait fait ça, il y a dix ans, nous serions en train de sortir du marasme économique. Il faut de l’audace ! Le deuxième projet, le M2A2 était une occasion incroyable. Il y avait soixante peintres d’Amérique latine (Soto, Lam, Matta, Gardenas…) qui acceptaient de donner des œuvres pour constituer le fonds d’un musée à Fort-de-France. Les hommes politiques de la Martinique n’ont pas eu conscience de ce que c’était et ça a capoté sur des raisons obscures.

- Vous êtes le père du concept du tout-monde. C’est un autre monde possible ?

EG : Cela découle directement de l’identité composite. Jusqu’ici, il n’y a eu que des découvertes et des découvreurs. Le nouveau monde était pourtant là depuis toujours… J’appelle tout-monde, un monde dans lequel nous entrons tous ensemble, sans découvreurs, sans découverts. Ce tout-monde, nous ne pouvons le partager qu’en échangeant nos imaginaires et pas par des conquêtes. Les conquêtes ne peuvent être durables…

les-trois-7589.JPG - Pourtant, il y a eu au moins quatre conquêtes durables, la Réunion, la Guyane, la Guadeloupe et la Martinique…

EG : Oui. Parce que ce sont des pays petits où il n’a pas été possible d’organiser longtemps des résistances dans un arrière-pays imprenable comme à Madagascar, en Algérie ou en Indochine. Et en plus, ce qui, aujourd’hui, apparaît comme une richesse (l’identité composite), était une infirmité. Aujourd’hui, le partage de l’imaginaire du tout-monde fait que les peuples à identité composite sont plus aptes à concevoir ce tout-monde. Ceci explique en grande partie la reconnaissance de la littérature antillaise. C’est aussi pourquoi toutes les villes de créolisation ont été prises comme cible par les puissances intégristes, les puissances de la pensée unique : Sarajevo, Beyrouth, New York… Mais c’est ça l’avenir !

 

Propos recueillis par Adams Kwateh et François-Xavier Guillerm

 

Photos de Régis Durand de Girard

 

 M. Glissant dans le tout-monde

Il est arrivé au bras d’une jeune femme. Appuyé sur sa canne à pommeau de bois en forme de hachette, il porte un pardessus en laine bleu clair. L’octogénaire porte beau. Il habite boulevard des Invalides et donne des cours à l’université de New York (celle-la même qui accueille la Guadeloupéenne Maryse Condé). Jeudi soir, il est l’hôte du musée du quai Branly pour la commémoration du 10 mai, l’esclavage, la traite et les abolitions. Il fera des lectures de son rapport qui précise ce que doit être son centre des mémoires des esclavages. Des comédiens liront du Diderot, du Schoelcher, et Toussaint Louverture. Bernard Lubat sera au piano et les grands héros de la lutte anti-esclavagiste seront solennellement nommés. « Villepin m’a dit qu’il viendrait. » Ca n’a pas l’air d’avoir plus d’importance. Quelle reconnaissance pourtant, que celle que lui ont apporté le chef de l’Etat et le chef du gouvernement ! La jeune femme qu’il a présentée comme « Mlle Matta », l’abandonne à la terrasse de la Rotonde. « Je vous confie mon père. » C’est Federica Matta, la peintre et fille du peintre chilien Roberto Matta. Il veut acheter les journaux. L’Equipe et le Monde… Je viendrais en Martinique en décembre, jusqu’en mars. » Paris-Atlanta, Atlanta-Fort-de-France. Ca lui évite de voyager plus de cinq heures d’affilée. « J’irai chez moi, au Diamant… J’ai ma petite maison, à l’entrée du Diamant… » L’œil pétille. Une sirène retentit. « Ca y est, ça commence les flics de Sarkozy. » «  C’est une ambulance… », relance son vis-à-vis. « Même les ambulances, elles résonnent Sarkozy… » Il sort sa plume et dessine sur une page de livre une caravelle, ancrée, et les flots. « Sur toutes les mers du monde » Il pose sa signature et referme La Lézarde, prix Renaudot 1958. L’entretien est terminé. Il salue poliment, chaleureusement, remets son manteau bleu. Il est déjà dans son taxi, la tête dans le tout-monde.

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7 mai 2007 1 07 /05 /mai /2007 09:55

Soirée électorale présidentielle

Elu avec plus de 53 % des voix face à Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy est le 6e président de la Ve République. Du ministère de l’Intérieur à la place de la Concorde, reportage en image sur l’élection de Nicolas Sarkozy.

 

18 heures, place Beauvau

Rémi Marcin, secrétaire général de l’Union nationale de l’Outre-mer (UNOM), accompagné de son fidèle bras droit, Paul Mélyon, d’Andrée Corosine-Simonnot et de Ghislaine Anglionin sont venus fêter leur champion, Nicolas Sarkozy, mais aussi le président d’honneur de leur association, Léon Bertrand qui a su ramener plus de 53 % des suffrages en Guyane.

 



19 heures, place Beauvau


Léon Bertrand et son épouse, heureux d’avoir plié la gauche en Guyane, sont arrivés vers 19 heures au siège du ministère de l’Intérieur où quelques 400 invités sont venus écouter en direct le résultat de l’élection du 6e président de la Ve République. Pour Léon, le chiraquien pur sucre, c'est une transition réussie. On pense même qu'il a encore un grand avenir politique !

 

20 h 30, place de la Concorde


Tandis que Patrick Poivre d’Arvor assure le direct depuis les studios de TF1, Harry Roselmack, juché sur un praticable situé à une trentaine de mètres face à la scène, assure les interventions depuis la Concorde. (Photos Régis Durand de Girard)

 





21 h 00, place de la Concorde

En attendant le début de la grande soirée électoralo-festive, Kisito Roblin, originaire de Trinité en Martinique, Franck Souffron, originaire de Petit-Canal en Guadeloupe et leur collègue d’origine maghrébine, Abdel Belhadj, tous employés de France-télécom, sont mobilisés. Depuis 8 heures du matin, ils sont mobilisés pour assurer les liaisons téléphoniques et Internet pour permettre à la presse de faire suivre en direct le show de la place de la Concorde.

 

22 h 30, place de la Concorde


Miss Dominique, avant Enrico Macias, après Jean-Marie Bigard, est venue chauffer l’immense foule rassemblée sur la place de la Concorde. Un peu plus tard, elle partagera la vedette avec Jane Manson en interprétant un sublime Happy days en l’honneur de Nicolas Sarkozy lorsqu’il les rejoindra sur la scène vers 23 heures.

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5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 14:16

Salon du bien-être

Quand le noni sort du ghetto

Le corossol à chien a si bien réussi sa conversion que la société guadeloupéenne de Joseph et Gladys Jarvis, Vitalys Caraïbes qui exploite les bienfaits naturels du noni, s'est payée le luxe de ne pas être avec les autres ultramarins dans l’espace Terres de tropique ! On les trouvait au hall 5, celui qui accueille l’espace santé, bien-être ! « On aurait vendu peut-être plus à Terres de tropique, mais ici, nous touchons tous les publics », explique Gladys. Car si le noni provoque la curiosité du badaud, il inquiète aussi : « Nous ne sommes que des Antillais sur ce stand, alors il nous faut rassurer les gens et, peu à peu, par notre chaleur et notre façon d’aborder les choses (le conseil !) on y arrive. Et quand on dit aux gens que nous sommes d’outre-mer, ça passse bien ! »

Venir à la foire de Paris représente un énorme investissement pour cette PME employant 8 personnes et affichant en 2006 un chiffre d’affaires de 479 000 euros. « Quand on a fait l’arrivée de la Route du rhum à la darse, tout le monde nous parlait de la foire de Paris », poursuit Gladys. Et ils ne se sont pas trompés. Entre les clients voyageurs qui connaissent le noni et sont heureux de le retrouver et les grosses enseignes de diététique ou de parapharmacie qui sont venus les trouver pour commercialiser leur produit en métropole, ils ont trouvé leur place au salon du bien-être. « On est tellement à notre place, explique Gladys, qu’une gosse enseigne du Bénélux a accepté de distribuer notre marque ! » Pour une marque créée en Guadeloupe, ils font fort !

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5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 14:00
Gwadattitude à la foire de Paris
Après la Martinique et la Guyane, reportage pour la Guadeloupe
Le grand rendez-vous annuel des ultramarins à Paris est la Foire de Paris. Le hall 2 du parc 
des expositions de la porte de Versailles accueille cette année encore l’espace Terres de
tropique où sont rassemblés la plupart des départements et territoires d’outre-mer avec, cette
année, pour la première fois, Wallis et Futuna. Pour rien au monde la Guadeloupe
ce rendez-vous. La chambre de commerce et d’industrie de Pointe-à-Pitre, la chambre de
métiers et le comité du tourisme des îles de Guadeloupe ont permis à une trentaine d’
exposants d’être présents. « C’est le salon le plus important pour les exposants qui y font
pour certains 20 à 30 % de leur chiffre d’affaires annuel », selon une chargée de mission de la CCI.
Mais pour parvenir à cela, la Région a mis la main à la poche : 60 000 euros sur un budget
total de 170 000. Le reste est à la charge des organismes consulaires et des entreprises. Ces
dernières, choisies pour représenter la Guadeloupe à Paris, représentent la plupart des
secteurs : rhums, construction, fleurs, art et culture avec JP Show de Jean-Pierre Sturm ou la
librairie générale.
Les perles de la Guadeloupe
Edith Hamot, vice-présidente de la CCI pointoise et déléguée à l'antenne des îles de Marie-
Galante et Désirade a mis en avant les « îles proches », Désirade, Marie-Galante et les
Saintes qui ont été baptisées les « perles de la Guadeloupe ».
Le beau temps et les élections ont toutefois un peu nui à la fréquentation. « Les deux premiers jours ont été moyens, selon Thierry Gargar du CTIG, mais le 1er mai a été excellent », et depuis ça va mieux. «  La foire de Paris, c’est surtout les derniers jours et le 8 mai », poursuit le spécialiste. «  L’intérêt, c’est de donner l’information touristique à la clientèle du 5e DOM. Ils sont de plus en plus présents et ils veulent de l’information sur les possibilités d’hébergement en gîte et sur les activités à faire durant les grandes vacances. » C’est un gros marché qui avait été négligé, mais depuis trois ans, les Guadeloupéens de Paris semblent vouloir plus d’autonomie et ne souhaitent plus venir passer leurs vacances dans la famille. « Nous devons les considérer et les capitaliser comme des touristes qui laissent des devises. D’ailleurs, l’INSEE va essayer de les différencier pour que nous puissions chiffrer la part de marché que représente le 5e DOM. » Thierry Gargar l’estime pour l’heure à 10 %.

Photos de Régis Durand de Girard

Une nouvelle campagne de promotion

L’espace Guadeloupe est réhaussé par l’exposition des photos de la nouvelle campagne de promotion de la destination. Quatre visuels très forts qui illustrent bien sûr le balnéaire, mais aussi le tourisme vert, le patrimoine et la culture. Les clichés superbes d’Eric Guyenon qui ont été sélectionnés par l’agence DDB Travel tourism, sont exposés depuis la fin mars (et jusqu’au 12 mai) dans tous les aéroports de France. Le budget de cette campagne est de 1,7 millions d’euros.

(Jocelyne Berdier, de la CCI, pose devant deux des quatre visuels de la campagne)

3 questions à Safia Randal, Miss Guadeloupe

Quel est votre rôle sur cette foire ?

Je renseigne les touristes sur la destination Guadeloupe. Iul s’agit de convaincre les métropolitains de venir sur notre petite île et puis j’aide les exposants. Cette fois, je porte une tenue de Doudou Diez, les bijoux et les rubans de son accessoiriste et j’ai été coiffée au stand de Valérie.

Comment réagissent les gens quand ils vous voient ?

Certains me prennent pour miss France ! Puis ils voient miss Guadeloupe et ça leur plaît. Ils saluent ma beauté et ça me permet de les brancher et de les inviter à visiter notre destination.

Quel est votre rêve ?

En tant qu’ambassadrice, je veux que mon île soit bien mieux connue. Nous faisons partie de la France, tout de même ! Ce qui me tient à cœur, c’est de mieux faire connaître la Guadeloupe.

GROS PLAN

Adepromotion, le pont transatlantique

Judes Louisy, un Guadeloupéen de Paris, a créé une association de promotion de la gastronomie et de la culture guadeloupéenne, Adepromotion. Pour la première fois, il a passé un accord de partenariat avec la CCI pour donner le koudmen. Il a été chargé de tenir le stand des perles de la Guadeloupe. «  J’ai eu la fiche technique de tous les produits, je les présente, les fait goûter et on discute. » Judes Louisy a créé son association depuis une année, mais il sait que le business qu’il veut mettre en branle relève d’avantage de l’entreprise : « Il faut bien démarrer ! » Et il a de la suite dans les idées car il est déjà en train de préparer l’édition 2008 de la foire et des associations antillaises de Paris ou la Ville de Montrouge l’ont sollicité pour organiser des journées thématiques autour du patrimoine culinaire des Antilles.

 

Doudou Diez, Angenel Gonfier et Gitane Lentilus font le show

3e vice-présidente de la chambre de métier, Doudou Diez a emmené ses confrères Angenel Gonfier et Gitane Lentilus à venir montrer leur savoir faire et la haute-couture de chez nous. Entre les tenues antillaises à l’occidentale de Doudou, les jeans de Gonfier (quand il n’est pas retenu pour faire des costumes au cinéma) et le style caribéen de Gitane, le public nombreux a apprécié.

IMAGES

Les officiels à la foire

Bertrand Delanoë, lors de l’inauguration de la foire de Paris, accompagné de George Pau-Langevin, est venu passer un petit moment sur l’espace Terres de tropique. Il est ici en présence d’Edith Hamot de la CCI de Guadeloupe devant le stand des perles de la Guadeloupe (photos : Fofo Forey-Fumey).

 Hervé Mariton, successeur de François Baroin au ministère de l’Outre-mer, a fait lui aussi le tour de l’espace Terres de tropique. Il est lui aussi en compagnie d’Edith Hamot. (Ces photos sont de Fofo Forey-Fumey)



 

 

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4 mai 2007 5 04 /05 /mai /2007 21:10

La Guyane reçoit le prix du stand d’or à la foire de Paris

On n’avait pas vu la Guyane l’an passé à la foire de Paris, que cette fois elle si bien mis le paquet que, jeudi soir, l’organisateur lui a décerné le prix du stand d’or ! « Il était important d’y retourner après une année d’absence », souligne Jean-Paul Lepelletier, le président de la CCIG. Il y avait d’abord les exposants à satisfaire en leur permettant de réussir leur foire, il y avait l’image de la Guyane à défendre, surtout après le magazine controversé diffusé récemment par M6 et puis, il y a aussi ce que représente la foire : l’opportunité pour les entreprises de rencontrer leurs fournisseurs et leurs clients. Pour toutes ces raisons, le comité du tourisme de Guyane et la chambre de commerce et d’industrie ont uni leurs forces pour présenter une très belle vitrine. A leur côté, comme toujours, le Centre spatial partenaire traditionnel de la CCI du CTG. « Avec nos fusées, nous attirons les métros en Guyane, explique Pierre Zamit du CNES. Le spatial est un atout qui nous permet de valoriser davantage la destination Guyane. » Et c’est vrai que les maquettes d’Ariane attirent l’œil du chaland… Après, c’est une autre paire de manche, car si la Guyane fascine, elle inquiète un peu.

Souvenir de deux randonneurs

Armelle Carotine de l’Habitation Maripa témoigne de ce que lui demande les visiteurs : «  Ils demandent si c’est loin et si c’est risqué. Je leur dis de venir voir par eux-même ! » Elle voit principalement des nostalgiques de la Guyane qui ne pensent qu’à y retourner et d’autres qui aimeraient bien. « Mais ils trouvent ça cher… », complète Armelle. Elise Jean-Elie, du parc naturel régional regrette un peu la publicité fait autour des deux randonneurs : « Leur aventure alimente les inquiétudes ! »
Vendredi, c’était la journée guyanaise. Autour du président Le Pelletier, ses vice-résidents, Françoise Gimel, maître d’œuvre de cette délégation guyanaise sur la foire, et Daniel Sinahi. Fiers de leur prix, et sous la musique des mécènes et de Victor Clet, alias Quequette, ils ont fait le tour du hall Terre de tropiques qui accueille, avec la Guyane, les Antilles, le Pacifique et la Réunion. Il y a le stand du parc naturel régional qui présente l’artisanat des communes, les marchands d’or comme Jan d’or. Son patron, Jean-Noël Coupra vient à la foire de Paris pour la 4e fois. « Nous nous devons d’y être. Nos bijoux et notre or sont très prisés. » Il a emmené une pépite de 80 grammes (compter plus de 3 000 euros) et une araignée en or de 12 grammes qu’il a lui-même ouvragée. C’est son hommage à l’aventure des deux randonneurs perdus !

Stylisme et musique

Patrick Lafrontière a assuré, aux côtés des musiciens (les Mécènes, Quequette, Clara Nugent, Mika ou encore Sylviane Cédia) une bonne part de l’animation avec un défilé de mode où il a pu montrer son stylisme 100% Guyane avec ses tenues en feuille de palmier. L’un comme les autres ont si bien fait les choses que tous les visiteurs ont été marqués par la qualité de l’accueil au stand de la Guyane. Et, foi de métro, Quequette a montrer qu’en Guyane, on en avait !

 

Un visiteur vu à la télé


José Blézès, présentateur du JT de Télé Guyane






« Je suis agréablement surpris et même émerveillé par le stand de la Guyane. Il est bien présenté et très bien animé ! C’est une très belle carte postale pour le pays. Tous les produits sont là, la musique, l’espace et même la gastronomie avec notre compatriote de Paris, Jocelyn Golipin. »

 

Le livre a sa place à la foire

Pour Jean-Claude Malherbe, des éditions Ibis rouge, le livre marche bien mieux à la foire qu’au Salon du livre. «  Les ultramarins boudent un peu le Salon du livre qui ressemble trop à une immense librairie, une immense bibliothèque ! Ici, les gens viennent se ressourcer, retrouver les gens et les produits de chez eux et, finalement, ils parlent aussi aux livres. La foire est un e bonne occasion. Pour nous, elle est très porteuse. » Ibis Rouge a emmené une tonne de livres et même si les frais sont à peine compensés par les rentrées, il avoue un chiffre d’affaires sur la foire de 10 000 euros.

 

Ils ont dit

Eric Léandre, aide-soignant en région parisienne

« Je suis un Guyanais de Paris et je viens chaque année que la Guyane est présente. On se met en communion avec l’identité nationale, on retrouve notre culture et des amis. La foire est un lieu de ressourcement ! »


Alex Barthélemy, agent de maintenance en région parisienne

« Je viens ici pour retrouver mes compatriotes et je cherche aussi à rencontrer les autres venus de la Caraïbe. Je retrouve des amis de la communauté mais aussi des copains de Guyane. C’est pour ça que j’ai du mal à partir après ! »

Merylle Madeleine, étudiante

« Je viens retrouver une ambiance. Ici, c’est un mix Caraïbe et l’occasion de voir autre chose. Pour les sons carnavalesques, on a une très bonne programmation et on est très chaleuresement accueilli ! »


 

Une pépite de 80 grammes... Un peu moins de 4 000 euros ! chez Jan d'or, à Cayenne ou à la foire de Paris ! (Photos Regis Durand de Girard)

 

 

 

 

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3 mai 2007 4 03 /05 /mai /2007 08:53

Le CRAN dénonce les discriminations à l’assemblée générale de Renault

Le Conseil représentatif des associations noires qui milite pour la légalisation des statistiques ethniques, a mené, mercredi à Paris, une opération coup de poing pour dénoncer l’utilisation de critères ethniques par la direction des ressources humaines de Renault.

Des militants du CRAN ont fait une descente, mercredi, au palais des congrès de la porte Maillot alors que s’y tenait l’assemblée générale des actionnaires de Renault. Ils voulaient interpeller Louis Schweitzer, président du conseil de surveillance de Renault et, par ailleurs, président de la HALDE (haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité). Ils voulaient dénoncer des discriminations dans cette entreprise et réclamaient dans le même temps la légalisation des statistiques de la diversité en France. « Il s’agit de pouvoir lutter sérieusement contre les discriminations », selon le président du CRAN, Patrick Lozès.
Une centaine de plaintes ont été déposées le jour même par des salariés de Renault s’estimant victimes de discriminations raciales.

Un travail pédagogique sur les discriminations le 10 mai
Très surpris par cette manifestation devant ses actionnaires, Louis Schweitzer a accepté de rencontrer une délégation du CRAN. A l’issue de cette entrevue, Louis-Georges Tin, porte-parole du CRAN, a déclaré que M. Schweitzer a invoqué le fait qu’il n’appartenait plus a l’entreprise et qu’il ne pouvait donc répondre pour elle, « alors que les faits de discriminations reprochés s’étalent sur une trentaine d’années, la durée d’une carrière professionnelle », selon M. Tin. Au-delà du cas Renault, le CRAN demande que les chiffres de la diversité soient disponibles pour toutes les grandes entreprises de France. Ils ont demandé au président de la HALDE de faire réaliser des statistiques locales. Louis Schweitzer a répondu que certaines statistiques ciblées étaient d’ores et déjà programmées. Trop peu, selon les responsables du CRAN, qui ont assuré qu’il s’agissait de moins d’une dizaine. Ils ont enfin saisi M. Schweitzer pour qu’il interpelle le ministre de l’Education nationale afin qu’un travail pédagogique sur les discriminations soit fait à la date du 10 mai.

(Photos : Régis Durand de Girard)

La belle promotion d’un Martiniquais

Les dépôts de  déposés hier (une centaine selon le CRAN) ont été coordonnés par Laurent  Gabaroum, un employé d’origine africaine qui avait lui-même engagé des poursuites, avec cinq autres employés, pour discrimination contre Renault. Parmi eux, un Martiniquais, Stanislas Breleur, engagé comme électricien spécialisé. La seule promotion de sa carrière a été de passer au service commercial, mais sans contact avec les clients : Stanislas Breleur déclare avoir terminé sa carrière à transporter des cartons de carte grises ! Une promotion qui a eu, pour lui, un parfum de placard…
A ce jours les jugements pour ces affaires sont en cassation ou suivent leur cours, mais aucune condamnation n’a été  requise contre Renault.

La phrase

"Le CRAN demande à Ségolène Royal de dire enfin oui aux statistiques de la diversité et à Nicolas Sarkozy de préciser sa pensée sur la discrimination positive a la française qu’il appelle des ses vœux"

 

Le document discriminant

Laurent Gabaroum qui a été cadre chez Renault a montré à la presse un document (qu’on pourrait considérer comme un outil de statistique sur la diversité ethnique) qui servait a la direction des ressources humaines et dans lequel les origines ethniques sont codifiée par des chiffres :

Afro-britanniques : 370

Britanniques : 130

Français naturalisés : 99

Français : 98

Français d’origine algérienne : 95

Ce document date de 1986 mais cette pratique était interdite par la loi depuis 1978. La communication de Renault a indiqué que ces listes et ces classements n’existaient plus actuellement mais n’a pas pu dire quand ces outils avaient été supprimés. Leur existence permettait, selon Renault, de prendre mieux en compte les problèmes de temps de vacances  et de trajet pour ces salariés issus de pays lointains. Un autre document, un "rapport de connaissance" établi en 1986 par le CNRS établit une hiérarchie  sur "la qualité d'adaptation dans l'industrie automobile". Il place en tête les Espagnols, puis les Yougoslaves avant de préciser : "les travailleurs les moins bons sont incontestablement les Africains noirs, les Algériens et les originaires des DOM".


Le ministère de la Défense prend les devant

Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense et Louis Schweitzer, président de la haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (halde), ont signé à l’Hôtel de Brienne, hier à midi, une convention de partenariat. Ce texte pose le principe d’une collaboration qui permettra au ministère de la Défense la mise en oeuvre conjointe d’actions d’information et de formation en matière de lutte contre toutes les discriminations.

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